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Tancrède

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Tout ce qui a été posté par Tancrède

  1. Patton s'est fait descendre (politiquement) en 45 précisément parce qu'il avait gardé les cadres des services publics (tous encartés nazis) en place, tout connement parce que c'était une administration qui roulait.... Et évidemment quand ça s'est sur.... Surtout qu'il voulait refiler leurs flingues rapidement aux unités militaires allemandes pour aller taper du soviet :lol:.
  2. Hé, vieux, faut faire gaffe à tes articulations: courir, c'est bien, mais tes genoux dégustent :lol:. Je préfère développer sur une machine qui préserve mes petits genoux pour quand j'aurais 60 piges et que courir sera encore possible :lol:.... Et s'il est possible de draguer (quoique le faire en sueur, c'est plus rude), tant que t'es là et qu'il y a de la lumière :P :lol:.... Mais évidemment, ceux qui y vont pour draguer se reconnaissent: 20 minutes de pause entre 2 séries, pas la moindre trace de sueur sur le T-shirt flambant neuf.... Bon, en fait je supporte pas les salles :lol:: vive l'achat du matos pour l'avoir à domicile: le paradis depuis que c'est fait :lol:! Mais Loki est extrêmement réducteur, la salle de sport elève d'autres approches: - économique: c'est un lieu de vente de tout et rien, et surtout de trucs dont personne a réellement besoin et/ou qu'il n'utilisera pas. Et un lieu d'entraînement à la détection d'arnaques.... Facile, TOUT en est.... Même les boissons au bar sont coûtent 400% d'un prix de base déjà abusif :lol: - sociologique: les églises et cathédrales ont cessé d'être des lieux de rencontre, les cinémas sont chiants, les places de villages désertées, les cafés et bars chers et non fumeurs (et chiants).... Faut bien avoir des lieux de rencontre - moral: s'abonner, y aller de temps en temps (ou intensément mais pendant 3 mois :P) et n'y pas foutre grand chose et/ou le faire mal, ca sert à se donner bonne conscience..... Un moment.... Et à se jeter sur le chocolat après
  3. Oui, et les salles de muscu sont un business en plein boom depuis les années 70, et pourtant elles ne marchent jamais aussi bien que dans les pays où le taux d'obésité dépasse l'entendement :lol: et augmente continuellement (pays anglo-saxons en tête, mais la partie développée du Brésil, malgré le fameux "culte du corps", c'est pas mal non plus....). En général, la fréquentation des salles de sport joue dans les centaines de milliers à quelques millions là où le surpoids et l'obésité (conjonction d'une alimentation merdique et surabondante ET d'une inactivité crasse) jouent en dizaines de millions. Sans compter que le tout n'est pas d'aller pousser un peu de fonte, mais parmi ceux qui le font, de distinguer ceux qui le font BIEN et suffisamment régulièrement ET à long terme (là t'as déjà éliminé les 2/3 de la clientèle te dira n'importe quel gérant de salle :lol:). Si t'ajoutes qu'il faut aussi ajouter un sport d'endurance, tu t'aperçois souvent que les "phénomènes de société" n'en sont pas tant que ça :P :lol:.... Un peu comme la tektonik, quoi :lol:!
  4. Ouais, surtout que le conscrit moyen israélien, c'est plus vraiment du rude kibboutzim élevé à la dure et motivé comme un mort de faim :lol:.... mais un bon petit occidental avec un embonpoint prématuré et un abonnement à la salle de sport où il ne va jamais.... Le guerrier nintendo: un peu plus motivé que son homologue occidental parce qu'il a encore un adversaire, mais par rapport à ses prédécesseurs, c'est pas vraiment une terreur :lol:. C'est plus vraiment les pioupious qui sont prêts à se faire descendre par packs de 12 en Israël: comme ailleurs, ils laissent ce rôle à la bière :P.
  5. Du tout, mais grosso merdo, les "génies/chefs hors normes", c'est à très haut niveau, ceux qui ont changé l'Histoire, ou à niveau un peu plus bas, ceux qui ont changé une guerre, une campagne.... Voire des batailles (mais souvent, pas juste une fois): des "génies tactiques" sont aussi légitimes, ce qui ouvre la porte à 2 classements, en fait, les grands généraux/chefs, et les grands "capitaines" (pas mal sont les 2 à la fois).
  6. Oui, mais la FAR existait déjà, avec une vocation expéditionnaire dont le besoin avait été constaté dès le début des années 80: y'aurait pas eu de développement de ce côté? Et pour l'armée centre europe: quel impact aurait eu la RMA américaine dans ces conditions? un alignement intellectuel et doctrinal des décideurs militaires encore plus prononcé, vu le poids écrasant des formations et priorités de combat blindé?
  7. En l'état de ce qu'était la Wehrmacht en 40, le blitzkrieg, ça n'existait pas, et la campagne de France telle qu'elle a été lancée côté allemand était un coup de dés imposé politiquement par Hitler parce que ça lui "parlait", mais que jamais les EM allemands n'auraient accepté (trop de risques, trop de variables inconnues, peu de probabilités de succès prévisibles). Concrètement, c'est juste une application du nouveau tempo dicté par les formations mécanisées (seulement 10 à ce moment, et le reste de l'armée allemande pas vraiment mieux que ses adversaires), et surtout combinée au "coup des Ardennes" et à un commandement allié au-dessous de tout. Sur le principe, c'est napoléonien, c'est hannibalien.... Soit la recherche du coup décisif et le maintien du plus haut tempo possible.... Version méca. Mais le "blitzkrieg", c'est une invention a posteriori de Goebbels encore pris dans ses fantasmes littéraires et son imagination portée sur les grandes chevauchées mythiques: un outil de propagande efficace, mais concrètement sans vraiment de fondements. Un génie militaire? Plus haut j'avais essayé d'inviter à définir des critères pour définir les génies, les chefs d'exception.... Sinon ça se transforme en concours de qui aligne ses chefs préférés, les figures qui touchent, ceux qui ont bien marché à un moment ou encore juste ceux qu'on connaît. Pour moi, l'un des problèmes de ce genre de topic, c'est que des chefs comme Lee se trouvent propulsés souvent au top des plus grands génies militaires de l'Histoire, ou encore Grant.... Sérieusement :O :P!!! Entre 1815 et 1914 par exemple, y'a t-il eu un seul génie militaire? Le seul qui puisse prétendre au titre, c'est Moltke (père), et y'a vraiment personne d'autre dans le concours pour cette époque.
  8. Ah ça, ils ont sorti la super martingale: combien d'Etats ont osé le coup de la conscription VRAIMENT universelle :lol:? On aurait du faire ça en France, la population masculine, comme un seul homme, aurait voté pour le maintien de la conscription :lol:, et Tsahal ferait petite figure sur Internet à côté des masses de petites soldates françaises en treillis T2 toujours trop petit et trop moulant :lol: (avec un CAT qui veillerait à ce que ça reste comme ça, quitte à les rétrécir au lavage volontairement).
  9. Oui il y a des figures sympathiques (quoiqu'au Tonkin ou à Madagascar, le souvenir de Galliéni doit pas l'être), des personnages qui détonnent.... Ca n'en fait pas des génies militaires ou des chefs hors normes pour autant: c'est pas diminuer un personnage que de dire qu'il était un chef simplement compétent, bon, efficace, qui a fait son job correctement ou même bien, voire très bien. "Génie", "grand chef", "meilleurs généraux", ce sont quand même des termes qui induisent des chefs exceptionnels, des leaders dont les actions et la pensée traversent les siècles pour toujours avoir quelque chose de puissamment pertinent longtemps après. Chesty Puller ou patton, chacun à leur échelle, sont des meneurs d'hommes de grande envergure, ça n'en fait pas des génies militaires ou des chefs ayant changé la nature de la guerre, le cours d'un conflit et/ou des événements....
  10. La "sécurisation" :O :lol:? L'achever? Faudrait la commencer sérieusement surtout! Parce qu'à la minute où les USA cesseront d'arroser les diverses forces paramilitaires qui leur ont servi de supplétifs et qui sont autant de mafias/mouvements/guérillas en puissance, c'est pas l'Etat irakien qui pourra enrayer la guerre civile qui s'ensuivrait. Les "terroristes" ne sont que des groupuscules plus ou moins religieux, plus souvent politiques voire purement crapuleux qui n'ont pas eu l'heur de pouvoir bénéficier, pour pas mal d'entre eux, des largesses de Washington, et qui donc jouent la concurrence territoriale avec ceux qui ont reçu ce fric et pu faire un deal temporaire avec les ricains. Si la "sécurisation" était un peu réelle, ces groupes n'existeraient pas et auraient soit lâché leurs armes, soit auraient intégré les forces irakiennes.
  11. Et tu écris comme si: - Ahmadinejad était aussi taré que le dit FoxNews :P :lol: - Ahmadinejad avait le pouvoir en matière de guerre et de politique internationale en Iran - l'Iran était incapable de mesurer ce qu'implique l'arme nucléaire - l'Iran était une population de Djihadistes tarés - un Iran nucléaire n'entraînerait pas de nouveaux équilibres et contre-pouvoirs dans la politique régionale Faut vraiment se renseigner sur un sujet: les usines à fantasmes alarmistes médiatiques sont rarement de bonnes sources.
  12. Oui si les conditions sont réunies: leur philosophie stratégique ne rechigne pas au frontal/brutal/direct, mais si et seulement si cela se fait au moindre coût et avec de fortes probabilités de réussite, là où la philosophie occidentale cherche à tout mettre en oeuvre pour rechercher un affrontement direct le plus rapide possible pour obtenir la décision. Pour caricaturer les 2 approches par l'absurde: les occidentaux feront tout pour précipiter une bataille décisive et maximiseront leurs chances en espérant qu'elle soit réellement décisive, quitte à se faire des illusions dessus, les Chinois délaieront et attendront le moment où agir indéfiniment, quitte à ne jamais agir en définitive et à consacrer leurs efforts à des stratégies et tactiques latérales qui peuvent ne jamais porter leurs fruits et amener les conditions de l'affrontement tel qu'ils pourraient l'accepter. Les occidentaux rêvent de la grande bataille finale qui arrive vite et qu'il faut aller chercher, les chinois rêvent du moment parfait pour agir sans effort. Evidemment, il s'agit là de "l'idéal absolu" et caricaturé des 2 philosophies.
  13. Primo: les batailles ne déterminent pas qui est un grand général, mais un grand "capitaine". Napoléon n'est pas tant considéré comme un génie militaire à cause des batailles qu'à cause des campagnes et, plus discutablement, de sa vision stratégique et de sa mise en oeuvre. Il se trouve que côté bataille, c'était aussi un grand capitaine. Hannibal a pensé, voulu, conçu et mis en pratique la guerre contre Rome, à un stade où les 2 puissances ne pouvaient plus coexister, ce qu'il a vu avant les autres. Il a modifié en partie les forces carthaginoises pour se faire l'outil qu'il voulait, a su préparer sa campagne et créer la surprise sans arrêt (aller direct sur Rome, passer par les Alpes....), garder l'initiative et maîtriser le tempo.... Et évidemment, comme capitaine en bataille, il était aussi au top vu ses victoires (pourquoi Cannes serait-elle un "accident"? Elle est pas la seule très décisive, et y'a pas d'autre chef carthaginois à cet endroit). Et c'est son propre camp qui lui a coupé les pattes. Après, faut aussi voir les statistiques Rome vs Carthage: Carthage a du numéraire, des bases, une flotte et du territoire, mais peu de population. Rome, à cette époque, c'est déjà un réservoir humain pouvant compter sur un bassin de recrutement d'environs 900 000h en âge de porter les armes! Ca laisse des réserves. Pour le volet normand, bien plus que Guillaume le Conquérant, un autre normand mériterait une place dans ce palmarès: Robert Guiscard. Fils d'un hobereau normand (la terrible famille des Hauteville), il a unifié militairement et politiquement (et pas tendrement) les petits domaines normands du sud de l'Italie et de Sicile dans le premier royaume de Sicile, assuré un trône solide contre les féodaux italiens et le pape, et mené campagne en Grèce contre l'Empire byzantin lui-même.... Et gagné! Le tout avec des moyens initialement inexistants, peu ou pas de terres, pas de lignage ou de relations.... De rien du tout, il est devenu roi, faiseur de rois et a dicté ses conditions au grand empire de l'époque (au XIème siècle, l'empire byzantin est revenu au top).
  14. Peut-être, peut-être pas: il n'y aurait pas eu de relâchement de l'attention portée au domaine militaire, les "dividendes de la paix", quoique plus tardifs en France qu'ailleurs, n'auraient pas été l'argument qui a complètement fait passer le budget militaire dans l'optique de la variable d'ajustement, le secteur industriel militaire aurait gardé des commandes plus importantes le maintenant nettement plus à flot, l'importance d'avoir 2 GAN n'aurait pas été si faible dans l'esprit des gouvernants....
  15. Naoléon aussi, ça n'en fait pas vraiment quelqu'un à côté de qui les historiens militaires passent. Hannibal a perdu parce que: - l'assemblée des suffètes à Carthage, bref l'élite dirigeante carthaginoise, est passée à ses adversaires politiques en cours de conflits, alors qu'il était déjà en italie, ralentissant son ravitaillement de plus en plus, empêchant l'envoi de renforts et de subsides pour remplacer ses pertes, choisissant de concentrer les efforts sur la défense de l'Espagne en théorie, mais fournissant trop peu pour ça aussi (l'Espagne étant la chasse gardée des Barca, la famille d'Hannibal) afin que le frère d'Hannibal y soit cantonné à une défensive sans gloire (mais il s'y fera trucider) - les Romains feront quelques mouvements intelligents en profitant du temps qu'hannibal a été forcé de leur laisser: stratégie fabienne, et mouvement sur l'Espagne - vers la fin, Hannibal a perdu sa cavalerie numide, achetée par les Romains, et qui a été l'élément décisif de la victoire romaine à Zama Scipion l'Africain était un général compétent, mais pas un grand génie militaire. C'est hannibal l'innovateur, le visionnaire couillu, celui qui initie et maîtrise l'échiquier. Mais comme Napoléon, il a eu des problèmes côté soutien, dans son propre camp, ET un adversaire aux plus vastes réserves.
  16. Si: Louis VIII, fils de Philippe Auguste. A débarqué en Angleterre et pris Londres avec une toute petite armée, et allait se faire couronner roi d'Angleterre quand la mort inopinée de Jean Sans Terre a retourné la majorité des barons anglais (enfin normands et angevins) contre lui. Il a finalement perdu (à 1 contre beaucoup) et a du rembarquer. Si Jean Sans Terre avait vécu quelques mois de plus, le coup aurait été fumant :lol:. Mais l'action de Guillaume le Conquérant n'en fait pas un génie, ou un visionnaire: un chef compétent et couillu oui, un chef qui avait aussi beaucoup de moyens aussi (le duché de Normandie à l'époque est très bien organisé), mais un génie militaire? Les statistiques étaient pas vraiment contre lui.
  17. Attention, topic pour les chenillards, les lourds, ceux qui z'aiment le rugissement des TRES gros engins et les effectifs façon vagues humaines.... Mais c'est en fait une question amusante: à quoi aurait pu ressembler l'armée française si son évolution avait été contraite, à partir de la fin des années 80, par le maintien d'un Pacte de Varsovie menaçant, tenant le coup, et pas hors compétition technologique, soit juste si l'URSS avait été un peu mieux gérée? Quels étaient les planifications pour les forces françaises à cette époque? Comment l'avenir était-il vu à l'ombre des méchants soviets? Un contingent maintenu sur une vocation lourde et une FAR se spécialisant plus dans l'action rapide outre-mer façon USMC? Un accroissement de l'alourdissement des forces pour donner un camarade de jeu au Leclerc arrivant dans ce contexte autour des 1000 chars initialement prévus?
  18. La question est de savoir ce que "meilleure" veut dire pour une armée. Tsahal est calibrée pour une tâche principale (défense contre une invasion classique), pour laquelle elle est très au point, et une secondaire qui tend à devenir dominante, la contre-insurrection dans les territoires occupés. En dehors de ça, elle est pas vraiment capable de faire grand-chose étant donné sa spécialisation. Tout son outillage, son format et son entraînement sont faits pour ces 2 missions et rien d'autre. Elle ne peut pas se projeter, n'a pas vraiment ni les personnels ni l'équipement ni les transports pour, n'est pas apte à gérer d'autres théâtres (ni entraînement, ni expérience, ni organisation, ni infrastructure, ni équipement).... Soit plein de trucs que d'autres armées savent faire et pas Tsahal. Donc "meilleure"? Ca veut dire quoi?
  19. Attention, ils ne parlent que des forces de combat en grandes unités constituées: une "army brigade", donc une Brigade Combat Team, suivant son type (infantry, heavy ou Stryker), fait entre 3300 et 3900 soldats point barre. Donc dire de 1 brigade à 3500h est une phrase redondante au mieux, conne au pire. Mais une unité de combat ne se soutient pas par elle-même, et qu'il n'y ait pas, ou une seule, grande unité de combat (brigade, division ou corps d'armée) ne veut pas dire "pas de troupes". Il n'y a plus de grandes unités de mêlée US en Irak depuis le retrait fait par Obama, il reste pourtant plus de 40 000 soldats US, cherchez l'erreur. De même en Corée, les Ricains n'ont pas de grande unité de mêlée, mais plus de 20 000h de l'Army pourtant, parce qu'il y a de quoi monter une armée qui laisse donc le matos et les formations d'encadrement et de soutien (EM d'armée, une brigade d'artillerie, du matos prépositionné, une brigade de soutien....). Ce sont les forces de combat auxquelles le commandement fait allusion: aujourd'hui, elles ne comptent pas 42 000 soldats US en Europe, vu qu'il n'y a que l'équivalent d'une division, soient 4 brigades, soit un maximum de 15 600h si toutes étaient des Stryker BCT, ce qui n'est pas le cas (seulement infantry et heavy en Europe, donc sans doute pas plus de 14 000h).
  20. Oui: - pour les chefs d'Etat/politiques suivant de près une situation, et particulièrement quand il s'agit d'une guerre à un seul front - pour les chefs opérationnels ayant de fait et/ou de jure une certaine autonomie d'action, par éloignement du commandement central/politique stratégique, que cet éloignement soit géographique et/ou du au gigantisme et à la complexité des dispositifs et des opérations, qui nécessitent à la fois une bonne compréhension de la stratégie et une capacité à prendre des décisions qui devraient venir du politique parce que l'armée en question ne peut se permettre de tout faire remonter vers le haut (le temps manque, il y a des limites....). Joukov, Ludendorff.... Ont été dans cette position. C'est tout le trip un peu vain de vouloir absolument circonscrire un "niveau opératif" trop cloisonné: le chef de théâtre a de facto des attributions de stratège et un qui prend une part de décision stratégique et politique. Rommel en Afrique n'a t-il pas eu aussi une telle position? Yamamoto et la politique/stratégie navale japonaise, vu la structure de pouvoir du régime de Tojo, où armée et flotte se regardaient en chiens de faïence, n'avait-il pas aussi une autonomie de décision et d'action? Les théâtres outre-mer sont ainsi souvent le lieu d'expression de chefs plus autonomes et pleins d'initiatives - pour les chefs opérationnels "de l'avant" (Kluck en 14, Gudérian en 40), ou ceux chargés d'une région (plus qu'une partie d'un front: une région occupée....), il y a une part de décision stratégique, que ce soit par des attributions plus larges qu'un simple commandement opérationnel, ou parce que dans un front très mobile, il y a toujours un moment où la prise de risque de niveau opératif/stratégique existe, et où l'initiative est possible et/ou "à tenter". - dans les structures d'un Etat, rien n'est monolithique, et il y a toujours des clans qui se confrontent, auxquels appartiennent des généraux se battant pour les commandements, chacun ayant des ambitions et des "visions" (même dans les régimes autoritaires); malgré le changement d'échelle des guerres du XXème siècle, c'est toujours la même chose que les puissants se querellant pour les commandements qu'un roi distribue en fonction d'une part de l'importance des soutiens/moyens de pression politique de tel ou tel, mais aussi de la pertinence de la "vision" portée par ce clan (faut-il attaquer? Si oui comment, où....). La stratégie n'est pas un domaine si cloisonné, et la moindre initiative, le moindre développement quel que soit son échelle peut être du à l'action d'un chef inspiré.... C'est pas le "caporal stratégique" quand même, mais y'a un peu de ça dans le principe. De fait, un chef d'une unité un peu conséquente qui a à la fois une vision d'ensemble plus poussée et l'occasion dont il sait profiter peut entrer dans la case de très grand chef, sans pour autant qu'il ait conquis un empire, l'important dans cett ordre d'idée étant qu'il ait des résultats dépassant le rôle que son commandement pourrait influencer.
  21. Justement, le but serait d'éviter ces côtés affectifs qui n'ont rien à voir avec une valeur dans l'absolu des généraux concernés: Murat peut soulever les affections, mais dire qu'il était un grand général, c'est plus qu'exagéré (comme Ney d'ailleurs), et de même pour Ulysse Grant qui n'avait rien, mais alors vraiment rien d'un très grand chef militaire (être "au niveau", "acceptable", "faire correctement son job", voire être "plutôt bon", c'est quelque chose qui existe aussi et représente un plus large effectif que les "grands" ou les "génies"). Que Patton ait été le meilleur chef opérationnel allié de la 2ème GM (discutable, mais fondé) n'en fait pas un des plus grands chefs de guerre de l'Histoire, et sûrement pas un "génie" militaire. Ou alors la définition est si large qu'il y aurait des milliers de génies militaires, et le terme n'aurait pas grande valeur. Les "génies" sont ceux qui se hissent au-dessus de leur époque, ne souffrent que peu de comparaisons, innovent, dominent, et qu'ils réussissent ou non (Napoléon, Hannibal, voire Charles XII), démontrent une nette supériorité de pensée, de conception, d'approche, de coup d'oeil, de leadership.... Pareil pour les "grands" généraux: faut pas galvauder les termes parce qu'un personnage amuse, inspire l'affection, ou détonne dans son paysage.
  22. Vacherie de problème, surtout combiné aux difficultés que connaissent toutes les espèces d'abeille: le "pays où coulent le lait et le miel" en prend plein sa mythologie :lol:!
  23. Je suis pas super fan des sujets "classement", étant donné l'impossibilité de comparer les sujets; néanmoins, un point important et potentiellement intéressant, étant donné que la guerre est AUSSI censée être en partie une science, c'est la définition de critères solides pour définir, quels que soient le lieu ou l'époque, un grand général. Le terme de "génie" est en cela différent, étant donné qu'il implique quelqu'un d'incroyable qui peut n'être pas le "meilleur", même de son époque et de son lieu, mais un innovateur dans au moins un domaine, quelqu'un qui voit plus grand, ou mieux, qui dépasse son temps d'une certaine façon. En cela, Shaka peut être justement pris comme exemple de génie militaire en ce qu'il a radicalement changé la façon de concevoir la guerre et la politique dans sa région du monde, et ce sans s'être inspiré d'exemples étrangers qu'il ne connaissait pas, mais en mettant par lui-même au point sa révolution militaire, et en l'utilisant en plus au service d'un projet. Moralement pas fréquentable, mais un personnage hors norme. Quels pourraient être les critères définissant un grand général en regardant d'un coup toute l'Histoire? Quand je vois souvent ce genre de classements mettre en avant 2-3 personnages de l'Antiquité (et occidentale seulement), quelques-uns de plus de l'époque classique, et massacrer sur les colonnes de noms des conflits récents et, dans une certaine mesure, du XIXème siècle, ça souligne surtout que les périodes récentes sont les mieux documentées, et/ou que ce sont celles qui intéressent quasiment exclusivement le public, mais pas qu'il s'agit d'un listage. Et ce encore plus parce qu'en plus de se focaliser sur les conflits récents, on y ajoute une dimension affective pour les événements et personnages plus particuliers sur lesquels on s'est documenté et auxquels on a pu s'attacher. Par exemple, surtout sur les forums anglophones, le nom de Robert E Lee apparaît souvent, avec Patton, dans le top ten des plus grands généraux de l'Histoire..... Sérieux faut pas déconner quand même! S'il fallait faire une liste des bons généraux (ou dans le cas de Patton, des bons généraux qui apparaissent encore plus comme tels parce qu'entourés de glandus), une vie ne suffirait pas. Exemple perso: je suis fana de l'amiral de Tourville, qui peut être raisonnablement considéré comme ayant du génie dans les circonstances de la France colbertienne, en tant que révolutionnaire dans tous les domaines de la guerre navale et de la politique navale de la France. Cependant, dans l'absolu, ses innovations ne sont pas non plus hallucinantes, et sa capacité en tant que chef de guerre le place dans la liste des bons, voire des très bons, mais pas comme des personnalités hors norme de toute l'Histoire militaire maritime. Juste que j'aime le style :lol:. "Le plus grand général est celui qui sait vaincre avec ce dont il dispose" selon Sun Tsu: ça pourrait déjà faire un critère solide, et à ce titre, Napoléon (en particulier avec l'armée d'Italie) et César (quel que soit le théâtre d'opération, surtout la Gaule dans les premières années, la situation à Alexandrie et la campagne grecque de la guerre civile) peuvent se placer en tête du palmarès. Mais Heni IV aussi pourrait y figurer à ce titre: il a conquis un royaume hostile quasiment sans soutien contre une armée toujours beaucoup plus nombreuse et mieux financée, avec des bases réduites, et dans le même temps contré une menace permanente de la première puissance européenne de l'époque, rétabli l'autorité royale battue en brèche et surtout en étant de religion différente. C'est pas du chauvinisme, c'est juste pour rappeler un fait étrangement passé au second plan dans l'historiographie: il a longtemps été vu comme un des grands capitaines (=chef de guerre opérationnel) de l'histoire, mais cette vision de lui a complètement disparu à partir du XIXème (au profit du chef politique et du "bon roi Henri"). Dans le même registre, Gustave Adolphe et Charles XII de Suède, ainsi que Frédéric II de Prusse comptent aussi parmi les démerdards de génie qui ont du et su faire avec des probas largement contre eux. Quels autres critères?
  24. Ces moyens sont devenus très commodes pour lutter contre des dictatures ou semi-dictatures (le régime de Ben Ali était/est plutôt une ploutocratie autoritaire qu'une dictature, faut se calmer sur les mots faciles) FRAGILES. Le pouvoir en Lybie est sans doute mieux installé et moins mûr pour tomber, faut pas croire que "l'élan populaire" et la mystique du ras le bol font les choses. Ben Ali est tombé parce que ses sous-fifres et autres "clans" internes au pouvoir ont du suffisamment se mettre d'accord pour le gicler, une fois qu'il est apparu comme faible: les manifestations n'ont pas été déloger les gouvernants, et n'ont aucune organisation. Le deal de ces régimes autoritaires, normalement, c'est "le développement, des droits plus ou moins limités, et les tarés religieux au placard". Mais ils deviennent souvent trop corrompus (par avidité et par nécessité: pour maintenir l'équilibre d'un tel pouvoir, beaucoup de parties en présence veulent une part, et deviennent gourmandes avec le temps), et sont surtout généralement très inefficaces, par le fait de cette corruption qui fait placer trop de gens en fonction de leur influence et des deals qu'ils apportent (et où ils se servent trop), et pas assez de gens qualifiés ayant derrière eux suffisamment d'appui pour initier de bons projets ET les mener à bien. Et ces régimes, en internes, sont très concurrentiels: beaucoup de temps et de moyens sont consacrés aux luttes et équilibres internes pour se tirer dans les pattes et prendre de plus larges parts de gâteau. Ca peut passer quand le pays est encore en primo-développement et que tout y est à faire, et quand il y a de "l'espace" économique pour développer des secteurs forts.... Seulement la Chine et quelques autres ont pris les espaces visés par le Maghreb, et le régime a pris le reste par le "coût" de son fonctionnement. Et le chantage aux pays étrangers façon "nous ou les barbus" ne marche plus si le "nous" n'est plus crédible.
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