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Tancrède

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Tout ce qui a été posté par Tancrède

  1. Faux.... Les Bouddhistes ne sont jamais critiqués, ils font peur à personne en France, personne ne moufte contre eux, ils n'ont pas de scandales associés à leur label :lol:.
  2. Quand on regarde régulièrement l'actualité américaine, c'est encore pire: - il suffit de regarder ce qui s'est passé dans le gouvernement du Wisconsin l'an dernier (et encore en ce moment, affaire à suivre en novembre): tentative de suppression des syndicats (sauf les 3 seuls pro-républicains), procédure parlementaire illégale pour faire passer des lois (véritable coup de force qui a vu le gouverneur embaucher une société de sécurité pour aller ramener de force les démocrates qui avaient quitté l'Etat pour que le quorum ne soit pas réuni), mise sous surveillance totale de professeurs d'universités militants organisant des discussions pas en ligne avec le gouverneur (et pressions sur les boards des universités pour ces "écoutes", voire le renvoi des professeurs), élimination de millions d'électeurs des registres (ces dit des voter ID) au nom d'une lutte contre la fraude électorale qui est quasiment inexistante.... - il faut voir en général ce que pas mal de gouvernements républicains de divers Etats essaient de passer: suppression des syndicats, blocage des aides fédérales pour faire planter Medicare, collusions d'intérêts directs (tel le gouverneur de Floride rendant obligatoire un contrôle antidrogue dans la fonction publique de l'Etat 4 fois par mois et AUX FRAIS DES DITS FONCTIONNAIRES! Et la société fournissant exclusivement ces tests est la sienne, dont il a formellement quitté la direction au profit de sa femme), prise de contrôle de villes entières pour régler des difficultés de gestion en nommant un "emergency manager", véritable dictateur local (et les critères de jugement des "difficultés" varient étrangement selon la carte électorale), qui en vient souvent à "annuler" la ville (elle cesse d'être une ville en statut et ses services sont fermés).... - dans les élections d'Etat, beaucoup de calculs ont été faits et montrent un fait assez terrifiant: le financement électoral devient radicalement inégal dans la plupart des Etats, avec de plus en plus un parti républicain concentrant plus des 3/4 des financements d'entreprises et riches particuliers (directement ou via des "instituts" et "fondations", comme le montre toutes les polémiques tournant autour des frères Koch) et des institutions religieuses (dont l'exemption fiscale n'est toujours pas remise en cause alors qu'il s'agit d'un des plus grands pans des subvention fédérales aux USA, soit un truc très "socialist"), et un parti démocrate dont le seul soutien institutionnel d'importance est le financement par les syndicats (le reste étant celui de donations individuelles, petites entreprises et quelques riches donateurs). Ce fait existe moins dans les grands Etats côtiers démocrates du nord est et de l'ouest. Mais il montre que la lutte permanente et à tous les échelons contre les syndicats est aujourd'hui énorme et vise, outre à satisfaire les grandes entreprises en faisant disparaître la notion même de négociation collective, à assécher les finances démocrates au niveau des Etats américains. Beaucoup de ces tendances ont plus ou moins toujours existé, et le parti démocrate a aussi ses casseroles, mais elles n'ont jamais été à un tel niveau depuis les années 20 et la sinistre période couvrant l'après guerre de Sécession au début du XXème siècle, soit la période dite du "gilded age", où l'Amérique dans sa première grande dépression (mais en croissance économique fondamentale.... Si si c'est compatible ) était une vraie ploutocratie avec une extrême polarisation des richesses, un niveau de vie déplorable en grandes agglomérations, un niveau de corruption énorme, aucune union monétaire même si tout le monde avait nommément des "dollars", une régression des droits (notamment des noirs qui en ont pris plein la gueule après le renouveau post guerre de sécession)..... Point commun de ces périodes avec aujourd'hui: le niveau de polarisation des richesses et de concentration du pouvoir dans une élite intouchable, peu accessible et reproductible. Un peu ce pour quoi roule Romney.
  3. Le temps de paix est évidemment toujours un peu tueur, quel que soit le modèle de base, mais justement, le modèle de base peut être plus ou moins bon (je ne mettrais pas le nôtre actuellement au pinacle), et il y a quand même des moyens de garder (les Marines et d'autres le font) un certain niveau de pertinence et éviter une trop grande entropie en temps de paix. Ca revient à organiser l'autocritique, la remontée d'info, la liberté de ton et le retex (la France est à la ramasse de ce côté), imposer des impératifs de rapidité et de simplicité, établir l'importance des équipes de travail permanentes, avoir un niveau régulier de manoeuvres et exercices sous examen critique d'observateurs avisés de tous horizons.... Toutes choses sans lesquelles la complaisance, l'autosatisfaction et le truquage plus ou moins avéré ont la part trop facile. Je suis en train de me dire que ce que j'évoque, à savoir 4 ou 5 grandes brigades interarmes à 3 groupes d'interventions chacune (plus un élément de renfort/contrôle de zone) ne sont pas les unités de base à partir desquelles bâtir une "concurrence" interne salutaire pour ce genre de choses, soit une application du système régimentaire à plus grande échelle (et interarme). Ca présenterait bien des défauts cependant (comme risquer de créer une armée à 5 "corps" internes), mais j'essaie sinon d'imaginer comment faire: l'USMC a une certaine concurrence de culture et de système avec l'Army (parfois pour sa survie: ne pas risquer d'être vu comme une "seconde armée" sur tous les plans), salutaire dans ce domaine, de même que des impératifs particuliers (corps de réaction rapide, disponibilité dans des groupes amphibies déployés en permanence....) et une liberté de ton et critique en général dans les forces armées US (avec d'autres limites et parasitages que chez nous, mais globalement plus efficace). Comment faire la même chose en France, sans avoir une "double" force terrestre? Mais aussi tenu bien "vivant" dans la petite armée de Weimar, bien sélectionnée, motivée et très innovante sur bien des plans. Le niveau de sollicitation outre mer n'est pas factorisable à l'avance, donc on ne peut bâtir un système dessus, mais ce "niveau de mobilisation permanent", c'est ça qu'il faut voir et détailler: taux de disponibilité et "battle readiness", au final, ça se résume à des critères qu'on fixe/assigne, et à la façon de les maintenir comme un impératif qu'on bypasse et truque le moins possible dans les faits. Les opérations de guerre ne doivent pas être le moment de la remise en question totale du système opératif/tactique, ça ne donne généralement pas de bons résultats à moins d'avoir des milliers de kilomètres de profondeur stratégique et/ou des centaines de milliers de soldats à sacrifier pour donner du temps. Une des questions que je trouve pressantes en terme de "culture" plus ou moins inconsciente dans l'armée trouve un écho entre autre sur le blog de Goya, dans un des derniers posts (celui sur la "crise militaire" des années 1900 en France, et sa postérité, notamment sur la mentalité des officiers, le rapport au politique....): il s'agit de savoir ce qui, dans les coutumes, façons de penser, façons d'entraîner, façons d'organiser, d'agir, de faire, de se parler, de se regarder (rapports hiérarchiques, entre corps, armes....) est hérité d'une culture militaire liée à une autre armée, d'un autre temps avec d'autres impératifs, d'autres blocages et conneries, d'autres limites, d'autres façons de faire la guerre, d'autres nécessités (par exemple le fait de s'adresser à des recrues avant tout non volontaires, en partie amenées de force, en grande partie illettrées voire ne parlant pas français, d'avoir des sous-offs dont la première fonction est de tenir les rangs par la force pour un combat en ligne....). Toutes ces habitudes ont eu et ont encore un impact sur l'armée, parfois difficile à cerner tant elles sont impalpables, faisant partie (sans les définir totalement) des mentalités et comportements.... Et dans l'ensemble, elles forment une grande part de la culture des forces, du plus petit niveau et de la vie courante en base au plus haut niveau dans la conduite des opérations, les rapports et dynamiques entre individus.... Et leur impact peut souvent être nuisible, surtout dans une armée à la mentalité fondamentalement en repli sur soi. J'illustre juste une seconde ce fait par une anecdote simple, évoquée par Benoït Bihan dans le dernier DSI, précisément dans son article sur les "cultures" d'armées, qui font que même des armées à la pointe de la modernité technique ont des blocages de ce type, en apparence impalpables voire ressortant quand on en parle de "l'esbrouffe" ou de l'enculage de mouches, et qui pourtant ont des impacts dramatiques sur la conception et la conduite de la guerre et du combat: l'armée japonaise et sa culture martiale individuelle héritée de la mentalité samouraï, et particulièrement d'une caricature de la pensée samouraï, tant parce qu'il s'agit de la culture du bushido telle qu'elle est devenue après 3 siècles de paix sous les Tokugawa (c'était devenu un empilement d'hyperboles littéraires incohérentes et sans grand rapport avec la guerre réelle), que parce qu'en plus, cette mentalité était servie sous forme extrême et simpliste en un enseignement militaire court fait pour une armée de conscription et des cursus d'officiers somme toute courts par rapport à une éducation tout au long de la vie dans une caste guerrière (qui conduit généralement à plus d'équilibre). Toute la conception de l'appareil de guerre japonais (doctrine, matériels, tactiques, comportements, et conception des opérations en général) en était impactée (sur mer comme sur terre ou dans les airs) et s'est révélée gravement inepte face à des pays plus imprégnés des préceptes de la guerre moderne. On peut voir à l'inverse les cas d'armées européennes qui insistent sur des habitudes inconsciemment héritées d'armées d'ancien régime ou du XIXème siècle, insistant (pour symboliser) sur la marche en rang (mentalité de plus en plus contre-productive aujourd'hui), ou bien des armées asiatiques transmettant une mentalité fondamentale de guerrier individuel (et après amenant à l'impératif du combat en formation). Ce sont des exemples particuliers, mais ils reflètent bien des mentalités qui peuvent devenir au global contre-productives et génératrices de scléroses mentales. L'armée britannique, autre exemple, souffre encore de problèmes liés au système fondamentalement régimentaire, compartimenté (entre régiments, entre armes, entre castes) et hiérarchisé, hérité d'une conception d'ancien régime qui n'a été altérée que brièvement et à grand peine et grand coût humain (lenteur à s'adapter) pendant les guerres mondiales, indiquant une capacité d'adaptation très limitée et un retour rapide à la matrice culturelle essentielle sitôt la guerre passée et les leçons vite désapprises.
  4. Ce que je retiens quand même de cet article, c'est la rapidité de l'unité dans sa prise de décision, dans sa coordination, sa gestion de l'info, sa façon de transmettre les ordres en interne, ses dynamiques et, en conséquence, la fluidité et la rapidité de ses mouvements (et leur "certaineté": pas de contre-ordres, mésententes, ignorances mutuelles et autres ralentisseurs et pourrisseurs). Bref, son "esprit", et la référence allemande pour de tels modes de fonctionnements. 32 mois de préparation en commun. Je compare cela avec les 6 mois environs de montée en puissance d'une MEU des Marines (qui part elle d'une base déjà avancée quand ses éléments sont réunis: soldats et unités déjà formés, procédures et "culture" élaborées et connues....). Cela ramène toujours à un faible nombre d'éléments: - un niveau de préparation important des unités et sous unités, combattantes comme non combattantes (encore un fait qui prône pour une culture commune vs une culture d'arme/chapelle/régiments, et les mépris, blocages, rivalités et compartimentages qu'elle implique; voir le mépris/la légèreté dans les forces françaises rapport à la fonction renseignement) - des procédures, modes de rédaction d'ordres, modes de coopérations.... Bien établis ET PERTINENTS! C'est la "culture commune" qui doit être connue, pratiquée à outrance et pertinente (ce dernier point étant lié à son élaboration dans la doctrine). Un des points récurrents dans ce domaine est la minimisation de la culture bureaucratique de l'écrit (et ses accompagnateurs: novlangue powerpoint....) - des équipes de travail bien en place qui se connaissent bien (ce sont les modes de fonctionnement plus informels), qu'on ne bouleverse pas et où un individu peut changer (mais un par un, pas par paquets) sans heurter les dynamiques en place - une culture aussi peu hiérarchique que possible (pour une armée :lol:) pour favoriser l'échange et la confiance, horizontalement comme verticalement, éviter la rétention d'info, les "tactiques" internes de planquage de cul et manoeuvres carriériste, les comportements tout faits/formatés pour l'avancement.... Tous phénomènes inévitables mais qui peuvent être réduits parfois dans de larges mesures. L'armée française, mais aussi beaucoup d'armées occidentales, vous semblent-elles correspondre à ce genre d'impératifs simples dont l'histoire des conflits démontre pourtant à chaque coup la nécessité vitale?
  5. Ca leur coûterait très cher économiquement et politiquement pendant un bon moment, et ça prend du temps, des investissements.... Beaucoup plus que le simple blocage des terres rares pour la Chine (qui le fait déjà en partie et a l'habitude de faire du chantage avec ça). Du coup, côté japonais, c'est une décision majeure, chère et lourde de conséquence, et qui plus est pas forcément évidente à mettre en action (ça dépend moins du gouvernement que de chaque entreprise japonaise implantée en Chine). Les seules procédures judiciaires ne feront pas grand-chose, et ça reviendra au niveau politique, et là encore, c'est complexe et ça coûte beaucoup en capital politique, induisant d'autres nations (USA en tête) et intérêts en tous genres, ce qui rend l'aboutissement de telles choses absolument imprévisible, et les délais inévaluables (et les Etats n'aiment pas l'incertitude).
  6. Tancrède

    L'armée romaine

    A partir d'Auguste et la relative stabilisation des frontières, les installations sont de plus en plus en dur, même si cela réclame parfois d'acheminer de la pierre sur une certaine distance. Si le "limes" n'est pas partout une fortification et certainement pas partout une fortification en pierre, les camps légionnaires tendent à être en pierre, et beaucoup de camps de cohortes aussi, même si beaucoup peuvent rester en bois ou en mélangeant pierre/brique, ou terre, et bois, surtout dans les zones où les unités peuvent bouger. Evidemment, dans les zones fraîchement conquises et les campagnes militaires, on reste à la fortification de campagne établie tous les soirs jusqu'à ce qu'une occupation permanente soit décidée, auquel cas un emplacement favorable doit être trouvé et un plan bien pensé établi. Mais la forme fondamentale d'une fortification romaine tourne toujours autour des mêmes impératifs et règles. La solidité de la position de défense, le dégagement de la vue (champs de vision et de tir, établissement d'un no man's land défriché d'environs 2 portées de flèche minimum), l'accès sécurisé à l'eau, un certain dénivellement (pour la défensive et pour l'évacuation des déchets), une zone plane pour le camp proprement dit et son organisation.... Même un simple camp de marche quotidien est, rappelons-le, une merveille d'organisation standardisée. La fortification est fondamentale dans le monde méditerranéen civilisé: l'un des critères primordiaux de l'époque pour juger de la qualité d'une armée, chez les Grecs et Romains, est justement de voir si cette armée a la pratique d'établir un camp fortifié chaque soir dans une campagne militaire (ceux qui n'ont pas le savoir-faire ou la discipline de faire ça sont peu estimés par les gréco-romains). Pour des civilisations dont l'univers mental est la cité, pas la campagne ou le village, c'est d'autant plus primordial, et c'est pourquoi un camp de légion reprend une organisation urbaine déjà élaborée (traçage des rues, présence d'un forum, emplacement de latrines et organisation stricte de l'hygiène, centralisation autour de bâtiments communs à fonction sacrale....), et des camps durables ou permanents deviennent des citadelles à la base de villes vite peuplées par les familles des légionnaires et les suivants d'armée (commerçants, prostituées, suiveurs divers, esclaves....). C'est d'ailleurs la seule politique de "colonisation" telle qu'on peut l'entendre que pratique l'empire romain à partir du premier siècle, établissant autour des camps militaires des centres de "romanité" organisés autour des camps de légions et de cohortes ou groupements de cohortes importants. Les camps légionnaires sont centraux dans cette oeuvre et beaucoup de travaux les accompagnent, notamment l'organisation rigoureuse de la ville qui croît à côté du camp, l'attribution d'un statut et d'institutions urbaines à ces villes, l'édification systématique d'ouvrages publics (amphithéâtres, théâtres, thermes, temples, acqueducs, parfois des cirques) et l'implantation de voies romaines importantes pour "rapprocher" les camps légionnaires des grands centres.... Les légionnaires sont encouragés à rester sur place à la fin de leur contrat, devenant des notables locaux et y faisant souche.... Le camp légionnaire devient dans cette politique une citadelle politique et militaire (notions confondues chez les Romains) fondamentales: c'est le point d'appui central d'une province frontière, alors oui, c'est très fortifié, même si fondamentalement, l'organisation interne du camp proprement dit, quoiqu'un peu plus ventilée et fondée sur des bâtiments en dur (plus confortables) et des rues pavées (avec un tout à l'égoût souvent), reste la même que celle d'un camp de marche qui elle-même reprend l'organisation fondamentale d'une cité, généralement recherchant une forme générale en "carte à jouer" (mais s'adaptant au terrain à partir de ce modèle théorique de base). L'espace y est divisé en 3 "quartiers", eux-mêmes subdivisés en bâtiments (ou tentes pour les camps provisoires) aux fonctions précises et séparés par des rues: Latera Praetorii (les côtés, les flancs), Praetentura (le front) et Retentura (l'arrière). Un camp légionnaire est là pour garder les légionnaires "au chaud", protéger les stocks alimentaires (et les propriétés personnelles des soldats, condition de leur discipline), sécuriser l'unité, lui permettre de se reformer (zone d'entraînement, ateliers pour les armes, hôpital, Bains).... Mais plus l'implantation est durable, plus ses fonctions s'étendent. Un légat de légion étant aussi un représentant de Rome et donc un homme politique d'importance (dans les provinces à une seule légion, il est le gouverneur local, consulaire/proconsulaire ou prêteur/proprêteur, le titulaire de l'imperium -le pouvoir- dans la province), un camp légionnaire permanent est une place fondamentale pour le règne de Rome. Donc la "principalia/principia", le bâtiment central d'un camp légionnaire à la croisée des 2 grandes "rues" de tout camp romain (une grande tente dans un camp de marche, avec un espace dégagé servant de "grande place", avec moult symboles religieux), est le bâtiment central d'une province, centre militaire, administratif, politique et financier, de même que le Prêtoire/Praetorium, la demeure du légat qui lui est mitoyenne. Un camp légionnaire est autant une base de défense et un centre logistique, mobile ou non, qu'une base d'intervention (les romains se veulent toujours à l'attaque) d'où peuvent partir des troupes débarrassées de leur barda (les "impedimenta": une légion en marche est dite "impeditus", mais une qui agit à partir d'un tel point d'appui, donc allégée de son barda et de sa traîne logistique, est dite "expeditus") pour des raids et mouvements rapides, mais évidemment avec une moindre portée au niveau du théâtre d'opération (limité à la province ou la zone de menace, d'où l'importance de l'emplacement du camp et de la construction de routes quand l'empire se consolide). Pour la valeur défensive, tout dépend du camp: plus il est permanent, plus les murs sont hauts et solides, les fossés profonds, les champs de vision dégagés, la surface couverte de pièges importante, et plus les dispositifs sont élaborés (ou rapidement élaborables, comme le doublement de la muraille par un glacis de terre pour la préserver des impacts d'armes de siège par un "amortisseur") et les réserves importantes (taille des entrepôts, sécurisation de l'appro en eau....). Les entrepôts, les installations sanitaires, les hôpitaux et bains tout comme le système de circulation interne et l'organisation sanitaire sont extrêmement élaborés puisqu'ils concourent de la capacité défensive (capacité à durer et à garder les troupes en état optimal de combattre) autant que des fonctions plus stratégiques (centre logistique, point d'appui....). Pour les unités plus petites que la légion, tu peux avoir de tout, selon les endroits et divers impératifs: - nature et importance de l'ennemi - nature du terrain et ressources disponibles - surface à couvrir - besoin de changer fréquemment d'emplacement ou non - nature de l'unité: l'accroissement permanent des unités composites (principalement les cohors equitata, faites de cavalerie et d'infanterie) et cohortes miliaires (cohortes auxilliaires à taille doublée) a multiplié les camps et fortins d'une taille conséquente et implantés "en dur", dont l'importance pouvait souvent être grande étant donné les espaces séparant les légions: une cohos equitata ou une miliaire pouvait fréquemment être le centre d'une grande zone défensive, en l'absence de légions (concentrées ailleurs), sorte de "légion en plus petite", de mini armée chargée, avec d'autres unités venant l'appuyer et étant réparties dans une zone plus ou moins vaste autour d'elle, de la défense d'une zone donnée, pas une province entière mais une portion de front d'une taille suffisamment conséquente (et avec des ennemis suffisamment nombreux en face) pour que ce genre de "task force" permanente soit organisée. Ca va de la tour de guet fortifiée à la fortification continue en passant par les réseaux de fortins qui sont basiquement des camps légionnaires en plus petits avec moins de fonctions, mais des impératifs similaires à l'échelle de l'unité. La tendance à bâtir en dur à partir d'Auguste, partout où c'est possible, existe aussi quoique se fasse plus lentement vu que les petites unités ont tendance à bouger plus fréquemment, notamment en Orient où la frontière est plus mouvante.
  7. Ceci dit, l'importance des "exploits" de cette division n'invalide pas le point de l'article qui est plus de mettre en avant son mode de commandement et ce qui la rendait moins "lourde" à manier que d'autres divisions américaines: les équipes de travail habituées à bosser entre elles, la confiance entre ces équipes, la "culture" commune de l'unité, le refus des ordres écrits (le commandement "à l'allemande" là où apparemment les Allemands, de force forcée, perdaient cette faculté)....
  8. Tancrède

    L'armée romaine

    Je comprends pas vraiment la question. A partir d'Auguste, les légions ont des camps permanents de légions quand elles ne sont pas en campagne, soit des constructions en pierre/brique, avec fortifications crénelées. Les cohortes auxilliaires ont des camps similaires, adaptés à leur taille. Les formes et matériaux varient selon les régions et les matériaux disponibles, selon l'importance du dispositif défensif (il existe des camps pour 2 légions ensembles) dans la région, selon la fréquences des attaques et la puissance de l'ennemi.
  9. Au global, qu'on l'appelle "force type marines" ou "force aéromobile".... On en revient à un truc simple: il s'agit de troupes d'infanterie avec une capacité de motorisation élevée, ce qui met en avant par exemple le schéma des marines, avec des unités d'infanterie basiquement à pied avec des unités séparées de conducteurs de véhicules de divers types (AAV, LAV, Hummers essentiellement, mais aussi les unités de batellerie et les unités de transport aérien). Bref, une infanterie autour de laquelle et autour du mode de combat de laquelle tout est calibré. Le point est de voir que même si on part du principe que les forces de mêlée, commandement et appuis (ce qui est dans les brigades interarmes aujourd'hui) en grandes unités constituées sont placées à un chiffre de 35-40 000h, ce peut être une bonne chose si on arrête de regarder le côté "verre à moitié vide": - ça force à réfléchir, et avant tout sur le point de très faible efficacité tactico opérative auquel sont arrivés nos forces occidentales - 40 000h, ça peut être beaucoup si on réenvisage totalement la façon de s'organiser, de s'entraîner, de coordonner et commander des forces, et évidemment de combattre. - ce sera une bien meilleure base pour une éventuelle remontée en puissance, et sans doute plus facile à gérer quand c'est petit L'une des conditions nécessaires et déjà évoquée est la réunion d'unités de grande taille sur de grandes bases, autant pour le besoin de l'intégration interarme que pour celui de l'optimisation de la gestion. Une base devrait héberger une brigade "new model" au moins, que je verrais personnellement comme devant viser 3 bataillons interarmes "d'intervention" (éléments sol, logistique et commandement d'une MEU américaine: environs 1600-1700h pour référence) et un de "contrôle de zone" et de réserve (un bataillon plus fourni, avec 4 CC au lieu de 3). Un exemple, un régiment d'infanterie dans l'USMC a environs 4800h, dont 4400 sont dans les unités combattantes(entièrement projetables), répartis en 4 bataillons d'environs 1100h (3 Cies de fusiliers d'environs 200h, 1 Weapons Company un peu plus fournie et une compagnie de commandement, logistique, matériel, soutiens divers, reco, coordination des feux et autres appuis d'environs 270h) et une structure centrale pour l'administration (incluant les recrues à l'entraînement). Ca représente bien plus de "boots on the ground" que le même effectif français, et encore plus de puissance de feu et de possibilités tactiques.
  10. Comme quoi il faut lire le sujet avant de poster :lol:. Le point de départ de ce sujet est d'accepter le fait que les grandes unités combattantes hors appuis, soutiens (qui connaîtront aussi sans doute une baisse pour s'adapter au format des unités de mêlée), unités spécialisées et unités de présence outre-mer, vont être diminuées de 2 brigades interarmes, ce qui les ramèneraaux alentours de 40 000h; que ce soit le cas ou non dans quelques mois, l'idée est de se dire "c'est comme ça" et donc, que peut-on faire pour optimiser/maximiser la capacité de combat de la France, comment "faire cracher" tout ce qu'on peut à une force de mêlée de 40 000h? Cela implique: - de maximiser la disponibilité - de maximiser le ratio combattants/non combattants (les "non combattants" opexables -appuis et soutiens- et les sédentaires) - de maximiser l'efficacité individuelle - de maximiser l'efficacité des sous-unités et unités - de maximiser l'efficacité du commandement à tous échelons, et ce point est celui qui implique sans doute le plus grand bouleversement culturel Donc au final, se demander non comment on fait pour avoir une "efficacité unitaire" supérieure ou égale par unité avec un total inférieur, non comment on fait pour faire un peu moins avec beaucoup moins, mais bien comment on fait mieux et plus avec moins, dans tous les registres.
  11. Il faut faire attention à la perception en France, en Europe et ailleurs: il y a une "mode chinoise" extrêmement puissante dans les jeunes générations des pays anglo-saxons et dans d'autres parties du monde, correspondant à l'intense travail de perception du gouvernement chinois qui a des agents bien plus puissants que la manga culture, même si moins visibles et évidents, à savoir la diaspora chinoise, véritablement présente partout et en très grand nombre, opérant de fait un travail "à la base" par une implantation dans le paysage de tous les jours. Sur le plan de la "culture mcdo", oui, ils ont 2 métros de retard sur le Japon, mais faut pas surestimer cet effet "manga/otaku culture" comme si c'était un effet ravageur atteignant des proportions énormes d'une classe d'âge. Ce ne sont pas des millions de jeunes français qui vont vraiment dans le trip japanisant, cad au-delà du fait de mater des anime et lire des mangas au même titre qu'ils lisent des comics et jouent à des jeux vidéos à imagerie américaine prédominante. Par ailleurs, faut pas oublier les à côtés de la culture japonaise (avant tout celle des djeunz) et de son impact: les plus hauts taux de suicide ado du monde, le refus croissant de la sexualité/nuptialité (au profit d'univers virtuels), des tendances obsessionnelles qui sont le revers de la médaille de leur zèle en toute chose.... Tous ces côtés sont aussi à maints égards connus et, malgré eux, "exportés". A ce niveau, la "culture d'exportation" chinoise est encore exempte, parce qu'encore dans un stade "infantile" (et en large partie propagandiste), de tels à côtés. Mais faut pas se focaliser sur l'image de la Chine dans le seul occident démocratique: l'image chinoise est radicalement différente en Afrique, assez différente en Amérique du Sud....
  12. Même avant cela, le chemin de fer avait joué en faveur des Autrichiens contre les Prussiens: c'est l'épisode de la reculade d'Olmütz, juste avant lequel les Autrichiens avaient pu concentrer très rapidement une force dissuasive, contraignant les Prussiens à s'écraser et prolongeant de 16 ans le leadership autrichien sur le monde germanique. Sinon, c'est aussi la guerre prusso autrichienne de 1866 qui, comme la guerre de Sécession, montre les problèmes de la guerre moderne: la concentration peut vite se faire sur un point donné, mais la charge matérielle des armées modernes (ravitaillement, munitions....) les rend lentes passé le point de concentration, et leur donne des pattes plutôt courtes. L'accroissement corollaire de la portée et de la létalité des fusils et canons accroit la profondeur des dispositifs et crée une impasse tactico-opérative donnant un avantage outrancier à la défensive au niveau tactique: une troupe qui avance est désormais sous un feu plus précis et dense pendant plus longtemps, alors même qu'elle est plus lente et massive, plus dure à coordonner (bruit, distances, importance des effectifs) et ne peut amener d'appuis suffisants pour réellement percer. On arrive en fait au moment où la notion de bataille rangée commence à cesser d'exister de la façon que l'humanité a connue depuis des millénaires. La bataille devient résolument plus un exercice abstrait sur carte, sans encore de grands moyens de transmissions tactiques, alors que les combats proprement dits (à l'échelle des unités qu'un officier peut voir et commander) sont plus rapides, plus violents et plus mortels. Cette impasse sera la même, en pire, pendant la 1ère GM.
  13. D'après ce que j'ai vu, le modèle espagnol est plutôt "light" (plutôt des petits bataillons, gabarit anglais). Mais là c'est vrai que je me focalise plutôt sur le besoin d'une révolution culturelle et la manière de l'obtenir, plus que sur un objectif particulier de modèle tactique (sinon dans les très grandes lignes). Parce que là, l'élimination potentielle de 2 brigades interarmes, je la vois pas vraiment suivie d'un quelconque changement en profondeur, ce qui veut dire juste 6 brigades exactement faites comme actuellement, avec le même éclatement géographique, les mêmes structures et mentalités, les mêmes cursus (avec un volume d'officier sans grande diminution sensible avant un bout de temps, ce qui veut dire engorgements de carrières, moins de postes, des guéguerres internes accrues, une valse accélérée des personnels), les mêmes routines, les mêmes problèmes et immobilismes.... Une diminution d'un quart des forces opérationnelles pourrait donc se traduire dans les faits par une diminution supérieure du "potentiel combatif" que les brigades représentent.
  14. Des structures séparées, plein de domaines (donc de structures de recherche, de technologies) devant être préservés et ne pouvant donc être mis en commun.... Ca semble pas être un vrai projet; le principal intérêt pour ceux qui le veulent chez EADS n'est-il pas de se débarrasser de la place que prennent les Etats français et allemand dans le processus de décision, soit en fait une révolution de palais sous couvert d'opération "industrielle", juste une question de pouvoir?
  15. Le mode d'action de la dipomatie chinoise a toujours été de "lancer des sondes", de tester, d'asticoter et de voir jusqu'où ça marche (prenant tout ce qu'ils peuvent au passage) avant de reculer, et le degré auquel il poussent l'exercice dépend autant de la faiblesse (réelle et perçue) de la position du pays "testé" que de l'état de la politique intérieure chinoise et de la sensibilité de la scène politique intérieure à la problématique extérieure concernée. Avec le Japon, c'est vite épidermique. Ces manifs vont quelques crans plus loin, ce qui reflète avant tout la faiblesse actuelle de la position du gouvernement chinois par rapport à sa propre situation économique (ce qui entraîne un besoin d'exutoire, de bouc émissaire) et intérieure (violences en tous genre à grande échelle sur le territoire). On n'est agressif que quand on a de réels problèmes. Et là, c'est une agressivité et une gesticulation qui peut leur coûter, étant donné la position d'investisseur du Japon qui a l'avantage de ses problèmes par rapport à la Chine: le déficit commercial. Comme investisseur, comme il a été dit plus haut, il peut faire mal à la Chine, et le gouvernement chinois le sait fort bien. Pour que la Chine laisse les choses aller ainsi dans ses rues (qui ne sont que rarement spontanées et pas aidées à un niveau ou à un autre par les autorités), c'est que le gouvernement a besoin d'exutoires de court terme pour focaliser l'attention.
  16. Personne ne l'a vraiment. C'est le genre de trucs où il faut pas mal réfléchir avant, mais surtout se mettre d'accord, et plus encore se lancer aussi vite que possible et ajuster/corriger en temps réel, sinon tu ne fais jamais. Plus j'étudie le domaine des organisations humaines, du fonctionnement interne des groupes, sous-groupes et équipes, des processus de décision (surtout impliquant le domaine politique) et des "mémoires" et cultures institutionnelles (pas ce qu'on préserve consciemment, mais ce qui semble s'imposer malgré les consciences et les volontés), plus cela me semble une constante absolue. Ce sont d'ailleurs les quelques mois/années de genèse qui peuvent créer l'essentiel de la "culture" d'une armée: Tsahal est un excellent exemple de ce fait étant donné que malgré son organisation actuelle, elle porte encore en elle les improvisations (devenues institutions sédimentées), ratages et questions non résolues de ses débuts. La question ici est évidemment d'avoir des "officiers novateurs", mais surtout des jeunes tout court, avant tout pour leur faible exposition à la culture de l'AdT: il faut commencer avec des pages blanches (ou à peu près). Commencer à bas niveau avec des bas officiers, sous-offs et leurs équipes toutes chaudes de l'Afghanistan serait tout indiqué, pas tant pour les spécificités du théâtre que pour l'entente, les dynamiques de travail, l'attitude "no bullshit" de ceux qui ont du s'adapter sur place et apprendre à se mettre d'accord rapidement. Le problème ne serait pas tant de faire des unités combattantes, à partir d'un "régiment" provisoire d'entraînement unique dont on définirait préalablement le modèle, les formes d'entraînement (c'est là où les consultants étrangers, notamment marines, auraient un rôle à jouer) et de mise en train générale, avant d'aiguiller vers les premières unités/sous-unités spécifiques dont le premier moule (attendant les premiers RETEX et propositions d'adaptation/optimisation); le premier vrai grand challenge reposerait dans l'organisation d'une nouvelle culture du commandement. La taille des équipes de travail, la recherche du rythme des processus de décision, d'une culture commune, d'équipes durables, d'un langage commun, d'une chasse aux habitudes actuelles des EM (novlangues, tactiques bureaucratiques, culture du chef....). Et le challenge suivant est de chapeauter ces unités "physiques" de mêlée, d'appuis, de soutien et de commandement (intégrées au plus bas échelon possible) par une structure permanente. Là est le grand casse gueule potentiel. Mais je ne vois aucune piste de vrai changement sans création ex nihilo, la pesanteur de la mémoire/culture institutionnelle étant un atavisme trop puissant pour autoriser de vraies évolutions. C'est personnellement mon avis, et j'ai du mal à imaginer quelque chose de satisfaisant qui ne passe pas par de grandes bases, concentrant au moins un échelon brigade; les pions de manoeuvre de base souhaitables sont de l'ordre du battlegroup/MEU (MEU = 2200h tout compris pour mémoire: ground, air et command elements), soit un bataillon interarme fondé sur une infanterie abondante (pas un bataillon à l'anglaise), et l'intégration interarme exige le rassemblement permanent des éléments de cette unité. Mais faire des garnisons de cette échelle est difficilement acceptable sur le plan de la gestion, donc rassembler 3-4 de ces unités sur un même lieu est peu évitable. Ca semble anecdotique, mais ce serait effectivement une nécessité absolue allant avec un changement passant par une phase transitoire avec cette "brigade expérimentale" servant de fil rouge à la conduite du changement. Identité visuelle et symboles font partie du sentiment d'appartenance, du "message" envoyé vers l'extérieur et du changement de vocation du nouvel outil. Et tant qu'à faire, ça aiderait à se débarrasser de cette couleur "terre de France" et du design figé d'uniformes qui même neufs, mettent une odeur de naphtaline dès qu'on les regarde. J'aimerais savoir qui, tout d'un coup, a décidé que "tradition" rimait avec des symboles figés quelque part entre la fin du XIXème et l'entre-deux-guerres (un peu comme les "costumes traditionnels" des provinces, qui pour la plupart datent d'un volontarisme identitaire plutôt artificiel de la fin du XIXème et aucunement de grandes réalités historiques), avec rien avant et rien après. Typiquement le reflet du fonctionnement (ici pour des détails cosmétiques) d'une certaine culture institutionnelle et de la façon dont elle se fige et refuse le changement. Pour la présence de consultants étrangers: outre des experts civils, militaires et ex-militaires pour le niveau "supérieur" de réflexion, quels sont les corps militaires qui, selon vous, présentent des particularités, une mentalité utile pour une telle réforme? Personnellement, les 3 corps de marines particuliers qui décrochent le regard sont l'USMC, les RM et le corps des marines sud-coréens (peut-être redondant vu sa proximité avec l'USMC). S'y ajouteraient les armées qui ont pris le parti de l'interarme organique à l'échelon bataillon, Norvège en tête.
  17. Le but serait avant tout tactique et culturel, et il ne s'agit pas de se confier entièrement aux mains d'autres, mais en l'occurrence de plus refonder à partir d'autres bases culturelles que ce qui existe dans l'AdT et qui semble si profondément implanté que j'ai quelques doutes sur l'opportunité de confier la conduite du changement à des officiers existants. Cette conduite devrait nécessairement se faire suite à un travail préparatoire de discussion et confrontations de propositions, et lancé aussitôt que possible pour faire des erreurs et leur trouver des solutions "en temps réel", sur le tas, au plus bas échelon possible à chaque coup, et surtout propres à la nouvelle institution qui doit impérativement mélanger d'emblée plusieurs cultures (TdM, légion, biffe, fusilliers marins, fusiliers-commandos, marines, Royal Marines....). Après, il s'agit de voir où l'apport des "consultants" étrangers peut être utile: organisation, commandements à certains échelons, mentalité interarme.... Y'a de quoi faire. Pour mémoire, une bonne partie de l'armée française, et indubitablement l'infanterie permanente, a été à la base formée complètement sous les auspices de consultants étrangers: la formation des Bandes de Picardie dans les années 1470-1480, sur décision de Louis XI, a été faite en bâtissant un camp militaire pour l'occasion (le Camp dit du Pont de l'Arche), dont la direction et surtout l'encadrement de la formation (et pendant un moment, l'encadrement des unités) a été confié à un contingent assez conséquent de consultants ;) suisses, et ce afin de créer réellement ex nihilo une infanterie de bataille "à la suisse", soit de piquiers combinés avec des éléments internes de choc (hallebardiers), de tir et reco (arbalêtriers) et de transmissions (enseignes et musique militaire, et avant tout les tambours pour orchestrer la marche et les formations). Avec ces formations devait évidemment naître un commandement de type nouveau (une corvée à l'origine pour les nobles qui s'y trouvaient consignés), dans un premier temps pris en charge par des officiers suisses expérimentés issus des guerres de Bourgogne. Ce fut un changement culturel majeur, entièrement emprunté à l'étranger, qui entama le changement de la culture de l'armée, et plus largement la conception du métier et de l'art militaire, en plus de déplacer le centre de gravité de l'armée vers l'infanterie, même si dans un premier temps, les compagnies d'ordonnance restèrent prééminentes (infanterie légère, arbalétriers à cheval, et surtout gendarmes lourds à cheval, le top du top).
  18. Et pour répondre à ce que tu disais juste avant ça, ça n'emmerde pas trop les marines pour développer aussi leurs unités spécialisées, "à capacités spéciales" et spéciales. Ceci dit, une microculture de type régimentaire n'est pas dommageable pour certaines unités très spécifiques, bien au contraire. Aux USA, où la liberté d'expression dans les forces existe dans une certaine mesure, ou dans d'autres armées à la culture hiérarchique plus informelles, cela ne nuit pas à l'efficacité. Et même dans l'armée française, il y eut diverses époques (y compris récente, comme l'armée d'après-guerre) où cette culture n'est pas poussée à un degré aussi dramatique et dramatiquement con et contre-productif. Le degré auquel c'est poussé n'a rien à voir avec la culture française en particulier, et reflète plutôt le microcosme de plus en plus fermé qu'est devenu l'armée, avec pour le couvert "chic" ses dehors de gardienne d'un (faux) temple de plus en plus décrépit. Evidemment, quelle que soit la culture, il y a une part de reluctance à être critiqué pour un chef, mais à un point tel? Ceci dit, il est difficile, voire impossible, de mesurer l'étendue de cette culture sur l'ensemble de l'armée, sa mentalité (jusqu'au dernier troufion), ses dynamiques internes, ses façons de travailler en équipe, ses interactions à tous niveaux (hiérarchiques, horizontales, inter-services....), mais elle est énorme. Et c'est pourquoi créer en interne une nouvelle structure, sous forme d'une brigade "expérimentale", si possible puisant dans le jeune et d'emblée dans l'interarme et dans les fusilliers marins (voire aussi fusilliers commandos, histoire d'avoir autant de variété que possible) avec des consultants étrangers (des marines semblent indiqués), serait salutaire pour réellement changer de paradigme.
  19. Avant même d'envisager le format, les missions.... D'une AdT amputée en taille et de voir comment maximiser l'efficacité des petites unités (celle qu'elles ont par elles-mêmes, pas comme partie d'un tout), j'avoue que le blog de Goya m'a beaucoup relancé sur les questions de "culture" de l'armée et des armes ;), des paralysies et immobilismes qui en découlent souvent, de l'impact sur la coopération interarmes et entre officiers/EM en particulier, et en fait sur les questions de commandement. L'un des articles était particulièrement éclairant sur la genèse de la culture des officiers au XXème siècle, mais on peut y ajouter (quoique ce soit en partie lié) la culture du chef particulière à la France (paternalisme, non remise en cause du supérieur, non écoute des échelons inférieurs, chanter la chanson officielle à outrance, tendance au micromanagement....): la plupart des traits fondamentaux ne sont pas particuliers à la France, mais les degrés divers auxquels ils sont poussés sont eux uniques. Plus largement, les problèmes du commandement en général (les "novlangues" comme celles constatées dans l'OTAN, la tendance "bol de spaghettis", la surpopulation des EM, l'efficacité décroissante avec l'effectif, la lenteur des rythmes d'opération, la tendance bureaucratique et à créer des "administrateurs en uniforme", la paperasserie dans l'opérationnel, la rédaction des ordres....) sont à mon sens l'un des premiers sujets de focus. Il semble que les USA, après des constats en Irak et Afghanistan, aient lancé pas mal de chantiers peu visibles mais de grande importance sur la formation des officiers (initiale et continue), la culture d'écoute et d'échanges, la simplification et l'optimisation des processus de décision (au final plutôt alourdis par les nouvelles technologies plutôt qu'accélérés).... Une AdT plus petite a l'absolu devoir de s'attaquer à ce sujet qui sera probablement la première clé d'une efficacité renouvelée: une toute autre culture du commandement, de l'approche de l'info, de la hiérarchie.... Sur le blog de Goya, la comparaison avec les différents types de structures de gangs criminels, de même que la comparaison de la capacité culturelle d'adaptation entre les armées anglaise et israélienne sont assez éclairants sur ce plan.
  20. Oui, il a un penchant pour le low cost, ce qui, au moins dans un premier temps, ne serait pas si mal: comme toutes les contraintes, ça aide à réfléchir et remettre la pensée tactique/opérative et la culture au centre. Mais grosso modo, il prêche pour un "modèle" hybride question technologies.
  21. J'avais pas vu qu'il avait tant publié pendant l'été: j'ai donc fait mes petites lectures, et il semble quand même qu'il tourne déjà souvent autour des mêmes thèmes: - comment faire plus et mieux avec moins - ce qui alourdit et fait merder les processus de choix d'armement et les processus de décision (commandement opérationnel) - les exemples militaires et non militaires pouvant inspirer dans ces domaines C'est franchement captivant, et je pense surtout aux domaines de culture d'organisation et de processus de décision, qui sont à la fois ceux où les réformes sont techniquement les plus aisées et les moins chères (tout à fait ce qu'il faut maintenant) et à la fois ceux où les dites réformes seront les plus dures à accoucher tant elles supposeraient une remise en question des habitudes et modes de pensées existant. A noter aussi, sa non exaltation devant l'armée anglaise :lol: (particulièrement le corps des officiers et le système régimentaire, porteurs de la "culture" de l'armée brit) non que j'ai envie de voir de l'english bashing :-X, mais ça aide à mettre en perspective ce qui sinon semble être une mise au pinacle unilatérale partout ailleurs. En notant en passant que le rassemblement d'unités interarmes sur des bases plus grandes n'est pas souhaité que par moi :lol:.... Cela me semble de plus en plus le seul moyen de changer la culture des organisations internes à l'armée. Ca ou, tant qu'à supprimer des brigades, on en supprime une de plus pour la reformer immédiatement sur une grande base unique, avec des cadres nouveaux tout frais tout beaux (issus de l'AdT -toutes branches confondues- et des fusiliers marins), pas encore trop pollués par la culture ambiante, et avec un pool de conseillers venus des Marines :-[. On tient l'unité à part un moment, le temps qu'elle se forme, et on a une maquette de "new model army".
  22. Oui, mais Napoléon avait dissout l'unité, dont le déploiement et la mise en place étaient trop longs au regard de ses exigences en matière de rapidité de mouvement des armées.... Pendant la Guerre de Sécession, ce handicap avait été surmonté (le gonflage des ballons surtout), sans doute aussi en partie en raison de l'échelle des opérations et des portées d'artillerie qui exigeaient un plus grand champ de vision, ainsi que de la profondeur des dispositifs qui devaient rendre l'exigence de mobilité des armées de campagne moindre (avec en plus le déplacement par train).
  23. Tancrède

    Les robots de combat

    C'est tout le problème d'un sujet particulier, puisqu'on parle d'armée qui est une chose globale: il faut redimensionner le focus du sujet pour voir comment il s'inscrit dans un tout et s'il peut le faire, au-delà de l'émerveillement ponctuel (légitime) sur une performance technique particulière. Autre problème de ce sujet en particulier: "les robots de combat", c'est vraiment vaste :lol: (comme le combat).
  24. Où l'on voit qu'il s'agit avant tout de réflexion, d'organisation, d'expérimentation, de volonté, d'habitudes culturelles à déboguer, de faux conforts intellectuels (certains appelés pompeusement "traditions") et de frais somme toute pas énormes (mais surtout en entraînement, frais courants....), avant de commencer à parler équipements plus conséquents. Ce dernier point viendrait aussi, mais seulement après refonte du modèle. Repenser les "pions" tactiques et opératifs sur la base de compagnies et bataillons d'infanterie interarmes semble la seule voie pertinente, et pourtant elle n'est pas vraiment adoptée pleinement. A l'aune du sujet et du thème récemment mis en avant de la "maritimisation", ça aurait pourtant beaucoup de sens de se "us-mariniser".
  25. Si elle flotte, c'est une sorcière, si elle coule, elle était innocente, mais quelque part, personne la regrette; dans les 2 cas, elle est foutue :lol:. Imparable comme système. Les médias fonctionnent un peu dans le même registre.
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