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Tout ce qui a été posté par Tancrède
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Réalisme des films de guerre
Tancrède a répondu à un(e) sujet de Gran Capitan dans Livres, magazines, multimédia, liens et documentation
Faut avouer que c'est quand même très dur de rendre du réalisme en matière d'action (comme dans d'autres) au cinéma (ou à la télé): fais quelque chose de vraiment réaliste, ça fera faux à l'écran, et ce sera en plus très très chiant. Donc faut faire sous-dosé, surdosé, moins rapide, plus rapide, trouver un angle de caméra (c'est quoi "réaliste" suivant l'angle de vue d'une scène? Faudrait toujours être caméra à l'épaule, à hauteur de regard et près du perso visé pour avoir un angle "réel").... Et quand tu crois avoir chopé quelque chose, c'est là que vient la question de savoir si c'est prenant ou pas pour le spectateur, qui dépend d'une foultitude d'autres problématiques (rythme, continuité avec les scènes d'avant....). Et en plus, faut "suivre" le spectateur, surtout aujourd'hui: suffit de voir l'évolution des scènes d'action depuis rien qu'une trentaine d'années. Malgré le fait que le public se renouvelle (des jeunes -avec moins de références dans la tête- arrivent tout le temps), il y a une accumulation de la "culture inconsciente accumulée" dans les référents visuels, si bien que même pour des spectateurs "inexpérimentés", y'aura des façons de filmer l'action qui feront vieillottes et ne marcheront pas, d'autres qui seront mauvaises, et d'autres qui fonctionneront, avec enfin une petite quantité qui innoveront et créeront une nouvelle tendance appelée ou non à devenir "la norme". Là, cette scène pue les années 80 par tous les orifices, et vraiment pas que par la déco :lol:. -
D'après quelques échos que j'ai eu et le peu que j'ai pu lire, il semble que les fractures au niveau politique ont eu l'armée pour première victime depuis 20 ans: virer le plus possible des anciens cadres et les remplacer par des combattants et officiers des anciennes "forces de libération" a réellement creusé un trou durable dans la transmission des savoirs et savoirs-faires dans les unités en plus de créer des problèmes internes de cohésion et d'y ajouter un taux d'infection élevé au HIV, de favoriser le népotisme pour les anciens des forces de libération maintenus à vie (et pas réellement mis à niveau) et d'avoir fait vieillir drastiquement les effectifs (ils commencent à peine à baisser cette tendance). Et le mode de gouvernance qui a longtemps prévalu et semble peut-être présenter des signes d'évolution a quand même fait mal: sous financements et opacité constante sur les budgets futurs (moyennement encourageant pour les candidats potentiels ou ceux déjà présents dans l'institution), problèmes de financement chaque année (où le budget annoncé n'est jamais respecté), réductions de format constantes, utilisation politique de certaines unités, non renouvellements de matériels ou en quantités symboliques.... Le tout avec une perte drastique des "hauts profils" (pilotes, officiers navals, cadres de l'armée de terre et évidemment officiers d'EM, ingénieurs....) qui n'a jamais réellement été comblée et, comme déjà indiqué, a fait de mal au maintien et à la transmission des savoirs et savoirs-faires, tant des postes individuels que des équipes de travail, voire services entiers. Les quelques programmes de renouvellement de matériel et surtout les réformes internes sont loin d'être suffisants, et se traduisent pour l'instant par des progrès inégaux (en partant de loin), très partiels, et surtout par un recrutement toujours très loin des besoins, en quantité et surtout en qualité, avec une tendance probable à la politicisation y compris dans ce domaine (difficulté sans doute entretenue à attirer les volontaires issus des minorités -dont les blancs et les Indiens, mais aussi nombre d'ethnies noires), ce qui semble confirmé par le démantèlement de la 3ème composante terrestre (en plus de la régulière et de la réserve), l'armée "territoriale" du système "commando" (essentiellement rural et boer) chargée de la sécurité des immenses espaces ruraux (où les violences contre les exploitants agricoles, particulièrement blancs, sont très importantes). Cela peut laisser à penser que de tels exercices sont plutôt de la pub. Même s'ils rétablissent un peu de qualité dans les unités de manoeuvre "haut du panier", celles-ci sont désormais symboliques en taille, et ont au moins une génération de matériels et de savoirs-faires à rattraper, sans qu'il y ait d'ennemi classique en vue. A l'inverse, ils ont tellement contracté les effectifs des divers types d'unités que la surveillance et le contrôle effectif de leur immense territoire de même que de leurs frontières (avec des problèmes importants d'immigration clandestine, notamment du Zimbabwe, qui créent des violence conséquentes et des tensions durables), qu'ils pourraient se retrouver dans de multiples situations de "guerre asymétrique" sur leur propre sol, un peu partout. C'est là que la question politique se pose, étant donné qu'on peut à beaucoup d'égards voire le gouvernement Zuma comme une caste de ploutocrates quasiment maffieux, se foutant en définitive de ça tant qu'ils gardent le contrôle des cash machines du pays et de leurs zones sécurisées (on parle aussi d'un potentiel sécessionnisme de la zone du Cap qui semble s'éloigner graduellement de la politique du reste du pays). Comment avoir un réel "projet militaire" si trop de doutes, de flous et de mauvaise gouvernance durables existent à ce niveau? Ce qu'on voit dans l'armée de terre en est le reflet: si les tendances évoquées sont plus que de simples possibilités de très long terme, alors on peut imaginer un certain pan de la majorité qui se constitue des bastions et essaie d'asseoir graduellement un contrôle total (et moins institutionnel) sur la partie la plus professionnelle des armées.
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Wupaf! Espérons que ça puisse avoir, par les hasards du buzz, un écho médiatique important.... Et même, rêvons un peu, que ça débouche sur un débat.
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Ne pas oublier aussi la surmultiplication des "tax loopholes" et autres exceptions fiscales (qui sont l'essentiel et permettent à quelqu'un comme Romney de ne payer au maximum que dans les 13% d'impôts.... Sur ce qu'il ne cache pas), ainsi que les mesures de dérégulation et de diminution des moyens (législatifs et concrets) de surveillance qui ont permis une énorme opacité et facilité la fraude et l'évasion fiscales. Et là on commence à avoir la vérité du système de transfert des richesses vers l'absolu sommet et du creusement perpétuel de la dette. Pour bien le mettre en évidence, il suffit de mettre en parallèle l'évolution du revenu réel par catégories de revenus (il n'y en a qu'une qui progresse énormément, le "1%", et juste la suivante qui progresse nettement; en dessous, c'est stagnation ou progression en deçà de l'inflation).
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:lol:J'adore non la partialité, mais ce niveau de partialité; hallucinant :lol:! Pour commencer, le sondage CNN auquel il est fait référence a un double filtre: un, comme la plupart des sondages mis en avant, il repose sur les "registered voters" (ce qui est normal) soit une population déjà nettement réduite aux USA (et qui survalorise l'opinion conservatrice), et comme beaucoup de sondages sur ce point, il est nécessairement focalisé non sur le corps électoral mais sur ceux qui ont vu le débat, soit des votants plus mobilisés que d'autres, filtre qui donne une importance disproportionnée au vote républicain (puisque l'audience qui regarde est caricaturalement plus vieille, les retraités pesant beaucoup dans l'audimat du débat). Deux, CNN a clairement dit avoir sondé un échantillon de 5% plus républicain que l'audience "moyenne". A l'inverse, un sondage CBS ciblant clairement les électeurs indépendants/indécis (cad ni dans les 40% de l'électorat inscrit qui votent républicain, ni dans les 40% démocrates) ayant vu le débat indique une "victoire" d'Obama dans le débat à 53 contre 20% (et 24% décrétant "match nul"). A noter aussi que ce débat est celui qui a le moins de poids car évidemment, le sujet de la politique étrangère est celui des "grands sujets" qui pèse le moins dans la décision individuelle des électeurs. La grande leçon de ce débat, constatée partout (sauf dans FoxNews évidemment, mais vu la considération générale de la chaîne dans la population américaine en tant qu'organe d'information crédible, ça pèse peu hors de la sphère conservatrice hardcore), a été que Romney ne connaît pas la politique étrangère et s'en préoccupe peu: il a balancé tout et son contraire rien que dans les dernières semaines, et sa prestation dans le débat visait à lui donner des airs de modérés après ses dernières sorties nettement plus rugueuses et destinées à sa base conservatrice qui veut apparemment entendre des mots comme "fort" ou "leader" au moins une fois par phrase, sans par ailleurs se préoccuper du contenu et de ce que ça peut bien vouloir dire, ou encore de cohérence dans les propositions.... Choses que Romney ne s'est pas non plus préoccupé de fournir. Autre grand sujet, la dépense militaire fixée arbitrairement à 4% du PIB dans le programme Romney-Ryan, alors que même le Pentagone dit qu'il n'en veut pas, que ce n'est pas crédible et qu'ils ne sauraient pas quoi en faire; un exemple de plus des phrases sélectionnées juste pour "sonner fort", qui n'ont aucune base dans la réalité et qui sont de toute façon des voeux pieux et des propositions creuses étant donné qu'aucune réalité budgétaire crédible n'y correspond, ni dans le contexte des recettes prévisibles en temps normal, ni encore moins dans le "budget" Romney Ryan tel qu'il est annoncé et qui souffre d'un manque de crédibilité absolue. Eh? Il a juste organisé le grand recalibrage des forces américaines vers le Pacifique, un maintien relatif des budgets, surtout si on regarde la dépense dans le détail (budget marine, budget investissement, budget nouvelles constructions....), et ce à un niveau historiquement haut de la dépense militaire américaine qui continue à représenter l'équivalent des 25 budgets militaires suivant (dont 23 sont des alliés). Et je crois pas qu'en termes d'escortes des PA, les ricains manquent en ce moment. Quand à la réplique sur les chevaux, vaut-elle même la réponse? Quelques canassons ont eu un rôle à jouer dans les montagnes d'Afghanistan? Et alors, le Obama a raison: il y a moins de chevaux actuellement dans les forces américaines qu'en 1917 où il y en avait des centaines de milliers. Je m'étonne que le "journaliste" qui écrit cela ne relève pas aussi le cas des baïonnettes en mentionnant que plusieurs cas de charges à la baïonnettes ont eu lieu en Afghanistan (ce qui doit en faire un fondement des investissements d'armement du coup). 3 pelés et 2 tondus, pour l'essentiel venus du plus profond du conservatisme et du néoconservatisme (Bill kristol est un néocon militant farouche pour le déclenchement d'une guerre préventive massive contre l'Iran et.... Un ardent et convaincu suporter de Sarah Palin :lol:), essaient de vendre un "Romney crédible" dans le débat, voire vainqueur, quand l'essentiel de la sphère médiatique, dont une bonne partie des médias républicains (Washington Post en tête), mais il est vrai les "modérés", pas les tarés, est unanime pour dire qu'Obama l'a largement emporté. C'est d'ailleurs à l'issue de ce débat que Colin Powell (républicain affirmé) a officiellement annoncé son soutien (non juste dit qu'il allait voter pour lui) au président sortant. On a aussi vu un Romney avoir quelques problèmes après avoir dit que de toute façon, il ne serait pas un président de politique étrangère (ce qu'on peut croire quand il dit et répète encore qu'il faut aller en Syrie parce que c'est l'accès de l'Iran à la mer :O) et se concentrerait à 100% sur l'intérieur. Soit comme d'habitude, un discours précis pour une audience donnée. Mais bon, après sa "prestation" de cet été aux JO de Londres et en Israël, où il a réussi en quelques conneries dites à se mettre à dos à peu près tout le monde (faut le faire dans ces pays là!), ça vaudrait sans doute mieux pour les USA et la planète en cas de victoire républicaine. Venant du gars qui a dit qu'il avait une grande connaissance et expérience du monde extérieur (ce truc étrange pour les Américains) parce qu'il avait co-organisé les JO d'Atlanta (où il a par ailleurs clamé avoir démontré la capacité de la gestion privatisée en coopération avec celle d'un Etat, sans le gouvernement fédéral.... Après avoir reçu des subventions fédérales hallucinantes et été pointé du doigt comme des JO au niveau de corruption et d'inefficacité records.... Par un groupe parlementaire en majorité républicain et dirigé par McCain :lol:), ça résume beaucoup. Enfin bon, le genre d'articles qui résume bien le niveau d'opposition d'une partie de la droite américaine actuelle: caricaturale, s'accrochant à 2-3 micro-faits pour décréter une réalité alternative, ou inventant des faits et des intentions pour les besoins "de la cause", refusant d'admettre que le soleil existe si c'est Obama (ou un "liberal" ou un républicain modéré) qui le montre.
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Débat, contestation et représentation dans les armées
Tancrède a répondu à un(e) sujet de Tancrède dans Histoire militaire
Et quel impact ça a? Ca passe au final par les voies habituelles et ça n'a pas d'écho. Les militaires doivent avoir un truc "à eux", qui se conforme à un certain nombre de règles (comme un devoir de réserve MAIS bien dimensionné, pas un truc qui impose de se fermer la gueule sur tout ce qui dérange) et qui peut peser et se faire entendre, pas être gentiment étouffé et "absorbé" par l'organisation en place; ça, c'est une autre façon de dire que la démocratie, c'est "cause toujours" (et la dictature "ferme ta gueule"). Il faut un libre accès la scène publique et à un propos le moins contraint possible, avec les militaires eux-mêmes (pas la haute hiérarchie) en charge de régler le ton adopté (bref, leur faire confiance sur le plus de points possibles, seule condition -y'en a aucune autre- pour faire en sorte qu'ils aient vraiment ce truc "à eux"). C'est pas en leur formatant une vague boîte à suggestions bien tempérée et intégrée au fonctionnement interne des armées (bref un service de plus dans la bureaucratie) que la parole va se libérer, la tension s'apaiser et le moral s'améliorer. Faut qu'ils aient un outil à eux et que celui-ci ait un minimum d'impact et de capacité à en créer, pour forcer les "retours" de la hiérarchie, voire à l'occasion du politique: à l'arrivée, faut du concret sinon on finit toujours par s'apercevoir qu'on est pris pour des cons ou des paillassons malgré les apparences. Et tant qu'à faire pour lui donner un peu de pouvoir concret et de responsabilisation, ce "parlement" devrait avoir en charge certains aspects de gestion, de fait certains budgets ou fonctions, et/ou certains pouvoirs de suggestions/consultation obligatoires (dans la GRH, les suggestions de petits matériels.... A voir), pour en faire un acteur obligatoire. S'il faut encore comparer au syndicalisme, mettons que c'est ici un syndicalisme à l'allemande. On est d'accord que l'armée n'est pas et ne doit pas être une démocratie, mais ce fait ne veut pas dire que bien des aspects en interne ne peuvent pas être démocratiques dans leur fonctionnement: une responsabilisation bien gérée et la bride laissée libre aux initiatives et à une libre parole (tempérée par quelques règles et un code de comportement BIEN DOSES) ont toujours historiquement produit de meilleurs résultats qu'un asservissement complet à une règle, un code de comportement absolutiste.... Lyautey le signalait en son temps sur bien des choses. Ca vaut aussi pour le commandement opérationnel (où il vaut mieux laisser le plus possible de pouvoir de décision et d'autonomie aux plus bas échelons possibles), et ça n'a rien de contradictoire avec la discipline, et surtout pas la culture de commandement trouillarde et tâtillonne qui crée des décideurs jaloux, centralisateurs et donnant toujours dans un absurde micromanagement castrateur, frustrant et enrageant pour l'échelon du dessous. Je constate ça jusque dans la façon de s'exprimer des officiers supérieurs: ils sont franchement, aussi respectables soient-ils, énervants rien que sur cet aspect d'où transparaissent beaucoup de travers de la culture hiérarchique en France (on croirait souvent entendre un "patron paternaliste" du XIXème regardant ses subordonnés comme des enfants et prêchant sa supériorité issue essentiellement d'un parcours académique). J'avoue que autant que possible, on devrait tendre vers ce genre de fonctionnement et de prérogatives, la "profession" s'auto-régulant dans un maximum d'aspects et se voyant responsabilisée, et par sur le critère du grade qui met évidemment les très étoilés en charge de tout. Il y a des équilibres à définir, c'est un fait, des répartitions de prérogatives (mais il faut qu'il y ait des prérogatives réelles) à clairement établir.... Mais le point est de décentrer la décision, les choix de matériels (à acheter, à développer) et la gestion du fonctionnement dans un certain nombre d'aspects (et évidemment dans une certaine mesure), d'intéresser, de responsabiliser, de "donner un territoire" propre aux militaires. Sauf si pour une part, ce "parlement syndical" appartient en propre aux militaires, ayant son propre budget fixe (et le droit de se financer aussi ailleurs via certains moyens légitimes) et surtout son propre accès à la scène publique et certains moyens (avant tout en terme de règles fixées) de sa communication, sans contrôle ni censure (sauf cas extrêmes si quelque chose merde), sans contrainte étouffante. Il est assez indicatif de voire que si on suggère ça, il y a tout de suite en général des réactions clamant les risques les plus extrêmes de dérives et les présentant intrinsèquement comme des conséquences immédiates et inévitables, voire prévoyant l'anarchie.... Ce que ça indique est nettement moins l'authenticité de telles dérives potentielles (selon les cas, les modalités.... Il y a des risques: il y en a toujours et pour tout, surtout ce qui vaut la peine) que la culture hiérarchique, absolutiste et centralisatrice à l'extrême de l'autorité, ce qui revient généralement à dire un niveau excessif de narcissisme et de paranoïa de celui qui détient l'autorité. -
Parce qu'un attorney général, comme un distric attorney, est avant tout un élu qui fait avant tout de la politique, cad aux USA, entre dans le débat ultra polarisé et caricatural, dans le cirque médiatique et dans la terrible exigence du mode de vie politique américain de consacrer au moins les 2/3 de son temps à lever des fonds de campagne pour être réélu, ou surtout pour passer dans le cran de carrière au-dessus (pour un attorney, aller vers les élections gouvernementale ou fédérales, ou se placer sur les listes pour la Cour Suprême de l'Etat ou celle des USA). Ceci dit, un truc que j'adore dans le mouvement conservateur est son incantation d'un "petit" gouvernement qui se tiendrait à l'écart de l'économie et de la société, en citant un "passé" mythique qui n'a jamais existé: quand on se renseigne sur l'histoire économique et sociale américaine, on voit de l'interventionnisme massif du gouvernement fédéral comme des gouvernements d'Etat (l'interventionnisme du niveau fédéral ayant souvent d'ailleurs été pour réparer les conneries des gouvernements d'Etat, notamment l'unification monétaire et la création de la Fed) depuis les années 1820 (et en fait, dans les 30 premières années de gouvernement organisé et stabilisé, le rôle du gouvernement ne fait que croître). La tradition anti-fédérale a toujours été et reste dans le vieux sud, née des aristocrates planteurs (incarnés par Jefferson) qui appartenaient aux Etats alors les plus puissants (la Virginie en tête) qui ne voulaient pas que les nordistes viennent atteindre leur propre autorité chez eux. Elle s'est poursuivie au travers de la question de l'esclavage et renforcée avec l'industrialisation croissante du nord (et l'avidité des industriels et banquiers) qui a inversé les rapports de force et a donné à ces aristocrates le sentiment de "forteresse assiégée" qui existe encore aujourd'hui, tant il a été cristallisé par la guerre de sécession et culturellement été traduit par une haine viscérale et "démocratisée" du nord, rendue durable par le processus de paix foiré dans les années 1860-70 qui ont vu les hommes d'affaires et colons du nord véritablement dépouiller ce qu'il restait du sud et le condamner au faible développement qui dans de larges mesures dure encore aujourd'hui dans la plupart des Etats du sud. Rien à voir avec un "amour de la liberté" et rien à voir certainement avec la moindre justification en matière d'efficacité économique ou de justice sociale/paix civile. Mais franchement, quand on se penche sur l'histoire économique et sociale des USA, on voit du "kéynésianisme" et de l'action étatique massive depuis les origines quasiment (très corrompu, détourné, désordonné, inéquitable et déséquilibré au XIXème siècle, mais très important): emblématique, la "conquête de l'ouest", en apparence un mouvement de liberté qui ne devrait rien coûter, fut un long moment d'intervention étatique massive (militaire, sécuritaire, financière, économique, commerciale, législative....) qui avait en plus pour corollaire de maintenir des prix de la terre et de l'immobilier relativement bas sur la côte est et dans les Etats déjà "civilisés" (ce qui faisait de l'espace une ressource abondante analogue au pétrole).... Et cette politique a une postérité aujourd'hui puisque le patrimoine foncier fédéral, encore conséquent, est régulièrement vendu à l'encan (quand il n'est pas purement et simplement cédé) aux exploitants gaziers, miniers et pétroliers (ou d'autres) et apparaît comme un atout à distribuer dans les programmes politiques républicains: de la subvention pure et simple (outre les législations qui vont avec: foncières, environnementales....) et une perte de patrimoine public nette (par don et/ou dévalorisation) et de revenus (aucune rente en compensation, et ces terres sont souvent exemptées d'impôts pour toutes les activités qui y sont menées) sans contreparties. Dans beaucoup de cas, les cessions sont même douteuses d'ailleurs.
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Débat, contestation et représentation dans les armées
Tancrède a répondu à un(e) sujet de Tancrède dans Histoire militaire
Je vois plutôt la chose comme un organe de participation particulier aux armées, à cheval sur la nécessaire représentation de la condition militaire (pas oublier qu'on n'est plus au temps des armées de gens peu éduqués, mais d'un pays moderne avec des soldats citoyens pas intoxiqués par un conditionnement nationaliste) et la vivication du débat proprement militaire et stratégique. Pas question de créer des annexes militaires des syndicats existants, mais de créer au contraire un ou des organes particuliers au domaine et au statut militaire. Accessoirement, ça sert aussi de soupape, histoire que les soldats aient un endroit où gueuler plutôt que de se sentir écrasés sans appel par "le système". Personnellement, je vois plutôt la chose comme un "parlement militaire", et j'avoue que je verrais bien une adhésion obligatoire (peut-être à partir d'un minimum d'ancienneté de -au hasard- 2-3 ans), pour tous les personnels militaires (voire d'autres parties intéressées à divers degrés): si tout le monde est membre et les doléances et avis des ouvrages collectifs (résultant d'un débat interne, et de votes anonymes), moins de gens peuvent être ciblés en particuliers par ceux que certaines opinions dérangent. En somme, un système de représentation et expression différent qui ferait partie de la condition militaire. -
Débat, contestation et représentation dans les armées
Tancrède a posté un sujet dans Histoire militaire
Attention sujet potentiellement polémique, mais pas tant que ça si on essaie d'avoir une large perspective. Je pourrais le résumer (je voulais initialement) à "faut-il de la représentation syndicale dans les armées", mais je souhaiterais un plus large scope afin de mieux formuler une idée qui me trotte dans la tête sur ce qui pourrait être effectivement fait (dans le monde réel) afin d'avoir des forces armées plus "visibles" en tant qu'objet politique dans la nation, en tant qu'acteur du débat national, et surtout en tant qu'organisme vivant où la prise de décision et l'évolution soit déserrées du carcan actuel qui étouffe autant la parole que le changement et en fait un outil et une victime du corps politique, ce qui est une chose, mais aussi bien souvent de ses propres élites militaires qui, malgré leur asservissement total au politique, ont aussi une large part de responsabilité (sans compter évidemment le poids des fabricants de matos dans les choix de "modèle militaire"). Du coup, je me dis qu'à moins d'attendre la grande crise qui force l'évolution dans de mauvaises circonstances (voire à un prix trop élevé), ou l'inespéré "grand sauveur", il faut voir ce qui peut être fait. Et au final, cela amène à voir où tout commence: là où on parle, là où on décide, là où on fait pression. Ce qui pose la question de la parole du militaire (et des milieux intéressés à divers titres, y compris celui des amateurs/citoyens préoccupés), des lieux où elle peut/pourrait s'exprimer, de comment elle pourrait s'organiser, de sa visibilité, et par là, des diverses manières par lesquelles elle pourrait plus ou moins peser. La perspective historique est la meilleure parce qu'elle limite la place de la théorie et des idées balancées comme ça (sans l'effacer, car elle a son mérite), et avant tout en fournissant de la matière concrète, des exemples et des précédents, ceux à suivre et ceux à fuir. Et je commence avec un moyen d'expression concrète présenté comme une proposition: la syndicalisation. Elle existe en Hollande (malgré les choix stratégiques fondamentaux de vassal US, ce qui existe n'est pas une force de mauvaise qualité ou indisciplinée), et elle constitue potentiellement un atout en ce qu'elle n'est pas un "organisme" interne ou un "conseil" au final appartenant à la hiérarchie organisationnelle stricto censu: c'est un outil avec sa marge de liberté et de représentation d'intérêts propres. Certes un ou des syndicats militaires auraient forcément un statut spécifique, des limitations de bon sens à garder, mais le point en est d'avoir un porte voix garantissant l'expression relativement libre, l'anonymat si besoin est pour qui profère des paroles "de lèse majesté" ou dit des vérités s'opposant à l'éternel discours politique du "on ne baisse pas la garde" (qui fait gerber à force), une protection.... Politiquement difficile, le sujet n'est cependant pas une réforme coûteuse ou inatteignable même en l'état actuel des finances: là, c'est purement et absolument une question humaine. Et plus largement, il peut s'étendre à une sorte de représentation "multi vecteurs" de l'armée et du sujet stratégique militaire, plus susceptible d'atteindre le niveau de la bulle médiatique (et par là de la société) que les cercles de réflexion spécialisés seuls, et évidemment que les institutions politiques ou militaires. Internet offre certainement une tribune, mais on connaît les limites du cercle fana-mili. Que pensez-vous de la syndicalisation? Quels exemples historiques autres voyez-vous comme pouvant inspirer du changement dans le débat politico-militaire en France et ailleurs, remonter l'information (au forceps si besoin est, au porte voix dans l'oreille de ceux refusant d'écouter) vers "le haut", mettre certains pavés dans les marigots? De là, quelles idées peuvent venir? Tant qu'à faire, on va éviter le coup d'Etat ou le soulèvement militaire comme moyens d'expressions exemplaires: c'est le point extrême du spectre :lol:. -
Mitterrand, au moins par procuration (avec Grossouvre), en avait une aussi, mais il est sans doute l'exemple même du président qui n'avait pas le capital politique pour avoir une capacité de décision énorme sur de vrais grands choix stratégiques pouvant être décidés et mis en effet, qu'il les veuille ou non (le "divorce" d'avec Grossouvre, qui ne se préoccupait pas de ce qu'on peut ou pas faire passer/voter, donc est un peu déconnecté de la réalité, en est un peu l'exemplification). De Gaulle avait certes une vraie préoccupation stratégique, et une perception/vision pertinente, mais il avait surtout un capital politique impossible à reproduire: malgré tout ce qu'il en a dit, il avait une majorité qu'il tenait par les couilles, parce que sa candidature, son nom, était sans équivalents et un ticket gagnant pour l'essentiel de ceux qui se ralliaient à lui, parce qu'il tenait étroitement les cordons de la bourse de son parti, parce qu'il avait un certain nombre de vraies fidélités et hommes de confiance avec lui par delà les commodités et cadeaux politiques (une rareté en politique, l'exception plus que la règle), plus un important capital confiance en partie aveugle dans l'opinion. Et en plus il avait une conjoncture "porteuse" sur bien des plans: économie et démographie en plein boom, extrême concentration du développement dans le monde au profit de quelques pays essentiellement occidentaux, menace soviétique réelle et bien comprise, finances en bon état, certains bons choix et projets fondamentaux décidés par le régime précédent (notamment l'atome et la CECA), médias "calmes", tenus en laisse (et plus largement, "contrainte communicationnelle" moindre) et pas aussi envahissants qu'aujourd'hui.... Ca donne BEAUCOUP de marges de manoeuvres et permet de faire passer beaucoup de choses qui sinon devraient être négociées avec d'autres individus et groupes, mises en concurrence avec d'autres priorités (notamment celle de se faire réélire: facile de minimiser ce facteur quand on s'appelle De Gaulle :lol:), plus largement contestées par la rue.... Et qui donneraient du coup l'impression d'un gouvernement faible, ne connaissant rien à rien, alignant les conneries et les compromis bancals, quelle que soit la qualité du décideur. Aussi responsable que la classe politique actuelle soit des conneries et de la situation actuelle, un gouvernement une fois élu a un budget catastrophique à gérer, une opinion divisée (normal) et très polarisée (moins normal), des contraintes de tous ordres absolument insurmontables quand elles sont cumulées, une majorité toujours bancale et fragile et bien peu de capital politique (en tant que groupe de pouvoir issu d'une majorité plus contraignante que facilitante) et de marges de manoeuvre (en tant que gouvernement avec les moyens du gouvernement) pour essayer de décider et de faire (quoiqu'il veuille faire). C'est vrai pour tous les sujets, et plus encore pour le domaine stratégique/défense qui a été sorti de la scène des préoccupations politiques "qui comptent" par le fonctionnement de la Vème République et surtout par.... De Gaulle lui-même, qui a taillé un régime et un fonctionnement du régime pour lui, écarté la classe politique et l'opinion publique de ces domaines "réservés" et oublié ce faisant qu'il n'était pas éternel. Une erreur stratégique fondamentale dont on peut à juste titre dire qu'elle fut peut être plus dommageable à la France (aujourd'hui) que ses autres bons choix stratégiques. Le fait de la guerre froide a permis de maintenir l'illusion pendant un temps, contraignant à un effort militaire certain quoiqu'en pensent les partis (surtout tant que demeuraient une génération de politiques dressés au gaullisme, pas forcément très malins ou intéressés à ce domaine, mais se vendant dessus), mais la fin de la guerre froide a exposé la faiblesse du système.
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Israël et voisinage.
Tancrède a répondu à un(e) sujet de loki dans Politique etrangère / Relations internationales
Oui et non :lol:. Mais du coup, chacun des deux côtés te dira que tu es à moitié juif :lol:. -
Au final, ça les empêche pas de faire autant de conneries que nous, le plus souvent pour les mêmes raisons, avec sans doute quelques caractéristiques nationales différentes. La "démarche pragmatique" n'est souvent pas si pragmatique, elle est juste biaisée par d'autres facteurs sous des apparences de critères et motivations différentes. On peut se gourer autant sur le constat de "ce qui marche" ou pas. Et à l'arrivée, ils sont pas plus ou moins loin que la France :lol:. Comme quoi toutes les structures mentales sont consoeurs en connerie, vu qu'elles mènent à peu près toutes aux mêmes résultats, et qu'au final, les critères invoqués comme si différents entre les pays ne sont dans les faits pas si éloignés les uns des autres et le plus souvent bien peu capables de changer les effets de déterminants plus fondamentaux (situation géographique, démographie, ressources....). L'un des pires faux points de départ inconsciemment assumés dans ce genre de raisonnement est de penser que les gouvernements prennent des décisions du type de celles du LB selon des idées, des critères de pensée concernant le problème.... Rien n'est plus faux: ils prennent des décisions avant tout en fonction de critères politiques (j'entends de politique dite "politicienne"), cad ils définissent les priorités de gouvernement en fonction de ce qui est dans leurs moyens politiques. Les "conclusions" du LB ont bien des chances, pour l'essentiel, d'être en grande partie décidées à l'avance sans l'avis des participants, qui serviront à "justifier" ce qui a été décidé avant. Parce que ce qui compte est de savoir ce qu'on a les moyens politiques de décider, de faire voter, de budgéter.... Ca c'est pour les élites dirigeantes réellement politiques, celles qui décident au sens plein du terme, et on voit chez eux deux travers: désintérêt pour la politique extérieure et la stratégie, ou une "ambition" géopolitique, qui est un défaut systémique au final assez particulier à la Vème République (si je voulais une analogie historique, je prendrais le détachement institutionnel forcé des élites politiques de l'empire romain à partir du IIIème siècle, avec création parallèle d'une élite militaire), et attachement focalisé sur la réélection (ce qui est le travers de toute démocratie) aggravé par l'évolution de la nature "communicationnelle" du business politique. Le problème viendra plutôt des élites militaires, et là on peut effectivement trouver quelques défauts tendanciels dans les grands corps français: fétichisation d'un raisonnement attaché en toile de fond à la pensée théorisante abstraite (ça ne veut pas dire que ce n'est pas tempéré par des mesures de pragmatisme, mais l'isolement des structures hiérarchiques, qui plus est dans un pays majoritairement en paix, a aussi son impact), survalorisation des cursus prestigieux et savoirs fondamentaux dans les esprits et la carrière, culture hiérarchique (culte de l'autorité non remise en cause, qui va avec le facteur précédent) et carriériste de toute bureaucratie qui développe ses habitudes et défauts systémiques, modes de sélection/choix du sommet de la hiérarchie militaire sous la république en France (qui n'a en fait jamais été bon et jamais été résolu en tant que problème: vieil héritage de la méfiance absolue du pouvoir pour les généraux, qui a abouti à un système sans grand contrepoids ou recours, et donc à des élites militaires assez veules).... Au final, je vois une place très très relative de cet "esprit théorisant" (hormis dans l'autoflagellation "si française" ;) :lol: et l'exaltation démesurée de voisins parés de toutes les qualités, chez qui l'herbe est toujours plus verte) par rapport à des critères plus terre à terre liés au fonctionnement des organisations décisionnelles en général. Et je ne vois surtout pas de "caractère national" lié à ça: on parle de quelques centaines de personnes qui sont en grande partie influencés dans leur comportement comme décideurs par le job qu'ils prennent (et par rapport auquel ils ont peu de marges de manoeuvre) et les logiques "lourdes" qui agissent sur, autour et à partir de ce job, quel que soit son occupant. Quoiqu'il en soit, c'est toujours très très loin d'une supposée "mentalité collective" du reste des Français (soient 99,999999% de la population) qui sont bien peu épris de "grandes théories" et de pensée abstraite soi-disant dictant leur comportement; à ce degré, on a juste des préjugés et des certitudes (correspondant à une durée de temps assez courte, un embryon de mentalité collective par décennie, peut-être), aussi fausses et volatiles qu'ailleurs (les certitudes de l'Américain moyen sur la baisse d'impôt qui voudrait dire création d'emplois, la "voodoo economics" reaganienne, imaginaires et non vérifiées depuis 30 ans, commencent à lâcher et n'auront au final duré qu'une petite vingtaine d'années comme phénomène réellement puissant: ça ne disparaîtra pas, mais ça cesse graduellement d'être un argument qui tue).
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Israël et voisinage.
Tancrède a répondu à un(e) sujet de loki dans Politique etrangère / Relations internationales
Citation d'un copain (juif): "qui est le meilleur ami du juif? Le sépharade" :lol:. Ca résume beaucoup :-[.... -
Tout le monde connaît la phrase de Churchill sur ce que vaut la démocratie comme régime.... Mais il en a une autre: "qu'est-ce qui peut vous dissuader de la démocratie à jamais? Parler 5 minutes avec l'électeur moyen" :lol:. L'avis de ce type est nul et non avenu étant donné que les traités internationaux ont préséance sur le droit national: quand il les signe, un Etat s'engage à les respecter et à mettre ses lois en conformité avec eux. S'il les veut pas, il les signe pas.
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Je sais plus vraiment de quoi il s'agissait, mais le Texas s'était déjà signalé cette année (ou récemment en tout cas) pour un acte de ce type, qui avait nié la validité de traités internationaux et forcé le département d'Etat à se répandre en excuses. C'est ça le problème du monde: il y a d'autres Etats dedans, et on est généralement forcés d'avoir des relations avec eux. Or, quand des traités internationaux et des relations formalisées sont en jeu, il y a des mécanismes auxquels on se soumet, qui précisément s'imposent (et franchement c'est mineur) à la souveraineté, comme la prééminence des traités internationaux sur le droit national. Et si on veut pas s'y soumettre, on les signe pas, c'est aussi con que ça. Pire encore, quand on est la première puissance et qu'on impose ce genre de traités pour "donner des règles" à la scène internationale, on a comme qui dirait un devoir de les respecter si on veut qu'ils soient crédibles, sous peine de voir les autres pays chier dessus aussi, ou vendre plus/très cher leur respect du dit traité (donc au détriment du "capital politique" international et de l'intérêt national des USA). De plus, malgré le nom, le Texas n'est PAS un Etat souverain, et c'est pourquoi il n'a pas vocation à contredire un traité international signé et ratifié: les USA sont l'Etat pleinement souverain, et il leur appartient de faire respecter la règle. Il s'agit d'une "cascade publicitaire", comme qu'ils disent aux USA, juste pour se donner des grands airs. Et dans les circonstances des élections, il y a problème parce que le gouvernement ne va pas vraiment imposer le respect de ces traités au Texas, pour éviter d'apparaître "faible". Ca va leur jouer des tours, ce niveau de connerie.
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Trump n'a qu'une chose à faire pour se ridiculiser: parler et/ou apparaître en public et ouvrir la bouche. Il a tenté un retour du birtherism ce coup ci (rappelons qu'il a fait un fric monstre sur ce point du "birth certificate"), et a essayé d'élargir le champ en demandant les résultats scolaires d'Obama :lol:.... C'est sa stratégie de la semaine? Faut suivre, elle change souvent et radicalement :lol:. Et Romney a bénéficié du soutien tonitruant de Glenn Beck hier, à un dîner de levée de fonds chez Cheney :-[ et au Texas :lol:.... Tout ce qu'il faut pour ramener les modérés dans le dernier sprint. Il avait pourtant calmé son ton ces temps-ci, et surtout écarté Ryan des swing states et des projecteurs en allant le balader dans les Etats solidement conservateurs, mais depuis quelques jours, l'ultra conservatisme, avant tout autour de la question de l'avortement et de son interdiction même en cas de viol et d'inceste (c'est un sujet politique majeur chez eux :-[), a fait son grand retour en tête des débats, et beaucoup de candidats républicains clament haut et fort leurs convictions "100% pro-life" :-[.... Quand y'a besoin d'en reparler à ce stade, c'est qu'apparemment il faut encore convaincre la base républicaine :-[. Romney essaie d'esquiver les questions sur ce registre. Everything's bigger in Texas.... Y compris la connerie.
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Il y a beaucoup de vrai quand il s'agit de qualifier la très petite minorité (vraiment la micro-population) de gens impliqués dans les cercles de réflexion et de décision, qui correspond à un très petit milieu, ou plutôt à une série de très petits milieux (dans chaque domaine), qui ont en plus tendance à rester longtemps en place avec les mêmes individus ou d'autres admis par entrisme et reproduction volontaire/choisie. Ce n'est pas "les Français", ce n'est pas un "caractère national", ce ne sont même pas "les élites" en général (quelle que soit la définition de la chose); ce sont juste des cercles d'influence en place, correspondant à des organisations/structures de fait ou de droit, qui comme toutes les organisations, tous les groupes structurés et permanents, se reproduisent selon leurs propres règles dans leur petit milieu et se prolongent très longtemps par la force de leur inertie. Tout au plus peut-on dire que les grands cursus de formation en France, et en fait surtout quand on se limite à leur partie théorique, productrice de chercheurs/penseurs, ont tendance à produire un type certain et affirmé de profils (aimant le dogmatisme scientifique, la théorisation absolue....) qui n'atteint un vrai potentiel de nuisance que quand on le couple au "système" informel de sélection des élites aux postes de décision/réflexion, qui aboutit lui à des cercles de fait ou de droit qui sont en place et reproduits depuis longtemps (indépendemment en grande partie du système institutionnel).... Ce dernier facteur est un point commun à beaucoup de pays: en Angleterre, on peut voir le même genre de cercles avoir une tendance prononcée à sursélectionner les "good old boys" des "boarding schools" de l'élite autoreproduite, dans le privé comme le public, où ils ont une forte tendance à ne pas briller mais à être des experts de la manoeuvre bureaucratique/politique au sein d'une organisation, et à conclure une foultitude d'ententes nauséabondes avec un mépris prononcé et "de caste" pour le reste du pays et du monde. Il faut vraiment ne pas regarder dans le détail et éviter beaucoup d'époques (en fait la plupart) pour parvenir à déterminer un "caractère national", sauf dans les visions sentimentalistes qui aiment se pencher sur ce qui flatte leurs préférences, ne voient que ce qu'elles veulent voir et l'interpréter dans un sens très particulier, d'autant plus faux qu'il est partiel et partial. Rien à voir avec la raison, dont on me dit que le caractère national français est soi-disant si épris :P. Le LB est un bon exemple de ces tout petits milieux (vraiment au final quelques dizaines de personnes) qui décident (ou plutôt ne décident pas).
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Tu oublies la possibilité d'une autre conception de la défense du territoire, surtout si l'essentiel de cette défense concerne en fait la ZEE et les territoires extérieurs, une conception fondée sur une autre distinction entre police et armée, ce pourquoi la gendarmerie par exemple est par essence mieux équipée dans l'approche; l'essentiel des devoirs de cette "défense" est de nature policière/douanière/surveillance.... Et les besoins en volume sont importants, ce qui impose d'autres angles d'attaques pour la réflexion. Et une milice/réserve repose par essence sur un certain degré de volontariat (et du réellement motivé et entraîné/équipé/encadré/soutenu si on veut en tirer quelque chose d'utile), en volume et en motivation/qualification, qui plus est dans des zones où la population n'est pas énorme (même si le niveau de vie peut aider à motiver du monde): y'a des choses à revoir, donc. Mais la charge d'une milice est une formule difficile à trouver: dans toute la France, seuls les territoires métropolitains auraient un effort territorial à fournir en la matière (ou il y en aurait une aussi en métropole, mais ridicule en effectifs par rapport à la population)? Là, ça devient quelque chose de délicat. Surtout dans la vie active d'aujourd'hui où un temps de milice est difficilement compatible avec une vie professionnelle, voire très mal vu par les employeurs à moins d'une universalité de la chose (qui la fait rentrer dans les moeurs) et/ou d'une conscience aigue et très partagée d'une menace extérieure. Sans ces facteurs, la chose a du mal à être ou rester efficace. La capacité de défense proprement dite (donc face à une invasion) de ces zones peut reposer sur une milice si on trouve la bonne formule, mais une milice encadrée par une proportion conséquente de permanents (1/3 des effectifs est généralement souhaité) qui ne peuvent pour l'essentiel être dédiés à cette mission, donc ça me renvoie naturellement à cette gendarmerie, avec un 2ème échelon de "réserve d'intervention" proprement militaire qui doit pouvoir être rapidement acheminé.
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C'est là qu'on voit que ce qu'on réduit en paroles au mot de "police" de la ZEE et des territoires non métropolitains, s'avère en fait être, sinon la mission principale, du moins la base à partir de laquelle la défense est conçue (dissuasion à part), et que ces zones devraient concentrer la majorité des effectifs permanents, avec en métropole une réserve d'intervention pour apporter un appoint plus réduit mais hautement qualifié là où c'est pertinent/où le besoin apparaît, que ce besoin concerne ces étendues terrestres ou maritimes, ou d'autres zones d'intervention. Mais quoiqu'il en soit, ces zones lointaines sont les points à développer, les bases et structures (y compris structures de force) prépondérantes, à partir desquelles les opérations s'articulent.
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Si par la 2ème, tu fais référence à la citation de De Gaulle, ça n'est même pas un débat: ces visions ridicules des "caractères" des peuples sont des aberrations stupides issues des XVIIIème-XIXème siècles et confondantes de superstitions et de superficialités issues de lectures débiles de l'histoire et du supposé "temps long" qui sert bien plus de compensation d'ego pour des mythomanes se flattant de comprendre le sens "profond" et "caché" de l'histoire, que de quoi que ce soit de fondé dans le réel. Parce qu'il n'y a simplement et strictement AUCUN argument pour leur donner de la substance. Et discuter de la chose relève de la même absurdité que le débat "créationisme vs évolution". Au moins les hommes du XIXème siècle et du début du XXème siècle (comme De Gaulle) avaient-ils l'excuse d'avoir été eu une éducation historique issue des premières générations d'historiens modernes, ceux qui ont déblayé la matière (avec Gibbons et Hegel comme pierres angulaires), avant tout par leurs erreurs. Pour la pensée stratégique, je ne fais que constater la réalité de ceux qui ont réellement la charge de la chose: les politiques. Et ceux-ci connaissent mal, s'en préoccupent peu et ne choisissent pas, ça c'est un constat, pas une affirmation. Pour le côté militaire, je constate la déconnexion croissante des professionnels qui sont de plus en plus des techniciens et se préoccupent peu et mal d'une vision globale et surtout de la manière de l'articuler. Je constate une formule de conclusion dans l'article que tu cites (qui n'est qu'un exposé de ce qui a été et des possibilités existant aujourd'hui, pas d'une stratégie existante aujourd'hui: à cet égard, c'est un constat des non-choix): "Pourrait": toujours du conditionnel.... On avait une stratégie sous De Gaulle, on n'en a plus réellement. Ca ne veut pas dire qu'il n'y a pas certaines continuités, mais ce sont juste des contraintes issues de l'époque précédente, et qui elles demeurent presque malgré les décideurs tout simplement parce qu'elles avaient été bien identifiées à l'époque et correspondaient à des réalités. Dis-moi en quoi la France a une stratégie, et surtout une pertinente aujourd'hui; je peine à voir. Quand au fait de balancer, oui j'ai fait dans le péremptoire (quoique chez moi c'est un résumé, pas la teneur), mais le problème est que c'est ça ou le grand et long exposé que j'ai un poil la flemme et pas le temps de poster. Et s'il y avait une stratégie pertinente, on n'aurait pas de non modèle militaire tel qu'actuellement pour l'AdT, tiré à hue et à dia entre l'idée de maintenir (et partiellement, et à grands frais) un "corps blindé" pour affronter (à 1 contre 100 en plus) les Russes en Allemagne en 1984, et celle d'intervenir "outre mer" (mais en fait, vu les moyens, dans l'Afrique telle qu'on la voyait il y a une quinzaine d'années, ou dans des théâtres équivalents). Une stratégie imposerait de faire un choix clair et net pour maximiser les moyens existants et les optimiser pour un nombre de tâches et de théâtres réalistes (et en quantité, et en qualité). Ce choix est-il fait? Je ne vois pas l'AdT comme un modèle de réponse à des choix clairs et pertinents, ce qui, dans le contexte budgétaire actuel, a fini par amener de façon concrète dans la situation d'une armée d'échantillons: il va falloir choisir quelques-uns des échantillons comme pertinents et renoncer aux autres, pour pouvoir les généraliser et avoir une échelle signifiant une capacité d'action au moins dans un certain nombre de scénaris. Ca, c'est une stratégie, pas le fait d'avoir un petit peu de tout. Oui, et le pays est aujourd'hui réellement en face du choix qui a été un temps évité par la faible sollicitation outre mer post guerre froide (autant par une situation ne requérant pas de grandes capacités que par une classe politique détachée du sujet, qui encourage de fait une classe militaire -qu'elle choisit à son goût- à ne pas changer ses habitudes), d'avoir et de mener une stratégie: tant qu'on pouvait se contenter de petits envois quand vraiment on pouvait pas l'éviter, on maintenait l'illusion que rien ne changeait (et pire encore, que le modèle militaire n'avait pas à être revu: essentiellement, il fallait se préparer pour "la grande guerre", celle qui ne viendra pas, en tout cas pas dans les formes souhaitées). Aujourd'hui, même la sollicitation outre mer (pourtant pas énorme en soi) est trop importante. Si on entre dans la logique de vassalité US, alors là c'est simple: à part des unités de défense territoriale des territoires outre-mer, une capacité de contrôle/surveillance au quotidien de la ZEE et une discussion à avoir pour le maintien ou non de la dissuasion, autant renoncer à des forces armées, ce sera le choix stratégique le plus pertinent en ce qu'il dégagera des marges de manoeuvre. Si le choix est d'une logique penchant vers l'indépendance, faudra être un tantinet :-[ plus sérieux qu'aujourd'hui, et plus adaptés.
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On n'a pas de pensée stratégique en France; pas du tout. Y'a quelques discussions théoriques, quelques avis qui se chamaillent en messes basses à l'occasion dans les milieux spécialisés, mais pas de pensée stratégique, tout simplement parce que le "niveau" où elle est censée avoir lieu (le tout haut du militaire, et surtout le politique) n'en a pas réellement et ne s'en occupe que modérément, sans faire de choix au final. Et la pensée tactique/opérative? L'une des souffrances de l'armée actuelle est justement qu'on en a peu à part continuer sur des acquis et des lieux communs de moins en moins cohérents et surtout efficaces. On a passé depuis un bail le point où on peut se contenter de dire "tout n'est pas parfait, mais y'a juste quelques trucs à revoir et c'est tout bon". Visions d'un autre temps, a prioris dogmatiques issus des lectures de l'Histoire du XIXème siècle, et totalement à côté de la plaque justement parce qu'elles sont purement théoriques et imaginaires, correspondant aux visions globalisantes et esthétisantes des "peuples", des "nations".... Rien de très sérieux sinon dans les conséquences quand les décideurs y croient.
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Tu es victime du discours de Romney, qui dit tout et son contraire d'un speech à l'autre, et souvent même d'une phrase à l'autre :lol:; c'est son très célèbre flip flopping (parce qu'il se retourne comme une crêpe), désormais qualifié par Obama de "Romneysia" (Romney + Amnesia) :lol:. Il utilise le mot "Russie" parce que ce mot sent encore le souffre aux USA, et surtout dans l'électorat républicain, en moyenne beaucoup plus vieux (les retraités sont un public de choix, nombreux, mobilisés, suivant les discours et votant), qui garde les vieilles habitudes. Avec la Chine, il dit régulièrement tout et son contraire: il a beaucoup dit qu'il allait "être super ferme" avec la Chine qui prend les jobs américains, menace les alliés américains.... Son programme commercial, monétaire et économique avec la Chine revient à rien moins qu'une déclaration de guerre commerciale imposée unilatéralement (je dis pas qu'il faut pas changer d'attitude avec la Chine, mais ce qu'il décrit et la manière de le faire est aussi atterrant et catastrophique qu'irréaliste).... Et le lendemain, il dit qu'il faut être conciliant ave la Chine et les aider à réévaluer leur monnaie.... Tout dépend de l'audience à laquelle il s'adresse, celle qu'il cible un jour précis. Et si d'autres cibles s'inquiètent, y'a le discours opposé qui est balancé le lendemain quand ce n'est pas son staff qui publie un avis opposé sur son site le jour même :lol:.
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En terme de poids proprement électoral, ils tournent autour de 20% en moyenne (ils seraient nettement moins si le taux de participation aux US était structurellement plus élevé), ce qui les place plutôt vers un petit 40% de l'électorat "fixe" républicain au maximum, surtout si on compte ceux qui sont plus "lights" dans leurs convictions mais accordent à la religion (et plus exactement à "cette" religion, prêchée et hurlée à tout va) une part de poids claire et nette dans leur décision de vote. Et plus encore si on prend ceux qui sont influencés à un degré certain par ce discours (entre autre par le fait d'écouter les médias où ils sont très présents, la "bulle" républicaine/conservatrice qui a ses propres faits, refuse le débat....). Le problème est leur influence, leur impact pratique, qui est bien plus grand que ce chiffre ne l'indique: ils sont beaucoup plus organisés et mobilisés que n'importe quelle autre force politique, et avant tout parce qu'ils ont de fait des institutions permanentes non seulement grandes en taille, mais aussi recouvrant un maillage territorial très dense, et une variété de médias (télés, presse, réunions, universités, cycles de conférences, organisations militantes, missionnaires....) pour atteindre la population, et vraiment pas que pendant les périodes électorales. Et ils ont du fric, vraiment des masses de fric (depuis que les institutions religieuses sont détaxées et que l'aspect commercial de leur activité a explosé). L'impact au sein du parti républicain est énorme: ils sont indispensables et un élu républicain ne peut PAS se passer de leur soutien. Et ils font payer ce soutien cher: ils sont devenus moins timides à mesure qu'ils grandissaient, et exigent des prises de position nettes, ce qui en fait les petites brutes emmerdantes à qui on est obligé de céder (du point de vue des républicains "classiques" et "libéraux", qui sont désormais coincés entre eux et les tea partiers). Leur présence médiatique (hors de leurs propres médias), leur médiasphère publique propre et leur croissance des 30 dernières années les a rendu de fait assez indépendants par rapport au parti républicain qui ne peut plus vraiment s'imposer à eux comme avant. Enfin ils sont en partie très géographiquement localisés dans certains Etats dont ils verrouillent de fait le vote et dont les Républicains ne veulent et peuvent se passer.
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Oh, je crois plus que ces trucs fassent du mal à Romney: la grande majorité du vote féminin a déjà fait son choix, et ces bourdes arrivent toutes les semaines depuis longtemps, sur fond d'un débat public où ce type d'opinion est fréquent et largement publié de toute façon. Rappelons que Ryan est surnommé "candidate ultrasound" puisqu'il veut apparemment que toutes les femmes subissent un examen à la sonde à ultrasons :-[.... Encore un exemple où les Républicains veulent du big government partout où ça les arrange: patriot act version 2.0, investissements massifs dans la sécurité et le militaire pour faire fonctionner cet "Etat providence pour le big business et les gens fortunés", pas d'avortement même pour le viol et, dans certains cas, même si la vie de la femme est en danger.... Vu qu'ils pèsent lourd dans l'électorat républicain et plus encore, dictent une bonne partie de l'agenda du parti, ça revient presque au même.
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Surtout que dire "l'économie" ne veut pas dire grand-chose en soi en terme de puissance: il faut voir comment marche l'économie d'un pays particulier. L'Allemagne n'a aucun atout de puissance hors d'Europe, et repose sur l'exportation (et ce d'autant plus que son marché intérieur est plutôt sur le déclin, ce qui lui donne une structure de pays en développement): le succès de ses exportations repose autant sur la haute qualité d'un nombre très réduit de produits spécifiques (et des pays comme la Chine veulent et peuvent dans un avenir relativement proche se passer de ces exportations chères) que sur la faiblesse et l'absence justement de l'Allemagne en tant que puissance dans ces zones extérieures à l'Europe. Elle n'a pas vraiment de politique extérieure, pas vraiment de prises de position internationales et encore moins les moyens et la volonté d'en imposer et/ou d'en faire respecter un minimum; en cela, elle est le parfait protectorat des USA, puisqu'elle n'a pas les moyens ou l'ambition de faire respecter même les conditions par lesquelles elle peut être une puissance exportatrice (sécurité des mers, respect de règles de droit minimum des échanges, ordre et stabilité dans des zones clés de l'économie mondiale, et avant tout les points de passage....). Elle dépend de façon absolue de ceux qui paient le prix de cette capacité et qui peuvent la lui reprendre ou lui rendre plus chère cette capacité commerciale, USA en tête; elle n'a en fait quasiment aucune capacité à défendre même ses propres intérêts hors d'Europe. Elle ne peut donc peser politiquement ailleurs qu'en Europe, elle n'a pas réellement de puissance de négociation, de capital politique hors d'Europe. En revanche, en Europe même, elle pèse politiquement, et avant tout via son économie et sa position: elle pèse dans son voisinage immédiat, comme acteur incontournable. Pratique dans l'UE et avec les voisins (Russie en tête), mais ça ne donne pas de poids pour être un membre du conseil de sécurité: on ne donne pas de place aux points ou pour un niveau de PIB qui ne sont que des chiffres dans l'absolu et non nécessairement quelque chose qui se traduit en terme de puissance (qui est un terme et un domaine en soi). Fondamentalement, certains aspects de ces outils servent quand même à dire "je peux défendre mes trucs, soutenir mes points de vue, me mêler de vos affaires si vous faites vraiment chier ou cherchez à nuire à mes petites affaires", "quand je signe un traité d'alliance avec untel, j'envoie le message que ce n'est pas que du papier auprès des voisins d'untel".... C'est à ce titre le même principe que la dissuasion: les capacités (loin d'être limitées aux seuls outils par eux-mêmes) déterminent la crédibilité et imposent certaines barrières dans les relations internationales en augmentant le coût d'un business trop agressif. Mais pour que ce soit valable dans le monde actuel et surtout les zones clés dont la stabilité importe plus, il faut bien plus que du hardware: il faut les bases et positions (aujourd'hui lointaines) pour relayer ces capacités, le bon niveau d'implication et de présence dans ces zones (y compris de la présence économique), les bonnes doctrines d'emploi, le maintien des savoirs-faires et de la capacité à utiliser le hardware comme il faut, et plus que tout, une stratégie pertinente, assumée et affirmée haut et fort. Le fait est qu'aussi bancal et mouvant soit-il, il y a un ordre international, et même si les acteurs régionaux autres qu'occidentaux en assument de façon croissante une partie du maintien dans leur propre zone (c'est la multipolarisation au sens militaire et politique), cet ordre dépend encore étroitement de la marge de manoeuvre ultime que sont les capacités de projection de forces et de puissance "universelles", celles qui peuvent aller partout soit intervenir par elles-mêmes, soit appuyer des acteurs locaux. Mais le poids relatif des USA dans cette capacité "centrale" d'intervention est aujourd'hui écrasant, et brits et français sont de plus en plus anecdotiques, surtout comparés à certains acteurs régionaux montants qui, dans leur zone, sont toujours plus intouchables pour les puissances européennes seules (à moins d'en arriver à des modes de conflit absolus, qui ne sont pas un outil facilement employable dans la diplomatie: guerre ouverte classique ou nucléaire ne peuvent pas être des arguments parce qu'elles impliquent alors directement d'autres logiques et d'autres acteurs).