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Tout ce qui a été posté par Tancrède
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Recrudescence du néo-nazisme en Europe
Tancrède a répondu à un(e) sujet de Kiriyama dans Politique etrangère / Relations internationales
Il y a une longue histoire de conversions, parfois massives, jusqu'aux IIIèmes-IVèmes siècles (incluant beaucoup de populations non sémites, via l'émigration dans l'empire romain), à laquelle s'ajoute pour les Ashkénazes le coup des populations khazares et de populations slaves dans l'est européen et le long de la plaine ukrainienne. "haut niveau" est un terme vraiment TRES relatif dans ce domaine. De taille non, sinon on ne serait pas de la même espèce et les capacités fondamentales ne seraient pas les mêmes d'une population à l'autre; or c'est sur des différences qu'on note aujourd'hui comme de plus en plus superficielles que certains pensent encore pouvoir déduire -en se targuant d'avoir la science pour les appuyer- un quelconque déterminisme des groupes. Ben non, pas du tout précisément, puisque le programme de dodolphe est fondé sur une hiérarchisation. Ergo, la génétique n'est pas DU TOUT nationale-socialiste. Surtout quand en plus le national-socialisme invente des groupes, des races, leur colle des vertus et tares particulières, décrète qu'il y a une notion absurde de "pureté" d'une race qui fait doucement rigoler tout scientifique qui se respecte (et qui se respecte pour des raisons de compétence, même pas de morale). Les mêmes suppositions de similitudes ont amené à penser une base commune aux juifs originaires d'Europe (j'entends hors les sépharades arrivés plus récemment, hors cas des populations d'origine maranes qui sont encore une subdivision sur le plan des origines ethniques) y'a encore pas si longtemps, qui faisait dire que ceux d'Europe de l'est étaient venus depuis l'ouest qu'ils fuyaient, postulat aujourd'hui totalement démissionné, les populations n'ayant pas vraiment d'ancêtres communs, ou de façon anecdotique au mieux. Mais pourquoi se retrouver à causer génétique? C'est entrer dans les obsessions débiles de ceux qui y attachent une importance et y voient des grandes explications déterministes pour justifier leurs "classements" de populations. On n'est pas encore arrivés au point Godwin, mais bon, quand même, ça rime à quoi dans le sujet? -
La mythification du "guerrier germanique"
Tancrède a répondu à un(e) sujet de Tancrède dans Histoire militaire
Si les Allemands avaient été bons stratèges, ils auraient eu une politique étrangère cherchant à éviter les guerres, qui aurait du commencer par le fait de ne pas prendre l'Alsace-Moselle. Parce qu'une première GM n'ayant pour front ouest que le Rhin et la Sarre aurait été problématique pour eux. Surtout que même la non invasion de la Belgique n'aurait pas garanti la non intervention britannique dont elle ne fut que le prétexte "légal"; l'attitude allemande, la menace de rupture d'équilibre continental avec une France abaissée, et les velléités d'expansion maritime allemande (avec la construction de la Hochseeflotte comme corollaire) ont bien plus déterminé l'attitude britannique pour qui Anvers (raison d'être de la Belgique pour eux à l'époque de la création du pays) n'était plus une menace particulièrement plus préoccupante que d'autres depuis le temps de la marine à voile. L'entrée en guerre des Brits était inévitable dans le contexte de 14, Belgique ou pas Belgique. C'est l'attitude et la personnalité de Guillaume II, et avec lui les factions qu'il a favorisé à la tête de l'Allemagne, combinés au fait que le Reich était devenu via Bismarck un acteur de trop de poids et en besoin d'expansion, qui a pourri la donne: toute la diplomatie allemande après 1890 conduit l'attitude britannique, malgré les crises franco-brits qui continuent, comme Fachoda. Guillaume II était fantasque et fondamentalement borné, et son postulat de base semble infantile, mais pourtant guidait son attitude: il voulait un équilibre paritaire avec les Anglais, et un "gentleman's agreement" de long terme avec eux, et était persuadé que pour ce faire, il fallait être suffisamment fort sur mer (en plus d'un rapport de force terrestre maintenu) pour qu'ils le "respectent", alors que c'est précisément cela dont les Anglais ne voulaient pas. Et le Generalstab tel qu'il était, avec sa mentalité, ne pouvait qu'abonder dans son sens, surtout après la mort de Moltke l'ancien mais avec un pur cas de "maladie de la victoire" qui ne faisait que se renforcer dans ses rangs entre 1871 et 1914, sans aucun médecin qualifié pour le traiter. Le simple choix de Schlieffen montrait que le patient était atteint au dernier stade. -
L'armée Britannique est elle surestimée ?
Tancrède a répondu à un(e) sujet de Charles XII dans Histoire militaire
Ouaaaah, j'avais pas vu ce sujet! Dire du mal des Anglais et de leur façon de se regarder à travers l'Histoire.... C'est le thème, donc on peut être en plus gratuits et mesquins :lol:? Même si l'honnêteté et la vérité suffisent, évidemment. Rochambeau n'a pas lu les bons livres: Ben pas qu'un peu.... Et ils ont pas vraiment brillé; note, tous les commandements français étaient pas fabuleux, rapport aux nominations influencées par la Pompadour. Et pour la guerre de Cent Ans, l'armée anglaise était juste bonne pour la défensive dans un seul type de configuration.... Dans laquelle la chevalerie française a souvent donné pour beaucoup de mauvaises raisons :-[, notamment que à leurs yeux, l'art militaire était un truc de tapettes et que seul le fait de foncer dans le tas existait. Mais la guerre de Cent Ans est pleine de désastres anglais, comparables à Azincourt (Patay est appelée par les Anglais "reversed Agincourt"). -
Ca ressemble à l'aspect tactique des projets de Brossolet, mais j'imagine que ça ne vaut que dans le cadre d'une stratégie particulière. Chez Brossolet, ça s'inscrivait dans une défense territoriale sur une certaine profondeur de terrain (entre 100 et 200 bornes il me semble). Là, on pense pour nous dans un cadre expéditionnaire, donc offensif à partir d'un ou plusieurs points d'appui initiaux: ça suppose pour compenser de forts appuis de feux (hélicos, artillerie, aviation....) très coordonnés.
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Ils ne vendent pas que les chars eux-mêmes, mais aussi un environnement complet; surtout les Saoudiens qui prennent toujours tous les à côtés possibles. Ca leur sert de mode de redistribution interne dans leur système de clientélisme féodal: des pièces détachées, des munitions, des kits d'entretien.... Risquent de se retrouver à la revente en douce rapidement après l'acquisition, et il est douteux qu'une proportion significative de ces chars soient jamais en état d'être utilisés, et encore moins entraînés en formation.... En revanche, les Saoudiens veulent quelque chose de Madrid et Berlin (ou veulent quelque chose POUR Madrid et Berlin), ou l'ont déjà obtenu, ça c'est sûr.
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Recrudescence du néo-nazisme en Europe
Tancrède a répondu à un(e) sujet de Kiriyama dans Politique etrangère / Relations internationales
Oui, mais ces traits caractéristiques, ou récurrents, tu les trouveras à l'échelle d'une population plus circonscrite qu'une "race" supposée ou un groupe tel que désigné comme "les juifs", qui sont là des constructions culturelles, politiques.... Voire parfois complètement inventées. Tu trouveras par exemple -j'avais vu une étude qui mentionnait ça en passant- certains traits récurrents dans une "population" telle que les juifs de New York et du NE des USA qui pour une grande partie d'entre eux sont sédentaires dans cet endroit depuis assez longtemps pour que certaines récurrences (dues autant aux origines, majoritairement polonaises et est-européennes, qu'aux "croisements" et à l'environnement/mode de vie) puissent être vues. Principalement, il s'agit de propensions à certaines maladies ou déficiences, rien de plus, tout comme tu trouveras dans les populations scandinaves de vieille souche (pas ou peu touchées par l'immigration en Scandinavie le même genre de trucs (notamment une propension plus élevée aux maladies cardio-vasculaires dans certains endroits, dont par exemple la récurrence des cheveux très blonds est un des signes extérieurs). Pareil pour "les Africains", ce groupe imaginaire (largement repris par les Black Supremacists dans toute leur débilité). Les seules similarités génétiques que tu peux trouver sont au niveau de groupes nettement plus petits: "les noirs", génétiquement, ça n'existe pas vraiment (pas à un niveau d'éléments communs pour appeler ça une "race"), pas plus que "les Africains" (ou le "type négroïde" comme les ethnodébilicistes du XIXème les appelaient), ou même des ethnies plus précises comme les massaïs, qui sont des notions plus culturelles et historiques (et géographiques) qu'autre chose. En revanche, à l'intérieur de tels groupes, tu trouveras des sous-groupes dont l'essentiel a vécu depuis longtemps dans une relative proximité géographique, des conditions similaires, une culture commune qui entre autre amène le même mode de vie et plus encore les "croisements" récurrents que sont les unions familiales: là, à cette échelle, tu auras des groupes avec certains degrés de similarités (le plus souvent, ce sont les propensions à des maladies et déficiences qu'on repère), notamment par exemple chez certains groupes de massaïs ruraux, la récurrence génétique d'une propension à avoir une taille très élevée. Dans les Balkans, on peut retrouver cette même échelle plus facilement en raison du découpage de l'espace par une topographie de vallées et de groupes de vallées isolées qui ont favorisé des évolutions de groupes en vase relativement clos, avec une concentration de beaucoup de tels groupes dans un espace somme toute réduit: je ne sais plus où ça se trouve, mais il y a un petit bled où on trouve le groupe avec les moyennes de taille les plus élevées au monde, ce qui est un trait génétique récurrent chez eux, et l'échelle de ce groupe, c'est pas "les slaves", ou "les slaves du sud", ou "les Serbes", ou "les Bosniaques".... C'est juste les habitants de ce coin, qui sont des Slaves certes (avec d'autres origines on l'imagine bien), mais qui n'ont de réalité génétique au sens du groupe qu'à une échelle bien moindre. Parce qu'on attend encore le jour où un généticien nazillon trouvera beaucoup de points communs entre les Fallashas, les Sépharades originaires d'Afrique du Nord, les Ashkénazes de vieille souche française, ceux venus d'Europe de l'Est et les New Yorkais installés depuis 1 siècle et quelques aux USA (et sans doute génétiquement contaminés par toutes les saloperies qu'ils ont pu bouffer dans cette terre barbare, et tout le stress transmis héréditairement par des mamans leur mettant une pression maxi pour les études et le mariage :-[), tous formant des groupes TRES différents, peut-être unie en théorie par une religion, mais qui n'ont jamais eu grand-chose de concret à voir entre eux. -
Déclassement par rapport à quoi? Tu crois que les chefs d'Etat se rencontrent et se comparent leurs nombres de chars pour savoir qui le droit de parler ;)? Ces idées de "déclassement" ou de "tenir son rang", qui plus est en les évaluant via ce genre de référent est absurde. C'est marrant que peu essaient d'envisager qu'avoir un certain nombre de chars, à moins de tous pouvoir les expédier dans des groupements de manoeuvre et les soutenir dans le temps, puisse ne servir à rien sinon avoir un tas de métal inutile. Ou mieux encore, que l'idée d'avoir des divisions blindées puisse ne pas vouloir dire grand chose non plus dans la réalité du business des nations. Peut-être qu'avoir 50 chars bien employés (et 1000 CRABs) et bien répartis est mieux qu'en avoir 500 ( et 500 CRABs) qu'on ne peut expédier nulle part et qui n'accompliraient pas forcément grand-chose face aux guerres qu'il faut livrer dans le monde réel, et pas contre l'URSS en centre Europe il y a 30 ans.
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Hé, cette remarque était juste pour le look, rien d'autre; je parlais pas du punch et j'ai rien contre sa tourelle. C'est juste que côté aspect, il fait un peu trop vintage années 30 à 50, c'est tout :lol:. Mais les remarques faites -et je rappelle que je notais surtout la position de Desportes dessus, qui ne nie pas le besoin en trucs plus punchy, je ne donnais pas une opinion particulière- ne sont pas contre l'EBRC spécifiquement, ni un véhicule remplissant un créneau "appui" plus conséquent que la config la plus puissante du CRAB , juste qu'on parle plus globalement de nombre, de présence au sol et du rôle du nombre -même avec une capacité plus light unité par unité, matos par matos- dans l'impact global sur un conflit, ou en tout cas les conflits les plus probables pour les années à venir. J'attends à ce dernier point l'inévitable "mais si la grande guerre revient", "si des hordes blindées nous attendent".... Ce à quoi Desportes répond que le char n'est plus depuis un bail le premier chasseur de blindés (hélicos, avions, infanterie mobile/blindée nombreuse avec une capacité antichar, capacités de ciblage, coordination des feux de toutes origines..... Jouent ce rôle avant le char) que c'est pas le petit nombre qu'on peut aligner qui bouleversera quoi que ce soit, et que les probas que ce type de conflit revienne sont plutôt anecdotiques: qu'un adversaire non suceptible d'entrer dans le jeu nucléaire le fasse ET/OU que ce soient encore les bonnes tactiques d'emploi des mécas au sol, hors du contexte guerre froide en centre Europe, est très discutable. Donc la logique mise en avant par Desportes est simple et suppose d'accepter d'emblée l'idée de ne pas avoir certaines capacités ou certains niveaux de capacité dans les groupes de manoeuvre, ces capacités et ces niveaux devenant de la réserve d'appui (donc très peu nombreuse), parce que selon lui, 2 facteurs sont absolument incontournables (il faut les accepter comme des faits de base, pas essayer de les nier): - les budgets stagneront AU MIEUX, donc en continuant dans la logique de plate-forme (ce qui est la base de ton raisonnement) et de capacité par véhicule/créneau de véhicule, les parcs ne feront que se réduire, la capacité globale d'une force déployée se réduira sans cesse alors que la capacité de ses sous-groupements augmentera localement, mais uniquement localement, pour le combat ponctuel, ce qui, dans la capacité opérative/tactique, n'est qu'un progrès ponctuel dans un domaine aux dépends de la capacité globale d'action et de résultat. Autre conséquence; cette tendance aura la peau des industries terrestres nationales à moyen, voire court terme, donc celle de la capacité d'avoir un effort de guerre et une posture indépendante. - on a passé le cap du "la qualité (sous-entendu la qualité technologique) remplace le nombre" depuis un bail, surtout au vu de la conflictualité moderne. Cette optique est morte et enterrée dans les proportions où nous l'avons pratiqué.... Mais on ne peut plus compenser en augmentant les budgets, à moins d'une situation exceptionnelle. Le nombre n'est pas remplaçable par la technologie pour trop de fonctions et trop d'aspects qui sont aujourd'hui bien plus nécessaires dans la conflictualité qu'on se paie et qu'on se paiera pour encore un moment. Le nombre et avec lui la manoeuvre. Donc oui, en continuant à raisonner par matos et par créneau, on verra toujours qu'un EBRC est mieux qu'un CRAB, qu'un XL est mieux qu'un EBRC.... Mais seulement mieux à un endroit et à un moment donné, pour un combat ponctuel. Et la guerre, ce n'est pas le combat, c'est beaucoup plus. A quoi ça sert d'avoir tout ce qu'il faut pour être sûr de gagner n'importe quel combat dans l'équivalent d'un champ ou de 4 pâtés de maison si le théâtre ciblé est 100 fois plus grand? Ca fera de nous les meilleurs supplétifs qualitativement des Américains, soit pas vraiment quoi que ce soit qui vaille même un ministère de la défense, à ce compte. Ou alors autant ne garder que la dissuasion. Le raisonnement auquel Desportes s'oppose est celui qui essaie de tout faire pour optimiser le combat concentré de masses blindées à haute intensité technologique en front continu sur un théâtre étroit en centre Europe, contre un adversaire équivalent technologiquement et comparable à nous en termes organisationnels, politiques et culturels, et ce dans le temps long d'une concurrence continue. C'est la logique à laquelle répondent fondamentalement encore nos programmes d'équipement, notre réflexion tactique et opérative, notre industrie d'armement et la façon d'envisager la conflictualité, et on rustine cette base de départ avec des adaptations technologiques, avec en arrière fond l'idée que c'est cette guerre là qui nous retombera sur le paletot un jour ou l'autre. Toute l'armée reflète ça, dans son organisation, sa composition humaine et matérielle, sa doctrine, de même que l'industrie qui va derrière. Desportes essaie de montrer que, à moyens équivalents, l'AdT peut faire beaucoup plus en abandonnant totalement cette réflexion depuis ses fondamentaux mêmes, notamment en regardant comment optimiser le combat déconcentré, la manoeuvre et le contrôle.
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Donc tu n'es pas d'accord, pour reprendre en référence le DSI HS sur le combat terrestre, avec les propositions de Goya en la matière?
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La cavalerie: une arme, un principe
Tancrède a répondu à un(e) sujet de Tancrède dans Histoire militaire
Elle a toujours existé, d'une manière ou d'une autre: c'est même la cavalerie lourde elle que nous la connaissons qui est plutôt "l'excroissance", la spécialisation moins "naturelle" qui est l'invention (parce qu'elle n'a de sens que dans la bataille, et encore à certains moments seulement), et la légère la norme, pour sa polyvalence et son importance en campagne (rens/reco, escorte et flancs garde, éclairage et accrochage, mouvement rapide, saisie d'objectifs et raids, patrouille et présence, fourrage....) comme en bataille (harcèlement, flanquement/manoeuvre, couverture et appui....). A certains moments, par son coût et donc par l'importance socioculturelle et politique que prend le cavalier lourd, la lourde devient la norme à partir de laquelle on détermine le reste (et qui détermine ses propres exigences techniques, tactiques, organisationnelles, toujours plus chères, toujours plus soumises à ses logiques), ce qui est militairement ruineux et peu pertinent, répondant à des logiques non opérationnelles, tout comme "l'abus de hoplite" à une autre époque. Au Moyen Age européen, on en voit peu dans l'ouest féodal: seules les croisades, univers guerrier plus "complet" et "ouvert" (ne raisonnant pas en circuit fermé mais dans la logique totale de la guerre) réimposent la logique place de légers nombreux et pros, avec les turcopoles (que les Teutoniques ramèneront dans l'est européen face à des Mongols, Polonais et Russes qui eux utilisent du léger en plus grand nombre que du lourd). On peut juste mentionner les Hobelars des Anglais (mais aussi des Ecossais), qui sont une cavalerie légère de lanciers assez cuirassés montant sans selle des chevaux très petits; il s'agit à l'origine d'Irlandais. Mais bon, certaines missions des légers restent irremplaçables, même pour les très obtus chevaliers: la reco avant tout ne peut être évitée, de même que les coups de main rapide, et l'alourdissement progressif des chevaliers, de même que le resserrement de la caste et la polarisation des richesses, résultent de facto en une division du travail entre ceux qui peuvent se payer un équipement complet et au goût du jour et ceux qui peuvent pas, par rapport à une époque carolingienne et celle des débuts des Capétiens où une plus grande partie de la population peut se payer l'équipement et la monture (et au moins une partie du temps d'entraînement), et où la caste n'est pas fermée, permettant encore de répondre en partie au principe de la levée carolingienne des hommes libres sans exclusivité nobiliaire sur aucune arme ni sur le commandement aux bas échelons. Par ailleurs, le chevalier d'après le XIIème siècle (donc là on est dans la caste nobiliaire) est un système d'arme complet, un combattant entraîné depuis la petite enfance aux arts de la guerre: pour remplir le rôle de léger, il change de monture, passe du destrier au palefroi, enlève tout ou partie de ses protections et va battre l'estrade avec ses potes vu que se battre avec n'importe quoi en main, savoir ce qu'il faut aller repérer, savoir pister et opérer en formation, il sait généralement faire, tout comme il sait se battre à pied ou à cheval, en petit groupe, seul ou en grandes formations. Ce qui le tue, c'est qu'au fil du temps, outre l'inflation constante du matos, le resserrement de la caste nobiliaire, le rôle absurde qu'il prend dans l'orbat, le développement d'autres systèmes d'armes, son environnement culturel, social et politique prend toujours plus le pas sur son rôle opérationnel (cavalier lourd): il se détache de la réalité de la guerre pour se spécialiser et ne souhaiter que l'affrontement de chevaliers (idéalisé, caricaturé, mais aussi lié au seul but de guerre du chevalier: rançonner ceux qu'il défait, et piller quand il le peut), il refuse l'existence d'autres combattants (armer des pégus? Non mais quoi encore: vous voudriez pas aussi qu'ils gardent leurs armes à la maison, non?), mais surtout, la guerre et la conduite d'un Etat se révèlent toujours plus incompatibles avec le maintien d'une féodalité soumise aux caprices et intérêts égoïstes d'une caste détachée de l'intérêt général et qui a oublié son rôle premier et "simple" de cavalier lourd professionnel. La féodalité répondait au besoin de fournir à moindre frais des cavaliers lourds et des professionnels de la guerre compétents, mais l'ordre que ceux-ci imposent pour rester au-dessus de la pyramide alimentaire devient inefficace, pas coordonnable et contre-productif. La Guerre de Cent Ans le révèle (incapables de se coordonner ou d'obéir, incapables de voir la place réelle de leur arme, ils perdent tout et surtout la notion d'art militaire), les Guerres d'Italie les enterrent. -
Si on part dans l'optique "marines", ce régiment est à ce moment une école et un réservoir chargé de fournir des modules d'appui (gabarit binôme/peloton/escadron, pas plus) pour les formations d'infanterie, donc. Mais dans cette vision, où est l'interarme organique? La seule alternative est d'avoir, comme les marines: - un plus haut niveau de pratique de la manoeuvre aux échelons compagnie/escadron et bataillon/battlegroup (et "section interarme" aussi en fait), ce qui veut dire une plus grande fréquence des entraînements - d'une manière ou d'une autre, cela implique le rapprochement géographique des unités et la disposition de terrains conséquents pour chacun des "centres" de brigade; bon, je suis très partisan, mais il faut des "grandes bases" dans cette optique. C'est la condition matérielle nécessaire Le rapprochement géographique, c'est quand même le grand simplificateur de la fréquence des entraînements: les marines sont bien intégrés en interarme parce qu'ils l'ont, outre un haut niveau de dépense pour la "battle readiness" des matériels et des hommes et la "philosophie" du corps. Au final, quand tu remontes en aval de ce qui conditionne l'efficacité en interarme, c'est ça ou des bataillons interarmes organiques totalement permanents, on n'en sort pas. Mais si tu veux fonctionner sur des réservoirs de véhicules d'appui (CRAB/EBRC/XL), en supposant qu'on puisse obtenir un niveau de pratique et d'intégration interarme suffisant pour bien tenir ce modèle, que penser de la méthode de l'USMC sur les unités de "porteurs" d'infanterie (véhicules amphibies, LAV, camions....)? Eux n'ont que des unités d'infanterie basiquement à pied, et des unités à côté avec juste des équipages de porteurs. Dans ton trip, ne vaudrait-il pas mieux avoir aussi des unités d'équipages et des unités de débarqués (pour peu que l'entraînement conjoint à la manoeuvre interarme soit fréquent), ou c'est complètement con?
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La mythification du "guerrier germanique"
Tancrède a répondu à un(e) sujet de Tancrède dans Histoire militaire
A partir de 1699 et pour 30 ans (!), Newton est "master of the Mint", ce qui est un ministère indépendant du chancelier de l'échiquier: c'est en fait le "ministère de la monnaie" (différent des finances en Angleterre jusqu'à 1870), et il a été en plus plusieurs fois membre des Commons, ce qui souligne qu'il a eu un grand poids politique, loin de l'image de scientifique dans ses sphères éthérées. Et il avait déjà commencé dès 1696 dans le "royal mint" en temps que "warden", à lancer la grande réforme monétaire britannique (recoinage) qui grosso modo, dura une petite trentaine d'année (SA trentaine d'année), et dont le "grand moment" est la "loi de la reine Anne" en 1717, qui établit l'étalon-or (plutôt que l'étalon argent qui prévalait). Il a mis en place les mécanismes, notamment contre la fraude (il y a quelques épisodes hauts en couleur où il se déguisait pour fréquenter les faux monnayeurs dans les tavernes louches), établissant la stabilité monétaire britannique (et donc la confiance) qui fut la base du système de crédit anglais, système auquel il a travaillé car il avait une compréhension très vaste et complète de ce qu'est un système financier. Sa lutte contre la fraude et la fausse monnaie, phénomènes de grande échelle à l'époque où la monnaie est essentiellement matérielle/physique (il estimait que 20% de la monnaie en circulation était fausse), fut une longue guerre menée âprement et qui vit nombre de condamnés à mort sous les auspices d'un Newton qui avait obtenu directement la charge de juge de paix (dans de nombreuses juridictions) pour mieux poursuivre son action. C'est une oeuvre qui a occupé une énorme partie de sa vie, et l'Angleterre lui doit une part gigantesque de sa prospérité ultérieure. -
Comme l'a montré la guerre d'indépendance, les opérations à cette époque et à cet endroit ne peuvent pas fonctionner de la même façon: les espaces sont absolument immenses et peu ou pas explorés et certainement pas balisés par des routes, et les foyers de population sont peu denses à l'échelle du continent. Imagine qu'il doit y avoir en tout et pour tout 3 et quelques millions d'habitants occidentaux dans l'Amérique du nord (sa partie est en tout cas) de cette époque, essentiellement répartis entre les Apalaches et la côte est. Cette surface est réellement immense quand on voyage à pied, toutes les villes ne sont pas reliées par des routes vu qu'il n'y a d'amorce de réseau routier qu'au sein des Etats (ex-colonies). la réunion du congrès continental est une affaire annuelle qui suppose pour certains représentants (notamment ceux du Delaware, vus comme des quasi sauvages par les représentants de colonies plus "civilisées") de véritables expéditions. La seule manière de relier entre eux les Etats américains de façon relativement rapide pour l'époque, c'est la mer, et c'est quand même lent. L'Amérique de cette époque, c'est vraiment une immense étendue découpée et très sauvage, absolument pas balisée par des routes et pas toujours très bien cartographiée. Entre autres choses, le ravitaillement en vivres et munitions ne peut être trouvé, comme en Europe, dans des magasins régulièrement disposés sur les itinéraires, et vivre sur le pays est impossible vu l'espacement des grandes concentrations de population et la faiblesse de la démographie au regard de la surface à couvrir: une armée doit tout emmener avec elle et pour une longue durée, et en plus être sûre de tenir des ports le long de la côte, alors que précisément les Américains les ont et les gardent, et développent leur marine pour s'assurer que les Anglais ne puissent avoir de lignes sécurisées sur ces axes maritimes (d'où le choix de grosses frégates plutôt que de navires de ligne). Et là-dessus, les troupes professionnelles, pour pouvoir opérer des concentrations, requièrent une logistique lourde, surtout les anglais; et c'est pire vu que la marine doit être impliquée en permanence. Au final, les Anglais ne peuvent pas expédier d'énormes troupes qui coûtent cher: 50 000 au maximum, dont une bonne partie doit rester garnisonnée dans certaines bases stratégiques comme Halifax, ou en encadrement de milices. Enlève encore les indisponibilités, la désertion.... Et tu as un contingent réduit, dont la capacité à peser sur le contrôle de l'espace américain est réduite, et celle à manoeuvrer rapidement encore plus réduite, surtout qu'en plus de la difficulté et de la taille du terrain, les troupes anglaises sont particulièrement lentes et lourdes à la manoeuvre, et on peut dire qu'elles ont une mauvaise mobilité opérative, et surtout une très coûteuse. Devant de telles conditions et moyens dispos, quelle guerre peut être menée? Une guerre de grande batailles n'a pas beaucoup de chances de donner grand-chose, en tout cas au regard du coût: aucune campagne européenne ne peut donner de quoi contrôler beaucoup d'espace, et frapper la capitale comme les Anglais l'ont fait n'a qu'un impact limité vu que Washington n'est alors qu'un centre administratif commode, mais sans réel poids d'une autre nature (à moins de saisir le Congrès et le président); les USA n'ont pas encore réellement de centre au sens géopolitique, étant plus une coalition de 13 ex-colonies, chacune un pays en soi, et leurs grandes agglomérations comptent nettement plus (Philadelphie, l'ex capitale, Boston, New York, Baltimore, Charleston....). C'est un pays profondément décentré, ou multicentre. Et les centres sont très éloignés les uns des autres et pas si faciles à prendre vu les moyens dont dispose l'Angleterre sur ce théâtre. Après, que le Congrès soit militairement irréaliste, c'est encore autre chose, mais ça s'inscrit aussi dans les luttes naissantes qui s'y déroulent, entre les proto-fédéralistes (en partie les futurs républicains) et les proto-confédéralistes et libertariens (les futurs démocrates): c'est chez les premiers que naît un impérialisme américain primitif voulant établir une armée continentale permanente à travers de velléités de conquête. D'ailleurs beaucoup doivent soutenir ce genre d'ambitions autant par irréalisme que pour voir échouer des milices et de là, au travers de l'urgence de la guerre, voir s'imposer l'idée de la nécessité d'une armée professionnelle.
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Alors une nouvelle tourelle, téléopérée ou non, low cost, avec canon à fort débattement, plus courte portée et capacité d'emploi d'un plus vaste panel de munitions? Le fait est que cela impose de penser les unités, donc la doctrine dont elles procèdent, plus en amont, le véhicule devant être une simple conséquence répondant à de telles logiques. A quel échelon faire de l'interarme organique réellement permanent? Au-dessus de quel échelon se met-on à utiliser les "modules" (lourds, légers, spécialisés, et non raisonnant par logique d'arme) pour les assembler en task forces adaptées à une mission précise? Le CRAB peut s'inscrire dans une telle vision: véhicule très léger au milieu de battlegroups lourds, véhicule d'accompagnement au milieu des médians, il devient l'élément "lourd" d'appui au milieu des légers (les unités de fantassins)? Ou bien vaut-il mieux le séparer totalement en unités spécifiques envoyées selon le besoin au profit d'unités d'infanterie généralistes ou spécialisées (montagne, amphibie)?
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La mythification du "guerrier germanique"
Tancrède a répondu à un(e) sujet de Tancrède dans Histoire militaire
La France a toujours du se garder sur plein de frontières, et avant tout sur ses frontières intérieures, vu que l'essentiel de son histoire est féodale, proto-féodale et post-féodale: le centre contre les parties. Les autres pays aussi (AllemagneS en tête), mais l'Angleterre a nettement plus petite échelle après la conquête normande (qui donne un poids proportionnellement plus grand à la couronne) et surtout parce qu'elle est plus petite, moins peuplée. L'Angleterre (proprement dite, hors Pays de Galles et Ecosse) "utile" a dans l'ensemble toujours été plus facilement maîtrisable pour Londres qu'une France plus vaste (en espace-temps d'avant le rail, la France est 30 fois plus grande.... Et avant la densification démographique et urbaine du XVIIIème, c'est sans doute plus 50 ou 60), peuplée et diverse dans laquelle le roi a été choisi parce qu'il était le grand féodal avec le plus petit domaine en propre. Tu ne parles en fait que de l'Angleterre à partir du XVIIIème siècle. Mais je rappelle qu'elle a aussi un 2ème excellent général à cette période: le fric. A partir de la réforme du système monétaire et bancaire du XVIIIème siècle (essentiellement initiée et pensée par un certain Isaac Newton), l'Angleterre peut dépenser infiniment plus que les autres pays européens, pouvant s'endetter sans limite: sur la période 1792-1815, l'Angleterre dépense 5 fois plus de fric que la France dans l'effort de guerre. Ca résume beaucoup de choses. -
Les BD qui parlent de défense
Tancrède a répondu à un(e) sujet de cvs dans Livres, magazines, multimédia, liens et documentation
C'est une erreur dans le contexte? Parce que le SAC, il me semble que c'est aussi le "service d'ordre" musclé du mouvement gaulliste, qui acquiert une sinistre réputation notamment quand Pasqua en prend les rênes; les acronymes ont tendance à exister en plusieurs versions. -
La mythification du "guerrier germanique"
Tancrède a répondu à un(e) sujet de Tancrède dans Histoire militaire
Une folie/névrose graduelle venant avec les succès puis échecs successifs qui l'enferment dans sa logique, avec pour seule issue la fuite en avant en continuant (en plus grand) dans le même trait, c'est certain. Mais même avant 40, est-ce si efficace? Tout ce qu'il fait avant que le grand conflit n'arrive, c'est se fermer graduellement les options en acculant les grandes puissances. Ca semble efficace parce qu'il n'y a pas encore de rétorsions, mais chaque mouvement qu'il fait n'est pas neutre, même s'il y a un succès de court terme: cela raidit les autres, leur laisse de moins en moins de choix, contraint les calculs des autres joueurs à ne plus envisager qu'une Allemagne agressive avec laquelle le conflit est inévitable. Il y a lucidité de court terme -savoir que les autres "grands" vont chercher calmer le jeu à tout prix- et lucidité en général - comprendre le fait que chaque "coup" à l'international amène toujours plus de risque de grande guerre-; Hitler avait-il la seconde? Non, c'était un "aventurier", un joueur sans grande réflexion réaliste sur le moyen terme, et de plus en plus bouffé par une "vision" rendant la guerre nécessaire, y compris par besoin "esthétique" (délires sur la "chevalerie", la guerre qui "régénère" les peuples....). Et une lâcheté qui le maintient dans le jusqu'au boutisme et la fuite en avant, au mépris de son propre peuple. Oui il y a un rôle pour le "stratège", mais encore faut-il que le dit stratège ait le temps de s'exprimer, à savoir la profondeur stratégique: l'Angleterre l'a par la Manche, les USA par l'Atlantique, l'URSS par sa taille et son "glacis" géographique à l'ouest. La France n'est pas moins capable de penser stratégiquement, mais la distance et les obstacles sont un luxe qu'elle n'a pas par rapport à l'Allemagne. Seule une capacité de tenir ou emporter le premier choc le permet; elle l'a eue en 1914, pas en 40. Pour faire l'accumulation patiente de petits avantages et de moins petits, faut encore avoir la distance, donnée par la géographie ou la capacité de résitance armée: telle que tu la décris, il me semble que ça donne aux Anglo Saxons l'air intelligent à peu de frais, la mer leur ayant donné cet avantage sans qu'ils soient plus "stratèges" pour autant. A la mythification du guerrier germanique, vas-tu opposer l'équivalente mythification/auto-glorification de l'anglo-saxon (parce que dans le genre baratineurs autosatisfaits, ils sont pas mal non plus)? -
A défaut d'un "char utile", on devrait voir le Leclerc de plus en plus, comme chez les Marines, devenir une sorte de réserve de punch pour appuyer ponctuellement l'infanterie (couvrant des progressions en zone urbaine, amenant de l'appui feu mobile sous blindage, faisant des petites percées et concentrations à l'occasion), ce qui rend en fait le format régiment de fait inutile: au maximum, l'escadron devrait être l'échelon permanent de référence, et encore pour la garnison, le peloton devant devenir dans ce cadre le format le plus employé. Chez les Marines, le peloton de 4 Abrams semble le plus requis pour le format bataillon interarme (la MEU). Un Leclerc rétrofité pour ce rôle semble la voie la plus probable. Si on partait du principe qu'une brigade interarme devrait pouvoir fournir 3 bataillons interarme/battlegroups, ca voudrait dire un escadron par brigade, soit un total de 8 escadrons ou 2 régiments au format actuel. Mais si j'osais, je dirais que le Leclerc est à ce compte là trop cher, trop poussé pour la chose. Serait-ce si choquant de les foutre au rencard (quitte à en garder un tout petit échantillon pour besoins de R&D, de réflexion, d'usage comme opfor....) et d'équiper ces 8 escadrons d'un char moins cher à l'entretien et à l'usage? Ou la différence serait trop petite, voire inexistante, vu que le Leclerc est déjà payé et développé (je ne sais pas à quel point il coûte plus cher à l'entretien et à l'usage que d'autres chars)?
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La cavalerie: une arme, un principe
Tancrède a répondu à un(e) sujet de Tancrède dans Histoire militaire
Petit remontage avec un thème qui est en train de se reposer via le débat sur le CRAB: la cavalerie légère. Ce pourrait être un thème digne en soi d'un topic que d'étudier les unités et types d'unités qui, à travers l'histoire militaire, se voient considérées comme "secondaires", annexes, auxilliaires, moins qualifiées, non parce qu'elles sont faites de soldats de seconde zone ou qu'elles ne comptent pas tout autant que les plus en vues dans la réalité du résultat d'une campagne voire d'une bataille, mais simplement parce qu'elles ne tirent pas autant l'oeil des chroniqueurs contemporains (moins "sexy", moins mises en valeur, elles "parlent" moins aux critères esthétiques ou à l'observateur moins averti), ou essentiellement parce qu'il y a d'autres raisons, surtout sociales et politiques, pour réduire leur rôle et leur place dans un orbat. La phalange grecque ou la légion romaine occupent ainsi 90% de l'espace de récit dans l'histoire militaire gréco romaine, et les raisons en sont à 90% politiques, culturelles et sociales, aux dépends des archers, fantassins légers et cavaliers (à l'exception de la cavalerie lourde macédonienne des compagnons, qui elle-même éclipse les sarissophores et cavaliers thessaliens dont le rôle était similaire et la qualité pas moindre). Le chevalier moyenâgeux éclipse ainsi tout pour longtemps, alors que son importance a rarement été si énorme. Et il est amusant, surtout quand on voit ce mode de regard se perpétuer via les historiens récents, de constater à quel point la place prise dans le récit des armées de ces époques par les armes les plus en vue influe sur la compréhension de l'art militaire, faussant largement celle-ci (qui sait? Dans 300 ans, on dira que nos armées actuelles, c'est l'aviation et rien d'autre?). Ainsi de la cavalerie légère. Il y aurait beaucoup à dire à toutes les époques sur elle, mais le débat autour du CRAB m'a donné envie de décrire, dans le fil de ce topic, un moment où son rôle a été totalement revu, de même inévitablement que celui de la cavalerie lourde, simplement parce que les changements dans les modes de guerre et l'introduction d'un "outil" de cavalerie légère réellement nouveau (plus que des modifications superficielles) a impulsé une revue complète de son rôle et du rôle de la cavalerie sur le champ de bataille et en campagne. Ce moment est celui des Guerres d'Italie, guerres "totales" ou des décennies, voire des siècles dans certains domaines, d'évolutions militaires lentes et isolées chacunes dans leur coin se trouvent mises sur le devant de la scène, assemblées dans des armées "complètes", mises à une épreuve du feu rapidement changeante dans une très courte période de temps et un espace réduit, donc forcées de s'adapter (et là on voit les systèmes qui le font mieux que d'autres). Qui sait ce qu'est la cavalerie légère en Europe au Moyen Age? Il y en a eu beaucoup, dont on parle peu (notamment dans les croisades, par exemple avec les turcopoles), et la moins inconnue est celle des sergents d'armes (ou coutiliers montés), sortes de "cavaliers lourds bis" moins équipés et moins qualifiés pour le choc. Et à part ça? Nib. Mais à la Renaissance, tout comme le rôle d'une infanterie de ligne solide avec piques ne peut plus être éclipsé même par les chroniqueurs les plus fanas de chevalerie sous peine de donner dans la pure science fiction, de nouvelles (mais pas si nouvelles en fait) formations de cavalerie "explosent" littéralement et se mettent à bouffer un énorme espace opérationnel par rapport à la cavalerie lourde, par rapport à des formations d'infanterie de flanquement, par rapport aux nouveaux "espaces de bataille" dus aux changements rapides dans l'art de la guerre de cette époque, et cette "explosion" commence à se faire entendre dans les chroniques du temps, même s'il faudra attendre encore plus longtemps pour les voir y trouver une vraie place. Au commencement des guerres d'Italie, c'est quoi la cavalerie légère en France par exemple? Essentiellement les coutiliers à cheval. Mais 2 types de cavaliers vont rapidement devenir des membres permanents de tout host français avant de voir la cavalerie lourde, celle des gendarmes des compagnies d'ordonnance, graduellement cesser d'être des chevaliers (notion sociale, politique, économique, culturelle) pour devenir de la cavalerie lourde (simple notion opérationnelle), et une cavalerie lourde qui va devoir s'adapter et en fait se calquer grandement sur des cavaliers jusqu'ici jugés "auxilliaires". Les 2 cavaleries légères que la France doit vite développer: - les chevau-légers: il s'agit en fait des sergents d'armes montés, longtemps contenus dans les compagnies d'ordonnance comme "seconds" d'un chevalier, à côté de 2 archers et de 2 servants (chaque "lance" d'une compagnie d'ordonnanceest plus une unité administrative, comptable, qu'une unité opérationnelle). Ils sont séparés de l'unité organique "lourde", les gendarmes opérant désormais uniquement entre eux de leur côté. C'est la première distinction permanente opérationnelle entre légers et lourds dans l'armée professionnelle (ou semi-pro) et permanente française. Les premières unités permanentes sont créées en 1498, suivant sans doute un usage qui se répandait dans la pratique avant cela: missions de flanquement et de flancs gardes, de raids et de reconnaissance, de harcèlement, de saisie de points clés et d'embuscade sont leur lot principal, et ces missions requièrent des formations, des montures, des entraînements, des manoeuvres spécifiques, surtout à l'occasion des guerres d'Italie où la guerre devient plus "complète" que dans les conflits précédents (face aux milices suisses ou à l'armée bourguignonne, très semblable à l'armée française, ou aux Impériaux et aux Anglais). Ces unités gardent aussi une capacité limitée de charge en bataille, plus sur les flancs, mais aussi frontalement si besoin est, le plus souvent dans la suite des lourds. Et évidemment, leur rôle dans la poursuite peut être déterminant. - les estradiots: du grec "stratiotai" ("soldat") ou de l'italien "strada" ("la route", référence aux missions de reco, ou en France ce qu'on appelle "battre l'estrade"). Ce sont des cavaliers des Balkans, d'abord employés par les Etats italiens du nord et vite adoptés (par engagement mercenaire) par la France et l'Espagne au vu de leur grande efficacité. Leur nom varie: "estradiots" semble une francisation du nom des bandes/compagnies de professionnels spécifiquement grecs ou albanais hellénisés (ils sont chrétiens, ça c'est une constante). On trouve aussi en France des "cravates" (francisation de "croates" dont le foulard, vite adopté et modifié, fera une carrière longue dans la mode :lol:), des argoulets (qui semblent plus avoir été des unités de Français ayant adoptés les méthodes, tenues et armements de ces cavaliers balkaniques) et des carabins (des cavaliers légers de ce type qui adoptent l'arme à feu.... Ce sont en fait les premières unités de ce qui deviendra les dragons, soit des cavaliers légers combattants plus souvent à pied). Les Estradiots sont considérés par tous les chefs qui les utilisent comme des unités d'élite, et pourtant leur place dans les récits de campagnes de l'époque est au mieux anecdotique. Ils ont des rôles de cavalerie légère, mais sont très actifs aussi en bataille, y compris pour la charge comme le dénote l'emploi d'une lance et d'un bouclier (ainsi qu'une cote de maille, voire d'un casque dans le cas des argoulets); leurs tactiques de combat sont très fluides et exigent un grand savoir-faire et une grande discipline (contrairement aux caricatures de quasi sauvages que ce genre d'unités se voit souvent infligées). Embsucade, hit and run, mais surtout les encerclements, flanquements rapides, changements de direction collectifs et retraites feintes, ce dernier point étant en fait la marque des peuples cavaliers, un mode tactique poussé à un haut degré d'efficacité par des populations balkaniques en contact et en conflit permanent avec des Ottomans qui sont encore largement un peuple des steppes (voir notamment leurs unités de Sipahis/Cipayes). Leur tenue est un mix byzantin, européen et ottoman, leur protection se limite à un haubert ou à une cote de maille (tendance qui s'affirme en Italie), et leur armement est très complet, fait pour la distance comme pour le choc ou le combat de mêlée, traduisant leur polyvalence: arbalète ou javeline pour la distance, lance et bouclier (un bouclier typique: une targe avec une encoche dans un coin pour voir tout en protégeant le visage) pour le choc, épée (ou masse assez souvent, typique de l'influence iranienne/turque) et coutelas pour le contact. Ils sont loués par compagnies aux ordres de capitaines/condottiere grecs, et certains de ces capitaines se sont quand même fait de grands noms, de même qu'on retrouve des noms, au milieu même des guerres d'Italie, qui évoquent des échos lointains et montrent aux Occidentalo-centrés que nous sommes que l'histoire continue aussi ailleurs: des capitaines d'estradiots s'appelant Comnène, Paléologue ou Laskaris rappellent que ces grandes familles impériales byzantines existent encore. La réputation de férocité, en plus de leur grande efficacité, va avec ces redoutables unités: les Vénitiens, lors de la première guerre d'Italie, les payaient à la tête de soldat français ramenée au camp :-[. 2 autres cas de cavalerie légère ont beaucoup compté dans les changements massifs de la cavalerie à cette époque: - les ritters allemands: "reiters" (cavalier) ou "schwartze reiter" (cavalier noir; la couleur sombre de l'armure est l'origine de cette appellation), ce sont des cavaliers portant une armure plus ou moins complète (mais pas aussi lourde qu'un harnois), dont le cheval n'est pas un destrier (la monture des chevaliers: c'est le gabarit d'un percheron ou d'un frison), et qui ont une épée comme arme secondaire pour la mêlée, mais dont le point fort est l'usage de l'arme à feu (2 proto-pistolets, parfois une arquebuse) afin d'exécuter la caracole, le tir par rangs et en mouvement de profondes formations de cavalerie très ordonnées (un rang tire et cède la place au suivant en se répartissant sur les côtés pour aller se replacer à l'arrière: une bonne caracole est une charge où ce mouvement se fait 2 fois avant le contact). Les ritters, "reîtres" en français, sont des mercenaires allemands auxquels la France a beaucoup eu recours au XVIème siècle. - les jinetes espagnols: cavaliers légers couvrant tous les rôles dans ce registre, le jinete ("cavalier"), francisé en "genêt" (pour la race spécifique de chevaux, non le rôle de ce cavalier), est une particularité espagnole qui a émergé de l'occupation musulmane de la péninsule (le mot "jinete" vient du nom d'une tribu berbère) et de l'introduction de chevaux berbes et arabes, plus adaptés à la végétation d'une Espagne centrale et méridonale peu capable de fournir de larges troupeaux de destriers, lourds et gourmands. Cette légèreté et le caractère plus "démocratique" de cette arme moins coûteuse en matériel a permis à une Espagne ayant peu de chevaliers de mobiliser contre les musulmans de nombreuses unités de cette cavalerie polyvalente, principalement légère mais très apte à un rôle de charge dans lequel, si elle ne peut se comparer dans ce registre à des gendarmes lourds, a cependant une capacité de manoeuvre rapide dont l'utilité est décuplée dans la guerre telle qu'elle commence à changer en Italie. Si les jinetes, comme tous les autres, ont changé au contact de l'Italie, il s'agit à la base de cavaliers reposant, pour la partie "bataille" de leur savoir-faire, sur une combinaison de manoeuvre, de feu (arbalète ou surtout javeline) et de choc (lance et bouclier). Leur truc est surtout de feindre des charges, de changer de direction au dernier moment, de harceler, le tout afin d'amener l'ennemi à rompre sa formation: là, ils peuvent charger frontalement, le tout reposant sur la supériorité manoeuvrière et la rapidité d'exécution. Cependant, contre des gendarmes lourds, le résultat est le plus souvent mitigé étant donné le cap du blindage qui limite les pertes côté lourds. Mais jinetes et ritters, tout comme les estradiots et chevau légers, furent les bases par lesquelles la cavalerie changea radicalement en Italie, en très peu de temps, reléguant le chevalier lourd au placard: la cavalerie lourde se rédéfinit essentiellement à partir d'eux, cessant d'une part d'être chevalerie ou gendarmerie, mais surtout adoptant des équipements plus proches de ces légers, leurs montures (le "genet d'Espagne" devient la norme en France) et leurs armements. On peut dire à cet égard qu'à cette époque, le léger a bouffé le lourd, pas parce que le lourd était devenu inefficace (c'étaient toujours des pros entraînés depuis l'enfance, polyvalents, des guerriers "purs"), mais parce que à la fois son coût était prohibitif et son utilité était très ponctuelle, limitée à certains cas trop particuliers au regard de ce coût énorme d'acquisition et de possession.... CRAB vs Leclerc: verra t-on une évolution similaire redéfinissant ce chevalier motorisé qu'est le char ;)? On notera pour l'anecdote que les premières unités de garde royale espagnole, à la fin du XVème siècle, sont des Estradiots et des Jinetes, pas des chevaliers. Les Autrichiens ont eu, via leurs frontières et leurs rapports permanents avec les Turcs, leurs propres populations et leurs propres troupes montées (et piétonnes) légères: hussards et pandours ont commencé leurs carrière internationale par le service des Habsbourgs. -
Comme le dit Serge, il faut le char et son environnement, ce qui n'est déjà plus réellement le cas avec la "déchenillisation" pour ainsi dire complète de l'AdT. Alors autant assumer et faire quelque chose de cohérent qui servira réellement à quelque chose. Mais Le Leclerc était prévu pour la guerre continentale en Europe face à un adversaire massif, connu et étatique qui vient droit vers la frontière sur un terrain étroit et surbalisé, pas un schéma expéditionnaire contre des adversaires de tous types et des missions plus complexes et mal définies. A t-on jamais eu ou développé les moyens de projeter des ensembles blindés lourds de plus de quelques escadrons? Pas vraiment, et beaucoup semblent penser que des cas de figure comme Desert Storm, où on peut amener plein de trucs et les concentrer lentement et en sécurité avant d'attaquer, sont de moins en moins probables, ce qui imposerait d'avoir tout l'appareil de projection pour pouvoir amener d'un coup une masse critique significative. Est-ce utile? Ca se discute. Contre qui? La plupart des adversaires qui imposeraient à un envahisseur le combat de masses blindées (si tant est que ce combat ait réellement encore un avenir) sont de toute façon déjà largement hors des moyens de la France, et toute coalition où elle participerait la verrait anecdotique, minoritaire, comme l'Angleterre, donc un supplétif sans réellement de poids mais avec le coût du déploiement à supporter pleinement. Et pour la quasi totalité des scénaris réellement probables, le XL est trop capable et trop cher, ne risquant d'être employé que pour une faible part de ses capacités (d'où les propositions de "char utile" plus employable); mais il est là, alors on fait avec. Autant être bon à quelque chose dans le plus de scénaris possibles plutôt que de prétendre: le XL restera et sera adapté comme appoint/appui/fer de lance ponctuel de dernier recours pour des forces plus légères parce que lancer un autre projet de char (moins cher à l'emploi, moins contraignant, plus adapté) est inenvisageable.
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Les cavaliers préfèrent pas quelque chose de plus bas en terme de silhouette, pour le combat de cavalerie légère? Je trouve aussi, et les articles de Bihan, Desportes et Goya dans le DSI et dans d'autres parutions précédentes concordent bien dans le même sens d'un interarme organique permanent aux bas échelons qui devient de plus en plus nécessaire: la rapidité et la fluidité de la manoeuvre dans des scénaris types l'exigent, l'approche "réservoir" n'étant acceptable que si on entretien un niveau d'entraînement bien plus poussé que ce qui se fait actuellement (pour une battle readiness nettement plus élevée, comme chez les Marines). Attention, je ne fais que transcrire une synthèse rapide de ce que je lis des auteurs mentionnés, Desportes en tête; ça n'est pas pour autant l'intégralité de mon opinion. Je manque d'ailleurs de beaucoup d'infos pour réellement m'en former une complète. Mais ça donne des directions, ça aide à sortir de certains moules de raisonnement. J'aimerais qu'il détaille un peu plus sa vision en termes d'organisation tactique, quitte à proposer des modèles partis de pages blanches, pas super élaborés, histoire de réfléchir. Mais à la fin, je me demande s'il restera vraiment une "lourde": peut-on même encore dire qu'il y en a une vu qu'il n'y a vraiment que le XL sans plus aucun autre chenillé d'un autre type pour avoir des pions de manoeuvre lourds (vu que les 10P et les Auf1 sont sur la case bye bye)?
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Je crois vraiment que la vision du CRAB exposée par Desportes insiste beaucoup sur le nombre comme premier déterminant de la capacité de manoeuvre et de la capacité à peser, en somme de la marge de manoeuvre de la France en tant que "puissance déployante" sur un théâtre donné, et qu'à cette aune, il convient, pour le versant "verre à moitié vide" de l'analyse, de se dire qu'il faut aussi arrêter de souhaiter le tip top pour chaque mission spécifique, l'exact véhicule dimensionné pour ce qu'on veut faire en conditions idéales, afin de disposer du plus grand nombre possible de véhicules/de groupes de véhicules (comptons en "pions" de manoeuvre tactique) avec les lourds (les "très lourds" et les "mi-lourds" :lol:) comme appui ponctuels très cher et donc très rares. Quoiqu'il arrive, on formate l'armée pour un certain nombre de missions, pas pour tous les cas de figures (ce qui est le meilleur moyen de n'être prêts à rien du tout et d'avoir une armée d'échantillons), et si l'on essaie de deviner la pensée de Desportes (sous ses interventions) pour la cavalerie, c'est au bout du compte d'avoir beaucoup, mais vraiment beaucoup, de CRABS, des EBRC en nombres réduits (genre 1 EBRC pour 5 CRABS) et du char lourd en ultima ratio rarissime (non qu'il le souhaite, mais il voit la chose comme inéluctable et en prend son parti) qui pourrait cependant retrouver un peu de marge via le remplacement du XL par un "char utile" nettement moins cher à l'achat et à la possession, et strictement limité en termes de capacités au scénaris probables. Grosso merdo, il semble partir du principe qu'il vaut mieux perdre des capacités pointues ponctuelles parce que la capacité de manoeuvre/feu au global, si en quantité, le vaut bien. Certes un Leclerc sur un pont libanais est dissuasif et peut empêcher des situations de se déclencher par sa seule présence, mais cette capacité le vaut-elle quand on en opexe très très peu et que même si on opexait tout, ça pèserait pas lourd? A l'heure où je ne sais plus qui dans le DSI en question disait que la totalité de l'armée française pouvait juste sécuriser un seul quartier de Bagdad, la question vaut d'être posée plutôt en ces termes que dans ceux, plus techniques (et ils sont justes dans cet aspect évidemment), de "la bonne arme pour le bon emploi". En gros, y'aurait selon lui plus à gagner en capacité globale (= peser sur un théâtre, peser en général) à pouvoir avoir beaucoup d'unités CRABs avec peu de lourds en appuis, quitte à perdre certains aspects de capacité qu'offrent des lourds à format égal, qu'à maintenir les formats actuels. C'est pas que le constat fondamental soit joyeux, mais apparemment, pour le général, on en est là et il vaut mieux en tirer parti au mieux, et le CRAB semble un essai justement pour redéployer intelligemment les capacités à moyens contraints, se redonner de la marge (en tout cas plus) tactiquement et du punch sans se faire d'illusions sur ce qu'il faudrait dans l'idéal et que l'AdT n'aura pas. En même temps lui est focalisé sur les guerres "bâtardes", asymétriques, semi-irrégulières.... Dont il part du principe qu'elles seront la donne absolument dominante de l'avenir visible, et ce d'autant plus que de toute façon, la France n'a déjà plus les moyens d'envisager des conflits terrestres "classiques" contre des puissances même moyennes. Dans ces modes de conflictualité, le nombre compte proportionnellement beaucoup plus que dans l'optique symétrique/inter-étatique/niveau technologique comparable puisqu'il s'agit d'avoir de la présence au sol. Vraisemblable: ça coûte rien et ça emmerde beaucoup. Le rapport coût-efficacité est sans comparaison avec les autres systèmes d'armes. Imagine que la surenchère des IED, ce sont des "programmes d'armements" pour les guérillas qui se comptent en centaines et milliers de dollars, mais que l'OTAN y répond par des crashs programs se comptant en millions ou dizaines de millions (milliards pour les MRAPs); les organisations non étatiques de tous types, tout comme beaucoup d'Etats, ont toujours beaucoup plus de milliers de dollars à claquer que l'OTAN n'a de millions ou centaines de millions ;). Ca ne sera pas sur tous les théâtres, mais ce n'est pas un truc appelé à se faire rare, surtout avec la démocratisation de nombres de technologies poussées (notamment pour le déclenchement à distance des saletés) et le nombre de personnes qui ont du acquérir le savoir-faire, rien que sur l'Irak et l'Afghanistan.
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Voilà! T'as mis le doigt sur la formule! J'aime pas le Sphynx parce qu'il a pas une gueule "virile" :lol:.
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Guerre du Kippour : qu'est-ce qui a manqué aux armées arabes ?
Tancrède a répondu à un(e) sujet de Kiriyama dans Histoire militaire
Si on regarde la carte et les événéments à posteriori, à froid, avec l'absolue connaissance de la chronologie, oui. Dans la réalité du moment, tout ce que j'ai lu (à commencer par Kissinger) m'indique le contraire: la stratégie, c'est de la politique, et la politique est avant tout affaire de perception. A tous les niveaux, dans une guerre, c'est terriblement vrai, jusqu'au plus bas échelon tactique, c'est pourquoi la panique, la mésinterprétation des faits, l'extrême limitation et partialité des faits qui sont connus au moment de la décision, les discussions à chaque échelon de décision.... Sont si déterminants. Et c'est pourquoi la guerre est avant tout affaire de manipulation/déception, d'interprétations bonnes et mauvaises à un instant T, d'erreurs.... Comme le pointait déjà Sun Tsu. Si tu y ajoutes le fonctionnement de la chaîne de décision, depuis le gouvernement jusqu'au plus bas échelon tactique en passant par l'étrange goulet d'étranglement qu'est l'EM israélien, surtout à l'époque de ces personnalités hautes en couleur de la "grande époque", tu ajoutes aussi les dysfonctionnements, transmissions imparfaites d'information, partialités et intérêts en tous genres.... Qui faussent d'autant plus la perception, y compris des décideurs (la seule qui compte pour l'emploi de l'arme nucléaire). Parce qu'ils n'avaient pas de stratégie, donc pas de buts de guerre, et pas de volonté réelle d'entrer en guerre. Après avoir repris quelques positions plus avantageuses dans le Golan, ils ont freiné des 4 fers, avec une autorité politique qui ne voulait rien faire et une autorité militaire sur le terrain qui ne savait pas quoi faire. -
Guerre du Kippour : qu'est-ce qui a manqué aux armées arabes ?
Tancrède a répondu à un(e) sujet de Kiriyama dans Histoire militaire
Ca leur aurait fait une belle jambe en cas de frappe nucléaire sur leurs capitales, un risque qu'aucune nation n'est prête à courir, et il suffit pour cela, potentiellement, de 2 raids aériens, un sur le Caire et un sur Damas. Un Israël aux abois, purement et simplement en lutte pour sa survie à court terme, n'en a rien à foutre du reste: ce n'est pas un jeu proprement dit de dissuasion au sens complet en ce que la bombe n'empêche pas le conflit, mais il s'agit d'un ultima ratio après que les combats aient mal tourné, et cela les Egyptiens comme les Syriens le savaient dès avant le conflit, ce qui a sérieusement impacté les postures et les plans. Tout le problème fondamental des Arabes, surtout des Egyptiens, est de récupérer "du jeu" pour une négo, d'emporter quelque chose dans le conflit, sans pour autant qu'Israël se sente acculé au bord du précipice, sans autre recours que le nucléaire. Si la caution russo-américaine était si déterminante dans les calculs des acteurs locaux, pourquoi Israël, pays à faibles moyens à cette époque, se serait fait chier à acquérir la bombe qui n'est pas un investissement anecdotique?