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Tancrède

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Tout ce qui a été posté par Tancrède

  1. Désolé Serge, mais là tu parles d'un secteur que tu ne connais pas du tout, ce qui te conduis à méprise facilement la difficulté des métiers de cette filière, de la production à la distribution en passant par tous les métiers techniques de la fabrication d'un film proprement dite (non tu ne peux pas prendre ta caméra et faire un film; même les ratages exigent à la base une compétence que tu n'as pas). Les ricains n'ont pas un ministère de la culture, déjà, mais ils ont une position acquise (taille des industries au jour d'aujourd'hui....), un statut qui vend le point de vue/le "made in america" dans le monde depuis 70-80 piges (qui a été entre autres acquis par subvention du DoD :lol: avec sa grande campagne de pub de 1941 à 1945 :lol:) et a forgé les esprits.... Et plus encore un marché domestique audiovisuel de 250-275 millions de clients parmi les plus solvables de la planète et de 120 millions de télés (et les ricains regardent plus la télé que les français et vont plus au cinoche, ce qui accroît encore le différentiel de taille des 2 marchés). Et tant qu'à faire, ajoutes-y aussi le marché canadien qui est pour ainsi dire confondu (y compris légalement par les accords de l'ALENA) avec le marché américain. Un film bénéficie par essence d'une industrie audiovisuelle qui elle se repose sur un marché ayant ce genre de taille: ça assure la fréquence, la permanence de l'occupation, le rôdage, la structuration et plus encore la capacité de financer la promotion des produits, souvent aujourd'hui équivalente au coût de la prod. L'effet de taille joue infiniment, comme dans la plupart des secteurs économiques, et le facteur promo est un multiplicateur de l'effet taille, tous deux des éléments qui faussent largement les "règles du jeu" (à supposer que la concurrence se fonde sur la "qualité") si on veut regarder cela comme un marché concurrentiel, surtout dans un secteur économique où, en moyenne, un produit, pardon un film, sur 7 ou 8 équilibre plus ou moins ses comptes et 1 sur 20 fait réellement du cash (qui fuele la machine). Le cinéma français rapporte, même plutôt beaucoup quand tu vois la croissance du secteur sur les 20 dernières années, sa structuration et ses financements; le problème est qu'il correspond à un marché de taille réduite, avec une industrie qui a des coûts fixes importants dans les faits (pour le variable, il est infiniment plus facile de trouver des financements pour un projet donné, mais la terre continue à tourner entre 2 projets), ce qu'on peut presque résumer aux faits d'avoir des infrastructures de studios et de maintenir les savoirs-faires entre 2 films.... Qui supposerait de maintenir des équipes de travail permanentes, ce qu'on a peu les moyens de faire: ça, c'est la Chine, l'Inde et les USA, et un tout petit peu la France et l'Angleterre. La taille et la quantité jouent par-dessus tout pour cela. Les systèmes de reversement sont des petits équilibreurs d'une concurrence carrément inégale, et ils fonctionnent bien, avant tout en remplissant l'office de faire tourner une machine du cinéma français à sa base: garantir qu'il y a de l'activité en nombre, des réalisateurs qui peuvent lancer leur premier film, employer du monde.... Après ce stade, les financements privés peuvent sélectionner dans le pool ainsi créé. Il y a du déchet et des mauvais films dedans? La belle affaire, c'est le but, et c'est plus sensible dans une industrie comme celle-là où il faut toujours produire 20 films pour avoir un seul truc qui marche (et encore). Il faut au moins 20 bouses et mottes de terre pour avoir un semblant de pépite, et le problème est que pour avoir une pépite, il faut avoir une industrie qui fonctionne en permanence, qui se rôde, apprend le métier, trouve ses marques, fait des erreurs.... Et ça coûte cher, avec une croissance des coûts constante depuis 20 ans pour seulement continuer à exister. Ce que tu ne vois pas du cinéma américain, c'est le nombre de films qui ne s'exportent PAS parce qu'ils sont nuls, et/ou qu'ils sont petits et sans promo, qu'ils ne fonctionnent pas sur leur marché domestique, qu'ils vont direct en DVD (où ils ne se vendent pas plus qu'en salles).... Bref, on ne voit pas le déchet américain, seulement les plus grandes machines et les énormes qui franchissent l'Atlantique avec une rentabilité déjà faite et un investissement marketing inégalable (et dire que la com, le marketing, la pub et les moyens de s'imposer aux réseaux de distribution sont neutres dans l'affaire, que seule la "qualité" compte, c'est ignorer la réalité de l'économie, surtout celle-là). Rien que pour les films "premium", ceux qui franchissent les barrières diverses aux USA et arrivent en salle en bénéficiant d'un effort relatif de promotion, les ricains en produisent autour de 800 par an, avec une valeur moyenne tournant autour de 20-30 millions de dollars en prod. Combien franchissent l'Atlantique? Une petite minorité. Mais en plus de ça, ils en produisent au moins autant qui n'arriveront pas en salle, encore plus qui resteront des maquettes.... Il y a aussi une "industrie" des studios ricains (avec beaucoup de petites ententes entre potes) qui repose sur le fait de lancer sans arrêt des projets dont beaucoup n'ont même pas l'ambition de devenir un film, mais qui font fonctionner les équipes en place, au travers de structures attachées autour d'un producteur avec l'entregens pour se faire entretenir par ces budgets. Seule une énorme industrie peut se permettre ça. Et les Ricains font aussi beaucoup de protectionnisme: restrictions terribles sur le doublage des films étrangers, équivalent des droits de douane pour des produits culturels, grande faiblesse des structures faisant du sous-titrage (parce que le public ricain n'aime pas la VO et a la flemme de lire les sous-titres), entrisme très maffieux des structures de distribution. Donc si je me tiens à ton raisonnement, la prod française doit faire surtout la vérité si je mens 3, 4, 5, 6.... Vu que ça, ça rapporte, et que si ça le fait, ce sont forcément d'excellents films. Subventionnons la Vérité si je mens (qui n'en a pas besoin).... Sauf que les films commerciaux français comme ça n'auraient jamais pu être tournés, même si les financements étaient trouvés pour les lancer, s'il n'existait pas une infrastructure et un réservoir de main d'oeuvre à la base, qui eux coûtent tout le temps, pas juste le temps d'un tournage. Pourquoi se concentrer et s'acharner sur les quelques millions de subventions qui représentent peanuts dans la production en France et ont un effet bénéfique global infiniment supérieur à la qualité des films produits qui représentent une petite partie de la prod en terme de nombres de films et une encore plus réduite en terme d'investissement par film, essentiellement parce qu'ils sont là pour faire en sorte qu'il y ait une industrie (en favorisant l'existence et le maintien de sa base, ce que le privé ne finance pas par lui-même)? Pour le reste, la production française se démerde très bien et fait du bénef et des succès à l'international: pour rappel, le Transporteur (devenu une franchise, avec 3 films et une série qui arrive) ou Taken, par exemple, c'est du made in France ;) même si les vedettes ne sont pas françaises. Arrête, on en a pris un coup sur ce plan: Europacorp (Besson quoi) va désormais s'éloigner des Anime après le flop maousse des Minimoys et quelques autres expériences. Va falloir trouver des producteurs étrangers pour l'animation française qui a eu tant de mal à se structurer en boîtes un peu solides.
  2. Pour le dernier point: c'est fait exprès depuis Malraux, précisément. C'est du protectionnisme. Pour le reste, j'ai rapidement évoqué plus haut le principe du système et les montants au global plutôt ridicules que cela représente. Et il ne s'agit pas, pour l'essentiel (sinon la quasi totalité), de "deniers publics", mais de mécanismes de reversement et d'orientation du fric du cinéma et de la production audiovisuelle. Enfin la "reconnaissance de la qualité": on arrive là dans le domaine du subjectif absolu. Qui décide de ce qu'est la qualité? Personnellement, Casablanca me fait profondément chier, mais on me martèle tous azimuths que c'est l'un des plus grands films de tous les temps. C'est facile de parler dans l'absolu des "mauvais" et des "bons" et d'énoncer de grands principes sur le fait qu'il faille un système favorisant les bons et éliminant les mauvais.... Comment on fait? Dans ce domaine comme dans tous les autres, il faut un arbitre, mais là, dans les domaines créatifs, l'expertise n'a aucune base scientifique ou mesurable. Donc qui décide? Cette question des subventions est une tempête dans un verre d'eau et rien de plus: montants réduits au global, qui ne viennent pas de la poche du contribuable, l'essentiel est aiguillé vers des premiers films, ceux qui en ont besoin et qui permettent, que les films soient mauvais ou bons, d'entretenir la machine d'une industrie du ciné, qui fait elle son chiffre en aval de ce stade, avec les réalisateurs confirmés -ceux qui se sont fait remarquer via cette première étape-, les gros projets.... Et pour l'arbitrage, quel que soit le "système" choisi, cela reviendra au final toujours à une bande de gars au CNC ou ailleurs qui débattra, jugera et décidera en fonction de goûts personnels et d'affinités, parce que pour juger un film, il n'y a pas d'autres critères que le ressenti, et pour juger un réalisateur, il n'y a rien d'autre que de l'appréciation personnelle ou non. Donc tout système d'allocation de subventions sera biaisé de ce fait. Et s'il fallait se fier au nombre d'entrées, on ne ferait qu'une chose: subventionner des films très commerciaux d'une gamme réduite de genres, qui sont la spécialité des studios professionnels qui justement financent très bien ça sans aide.... Et vu ce que sont les subventions publiques, ça ne servirait à rien vu les montants induits qui servent juste à faire démarrer un projet et à payer les premières bobines ou la première caméra.... Les subventions à la production sont là pour l'essentiel pour les premiers films, et lancer des réalisateurs. Les réalisateurs qui touchent régulièrement l'avance sur recette se comptent sur les doigts d'une main et ne changent pas vraiment les montants disponibles, même s'ils sont eux partie d'une micro-maffia souvent détestable (on parle, tous ces mecs cumulés, d'un maxi de 2-3 millions d'euros par an pour un "pactole" de l'ASR d'environs 25-30 millions/an): choquant dans le principe (certains réalisateurs notoires mais aux films peu diffusés ayant constitué d'honnêtes petites fortunes en économisant sur tout, récoltant tous les soutiens possibles et gardant la différence), mais franchement pas une orientation majeure des subventions. Beaucoup de blabla et de racontars, mais la réalité est très différente.
  3. Vu les 2 flops, la rentabilité est hors de question :P.... C'est pas le DVD et la télé qui compenseront ce genre de rendement, de très très loin. Et aucune subvention publique en France n'arrive au quart de ce qui serait nécessaire pour ne serait-ce qu'équilibrer de tels comptes.
  4. Ah? Il a fait un flop monumental côté nombre d'entrées.... Combien a fait le film de Kassovitz? Comme Berzerker: c'est quoi le critère de "qualité" du film? Comment définir un critère à la fois pertinent ET qui soit corrélé solidement avec un moyen de récolter du fric? Autre chose: il n'y a que TRES peu de "subventions" qui sont décidées par l'Etat ou une institution, et dont le numéraire vienne de l'impôt et de fonds publics. Il y a surtout des mécanismes créés spécifiquement et qui orientent de façon contrainte une partie des fonds de l'économie du cinéma en France (distribution, production, mécanisme de l'avance sur recette, production par les chaînes de télé....). L'arbitrage pour l'orientation de ces fonds, qui sont rarement énormes et pour l'essentiel plafonnés (à de bas niveaux rarement réévalués depuis un bail) dépend lui d'organismes spécifiques, à commencer par le CNC. A titre d'exemple, l'avance sur recette, la plus notable des subventions et la plus sujette à controverse quand aux choix de qui est aidé, plafonne à un demi million d'euros par film maxi.... Soit pas vraiment de quoi bouleverser la loi des grands nombres vu les coûts moyens des productions même peu ambitieuses. Elle est surtout là pour aider les premier films. Le problème de tout mécénat est de décider qui est le mécène "exécutif" (celui qui fait les choix) et sur quels critères il opère. Si quelqu'un a une solution, qu'il le dise, mais la réponse est qu'il n'y en a pas de bonne autre que très transitoire, et dans une telle industrie, étroitement lié à des personnalités particulières. Il faut beaucoup relativiser quand on dit "nos" subventions: l'impôt ne va pas à la prod, et l'essentiel des mécanismes proviennent de taxes mineures (c'est franchement peanuts) prélevées sur les acteurs économique du secteur et plus encore d'orientations d'une partie des flux destinés à la production. Un petit supplément vient des régions et de certaines villes pour des raisons correspondant plus à leurs besoins de com et de création d'activité qu'à des délires de mécènes. Au global, c'est pas des montants très conséquents, surtout répartis sur beaucoup de films, et au delà des aspects contestables ou non de tel ou tel film, ces mécanismes remplissent assez bien leur premier rôle qui est avant tout de garder une filière cinéma "aval" en état de fonctionnement et d'abondance relative: beaucoup de petits réalisateurs lançant un premier film, de petites équipes pouvant bosser.... Ca permet surtout de pouvoir avoir un pool de sélection/formation pour des projets ciné et télé de taille plus conséquente, et évidemment ultérieurement pour les "grands projets" et l'aspect le plus visible de cette industrie ("gros" films, blockbusters....). C'est comme financer beaucoup de tout petits clubs de foot amateurs et de petits centres de formation pour avoir une filière foot qui créera quelques très bons joueurs pouvant remplir le haut de la ligue 1 et fournir quelques joueurs au top mondial, soit un entretien de la base de ce qui devient après une sélection darwinienne. Et pour ce que ça coûte réellement à l'Etat (nommément peanuts, vu que sur le global: 1/ c'est pas de l'argent dont disposerait l'Etat, pour l'essentiel, et 2/ le "rendement" global est au moins à l'équilibre), ça ne vaut pas de devenir un sujet politique. Après évidemment, le débat peut valoir quand à l'entente et aux copinages de "l'académie" qu'est le CNC, le réseau de potes de l'avance sur recettes.... Et les tendances de choix de films. Mais ce sont pour l'essentiel des films de peu d'impact, qui ont une sur-représentation dans les débats télés et journaux (eux-mêmes souvent ni très regardés ni très vendus, mais dont la caisse de résonnance nous semble d'autant plus disproportionné que ce sont toujours les mêmes têtes et signatures qui les animent): impact réel? Pas lourd. Remettre en cause la liberté d'expression pour ce genre de tempêtes en verre d'eau, c'est un peu overkill: un Etat démocratique qui ferait cela ne démontrerait qu'une seule chose.... Qu'il est très très faible s'il a besoin d'interdire des films. Pour la note, Besson n'est plus depuis très longtemps abonné aux subventions publiques (ça remonterait au Grand Bleu et à Nikita): il a depuis reposé sur le privé (en fait avant tout lui-même), et est aujourd'hui, le premier patron d'un vrai "studio" en France qui, malgré quelques aléas, reste une structure solide. Et c'est lui qui porte le projet de la cité du cinéma qui a quelques chances de constituer (enfin) un vrai pôle d'activité professionnelle de production (avec la permanence qui va avec, notamment sur les équipes de métiers) en France.
  5. Ou que certaines parties organisées au sein de la nébuleuse qu'on appelle "les rebelles" ne veulent pas dépendre des appros extérieurs qui viennent généralement avec des conditions et/ou au compte goutte: résultat, certains peuvent ne pas vouloir dépendre de l'extérieur, soit qu'ils veuillent leur propre poids politique en interne (au sein de la "rebellion" et vis-à-vis de l'occident), pour peser maintenant et surtout dans "l'après guerre", mais aussi simplement parce que les appros peuvent n'être aussi pas suffisants, que leur distribution au sein de la rebellion soit limitée (par quantités insuffisantes, par moindre accessibilité de certains endroits du pays) ou orientée (on distribue à ceux en qui on a confiance, à ses potes en priorité, à ceux qui sont d'accord avec vous sur les choix tactiques faits....). Qui plus est, il y a les parties matériellement intéressées: c'est à ce moment de saisie de stocks un peu conséquents que le trafic commence, qu'il soit orchestré par de purs "commerçants" intéressés, par des services secrets extérieurs ou des mouvances diverses, ou encore par des chefaillons ambitieux se constituant leurs stocks "pour plus tard". Qui va faire les inventaires des stocks saisis? Qui va vérifier qu'il y en a autant sur le papier que dans les racks? Qui va voir que quelques camions ici et là emportent des caisses? Le business commence avec les premiers butins, et il y a là des armes suffisamment modernes et surtout "effaçables" pour justifier divers types d'intérêts pour des vendeurs et des acheteurs.
  6. Une question con sur la situation syrienne et ses perspectives: le cash du régime.... C'est pas un Etat pétrolier, c'est pas un pays avec d'énormes réserves de cash.... Combien de temps le régime peut-il encore payer ses soldats et soutenir les opérations au moins au niveau actuel? Il y a certes des stocks pour beaucoup de choses, et sans doute du cash d'une part et des "volontaires" (réels ou à la pointe du fusil), mais la réalité des opérations est aussi leur coût, les appros en bouffe, pas seulement pour l'armée, mais aussi les populations "fidèles".... Tout cela, c'est aussi du fric, et l'activité du pays n'est pas vraiment au plus haut, le commerce interne au pays (ou les flux en général) est en grande partie interrompu et les importations aussi, ce qui fait consommer les réserves, de consommables, de matos, d'énergie et de cash à un rythme accéléré avec pas de renouvèlement. Alors à votre avis? Par exemple, quel est le taux de couverture alimentaire du pays, déjà en temps normal?
  7. Moins l'opinion internationale (qui compte peu dans la résolution du conflit, parce qu'il y a peu de chances que beaucoup de monde pèsent sur leurs gouvernements et que ceux-ci ensuite négocient là-dessus avec les USA) que l'opinion américaine elle-même: c'est l'offensive du Têt qui a rendu impossible pour les ricains de continuer à "décréter" aux Américains comment se passait la guerre. Les ricains ont là réagi au mensonge devenu évident, et la question est à ce moment devenue un sujet du débat politique, ce qui a posé problème à l'effort de guerre et à la confiance en le gouvernement et en l'institution militaire. Cela a aussi notamment mis les généraux américains en face de leurs conneries vis-à-vis des politiques.
  8. Tancrède

    Forces de l'ordre

    Oui, désolé, je ne voulais pas dire que c'était LA méthode de management, mais ce sont des formes de management, qui sont quand même très présentes et très réelles un peu partout, à divers degrés et avec plus ou moins des divers facteurs que j'ai essayé d'énoncer. Ceci dit, une des choses que cela souligne est la grande faiblesse des cultures managériales et autant des savoirs-faires et des prises de conscience que cela implique à chaque niveau de direction: à chaque fois qu'on a en charge un certain nombre de gens correspond un ensemble de savoirs-faires, d'états d'esprits et de comportements correspondants. Diriger est une activité en soi, et on constate quand même qu'il y a vraiment beaucoup de cas où ce n'est considéré par les intéressés que comme un échelon de leur carrière, un joujou donné en récompense de leurs mérites réels ou supposés, un outil pour assouvir leurs besoins inconscients de "puissance", un supplément de salaire auquel ne correspond pas un comportement différent et d'autres logiques.... Et dans de grandes structures, surtout à haut niveau, diriger, c'est de la politique: le but est de trouver des gens qu'on gardera sous la main, pas les plus compétents (combien d'EM de grandes boîtes on des compétents incontournables à des endroits inadaptés à eux, des abrutis bien "tenus" aux postes clés....), de se tendre des chausses trapes et de manoeuvrer/filouter pour obtenir des décisions et planquer son cul, pas de "choisir les meilleurs et discuter pour faire le meilleur" (ça, c'est de la jolie abstraction pleine de vide). En France, pour revenir à l'impact du management et de l'entreprises sur le moral dans les chaussettes, les névroses en tous genres, la sinistrose et l'hyper stress au travail amené par des conditions drastiques, je dirais qu'une des particularités est l'extrême féodalisme de la structure de l'économie, d'une part, et la petite taille de la majorité des entreprises et structures "employeuses". Ce sont en fait 2 aspects d'une même chose: les entreprises françaises sont plutôt petites (et moins nombreuses qu'ailleurs à population égale) et dépendantes/TRES dépendantes des grandes, clientes ou "donneuses d'ordres" (une grosse PME en B to B et bossant au niveau international a généralement plusieurs clients et donc dépend moins d'un seul). Cela impose des conditions plus dures, donc des impératifs plus durs, qui sont vite ressentis au niveau des employés. Une petite taille d'entreprises en plus dans l'absolu veut dire peu de visibilité, une proximité plus grande avec le fait de devoir dégraisser et/ou embaucher avec un statut fragile. Par ailleurs, petite taille et possibilités limitées de développement (manque de cash pour investir/s'étendre) veut dire un manque de perspectives aussi pour les employés, au mieux une stagnation. Ce fait vaut d'ailleurs aussi pour la fonction publique: stagnation en termes de salaires ou de perspectives. Résultat, la première consommation d'antidépresseurs dans le monde développé, juste derrière les USA. Un taux de suicide en Europe juste derrière les pays nordiques (où la géographie -6 à 8 mois de quasi nuit- compte beaucoup dans ce fait). Drogues légales ou illégales, c'est déjà un fait ancien qui connaît un fort renouvellement avec ce qui est devenu le premier des trafics au niveau mondial, devant les drogues "traditionnelles" (héro, amphétamines diverses, coke....), les drogues pharmaceutiques de contrebande (qu'elles viennent des pharmas ou non, une grande partie étant contrefaites), génératrices de problèmes énormes.
  9. Tancrède

    Forces de l'ordre

    Ca c'est vrai si tu as une perception dans l'absolu: dans la réalité nettement plus relative, pressurer l'employé jusqu'au trognon (pas forcément par malice ou cupidité, mais aussi par je m'en foutisme et absence de conscience de ce qu'implique ce qu'on exige), avec entre autres conséquences le fait que certains puissent se charger comme des mules pour supporter la pression (en corrélation ou non avec des situations personnelles par ailleurs), puis les balancer et les remplacer, est une méthode de management "comme une autre". Pas louable et, à niveau "macro" (au niveau d'une société entière, ou même d'une entreprise mais si et seulement si on mesure un effet "moyen-long terme" et on y accorde de l'importance), cela peut être plus contre-productif (au niveau de la productivité mesurée sur un certain temps, au niveau sociétal....), mais c'est une réalité du management. Particulièrement vraie dans les métiers à haut niveau de stress et exigences d'implication forte. Les problèmes qui font durer cette méthode sont nombreux: - une certaine culture de management, ou d'absence de culture du management (combien de patrons/chefs de tous niveaux sont juste des exécutants et/ou des purs ambitieux qui ne sont là que pour eux, combien savent donner des ordres mais pas "commander", combien ne savent qu'exiger et pousser des gueulantes sans se préoccuper du reste, qu'eux-mêmes sachent faire leur boulot ou non? Combien savent avoir une perception complète de leur équipe/secteur/entreprise et gérer en conséquence?) - une situation de l'entreprise/de l'organisation (taille, exigences du client/du "dessus", visibilité du bénéfice, management "pressurant"....) qui ne permet pas nécessairement d'avoir une perception d'équilibre même à moyen terme, et amène forcément des raisonnements et calculs de court terme (productivité, résultats, embauche/débauche, nature des contrats, voire virer quasi systématiquement à la fin des périodes d'essai) - des questions de personnalités et de relations au travail (questions d'ego, rivalités, cas de harcèlement, profils psychologiques de névrosés de toutes échelles cherchant "compensation"....) - la temporalité, la nature du job: flux tendus, tempo rapide, réactivité exigée, jobs de "haut profil" ou à forte visibilité, ou à l'inverse, jobs exigeant peu de qualification/spécificité, donc où on est très facilement remplaçable sur court préavis - la remplaçabilité: tout le monde est remplaçable, et c'est encore plus vrai dans un pays à fort chômage structurel et/ou à forte démographie. Qui plus est, ce facteur est toujours renforcé par la perception de cette réalité: il y a une tendance à croire que tout le monde est encore plus remplaçable qu'il ne l'est réellement (bref, on vire plus facilement qu'on embauche, ou plutôt on fait sentir qu'on peut virer facilement), tant du côté de l'employeur (besoin d'affirmer son "pouvoir") que de l'employé (peur d'être viré, accrue par le manque de perspectives du marché du travail).
  10. Je crois que le premier piège est d'entrer dans ces distinctions, soit accepter la discussion et la concession; on accepte le principe du choix ou non. Dans tous les domaines, depuis les années 80, les USA voient les diverses tendances dures du parti républicain à l'offensive sur un nombre très réduit de sujets (et juste des sujets sociétaux) martelés en permanence, et des démocrates qui ont cédé en acceptant le débat sur ces sujets. Ils subissent le tempo républicain sur les trucs comme la prière à l'école, le créationisme, les flingues, le mariage gay, la came et l'avortement, sujets qui prennent une place démesurée dans le débat au point de monopoliser la majorité de l'attention (en termes de temps passé dans les médias et débats de grande audience) et de dramatiquement limiter le temps sur le reste qui se résume à des discussions superficielles, ce qui laisse les lobbyistes et milieux d'affaires nettement plus tranquilles pour faire ce qu'ils veulent sur des sujets fondamentaux où ils sont sûrs que dans la majorité des cas, le focus public ne sera pas aiguillé, ou au pire pas longtemps. Cette stratégie républicaine est encore payante aujourd'hui quand on voit la place que prennent ces sujets là et ceux que cette surattention/surréactivité permet d'éviter ou de sérieusement sous-étudier. Et surtout quand on voit les démocrates ne toujours pas parvenir à dicter le cadre, l'orientation et le tempo du débat sur grand chose. L'art opératif de la scène publique est vraiment maîtrisé par les républicains.
  11. Tancrède

    Le successeur du CdG

    +100. Je dirais même plus que dans l'ensemble, tout pays nucléaire avec moyens de frappe au-delà du voisinage immédiat (pas le cas de tous les pays nukes) porte en lui-même cette problématique pour tout Etat voulant l'emmerder. Le fait est que pour nous, l'essentiel est porté par les SNLE, et dans une moindre mesure, par l'AdA. Je doute fortement que l'armement nucléaire ou non d'un PA change quoi que ce soit à la donne, sinon par le supplément de crédibilité créé par la redondance des vecteurs (AdA, SNLE, Aéronavale embarquée), supplément pas énorme dans les scénaris envisageables (qui ne sont pas eux-mêmes très probables pour encore un moment, les probabilités de guerre nucléaire ayant cette particularité). Tout le monde a cherché à marquer une telle différence pendant la guerre froide, et personne n'y est réellement arrivé au-delà du niveau de déclarations d'intentions: le conflit était garanti de tourner nucléaire très peu de temps après déclenchement d'hostilités classiques.... Et en fait la plus grande probabilité était qu'il commence directement nucléaire. Aujourd'hui, la seule alternative est d'avoir des capacités de frappe classique suffisamment dissuasive et crédible pour constituer un "ultima ratio" acceptable.... Ce qui revient à dire qu'il faut pouvoir frapper en relative impunité, et très fort et très précisément (avec des missiles guidés tirés d'avions ou d'autre chose -mais beaucoup-, avec des forces expéditionnaires puissantes et débarquables sur court préavis).... Ce qui ramène à de la quantité et de la qualité.... Ce qui ramène à des budgets importants, ce qui est un peu le noeud du problème. Avec une alternative partielle et cheap pour des "frappeurs" portant de grandes quantités de missiles guidés mais qui ont l'inconvénient de ne pouvoir servir à absolument rien d'autre et constituent de ce fait une immobilisation de moyens conséquents permanente, à l'heure où la marine manque déjà beaucoup de coques (et d'autres trucs) pour la plupart de ses missions.
  12. Si le discours public général en arrive à dire que les 2 camps font des saloperies et qu'il n'y a pas de "gentils" :P, alors là c'est garanti, il n'y aura pas d'intervention extérieure, et la baston continuera longtemps. Faut s'y faire, quand il y a guerre, il faut un gentil et un méchant, pas 2 légitimités opposées ou des ultra salauds vs des salauds modérés, ou encore des "pas top" contre des "moyens à moyens cools" :-[.... Si les politiques se mettent à entrer dans la nuance des distinctions de camp, ça veut dire qu'en amont, le mot d'ordre est "qu'ils se démerdent".
  13. Le financement n'est pas forcément indicatif: la plupart des réseaux financent rarement depuis le "haut", chaque sous-élément ayant dans beaucoup de cas charge de trouver au moins la majorité de leurs ressources par lui-même: c'est le cas dans les réseaux maffieux, beaucoup de mouvements terroristes/politiques.... Le "haut"/centre peut prêter de l'expertise, organiser le mouvement, le coordonner, lui donner une stratégie, voire instrumentaliser des petits groupes isolés, accorder des financements ponctuels liés à des opérations spécifiques, voire faire marcher un petit fond de roulement et/ou le train de vie d'un ou plusieurs membres "centraux" de telle cellule ou telle organisation locale, mais la plupart des grands mouvements organisés sont plutôt en mode "wiki", et représentent plus des "fédérations"/"confédérations" parties du bas, qui se rassemblent ou se coordonnent ponctuellement, ou se donnent un peu plus de "structure" centrale permanente. Tous les mouvements et organisations n'ont pas les moyens de partir d'un séoudien hyper thuné ou d'un groupe narco local qui parvient à éliminer sa concurrence locale et fait par la suite des OPA hostiles dans un rayon croissant autour de sa base de départ. Ce sont des organisations plus "contributives". La question dans ce cas est de savoir s'il s'agit d'une "cellule" appartenant, même de façon limitée, à un plus vaste ensemble, ou si ce sont vraiment 4-5 connards dans leur coin avec des délires de grandeur. Vu la petite histoire décrite, on a plus l'impression d'une bande de cons même pas capables de créer un minimum de confiance à cette échelle d'organisation, vu leur propension à se tirer dessus entre eux et à balancer leurs potes à la police. Un micro-groupe de glandus qui s'engage dans l'armée pour un contrat, ou qui se rencontrent une fois dedans, ça suppose pas une "organisation" à mon sens. Vu les événements décrits, j'opte plutôt pour de jeunes abrutis en colère contre tout et tout le monde, qui se trouvent soudain une "marotte" et se prennent au sérieux.
  14. La question va être de savoir si cette "association" est quelque chose de plus que ces 4 glandus, si c'est un réseau, petit ou grand, qui représente des rednecks du rang (et des mecs du dehors), ou qui a des ramifications plus haut dans la chaîne alimentaire.... Bref, de savoir s'il s'agit de l'équivalent militaire des milices de débiles qui croient qu'avec quelques bombes à l'engrais dans des places publiques, ils vont se retrouver du jour au lendemain au pouvoir à Washington, ou si ça ressemble déjà un peu plus à une petite partie d'un tout un peu plus sophistiqué. Vu les contours, il semble qu'on ait là de tristes imbéciles dangereux (mais pas pour la stabilité de l'Etat). Un autre volet du thème des critères de recrutement de l'armée, comme la présence plutôt importante de membres de grands gangs criminels faisant leurs classe sous le kaki?
  15. Ben c'est ça que Goya souligne: - le potentiel de projection, le "poids politique" qu'on peut mettre en jeu dans le cas d'une crise politique nécessitant au moins un volet militaire, est désormais très très petit et "incomplet": un volume trop faible et la nécessité d'alliés complémentaires donnent une marge d'action (et un intérêt même à l'action) très réduits. Quelques petits déploiements et micro-prépositionnements laissent une marge de manoeuvre concrètement inexistante dans la plupart des cas de figure. - l'indépendance d'action avec la référence à DG est précisément l'inverse: quand on peut agir sans allié et peser suffisamment sur un lieu de crise, on le fait, ou en tout cas on se réserve l'option de pouvoir le faire, mandat international ou pas. Si les intérêts le dictent, on le fait ou, au moins le fait d'avoir la crédibilité de pouvoir le faire permet de négocier.
  16. Je ne parlais que de 1914 (et ça vaut aussi en partie pour 1870). Et pour les ressources, je parle surtout de budget: l'Allemagne de 1914 a un PIB/tête beaucoup plus élevé. Pour 40, tu ne contredis pas ce que j'ai dit ;). C'est ce qui tiens les rangs, faut pas les sous-estimer parce que ça nous semble bête et méchant: c'est de là que vient la différence entre une unité qui tient et une qui lâche. Mais le nombre est tellement en faveur des Allemands, même en ne comparant que l'active.... Surtout que eux, leurs réserves (Landwehr comprise) sont correctement entraînés, contrairement aux françaises, et la France souffre pour le coup d'un manque de cadres très grave (sans compter leur mentalité/culture, le problème de la chaîne de commandement, des chapelles....): ça va pour articuler l'active, mais après, nib.... Et le système de mobilisation est tellement merdique que moins des 3/4 de l'active peuvent être mobilisés sur le front, aggravant encore plus le déséquilibre. Sans compter évidemment le haut commandement des deux côtés, dont le différentiel limite les défauts allemands (concentrations rapides, avance au son du canon, bonne perception, initiative.... La formation en paquets denses bien tenus fonctionne pour eux).... Et accroît les français. Et la France n'a que l'active, et une active spécifique à un système de conscription pourri: service long pour une minorité tirée au sort, servant avec des pros. Le tout pour un effectif trop limité par rapport à ce que les Allemands peuvent balancer. La particularité de l'armée française est 1940 est de décourager énormément les initiatives à bas niveau, au point de mettre 15 jours d'arrêt à un lieutenant pour avoir osé ordonner un entrainement de tir anti-char, qui ne laisse aucune initiative aux bas officiers (strictement rien ne peut être fait en dessous du grade de lieutenant colonel malgré toute la bonne volonté du monde, ce qu'a très bien décrit marc bloch) et est très centralisée. Beaucoup de ces bas officiers voire les officiers moyens se réfugient par réaction dans l'inaction et la pulsanimité pour ne pas être sanctionnés (d'autant plus que l'action est manifestement inutile), les problèmes étant non résolus ou cachés. C'est aussi une armée trop économe des mauvais bouts de chandelles, où l'entrainement est faible par économie de munitions et de temps (passé à construire des bunkers voire aux travaux agricoles). Tout cela a miné l'efficacité de la préparation pendant la drôle de guerre. Yep. Tout caca :-[.
  17. Russel Edgington président :lol:! Seulement s'il se débarrasse de son actuel lèche-cul.... Lèche-cul au (mal) propre comme au figuré. Mais comme format, oui, les séries à 10-13 épisodes/saison, avec souvent des épisodes de 50-55 minutes, tendent en général à avoir des approches narratives bien meilleures, et le format de saison plus courte change le tempo des méta-histoires/fil rouge autant que le tempo des épisodes et la temporalité générale du récit. Sans compter l'accroissement du nombre de ces séries qui souligne et accompagne un surcroît d'originalité là où les ricains, dans les séries network en saisons longues (et prolongées à l'infini: combien d'entre elles ont eu une ou deux saisons correctes ou bonnes et ensuite un acharnement thérapeutique?), ont eu tendance depuis 10 ans à répéter les mêmes recettes, codes et formules avec des persos différents (enfin différents en apparence: look, éventuellement sexe, ville d'origine, métier précédent.... Que du superficiel dans un personnage; mais des persos fondamentalement interchangeables). Y'a qu'à voir l'évolution des grilles de programmation et la place qu'y occupent les séries "originales" (enfin produites par le network) pour voir que les décideurs ont enfin fini par le piger, non sans que les chaînes câblées aient raflées une mégachiée de parts de marché entretemps, au point que pas mal de chaînes moyennes (y compris les canadiennes qui montent) et networks "fédérés" se lancent ces temps-ci dans des prod ambitieuses (un truc pas évident à décider et des managers pas vraiment culturellement calculés pour le risque) pour la première fois avec des machins alléchants pour la rentrée.
  18. Non, je crois pas, elles ont toujours été à 2 bataillons. Mais attention, toutes les brigades ont aussi un bataillon de reco, qu'on peut aussi mettre dans la catégorie "mêlée". Mais les Strykers sont de toute façon les plus nombreuses, avec un effectif d'environs 3900h tout compris, contre 3700 aux lourdes (avec une log plus lourde) et 3300 aux BCT d'infanterie.
  19. Musulman ET SURTOUT pas américain, au moins pas de naissance (pré-requis pour la présidence): c'est tout le truc autour du "birth certificate", et du mouvement dit des "birthers", aussi appelés plus prosaïquement "les cons".
  20. Oui, les Strykers sont à 3 bataillons, reposant sur un concept différent des 2 autres types (le projet de forces médianes du général Shinsecki) qui, lourdes ou d'infanterie, sont à 2 bataillons de manoeuvre (mixtes chars-infanterie méca-génie pour les premières, infanterie pour les secondes). Fondamentalement, les Strykers brigades sont des brigades d'infanterie; infanterie motorisée/blindée "médiane" si on veut, mais infanterie. Les Infantry BCT devraient en fait plus spécifiquement être appelées brigades d'infanterie légère.
  21. Oui, à la différence près que la proportion de projets de série à 10-13 épisodes par rapport à ceux à 22 a été inversée en moins de 4 ans, ce qui correspond à un changement majeur sur le marché américain et dans le système de prod, surtout étant donné que les séries demi-formats se lancent assez souvent sans pilotes, étant produites d'un coup, à comparer avec les projets de séries longues qui impliquaient une petite économie d'entente entre copains, produisant projet sans suite sur projet sans suite et pilote sur pilote (dont pas le quart était diffusé). Et les séries à 10-13 épisodes/saison qui restent à ce format sont 2 à 3 fois plus nombreuses qu'avant. Juste un changement du marché de la prod. Perso, toutes ces séries m'emmerdent prodigieusement. Mais oui, pour la note, la comparaison est parfaitement valable: les équipes de scipt bossent sur les mêmes principes, très différents des séries courtes et miniséries et one shot, et évidemment des films, le but étant de travailler sur la familiarité, le confort et, somme toute, les moyens de créer l'addiction avec des recettes toutes faites, des codes bien intégrés qui sont toujours les mêmes. Endormir un public qui veut ainsi être bercé est le but de toute série longue et très formatée: une formule qui roule. Et les feux de l'amour encore plus et depuis plus longtemps, ça n'en fait pas un chef d'oeuvre pour autant, succès international ou non. Britney Spears et les Spice Girls ont vendu beaucoup d'albums, je vais pas les comparer à Bach ou aux Doors. On a tous nos drogues et poisons cheaps, c'est tout.
  22. Les feux de l'amour durent bien depuis près de 40 ans, et ils aident aujourd'hui comme hier à faire dormir les grands mères; Derrick était un soporifique de première et a duré combien de temps? La durée d'une série ne reflète pas nécessairement la qualité; le propre de séries, surtout à 22 épisodes/saisons, est de créer une habitude, un confort, un truc sécurisant dont on connaît les codes et dans lequel on aime, voire on a besoin de se replonger. C'est comme une came. Et quand on est accro, qualité ou pas, il nous faut (à tous) un fix :lol:. Les scénaristes de séries jouent sur les codes et habitudes, pas sur l'inventivité, la surprise.... Aucun film ne peut créer un tel degré d'appropriation qu'une série à saison longue (ou pire, un soap opera). C'est d'ailleurs marrant de voir les demi-formats (10-13 épisodes/saison) devenir beaucoup plus courants dans la prod américaine depuis 2-3 ans; ils s'inspirent des Brits (et surtout la BBC), qui sont plutôt dans des saisons courtes, à 3-6 épisodes, ou des demis formats, voire des séries à saison unique décidée à l'avance (quel que soit le degré de succès), et on une production bien plus innovante et rentable à budgets égaux. Bôôh, il avait jamais fait ça (et on sait pas, il avait peut-être bouffé un truc local qui le travaillait :lol:), c'est un coup à prendre :-[.... Mais bon, nous on le connaît pour Ultimate Force, les Anglais le connaissent nettement plus pour un autre registre: c'est le soap opera Eastenders (le plus "gros" chez les Brits) qui en a fait une icône :lol:. Pas vraiment une icône de guerrier :-[.
  23. Chépa.... Je trouve le truc plus amusant: c'est plus "à taille humaine" dans l'action, dans le déroulement.... Et ça a surtout beaucoup moins de prétentions dans le ton que ce que les ricains font en général. Mais j'ai personnellement détesté la saison 1: outre l'acteur que, pour je ne sais quelle raison, je peux pas encaisser :lol: (trop crevette pour faire sportif, et je crois pas du tout à son jeu), je trouvais le truc too much. Intrigues encore plus bancales, héros invincible-qui-encaisse-les-balles-virilement-et-avance-quand-même, qui fait tout tout seul.... Au moins dans les saisons 2 et 3, on a deux gars, dont un qui est un branleur amoral avec forte tendance à foutre la merde et à penser avec sa queue :lol:, et un monsieur propre qui a tendance à accumuler le stress stoïquement et dont on attend justement qu'il fasse une grosse connerie avec intérêts de retard. C'est plus amusant. Et surtout pas de tendance à pontifier, à jouer le couplet patriotique, à sauver le monde à chaque épisode, à avoir une ligne directe avec le chef d'Etat (cf NCIS :lol:).... Et pis y'a Rhona Mitra dans la saison 3, donc un excellent scénario :-[ :lol:.
  24. L'infanterie proprement dite, tu rigoles? Ils ont, pour l'active (la Garde Nationale a 28 BCT, la Réserve n'a pas d'unités de mêlée): - 16 Heavy BCT: 64 compagnies d'infanterie mécanisée - 8 Strykers BCT à 3 bataillons: 24 bataillons d'infanterie motorisée - 20 Infantry BCT: 40 bataillons d'infanterie de divers types (légère, para, aéroportée) C'est à peu près l'essentiel pour l'infanterie: doit y avoir du volant, et il faudrait sans doute y compter une partie des bataillons de reco des BCt qui ont des éléments à pieds, ainsi sans doute que diverses sous-unités dans pas mal de services, mais ce sont les unités de combat, soient 64 bataillons d'active proprement dits, plus 64 compagnies mécas intégrées dans des bataillons blindés mixtes avec escadrons de chars.
  25. Mais non t'es pas seul: dans le genre répétitif, NCIS est analogue à toutes les séries d'enquêtes du même genre, avec en plus tout le sentimentalisme patriotique de rigueur, les habituels clichés dans tous les domaines, les visions superficielles ou fantasmées de tout et tout le monde, des habitudes et routines sans nombre, les retournements de situation, les intrigues d'importance mondiale 3 fois par semaine.... Toutes les recettes de la formule toute faire. Bâillement massif. Homeland, ça avait bien commencé, et j'ai pas aimé l'évolution: ça arrive très vite dans le grand guignol un peu trop caricatural. Ceci dit, Strike Back saison 3 a commencé: déjà 3 épisodes pour Strike Back Vengeance.... Pas encore vu le premier, un double épisode (il arrive :-X). Sinon, conseil à ceux qui ne l'ont pas vue: regarder State of Play ; série BBC en 6 épisodes (qui a déjà quelques années), véritablement excellente pour ce qui est d'une intrigue politique puissante et "vue du sol".... Eviter l'adaptation cinéma avec Russel Crowe.
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