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Tout ce qui a été posté par Tancrède
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Réalisme des films de guerre
Tancrède a répondu à un(e) sujet de Gran Capitan dans Livres, magazines, multimédia, liens et documentation
Pas "dur": simplement le fait que le réalisme, surtout sur ce "métier", n'eut été en aucun cas cinématographique et aurait au mieux fait un documentaière très chiant sauf pour les passionnés si le souci de réalisme avait été là. Quand au reste: je crois peu à une "mauvaise conscience" aux USA pour le public de films de guerre.... Les ricains ont bonne conscience dans leur grande majorité, leurs troupes sont "les gentils", et point barre (la critique n'émane pas du public potentiel des films de guerre). Plutôt un choix d'angle de vue différent, surtout un où les héros ne seraient pas une énième équipe d'une quelconque formation de "forces spéciales d'élite de la mort qui tue" dont le cinéma ricain pulule au point qu'apparemment, le fantassin normal n'existe pas :lol:. Même les Marines, c'est naze au cinoche: faut du groupement d'élite hyper secret et dans tous les "trucs juteux" et rien d'autre :P. Alors des démineurs, ça rafraîchit un peu.... Mais faut les mettre en scène, sinon c'est salement chiant! -
Emeutes et évolutions dans le monde Arabe
Tancrède a répondu à un(e) sujet de alexandreVBCI dans Politique etrangère / Relations internationales
Ils regrettent tout connement la disparition d'une stratégie, d'une politique suivie, d'une continuité logique dans l'action extérieure française, contre l'attitude du petit égocentrique qui croit tout savoir mieux que tout le monde, qu'il va "faire des coups" par sa qualité même (contrairement à tous ces "improductifs de l'administration"), que chaque sujet se traite séparément.... Et/ou qui se fout complètement de la politique extérieure parce qu'il n'est là que pour le pouvoir (y être, pas l'utiliser pour accomplir quelque chose). Evidemment, faudrait équilibrer le tableau: NS n'est sans doute pas non plus complètement sans vision, sans intention (à moins qu'il ne soit un agent américain au service de l'union de l'occident, plan ultime de long terme :lol:), ni sans raison de critiquer le dispositif diplomatique français qui est très loin d'être sans défauts, géguerres internes d'egos et d'ambitions et de divisions sur la politique et sa conduite, voire loin d'être désintéressé dans bien des cas. Alors que ce manifeste soit une réaction des "purs" du Service ou une protestation corporatiste.... Un peu des 2? Mais une chose est claire vis-à-vis du monde arabe et de sa crise actuelle: la politique et la diplomatie française n'ont pas fonctionné, ni chacune de leur côté, ni surtout ensemble, et il est assez alarmant de voir que la seule chose, côté français, qui sera retenue dans cette histoire, c'est le décrochage de MAM. -
Emeutes et évolutions dans le monde Arabe
Tancrède a répondu à un(e) sujet de alexandreVBCI dans Politique etrangère / Relations internationales
Le prix à la pompe va t-il être à ce point impacté? L'Arabie Saoudite est calme pour l'instant (quoiqu'il paraît que la famille Séoud fait de l'huile en ce moment), l'Egypte -donc le canal- est revenue à la paix civile, les EAU et le Qatar n'ont pas de problèmes. La Lybie n'a pas une production de nature à bouleverser les prix, le Yémen et Bahrein non plus, la Syrie et la Jordanie n'en produisent pas pour ainsi dire; l'Algérie c'est déjà plus problématique, mais il est à craindre que le retour au calme soit TRES forcé ce qui calme les cours même si c'est pas moralement satisfaisant. L'impression globale a déjà du certainement déclencher des anticipations et des mouvements spéculatifs d'opportunité, mais est-ce que ce sera si énorme? -
Début d'un sujet potentiellement long, qui peut intéresser ou pas. Attention, sont déclarés d'offices hors sujet tous les services et unités QUI EXISTENT ENCORE :lol:. Seuls les services et unités (et autres organismes ou systèmes moins formels) disparus, mais de pays pouvant encore exister (exemple: OSS et SOE sont dans le sujet, de même que le 2ème bureau.... Peut-être pas le SDECE quand même ;)), sont admis dans le sujet :lol:! Le renseignement sous toute ses formes, l'action clandestine, les "commandos", les "forces spéciales", la collecte passive d'information, le renseignement opérationnel ou stratégique, la reconnaissance d'objectifs ou en profondeur, l'agit-prop, le renseignement d'influence, la désinformation, le codage et le décryptage de correspondances, les "polices politiques/secrètes", le contre-espionnage..... Toutes ces activités sont aussi vieilles que la guerre et que la civilisation. Mais à quoi ça ressemblait, qui s'en occupait? Comment des organisations plus ou moins formelles pouvaient exister et durer, ou alors se recréer sans arrêt? Qui finançait? Comment s'en servir? Y'avait-il des doctrines, des formations? Y'avait-il des formes de stratégies systématiques? Pourquoi certaines puissances en avaient de structurés et d'autres non? le service formalisé, avec une structure permanente, est-il la meilleure formule? Par extension, cela permet de voir comment, selon les cultures, les pays, les histoires, la géographie, les organisations politiques, les situations.... Une "culture" spécifique et une organisation du renseignement peut naître et se développer, et donc pourquoi il peut y avoir différentes approches selon les pays aujourd'hui. Tel pays aura un renseignement par essence et culture très militarisé, un autre très "diplomatique", un autre encore un grand nombre d'organismes et pas de centralisation, un autre reposera avant tout sur un ministère de l'intérieur absorbant tout tandis qu'un autre encore cumulera les réseaux spécialisés.... Et la position vis-à-vis de l'action clandestine varie aussi de façon importante; Ainsi, par exemple, il est amusant de noter que le fonctionnement fondamental du renseignement russe, sous les tsars comme en URSS et aujourd'hui, ressemble étonamment à celui de l'empire byzantin, un autre héritage que la "3ème Rome" aurait pris à la deuxième, ou un produit de circonstances comparables, ou encore de formes d'organisation politique fondamentalement identiques (l'une ayant fortement été inspirée par l'autre)? Perso, je ne connais vraiment que le fonctionnement des services secrets et assimilés de la Rome antique (enfin surtout l'empire) et leur extension byzantine (complète continuité), et ceux de l'Ancien Régime (un peu XVIème siècle, XVIIème-XVIIIème) et des puissances européennes du temps (Angleterre surtout), et quelques trucs sur le "grand jeu" des Cités italiennes et grandes compagnies lombardes aux XIIème-XIIIème siècles (pendant la guerre Guelfes-Guibelins), 2-3 éléments sur le Japon médiéval et pas grand-chose de plus. A tous ceux qui ont des connaissances dessus, ou des questions.... Sur une époque, une puissance (Etat ou non), une guerre en particulier.
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Le plus grand génie militaire de l'histoire
Tancrède a répondu à un(e) sujet de Akhilleus dans Histoire militaire
Pour Sylla, aucun avis sinon qu'il s'est bien démerdé (peut-on pour autant parler de "génie"? "Bon général", c'est déjà bien, et pas si fréquent).... Pour Arminius/Hermann/Ermannamer: il a gagné un conflit en une bataille, dur de pouvoir faire un portrait. Il a été malin et ambitieux, et une grande partie de sa victoire tient avant tout à sa profonde connaissance de l'armée romaine (il a été élevé comme otage à Rome et fait citoyen romain, entraîné dans l'armée, et intégré comme chef de cavalerie auxiliaire) qui lui a permis de préparer son peuple à un affrontement particulier dans des conditions spécifiques où il pouvait avoir l'avantage. Mais plus encore, cette victoire est due à ce qui le fait avant tout qualifier de traître par les Romains: il était l'ami intime de Varus. Le romain n'était pas un nul, même s'il n'était visiblement pas non plus un très grand général: c'était un gestionnaires compétent, un gouverneur qualifié, et un chef militaire professionnel et rôdé qui a été abusé par son ami. C'est certes une faute (surtout politique et stratégique) que d'avoir trop reposé sur les informations qu'Arminius lui donnait et de l'avoir cru au point de s'engager dans la forêt noire sans savoir que l'autre lui préparait surtout une embuscade, mais sur le plan strictement militaire/opérationnel, une fois l'action engagée, c'était du tir au pigeon. L'action d'Arminius a surtout été d'abuser Varus pendant des années, après encore plus d'années de loyaux services rendus aux Romains: il a un peu préparé son coup pendant des années. Et qu'est-ce que le Teutoburgenwald? Une embuscade dont le succès n'a dépendu que de la capacité d'Arminius à mettre Varus en confiance. Pour le reste, il a préparé sa tribu, les Chérusques, et leurs petites tribus clientes, à conduire cette embuscade en cet endroit précis, dans les meilleures conditions, où les avantages de l'armée romaine n'existaient presque plus: à ce moment, ce n'était qu'une colonne longue de plusieurs kilomètres, fine, avec peu de flancs-gardes eu égard à la densité des bois et au relief, et dont le coeur a été pris dans une zone de marais où les Germains avaient préparé des positions de combat (tranchées, murets....) et des pièges (trous, pieux, divers obstacles, murets sur les zones de plage....), et passé de longs mois à produire des armes de jets en quantités importantes, auxquelles souvent des enduits de poison avaient été ajoutés. Les autres tribus du coin, rivales des Chérusques, se sont jointes au massacre une fois qu'il fut évident que la victoire était acquise, fait qui montre à quel point "l'union" des germains par Arminius et tant vantée par la propagande allemande au XIXème, n'a été qu'un mythe: Arminius ne la maintiendra qu'en apparence pendant quelques temps avant d'être assassiné. Une embuscade bien faite et un travail d'intoxication/vengeance préparé de longue haleine (certes du vrai roman) font-ils pour autant un génie militaire? Ou juste le mec qui a été au bon endroit au bon moment avec les bons moyens et qui a su tenter le coup? -
Retour au Japon d'avant ?
Tancrède a répondu à un(e) sujet de cvs dans Politique etrangère / Relations internationales
Attention, le Naisho lui-même est avant tout un service de coordination des moyens existants, mais il a, par cette fonction même, autorité et accès sur des moyens bien plus vastes. Les services du METI (refonte du MITI) et surtout les réseaux qui vont avec (économiques, scientifiques-technologiques et financiers), ceux du ministère de la justice et de la police, et ceux de l'armée (surtout le renseignement technologique et particulièrement satellitaire), sont plus à voir comme des lieux d'expertise sur lesquels le Naisho, structure limitée en propre, a un oversight de par sa nature "centrale". Le point est quand même qu'il ne faut pas présenter le Japon comme un pays d'ingénus en matière de renseignement: c'est un Etat, il a des intérêts énormes, et une position stratégique très vulnérable. Il n'a pas passé un demi-siècle sans moyens (et donc savoirs-faires et "capital" en terme de réseaux) de se renseigner, voire d'agir, où et quand ça lui était nécessaire: dans les domaines politiques, militaires, financiers et scientifique-technologique, mais aussi pour sa sécurité intérieure (violence sectaire et agitation politique, sans compter sa "spécialisation" sur la surveillance des minorités ethniques longtemps "agitées"), il a tout ce qu'il faut, même si c'est pas centralisé en apparence comme en occident ou ailleurs. -
L'armée romaine tardive et l'armée byzantine
Tancrède a répondu à un(e) sujet de Tancrède dans Histoire militaire
Dernier point montrant que l'armée tardive n'est pas une régression par rapport aux périodes précédentes, mais bien la continuation du constant processus d'adaptation et de progression de l'organisation militaire romaine, la logistique, la fourniture aux armées, la planification: - La fabrication des armes, équipements et armures est désormais centralisée dans les fabricae, des manufactures de grande échelle qui ont succédé, quelque part pendant les IIème et IIIème siècles, aux plus petits centres de production assurés dans les camps légionnaires par les militaires eux-mêmes. Rationalisation de la production pour une armée énorme, ces fabricae sont de vraies unités de production de masse (pour l'époque) réparties sur tout l'empire. Certaines, peu nombreuses, produisent plusieurs types d'équipements (des armes diverses et des armures de maille ou d'écaille), d'autres seulement des armes ou des armures, et d'autres encore juste un type d'arme. Et un point révélateur est qu'il en existait spécialisées dans les engins d'artillerie, révélant un degré plus poussé d'expertise et d'exigence dans ce domaine, là où précédemment, les légions produisaient elles-mêmes sur place, en campagne, leurs engins, nécessairement moins pointus même s'ils disposaient de pièces détachées déjà fabriquées. L'homogénéité et l'exigence qualitative sont de ce fait l'aboutissement de ce processus de rationalisation, ainsi que sans doute une recherche d'économies. - la planification militaire et la logistique sont désormais centralisées, là où précédemment, même si existaient des experts du domaine dans les légions et dans les élites dirigeantes, il n'y avait ni structure permanente et formelle, ni services dédiés, donc un empirisme éclairé suppléé par le recours "au privé" pour compléter les capacités de chaque armée. L'anone militaire (qui a en charge propre le transport maritime, "stratégique"), les services fiscaux et le service de transport impérial (cursus publicus: la voirie et le transport, mais aussi les services de relais et messagerie) sont ainsi de fait le "strategic lift command" de l'administration impériale. La réorganisation de Dioclétien, qui entérine l'abandon du système purement centralisé d'entretien de garnisonsaux frontières et pousse vers la plus grande répartition des troupes pour les rendre supportables localement autant que faire se peut, redonne du souffle à ce système et lui permet de disposer de plus de marges de manoeuvres pour organiser les approvisionnements en grandes campagne. Le degré de calculs logistiques nécessaires à ce système atteint désormais des sommets, pour une époque sans ordinateurs, ni même un boulier :lol:. La logique voulait que tout soit transporté par voie maritime ou fluviale autant que faire se peut, étant donné l'énorme différentiel de coût entre les 2 modes de transport. L'unité "de compte" pour le transport terrestre était le chariot ou wagon à 2 boeufs transportant environs 700kg de fret (norme légale) sur 15km par jour (5h de transport avant que les 2 boeufs soient crevés), et celle du navire moyen (privé ou impérial) de 100t pour 20h d'équipages, couvrant 100km pa jour. Le différentiel était atténué par la croissance du réseau routier, mais surtout les facteurs météo qui ont toujours apposé une limite sur la marine à voile (4 mois d'hiver sans possibilité de transport, dépendance aux vents et à leur constance, crue des fleuves). Une légion de 1000h nécessitant 2,3 tonnes d'équivalent-grain (tous besoins alimentaires confondus, sauf l'eau) par jour, et les chevaux consommant plus que les hommes, en ajoutant la consommation des hommes et bêtes assurant le transport, on arrive à un besoin supérieur à 5000 tonnes d'équivalent-grain pour mettre en campagne une armée de 25 000h (le comitatus "type"), et encore sans compter la nourriture des animaux. Les zones de production à fort surplus étant par ailleurs pas si nombreuses, il est crucial de voir le degré de sophistication de l'organisation militaire qui en découle. Sinon, pour revenir sur les 2 problèmes mentionnés qui sont à mon sens une vraie perte par rapport aux périodes précédentes; à noter que ça fait partie de mes petites fiertés parce qu'elles viennent de mes propres conclusions, je ne les ai trouvées nulle part ailleurs ;) 8) :lol:(vanitas, vanitatum): - la disparition de la légion "ancien modèle" me semble un problème au sens de l'organisation et de la capacité de manoeuvre, en terme de tempo opérationnel et de capacité globale. La différence peut-être plus ou moins marginale selon les cas, mais en y réfléchissant, ça pose pas mal d'emmerdes au plan pratique. Il est évident que la légion n'avait jamais été une grande unité de manoeuvre: on ne manie pas 10 cohortes dont une double, c'est impossible. Le seul usage possible de l'unité en entier est dans une ligne statique oà chaque cohorte, ordonnancée en damier, sert comme les régiments du temps du combat en ligne, de "section" (pas de tir évidemment, mais de frappe) dont l'objet est de tenir la ligne (compartimenter ce long alignement d'hommes pour limiter les possibilités de rupture par l'encadrement et la subdivision) et d'optimiser son efficacité via la possibilité d'actions ponctuelles. Mais hors de ça, pas d'énormes possibilités tactiques qui ne soient accessibles, et surtout très facilement surpassables, par des unités plus petites et encadrées, surtout pour une guerre et un combat mobiles. Les légions elles-mêmes utilisaient des task forces de cohortes ou de groupes de cohortes, voire de "packs" de manipules, pour des tâches spécifiques, avec ou sans des auxiliaires spécialisés (surtout de la cavalerie): pour un flanquement, une manoeuvre, une diversion, l'usage de forces d'infanterie légère.... Bref, le légat d'une légion utilisait ses ressources pour constituer des battlegroups, comme les divisions, au temps de la guerre blindée, ont fini par être des machins trop vastes pour être utilisés tactiquement. En cela, on voit bien l'origine d'une légion qui, avant d'être une simple unité, était à la base censée être une armée complète. Mais c'est là aussi que l'armée tardive, comme nos armées "modulaires" actuelles, y a perdu quelque chose: un groupement tel qu'une légion aurait gardé une pertinence comme unité "de garnison", comme "pool de ressource" où se forment des équipes de travail, des relations.... A l'échelon d'une "grande unité" de manoeuvre, intermédiaire entre une armée de campagne et les unités élémentaires, soit l'équivalent d'un battlegroup ou d'un corps d'armée, petite force complète et semi-autonome utilisable sur la carte d'une progression en campagne aussi bien qu'en bataille. Cela a sans doute existé, mais apparemment pas comme groupement permanent pouvant pensé, et surtout être "rôdé" en tant que tel, chose qui permet d'améliorer le tempo opérationnel et l'efficacité globale. - l'absence d'une réserve rapidement disponible: de loin le plus grand manque de l'Empire tardif: des soldats de 20 ans de carrière ou plus ne peuvent plus constituer de pool remobilisable. Et à part ça, qu'y a t-il dans l'Empire? Des miliciens sur lesquels visiblement il ne faut pas compter, et qui n'entendent généralement pas quitter leur ville ou leur zone. Leur formation est sans doute limitée à la défense des murs, et certainement pas de toute façon à aucune forme de combat en formation. Sinon, des paysans soldats, souvent des barbares plus ou moins récemment intégrés et envoyés pour coloniser des zones peu peuplées, frontalières pour l'essentiel. Des combattants certes, mais là encore, pas en unités importantes, et surtout ils sont déjà plus ou moins intégrés au dispositif défensif, faisant partie des limitanei ou les assistant; leur éparpillement géographique et les problèmes pour leur faire quitter leurs zones qui, sans eux, n'ont pas de défense, est un problème, et ils ont besoin de toute façon d'un long temps de formation pour avoir des unités d'une certaine taille qui soient efficaces et aptes au combat en ligne. Il reste la population, toujours soumise au devoir de conscription (auquel Théodose fera appel après Andrinople), mais là encore, c'est une réserve de "long terme", puisqu'ils doivent tous apprendre depuis la base. Donc il n'y a aucune réserve d'armée professionnelle, pas d'unités un peu solides rapidement remobilisable, ce qui laisse comme seule possiblité le recours aux barbares, non comme recrues, mais bien comme unités constituées, voire pire encore, en groupements d'unités constituées avec un chef, souvent efficace et ambitieux, voire de vraies armées "clés en main" auxquels les dirigeants court-termistes auront un peu trop facilement un recours grandissant sans que l'urgence le justifie toujours. Au temps de l'armée républicaine, et même avec la professionalisation graduelle après Marius puis l'armée du Principiat, la limitation du service à une dizaine d'année gardait la possibilité de disposer d'un pool de soldats aguerris immédiatement disponible, en tout cas rapidement capables de remonter des unités efficaces. -
Emeutes et évolutions dans le monde Arabe
Tancrède a répondu à un(e) sujet de alexandreVBCI dans Politique etrangère / Relations internationales
Bof, c'est quoi encore? La "brigade du sale boulot" :-[? -
Retour au Japon d'avant ?
Tancrède a répondu à un(e) sujet de cvs dans Politique etrangère / Relations internationales
Dans son bouquin, Roger Faligot indique précisément que lors de la transition qui a suivi la guerre de Boshin et l'adaptation rapide du Japon pendant l'ère Meiji, les individus issus des 2 grandes "familles" de ninjas (qui avaient rallié l'empereur contre le Bakufu), Iga et Koga, ont participé à la création des services de renseignement japonais, intégrant leurs savoirs-faires à l'entraînement et aux méthodes d'action clandestine et de collecte de renseignement du nouveau Japon impérial, et que cette héritage n'a jamais disparu, le Naisho n'ayant fait qu'hériter des structures anciennes après épuration post-1945. -
Manifeste de 630 économistes "atterrés"...
Tancrède a répondu à un(e) sujet de neophyte dans Economie et défense
Outre les possibilités de crise aigue avec développements guerriers, de tels phanomènes, quand ils atteignent cette échelle, posent la question du politique: est-il là ou pas? Et le fait est que plus une reprise en main se fera attendre, plus elle devra se faire dans la brutalité, sans nuance, et sûrement excessivement (imposant au final tous les défauts, inefficacités à terme et injustices invoqués par les anti-régulations pour refuser toute légitimité à l'action économique de l'Etat).... Et ça se fera soit par un quelconque populisme mené par des gouvernements plus autoritaires et brutaux, soit par des mouvements sociaux/révolutionnaires portant au pouvoir.... Le même genre de pouvoir, avec d'autres oripeaux. Pas besoin de mettre le pseudo en majuscules :lol: ;) -
Manifeste de 630 économistes "atterrés"...
Tancrède a répondu à un(e) sujet de neophyte dans Economie et défense
Etrangement, celui qui a le plus clairement formulé le déséquilibre au sein de la sphère économique tout en mettant en valeur le degré de pénétration et d'influence plus ou moins grand (selon les époques) des financiers sur la décision politique et l'économie en elle-même, n'est pas un économiste, mais un historien: Marc Bloch. Il a pertinemment résumé la chose en trouvant le terme juste, signalant que tout acteur économique est à la fois créateur et prédateur, et que la partie purement financière est naturellement plus encline à la prédation, mais qu'il y a des phases où c'est à un tel degré qu'au global, l'économie devient plus prédatrice que créatrice. Il en fut ainsi, graduellement, au Moyen Age, où à partir de la 2ème moitié du XIIIème siècle et surtout au XIVème, de grands acteurs financiers "tenaient" certains Etats par leurs prêts (une bonne partie des revenus fiscaux anglais étaient ainsi directement aux mains de compagnies lombardes).... Mais il en fut surtout ainsi au XIXème en Angleterre, à partir des années 1860-1870 et de la grande dépression (décennies 1870 à 1890), où la finance londonienne rendait l'économie britannique peu créatrice, favorisant la rente et la finance, les sorties de capitaux.... A l'inverse d'une Allemagne en phase d'expansion industrielle. Ou quand les acteurs financiers deviennent trop gourmands/avides et ne se satisfont plus de prélever un simple pourcentage sur leur intermédiation financière ou leurs investissements directs, pour préférer le plus court terme sans qu'il soit possible de les en empêcher; il y a alors contraction ou stagnation de "l'économie réelle", ou à tout le moins une croissance insuffisante ainsi qu'une trop grande part prélevée par les parties prenantes purement financières. De même, c'est là que se développent outrageusement les "bulles" (par ailleurs inévitables à toute place financière où l'investissement n'est pas une chose sûre), ou phénomènes voyant l'argent n'opérer que des opérations financières, généralement favorisées par le développement de mécanismes d'anticipation permettant de déconnecter, ou déphaser, l'opération financière de sa contrepartie réelle, créant de fait un "lieu" où l'argent fait de l'argent virtuellement, et où donc peut se créer un goulet d'étranglement pour des activités purement financières, mais qui pourtant sont encore censées n'exister que par référence à une activité réelle (mais désormais loin des préoccupations et investissements des acteurs financiers). Contrairement aux apparences de mouvements globaux, l'investissement réel diminue, même s'il semble augmenter (les mouvements de capitaux non "durables" étant aussi comptés comme "investissement" :P). Raisonnement purement micro-économique associé à une quasi obsession idéologique, ce fonctionnement refuse de s'attacher à des notions d'efficacité (économique) globale qui peut à certains moment être en contradiction avec l'efficacité micro-économique de court et moyen terme. C'est la Première Guerre Mondiale qui verra les gouvernements forcés d'apprendre à calculer en ces termes: d'abord dans le transport maritime, ensuite en commençant à s'intéresser à la régulation en général. -
Emeutes et évolutions dans le monde Arabe
Tancrède a répondu à un(e) sujet de alexandreVBCI dans Politique etrangère / Relations internationales
Les insurgés l'auront: la Lybie produit pas assez de pétrole pour la faire marcher :lol:, il pourra donc pas partir avec. Quelqu'un s'inquiète pour Mme Ben Ali? Aux dernières nouvelles, elle prenait le frais en Lybie avec le fils Khadaffi qui est paraît-il un grand ami :lol:.... -
Emeutes et évolutions dans le monde Arabe
Tancrède a répondu à un(e) sujet de alexandreVBCI dans Politique etrangère / Relations internationales
T'y croyais franchement :lol:? C'est pas qu'aux EAU le risque: y'a t-il un seul pays de la péninsule arabique dont la population proprement "nationale" représente même la moitié de la population totale? Bon, côté Rafy, effectivement, y'a guère que les EAU dans le coin pour lesquels ça impacterait réellement nos ventes :lol:. Mais quelequ'un sait-il ce que va devenir le harem en treillis si Khadafi est déboulonné, voire écharpé :lol:? C'est là qu'on va voir si elles sont là pour la gallerie et le style "bédouin gangsta" :lol: du clown lybien, ou si elles ont une vraie fonction :P. -
Emeutes et évolutions dans le monde Arabe
Tancrède a répondu à un(e) sujet de alexandreVBCI dans Politique etrangère / Relations internationales
Que vont dire les afficionados du mouvement panafricains, si leur idole est déboulonnée ou doit massacrer en grand? Que les émeutes sont encore un complot des colonialistes blancs :P? -
Retour au Japon d'avant ?
Tancrède a répondu à un(e) sujet de cvs dans Politique etrangère / Relations internationales
Ils "manquent d'expérience" :O :lol:? C'est déjà une bonne partie d'intox pour jouer les pucelles pas dangereuses. Pour récapituler leurs capacités quin de près ou de moins près ;), forment des bases solides pour avoir rapidement de quoi faire: - les forces militaires nippones ont comme tout pays développé des forces spéciales dont une partie a un certain rôdage à l'action clandestine et au renseignement en civil, ne serait-ce que dans les zones de déploiement des forces japonaises pour les quelques actions extérieures qu'elles ont faites (toujours quelques personnels pour éviter des enlèvements de personnels militaires, mais surtout civils) - ils ont tout ce qu'il faut côté renseignement "technologique" (satellites, transmissions) - le MITI, historiquement, a précisément depuis longtemps, même s'il n'est plus ce qu'il a été, appris à organiser la collecte d'information et la veille passive via la diaspora japonaise et surtout les réseaux financiers, industriels, scientifiques et commerciaux du pays qui lui doit en partie son développement économique - l'activité de contre espionnage a toujours été très développée au Japon: le Naisho n'est pas précisément une organisation de première communiantes et a depuis longtemps développé sa branche "politique", historiquement plus destinée à contrer l'espionnage économique et les mouvements "subversifs" (surtout communistes, mais aussi sectaires), mais sans pour autant être uniquement limitée à cela (voir le livre de Roger Faligot, précisément intitulé Naisho). Il s'agit d'une agence de sécurité intérieure globale, qui inclue aussi d'autres services très importants en budget, et notamment l'alerte aux catastrophes naturelles, stratégique au Japon (tremblements de terre, mousson dangereuse, tsunamis....), mais ces aspects ne doivent pas masquer le fait qu'il s'agit d'un service de contre espionnage en bonne et due forme, et que ce service a aussi une branche action/intervention clandestine (même si faite pour le territoire nationale) où tous les savoirs-faires nécessaires existent, de même que le rôdage des formations et des principes et modes de sélection des personnels. Qu'il puisse y avoir quelques manques côté lutte contre Al Qaida et autres, c'est sans doute vrai, mais l'article a un ton bizarre d'Alice débarquant dans un pays nouveau et étrange :lol:. Les Japonais sont quand même tout sauf naïfs. Pour l'aspect "culturel" lié aux activités de renseignement voire d'action clandestine dans le registre "humain", ils ont aussi tous les universitaires et experts qu'il faut, de même que les personnels d'ambassades et réseaux financiers qui peuvent faire les updates rapidement. Tout ce qui peut vraiment leur manquer et qui prendra du temps à développer, c'est une trademark au cinoche avec un héros national récurrent de l'espionnage :lol:; vu leur culture du gadget, le James Bond bridé arrivera vite . -
Emeutes et évolutions dans le monde Arabe
Tancrède a répondu à un(e) sujet de alexandreVBCI dans Politique etrangère / Relations internationales
C'est des "prétoriens" , ou ce sont les prétoriennes ;) :lol:? -
Manifeste de 630 économistes "atterrés"...
Tancrède a répondu à un(e) sujet de neophyte dans Economie et défense
A la différence près que c'est pas un tissu de conneries idéologiques et économiquement catastrophique comme le précédent cité ;) :lol:. -
L'armée romaine tardive et l'armée byzantine
Tancrède a répondu à un(e) sujet de Tancrède dans Histoire militaire
Remontée de ce topic pour faire une cartographie simplifiée de l'organisation de l'armée romaine tardive, et quelques commentaires, vu que mes posts ont été longs, souvent confus et/ou trop fournis, avec quelques contradictions à l'occasion, reflétant ma propre confusion face aux polémiques des historiens du sujet. L'armée romaine tardive n'est donc pas l'armée "duale" qui a souvent été décrite, avec une force de gardes frontières et des "armées mobiles" de l'intérieur qui auraient été la seule "vraie armée". L'une des grandes tendances récentes est d'avoir sérieusement réévalué les gardes-frontières, ou limitanei, et revu en profondeur la soi-disant "armée mobile", bien plus subdivisée (opérationnellement, hiérarchiquement, géographiquement) qu'il a été longtemps pensé. Et ce pour quelques raisons simples, qui ont concouru des difficultés militaires romaines à certains moments (révoltes, proclamations d'empereurs par les troupes, invasions.....), empire romain qui a toujours cruellement manqué d'effectifs importants pouvant être concentrés en permanence en suffisamment d'endroits: - l'armée n'est pas que l'armée: elle assure le maintien de l'ordre hors des grandes villes (qui ont leurs propres "cohortes urbaines", généralement miliciennes) et joue donc aussi les gendarmeries, elle collecte l'impôt (en nature et en numéraire, ce qui implique d'importants convois en permanence) et sécurise les grands axes, concourt à l'entretien des routes (axes stratégiques et instrument de son efficacité; mais il y a aussi nombre d'esclaves et surtout de civils astreints à des corvées en paiement de leur impôt) - elle est un garant politique interne contre les soulèvements, séditions, protestations.... Mais aussi doit être un garant contre elle-même et la tendance du IIIème siècle à proclamer des généraux empereurs, ce qui implique un besoin d'éparpillement minimal et une séparation en un certain nombre de commandements opérationnels qui, en dernier recours, se font concurrence. en outre, l'écartement des élites sénatoriales de tout poste militaire implique que celles-ci sont, hors de celles vivant dans les 2 capitales, essaient de se renforcer localement et d'acquérir autrement de la puissance politique: économiquement, dans la politique d'une province/préfecture/diocèse, par le clientélisme qui inclue aussi des négociations avec les tribus et peuples barbares (et leurs contingents mercenaires), par la mainmise sur les forces de milices (qui peuvent servir en cas de soulèvement).... Face à cela, les forces militaires doivent pouvoir être présentes partout - l'entretien de fortes concentrations militaires aux frontières impliquait une logistique très lourde, d'énormes convois permanents aiguillant les surplus agricoles et tous les produits que les légions consommaient vers la "ceinture dorée" qu'étaient les zones frontières, zone de keynésianisme avant la lettre où l'implantation militaire massive créait des villes, développait l'endroit, mais à un coût énorme qui ne fit que s'accroître avec la propension des empereurs des IIème et IIIème siècles à augmenter brutalement les revenus militaires pour s'assurer de la fidélité des troupes, ce qui a concouru à créer la spirale inflationniste qui a constitué le noeud de la grande crise du IIIème siècle qui a failli emporter l'Empire. Tant contre l'instablité politique que pour réduire le coût d'entretien, l'armée est donc plus répartie en garnisons de taille plus réduite, afin que chaque unité puisse être entretenue localement autant que faire se peut et limiter l'effort logistique. - l'accroissement de la menace, en raison des migrations de peuples et surtout d'un accroissement démographique, sur toutes les frontières, la plus grande dangerosité de cette menace (les "barbares" ont fait des progrès, avaient des tribus plus nombreuses, et surtout ont commencé à se liguer en coalitions de tribus, voire de peuples; de son côté, la Perse aussi s'est renforcée avec le changement de dynastie).... beaucoup de facteurs ont imposé les changements opérationnels nécessitant des temps de réaction plus courts, des forces pouvant avoir à intervenir en de multiples points de la frontière tout en restant capables de concentrations, une surveillance plus continue du limès.... Le tout à moyen constants au mieux, inférieurs plus souvent Les unités romaines proprement dites se sont réduites en taille et multipliées en nombre, obéissant ainsi à une logique de task force depuis longtemps montante, et concourant d'un mouvement continu depuis que Rome a commencé à s'étendre au-delà de la péninsule italienne: des guerres plus mobiles, des campagnes de plus longue haleine, une tactique impliquant le mouvement.... nécessitent des soldats plus aguerris, faisant de longues carrières, très disciplinés, polyvalents même s'ils ont toujours une spécialité dominante, une plus forte proportion de cavalerie (qui doit être fiable).... Bref, des unités plus petites que la légion, de moins en moins employée comme telle et plus par cohortes et groupements de cohortes, des unités ayant moins de sous-unités pour être maniables et mobiles et optimiser le combat articulé de façon plus dynamique, plus aptes au combat interarme.... Ce combat interarme, de même, n'a fait que suivre aussi une autre tendance longue de l'armée romaine en développant de plus en plus d'unités spécialisées: archers et javeliniers montés et à pieds en régiments permanents ont fait leur apparition (avec en plus un contingent d'archers organique dans chaque unité d'infanterie et de cavalerie), un quasi "corps d'artillerie" est aussi apparu, spécialisant un peu plus ce qui jadis était l'apanage de quelques spécialistes dans chaque légion.... Les auxiliaires mercenaires étrangers apportaient toutes les spécialités et quantités nécessaires au combat interarme, de façon ponctuelle et inégale. Le Haut Empire en a fait des unités permanentes et plus homogènes, et le Bas Empire a encore plus poussé leurs spécialisation (pour les archers montés et à pied, infanterie et cavalerie légères) ou leur pleine intégration dans la ligne (comme auxiliats de fantassins d'assaut jumelés avec les légions, comme cavaliers lourds, voire, au point extrême, comme cataphractaires). Et le tout était alimenté désormais par un recrutement unique approvisionnant aussi bien les légions que les autres unités de citoyens ou de barbares, les provinciaux non citoyens et pérégrins ayant disparu avec l'Edit de Caracala (qui fait de tout habitant libre de l'empire un citoyen). Une perte (discutable) peut cependant être notée par rapport au Haut Empire: la Légion, dans une armée en campagne, formait une "grande unité" de manoeuvre intermédiaire qui n'existe désormais plus: entre les unités élémentaires de cavalerie ou d'infanterie, et un commandement d'armée en mouvement, il n'y a plus de commandements permanents, seulement des groupements temporaires d'unités dont il est impossible d'évaluer le degré d'entraînement à la manoeuvre; éparpillés en temps normal, les unités devaient être rassemblées pour des manoeuvres régulières, mais à quelle fréquence, impossible de le savoir. Ce fait est de toute façon relatif, vu que la bataille antique reste quelque chose d'assez linéaire, voire statique dans son ordonnancement initial, et en tout cas lent une fois déclenché. Et d'autant plus relatif qu'en face, les adversaires sont moins organisés. Si la Légion n'a jamais été une unité de manoeuvre en soi (trop de cohortes, voire pire avant la cohorte: une longue liste de manipules), elle formait cependant un univers constant où les chefs d'unités élémentaires vivaient ensemble et savaient donc se coordonner via la pratique au quotidien. Les groupements de quelques cohortes devaient donc être des sortes de task forces temporaires, mais entre personnes qui se pratiquaient beaucoup, donc devaient plus fréquemment être les mêmes, selon la logique des "équipes qui gagnent". Avec la formalisation de l'éclatement répondant à une logique d'emploi opérationnel, seul le degré de professionalisme permet de rendre efficients les "groupements modulaires" façon "plug and play", d'unités désormais organiquement séparées. Autre perte, plus problématique: le service à 20-25 ans a certes comblé en grande partie les problèmes d'effectifs disponibles, quoique le principe même d'une armée professionnelle à "haute valeur ajoutée" rende chaque perte lourde et peu rapidement remplaçable, et fasse de chaque soldat un investissement et un capital cher, mais le vrai problème est que, contrairement à l'époque du Principiat ou de la République tardive, ROME N'A PLUS DE RESERVE QUALIFIEE RAPIDEMENT MOBILISABLE. Quand ils partent en retraite, ceux qui ont survécu au service ne seront plus très vaillants en cas de besoin, là où les soldats des époques précédentes, avec une dizaine d'années de service ou un peu plus, gardaient une marge de disponibilité: avec 5 ans ou plus, ça laissait un volet intéressant pour disposer de troupes de réserve directement disponibles sans trop de temps de (re) formation, pendant que des recrues plus fraîches seraient mises à l'entraînement. Dans la période qui a suivi Andrinople, c'est sans doute ce qui a le plus manqué, et de loin, accroissant d'autant la dépendance immédiate de Théodose envers les chefs contractors barbares! Mais ils ont fait d'énormes progrès, en équipements, en entraînement, en organisation, en expertise opérationnelle "en grand", et surtout en effectifs. Et c'est aussi la raison de l'évolution de l'armée romaine: l'abandon du couple "gladius - pilum" est parfois décrié par des historiens, voire présenté comme le signe d'une armée romaine moins courageuse, ne recherchant plus le contact.... CONNERIES: qui a jamais appelé les spartiates et macédoniens tapette parce qu'ils combattaient à la lance?! Ils sont passé à la lance d'arrêt et à l'épée longue avant tout en raison du changement de l'adversaire: des barbares nettement plus entraînés qu'avant, nettement plus nombreux, mais aussi dont la proportion de troupes équipées, et avant tout de protections (boucliers en bois et plus en osier -quand il y avait bouclier, mais surtout plus grande fréquence d'armures diverses et de casques), impliquent tout connement que les volées de pilums détruiront une moindre proportion de troupes adverses, et que le gladius, fait pour taillader le ventre, prélèvera aussi une proportion moindre de tués/blessés chez l'ennemi mieux protégé, mais aussi mieux entraîné en moyenne. Enfin, plus organisé, plus aguerri et plus nombreux: l'ennemi barbare ne cède plus si facilement à la panique si son élan initial est cassé. D'abord parce que le "1er choc" imposé par les légionnaires prélève moins de monde dans l'absolu (meilleure protection....), et en proportion (effectifs plus grands). Ensuite parce qu'il est plus aguerri (avec notamment une part plus importante de guerriers professionnels, souvent ayant servi Rome), enfin parce qu'il est plus organisé en unités et sous-unités, avec des chefs et une hiérarchie. Il faut donc une épée longue pour frapper de taille et imposer des dommages contondants pour passer les protections là où la frappe d'estoc a moins de chances qu'avant, il faut une lance d'arrêt dans des groupements en phalange dont l'effet de masse est nettement plus meurtrier et qui préserve plus de vies côté romain. Et plus encore il faut une puissance de feu renforcée pour maximiser les pertes à l'adversaire avant le contact et pendant: des archers montés et à pieds ne faisant que ça doivent exister en proportions importantes pour un impact mesurables. C'est pourquoi il y en a des unités permanentes, mais aussi pourquoi chaque unité d'infanterie en a un effectif minimum qui, en bataille, occupe le dernier rang d'une unité pour arroser en continu. Mais c'est aussi pourquoi il faut des artilleurs professionnels permanents et non plus des légionnaires polyvalents qui sont soit à jouer de l'artillerie soit à réintégrer leur place dans le rang, mais pas les 2. A noter que la cavalerie, même lourde, a des effectifs équipés d'arcs. Et enfin c'est pourquoi chaque fantassin emporte, outre son armement de mêlée (une lance d'arrêt, une épée, un poignard et un bouclier), 2 petits javelots (spiculums) au minimum, et surtout 5-6 dards plombés (plumbatae) accrochés à son bouclier, ce qui, par rapport au légionnaire "historique" avec ses 2 pilums, représente un accroissement massif de la puissance de feu individuelle. Parce qu'en face, les adversaires aussi ont développé la leur. Au global, le fantassin tardif est sûrement plus entraîné et équipé que son prédécesseur du principiat ou de la République tardive, tant individuellement qu'en unités constituées, pour le combat, le combat en formation et la manoeuvre. Un détail révélateur: le fait d'avoir à la fois des armes de jets (spiculum, verutum-angon, plumbatae), une arme de contact (hasta) et une arme de mêlée (la spatha ou épée longue, couplée avec le bouclier) révèle un besoin de formation technique poussée, plus qu'auparavant, mais aussi un besoin de maitriser les techniques individuelles de ces armes avec des entraînements plus nombreux et pointus pour le combat en formation: l'emploi de la lance implique un combat en phalange dont il faut maîtriiser les paramètres, et avant tout celui des espaces et de la cohésion de l'unité (plus qu'à l'époque de la tortue de chaque manipule), tandis que celui de l'épée implique de changer d'espace de combat (formation moins dense) tout en gardant aussi la cohésion. Le légionnaire précédent, surtout recherchant le contact au gladius, n'avait pas à pousser autant les différentes densités de formation, celle faite pour le combat au gladius-bouclier étant de très loin la plus importante, là où son successeur en a 3 essentielles: le combat à la lance et sa logique de phalange statique ou mobile, le combat à l'épée et la disposition en tirailleur pour utiliser sa puissance de feu plus abondante et variée. Il est loin le temps où le seul entraînement du légionnaire et le couple gladius-pila imposait un tel différentiel avec des barbares peu ou pas entraînés et flanchant rapidement, mais surtout incapables de s'organiser efficacement en grand (éclatement des peuples et tribus). Leur développement et le renforcement de l'institution étatique iranienne ont fait croître le niveau de menace contre Rome de façon exponentielle. Alors comment Rome organise ses forces? Dans l'ordre "croissant" d'importance, de coûts et surtout de concentration, des unités: Les numeris Pas vraiment partie de l'armée romaine, il s'agit des milices locales des zons frontalières, soit des paysans soldats concourant à la défense de leur région. Rome ne paie qu'en temps de levée, et un minimum, leurs chefs qui fournissent les contingents. A noter que lors d'une campagne, sont aussi appelés numeris les unités de mercenaires barbares frontalières engagées via leurs chefs, et dot la taille est plafonnée (autour de 300h) Les grandes et communes un peu importantes organisent elles-mêmes leurs propres milices conscrites pour la défense des murs, mais surtout des tâches de police et de sécurité civile Les Limitanei L'appellation de "gardes frontières" ne rend pas justice à ces troupes qui ont eu enfin droit à une réhabilitation. Il s'agit d'unités professionnelles avec les mêmes contrats longs que les armées dites "mobiles", soit des contrats de 20 à 25 ans; il serait donc difficile de les qualifier d'unités de seconde zone, et ce d'autant plus que, avant tout frontalières, elles sont confrontées en permanence aux ennemis de Rome, pas dans les grands raids et conflits signalés dans l'histoire (occasionnels) mais dans les raids de petite envergure, mais quasi permanents, dans les petites opérations de reconnaissance et de rétorsion en territoire étranger, de harcèlement et guérilla, dans des expéditions de renseignement en profondeur pour "sonder" les peuples "d'en face".... Le fait est qu'il s'agit avant tout d'unités de cavalerie et d'infanterie légère, donc peu faites pour le combat en bataille et en larges groupements coordonnés. Mais ce sont des professionnels qui gardent la paix entre 2 grandes guerres, mais en faisant la "petite" tout le temps. Ils font aussi la police dans les zones frontalières, et, comme le reste de l'armée, s'occupent d'un ensemble de tâches; prélèvement de l'impôt, entretien des routes et fortifications, sécurité des axes, patrouille le long des frontières et en profondeur.... S'y retrouvent: - les gardes frontières proprement dits, stationnés sur les bordures de l'empire, en unités réparties dans des tours de guets, fortins, points d'appuis, villes-frontières, mais aussi dans de vastes flottilles fluviales sur le Rhin et le Danube - les garde-côtes, surtout en Gaule, en Bretagne (Angleterre) et en Flandres, avec le développement important de la piraterie et des raids de tribus germaniques dans des campagnes maritimes au long cours, plus de 500 ans avant les vikings - des unités en garnison plus loin des frontières, pouvant aller renforcer celles-ci ou assurer les mêmes tâches de temps de paix dans les zones situées derrière les régions frontalières. Celles-ci ont généralement des unités de ligne, même si elles sont en majorité des unités légères, et sont plus entraînés à la manoeuvre en grandes unités. Leur rôle militaire est donc double: celui de limitanei proprement dit et, en période de mobilisation pour une campagne ou pour contrer une invasion, elles sont intégrées à une armée mobile comme "pseudocomitatenses" Ce sont les unités présentant le plus grand nombre de zones de commandement, évidemment, vu l'extention géographique. Plus de commandements, ceux-ci ayant donc moins d'effectifs; chacun est confié à un Duc (Dux, "chef") ou un Comte (Comes, "compagnon"). A noter que l'Egypte est la seule grande région dont les forces militaires ne sont faites que de Limitanei (mais en grand nombre). Les Comitatenses Il s'agit là des armées régionales, des troupes de lignes faites elles pour la campagne et la bataille en grand avant tout. Elles s'organisent en grands commandements dans chaque grande zone jugée "stratégique", correspondant à un certain degré de concentration en arrière de la frontière. Mais dans la pratique quotidienne, il n'y a pas de "grande base" où elles se retrouvent toutes; elles sont éparpillées en garnisons, surtout citadines. ainsi, il y a un certain nombre "d'Etats-Majors de forces" :lol: capables de monter des armées de campagne et de gérer une région militaire et auxquels sont subordonnés, en plus, les commandements des Dux et Comes des Limitanei: - Illyrie, Orient (la plus importante, face à la Perse) et Thrace pour l'Empire d'Orient. - Afrique (Maghreb oriental et Lybie), Tingitane (Maroc) et Bretagne (Angleterre), plus la Gaule, le plus maousse (le seul à inclure des unités de palatins), côté empire d'occident Une force de comitatenses est un des grands commandements stratégiques romains, mais c'est l'effectif qui détermine le grade de son titulaire: En Orient, tous les commandements de comitatenses ou de palatins correspondent au plus haut grade, celui de magister militum. En occident, les commandements sont surtout des Comtes. Seul celui de Gaule est un magister (magister equitum). Les palatins Unités de ligne aussi, mais d'un rang supérieur et sans doute d'un cran qualitatif encore au-dessus, les unités palatines sont une réserve encore plus stratégiques. Ce sont des unités moins territoriales, et plus "impériales" en ce que leur recrutement n'est pas local, et peut donc être passé en partie par une sélection de recrues déjà aguerries dans les limitanei ou les comitatenses. Plus en retrait des frontières, elles ne sont pas non plus concentrées en "grandes bases", mais réparties en garnisons. Cependant, leurs implantations majeures révèlent que leur usage est à la fois: - militaire: réserve de forces mobiles d'intervention de qualité pour appuyer une zone en danger dont les forces propres ne suffisent pas. Face au manque général d'effectif, des unités de plus haute valeur sont là pour être affectées de façon plus ponctuelle et parcimonieuse. Mais elles servent aussi à former le coeur d'une expédition/campagne de contre attaque importante ou une offensive pure et dure sans forcément trop avoir à prélever sur la capacité défensive d'une région - politique: troupes "impériales" et non localess, elles servent de garantes contre les séditions et soulèvement. Ainsi, leurs zones de garnisons peuvent aussi bien correspondre à un emplacement à but avant tout de réserve opérationnelle, comme en Orient, ou à un but de stabilité politique qui l'emporte sur la logique opérationnelle comme en occident: - en orient, il y a 2 groupements de Palatins, tous deux proches de Constantinople: ils sont répartis sur chaque rive du Bosphore et peuvent tous deux le franchir vite. Le but premier est de pouvoir aller rapidement en Orient ou sur la frontière danubienne, en 2 échelons si le besoin de vitesse est grand. Le but second est qu'en orient, le danger politique est la sédition de la capitale. - en occident, il y en a un à dans la région de Milan, prêt à renforcer la frontière danubienne après avoir fait sa concentration, à renforcer la Gaule, mais surtout à contrer une sédition au coeur de l'Empire; en occident, c'est la seule armée complètement expéditionnaire. Il y en a un autre en Illyrie, lui plus fait pour la tâche militaire d'être la réserve stratégique de la frontière danubienne. Il y a quelques troupes palatines dans le Comitatus de Gaule. Mais il y a surtout un commandement palatin en Espagne: si sa capacité à aller renforcer la Gaule demeure, de même que celle à intervenir en Afrique, son but premier est la stabilité de la péninsule ibérique (étrange a priori de voir une armée d'élite si loin de toute zone frontière sensible), économiquement cruciale et sans force d'autre nature puisque la plus éloignée de toute frontière (pas de limitanei, pas de comitatenses propres). Donc un commandement palatin est de 2 types: - régional: c'est l'équivalent d'un comitatus "normal", en plus haut de gamme, jouant le rôle de réserve et de défense, et/ou celui de garant politique - "central": 1 en occident (Milan) et 2 en orient (les 2 rives du Bosphore): c'est le plus stratégique, la force dont l'empereur dispose rapidement, et donc confiée à un Magister Militum. Ces armées de réserve sont les "Comitatus praesentales" (armées d'accompagnement impériales). Un commandement d'une force palatine correspond au plus haut commandement militaire, mais là encore, l'effectif détermine le grade, ainsi que la proximité de l'Empereur (qui veut garder les puissants personnages sous sa main): les forces palatines d'Espagne et d'Illyrie sont confiées à des Comtes, et seul celui de Milan en occident a un magister militum. En Orient, les 2 sont confiées à des magister militum que l'empereur peut avoir en permanence sous son contrôle. Les Palatins représentant presque autant d'effectifs que les comitatenses, une différence de qualité significative est douteuse; leur statut "d'élite", qui impliquait entre autre un équipement plus luxueux et une meillure paie, a sans doute plus correspondu à leur logique d'emploi (réserve plus mobile, employée en dernier recours ou comme force principale d'une offensive détachée d'une obligation de défense régionale) et à leur mode de recrutement "impérial" qui les préservait plus des tentatives de sécession d'une région et les attachait plus à l'empereur en particulier. Les Scholae palatina Top du top, crème de la crème, il s'agit d'unités de cavalerie d'élite (7 en orient, 5 en occident; une unité de cataphractaires, une d'archers montés, et 10 de scutaires) qui sont, à tout moment, attachés au lieu où se trouve l'empereur. Ils sont sa garde, le protègent contre des coups d'Etat et soulèvements, sont sa force d'intervention "politique" permanente, le coeur d'élite d'une armée mise en campagne avec l'empereur dedans, donc le fer de lance de la cavalerie romaine. Ils protègent l'empereur et son Palais dans les capitales, en faisant la police dans les quartiers environnants. C'est parmi eux que sont prélevés en occident et en orient les "capes blanches", les 40 candidati qui forment les gardes du corps personnels de l'empereur. -
Des défauts "historiques" dans l'armée française?
Tancrède a répondu à un(e) sujet de Tancrède dans Histoire militaire
C'est quand même un peu plus des trucs très récents, ça, pas des tendances "historiques" longues ;). -
Sujet polémique? A priori auto-flagellateur dans une nation connue pour trouver souvent plus que les autres que l'herbe est plus verte (ou kakie :lol:) chez le voisin? Permanence de certains caractères nationaux de long terme? Toutes les armées de pays organisés présentent souvent les mêmes défauts de principe, plus liés à certaines fatalités et imperfections inhérentes à des choix d'organisation militaires et politiques qui ne peuvent jamais être parfaits.... Mais ces défauts ne sont pas partout, ni à toutes époques, au même degré, et il est possible, même si toujours contestable, de trouver que chaque nation, chaque culture, en a quelques-uns plus affirmés que les autres, de même que des qualités évidemment (les Anglais ont les leurs, on a les nôtres :lol:). Côté français, en se penchant dans les livres d'histoire, il est amusant de constater que depuis longtemps, les mêmes défauts (et qualités ;)) ont tendance à revenir, à être plus ou moins fort selon les moments. Et évidemment, les longues périodes de calme, quand s'éloigne la menace la plus directe et dangereuse, mais pas toujours, sont propices à leur retour en force, tout comme les périodes de conflits, surtout intenses, les voient s'atténuer, mais pas toujours non plus. Quels sont ces grands défauts, qu'il faut essayer de résumer au maximum en grandes catégories pour éviter de sombrer dans les listes de détails? - le culte hiérarchique trop poussé, le syndrôme de l'élite qui a toujours extrêmement raison, particulièrement prégnant dans l'organisation qui revient toujours à trop de centralisation, tant au niveau stratégique (direction de la guerre depuis un cabinet ministériel ou Versailles) que tactique/opérationnel (le général micromanager et maniaque du contrôle de la compartimentalisation et de l'information). extension de ce problème: les querelles de grands chefs qui ne parviennent jamais à s'entendre et ont l'art de trouver des compromis, quand vraiment il en faut.... Qui ne satisfont personne, ne donnent aucun résultat et amènent les catastrophes. Puisque le conflit ne peut être délégué aux échelons inférieurs qui pourraient trouver des solutions pratiques, il faut qu'il se cristallise de plus en plus en montant les échelons, capitalise la masse des problèmes accumulés pour arriver au niveau décisionnel élevé où les grands chefs se retrouvent dans des positions radicalement incompatibles auxquels s'ajoutent à l'occasion des egos surdimensionnés et des querelles de personnes insolubles. La monarchie tout comme la république sont parsemées de telles histoires. - le mode de recrutement, sélection et cooptation des officiers, et particulièrement des officiers généraux: querelles politiques, querelles de personnes, querelles "d'écoles" de pensées, coteries et chapelles, guéguerres d'ambition pour faire la roue auprès du politique, un niveau politique qui s'en tape ou veut des béni oui-ouis fidèles avant tout (et qui lui disent ce qu'il veut entendre)..... De la monarchie à aujourd'hui, c'est sans doute LE défaut le plus incontestable dans le temps long en France. Evidemment, c'est un défaut général à toutes les armées, étant donné la nature politique voire sociale de ce niveau de commandement, mais il a en France un parfum et un niveau particuliers qui ont valu au pays ses plus grands gadins, de la Guerre de Cent Ans à aujurd'hui (où il y aurait beaucoup à dire sur nos nouveaux "généraux de 40), en passant par les attributions de commandement parfois contestables de Louis XIV, ceux odieux de la Guerre de 7 ans, le processus de montée en grade au XIXème siècle et évidemment 40. La France a éternellement eu un problème, peut-être plus développé qu'ailleurs, de sélection des élites, résultant d'un plus grand écart à faire entre attribution aux plus compétents et lutte contre les divisions internes (géographiques/féodales, politiques....) impliquant que le critère de confiance, de faveur ou de besoin politique de la personne choisie a souvent importé un peu trop par rapport à sa compétence, et ce parfois jusqu'à un degré caricatural. - une tendance à l'organisation (opérationnelle et géographique) qui, sitôt terminé un conflit, s'éloigne plus rapidement et irréalistement qu'ailleurs des besoins opérationnels au profit d'un "aménagement du territoire", plus motivé par le besoin de contrôle territorial sous la monarchie et aux arrangements politiques au XXème siècle, et d'économies mal justifiées (suppression plus prononcée d'unités "chères" et dimensionnantes telles que le Génie ou l'artillerie, mais aussi d'autres suivant l'époque, suivant qu'elles sont mal en cour: infanterie légère, cavalerie légère, cavalerie de ligne) - la tendance aux modes et effets d'idéologies, souvent liées à une arme ou une doctrine opérationnelle, et poussant parfois loin en voyant la politique s'en mêler comme s'il s'agissait d'un débat intellectuel où il faut absolument une position définitive et aussi absolue que possible, supprimant la nuance, donc l'équilibre, et au passage le bon sens: l'obsession chevaleresque de la Guerre de Cent Ans, la querelle de l'Ordre profond, l'imagerie des grandes charges napoléoniennes au XIXème siècle, la Jeune Ecole, l'infanterie-reine et sa charge insurpassable avant 1914, renouvelée autrement après 1918, le "système D" qui justifie bien des coupes, l'obsession du "tout char" après 45, comme un retour de bâton trop prononcé et un mauvais retex trop focalisé de 1940 (qui fait s'obséder sur un corps blindé français censé pouvoir contrerla masse soviétique).... Bref, en France, l'esprit cartésien veut absolument trouver une réponse "scientifique", unique et définitive, répondant absolument à la donne stratégique du moment, ET EN MEME TEMPS, l'imaginaire national se nourrit de certaines imageries qui alimentent souvent cela: le torpilleur-républicain contre le cuirassé monarchiste, le cavalier/chevalier en charge que rien n'arrête, le brave fantassin dont le courage et la débrouillardise peuvent tout compenser, le sens de la démerde qui supplée l'intendance qui, de toute façon, "suivra".... On ne manque pas de romantisme pour mettre en image ces obsessions qui, pas forcément fausses en elles-mêmes, sont poussées trop loin et deviennent de ce fait un problème dangereux. - La réserve: une grande constante depuis longtemps, depuis l'aube des temps.... Il est rare, quelle qu'en soit la forme, que la France ait eu des forces non permanentes de niveau satisfaisant, avant tout par un manque récurrent d'attention et d'intérêt pour la chose. Quelques périodes seulement font exception. Même au temps de l'armée de conscription, (sauf en 14), l'entraînement, l'équipement et l'encadrement des réserves était la 5ème roue du carrosse, et l'attention portée à ces forces toujours méprisée par les Etats-Majors et un niveau politique qui s'en contrefoutait J'aurais pu aussi mentionner la GRH en général et la qualité du recrutement en particulier, mais ça c'est moins spécifiquement français; les armées pro ont ce défaut récurrent que, sitôt une période de forte motivation patriotique/idéologique avec généralement une guerre dedans, de ne rien faire pour garder les meilleurs et de se retrouver vite avec le bas du panier en proportion très élevée (à cet égard, les Brits sont champions). Des inspirations?
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Réalisme des films de guerre
Tancrède a répondu à un(e) sujet de Gran Capitan dans Livres, magazines, multimédia, liens et documentation
Ben la masse devant Minas Tirith se compte en centaines de milliers, la masse de cavaliers qui chargent doit tourner autour de 6000 péquenauds.... Tu mesures l'impact psychologique en quantité :lol:? Ceci dit, ils ont un truc avec eux: le soleil (dans leur dos en plus), qui réapparaît après des semaines d'obscurité et auquel les bestioles de Sauron sont un peu allergiques.... -
Influence, médias.... Les moyens non militaires de l'efficacité stratégique
Tancrède a répondu à un(e) sujet de Tancrède dans Histoire militaire
C'est vrai que je pensais plus à l'Empire romain, où les auxiliaires étaient partie de l'ordre de bataille permanent, et pas à la République, où ils étaient des unités mercenaires recrutées pour une campagne le plus souvent. Le charognard étant lucide, il sait que si la force affichée de la puissance "top de la mort" n'est pas ce qu'elle semble être, ça veut pas dire pour autant qu'il est toujours sain d'aller lui chercher des poux.... Du moins dans n'importe quelles circonstances :lol:. Subir un échec au Vietnam n'a pas voulu dire que les ricains s'étaient pris une pile, et personne n'est venu leur rôder au-dessus :lol:. Dans le genre, l'armée française entre 1918 et 1940 s'est beaucoup illusionnée, surtout aux échelons supérieurs.... Mais peu d'armées dans l'Histoire se la sont autant racontée que l'armée britannique du XVIIème siècle jusqu'aux Guerres Mondiales, s'attribant des mérites et qualités qu'elle n'avait pas ou pas beaucoup, faisant de résultats médiocres ou sans surprise des succès éclatants et "historiques", affichant un niveau de mépris pour tout ce qui n'était pas elle, surtout au niveau officiers; ça leur a valu des retours sur terre difficile :lol: à plusieurs reprises. -
Influence, médias.... Les moyens non militaires de l'efficacité stratégique
Tancrède a répondu à un(e) sujet de Tancrède dans Histoire militaire
Au contraire , les Romains ont justement eu tendance à garder aux auxiliaires locaux leurs spécificités (cavalerie légère d'archers montés maures ou moyen orientaux, fantassins légers celtes et germains....), mais il y avait les 2: ils utilisaient les ressources locales soit pour monter des unités d'auxiliaires qui devenaient permanentes (et se mettaient à aussi enrôler du romain; des citoyens non aptes pour les légions, des provinciaux et pérégrins, des affranchis....), soit comme recrues, progressivement, pour les légions cantonnées en permanence dans leur province et qui sont ainsi souvent devenues locales. Dans l'armée tardive, les unités "spécifiques" à un lieu se retrouvent à tous les échelons: - dans les limitanei, avant tout faits de fantassins et cavaliers légers en unités de tailles diverses - dans les numeri, soit des petites unités (pas plus de 300h) entièrement locales/mercenaires engagées comme un tout - dans les comitatus de province, comme recrues pour les unités majoritairement de ligne (auxiliats/fantassins d'assaut, couplés avec une légion de fantassins lourds, mais aussi régiments d'archers) et dans les diverses unités de cavalerie désormais obéissant à une nomenclature de fonction (archers montés, javelinistes, scutaires) - dans les unités palatines ("impériales", non centrées géographiquement) où ces recrues arrivaient après passage dans les unités régionales et sélection à partir d'elles Mais de toute façon, les Saoudiens ne recherchent pas l'efficacité militaire: leur armée ne sert pas à ça. Les Américains sont là pour les défendre contre un envahisseur, c'est la nature de leur deal. L'armée saoudienne sert à faire de l'organisation du territoire, de la redistribution économique, de l'alimentation du système de corruption/clientélisme féodal de leur organisation politique interne, et plus que tout, ses contrats de tous types (équipement, entretien, entraînement, immobiliers, fonctionnement) servent d'outil "multiplicateur de puissance" pour leur diplomatie, qui contreblance en partie l'influence américaine entre autre (sans quoi, vu le rôle US pour les défendre, ils pourraient y être asservis, pétrole ou pas; distribuer les contrats leur sert de marge de manoeuvre). Personne n'attend de l'armée saoudienne qu'elle sache se battre, et les Séouds moins que tout autres, qui savent bien que leur royaume n'est pas un pays, n'a aucune union, et que s'il en trouvait une, ce serait contre eux. La seule portion d'armée efficace qu'ils aient est celle qui sert à défendre le régime contre la population (la garde nationale) et la famille Séoud contre tout le monde (la garde tribale). C'est leur moyen non combattant d'avoir une efficacité stratégique dépassant leur capacité militaire (inexistante) et économique (le deal "pétrole contre protection" les limitant trop vis à vis des USA). Ben c'est ce que je disais: ce type de propagande sert de multiplicateur de force en accroissant l'effet dissuasif d'une puissance de manière psychologique (comme les Mongols ou Vikings théâtralisaient un peu leur violence, les Mongols pour apparaître comme une vague implacable et impitoyable, la mort elle-même, les vikings pour masquer leur faiblesse réelle et multiplier l'impact de leurs petits raids à effectifs réduits sur des objectifs peud défendus).... Mais il y a un degré, un moment où l'inconvénient finit par rattrapper, voire dépasser l'avantage, c'est celui où on s'intoxique soi-même, et surtout les décideurs. -
Réalisme des films de guerre
Tancrède a répondu à un(e) sujet de Gran Capitan dans Livres, magazines, multimédia, liens et documentation
Je pensais surtout aux descriptions de soldats en unités et vie militaire, à Fort le Cor, et encore plus à Minas Tirith, les hobbits étant plus des "touristes" :lol:. Quand au poutrage, dans les bouquins, c'est pas si exagéré que dans les films, et les bourrinages des persos très guerriers sont nettement plus "relatifs", sans quoi un boromir dans son dernier baroud ne serait pas tant mis en valeur héroïque alors qu'il n'a buté "que" une demi douzaine de glandus (c'est énorme); dans les films, sa performance paraît minable dès lors qu'à partir du 2, ils se mettent à exterminer tous de façon industrielle, Legolas tirant comme une gatling, Gimli trucidant façon moissonneuse batteuse, Aragorn jouant les équarisseurs industriels.... Et tous tuent d'un coup qui, à l'écran, n'a pas l'air de même être capable d'écorner l'armure de l'adversaire. C'est particulièrement caricatural pendant le siège de Fort le Cor, quand Aragorn et Gimli se faufilent devant la porte pour laisser aux gardes le temps de la consolider: ils arrivent façon tarzan et ont l'air de faire des moulinets dans l'air, avec à chaque mouvement 15 uruks hais qui sautent de la passerelle alors qu'ils n'ont même pas l'air d'avoir été effleurés.... Ca manque de sensation d'impact de force dans les coups.... Alors que le combat mano a mano d'Aragorn contre l'uruk hai dans le premier volet était vachement bien, "concret", cognant, et faisait bien ressentir le contact et l'impact. Pareil pour la (brève) charge de nuit des rohirrims sur la bande d'orks qui détient les 2 hobbits, dans le 2ème volet: violente, pleine d'impact, la mêlée succédant à la charge, elle dépote bien. -
Et c'est pas asymétrique, ça ;) :lol:?