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Tancrède

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Tout ce qui a été posté par Tancrède

  1. Désolé de revenir dans le triste monde réel tel qu'il est, mais les révolutions sont TOUJOURS récupérées.... Tout simplement parce qu'il faut pour cela des forces organisées et structurées, et pas rêver au "peuple" qui aurait une "majorité" agissante et pensante: des millions de personnes ne fonctionnent pas comme ça et ne trouvent pas de consensus appplicables, surtout des trucs qui marchent dans le dit monde réel (encore plus quand il s'agit de ceux qui ont des conséquences économiques). Les contes de fées n'engagent que ceux qui y croient. Ouais, quelques centaines de têtus qui avaient pas compris que le moment était passé, surtout en Egypte où les manifs n'ont jamais visé le régime ou l'armée, juste Mouby. Non ce n'est pas le même mouvement, comme celui de Tunisie était TRES différent de celui d'Egypte. La Libye est un pays différent, fonctionnant sur des structures différentes: rien que par rapport à la Tunisie, c'est un pays 10 fois moins urbanisé, où la structure tribale compte encore pour l'instant bien plus ue la structure nationale à peine existante. Les populations de jeunes urbains-éduqués-modernes-geeks mécontents qui se soulèvent ne peuvent penser et peser de la même façon.... Et comme toujours, c'est l'histoire de mai 68: ces jeunes ont peut être amorcé le mouvement et ce sont eux qui sont vus, mais crois-tu une seue seconde que les boutonneux libidineux de 68 avec leurs slogans débiles et leurs prétentions de révolutionnaires à 2 balles, que ceux là donc sont ceux qui ont fait peser la moindre menace sur quoi que ce soit? Ce sont les mouvements organisés et structurés, et surtout qui comprennent comment ce jeu se joue, qui obtiennent et prennent à l'arrivé. L'enthousiasme, la spontanéité, le bordel voire le jusqu'au boutisme de la jeunesse, ça passe bien à la télé et ça fait souvent alibi pour d'autres trucs, mais dans les faits, à part amorcer une situation, ça fait peu. Et qui est ) côté de la plaque ;)? La Libye, déconstruite????? Tu sors ça d'où: la Libye, CA EXISTE PAS OU TRES PEU. Y'a pas de société libyenne autre qu'embryonnaire dans les centres des quelques grandes agglomérations: la plupart des soulèvements urbains sont des événements locaux, d'ailleurs (surtout à Benghazi, où y'a comme une tradition): faut pas imaginer de "société" libyenne qui se "soulève contre l'oppresseur" comme un tout. Encore aujourd'hui, et malgré le phénomène urbain, les tribus sont le phénomène social et référentiel dominant; y'a qu'à se pencher un peu sur la démographie pour le constater: la tribu est encore le cadre de la majeure partie du pays bien plus qu'une "Libye" toute théorique qui n'a jamais réellement existé en tant que société. Les nations et les peuples, ça ne naît pas parce qu'il y a un statut légal qui décrète qu'il y a des frontières donc il y a un pays. Il y a des tribus et des régions qui ont bien plus de réalité pour les communautés qui les habitent: ça, c'est la réalité de ce qui s'appelle "Libye" sur une carte. Pour être plus prosaïque, les tribus sont LES peuples qui composent la Libye, et ce qui est assimilé à un Etat libyen, ce sont les structures de compromis entre elles, avant tout destinées à partager la manne pétrolière. Seule une partie des étudiants et des générations qui ont grandi uniquement en cadre urbain se dira plus spontanément "libyenne" que membre de telle ou telle tribu, mais même là, y'a plus de chances que l'appartenance soit régionale, voire simplement citadine, que "nationale". Les nations et les peuples ne naissent pas parce que quelqu'un gueule que "le peuple" se soulève. C'est pratique à revendiquer "le peuple", tout le monde le fait, Khadaffi aussi d'ailleurs. Vu que c'est quelque chose de virtuel qui se définit comme on veut (qui en est, qu en est pas) et qui viendra pas gueuler pour contester ça (c'est virtuel et anonyme), ça mange pas de pain et ça sonne bien. A l'iverse, les tribus sont des structures de représentation (organisation, habitudes, cadres à qui parler, argent à répartir, permanence, mais aussi "forces" propres, du genre milices), comme dans certains cas les communes/agglomérations.
  2. Pour la brutalité directe et massive, plusieurs possibilités. D'abord, le régime était peut-être en état plus avancé de décomposition que ce qu'il était possible de penser: les dictatures clientélistes, caricaturales et, somme toute, reposant avant tout sur un compromis de certaines forces bien plus que sur un ensemble idéologique/sécuritaire comparable à celui d'un pays totalitaire, ces dictatures donc subissent une entropie accélérée.... Et la fragilité entraîne la brutalité, et ce d'autant plus qu'elle est prononcée. Ensuite, si les Libyens sont les intellos, c'est pas le cas de Khadaffi en particulier: au dire de divers commentateurs, le Khadaff, c'est une brute mal dégrossie et inculte, complètement imbu de lui-même (et évidemment, être dictateur a pas du arranger ça), parano comme il se doit (la fonction crée l'organe), avec en plus cet aspect de la mentalité tribale/nomade mais qui doit là s'appliquer à une toute autre échelle (mais le principe, pour lui, reste le même: il doit montrer qu'il est le plus fort et ne pas tolérer la remise en cause). Apparemment, les différents avis concordent: le personnage est brutal, n'a aucune éducation et se prend pour le nombril du monde..... Mets ça avec des moyens mesurés en milliers d'hommes et armes de guerre plutôt qu'avec un chameau et un fusil à répétition, et le résultat est là....
  3. Il faut faire attention à ne pas uniquement réfléchir en fonction de la dimension tribale en Lybie: certes, le pays en est surtout un de nom.... Mais ça n'est plus tout de même l'entière vérité par rapport au moment de son indépendance. A la base, c'est un conglomérat de tribus nomades ou semi-sédentaires, souvent rivales, se répartissant en territoires ou cohabitant sur un seul comme dans le cas de Tripoli. Mais le fait est que la colonisation dans un premier temps, puis surtout les besoins liés à la manne pétrolière ensuite, ont entraîné la création de structures "fixes", qui se sont concrétisées dans un certain degré d'urbanisation destiné à gérer le pétrole dans tous ses aspects: extraction et acheminement (besoin d'infrastructures, donc de personnels pour les opérer, donc de lieux de vie et de travail, d'éducation et de formation), administration et gestion (donc administrations spécifiques, et pareil, des personnels, des lieux de vie, de travail et de formation) avec des structures d'Etat pour gérer le tout.... Et de là, le phénomène urbain et sédentaire a quand même pris une certaine dimension qui, comme depuis l'aube des temps, combat le mode de vie tribal et nomade parce qu'il n'a pas les mêmes logiques et change les mentalités. Donc il y a une, ou plutôt des populations urbaines, et même si elles sont pour certaines encore concernées par le phénomène tribal, ce n'est pas DU TOUT au même degré. En bref, s'il y a une société proprement libyenne, ou plutôt une amorce de société libyenne, c'est là qu'elle est, et particulièrement dans les plus jeunes générations qui n'ont connu que cet environnement urbain, une éducation dans des structures différentes et un cadre de vie et de référence urbain: la tribu, pour eux, c'est le pépé dont il faut se fader la visite une fois de temps en temps, et eventuellement des réunions pour taper une bouffe à l'occasion, dans le cadre d'organisations de quartiers qui parfois sont tribalo-centrés comme certains à Tripoli. Et la révolte, c'est de ce milieu là que c'est parti. Représente t-il la majorité démographique? Pas vraiment; mais c'est là qu'il y a concentration humaine, et que les populations se rencontrent et vivent ensemble dans d'autres cadres que la tribu. La coupure sédentaires-modernes d'un côté et tribus de l'autre est désormais aussi réelle que celles entre tribus. Après ça, évidemment, les tribus, du moins les puissantes, sont éventuellement les forces réellement organisées et structurées qui pourront exploiter ce bordel....
  4. Un exemple crucial de ce point de l'organisation des hommes sur le champ de bataille comme élément d'efficacité, et qui a fini de disparaître (par un certain été de 1914) de la façon de faire la guerre, en ne restant plus qu'un élément de décorum militaire et de discipline: à tous les sens du terme, la "mise au pas". Marque de l'infanterie de ligne et de la base absolue de la tactique en bataille, de l'estimation des délais en campagne et du calcul logistique depuis l'Antiquité gréco-romaine, le pas militaire, à certaines époques un secret d'entraînement jalousement gardé, même, fut en soi une arme, un multiplicateur de force et, par tout ce qu'il implique, un fondement de la stratégie, de la pensée et de l'organisation militaire. Difficile de s'imaginer ce qu'a pu être le pas militaire, même pour des soldats d'aujourd'hui! A quel point il devait être abrutissant d'y être drillé en quantités incomparables avec cette astreinte qui a fait critiquer/caricaturer l'armée par quelques générations de caricaturistes (soixante-huitards, pas mal avant et beaucoup après)! A quel point ce simple fait a influé sur la façon "d'être" militaire et de penser l'armée encore aujourd'hui: l'essentiel de la façon de voir et comprendre la discipline et l'organisation militaire encore aujourd'hui vient d'une logique organisée autour et pour ce coeur du dispositif de bataille des armées fondées sur l'infanterie dite "de ligne", ou encore "lourde". Le pas militaire, c'est ce qui fait la différence entre une unité de ligne et une bande agglomérée en pack plus ou moins dense, entre une unité qui peut être utilisée pour une tactique et un tas jeté dans la mêlée, entre une bande à qui on donne un vague rendez-vous sur un point d'une carte (en espérant l'y croiser un jour.... Ou lui laisser un mot) et une unité dont on sait qu'elle y sera, entre un groupe qui arrivera à peu près homme pour homme à un endroit et des paquets inégaux y parvenant au petit bonheur.... Et c'est surtout, en bataille, ce qui permet d'avoir DES unités pouvant s'agencer, se reconnaître, se coordonner, être sûre de ce que l'autre fait.... Le pas cadencé, quoi! Il suppose d'abord l'essentiel, qui a fait l'une des plus grandes forces de l'infanterie romaine: les espacement. Chaque homme a une surface de terrain assignée... En fait plusieurs selon la formation. Le Romain, par exemple, en maîtrise trois essentielles: au plus serré, réservé à la tortue, en phalange, où chaque homme s'appuie sur ses voisins pour un combat d'arrêt (au glaive-bouclier ou au pilum) ou un mouvement en pack dense (où la force de poussée collective peut s'exercer), et la vraie marque de fabrique romaine, l'ordre standard pour le combat au glaive, où l'espace est exactement calculé pour que le premier rang puisse pratiquer une escrime un peu élaborée pendant un temps donné, puis retraiter et aller derrière la file en laissant la place au suivant sans rompre la continuité du combat. Et pour les Romains, aucune de ces formations ne vaut si l'unité n'est pas capable de la maintenir aussi bien en statique qu'en mouvement, et sur n'importe quel terrain (ce que les Macédoniens ont appris à leurs dépends)! Combien de mois, d'années pour obtenir ça? Et ça c'est juste au niveau de l'unité essentielle, soit chez les Romains, la Centurie ou la Manipule (groupe de 2 centuries). Mais d'échelon en échelon, les unités doivent s'agencer entre elles sur un front généralement large d'un à deux kilomètres, et le plus vite possible: une légion s'aligne en damier de manipules, en fait en 2 lignes de damiers avec une en plus de tirailleurs (triplex acies). Donc les hommes ont leurs intervalles (plusieurs) à tenir en mouvement ou en fixe, devant combler les vides dès qu'ils apparaissent, mais les sous-unités essentielles aussi doivent "réfléchir" et agir comme des indidvidus, pouvoir avancer, s'agencer, ouvrir des espaces (pour que les tirailleurs puissent passer devant et retraiter, ou des renforts, ou de la cavalerie de choc, mais aussi pour ouvrir les rangs, face à des chariots, de la cavalerie ou des éléphants qu'ils essaient ainsi de piéger), les refermer.... Et le tout très rapidement et sans que de tels ordres aient à remonter au-delà du niveau de la cohorte. Le pas romain (y'a un nom d'origine grecque, faut que je le rechoppe) se fonde sur le but de couvrir 24 miles en 5h (pas plein), avec un pas "standard" à 20 miles, et un demi-pas à 10 qui est leur pas cadencé pour les agencements d'unité dans un dispositif de bataille. EDIT: le pas en formation dense, type phalange, est le pas spartiate, dit pas anapaeste. Il est assez lent, et destiné à produire une forte poussée collective (accessible seulement aux unités très disciplinées et "rôdées"), ce qui, quand les rangs sont doublés (32), est une force de rupture inégalable: aucun front ne tient face à ce genre de poussée. Pour ceux que ça amuse, les commandements romains sont simples, obligatoirement, et recouvrent pourtant un très large inventaire de mouvements, ordonnancements et possibilités tactiques: passer de la colonne à la ligne, étendre ou réduire le front (en plaçant 2 manipules côte à côte ou l'une derrière l'autre, ce qui fait 8 ou 16 rangs), serrer le rangs ou adopter un ordre fluide, voire passer en tirailleur ou, à l'inverse, en phalange, ou encore plus serré, en tortues (par manipule ou par centurie, ou encore par cohorte, le maximum possible), se disposer en double phalange en cas d'encerclement (1 centurie pointant devant, une derrière, en un cercle tronqué), doubler les rangs en passant à la formation à 32 rangs (qui implique le niveau cohorte) pour une poussée maximum et la recherche du contact TRES dur visant la rupture directe.... Et bien sûr les mouvements basiques de toute formation, de la centurie à la cohorte, pour faire mouvement et changer de front, ou adopter des fomrations de combat à grande échelle (disposition des cohortes: front long, front en créneaux, front oblique en escalier de cohortes, damier, coin offensif, série de "V" défensifs....). Et pour cela, les ordres comportent deux mots au maximum, se font en deux temps maximum, pour être exécutés avec le stress d'une bataille, dans la cohue des bruits omniprésents et de la poussière. Les enseignes jouent pour ce faire le rôle de repère capital pour le troufion, de même que la musique dont les 3 instruments (trompettes, cors et buccines) ont chacune un son aisément distinguable des autres. C'est la musique qui indique le mouvement, dans sa durée et son intensité, pas les formations. Les enseignes sont le repère de positionnelement, et les transmissions visuelles par signaux sont pour les chefs d'unités (quand la poussière ne les rend pas inutiles). En Europe, il faudra attendre longtemps avant de revoir des infanteries capables de quelque chose d'un peu approchant. Si les traditions de conscription communale ont permis aux Cités du nord de l'Italie de garder une infanterie efficace jusqu'au XIIIème siècle, elle n'avait cependant pas le dixième de ces capacités; cette infanterie pouvait opérer des mouvements simples en gardant sa cohérence, et cela a suffi contre les chevaliers et fantassins allemands, mais c'est tout. L'exception, ce sont en fait les milices cantonales suisses au XVème siècle (pas les mercenaires qui ont suivi au XVIème siècle) qui ont pendant un bref moment été de vraies unités de manoeuvres au panel de capacités varié et bien rôdé, capables de coordination entre un certain nombre de sous-unités, tant à l'arrêt qu'en mouvement, pour le combat offensif articulé comme pour le face à face massif. Pas la "trousse à outil" romaine, mais pas si loin que ça. L'unité de base en était le carré d'une centaine d'hommes, avec pour l'essentiel un pourtour de piquiers abritant un "commando" d'assaut fait d'épéistes, mais surtout de hallebardiers guettant le flottement dans un rang adverse pour charger très brutalement, le tout accompagné d'un petit essaim de tirailleurs (arc et arbalètes). Le carré est autonome, a son propre commandement, et peut se coordonner avec d'autres, voire opérer de massives concentrations pour former de grandes phalanges. Et contrairement aux apparences, ce n'est pas une formation statique ou défensive, mais un groupe éminemment mobile et rapide qui garde sa cohésion et peut avancer au pas double, précisément parce que sa grande vulnérabilité se trouve face aux missiles (flèches et carreaux), et que le mouvement rapide empêche l'ajustage correct du tir de salves, sauf pendant la phase du tir tendu, problématique, mais moins meurtrière (sauf pour les premiers rangs), qui peut là être compensée par la "contre-batterie" des tirailleurs d'accompagnement. Là encore, l'entraînement, et avant tout celui du pas cadencé, est l'essentiel de la pertinence de ce "système d'arme": il ne s'agit pas seulement de garder sa cohésion face à une charge de cavalerie, mais de tenir ensemble pour la manoeuvre.
  5. Tancrède

    Armée Allemande

    Mentir, si; se faire attrapper, comme partout ailleurs, ça fait mal... Ce qui varie selon la culture, c'est ce sur quoi on ment :lol:; en France, tromper sa femme, c'est même pas un danger pour un homme politique :lol:, mais tremper dans une affaire de "finance", ça pue, même si le deal était juste discret et n'a rien d'illégal :lol: (même si contrairement à certains pays comme l'Allemagne, la population française part plus spontanément du principe que l'homme politique trempe dans du pas net: l'Allemand aussi, mais ses électeurs croient plus au père Noël). Evidemment, en Allemagne, falsifier son titre de "Herr Doktor", c'est gravissime vu l'importance accordée à ce libellé sur la carte de visite. Mais bon, c'est la politique: si les circonstances étaient meilleures et/ou si le gars était un personnage plus fort/moins sur le fil, il serait absout.
  6. Ah ben il fallait bien s'adapter aux critères de marché, puisque la compétitivité est quelque chose de bien PAR ESSENCE (qu'on vous dit :lol:)! C'est religieux! Y'a qu'à voir le récent tour de passe passe financier d'EDF pour changer son ratio d'endettement: très amusant et spectaculaire!
  7. C'est vrai que la filière nucléaire est gérée de façon.... Spéciale :lol:. Pas d'investissements réguliers, enfin pas assez, pour préparer le futur, ce qui contraint à la dépense brutale dont personne n'a les moyens et/ou ne veut se charger, passif douteux d'EDF qui a refusé de provisionner le dixième de ce qu'il faut depuis 20 ans (en fait depuis l'époque où la privatisation partielle est envisagée: fallait "faire bien" sur le bilan :P), entretien dont il est impossible de savoir s'il est suffisant, emploi de clandestins (comme pour la construction des voies ferrées) pour alléger la charge salariale.... Y'a un tchernobyl qui se prépare en France?
  8. La France est quand même nettement moins impactée en raison de la proportion de nucléaire (même si les prix aussi s'en ressentent indirectement), mais est-ce que quelqu'un, par hasard, a une idée du coût annuel des importations d'uranium pour la faire fonctionner, cette filière là, histoire de mesurer le différentiel?
  9. Les fondamentaux de la manoeuvre ne changent pas, au final, et de plus, la contrainte d'espace "contrôlable" sur le champ de bataille.... En fait jusqu'à l'apparition de la radio, cette contrainte donc, ne change pas non plus: pour être "militairement utile", un ensemble d'unités (en tout cas, "le centre", la plus grande partie) doit être autant que faire se peut dans le champ de vision du chef, que ce soit César ou Napoléon. Dès qu'on sort de ça, il y a délégation quasi pleine et entière, même si un centre et une aile se trouvent à quelques centaines de mètres pour leurs proches extrêmités. La adeptes de la reconstitution, qui commencent à être pris au sérieux par quelques historiens, ont amené des premiers pans d'éléments sur le fonctionnement (par la définition du "possible" et du "délire d'analyses théoriques") des petites unités de toutes époques.... Evidemment, ils sont généralement pas assez nombreux ni ne disposent de possibilités d'y consacrer assez de temps pour faire plus. Mais il y a beaucoup de descriptions d'époques (pour Rome, notamment, le Strategikon de l'empereur Maurice, mais aussi toujours Végèce et Ammien Marcellin), c'est plus souvent que les historiens, surtout français, s'intéressent à ce qui leur semble "noble", à savoir les causes, les fondamentaux statiques (équipement, recrutement éventuellement, organisation générale/administrative, et vite vite un portrait social des officiers et de la figure anonyme du noble ou pas si noble légionnaire/troufion de base): c'est facile, c'est "maîtrisable", on a l'impression de pouvoir tout juger à partir de ça. C'est encore plus caricatural en France, où l'histoire militaire ne regagne droit de cité que depuis peu de temps, où, caricature du "mouvement des annales" :-[, les seuls fondamentaux qui intéressaient était les "grands" domaines de long terme, économiques, sociaux, culturels.... Qui seuls valaient et définissaient nécessairement la force, la faiblesse.... Et donc la victoire logique d'une société, le domaine militaire en particulier, et, pire encore, les aspects purement opérationnels, n'étant que de la logistique de bas étage impropre à changer le cours de l'histoire qui elle ne s'écrit que dans les grands secteurs "déterminants" en amont (à se demander comment la Prusse, donc l'Allemagne moderne, a pu émerger d'ailleurs). Quand on lit un peu d'histoire, il est loisible de voir à quel point les grands tournants sont souvent dus à des micro-événements aléatoires et non à de grandes causes supposées déterministes, ce qui rend ces snobismes franchement peu scientifiques. Ben dans l'histoire militaire, c'est un peu pareil, surtout avec des auteurs qui -c'est pas leur faute- connaissent la suite des événements et tendent toujours plus ou moins à vouloir établir des grandes logiques rendant cette suite inéluctable: telle unité qui fait une mauvaise prestation un jour est le signe qu'elle est mauvaise, donc que la plupart dans cette armée le sont, donc c'est le signe du déclin annoncé de l'armée et du pays étudié.... Les historiens tombent souvent dans le travers d'un déterminisme ou d'un autre (social, sociétal, civlisationnel, racial, culturel, économique....), et cette maladie les frappe à divers degrés selon les cas. L'un des pires "cas pratiques" que j'ai pu lire, c'est la bataille d'Andrinople, dans divers bouquins, et selon les sommités en la matière (entre autres Richardot et Le Bohec): dans les parutions récentes, seul Alessandro Barbero a pu replacer la bataille et son déroulement avec un tant soit peu de vraisemblance et sans "analyses" et conclusions hors contexte, montrant que Andrinople et l'amorce du mécanisme de destruction de l'empire d'occident qui s'ensuit sont le produit d'événements mal gérés, et pas de ces schémas de "décadence" hérités de ce connard d'anglais du XVIIIème siècle et des grands déterminismes du XIXème qui polluent les schémas de pensée avec leurs conneries de "destin des peuples", des classes sociales, des races, des cultures.... Ou toute autre marotte sur laquelle un penchant déterministe se crée. Le seul fondamental qui a pesé en l'occurrence et différencie les lendemains de cette défaite des autres catastrophes qu'a connu l'armée romaine (dont certaines bien moins flatteuses pour ses qualités militaires, alors qu'elles sont à une époque où Rome est encore censée être "vertueuse" :P), c'est que Rome n'a plus de réserves immédiatement disponible (de réserve qualifiée, soit de vétérans ayant encore la forme), ce que son système militaire précédent gardait. Et donc pour trop d'historiens, surtout français, seuls les fondamentaux statiques, à toutes les échelles, comptent: analyser les dynamiques, donc en particulier quand il est question de bataille, les organisations en mouvement et interaction et la tactique, c'est foutu de côté alors qu'il y a de quoi moudre.... Et que c'est quand même CA l'efficacité militaire, plus que les fondamentaux en eux-mêmes: le tout qui devient supérieur à la somme des parties, c'est par la tactique et la coordination d'effort en un point donné à un moment donné, ordonnancé dans une séquence d'efforts collectifs locaux et généraux, plus ou moins pensés. A tout le moins, ce devrait être un champ de réflexion: un soldat s'entraîne au niveau individuel, au niveau groupe de combat, au niveau section, au niveau compagnie, au niveau bataillon et au-delà, aux manoeuvres entre les unités d'un plus large dispositif. C'est encore plus vrai aux temps où les batailles se livrent entre des forces concentrées en dispositifs uniquement humains, à "taille humaine" (saisissables par l'oeil du chef), sur un espace très restreint. A cahque échelon correspond un entraînement, des limites et des possibilités, une manière de faire, des impératifs.... Qui ne sont pas les mêmes qu'à ceux des autres échelons; donc la situation et les ordres déterminent quelle façon de combattre et de se comporter va prévaloir à un moment donné, ce que le soldat individuel doit faire (et sait faire en général) et ce qu'il va voir, ressentir, encaisser, devoir supporter.... Pour recentrer sur ce sujet en particulier, je m'intéressais particulièrement aux effets du tir d'armes non collectives (flèches, carreaux, javelots et assimilés, "glands" -les projectiles de frondes, qu'ils soient en pierre ou en métal- et autres, dont les haches) par des unités constituées, soit des effets collectifs et voulus comme tels, non seulement par ces spécialistes, mais surtout dans les contextes "interarmes" de différentes époques. Ainsi, pourquoi la phalange macédonienne ou spartiate n'a t-elle pas trop souffert des nuées de flèches perses qui "obscrucissaient le ciel"? Pourquoi les Romains en ont-ils tant souffert en revanche pendant des siècles, sauf à de rares occasions? Qu'est-ce qui a fait choisir, quand est revenu le temps de l'infanterie organisée en grand aux XVème-XVIème siècles, des unités de fantassins peu protégés alors que les cadences et la puissance de feu étaient élevées dans la première phase où arc et arbalètes sévissaient encore, suppléés par le canon, avant que les armes à feu encore balbutiantes les remplace? A quoi ça ressemblait l'effet d'une volée de flèches (et autres) suivant l'organisation, l'équipement et le professionalisme de l'unité de tir, et le mêmes données pour les unités de cavaliers et fantassins en face, suivant les époques?
  10. Petit remontage; depuis que j'ai acquis un batch de nouveaux bouquins d'histoire militaire, j'ai de nouveau le parfum des batailles à l'arme blanche dans les narines :lol: :P, mais aussi toujours cette frustration récurrente face à ce qui semble être une quasi convention chez la plupart des auteurs, et pas que francophones, à passer sur certains aspects que moi, en tout cas, j'aimerais bien connaître. L'organisation à petit niveau des unités militaires du temps jadis est souvent un truc bâclé, l'interaction des sous-unités entre elles (au sein d'une même armée, mais aussi celles adverses), la réalité du "contact" (bien que ce dernier domaine acquière enfin un petit droit de cité), l'articulation à petite et moyenne échelle, en bataille et en campagne (apparemment, chez les historiens, en-dessous de la légion ou de la division, ça vaut pas la peine d'être mentionné), et pire encore, et là c'est particulièrement prégnant en histoire romaine, le refus de considérer toute autre chose entre la valeur/l'entraînement individuel des combattants et le niveau de la légion/de la grande unité de manoeuvre, avec quelques décrochages sur la cohorte à l'occasion, mais vite survolés.... Tout cela est peu traité alors que c'est l'essence du combat proprement dit (pas de la guerre évidemment), et en histoire romaine, c'est quand même l'une des choses qui ont procuré le plus d'avantages aux romains: systématisme dans la gestion des intervalles entre hommes, en mouvement comme en dispositif de bataille, organisation des sous-unités, articulation à tous les niveaux/échelons et coordination entre eux, systématisme dans l'idée d'avoir une réserve (même au niveau de la manipule, précisément pensée dans ce sens pour que même 2 sous-unités élémentaires jumelées puissent pratiquer un combat "intelligent", soit en se relayant et s'appuyant, soit en coordonnant un mouvement -donc en articulant le combat pour multiplier les effets).... Bref, tout ce qui fait l'essence de la tactique de petite échelle et fait que le tout peut devenir largement supérieur à la somme des parties en termes d'efficacité.... Ou non! Dans les bouquins, on aura un long descriptif des batailles, de l'organisation théorique/administrative des unités, mais pas l'utilité et la pratique de cette organisation, la vision en dynamique de la "gestion" d'une campagne et d'une bataille: pas en dessous du niveau de vision "stratégique". C'est normal sur les "grands" sujets, c'est plus problématique qu'un bouquin d'histoire militaire sur une période/un sujet précis ne fasse que de courts décrochages au mieux sur cet aspect des choses.... On aura ainsi généralement des phrases elliptiques du genre "l'organisation du combat est une grande force de l'armée romaine", ou encore "les combattants s'appuient mutuellement " et point barre, ce genre de phrases couvrant la chose pour vite se concentrer sur le légionnaire individuel, sa façon de combattre, son équipement, éventuellement son entraînement, et son "point de vue" sur la bataille (récente évolution). Mais les sous-unités et unités élémentaires n'ont pas le droit à un "point de vue", les organisations n'existent pas! En histoire romaine, on mentionne les cohortes sans dire comment elles procèdent entre elles, les manipules ne sont qu'un nom et les centuries un cadre théorique: seuls le légionnaire individuel et la légion existent assez pour être dignes de longues analyses :P. Bref, les organisations au combat n'ont droit à rien! Pour les périodes ultérieures, c'est rarement beaucoup mieux d'ailleurs.... Les carrés suisses au XVème siècle, qui ont révolutionné l'organisation militaire? On dit juste qu'ils sont "redoutables", mais on détaille pas, décrivant juste leur résultats. Les grandes formations "pike and shot", tercio en tête? Peu de visions en dynamiques de pourquoi elles marchent ou non, de comment elles s'organisent et fonctionnent entre elles, et surtout comment chacune fonctionne en mouvement. Les "bataillons et escadrons" omniprésents du XVIIème à 1815? Du mal à se représenter la chose autrement que en disant qu'il y en a plein dans une bataille, et que les "ailes" et le "centre", font mouvement ou non, foirent ou percent. Dur de se représenter l'extrême complexité de la coordination de files et packs qui s'étalent sur des centaines de mètres, voire des kilomères, et qui doivent bouger de façon à ne pas créer de trous, ne pas s'emmêler.... Et le tout en allant le plus vite possible! Encore pleins de trucs: jamais j'ai vu d'explications sur l'effet des archers, arbalètes et autres armes de jet selon les périodes :lol:.... Tantôt c'est l'arme absolue, tantôt c'est un facteur de pertes négligeable pour une infanterie.... Et parfois la même infanterie! Le changement vient-il de la tactique, du commandement, de l'équipement, de l'organisation? Jamais d'explication: apparemment, c'est pas digne d'intérêt, sauf juste en passant, rapidement. Voilà, juste un petit coup de gueule sur ce qui m'énerve chez les historiens militaires.... Et pourtant j'achète pas les plus mauvais!
  11. Arrêté de regarder après la fin de la saison 1 :lol:: ça devenait un peu monotone avec un thème semi-emo du "fils vengeur" qui se voit venir à mille mètres, vu que l'idée de trame générale, c'est "Hamlet dans un chapitre de bikers" :lol:. D'ailleurs, la donzelle en question, avant de passer à l'ATF, elle était pas profileuse pour le FBI :oops: :lol:?!!!!
  12. Même statut que le FBI, la Homeland Security, la DEA, le Service des Marshall, l'US Secret Service et les services d'investigation et de renseignement des forces armées (dont évidemment le NCIS puisqu'il est question de séries): une agence fédérale (ça implique le statut "d'agent spécial") dont les sujets d'attention sont en particuliers les trafics et usages d'armes illégales et d'explosifs, le tabac et l'alcool. Historiquement, c'était le bras armée du fisc pour faire respecter les lois et normes de sécurité sur ces "matériels" épineux (notamment pendant la prohibition), et surtout de veiller à ce que les taxes perçues dessus le soient bien et que les trafics ne l'emportent pas à cet égard. Elliot Ness a été sans doute l'agent le plus connu de cette branche désormais autonome. Comme le Secret Service (son job "connu", c'est la protection du président, mais c'est aussi, et surtout en effectifs, le contrôle de la fausse monnaie), c'est une agence du Département du Trésor. Enfin c'était: les tâches de perception des taxes sont restées au Trésor, le reste de l'ATF est passé sous contrôle de la Justice pour avoir un "coeur de métier" plus purement policier, antigang et contre-terroriste à l'occasion (via les trafics d'armes). Aux USA, ça peut sembler abusif de créer des agences spécialisée si séparées, mais la taille du pays d'une part, et le statut fédéral d'autre part, font que, outre les frontières extérieures (ils ont, comme le FBI, un département pour les affaires internationales), il y a bien dans les USA 50 législations un peu différentes et un statut d'Etats semi-autonomes à respecter, le trafic inter-Etats changeant la donne. Les gangs de bikers, notamment, très introduits dans le trafic d'armes et de métamphétamynes et opérant à très grande échelle, sont la proie principale de l'ATF et de la DEA. Mais ils s'occupent aussi des explosifs, ce qui les met aux premières loges dans les histoires de terrorisme, surtout domestique, et accessoirement, si le FBI s'occupe des tueurs en série, c'est l'ATF qui s'occupe des pyromanes qui ont aussi leurs "serial arsonists".
  13. S'il avait la moindre valeur politique, ça se saurait: quel poste aurait occupé Sarko dans le gouvernement Raffarin si c'était un ministère dont la valeur politique a quelque chose à voir avec son budget, ses effectifs, son "prestige" tout théorique ou encore son ordre de préséance?
  14. Tu oublies les "conseillers spéciaux" du président, et éventuellement du PM :lol:; ils ont bien plus de poids que les chefs d'EM :-[. Côté Affaires étrangères aussi, les personnels se plaignent de leur influence dans les choix du président (sauf J.G. Lévitte qui est parfait puisqu'il vient de chez eux :lol:).
  15. Oh sur ce point encore, ça dépend des chefs en question qui négocieraient ensemble: il suffit de voir la différence entre ce qui est arrivé à Mers el Kébir et Alexandrie au même moment, simplement parce que dans un cas, les 2 amiraux étaient, exagérons à peine, des cons bornés et bouffis d'orgueil à 2 balles, et dans l'autre des gens plus posés et réalistes. Là, au final, tout se jouait entre pro-Darlans et pro-Labordes (lui qui, déjà très idéologique à la base, après Mers El Kébir, a dit être passé du stade d'anglophobe à celui d'anglophage), ces derniers n'étant plus du tout en odeur de sainteté dans la marine même avec l'invasion de la zone libre.... Le "pour l'honneur" a créé un dernier consensus minimum assez fortuit.
  16. La performance médiatique, en tout cas dans le cas d'interviews non préparées (de plus en plus rares) ou de questions particulières, est l'un des rares domaines où un ministre de la défense ou des affaires étrangères peut laisser ses opinions, ou ses emportements et gaffes, prendre le dessus sur l'emploi du temps scripté qui est l'essentiel de son boulot.... Le reste du temps, il/elle fait de la politique ou essaie d'en faire. Mais le job de Mindef, c'est pas vraiment un poste pour poids lourd de nos jours: y'a des dorures, y'a une carte de visite, y'a des invitations aux dîners où il faut être, y'a même de temps en temps une place à la table des grandes personnes si l'occupant est pas trop à la ramasse, soit qu'il tienne quelques circonscriptions soit qu'il ait une expertise considérée comme telle par le décideur (devinez qui c'est).... Mais qui passe là n'est pas vraiment du matériel à grandes candidatures, mais pas non plus quelqu'un qu'on veut cramer (pour ça, y'a l'Education Nationale :lol:). Un ministre, à moins d'être un poids lourd et/ou d'avoir du caractère (mais là généralement il doit souvent démissionner), c'est pas grand-chose de plus pour le président qu'un dircab de la IIIème République pour le Président du Conseil. Sa fonction a été résumée par Clemenceau à propos du sien, Georges Mandel: "quand c'est moi qui pète c'est lui qui pue" :-[.
  17. Si les machines sont biélorusses, donc les mercenaires qui vont avec aussi, c'est que s'il y a un acteur en coulisse, c'est la Russie: personne d'autre n'a le droit de parler en Biélorussie :lol:!
  18. Faut pas exagérer la déclaration: que lui-même, en son for intérieur, soit raciste au pire, ou juste anti-immigration, c'est une chose, mais en l'occurrence, la déclaration n'a pas vraiment de caractère raciste et met juste les pieds dans le plat en mettant en évidence le traitement médiatique de ces questions, d'une part en pointant le doigt sur le symbolisme de ce genre d'organismes et de pratiques, d'autre part avec les réactions qui surinterprètent les propos parce qu'il faut tout qualifier de raciste et faire des scandales politiques de tout. Par ailleurs, c'est l'ex-beauf de Bolloré: monsieur "tradi" est un divorcé :-X :lol:!
  19. Autant pour la crédibilité de l'embargo.... Cependant, le fait d'acheter ce genre de trucs (et de louer les pilotes et personnels qui vont avec) crame les réserves de Gbagbo plus vite encore: l'impôt rentre mal et peu, et seulement dans certaines zones (où de toute façon, l'activité économique est au ralenti), donc il risque d'en venir à des méthodes de "perception" un tantinet plus violentes, à la limite du pur racket (sans doute nommé "réquisition" ou "contribution patriotique") s'il veut continuer à garder le contrôle sur quelque chose. Ses adversaires ont apparemment choisi, malgré les paroles, de jouer la montre. Mais des hélicos de combat? Ca monte le niveau d'un cran, et ça peut acculer la communauté internationale, et en l'occurrence la France vu que c'est elle qui a les forces adaptées sur place, et la mettre au pied du mur pour agir, ne serait-ce que de façon limitée en abattant ces machines, au sol ou en l'air s'il faut attendre que leur usage contre des populations civiles ait été effectif.
  20. Mais franchement vous croyez qu'un ministre de la défense est là pour avoir une politique, et même une idée, en matière de défense :O? Sans compter évidemment le fait que ce soit à un an de la période électorale qui focalise les attentions.... Longuet a du poids électoral via sa part de contrôle des cordons de la "bourse aux campagnes" et ses réseaux relationnels dans l'est, point barre; s'il n'avait que sa "winning personnality" pour lui, NS l'aurait même pas laissé mettre son nom à côté de celui de l'UMP, même tagué sur des chiottes. Qu'il veuille se refaire une image "minimum", c'est possible, qu'il veuille se faire une place pour se caser après ça dans des instances européennes du secteur (industrielles, de politique internationale ou plus strictement militaires) c'est aussi possible (après tout, elles acceptent vraiment n'importe qui :lol:). Mais ça ira pas plus loin, et en attendant, un bureau de ministre, ça sert à jouer au jeu des grands sur la scène parisienne.
  21. C'est toujours par la tête qu'un poisson pourrit, et vraiment, la tête en question, bien qu'il s'agisse aussi d'eux, c'est pas tant que ça les généraux, mais un cran plus haut: la volonté politique personnelle de Poutine, pour réelle qu'elle soit, s'accommode aussi avec ses implications dans la façon dont fonctionne le régime dans ses hautes sphères (et donc de comment les décisions sont prises, et de quelle réelle volonté et façon dans la pratique elles sont suivies d'effet tout au long de la chaîne hiérarchique jusqu'au dernier des troufions et au plus petit sous-traitant de l'armée): Poutine a 2 faces, le retour d'une volonté politique assez forte en Russie (avec le noir et le blanc), et l'homme d'appareils, d'intérêts, de copinages et de combinazione peu savoureuses (qui est aussi une condition qui lui donne de la marge politique, surtout contrairement à un Medvedev qui n'a pas bâti une telle "puissance" politique). Evidemment, les structures militaires, surtout dans les hauts, sont lourdes et lentes, les mentalités peu changeantes, les problèmes de l'ère post-soviétiques récurrents, les mauvaises habitudes prises et dures à faire partir.... Alors la réforme, en supprimant pas mal de généraux (il en restera quand même près de 900) et de colonels (arrivant à une proportion de 3,5 colonels pour un général), s'allège un peu dans les hauts.... Ca restera assez mamouthesque quand même, et il est à espérer pour eux que les départs se concentreront avant tout sur les critères de l'âge et de la longueur en poste, histoire d'aérer les pièces :lol:. La rationalisation des structures de commandements opérationnels aidera, mais faudra voir sa réalité (y'a qu'à voir la réalité de nos "bases de défenses" qui ne sont que des zones dans lesquelles peu a changé). Mais vu que les structures, surtout très grandes, sont naturellement lentes à changer, même s'il y avait dans toutes les parties une relative unicité de vue et la meilleure volonté du monde (et là c'est pas le cas), c'est pour ça que l'approche de "forces expérimentales" est toujours utile: à défaut de pouvoir directement faire la réforme en grand et partout, tu crées des "sous-corps" séparés portant les changements en eux depuis la base, et qui serviront d'exemple et de pools de cadres pour la suite à plus grande échelle. Et vu la taille des forces russes, c'est pas trop dur à faire, et même à faire en plusieurs exemplaires représentant plusieurs "pistes" de développement. Mais même les VDV n'ont pas réellement pris ce tournant: à niveau d'équipement et d'entraînement supérieur (principalement parce qu'il faut une réserve minimum d'intervention rapide et polyvalente), ils nt quand même les mêmes problèmes fondamentaux que le reste des forces au sol, et c'est pire pour l'infanterie de marine, alors que ces 2 corps sont les plus désignés, pour être des champs d'expérimentation de ce que pourraient être les unités de combat régulières de l'armée, chose que les groupements FS ne peuvent pas être, vu leur échelle, leurs objectifs et leurs façons de fonctionner (petits groupements et pas grandes unités constituées, missions trop différentes, guerre non conventionnelle). Voire même les Spetsnaz "réguliers" de l'Armée de terre.... Que des corps "réduits" (5 formations de combat dans les VDV, représentant à tout péter 15 000h au sol, moins de 10 000 dans l'infanterie de marine, et peut-être la même chose pour ce qui est encore appelé Spetsnaz dans les forces régulières).
  22. Bof, Longuet n'est pas un calibre de la scène politique, il n'empêche qu'il a plus de poids personnel que MAM dans la réalité du business: lui est encore un "argentier" du parti, et surtout un faiseur d'élus dans un certain nombre de bastions de l'est.... Contrairement à un Hortefeux qui, bien que sous les feux de la rampe (et vraiment pas dans un quelconque bon sens du terme) n'a pour lui que d'être un pote à Sarko et de ne peser en rien. Vous croyez que Sarko lui donne un bureau parce qu'il le pense bon pour sa cote de popularité ou qu'il a beaucoup d'affection pour le personnage :P? Vous croyez que Longuet a une idée de "politique de la défense", qu'il va réellement "prendre des décisions", "faire quelque chose pour la défense", ou même qu'il en a quelque chose à foutre? Les ministres sont pas là pour diriger une politique, ça se saurait :-[. Et encore plus dans la dernière année d'un mandat.
  23. Plutôt l'impression que ces forces avec des véhicules modernes n'ont réellement que certains types de matos modernisés, typiquement les véhicules et les petits armements et matériels, plus des uniformes neufs :lol:, et qu'il manque des pans entiers de mise à niveau ailleurs.... Et pas que techniques: recrutement, encadrement (aaaah, cette question d'un vrai corps de sous-offs; après des débuts prometteurs, elle se fait attendre), GRH, conditions d'hébergement, de travail et de vie, doctrine, "environnement" opérationnel (coms, soutien, appui....), elles sont plus "partiellement" modernisées que complètement mises à niveau. Qu'il faille prioriser les dépenses et sacrifier temporairement les programmes terrestres, c'est au final compréhensible, mais des "provisions pour le futur" se limitant pour un temps à quelques brigades "expérimentales" (des "maquettes", quoi :lol:) sembleraient à l'ordre du jour étant donné les faibles probabilités de conflit terrestre d'ampleur à court terme. Vympel et autres, ce sont surtout des groupements FS et d'intervention antiterroristes, pas des unités de combat d'une certaine échelle, et disons que leur bilan, Beslan en tête, ne plaide pas forcément pour un satisfecit global (sans remettre non plus en cause la qualité des personnels): doctrine, cadre d'action, chaîne de décision.... Ca pêche un peu.
  24. Faut pas non plus verser dans la critique totalement inverse; l'opération face au Hamas était plutôt une réussite, même si son coût rend la pertinence de tels dispositifs discutable. Faudrait quand même définir "victoire" et "échec" dans le cas de l'affrontement de milices armées, surtout idéologiques/religieuses/politiques: la victoire, c'est pas un truc définitif avec plantage de drapeau sur le toit du Reichstag et anéantissement complet, pas avec un adversaire qui n'a pas de centre fixe, ni de territoire propre. Une "victoire" n'est que temporaire: c'est gagner du temps, de l'espace, une période d'accalmie, un affaiblissement donné de la structure adverse pour certaines capacités de nuisance pendant un laps de temps plus ou moins long (parce qu'il n'a pas autre chose: pas de moyens de conquête, de faire VRAIMENT mal....). A ton avis, c'est une vraie incapacité de l'infanterie israélienne qui, pour X ou Y raisons, serait désormais pas très bonne à part pour une guerre "classique" à laquelle elle se prépare, ou ce sont les conditions même de tels affrontements qui rendent la tâche impossible pour des forces au sol? Y'a sans doute des 2, mais un de ces facteurs ne l'emporte t-il pas? Dans les faits, ça démontrerait surtout la relativité de l'efficacité d'une opération "coup de poing" ponctuelle qui, même si elle crée la supériorité numérique et matérielle locale (concentration "classique"), adopte en fait une stratégie opérative qui n'a de réelle pertinence que dans un affrontement contre une autre armée. En l'occurrence, il s'agit de bien plus que déloger des fantassins en dispositif dilué sur un terrain urbain: c'est un adversaire sans uniforme (mais coordonné, avec une composante professionnelle et une milicienne assez entraînée) sur SON terrain, qui connaît les modes opératoires des armées classiques, a la population de son côté, pas de positions de défenses "militarisées" au sens fort (pas de points d'appuis protégés, de soutien d'artillerie.... Bref, pas de cibles "visibles donc destructibles" au sens militaire).... La logique militaire stricte aurait voulu que Tsahal bobarde à outrance (façon transformation en parking) les zones incriminées, ce qui pose des problèmes d'une autre nature, mais très pertinents en termes de choix stratégiques. En fait, la mission des forces au sol était-elle possible dans ces conditions? Des militaires professionnels, plus polyvalents, rôdés et expérimentés, auraient-ils fait vraiment mieux avec de telles contraintes? Ou Les unités de combat de mêlée israéliennes semble t-elles résolument, à ton sens, complètement hors sujet et ne maîtrisant pas les fondamentaux du combat au sol, quel que soit le type de conflit en cours? Par exemple, la supériorité numérique: l'avaient-ils partout à la fois ou seulement à quelques endroits à un moment donné, ce qui laisserait à l'adversaire la possibilité de partir pour revenir (vu sa coordination et le niveau des transmissions du Hezbo, pas absent du tout de cette capacité) et de rendre ce genre de missions inutiles et gaspilleuses? Le manque de mordant: politique israélienne de limiter la casse chez elle qui va jusqu'à limiter les possibilités tactiques, ou, faut-il user d'un terme peut-être trop fort, faiblesse, voire lâcheté des soldats, ou à tout le moins de leurs cadres opérationnels, plus préoccupés des pertes que d'autre chose? A cet égard, je note d'ailleurs la position amusante de Van Creveld qui pointe dans un de ses bouquins la décadence prononcée de Tsahal et d'un autre vante l'efficacité des pioupious israéliens dans cette "victoire stratégique" de 2006 :-[ :P ....
  25. Ce qui m'étonne, c'est que l'armée russe décale autant que ça le renouvellement de son parc terrestre, au moins pour partie. Qu'ils ne fassent pas tout de suite la mise à jour en grand de l'armée de terre, c'est un choix compréhensible en fonction de priorités définies, mais qu'ils ne constituent pas deux ou trois grandes unités ou forces d'intervention "expérimentales" (gabarit brigade) et complètement modernisées (pas que le matos: niveau d'entraînement, doctrine, encadrement, conditions de vie....), voire représentant chacune une option différente de schéma d'évolution possible pour le reste des forces, destinées à être "testées à l'usage" et dans le temps, ça semble étrange vu l'ampleur des budgets concernés.
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