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Tout ce qui a été posté par Tancrède
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Quel intérêt? Le jour où un envahisseur terrestre commencera à être en mesure d'être un envahisseur terrestre, ça se verra venir des années à l'avance et réfléchir à rebâtir une armée de défense territoriale redeviendra une chose qui a de l'intérêt. Et de toute façon, cela ne pourrait arriver que si le nucléaire cessait d'être une donnée de l'équation, ce qui n'est pas pour demain. Outre l'intérêt très relatif des forces blindées dans la conflictualité probable, encore une fois, le sujet est assez parlant il me semble: il s'agit de voir ce qu'on pourrait faire de façon réaliste pour retrouver des marges de manoeuvre et accroître l'efficacité opérationnelle des forces terrestres dans le cadre (apparemment contradictoire) d'une amputation claire et nette de l'équivalent de 2, voire 3 brigades de combat, soit ce qui semble se profiler à l'horizon immédiat, pas de raisonner comme si on avait tout d'un coup des ressources infinies. Les forces blindées lourdes, en l'occurrence, outre leur pertinence discutable, sont trop chères pour une telle perspective budgétaire, ou n'existeraient qu'au prix du sacrifice du reste et d'une taille ridiculement insuffisante.
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WW1 les allemands remporte la bataille de la Marne
Tancrède a répondu à un(e) sujet de stormshadow dans Uchronies
C'est le problème du sujet: il ne dit pas ce qu'est "perdre la bataille". Beaucoup (en fait tout) dépend de la nature et de l'importance de la victoire, et des positions après coup. Cependant, il faut aussi prendre en compte que les armées alliées, et en fait surtout la française (les Brits sont assez symboliques dans cette histoire), sont épuisées après la longue retraite et les défaites initiales: perdre la Marne, et surtout si c'est nettement, avec pas forcément de possibilités que toutes les armées ou tous les corps survivants se rétablissent de façon ordonnée, ce peut être le coup définitif au moral. Les Allemands ont déjà été surpris que les Français puissent repartir à l'attaque dans cette bataille où il y a vraiment eu un mot d'ordre de "tout ou rien/la victoire ou la mort", et à mon avis les chefs français ont du aussi être un peu surpris; une défaite nette, voire dure, ce peut être le coup qui fait lâcher prise, au moins pour un moment (suffisant pour que les Allemands l'exploitent méchamment). La victoire a permis aux alliés de se reprendre et de lancer la course à la mer, non seulement tactiquement, mais aussi sur le plan de l'élan et du moral; à ce stade, on était encore dans une guerre de mouvement, vue comme courte, avec du mordant et de l'allant; or, au moment de la Marne, le camp allié avait plutôt la mentalité du dernier baroud. -
[Union Européenne] nos projets, son futur
Tancrède a répondu à un(e) sujet de Marechal_UE dans Politique etrangère / Relations internationales
Personne n'a jamais nié qu'une entité de 300 et quelques millions d'habitants avec un énorme PIB ne serait pas un compétiteur important et potentiellement dominant, la question n'est pas là: elle est de se rendre compte que ce qui fait qu'une entité étatique est une entité étatique fonctionnelle ne se décide pas comme ça, ne fonctionne pas sur le mode des arguments qui sont généralement assénés comme les évidences qu'ils ne sont pas, ne répond pas aux espoirs bien intentionnés et aux raisonnements sur carte avec quelques grands chiffres économiques. Parce que ces raisonnements et ces voeux pieux, surtout tels qu'ils sont appliqués et expliqués, sont créateurs d'antagonismes, négateurs de trop de réalités et en définitive potentiellement (et en partie déjà effectivement) porteurs de trop d'effets et de logiques destructeurs de ces éléments non pris en compte et qui pourtant existent. On invoque par exemple fréquemment le mot "culture" qui semble anodin et renvoie spontanément aux trucs anecdotiques comme la bouffe, les chants folklo, les costumes traditionnels ou le cinoche, mais c'est infiniment plus et plus profond que ça.... Et infiniment plus puissant. Et c'est précisément la dimension la plus attaquée dans les faits par la construction européenne telle qu'elle se fait, malgré les spécifications stériles et constantes (et sans effet dans le monde réel) d'une soi-disant volonté de "préserver le respect des cultures", phrase creuse et qui ne veut rien dire non seulement parce qu'elle a peu d'application réelle, mais surtout parce que c'est un problème infiniment complexe, profond, mouvant et inquantifiable qui ne peut être appréhendé si facilement. Ce mot "culture" est trop imparfait pour recouvrir l'immensité de ce qui fait qu'un peuple est un peuple, une nation est une nation, mais c'est pourtant le noeud du problème: les nations européennes sont des produits et des travaux encore en cours résultant d'une longue histoire et d'une infinité de compromis et d'habitudes, de groupes et sous-groupes aux interactions profondes, aux intérêts et conceptions différentes qui résultent eux-mêmes de compromis internes infiniment complexes. Refuser, comme les européistes le font si souvent, de comprendre réellement ce qui fait une nation, c'est condamner toute idée d'Europe à l'échec, si tant est que ce soit possible sans une énorme quantité de violence (physique et/ou économique et sociale) qui a généralement une tendance à revenir dans la gueule de ceux qui la déclenchent. Oui: une nation cohérente a bien plus de chances qu'un assemblage de nations aux perceptions, conceptions, regards et intérêts divergents qu'on essaie de forcer à la convergence. L'Allemagne actuelle est un bon exemple d'acteur autiste tourné de plus en plus vers un intérêt national strictement conçu, ce qui est particulièrement destructeur quand il s'agit de celui de la première puissance du dit assemblage (tout le monde est fautif si on part du principe que ne pas se lancer dans un processus fédéral est une faute, mais le plus fautif est le plus puissant puisque son égoïsme national est le plus porteur de conséquences). Et c'est bien tout le problème économique que pose la zone euro dans le contexte de la politique monétaire qui va avec la conception actuelle de cette monnaie: elle sert avant tout une seule économie bien particulière, l'Allemagne (en partie aux dépends des autres) et endommage les autres trop vite pour ne pas soulever des oppositions croissantes. Que les autres économies n'aient pas aussi des problèmes qui leur sont propres et en grande partie indépendants de l'euro (le problème budgétaire notamment), c'est aussi un fait, mais le drainage par l'Allemagne n'en demeure pas moins, et avec lui le découplage progressif des intérêts communs, avant tout franco-allemands. Ajoutes-y le facteur des peurs de chacun, des obsessions moins rationnelles et de perceptions resserrées sur l'intérêt national plus strict (surtout en temps de crise), et le tableau est plus complet. -
[Union Européenne] nos projets, son futur
Tancrède a répondu à un(e) sujet de Marechal_UE dans Politique etrangère / Relations internationales
Vite, il faut lancer Starfleet et la Fédération maintenant! -
L’Homme et son arme : brève histoire des technologies de l’armement
Tancrède a répondu à un(e) sujet de Rochambeau dans Histoire militaire
Les vikings étaient pas tant portés sur l'estoc: les épées étaient grandes avec 2 larges tranchants en général. Ils étaient plutôt portés sur l'impact du tranchant sans dédaigner l'estoc, comme un peu partout en Europe, sauf dans le monde méditerranéen de l'antiquité (les Romains faisant la transition générale vers le IIIème siècle) où les épées courtes à 1 tranchant (voire des poignards) signifiaient l'insistance sur l'estoc ou l'utilisation du tranchant pour achever, au corps à corps très rapproché, dans la presse d'une bataille rangée (là est l'impact culturel: la recherche de la bataille rangée chez les Méditerranéens, et du choc organisé). Mais ce n'est pas tant la culture en soi: la culture est une construction et la façon de faire la guerre en est une incarnation, qui détermine toujours un peu plus les armes qu'on veut. On le voit d'ailleurs dans l'armée japonaise du XXème siècle, qui malgré la sophistication, n'a pas réussi à se départir totalement de l'idéal de la recherche du contact, du choc, du combat rapproché et individuel, qu'on voit dans leurs avions (qui sont faits pour le duel aérien), leurs armes terrestres (plus courtes portées, pas trop faites pour la guerre de mouvement ou la combinaison des savoirs-faires de grandes spécialités ayant la même "valeur" perçue, peu d'insistance sur les chars....) ou même leur marine (malgré leur aéronavale en avance, ils restent fondamentalement trop axés sur les capital ships et le canon, ayant trop peu d'escorteurs, une disproportion très coûteuse en faveur des cuirassés et croiseurs lourds....). C'est pas la "culture" en général qui va définir l'outil: l'aspect militaire de leur culture, venant de réalités et de la façon dont ils les ont vues, détermine la manière de concevoir la guerre, les campagnes (a t-on une géographie plate ou accidentée, des grandes villes ou non, des populations organisées et pouvant servir, une société rigidement hiérarchisée ou un peu moins concentrée, une structuration militarisée ou des castes réduites de spécialistes exclusivement, recherche t-on la bataille rangée ou le raid, a t-on de larges effectifs ou non, des guerriers pros non remplaçables ou non....), et de là, la manière d'appréhender le combat. Il y a aussi évidemment un mouvement inverse (de l'aval vers l'amont) où les combattants, par expérience accumulée, font leurs innovations en fonction de ce qu'ils ont initialement et de ce qu'ils retiennent de leur expérience récente pour changer d'approche (plutôt rare: les Romains ont été dans l'histoire les plus adaptables en ce sens) ou perfectionner, affiner.... Les vikings, par exemple, étaient des peuples initialement peu structurés (petits villages et petits groupes de villages), peu nombreux, dans des terres peu fertiles avec une économie peu développée et quasiment pas monétarisée: comme beaucoup de peuples avant eux (celtes, germains, grecs, latins....), ils se sont lancés dans des raids, et forcément maritimes vu la géographie, avec des navires à utilité mixte (commerce, exploration et guerre) faits pour les longues croisières et la versatilité (mer-fleuves), et c'est sur plusieurs siècles de la "période viking" qu'on voit se développer une spécialisation accrue d'une partie des navires pour les expéditions guerrières (le knarr, abusivement appelé "drakkar", par rapport au "knav" commercial), spécialisation rendue possible par le développement de cette spécialité des raids guerriers outre mer pour une partie de la population ET par le développement concomittant à l'accumulation de richesses, de "renom" (en fait plus du capital politique et de la puissance par les commanditaires et chefs), d'entités proto-étatiques plus importantes, ayant plus de moyens. Les chefs victorieux reviennent et peuvent se faire la guerre avec plus de moyens, plus de guerriers confirmés (qu'on peut payer, qui se rallient aux chefs victorieux, qu'on peut former parce qu'on a du fric et plus de population), donc acquérir violemment (ou par la menace, ou par les unions qu'on peut négocier) des terres et des populations. Et ces entités peuvent et doivent (parce qu'elles ont toujours plus besoin de ce cycle de l'expédition dont dépend une partie de l'économie, de la population -notamment la création d'une catégorie de guerriers permanents et plus des "mi-temps"- et du pouvoir politique par essence toujours à cours) relancer des expéditions guerrières toujours plus nombreuses et toujours plus vastes (voir celles des IXème-Xème siècles, et surtout XIème), qui ne peuvent plus se contenter de piller quelques monastères et petits bourgs, mais doivent rançonner des régions, négocier avec des souverains d'une Europe post-carolingienne bordélique et atomisée qui se chamaillent aussi tout le temps entre eux (et ne peuvent se permettre d'aller toujours dézinguer du viking parce qu'ils sont en flux tendus côté effectifs et ne peuvent risquer des pertes d'hommes et de temps alors que le voisin immédiat, lui, regarde). Au final, les Grecs (surtout époque mycénienne) et d'autres n'ont pas fait autrement, et l'histoire des navires grecs n'est pas différente non plus (l'émergence de la trirème et sa nature versatile a beaucoup de similarités). Et pour faire ça, le souverain viking en plein développement a besoin de développer, de "pousser la R&D" pour des navires plus aptes à de tels raids, qui ne seront voués qu'à ça. On voit d'ailleurs la différence entre les Danois et Norvégiens d'un côté, qui ont été à plein dans ce cycle, et les Suédois de l'autre, dont la zone d'expansion était plus fluviale et plus vaste: leurs navires sont restés plus polyvalents et ont correspondu plus à des croisières mi commerciales mi guerrières de très longue haleine sur les fleuves russes, et à une colonisation de peuplement vu la plus faible densité de ces zones et la moindre structuration politique. Pour le combat, le nordique ne comprend pas vraiment la bataille rangée: il vient d'une zone peu peuplée, avec initialement peu de guerriers professionnels et des forges d'armes pas forcément géniales pour la majorité des troupes. Il utilise beaucoup d'armes d'hast (haches et marteaux) qui sont encore aussi des outils (ou bien que spécialisées, ne s'en sont pas encore trop éloignées), et opère en raids de tout petits effectifs sur des cibles surtout peu défendues. La mentalité est donc guerrière et non militaire, portant tout le poids sur l'individu (et le chef est le premier des "individus" :lol:), donc le combat individuel qui est le seul qu'il comprend vraiment, ce à quoi la religion, en retour, l'encourage (et les religions de civilisations qui évoluent un cran plus loin encouragent bizarrement plus la valeur en général que la réussite en combat singulier; la religion reflète donc plus la réalité d'un moment qu'elle ne détermine pour l'éternité une "culture de combat": la religion romaine est ainsi passée de l'individuel au collectif, notamment en passant par l'exaltation du combat individuel, mais celui du chef qui symbolise tous les guerriers ensembles). Le combat, et donc l'armement, sont à ce moment de leur histoire, adaptés pour cette vision qui est en fait le reflet de la réalité qui s'impose à eux. Alors oui, c'est de la "culture", mais cette partie de la "culture" vient de la réalité rencontrée et de la manière dont il l'ont vue pour s'y adapter. -
[Union Européenne] nos projets, son futur
Tancrède a répondu à un(e) sujet de Marechal_UE dans Politique etrangère / Relations internationales
Sauf que ton avis personnel n'est pas tempéré par la réalité vue et ressentie par d'autres points de vue que le tien, et que ce que tu présentes comme "arguments" et motivations par le "centre" européen fait "pour le bien commun" sont très contestables en tant que réalisations concrètes et motivations si on les examine au travers d'une grille plus complète. Si on prend ton post en refusant toute autre réalité et tout autre aspect, ceux qui ne sont pas de ton avis sont juste des abrutis qui ne comprennent pas à quel point tu as raison et à quel points ils ont tort, à quel point ils se vouent au mal et toi au bien. Le fait est que tu est absolument et complètement incapable d'admettre la légitimité d'un autre point de vue que le tien à force de regarder la réalité par des critères n'allant que dans un sens. De ce fait, c'est de l'idéologie, et non de la raison. A chacun de tes points, il est possible, et sans la moindre invention ou le moindre recours à du surnaturel ou de l'immanent, de tempérer plus ou moins largement, et bien souvent de même renverser la vapeur sur ce que tu crois être un fait établi parce que tu ne regardes la chose qu'au travers d'un prisme unique et écarte bien des réalités (ou les minimise). De ce fait, tu te voues à être incapable d'admettre la légitimité des autres points de vue et les fragilités, voire les absurdités parfois, du tien (au mieux tu "concèdes" le droit de parler aux autres parce que c'est la liberté blablabla): c'est exactement l'un des plus graves problèmes sur le sujet européen, et ce qui constitue l'une des plus graves menaces pour le futur de la construction européenne, qui se traduit entre autre par ce qu'on appelle le "democratic gap", à savoir le refus d'admettre la pertinence et la légitimité, le bien fondé en raison, des arguments et intérêts/aspirations de l'autre (ce que l'autre/les autres apprécient peu, entre autres réactions, surtout ceux qui font l'effort de comprendre tous les angles d'un problème de manière dépassionnée). Le simple fait de laisser l'autre parler parce que la liberté d'expression existe n'est pas admettre ou écouter son point de vue. Tu viens de définir ta manière de débattre; ce post n'est pas une attaque. Si tu pouvais essayer de lire tes propres posts avec d'autres yeux pendant juste 5 minutes, et d'aborder les problèmes traités sur d'autres bases que tes certitudes déjà préétablies, tu le verrais, et ça permettrait d'avoir autre chose que des échanges d'affirmations qui ne sont que des concours de qui pisse le plus loin, condamnés d'emblée à n'aller nulle part. Restons raisonnables: ils aspirent aussi à faire du fric, mettre leur cul à l'abri et au soleil, s'envoyer en l'air un maximum et satisfaire leur ego fragile avec du pouvoir et des votes (ou des foules les acclamant) pour se sentir moins seuls :lol:. Et puis tu oublies aussi que ce sont tous des sodomites :lol:. -
L’Homme et son arme : brève histoire des technologies de l’armement
Tancrède a répondu à un(e) sujet de Rochambeau dans Histoire militaire
L'histoire de la guerre et la passion pour ce domaine seraient quand même très différentes, moins contestées et nettement plus amusantes si l'être humain avait développé l'armement à partir de cet axe technologique. Culturellement, l'être humain serait terrifié par les taches de fruit sur les fringues ou le corps qui seraient un stigma social puisque les guerres se décideraient en voyant qui sont les plus crades et les plus collants :lol:. Evidemment, quelque part sur le chemin, y'a des abrutis gâcheurs de réjouissances qui se seraient rendus compte que l'extérieur de la noix de coco permet (plus que l'intérieur) d'enlever à l'adversaire des "faiseurs de taches" (le nom des soldats dans cette culture militaire :lol:) et ce faisant de l'emporter. Donc on se met à aiguiser les coquilles de noix de coco, ou à en utiliser des pleines comme armes de première frappe avant d'aller se ruer avec les fruits tachant pour porter l'estocade qui fait le résultat visible (naissance de la tactique et de la division du travail dans les forces désormais spécialisées dans une armée). Et là tout de suite, ça commence à devenir moins marrant :-[. Mais bon, si on veut trouver le premier armement humain, on devrait essayer de voir s'il est même possible de savoir quel est le premier armement SPECIFIQUEMENT fait pour combattre/tuer d'autres humains: les premiers outils et armes de chasse ont été fait pour se défendre des bestioles à grandes dents et pour aller chercher le manger (qui souvent n'est pas coopératif et peut avoir la masse corporelle et les gadgets naturels pour faire valoir son point de vue), mais les premiers combats ont, en toute logique, été menés pour aller piquer le manger d'autres groupes humains en temps de disette/mauvaise chasse, et pour empêcher que ces autres viennent se venger ou faire la même chose. Autres buts de guerre contemporains de ces trucs basiques: dégager l'autre de votre territoire de chasse ou aller sur un autre territoire de chasse et en dégager le titulaire, aller piquer les femmes de l'autre ou garder les siennes propres. Plus une zone devient peuplée, plus ces affrontements deviennent fréquents, et même si on utilise les mêmes armes que pour la chasse, on commence à s'organiser pour ces affrontements à mesure qu'ils deviennent réguliers, à mettre en place des tactiques, un commandement, et un entraînement. De là on commence à adapter les outils qu'on a à ce gibier particulier et à ces méthodes de combat. L'une des premières adaptations nettement faites pour la guerre, et je crois la seule dont on puisse affirmer qu'elle ait été faite spécifiquement pour cet usage, est la pointe de flèche inversée, avec la tête mise à l'horizontale (pour passer des vertèbres horizontales, celles des bipèdes) et non à la verticale (pour des quadripèdes, aux vertèbres verticales). L'autre innovation spécifiquement guerrière est la massue, le casse-tête: ces 2 armes ont évolué à partir d'outils/instruments de chasse ou de la vie courante, mais il est plus difficile de déterminer si un casse-tête est vraiment réalisé pour cet usage ou s'il s'agit d'un truc apparenté au marteau, tandis que la flèche à pointe horizontale n'a qu'un usage possible. Mais l'ordre des choses semble quand même plus clair: les outils spécifiques pour la guerre permettent des choses nouvelles et/ou accroissent l'efficacité des procédés guerriers, mais ils ne les précèdent pas. L'outil est déterminé par le besoin et la pratique, pas l'inverse: un truc qu'on a du mal à voir ces temps-ci. -
[Union Européenne] nos projets, son futur
Tancrède a répondu à un(e) sujet de Marechal_UE dans Politique etrangère / Relations internationales
Bon, arrêtez de déconner, soyons réalistes :-[. Dans 30 ans, on sera: - une Europe unifiée dans le cadre du grand califat universe, ou au moins moyen oriental, ou on paie en eurodinars - une Europe unifée en tant que partie des USA d'Amérique et d'Europe (si ça marche moins bien, un protectorat), organisée en un certain nombre d'Etats à la taille calibrée, constituant l'empire d'orient les Etats-Unis d'Orient, et payant en eurodollars - une Europe unifiée centrée sur l'Allemagne, payant en euro(marks) .... Trouver la référence dans le vieux JdR Berlin XVIII - une Europe reféodalisée en entités nationales de tailles diverses et plus nombreuses qu'aujourd'hui, payant en euros pour les parties (plus ou moins réduites) supérieures de leurs sociétés, en sous-monnaies nationales pour les classes plus laborieuses, et en poulets et boîtes de conserves pour le reste Juste histoire de dire qu'on s'excite avant tout sur des scénaris extrêmes et catastrophistes (ou au contraire béatifiques) et on se met à débattre dessus beaucoup plus qu'en se fondant sur le vraisemblable et l'immédiatement probable.... Que l'euro s'avère être en fait, et ce de plus en plus, un diviseur qu'un unificateur, on le constate sur la décennie écoulée: il s'agit de fait d'un instrument favorisant l'Allemagne beaucoup plus que les autres, et dont les autres souffrent de façon croissante en n'ayant toujours pas de légitimité reconnue à dire qu'ils ont des économies et des besoins économiques nécessitant une autre monnaie et/ou politique monétaire, parce que l'économie allemagne a été mystérieusement érigée en idéal qu'il faudrait adopter (sans que ce soit possible parce qu'une économie ne se décide pas ainsi, outre les différences plus profondes et souvent liées aux différences des sociétés et cultures). C'est là, avant le problème identitaire, que le risque de division accrue provient: l'Allemagne a drainé plus qu'elle n'a donné, sans recours pour les autres, et se comporte, en ces temps de peurs, comme les autres acteurs nationaux, de façon égoïste (et l'un de ses graves traumas collectifs, avec les peurs particulières qui vont avec et les réactions irrationnelles et exagérées qui suivent, c'est leur fixette démesurée sur l'inflation, la rigueur budgétaire absolutiste....). Mais quand on entend être leader, il faut donner à mesure qu'on prend. Cependant le résultat palpable aujourd'hui de ce que l'euro a opéré, c'est la dissolution croissante du duopole franco-allemand: sans monnaies différentes, il n'y a plus de rééquilibrage/réajustement économique possible comme auparavant. Au temps des monnaies nationales, une France en perte de vitesse commerciale momentanée par rapport à l'Allemagne voyait sa monnaie se déprécier, voire pouvait aller jusqu'à une dévaluation plus ou moins avouée, et rétablir la balance puis reprendre l'avantage momentanément, et sur la longue durée, l'un restait le premier partenaire de l'autre, et ce loin devant tout autre partenaire, et le couple était une réalité, pas forcément absolument dominante, pas forcément facile, pas forcément reconnue à tout instant, mais une réalité de fait. Le fait de l'euro a brisé ce mécanisme, et on voit le comportement diplomatique et commercial de l'Allemagne réagir à cette réalité (par rapport à son voisinage, à la Russie, à la Chine). -
L’Homme et son arme : brève histoire des technologies de l’armement
Tancrède a répondu à un(e) sujet de Rochambeau dans Histoire militaire
Moi je dis le fruit aiguisé :lol:! Comme dans Blackadder! Ca existe encore ce truc? J'avais vu aussi l'émission de Lee R Emey (l'acteur qui joue le sergent instructeur dans Full Metal Jacket) sur l'histoire des armements: pareil, ils étaient persuadés d'expliquer la victoire de telle ou telle armée, de telle ou telle civilisation, par une arme, et y'avait notamment ce truc du gladius.... Et des énormités encore pires sur l'arbalète qui aurait gagné la guerre de Cent Ans à la France :lol: face au longbow avec ses archers trop longs et chers à former, trop peu nombreux. Beaucoup, vraiment beaucoup de n'importe quoi, même sur les armes modernes du XXème siècle où ils se persuadent qu'expliquer par une ou deux armes individuelles permet de comprendre le tableau d'une guerre et du pourquoi de son déroulement. A quel égard, qu'apporte t-il selon toi? -
L’Homme et son arme : brève histoire des technologies de l’armement
Tancrède a répondu à un(e) sujet de Rochambeau dans Histoire militaire
Euh, quelques énormités (l'étrier présent pendant la période des grandes invasions/migrations? Le Mur d'Hadrien pour empêcher les invasions du Nord?) et une propension à regarder par le petit angle: regarder l'histoire militaire par celle de l'armement est parfaitement légitime si on ne se laisse pas dominer par celui-ci comme un prisme dominant, voire un prisme dont la dymanique est externe, genre un truc est inventé et ça révolutionne l'art militaire: la plupart des progrès dans ce domaine viendraient plutôt d'une dynamique interne aux forces: comment inventer un truc qui permet ci, ou qui économiserait ça, avec une progression incrémentale qu'on peut difficilement documenter, le regard rétrospectif et la rareté des sources jusque récemment ne nous faisant que trop voir les changements majeurs. Non le petit prisme ici est celui de regarder arme par arme, système d'arme par système d'arme: regarder le gladius romain séparément du pilum, du scutum (le bouclier, particulièrement le grand bouclier ovale ou celui en tuile) et du pugio (le poignard) -sans même évoquer les armes "de réserve" du légionnaire, comme la hasta (lance d'arrêt) ou la lance articulée-, c'est complètement fausser la vision de la chose, car l'armement d'un soldat type est un équilibre, un compromis d'un moment donné. Et qui plus est un compromis individuel qui doit se combiner avec d'autres compromis individuels (les autres types de soldats dans la même armée), et chacun de ces "systèmes d'armes" de base s'insère dans une organisation particulière (échelon supérieur: les sous unités essentielles et unités tactiques de base) qui elle-même s'inscrit dans le cadre d'un dispositif de bataille et de campagne (les unités de manoeuvre, les pions tactico-opératifs), qui eux-mêmes correspondent à une organisation militaire de théâtre et d'un Etat, qui eux-mêmes correspondent à une vision et une pensée politique, une organisation socio-économique.... Et par là seulement on trouve la réponse à l'efficacité ou non d'un outil militaire. Mais même en se cantonnant au strict prisme de l'armement, les points évoqués ici s'arrêtent trop à la vision d'une arme en particulier. Autre exemple avec la sarisse: une armée de type macédonien-grec tardif ne vaut pas un pet de lapin si elle n'aligne que de la phalange ou presque que de la phalange. Alexandre a fait ce qu'il a fait avec une armée où la phalange à sarisse ne pesait que 30% des effectifs des armées de campagne/bataille, ça devrait faire réfléchir à la pertinence d'une analyse fondée sur la sarisse, qui décrèterait la force ou la faiblesse d'une telle armée à l'aune de ce seul armement. Encore un truc analogue avec l'armée romaine vs un adversaire monté/mobile: l'histoire montre que Rome constituait des armées plus mobiles en orient, mais aussi que des armées romaines à pied bien commandées n'ont jamais, ni en campagnes défensives ni en offensives, eu de problèmes à aller chercher et emporter le combat. Là, l'explication par le système d'arme ne tient pas du tout (et encore moins celle par une arme en particulier). Quand à l'étrier, je vois pas en quoi il a offert une "plate-forme" plus stable ajoutant à la mobilité stratégique et faisant "dicter l'agenda": il offre un avantage dans la capacité de choc (en fait pas l'étrier en lui-même, mais le fait de harnacher un cheval pour répartir la force d'impact dans le duo cheval-cavalier en entier), mais cette capacité n'en existait pas moins avant (les selles d'arçons massives qui faisaient la force des cavaleries lourdes romaines et perses, et surtout des cataphractaires). -
[Belgique]
Tancrède a répondu à un(e) sujet de Jojo67 dans Politique etrangère / Relations internationales
Un "service des affaires flamandes".... Ca a des relents de "ministère de la vérité"; à quand le "bureau de la pureté raciale"? -
Qatar sur la scène internationale.
Tancrède a répondu à un(e) sujet de Joab dans Politique etrangère / Relations internationales
C'est sans doute pour ça qu'ils ont acheté la France: une base arrière pour s'y réfugier si les choses tournent mal :lol:. -
quel avenir pour la FRANCE.
Tancrède a répondu à un(e) sujet de P4 dans Politique etrangère / Relations internationales
Déjà sa première erreur est de parler de "LA relance" en général, comme un objet abstrait et général: la relance, ce peut être n'importe quoi fait par un Etat pour agir comme levier sur l'économie. En parler en général, pour la placer au pinacle ou la contester, c'est tout simplement passer à côté de l'objet. Le fait d'en parler en économie ouverte et de placer le libre-échangisme sans restreinte comme point contestable est évidemment un sujet qui devrait cesser d'être illégitime, mais une politique de levier (terme préférable à "relance") peut recouvrir mille formes et principes, et être parfaitement efficace, qu'il s'agisse d'agir comme levier direct de demande (l'Etat comme client) ou levier indirect (booster la demande des individus et des entreprises, par divers moyens), ou encore par action plus détournée (comme le fait, si on le décidait par exemple, d'imposer des boucles courtes dans l'approvisionnement en produits alimentaires, ou d'opter pour une politique de préférence nationale, voire locale, pour des contrats publics en deçà d'un certain montant: certains de ces moyens entrent directement dans la définition d'une évolution de la politique commerciale). Le premier levier, celui de l'investissement de l'Etat, peut être articulé de mille manières aussi, cibler différentes choses, être bien ou mal fait. Mais des intellos abstractionnistes parleront toujours de "la relance" en général, disant "ça marche ou ça marche pas" en général, soit du non débat et de la pure connerie à 100%. Il s'agit d'investissements, de choix des secteurs à favoriser, du type de soutien à accorder.... Mais côté Todd, quand on voit un type (pas économiste lui-même et qui a dit beaucoup de conneries sur l'économie aussi bien que sur les relations internationales et -sujet AD type- la guerre) qui en est réduit à décréter que Krugman ou Stiglitz sont des "tocards" (sans autre forme d'argument ou de procès en plus) pour décréter, asséner ses "vérités", on se dit qu'il manque quelque chose. -
quel avenir pour la FRANCE.
Tancrède a répondu à un(e) sujet de P4 dans Politique etrangère / Relations internationales
A un intello bancal en répond un autre au moins aussi idéologue et borné sortant autant d'énormités, citant en plus Ayn Rand :Pen fin de texte: dans le genre débat au ras des pâquerettes, la scène publique est au top ces temps-ci. -
MacArthur : pourquoi une telle popularité ?
Tancrède a répondu à un(e) sujet de Rob1 dans Histoire militaire
4 raisons que je peux voir à la louche: - il avait un "style" et un look: la pipe, le côté indépendant, la délicatesse d'un bulldozer, les phrases à l'emporte pièce et les bons mots - la grande gueule - un petit culture de la personnalité bien orchestré et/ou entretenu - il a gagné :lol: -
C'était plus partagé avant, surtout chez les officiers avec la culture américaine assez élitiste/aristocratique, la fusion de fait des élites assez indifféremment de l'appartenance politique (dans des cercles décisionnels où la gouvernance se décidait non seulement au centre, mais par principe en produisant des textes en grande partie bipartisans et limitant les amendements de tels ou tels, à l'inverse d'aujourd'hui où le Congrès produit des textes partisans avec une infinité d'amendements, aménagements, exceptions.... Résultant de milliers de faux compromis pourris où chacun a son petit quelque chose et où rien n'est réellement fait), la tradition militaire du vieux sud aux élites profondément démocrates.... Et la faible importance des forces armées permanentes dans la société jusqu'aux guerres mondiales (qui limite l'impact de ces appartenances): ça devient une question surtout après 45, mais le partage est encore équilibré même si on voit graduellement, et avant tout par les cercles dits du "complexe militaro-industriel" et des milieux pétroliers (avec les "faucons" de la droite), s'affirmer graduellement un certain clientélisme de droite dont Nixon est emblématique, même si la guerre froide, les budgets élevés, la faible influence de la religion organisée dans la politique.... Tempèrent encore la donne. La rupture commence réellement avec le Vietnam et l'ancrage générationnel (chez les officiers) dans une certaine technocratie militaire qui va influencer les forces par le haut. C'est aussi la première période de grande transition des officiers de carrière dans une immense armée permanente, la première fois que l'Amérique a une armée énorme qui n'est pas réduite après sa période de nécessité (la guerre mondiale), soit la première période d'existence durable d'une vaste organisation militaire permanente d'une telle échelle (avant, la culture militaire américaine est un microcosme largement dominé par les appartenances politiques et surtout familiales, géographiques, économiques, mondaines....). Là, on a un milieu militaire permanent, un monde en soi, qui entame sa première reproduction en vase clos en tant qu'entité culturelle en soi, et dans un contexte vraiment particulier, la guerre froide d'un côté et les trentes glorieuses de l'autre (individualisation, abondance économique, révolutions culturelles et sociales....). Ajoutes-y les fautes du Vietnam (le traumatisme d'ego qui va avec pour les chefs militaires) et la bouc-émissarisation de la société civile, du "politique de Washington" et de la "contre culture" (ces "hippies qui ont fait perdre la guerre") par une caste militaire qui refuse d'admettre ses conneries, et tu as un ancrage culturel de l'institution qui va croissant (et les cultures d'institutions, surtout celles des armées, ont une tendance à l'inertie lente et longue). C'est aussi un des à côtés de la culture de masse et du populisme croissant de la politique américaine qui accompagne de tels phénomènes,sans arrêt accrus par les logiques médiatiques et politiques polarisantes à l'oeuvre dans la société étasunienne, qui enferment dans de telles logiques culturelles, aux dépends de la longue tradition des élites américaines telles qu'elles existaient jusqu'aux années 60-70.
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Au moment où ça sort, ça peut devenir un truc énorme ou rien du tout (ou entre les deux), suivant l'exploitation qui en est faite, ou si la sauce prend ou pas. Là, après quelques jours, ça n'a pas eu au final un écho gigantesque: un peu dans le Massachussets (Etat de Romney et du soldat en question, où la mère du dit soldat a pu publier son communiqué), un petit peu dans les médias nationaux, et pas beaucoup plus. Ca ressortira peut-être avant l'élection, on sait jamais, mais pour l'instant c'est douteux, à moins que Romney recommence à rebalancer l'histoire à tout va (ce qu'après le communiqué de la maman, il a mis en veilleuse). Il y a d'autres préoccupations et une actualité électorale qui avale vite ce qui n'explose pas directement à la une de tous les médias: vois le cas des "47%" et autres joyeusetés sorties par Romney dans la vidéo-surprise.... Ca a été mainstreamé puis banalisé/déclassé/accepté en moins de 2 semaines. Oui, l'armée est encore structurellement à droite en terme de prévisions électorales et de culture, quoiqu'évidemment il faille différencier la chose selon les grades, les armes.... Mais généralement, c'est, à l'inverse de la société civile, un milieu où plus le niveau d'éducation et de paie est élevé, plus le vote tend à être conservateur, pour des raisons culturelles (les écoles d'officiers ont souvent un ancrage culturel marqué qui se reproduit), pour des raisons d'origine des candidats (généralement, il y a une proportion plus élevée de gens issus de familles conservatrices et de familles de militaires dans l'armée), pour des raisons budgétaires (on prévoit généralement de meilleurs budgets dans les administrations républicaines) mais aussi pour des raisons moins matérielles/rationnelles, comme cette "impression" (injustifiée dans les faits, et encore moins dans la décennie écoulée) que "républicains = meilleurs dans les questions de défense et sécurité", ou la culture de milieux conservateurs "durs", là aussi chez les hommes du rang, étant donné la disproportion des origines géographiques des soldats, le Sud étant proportionnellement un plus grand fournisseur que le nord (Etats souvent plus pauvres, avec de grandes zones désoeuvrées, culturellement plus conservateurs voire ancrés à l'extrême droite). Pour un public plus sensible sur ces questions, ça pèse plus. Mais plus on va vers les hommes du rang, moins le vote républicain est dominant quand même. La différence de vision gauche-droite n'est pas la même qu'en France, mais ça ne veut pas dire qu'il n'y a pas non plus des points communs. Cependant, il y a des thèmes, des façons de voir, d'organiser les communautés.... Qui sont parfois plus proches entre certains pans de la gauche française et certains pans de la droite américaine (et pareil pour l'autre côté), de même qu'il y a des thèmes importants chez eux qui sont absents ou quasi absents chez nous (et inversement): les histoires politiques et situations sont trop différentes pour dire "leur gauche, c'est notre droite". Surtout quand tu penses historiquement: le parti républicain tel qu'il s'est fondé et a évolué au XIXème siècle (et jusqu'aux années 70) est d'une tradition qu'on peut à beaucoup d'égards comparer au jacobinisme républicain français (de gauche en grande partie), avec une forte dimension progressiste (les républicains d'aujourd'hui aiment dire que Lincoln était républicain, mais n'aiment pas dire ce qu'il a fait :lol:, de même qu'ils aiment évoquer Alexander Hamilton ou John Adams, mais éviter de détailler leur pensée) et pas très religieuse. Qu'on pense à Nixon et à son "nous sommes tous keynésiens" :lol:, ou à l'insistance de Eisenhower sur la social security et la couverture santé universelle, ou encore au rôle crucial de Théodore Roosevelt dans la fédéralisation et la centralisation de bien des fonctions, la régulation industrielle et bancaire, le contrôle monétaire. Historiquement, les républicains sont les fédéralistes et les démocrates ceux qui préfèrent garder Washington loin de chez eux. Il y a eu une grande bascule dans les années 80 qui se voit notamment avec le changement des bases électorales de référence (notamment le passage du vieux sud démocrate dans le giron républicain), qui accompagne la polarisation médiatique et politique du débat.
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Où on voit sous un autre angle que une fois encore, les outils et le niveau technologique peuvent être les mêmes, les organisations, structures et hiérarchies peuvent se ressembler.... Mais c'est la culture de fonctionnement, les modes d'interactions/relations et la mentalité collective et individuelle qui font l'essentiel.
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Et c'est encore un euphémisme puisqu'il s'agit d'une proportion: l'explosion de la fraude fiscale et des exemptions de tous types (les niches fiscales diverses et variées, dont l'importance est pire que chez nous) a démesurément accru le décalage en montants réels et le poids de l'imposition sur les individus, essentiellement ceux de la classe moyenne, surtout si on la met en parallèle avec la stagnation ou la régression constante du revenu réel pour toutes les tranches d'imposition sauf les 2 ou 3 plus élevées. Le transfert de richesse du bas et du milieu vers le haut a été véritablement massif, un game changer de proportion cataclysmique pour la scène politique américaine, compensé en apparence: - par la faible visibilité/sensibilité immédiate de la baisse des investissements et dépenses publiques majeures: le pourrissement des infrastructures et les résultats de l'éducation, par exemple, sont des choses qui ne se voient vraiment et ne sont réellement puissamment sensibles à l'échelle du pays qu'après des années, voire des décennies, surtout si à l'autre bout de la chaîne, l'écho médiatique est amorti par des médias plus orientés par divers intérêts - par la facilitation de l'endettement individuel massif - par la croissance en partie "fausse" (cad financière) dont l'impact réel fut surtout sensible au niveau de l'extension susmentionnée de la capacité d'endettement. Il est à noter sur ce chapitre que la croissance dont Bush fils a bénéficié n'aurait pas permis ce genre d'évolution s'il n'y avait pas eu avant la politique budgétaire et économique de Clinton qui avait recadré certains fondamentaux après les problèmes créés par Reagan - par l'endettement public massif systématique dans les années reagan et Bush Jr - l'idéologisation d'une partie de l'électorat et le détournement des sujets de "priorité" (exemple archétypique: la peur instituée en système de gouvernance politique après le 11 septembre) influencé par divers facteurs, qui a éloigné des portions significatives de votants de leur intérêt économique. On voit l'inverse avant avec les années Clinton qui sont les années où les USA n'avaient pas de "grand méchant" convaincant pour servir de paravent politique. - par l'effet générationnel dans certains domaines cruciaux électoralement, à commencer par l'assurance santé et la "social security" (système public de retraite et chômage) ou le planning familial: là encore, c'est un cas d'insensibilité dans l'immédiat de la majorité de l'électorat, mais il est plus particulier. Le démantèlement progressif de la couverture santé a été relativement de peu d'effet électoralement pendant longtemps, ne pesant pas sur suffisamment de monde au même moment et dans des proportions suffisamment alarmantes par rapport à d'autres sujets. Actuellement, le système de santé en est à un point où il ne reste réellement dans le Medicare que le strict essentiel, ce qui a remis l'importance du sujet au sommet des priorités (particulièrement chez les jeunes -ceux qui se croient pourtant immortels et immunisés contre les maladies- et les retraités).
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Non, ce n'est pas la même chose ou le même degré pour certains comportements et tendances réellement alarmants: comparer dans ce domaine France et USA (et en fait surtout le "nouveau" parti républicain tel qu'il fonctionne en ce moment), c'est comparer du petit artisanat à de la grande industrie, des amateurs pratiquant occasionnellement à des professionnels de haut niveau. Faut se renseigner sur la campagne américaine avant d'en parler. Ca n'est vrai que quand tu passes un certain seuil d'imposition réellement très élevée. Si tu parlais à de vrais patrons et investisseurs, tu apprendrais que ceux qui se plaignent de l'imposition sont généralement de mauvais chefs d'entreprises, les vrais ne prenant pas en compte l'impôt comme un facteur pesant réellement sur une décision. Ce raisonnement du "impôt moins élevé = de l'embauche" est un slogan débile et infondé sorti sous l'ère reagancomme arme de propagande, qui n'a jamais été vérifié dans les faits, et certainement pas comme une règle économique valable: aux USA, ça n'a pas été le cas sous Bush pendant 8 ans, et le public américain commence à être plus sensible à cette réalité. La stabilité règlementaire et légale, une relative stabilité des impôts et taxes, la stabilité des facteurs "environnement des affaires", sont les facteurs qui comptent réellement parce qu'ils donnent de la visibilité (et dont on manque en France par exemple). Si le facteur "montant des impôts" était si vrai, la Suède n'aurait par exemple plus d'économie depuis un demi-siècle au moins. A ce niveau, oui. Et dans un pays comme celui-là, les conséquences en sont nettement plus dramatiques que dans un petit pays. T'as déjà regardé FoxNews? Tu as déjà vu les rédactions des Networks émettre des regrets pour leur "enthousiasme" aveugle au moment de la guerre d'Irak (entre autres? Si la plupart de ces dernières ont légèrement baissé de quelques tons, elles souffrent des mêmes maux. C'est justement l'évolution en cours, qui est à mettre en parallèle avec des tendances plus subtiles aux effets massifs: définition de l'agenda de l'actualité (quelles infos sont traitées ou non, lesquelles sont plus développées), alignement sur le sensationalisme et l'info-spectacle, asservissement du ton et des angles d'attaque journalistiques aux grands intérêts économiques dans un marché beaucoup trop concentré (pour les amoureux des "libertés" du vrai libéralisme, toute concentration sur un marché tue aussi bien les libertés économiques que les politiques), thèmes des news cycles définis par l'extrême droite (pas par les extrêmes puisqu'ils "souffrent" de l'absence d'une extrême gauche représentée médiatiquement), affaiblissement du poids des faits dans le débat public, faux sens de "l'équilibre à tout prix" dans le débat (exemple type avec la théorie de l'évolution, mais on caricature plus facilement l'idée avec le thème de la forme de la terre: introduis un projet de loi la définissant et automatiquement, un bord politique dit qu'elle est plate pour ne pas être d'accord avec l'autre, et à l'arrivée, parlement et médias sont incapables de décider de la forme de la Terre.... C'est arrivé à ce degré aux USA pour le parti républicain qui est littéralement à ce niveau d'opposition).... Ajoutes-y la sphère des instituts de "recherche" (en matière économique, politique et sociale) de tous types et autres organisations occupant la scène médiatique/informative, qui sont pour l'essentiel la partie grand public du lobbying, et le tableau se complète: il y a eu un afflux massif d'argent (vraiment MASSIF) en provenance pour l'essentiel d'un nombre très limité de grands acteurs économiques qui peuvent individuellement peser lourd dans le débat et le système médiatique, et essentiellement dans un sens (qui n'est pas démocrate, et pas non plus réellement républicain) sans réel contrepoids. L'impact de l'arrêt Citizens United (et le cas particulier de Citizens United ou du Cato Institute, par exemple, en tant qu'organisations) en est une des principales traductions pour les campagnes politiques. Il y a des tendances similaires en France et ailleurs, mais pas au même degré dans la plupart des cas, très loin de là (désolé, mais rien que pour les individus, on n'a pas l'équivalent de Michelle Bachmann, Paul Ryan, Jan Brewer.... Les Démocrates n'ont d'ailleurs pas d'équivalents de gauche de tels hurluberlus dangereux). L'Amérique est à cet égard le labo des démocraties avec plusieurs années d'avance. On ne peut pas se contenter de regarder le principe d'une tendance ou d'un problème et dire que c'est la même chose partout: il faut voir à quel degré ce principe est poussé; toutes les études politiques indiquent que les USA n'ont jamais été si polarisés et divisés, autant dans leur population que dans leur classe politique. Quelque chose a radicalement changé dans leur réalité politique et dans leur population ces 30 dernières années. Avec seulement 2 années où il a eu une majorité ( et une situation très difficile avec peu de marges de manoeuvre), il a quand même: - Enrayé la crise économique (notamment en gardant un système financier, aussi profondément vicié soit-il) et amorcé, dans la mesure du possible, un début de reprise (voir la polémique inventée la semaine dernière par la campagne de Romney sur les chiffres du chômage qu'ils n'aiment pas) - fait passer une réforme du système de santé massive, même si loin des besoins réels - lancé une politique d'infrastructures publiques attendue depuis une vingtaine d'années (voire l'état des infrastructures américaines) - sorti les USA d'Irak et amorcé le retrait d'Afghanistan - buté Ben Laden (sorti des priorités par Bush quelques mois après le 11 septembre): peut-être pas grand-chose pour nous, et on peut diminuer autant qu'on veut l'importance géopolitique réelle du fait, mais pour la mentalité américaine, ce fut d'une grande conséquence Et la question n'est pas "l'espoir Obama" (il n'est ni parfait ni la réincarnation du Messie, personne n'a prétendu le contraire): c'est un candidat "normal" dans le système politique américain. Le vrai truc, c'est le cortège de tarés en face (imposé par des franges extrêmes financées par certains intérêts économiques dont la capacité de nuisance et les fonds mis en jeu n'ont pas de contrepoids), qui a d'ailleurs pour impact principal d'avoir pris en otage les vrais républicains dans leur propre parti. L'offre politique en est complètement détruite dans les faits, surtout pour une Amérique ou "gouverner" a toujours signifié un phénomène "bipartisan", cad ce sont les modérés des 2 camps qui faisaient le vrai boulot. Beaucoup de symptômes rien qu'au Parlement le montrent: les élus des 2 camps ne se connaissent plus socialement et ne se fréquentent plus, les lois ont pris un poids hallucinant par le nombre d'amendements et ajouts (en dénaturant beaucoup et créant des exceptions pour tout), les délais de vote se sont rallongés, le parasitage parlementaire a explosé (chose que l'élitisme américain avait pour tradition d'éviter), la pratique du "philibuster", en particulier, est devenue courante (alors qu'elle était exceptionnelle et évitée jusqu'ici).... Il ne t'a pas échappé qu'il n'est PAS européen et n'est pas là pour servir les intérêts de l'Europe :lol:? Impossible de faire une traduction pareille: les fondements politiques ne sont simplement pas les mêmes. Par certains côtés (avant tout économique), les Démocrates ont viré au centre droit par suivisme de l'évolution forcée du débat politique américain (vers la droite, tirée par les extrêmes droites bruyantes), mais on ne peut globalement faire de l'équivalence de cette manière, et les vrais républicains "mainstream" ont été forcés de suivre cette évolution (ils en sont atterrés) en taisant leur agenda et leur raison, l'exemple iconique de la chose étant John McCain qui a du se dire soudain religieux et suivre l'agenda des tarés et des grands intérêts, lui qui était par tradition pro école publique et agnostique, sinon athée (et considéré pourtant jusque récemment comme un "faucon" et non un modéré). Il y a eu une OPA de fait sur le parti républicain qui l'a moins poussé vers un "extrêmisme" général (même chose qu'avant, en "plus") que changé de fait la nature de ses modes d'actions, de son discours public et de ses priorités, sans qu'il soit même pourtant avéré que la majorité des membres et électeurs soient d'accord avec les divers groupes de tarés qui ont pris les rênes; ça aurait pu arriver aux démocrates de la même manière. Si on y ajoute la perversion du système politique américain avant tout par ce qu'on appelle le lobbying mais qui doit être plus largement replacé dans le contexte général du poids et de la latitude d'action décuplée des "special interest groups", le tableau se complète. Ceci dit, il y a aussi un problème analogue à gauche: les républicains "mainstream" et "liberals" n'ont plus de parti qui les représente de fait (piraté par les néocons, religieux, le Tea Party, les libertariens extrêmes), mais ne peuvent voter ailleurs, et les "liberals", "greens" et "social oriented" n'ont pas de parti significatif du tout et votent par dépit pour les démocrates qui se sont éloignés d'eux. Etablir un parti qui pèse aux USA est quasiment impossible vu la taille du pays, le verrouillage de fait du système et les fonds nécessaires. Mais la chose pourrait redevenir possible si le parti républicain s'oriente vers une scission de fait et si les démocrates restent sur leur orientation centriste, sur fond d'une économie structurellement destructrice de la classe moyenne: il y aura trop de sous-représentation. La difficulté de convertir les protestations en parti ou en capital politique, et la déformation du débat public retardent l'échéance et l'éviteront peut-être, mais ce sont des réalités qui finiront par rattrapper d'une manière ou d'une autre vu que le vrai centre de tout débat public, ce sont toujours les faits (qui comme chacun sait sont têtus). L'armée tend traditionnellement plus vers la droite.... Et ce truc n'a pas eu une couverture médiatique si énorme; l'anecdote a été vite avalée dans le flot d'information des campagnes et de l'actualité, les démocrates n'ayant apparemment pas choisi de matraquer sur ce fait. Dans les News Cycles, à moins d'un revival lancé par la campagne Obama, le fait est déjà oublié.
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Waterloo, victoire française ! Vraiment ?
Tancrède a répondu à un(e) sujet de Suchet dans Histoire militaire
Le problème pour l'artillerie était certes le déploiement sur sol boueux, mais surtout l'impact des boulets et obus sur le sol: sur un sol boueux, les canons perdent une bonne partie de leur efficacité. Le côté décisif de la présence prussienne n'a pas été l'artillerie, mais simplement le fait qu'ils soient là et occupent une partie de l'attention française sur la droite dans un premier temps, puis surtout imposent un drainage énorme des réserves françaises sur l'aile droite, qui ont placé Napoléon dans une grave infériorité numérique face aux Anglo-Alliés alors qu'il était à l'attaque (et dans ces guerres, l'attaque réclame plus de monde vu qu'elle prend plus de pertes) d'une position concentrée et en partie abritée (et que pourtant il gagnait). Côté prussien, l'avantage a été de pouvoir amener un flot sans cesse croissant d'infanterie face à l'aile droite française en infériorité numérique constamment aggravée, et sans artillerie ou presque (l'artillerie était concentrée dans la grande batterie et autour d'Hougoumont pour l'essentiel, avec une petite réserve destinée à la colline du Mt St Jean, celle qui commencera à pulvériser les carrés anglais en fin d'après-midi). On peut effectivement argumenter que si Napoléon avait pu commencer en milieu de matinée, il aurait pu passer, surtout (si le plan avait été le même) si l'offensive d'Herlon, la première de la bataille, avait réussi (le fait qu'elle ait foiré a été un vrai coup de bol pour Wellington vu le rocambolesque enchaînement de micro-événements à l'avant de l'offensive). -
Il faut se prémunir contre tout, mais les moyens sont limités de toute façon (et particulièrement en ce moment) et il faut donc prioriser en fonction de ce qui est le plus probable, le plus visible. Et tant que la donne nucléaire demeure, l'agression en métropole relève de la science fiction, et encore plus dès qu'on la croise avec l'état de la géopolitique du continent et de sa banlieue immédiate: la Russie actuelle ne peut pas envahir l'Europe, elle n'a pas le quart des moyens nécessaires et ne peut laisser ses autres frontières faibles. Quand son processus de réforme militaire sera bien en cours, à supposer qu'il fonctionne bien pour l'essentiel, elle les aura encore moins. Le scénario post-euro, pour l'instant une anticipation extrême venue des milieux financiers pour profiter de l'effet rumeur ou pour se faire peur, laissera des pays d'Europe qui aura bien d'autres problèmes à gérer et vraiment pas de moyens pour équiper des armées de conquête de leurs voisins. Et dans un tel contexte science-fictionnel, c'est pas une AdT à 5 ou 6 brigades qui pèserait bien lourd si un grand méchant venait frapper à la porte. Quand à une AdT de conscription pour la défense territoriale, elle ne vaut même pas l'investissement financier pour le niveau d'utilité (approximativement zéro) probable pour les décennies à venir. En revanche, laisser les intérêts plus lointains sans levier d'action, c'est un sûr moyen de perdre des marchés, de perdre du poids dans les négociations économiques, et à l'arrivée, de voir le PIB lentement se réduire jusqu'à ce que le pays ne soit plus qu'un petit machin reposant sur son économie interne seule et un commerce modéré avec ses voisins immédiats, ou une pure colonie américaine (vu que les ricains se gêneraient pas pour faire payer le coût de la sécurisation des axes commerciaux mondiaux de bien des manières, bien plus qu'aujourd'hui).
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Outre le cas très débattable de ce qu'est devenu Tsahal, de son lien armée nation et du mauvais fonctionnement de la conscription, à quoi servirait une telle armée? Les frontières ne sont pas en danger, et certainement pas par une armée massive ou pour une guerre de masse. Le "modèle" anglo-saxon est de fait aussi celui de la France qui, comme le reste de l'Europe, au moins occidentale, est désormais une "île" géopolitique dont les intérêts et zones de préoccupation sont au loin, pas sur les frontières.
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La première est pour moi inutile pour ce qui concerne la métropole: celle que tu évacues, la défense des intérêts à l'étranger, est selon moi la seule qui compte vraiment et celle pour laquelle tout ce qui peut être fait doit être fait. Elle inclue d'ailleurs tes 2e et 3e missions. Et c'est précisément l'ordre de priorités qui, au-delà de la dissuasion (à ramener à la seule composante sous-marine et une capacité aérienne mineure et secondaire -ce qui est embarqué sur le CdG-, suivant son coût), plaide en faveur d'un changement vers une organisation type "corps de marines" et un nombre très réduit de grandes bases terrestres en métropole, avec un fort taux de prépositionnement/présence outre mer, dans les bases disponibles. Je ne vois pas la grande utilité d'une "composante blindée" lourde, étant donné qu'on n'aura pas la masse de manoeuvre utile dans la plupart des cas, que c'est trop cher à l'entretien, et qu'on peut suivre l'exemple de l'USMC en limitant la chose à des escadrons/pelotons de chars d'appui en nombre réduit.
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Israël et voisinage.
Tancrède a répondu à un(e) sujet de loki dans Politique etrangère / Relations internationales
A ton avis, le fait qu'ils n'aient tué personne, ou blessé gravement personne, révèle leur professionnalisme (c'est plus dur de prendre ce risque plutôt que de tuer) ou la possible complicité des gardes eux-mêmes? L'opération a t-elle été rapide ou non (genre ils savaient exactement où aller choper leur butin)? La complicité interne semble évidente dans ces cas, quoique de la complicité forcée puisse aussi être fréquente, ou encore le fait que certains des voleurs soient des soldats récemment démobilisés et connaissant la base. Mais j'avoue qu'outre la réponse technologique, le truc que je trouve vraiment hallucinant est la solitude du garde assailli le premier et/ou le fait qu'il n'ait pu les voir venir: soit la base est dans une zone urbaine ou collée à elle, auquel cas il faut plusieurs gardes au même endroit pour éviter la surprise, soit elle a un champ de vision dégagé et on peut se demander comment ils ont pu faire pour venir à l'insu d'un garde (incompétent? Endormi? Trop longues heures de surveillance?), mais y'a pas de "juste milieu" entre ces options. C'est hallucinant que dans une armée de conscription, surtout une comme Tsahal qui n'a pas beaucoup d'unités d'actives (donc beaucoup de main d'oeuvre inemployée), on ne puisse pas s'offrir le "luxe pas cher" d'utiliser de la main d'oeuvre plutôt que de surenchérir constamment avec du matos et des programmes hors de prix: la formation ne coûte pas cher et permet de disposer rapidement de systèmes de surveillance "humain 1.1" en grand nombre. Je veux bien qu'il y ait beaucoup de corruption, surtout dans les interconnexions entre le politique et les milieux industriels de la défense et de la sécurité en général, mais y'a pas plus de sonnettes d'alarmes que ça chez les politiques et dans les médias? Parce que là, c'est un petit truc, mais si des petits trucs comme ça arrivent, ça veut dire qu'il y en a de bien plus grands (je parle pas de vols mais des attributions de contrats) qui passent comme des lettres à la poste?