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Tout ce qui a été posté par Tancrède
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De toute façon, ils ne s'assaisonnent pas de part et d'autre d'une planète, mais je ne me rappelle pas que l'auteur ait mentionné cet effet de distorsion de la "perception" des systèmes de détection. La question ne se pose peut-être pas trop vu que les adversaires, en raison principalement des portées de détection et de tir, ne semblent pas être à des distances suffisantes pour justifier les phénomènes décrits (qu'il ne quantifie pas). Par ailleurs, l'effet de contrainte sur les délais de transmission de l'info par la vitesse de la lumière est lui pris en compte, ce à quoi il échappe par les technologies fondées sur les ondes gravitiques (détection et com); est-ce plausible, cela a t-il même un semblant de base scientifique? Ou est-ce un artifice "deus ex machinesque" d'un auteur ayant besoin de son coup de baguette magique pour donner un avantage technologique hors de mesure avec les techniques existantes afin de créer un effet "révolution militaire" certain débouchant concrètement sur un avantage tactique décisif et pas rapidement rattrapable par d'autres nations (avantage nécessaire pour compenser de façon réaliste les déséquilibres de taille des belligérants)?
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Aaaaah, enfin! Quelqu'un qui me dit le truc en moins d'une demi-ligne :lol:. Ben apparemment, dans la saga HH, ils commencent avec le toutim radar/lidar/onde gravitique (un vaisseau a le panachage et la fusion de données qui va avec), puis ce sont les ondes gravitiques qui sont développées pour développer des communications FTL permettant entre autre de pouvoir guider la trajectoire des missiles quasiment en temps réel sur de TRES longues distances (donc portées de tir utiles; je parle de longues distances à l'échelle d'un combat, donc intra-système solaire) aussi bien qu'avoir des communications sur les mêmes distances sans le "lag" de communications limitées par la vitesse de la lumière (limitation inhérente au laser qui domine les coms du début de la série et encore celles d'une bonne partie des nations protagonistes dans les derniers tomes en date). En parallèle, la miniaturisation et un progrès inédit dans la technologie de fission nucléaire (technologie jusqu'alors considérée comme "finie" dans ce monde) permettent de construire des missiles "à étages" de propulsion (multi-drive missiles) dont les portées explosent. Au début de la série, les plus gros missiles ont une portée pratique tournant autour de 4 millions de kilomètres; au stade actuel, les plus performants peuvent donner jusqu'à une soixantaine (plus encore s'ils font une partie de leur trajet en ballistique et que le système de contrôle FTL peut les gérer). Au regard de ma question plus haut, dans quelle échelle de "portée" est-on avec ces distances, étant donné l'article cité par Drakene?
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Ca, c'est encore un truc que j'entrave pas: les "lidars". Je vois ce mot partout et je sais foutre pas ce que c'est (juste à quoi ça sert :lol:, ce qui est tout ce qu'on demande à un lecteur). Mais dans Honor Harrington, la détection longue portée passe avant tout par des "capteurs gravitiques" (qui servent de plus en plus dans la série aussi de moyen de com FTL ce qui finit par révolutionner le combat).
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Qu'est-ce que tu appelles "longue" et "courte" portées? C'est en outre oublier le facteur (scientifiquement prouvé) des "5C" d'un auteur ;): y'a des ordis qui calculent tout ça et rendent l'info pour les humains, nananaère.
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:lol:Pareil. Mais bon, dès le début ils donnent des tonnages et tailles, même si ça reste plus abstrait. La pinasse parle plus à l'imagination dans un premier temps. Pour moi, y'a aussi eu les BAL de base, assez tôt, le côté "40 000 tonnes" me les plaçant vite dans le gabarit d'un petit PA compressé (les métaux sont plus denses, et un BAL n'a pas d'espace interne pour un équipage nombreux). C'est à la fois le côté absurdement géant et exagéré de la SF, mais qui se trouve compensé par un univers aux ressources mécaniques et humaines illimitées (on réfléchit à l'échelle de systèmes et planètes, d'économies hautement mécanisées) et reposant sur le "fait acquis" de l'anti-grav dans quasiment tous les aspects de la vie courante: hauteur des immeubles, bagnoles, gravité artificielle, propulsion des vaisseaux mais aussi des projectiles ballistiques, et surtout perte d'une bonne part de nos repères instinctifs en matière de poids et tailles des matériaux et structures qu'on peut assembler, et du temps pour le faire. Cette technologie là, comme "base" scientifique a priori de l'oeuvre, est vraiment bien utilisée/intégrée dans l'univers, pensée dans une gamme maximale d'application.... Mais ne pigeant rien aux principes, je ne peux que la prendre comme un fait et de là, raisonner sur ses champs d'application. Ca m'a suffit jusque là. Apparemment, dans les romans, les champs gravitationnels complexifient les calculs, mais pas trop non plus vu qu'il y a pas mal de sauts intra-systèmes, mais surtout usage généralisé et calculé de l'arrivée/irruption au sein d'un système, qui est utilisée comme tactique de bataille (en ayant des unités en attente en hyper), précisément pour des embuscades ou des flanquements surprise après avoir incité un adversaire à commettre toutes ses réserves dans l'affrontement. Mais c'est un sport qui ne se pratique vraiment que pour une attaque où on est sûr qu'il y aura de la castagne entre flottes: - en arrivant en territoire ami/neutre/inconnu, et/ou à l'improviste, c'est considéré comme malpoli de se pointer direct dans le système - se pointer dans un système hostile direct à proximité de centres du dits systèmes, c'est s'exposer aux systèmes de détection et de défense fixes qui s'y trouvent; faut vraiment savoir s'ils sont méchants et où ils sont (et être sûr que son rens est bien à jour) pour tenter ce coup là. - apparaître à l'hyperlimite et non au plus près, ça permet dans bien des cas certes de s'exposer, mais aussi de voir venir l'ennemi, de le séparer de ses défenses fixes de système (armes d'appui dans ce cas), de mettre en place une tactique/stratégie peut-être plus rentable, mais aussi, si on a une force dissuasive, d'éviter la casse potentiellement inutile de part et d'autres si les forces sont déséquilibrées (ou qu'on peut le faire croire). On évite ainsi de gaspiller des munitions, du matos et des personnels, même si on est sûrs de gagner, et ce d'autant plus facilement que cet univers, dans sa quasi totalité, a un accord signé et généralement respecté contre le bombardement orbital des planètes (si la planète se conforme à certaines obligations), ce qui réduit l'affrontement à une dimension avant tout spatiale. Les industries et centres orbitaux sont la marque de la puissance (c'est là que les vaisseaux et missiles sont fabriqués, que le commerce passe....) et de la valeur d'une planète. Donc une dont on démolit les défenses orbitales et les stations (et le trafic) en orbite est virtuellement hors de combat pour un moment. Ce qui veut dire, militairement, que la contrainte de défense par des flottes de combat perd un certain niveau d'urgence (pas de désastre humanitaire ou de masses de victimes civiles à craindre, sachant en plus que l'on laisse généralement un peu de temps aux personnels en orbite pour évacuer et/ou se rendre). Un responsable de flotte de défense planétaire peut donc généralement (sauf si c'est la dernière ou la seule planète) choisir de se retirer face à une force trop supérieure, sachant qu'il ne cède que du terrain et préserve ses moyens dans le cadre d'une guerre plus vaste. Si la planète est cruciale, elle est généralement munie de défenses difficiles à surpasser de beaucoup, ou alors, c'est que le camp attaqué est vraiment sur la fin et n'a plus d'options. Ce qui semble être dangereux, en revanche, c'est -et là je pige encore moins- un "cône d'ombre" créé par une planète, sorte "d'ombre projetée" gravitationnelle d'une planète à l'intérieur de son système (là je sais franchement pas ce que c'est). Manticore, en ce domaine, est un endroit dangereux pour ce sport, vu que la majorité des objectifs militaires sont les planètes habitables et que le système en a 3.
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Je suis en train de me demander si la caricaturalisation croissante de la vie politique, la bipartisanisation avec fossé au centre de plus en plus infranchissable, l'incapacité des 2 blocs à s'entendre sur quoi que ce soit, ne va pas un jour commencer à impacter la défense dans un autre registre qui lui pourrait être consensuel vu qu'aucun des dits blocs n'en a rien à foutre: - maintien de la dissuasion, peut-être réduite à la composante sous-marine - maintien et développement d'un volume croissant de FS couvrant un spectre de plus en plus complet - une brigade de "coopération internationale" pour les opérations de maintien de la paix, secours en cas de catastrophes naturelles.... Rôle accessoire: participer aux opérations "européennes" (qui sont essentiellement les types de missions susmentionnés) - un groupe aéronaval (du moins tant que le CDG sera là) et d'un nombre réduit de SNA, avec en plus une stricte suffisance pour la surveillance immédiate des territoires d'outre mer - une petite force aérienne projetable pour faire de la gesticulation et quelques trucs pas utiles au-delà du niveau tactique (et à échelle réduite) - une petite brigade symbolique "d'alerte" hyper-super-top au point de tout ce qui se fait de mieux.... Qui servira surtout, selon les cas, à aller faire de la présence quand les ricains le demandent. Bref, c'est pour faire le petit coup de poing en Afrique, faire le toutou de l'oncle sam, appuyer les FS et dire qu'on est "prêts à intervenir" méchamment. - et pour le reste, des grosses commandes de matos pour une "réserve" peu ou pas convoquée, histoire de faire du keynésianisme utile, de continuer à exporter parce qu'il y a ainsi des commandes françaises et de faire chuter les budgets personnels et pensions, ainsi que les frais des implantations au sol. Seul coût politique: les râleries de quelques mairies dont un certain nombre seront achetées. Bref, une armée avec quasiment plus de militaires, beaucoup de matos et bien peu de ces ennuyeuses questions de politique étrangère et de volonté politique sauf pour les trucs symboliques et réchauffant pour le coeur (attention, beaucoup sont utiles politiquement et "rapportent" au pays). Ca coûte moins cher, mais on maintient les clientèles politiques, les lobbies en place, les effets économiques "qui comptent".... Parce que ce que les politiques n'aiment pas, dans les armées, c'est toutes ces contraintes financières liées aux personnels qui ne sont pas un électorat, ce parc d'implantations vaste et coûteux à l'année, et ces ennuyeuses "questions stratégiques" qui leur rappellent qu'il y a un monde qui ne répond pas aux logiques de leurs combinaisons nationales déjà très compliquées à gérer.
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Apparemment, il commence à avoir des engueulades avec les éditeurs (Baen) parce que ses derniers bouquins sont des tartines monumentales (le dernier tome a été coupé en 2: première partie parue, 2ème en attente), avec des passages vraiment croissants qui sont des reprises/re-développements déjà bien tartinés avant, du quasi copié-collé des diverses séries en cours (puisqu'elles sont simultanées et dans le même univers) pour en assurer la compréhension globale (mais vu le niveau de répétition, on a plus l'impression d'être pris pour un attardé à mémoire de poisson).... Le dernier événement en date est le refus de l'auteur de laisser la 2ème partie du dernier tome de la série principale être diffusée tant que le dernier tome (en cours d'écriture) d'un spin off ne sera pas paru. Mais que veux-tu dire par un oubli des luttes de factions? Y'en a plein au sein de la politique manticorienne, du parlement graysonien (simplifiées entre méchants conservateurs débiles et gentils progressistes, d'accord, ceci dit, la manière de l'opposition est plutôt bien rendue, sauf les débordements extrêmes), de Havre et de des Solariens. Plus encore, les transcriptions de ces luttes, ou les querelles d'experts, au sein des amirautés, commandements et services (manticoriens surtout, mais aussi et de plus en plus havriens et solariens) sont plutôt pas mal. Oui, les "missiles" sont de fait des vaisseaux non habités, des drones porteurs de charges d'attaque, de systèmes de guerre électronique divers ou de systèmes de guidage collectifs: un missile de guidage "chaperonne" plusieurs missiles armés, corrigeant ses approches et pouvant suivant les cas être reprogrammé en cours de route et informé de plus en plus en temps réel depuis le vaisseau qui l'a tiré ou un autre, voire une plate-forme spécialisée. A côté de ça, il y a aussi des drones plus proprement dits (systèmes d'observation et parfois de guidage ou de leurrage, moins volumineux, le drone étant aussi plus grand et fait pour l'endurance) qui eux évitent d'utiliser leurs bandes gravitiques pour raison de furtivité, ou les emploient à très faible puissance. Ceci dit, les tailles des missiles varient beaucoup, suivant les vaisseaux pour lesquels ils sont faits, la nation productrice (aaah, les Manticoriens et leurs capacités à la miniaturisation).... Mais oui, les bouzins des navires du mur ont un gabarit indécent. Ceci dit, la révolution du pod semble avoir induit un certain degré de standardisation, réduisant le nombre de tailles de missiles et forçant un changement majeur dans la construction navale, qui me semble relever d'une analogie de la "révolution" du dreadnougth. Temps, distance ET accélérations, le tout par rapport aux points de référence que sont les orbites de planètes, "l'hyperlimite" (truc que j'ai VRAIMENT compris très partiellement) et le "plan horizontal" qu'est l'elliptique (par rapport au soleil d'un système je suppose). Aïe la tête! Et assez vite, je commence à entraver que dalle: pas que je saisisse pas le global (ces romans sont faits pour), mais c'est alors une lecture plus "passive" et y'a cette impression lancinante, qui se retrouve dans d'autres passages, notamment tout ce qui a trait aux technologies fondamentales de cet univers, de pouvoir se faire enfiler n'importe quoi dans le trou de balle sans s'en rendre compte :-[ :lol:.
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Tu ne crois pas qu'ils le savent mieux que toi ou qu'ils n'ont pas de meilleures sources d'info dans la plupart des cas ;)? C'est juste que, comme le dit Raoul, ils prennent leurs décisions en fonction d'autres facteurs, certains légitimes, d'autres nettement moins: - leur capacité à faire voter une mesure (capital politique), en assurer l'exécution et la cohérence toute relative, sans pour autant handicaper leur capacité simultanée ou ultérieure à en faire voter d'autre. Tant vis-à-vis de leur électorat que, surtout, de leur base politique (élus, niveaux de décisions, soutiens de divers types) nationale et locale. - l'impact que ça aura à court et moyen terme sur leurs clientèles électorales locales et nationales qui ne sont pas des catégories si unitaires, compatibles et durables que l'on pense. - les deals marchandables avec l'opposition/les oppositions et/ou "modérés" (sur une question plus qu'en général) - les contraintes "externes": marchés, groupes d'intérêts économiques (entreprises et secteurs pouvant peser au niveau local ou national) sociaux/sociétaux, les pays partenaires - enfin, dernier facteur parmi les derniers, une certaine idée de "ce qu'il faut faire et comment le faire dans un monde idéal" (ça, c'est la vraie place de l'idéologie/des idées d'un parti, et ça vient en bon dernier pour les vrais acteurs qui prennent les décisions)
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C'est un des défauts inhérents au genre: les auteurs sont limités en ce domaine par leur capacité à déterminer les "niveaux" techniques et scientifiques dans TOUS les domaines alors que généralement ils ne partent que de quelques-uns dans certains domaines qui les intéressent, voire les fascinent. Par ailleurs, les domaines qui les intéressent ou les fascinent moins, ou dont les développements "gênent" la vision du monde de leur intrigue tel qu'ils voudraient le voir, sont sous-développés, voire mis au rencart, pas pris en compte du tout ou au moins à leur juste mesure. Exemple dans le cas de cette saga: quid des nanosciences et de leur immense champ d'application, voire des biotechs et de leur éventuelle "fusion" dans les sciences des matériaux? Dans ce domaine, les blindages des navires procèdent ainsi toujours de la "métallurgie" (même si ça a l'air d'être un truc bâtard entre plastique et métal); moi j'aurais pu imaginer des blindages "vivants", ou au moins autorégénérants, ce genre de trucs. Vu que l'auteur se projette au tout début du XXème siècle.... Post Diaspora :lol: (ça doit tourner autour du premier tiers du Vème millénaire ap JC), on pouvait espérer plus dans ce domaine et plein d'autres. Mais fondamentalement, il garde les mêmes "catégories" de sciences et techniques (physique, chimie, médecine, métallurgie, informatique....) alors qu'on peut supposer que la nomenclature des sciences, surtout appliquées, devrait avoir légèrement changé d'ici là :lol:, certaines fusionnant, certaines naissant, certaines changeant, beaucoup de bases évoluant.... C'est évidemment très dur de réellement "imaginer" le futur dans sa totalité. Là, Dune a encore pris un parti pris de base plus intelligent par bien des aspects en ne se focalisant pas sur la science et en bannissant certains facteurs fondamentaux de son évolution via le Jihad butlérien et le bannissement des ordinateurs plus évolués que de "simples" calculateurs sophistiqués (boosters de toute science exacte). Bref, il y a quelques domaines où un auteur de SF prend et intègre aussi pleinement que possible un vrai "changement de monde" via une avancée scientifique-technique et tous les changements directs et indirects qu'elle amène, et d'autres domaines, la grande majorité, où c'est la même chose qu'aujourd'hui en plus grand, plus rapide et plus puissant (une version 2.0 de tout, quoi :lol:). Dans cette saga, à part l'anti-grav et le prolong, plus éventuellement le développement de l'ingeniering génétique, y'a que de la technologie actuelle en version ++.
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Oui, il me plombe aussi, mais déjà je lis en anglais, et quoiqu'on en dise, outre le petit "effort" (vu que j'ai une part de mon activité en traduction, il est minime) supplémentaire, ça enlève une couche de niaiserie: elle reste énorme, parfois plus vu le "ton" sentimentaliste exagéré/outrancier trop naturel aux auteurs commerciaux américains (c'est leur version des "romans du moi".... Nous on a Angot et Marc Lévy :-[), mais ça enlève une impression de mauvaise photocopie un peu artificielle qui aggrave l'effet initial (mon impression est que le budget consacré à la traduction par l'éditeur français est assez moyen). Cependant j'avoue vraiment être dans le trip, à cette réserve près (un peu comme mater la version longue du seigneur des anneaux en zappant les chapitres DVD avec Frodon :lol:), de la "méta trame" historique, politique, militaire (les combats, les opérations et la stratégie fondamentale -incluant la R&D et sa traduction industrielle, plus les délais impliqués entre les 2). Autre réserve importante (y'en a aussi des mineures): comme souvent chez les ricains, le personnage central (et les personnages centrux en fait) ont trop tout. Ils doivent être pétés de thune, beaux comme des dieux -mais de façon originale :P, gentils, justifiés moralement dans leurs moindres actes (tandis que les méchants très méchants en face, s'ils font la même chose, sont trop unilatéralement des ordures de faire ces choses), ils sont bons en tout ou mettent peu de temps à l'être dans un nouveau domaine, ils n'ont apparemment jamais besoin de sommeil et sont toujours au top, ils ont de fausses faiblesses.... Qui plus est, et c'est la mode, y'a une bonne dose de féminisme abêtisant dans le principe si bien que les hommes sont souvent des cons et salauds à deux mains gauches ou des mecs bons, mais juste dans un seul domaine (mais attention, toujours moins bons que l'héroïne, quel que soit le domaine) ou un nombre très limité de domaines. Cette tendance très américaine est déjà énervante avec des héros mecs "classiques", mais là elle est poussée très loin dans la narration avec prise de position trop négatrice des problématiques impliquées par ce que l'auteur veut mettre en avant. La culture militaire/stratégique est un peu trop exclusivement américaine, avec les certitudes affirmées comme vérités absolues que ça suppose. Cependant j'aime vraiment sa description des façons dont fonctionnent les institutions en interne, surtout les grandes organisations gouvernementales et militaires, vues du points de vue des individus et des petits groupes: il y a là une vraie connaissance des sciences organisationnelles et du fonctionnement politique qui est assez jouissive à lire, de la façon dont se prennent les décisions, de leurs ramifications, de l'interaction politique-militaire.... La puissance émise via un laser dans l'espace est la même au départ et des millions de kilomètres après? Comme si un "objet" solide était projeté "ballistiquement"?
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[Piégée avec Gina Carano]
Tancrède a répondu à un(e) sujet de Philippe Top-Force dans Livres, magazines, multimédia, liens et documentation
C'est quand même un beau navet selon moi: sans intensité, sans suspense, il ressemble juste à un mauvais prétexte (au scénario sorti des films d'arts martiaux des années 80) pour montrer la super-nana qui fout la pâtée aux mecs ;). -
Non, apparemment, pour cet aspect là, les explosions "pompées" des missiles à têtes lasers (les plus employés en combat, les nukes ne pouvant que peu face aux bandes gravitiques mêmes faibles des flancs et ayant une forte proba d'interception) sont multidirectionnelles; chaque missile envoie, quand il atteint sa portée d'attaque, un certain nombre de faisceaux, ce qui répond avant tout -besoins du roman ou fait scientifiquement possible- à la nécessité de couvrir les immenses distances de combat. Les vaisseaux sont en effet très dispersés vu l'échelle des combats et la contrainte des bandes gravitiques (les ventrales et dorsales de 2 vaisseaux doivent être tenues TRES éloignées les unes des autres, vu que si elles se touchent, ça fait très bobo), et les distances sont de toute façon énormes: les probas de toucher sont donc réduites par la taille de cet espace tridimensionnel, les vitesses de déplacement (les vaisseaux sont pas à l'arrêt) et les défenses antimissiles (ECM/brouillage, leurres, antimissiles et CIWS) contraignent en plus les missiles à des manoeuvres d'approche contraignant leur autonomie, leur portée utile (les missiles peuvent fonctionner en trajectoire ballistique si une bonne vélocité est atteinte, mais ils "arbitrent" pour garder de la réserve de manoeuvre en approche, et les équipages doivent développer des schémas et tactiques d'attaque en grande partie fondés sur ce facteur). Les antimissiles, par ailleurs, sont des missiles allégés de leurs têtes d'attaque et de plus petite taille (pour en avoir plus) réalisant leurs interceptions proprement dites via leurs bandes gravitiques qui sont un obstacle largement suffisant pour détruire un missile par effleurement des bandes gravitiques.... Et un grand obstacle: par rapport à son vaisseau ou missile porteur/émetteur, une bande gravitique couvre une large surface (les plus grandes unités de guerre, par exemple, les SuperDreadnouth, mesurent quelques kilomètres, peut-être 4 à 7, et leurs bandes couvrent environs 300-400 kilomètres de long sur 100 de large). Pour un antimissile de quelques mètres (peut-être jusqu'à 6-7m), la bande couvre quand même plusieurs centaines de mètres, donc les systèmes de ciblage, ceux de guerre électronique et la densité du contre-feu jouent un rôle fondamental pour l'interception. Pour l'aspect tactique et organisationnel des flottes et des batailles, tout tourne (au moins au début de la saga, mais ça demeure, un peu moins totalement, après) autour de la notion du "Mur": les flottes de bataille s'organisent non en une file comme la marine à voile mais en un mur, plus ou moins rectangulaire, de navires se couvrant les uns les autres et présentant leurs flancs groupés et coordonnés qui concentrent 40% de la puissance de feu de chaque vaisseau (40% sur l'autre bord, et 10% en armement "de chasse" sur la poupe et la proue). Pour accélérer les cadences, les équipages très entraînés savent "rouler" suffisamment rapidement pour pouvoir tirer de leurs deux bords (sans changer de position dans le mur) plus vite que le temps de rechargement des lances-missiles d'une seule bordée, le tout sans compromettre les plans de tir, surtout de coordination des feux antimissiles. Donc les flottes se répartissent entre les vaisseaux dits "du mur" (capables de soutenir le feu adverse, d'encaisser et de rester en état de combattre) et les autres. Ils sont énormes, leurs missiles sont plus gros, leurs blindages et bandes gravitiques plus solides.... Mais leur conception et leur nombre dépend aussi de la nature de la "nation" qui les construit; les grands "empires" ont besoin aussi de flottes de défense (voire de flottes de contrôle/répression pour les autoritaires), de moyens anti-piraterie et de patrouille, de moyens de repérages vu les énormes distances à couvrir, tandis que les petites (celles à peu de planètes, voire une seule), ont des logiques différentes.... A certaines, il faut des navires de grande endurance, à d'autres des flottes punchy aux courtes pattes; certaines doivent favoriser les gros tonnages en plus faible nombre, d'autres faire des vaisseaux du mur plus petits mais nombreux.... Et la doctrine joue aussi: certaines préfèrent tout miser sur le missile, d'autres panacher avec plus d'équilibre missiles et armes à énergie, certaines doivent favoriser un emport de munitions plus important, d'autres non.... Ce qui influe sur les schémas et tactiques de tir, les choix d'engagements.... Y'a pas une question de puissance de l'émission, avec déperdition d'énergie? Ou perte de la cohérence avec la distance? Ou distorsion du faisceau passé une certaine distance? C'est l'un des trucs ou je dirais: pour qu'il y ait une histoire :lol: et que les combats soient possibles. Un postulat de base absolument essentiel et qu'il faut accepter comme tel, comme il faut accepter la magie dans l'heroic fantasy. Mais après, justement, j'y connais rien, absolument rien, en matière de forces gravitationnelles, de postulats sur l'anti-G.... Ben oui, le mot-clé est "paraissent": suffisant dans un premier temps, il fait se poser des questions -en grande partie inconscientes, ce qui fait parfois "sonner faux" des passages, ou titille- avec le développement de la série; l'auteur, nécessairement, brode et enrichit à partir des "règles de base" qu'il a fixées, et c'est là que je commence à me sentir largué parce que n'avale pas sans mâcher -même inconsciemment. C'est l'inconvénient de la lecture: l'esprit est moins passif que face à l'écran. Mais dans le genre "sentiment d'être largué", les tactiques de combat dépendant des calculs prévisionnels de trajectoires, de vitesse et d'accélération (évidemment en G :-[) pour les distances d'interception, les points de référence (par rapport à l'elliptique dans un système), les variations de portées de détection et d'interception/tir.... Me laissent à l'occasion ce petit arrière-goût de devoir "subir" le propos. T'en es où dans la saga? Histoire que je fasse pas trop de spoilers alert :lol:. En es-tu déjà à la première "révolution militaire", celle du pod-missile (je crois que dans les versions traduites, le terme est "capsule")?
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Recrudescence du néo-nazisme en Europe
Tancrède a répondu à un(e) sujet de Kiriyama dans Politique etrangère / Relations internationales
:lol: Un juif victime de la "mythification du guerrier germanique" ;)? -
Sujet un peu zarbi, mais il s'agit d'une question débat aux zéminentes têtes de matheux, geeks à lunettes et scientifiques mégalomanes qui arpentent les 0 et les 1 composant l'architexture de ce forum . Voilà le trip: je me tape depuis un petit moment une série (best seller et tout le toutim) de romans de SF militaire, démiurgique (géopolitique à l'échelle d'une galaxie, toussa quoi) à tendance occasionnellement sentimentalo-égocentriste, bref écrite par un Américain pour qui justification moralisante à deux balles (mais en 36 tartines/pages à chaque fois) et logorrhée technique (ou "psychologique" :-[ quand il s'agit d'aspects humains) tiennent lieu de "réalisme". Accessoirement, la saga a une forte tendance à donner aussi dans les développements anthropologiques, économiques, sociologiques et politiques -pas toujours inintéressants mais très très orientés. Il s'agit de la saga Honor Harrington, sorte de transcription du classique de la littérature navale militaire Hornblower (personnellement bof, même si je l'ai bouffé en tant qu'ado) à une ère spatiale dantesque. Icône d'un style dont le père spirituel est Robert Heinlein, la SF militaire, je sollicite les avis de spécialistes ici pour savoir comment prendre un sain recul par rapport à l'aspect technologique/scientifique qu'évidemment mon maigre bagage en la matière ne peut appréhender par lui-même. Tout roman de SF qui se respecte, en fait surtout les space operas, part de quelques postulats qui définissent les "règles du jeu" de son univers; dans ce registre littéraire là, il s'agit principalement de définir quel est le moyen de transport, l'axe scientifique de base qui dit comment on va pouvoir avoir une histoire multi-planètes dans un monde où les distances se mesurent en dizaines ou centaines d'années lumières (sans que les personnages meurent de vieillesse entre la poire et le fromage). Bref, chaque space opera a son hypothèse de base pour un mode de transport Faster Than Light (FTL). Perso, je trouve que personne n'a fait mieux que Franck Herbert qui a décidé de skipper toute justification scientifique sur ce plan en utilisant des semi-mutants shootés à la space-canelle :lol: qui téléportent direct des vaisseaux..... Ici, on a un hyperespace accessible via une accélération constante jusqu'au point de "passage" ou via des "trous de vers" fixes qui sont les points d'entrée (pas très nombreux) de couloirs "sédimentés" d'hyperespace. Dans le premier cas, la vitesse dans l'hyperespace est définie par grosso modo la "puissance" des propulsions et la capacité de compensation gravitationnelle du vaisseau (juste pour éviter que le vaisseau voyage, mais avec de la purée de fraise en lieu et place de passagers); le vaisseau voyageant peut ainsi pénétrer divers "niveaux" d'hyperespace (appelés "bandes": alpha, bêta, gamma....) et donc aller à diverses vitesses selon sa capacité. Dans le second, le voyage est quasi instantané (les "couloirs" fixes d'hyperespace sont des ondes gravitationnelles terriblement puissantes), faisant de leurs points d'accès (les "terminaux"), encore plus quand il y en a plusieurs dans un même système (des "noeuds"), des enjeux géopolotiques/commerciaux faramineux. Le postulat technologique qui s'accorde avec cette "vision" de base est celui de technologies anti-gravitationnelles, point si crucial qu'il est utilisé pour définir les civilisations qui sont restées avancées dans cette galaxie au final très très violente et contrastée (beaucoup de mondes colonisés depuis la terre ont régressé ou ne se sont jamais développés): il y a les civilisations anti-grav et les autres. Après, il y a d'autres trucs et fondements de base, notamment dans les sciences humaines: ces aspects là, je peux prendre mon recul et voir quand l'auteur déconne, exagère, met plus d'opinion que d'analyse, plus de préjugés que de raison.... On a aussi un autre fondement "scientifique", médical celui-là, définissant les civilisations modernes: un traitement appelé "prolong" qui, pour faire court, fait que les humains ont une espérance de vie maxi de 200-300 ans (dont l'essentiel en bonne forme) dans les mondes développés, quoique l'innovation soit encore si récente que les premiers récipiendaires du traitement n'ont pas encore 150 piges au moment où l'histoire (en fait les histoires, la série principale ayant son lot de spin offs) se déroule. Pareil pour le domaine militaire en général: je peux faire marcher mon bullshit-o-meter dans la plupart des cas quoique j'aie tendance à occasionnellement me perdre dans les avalanches de chiffres de distances et de temps :-X. Les combats se déroulent à une échelle de millions/centaines de milliers de kilomètres (et s'accroissent au fil de la série, avec les rapides progrès techniques au cours des conflits). Pour l'essentiel: - les missiles portent en millions de kilomètres et sont soit des têtes nucléaires devant péter tout près de leurs cibles, soit des têtes lasers (sorte "d'explosion" de faisceaux "pompés" quand ils sont à portée) balançant leur purée à quelques dizaines de milliers de kilomètres - les armes dites "à énergie" (lasers et un truc appelé "graser" dont je ne sais foutre pas si c'est un nom pour faire style ou un truc ayant le moindre fondement même théorique) ne portent qu'à quelques centaines de milliers de kilomètres - les défenses se composent de blindages et surtout d'antimissiles/ECM/leurres et de "point defense" (sortes de CIWS lasers) - aspect majeur de la défense et de la technologie de propulsion en général: la bande gravifique. Un navire en a 2, au-dessus et au-dessous, qui sont virtuellement impénétrables tant qu'elles sont actives, qui sont de fait le mode de propulsion principal mais aussi, par incidence, une protection déterminante (en hyperespace, ces "bandes" doivent être converties en "voiles" -grosso modo changer leur axe de déploiement d'horizontal à vertical- sinon vaisseau = boum); un navire qui en prend plein les flancs peut "rouler" par rapport à l'axe des missiles afin de présenter ses bandes ventrale et dorsale (mais les missiles sont pas forcément "cons"). Des bandes de moindre puissance sont générées pour couvrir les flancs et sont elles nettement plus pénétrables. Poupe et proue sont largement ouverts, donc des zones vulnérables qui conditionnent la construction des navires aussi bien que la tactique de combat et d'affrontements d'escadres. Et voilà un des points multiples qui me turlupinent: ces conditions pseudo-scientifiques semblent tout ramener à l'obsession -et c'est son droit, attention- de l'auteur de transposer des affrontements du temps de la marine à voile en version spatiale. Des navires ne pouvant s'attaquer par le dessus ou le dessous, aux flancs plus ou moins protégés mais pas invulnérables, et aux proues et poupes exposées, contraignant à l'affrontement en ligne de file (dont tous les tacticiens agressifs et brillants -l'héroïne au premier chef- veulent sortir évidemment). La carte géopolitique conditionnée avant tout aux "couloirs" d'hyperespace renvoie aussi au temps des rares grandes routes de navigation, donnant cependant à l'espace temps de l'intrigue un caractère sympathique pour une civilisation hyper-technologique: la transmission d'infos de planète à planète peut parfois être très longue suivant l'emplacement sur une carte, le transport d'infos dépendant de vaisseaux courriers, et certains mondes très puissants peuvent être désavantagés par l'éloignement par rapport à des "grands axes" et "noeuds". De là beaucoup d'idées et de développements, notamment dans le domaine militaire/R&D/tactique, et un auteur qui jongle ainsi sur plusieurs révolutions militaires qui sont plus ou moins des métaphores des grandes phases de l'histoire militaire navale: débat ligne de file/rupture, apparition du dreadnougth, course aux armements navals, révolution du PA (notamment l'évolution des compositions de parcs aériens), révolution du missile (via un changement de "génération" de missiles et de leurs systèmes C3I) et des antimissiles ("doctrines" AA....), débat "jeune école" vs "école du cuirassé", débat des techniciens contre les tacticiens.... Qu'on ne se méprenne pas sur mon occasionnelle condescendance de ton dans les commentaires sur la saga: beaucoup d'aspects bénéficient d'une érudition impressionnante et d'une culture technique, politique, anthropologique.... Admirables de la part de l'auteur. C'est juste que ses partis pris, a prioris et certitudes semblent parfois énervants. Et l'aspect humain est à l'occasion énervant, le "trait" de ce côté étant très américain, facile et sentimentaliste à outrance, avec de ce côté des niaiseries et faits d'ignorance bien-pensante juste un poil convenus et irritants aux entournures. Mais le fait est que dans cette oeuvre en particulier comme dans d'autres de SF "militaire" en général (pour mon cas, la saga du Vieil Homme et la Guerre -GENIALE-, les oeuvres d'Heinlein, celles de Joe Haldeman sur La Guerre Eternelle, pour l'essentiel), j'ai vraiment un problème de lecture côté scientifique, pas tellement pour vraiment dire "c'est du bidon ou pas", ou critiquer, mais pour prendre une certaine distance toujours saine au lieu d'avaler le truc plus passivement dans certains passages "techniques" que dans les autres aspects de l'oeuvre. Notamment le fait de savoir quand les postulats techniques et scientifiques soulevés sont plus là pour justifier ce que l'auteur écrit -et sont du coup plus artificiels- ou s'il obéit aux contraintes qu'il s'est créé en amenant les dits postulats comme "règles du jeu" de son univers de fiction. Parce qu'en l'état de mon ignorance scientifique, je me retrouve involontairement à trouver certains développements artificiels, voire puants, parce qu'ils semblent plus être de la lororrhée empilée/assénée pour justifier les petits désirs de l'auteur que pour constituer des évolutions logiques. Le résultat est que certains passages de ce type "sonnent" faux (avec la réserve due au fait que c'est de la SF :lol:) sans que je puisse dire pourquoi, alors que c'est peut-être injustifié. J'espère être clair :-X :-[; c'est juste pour demander des aides de lecture.
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Histoire et avenir des armées privées
Tancrède a répondu à un(e) sujet de Tancrède dans Histoire militaire
Oui, puisque les économies de ces ensembles sont organisées à l'échelle de ces ensembles, et toujours plus avec le temps: la chute de l'empire austro-hongrois a fait très mal et pour un bout de temps aux économies des pays qui en venaient (quoiqu'à une époque où les choses et la perception des choses à grande échelle vont plus vite), celle de l'empire romain fut radicale pour les pays qui en émergèrent. Mais avant cela, la féodalisation est interne, ce qui se voit dans l'empire romain à partir du IIème siècle, mais surtout pendant et après la crise du IIIème siècle (et on peut y voir une des causes majeures non de la chute de l'empire mais de l'incapacité à redresser la barre de crises majeures comme il l'avait toujours fait avant: l'orient le fait, l'occident ne le fait pas), et la société occidentale actuelle présente de nombreux symptômes de la chose depuis un bail. Le domaine de la violence professionnelle est un des indicateurs les plus forts qui soit en la matière, et sa privatisation même partielle n'est JAMAIS innocente (Italie des XIVème-XVème siècles, République romaine tardive -qui voit une privatisation de fait totale de l'armée-, Chine de la fin des Hans, Japon des IXème-Xème siècles....). Tant qu'une majorité d'Etats conséquents garde "du jeu" (des moyens), mais peut-être plus encore, tant que les populations qui les composent gardent une conscience d'appartenance d'un niveau suffisant (c'est pourquoi l'évolution interne des USA peut être inquiétante par certains aspects). Non, ce serait céder à un déterminisme historique de tendance absolutiste dans ses certitudes, qui n'est que le produit d'historiens prétentieux se la pétant de connaître le "secret des dieux" en analysant un "temps long" dont ils sont persuadés de déduire des règles immuables: les marxistes sont parmi les pires en la matière. -
On les voit un peu venir et on transforme Berlin en parking vitrifié ;). C'est ça le truc qui fait que la dissuasion est le SEUL domaine de la défense qui n'est pas une variable d'ajustement: c'est l'assurance-vie ultime qui rend flemmard sur le reste du domaine militaire. Avec en plus le protectorat américain qui fait des Etats qui l'ont des "assistés": l'idée pour les politiques, c'est "qu'est-ce que ça change d'avoir un peu plus ou un peu moins de potentiel militaire classique quand on est dans un ordre mondial dominé par un Etat à ce point plus puissant quui peut obtenir gain de cause -contre nous- partout"? Tout ce qu'il est possible de lui faire, c'est du chantage à la participation si il en a réellement besoin, ce qui est encore rare pour le moment (en tout cas pas dans des proportions importantes). Donc devant cette donne absolue et l'absence de possibilité de menace conventionnelle directe et "classique"/étatique contre le pays (pas d'ennemi avant beaucoup de milliers de kilomètres et la bombe A), la défense est et restera une variable d'ajustement du point de vue du politique. Et vu qu'en plus elle pèse pas assez lourd en personnels pour être une base électorale....
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Et y'a un parti qui encourage ça toujours un peu plus pour garder sa clientèle politique, et l'autre qui laisse filer pour que le chien ait toutes les apparences de la rage, afin de le flinguer sans problème le jour où ce sera évident.
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Etre un pays totalitaire, ou au minimum sérieusement dictatorial: ça aide vachement :lol:.
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Oui, mais la mauvaise gestion en interne des fonds des armées (désarmées? Desolé :-X) et l'atlantisme génétique d'une partie de la classe politique (c'est incontournable, mais y'en a vraiment beaucoup qui ont une pure mentalité de colonisé, ce qui pousse le vice) ont enlevé tout espoir d'avoir un jour de la vaseline, alors quand ça passe, ça frotte sec :-[.
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Oui, on oublie toujours quand on cite le Canada en exemple, que leurs réformes n'ont pu être faites que via l'argent du pétrole: ça permet d'acheter un relatif consensus politique et de couper sans trop faire de casse (comme l'Angleterre thatchérienne). La Suède a elle fait d'authentiques réformes sur ses propres moyens, mais c'est infiniment plus facile dans un petit pays: qu'on le veuille ou non, le consensus y est beaucoup plus facile pour des questions avant tout de taille (un pays de 65 millions d'habitants, c'est pas un "petit" pays, juste en plus grand: plus d'échelons "hiérarchiques", de strates de gestion et de gouvernement, des consensus politiques bien plus complexes), et ils ont une, là c'est un avantage propre, une culture du consensus et du dialogue un cran plus élevée (quoique dans les années 80-90, l'opposition politique en Suède était très tranchée, très radicalisée). J'adore leur éternel discours.... Je crois que l'expression que j'ai le plus entendu à droite et à gauche depuis trèèèèèès longtemps, c'est "il n'est pas question de baisser la garde"; ils ont même pas d'imagination pour leurs hypocrisies, c'est vexant. D'un autre côté, ils ont raison: on a pas baissé la garde d'un pouce.... On a préféré baisser le pantalon.
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Histoire et avenir des armées privées
Tancrède a répondu à un(e) sujet de Tancrède dans Histoire militaire
Autre exemple, la féodalité et le chevalier. Au final sur ce point, on peut voir une évolution similaire entre l'Europe, la Chine des Hans sur sa fin, et le Japon. Mais le cas européen nous est le plus familier et illustre bien ce qu'est la privatisation graduelle des forces militaires. Socialement, la France mérovingienne, par exemple, ou l'occident mérovingien pour être plus exact, poursuit l'évolution socio-économique du Bas Empire Romain: une régionalisation croissante, la baisse des échanges sur grandes et moyennes distances (disparition des structures, désolidarisation de l'empire/espace romain, dislocation politique et instabilité des frontières, démonétarisation), la polarisation des richesses au travers de l'ascension permanente des grands propriétaires terriens aux dépends des petits, la fixation des populations paysannes sur les terres qu'ils travaillent via la sédimentation de plusieurs formes de servitude (servage, colonat, tenue par la dette), chute des grandes villes au profit de villes moyennes au mieux.... Mais les campagnes, démographiquement écrasantes, poursuivent et accroissent les évolutions de l'empire tardif: le système des pagus ("pays") poursuit celui des villas romaines et représente l'échelon administratif de référence (un pagus a un "comes", un comte, à sa tête; il deviendra vite un "comtat"/"comté"), avec en dessous le manoir (dirigé par un seigneur qui a son "demesne"/domaine propre, une zone de tenure manoriale et une détenue par des paysans libres -zone dont émergera la "classe moyenne" du Moyen Age) et au-dessus la province (les provinces romaines tardives étaient 2 à 4 fois plus petites que les anciennes, ayant été subdivisées par Constantin: la seule France -pas les Gaules- était organisée en 2 diocèces subdivisés en 11 provinces), confiée à un duc (initialement un titre militaire romain). Côté militaire, la montée des armées privées au sein de l'empire était aussi déjà un acquis: les bucellarius, troupes privées levées par des grands particuliers pour protéger leurs domaines ou accompagner un grand seigneur à qui échoyait un commandement (et qui jugeait, pour diverses raisons, qu'il avait besoin de plus que ce que l'empereur lui attribuait), étaient une institution très entérinée dans l'empire romain tardif, surtout en Orient (l'occident l'ayant eu sous une forme "dérégulée" avec la massification graduelle puis totale des armées de "fédérés" après 406-410, et la désolidarisation des milices et armées locales qui restaient de toute mentalité "impériale"). L'affirmation des peuples des migrations comme élites dirigeantes (un phénomène là aussi de l'arrivée d'armées privées ex-contractors impériaux) infue peu sur cette évolution, et s'y joint même plutôt: les élites se fondent les unes dans les autres, avec cependant le remplacement des unités professionnelles romaines par une nouvelle frange (réduite) de populations libres dédiées en permanence à la guerre. L'émergence des carolingiens apporte un renouveau à cet égard, et c'est d'elle que date la naissance d'une première féodalité telle que nous la comprenons. Cette féodalité carolingienne était déjà en développement bien avant Charlemagne, comme le montre bien l'armée de Charles Martel et celle des Arnulfiens/Pippinides (appellations initiales de la dynastie) en général. L'armée est alors pour l'essentiel la mobilisation des hommes libres dont l'affectation dépend de l'équipement qu'ils peuvent se payer, avec devoir de s'entraîner un certain nombre de jours par an en unités constituées (l'efficacité de ce système dépend en fait de la capacité à contrôler cette activité). Ces unités "miliciennes" à la valeur variable se rassemblent autour de troupes permanentes de guerriers professionnels, le "comitatus" (survivance romaine dans l'appellation, peut-être aussi dans la perpétuation de regroupements militaires à certains endroits), qui sont elles des troupes privées. Peut-on même dire à cet égard que l'armée de celui qui s'appelle "roi" est une armée d'Etat ou celle du premier des seigneurs, étant donné qu'elle fonctionne selon le même principe? Discutable, mais le fait est qu'il s'agit de forces dépendant d'une personne, d'un potentat qui est avant tout un grand propriétaire terrien ou d'un chef "tribal" (certains ne sont pas fixés territorialement et se louent) d'importance variable. A côté de ça, il doit sans doute y avoir un flux certain de guerriers non fixés: virés par leur chef, mécontent de lui, sur les chemins parce que ce chef a perdu une guerre, ou simplement des gens qui se forment à la guerre et cherchent un emploi. La particularité des armées franques mérovingiennes et carolingiennes est la faiblesse de la cavalerie proprement dite, mais l'omniprésence du cheval pour les guerriers professionnels, comme moyen de transport "stratégique" pour déplacer ces troupes d'infanterie et économiser leurs forces, le complément étant fourni localement par les milices de l'endroit le plus proche du théâtre d'opérations. Ce système sera porté à son pinacle et systématisé par Charlemagne dont l'histoire des campagnes illustre la grande mobilité de ses forces armées qui, au final, sont assez peu nombreuses (les pros j'entends) à l'échelle de l'empire carolingien. Le système du comitatus carolingien est de fait un clientélisme militaire, évolution du compagnonnage traditionnel celto-germanique (et présent chez tous les peuples "indo-européens") mâtiné d'institutions romaines (le "comes/comites" romain, grade militaire et politique, le "graf" germanique, titre, rôle et statut, deviennent la même chose: le comte médiéval): c'est la base du rapport féodo-vassalique et en fait des accords contractuels tels qu'ils se sont développés en occident. C'est un engagement d'homme libre à homme libre, mais de statuts et puissances différents, impliquant obligations mutuelles. Le Comites (le vassal en somme) est celui qui accompagne celui qui l'engage. La tradition qui se crée avec le temps tendra toujours à rendre ces positions héréditaires, qu'il s'agisse de postes, de fonctions, de privilèges ou de terres. L'autre tendance est de perpétuer les postes qui étaient initialement des attributions temporaires: le comites, à la base, n'a pas d'affectation permanente. Mais par exemple, un pouvait être chargé des écuries (stabuli) de son seigneur, et avait tendance à le rester, voire à refiler le job à son fils: le comes stabuli se perpétua ainsi comme charge et l'évolution linguistique en fit la charge de "connétable". La démonétarisation de l'espace européen induit d'autres formes de rémunérations amenées par ce mode de rapports: outre l'obligation pour l'employeur d'assurer gîte et couvert à son employé (ainsi qu'une part d'équipement), salaires et récompenses s'imposent à un moment donné comme quelque chose de nécessaire en plus de la simple survie, de l'entretien, pour distinguer les méritants, créer une hiérarchie et répondre aux besoins différents (ceux qui amènent une troupe de guerriers et non simplement eux-mêmes). Décorations et cadeaux (bijoux....), part donnée de pillage, arrangements de mariage, mais surtout positions (commandements, attributions/fonctions réelles ou honorifiques), privilèges (exemptions de diverses sortes entre autres, revenus/bénéfices liés à certains commerces, activités....) et le plus possible, des terres, d'importance variable selon les cas (degré de confiance, niveau hiérarchique, nombre de guerriers amenés....). En théorie, un seigneur n'attribue des terres qu'à un homme, pas à sa descendance, mais l'importance culturelle de l'hérédité, la faible capacité de contrôle territorial effectif, les habitudes prises, les relations d'homme à homme, le nombre d'obligations contradictoires d'un seigneur (on a toujours plus de dettes à régler que de capital à répartir, et surtout jamais assez de temps pour tout régler, trop de sollicitations permanentes), la commodité/stabilité que cela peut induire, mais aussi les complications que cela crée (un seigneur dans son coin veut s'y enraciner, et tant qu'à faire aussi prendre les terres d'à côté, créant des disputes sans fin).... Tout se combine pour enraciner la permanence de ces répartitions, donc du capital économique et de l'enjeu qu'il devient. Qui plus est, de par des faits culturels et la contrainte des distances et communications, le système est direct, d'homme à homme: la rémunération procède de même. Un seigneur a un certain nombre de chefs qui à leur tour ont des "sous-chefs" qui à leur tour ont des soldats: chaque niveau hiérarchique rémunère le niveau en-dessous. De fait, ces évolutions montrent que des armées privées de contractants, non centralisées, par opposition à une armée permanente nationale, ont au global graduellement affaibli et coûté à l'espace franc (aussi en raison de facteurs culturels et socio-économiques). Mais l'évolution militaire et les guerres induites ont aussi amené un changement militaire lié à la cavalerie, sur laquelle les fantassins montés permanents se sont "sédimentés", devenant, avec le développement de l'arme, une cavalerie professionnelle encouragée à le rester par le prestige de l'arme mais aussi ses exigences: former un cavalier, surtout un lourd, est plus long et cher que former un fantassin, et ce d'autant plus que l'équipement se sophistique et s'alourdit (induisant notamment des chevaux de plus en plus spécifiques). Les pros ont donc tendance à se tourner vers la cavalerie qui, plus rare, est plus recherchée; et comme elle implique un coût élevé en temps et en argent, elle crée sa propre logique: on veut en être parce que ça rapporte plus, parce que ça distingue, donc on se forme à ça de son côté, sans se préoccuper de savoir si une armée au global en a besoin ou non (en France, il faudra attendre la fin de la Guerre de Cent Ans pour que revienne une pensée militaire fondée sur les besoins opérationnels) parce qu'il s'agit d'une recherche de profit individuel impliquant des coûts élevés, donc pour lesquels on calibre toute sa vie (plus chère, l'arme exige donc la recherche de plus de "retours"), et l'appartenance à l'arme devient donc un marqueur social. La polarisation des richesses et le besoin de contrôle tendent à inciter la classe nobiliaire émergeante à désarmer les milices de paysans et citadins qui, de leur côté, vivent mal les obligations militaires dangereuses, souvent trop fréquentes en temps d'instabilités (accrues par les rivalités de seigneurs locaux), de moins en moins rémunérées.... Et l'affaiblissement des entités nationales via la féodalisation réduit les guerres internationales au profit des guerres privées entre acteurs de petites et moyennes envergures, guerres qui de ce fait peuvent souvent être de petite échelle, entre pros (et qui se codifieront/ritualiseront avec le temps), et ce d'autant plus que la faiblesse démographique et les distances (croissantes avec l'espacement des foyers de peuplement) concentrent ces conflits autour des châteaux et places fortes, enjeux et cibles prioritaires (donc la guerre de siège). On assiste donc à une privatisation de la guerre encouragée par une foultitude de facteurs de tous ordres. Globalement, il s'agit d'une caste militaire permanente réduite de contractors de toutes tailles qui se sédimente et s'agrège à l'élite de propriétaires terriens initialement issus de l'aristocratie gallo-romaine: employeurs et employés militaires (les plus importants, les plus ambitieux, ceux qui réussissent) fusionnent (parfois agressivement, le plus souvent par aggrégation). Les Normands en Italie illustrent particulièrement ce phénomène: l'affaiblissement byzantin en Italie, mais surtout la rapide désagrégation et la sédimentation (initialement sur un schéma similaire) du royaume lombard amène une instabilité et des ambitions qu'une masse croissante de guerriers professionnels normands en recherche d'emploi vient pallier. Mais les employés ne veulent souvent pas le rester, se font rémunérer en terres (et s'implantent dans le "jeu") ou se rassemblent en troupes mercenaires plus vaste cherchant leur fortune, ce qui se traduit souvent par la conquête. La famille des Hauteville, avec Robert Guiscard en tête, représente bien ce parcours, de guerrier de base à roi (de Sicile et Naples). Quand on compare ce système à l'évolution du Japon féodal, on ne voit en fait que des similarités, et la Chine post-Hans présente les mêmes symptômes, malgré les circonstances parfois très différentes. Au point qu'on peut se demander, avec la distance à garder pour les parallèles méta-historiques, si ce type d'évolution n'est pas en train d'arriver en occident. Parce que le fait est que cette organisation territoriale est née du fait de l'affaiblissement du pouvoir central et de la nécessité continuelle pour lui de disposer (donc de rétribuer) d'une force armée aux coûts croissants en absolu (à partir surtout de l'évolution plus culturelle qu'opérationnelle vers la chevalerie, non contrôlée par un pôle militaire central) et surtout en relatif (par rapport aux moyens dont dispose effectivement le dirigeant), et à la groumandise (du fait de l'individualisation de la société et de la baisse de la conscience publique) des acteurs de la guerre, désormais des personnes avant tout privées raisonnant comme telles, et non des militaires. -
Ben la culture, c'est 2 budgets: - l'entretien des monuments nationaux: je crois que lui aussi est à la portion congrue (le PS et l'UMP aiment pas les vieilles pierres, pour différentes raisons) - le soutien à la "création": celui-là ne change pas la loi des grands nombres..... Mais bon, la récente enveloppe envoyée (pas "énorme", mais j'ai été choqué quand j'ai entendu le montant récemment) pour payer le festival d'Avignon, vu ce qu'est le dit festival, je j'aurais bien réaiguillée sur la Défense, pour payer les faux frais mentionnés dans le dernier article.
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Un outil cohérent, ça commencerait en fait par dire quelle est l'ambition/la volonté du pays, et une ferme, cad qui repose sur un accord minimum entre les partis de gouvernement. Ca se traduit par la définition d'un plancher de capacités définissant AVANT TOUT, ce qu'on veut et peut faire seuls, ou dans des petites coalitions que la France "dirige" de fait ou pourrait diriger (cad a la capacité technique, qualitative et quantitative de le faire). Le corollaire est de définir un panel de scénaris types de crises et d'actions (certaines simultanées, d'autres en "one shot", plus ou ou deux scénaris "maximum") que le pays veut pouvoir gérer, et à partir de là doit être établi une quantité de capacités (unités, matériels....) aptes à les gérer de façon réaliste (cad en ne décrétant pas que 3 patrouilleurs peuvent gérer la piraterie en Somalie ou que les FLF sont soudain des quasi-destroyers). Après cette phase seulement, on peut parler de la capacité à contribuer à une coalition où c'est l'Oncle Sam qui requiert ses sherpas européens. Est-ce qu'une seule de ces conditions vous semble réaliste, ou probable, hors du cas encore en apparence intouchable de la dissuasion et de quelques capacités spéciales?
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Si Oahu est prise (ou l'essentiel d'Hawaï), ou simplement la rade est sous blocus, les PA américains n'ont qu'une fenêtre d'opportunité très limitée pour agir: ils devront déjà se défendre de la flotte japonaise s'ils font mine de traîner dans le coin, mais seront surtout confrontés à un choix simple, à savoir essayer d'agir sans coordination terrible avec l'île "assiégée" ni horizon de réussite évidente, pendant peu de temps parce que leur autonomie est limitée, ou tenter de rentrer aux USA pour le même problème d'autonomie. Ils ont, dans un tel cas de figure, peu de temps pour décider, et juste assez pour frapper un coup, pas nécessairement énorme, à supposer même qu'ils sachent où taper. En l'état, s'ils reviennent dans les 2-3 jours -ce que fit l'Enterprise-, ils ont peu de renseignements, peu de moyens d'en acquérir de bons en quantités suffisantes, ne sont plus en état d'armement complet (ils ont consommé du carbu, eu de la casse....) et se trouvent brutalement confrontés à un horizon d'options limitées, sans visibilité, et catégoriquement opposées. Simplement parce qu'ils sont de fait coupés de leurs bases. Entre "forcer le blocus" avec tout ce qu'ils ont (ce que ferait évidemment un amiral américain dans un film :lol:) et limiter la casse en l'absence de visibilité suffisante, généralement, le choix est vite fait par un officier général. Mais évidemment, cela dépend entièrement de ce que peut jeter le Japon dans une tentative de strike massive sur Hawaï. En l'état, cependant, les options des PA américains sont limitées avant tout par leur autonomie en rayon d'action au moment d'un retour sur Pearl Harbour et par l'état de leurs moyens aériens par rapport à ce qu'ils peuvent savoir de la situation en général et des moyens japonais en particulier.
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Histoire et avenir des armées privées
Tancrède a répondu à un(e) sujet de Tancrède dans Histoire militaire
Quand même pas: - il y avait d'autres "lobbies" internes, d'autres "féodalités" commerciales: les grandes pêcheries, celles qui maniaient des flottes immenses de harenguiers ou morutiers, notamment, la compagnie des Indes occidentales.... Mais aussi des intérêts fonciers quand même importants dans un pays ayant aussi une agriculture rendue d'autant plus importante par la petite taille du pays.... Et des banques et organismes financiers suffisamment importants pour exister avant tout via cette activité. Sans compter quelques grandes familles (comme les Orange Nassau au premier chef) et des titulaires de charges et d'administrations qui avec le temps sont devenues ou deviennent des entités importantes (notamment via les familles et individus qui apprennent à y peser): flotte de guerre et armée, mais surtout la gestion des digues et canaux, si cruciale en Hollande (encore aujourd'hui), véritable entité interne à l'Etat et absolument vitale pour le préserver autant que pour gagner de l'espace sur la mer (le lobby agricole y est étroitement lié). Enfin, et non des moindres, les "industriels", autant que les commerçants, pèsent lourd: regroupements capitalistiques des métiers importants qui ont connu des concentrations parfois énormes, ils ont leur mot à dire, et avant tout les drapiers et industriels du textile, éminents générateurs de cash et d'activité avec une forte empreinte au sol et locale. Après, évidemment, beaucoup de ces intérêts commerciaux sont croisés, souvent présents au sein des mêmes familles, souvent divisés entre eux et unis avec des activités "concurrentes".... Mais au global, cela empêche un monopole politique par une seule activité. Globalement, pour comprendre le succès économique de la Hollande entre la fin du XVème siècle et la fin du XVIIème siècle, il faut voir la conjonction de plusieurs facteurs économiques, techniques, géographiques, événementiels (notamment la chute d'Anvers comme rivale) et culturels/politiques dont aucun isolément ne peut constituer une explication dominante. Un des points de départ, par exemple, est le privilège médiéval du droit d'entrepôt, qui peut être une barrière autant qu'un booster économique, mais qui, par les hasards de la géographie, de l'histoire et par la mise en valeur du territoire, fut le fondement de la prospérité commerciale ultérieure des Provinces Unies en en faisant un hub commercial, financier, informationnel.... pour le commerce du grain et du hareng, qui donna naissance à une première génération de grands acteurs économiques capables de développer leurs actifs à une échelle rarement vue jusqu'alors, sinon en Italie. En traduction politique pour le gouvernement local, cela plaçait les commerçants fluviaux ("redistributeurs" du hareng et du grain vers l'Europe du nord et affrêteurs-assureurs) au top, en même temps que les "industriels" du conditonnement du hareng (fumé ou en saumure), les armateurs des grandes pêcheries, ainsi qu'un ensemble d'organismes se spécialisant graduellement dans l'intermédiation commerciale et financière de ces flux. Avec le temps, ces derniers acquirent suffisamment de capital pour constituer des organismes de plus en plus complets d'expertise financière et d'investissements, véritables marchés financiers modernes (même s'ils gardaient des intérêts dans des activités "réelles", des participations multiples plus qu'un contrôle direct). C'est là que s'est développée une première forme moderne d'actionnariat anonyme. Là-dessus, ces acteurs, et d'autres (notamment des armateurs de "grand commerce") se lancèrent dans le commerce des épices et autres produits issus des nouveaux espaces commerciaux, qu'ils purent développer aussi via le traitement/conditionnement de ces produits permis par l'existence et la croissance d'industries "pointues" (filages de soie....) dont ils ont drainé la main d'oeuvre depuis les Flandres. La taille des acteurs a aussi permis, via intervention gouvernementale, de stabiliser les prix du marché (régulation, monopoles légaux....), ce que l'accroissement des flux, la constitution de larges stocks et le développement de l'assurance permettait par ailleurs. La petite taille du pays et l'interconnexion favorisée par le consensus politique, la réunion des acteurs, l'organisation d'un gouvernement économique, ont permis de concentrer flux et activités vers Amsterdam et son système d'entrepôts toujours croissant: de fait, la réunion physique des biens, des acteurs, des structures, de la législation.... Permettaient à un véritable marché moderne multi-produits et services d'exister et de fonctionner en boucle de plus en plus courte. Au global, cela signifie quand même politiquement qu'il y avait beaucoup plus d'acteurs que la seule compagnie des Indes orientales qui pesaient dans cette boucle d'activité (les redistributeurs en Europe pesaient donc collectivement au moins autant, par exemple). Elle n'était que le plus grand de ces acteurs. A côté de ça, la modernité de l'agriculture a permis, plus tôt qu'ailleurs, une division très poussée du travail (via entre autre un exode rural partiel, de type révolution industrielle en plus petit, analogue à celui des cités-Etats italiennes); des marchés relativement libres, mais aussi très protégés, une circulation des facteurs de production (avant tout favorisée par la proximité physique due au phénomène urbain et à la taille du pays), un développement, via le phénomène urbain, d'une classe moyenne consumériste, le niveau culturel/technique.... Sont les autres facteurs majeurs, avec pour conséquence et cause à la fois une direction politique nationale et locale culturellement attachée aux libertés économiques, à la visibilité/stabilité quand au droit des contrats, au droit de la propriété.... La vraie particularité du développement économique de la Hollande et dans l'émergence de son "gouvernement" réside dans le fait qu'il s'agit d'un espace qui a pris, à un certain moment, conscience de lui-même aussi bien politiquement qu'économiquement, peut-être à partir des ducs de Bourgogne, et qu'il s'est graduellement organisé en conséquence, connectant absolument tout l'espace en un système complexe d'interdépendance: début XVIIème siècle, 40% seulement de la population bossait dans l'agriculture (sol et pêche), avec 30 % dans le commerce au sens large (cela inclue les marins marchands) et les services financiers et commerciaux, et 30% dans un secteur artisanal, manufacturier et industriel extrêmement compétitif. Dans l'espace, la spécialisation de chaque zone était extrême, autant dans l'agriculture (monoculture d'exportation pour l'essentiel dans chaque localité) que dans l'industrie/artisanat ou le commerce (un petit port est spécialisé dans un commerce ou une pêche), avec des "hubs" portuaires, fluviaux ou routiers dont la taille détermine la diversité de ses activités, et quelques grands centres ayant fonction de centralisation (via les entrepôts) et donc de "décideur"/intermédiateur commercial et financier (Amsterdam au centre). - plus largement, et si particulier dans l'émancipation de la Hollande, les communes, corporations de métiers plus petits, groupements sociaux/religieux.... Sont directement des relais de la population, ou au moins de certaines tranches, importantes, de la population. Le tout au sein d'un petit pays très mis en valeur (communications rapides, interaction plus fréquentes et directes entre pouvoir et base), très homogène religieusement et culturellement, avec une cause de consensus absolu et ressenti à raison comme un danger immédiat: la lutte contre l'Espagne. 80 ans de cette urgence comme acte de naissance, avec un passé préalable de lutte contre un Etat lointain et féodal, ressenti comme étranger (la France pendant longtemps, mais aussi l'Empire), ça forge des modes de fonctionnement qui doivent impérativement prendre en compte d'autres intérêts que ceux des seuls grands armateurs de la VOC. Mais évidemment, la VOC a pesé, et lourd, aussi et surtout parce que la Hollande, enserrée territorialement alors même qu'elle était menacée, encerclée par le plus grand empire de son temps, n'avait d'issue commerciale que par la mer pour développer ses moyens, acquérir du capital, afin de maintenir la lutte pour son indépendance. La VOC en a profité, comme d'autres acteurs du "grand commerce" maritime et colonial, prenant des initiatives et forçant la main à l'Etat hollandais à l'occasion, surtout parce qu'il n'y avait pas d'autres alternative pour croître, ce qui facilitait le consensus par défaut d'opposition. La question est différente en Angleterre, parce qu'elle avait des marges de manoeuvre, et l'expansion de la East India Company procède là d'affrontements politiques plus équilibrés, donc de choix fondamentaux de politique plus discutables. L'expansion en Inde, surtout au XVIIIème siècle, relève là d'un tout autre débat dont l'évident profit qu'a retiré l'Angleterre de cette exploitation ne doit pas obérer le fait que d'autres choix auraient pu être faits, peut-être meilleurs y compris commercialement/économiquement, qui auraient changé radicalement l'attitude géopolitique britannique du XVIIème au XIXème siècles. Et là, il s'agit bien de la pression exercée dans les milieux décisionnels britanniques (et sur le terrain par la politique du fait accompli) par une entité privée.... Très halliburtonesque, très United Fruit Company-esque (sauf que cette dernière outsourçait la conquête militaire au Marine Corps après avoir foutu la merde). Quelques chiffres, pour situer la chose: - en 1669, la VOC hollandaise, c'est 150 navires marchands de grand tonnage détenus en propre (non comptant les contractants et les associés qui paient leur écot pour participer aux convois), 40 navires de guerre (uniquement les unités "de ligne"), 50 000 employés (administrateurs, commerçants, marins -qui sont aussi des combattants potentiels- et autres) et une armée de 10 000h, majoritairement placée dans les territoires d'outre mer (comptoirs et territoires) qui APPARTIENNENT à la compagnie (entre autre la colonie du Cap -future Afrique du Sud-, Ceylan, l'île d'Amboine, une partie de la côte ouest de l'Inde, beaucoup de zones en Indonésie, de très rentables établissements en Chine, à Taïwan et au Japon, une forte empreinte en Perse....) - un chiffre qui dit tout: à son apogée en 1857, à la veille de la révolte des Cipayes, l'armée de la East India Company anglaise en Inde, représente plus de 350 000h (dont 40 000h dans les unités "anglaises" et autour de 30 000 dans des unités de "semi-réguliers"). Ces troupes sont organisées en 3 armées, correspondant aux 3 "présidences" qui articulent l'organisation territoriale de l'Inde de la Compagnie. Il faudra la sanglante révolte des Cipayes (pas la première révolte) pour que la Couronne britannique prenne la colonie et en fasse un territoire anglais, prenant aussi les troupes qui seront réorganisées (les unités anglaise allant à l'Army, les unités indiennes devenant plus tard l'armée des Indes, à l'origine de l'actuelle armée indienne).