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Tout ce qui a été posté par Tancrède
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N'exagérons rien pour une "révolution industrielle": celle-ci a nécessité bien plus que la seule machine à vapeur, impliquant tout un substrat d'inventions et progrès techniques moins visibles (dans tous les domaines), de changements des Etats, de leur organisation et de leur fiscalité, d'évolutions du commerce et des économies (ne serait-ce que les changements agricoles nécessaires pour dégager d'énormes surplus et entraîner un important exode rural seul capable de fournir une main d'oeuvre abondante et bon marché dans les villes), de changements intellectuels.... L'Empire Romain a représenté, bien plus que dans le domaine de l'innovation scientifique/technologique (lente dans l'antiquité), un gigantesque effort de développement en général, de constructions d'infrastructures et d'organisation de la société et de ses territoires, de rationalisation commerciale (l'économie était pensée et organisée à plusieurs échelles: locale, "nationale"/régionale, "méta-régionale" et impériale: l'ampleur des circuits commerciaux et mécanismes de crédits, avec l'organisation des transports, permettait un vaste développement).... C'est, dans le monde antique et pré/haut médiéval, le plus grand diffuseur de développement qui soit pour le plus grand nombre (ce qui ne veut pas dire que tout le monde vit comme dans un "pays développé" de l'époque, très loin de là), une version d'époque du "le progrès ne vaut que s'il est partagé par tous".... Enfin, par autant que possible. Hygiène à l'échelle de vaste communautés, accès à l'eau, accès aux services et commodités de grandes villes sur tout le territoire, accès à plus d'opportunités via une société plurielle, un territoire vaste,développé, divers et très interconnecté, existence d'une "classe moyenne" significative (pas gigantesque en soi, mais comparé aux sociétés féodales ou "barbares" de l'époque, c'est le Pérou), "services publics" développés (inégalement suivant le lieu, mais bien réels).... L'innovation est importante sous l'Empire, avec des hauts et des bas (c'est nettement plus sensible et diffusé jusqu'au début du IIIème siècle; après la crise du IIIème, c'est plus concentré), mais ce que Rome apporte, c'est surtout le développement à très grande échelle: grands travaux de constructions modernes et d'infrastructures partout, développement et maintien de réseaux commerciaux à une énorme échelle, système de crédit, espace pacifié gigantesque.... Ensuite, trouver un "point de convergence", j'ai des doutes: la crise du IIIème siècle a des causes profondes, à commencer par l'inflation qui en est un des moteurs de longue haleine et se trouve accrue gravement sous les Sévères (Septime, Caracalla, Eliogabale et Alexandre, plus l'intermède de Macrin en 217-218, soit dans l'ensemble la période de 193 à 235) sans que les effets s'en fassent réellement sentir. Autre causes fondamentales: - le renouvellement des menaces extérieures: la pression démographique sur la frontière Rhin-Danube s'accroît de façon exponentielle, n'étant ralentie qu'un temps par la peste antonine (qui a de toute façon plus touché l'empire). Et, plus gravement encore, cette menace est d'autant plus dangereuse qu'elle franchit graduellement un nouveau seuil de dangerosité via une organisation accrue de ces peuples, qui commencent à monter de grandes "ligues" de peuples, temporaires (le temps d'une invasion ou d'une guerre), ou de "joint ventures" plus ponctuelles et réduites, mais très fréquentes et sur tout le long de la frontière. De nouveaux venus comme d'anciens peuples présents sur place depuis longtemps constituent ainsi des regroupements plus vastes et plus organisés (Goths, Francs, Alamans....). Et pire encore, à l'est, la dynastie arsacide est éliminée et remplacée par les Sassanides: l'empire parthe "devient" l'empire perse sassanide, une entité étatique beaucoup plus forte et centralisée, infiniment plus dangereuse et agressive, à l'esprit conquérant reposant sur une exaltation religieuse très forte. - le système de gouvernement romain garde sa faiblesse suprême, à savoir la question de la succession impériale, qui détermine réellement la solidité de l'Etat, et se conjuge à cette plaie fréquente dans l'histoire romaine et ailleurs: l'ambition des chefs locaux. Ce dernier point souligne que ta proposition de 2 dirigeants subordonnés à un empereur ne change pas l'équation politique. Qu'il s'agisse du système tétrarchique plus tard mis en place, du mode de gouvernance des deux "co-empires" après Constantin, avec des commandements militaires régionaux et une organisation militaire en divers types de troupes et commandements, ou bien de l'ancien système des gouvernorats de types divers (sénatoriaux, préfectoraux....) pour de grandes provinces, le point n'est pas là. Il faut déléguer de l'autorité et le commandement de troupes et de ressources sur une très vaste superficie, ce qui laisse aux ambitieux la latitude de créer des clientèles, essayer de rallier leurs troupes à leur cause, se faire des bases de pouvoir et se lancer dans le "grand jeu". Certains modes d'organisation et de gouvernance peuvent aider à limiter le risque de guerre civile, mais rien ne marche aussi bien qu'un empereur réellement très fort et habile, ce qui ne s'impose pas par décret et ne dépend même qu'en partie des qualités individuelles du dit empereur (beaucoup dépend de sa force politique, de la situation intérieure et/ou extérieure, des circonstances de l'année en cours....). Et plus le territoire à contrôler (relativement à l'espace-temps de l'époque) et ses impératifs (avant tout militaires et financiers) sont vastes, plus ce rôle est quasi impossible à tenir.
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Vers une GARDE NATIONALE à la française ?
Tancrède a répondu à un(e) sujet de alexandreVBCI dans Europe
A foie vaillant, rien d'impossible! -
Vers une GARDE NATIONALE à la française ?
Tancrède a répondu à un(e) sujet de alexandreVBCI dans Europe
QUOOOOAAAAAAAAA? Mon monde vient de s'effondrer! On m'avait dit que les poches de pantalon de treillis, c'était calculé pour foutre les pattes arrières des chèvres! On m'aurait menti. Tancrède, postant depuis Asuncion en compagnie d'un charmant paraguayen au patronyme étrangement germanique. -
Et parmi les stimuli qui font exploser cette crainte, on trouve comme tu le dis l'élection (ou maintenant la simple présence au pouvoir) d'Obama, et surtout tout le délire bâti autour de ses "intentions" inventées, par la médiasphère de la droite américaine. Et à chaque massacre médiatisé, cette crainte explose de nouveau.
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Vers une GARDE NATIONALE à la française ?
Tancrède a répondu à un(e) sujet de alexandreVBCI dans Europe
Naaan, juste l'essentiel absolu: le porte-tasse accroché au sac, le porte-bières accroché au casque, les gants et chaussettes chauffants, les lingettes.... Hé! Passé un certain âge, on a des besoins, non? Tancrède, sur le chemin (en mode express) du Paraguay..... -
Posons le problème autrement, et tant qu'à faire, pour rester dans le sujet, prenons cette évolution anglaise que 'évoquais. Le camp de Catterick fait autour de 1000 hectares, soient 10 kilomètre carrés environs, auxquels s'ajoutent environs 80 kilomètres carrés de terrains de manoeuvre adjacents au camp). Dans le plan Army 2020, il devrait y avoir sur place 2 régiments de cavalerie légère, 1 de cavalerie lourde, 2 bataillons d'infanterie, 1 régiment de Police Militaire, 1 bataillon de renseignement/military intelligence, 1 régiment d'artillerie et 2 du Génie, avec l'école d'infanterie en plus. Le plan Army 2020 ne se limite pas à cette seule concentration à Catterick, même si ce sera la plus importante. Aldershot Garrison, par exemple, verra aussi une concentration significative de troupes (plus de 4000 permanents, plus 1000 temporaires, à tout moment, plus les personnels civils et les familles, pour un total de 11 000 "habitants" environs) et un réseau resserré de bases "satellites" (dont Sandhurst) s'articulant autour de ce centre de 500 hectares et de son terrain d'entraînement de 27 kilomètres carrés. L'ensemble s'appellera (en tout cas pour l'instant) South East Super Garrison (ce qui révèle au moins clairement l'intention derrière la réorganisation). De même, le plus grand terrain militaire d'Angleterre, la Salisbury Plain Training Area (390 kilomètres carrés, divisés en plusieurs espaces, pas tous dédiés aux manoeuvres ou même à des activités militaires), voit renforcée la concentration de garnisons qui l'entourent ou se trouvent dessus. Quelle surface est nécessaire pour l'entraînement d'une quantité de troupes données? Le caractère interarme d'un entraînement pour un effectif donné accroît-il significativement le besoin en espace? Que coûtent des installations un peu développées pour le dit entraînement? A partir de quel niveau de spécificité dans l'entraînement est-il nécessaire de créer une installation dédiée rendant inévitable le déplacement régulier des troupes vers ce centre plutôt que de leur permettre de "consommer sur place"? Ces questions sembleront sans doute naïves et/ou mal informées aux "sachants", mais je ne peux m'empêcher de les poser en l'absence d'autres sources et en constatant les espaces d'entraînement disponibles en France et leur inadéquation avec les implantations de garnisons. La partie politique du problème, je la connais et la comprend; c'est la partie militaire/ de gestion que j'essaie de mieux cerner. Les Brits ont les mêmes contraintes politiques, même s'ils ont sans doute un certain avantage hérité de la 2ème GM (grands changements fonciers liés à la concentration massive de troupes britanniques et ricaines pour les opérations en Europe) et de leur situation (forçant le maximum de garnisons dans le sud, près des zones d'embarquement), et leur réorganisation pour 2020 me semble plus rationnelle et visant clairement un effort de concentration/colocalisation des troupes. Cela tapera t-il sur leur système de recrutement territorial lié au système régimentaire à base géographique? Sans doute, mais pas autant que, de toute façon, les réductions considérables en termes de nombres d'unités.
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Ca j'entends bien, et aux USA, historiquement, c'est pas tant parce que y'avait beaucoup de place libre qu'ils ont pu faire ces grands camps: même vide, la terre était toujours possédée par quelqu'un, et comme les besoins des armées arrivaient généralement d'un coup, ces quelqu'un faisaient vite monter les enchères, ce qui n'avait pas forcément de grandes contraintes en temps de guerre (budget explose), mais faisait chier. Non, ce qui l'a permis, c'est que le plus grand propriétaire foncier aux USA est depuis très longtemps le gouvernement fédéral (qui l'est devenu encore plus avec l'après guerre de Sécession -saisie de nombreux terrains-, et avec la conquête de l'ouest), qui a acquis et garde en "trust" une superficie hallucinante de terrains vides (au mieux, ils laissent des ranchers faire paître leurs bestioles contre un petit écot) ou peu mis en valeur (notamment des terrains avec réserves de pétrole). Evidemment, le résultat est le même que ce que tu évoques: à l'arrivée, la France n'a pas trop l'équivalent, même si on a encore des espaces ne servant à rien ET qui ne sont pas des réserves naturelles (pas besoin d'aller faire exploser les marmottes de la Vanoise.... Quoique ce serait marrant). Foncièrement, je pointais la situation de Catterick, qui n'est pas un très grand camp pourtant, afin de souligner l'intérêt de la colocalisation de grandes unités interarmes en termes de possibilités d'entraînements intégrés rentrant culturellement dans les moeurs par simple coexistence, le tout à moindre coût parce qu'il n'y a pas besoin de faire valser des unités à travers le pays pour une seule manoeuvre ponctuelle, chose qui dans le cas de garnisons éclatées devient en soi une activité de planification, un effort logistique et financier, donc un truc rare et plus cher.... Et aussi un des premiers budgets sur lesquels une administration politique va rogner dès lors qu'on fait des économies de bouts de chandelles (cad tout le temps). A moi, amateur, ça me semble plus simple et économique d'avoir juste besoin de voir des gars de toutes les armes au même endroit, le tout pour un effet de long terme sans commune mesure. Colocalisation et proximité d'une surface d'entraînement suffisante (et des infrastructures qui vont avec) me semblent donc à cet égard porteuses de tant d'avantages que ce serait con de pas pratiquer la chose pour au moins une partie des forces: on a au moins deux très grandes surfaces en France qui pourraient avoir des "cités militaires" de type grande base américaine (ou même les très nombreuses plus petites où il y a l'équivalent de 3 à 5000h avec des unités de plusieurs armes). Qu'on en utilise une et qu'on foute une brigade interarme (ou deux) dessus, juste pour l'expérience.... Nan? Alleeeez..... C'est juste histoire de réunir beaucoup de gens qui s'emmerdent dans des petites garnisons, et leur donner de la place pour jouer. Les Anglais se sont décidés à le faire, en plus sur la base qui est déjà leur plus grande école d'infanterie: c'est pas juste pour en faire une cité dortoir pour les troupes.
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L'USMC est peu contraint par cette obligation politique de l'aménagement du territoire, en grande partie parce qu'il a été concentré très tôt et dispose donc d'implantations de longue durée et qui sont peu interchangeables avec d'autres (ce sont de grandes implantations), ce qui explique son organisation très rationnelle. De fait, l'USMC existe dans 2 (en fait 3 avec le Japon) grandes concentrations régionales, et de façon autonome: côte ouest et côte est dépendent peu l'une de l'autre (sauf pour les cursus pointus -dont les officiers- à Quantico, ce qui est une chose plus gérable puisqu'il s'agit pour beaucoup de cursus longs, pas de passages réguliers et très temporaires), ayant chacune leurs missions et l'ensemble des capacités de formation, d'entraînement et de manoeuvres de leur côté. Une MEF à l'est, une à l'ouest (et une au Japon), et tout ce qui permet de recruter, former préparer et maintenir est sur place: pas de grands mouvements pendulaires à travers le pays.
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Il a été scindé en deux (et même plutôt en 2x2 par la Tétrarchie) pour une raison: face à l'accroissement des menaces tous azimuths, en nombre et en importance (chaque adversaire est beaucoup plus grand et organisé, désormais), un seul centre de décision ne suffisait pas, surtout à la sortie -pénible- de la grande crise du IIIème siècle. C'est pourquoi Dioclétien a ancré ce mode de gouvernance entre 2 Augustes avec chacun un César plus ou moins sous son contrôle, et une prééminence théorique d'un des Augustes (qui n'a en fait marché que tant qu'il était cet Auguste), et une gigantesque réforme territoriale et administrative pour organiser cette façon de percevoir, gérer et contrôler l'espace romain (provinces divisées en plus petits ensembles, changement des répartitions de compétences civiles et militaires -plus nettement séparées-, répartition en préfectures, diocèses et provinces....). Constantin rechange la direction au sommet parce qu'il est le dernier à pouvoir assumer le contrôle de l'empire, autant par nécessité (la guerre civile qui l'a mené au pouvoir témoignait de l'impossibilité de maintenir la Tétrarchie) que par avantage conjoncturel (accalmie des menaces à cette période), mais il crée dans le même temps une nouvelle capitale (Constantinople) qui entérine de fait la possibilité de diviser de fait l'empire en 2 entités entièrement intégrées. Face au renouvellement constant des menaces, notamment le grand adversaire perse sassanide ET le réchauffement permanent de la frontière Rhin-Danube, deux centres de décision sont une nécessité.
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Un autre phénomène amusant pour se remettre les échelles démographiques en perspective et relativiser la Trumpmania: Bernie Sanders, le candidat populiste de l'autre bord, continue à être largement ignoré par les médias tout en rassemblant des foules sans cesse croissantes et en étant devenu un personnage national (ce qu'il n'était pas au début de l'année, n'étant une figure connue que dans le nord ouest et dans les médias politiques).... Et représente aujourd'hui autour de 28% (et jusqu'à 33-35%) d'intentions de vote démocrates aux primaires, soit un score dans les mêmes eaux que Trump (ils étaient tous deux à 28% dans le dernier sondage national que j'ai vu, datant du début de semaine).... Ce qui représente nettement plus de monde que pour Trump, parce qu'il y a nettement plus de démocrates déclarés votant aux primaires. Et plus loin, le Bernie a beaucoup moins d'incompatibilités avec l'électorat général (qui a même tendance à le voir favorablement MALGRE son étiquette auto-accolée de "socialist") que Trump, ce qui fait que, dans les projections de "one on one" pour l'élection générale, Sanders l'emporte systématiquement contre Trump (et contre les autres républicains aussi). Ce ne sont évidemment que des projections, à un stade trop prématuré de la campagne pour que la signification en soit lourde et les intentions des électeurs potentiels réellement formulées.... Mais ça devrait faire comprendre à Trump que s'il était réellement sérieux pour sa candidature, il devrait déjà être en train de "feeling the Bern". Plus concrètement, Trump a autour de 30% des électeurs républicains certifiés (et pour être à ce score, il s'aliène irréparablement au moins 30 autre pourcents de ces mêmes électeurs), qui sont environs 28% de l'électorat américain (ce sont ceux qui ne voteraient rien d'autre que républicain dans aucune configuration), soit quelque chose comme 8,4% des électeurs américains. Seuls 2 tiers d'entre eux voteraient pour lui s'il se présentait en candidat indépendant, dans le cas où l'establishment républicain le désavouerait, ou s'il perdait les primaires et déciderait de continuer seul (ce qu'il n'a pas exclu, et a même évoqué, et va en droite ligne avec son "profilage" psychologique) façon Ross Perrott. Donc l'électorat trumpien proprement dit, ce sont ces 5,7% de l'électorat général. Juste histoire de remettre quelques patates au fond du sac sur l'effet Trump. C'est petit, mais c'est largement assez pour un type qui veut faire campagne aussi longtemps que possible sans risquer d'être élu, et il pourra blâmer quelqu'un d'autre pour une défaite: les médias, "l'establishment".... Comme tous les démagogues. Parce que dans son monde, Trump ne perd jamais.
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On a fait le même post au même moment (déclenché par un reportage ou deux qu'on aurait vu aujourd'hui?); voir ma correction dans mon dernier post. Ceci dit, j'ai franchement du mal à envisager que sa candidature soit sérieuse pour une raison plus que d'autres: sa femme. La bimbo est-européenne avec des yeux aussi vides que les paroles de son mari, et un air de pas savoir quoi dire, quoi faire ou d'être capable de savoir où se mettre.... C'est pas du matériel crédible de première dame. Encore moins que le candidat postillonneur et rougeaud à moumoute n'a d'airs présidentiels. C'est tout le truc, sur les désistements: actuellement, les sources de financement non dépendantes du parti sont suffisantes pour maintenir de petites campagnes cheap (voir Lindsay Graham qui a fermement annoncé qu'il ne bougerait pas, tout comme Santorum ou Huckabee et quelques autres dont personne ne retient le nom) ou même des moins cheap. Mais beaucoup de ces candidats restent quand même bien souvent des élus, qui dépendent au moins en partie du label républicain qui peut seulement être décerné par les partis d'Etats plus encore que par la convention nationale. Evidemment, beaucoup dépend de la capacité de ces candidats à rassembler leurs circonscriptions ou leurs électorats dans leurs Etats: si ce rassemblement dépend plus d'eux que de leur parti, au moins dans leurs certitudes personnelles, il y a de la marge de négociation..... Mais le parti a encore bien des façons d'exercer des pressions sur eux, ou, plus prosaïquement, de négocier avec eux d'autres options. Tout comme ces candidats, à mesure que les primaires se rapprochent, peuvent aussi commencer à devenir sérieux et à s'inquiéter d'un avenir trumpien pour leur parti; sans aller jusqu'à "taking one for the team", ils peuvent commencer à sérieusement vouloir négocier leur avenir sur base de ce désistement, celui qui se désiste en premier et celui qui le fait en dernier étant généralement ceux qui obtiendront le meilleur package. C'est pour cela que cela peut avoir l'air de traîner actuellement, mais il y a une bonne chance que ce soit un jeu de qui, qui, qui sera mangé, et qui chopera le meilleur golden parachute, si bien que si/quand un désistement surviendra, il sera le premier d'une cascade arrivant dans un espace de temps très court, peu d'entre ces gens étant des jusqu'au boutistes là pour foutre la merde et "révolutionner le parti" (et peu de ces égos sont à ce point fourrés dans leur cul qu'ils croient avoir encore leurs chances). Mon opinion est que, encore pour l'instant, ils essaient de se positionner et de valoriser la petite part de marché putative que les intentions de vote représentent, et ça c'est un jeu concurrentiel où tous les concernés sont interdépendants et se guettent les uns les autres. A part Rand Paul qui croit peut-être encore que sa posture pseudo-libertarienne (et son ego) a de l'avenir.... Et même lui, vu son comportement passé (il voulait obtenir une exception à la loi selon laquelle il ne peut pas récupérer son siège de sénateur à l'issue d'une campagne présidentielle, en faisant passer une autorisation de faire les 2 campagnes en même temps ou d'être suppléant d'un candidat de paille qui se désisterait, une fois élu, en faveur d'un Paul perdant à la présidentielle), ne semble pas être à ce point en croisade pour des idéaux. Voyant l'establishment du GOP et les kingmakers de tous ordres (financiers de campagne, leveurs de fonds, élites locales....) paniquer face au trumpisme, beaucoup d'entre eux doivent être en train de faire monter les enchères pour revendre leurs 1 à 3% d'intentions de vote.
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L'un des tours que l'establishment du GOP a encore dans son sac, c'est éventuellement d'arriver à convaincre un certain nombre des actuels candidats "à un chiffre", soit la grande majorité d'entre eux, de se retirer de la course avant les primaires des "early states" (et chez les répus, ça veut surtout dire Iowa et New Hampshire, qui comptent électoralement plus que pour les démocrates pour des raisons tenant presque au vaudou politique, ayant un impact majeur sur le SuperTuesday). Théoriquement difficile parce que la plupart des candidats ont maintenant des sources de financement ne dépendant pas du parti et, s'ils gèrent bien leur fric, peuvent se maintenir ad vitam (une nouveauté dans le processus électoral), c'est plus commode en pratique parce que d'autres pressions peuvent s'exercer si ça commence réellement à s'énerver dans les hautes sphères du GOP. On arriverait alors à une relative concentration de l'électorat sur moins de candidats (Rubio serait le principal bénéficiaire d'un tel report, les "middle class conservatives" étant actuellement l'électorat républicain le plus éclaté entre candidats), qui se conjuguerait à ce qui commence seulement à arriver et se renforcera plus vers la fin du mois et courant janvier, à savoir que la majorité des électeurs des primaires vont vraiment commencer à regarder sérieusement la course, mettant fin à la "silly period" où seuls les plus mordus et/ou en colère s'exprimaient et s'intéressaient réellement à la course, peu ayant réellement une opinion arrêtée. Sans parler du fait qu'on n'est jamais à l'abri de la gaffe qui tue une candidature. "Une semaine en politique, c'est l'éternité". Pour la note; selon les critères politiques américains, une présidentielle avec 4-5% de marge comme tu l'évoques, c'est une victoire qualifiée de "landslide", et, pour les perdants, une défaite majeure appelant une révolution interne.... A nous ça paraît une petite marge, mais pas aux ricains. Sur une autre note, certains journalistes ont fait un large effort d'étude du sujet Donald Trump, notamment en parlant avec tous ceux qui l'ont côtoyé, connu ou ont eu affaire à lui (et/ou fait des affaires avec/contre lui) sur une longue durée, et tous ces journalistes ont trouvé essentiellement une zone de dénominateur commun vers laquelle toutes ces personnes convergent: peu croient vraiment que sa candidature soit sérieuse, parce qu'il est -ce n'est de toute façon pas un mystère- un extrême narcissiste en quête perpétuelle de valorisation et d'affirmation de son "pouvoir", qui n'a pas réellement envie du job concret de président (frustrant, plein de contraintes) mais a envie de se faire mousser. En essence, c'est un milliardaire égotiste qui s'offrirait sa version d'un sport extrême réservé à une élite, pour les sensations de pouvoir et d'importance qu'une campagne réussie apporte. Ce serait la raison pour laquelle il se fout de la cohérence de son programme sur le temps long de la campagne (primaire ET générale): il veut faire du bruit, emmerder le monde, imposer son personnage, dominer la conversation.... Ce ne serait même pas une façon d'asseoir sa "marque" pour son business immobilier ("brand": le moteur de son business, même immobilier, ce qui lui permet de se démarquer par rapport à ses concurrents: croyez-le ou non, beaucoup d'investisseurs considèrent que "Trump" sur un hôtel ou un immeuble, est un atout commercial) ou son activité médiatique ("marque Trump" sur une multitude de produits, personnalité télé recherchée....), juste une façon de satisfaire son ego surdimensionné. Apparemment, beaucoup d'ex partenaires et/ou concurrents en business soulignent l'importance de son entourage de yes-men et de syccophantes variés, qui serait choquant même selon les critères des moghols de l'immobilier new yorkais.
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En même temps, l'USMC est réparti sur des plus grandes bases nettement plus autosuffisantes (en termes de capacités d'entraînement/préparation), avec des garnisons importantes, et s'inscrivent, pour les unités déployables, dans des réseaux de bases satellites autour d'une implantation majeure (Pendleton et Lejeune, plus Quantico comme "centre général") et d'un grand centre de recrutement et de formation initiale (Parris Island et San Diego), à des distances assez proches, soit deux "groupements" centrés sur les Carolines et la Virginie (dans un rayon géographiquement pas énorme) et la Californie pour ce qui concerne le sol américain. Mais bon, peut-être que je surestime les avantages de la présence d'une multitude d'unités sur un seul site avec de grands espaces et des installations variées, et que je surestime les inconvénients des déplacements constants à l'autre bout du pays pour un entraînement spécifique (non, je ne fais pas d'ironie).
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Le maire de Philadelphie a réagi dans une conférence de presse aux déclarations de Trump sur un arrêt de toute immigration musulmane (y compris les musulmans américains partis à l'étranger un moment!!!!): il l'a simplement appelé (en public, hein, devant des gens, dont des religieux et autres personnes avec des habits sérieux, et tout) "asshole" (trou du c.... De l'amour-propre). Un journaliste a plus tard commenté que le maire aurait du être plus américain que ça et se contenter de "idiot" (prononcer "idiote": ça se voit pas, mais c'est en anglais dans le texte): plus américain, parce qu'il semblerait bien selon une batterie de sondages extrêmement sérieux et pleins de maths, que c'est le mot que la majorité des électeurs américains associent le plus à Donald Trump. Si, plutôt. Entre autres choses et raisons parce que Trump, outre les incohérences graves de son programme, ou plutôt des morceaux qu'il laisse filtrer, pratique un double langage qu'il lui suffit de nier quand on pose la question: sa politique fiscale telle qu'il l'a évoquée, par exemple, est faite pour sonner bien aux oreilles de ses électeurs pour peu qu'ils ne commencent pas à réfléchir dessus et voir ce qu'elle veut dire. Outre le fait que son budget proposé exploserait les déficits américains (même avec les 6% de croissance garantie qu'il annonce) par une marge assez spectaculaire, il repose sur une fiscalité favorisant de fait les super riches.... Juste un peu plus les super riches comme Trump que ceux comme Buffet. Qui plus est, le protectionnisme sur lequel il veut fonder la croissance, il ne l'a pas présenté comme "une dose de protectionnisme": il l'a annoncé façon Colbert (JB, pas Stephen): on ferme les portes à ce qui rentre, et on exporte comme des malades, et tout le monde à l'extérieur va dire amen. Pour Poutine, rappelons qu'il a aussi dit qu'il allait "le faire filer doux", parce que Trump a des pouvoirs magiques de négociateur....
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Ouais, ça fait un moment qu'ils sont dans cette impasse, qui témoigne notamment du niveau de radicalisation qui s'est opérée dans la droite américaine, d'une part, depuis quelques années maintenant (phénomène aux multiples causes conjoncturelles, mais dans le fil de la "nouvelle droite" populiste développée par Barry Goldwater, puis reprise par Reagan, et poursuivie en mode surenchère permanente après ça), mais aussi, d'autre part, du niveau absolu de haine et de mécontentement à l'égard des élites politiques en générale, et de l'establishment du GOP en particulier. Cette droite populiste est déjà à la base biaisée anti-"élites" (surtout en utilisant le mot en général et de façon vague), et il est de bon ton de surfer dans la critique facile et l'attribution de tous les maux du monde aux dirigeants (quand il pleut, c'est leur faute, quand il ne pleut pas, ça l'est aussi). Le sur-développement de modes de communications "horizontaux" (médias sociaux en tête) et l'autonomisation financière d'une masse critique d'associations, regroupements, congrégations, circuits de discours et échanges organisés en méta-organisations ont permis l'émergence d'une "infosphère" autonome pour les multiples pans de la droite américaine qui n'ont plus de ce fait la seule convention républicaine, ou même les structures des partis républicains dans chaque Etat, comme forum obligé, et surtout comme passerelle vers la gouvernance. Ces structures, tenues par une élite en partie auto-reproduite et fonctionnant selon un système précis, n'ont donc plus le pouvoir qu'elles avaient longtemps eu, se trouvant même en partie à la traîne et en demande face à la constante et colossale augmentation du coût des campagnes électorales qui les force à passer le plus clair de leur temps à lever des fonds..... Et à avoir de moins en moins de marge de manoeuvre pour prendre l'argent et ne pas écouter qui le donne (sauf les entreprises et secteurs économiques qui ont toujours plus de moyens pour s'assurer que candidats et action au pouvoir iront dans leur sens: argent, promesses de carrières ultérieures, aides "en nature", action économique dans les régions voulues....). Mais ces autres types de formation nouvellement importantes ont désormais aussi une partie de ces moyens de pression, et une bien plus grande influence sur la partie électorale du processus politique, du moins dans certains Etats. Et là-dessus est arrivé Citizens United..... En bref, la droite américaine a été mitterrandisée, comme la droite française des années 80 à nos jours dans sa posture vis-à-vis du FN. Mais là où il avait fallu, en France, une stratégie en grande partie développée par un adversaire politique, la droite américaine a créé elle-même son golem: ces divers populismes agressifs dont on enflamme toujours un peu plus la rhétorique, les craintes et les passions. Le système électoral à un tour les sauvera en partie quand même, mais pas autant qu'ils auraient pu l'espérer: en l'absence de premier tour où la diversité s'exprime et le tri se fait, les primaires ont ainsi connu un développement phénoménal dans la dernière décennie, et ce de façon très marquée côté républicain. Les ommes qui y sont investies, le niveau d'attention qui y est consacré, l'importance que cela a pris, la mobilisation qu'on y voit.... Tout cela est devenu de fait un premier tour: de la politique électorale sans la moindre conscience "qu'on est une équipe qui doit se ressouder après, avec juste des différences d'opinion, parfois signficatives, mais pas fondamentales". L'équilibre sur lequel reposait le GOP a volé en éclat, avec des grands pans électoraux qui ne sont plus très compatibles.
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Difficile de départager les raisons qui sont toujours multiples et complexes, mais je rappellerais quand même, quand on parle de ce sujet précis des ventes d'armes aux USA, qu'il faut ajouter quelques facteurs particuliers à ton analyse pour essayer de se faire un tableau, et notamment celui de la population concernée: les ventes d'armes, comme je le rappelle dans le post que tu cites, ne concernent qu'une portion limitée de la population américaine (autour de 35%), donc je ne sais pas si ce chiffre des ventes est le meilleur "indicateur d'angoisse" générique pour la population américaine, surtout si on ajoute aussi les facteurs déjà mentionnés des "bulles" d'information qui segmentent la population américaine de façon importante et, semble t-il, sans cesse croissante, en particulier la bulle ultra-conservatrice (et ses sous-familles: conservato-religieuse, conservato-conspirationniste....), véritable monde à part qui n'a que de ténus rapports avec la société américaine en général, et avec le monde réel. Leur business model est l'angoisse permanente à l'égard de tout, inventant au besoin des trucs imaginaires en réaction auxquels il faut tout d'un coup flipper. Alors certes, l'apocalypse financière de 2007-2008 a joué son petit rôle, mais l'année 2008 elle-même (ce n'est pas dans les chiffres que j'ai affiché, c'est vrai) n'a pas présenté de changement significatif en termes de ventes de flingues alors que la crise avait déjà bien commencé fin 2007 et que 2008 fut l'année où les récessions furent annoncées en cascades par la plupart des économies développées. Le "panic mode" était enclenché bien avant l'élection d'Obama, sans grand impact sur les ventes d'armes aux USA. Je sais qu'il faut du temps pour que l'info rentre bien dans la tête, mais ici, la corrélation ne me semble pas la plus pertinente. Et ce d'autant plus que pour continuer sur mon point concernant la population qui achète des flingues, il faut bien s'imaginer que l'essentiel de cette explosion des ventes d'armes se concentre donc sur une portion réduite de la population américaine, c'est une chose, mais que plus encore, elle se concentre sur une portion réduite de la population des propriétaires d'armes et "gun fans". En effet, le marché des armes fonctionne comme le marché de l'alcool (qui fonctionne comme la plupart des marchés de produits non vitaux, mais en plus caricatural): 20% des consommateurs déjà acquis au produit représentent la grande majorité des ventes, 20 autre pour cents suivant la tendance de façon plus modérée, ce qui veut dire qu'au final, un grand maximum de 40% des clients déjà accros représentent autour des trois quarts de la consommation annuelle. Dans le cas des armes, faut quand même se rappeler qu'en termes d'ordres de grandeur, autour de 100 millions d'Américains ont au moins une arme, mais que très peu d'entre eux font réellement partie du "gun lobby" (en tout peut-être 6 à 7 millions inscrits dans une des grandes assoces dont la NRA; ajoutons une partie de leurs familles et proches pour "l'environnement culturel" immédiat de cette portion de la clientèle, et on doit avoir autour de 30 millions de gens), et surtout, que l'immense majorité des Américains qui ont une arme sont des gens très normaux, de toutes opinions politiques et appartenances culturelles, qui ont UN SEUL flingue (ou deux), généralement une arme de poing (l'écrasante majorité du marché), et qui ne comptent pas en acheter un autre (les chiffres qu'on voit vous feraient croire qu'ils périment tous les ans). Donc l'essentiel de cette surconsommation en général, et plus encore l'essentiel de ce "surcroît de surconsommation" (only in America) depuis 6 ans, est le fait d'une portion limitée de la population, peut-être entre 10 et 15% de la population américaine. Et cette portion vit dans un environnement culturel très fermé, normatif et, pour l'essentiel, "autosuffisant" en terme d'input/ouput d'information. C'est cet environnement culturel qui a pris de plein fouet l'arrivée d'une personne..... Différente..... à la Maison Blanche à la fin de l'année 2008, se réveillant avec lui prenant les rênes début 2009. Et ce que ce président a pris dans la face en terme de polémiques, accusations, thèses conspirationnistes, agitation frénétique et systématiquement hostile de la droite (y compris parlementaire, pour qui l'obstructionnisme gratuit a été un objectif avoué dès l'inauguration: voir les commentaires d'époque de Mitch McConnell).... Est absolument sans précédent dans l'histoire américaine. Aussi bien dans la sphère internet que dans certains grands médias. L'atmosphère anxiogène si naturelle à la bulle désinformationnelle conservatrice a connu depuis cette date un développement lui aussi sans précédent (permettant la fortune de polémistes tarés comme Ann Coulter, Glenn Beck, Sarah Palin, Alex Jones....); les ventes de flingues sont une des conséquences de ce fort travail marketing sur un segment de la population. Il faut s'imaginer que le seul Glenn Beck se fait aujourd'hui entre 80 et 100 millions de dollars par an via son site internet qui ne vend que des vidéos de cet excité, ses bouquins (essentiellement le même bouquin dont il change la couverture tous les 6 mois et prétend qu'il y en a un nouveau) et des goodies divers mais tous politiquement orientés. Et ce business model est le même pour pas mal d'autres personnages de la même eau (les susmentionnés, les abrutis de la "Duck Dynasty" et de quelques autres shows télés -dont un certain D. Trump qui a ajouté ce business à son "day job" dans l'immobilier), et rejoint celui de quantités de prêcheurs aussi riches qu'enragés. Ce sont essentiellement les mêmes gens achetant continuellement les mêmes trucs: bouquins, abonnement à telle chaîne télé et/ou internet, à tel site..... Bref, tout ce qui peut être merchandisé par les créateurs/exploiteurs d'angoisse. Et les flingues évidemment, dénominateur commun de toutes ces clientèles segmentées en variation sur les (2 ou 3) mêmes thèmes.
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Plus globalement, on note aussi une caractéristique culturelle américaine, qui se voit surtout dans la désapprobation de leur président dans sa façon de mener le combat contre Daesh: Obama se gourre sans doute beaucoup, vraiment beaucoup, en gardant un ton très modéré, dismissif de l'adversaire et usant de trop d'euphémismes, mais plus largement, il y a aussi dans ce domaine un problème particulièrement prononcé chez les ricains..... Ils veulent un discours permanent à la Patton. C'est pas pour rien que c'est aux USA que cette façon de parler s'est développée chez les gouvernants: il faut de l'hyperbole, de l'insulte de l'adversaire, de la grande envolée unilatérale qui fait sentir l'omnipotence américaine à chaque syllabe, des phrases purement catégoriques (si possible sujet-verbe-complément et rien d'autre), des solutions simplistes, des promesses que tout doit être résolu et plié pour le prochain Noël (quel que soit le moment du discours dans une année), que tous ceux qui nuancent et parlent autrement sont des débiles, des tapettes et/ou des ennemis.... Bref, on ne doit parler qu'en absolus et en certitudes, en évoquant des actions tous azimuths et de la dépense d'énergie outrancière (qu'importe si dans le monde réel, c'est utile, ruineux ou contre productif), et on doit parler fort et de haut (et après c'est nous que les Anglos traitent "d'arrogants"). Obama se fait descendre pour essayer de parler comme un adulte: que sa stratégie soit contestable, on peut y revenir après. Qu'il n'en fasse pas assez, ça se discute. Mais il ne parle pas de façon adaptée aux Américains, et surtout, plus précisément, aux médias et à ceux qui constituent l'opinion publique, qui en retour le descendent et démolissent son image du haut de leur (très souvent) non expertise pédante. Bref, les prêtres du clergé médiatique prêchent contre le roi parce qu'il n'utilise pas le langage qu'ils préfèrent, et qu'ils n'ont rien d'autre à foutre.... Et c'est eux que la population écoute, au final. Dans les campagnes électorales, en revanche, on voit du langage agressif, outrancier, où l'on dispose (virtuellement) des êtres, des choses et des événements dans l'absolu, ce qui permet de décréter qu'on a LA stratégie qui tue et que quand on sera élu, vous verrez ce que vous verrez et "le terrorisme" (pas que Daesh) sera éradiqué à jamais. Aussi stupide que soit la "stratégie" évoquée, on s'en fout: en parole, rien ne vous résiste. Plus encore, en campagne, on peut se lâcher et se comporter comme des personnages de dessin animés (surtout pour les républicains, ça fait maintenant des années qu'on dit d'eux qu'ils ressemblent chaque jour un peu plus à des "cartoon characters": à peu près toutes les chaînes -sauf Fox, parce que les commentateurs en sont aussi- utilisent désormais ce vocable); le trash talking fait ainsi souvent ressembler les campagnes républicaines à la WWE, aux échanges entre boxeurs ou combattants MMA.... Dont on sait, chez eux, que c'est souvent avant tout juste pour le marketing, que ça se fait dans un ballet bien réglé et destiné à faire de l'audience et des twitter wars. Chez les politiques, c'est évidemment pris en compte aussi (et c'est déjà dramatique pour le débat public), mais avec les candidats qu'on voit depuis une décennie.... C'est plus si vrai que ça. Bien des élus du Tea Party (entre autres) pensent et parlent ainsi AU QUOTIDIEN sur le capitole. Beaucoup de ces tendances existent partout, mais elles semblent particulièrement développées aux USA: désir d'entendre évoquer sans cesse sa propre puissance, fantasme de la guerre décisive et des problèmes résolus très vite (si on investit massivement en hommes et en argent), besoin de rhétorique aggressive et qu'on vous vende des solutions simplistes.... Quand on relit la vie politique à Athènes pendant la Guerre du Péloponèse, où des généraux étaient élus, virés, adulés ou condamnés à mort ou à l'exil dans des alternances rapides, débiles et irresponsables d'humeurs électorales, impactant (souvent dramatiquement) le cours du conflit, on se dit que plus les choses changent, plus elles restent les mêmes. A ceci près que quand ça se passe dans la puissance n°1 qui a vraiment beaucoup d'armes nucléaires et des moyens de bombarder n'importe qui n'importe quand.... C'est plus flippant que dans le cas d'une thalassocratie de marine à rame et de baiseurs de chèvres et d'éphèbes.
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Je m'étonne d'une évolution de la British Army que l'AdT ne suit pas (presque étonnant, avec la fascination servile des élites civiles et militaires françaises pour tout ce qui est anglais), et qui, somme toute, ne reçoit pas beaucoup de pub; à moi, ça semble assez fondamental et porteur de grandes possibilités pour l'entraînement/la préparation des forces. Essentiellement, la base de Catterick est en train de devenir une méga base à l'américaine, avec un effectif prévu de plus de 25 000 personnels en 2020, dont une brigade de manoeuvre complète, une multitude de bataillons et unités de toutes les armes, ainsi que, toujours, le plus grand centre d'entraînement de l'infanterie. Les possibilités offertes par une telle concentration interarmes ne devraient jamais être négligées, et il semblerait judicieux, pour moi, que la France fasse quelque chose du même genre; on a encore quelques camps de grande superficie....
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C'est pas si diffusé (y'a pas eu une ruée particulière de la population américaine sur les cursus de ce genre ou le mode de vie qui va avec: c'est assez marginal), et ça existe depuis longtemps aux USA. Dans l'ensemble, ça ne fait pas de gros bataillons en termes démographiques. Ca joue dans un ensemble et une sphère culturelle particulière (qui est plus ou moins liée au monde des armes), mais c'est pas une cause qui pèse lourd.
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[Séries TV]
Tancrède a répondu à un(e) sujet de Philippe Top-Force dans Livres, magazines, multimédia, liens et documentation
Classique! Les 2 premières saisons valent vraiment le coup, je trouve. après, faut vraiment être dans le trip pour continuer: ça devient vraiment trop toujours la même chose à mon goût, en forçant trop le trait, en mettant trop de retournements moins vraisemblables (con pour une série qui se veut réaliste et ancrée "dans le monde dur et méchant"), et, fondamentalement, en n'apportant rien de nouveau tout en gâtant l'atmosphère (le vieux sud et ses dessous) à force d'en abuser. Ouais, un peu trop militant sur ce point. Un peu trop de facilités prises sur le plan de l'action, aussi, je trouve, les personnages acquérant des capacités véritablement super-héroïques qui deviennent franchement ridicules avec le développement de l'intrigue et l'accélération de son tempo. La maigrichonne coréenne qui démolit des armoires à glace, c'est déjà ridicule (même avec le facteur "les persos doivent être les plus forts" d'une série télé), mais au bout d'un moment, il lui en faut plusieurs à la fois.... Et par extension, les autres peuvent le faire aussi via "téléchargement" de sa conscience (alors que leurs corps ne sont même pas entraînés). De même, l'Allemand est à la base un petit perceur de coffres (sans aucun grand casse à son actif) et un bagarreur de rue (mais il roule en BMW et il est nudiste, parce qu'il est allemand..... Le monde vu par les ricains), mais devient un véritable terminator s'attaquant seul à des bandes entières, en terrain libre ou carrément dans leur repaire, et en démarrant sans armes qui plus est, là où eux sont toujours équipés comme des porte-avions. -
Je connais le paradigme, et je sais comment marche une discussion avec un militant pro-flingue: il ne remettra pas en question les bases de son raisonnement (genre "more guns = more security"..... Tout est dit), ce qui en fait une perte de temps. Ceci dit, une autre suite de chiffres amusants: le nombre d'armes à feu produites (pour usages non militaire ou policier/sécurité pro) aux USA avait atteint un plateau entre les lendemains paranos post 9/11 et 2008, mais à partir de 2009, la production s'est emballée dans des proportions assez impressionnantes. Admirez plutôt: 2008: 4 498 944 2009: 5 555 818 2010: 5 459 240 2011: 6 541 886 2012: 8 578 610 2013: 10 884 792 Soit plus qu'un doublement de la production en 5 ans, alors même que les guerres d'Irak et d'Afghanistan étaient en phase de fin et qu'à leur plus fort, elles n'avaient pas été corollaires d'une telle explosion de la volonté de surarmement de la portion armée de la population. Le marché civil à l'export n'est pas si énorme, donc l'essentiel de ce boom est avant tout du à la demande intérieure, toujours concentrée sur environs un tiers de la population (proportion toujours en train de baisser, même si de façon plus ralentie). Non seulement ce "noyau dur" achète plein de flingues, mais plus encore, ils en achètent de plus en plus. A quoi correspond ce changement? Sans doute beaucoup de raisons structurelles, comme la segmentation informationnelle par biais multimédia, dont l'un des effets a été de créer de fait plusieurs "pays dans le pays", vivant de façons de plus en plus séparées dans bien des aspects, la "bulle" ultra conservatrice étant dans ce registre exemplaire (et corollaire d'un niveau d'information bien plus bas que la moyenne nationale): on peut donc vivre dans son petit monde de certitudes biaisées voire fausses de façon durable, sans jamais avoir à en sortir ou être confrontée à d'autres formes de pensées.... Sauf si quelque chose de vraiment majeur arrive (défaite électorale maousse, changement législatif majeur qui force tout le monde à sortir des tranchées, catastrophes diverses....). Ou encore le continu travail du lobby des armes à feu, essentiellement sponsorisé par les 12 compagnies qui dominent le marché de l'armement individuel (il y a longtemps que les cotisations -et donc les opinions- des membres ne valent rien pour les patrons de ces organisations "citoyennes"): aussi bien dans la participation à la vie électorale (élections, lobbying, action médiatique....) que dans l'animation de l'univers culturel des armes à feu dans la population (conventions, événements sociaux/communautaires, initiatives diverses....), ce tmarketing est gigantesque et opère depuis longtemps son effet sur la portion concernée de la population, d'autant plus travaillée au corps que le marché est structurellement sur le recul (on défend donc farouchement ses positions: on investit plus). Mais il y a aussi des causes conjoncturelles dont tout est fait pour orienter l'interprétation consciente et inconsciente dans une seule direction: plus de flingues et moins de réglementations pour en avoir, les montrer, et s'en servir. Chaque incident entre des minorités et la police, chaque affrontement de gangs, chaque "mass shooting", et bien sûr chaque attentat, est l'occasion de serrer les rangs. La conjoncture économique a aussi pu aider, évidemment, en accroissant la crainte sécuritaire et les anxiétés de toutes sortes pour lesquelles, dans le logiciel culturel d'une partie de l'Amérique, les flingues sont une réponse instinctive donnant une impression de maîtrise de son destin et de sécurité. Enfin, autre cause conjoncturelle que la plupart des analystes considèrent comme une des plus sérieuses: qu'a t-il bien pu arriver fin 2008-début 2009 pour avoir un tel impact? Un seul événement majeur a choqué conservative America à ce moment: l'élection d'un certain président qui a reçu dans ses deux premières années de mandat plus de menaces de mort/violence qu'aucun autre président américain en un ou deux mandats! Lui qui, quel qu'aient été ou soient ses principes moteurs et/ou ses intentions politiques, a été automatiquement associé par la droite à un certain set de choses "dangereuses" qui en font essentiellement dans leur esprit une icône communiste au revanchisme noir (façon black panthers sous amphètes) agressif, avec des volontés de détruire l'Amérique. Et, facteur aggravant, quand vous voyez une liste historique des photos des présidents ricains.... Qu'est-ce qui le rend différent, celui-là? Les cheveux plus courts? le sourire plus blanc? Ou autre chose? Autres chiffres intéressants: il y a beaucoup de contestations de la part des pro-guns (ou d'une partie d'entre eux) contre les "background checks", en matière d'acquisition d'armes à feu. On les dit inutiles, invasifs, liberticides.... Et le fait est que personne ne les présente comma la panacée ou la solution ultime. De fait, ils n'existent pas dans tous les Etats américains, et dans ceux qui existent, ils représentent des réalités très différentes, parfois détaillés et allant chercher loin, parfois très superficiels. Mais, aussi limités soient-ils quand on regarde la situation du pays dans son entier, ils ont quand même empêché 2 millions de ventes d'armes sur les 20 dernières années, ce qui ne veut pas dire qu'il y aurait 2 millions de tueurs fous qui auraient des armes ceci dit. Par ailleurs, il faut noter que l'actuel cadre législatif aux USA a permis à 2000 personnes enregistrées sur la "Terrorist Watchlist" (leurs "fiches S", catégorie "plus que suspects") d'acquérir des armes à feu sans restriction..... Là encore, empêcher les gens sur cette liste d'acquérir des armes n'est pas la panacée (comme pour ceux de San Bernardino, on peut en acquérir via une tierce personne, voire acquérir des armes illégales), pas plus que cette liste n'est parfaite et offre un panorama complet des citoyens et résidents à risque, ou de l'ensemble des menaces terroristes potentielles, mais cela fait partie d'un ensemble plus vaste qui aide beaucoup à réduire les probabilités d'attaques, ainsi que leurs chances de réussir, ou en tout cas de réussir pleinement.
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Le YEMEN en voie de "Somalisation"
Tancrède a répondu à un(e) sujet de alexandreVBCI dans Politique etrangère / Relations internationales
http://warisboring.com/articles/gulf-monarchies-love-mercenaries/ J'avais pas fait attention à ça; ça n'a rien de nouveau dans le coin, mais le recours aux mercenaires peut être devenu plus visible maintenant que les armées des monarchies golfiennes ont de vrais combats à mener, pas juste leurs populations (de nationaux, de minorités ou de travailleurs importés) à mater. Le chiffre de 800 mercenaires colombiens est évoqué pour le seul contingent UAE (bien qu'ils soient sous uniformes saoudiens) dont la taille affichée tournerait autour de 1500h, dont ces mercenaires seraient essentiellement l'élément de pointe réalisant concrètement l'essentiel du combat au sol. L'octroi de la nationalité comme partie du contrat est plus un moyen de camoufler l'emploi massif de mercenaires qu'une récompense recherchée, ce qui a aussi pour effet de rappeler à quel point la façade militaire des pays du Golfe est un faux semblant, la partie qualifiée et/ou fiable de leurs armées étant de fait beaucoup plus limitée, volontairement ou non. Sud-Américains, Pakistanais, Sud-Africains, Indonésiens, Somaliens, Malais semblent avoir la faveur des dites monarchies, les occidentaux étant aujourd'hui jugés trop chers, et ayant une valeur relative moindre (le différentiel qualitatif pour ce qui concerne les soldats de mêlée n'est plus ce qu'il a été) sauf pour les profils très pointus. Quoiqu'il en soit, si le contingent UAE est à ce point fait de mercenaires, quid des autres contingents des monarchies pétrolières (Qatar et AS en l'occurrence), dont les modèles politiques sont les mêmes? En théorie, ils afficheront la "nationalité" adéquate, ce qui n'est qu'un artifice, mais dans la pratique, qu'est-ce que cela dit des armées du Golfe, et, plus précisément dans le cadre de ce sujet, cela augure t-il de problèmes dans la conduite de la guerre, l'efficacité tactique obtenue se trouvant potentiellement handicapée par le facteur culturel, les abus potentiels de toutes sortes.... Soit un bien vieux schéma quand on utilise des armées de mercenaires. -
[Séries TV]
Tancrède a répondu à un(e) sujet de Philippe Top-Force dans Livres, magazines, multimédia, liens et documentation
Pour ceux qui, comme ShorrKan, ont du mal à avoir assez de sitcom marrantes sous le manteau pour durer l'hiver (parce que The Big Bang Theory ne peut pas tout faire, et surtout pas remplir tous les vides), essayez peut-être celle-ci: Odd mom out. C'est très spécial, ou plutôt très spécifique comme humour: c'est une série de la chaîne Bravo, donc la chaîne des fashionistas et langues de putes, des pêtasses, des homos, des métrosexuels, pleine de talk shows trashy et télé-réalités orientés sexe et scandales peoples (toutes les versions de Real Housewives of... Notamment). Odd mom out, c'est pas trop mal, occasionnellement très marrant à mon goût: un couple marié de l'Upper East Side (quartier hyper huppé), avec un "fils de" qui n'a pas assez extrêmement bien réussi, et sa femme excentrique (le perso principal), essaie de rester normal dans cet environnement de l'élite new yorkaise faite de fashionistas, d'épouses qui n'en foutent pas une, de snobs hystériques, de guerres sanglantes pour qui pourra foutre son gamin dans la maternelle qui ouvre les portes de la réussite, ou qui pourra obtenir une place dans LE cimetière où il faut être enterré, de connards incultes et prétentieux de Wall Street qui ne branlent rien (même pas eux-mêmes, les secrétaires sont là pour ça) mais ont les relations et la position pour tout ramasser, du flux et du reflux de l'exclusion et de l'inclusion dans les cercles où il faut être selon des critères que personne ne comprend, de belles-familles qui font pression pour vous faire rentrer dans le moule au nom de "l'image", d'événements caritatifs à cause débile où l'on ne va que pour autre chose que le bien de l'humanité, de méthodes d'éducation douteuses pour enfants tiraillés entre le fait d'être gâtés d'un côté, et surpressurés pour réussir de l'autre (dès qu'ils commencent à marcher).... Bref, une série taillée pour l'audience de Bravo avant tout, qui essaie de se moquer des codes et attitudes d'une certaine élite qu'on voit mais ne connaît pas du tout. Si seulement ils pouvaient buter l'ex-puis-de-nouveau petit copain.... Ses tribulations me les courent grave. Qu'il crève! -
Et comme toujours après un "mass shooting" (une spécificité de plus par rapport aux homicides "normaux" par armes à feu aux USA), les ventes de flingues explosent: en cette période de Noël et depuis le "black friday" (le vendredi qui suit Thanksgiving et qui est, avec le 26 décembre, LE grand moment de l'année pour les magasins), le marché des armes neuves (plus difficile de tracer le marché de l'occasion, énorme et flou aux USA: traçabilité très variable suivant les Etats, mais généralement nébuleuse dès le 3ème propriétaire) connaît un grand boom. Petit événement d'ailleurs: ce dernier "black friday" (vendredi dernier) a vu le record historique de "background checks" en un jour, avec 185 345 demandes (+5% par rapport à l'année précédente). selon les chiffres du FBI. Les attentats de Paris ont joué un grand rôle, de même que les quelques mass shootings survenus après. L'une des causes de ces pics de consommation réside moins dans les petits "surges" du sentiment d'insécurité qui accompagnent ces événements (quoique cela joue aussi, et les attentats de Paris ont réellement joué un rôle à cet égard), que dans la crainte quasi automatique qu'un tel événement n'amène une batterie de lois limitant l'accès aux armes et/ou munitions.... Un peu l'équivalent de la crainte du "grand soir" qui est toujours promis, mais jamais n'arrive. C'est d'autant plus remarquable que ces ventes en croissance constante, avec de tels pics occasionnels, n'étendent de fait pas le nombre de clients: ce sont les mêmes personnes qui achètent et rachètent toujours plus. Je sais bien qu'ils se font des cadeaux entre eux et ont des enfants, mais quand même.... Il y a entre 270 et 310 millions d'armes à feu aux USA (hors stocks des armées, gardes nationales, forces de l'ordre et entreprises de sécurité/contracting militaire), qui se répartissent dans 37% des foyers, un chiffre en diminution constante depuis 30 ans. Le marché des armes et munitions pour particuliers représente ainsi 13,5 milliards de dollars par an (43 milliards d'activité au total avec tout ce qui entoure les armes) et 260 000 emplois. Qui a parlé d'allocation rationnelle des ressources par "l'homo oeconomicus"?
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Exagère pas, Gally: Salma Hayek a un grand parent libanais, et 3 mexicains. Elle est comptabilisée latino ou "mixed race" (une catégorie mal comptabilisée aux USA, car la majorité des gens aux origines mêlées, s'il y a une couleur de peau non blanche impliquée, revendiqueront une "appartenance" à la dite couleur)!