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Le Mindef/Minarm - Successeurs - Nomination - bilan et actions
Tancrède a répondu à un(e) sujet de zx dans Economie et défense
Z'êtes vaches :lol:: soyez sûrs qu'il aurait pu trouver encore pire :P! De toute façon, le bureau du Bd St Germain est là pour offrir une infrastructure politique parisienne et un titre à son occupant, qui a juste quelques corvées en échange (présence à l'Assemblée quand sont vaguement évoquées les questions de défense -pas trop bouffeur d'agenda-, quelques voyages barbants où il joue les magnétophones pour tout répéter au patron, et quelques voyages pour la photo avec les pioupious). Le ministre de la Défense, le vrai, est à l'Elysée de toute façon. Qui croit qu'il y a eu un seul ministre de la Défense en France depuis..... Hernu? Y'a bien eu Chevènement, mais il a du faire brutalement le choix d'être soit ministre, soit un homme politique (un vrai, pas un poseur). -
Services secrets, forces spéciales et action clandestine du temps jadis
Tancrède a répondu à un(e) sujet de Tancrède dans Forces spéciales et clandestines
Joie toute personnelle, un bouquin sur l'histoire du renseignement romain est récemment paru; il s'ajoute aux chapitres épars sur le sujet dans ma bibliographie :P.... Très amusant à lire en conjonction avec la toute récente parution de la traduction française du dernier bouquin d'Edward Luttwak sur la "grande stratégie" de l'Empire Byzantin. Luttwak n'est pas un spécialiste d'histoire antique ou romaine et a dit beaucoup de bêtises sur le sujet, mais y a cependant apporté une expertise stratégique moderne qui manque souvent aux spécialistes et a permis de soulever des problèmes, de réenvisager certains points de vue et de repenser l'approche faite de l'histoire militaire et stratégique romaine. Utile et stimulant, mais à lire avec les pincettes vu que sa non expertise, salutaire d'un côté, lui fait aussi, de l'autre, utiliser des notions, des approches, des modes de pensées, des interprétations.... Qui ne peuvent pas avoir été dans le mode de pensée romain en particulier et antique en général, voire dans les capacités même des sociétés et puissances de l'époque. Complément sur les unités militaires de renseignement En fait il s'agit surtout d'une progression chronologique: comme dit dans le sujet sur l'armée romaine tardive, les forces militaires romaines n'ont jamais arrêté leur évolution (sauf en occident après Andrinople d'abord en 378, puis définitivement après la grande crise de 408-410 qui met irrévocablement en place le mécanisme de destruction de l'empire d'occident), et cette évolution s'est faite dans le sens d'un affinage permanent de la définition, d'une spécialisation/expertise accrue des unités dans un dispositif de plus en plus professionnel et nécessairement interarme, s'éloignant progressivement du modèle légionnaire semi-polyvalent, mais à niveau d'expertise dans chaque domaine (sauf le combat d'infanterie) somme toute limité en quantité (peu de spécialistes encadrant des groupes de légionnaires du rang temporairement détachés dans chaque job selon le besoin), et en qualité de prestation rendue à l'arrivée. Face à des adversaires sans cesse plus nombreux (nombre d'adversaires sur toutes les frontières, et effectifs de chaque adversaire), organisés, "pointus" (ils ont surtout appris des Romains) et agressifs, et dans un contexte où les ressources militaires étaient d'autant plus précieuses que leur poids relatif dans le PIB avait doublé pour un effectif global équivalent (dans les mêmes ordres de grandeur), Rome n'avait d'autre voie que celle de l'expertise plus poussée pour pratiquer une défense organisée avant tout selon le critère de l'économie des ressources, donc d'une meilleure capacité de renseignement et d'analyse pour employer la force, stratégiquement, là où rien d'autre ne pouvait être utilisé et, opérationnellement, dans les meilleures conditions avec des effectifs calculés au plus juste. Sur le plan tactique, de même, le dispositif interarme était plus sophistiqué et plus élaboré, autant pour là aussi pratiquer l'économie des ressources que pour aller au plus vites, faire au plus décisif le plus rapidement (augmentation de la puissance de feu, fin du duo pila-gladius pour la lance et la spatha, cavalerie plus nombreuse avec un élément de rupture très travaillé....). Côté renseignement, la spécialisation est donc dans les fait devenue aussi une réalité. Même si là encore, il faut éviter de trop réfléchir selon les nomenclatures actuelles, force est de constater qu'une division du travail de plus en plus précise, en même temps qu'un embryon de distinction entre les domaines politiques/stratégiques et militaire, entre renseignement, éclairage et reconnaissance, s'est fait jour. Non pas qu'elles ne devaient pas exister avant, mais la définition des tâches des unités dédiées, donc leur. entraînement, leurs qualifications.... Ont été affinées afin de répondre à ces impératifs opérationnels. Exploratores Désormais, sousle Bas Empire, ils sont l'unité de renseignement stratégique/opérationnel d'une région militaire (pour la défense) ou d'une armée en campagne (offensive, contre-attaque, rétorsion). Ils sont constitués en unités permanentes détachées des autres et ayant même statut: on compte ainsi des numeris (terme générique: traduire par "nombre", littéralement, mais entendre "unité") d'exploratores ayant l'appellation indifférente ou non de Légion (une légion du bas Empire, c'est autour du millier d'hommes) ou d'aile (300 à 400h), soit de l'infanterie ou de la cavalerie. Tous les pans de l'armée en ont: les Comitatenses Palatins et réguliers, et les Limitanei. Ces derniers, comme gardes-frontières, doivent en avoir au moins une dans chaque commandement militaire, afin de pratiquer l'observation permanente et d'avoir une capacité de "commando" dans l'incessante activité du limès (petits raids, harcèlement, raids romains punitifs/préventifs ou de pure rétorsion....). Mais leur job principal, c'est quand un conflit de plus grande ampleur revient, le renseignement stratégique: raids dans la profondeur, nomadisation, observation et flux d'infos vers l'arrière (pas d'émissions flash cryptées, pas de communications par satellite :lol:).... Ce sont de petites équipes qui vont chercher l'info importante en priorité (ça n'empêche pas de noter les points moins importants aperçus sur le chemin) et qui rendent compte directement au commandant d'armée ou de région militaire. Un nom qu'il faut connaître dans l'Histoire romaine du Bas Empire, c'est Ammien Marcellin, l'une des plus importantes sources d'info contemporaire sur l'armée et la stratégie romaine aux IIIème et IVème siècles. Militaire romain lui-même Ammien était un officier de haut rang (il a été du corps de Protectores Domestici qui sera évoqué plus tard) et un connaisseur de grande qualité ayant une certaine ampleur de vue. Il a lui-même, en tant qu'officier d'Etat-Major détaché pour coordonner de telles missions, effectué notamment une telle reconnaissance stratégique en 359 en territoire perse, joignant des réseaux d'agents (dont un haut fonctionnaire perse, satrape d'une région) et allant repérer les mouvements du principal corps d'armée perse dans ce qui allait être la campagne militaire terminée par la grande offensive de Julien l'Apostat en 361. L'ensemble de la chaîne du renseignement stratégique et des communications sécurisées est à l'oeuvre dans cette mission: Protectores Domestici, Exploratores et Agentes in Rebus (pour la transmission au commandement militaire régional et de lui à l'empereur). Speculatores Eux aussi sont mieux définis et spécialisés; évidemment, comme dans beaucoup de cas dans l'armée romaine -et comme c'est encore le cas dans les armées actuelles- le mot peut définir aussi bien une unité dédiée (les "vrais" porteurs du nom) qu'un autre type d'unité ou de personnel temporairement employé dans cette fonction. Prendre un fantassin de base et l'envoyer en reco en fait un éclaireur, voire un "opérateur renseignement" :lol:.... A Rome c'est tout pareil: prenez un troufion et enlevez lui ou non son uniforme, un barbare allié, un mercenaire voire même un civil, et envoyez le reconnaître le campement adverse ou la grande base logistique du mec d'en face avec le lieu de son EM, et vous le qualifiere de "speculator" ou "explorato" (selon la mission) dans votre rapport. Mais y'a quand même des permanents, les pros :lol:: et dans l'armée du Bas Empire et plus tard l'armée byzantine (sauf qu'ils ont converti le nom en grec et qua ça fait chier d'aller le retrouver :lol:), les speculatores, outre leurs anciennes besognes "internes" aux régions de garnison, sont désormais plus axés sur l'éclairage de l'armée, dans le cadre d'un partage des tâches plus affiné et pour lequel les unités sont plus spécifiquement préparées. Les speculatores sont donc des éclaireurs, et ils sont attachés à une troupe en mouvement ou une garnison locale, sans doute à un échelon plus bas que les exploratores qui sont les "long range recce", le 13ème RDP de chaque région ou armée . Les speculatores sont le 2ème Hussards :lol:: . Comme les exploratores, mais en unités plus petites et nettement plus nombreuses (généralement des sous-unités organiques à une légion ou un auxiliat), ils sont aussi bien cavaliers que fantassins: c'est la mission qui dicte. Donc leur job, c'est la reco opérationnelle dans un ordre de profondeur qui se mesure plus en temps qu'en distance (pas de GPS :P), et leur turf, c'est dans l'espace défini par le fenêtre de quelques jours entourant une armée ou une garnison. Donc eux, au max, ils doivent opérer dans la distance séparant leurs forces de l'ennemi d'un maximum d'une petite semaine dans le cas de très grandes armées dont, vu la superficie qu'elles occupent (surtout en ordre de marche), les approches couvrent de vastes distances. Quand la concentration est opérée ou qu'il s'agit d'une garnison, ils doivent être dans la zone des "3 à 4 jours" au maximum. Et encore le facteur temps: la reco opérationnelle c'est bien, mais il faut que le décideur en profite rapidement, donc ils entretiennent le flux d'info dans une boucle temporelle très courte et si possible continue. Parce que c'est toujours marrant de lire dans un bouquin que telle bataille a eu lieu tel jour et point barre: mais les chefs d'armée ne se donnent pas rendez-vous en un lieu et une heure donnée, des armées d'une certaine taille ne sont que très rarement prises par surprise totale (elles ont des "yeux et des oreilles dans toutes les directions") et elles cherchent toutes les 2 à avoir le meilleure terrain pour se battre à leur avantage.... Ca implique entre autres que le général qui voit un adversaire sur un bon terrain refusera généralement le combat, attendant son heure. Donc comment 2 armées arrivent-elles à se foutre sur la gueule dans de telles conditions, sauf si l'une des 2 est si désespérée ou si confiante qu'elle acceptera le combat dans n'importe quelle condition (en attaquant à tout prix ou en attendant où elle peut)? Pour que ces mastodontes faits de masses humaines en viennent à s'accoupler comme si elles cherchaient à perpétuer l'espèce, tout dépend de ce renseignement permanent dans la "bulle" proche qui entoure l'armée. A Rome, ce sont les speculatores qui entretiennent cette bulle, qui repèrent le terrain immédiatement à portée, les mouvements de l'ennemi, ses tentatives de diversion, les partis de reconnaissance ennemis avec lesquels ils peuvent éventuellement se fritter (entre professionnels, c'es pas pareil.... Presque de la courtoisie :lol:) ou essayer de les induire en erreur, quoique les speculatores évitent le combat, principalement parce qu'ils opèrent en très petits groupes, généralement autour de 3-4h (la cavalerie romaine fonctionne en logique ternaire), et qu'il doit sans cesse y en avoir au moins un faisant des va et vient entre l'observation et l'armée en marche (ils rendent compte à l'EM qui "traite" et hiérarchise l'info de ces mutliples petits groupes pour avoir une vision claire). Peut-être des équipes doubles: 3 observent pendant que 3 autres entretiennent le va et vient, ou alors les 2 équipes se relaient dans un secteur donné (pure spéculation, mais la contrainte de fraîcheur de l'info dans une fenêtre de temps de 2 à 3 jours entre 2 armées doit amener à ça). Mais quoiqu'il en soit, ce sont eux qui marquent une force adverse à la culotte. Surtout pour éviter les surprises. Les Procursatores, "ceux qui courent en avant" Dernier échelon pour une armée: eux s'occupent de la reconnaissance de combat. Ils opèrent par groupes plus importants d'infanterie ou de cavalerie qu'on qualifiera de "légères"; certaines unités semblent avoir été spécialisées dans la chose, mais il est plus probable qu'il s'agit plus génériquement d'un emploi d'unités légères que d'une spécialité unique et permanente d'une partie de la cavalerie. Typiquement, les unités d'archers et javeliniers montés passent beaucoup de temps dans de telles fonctions. Eux ne se cachent pas, sont toujours en uniforme, sont toujours en sous-unités ou unités organiques, et doivent rester assez proches de l'armée dont ils défendent les approches autant qu'ils la renseignent sur ses abords immédiats, dans un flux réellement d'information; sans doute pas au-delà d'une trentaine de kilomètres pour les cavaliers, soit la moyenne d'une journée de bonne progression pour une armée en mouvement. Leur renseignement arrive vite et périme vite; il est donc fait pour l'exploitation immédiate. Reconnaissance d'itinéraires qu'ils sécurisent, localisation des éléments ou forces ennemies dans le voisinage immédiat, suivi des mouvements dans cette "proche banlieue" de l'armée, compte rendu des moindres concentrations qui s'opèrent à proximité, sécurisation des sites de campement, repérage d'un mouvement brutal de l'ennemi (exemple en 363 en Perse: un pont de bateau rapidement jeté par un corps perse pour tenter un encerclement).... Les forces légères ainsi employées en effectifs important autour de l'armée forment un maillage serré autour des forces lourdes, de mêlée, mais surtout des EM et du bagage de l'armée, sa logistique (où il y a l'appro, l'équipement, et les affaires personnelles de soldats, y compris leur butin: quand cela est touché par l'adversaire, une armée antique perd souvent le moral et se débande). Contrairement aux exploratores et speculatores, les procusatores recherchent assez aisément le combat, évidemment surtout contre leurs homologues: la saisie d'objectifs, le fixage de forces adverses (et de leur attention pour opérer des diversions), jouer les flancs-gardes, mais surtout la neutralisation de la reco adverse font partie de leur coeur de métier, soit qu'ils recherchent ce contact soit qu'il survienne dans un combat de rencontre fortuite, fréquent surtout sur le théâtre européen, danubien et rhénan, très boisé, où personne ne se voit venir de très loin. Ces combats doivent aller vite et ne pas se prolonger, donc ces unités décrochent facilement, même d'un combat bien engagé s'il risque de durer, afin de ne pas en faire le début d'une bataille (chacun envoyant des renforts au fur et à mesure): il arrive que des commentateurs taxent ces unités de lâcheté, quand il s'agit bien plus souvent d'un mode d'action focalisé sur la reconnaissance, la préservation des forces et le "hit and run" à moindre coût: dans l'esprit du commandement, le soldat romain est cher et peu rapidement remplaçable, et le combat ne doit se pratiquer QUE quand et où il l'a choisi, avec les meilleures probabilités de l'emporter (ce qui heurte souvent les commentateurs non militaires, mais aussi certains peuples, voire unités romaines "ethniques" à mentalité plus guerrières que militaires). En territoire adverse, il peut ainsi y avoir l'équivalent de 5% de l'armée en permanence répartis autour de la force principale, ou plutôt de chaque échelon (avant-garde, centre et arrière-garde qui deviennent souvent en bataille aile gauche, centre et aile droite) qui a ainsi son propre "filet" protecteur. Avec les relèves pour assurer la permanence, cela peut ainsi représenter jusqu'à 10% d'une armée en mouvement dédiés à cette tâche. Superuentores, Praeuntores, Insidiatores "Voltigeurs", "Eclaireurs" et "Spécialistes de l'embuscade" Il s'agit là plus de petits groupements dédiés à la guerre d'embuscade, à la guérilla, aux accrochages constants avec les divers adversaires qui sévissent sur les frontières: Germains, Celtes, Sarmates, Daces, Bulgares et autres sur le Rhin et le Danube, Perses, Caucasiens et Sarrasins en Orient, nomades, bédouins, Berbères et Maures en Afrique. Ces unités là sont plus spécifiques aux Limatanei ("l'armée des frontières") qu'aux Comitatenses ("troupes d'intervention", plus faites pour la bataille); Elles servent pour la connaissance des abords de la frontière (en permanence), la patrouille, l'éclairage des postes fixes, les raids, l'embuscade, la guérilla continue.... Elles opèrent donc surtout en petits groupes et sont peu formées au combat en vastes unités. Les troupes légères des Comitatenses ne sont pas étrangères à ce mode de combat (voir plus haut), mais on une plus forte dimension pour le combat en ligne (mais le soldat romain reste polyvalent, surtout dans les troupes "à haute valeur ajoutée"). -
Rôôô, juste un peu :lol:... Histoire de comprendre: ils sont censés avoir plus d'entraînement que leurs adversaires, un équipement plus abondant et meilleur, une organisation plus au point, plus de log et d'appro, un certain niveau de motivation et de cohésion et surtout tout les multiplicateurs de forces tactiques imaginables (véhicules, coordination, moyens de rens en temps réel, appuis à tous niveaux....), donc les voir qualifiés de "mauvais" dans l'absolu dans un commentaire, ça fait quand même son petit choc. L'intégration complète interarme à niveau bataillonnaire, avec les moyens de génie assaut est vantée partout, de même que le blindage de l'infanterie pour les progressions longues.... Et le bilan global, c'est "mauvais"? Mauvais au regard des moyens, ou mauvais, comme dans "mauvais" tout court? Ils manoeuvrent comme des tanches beurrées? Ils tirent comme des patates afghanes? Ils se déclarent "wounded in action" quand un ongle est rogné? Ils fatiguent passé 10 minutes sous le cagnard? Ils se tirent les uns sur les autres? Ils réclament l'appui d'une escadrille complète de F-16 et d'un régiment d'Apaches quand un berger leur crache dessus? Ils osent pas sauter par dessus une haie parce que ça pourrait être dangereux et provoquer des pertes inacceptables? C'est plutôt ces trucs-là que "mauvais" évoque....
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Services secrets, forces spéciales et action clandestine du temps jadis
Tancrède a répondu à un(e) sujet de Tancrède dans Forces spéciales et clandestines
Les Frumentaires ont disparu bien avant la période byzantine, en fait avant la (re) fondation de Constantinople et son érection comme seconde capitale: c'est Dioclétien (règne de 284 à 305, d'abord seul puis comme empereur d'orient après qu'il eut introduit la tétrarchie) qui doit abolir le service.... Mais évidemment abolir les Frumentarii, surtout par nécessité politique (ce qui vaut à Dioclétien une solide popularité), ce n'est pas supprimer le besoin de leurs services: sans même un temps de transition, l'empereur a besoin de courriers discrets et de confiance pour sa correspondance sensible (extérieure comme intérieure), de messagers oraux pour ne pas laisser de trace écrite, de missi dominici en tous genres, de canaux de transmission et d'information sécurisés et moins vulnérables aux parasitages politiques et administratifs, d'un réseau d'information parallèle à celui des gouverneurs de provinces, de moyens d'action discrets, d'ambassadeurs informels.... Bref, d'un service secret qui LUI rende ses comptes et ne soit pas au service de, ou biaisé par, les autres pôles de pouvoir internes à l'Empire. Situation lors de la dissolution des Frumentarii Rude tâche, surtout que sitôt les frumentaires supprimés, et même dans l'heure qui suit l'acte, le besoin est là: les lettres sensibles doivent partir et arriver, le business continue et c'est un business qui ne marche bien que dans une continuité totale. Et ce d'autant plus que dans la grande reprise en main de l'Empire par Dioclétien après la "Grande Crise du IIIème siècle", l'Empire s'est administrativement complexifié, notamment via la création des diocèses (pas un terme religieux, attention), soit la subdivision des provinces existantes en 2 à 4 nouvelles provinces, et ce avant tout afin de limiter la puissance des gouverneurs potentiellement séditieux, mais aussi pour mieux administrer un empire qui a subi une perte économique et démographique sensible au cours du siècle, et un fort accroissement de ses besoins militaires, si bien que le budget de l'armée (75% du budget impérial) a du passer, selon les estimations, de 2-2,5% du PIB romain sous le Principiat à pas loin de 4,5-5% sous la Tétrarchie, pour un effectif relativement équivalent. L'empire, et avant tout sa défense, ne peut avec ces ressources d'autant plus comptées qu'elles pèsent en relatif 2 fois plus, se doit avant tout d'être réactif et pro-actif, donc d'avoir un "système nerveux" et des moyens d'observation, d'évaluation et d'analyse développés et performants (des adversaires ET de soi: connaissance du territoire et de sa géo-économie, de sa démographie, de sa fiscalité.... Et de ses intrigues). Le besoin était là avant, mais à moyens plus chers pour une capacité équivalente dans l'absolu et moindre en relatif (adversaires plus forts et plus nombreux à partir du IIIème siècle), le besoin de rapidité et de fiabilité de l'information et de "l'analyse stratégique" (éviter le thème de "L'empire romain avait-il une stratégie": les historiens se déchirent là-dessus :lol:), ce besoin donc est démultiplié.... Et il n'y a pas de technologie pour créer un différentiel très sensible, seulement de l'organisation, de la formation, de la réflexion et des moyens. Les remplaçants: les Agentes in Rebus Nom fumeux par excellence! Cela se traduit littéralement par "ceux qui s'occupent des affaires" :P, et plus prosaïquement par "les chargés d'affaires".... Ce qui est en fait très juste :lol:! Contexte L'Empire se remet de sa grande crise, et cela passe avant tout par un autre contexte impérial, processus de réorganisation et de changement de la culture d'Etat qui trouvera son aboutissement sous Constantin: - L'Etat a changé, tourné vers une centralisation accrue et une vraie conception plus purement "étatique" (au sens moderne) et autocratique, processus achevé par l'imposition de la religion chrétienne pour l'Empereur sous Constantin qui achèvera le modèle dit du "césaro-papisme". Cette période est celle dite du "Dominat", sorte de despotisme éclairé pour ce qui est de la forme du gouvernement (ne pas entendre le mot comme actuellement). - centralisation et lutte contre les divisions internes impliquent un fort dualisme dans l'administration: il y a les grands services administratifs et militaires impériaux, et le développement d'une administration propre à l'empereur, une qu'il peut consulter facilement et directement, sorte de "bureaux de veille, supervision et d'inspection" lui permettant d'avoir un contrôle plus serré sur l'immense masse de l'administration impériale et de sa structure géographique nécessairement éclatée. Appelons ça l'administration du Palais - les élites sénatoriales sont désormais interdites du métier des armes (trop de soulèvements et empereurs auto-proclamés chez ces gens trop puissants), et un gouverneur de province est désormais un administrateur purement civil, avec qui coexiste un gouverneur militaire rendant compte directement à l'empereur, ce qui fait qu'existent désormais 2 élites: une civile (politique, économique, administrative, provinciale/territoriale et centrale) et une militaire avec aussi, graduellement, une distinction entre une provinciale et une centrale/impériale (en fait, c'est un processus similaire qui voit le développement de la caste des samuraïs au Japon). Les empereurs depuis le IIIème siècle sont par ailleurs, et bien plus qu'avant, des soldats, dans un régime qui s'est clairement militarisé, l'empereur étant souvent en campagne. Dioclétien en est l'incarnation même, et avec lui, au sein de cet establishment militaire, c'est l'ascension des illyriens et panonniens (bref, issus de l'est des Balkans), très fortement représentés dans l'armée. - l'armée a changé de modèle en grand (cf sujet sur l'armée romaine tardive), et avant tout son organisation territoriale et sa structure de commandement et d'organisation - témoin de ce changement militaire, en haut de la pyramide, les unités des Schola Palatinae, remplaçantes des Prétoriens et coeur de la force constamment sous le contrôle direct de l'Empereur: garde, réserve ultime et unité d'élite de l'élite, "main d'oeuvre" spéciale.... C'est bien ce qu'elles sont Naissance C'est là qu'arrive le nouveau service, qui est dès le début une "Schola" pour ce qui est de sa forme d'organisation. Ce terme de "Schola" ne veut pas alors dire "école" comme nous le comprenons: il évoque plutôt les groupes qui "tiennent à" l'empereur, qui sont afférents à sa personne ou à sa fonction.... Cela veut dire donc à la fois des "services" ou des "bureaux", ou des unités. Le sens est par extension aussi architectural: sont baptisés scholas les bâtiments, dépendances, ailes ou alcôves où un service ou une unité de "sholas" sont en exercice ou en garnison. Dans l'usage, les Schola Palatinae, les unités d'élite de l'empereur qui succèdent aux Prétoriens sous Constantin, ont une présence écrasante quand le terme est évoqué, mais elles ne sont en fait pas les seules scholas. Difficile d'avoir une genèse exacte du service, mais vu que la continuité du business de l'empereur a du être assurée sans transition, il est probable que ses composantes existaient comme services administratifs dans les services du Palais, nécessairement plus remplis de gens de confiance avec qui l'empereur traite plus directement. Et il est plus que probable que nombre des personnels des Frumentaires ont tout simplement switché d'un service à l'autre: la dissolution de leur service n'a pas voulu dire l'élimination physique ou la retraite anticipée pour l'essentiel de leurs effectifs. Une bonne partie a du être assignée au service des gouverneurs civils et militaires dans leurs provinces d'installation qui avaient toujours besoin de leur intendance, de leur "cellule renseignement", surtout pour la surveillance de l'ennemi, de leur maîtrise des dossiers économiques, fiscaux, démographiques, logistiques.... Dans chaque province (d'autant plus que leur nombre a triplé ou quadruplé, donc accru le nombre de gouvernorats). Mais les "itinérants" et ceux des administrations centrales ont du gicler directement dans les nouvelles structures que Dioclétien a discrètement mis en place sans doute sous le couvert de réorganisations internes de ses bureaux. Le tout chapeauté par le Maître des Offices (voir plus haut), son "chef de cabinet", dont l'office, émanation directe de l'empereur, cherche à supplanter la puissance des préfets du prétoire dans le grand mouvement de centralisation en cours. Sous Dioclétien, la chose a du être très discrète malgré la puissance personnelle de Dioclétien) eu égard à la puissance encore terrible du Préfet du Prétoire qui garde encore les Cohortes Prétoriennes (autour de 12 000h peut-être).... Si bien que la première mention écrite des Agentes in Rebus ne date que du règne de Constantin (306-337, mais il n'a réellement la prééminence qu'à partir de 312, et la maîtrise totale de l'empire à partir de 324), après qu'il ait supprimé les Prétoriens et abaissé définitivement le préfet du prétoire (après 312). Les Agentes Difficile de définir leurs attributions selon nos crtères. Mais de facto, ils correspondent à une autre division du travail au sein des services impériaux, même pour le resneignement: le renseignement opérationnel et stratégique via des speculatores et exploratores est du ressort des gouverneurs militaires de province (mais l'empereur peut les shunter s'il le veut et commanditer des missions, notamment via des Agente In Rebus), et de facto, l'évolution de l'armée avec des unités de Limitanei massivement implantés aux frontières et quasiment uniquement faites d'infanterie et de cavalerie légère opérant, en civil ou en uniforme pour leurs éléments reco/rens/commandos/"spéciaux", cette évolution, donc a développé cette capacité, dans le sens du besoin accru de voir venir de plus loin. Mais l'empereur a et veut des moyens en propre, avant tout pour ne pas être débordé, vaincu par la taille de son propre appareil d'Etat plus encore que par un général ou un gouverneur ambitieux. Les Agentes, pour cette tâche, sont donc le haut de la pyramide, des envoyés directs de l'empereur qui ont virtuellement accès à tout domaine, une autorité venant directement du grand patron, et une totale immunité juridique! Formellement, ils sont une schola de fonctionnaires dont le statut est militaire (assimilé à une unité de cavalerie légère avec des rangs militaires venant de ce type d'unités pour les hiérarchiser), et hors de l'empereur ou du maître des offices, ils n'ont de comptes à rendre à PERSONNE. C'est dire le degré de confiance, l'autorité, les moyens et le degré de sélection qui devaient entourer leur charge. Leurs carrières et promotions sont directement gérées par l'empereur et le maître des offices. Qu'est-ce qu'ils foutent? Comme les membres de l'administration du palais et les soldats des scholas, ils sont le top du top: ils inspectent, ils centralisent, ils vérifient.... Afin que l'empereur ait une bonne information sur tout: sur son propre empire, sur les forces qui l'animent, sur la réalité des rapports, sur les alliés, sur les territoires ennemis et les ennemis eux-mêmes. Et font en sorte que l'empereur ait une info vérifiée, qu'elle soit quantitativement gérable et qu'elle puisse être acheminée de lui et vers lui en toute sécurité. Cela fait d'eux des touches à tout: - des inspecteurs d'administration et de finances, des comptabilités des provinces comme de l'administration centrale.... Pour veiller à ce que les données soient à jour pour l'économie, donc les revenus impériaux, contrôler la corruption et la gruge, veiller à l'application des décisions impériales.... - des "commissaires politiques" :lol: allant dans les provinces, inspectant les documents et les territoires, entretenant des réseaux d'informateurs, se tenant au courant des intrigues locales... Pour "prendre la température" politique d'un endroit - le contrôle aussi des gouverneurs militaires et de leur organisation, elle aussi un secteur où la fraude, la corruption, la mauvaise dépense, les rapports truqués ou bâclés.... Mais aussi les complots, les grognes.... Sévissent en masse - des courriers de confiance pour que le flux de cette info soit continu, mais aussi pour transporter les courriers, correspondances et ordres impériaux les plus sensibles et confidentiels - des inspecteurs des services "impériaux" (par opposition aux locaux), et avant tout le réseau routier et le système postal (cursus publicus), le système nerveux de l'empire et le démultiplicateur de sa puissance nominale. L'Anone militaire, le service d'intendance et de logistique impériale (entretien de l'armée, flux d'unités et d'approvisionnements vi les routes, canaux et voies maritimes, réserves stratégiques pour des campagnes et pour "acheter" des peuples belliqueux), en dépend éminemment. Donc l'entretien de la voirie et des ports, des relais de poste et navires impériaux, les contrats avec les opérateurs privés qui opèrent ces services (armateurs, aubergistes....) sont de leur ressort - des inspecteurs et superviseurs de certains travaux réclamant une attention particulière: pont ou route stratégique, fortification importante, projet "politiquement" important.... - des hommes de confiance pour des missions "hors cadres": envoyés personnels de l'empereur et ambassadeurs extraordinaires si besoin est, ils peuvent négocier, intimider, rencontrer discrètement.... des puissants de l'empire ou des potentats étrangers - pour toutes ces tâches, ils sont chargés de rapporter tout ce qu'ils voient et observent, et d'acquérir du renseignement le plus près possible de la source: en très grande majorité, ils traitent du renseignement venant d'administrations, services, commandements.... Soit de la seconde main au moins. Ils doivent s'assurer qu'il est fiable, ce qui implique, outre l'inspection, d'avoir leurs réseaux, et d'aller fureter eux-mêmes, pour vérifier une info ou approfondir un sujet qui leur semble digne d'intérêt - leur métier n'était pas sans action et aspects "exécutifs": souvent ciblés, et inatteignables juridiquement, leur élimination physique pouvait être à l'ordre du jour. Mais surtout, ils étaient en charge de l'arrestation des très hauts fonctionnaires et gouverneurs de province fautifs, de veiller à ce qu'un exilé quitte bien le territoire. Pour toutes ces missions, ils peuvent opérer ouvertement, en uniforme ou en civil, ou bien sous couverture (généralement comme fonctionnaire d'une administration ou soldats d'une unité). Certains d'entre eux, les Curiosi (une branche à part ou une appellation pour certaines de leurs activités), ont même eu la réputation d'être une vraie police politique. Un indicatif de leurs effectifs (qui ont eu tendance à l'inflation) pour l'Empire d'Orient, daté de 430 sous le règne de l'empereur Léon: - 1248 membres, compte non tenu de leur "administration", qui doit être celle du Maître des Offices - décomposés, par ordre de grade (grades de cavalerie) croissant, en 450 cavaliers (equites), 300 circiteurs (circitores), 250 biarques (biarchi), 200 centeniers (centenarii) et 48 ducénaires (ducenarii) Ils ne sont pas seuls: les Schola Palatinae, les Protectores Domestici, les Candidati Et toujours les exploratres et speculatores, la particularité du Bas Empire étant, outre les effectifs organiques aux unités constituées, d'avoir eu des régiments spécifiques dont il est probable qu'ils aient poussé la spécialisation un cran plus loin, opérant comme "pôle de renseignement" d'une région militaire donnée, donc s'attachant plus au renseignement stratégique: ces corps constitués d'exploratores, ancêtres du 2ème Hussards et du 13ème RDP :lol:? Au prochain numéro.... -
Ne mets pas l'Histoire au défi de la connerie :lol:: y'a la guerre de Troie, parce que 3 déesses se crêpaient le chignon pour savoir qui était la plus canon :P :lol:.... Mais plus près, il y a la "Guerre de la Pâtisserie" (france-Mexique) et la "Guerre de l'oreille de Jenkins" (Angleterre-Espagne).... Tu trouves plus con? Y'a sûrement :lol:! La capture des 2 soldats était-elle la cause ou le prétexte ;)? Ben oui, mais c'est ça une contrainte qui limite les possibilités: ni carpet bombing massif, ni unités de "nettoyage", ni indifférence aux dégâts qui ont, même s'il n'est pas exactement quantifiable, toujours un plafond plus ou moins déterminé..... A la question "jusqu'où ne pas aller trop loin", la réponse est bien plus restreinte qu'avant. C'est comme ça et pas que pour des raisons de morale dans l'absolu, mais bien de "productivité" tactique ou stratégique. Vu son degré d'urbanisation, Israël peut plus faire ça par rapport à la "grande époque" où les Kibboutzim omniprésents apprenaient à faire le coup de feu dès la barboteuse. Mais le point d'une armée conventionnelle faisant ça, c'est si l'adversaire est tellement plus maousse et fort que seule l'attrition et la dilution d'un dispositif peut lui provoquer des pertes sensibles, assez pour le dissuader. Israël dans sa situation -et sa superficie- a nettement plus intérêt à une armée portant le conflit chez le voisin et emportant la décision rapidement.... Mais face à des guérillas de plus en plus professionnelle, et avec toujours le spectre de la guerre "classique" contre un ou plusieurs adversaires étatiques (même si c'est plus très probable, ça reste un danger, et c'est un savoir-faire qui se perd vite et se regagne lentement), Israël est dans une impasse tactique à moins d'avoir soudain assez de monde et de fric pour faire les 2 à la fois, correctement ET dans des quantités suffisantes.
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Services secrets, forces spéciales et action clandestine du temps jadis
Tancrède a répondu à un(e) sujet de Tancrède dans Forces spéciales et clandestines
Merci pour la pommade :lol:.... Mais -je vois évidemment pas ça de "l'extérieur"- y'a pas des trucs qui interpellent, qui semblent pas forcément logiques, contestables ou critiquables? La matière brute historique est ce qu'elle est, mais le reste est le plus souvent tiré de cogitations perso, parfois TRES capillotractées? Pas forcément besoin de connaissances sur un sujet précis pour que les logiques n'apparaissent pas vu qu'après tout, elles sont similaires, ou à tout le moins comparables, à celles de notre époque.... Pour compléter sur D'Artagnan: un détail que j'ai oublié est que les mousquetaires recrutaient surtout du Gascon pour une raison simple.... Comme les cafés "vin et charbon" de Paris, colonisés par les Auvergnats et Aveyronnais pour aboutir au quasi monopole actuel des limonadiers par ces anciens "lobbies" (et les Corses dans les cabinets d'avocats d'affaires :lol:), certaines unités étaient littéralement tapissées de Gascons, le plus souvent cadets de famille sans grand avenir dans une région fertile en gamins batailleurs et braillards, et pas en grand chose d'autre. Depuis l'unité des "Quarante Cinq" levée par le Duc d'Epernon pour protéger Henri III (encore un "service action": voir leur élimination du Duc de Guise, dit "le Balafré", et de son frangin cardinal, dit "le grand putier" :lol:), les Gascons s'étaient établis à Paris avec une bonne petite place dans l'intimité du roi et de quelques grands.... Bref, ils avaient convertis leurs portées de cadets castagneurs en capital économique, en en faisant un réseau d'amitiés aristocratiques (de la particule et pas de pécule, en général) qui non seulement s'entraidait (la "lettre" du père de d'Artagnan au capitaine de Tréville -encore un Gascon- dans le roman: c'est bien plus qu'une lettre de recommandation actuelle), mais surtout constituait un vrai "réseau" de clientèle et de confiance qui leur a valu leur place dans certaines unités, Mousquetaires en tête. En fait plusieurs réseaux: les Gardes du Cardinal, qui se fritaient avec les mousquetaires avant de devenir mousquetaires eux-mêmes.... Etaient bien souvent eux aussi des Gascons pur jus :lol:. C'est le Duc d'Epernon qui a en quelque sorte "donné" cette clientèle (issue de son gouvernorat) à la couronne, clientèle convertie en vivier de recrutement préférentiel, et avant tout pour les "affaires" discrètes. Bref, ces recrutements ne fonctionnent pas au hasard, mais aux connaissances familiales et amicales de la petite aristocratie gasconne.... Les vrais Athos (Armand de Sillègues d'Atos), Porthos (Isaac de Porthau), Aramis (Henri D'Aramitz) et le capitaine de Tréville (dont d'Artagnan put racheter la charge de capitaine) étaient, à un degré ou à un autre, tous des cousins de d'Artagnan. -
Services secrets, forces spéciales et action clandestine du temps jadis
Tancrède a répondu à un(e) sujet de Tancrède dans Forces spéciales et clandestines
Exemple d'un opérateur de forces spéciales et "agent", peut-être LE PLUS CONNU AU MONDE, même si pas en tant que tel, qui "appartenait" à un réseau personnel avant "d'être" au Roi, malgré son appartenance formelle à une unité de combat régulière et royale (cad pas d'un régiment levé par un aristocrate ayant acheté sa charge et donc la propriété formelle de l'unité): D'Artagnan :lol:(Charles de Batz de Castelmore, chevalier puis Comte d'Artagnan)! En tant que membre, puis officier, de la Compagnie des Mousquetaires du Roi (ex-compagnie de Chevau-Légers d'un des Régiments de Cavalerie de la Maison du Roi), il était un cavalier et fantassin d'élite, chargé de missions d'assaut et "commandos" au sein d'une compagnie indépendante dont la qualité la plaçait comme premier vivier de personnels pour des missions délicates. Mais surtout, comme factotum de Mazarin, il fut un agent secret et un opérateur de forces spéciales. Devenu capitaine des mousquetaires gris (à la mort de Richelieu, ses Gardes deviennent les mousquetaires noirs, les Mousquetaires du Roi deviennent les Mousquetaires Gris), il garde cette double casquette, d'abord au service de Mazarin comme agent personnel, ensuite au service du Roi. Homme de confiance, espion, commando, opérateur "spécial", soldat d'élite dans un ordre de bataille normal.... Le vrai d'Artagnan n'a rien à envier à son personnage. -
C'est précisément au nom de ça, il me semble, que Van Creveld pense quand même l'opération comme une victoire, en ce que le résultat est une accalmie notable de l'activité du hezbollah au Sud liban, du moins dans sa dimension propre à atteindre des cibles israéliennes; certes pas quelque chose d'éternel, mais néanmoins obtenu, et en cela c'est un résultat. Evidemment, c'est discutable et ça pose plusieurs questions: - ce résultat de "calme obtenu" est-il si réel? - à quelle échéance faudra t-il remettre ça? - est-ce "stratégiquement rentable" d'avoir à mener régulièrement des opérations de cette ampleur et de ce coût pour un résultat temporaire? Si oui, jusqu'à quel niveau de dépense? Pour le point de vue purement tactique, les pertes du Hezbo en personnels qualifiés peuvent être vus de 2 façons à la fois: elles sont sensibles et ont réellement fait mal à la capacité de combat de l'organisation, mais le soutien de l'Iran et le nombre de volontaires (donc la sélection qui peut en être faite afin d'avoir de bonnes recrues) permettent de recomposer cette capacité à une échéance donnée. Mais surtout, les limites israéliennes n'ont-elles pas aussi tenu à une forte contrainte de ne pas faire trop de dégâts: le bilan est lourd sur les civils et les infrastructures, mais si Tsahal avait opéré sans restriction, à quoi ça aurait ressemblé? Ca revient là à poser des questions de doctrines, et avant tout l'airpower et la primauté d'une conception avant tout fondée sur la seule "grande guerre": Tsahal maintient une capacité à celle-ci AVANT TOUTE AUTRE CHOSE, ce qui limite fortement sa capacité à avoir un "double" savoir-faire pour les opérations de plus petite ampleur, et au niveau des unités de combat terrestres, cette limite est la plus évidente: pas de double savoir-faire réel, et c'est certainement pas avec une armée de conscription qu'il est possible de développer cette polyvalence. C'est donc bien la question posée: mener ces "petites" guerres implique aussi une stratégie, des contraintes, des objectifs et un bilan à faire en terme de "coûts-avantages", et ce bilan n'obéit pas aux mêmes règles que celui de la "grande guerre" qui elle peut impliquer la destruction totale en se foutant des conséquences; seulement ce raisonnement est impossible dans le contexte actuel, car trop porteur de conséquences contre-productives. Donc à cet égard, Tsahal ne semble pas un outil stratégique pertinent, et semble en plus s'orienter vers une faible "rentabilité stratégique" vu le coût de telles opérations. En fait la question était plus terre à terre: l'infanterie israélienne a t-elle failli concrètement? Bref, a t-elle été mauvaise?
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A noter quand même que l'échec israélien ne se constate pas en pertes significatives, en matériel (essentiel des chars remis en état, et assez vite) et surtout en hommes, la politique d'équipement et de tactique de Tsahal à cet égard limitant la casse au point qu'il est possible de dire que tout échec israélien est très relatif qui n'entraîne pas de pertes conséquentes, c'est-à-dire qui n'impacte pas la capacité israélienne à combattre: "he who fights and runs away will live to fight another day" ;) :lol:.... Donc même s'il y a foirade pour imposer sa volonté et atteindre des buts de guerre quels qu'ils soient, l'absence de vraies pertes impactantes rend tout échec très relatif. En d'autre temps, on aurait dit un échec tactique: le terrain reste aux mains du Hezbo, mais il n'y a rien de si décisif. De plus, faut-il être si catégorique en disant "l'infanterie israélienne a subi et failli"? Pure question, je ne connais pas assez le détail des opérations: l'échec est-il si catégorique, unilatéralement décrétable?
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Pas trop dans le sujet, mais pas complètement hors du sujet non plus, surtout par le lien possible avec l'antériorité de la question qui s'est posée en 1776-1778 ;).... Et puis j'ai du temps aujourd'hui, cette putain de pluie a foutu en l'air mes plans de la journée =( :lol: (puis avec la séance de Krav Maga de ce matin, chuis un peu tout cassé :-[).... Evidemment qu'il y avait un fort anti-catholicisme dans une partie de la population américaine, mais une partie seulement: c'est déjà une société vaste et complexe, aux forts déchirements politiques. Y'a de l'espace pour gérer une minorité catholique, surtout si, en cas de ralliement du Québec aux jeunes USA, cette minorité arrivait dans son propre territoire et non comme minorité dans les Etats US existants. Alors côté extrêmistes US, tu trouveras les ancêtres en droite ligne du Ku Klux Klan et de cette frange d'opinion US qui porte en toile de fond le mépris de tout ce qui n'est pas WASP et une méfiance haineuse à l'égard de tout ce qui est culture, savoir, connaissance, érudition, élitisme, "intellectualisme" :-[ :P.... Au XIXème, ce courant politique, une des premières formes de nationalisme chauvin et étroit aux USA, avec une forte dimension d'électorat populaire, s'incarne entre autres dans le mouvement des "Know Nothing" dont un des représentants est plus ou moins incarné à l'écran dans Gangs of New York, Butcher Bill. Ca ne veut pas dire pour autant qu'il s'agit d'une tendance générale, et c'est là que l'on peut revenir dans le sujet: en 1812 comme en 1776, des Québécois et autres franco-canadiens ont combattu côté américain, et pas que sur base de volontariat individuel, mais bien aussi en unités de volontaires constituées. Ainsi, 2 régiments canadiens faits avant tout de francophones (et de colons américains installés au Québec après la conquête britannique) ont fait partie de l'ordre de bataille de l'armée continentale de 1775 à 1783, le First Canadian Regiment et le "Congress's Own Regiment" (2nd Canadian Regiment). Chacun d'un effectif théorique de 1000h , ils étaient, comme les autres formations de l'armée continentale, en grave sous-effectif principalement par manque de fond, et aucun n'a jamais dépassé les 700h à un moment donné (avec une moyenne plutôt à 400). Pour la note, une portion de Québec devint américaine en 1783. En 1812, le volontariat francophone fut moindre, mais pas inexistant.
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Franklin a vaguement évoqué la chose quand il faisait des pieds et des mains à Versailles, proposant tout et n'importe quoi, mais ça n'a jamais été établi en un plan quelconque, et la France n'avait pas plus de motivation que cela pour une Nouvelle France désormais dépeuplée (ceux qui restaient n'avaient pas encore fait leur "politique du plumard" :lol:), ayant déjà des objectifs pressants: annuler les conditions de paix humiliantes, coûteuses et contraignantes de 1763, récupérer des îles à sucre, éventuellement la Louisiane.... Et avant tout faire mal aux Brits. Quand au lien avec la guerre de 1812, là c'est complètement faux: cette guerre n'a rien à voir avec une quelconque convention secrète qui n'a pas existé, et en fait encore moins avec la France directement; elle est purement anglo-américaine (quoiqu'évidemment, le comportement britannique qui mène en partie à la guerre soit du à la situation de guerre "totale" avec la France). Même Jefferson, pour ce qui concerne le Québec, a été surpris à dire que le Québec était, en l'état des forces britanniques, facile à prendre, et qu'il constituait la base idéale de départ pour conquérir Halifax et se débarrasser totalement de la présence anglaise sur le continent, témoin d'un expansionnisme américain très présente dans la République naissante, même chez les modérés, alors même que la "manifest destiny" n'était pas encore une idée. Ce courant conquérant n'était pas forcément majoritaire, et une telle conquête pouvait n'avoir pour but que négocier en position de force (les populations anglophones canadiennes étaient férocement loyalistes), mais il existait et n'était pas une tendance marginale. Chez les excités comme Alexander Hamilton et les proto-fédéralistes, l'expansionnisme était une raison d'être dès les années 90: il voulait une armée permanente, des industries de guerres et une guerre de conquête du Canada et du Mexique avant de se lancer dans la colonisation de l'ouest. Cette vision de ce que devaient être les USA ou non, et du mode de gouvernement qui devait rendre cela possible, l'empêcher ou le freiner, constitua la première division politique structurant la vie politique US (l'histoire du "Big State" ou non, d'un impôt permanent, du trip fédération/confédération....). Les motifs américains en 1812 sont multiples: outre la vision de l'action extérieure US, les protestations contre les recrutements forcés de matelots US dans la Royal Navy, d'énormes tensions commerciales rendues explosives par la croissance de la flotte de commerce US, neutre pendant le blocus continental, le "laissez-faire" britannique quand aux raids de leurs alliés indiens sur les zones de colonisation américaine....
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Emeutes et évolutions dans le monde Arabe
Tancrède a répondu à un(e) sujet de alexandreVBCI dans Politique etrangère / Relations internationales
Une évaluation porte à 7 régiments les forces "présidentielles" du dictateur, plus quelques groupements divers: ce sont ces 7 régiments qui ont été rééquipés par les ventes d'armes récentes et sont depuis longtemps les unités réellement entraînées, donc de fait dans la situation présente, le coeur de l'orbat khadafesque :P..... Ca fait de la puissance de feu "organisée" mais dans l'absolu, ça fait pas nombreux. -
Ben y'a de grandes chances que l'absence d'implication de la France fasse avorter dans l'oeuf l'indépendance/la révolution US; c'est même certain pour le court et moyen terme. Et y'a du coup de grandes chances que la Révolution Française, elle-même une somme de hasards et d'enchaînements aux probabilités infinitésimales, n'ait pas lieu, et avant tout parce qu'il n'y aurait pas le catalyseur initial, à savoir la réunion des Etats Généraux, qui n'auraient pas à être réunis parce que la question des finances aurait eu de bien meilleures probabilités de pouvoir être gérée sans l'effort de guerre américain qui fut en outre sans fruits, les USA se retournant sur le commerce anglais sitôt la paix signée. La France n'aurait pu faire l'économie d'une réforme fiscale, c'est-à-dire sociale, mais celle-ci eut été graduelle, plus équilibrée, et surtout encadrée par les cadres traditionnels de la société (aristocratie locale et notabilités, corporations de métiers, associations religieuses, patronages en tous genres), le tout sur fond de prospérité économique (ce que la France n'a pas arrêté d'avoir au XVIIIème globalement, la Révolution lui faisant perdre des décennies de développement) et industrielle, ce qui facilite généralement les choses. Ce qui aurait surtout été possible, c'est le calme pour les réformes, malgré des courants d'opinion parfois très opposés: la Révolution et sa constante fuite en avant dans la violence et l'opposition frontale ont surtout été le produit de revendications bordéliques, opposées, radicalisées par la situation économique, aiguillées par des groupements de professionnels de l'émeute et des démagogues idéologues, qui n'avaient absolument aucun moyen de se faire entendre et de réellement se confronter autrement que par la violence parce que les cadres sociaux ont disparu prématurément dans les premières fièvres de violence. Après, les conséquences du what if sont multiples et ne vont pas que dans un sens: - un match retour contre l'Angleterre est inévitable, affaire d'Amérique ou pas: l'Angleterre le veut, ce match. Mais il eut été livré dans de meilleures conditions (voir posts plus haut), et surtout avec des alliés sûrs (Autriche et Espagne) et un vraisemblable (Russie), constances qui auraient reculé son échéance vu que l'Anglerre n'aurait peut-être pas osé entamer une guerre avec seulement la Prusse pour elle. Plus le temps passe, plus les réformes ont des chances d'avoir été faites en France et d'avoir produit leurs effets, et avant tout sur le budget, mais aussi sur la capacité d'endettement développée via les bases d'un vrai système de crédit solide dans les années 1770-1780 - pas de guerres révolutionnaires, c'est une économie en progrès constant et développant sa révolution industrielle avant celle de l'Angleterre, accompagnée d'un développement démographique non impacté par des pertes massives, mais surtout par les "non naissances" pendant la période.... Cependant ce développement ralentit plus vite au cours du XIXème, la transition démographique française ayant commencé un bon demi-siècle plus tôt que celle des autres pays européens. - pas de Révolution française, c'est un développement moindre de l'esprit romantique" et du mouvement des nationalités aux XIXème, et surtout pas d'invasions agressives développant des nationalismes hostiles en réaction, et plus encore, pas d'idéologie, de propagande et de guerre totale telle que l'Etat français en a développé entre 1792 et 1795, donc pas de nationalisme politique suppléant une organisation de guerre perçue comme totale (et à qui on prête la paternité des processus qui ont conduit aux modes intellectuels et opératoires des totalitarismes). L'idée nationale allemande peut ne jamais exister, de ce fait, de même que l'idée d'un nationalisme italien.
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Le Mindef/Minarm - Successeurs - Nomination - bilan et actions
Tancrède a répondu à un(e) sujet de zx dans Economie et défense
C'est très monarchique dans le principe, et Louis XIV comme Philippe le Bel et quelques autres ont ainsi fait attention à promouvoir des "homines novi" qui non seulement étaient compétents, mais aussi leur devraient tout.... Seulement ils les voulaient quand même compétents pour qu'ils puissent agir, donc ils prenaient des experts dans leur partie, mais aussi des gens qui n'étaient pas des perdreaux de l'année ni des glandus débarquant avec juste une expertise. Colbert avait beau être de racine roturière, sa famille était déjà anoblie (par l'achat d'offices), mais surtout, c'était déjà un homme issu d'un clan de négociants et de banquiers extrêmement puissant: un homme de réseaux avec une clientèle socialo-fiscalo-économico-politique extrêmement développée, une famille avec des membres bien placés un peu partout et représentant une somme d'offices conséquente (notamment son cousin, "dircab" du ministre de la guerre, qui l'introduit au gouvernement).... Comme beaucoup de financiers, il appartient à la Ferme Générale (l'outsourcing de la collecte de l'impôt, source des fortunes). Bref, Colbert était pas là par casting dès le début (y'avait pas de caméras de toute façon, donc pas besoin de "ministre pour faire joli" :lol:): c'était un personnage qui, dès avant son entrée dans ses premières fonctions, avait du poids, des relations, des moyens et du monde derrière lui, soit l'essentiel d'un capital politique une fois acquise la confiance d'un puissant, d'abord le Tellier (père de son futur collègue-rival Louvois) puis surtout Mazarin qui le "lèguera" à Louis XIV. Colbert a jamais foutu les pieds dans la "France d'en bas" :lol:: et il n'était pas sans poids politique. Mais ses intérêts politiques étaient avant tout d'ordre pécunier et claniques, et ont toujours cherché à être compatibles avec ceux du roi, contrairement aux Grands féodaux, mais aussi aux membres du Parlement de Paris, deux catégories qui jouaient la politique "dure" et ont été jusqu'à prendre les armes, donc à être un danger pour le roi. Ca ne veut pas dire que dans d'autres circonstances, Colbert et des gens comme lui (clans financiers) n'auraient pas pu jouer le même jeu, ni que ces puissances financières ne pouvaient pas faire du chantage au prêt et aux taux d'intérêt pour obtenir des lois, soit faire de la politique sur le budget royal. Dans les gouvernements actuels, une fois les majorités élues, tu ne verras pas, sauf exception, de poids lourd, ni même de gens qui comptent politiquement (cad qui ont de la "vraie" puissance), sauf de temps en temps à des postes de ministre ou secrétaire d'Etat temporaires et sans forcément grande importance. Mais là c'est souvent pour procurer un bureau et des moyens au personnage, comme la Défense à Juppé qui avait besoin d'une centrale parisienne temporaire le temps de se réinstaller après Bordeaux: ça offre quelques avantages (infrastructure et personnel, communications et carte de visite, titre....) nécessaire pour "fonctionner" dans le jeu parisien. Des mecs comme Ferry se sont rendu compte de ça assez lentement, écrivant leur bouquin après pour montrer à quel point il n'y a que "ceux qui comptent" qui peuvent faire quelque chose. Et encore lui avait-il une expertise particulière dans l'Education, ce qui n'en faisait pas un politique. Mais Rama Yade, c'est la politique sans expertise qui apparemment n'a pas réussi à se tailler une place ni dans les "métiers" qu'elle a occupé au gouvernement, ni surtout -ce qu'elle cherchait- dans l'appareil de parti, donc la vie politique. Pareil pour Dati. Contre-exemple: Morin, aussi ridicule soit-il, avec la scission de l'UDF, a fait une opération d'entrée dans le camp décideur: un faux parti sans programme, inféodé à l'UMP, mais qui a raclé tout le fond de tiroir du centre droit et des financements et circonscriptions qui vont avec. Pas de la matière de gouvernement proprement dit, mais un vrai poids dans la décision, parce que, entre autre, très implanté localement. Il a beau brasser de l'air, n'avoir pas de programme et faire du suivisme en râlant, son parti qui n'en est pas un a en revanche des financements et des bastions, donc "une place à la table" où il peut négocier et obtenir. Ceux qui ont de la puissance se trouvent généralement à l'Assemblée et ne s'y font pas trop remarquer, parce que même si le Parlement est une coquille vide, le statut de député reste la base de tout (un autre mandat électif), et qui, dans le parti, contrôle une base électorale de plusieurs circonscriptions, qui contrôle les nominations aux candidatures, qui tient les cordons de la bourse du parti, ceux là ont le pouvoir. Et ils sont pas nombreux, mais le "vrai" Parlement, c'est leurs discussions à eux, arbitrées par le Président. -
Pour la note, le soutien français a commencé AVANT les relations diplomatiques officielles :lol:, dès la déclaration d'indépendance (sous le manteau évidemment, et via des opérateurs privés).... Mais le sens de la phrase, c'est que c'est la France qui a convaincu l'Espagne d'entrer officiellement en guerre contre la Grande Bretagne: l'Espagne était encore plus partagée que le gouvernement français, eu égard entre autres aux enjeux coloniaux et au "mauvais exemple" des Insurgents, à un moment où ses propres colonies n'étaient plus si calmes. Evidemment, le besoin d'effacer le traité de 1763 et de prendre une revanche sur l'Angleterre ont joué, mais c'est le mouvement -et le lobbying - français qui a entraîné le basculement vers la guerre. Le soutien aux Insurgents n'est qu'un aspect de la question, vu que l'optique générale, c'est la guerre avec l'Angleterre, pas soutenir une révolution. Dans cette vision, le soutien aux insurgents est pour les Espagnols un mal nécessaire, pour les Français un front parmi d'autres.
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Emeutes et évolutions dans le monde Arabe
Tancrède a répondu à un(e) sujet de alexandreVBCI dans Politique etrangère / Relations internationales
Les 2: tout le monde semble y aller en ordre dispersé. Les jeunes urbains, via internet, conviennent de lieux de rendez-vous, mais ils ne sont pas réellement une force décisive et très efficace. Les tribus, en revanche, sont des structures réelles et qui sont moyennement adaptées à la "vie moderne" pour une bonne part d'entre elles: ce sont encore des structures traditionnelles pour qui la violence fait partie du paysage. Même s'il ne s'agit pas d'unités de combat organisées, elles sont plus crédibles que les forces armées libyennes qui n'ont jamais été faites pour être une armée, ce qui aurait été trop dangereux pour le dictateur. En revanche, sa garde et quelques unités choisies sont réellement des unités de combat, soit faites d'étrangers (notamment ses nanas-gardes du corps, qu'elles soient réellement formées ou non) soit de tribus à la loyauté très entretenue..... Le fonctionnement est exactement celui de l'Arabie Saoudite, à une autre échelle et dans un autre contexte, mais fondamentalement le même. -
:lol: :lol: :lol:Une assertion qui mécontente beaucoup de monde qui minimisent la réalité de la guerre comme conflits des volontés au nom d'intérêts (matériels ou non) en ne gardant en référence que les guerres totales qui sont une exception qui, si leur spectre n'a pas totalement disparu (quoiqu'il soit en partie éloigné par l'existence du nucléaire) et doit rester envisageable, ne constituent pas le besoin militaire d'aujourd'hui et de demain. Ces besoins peuvent être de court terme, et la préparation à une éventuelle "grande guerre" ne peut s'improviser et coûte donc cher à l'année, mais pas au point de nier que ce qui sert les intérêts politiques des nations, c'est aussi, voire avant tout, ce qui répond au besoin d'aujourd'hui, celui où il y a des enjeux à chaque fois. Et c'est caricatural de voir certains s'obstiner dans cette définition étroite de la "grande" guerre, au point qu'elle est plus un espèce d'objet mythifié dont aucune réalité ne sera jamais digne :lol:. Et en attendant, les affaires continuent, et on a pas de quoi y répondre.... Et Israël tangue entre les deux: une adaptation de leur dispositif aux conflits réels qui leur pendent au nez, mais en quantités réduites, si bien qu'il leur faut concentrer une part disproportionnée de leurs moyens pour contrer chaque adversaire séparément. .... Livrée selon d'autres règles que celles qui semblent être devenues plus qu'un dogme, une idéologie :P..... 2006 était-il une version modernisée de la bataille des Eperons d'Or :lol:? Echec stratégique et politique entraîné par une défaite tactique somme toute mineure en termes de dommages réels, au nom d'une conception idéologisée et étroite de la guerre: le char-chevalier employé comme il n'aurait pas du l'être face au fantassin antichar embusqué, nouveau piquier-hallebardier communal :lol:?
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Pas de concours français veut dire: - pas de guerre sur plusieurs fronts: les Antilles, où il y avait 3 fois plus d'effectifs français envoyés (en plus des milices locales et compagnies d'infanterie de marine) qu'en Amérique du nord (3000 seront acheminés par De Grasse pour s'ajouter au corps de Rochambeau à Yorktown), et 2 flottes en permanence.... Mais aussi les Indes orientales sur mer (Suffren surtout) et sur terre (surtout via le financement et soutien de potentats locaux comme Mysore), la guerre sur mer en général (des croisières un peu partout) et au premier chef dans les eaux européennes.... Et la mobilisation d'une armée de débarquement en Normandie qui, à défaut d'une opération amphibie annulée, a forcé les Britanniques à accroître sérieusement leurs effectifs et leurs dépenses, à organiser un réseau de défense, à accroître leurs moyens navals fixés en Europe et à faire de l'huile pendant 3 ans. - pas de financement de la guerre américaine, ni de soutien matériel: via les contrebandiers dès 1775-76, Beaumarchais en tête, le Roi a financé les ricains, et pas qu'un peu. Versements et prêts en tous genres, mais surtout livraisons d'armes (mousquets et canons de campagne), d'équipements, de munitions.... Et ce mouvement a explosé au lendemain de l'entrée en guerre, mais avant ça, la couronne y était déjà de plusieurs millions. Si les contrebandiers n'avaient livré que ce que les ricains pouvaient acheter, y'aurait pas eu de quoi monter 3 régiments. Et l'Amérique du Nord, à cette époque, n'avait aucune production ni d'armes ni surtout de poudre (la première étant créée en 1796 par un émigré français qui fera carrière: Dupont de Nemours). - pas de soutien français = pas de ports de relâches pour les navires américains, pas de soutien naval pour porter la guerre où ils le peuvent et défendre un peu leur commerce (celui qui passe le blocus) et leurs appros - pas de soutien français = pas de soutien espagnol, puisque c'est l'un qui a décidé l'autre au final Tout cet investissement représente des sommes faramineuses, afin de pouvoir faire face à la puissance britannique en Amérique du Nord, mais surtout afin de détourner (en tout cas du point de vue américain) une énorme partie de ses moyens ailleurs. Malgré cet effort, les Brits entretenaient un corps d'armée de 60 000h dans les 13 colonies, sans compter les milices locales et les troupes au Canada. Quel aurait été leur effort de guerre si les Insurgents avaient été seuls? Supérieur évidemment, mais surtout le différentiel de capacité eut été bien plus grand avec des Insurgents au niveau artisanal. "Dépenser moins" est un euphémisme: l'Etat traînait un boulet depuis Louis XV qui avait refusé de réformer, mais c'est bien le conflit américain qui multiplia ce boulet financier par 4 (la dette augmente de plus d'un tiers, mais son service est multiplié par 4 eu égard aux taux en vigueur) au point de placer l'Etat dans une situation de banqueroute de fait. A partir de 1781, la gestion des finances est une patate chaude qui rend le poste intenable, les réformes politiquement impossibles en raison de cette instabilité, et limite les moyens d'action de l'Etat, entraînant un cercle vicieux alors qu'avant l'affaire américaine, il restait des marges de manoeuvres et qu'elles commençaient à être utilisées. La Révolution est une succession d'événements fortuits et mal gérés qui ont entraîné le pays dans une situation d'instabilité permanente où le pouvoir était à qui le prenait, cyniques, démagogues ou idéologues. Il n'y avait pas un "peuple opprimé attendant et espérant la liberté", ça c'est du conte de manuels scolaires.
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Le Mindef/Minarm - Successeurs - Nomination - bilan et actions
Tancrède a répondu à un(e) sujet de zx dans Economie et défense
Seul un personnage politique au sens plein du terme peut devenir un "vrai" ministre; ça dépend de son capital politique (clientèle, réseau, influence, partenariats, poids dans l'appareil de parti et les régions pour les nominations, "poids" votant virtuel à l'Assemblée....) et ça, NS a fait attention à ne jamais "ministrer" quelqu'un qui en ait, faisant juste un casting de "qui fait bien" dans telle tâche et centralisant les décisions puisque lui seul peut les faire passer. MAM n'a de capital que local, dans le Sud Ouest, et surtout assez peu de puissance de feu dans la seule chose qui tienne lieu de parlement une fois que les législatives sont passées, à savoir l'appareil du parti vainqueur. Juppé est le seul, pour ainsi dire, à avoir du capital, et s'il va au Quai, c'est peut-être pour y faire quelque chose, quoique vu le temps qu'il reste avant les élections, c'est surtout pour mettre la maison en ordre et garder le silence dans les rangs. Juppé, en accord avec Védrine, a une crédibilité auprès de la diplomatie française, et une vraie expertise, ainsi que le poids pour faire valoir une posture: peut-être pourra t-il faire quelque chose s'il n'est pas trop en friction avec NS.... -
Emeutes et évolutions dans le monde Arabe
Tancrède a répondu à un(e) sujet de alexandreVBCI dans Politique etrangère / Relations internationales
Vu les chiffres évoqués pour le recrutement de mercenaire, il doit avoir pris un peu de tout: du qualitatif (pilotes biélorusses), du pro et semi-pro (Balkans, bandes armées organisées) et du détail :lol: qui ne vaut que par le nombre et le fait d'être prêt à tout.... Vu les moyens, il peut faire son panier de la ménagère comme il l'entend, le salaud. -
Emeutes et évolutions dans le monde Arabe
Tancrède a répondu à un(e) sujet de alexandreVBCI dans Politique etrangère / Relations internationales
L'usage confirmé de gazs de combat risquerait, si exploité médiatiquement, d'être LE truc qui contraindrait les occidentaux à envoyer une expédition au sol, qu'ils le veuillent ou non, que cela entraîne des rétorsions jusqu'a-boutistes du dictateur (genre lâcher la bride aux migrations, cramer les champs pétroliers et les infrastructures portuaires): Khadafi risquerait-il cela? Ca dépend évidemment de sa marge de manoeuvre, mais il a des réserves de fric, des tribus loyales et armées, des unités organisées qui en sont issues (la foule en face peut être motivée, elle est en ordre dispersé et mal armée), et un réservoir de mercenaires cheaps, surtout des bandes armées africaines qui peuvent être "gaspillées" (elles coûtent pas cher et sont "remplaçables" rapidement). -
Services secrets, forces spéciales et action clandestine du temps jadis
Tancrède a répondu à un(e) sujet de Tancrède dans Forces spéciales et clandestines
Un complément rapide pour envisager quelque chose qui n'existe plus dans le monde dit "développé", mais qui irrigue littéralement les sociétés plus anciennes et bien des sociétés encore aujourd'hui (y compris les nôtres, mais de manière informelle et illégale souvent): le clientélisme. Ce fait concourt de l'organisation et du mode de fonctionnement d'une société mais aussi des rapports avec l'extérieur, et a longtemps été en fait l'épine dorsale des systèmes de renseignement. On parle souvent des "puissants", qu'il s'agisse de grandes familles sénatoriales romaines ou des "Grands" tels qu'ils ont existé en France jusqu'à la mise au pas définitive et à la reprise en main louis-quatorzienne par l'Etat de l'ensemble des grand réseaux de clientèle qui ont formé en fait la base de l'administration nationale. Mais c'est quoi le clientélisme? A Rome, c'est un phénomène parfaitement normal et légal selon lequel fonctionne la société, et selon lequel elle se hiérarchise, mais aussi trouve des équilibres. Formellement, le clientélisme est un contrat légal et reconnu entre 2 parties inégales et reconnues comme telles, qui implique que 2 hommes signent une convention selon laquelle l'un devient le "client" de l'autre, le "patron". Ce contrat est légalement contraignant et implique des obligations mutuelles à hauteur de ce que l'un peut fournir à l'autre. Et ce contrat est héréditaire! Du plus bas au plus haut de la société, la plupart des citoyens appartiennent à un tel réseau, par essence pyramidal, chaque patron étant lui-même le client de quelqu'un un cran plus haut et lui apportant son réseau, à la fois une source d'information à tous les niveaux et une force politique plus ou moins grande pour voter, gueuler ou faire le coup de poing dans la rue. Même le plus bas des citoyens romains sait que sa citoyenneté en elle-même est un capital exploitable, si bien que, outre les grands programmes de soutien de l'Etat ou d'un grand aux plus basses franges de la plèbe, le dernier des glandus, s'il devient client de quelqu'un, a le droit a quelque chose comme un panier garni hebdomadaire. Ce phénomène se développe souvent au point de devenir un business en soi, parce qu'un réseau de clientèle est un capital crucial, une richesse importante et quelque chose qu'il faut faire fructifier et développer sous peine d'être écrasé par son coût en temps, en argent et en obligations diverses, notamment légales. Ainsi, à tout niveau, des hommes se spécialisent dans la constitution de réseaux non pour eux, mais qu'ils louent ou vendent à d'autres: certains constituent des réseaux "de qualité" (cas typique des aristos dans une mauvaise passe ou ne voulant pas prendre de risques dans une carrière politique qui implique souvent violence et rétorsions), d'autres des "spécialisés" (un réseau de juristes, de négociants....), et d'autres enfin de "quantité", évidemment là le plus souvent dans les basses couches de la société romaine. Politiquement utiles par leurs effectifs, ces derniers sont des ressorts d'action énormes dans les deux derniers siècles de la République, et César y eut un grand recours, notamment via la personne de Clodius, un voyou qui constitua de tes réseaux en quantités importantes. De fait, quand on lit qu'un sénateur a passé du temps à "ses affaires personnelles" pendant une période pourtant agitée (tel César pendant la Guerre Civile, qui prend presque 2 ans pour cela), c'est surtout qu'il réorganise et "met à jour" son organisation personnelle jusqu'aux plus bas niveau: c'est une rude besogne que d'être patron! La moitié des journées, voire des pans entiers d'une semaine, pouvaient être passés à recevoir de longues files d'attente de clients qui, un par un, venaient exposer leurs griefs, demander un service ou du fric, proposer un service, recevoir des ordres, amener une info, renouveler leur engagement.... Pour un sénateur romain à la tête de réseaux de milliers de gens, c'est pas vite expédié, même s'il ne rencontre pas tous les niveaux hiérarchiques évidemment (la relation patron-client se doit d'être avant tout directe, d'homme à homme: c'est une fidélité personnelle). Certains s'organisent eux-mêmes et se louent eux-mêmes sans intérmédiaires: ce sont le cas des associations de métiers, des associations religieuses et des "collegia", sortes d'amicales de quartier (ou de plusieurs quartiers) qui sont souvent de fait de vrais réseaux criminels (vus dans la série Rome). Un esclave qui devient affranchi (soit par libération soit par "auto-rachat") devient automatiquement le client de son ex-propriétaire. Enfin il y a les soldats: à Rome, sitôt qu'un soldat est démobilisé, temorairement (qu'il ait encore un temps à faire ou qu'il puisse vouloir rempiler), il est le client direct de son patron sénateur (les seuls à pouvoir lever des légions) qui lui doit une retraite en nature et en argent contre un temps de réserve militaire et surtout une disponibilité pour appuyer sa politique (en groupe avec les autres vétérans). Et la société fonctionne ainsi pour le renseignement intérieur et extérieur: le clientélisme marche aussi avec des étrangers: certains peuples, tribus, voire Etats constitués peuvent devenir clients de Rome (plutôt qu'alliés, soumis ou sous protectorat), ou d'un haut personnage de Rome en particulier: les Héduens en Gaule l'étaient, l'Egypte l'était devenue.... Cela correspond à une vision avant tout patrimoniale de l'organisation sociale. Donc chaque puissant est une entité géopolitique en soi qui représente le haut d'une pyramide hiérarchique de droits et d'obligations qui, avant toute chose, lui procurent moyens d'action (notamment militaires et politiques: vétérans, peuples alliés et bandes organisées/groupements de citoyens), contrats, opportunités, relations, mais avant tout, du renseignement! Dans l'absolu, Rome n'a pas de ministère des Affaires Etrangères, donc pas de diplomatie unifiée incernée par un service avec sa permanence; il en va de même pour la guerre et le renseignement, ainsi que les actions clandestines.... Tout cela dépend de ces réseaux concentrés dans les quelques grandes familles sénatoriales qui peuvent les entretenir, et dont la charge est de mettre en commun ce qu'ils savent et ce qu'ils peuvent au Sénat qui arbitre les choix à faire pour l'intérêt de Rome.... Mais évidemment, chacun expose ce qui l'arrange de la manière dont ça l'arrange, garde ce qu'il est dans son intérêt de garder, agit sans demander la permission (action clandestine surtout: provoquer des incidents, nouer des liens contraignants avec un peuple extérieur, ce qui, si ce peuple est pris dans une guerre, impliquera Rome sans que le Sénat puisse s'y opposer....), et au final, sert surtout ses ambitions en essayant d'avoir le tampon SPQR dessus pour avoir le droit de convertir un intérêt et des actions discrètes en politique, c'est-à-dire se faire attribuer un gouvernorat, un proconsulat, avec le droit de lever un nombre donné de légions pour le servir (le recrutement d'alliés et mercenaires en plus dépendant de ses moyens en propre). Diplomatie, moyens armés, services secrets et forces spéciales sont donc, dans ce système, à la fois quelque chose privé et de semi-privé. Et les monarchies européennes, entre autres, n'ont jamais fonctionné autrement jusqu'à l'affirmation des Etats modernes aux XVIIème-XIXème siècles. La société nobilière, en particulier, reprend exactement les mêmes modes de relations et de fonctionnement au travers de la féodalité et de son évolution. Les services secrets modernes sont souvent nés de tels réseaux (voire fonctionnent avant tout encore comme ça dans bien des cas, malgré l'apparence d'une organisation hiérarchique et d'une administration: la confiance est trop chère dans ce milieu pour être laissée à des procédures et des rangs formels), particulièrement en Grande Bretagne où ce sont des réseaux financiers avant tout sur base individuelle et des réseaux relationnels d'officiers de marine, de diplomates (généralement aristocrates) et de leurs relations dans les ports, ambassades et colonies britanniques qui ont permis de mettre en place des organisations plus formelles, à leur grande protestation tant ce mode de relation s'accomode mal d'un formalisme quelconque, et surtout d'une interchangeabilité toute bureaucratique des interlocuteurs. -
C'est surtout ça que j'entendais par l'appellation, il est vrai très générale, de "petits matos" :lol:.... A force d'insister sur les "programmes de cohérence", qui va rendre compte qu'il est cohérent avec une mission qu'un soldat puisse avoir des pompes adaptées et des fringues solides :P? Mais s'il faut le coût, les atermoiements et les délais d'un programme comme FELIN pour avoir à chaque fois ce qui devrait être du ressort de l'intendance quotidienne, ça va faire cher le fait d'habiller une armée opérationnelle :lol:.... Sans compter qu'il faudra en fait compter sur une armée correctement équipée pendant quelques années.... Toutes les 2 ou 3 décennies :-[.
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Emeutes et évolutions dans le monde Arabe
Tancrède a répondu à un(e) sujet de alexandreVBCI dans Politique etrangère / Relations internationales
Une chose est sûre, ou plutôt deux: - rien n'est sûr :lol: - apparemment, on sait pas grand-chose et y'a pas de moyens d'avoir de l'info fiable -
Emeutes et évolutions dans le monde Arabe
Tancrède a répondu à un(e) sujet de alexandreVBCI dans Politique etrangère / Relations internationales
Ben à ton avis, comment tu aurais du chocolat Mi..a si elle le faisait pas :-[? Sinon, pour revenir plus directement à la Libye: pourquoi tout le monde a t-il l'air de penser que Khadafi est si certainement condamné? Les troubles actuels ont de multiples causes, certaines génériques au monde arabe (notamment les changements dans les jeunes générations), mais sur le terrain, ces motivations et les rapports de force et d'organisation qui en découlent ne peuvent pas emprunter 10 000 types de formes. Dans la pratique, les violences un peu organisées (celles qui peuvent peser) adoptent plus ou moins la forme d'affrontements entre tribus et clans, avec en plus un support mercenaire massif côté Khadafi (certains évoquent des chiffres hallucinants de milliers de "flingues à louer", mais aussi de pilotes, venus d'Afrique subsaharienne et des Balkans, avec une prime élevée attribuée par "tête de libyen" :O).... Il va de soi que l'armée libyenne est une armée d'opérette, et que Khadafi a veillé à ce qu'elle le soit: seule sa "Garde" et ses composantes diverses, et maintenant les mercenaires, ont une cohérence et des capacités, et surtout une "loyauté" certaine quelle qu'en soit la forme: loyauté tribale ou personnelle, loyauté professionnelle pour qui paie. Parce que Khadafi est avant tout un chef de clan et un "patron" d'une importante clientèle tribale: beaucoup de tribus le haïssent et sont entrés irrévocablement en guerre contre lui, ainsi que certaines zones géographiques et sociétés urbaines. Mais la Libye n'est pas un pays: c'est un conglomérat de tribus qui ont créé quelques structures centrales pour gérer le pétrole, et de ces quelques structures, centrées évidemment dans quelques agglomérations, s'est développé une société urbaine en partie déconnectée de la réalité tribale pour constituer l'embryon soit d'une vraie -mais encore à venir- "société libyenne", soit de populations urbaines liées au moins à leur ville plus qu'à une hypothétique Libye. Mais ces sociétés urbaines sont encore limitées, et la réalité tribale, pour ce qui concerne les groupes organisés et pesant sur l'échiquier du territoire, domine encore absolument. Et dans cette société tribale, Khadafi est loin d'être un abruti: il en a flouté pas mal en ne leur redistribuant rien ou pas loin, mais il en a arrosé d'autres qui restent ses "clientes". Et la région de Tripoli en est l'une des plus visibles manifestation.... Il a du soutien "populaire" en ce que des tribus sont à ses côtés, et que les zones pétrolières restent plus ou moins sous son contrôle, ou en tout ca accessibles pour certaines d'entre elles, ce qui veut dire des réserves (bien que les plus vaste soient en Cyrénaïque). Sans compter qu'il peut encore faire du chantage aux occidentaux avec l'outil pétrolier et les masses d'immigrants subsaharien qu'il peut laisser passer.... Sa situation n'est pas idéale, mais désespérée? C'est lui qui a des forces organisées, du fric et des armes. Et pire encore, il est prêt à faire couler le sang en masse, dans ce contexte de guerres tribales pas précisément tendres entre elles, et sans grand "sentiment national".