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Tancrède

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Tout ce qui a été posté par Tancrède

  1. Difficile à qualifier de baroud d'honneur: le total des Tea Partiers et Libertariens ne dépasse pas la centaine (doit être autour de 80): 144, c'est leur "zone d'influence" qui correspond en fait au nombre de représentants qu'ils peuvent terrifier par une "pression aux primaires" et le chantage au financement, en l'état du fonctionnement actuel du GOP. Ca montre le travail qu'ils ont à faire s'ils veulent gagner une élection nationale.
  2. C'est le problème des gens réfléchissant en absolus et dans l'abstraction: ils décrètent que quelque chose se termine (parce qu'ils ne l'aiment pas et n'en voient que les défauts ou les exagèrent) et qu'une bonne chose va forcément commencer ensuite (je sais pas d'où ils le sortent, ni comment ils peuvent savoir ce que va être cette chose, parce que personne ne le peut), sous prétexte que la terre continue de tourner. En oubliant juste que les périodes de transition sont le moment où tout chie et où rien ne marche "comme prévu", et elles peuvent durer looonnngtemps, dans le bordel le plus total. Ce genre de rhétorique a été beaucoup entendu côté Ted Cruz où Rand Paul (et son vieux), qui semblent tout savoir de ce qui doit et va arriver dans l'ordre économique mondial.... Sans avoir jamais démontré la moindre compétence dans l'analyse économique (ou d'autre chose d'ailleurs). Mais évidemment, les grands discours creux et (en apparence) sans concession, ça peut vendre auprès d'un certain électorat. Ce à quoi on assiste, c'est juste môssieur Cruz qui veut être candidat présidentiel et "mr droite dure" aux USA, pour son ego, sa carrière, l'attention et les financements, qu'importe le prix à payer pour le reste. Qu'il croie ou non à ses élucubrations importe peu. Et de l'autre côté de l'échiquier républicain, Boehner a le job le plus dégueulasse qui soit; il est mauvais et a visiblement placé sa situation personnelle avant sa responsabilité d'élu, mais il a vraiment un taf impossible. C'est d'ailleurs pourquoi il n'a aucun candidat à sa succession. Même son adjoint, Eric "dents qui rayent le parquet" Cantor, ne semble pas faire de grands mouvements pour hériter de cette position de Speaker, rendue impossible en l'état actuel de la majorité républicaine à la Chambre. Il est loin le temps où tout ce qui faisait sortir Boehner dans les médias, c'était le ridicule de la couleur carotte de son bronzage artificiel.
  3. En tout cas, la crise semble passée.... Jusqu'à février prochain, échéance du deal budgétaire. Si rien ne change dans le GOP, c'est rebelotte dans 4 mois et quelques. Qu'est-ce qui pourrait changer? Tout dépendra en fait de ce qui peut faire pression sur le "crazy caucus" des libertariens et tea partiers, et cela reste pour l'instant nébuleux et difficilement analysable, car tout tient à deux familles de facteurs: - le financement qui les rend indépendants du RNC: ce financement vient d'organisations religieuses et de soi-disant "non profits" telles que la Heritage Foundation ou le Cato Institute.... Cad, pour faire court, les frères Koch qui en sont de loin le premier fournisseur, et qui auraient ces derniers jours piqué une petite colère contre leurs créatures - les circonscriptions découpées pile poil pour assurer des majorités ultra conservatrices; impossibles à changer avant les prochaines élections, tout va dépendre de leur débat interne (fortement influencé par les groupes s'occupant aussi du financement), de l'humeur, des difficultés du moment et de l'impact de la crise dont on sort. Apparemment, on aurait signalé des remous dans pas mal de circonscriptions, Comtés et Etats garantis "rouges", et qui pourraient redevenir concurrentiels, ainsi que de zones jusqu'ici concurrentielles qui seraient désormais garanties "bleues" Le GOP a souffert cette semaine de problèmes avec ses soutiens financiers (Wall Street, Big Business, donateurs aisés) qui ont hurlé contre le crazy caucus et refusé d'allonger la thune, annonçant même qu'ils pourraient garder cette attitude à l'avenir tant qu'une solution n'aurait pas été trouvée. Cela a coûté un district en Floride où, cette semaine, le candidat démocrate a été élu dans une partielle: impact de la crise et soudain assèchement des finances du républicain, cela aurait été un coup de semonce pour le RNC. Autre événement local qui passe au plan national: l'élection sénatoriale qui a lieu en ce moment dans le New Jersey (l'icônique détenteur du siège étant mort il y a quelques mois) voit la victoire large du très médiatique maire de Newark, Cory Booker, qui l'emporte facilement sur fond de cette crise après une fin de campagne où il s'était emmêlé les pinceaux et avait du recommencer à batailler sec (dans un Etat, le NJ, qui est, malgré son gouverneur pressenti comme candidat présidentiel républicain, un Etat durablement démocrate). Sinon, encore quelques infos sur l'impact des shutdowns (source Gallup pour les chiffres): - l'indice de confiance des consommateurs américains a chuté de 12 points, atteignant son plus bas depuis les lendemains de la crise (période post chute de Lehman Brothers) - 30% des Américains ont d'ores et déjà décidé de baisser leur consommation pour les vacances à venir - l'embauche prévue de 700 000 saisonniers (période de vacance qui arrive) sera revue nettement à la baisse - les grandes surfaces semblent toutes baisser leurs dépenses (investissement/embauche): 40% en moyenne sur les plus grands Les stocks se sont empilés dans les ports et zones de transit de fret, et continueront à le faire jusqu'à ce que l'activité perdue soit rattrapée (donc bien après la reprise du travail); les processus d'embauche en général ont été ralentis, parfois annulés, par l'absence de possibilités de contrôle des dossiers (immigration/citoyenneté, démarches administratives....). Les processus d'exportations ont été ralentis par la fermeture des administrations, les investissements et achats internationaux aussi (qui exigent des process administratifs et juridiques).... Pour ces activités, là aussi, il va y avoir un temps de bordel et de phénomène de retard accumulé qui coûtera du fric (coûts ET manque à gagner) avant de retrouver un rythme normal. Le pire impact économique reste celui sur les anticipations des acteurs à tous niveaux.... Et dire que ça risque de repartir en février.
  4. Tu veux dire quand les finances de l'Etat étaient de fait un cartel détenu par un tout petit nombre de sénateurs qui votaient le montant à lever et la part qu'ils prélevaient dessus en le percevant eux-mêmes? Et que leur usage était quasi exclusivement destiné à se partager le pactole restant et à engager l'Etat dans des politiques décidées par eux et servant leurs intérêts personnels? Naaaaaaan!
  5. On s'en rend assez peu compte, mais elle est multipartite: elle l'est au niveau de chaque Etat. Au niveau fédéral, je doute que ce soit si facile que ça, sinon impossible. Mais la scène nationale est en fait un compromis bancal, et c'est pourquoi il n'y a pas de parti démocrate ou républicain national. Il n'y a que des comités nationaux (DNC et RNC), très "confédéraux" dans leur fonctionnement (et avec des moyens limités), et qui doivent de fait partager le "pouvoir" dans le même parti avec d'autres organisations, essentiellement les Congressional Commitees et Senatorial Commitees (DCCC -"dee triple cee" et DSCC pour les démocrates, NRCC et NRSC pour les républicains). Les DNC et RNC sont des organismes de coordination des plates formes de campagne, de débat, d'arrangements et, dans les faits, les organisations majeures pour préparer les grands cycles électoraux et les primaires nationales, donc la sélection du "ticket" présidentiel. Mais les comités parlementaires ne sont pas sous leur autorité: ils sont en fait des "contre pouvoirs" au sein du même parti, vu qu'ils représentent chacun d'autres formes de compromis et d'autres intérêts, liés aux modes de scrutin (sénateurs = proportionnelle dans chaque Etat, représentants = majoritaire par circonscription). De fait, il y a toujours un certain niveau, variable, de "pouvoir informel" unifiant dans ces échelons nationaux, via quelques personnalités. de fait aussi, la levée de fonds de campagne (plus aisée pour certains échelons), l'allocation d'un certain niveau de réserves et le besoin d'accorder certains violons créent un degré ou un autre d'autorité. L'ère contemporaine, via les médias de masse, mais aussi l'évolution vers l'accroissement permanent du "soft money" (aujourd'hui dépassant le "hard money" des campagnes proprement dites) a de même développé le pouvoir de fait des instances nationales. Mais il ne faut jamais oublier que de fait, il y a un parti démocrate et un républicain par Etat, et qu'ils sont tous très différents: le niveau national est un compromis souvent bancal entre des composantes très diverses, parfois antagonistes (comme on le voit actuellement chez les républicains où le compromis moderne républicain initié par la "southern strategy" de Nixon a dépassé son point d'incompatibilité totale). Les instances nationales des partis sont des "parlements bis" où s'établissent des compromis très difficiles, entre les territoires et entre surtout les bases électorales et les courants d'idées. Le niveau de diversité est comparable à celui d'un parlement normal. De fait, les groupes et réseaux composant les partis au niveau étatique et les courants (niveau "régional" et fédéral) sont des réalités souvent plus dominantes que le parti lui-même; ce à quoi s'ajoute la réalité des groupes sociologiques de la population (voir mon post plus haut sur la dernière étude en la matière, et le "nouveau centre" de l'opinion américaine). Et c'est là toute la question. L'histoire politique américaine n'est pas celle d'une constance du bipartisme, même si, pour le cas spécifique de l'élection présidentielle, il y a de fait un bipartisme dominant qui contraint à des coalitions claires pour cette élection qui peut être différenciée des autres (même si elle se passe en partie en même temps) via la différence des modes de scrutin ET le différé de la moitié des élections parlementaires et judiciaires via le dispositif des midterms (renouvellement partiel des chambres en cours de mandat.... Comme c'est le cas l'an prochain). C'est pourquoi l'un des points majeurs dans le Congrès repose sur les "congressionnal caucus" (attention à la méprise: il y a aussi les caucus électoraux) qui sont infiniment plus que nos groupes parlementaires; les "party conferences" sont les plus "consensuels" et sont l'équivalent de nos groupes parlementaires. Mais il y en a beaucoup d'autres, et ce sont ceux là qui reflètent la réalité des rapports de force internes aux partis: les caucus idéologiques (conservateurs/libertariens/tea party pour le GOP, conservateurs/liberals/modérés/progressistes pour les Dems), religieux, ethniques, d'intérêt spécifique.... Les caucus idéologiques, et, sur beaucoup de questions, ethniques, sont de fait les vrais marqueurs des rapports de force interne, et, même si c'est moins vrai aujourd'hui, le lieu des compromis bipartisans où le vrai business de gouverner peut être fait. Faut jamais perdre de vue que les entités qu'on imagine monolithique que sont les "démocrates" et "républicains" ne sont que des coalitions de compromis à l'échelon fédéral, qui n'ont à formuler d'union ferme que sur certaines questions et pour l'élection présidentielle. De fait, ce bipartisme est nettement plus multipartite qu'on l'imagine. Non seulement le multipartisme peut devenir, aujourd'hui plus que jamais, une réalité dans chaque Etat, mais les ingrédients principaux formant ces "cocktails" nationaux peuvent (et c'est vraisemblable qu'ils le feront, désormais), se recomposer. Le parti républicain des 40 dernières années n'a rien à voir avec le parti républicain d'Eisenhower, qui reposait sur un mélange de big business, de progressistes et de faucons, avec un électorat essentiellement dans le nord et les zones industrialisées (et quasi inexistant dans le sud).... Radicalement l'inverse d'aujourd'hui. Ca relativise l'importance des appellations. Nixon l'a radicalement changé en entérinant la stratégie foirée de Goldwater, mais juste pour récupérer la base électorale des démocrates du sud (raciste, anti-Etat fédéral, anti-taxes.... Et qui se retrouve aujourd'hui dans le Tea Party); il a pu continuer l'habituelle politique républicaine d'alors, très modérée à l'intérieur, sociale ET favorisant le big business.... Sans lui, le compromis a pété, et un nouveau est arrivé avec un Reagan qui en a établi un autre, où le "southern caucus" a encore été le dindon de la farce, sauf sur certains plans mineurs, dont le facteur décisif de la fin de la taxation des organisations religieuses qui a permis de développer une gigantesque machine d'organisation et de financement orchestrée par les évangéliques.... Qui sévit encore aujourd'hui. Ils ont pesé de plus en plus lourd au fil des années 90: c'est l'irruption d'un nouveau radicalisme influencé par eux avec la "révolution gingrich" de 1994. Ils ont définitivement rompu avec l'establishment républicain autour de 2008-2010 (la candidature de McCain a déjà été problématique.... Et la présence de Palin sur le ticket fut le dernier compromis possible), et l'affirmation du Tea Party et de l'aile "libertarienne" via Ron Paul puis sont fils (les financements des deux "groupes" sont étrangement similaires) en sont la manifestation: radicaux populistes et religieux se retrouvent, et se sont constitués des bastions indélogeables via le tripatouillage de la carte électorale et l'irruption du "big money" sans restriction aucune (avec un réservoir de gens riches soit idéologiquement motivés, soit, plus fréquemment, croyant pouvoir faire de ces groupes leurs idiots utiles pour faire main basse sur des comtés et des Etats -voir l'exemple d'Art Pope).
  6. Parce que tout le monde est encore dans la mentalité "une solution arrivera au dernier moment", autant par le caractère blasé/"j'ai déjà vu ça" que par l'incapacité à concevoir que le non vote puisse arriver. Boehner veut chercher à épuiser toutes les options qu'il pense avoir (le temps en est malheureusement une) ou feint d'avoir, ce qui est même condamné par Mitch McConnell (minority leader au Sénat). Le problème côté marché est qu'une telle attitude, même si le vote passe, peut commencer à impacter sérieusement les anticipations futures: la propension croissante au gouvernement par crises successives (et artificielles) et à l'incapacité au consensus minimum sera sanctionnée, et d'une manière ou d'une autre, l'économie le paiera. Les changements internes au GOP qui sont attendus depuis longtemps (et ne pointent toujours pas à l'horizon), et surtout les prochaines élections, portent beaucoup de signification pour l'avenir de la signature et de l'économie américaines. Des réformes constitutionnelles (fin du vote sur le plafonnement de la dette, réforme du filibuster....) pourraient aussi être envisagées à cet effet.
  7. C'est un des problèmes à l'oeuvre, avec des facteurs qui jouent beaucoup plus qu'on n'ose accepter de le penser: - il veut garder son job, donc ne pas prendre le risque de le perdre (dans la situation actuelle, il ne pourrait pas récupérer grand chose, voire ne pas être réélu); on penserait que dans de tels moments, des gens comme ça pourraient accepter de "prendre le coup" pour le pays, mais non..... Ca n'est qu'une des possibilités pour les gens comme ça, pour qui les conséquences sont toujours diluées, délayées, atténuées - il a besoin du caucus du sud, donc du Tea Party et des excités religieux.... Toujours pour maintenir le parti républicain. C'est l'un des trucs qui outrage le plus les commentateurs républicains: que l'establishment du GOP n'ait toujours pas le courage de trancher et de s'opposer à sa composante radicale, et entamer une réforme du parti.... Parce que ça coûterait vraisemblablement les élections de 2014 et 2016
  8. Sûrement, à ceci près qu'il n'y aura plus les moyens de bouger avant longtemps, et que l'impact sur le pays (et le régime), sans même mentionner l'impact sur l'économie mondiale, est difficile à sous-estimer. On s'occupe d'une dette quand les choses vont bien, pas quand l'économie est conjoncturellement et structurellement problématique. C'est vraiment pas le sujet le plus important à court ou moyen terme, et les solutions d'urgence en ce domaine sont rarement productives, sinon jamais. L'un des pires problèmes est qu'une bonne part de l'électorat américain, avec une surconcentration à droite, ne sait même pas ce qu'est ce relèvement du plafond de la dette et ce que cette procédure implique comme conséquence. La chose a été trop peu et mal expliquée, et, pire encore, comme pour les conséquences des sequesters, elle a été mal vendue, sous forme de menace apocalyptique (dans le sens où le ciel s'effondre d'une minute sur l'autre dès que ça arrive), ce que la suite des événéments a évidemment démenti, puisque l'apocalypse brutale où tout s'effondre d'un coup n'arrive qu'au cinoche ou dans les récits religieux. Gallup, NBC, CNN.... La tendance suivie au quotidien dans les médias américain, en somme. Vu que les ricains adorent les sondages et sont la population la plus accro au commentaire politique chiffré, ça veut dire plusieurs tous les jours. Donc non, j'en ai pas un précis en tête là tout de suite, juste la masse de ceux qui arrivent tous les jours, les réguliers (même question posée depuis longtemps et reposée régulièrement) comme les ponctuels, dans chaque média et fournisseur. Comme je me fie évidemment à aucun en particulier et plus aux tendances convergentes, un sondage précis n'est pas mon point de focus. Le problème est que Boehner n'a pas de contrôle sur sa majorité, ni immédiat (le "whip vote" ne marche pas comme en Angleterre) ni à long terme: il a peu de "reconversions" à promettre, peu de marge de manoeuvre pour amener des législations souhaitées, peu de consensus dans un GOP sans plate forme commune désormais, et surtout, peu de contrôle sur le processus de nomination qui a échappé à tout contrôle, et sur le financement général qui puise à deux familles de sources bien distinctes désormais, les excités étant alimentés par les groupes religieux et des fortunes autonomes comme les frères Koch (à qui leur créature -le Tea Party- a au moins partiellement échappé: c'est Frankenstein, quoi). Mais c'est étrange de voir à quel point la prévalence du "ça va s'arranger in extremis" domine encore mentalement les esprits trop rôdés et blasés de la scène washingtonienne. Même à Wall Street, ça continue à jouer ("ça va s'arranger parce que ça DOIT s'arranger"): résilience, refuge dans le connu et les certitudes, crainte trop grande du "grand bond dans la mouise".... Les réflexes sont les mêmes partout. Mais le fait est que le compromis bancal du parti républicain de la dernière période (années 60 à aujourd'hui) a vécu (peut-être même le bipartisme, quoique c'est plus lourd à changer), et que le parti va devoir se recomposer: les républicains dits "modérés" et les amis du big business ne peuvent plus s'entendre avec les excités religieux et radicaux "libertariens" et ultra conservateurs populistes. Ils ont d'abord juste servi de réservoir de vote sous Nixon, puis d'appoint utile sous un Reagan (et un Bush Sr) qui les ont peu écouté, et ont commencé la rebellion sous Bush Jr qu'ils accusent de les avoir arnaqués et condamnent largement. Ca et leur resserrement géographique, tout indique que cet éternellement problématique caucus du sud, en bisbille avec tous les autres groupements (et zones) politiques composant la scène américaine et les 2 grands partis, n'est plus soluble dans le bipartisme. Tiens, un chiffre oublié dans mon tableau de l'actuelle sociologie politique américaine (voir plus haut): les appartenances (différent des convictions, le compromis national qu'est un parti ne reflète que partiellement les convictions) "revendiquées" par l'électorat américain, toujours dans la même étude (qui court sur plusieurs périodes et s'est donc affranchie autant que possible du conjoncturel) ont largement changé par rapport à "l'ancien" 40/40/20 (avec 50% d'abstention). Aujourd'hui, 28% des électeurs se revendiquent républicains (proche de la proportion des deux électorats "de base" dits conservateurs, mais ne se recoupant que partiellement avec), 36% démocrates et 36% indépendants. Le bas chiffre du GOP reflète l'évolution récente du parti, son impossible compromis fondamental et sa posture plus parasitaire qu'autre chose désormais. Je vais chercher s'il y a un plus grand détail sur les 36% d'indépendants, qui doivent se diviser entre un "centre" de modérés "normaux", des désabusés de tous types et une bonne partie de l'extrême droite (beaucoup plus en colère avec le GOP que la gauche ne l'est avec le parti démocrate), plus un peu de la gauche "idéologique".
  9. Au prix d'un défaut qui condamnera toute capacité à rembourser la dite dette, ce serait splendidement contradictoire.... A ceci près que, comme dit plus haut, une bonne partie du public américain, et particulièrement les populations composant les actuels radicaux et gueuleurs de la droite, n'aiment pas la dette, mais ne veulent pas non plus que les services fournis par le gouvernement fédéral soient coupés, sauf ceux dont ils ne connaissent et comprennent pas l'utilité et qui ont l'étrange point commun.... De représenter peanuts dans le budget (ces obscurs services administratifs ou d'inspections diverses, par exemple). Avec quelques "moutons noirs" érigés comme tels par les ahuris de grande audience, comme la FEMA (la sécurité civile), réputée, selon les complotistes de l'extrême droite, avoir des camps de concentration et de rééducation mentale (cf Glenn Beck et Rush Limbaugh) et ne servir à rien.... Jusqu'à ce qu'une catastrophe naturelle arrive dans LEUR coin et que les mêmes personnes qui hurlaient à la mort contre la chose la réclament soudain à tout prix, avec des fonds fédéraux d'aides diverses. Cela a été vu en Louisiane, en Floride, en Géorgie, dans les Carolines.... Et il y a moins d'un mois dans le "couloir aux tornades" de la middle America, où les empaffés radicaux qui avaient gueulé contre la possibilité pour le New Jersey et NY (en décembre-janvier frappé par un ouragan dévastateur) d'être aidé par la FEMA et l'Etat (qui ne devraient même pas exister selon eux), chialaient sans vergogne pour obtenir des aides massives et l'intervention de la FEMA, menaçant de mort qui ne les aiderait pas.... Ce genre d'opinion n'est donc que rarement cohérent, surtout dans sur la partie droite de l'échiquier. On soulignera aussi la large ignorance de cet électorat, à la fois le plus dépendant à l'Etat fédéral et le plus ignorant (moindre éducation, moindre information, comme toutes les enquêtes le montrent): ils touchent le chômage, la social security, des aides diverses et/ou medicare (ou quand ils ne l'ont pas, abusent du service d'urgence des hôpitaux publics....), mais ne comprennent pas que ça vient (tout ou partie) du gouvernement fédéral et que c'est un service fédéral. Leurs Etats sont les plus lourds en implantations et services fédéraux (et généralement les moins développés et les moins autosuffisants, ceux qui contribuent moins qu'ils ne prennent dans le pactole fédéral), armée en tête, mais à part ça, c'est normal d'avoir tout ça. Pour eux, ces choses existent grâce à eux, et ne sont pas liées à l'Etat fédéral, ce qui culmine dans les pancartes encore régulièrement observées "get your government hands off my Medicare". Tout comme des enquêtes révèlent depuis longtemps que tout le monde veut voir la dette baisser, tout le monde veut qu'il y ait des coupes importantes, mais quand on demande quel secteur doit être coupé, ils ne savent pas, et si on demande secteur par secteur ce qui doit être coupé, ils refusent à chaque fois et pensent en majorité que chaque secteur de dépense doit être augmenté (notamment armée, law enforcement, medicare, social security, aide alimentaire....). Tout au plus, à part la FEMA, les radicaux de droite veulent voir coupées l'aide extérieure et le soutien aux arts, qui représentent à elles deux peanuts de chez peanuts dans le budget américain (et l'aide extérieure est un outil de politique étrangère commode et productif). Donc le "souci citoyen du déficit" me fait doucement marrer, quand mis en face de la réalité. Et encore plus ce souci dans la droite et l'extrême droite américaine, où l'hypocrisie (ou l'ignorance) est nettement plus grande, et la tendance à la dépendance à l'Etat fédéral nettement plus marquée qu'à gauche. Parce que ceux qui le pensent à droite ne comprennent pas, pour la plupart, ce que ça veut dire et implique. Mais la validité du sondage est plus que douteuse: d'abord parce que la plupart des autres, toutes tendances confondues, pointent depuis plusieurs semaines dans la direction inverse, ensuite parce que les "sondages" politiques de Fox ont eu de larges tendances à être plus qu'à côté de la plaque récemment (victoire de Romney par une marge de 6 à 12%.... Affirmée jusqu'au soir de l'élection, et contestation des résultats le lendemain: ces sondages aussi avaient une méthodologie détaillée), et enfin parce que si ce sondage était sérieux, il ferait le tour des chaînes d'info américaines et des discussions politiques.
  10. FoxNews IRAIT jusqu'à publier des sondages bidons: ils l'ont fait pendant les élections de 2012, jusqu'au soir même de l'élection où leurs "sondeurs" annonçaient un raz de marée romneysien et contestaient la validité de TOUS les autres sondages, démocrates ou non, avec le plus grand sérieux et de longues explications mathématiques à la clé. La même FoxNews a de même essayé de contester la validité des sondages et enquêtes qui, depuis 3 semaines, montrent des républicains écharpés, et particulièrement leur aile radicale, avant de changer d'avis.
  11. Meunon, c'est parfaitement justifié, cette indignation: depuis le temps qu'on voit les Chinois copier les formes des matos surtout occidentaux ou russes.... Sérieusement, je m'étonne que tous les amateurs de design d'engins militaires ne se scandalisent pas plus: avec leur budget et leurs ambitions, on oserait penser que ces empaffés pourraient nous pondre de nouveaux looks de véhicules et matériels, histoire d'avoir un peu plus de variété dans des magazines et sites militaires infiniment répétitifs qui forcent les amateurs à être des enculeurs de mouche pour essayer de voir de nettes différences. Merde, que les designers nous fassent un peu rêver: on est à l'heure de la SF en consommation mondiale, les BD, films, mangas, anime et autres regorgent de designs originaux (OK, rarement crédibles ou pratiques).... En tant que "consommateurs", le monde entier des amateurs du domaine militaire devrait manifester, râler.... Passe encore pour les couleurs, mais qu'ils nous fournissent du spectacle, ces cons. Et on doit râler plus fort contre ces Chinois, qui sortent matos sur matos, investissent tous azimuths et sont les derniers arrivés dans la course, mais qui font si peu d'effort d'originalité!!!! Je propose une pétition multilingue!!!!!!
  12. Sur une note plus légère, aujourd'hui a eu lieu àa la Maison Blanche une cérémonie de remise de la médaille d'honneur du Congrès au capitaine de l'Army William Swenson. Le président américain l'a mis particulièrement en exergue en raison d'un fait jusqu'ici unique: une partie des actions qui ont valu au capitaine sa distinction sont sur caméra. Pour la première fois, l'un des actes qu'on évoque dans les citations accompagnant de telles récompenses a été filmé (partiellement: on ne voit pas le "moment" proprement dit), avec, autre fait signalé par le président, un autre récipiendaire de la même médaille (Dakota Meyer, un marine honoré il y a deux ans pour son comportement dans le même événement) présent sur le film et accompagnant le capitaine aujourd'hui célébré. Je sais que c'est plus le contexte qui joue psychologiquement, mais ça peut faire son petit effet en voyant la dite vidéo, consultable sur la plupart des sites d'information américains et sur celui de l'Army. Il s'agit d'une vidéo venant de la caméra de casque d'un personnel de santé regardant la scène depuis son hélico MEDEVAC (au sol, prenant un blessé) et s'entretenant un moment avec le capitaine. L'événement qui a valu sa récompense au capitaine est son comportement dans une embuscade en Afghanistan il y a 4 ans et appelée "bataille de Ganjgal". Le dossier du capitaine Swenson a apparemment traîné dans son traitement, avec des rumeurs de persécution par la hiérarchie de cette zone d'opération à cette époque. L'autre récipiendaire de ce jour, Dakota Meyer, a été le plus bruyant avocat de l'octroi de la médaille au capitaine.
  13. Réponse dans mon post précédent. Autres chiffres: - le coût économique (donc à l'économie "privée") du "shutdown" a été estimé par la société de recherche marketing IHS à 160 millions de dollars par jour, en plus de l'impact direct de la non activité de l'Etat (salaires et consommation des fonctionnaires et contractants gouvernementaux, commandes de l'Etat et des contractants.... Déjà estimés à 10 milliards pour la 1ère semaine). Le chiffre ne le reflète pas, parce qu'il s'agit d'une moyenne, mais la tendance est à la hausse continue: c'était bien moins que ces 160 millions au début, c'est plus maintenant - selon le "chief economist" de Goldman Sachs, la croissance américaine pourrait être lourdement impactée, d'environs un cinquième ce trimestre - la coupure n'est pas une opération "blanche" pour le budget: plus difficilement évaluable tant cela recouvre de domaines (amendes, pénalités et compensations, consommation de réserves, surdépenses pour rattrapage....), dont certains sont difficilement appréciables (renchériment de l'emprunt par défaut de confiance ou position de négo dégradée); celle de 95-96 avait ajouté autour d'1,6 milliards au déficit d'alors. Celle-ci coûtera plus cher au budget, c'est d'ores et déjà un fait certain (ne serait-ce que par la différence des circonstances économiques et politiques) - 900 000 emplois auraient été perdus depuis 2010 par effet de l'incertitude et de l'atmosphère de crise permanente à Washington sur la question du budget Dans l'argot de Washington, ce management par crises successives, avec des solutions in extremis qui ne sont que des remises à plus tard -le plus tard étant quelques semaines ou mois- est appelé "kicking the can" (une expression générique qui a une signification précise dans la politique américaine): le Congrès "kicks the can down the road" (renvoie la boîte plus loin; non littéralement traduisible en français par "refiler la patate chaude" au futur proche/remettre à plus tard). Et c'est exactement en invoquant cette expression que des opérateurs de Wall Street ont négocié des bons du Trésor aujourd'hui (pour l'instant encore que des bons à court terme), afin de souligner la confiance déclinante dans le Congrès, même si, pour l'instant, la certitude demeure qu'un accord temporaire sera trouvé avant la fin de la semaine. L'une des raisons pour lesquelles Wall Street n'a pas encore paniqué est liée à l'incrédulité vis à vis de l'événement; demain ou jeudi, ça pourrait commencer à changer. Le phénomène est analogue, selon un observateur financier, à l'atmosphère dans la Nouvelle Orléans quelques heures avant Katrina: "finalement, ça a pas l'air méchant". Il faut attendre que ça cogne pour apprécier la chose. De même, les Républicains tendent à sous-estimer l'impact sur leurs propres administrés/électeurs; tant que ce n'est pas arrivé, on ne mesure pas. Vu le poids des pensionnés à la Social Security et abonnés au Medicare dans l'électorat républicain, ils devraient essayer de mieux réfléchir. Anecdote "amusante": cet après-midi, le deal en cours de négociation (et apparemment déjà foutu au rencart) a été bloqué par les ultra-conservateurs (une fois de plus) qui ont piqué une colère sur un sujet moins qu'anecdotique. L'assurance santé du président et de son cabinet, celle des représentants et sénateurs semblent, dans les négos en cours, faire partie des "coûts" à dégager d'Obamacare (dans la réalité du fonctionnement, c'est une mesure moins que symbolique, ces élus étant sur le Medicare, sans régime spécifique); mais là, les tarés ont fait fort: ils ont piqué un caca nerveux pour en exclure aussi les assistants de ces personnages politiques. On parle pas de hauts fonctionnaires ou de personnels politique, là, mais des stagiaires et employés directs de chaque élu et secrétaire de cabinet, soit les assistants parlementaires et divers employés bossant au quotidien avec les députés, des gens qui touchent au maximum 25 000 dollars par an, et sont généralement de jeunes diplômés surqualifiés venant apprendre et se faire une place, mais devant en même temps vivre dans l'une des villes les plus chères des USA et faire des journées de 18h. Une couverture santé correcte (comme celle fournie par tout employeur un peu décent) semblerait quelque chose de normal.... Surtout que comme beaucoup des représentants ne sont pas de grands juristes, voire n'ont strictement aucune qualification pour comprendre et rédiger des lois, ces jeunes gens (je compatis, j'en ai été un) sont de fait souvent ceux qui sont chargés de la besogne lourde et infiniment complexe d'élaborer les textes qui seront proposés en assemblée, de mettre en forme les deals extraordinairement longs et laborieux sur des lois et règlements longs et abscons.... L'un des grands risques d'une telle mesure est de voir un important "brain drain" de gens jeunes et brillants qui quitteraient ces activités (et qui, vu leurs effectifs, feraient baisser ainsi les salaires des autres "entry level jobs" de Washington, essentiellement dans l'ensemble de boîtes liées au lobbying), enlevant encore de la capacité de travail au Congrès où l'on discernait déjà depuis des années une nette baisse de l'aptitude au travail législatif, entre autres problèmes. L'autre problème est le risque de ne voir que des enfants de l'élite (pouvant se passer du salaire) arriver à ces postes toujours potentiellement utiles pour commencer un CV politique/jusriste/lobbying de haut niveau, soit encore un facteur de plus vers une "aristocratisation" des USA (et surtout de leurs sphères dirigeantes) et la baisse de la mobilité sociale (dans l'OCDE, les USA ont déjà la plus mauvaise). Des journalistes présents sur le Capitole cet après-midi signalaient l'ambiance chez les assistants des députés ultra conservateurs en question: y'en avait pas beaucoup qui pensaient encore vouloir bosser pour leurs patrons, ou beaucoup les aider dans leurs délires.... Le détail est hallucinant, faut pas chercher la logique: c'est LA-DESSUS que les ultra conservateurs ont fait bloquer les négociations TOUTE LA JOURNEE. Sur un truc qui coûte des clopinettes (voire rien du tout puisqu'Obamacare n'est qu'un sample et un soutien à des régimes d'assurance privée ouverts à plus de monde, et qu'en plus on parle de jeunes en bonne santé), n'est même pas symbolique (on parle pas de hauts profils "d'élites de Washington") et risque d'endommager (encore plus) la qualité du travail parlementaire, tout en constituant un exemple déplorable d'un employeur qui ne fournit même pas de couverture santé (ce qui est le mode "normal" d'assurance santé aux USA). Ces assistants parlementaires ne sont pas non plus admissibles au Medicare, et leurs revenus ne leur laissent aucune possibilité de la moindre assurance maladie un minimum décente (des couvertures symboliques ou partielles au mieux), surtout quand on tient compte du coût de la vie dans la zone de Washington. Tout le monde s'interroge sur la logique de cette posture plus que ridicule: si c'est juste un prétexte pour piquer une colère et bloquer tout deal en cours (leur stupidité habituelle), il est juste nul, mesquin et contre productif (pour eux). Quand on vous dit que la logique chez ces gens a déjà fait défaut....
  14. Tancrède

    Les FREMM de la Marine Nationale

    Chépa, j'ai toujours l'espérance (et c'est quand même souvent arrivé dans l'histoire) que c'est dans ce genre de configuration qu'on peut obtenir de vraies réformes: avoir moins contraint souvent à devenir intelligent.... En tout cas à réfléchir. On entend un CEMAT dire qu'on peut revoir la structure des unités, par exemple.... A l'arrivée, un moment de crise est un moment d'opportunité. Mieux vaut avoir à la barre quelqu'un d'apte à la saisir. Et vu qu'on a un président totalement ignare en matière de défense, mais qui a un connaisseur comme ministre, qui se trouve être aussi un authentique ami du dit président (cad il a de fait plus de poids qu'aucun autre mindef depuis loooooonnnngtemps), je dis juste qu'on a la direction de la défense la moins mal armée pour réformer qu'il a pu y avoir en plusieurs décennies.
  15. Quelques chiffres sur le déroulement concrets des événements en l'absence de "deal" entre les parties présentes au Congrès. L'Eta fédéral américain a en ce moment, pour schématiser, environs 30 milliards effectivement présents dans les caisses du Trésor. L'échéance du relèvement du plafond de la dette est vendredi, et évidemment, tout n'étant pas simple et brutal dans de vastes machineries complexes, le fric continue à rentrer et sortir, même si de fait, l'emprunt est une réalité à l'année (et pas comme on fait souvent symboliquement, un fait qui n'arrive que à partir d'un mois donné où le budget propre cesse d'être dispo et où on finance par l'emprunt). Donc si le dit plafond n'est pas relevé, ça ne veut pas dire que vendredi proprement dit est le jour où l'apocalypse descend sur terre.... Elle a des étapes. Vendredi, c'est le message qui dit aux prêteurs (déjà enclins à remettre en cause la signature américaine, surtout dans les bons à court terme). Quelles sont les prochaines échéances de dépense de l'Etat fédéral? Le fric entre et sort tous les jours, mais il y a des périodes plus marquées (paiement de grands contrats, versements de prestations....) avec des paiments importants effectués d'un coup: - le 23 octobre: 12 milliards d'un coup pour la Social Security. Cumulé avec les paiements quotidiens mineurs jusque là, ce peut être le moment où le cash directement détenu s'épuise - les 27, 29 et 30 octobre: 3, 2 et 6 milliards de dollars - le 31 octobre: il y a un paiement massif (enfin une série de paiements massifs) de 58 milliards à effectuer (Social Security, Medicare et service de la dette). C'est l'échéance pour laquelle les USA n'ont pas de cash Autre rappel: - le budget initial d'Obama, visé en 2011: 1 203 milliards - la précédente crise du plafond de la dette avait ramené ce budget à 1058 milliards, ce qui est la position actuellement voulue par les démocrates au nom de ce compromis de 2011 sur les budgets prévisionnels - la "Continuing Resolution" qui est actuellement en débat, porterait sur un compromis à 986 milliards - si les sequesters continuent (ils n'ont pas disparu), elles imposeront des coupures supplémentaires (provisionnelles, donc même pas des économies), ce budget tournera autour de 967 milliards La discussion en cours, en fait ce sur quoi portent les économies, coupes et/ou non dépenses effectuées explicant ces différences, portent non pas sur des réformes et économies de fonctionnement, ou réellement sur des baisses de prestations dans les programmes "lourds" comme Medicare et la Social Security (le GOP sait qui vote pour lui, malgré ses discours), mais sur les programmes d'aides aux plus démunis ("headstart" pour les enfants, "meals on weels" pour les retraités, les tickets alimentaires, diverses aides éducatives), et plus encore sur la recherche et les programmes d'infrastructures (qui ont un fort impact sur la croissance et les recettes fiscales). Bref, les coupes républicaines ne touchent en aucun cas les vraies réformes (plus que des coupes) à faire au sein des poids lourds de la dépense. Des vraies réductions budgétaires durables et saines coûtent cher dans un premier temps avant de faire des économies dans un second (par surcroît de recette ET baisse des dépenses de fonctionnement), ce qui est la marque d'une opposition idéologique. Quoiqu'il arrive, les prochains emprunts seront dorénavant plus chers qu'ils auraient pu l'être. Très réussi de la part de ceux qui prétendent être attachés à la réduction des dépenses avant tout.
  16. Une nouvelle sociologie politique américaine révèle un accroissement des "centristes", un maintien des "liberals" et un affaiblissement des conservateurs. Il s'agit d'une étude de longue haleine menée par deux groupes d'enquêteurs issus entre autres des équipes de sondages des campagnes Obama et Romney (les campagnes ont ainsi leurs propres centres d'analyse, véritables "bataillon multicapteurs" de ces énormes organismes qui servent à allouer les ressources pendant les processus électoraux), aboutissant à une nouvelle radiographie de l'électorat dans ses composantes fondamentales. L'Amérique électorale dans ses tendances de base serait ainsi répartie en 3 grands groupes, eux-mêmes subdivisés en 8 sous groupes: - liberals (la gauche) à 21%: les "bleeding hearts" (les "bonnes âmes" et partisans d'une politique compassionnée et/ou liée à une cause particulière considérée comme à gauche: type travaillistes, écolos....) et les "gospel left" (assimilables à des sociaux-démocrates pour l'essentiel, plus "divers gauches" et une petite minorité de "gauchistes" divers) - le "grand" centre, plus fluctuant qu'à aucune autre époque, à 51%: les "minivan moderates" à 14% (classes moyennes de banlieues tranquilles), les "MBA middle" à 13% (haute éducation, CSP+, type bobos, cadres moyens et sups urbains), les "pick up populists" ) 12% (conservateurs modérés au plan social, économiquement vaguement au centre, plutôt de banlieue, zones rurales ou petites villes, classe moyenne et classe moyenne "inférieure"), et les "whatever men" à 13% (plutôt jeunes, assez cyniques, moyennement ou peu éduqués, peu impliqués dans la vie politique ou associative, déclassés....). - les conservateurs ) 28%: les "talk radio heads" (extrême droite populo/beauf composant typiquement l'audience des hurleurs de grande audience comme Rush Limbaugh) et la "righteous right" (l'extrême droite religieuse tournant essentiellement autour des eglises évangéliques de diverses religions -même si principalement le baptisme et le pentecôtisme évangélistes-: c'est ce qui s'auto-baptisait la "moral majority" dans les années 80) Attention, ces tendances ne reflètent que les familles d'opinions individuelles, à la réalité plus sociologique que d'appartenance à des mouvances organisées en tant que telles, et ne sont donc pas, très loin de là, les seuls facteurs dans les tendances de vote structurelles (cad hors de l'impact d'événements et tendances de plus ou moins court terme): la géographie joue un rôle accru lors des processus électoraux, via l'impact de l'information, la pression de l'environnement régional, les réseaux politiques puissants à l'oeuvre localement.... Mais aussi un nombre donné de causes particulières jouant un rôle inégal selon la période (mais pouvant d'un coup devenir déterminant: agressivité extérieure, féminisme....), voire de personnages ponctuellement déplaisants mais durablement implantés dans la politique locale (dont nombre de représentants peu populaires mais inamovibles, comme le senior senateur du Kentucky et "minority leader" au Sénat, Mitch McConnell). Par ailleurs évidemment, le bipartisme contraint aussi à faire des choix tranchés reflétant peu la variété de ces tendances de fond, et ce d'autant plus qu'il faut parler d'un bipartisme différent dans chaque Etat. La surprise des enquêteurs fut l'importance des ces "familles" du centre: à quelques détails et aux dénominations près, ces groupes restent familiers aux Américains dans la façon de se classifier. Les proportions en revanche ont beaucoup changé. Chez les conservateurs, par exemple, les religieux ont baissé nettement et surtout si on regarde géographiquement, ce qui en fait souligne que l'essentiel de ce courant se trouve dans le quart sud est du pays; et les deux groupes conservateurs ont tendance à diminuer en raison de leur rapide vieillissement et de leur faible "renouvellement" (leurs enfants ont tendance à moins reproduire le modèle....). De même, au centre, les "minivan moderates" ont tendance à avoir nettement diminué par rapport au précédent modèle sociologique américain, profondément banlieusard et conventionnel. L'impact politique est important, surtout à l'heure où le parti républicain n'a fait que s'enfoncer dans une tendance d'extrême droite toujours plus affirmée. De même, l'ancienne "règle" des 40% qui votent Républicain et des 40% qui votent démocrate, avec 20% de "fluctuant", s'applique de moins en moins, tant en raison de ces évolutions sociologique et des changements démographiques qu'à cause du virage républicain, et de la tendance qui semble lourde d'une plus grande participation électorale qu'auparavant (où l'Amérique semblait "coincée" autour de 50% d'absention). Cette ancienne "règle" a encore cependant une réalité: une proportion donnée de ces "familles" du centre tend à voter durablement à gauche ou à droite pour un ensemble de raisons (locale/d'Etat, familiales, pour une cause particulière....), avec une proportion plus grande marquée pour le parti démocrate, tant par l'évolution du GOP depuis les années 90 que par l'évolution économique du pays. Le mariage gay (largement accepté), l'avortement (sur lequel il y a une très importante majorité durable, malgré l'activisme des conservateurs), l'égalité homme-femme, l'immigration, la taxation accrue des plus riches (soutenue par près de 80% de la population), le maintien des grands programmes fédéraux "de base" (aide aux enfants défavorisés, aides alimentaires diverses, Medicare, Social Security, Ecole publique), l'augmentation du salaire minimum.... Font partie de ces causes aujourd'hui identifiées au parti démocrate et reniée par les conservateurs qui imposent leur donne au GOP, avec pour résultat une forte tendance au ralliement de ces familles du "centre" aux démocrates. Le parti républicain, encore sous Reagan identifié comme majoritairement compatible avec l'essentiel de ces grands programmes (bien que de façon plus inégale et moins rationnelle -certains ayant été rendus inefficaces tout en continuant à coûter), a perdu cette partie "modérée" (couvrant diverses appellations; modérés "génériques" et "rockefeller republicans" semblent les deux tendances) qui est aujourd'hui inexistante. L'autre partie des républicains "de gouvernement", qu'on qualifiait encore dans les années 90 de "reasonable right", est aujourd'hui celle qui est mise sur la sellette en interne du GOP, qui a été pulvérisée en 2010 (dans les processus de primaires) via le chantage au financement, le tripatouillage électoral et des campagnes médiatiques démagogiques et surfinancées, et se trouve aujourd'hui de fait muselée et tenue en otage. C'est aussi cette partie qui pourrait tirer son épingle de la crise actuelle, face aux droites radicales concentrées essentiellement dans le "southern caucus" du parti (le tea party étant essentiellement aujourd'hui les mêmes anciens courants radicaux et racistes du vieux sud, comme souligné par la démographie électorale). Le problème de cette droite anciennement "mainstream" (c'était le "centre" des républicains) est qu'elle est en grande partie identifiée et résumable aux "establishment republicans".... Autrement dit, un mélange de "pros" de Washington et des soi-disant "pro business", en fait la partie directement dans le bain avec Wall Street et le "big business" (ce qu'on appelle parfois "corporate America"), surtout financiers, pharma et défense. Et tout le problème républicain est là: sans une aile populiste, à chercher au centre ou à l'extrême droite, ce "coeur historique" des républicains n'a pas de perspective de gouverner: l'équilibre a toujours été instable avec les religieux et radicaux, et il devient impossible, sans pour autant que le GOP puisse pour l'instant en sortir (c'est lié à la vie politique interne de la droite et à ses financements). Parmis les multiples sujets constituant des facteurs décisifs de vote, y compris contre les facteurs dominant votre "profil" électoral et/ou certains de vos intérêts bien sentis, certains émergent et semblent condamner la droite américaine actuelle: - le blocage politique: la droite radicale actuelle, et c'est particulièrement vrai dans la crise actuelle, porte l'essentiel de la culpabilité dans le "gouvernement par crise" et la baisse de la culture du compromis (et de la "civilité politique"), ce que l'opinion n'a pas cessé de mesurer dans son ensemble. Au plan national, ce facteur joue énormément, et c'est d'autant plus vrai pour un pays qui n'a jamais été aussi au centre de son histoire, et ressent d'autant plus mal le décalage avec une représentation politique très mal ajustée, surtout à droite - les femmes: égalité de revenus et de traitement, mais surtout.... Avortement et contraception (si, elle aussi est lentement remise en cause en de nombreux endroits). Sans doute l'une des plus importantes lames de fond qui handicape le parti républicain. Le décalage du vote hommes-femmes n'a cessé de s'accroître depuis plus de 20 ans en faveur des démocrates, et plus les conservateurs pèsent dans le GOP, plus c'est vrai - l'immigration et l'évolution démographique: où l'on voit que les radicaux, "libertariens" et évangélistes reflètent pour l'essentiel.... Le vieux sud blanc (qui lui même, à moyen terme, sera en grande partie perdu pour eux via cette évolution démographique). - la santé et son coût: tout le remous autour d'Obamacare (voir les questions sur sa popularité.... Qui varie du tout au tout si on l'appelle Obamacare ou Affordable Care Act, par exemple), du coût des soins, du coût des assurances, des courants favorisant des systèmes de "single payer" ou des systèmes publics d'échelon étatique.... Soulignent le moment crucial auquel est arrivé la question aux USA, après 30 ans de dégénérescence du secteur de l'assurance maladie et de la santé, qui coûte une blinde, profite à toujours moins de monde et offre des prestations limitées, tout en rapportant peu aux professionnels de la santé (mais beaucoup aux assureurs, pharmas et propriétaires de cliniques). - l'Education et son prix: les conservateurs se recentrent souvent sur un message de fermeture de l'école publique, de limitation de l'accès à l'université (centre du "gauchisme"), de priorité aux "vrais américains" (entendez les blancs venant des "bons" endroits), assorti d'un mépris affiché pour la science (visible sur les questions de l'écologie -hors réchauffement-, du darwinisme....). Face aux besoins de l'économie, au rêve d'ascension sociale.... L'impact est mesurable. - l'économie polarisante fondée sur une baisse des impôts et l'invocation du "marché" comme solution à tous les problèmes: même une bonne partie des CSP+ et les classes moyennes "traditionnelles" n'y croient plus et constatent l'extrême polarisation des richesses, l'impact sur leur vie quotidienne, la disparition des "middle class jobs", la baisse de la demande solvable.... Et sont ouverts comme ils ne l'étaient plus depuis longtemps à autre chose que le discours de la "voodoo economics" initié par Reagan S'il y a un "middle ground" plus ou moins défini autour duquel ce "nouveau centre" américain peut se réunir et argumenter (dans des marges plus ou moins importantes), ses caractéristiques sont: - le sécularisme: 60% des Américains sont contre rout rôle des groupes religieux organisés à un degré ou un autre de la vie politique (16% n'ayant pas d'opinion) - libertarianisme sur le plan sociétal (ce qui implique en fait un caractère anti-régulation dans ce domaine -pas dans l'économie-: aussi bien contre les religieux que ceux qui, comme Bloomberg, veulent réguler par exemple les boissons trop sucrées) - sanctuarisation du "filet de sauvetage" (cad Medicare/medicaid, social security, assurance chômage, programmes d'aide aux plus faibles/démunis -enfants et retraités défavorisés, vétérans) - isolationnisme sur le plan international - anti-Washington sans être contre l'Etat fédéral: vague, mais assimilale au fait de baisser la place de l'argent dans le processus politique (contre les "special interest groups", la politique par les lobbies). C'est le syndrôme éternel du "bon roi" qui a de "mauvais conseillers"
  17. Tancrède

    Les FREMM de la Marine Nationale

    Comme le dit l'article susmentionné, le marché pour ce type de navire très sophistiqué est assez réduit, et qui plus est très politique, le tout pour une France qui n'est pas le plus puissant "grand pays" qui soit (avec la "force de vente" qui va avec): la probabilité d'en vendre n'est pas élevée, au mieux, et surtout très incertaine, au pire. Aucun décideur ne prendrait le risque de la dépense sans un certain niveau de probabilité, qui est tout sauf prévisible à moins de s'appeler Oncle Sam ou RPC. Se sortir les doigts du cul (en supposant qu'on arrive à avoir une "force de vente" unifiée et efficace, ce qui serait déjà une lourde réforme) n'est pas, j'en ait peur, un facteur de probabilité suffisante d'en vendre une seule.
  18. Tancrède

    Les FREMM de la Marine Nationale

    L'article avait l'air de plus que largement suggérer que ces "frégates light" n'étaient pas vraiment un créneau porteur sur le marché, et que cet argument tendait à être surtout de fait un faux prétexte invoqué essentiellement comme passe partout et échappatoire sémantique. On sait ce qui est "porteur" ou pas à l'export? On irait jusqu'à dire qu'il est ce qui s'approche le plus d'un vrai mindef qu'on ait eu depuis que la professionalisation a été décidée, malgré les circonstances. C'est le seul qui ne soit pas un pur factotum, qui connaisse réellement le domaine et qui ait l'oreille du décideur et la volonté de se servir de cet accès. Au final, pas l'idéal, loin de là, mais y'a pas eu grand chose de comparable depuis 2 décennies.
  19. En fait ma remarque s'adresse plutôt à la fidélisation qu'au recrutement: les logiques n'ont qu'une partie d'éléments en commun (la recrue initiale est jeune, conne, ignorante, pleine d'idées toutes faites, d'ambitions, de foutre et d'hormones ;) .... Ou n'ayant rien d'autre à faire :-[ ). Fidéliser est plus dur, mais c'est aussi l'élément déterminant étant donné qu'il s'agit de garder un "produit fini". d'un côté on a des politiques qui tendent à vouloir se débarrasser de ceux qui durent trop longtemps et risqueraient de coûter trop cher en pension, de l'autre on a la contrainte d'une trop forte proportion de recrues à former, avec entre les deux un volant de soldats confirmés et déjà un peu rôdé qui représente tout de suite moins en proportion, si on enlève aussi ceux qui sont entraînés mais qui n'ont pas encore beaucoup tourné, voire pas du tout.... Et ceux là risquent de se multiplier avec un contrat opérationnel qui baisse, au détriment de la proportion de soldats formés ET expérimentés (soit, pour parler "management", les investissements en phase de rentabilité optimale.... A ceci près qu'on n'a toujours pas d'indicateur pour mesurer la rentabilité, juste un pour mesurer le coût, ce qui désavantage les soldats). S'il faut 2-3 ans pour avoir un bon soldat, et 4-5 ans pour avoir un bon sergent (voire un peu plus), et qu'on essaie de les gicler en majorité vers 8 ans de carrière (pour les mdr; plus pour les sous offs), ça fait une période utile assez réduite pour un investissement conséquent. Et maintenant, si l'effectif au sol disponible se réduit, que l'armée tourne moins ET que la préparation opérationnelle générale souffre au profit de cette approche de la préparation sélective pour une mission précise et donc pour une partie plus réduite des troupes, ça fait un cocktail pas très convaincant pour se dire qu'une proportion significative des troupes au sol aura un bon niveau en général. Outre le fait que cette approche me semble très technocratique et considérer la ressource humaine comme un réservoir toujours disponible et égal qui ne réagira pas à ce genre de politique d'une façon ou d'une autre (ça se verra avec le temps), j'essaie de voir si on a des données chiffrées (accessibles) pour voir les flux de départs, les raisons.... En somme, l'effet "emmerdement/dégoût" par absence de sollicitation, de réalisation de soi, de perspectives.... Comme c'est un sujet que, sous un angle ou un autre, j'ai déjà vu fréquemment dans nombre de cas historiques (armée française au XVIIIème siècle et pré-révolution, XIXème siècle, armée romaine, armée anglaise du XVIIIème siècle à 1914, armée américaine du XIXème....) et dont je vois des exemples mieux documentés sur des armées contemporaines publiant plus et enquêtant plus (armée américaine, armée anglaise, armée australienne, armée canadienne), c'est une réalité dont j'essaie de voir l'actualité en France, où on a une armée qui publie peu, communique peu et mal (au final, l'armée française reste sur une conception de la com qui constitue une version vaguement modernisée de la propagande la plus stupide), et se comporte encore comme si elle avait l'embarras du choix en tout d'un côté, ou en gardienne du temple outragée par la méchanceté du temps de l'autre (c'est tout l'un ou tout l'autre, rarement une posture équilibrée). Très difficile d'avoir une appréhension générale de l'armée dans la période actuelle: tout ce qu'on a, ce sont ces échos de "grogne" et de "moral en berne", des reliquats de "vieux comportements" aristo ou racistes ici et là, et le fatras de messages venus d'en haut qui donnent dans les registres habituels et sont creux à souhait. Mais quand à savoir quelles proportions de quoi il y a, quels problèmes sont les plus préoccupants, quelles solutions sont possibles et mises en place.... Nib. Sérieux, je me demande pourquoi les journalistes de défense se donnent la peine de publier des interviews d'officiers: elles sont uniformément lamentables et creuses, récitant généralités pontifiantes, autosatosfaction, language inélégant et mal formaté, et formules toutes faites, n'apprenant rien du tout et gâchant des pages. Chaque fois que j'en vois une quelque part, j'ai juste envie de baffer le galonné en question, surtout si c'est dans un mag que j'ai payé qui perd du coup quelques pages remplies de rien du tout. Donc je cherche des infos un peu précises et valables sur ces réalités là.
  20. Outre les effets génériques sur les unités, d'une telle "différenciation" entre les groupes qui partent et ceux qui restent, a t-on des indications autres que par ouï-dire (cad mesurées) sur le recrutement et la fidélisation des troupes, quand l'activité à l'année devient ainsi faite? Outre la grogne et le moral en berne pour les raisons qu'on connaît et évoque souvent ici (Louvois, déménagement, perspectives de carrière en baisse, réduction d'effectif et d'ambition, matos vieillissants et peu dispo, arrivant au compte goutte....), il faut ajouter ce fait simple: la vie à l'armée ne devient-elle pas très chiante, voire enrageante, de voir ainsi l'activité baisser, les challenge/l'exigence baisser, les perspectives d'aller faire quelque chose en OPEX s'amoindrir, le tout sur fond de conditions de vie et de travail qui sont le premier poste d'économies? Je n'ai que quelques exemples que je connais personnellement, de gars extrêmement pointus qui se sont barrés tout simplement parce qu'ils s'emmerdaient (et qu'ils avaient des opportunités ailleurs) et trouvaient la tâche peu valorisante et ne les sollicitant que peu, avec pas grande perspective d'amélioration à l'avenir (pourtant, l'un était dans un BCA, et il trouvait l'exigence physique insuffisante -oui, c'est un monstre- et qu'il avait trop de temps à rien foutre). Bref, dans de telles conditions, ceux qu'on perd d'abord, ce sont les meilleurs (sauf évidemment les unités plus ou moins commandos/spéciales, très sollicitées et préparées, plus les bons avec la vocation chevillée au corps), mais je sais pas si c'est une loi générale, si l'AdT a des statistiques là-dessus.... Mais le fait est que la difficulté à recruter et à conserver les personnels (mais aussi à motiver ceux qui sont là, à en tirer le meilleur et à inciter à développer leur potentiel) sont déjà des constantes depuis longtemps, semble t-il: la baisse d'activité et d'ambition qui semblent la donne à venir, couplée à des crédits dont on sait que ceux destinés aux "détails" comme la préparation et les conditions de vie et de travail n'ont pas priorité sur les trucs plus conséquents politiquement (matériels, emplacement des bases, outsourcing....), risque t-elle de porter un coup réellement rude à la qualité humaine des forces?
  21. Les infos de l'article datent: ils ont investi 236 millons de dollars (recensés) cette année dans la seule campagne contre Obamacare, en plus du financement "usuel" des organismes (souvent les mêmes qui font la dite campagne) et formations soi-disant "indépendants" qui composent la galaxie de leurs vassaux politiques, et évidemment le financement parfois plus direct de campagnes électorales et PACs et SuperPACs. En 2012, l'investissement fut évidemment nettement plus conséquent, année électorale oblige: ils furent de loin les premiers financiers de la politique américaine cette année, directement et indirectement, n'étant "coiffés" que dans le financement de l'organisme de campagne ("hard" money) de Mitt Romney par un autre milliardaire, le très louche Sheldon Addelson. A eux seuls, ils seraient responsables de l'énorme inflation du coût des campagnes électorales, nationales et surtout locales, non seulement dans les branches exécutives et législatives, mais aussi, grande nouveauté, judiciaires (les campagnes de juges et divers "attorneys" avaient jusqu'ici été épargnées par une évolution trop politicienne et des coûts de campagne élevés); tout comme ils sont largement incriminés dans l'effort qui a mené au passage de l'arrêt Citizens United et l'actuel "épisode 2" de ce sujet, en ce moment même à la Cour Suprême, qui vise à ouvrir encore plus grand les vannes à l'afflux d'argent dans la vie politique, au nom de la "liberté". Cette évolution est l'une des premières causes, sinon la première, de l'actuel blocage de la vie politique, de la poussée radicale, du piratage du processus interne de primaires républicaines, de l'impunité de l'extrême droite parasitaire (pourtant très minoritaire) et de la faible représentativité des élus (plus d'un côté que de l'autre d'ailleurs), tout comme de leur faible réactivité aux tendances lourdes de l'électorat.
  22. Et ils ont écrit en début de semaine (via leur "banque" de financement de la vie politique, que j'ai mentionné quelques articles plus haut) pour euphémiser pompeusement qu'ils n'avaient rien contre une reprise des opérations et le replafonnement de la dette.... Avec d'autres poids lourds de Wall Street. Comme quoi, dès que leur porterfeuille risque d'être un peu touché, les convictions disparaissent. Après avoir consacré près de 250 millions de dollars cette année à la campagne contre Obamacare, ils se rétractent. Mais pour voir d'autres de leurs actions, on peut aller se renseigner sur ce qui se passe en Caroline du Nord où ils font partie des partenaires de fait d'un autre milliardaire, Art Pope, qui a tout simplement entrepris d'acheter l'Etat en tout sinon en droit. Les 2 frères sont par ailleurs de très loin le principal soutien financier du Tea Party et de la sphère d'organisations qui s'y rattachent (FreedomWorks et compagnie): le Tea Party est essentiellement leur création. Les opérateurs et poids lourds de Wall Street (de la finance en général), qui ont radicalement changé d'avis cette semaine sous la pression de l'incertitude croissante, se voient ainsi mordus par le monstre (la droite radicale) qu'ils ont créé, essentiellement pour payer toujours moins d'impôts d'une année sur l'autre et ne subir aucune régulation. Ce monstre, malgré de nouveaux oripeaux soi disant "issus de la base" (grassroots) est au final pleinement identifié avec le "southern caucus" du parti républicain, ce réseau d'organisations et d'élus qui n'a jamais changé d'opinion depuis la guerre de sécession, avec les "dixiecrats" à sa tête. Ils ont rendu la vie intérieure du parti démocrate impossible entre les années 1930 et 1960, puis, leur changement de bord dans les années 60 les a amené au sein du parti républicain dont ils ont commencé à compliquer la vie et changer le centre de gravité après Nixon. Un temps tenus en sourdine par Reagan, ils sont devenus dans les années 90, quoique minoritaires, la force contraignant la ligne du parti chez les républicains. Les frères Koch ont, avec le tripatouillage électoral, donné à ces élus du sud une impunité totale au sein de la droite: indélogeables via des circonscriptions faites pour les faire gagner, ils ne dépendent en plus d'aucun autre financement du parti, ce qui leur permet de refuser tout compromis.... Donc de gouverner. La crise actuelle, longtemps retardée, est le retour de bâton contre ce retranchement.
  23. Un phénomène qui passe moins visiblement, mais peut jouer à terme sur l'activité littéralement située autour du Congrès: aujourd'hui 13 octobre, les réserves de la ville de Washington arrivent à sec, sans qu'aucune solution n'existe pour l'instant pour la suite. Washington, en fait théoriquement le district of Columbia, n'est pas un territoire américain comme les autres: le maire ne dispose pas de son propre budget, dont l'allocation (et la politique fiscale) dépend du Congrès, de fait l'assemblée dominant la ville (système très dysfonctionnel et une patate chaude politique) qui est un territoire directement fédéral. Depuis le début du shutdown, la ville fonctionnait déjà à capacité moindre, ayant mis en congé une partie de son personnel, une autre partie opérant sans paie. Mais malgré les démarches du maire auprès du président et du Congrès, aucune solution n'a été établie.... Et à partir de demain, les personnels encore en opération devront travailler sans paie.
  24. C'est comme les fonctionnaires qui vont toucher leur paie en retard: en attendant, leurs emprunts courent, leur loyer court, ils doivent manger tous les jours, payer les factures.... Toucher leur paie après ces échéances, pour ceux qui n'ont que peu de réserves, voire aucune, ça n'empêche pas de voir tout s'effondrer entre temps, et leur paie leur fait une belle jambe quand elle arrive. De fait, ils auront au mieux des coûts supplémentaires qui ne sont pas dans les moyens de beaucoup d'entre eux: retrouver un logement/déménager, payer des pénalités, voir leur crédit dégradé (auprès de la banque, de l'assurance.... Aucunement de leur faute, mais c'est égal), payer des crédits consommation souscrits par nécessité pendant la coupure.... C'est d'autant plus vrai que beaucoup de fonctionnaires (surtout dans la vague mis en inactivité) sont pas parmi les personnes les mieux payées des USA. Pour les contractants indépendants et entreprises sous-traitantes de l'Etat, c'est pire encore: la tréso, c'est pas un luxe. Et en attendant, ça fait des gens licenciés ou mis en congé sans solde, des petites boîtes qui ferment.... Plus encore que l'impact effectif, le coût de l'incertitude et de l'opacité sur l'issue du problème (plus la crainte de la répétition) pèsent lourd. C'est ça le monde réel: c'est pas parce que les montants sont réglés après coup que l'impact est annulé. A l'arrivée, l'impact sur l'économie est lourd, cumulatif et exponentiel. Et le coût pour le budget (outre un éventuel manque à gagner plus ou moins important découlant de l'impact sur le PIB) ne sera pas non plus nul: le rattrapage des paiements et la remise en route de la machine coûteront plus que si le budget avait continué à être géré en continu. Nan, il aurait adopté trois tactiques possibles: - négocier sous la menace avec les éleveurs, pour obtenir rançon afin de ne pas souffler sur leur cheptel - se focaliser sur la partie du dit cheptel à la plus forte rentabilité marginale pour lui (critères à définir par les actionnaires), et s'acharner dessus comme un enfoiré qui se fait plaisir en se payant littéralement.... Sur la bête - se focaliser sur une zone particulière des Dakotas, trucider tous les élevages dedans, mais aussi l'infrastructure, afin de faire baisser la valeur de l'hectare et pouvoir ensuite, dans un second mouvement, investir pour s'y établir durablement
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