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Tout ce qui a été posté par Tancrède
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Tout dépend de ce qu'on entend par "régiment de mêlée", ce qui était le terme original, de radio-rumeur.... Faire comme tout le monde et transformer un bataillon d'artillerie en unité ISTAR multicapteur plus poussée que les BRB? Faire de l'infanterie en plus, après avoir constaté un besoin? Vu que d'autres rumeurs semblent menacer un régiment Leclerc de plus (dissout ou lui aussi démonté et transformé.... Voir le cas du 3ème Hussards qui n'a pas été touché, finalement), apparemment y'a une course à l'échalotte pour savoir qui, qui, qui sera mangé :-[. Parce que les généraux français savent toujours tout mieux que tout le monde et que quoiqu'ils fassent, c'est génial et tout le monde nous fait des compliments dessus :-[ :P.
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Juste un petit remontage de sujet suite à un petit passage dans RAID: apparemment, les rumeurs sur la fin du 1er RA se renforceraient suite à l'absence de développement du LRU.... Mais le truc surprenant dans l'article était qu'il serait, plutôt que dissout, "transformé en régiment de mêlée".... Le 1er RA deviendrait un RI? Le simple fait qu'il y ait rumeur non de dissolution (y'en a plein, et absolument aucun complexe côté politique à le dire) mais de transformation, qui plus est pour augmenter les unités de mêlée, ça c'est plutôt nouveau. En tout cas, les projets de contraction supplémentaires des implantations au sol, montrent que les arbitrages politiques nationaux l'emportent, même si la raison est strictement budgétaire et non opérationnelle, sur les ententes de politique locale et les logiques territoriales.
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Emeutes et évolutions dans le monde Arabe
Tancrède a répondu à un(e) sujet de alexandreVBCI dans Politique etrangère / Relations internationales
Des commentateurs dans le C dans l'air de lundi avaient dit que les manifs anti-Mubarak ne devaient pas non plus être surestimées en terme de nombre, indiquant qu'il y avait certes des milliers de personnes, mais pas des dizaines ou des centaines de milliers, et que les médias sur-réagissaient peut-être un peu. Le cul du pharaon est sans doute bien mieux assis que celui de Ben Ali, mais surtout, bien plus que la personne de Mubarak, le régime avec l'armée comme pilier semble assez peu remis en cause (la popularité de l'armée aidant aussi), la démocratie pas demandée si fort que ça.... Il s'agirait plus, selon ces commentateurs, d'émeutes de la faim qui ont trouvé Mubarak lui-même comme exutoire, et pas grand-chose d'autre. Evidemment, c'est à prendre avec des pincettes considérant le peu d'informations quantifiées et vérifiées qui circulent, l'extinction de l'internet et des moyens de coordination des émeutiers, et encore plus à relativiser en attendant de voir le résultat de la "marche du million". Le point fondamental est que si Mubarak dégage, y'a des chances que ce soit plus en raison d'une révolution de Palais qui verrait des rivaux profiter de sa position affaiblie (pas mal de ses soutiens voyant du coup leur avenir ailleurs) qu'autre chose. -
budget Les budgets militaires en Europe vont-ils souffrir de la crise ?
Tancrède a répondu à un(e) sujet de S-37 Berkut dans Economie et défense
Au final, les Européens semblent prendre acte de l'Empire américain sans même la contrepartie contraignante qu'était la menace soviétique: pour négocier avec les ricains, il faut avoir du répondant, soit une puissance inatteignable pour les pays d'Europe, ou au contraire rien du tout sinon quelques réserves d'appoint. Mais apparemment, cette attitude, outre les contraintes proprement budgétaire, reflète: - le durcissement de la position US: les Européens sont des concurrents purs et durs pour l'armement et les grands marchés, et les Ricains, avec leur économie telle qu'elle est, sont agressifs et sans concession, visant tout. Pas de raison, du coup, de leur faire de fleur question unités de supplétifs qui les arrangent bien. Ils en auront un plancher minimum et rien d'autre. - l'OTAN est une organisation américaine pour coordonner les supplétifs, et rien d'autre. Quel que soit l'effort européen, dans la limite des 2% du PIB maxi que les membres sont prêts à consentir, ça ne changera même pas d'un pet les décisions et la répartition du pouvoir.... Pourquoi s'emmerder? - la protection américaine est aussi une manière d'avoir une chasse gardée: l'Europe n'a pas les moyens de s'en débarrasser, et aucunement la volonté, car cela la rendrait automatiquement pleinement concurrente des USA, une rupture totale qui induit des coûts et une attention portée à la défense qu'aucun politique ne veut envisager. Et puis c'est bien confortable d'avoir la défense comme variable d'ajustement qui pèse pas trop dans le budget - l'idéologie est à l'atlantisme et au "camp occidental" côté élites dirigeantes.... Donc la situation est pérenne Elle est récurrente cette opinion: je l'ai entendu il y a une dizaine d'années à l'Assemblée Nationale, et pas mal de gens proches des milieux du renseignement et de l'analyse géopolitique, dans leurs moments de grande analyse futurlogique :lol:, la resortent. Vladimir Volkoff et Constantin Melnik l'avaient formulé presque comme ça y'a quelques années: "il re restera bientôt en Europe qu'une série d'unités spéciales et rien d'autre". Avec les USA en protecteur, oui.... Mais difficile d'appeler ça réellement des nations. Ouais, y'en a toujours (le même chose existait au XVIIIème siècle juste avant la Révolution); ils connaissent le futur et se foutent de ces questions, engoncés dans leurs certitudes et absolument déconnectés de la façon dont le monde fonctionne. Ils peuvent même bosser au Mindef, à l'Elysée ou au Quai d'Orsay, la fonction ne créant pas toujours l'organe. -
Emeutes et évolutions dans le monde Arabe
Tancrède a répondu à un(e) sujet de alexandreVBCI dans Politique etrangère / Relations internationales
Et à force de réfléchir à des pays différents avec le même schéma que si c'était la France ou les USA, tu commets la même erreur que les Américains qui voient l'ensemble du monde comme un tas d'Américains avec des langues et des habitudes alimentaires bizarres. -
Israël et voisinage.
Tancrède a répondu à un(e) sujet de loki dans Politique etrangère / Relations internationales
Pour ça, ça dépend de l'efficacité comparée des défenses AA et possibilités de camouflage/dispersion côté égyptien (en cas de surprise), ainsi que de leur rapidité de réaction actuelle, et des capacités air-sol et de pénétration/interdiction des israéliens, le tout à une portée non négligeable (profondeur du Sinaï, plus la distance Canal-Nil).... Faudrait que les Israéliens soient vachement bons et rapides pour créer les conditions de la surprise. Ensuite, la tendance lourde côté AdT israélienne a été quand même à la reconversion vers les opérations urbaines/contre-insurrectionnelle, en tout cas à faire face à des ennemis déstructurés et plutôt à pied. Mais surtout, elle a vu la réduction globale des unités fer de lance blindées, sans doute plus pour des raisons de coûts croissants et de plus faible probabilité d'affrontement blindé qu'en raison d'un changement fondamental de doctrine et d'abandon de l'idée de conflit classique. Mais le résultat est que les 3 fronts principaux n'ont que le strict nécessaire en unités blindées d'active, et peu de réserve, surtout de réserve vraiment au point. Or pour une guerre offensive, faut pas vraiment d'impro.... Et surtout si elle doit porter loin: chaque centaine de kilomètre fait perdre de la puissance et de l'efficacité à une attaque. Enfin, l'économie israélienne peut-elle se permettre une guerre préventive qui aurait des chances de durer un tantinet dans ses suites, même si la première phase était victorieuse? De supporter des opérations de "nettoyage"/contre-insurrection à longue distance? La société israélienne l'accepterait-elle? Le niveau de menace n'en serait-il pas accru (forçant Israël à adopter une posture "nucléaire")? -
Emeutes et évolutions dans le monde Arabe
Tancrède a répondu à un(e) sujet de alexandreVBCI dans Politique etrangère / Relations internationales
Positif? En Egypte? La seule opposition organisée qui ait de vraie structures et une vraie audience, ce sont les Frères musulmans; après eux, y'a rien de significatif, que des mouvances embryonnaires et/ou de faible ampleur en termes d'organisation, de représentation, de présence et d'audience. Seule la communauté copte a des structures et une organisation nationale, mais à son échelle. Pourquoi tant de personnes se "félicitent"-elles (expression haïssable: des gens se félicitent eux-mêmes :P) de ces grands mouvements? La perspective, c'est au mieux une espèce de transition démocratique qui ne servira que de paravent, puisque de toute façon, les seules forces significatives qui raseront tout dans des structures démocratiques, ce sont les islamistes: organisations et tissus socio-économico-associatifs, financements, audience/capacité de communication, force de coercition au niveau de la rue, membres/adhérents/militants et affiliés/sympathisants et leurs familles, personnes dépendantes (via les réseaux caritatifs et associatifs) et "clientèle", puisance idéologique, réseaux de pouvoirs, personnes bien placées.... Aucun autre pôle organisé n'a le centième de ce qu'ils ont.... Mais apparemment, "la démocratie va tout résoudre" :P. Il n'y a vraiment qu'en Tunisie que la société civile a peut-être une chance, par son organisation, sa solidarité, le socle de valeurs bien ancrées et la taille réduite du pays (l'info circule plus vite, les solidarités sont plus proches....), d'échapper à cette spirale. Le Maroc et la Jordanie, par leurs particularités et avant tout leurs institutions monarchiques, ont aussi une marge de sécurité, un garde fou solide. Les dictateurs sont pas si cons: le premier truc auquel ils s'attaquent, ce sont les corps intermédiaires et organisations ayant une capacité de réseautage utilisable en termes de pression politique. Parti unique et/ou armée, police sont les seuls vrais pôles de pouvoir qui restent et sont à leur botte, avec en plus un nombre indéterminé de clans, généralement familiaix, qui peuvent peser plus ou moins. Du coup, c'est vraiment eux ou le chaos, enfin c'est l'idée vers laquelle ils essaient de tendre. -
Emeutes et évolutions dans le monde Arabe
Tancrède a répondu à un(e) sujet de alexandreVBCI dans Politique etrangère / Relations internationales
Difficile à dire, et je suis pas expert es Jordanie, mais le fait est que beaucoup de citoyens sont mécontents jusqu'au point potentiel de la violence, et que ça c'est une réalité foutrement pressante. La réalité perçue est que le gouvernement -pas le roi, attention; la monarchie est un principe fort- est plein de corruption et ne roule que pour les grands intérêts.... Que ce soit vrai ou non compte moins quand beaucoup de gens, et potentiellement des mouvements organisés, sont prêts à faire du grabuge. L'agriculture, autorisée par la présence de réserves d'eau, s'est modernisée, ce qui veut dire qu'elle a viré du monde et/ou paie moins. Les exportations de phosphates, seule vraie ressource minière, n'emploient pas des masses de monde. Mais le fait est que la Jordanie est fragile et dans un voisinage encore plus fragile: sa gestion correcte et sa croissance forte ne compensent pas sa vulnérabilité aux variations de prix (l'inflation ponctionne beaucoup la croissance et se ressent vite sur une bonne part de la population), sachant qu'elle est structurellement importatrice de la plupart des biens de consommation et de production. Même son agriculture, historiquement son point fort, est plus faite pour l'exportation que pour la subsistance, ce qui impacte la population en ce qu'il n'est pas si aisé de calmer des gens qui ont faim avec des productions spécialisées (fruits et légumes, la production céréalière étant réduite, éclatée et dans des zones moins irriguées, donc vulnérables aux variations climatiques). Le tourisme est économiquement localisé et reste vulnérable aux aléas géopolitiques de la région. En outre, les Chinois sont là aussi, avec des productions cheaps impliquant une forte pression à la baisse sur les salaires dans le secteur de la construction sur lequel le gouvernement fondait, et fonde encore, de grands espoirs. -
et si les US n'avaient pas quitté le Vietnam ?
Tancrède a répondu à un(e) sujet de Gibbs le Cajun dans Uchronies
Quoique l'armée chinoise a pas fait la fière face aux Nords Vietnamiens en 79.... Mais dans tous les cas, ils n'auraient effectivement pas voulu voir les USA s'installer là. -
Emeutes et évolutions dans le monde Arabe
Tancrède a répondu à un(e) sujet de alexandreVBCI dans Politique etrangère / Relations internationales
Sur des critères macro économiques stricts, il est pas mal géré du tout, mais c'est pas suffisant, et ces critères sont souvent très cruels à l'égard d'une population par ailleurs divisée. La Jordanie n'a pas (beaucoup) de pétroleou de gaz: elle a de l'eau (ressource stratégique dans ce coin) et des universités (annexes d'universités étrangères), une industrie efficace mais réduite, un secteur tertiaire dynamique mais réduit. Bref, ça fait beaucoup de diplômés sans beaucoup de débouchés à leur hauteur, et toujours beaucoup de gens sans rien du tout. -
et si les US n'avaient pas quitté le Vietnam ?
Tancrède a répondu à un(e) sujet de Gibbs le Cajun dans Uchronies
- Parce que la Chine roule pour elle, pas pour les USA ou l'URSS - ils l'ont fait un peu plus tard :lol:, en 79 Ou alors tu parlais d'une invasion du Nord VN par les USA, pas la Chine? Là c'est plus concret, et Kissinger l'évoque dans sa vision de l'époque: - l'armée US n'a tout simplement pas les moyens de le faire sérieusement: la masse de manoeuvre restante (hors tâche de défense et pacification du Sud), même à l'apogée du déploiement en 68, est insuffisante, et dans la réalité quotidienne, les chefs US préfèrent ne pas dépendre des troupes sud vietnamiennes à la qualité trop inégale et aux chefs corrompus et divisés en clans rivaux -l'URSS risquerait de changer d'attitude, voire de devenir plus menaçante en Europe, à l'heure où les US ne peuvent s'y déployer en force. On est toujours sur un distingo net entre le terrain principal du non affrontement, l'Europe, et les théâtres périphériques. Nucléariser plus franchement ces derniers n'est pas forcément dans l'intérêt de quiconque - à ce stade de la guerre froide, la Chine pourrait être forcée de jouer la solidarité communiste avant tout: le rapprochement Chine-Occident n'est que balbutiant et n'est en aucun cas une redivision des camps, tout au plus une normalisation des statuts diplomatiques et une position de dialogue. Et surtout, les USA ne sont pas précisément en position de force, ce qui fait que la Chine pourrait être tout connement tentée, si la sauce vietnamienne tournait vraiment mal, de prendre des positions plus brutales et de s'impliquer. -
Israël et voisinage.
Tancrède a répondu à un(e) sujet de loki dans Politique etrangère / Relations internationales
CVS, ARRETE DE TE FAIRE DES ILLUSIONS! Ce fric ne servira pas à acheter de nouveaux treillis stretch aux conscrites israéliennes, ni une nouvelle gamme de sous-vêtements règlementaires ;)! D'autant plus que si un nouveau gouvernement radical anti-israélien gouvernait l'Egypte, le premier problème israélien concernerait ses appros en hydrocarbures, déjà par essence fragiles, donc le fric irait en priorité à des extensions des capacités de stockage stratégique, et à celle de protection des approvisionnements, essentiellement maritimes, soit un effort sur la flotte, les infrastructures portuaires et leur sécurité, et sans doute, comme toujours, l'aviation. Si Tsahal est devenue un Etat dans l'Etat hébreu, l'armée de l'air est devenue un Etat dans l'armée :lol:. Mais plus de capacités de combat au sol? Douteux, parce que ça nécessiterait, en l'état actuel des forces israéliennes, une extension de la mobilisation permanente, déjà peu populaire aussi bien dans la population que dans une part grandissante de la classe politique, une doctrine impliquant plus d'exposition à des conflits anti-insurrectionnels (qui font des pertes).... Les garçons sont déjà mobilisés 3 ans pour maintenir le format actuel, et les filles 2 ans avec une part infinitésimale d'entre elles qui vont dans des unités de combat (et encore, beaucoup d'affectations sont peu destinées à voir du combat: voir le cas du bataillon Karakal): porter le service féminin à 3 ans aurait quel effet dans la société israélienne? Et verser les nanas dans des unités de combat de façon indifférenciée (avec en outre les problèmes concrets d'organisation et d'efficacité militaire)? Autres solutions? Juste porter le service masculin à 42 mois voire plus, ou accroître l'armée en net avec des forces purement professionnelles, toutes choses politiquement et pratiquement très difficiles. Que résoudrait une guerre préventive, face à un gouvernement égyptien qui aura du mal, voir ne voudra jamais, recourir à un affrontement classique? Même si les Israéliens se lançaient dans une chevauchée des Valkyries pour reprendre le Canal de Suez (et les USA, vu l'état de l'économie mondiale, pourraient ne pas apprécier les effets induits), avec raids ponctuels jusqu'au Caire, qu'est-ce que ça leur apporterait? Ils ne peuvent rien faire pour changer l'état des choses en Egypte, et la plus grave menace que les Egyptiens puissent causer n'est pas de nature conventionnelle. -
Israël et voisinage.
Tancrède a répondu à un(e) sujet de loki dans Politique etrangère / Relations internationales
En bref, les USA vont essayer de gagner du temps en demandant à Israël de se tenir tranquille, et leur seule façon crédible de demander sera d'augmenter l'aide militaire à l'Etat hébreu: augmentation nette du montant global, conditions préférentielles sur les achats de matos, extension de gamme des matos proposés.... Avec sans doute une reconversion de l'aide militaire à l'Egypte vers Israël: 2 milliards annuels tout chauds qui vont passer de l'ouest à l'est du Sinaï. Mauvaise formulation :lol:: dis-toi que l'Arabie Saoudite est un pays "stratégiquement modéré", compte non tenu de ce qui se passe à l'intérieur de ses frontières :lol:. Pense donc; c'est l'un des seuls pays au monde (si tant est qu'on puisse dire que c'est un pays) qui, plus il achète de matériel militaire haut de gamme en grande quantité, perd encore plus en crédibilité question puissance :lol:. Plus ils achètent d'armes, plus ça veut dire qu'ils veulent la paix; mais là où d'autres pays font ça pour que leur pouvoir de dissuasion soit plus grand, les Saoudiens le font pour acheter leur paix sociale (redistribution par la corruption féodale) et se concilier de puissants vendeurs qui eux veulent de la stabilité. -
et si les US n'avaient pas quitté le Vietnam ?
Tancrède a répondu à un(e) sujet de Gibbs le Cajun dans Uchronies
Le fait est que ce sont avant tout les militaires qui ont persisté, dans un premier temps, à penser de travers et à dire qu'ils pouvaient obtenir les résultats qu'ils voulaient, avec l'idée en arrière-plan qu'un soldat US valait 10 ou 20 Viets, raisonnement stupide et absurde qui pense en terme de bataille alors qu'il s'agit d'une guerre totale côté viet, impliquant idéologiquement une bonne part de la population, ce qui abouti au fait que même si le ratio de pertes est de 1 pour 20, ça sert à rien si l'adversaire en aligne 21 ou 22 ou plus. Le problème de mener une guerre totale côté US est que la seule manière de le faire était d'utiliser le bombardement massif, systématique et indiscriminé, voire même d'y aller au nucléaire, ou alors de déployer bien plus de monde pour complètement contrôler dans la durée un territoire donné au VietNam. Cette dernière solution était impossible financièrement, politiquement et militairement (la population US aurait bien plus râlé), et la zone de contrôle absolu n'aurait pas été gigantesque, en tout cas pas suffisante. La première solution aurait été à l'encontre des buts de guerre même des USA, aussi irréalistes qu'ils aient été, en plus d'être un formidable coup de contre-publicité à l'échelle mondiale vu que ça aurait été ni plus ni moins qu'une extermination à grande échelle. Et au même moment, faut quand même se rendre compte que les USA ont un effort stratégique permanent à mener, qui a la priorité: la Guerre Froide ne s'est pas arrêtée, et elle coûte cher. Le coût financier de la guerre du VietNam a été une surdépense sur une petite dizaine d'années qui a de facto empêché les USA d'affronter la crise économique et monétaire grandissante qui s'est révélée par à coups (crise des eurodollars, chute des stocks d'or US, inflation, impossibilité de garder la convertibilité-or du dollar) avant d'éclater en 73 à l'occasion du premier choc pétrolier, forçant Nixon, à son corps défendant, à abandonner l'étalon-or et la fixité des monnaies et à entériner l'ère des changes flottants dont l'actuelle crise n'est qu'une conséquence. Le dilemme US est qu'au VietNam stricto censu, ils pouvaient exterminer en masse sans être sûrs que ça assommerait réellement et définitivement l'adversaire (mais en étant sûr que ça leur reviendrait dans la gueule), soit essayer de pacifier une portion plus ou moins grande de VietNam (long et cher).... Avec comme priorité le fait que chaque année passée là-bas coûte un maximum, que le front principal est contre l'URSS et que les marges de manoeuvre se réduisent. Y'avait-il une solution? Pas dans l'optique de qui était obnubilé par la théorie des dominos; les USA voulaient un Etat pro-capitaliste dans ce coin, et en avaient besoin. L'un de leurs grands échecs est surtout de n'avoir pas réussi à créer un Sud VietNam solide (qui aurait pu en plus avoir le soutien de la Chine alors en bisbille avec l'URSS et son pantin Nord Vietnamien). La question est: était-ce possible? En tout cas, ce qui est sûr, c'est qu'une guerre se livre pour obtenir un résultat donné, et que s'en remettre à une logique étroitement (idéologiquement) "militaire" et axée sur les moyens mis en place ne se conforme pas forcément aux objectifs en ce qu'elle ne cherchera qu'à remporter les combats en perdant de vue la guerre. Un avatar de la trop grande séparation entre militaire et politique, alors que ce devrait être une seule et même chose. Créer un Sud VietNam solide, pôle d'occidentalité bloquant les progrès communistes dans ce coin? Echec sur toute la ligne. Casser la volonté de combattre du camp adverse? Echec complet. Garder une image de défenseur des libertés? Pas vraiment réussi. Ne pas s'embourber et dépenser en pure perte des sommes énormes, avec un impact sur la capacité et la puissance US? Echec. Le plus grave est la séparation complète entre politique et militaire: les militaires se sont enferrés dans leur attitude purement tactique/opérationnelle, combattant sans réelle vision ou optique de victoire. S'il faut des responsables, ils sont à trouver aussi bien côté politique que côté militaire, mais dans le jugement "qui passe" dans les médias, le militaire aura là toujours l'avantage de passer pour le "bon gars qui fait ce qu'on lui dit" :P, alors qe sa réflexion uniquement opérationnelle est l'une des 2 causes de l'échec (et l'hyocrisie de ne pas se remettre en question), avec de l'autre côté une direction politique qui a peu et mal réfléchi à la faisabilité de la mission. Des 2 côtés, beaucoup d'illusions, de conneries, d'intérêts particuliers, et surtout beaucoup de vanité chez des USA atteints du symptôme de la toute-puissance et des certitudes toutes faites qui vont avec. L'erreur est-elle en train de se répéter en Afghanistan, voire en Irak? -
Emeutes et évolutions dans le monde Arabe
Tancrède a répondu à un(e) sujet de alexandreVBCI dans Politique etrangère / Relations internationales
Une petite illustration de ce qu'est la famille Al-Assad, au travers d'une anecdote: dans les années 80, un des cousins, mouillé jusqu'au cou dans le régime, était réfugié en France, et hébergé aux frais de la princesse dans un immeuble du XVIème arrondissement où vivent les parents d'un ami. Les mois qu'il a passé là-bas (en attendant que son luxueux hôtel particulier soit rénové) furent un petit enfer pour les copropriétaires :P. Ses bagnoles se garaient sur les places de parking de tout le monde (lui-même n'en avait même pas une en propre), et quand un habitant a crevé les pneus d'une des caisses en représailles après quelques mois, il s'est retrouvé à l'hosto direct (personne ne sait en fait s'il était réellement celui qui avait crevé les pneus, mais il a servi d'exemple). De même, le concierge et le régisseur ont été tabassés sur ordre du "môssieur" qui avait l'air de trouver anormal que tout le monde ne soit pas à ses pieds. Evidemment, toutes les nuisances possibles et imaginables se produisaient, ainsi que des intimidations régulières par les gardes du corps, et, cerise sur le gâteau, il avait la radinerie de ne pas payer ses charges, tâche sans doute dégradante et vulgaire bonne pour le petit peuple. La copropriété a commencé à prendre des mesures légales.... Pour voir finalement débarquer des fonctionnaires du Quai d'Orsay qui les ont engueulé de ne pas faire leur "devoir de français", tant sur le plan de la dévotion exigée de citoyens hôtes que sur le plan de l'hospitalité due à un étranger ami du pays plongé dans une situation difficile :O :lol: (ils ont osé). Ce à quoi la mère de mon pote, présidente de la copropriété, a répondu en les envoyant promener. Ce genre de situations s'est reprodui en d'autres lieux, avec ce personnage et d'autres. Juste histoire de rappeler que ces gens sont avant tout une clique d'affairistes dont le tout premier intérêt, si les événements imposent d'avoir à arbitrer à ce point, est leur pomme et leur pomme avant tout, envers et contre tout et tous. Au final, dans ce genre de personnage, la femme de Ben Ali était peut-être la plus honnête à sa façon; la coiffeuse, salope rapiate s'il en est, n'a pas donné dans les faux semblants de l'intérêt national, de l'idéal et de l'humaniste méconnu qu'est son mari.... Elle était là pour sa famille et pour le fric et point barre: la salope n'a fait que toucher au grisbi, pour paraphraser l'autre :lol:. -
et si les US n'avaient pas quitté le Vietnam ?
Tancrède a répondu à un(e) sujet de Gibbs le Cajun dans Uchronies
C'est étrange cet avis récurrent que les "politiques" auraient "empêché" les militaires de "gagner", et autres expressions faciles: à croire que la direction politique aurait voulu perdre et était peuplée de cons ne sachant pas ce qu'ils voulaient. Ce sont avant tout les militaires qui ne savaient pas gagner un tel conflit, la mentalité jominienne de l'armée US la faisant se focaliser sur l'idée qu'il pouvait y avoir des affrontements décisifs et une "victoire" au sens où ils le comprenaient. Quand à avoir "amené" les Viets à la table de négociation, c'est au mieux une opinion très discutable avec laquelle ni Kissinger ni McNamara, des gens un tantinet bien placé sur la question, ne sont d'accord. Quelle contrainte réelle les USA, par bombardement ou autre méthode, pouvaient-ils réellement exercer pour peser sur l'attitude et surtout la volonté nord-vietnamienne, surtout à ce stade du conflit et des destructions occasionnées? Pas si fondamentale que ça. Peut-être de court terme pour limiter des destructions sur certaines cibles ou certains types de cibles, mais guère plus: le temps ne jouait que pour Hanoï et contre le gouvernement du sud et les USA, la population était nettement plus gagnée par l'oncle Ho que par Saïgon, et apparemment, le niveau accepté de sacrifice (par les Viets) n'a jamais été dépassé par les USA. Croire qu'une contre-guérilla plus "dure" aurait plus attendri l'adversaire est une attitude qui a démontré son inefficacité, tout comme les militaires US se sont entêtés à croire que le résultat en terme de bodycount ou de "batailles gagnées" représentait quelque chose de concret en terme de résultat. Après le conflit, nombre de généraux US ne comprenaient toujours pas et ont rebalancé vers le haut en disant que c'était la faute à la "politique", ce "truc" indéterminé dont on ne sait pas comment, mais qui a sûrement occasionné la défaite vu que sur le terrain, les boys tuaient plein de Viets :-[ :P. -
A ceci près, encore une fois, que l'état de la volonté japonaise de combattre est totalement inconnu: les années de guerre ont montré quand même que Tojo et sa bande étaient des excités vivant dans pas mal d'illusions extrêmes sur eux-mêmes et leur façon de voir le Japon, idées auxquelles la population, surtout "attendrie" par les privations et bombardements, ne souscrivait pas forcément. La culture populaire japonaise a pas mal travaillé ce thème depuis des décennies, tant sur le plan des mentalités que sur les profondes divisions politiques induites par le gouvernement militaire (l'action même du chef de cabinet de l'Empereur est souvent mise en avant dans ces luttes internes). Les scénarios d'invasion partaient du principe que tous les Japonais jusqu'au dernier se battraient comme des fanatiques, ce qui était loin d'être le cas dans un pays tout sauf aussi monolithique qu'il a été souvent présenté.
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Les estimations de pertes, fondées sur les données peut-être exagérées des expériences préalables sur les îles japonaises avec population civile (avec quelques scènes de résistance citoyenne et de suicides collectifs), ont soi-disant fait refuser l'opération à Truman (il devait y avoir d'autres raisons, notamment la volonté d'en finir plus vite, celle de tenir la Russie à l'écart de toute position de force, celle de démontrer la puissance de la nouvelle arme....), plaçant le coût humain pour les troupes US à un minimum de 300 000 morts, soi l'équivalent des pertes US de toute la guerre. Exagéré ou non? comment estimer la volonté de résistance d'une population assommée de bombes depuis longtemps, réduite à un rationnement extrême (le Japon, déjà à l'époque, n'est autosuffisant en rien, et les campagnes de bombardement désorganisent toutes les productions et leur distribution)? Le gouvernement de Tojo était déjà impopulaire avant même le début du conflit: sans être une démocratie, le Japon n'était pas pour autant une dictature avant le coup d'Etat des militaires de l'armée de terre et du camp impérialiste. Et une certaine liberté de ton et de critique existait, avec un niveau de pluralité qu'il ne faut pas sous-estimer. Mais le nationalisme était à un niveau très élevé, s'alliant avec la conception culturelle de la nation et du tout par rapport à l'individu propre aux Japonais: qui sait quelle volonté de résistance aurait été manifestée par la population? A voir l'histoire des kamikazes, dont beaucoup n'étaient pas des enthousiastes mais s'engageaient par contrainte familiale/sociale/culturelle, il est possible que cette mentalité l'ait emportée, avec pour traduction une résistance sans grand espoir d'efficacité stratégique, mais infiniment résolue et coûteuse pour les ricains. Pour ce qui est du hardware, les ricains avaient ce qu'il fallait dans l'air et sur la mer: installer des têtes de pont valable aurait été rapide et largement dans leurs moyens. Les faire croître et se rejoindre, en revanche, n'aurait pas été gratuit. Autre point, et à croiser avec un autre what-if: une telle opération n'aurait été possible qu'avec un transfert massif d'effectifs depuis le théâtre européen, ce qui aurait placé les occidentaux en position de faiblesse en Europe face aux Russes. Les Russes auraient de même été partie à la fête; pas vraisemblablement sur Honshû elle-même, mais auraient eu les coudées franches en Corée, en Mandchourie et dans le nord de la Chine, avec possibilité pour eux d'en finir bien plus vite, en coordination avec Mao, avec le camp nationaliste de Tchang Kai Chek. La question d'un débarquement au Japon revient avant tout à une affaire de temps et de deadline, si elle avait du avoir un intérêt: aller plus vite pour que les Russes ne s'installent pas partout, contre une puissance japonaise qui devait être mise au pas définitivement, MAIS n'était déjà plus une menace concrète. Or, la conquête des îles japonaises aurait été longue, vraisemblablement. Avec quelques graves inconnues: - quel est le centre politique à atteindre? L'affaire peut-elle être résolue par la prise de quelques zones-clés qui entraînerait une capitulation? - l'invasion du territoire proprement national ne pourrait-elle faire durer Tojo, ou pire encore, même si Tojo était dégagé d'une façon ou d'une autre, créer un "esprit de résistance nationale" jusqu'au-boutiste, une union sacrée sans attache politique particulière, donc sans volonté centrale et identifiée à abattre? Toutefois, la personne d'Hiro Hito est sans doute la clé de l'histoire; il était contre Tojo, sans beaucoup de moyens d'action, et son appel après Nagasaki révèle surtout qu'il aurait, face à une invasion, agi de même.
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Emeutes et évolutions dans le monde Arabe
Tancrède a répondu à un(e) sujet de alexandreVBCI dans Politique etrangère / Relations internationales
Bon! Si ça prend ce chemin, rappelez-vous que jamais 2 sans 3: à qui le tour :lol:? -
AFRIQUE : politiques internes et relations internationales
Tancrède a répondu à un(e) sujet de alexandreVBCI dans Politique etrangère / Relations internationales
De facto, l'histoire de sa trésorerie se confirme comme étant depuis le début la plus intéressante: la CI est en quelque sorte coupée du monde en ce que l'essentiel du problème, même s'il a des répercussions régionales, se déroule dans le pays, sans trop d'intervenants directs étrangers hors des forces internationales déjà sur place, surtout tant que la Cédéao refuse l'intervention directe. Concrètement, pratiquement, plus le temps passe, plus il ne s'agit, schématiquement, que d'une histoire de contrôle de territoires et zones-clés (et les ressources afférentes) par 2 "bandes rivales": l'arme financière peut s'avérer redoutable si utilisée en corrélation avec la lassitude de la majorité des Ivoiriens. Il a été prouvé qu'ils ne pouvaient, malgré les appels de Ouattara, s'arrêter de bosser parce que l'état des réserves est tel qu'il leur faut travailler pour bouffer au jour le jour. Si l'activité disparaît en partie, c'est peut-être là l'ouverture suffisante pour Ouattara: l'inconnue est la popularité de Gbagbo dans cette équation.... De deux façons: - est-elle suffisante pour durer face à des privations grandissantes dans une partie suffisamment importante de la population? Soit Gbagbo dispose t-il, quantitativement, d'une masse critique suffisante de population pour tenir? - y'a t-il assez de monde pro-Gbagbo ou anti-Ouattara/rebelles qui soient aussi prêts à endurer des privations et risquer une guerre civile pour le régime actuel? En d'autres mots, la popularité de Gbagbo est-elle suffisamment puissante dans son électorat hardcore pour tenir quoiqu'il en coûte? Si l'importance des manifs des Jeunes Patriotes, devenus une vraie mafia de rues, un noyau de professionnels de l'émeute/agit-prop, ne pouvait se maintenir que par l'arrosage par le budget national, c'est déjà un premier problème pour Hbagbo. Si la levée de l'impôt est de facto quelque chose qui ressemble de plus en plus à une levée de la main à la main, alors l'urgence la rendra encore plus dure et la fera de plus en plus ressembler à une contribution forcée comme le "pizzu" de la maffia sicilienne bien plus qu'à l'impôt légitime d'un Etat de droit par une partuie croissante de la population active, ou celle qui arrive à l'être encore suite à l'arrêt du commerce extérieur (quelle est l'importance des rentrées fiscales de l'activité portuaire dans la totalité des rentrées fiscales?). D'autant plus que plus que plus le temps passe, moins Gbagbo contrôle efficacement de territoires, ce qui veut dire que certaines zones seront plus mises à contribution que d'autres, et plus durement. Le sentiment d'injustice qui en résultera risque d'augmenter vite. La seule question qui reste est de savoir si, malgré ces restrictions grandissantes, ce qui restera entre les mains de Gbagbo sera une "masse de manoeuvre" suffisante pour encore faire durer la crise (nombre d'hommes contrôlés, troupes, clans et pôles de puissances arrosés, superficie et importance stratégique des zones contrôlées). Le temps semble plutôt jouer pour un Ouattara qui, lui, ne lève pas d'impôts sur la population et ne lui fait aucun mal face à un Gbagbo qui, à mesure que le temps passera, aura une main forcément ressentie comme lourde, injuste et brutale au point d'être cruelle. Sa popularité, son historique, sa personnalité, sont-elles des boucliers suffisants face à cela? Enfin le problème de Ouattara reste le même: même si la dimension "d'agent de l'étranger" peut n'être pas déterminante voire s'amenuiser, le fait demeure qu'il ne contrôle pas grand-chose, n'a pas de territoire au sud, et n'est président qu'en titre. Même si la question de sa légitimité se posait moins dans la population, possession vaut toujours titre. -
Israël et voisinage.
Tancrède a répondu à un(e) sujet de loki dans Politique etrangère / Relations internationales
Au final, je me demande surtout si un environnement plus ouvertement hostile n'est pas ce que souhaitent une certaine partie de la droite israélienne et de l'armée: des adversaires plus déclarés et plus étatiques sont nettement plus dans le registre d'action des forces armées israéliennes, impliquent nettement moins d'ambiguités quand à la ligne de conduite à adopter, avec en plus le facteur islamiste qui peut contraindre pas mal de pays à ne pouvoir si facilement condamner Israël pour certaines actions violentes. Même la Turquie, face à un gouvernement égyptien islamiste, ne pourrait si aisément prendre parti. Tout cela fait plutôt le jeu des ultra-sécuritaires en Israël qui n'a au fond qu'un seul allié qui importe, et qui ne la lâchera pas. Les inquiétudes et lamentations qui se font entendre ne sont-elles pas avant tout celles des modérés, celle de droite étant surtout là pour jouer l'alarmisme appelant à la peur et au "tout ou rien" qui les arrange bien électoralement et stratégiquement? -
Emeutes et évolutions dans le monde Arabe
Tancrède a répondu à un(e) sujet de alexandreVBCI dans Politique etrangère / Relations internationales
le Sauf que ça change pas des masses (en tout cas largement pas assez), mais que le niveau, le "coût", de la corruption a grimpé en flèche pour maintenir ce "subtil équilibre"; l'entropie de ce régime est quand même très importante, et vue sa nature "révolutionnaire", c'est le genre à ne pouvoir partir qu'à coup de pied au cul, pas par des élections ou une transition par les urnes. -
Emeutes et évolutions dans le monde Arabe
Tancrède a répondu à un(e) sujet de alexandreVBCI dans Politique etrangère / Relations internationales
Mais ce que tu décris là, n'est-ce pas au final l'entropie de tout système? Il marche, puis il marche de moins en moins bien jusqu'à ne plus marcher du tout à moins d'être repris en main brutalement (changement politique brutal/révolution/coup d'Etat, ou révolution, ou arrivée d'une direction plus décidée et libre de ses mouvements). Faut quand même aussi se rendre compte qu'une bonne part de la corruption de tout régime: - va aux "clans" politiques et factions puissantes du pays pour qu'elles restent puissantes et puissent trouver entre elles un certain équilibre qui évite la guerre civile que toute faction trop ascendante ou trop descendante finit par déclencher. une version plus soft de ce principe est de voir que 90% des sommes louches dans la corruption politique des démocraties ("affaires" et autres) vont aux partis politiques, le reliquat étant pris par certains personnages, avant tout politique. - arrose et irrigue une partie du pays: système de parti unique/favorisé et/ou l'administration, armée et/ou police.... A la fois minorité (significative) favorisée et agent du système, cette frange plus ou moins large de population a un rôle économique, soit directement distribué par l'Etat, soit par l'intermédiaire des factions au pouvoir qui se créent leurs "féodalités" Dans tous les cas, faut pas non plus si facilement condamner les régimes autoritaires et dictatures corrompues: moralement débectantes, humainement inacceptables bien souvent, elles ne surgissent pas non plus sans raison. Défaut d'Etat, insuffisances de la société civile dans des pays aux structures faibles (fréquent en Afrique où beaucoup de pays sont des agrégats postcoloniaux sans grand lien social, où les entités régionales/ethniques/tribales/féodales ont bien plus de réalité et de pouvoir), absence de lien social ou d'identité commune comme base d'un vivre ensemble qui reste à faire, déchirement des parties qui composent le pays, plus fortes et cohérentes que la notion même d'Etat.... Au Liban, par exemple, les parties sont bien plus puissantes que le tout, d'où l'importance socio-économique et politiques des grandes familles ou de mouvances organisées (avant tout religieuses). La corruption est bien souvent, au moins au départ, un moyen d'assurer l'équilibre entre des factions politiquement puissantes qui acceptent un partage du pouvoir (aux dépends des autres); avec pour enjeu la paix civile, tout connement. Un Etat stable ET de droit (relativement), ça naît en combien de temps? Et comment? Et combien de temps ça peut durer à un niveau de "rectitude" relativement acceptable? Quelqu'un connaît une recette? L'Histoire est quand même là pour prouver que la paix civile et sociale dans un Etat stable et fort avec un minimum de justice, c'est plus une exception temporaire que la règle. -
Systèmes de recrutement: quelle meilleure armée pour quelle tâche?
Tancrède a répondu à un(e) sujet de Tancrède dans Histoire militaire
Ca encore, c'est plutôt "désinfecter" les lycées militaires existants des esprits devenus beaucoup trop "de caste" (et très reproductifs question familles) qu'il faudrait. Sans doute plus en les faisant grandir (pour noyer les castes dans un flot majoritaire où elles devront se recomposer) plutôt que les laisser en vase clos. Le problème là est celui d'une taille critique du système dans son ensemble: quand tu descends à juste quelques petits lycées militaires, tu n'as plus qu'une petite caste refermée sur elle-même qui s'encroûte dans l'image qu'elle a d'elle-même et qui tend à devenir caricaturale à mesure que le temps passe. Un système plus vaste, avec nettement plus de lycées moins spécifiquement militaires et plus mêlés au mainstream serait sans doute plus souhaitable. Les écoles de cadre de l'ancien système prussien/allemand n'étaient pas si mal dans ce registre. Mais un enseignement avec une dimension militaire, ça doit aussi avoir un but, et cela concerne en fait surtout une "action sociale" des armées dont l'effet corollaire est de plus imprégner chaque génération de la chose militaire, de préparer un vivier plus impliqué.... Et en même temps d'offrir de bonnes conditions d'éducation prioritairement à une jeunesse qui n'y aurait pas normalement accès.... Du coup, ça doit pas être un investissement fait de façon cheap. Un truc observé est quand même la fermeture de l'enseignement supérieur: son coût relatif et absolu augmente, mais surtout l'accès en est de plus en plus "codifié". une partie des codes correspond à un niveau d'enseignement et de culture générale qui semble se perdre (là c'est le rôle de l'Education Nationale), mais une autre correspond à des spécificités plus grandes requises dans divers aspects et épreuves (pas forcément formelles), dont les premières sont les concours et leur contenu. Il est assez terrifiant de voir l'importance désormais capitale des prépas cotées pour bien performer, et les prépas forment bien plus à connaître la façon dont sont corrigés les concours de chaque école/filière qu'à fournir des connaissances et modes opératoires généraux (ça j'en ai bouffé). Et cela doit être couplé avec des filières d'enseignement supérieur spécialisées ou généralistes, soit vers des écoles et facs publiques (bourses de statut militaire), soit vers le privé (accords et bourses); là encore, c'est pas gratuit. Cependant, le financement par l'Etat peut amener une dimension de temps de service contraint (compensable éventuellement par "rachat" à l'Etat des années non remplies): l'ENA fonctionne comme ça après tout. Mais si tu fais ce genre de système, il y aura haro sur le méchant militarisme :P. -
Pourquoi une action militaire israélienne est nécessaire contre l'Iran
Tancrède a répondu à un(e) sujet de legionnaire dans Politique etrangère / Relations internationales
T'es sûr que t'as lu ses messages :O? Difficile de parler d'arguments ou de pensée en voyant ce genre de slogans pour semi-débiles: aucune connaissance des sujets en question, des accusations et clichés issue d'une propagande de bas étage, incapacité à la nuance, incapacité de construire le moindre début d'argument, juste un parti pris non pensé et rien d'autre. Du bon petit "prêt à gueuler" pour de l'aboyeur de rue. Y'a pas de discussion ou de débat avec ce genre de position, et il n'a même pas amené un point de vue, une opinion (=un avis fondé en raison, soit un avis venant après un raisonnement contradictoire issu de la réalité) ou quoi que ce soit d'autre. Les ravages des succédanés d'idéologie et de l'inculture donnent ça. Discute tant que tu veux avec ce genre de personne et après mille heures, ça n'aura rien changé.