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Tancrède

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Tout ce qui a été posté par Tancrède

  1. On pourrait dire, mais j'avoue que les FARC sont une mouvance politique, et j'essaie de mettre un distingo dans cette notion "d'armée privée" avec les mercos d'un côté, et les mouvements/mouvances (politiques, idéologiques, identitaires) de l'autre, et l'un des indicateurs pour la nuance avec ces derniers, est la relation à une personne/famille/groupe étroit (clanique) en particulier, et moins à une idée générale (en tout cas celle-là vient après). En fait, l'armée privée, je la placerais dans une relation de type féodal, donc pas commercial (ou plutôt pas seulement commercial/pécuniaire) et pas idéologique (en fait pas seulement): la relation à la personne ou au petit groupe est la première (d'où entre autres les distinctions que j'attente pour certaines boîtes actuelles de contractors, qui peuvent présenter des "symptômes" de ce type). En fait, si j'établis ici une distinction entre les unités/groupements d'unités de mercenaires (qui sont des outils), les mouvements armés non étatiques (qui répondent à une situation d'abus réel ou perçu, suivent une idéologie, constituent le bras armé d'un intérêt commercial/criminel dans le seul but de maintenir cette activité commerciale sans plus) et ces "armées privées", c'est pour y souligner la notion essentielle d'individu, qu'il s'agisse d'un seul individu ou d'un petit groupe. Ce sont eux/lui qui sont à l'initiative et qui la gardent pour des buts essentiellement de nature individuelle (ou de l'idéologie personnelle du ou des individus) et sortant d'une logique annexe/étroite comme celle d'une activité économique pour embrasser tout ou partie du spectre des "affaires" (territoire, emprise et contrôle -donc aussi obligations- sur une population, capacité à peser politiquement y compris par la guerre....). Le cas des gardes est le même, à ceci près que l'individu en question est aussi le chef de l'ordre établi et que donc le but de cette armée privée est avant tout de garder cette personne ou ce petit groupe contre son propre pays. Mais il s'agit bien d'une armée, et non d'une troupe mercenaire, en ce qu'elle a un but politique et une autonomie par rapport à la structure de référence, autonomie qui peut devenir antagoniste en cas de crise. Un mouvement armé non étatique peut venir d'une armée privée ou en devenir une, tout dépend de sa direction et du degré de contrôle et d'appropriation, tout comme une armée de mercenaires peut en devenir une ou venir d'une: l'idée est qui commande et pourquoi elle fait la guerre (ou menace de la faire), ce qui détermine comment elle la fait. La distinction de principe réside dans le fait que l'unité mercenaire est un outil asservi à une logique propre et limitée, spécialisée, et le mouvement armé, parfois un véritable proto-Etat, est plus déterminé par ses structures, son objectif/son idéologie, que par les individus qui le dirigent (qui sont du coup remplaçables). L'armée privée dépend d'individus, un ou un petit nombre, et d'une organisation ainsi plus personnalisée et "féodale". Pour RL, je l'ai juste connu pendant 4 ans (dont 2 à Sciences Po), et si je l'avais imaginé à l'époque allant en Colombie, c'aurait été pour consommer la production agricole principale des FARCs :lol:.
  2. Tancrède

    Embuscade en Colombie

    Le problème de la vraie violence, le corps à corps comme les combats d'armes à feu, c'est que leur réalité n'est absolument pas télégénique :-[: donc e qui se voit dans les films et séries n'a rien à voir du tout avec la réalité, même de loin.
  3. Un petit sujet transhistorique et prospectif sur ce qui n'est pas exactement le sujet "pur" des mercenaires/condottiere/contractors, voire s'en éloigne parfois sur bien des plans, pas plus qu'il ne concerne les armées de mouvements et organisations non gouvernementaux (en tout cas pas tous), quoique le distingo puisse être difficile à établir. Il s'agit en fait de voir ce sujet des armées ou para-armées permanentes "détenues" ou en tout cas plus ou moins pleinement contrôlé par un individu ou un groupement cohérent (dans le temps) d'individus, typiquement une famille ou une dynastie, ou un clan de type tribal. Exit la plupart des contractors, donc, ou en tout cas l'essentiel de leurs effectifs, en tout cas pour l'instant, qui recourent plus à l'embauche ponctuelle et ne gardent réellement que des cadres d'entraînement et des chefs d'équipe, au mieux, sur la longue durée, et éventuellement de vastes effectifs de gardiennages. Ca peut changer, ça va sans doute changer, mais pour l'instant c'est plus comme ça. Les sociétés de contractors un peu conséquentes sont par ailleurs plus des regroupements capitalistiques, donc correspondent moins dans la plupart des cas à des "entités décisionnelles" telles qu'une famille, un clan.... Et répondent à des logiques plus étroites aussi bien qu'à des divisions inhérentes à un conseil d'administration: peu des grandes sont réellement "tenues" par une direction absolument unifiée (c'est pourquoi le cas de l'ex-Blackwater, tenue par Erick Prince, est assez particulier et inquiétant). Pareillement, à travers l'histoire, rares sont les mercenaires se vendant comme tels qui ont pu réellement "disposer" de leur outil durablement et le contrôler assez pour sortir de la pure logique "commerciale": certains capitaines de compagnies mercenaires pendant la Guerre de Cent Ans l'ont pu, devenant ainsi des seigneurs, entrant dans le jeu politique de leur temps, de même que pendant les guerres d'Italie où certaines dynasties de Condottiere ont pu se tailler des fiefs: les Sforza de Milan et Forli, les Colonna, les Malateste de Rimini.... En font partie. Difficile de totalement circonscrire la chose, alors je vais essayer de donner des exemples: - le temps de la féodalité post carolingienne en voit beaucoup, typiquement avec l'expansion des normands en Méditerranée (ou même l'invasion de l'Angleterre par Guillaume le Conquérant) qui est le fait de groupements individuels, ou celle des Angevins, et plus encore le temps des croisades. Mais évidemment, l'ère féodale s'y prête et il est plus délicat de distinguer des "armées privées" dans ce temps où la notion d'Etat est au mieux faiblarde. Le droit de guerre privée, par ailleurs, au sein d'Etats, est à la fois similaire à la pratique entre Etats (eux-mêmes féodaux, donc la chose n'est pas différente) et à la fois le signe de l'apogée d'un temps où on pourrait dire que "le privé" a le droit de violence légitime. A bien des titres, que l'unité soit à louer ou oeuvre en permanence pour un chef féodal, on peut dire que toute armée est privée, et seul "l'host" féodal d'un roi, le ban, peut apparaître comme un peu différent (et encore) en ce qu'il est un rassemblement (assez rare) pour raison nationale des armées et services militaires dus. - la plus célèbre de toutes les armées privées de l'Histoire: l'armée romaine ;). Dans la République finissante, en tout sinon en théorie juridique, les armées et leurs vétérans retraités mais rappelables, sont devenues de fait privées. L'avènement d'Auguste ne change rien dans la pratique, sinon qu'il est le seul citoyen romain à pouvoir en avoir une, et même ceux qui en ont les moyens ne peuvent de fait en lever. Cela se perpétue pendant la dynastie julio-claudienne, et s'estompe graduellement dans les faits plus que dans le droit avec l'évolution de l'empire, où la personne physique de l'empereur et sa position, en fait l'Etat, se dissocient en tant qu'entités: trop grande, répartie sur une vaste surface, avec un contrôle "saisissable" (notamment par corruption d'unités centrales telles les Prétoriens), l'armée romaine ne peut réellement être maîtrisée par un seul homme, parfois même pas par un seul siège d'empereur (dont il est possible de tuer/virer l'occupant pour tout simplement se mettre à sa place). - de ce modèle romain vient un autre exemple, initié du temps même de l'empire, celui des gardes du chef d'Etat quand employées comme unités personnellement recrutées et commandées: face à la dissociation de fait empereur-Etat, les empereurs romains ont aussi gardé leur personne non seulement par des unités régulières ou spéciales issues de l'armée (type les Prétoriens), mais aussi par des unités et individus personnellement engagés et entretenus, avec qui le rapport est direct et qui de fait sont des contractants personnels, comme les Bataves d'Auguste. l'Empire post crise du IIIème siècle voit les empereurs obligés d'avoir un "Etat dans l'Etat" à traves les Scholes, dont le volant militaire/armé sont les Scholes Palatinae, unités d'élite personnellement contrôlées par l'empereur, au sein desquelles sont choisis les 40 candidati gardant directement la personne physique du souverain. L'empire d'Orient/byzantin développera beaucoup la pratique, et l'une de leurs plus célèbres unités est, à partir du Xème siècle, la Garde Varègue, véritable armée privée au sein de l'armée byzantine (devenue en grande partie plus féodale) et liée personnellement à l'empereur. Mais les "gardes" s'étendent avec la féodalisation/régionalisation de fait de l'empire dès le IVème siècle, où les familles de grands propriétaires s'entourent de petits contingents permanents de plus en plus militarisés, voire de groupes de "barbares" qui font aussi par ailleurs leur entrée dans l'empire comme fédérés et, avec le délitement à l'ouest, s'établissent aussi comme de tels potentats en amenant leur mode d'existence féodal qui voit les chefs de clans des grandes fédérations de "peuples" (goths, francs....) vivre en permanence avec leurs gardes liés par divers modes (liens de sang, serments personnels....), un type de relation pas nouveau (les chefs celtes et leurs "ambacts" et "frères d'armes") et qu'on retrouve à travers le haut Moyen Age jusqu'à la période viking (les housecarls des chefs et roitelets vikings). Les grands aristocrates romains tardifs et byzantins à qui échoyaient des commandements armés avaient par ailleurs pris depuis longtemps l'habitude d'avoir leurs propres gardes et troupes d'élites recrutées personnellement, les bucellarii (pour les garder et accroître des contingents impériaux parfois jugés insuffisants pour leur succès). - le phénomène des gardes après, quand les Etats européens se constituent plus solidement, dure évidemment et retrouve les mêmes obstacles, limites et principes que sous l'empire romain, gardant donc l'ambiguité entre féodaux/grands seigneurs qu'il faut contrôler donc garder près de soi, besoin d'unités d'élite, besoin d'unités de formation d'officiers (de confiance et de compétence), besoin de protection personnelle, besoin de protection de l'Etat; il y a donc des unités avec des membres de grandes familles, des unités issues de l'armée et des unités pleinement privées et contrôlées à titre personnel par la personne privée qu'est aussi un souverain. Les gardes suisses de la monarchie française sont aussi cela, même si les autres unités de la maison du roi, notamment en raison du patriotisme, du statut ou d'une notion culturelle/étatique différente de l'époque romaine, ne sont pas forcément moins fiables suivant les circonstances (mais la trahison de Louis XVI par les Gardes Françaises n'est-elle pas, malgré beaucoup de différences fondamentales et sans jugement moral, du même registre qu'à Rome?). - les ordres de chevalerie, bien que bénéficiant d'un statut "souverain", peuvent correspondre à cette définition d'armées permanentes privées: Templiers, Hospitaliers et Teutoniques particulièrement, plus que les ordres espagnols qui sont plus restés dans une sphère de contrôle étatique. - la Waffen SS fut au final une armée privée - les armées/bandes armées de barons de la drogue (surtout à l'heure des cartels dits "de 3ème génération" comme au Mexique) ou de seigneurs de guerre/chefs de bande répondent clairement à de telles logiques et sont donc à distinguer des mercenaires d'une part, et des mouvements idéologiques/politiques d'autre part (qui répondent moins à la logique personnelle et plus à des regroupements eux-mêmes politiques de mécontents/ambitieux en coalition: on dirait que certains de ceux-là sont parfois des regroupements d'armées privées). - la survivance du phénomène des gardes "féodales" qu'on peut voir dans les zones tribales, parfois développées: typiquement, la famille Séoud en est l'archétype moderne avec sa "garde tribale" contrôlée personnellement et dont le rôle est en fait de la protéger de son propre pays qui n'est vu que comme une masse de ressources à exploiter, avec une armée régulière qui n'a d'armée que le nom et une garde nationale qui est là et dont le niveau de qualification sert avant tout à protéger le système politique des salafistes, mais dont la loyauté et la compétence ne sont pas suffisants pour le confort des Séouds qui arment, entraînent et contrôlent leurs gardes tribaux directement (commandements uniquement aux mains des Séouds, serments personnels, et cette garde ne vient que d'une ou de quelques tribus directement liées aux Séouds) et sans limitations. En fait, l'une des différences majeures que je pourrais pointer entre des unités de mercenaires et ce que j'appelle une armée privée consiste en les buts: une unité de mercenaires dont le capitaine devient ambitieux et commence à jouer pour lui-même au-delà du simple intérêt commercial, avec le concours de ses troupes qui comprennent que le jeu change, et à entrer dans le jeu politique, devient une armée privée, même si elle ne change pas d'effectifs, d'organisation, d'apparence.... Les buts, les calculs, changent du tout au tout, donc la façon de combattre, de se penser dans le temps, de vivre au quotidien.... Elle ne se pense plus pour le combat, mais de fait pour la guerre au sens plein, et même plutôt la stratégie/politique au sens large, donc ne fait pas la même chose et n'agit pas de la même façon. Ce peut être une "garde" ou un clan tribal qui décide de rompre l'équilibre politique de son environnement à un moment donné et de plus oeuvrer pour lui-même, ce peut être une unité ou un groupe de soldats réguliers décidant de changer de patron (généralement oeuvrant pour eux-mêmes et se distinguant d'une junte en ce qu'ils ne visent pas forcément à prendre l'Etat pour lequel ils bossent tel qu'il est et/ou à y changer l'ordre politique, juste à s'y tailler un fief), ce peut encore être un regroupement armé aux ordres étroits d'un chef/d'une loyauté particulière qui se coupe de son ordre politique d'appartenance pour n'oeuvrer que pour son intérêt directement perçu.... Comme ce peut être une unité mercenaire qui se découvre des ambitions plus que pécuniaires et "tente sa chance", ou encore une unité oeuvrant au sein d'un cadre politique existant mais avec des intérêts particuliers plus que pécuniaires qui parfois ne sont pas les mêmes que leur entité d'appartenance (cas de la Waffen SS, qui correspond bien à la féodalité nazie). Dans tous les cas, il s'agit d'un groupe armé à la cohésion particulièrement solide (au moins par rapport à leurs concurrents) et/ou au lien étroit avec leur dirigeant, qui cesse d'être un outil pour devenir une entité, une unité pour devenir une armée. Le cas d'une garde liée directement à la personne privée d'un souverain ou d'un potentat quelconque est similaire puisqu'ils ne travaillent pas pour un Etat mais pour une personne, donc pas dans la logique de l'Etat (même si ces troupes peuvent aussi, sur ordre personnel, agir dans le même sens que les autres unités de l'armée de cet Etat): ils sont une troupe personnelle, ce qui se voit particulièrement quand la personne du souverain et l'Etat, lors d'une crise (révolution de palais, révolte ou révolution tout court, coup d'Etat, lutte contre des séditions internes discrètes, actions en dehors de la règle de l'Etat....) ou dans d'autres circonstances, ne sont pas dans la même ligne, voire s'affrontent (souverain-tyran, coup d'Etat, révolution, action personnelle du souverain....). Je connais mal ce cas, mais la conquête et l'occupation du Congo Belge avant son don à l'Etat Belge, me semble procéder de cette logique, étant une initiative privée du roi des Belges, en dehors du cadre de l'Etat. Un exemple en opposition: l'épopée des Almogavres dans l'empire Byzantin et la Garde Varègue, deux cas d'armées privées qu'on pourrait aisément confondre comme 2 unités mercenaires. Seulement l'une, de mercenaire, tentera le coup de se tailler un fief sous la conduite de ses capitaines ambitieux et dans un système qu'ils créent (en s'établissant comme élite dirigeante), l'autre restera fidèle à l'empereur, mais personnellement, pas comme une unité de l'armée. Au final, le cas des groupements de fédérés barbares bouffant l'empire d'occident peut y être comparé, parce que si ces groupes sont bien à la base quelque chose, ce sont de vastes contingents de mercenaires obéissant à une logique commerciale (à grande échelle) et décidant d'entrer dans le jeu politique, pas des peuples comme l'historiographie du XIXème siècle nous l'a faussement fait croire. Ce sont en fait à la base des regroupements temporaires qui, une fois entrés dans l'empire, se structurent de plus en plus et deviennent de plus en plus des armées privées liées à des chefs plus permanents et "reproductibles" (affirmation de lignées), essentiellement à la base parce qu'ils sont victorieux et peuvent enrichir leurs troupes via l'acquisition en propre de territoire: la transition arrive pour moi chez les Goths après Andrinople (grosso modo à partir de 376), les Francs (en tout cas les saliens) à partir du foedus conclu avec Julien (359), les Vandales quand ils se taillent des fiefs en Espagne, puis en Afrique (début IVème siècle). Quand elle réussit, une armée privée peut devenir un Etat ou une entité d'un Etat féodal, mais ce n'est pas sa seule logique possible, comme le montre l'exemple particulier des gardes personnelles (qui préservent une famille/un chef et favorisent ses intérêts, ce qui peut juste se traduire par le maintien de ce potentat à la tête d'un Etat ou d'une faction de cet Etat), ou de groupes cherchant quelque chose de plus particulier, d'ordre idéologique au sein d'un Etat (Waffen SS comme un "ordre nouveau") ou d'ordre plus "sectoriel" que territorial (mais plus que pécuniaire: essentiellement acquérir du pouvoir: type des groupements armés oeuvrant pour des multinationales actuelles ou des anciennes comme la Hanse ou des "Princes marchands" vénitiens ou gênois). A noter que l'emploi de tout petits contingents oeuvrant plus dans l'assassinat ou l'action "spéciale" par des entités de type commercial (légales ou non) entre dans cette définition. Verra t-on par exemple certains contractors actuels agir plus ainsi , bien qu'il soit déjà débattable qu'une telle évolution (encore embryonnaire) se soit vue récemment dans le comportement de certaines boîtes sur des théâtres extérieurs (trafics divers, actions de rétorsion ne répondant pas à la hiérarchie militaire, comportements dégueulasses, poursuite d'intérêts particuliers parfois contre l'intérêt de l'Etat....)? Le lobbying, donc le levier d'action dont ils disposent auprès de l'Etat américain de fait en partie "contrôlé"/influencé dans ses choix ou certaines modalités de ses choix par des entités commerciales aux intérêts importants, parfois globaux, révèle t-il une évolution "féodale" qui pourrait se structurer graduellement en même temps qu'elle gagne en importance? Que pensez-vous de la chose?
  4. Tancrède

    Embuscade en Colombie

    Désolé, hallucination personnelle :O; ça a été un pote pendant 4 ans d'études communes, et ça ne fait que quelques temps que j'ai entendu parler de cette histoire.... Il a l'air vachement plus sérieux que le gars que j'ai connu, et l'imaginer choisissant d'accompagner des militaires me fait franchement halluciner.... Enfin, heureux qu'il aille bien.
  5. Tancrède

    CRAB : concept d'emploi

    Oui mais on va pas définir un cadre d'emploi en fonction de tels petits bonus. Avant tout parce que le contrôle de zone induit trop d'endroits où il faudrait faire cela en même temps ou dans une période courte. C'est pas inintéressant en soi, mais mieux vaut de la présence au sol (avec du punch) dans beaucoup d'endroits qu'un peu de présence avec le méga char de la mort qui tue; à quoi ça sert de dissuader les ambitions dans un village quand il y en a 100 autres avec les mêmes ambitieux?
  6. Tancrède

    [EBRC/Jaguar]

    Je plussoie, c'est du délire. Surtout qu'il faut y ajouter le renseignement avant cela, l'observation au jour le jour dans la durée, qui généralement révèle des "détails" comme le fait qu'un chef de bande local ait soudain accès à du T-62 (à supposer qu'un puisse devenir assez important pour se payer la logistique et la formation qui vont avec, ainsi que l'échelon de soutien mobile, ne serait-ce que pour remplacer les chenilles: dans des raids tchadiens qui font parfois des milliers de kilomètres, ça s'impose plusieurs fois pour un T-62), et du coup le suivi de ce genre de petits trucs anecdotiques (mais dans le monde réel très repérables) dans le temps.... Avec vraisemblablement le fait qu'un tel "détail" serait en plus traité en amont (raid FS, raid aérien....) et détruit à domicile, les chefs de bandes armées n'étant pas spécifiquement couverts par des conventions d'éthique et des codes de comportements particuliers. J'oserais même dire que ce serait une priorité pour un commandant de garnison outre mer. Ajoute, autre détail, que ces rezzous se voient venir des jours, parfois des semaines à l'avance, donc même en supposant que des chars n'aient pas été traités en amont et que la dite garnison n'ait pas d'avion capable de traiter le bouzin (bizarre, l'EBRC est là mais le F-1 est encore là et comme pilier aérien des forces au Tchad), ben il suffit de venir de France, de Djibout ou des Emirats. A moins qu'ils se téléportent, on peut repérer à l'avance. Puis en plus, quand tu vois la "qualité" des équipages de chars de nombreuses armées permanentes, tu te demandes comment des vieux chars (à supposer que sur de pareilles distances, ils tiennent le coup sans la lourde "queue" logistique qui va avec) déployés dans ce genre d'affaires pourraient se mettre à manoeuvrer et aligner les surcadences de tir comme s'il s'agissait d'un régiment de char d'un GMO soviétique de gardes à la grande époque. Et encore une fois aussi, la question de machins légers comme EBRC et CRAB suppose une doctrine différente, donc une approche tactique différente, incluant une coordination des appuis conséquente. Ca sert à rien de bidouiller des "scénaris" ramenant la guerre à du 1 contre 1, un matos particulier contre un autre, parce que la guerre, c'est pas ça, et si on en arrive à ça, c'est que vraiment, mais alors vraiment, tout a merdé tous azimuths dans tous les domaines avant.
  7. Tancrède

    [EBRC/Jaguar]

    Oui, mais à ce moment, puisqu'on raisonne pour un parc plutôt réduit et dans une logique de coûts très contraints, à moins que Nexter ait un truc planqué juste pour rire dans ses placards, c'est à acheter sur étagère, avec un bazardage généralisé du parc Leclerc, pur et simple. Ceci dit, le CV-90 est plutôt cher (je connais pas ses coûts d'entretien/soutien et ses contraintes logistiques ceci dit) est pas tellement plus blindé qu'un VBCI, non? Le problème d'un "char utile" dans l'optique de Desportes, c'est qu'il faut un matos répondant aux spécifications, mais aussi ayant pas mal de réserve (place et puissance de la motorisation j'imagine) pour garder de la capacité d'adaptation. Mais on arrive là effectivement dans la logique d'emploi du CRAB qui, s'il doit constituer la base de la capacité blindée française, a vitalement besoin dans cette vision de groupement d'appui blindés lourds EBRC et "char utile" pour que le dispositif ait sa cohérence, pas nombreux mais bien là et qu'on n'hésite pas à déployer (donc dont le coût de déploiement et soutien OPEX doit pas être dissuasif).
  8. Tancrède

    [EBRC/Jaguar]

    Au final, ce serait peut-être pas si catastrophique dans la plupart des cas probables: au moins, si et seulement si on raisonne à budget relativement équivalent avec, allez osons rêver, une optimisation/une gestion sérieuse de la dépense, ça redonnerait de la marge de manoeuvre en terme de masse déployable au sol. Je ne peux m'empêcher de repenser, en conjonction avec les écrits de Desportes, à l'article de Michel Goya sur l'infanterie dans le dernier DSI HS, qui soutient qu'on pourrait faire vraiment beaucoup plus côté capacitaire, à dépense inchangée, que l'on pourrait disposer de plus de monde à employer dans le cadre d'unités de combat (lui réfléchit apparemment à partir de la section/section renforcée) rendues nettement plus efficaces par un ensemble de mesures somme toute assez simples et pas plus coûteuses. Avec la disposition d'unités motorisées et blindées, peut-être légères mais s'inscrivant dans un outil interarme/interarmée optimisant ses appuis de tous types, la France pourrait fournir des groupements de combat mobiles et puissants (et, plus important encore, plus efficaces dans les conflits probables) en nombres plus conséquent; traduction, une capacité à peser accrue, et ce malgré les apparences de "perte de standing" et certaines pertes ponctuelles de capacité (essentiellement les chars lourds) qui n'ont qu'une utilité limitée et de pertinence que dans un panel de situations extrêmement réduit (surtout au regard de leur coût), ces pertes n'étant par ailleurs pour l'essentiel pas incompensables (par une autre approche notamment). Dans le cas du XL, l'analyse de Desportes repose sur le fait de se demander non si on a ou non besoin du char lourd (sous entendu le XL), mais de quelles capacités du XL on a besoin (voir le rôle des chars dans les récents conflits pourtant "asymétriques"): et là, on est loin d'avoir besoin d'un char tirant 6 cibles mouvantes très blindées par minute, en allant lui-même à 80 à l'heure sur terrain accidenté, capacités qui coûtent une blinde au développement, à l'achat, à l'entretien à l'année et au soutien en projection. Tout ça surtout pour en avoir au mieux une petite poignée dans un théâtre de grande taille. Et pour lui, il ne faut qu'une fraction de ces capacités: de l'artillerie "utile" (tourelleau téléopéré et canon à fort débattement et portée limitée, mais avec munitions très variées; pas besoin de cadences et stabilisation extraordinaires) et mobile (tout terrain, vitesse raisonnable) sous blindage conséquent, avec des bons systèmes de détection (qui semblent de toute façon la donne pour tous les véhicules désormais). Rien de plus, surtout rien de plus. Mais le XL est là, déjà payé, donc effectivement, le "char utile" attendra. On oublie un peu trop qu'une guerre n'est bien préparée que contre un adversaire précis, ou au pire un type d'adversaire précis. A vouloir avoir un peu de tout contre un imaginaire "toute situation possible", on ne fait en fait rien de bien, un cas typique de "qui trop embrasse mal étreint"; et surtout une négation totale de la spécificité de ce pourquoi nos armées ont été calibrées et le sont encore (sauf en quantité), la lutte contre l'URSS en centre Europe, et de la spécificité de chaque conflit et type de conflit, cachée sous l'idée débile que "qui peut le plus" (sous-entendu "un adversaire sérieux, donc étatique, développé et maousse", mais réellement sous entendu "l'URSS dans les années 80 et en Allemagne") "peut le moins" (sous entendu "les pouilleux d'Afrique ou d'Afghanistan"). La guerre nécessite plus d'adaptation que cela.
  9. Non, le problème n'est pas le catéchisme catholique mais la sainte église cathodique ;) (bon, la presse écrite aussi) où le shoah business et le dogme qui en part pour définir les gentils (ceux qui recrachent exactement le credo) et les méchants (ceux qui sont pas d'accord sur n'importe quel sujet avec ceux qui récitent le credo, ou même juste ceux qui essaient de le dire un peu différemment), avec du coup les procès en hérésie qui en découlent (cris d'orfraies médiatiques, condamnations moralistes et globales de tout ce qui envisage sans passion un débat, exil de la sphère médiatique, bûchers du monde de l'édition....). Alain Finkelkraut et Eric Zemmour, tous deux juifs et pas particulièrement anti ou pro israéliens, ou du tout négationnistes, se sont pris de tels anathèmes émotionnels complètement hors de propos avec des certains de leurs points qu'ils essaient de mettre sur la table hors du ton dominant. Je me souviendrais toujours d'une altercation entre Finkelkraut et Juliette Binoche sur la question israélo-palestinienne, ou Finkelkraut se contentait de dire qu'il s'agissait d'un problème d'admission de la légitimité du point de vue de l'autre (des 2 côtés de la barrière), pour conclure que cette histoire était une tragédie (= 2 "camps" avec leurs qualités et leurs défauts, leurs bons points et leurs saloperies) et non un mélodrame (= un gentil et un méchant). Ce sur quoi, L'actrice conne comme ses pieds et purement émotionnelle a fait un speach enragé avec larmes à tous les étages disant que c'était une honte qu'un juif parle comme ça après la shoah. Débat clos avant d'avoir commencé, les larmes ont gagné, la raison a giclé de l'arène publique.... On est prêts pour le dictature cléricale de l'émotionnel, ce qui est par essence l'antithèse de la démocratie.
  10. Tancrède

    CRAB : concept d'emploi

    Oui, c'est un de ses postulats de départ, donc absolument inamovible quand on entre dans son raisonnement. Et il est malheureusement très réaliste, sauf crise internationale majeure de chez majeure: les parcs de "lourds" vont baisser, et il vaut mieux en prendre son parti qu'essayer de tout garder avec à l'arrivée une armée d'échantillons.... Qu'on commence déjà à avoir de toute façon. Surtout quand on regarde ce qui est déployable réellement, et ce que ça coûte (moins en termes de fric que de vampirisation des hommes, des unités et des matériels, du temps d'entraînement....). Autres postulats de base: - la conflictualité prévisible: guerres bâtardes, guerres asymétriques.... Nous attendent, avec l'occasionnel coup de poing en coalition parce que de toute façon, on n'a déjà plus de quoi frapper un pays un peu conséquent (autrement que par le bombardement ou carrément le nucléaire) et influer sur sa décision. Par nous-mêmes dans certains cas, on doit pouvoir agir, ce qui implique du nombre. Dans une coalition, il faut peser au maximum qualitativement et quantitativement - on ne sait plus ce qu'est la guerre, à s'être trop focalisé sur le combat.... Et un type de combat très particulier sur lequel notre armée, et plus encore notre système de guerre (industrie incluse) repose encore fondamentalement): le combat blindé contre les soviets et en centre Europe, soit un théâtre très particulier, dans un contexte très particulier, avec des conditions de combat très particulières. Et Desportes est quand même un officier de cavalerie blindé dressé par la guerre froide: s'il remet en cause le modèle qui articula sa vie professionnelle, on peut l'écouter quand il dit que l'idée même de combat de masses blindées qui ont présidé à la conception du XL, est totalement inepte aujourd'hui et ne correspond vraiment qu'à cela (et pour le reste, surtout quand c'est ailleurs que sur la frontière terrestre de la France, on ne peut envoyer de masses blindées lourdes utiles). Or il ramène aux principes généraux de la guerre: la connaissance de nos intérêts, et le volet action armée comme dernier ressort pour les favoriser, sachant qu'un conflit, c'est apporter un moyen de pression suffisant pour créer un nouvel ordre des choses (favorables à nous, ou en tout cas plus favorable) dans une zone, ou un système, donnés. Cela voudra dire dans le cadre des conflits prévisibles, maintenir, restaurer/renforcer ou recréer un ordre, un processus politique dans une zone. En termes tactiques, cela implique certes éventuellement une capacité de punch (surtout avec la progression militaire prévisibles d'organisations non étatiques de tous types), mais surtout une capacité de contrôle et de présence, dans l'espace et dans le temps, seules garantes d'une sécurité qui permet de rétablir un ordre. Exemple: l'aviation ou le coup de poing FS sont utiles pour taper un groupe de talebs emmerdants, mais c'est un raid de destruction d'une petite force de combat qui sera renouvelée dans le mois qui suit, et la zone ciblée ne sera toujours pas sécurisée, avec donc des habitants qui ne seront pas enclins à filer du rens pour taper sur les remplaçants qui eux seront là en nombre pour imposer une paix civile (avec justice, gouvernance....) qui, si ils ne l'aiment pas, est au moins un ordre (et qui leur est enfoncé dans la gorge, kalasch au poing). C'est comme ça que les talebs gagnent la guerre tout en perdant la plupart des combats qui n'ont d'autre signification que micro-tactique. Donc pour lui le plus crucial est de retrouver le nombre comme facteur irremplaçable pour avoir de la masse de manoeuvre et avoir de quoi peser au sol dans la plupart des types de conflits probables; peser par nous-mêmes ou peser au sein d'une coalition (hors avec les USA où on est de toute façon des godillots). Si, mais il n'y a pas de nouvelle doctrine d'emploi :lol:. En revanche, il y a un CRAB qui procède lui-même d'une vision (sa vraie particularité) plus globale (et pas pensée dans l'AdT mais chez Panhard) dont Desportes est le hérault ;). C'est un peu pour ça que ce topic évolue comme il le fait; entre autres parce que la plate-forme qu'est le CRAB n'est pas en soi capitale, mais la vision dans laquelle il s'inscrit l'est déjà plus. Le CRAB commandé en petit nombre, par exemple, n'a strictement aucun intérêt sinon d'avoir quelques pelotons/escadrons légers avec un véhicule moderne qui a de la gueule et apporte un progrès tactique marginal par rapport à d'autres plates-formes et pour certaines missions. En grand nombre, il suppose et impose (ou plutôt permet) une autre façon de penser l'action et une autre façon de penser un déploiement, mais pas tout seul bien sûr. Desportes est par exemple aussi partisan d'un "char utile" moderne, en petit nombre, plutôt low cost à l'achat et à l'usage, s'inscrivant dans cette vision et donc aux performances strictement limitées aux cas de figure les plus probables/rencontrés (contrairement au XL optimisé pour la surpeformance et qui entre dans l'idée que les 10% de performances en plus représentent 40% des problèmes de conception et 50% du prix final, ou quelque chose comme ça :-[ :-X :lol:).
  11. Tancrède

    [EBRC/Jaguar]

    Il me semblait que la question roue/chenille n'était même pas encore réellement/totalement tranchée pour l'EBRC, surtout avec l'innovation des chenilles souples. Mais Panhard a mine de rien frappé fort en "montrant" réellement un Sphynx bien concret, qui se surempile au tropisme pour la roue en France. Suis-je si cynique que ça en disant "crois-tu" :-[? Surtout que pour l'Afrique, on ne les "envoie" pas là-bas, ils y sont déjà.
  12. Tancrède

    CRAB : concept d'emploi

    L'idée que défend Desportes, s'est se redonner de la marge de manoeuvre tactique et opérative à budget relativement équivalent; sous-entendu, on en est au point où, au jour d'aujourd'hui, l'effectif existant (ou en tout cas déployable) ne permet plus de peser suffisamment sur les théâtres extérieurs autres que très mineurs, ni tactiquement, ni surtout en tant qu'acteur stratégique, pour être pris en compte. Il a l'air de penser qu'une armée repensée (avant tout doctrinalement) autour d'une vision reposant entre autre sur ce type de blindés légers pourrait retrouver des marges de manoeuvre tactique, parce que rester sur le modèle existant, en revalorisant les matos ou en les remplaçant par plus cher et mieux (en ne regardant que le véhicule lui-même), ne rime à rien. On n'obtient qu'un surcroît d'efficacité tactique marginale, perceptible seulement à l'échelle de la sous-unité élémentaire (genre section interarme) opposée à une baisse plus ou moins drastique de l'efficacité d'un corps expéditionnaire, avant tout par la chute numérique des effectifs et matériels. Et comme les matos qu'il propose dans cette vision sont généralement plus limités en performances, plate-forme pour plate-forme, cette vision implique une pensée tactique assez radicalement différente, et avant tout évidemment dans le domaine de l'approche du combat terrestre. Mais pour lui, en faisant caricatural, mieux valent 3 CRABs qu'un EBRC++, malgré ce que les CRABs ne peuvent pas faire.
  13. De la part d'un gouvernant grec, avec donc son énorme part de responsabilités dans la crise de l'Etat grec (crise qui a en fait 30 ans), c'est très choquant effectivement. Mais il y a du vrai dans le fond de ce qu'il dit: établir l'Europe comme un marché, c'est l'établir comme un système économique et politique, mais sans lui en donner les moyens pour équilibrer la chose. Cette crise était de toute façon en germe depuis l'acte unique et pire encore, Shengen et Maastricht, et l'Allemagne en a profité disproportionnellement en refusant d'en avoir conscience (j'entends par là une conscience collective), tout en l'ayant en plus encouragé au premier chef, notamment en Grèce (les aides européennes servant aux grandes commandes d'Etat ont largement joué pour l'Allemagne, notamment dans le domaine militaire): aides budgétaires, inclusion dans l'euro sans imposer de réforme de l'Etat ou même regarder sérieusement la situation (malgré les mensonges grecs, beaucoup de choses se savaient, faut pas déconner), acceptation du chantage de Papandréou (l'ancien :lol:).... L'allemagne et tous ceux qui pointent du doigt la Grèce n'ont franchement pas à se plaindre de leur propre incurie. Et surtout l'Allemagne qui s'est ainsi constituée une zone commerciale proche (et une zone de production cheap) dont elle vit aujourd'hui et qu'elle n'aurait pas eu sans ce "système" qu'elle se met à condamner pour ne pas se regarder sérieusement en face. Dès lors que l'Allemagne a intégré ses länders de l'est dans un pays unifié, donc surtout un espace économique et social unique, elle n'a pas vraiment lésiné sur les moyens consentis pour les "Ossies", malgré les protestations internes. Dès lors que l'eurozone devient, même un espace économique unique (pas exactement au même degré, et pas vraiment un espace social), elle se met à rechigner quand il s'agit d'appliquer la même logique alors qu'elle a sciemment bénéficié, et de façon disproportionnée, de son existence. Cherchez l'erreur.
  14. Tancrède

    CRAB : concept d'emploi

    Ca, ça n'existe pas et ne peut exister. Mais "peut-il, dans le cadre d'une doctrine repensée, faire l'affaire sur l'essentiel des théâtres et situations où la France a vraisemblablement intérêt à aller se foutre?" est déjà nettement plus la question. Le point surtout est qu'il ne faut surtout pas le penser seul, mais comme tu le mentionnes, dans le cadre d'un (ou en fait de plusieurs types de) combat interarme et interarmée: des pelotons CRABS nombreux appuyant l'infanterie (une infanterie repensée est impérative) ou la précédant, ou sniffant/harcelant/manoeuvrant en nombre pour des pelotons de cavalerie "de choc" (10RC/EBRC ou XL) peu nombreux et donc juste employés pour porter des estocades brèves mais brutales.
  15. Tancrède

    [EBRC/Jaguar]

    N'est-ce pas surtout une affaire d'utiliser ce qu'on a, et qui plus est ce qu'on a de déjà sur place dans le cas des ERC et 10RC en Afrique? Faut avant tout voir le coût d'emploi et de déploiement des unités concernées. C'est là que tu trouveras l'explication majeure de ce qui est effectivement employé, bien avant toute autre interprétation. On va pas expédier une section de VBCI à chaque fois qu'un truc pète en Afrique, surtout un VBCI encore en train d'arriver, qui pèse une blinde par rapport aux 10RC et ERC, qu'est tout neuf et pas encore pleinement "pris en main" dans le fonctionnement tactique, plus cher à utiliser, plus complexe.... Alors que les 10RC et ERC sont bien amortis, prépositionnés, avec plein de stocks de munitions, et plus là pour très longtemps. Y'a t-il une tourelle 105 moderne dispo sur étagère? Si la piste de développement de missiles low cost/petite taille se confirme (le missile étant surtout employé en antistructure), bien des situations seront résolues de ce côté, offrant plus de souplesse à un dispositif qui, bien plus que des querelles d'orfèvres sur "ze" bon calibre, a besoin de nombre d'engins au sol, pour un budget soit stagnant, soit déclinant.
  16. Tancrède

    [EBRC/Jaguar]

    Oui, c'est à mon avis comme ça qu'il faudrait envisager la chose: la complémentarité tactique au moindre coût pour retrouver un peu de souffle avant tout via le nombre, avec en plus pour ce type de véhicules le missile AC (surtout qu'apparemment, la grande mode en ce domaine semble aller vers des missiles plus petits et low cost) comme possibilité permanente de renforcement selon la mission.
  17. Mais bien sûr, on est tous des révisionnistes/négationnistes, sans doute des cryptonazis attendant leur heure. No, ce n'était pas le cas, et voir dans le sens du post (ou la formulation employée) du trollage, ou une "minimisation", ou encore une manière de rendre l'événement "acceptable", ça c'est un grave symptôme de la maladie de la bien pensance qui empêche de réfléchir et fait lancer des procès d'intention/en sorcellerie à tout va. C'est du vrai dogme et c'est assez lamentable. Et dans le genre "exagération", c'est plutôt copieux. "Exagération"? C'est pas moi qui ai qualifié de toll et lancé des suspicions de "minimisation" (prélude ou sous entendu de "négationisme"?) pour ce qui n'était qu'une mise en perspective. Tout ce que tes accusations reflètent, c'est une incapacité totale à envisager que l'autre ait un point de vue et que tout ce qui n'est pas formulé exactement comme le dogme auquel tu sembles obéir est une "provocation" contre le dit dogme, et par extension contre toi. C'est le fonctionnement de tous les dogmes quels qu'ils soient et c'est franchement lourd. Y'a pas eu un seul post négationniste, révisionniste ou favorable, même d'un peu, au moustachu de Nuremberg, faut revenir sur terre. Mais c'est amusant dans le contexte des "retours" soi-disant néonazis ou parafascistes en Europe: ces mouvements n'ont pas vraiment grand-chose de telles références dans leur réalité, étant plus souvent des mouvances nationalistes et/ou autoritaires différentes, particulières, mais qui empruntent des apparences, des détails, une imagerie et plus encore quelques thèmes à ces précédents funestes.... Et ce point là en particulier surgit toujours, et sa principale fonction est d'occuper le temps de débat: le nazisme est réduit à cela, et c'est cela qui est jeté à la face de ces mouvances modernes dans l'essentiel des débats.... Avec pour résultat de nier complètement ce qui fait la base de leurs succès électoraux ou dans la rue. Et plus c'est nié, plus ces extrêmistes récoltent d'adhérents, parce qu'ils sont porteurs (avec d'autres mouvances) de nombreuses colères et frustrations de tous ordres (économiques, sociales, nationales/identitaires, politiques). Donc plus on leur assène l'arbre de la shoah et qu'on se prend le chou avec eux ou dans les débats sur ce plan, plus on loupe la forêt des vrais problèmes réels qui sont niés radicalement et/ou rejetés dans le registre de tout ce qui apparemment est commodément assimilé au nazisme puisque celui-ci n'est réductible qu'à cette question de la shoah. On évoque les problèmes d'identités nationales et de cohésion des populations? On est un fana de Le Pen, donc un nazi, donc un antisémite négateur de la shoah. Dogmatisme et assimilations spécieuses. Ca fonctionne encore apparemment. Mais y'a des pans de population que ça n'effraie plus parce que le ras le bol sur tous les autres sujets (qui les préoccupent un tantinet plus que le débat historique) est trop grand. Mais la seule réponse qui est adressée, ce sont ces procès en sorcellerie en référence à une question ancienne.
  18. En fait, mon petit coup de gueule d'hier visait surtout ce réflexe grégaire que nous avons tous en occident à divers degrés: oui, c'est quelque chose dont il faut se souvent, mais en quoi ça justifiait de voir ZAlmox traité de troll pour une remarque qui n'avait rien, mais alors rien du tout pour minimiser l'horreur et qui la mettait juste en perspective d'autres points de vue (et surtout un autre point de vue d'une nation, même pas d'un individu) et des autres massacres. Mais apparemment, dès qu'on ne se jette pas à genoux, qu'on ose utiliser l'événement comme un objet historique (ce qu'il est aussi malgré tous les cris d'orfraies qu'on peut pousser: tout fait historique l'est, et se trouve donc aussi appelé à servir comme outil de réflexion dépassionné), le qualificatif immédiat de troll surgit, qui est assez souvent le prélude à un procès en sorcellerie nazie. J'exagère à peine. Ca a tous les symptômes d'un tabou. Et? Ca justifie d'asséner le bréviaire bien pensant dès lors qu'on ne répète pas dans chaque post sur la 2ème GM les formules sacrées ou qu'on ne répète pas sans arrêt que c'est la pire horreur de tous les temps et que rien ne s'y compare, parce qu'on est un troll (avec petite comparaison à Le Pen au passage) si on oublie une formule de ce singulier catéchisme? Ca justifie de ne pouvoir remettre la chose en perspective par rapport à d'autres événements du même temps? Si la petite phrase de Le Pen était destinée à faire polémique et clairement puante dans son intention, il n'en demeure pas moins qu'en termes d'analyse de la 2ème GM, elle n'est pas sans vérité, que ça nous plaise ou non, que ça choque la conscience ou non, et brandir le flambeau du révisionnisme pour jeter des anathèmes à quiconque essaie d'envisager la 2ème GM et ses cortèges d'horreurs à froid sans pour autant nier l'événement ou donner dans l'antisémitisme, est une attitude franchement irritante à la longue. Olivier Pétré-Grenouilleau s'est pris des procès au cul et des condamnations publiques similaires sur la question de la traite des esclaves, aussi devenue un catéchisme victimaire. Ou des populations slaves dans les zones à l'est occupées par les Allemands, pour ne parler que des grands nombres.
  19. Non, il a été condamné pour le terme de "détail de l'histoire", ce qui était légitime parce que l'intention du personnage pour faire un coup médiatique était clairement puante, mais franchement illégitime en ce qu'on est là dans le politiquement correct à son pire niveau: oui il s'agit d'une tragédie et d'une horreur, mais l'Histoire en a eu bien d'autres, et par ailleurs, le "sohah business" comme outil politique et sociétal (et commercial parfois) a connu bien des abus non sanctionnés aussi. Je ne fais pas d'équivalence morale, je signale juste que cet abus a déréglé nos senseurs, surtout ceux de nos arènes médiatiques, sur la façon de parler sainement de quelque chose et de respecter la liberté de parole: aujourd'hui, qui ne dit pas que la shoah est le mal absolu et l'événement le plus important de l'histoire de l'humanité, qui a un propos qui, par association, pourrait laisser supposer qu'il ne le pense pas (et ce tous les jours), est jeté aux loups.... Et sur un forum, peut souvent et directement être appelé troll godwinesque. "Procès d'intention" est un mot bien faible pour ce genre de trucs. Un point qu'il est possible de dire: si la 2ème GM a fait 60 millions de morts, pourquoi 54 d'entre eux auraient moins d'importance que les 6 surmentionnés? Pourquoi serait-il illégitime pour les Russes qui ont pris plus de 20 millions de morts du fait de la guerre, dans une époque de grandes tragédies internes qui en ont fait encore plus, d'accorder plus d'importance à cette blessure profonde dans leurs histoires personnelles, familiales et nationale, qu'à celle des condamnés des camps de concentration? Ce n'est pas "comparer" que mettre dans la même phrase, ou mentionner en parallèle, et oui, ça relativise par bien des aspects, à moins de hiérarchiser les morts. Ces accusations préventives systématiques qui semblent si implantées dans le logiciel du débat public en occident sont franchement écoeurantes: c'est du germanopratisme qui refuse d'être mis devant la position moralement équivoque d'un trop plein de condamnations d'antisémitisme tous azimuths et d'une position complètement focalisée sur un truc au mépris du reste (mais qui veut pas l'admettre).... Qui conteste ce qu'ils disent devient souvent un pro-nazi (directement, par extension ou par association), même si le sujet de conversation n'a rien à voir avec la shoah. BHL est un habitué de la méthode.
  20. Il se trouve que la partie (assez nombreuse et géographiquement dispersée) de ma belle-famille qui est Hongroise trouve beaucoup de ressemblances entre les "attaques" et la réalité.... Vue depuis Budapest, entre autres.
  21. Entièrement d'accord avec Loki: la destruction (ce qui veut en fait dire capture de l'essentiel des troupes) du BEF n'aurait rien changé, et quand bien même l'ordre d'arrêt aurait été purement le fait de dodolphe, ça aurait rimé à quoi? Du symbolique, rien d'autre. 200 et quelques mille hommes à l'échelle de cette guerre telle qu'elle était déjà, à l'échelle d'un continent européen écrasé par une Allemagne sans contrepoid valable aux yeux des British, et après les humiliations publiques des années 30 et l'évolution des calculs britanniques quand à la position et aux intentions allemandes? Désolé, mais Dunkerque, c'est que dalle. Comme le dit Loki, ça prouve juste qu'Hitler était fondamentalement un imbécile côté pensée stratégique, avec des délires d'enfant retardé qui ne regarde pas réellement plus loin que la minute d'après (quand il se projette plus loin, ce sont des délires et fantasmes sans fondement aucun dans la réalité); ça prouve aussi qu'il est un égomaniaque autocentré et germanocentriste incapable de prendre en compte ou même de se demander ce que peuvent être le calcul, l'intérêt, la perception et la volonté de l'autre, ce qui est précisément la marque de quelqu'un qui veut jouer dans le domaine de la stratégie. C'est Napoléon en 10 fois pire côté intentions et plans, et 10 fois plus con côté matière grise.... Et un Napoléon encore moins à l'écoute de son Talleyrand (qu'il n'avait d'ailleurs pas :lol:).
  22. Désolé pour l'exceptionnalisme inhérent à tout sentiment d'appartenance, mais ce serait parler exactement de la même chose (un groupe ou un autre, ça, les indépendantistes auvergnats, la république de Chambord, les évangélistes européens, ou l'association des gobeurs de flan, ou la très influente -c'est vrai en plus :lol:!- association allemande des propriétaires de nains de jardin....), et pas vraiment du sujet ;).
  23. Ca et la haute noblesse européenne :lol:: l'entrisme génétique finit toujours par créer des lignées déficientes de "cousin fuckers" :lol: . Puis dès lors que tu te trouves dans des régions de petites vallées avec un mode de vie rural et qui sortent peu de leurs montagnes, tu retrouves les mêmes trucs (voir la réputation des Hillbillies du Vieux Sud apalachien en la matière :lol:). N'assimiles-tu pas sionisme (qui n'est qu'un nationalisme type XIXème, d'influence germanique) et identité juive ;)? Et je sais bien, encore une fois, qu'on est dans un sujet sur le supposé retour du "nazisme" (qui n'existe pas en fait, les mouvances en question empruntant des éléments "décoratifs" mais pas plus), mais comment on se retrouve à parler sans fin et dans des proportions absurdes du bouc émissaire favori de l'agité du Reichstag? Tiens d'ailleurs, la montée du Betar est des trucs assimilés, de même qu'un certain niveau de repli sur soi d'une partie de la commauté juive, n'est-elle pas un des multiples signes qu'un des facteurs majeurs de la montée des mouvances d'extrême droite, autant ou plus que la crise économique, celle de représentativité de la politique.... Est la croissance du facteur communautaire/identitaire face à la perte de communautés de rattachement ("internationalisation" en Europe, destruction culturelle des Etats-nations, rejet du facteur "patrie", déni de l'Histoire, destruction des cadres de vie de groupe....)?
  24. C'est moins la divergence en elle-même qui est en question ici que la notion de "race" telle qu'on l'accepte, consciemment ET inconsciemment, dans les cultures humaines: la hiérarchisation, à un degré ou à un autre (ça va d'un léger biais inconscient à un racisme pur, dur et outrancier), en fait toujours partie, même chez ceux qu'on juge les plus "tolérants", de même que le fait de séparer quasi automatiquement un "eux" et un "nous" dès qu'on pointe l'existence d'une différence même infime, et d'attribuer qualités et défauts, jugements arbitraires et comportements supposés pathologiques aux groupes désignés. Le problème est donc en fait non l'idée qu'il y ait ou non des "races" (j'ai de toute façon du mal à les envisager comme telles dès lors qu'il n'y a pas différence de potentiel ou incompatibilités génétiques; je suis plus dans l'histoire et les dynamiques des groupes humains), mais peut-être le terme est-il trop mal choisi, trop connoté, trop inducteur de réactions et comportements sur lesquels on ne peut pas revenir malgré toute la bonne volonté du monde, mais surtout l'effet que cette connotation culturelle, profondément implantée dans tout groupe humain, a sur la compréhension de la vérité de ce à quoi se limite la vraie différence quand il y en a une. C'est plus un problème psychologique (psychologie individuelle et psychologies de groupes) et un problème de constructions culturelles, sociales et individuelles. C'est sans doute la raison de ma véhémence sur la chose: le simple constat que le seul mot de "race" est trop connoté, trop porteur de sens (malgré lui et malgré nous) qui faussent les bases de réflexion et de débat sur les définitions de groupes humains et nos façons, surtout inconscientes, des les envisager. J'espère être clair, ou en tout cas pas trop gloubi boulga. J'ai entendu trop de médecins dirent "sûrement" et se planter du tout au tout :lol:; un défaut psychologique profond commun à beaucoup de scientifiques qui se raccrochent inconsciemment à leurs connaissances (un défaut très infantile et commun à toutes les expertises) et sont profondément incapables d'en démordre même si l'évidence leur éclate à la face.
  25. En même temps en France, on est mal placés pour critiquer ceux qui font ça, historiquement :lol:: jusqu'en 1815, on en prend combien à la fois :-X? Ben là c'est vraiment une uchronie à faire, parce que le jeu est complexe. Si on part d'une année 1890 différente, avec un Guillaume II soudain éclairé des lumières bismarckiennes, le jeu change vraiment beaucoup. Surtout que si l'impérialisme japonais se note, il faut quand même savoir le ramener à ses justes proportions à ce moment: le Japon est plus calme (notamment institutionnellement: il a des checks and balances), moins militariste, et s'il joue comme les autres les emmerdeurs de nations moins développées, il sait ce qu'il peut prendre et ne pas aller trop loin, surtout s'il n'y a pas d'Allemagne préoccupante pour les puissances maritimes. Surtout que le Japon, faut quand même le rappeler, n'est pas non plus un poids super lourd. Tout comme l'Allemagne nazie, il a bénéficié depuis longtemps dans l'imagerie populaire d'une sur-représentation faisant oublier son développement économique très inégal, fragile et beaucoup plus limité qu'on ne le pense. Enfin, il faut rappeler que son expansionnisme des années 30 est une rupture d'équilibre interne par une caste militariste non représentative, qui aurait pu être évitée. Côté Allemagne, un Guillaume II "bismarckien" aurait permis un équilibre européen, en tout cas pour les Anglais, et sans doute aussi les Russes. Mais 2 facteurs d'instabilité seraient demeurés: - l'Autriche Hongrie expansionniste dans la question des Balkans, face à la Russie "protectrice" (mais tout aussi gourmande). On a là 2 emmerdeurs fondamentaux dont le jeu peut forcer les autres à prendre des positions - la France revanchiste pour son amputation territoriale et sa "blessure" nationale sur laquelle la propagande de la IIIème République s'est construite: on voit peu à quel point la mobilisation des opinions sur cette question a permis à la république naissante de se rallier durablement de grands pans de l'opinion, et à transformer l'essait via l'éducation et un certain consensus de politique étrangère. Sans cette mobilisation sans cesse croissante, cette focalisation du nationalisme, la république aurait pu ne pas durer, et la politique intérieure du pays voire demeurer, voire se renforcer, un courant royaliste certain. Ajoute à cela le facteur "mécanique" du fonctionnement des relations internationales et des dispositifs de défense avant 14, reposant sur: - des alliances forcément militaires avant tout, induisant un système de relations très particulier et beaucoup plus contraignant que ce qu'on peut comprendre aujourd'hui - la mécanique des systèmes de mobilisation, lente et lourde, inexorable et instoppable une fois lancée, qui induit une paranoïa sans cesse croissante dans les relations d'Etat à Etat, qui n'est pas sans rappeler le jeu nucléaire entre USA et URSS, le tabou en moins. - la nature profonde du nationalisme de l'époque, qui fait de l'opinion publique un facteur pesant qui se remarque surtout lors des crises, et constitue un moyen commode pour un gouvernant (même monarchique) d'obtenir un peu de paix intérieure, de marge de manoeuvre politique.
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