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Tancrède

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Tout ce qui a été posté par Tancrède

  1. Tancrède

    Les Indo-européens

    Faudrait quand même se rendre compte que les régions dont on parle sont déjà nettement plus vides à l'époque qu'aujourd'hui. Ensuite, ces affrontements sont très connus et en plusieurs vagues, au début et à la fin de l'âge du Bronze (les Ages Sombres en Grèce).... Et pour la dernière vague, à la fin de l'âge du Bronze, une bonne partie des peuples envahis sont eux-mêmes recensés comme provenant de ce vague pseudo ensemble "indo européen" (Hittites, Assyriens, Mycéniens....).
  2. Primo, en l'occurrence, ils n'ont pas commencé à répondre en Flamand; ils ont absolument refusé de répondre en français, au début comme à la fin. Nuance! Secundo, n'en déplaise aux nationalistes flamands, la Flandre n'est pas un pays; le pays, c'est la Belgique, dont le français est une langue officielle. Et le dit diplomate la parle; lui a fait sa partie du contrat.
  3. Tancrède

    Identité nationale

    J'avais cru comprendre que le turban n'était pas un signe religieux; pour être plus précis que le signe religieux, c'étaient les cheveux ultra longs dessous, et que le turban était juste là pour les tenir. Si c'est pour les photos d'identité ou l'école, on ne peut pas négocier, surtout si c'est demandé par un Etat étranger. Mais cette immixion n'a sans doute rien de directement innocent: si jamais l'affaire était montée en épingle médiatiquement en Inde, ça pourrait aussi vouloir dire qu'elle est un peu "aidée" pour favoriser une négo quelconque.
  4. Y'a déjà un topic là-dessus (les SMP).
  5. La connerie en audio :lol:; c'est pire avec l'image :P.
  6. Tancrède

    Les Indo-européens

    Attention, sujet délicat et qui vaut parfois des accusations de dérives racistes dans cette recherche d'un supposé "peuple des origines" commun. Il n'y a pas un peuple indo-européen: on parle d'une masse de peuples ayant des bases culturelles et ethniques (et donc des modes d'organisation, des techniques, notamment guerrières, et des schémas de spiritualité et de fonctionnement assez rapprochés) plus ou moins proches via des interactions relativement fréquentes. Mais c'est en partie une hypothèse historique contestée, parce qu'il est difficile d'établir suffisamment de connections et proximités entre toutes les peuplades qualifiés "d'indo-européens" pour décréter s'il s'agit ou non d'une méta-culture "confédérale" liant ces peuples entre eux. Ni la génétique, ni, à ce jour, l'archéologie et la recherche historique n'ont pu permettre d'en affirmer une unité, même minimale, avec un degré satisfaisant de certitude. Il y a des indices favorables et c'est un vrai sujet, mais faut vraiment faire gaffe quand on le manie. Voir notamment les travaux de George Dumézil sur ce sujet, mais aussi les critiques à son encontre (mais pas celles de l'école historique française, très idéologique contre lui à l'époque de ses travaux: ces critiques là sont pitoyables et une parfaite perte de temps).
  7. Merci Aqva, j'avais pas le courage de faire une longue réponse que j'ai déjà formulée de plusieurs façons sur ce même topic depuis qu'il a commencé. A force, ça lasse.... Face à l'argumentation binaire, je fatigue à la longue. J'ajouterais même que le protectionnisme est la norme mondiale PARTOUT, sauf dans une UE ouverte aux 4 vents (sauf en matière agricole, on est tous d'accord), mais dans laquelle on devient un facho rétrograde fana d'une économie quasi médiévale dès qu'on évoque des thèmes comme la préservation de nos industries ou le besoin de satisfaire nous-mêmes le gros de notre consommation (seul moyen d'ailleurs de préserver un niveau de vie décent, à terme, pour le gros de la population, et des systèmes sociaux soutenables sans trop de douleur). Toutes les grandes économies et celles en développement sont protectionnistes, par les droits de douane, la monnaie, la volonté étatique sur des secteurs donnés (pas que les savoirs-faires "stratégiques") et des mesures techniques et sanitaires plus ou moins honnêtes (et leurs coûts du travail, y compris qualifié, nous est inaccessible). Mais à part ce dernier registre, l'UE refuse, et principalement par idéologie, lâcheté, pensée "petit bras" et action des lobbies, dans laquelle je rappelle au passage que les intérêts non européens sont aussi présents que les Européens, puisque le lobbying, et par là l'information et l'influence auprès des décideurs, n'est "qu'un marché comme un autre". Qui plus est un marché qu'on n'arrive même pas à contrôler, à surveiller ou à réguler; voir la dernière tentative en date qui n'a même pas abouti à une charte de comportement de la profession (et un tel objectif, aussi minable, non crédible et hypocrite, est déjà en soi une insulte à l'honnêteté). Déjà et avant tout, l'Etat français et ses décideurs disposent de nettement plus de moyens d'information approfondie autonomes; ayant bossé à l'AN et connaissant du monde à Bruxelles (dans le lobbying comme au parlement), je connais un peu cette dynamique. Ensuite, ça ne me dérange pas que les gros industriels nationaux aient des entrées auprès de leur propre gouvernement et que celui-ci les favorise: c'est comme ça que le jeu est joué PARTOUT dans le monde, sauf en Europe. J'entends simplement qu'il y ait plusieurs gros industriels de chaque secteur (comme dans le BTP) afin d'éviter du monopole trop net dans ces décisions. Ces marchés sont de toute façon pourris, et on n'y changera rien; autant que ça profite en priorité à notre pays dont les intérêts sont la charge de notre gouvernement. Force est de constater que Bruxelles n'a pas cette logique avec les entreprises européennes. Pour le reste, le lobbying est interdit en France en tant qu'activité organisée; actuellement, c'est en train de changer (tout d'un coup, c'est vendu comme "vertueux".... On en gerberait) et les agences de communication s'engouffre dans les brêches. Et de toute façon, oui, les grosses boîtes pouvaient toujours avoir accès aux gens influents. Mais il y a un monde de différence entre ces arrangements entre amis qui ont toujours existé et qu'on ne peut jamais résorber, et une activité de plein droit qui devient un secteur organisé et en croissance: la masse et les possibilités d'action ne sont juste pas du même registre. Quand le lobbying devient un secteur économique, il dégage des bénefs énormes, crée ses propres organismes permanents et de grande taille, et tape sur la concurrence, surtout sur sa crédibilité (et il a plus de moyens qu'elle: les organismes publics et d'intérêt général, les associations, les commissions d'enquête.... Ne peuvent, en définitive, aligner autant de moyens). Bref, un lobbying organisé tend à monopoliser l'espace cible à savoir le temps d'information et consultation des décideurs et de ceux qui les influencent. et il a plus de moyens de les influencer; plus grosse production documentaire (on fait souvent juste de la quantité pour réduire le temps dispo pour d'autres sources), plus grosses rémunérations pour les experts qu'on attire (mais qui, malgré leur qualité, ne sont pas libres, en tout cas pas toujours, et surtout pas quand c'est important), réceptions plus sympas ou voyages, fréquence de ces réceptions, symposiums et conférences (l'événementiel est un secteur actif fait pour occuper le temps dispo des décideurs, orienter leurs cercles relationnels et les séduire bien plus que les convaincre).... L'influence devient un marché, et les professionnels permanents ont des ressources que des agences d'experts ne peuvent pas suivre. Au moins, en maintenant l'illégalité de ce secteur en France, on a empêché que ce secteur se constitue; ça n'empêche pas des arrangements, mais ça maintient la possibilité d'information des décideurs et du public, par des sources non commerciales, à un haut niveau de visibilité et de crédibilité, et ce à moindre coût (quand c'est un secteur légal, l'hyperinflation de ces coûts élimine cette possibilité). Mais depuis la fin des années 90, les politiques ont laissé les agences de com et cabinets d'avocats grignoter ces restrictions et s'organiser, si bien que depuis 2-3 ans, on a des départements lobbying déjà un peu structurés et autofinancés qui s'assument comme tels.
  8. Et Alexandre Ier fut un libérateur et un défenseur de la veuve et de l'orphelin :P?
  9. On entend déjà les discours et attitudes: - les dirigeants nationaux: "oui, c'est intéressant, le monde d'aujourd'hui est plein de menaces (et celui d'avant non, apparemment) et le renseignement est plus crucial que jamais (et il l'était pas avant) pour x et y raisons (60% du discours se passe dans un descriptif de pourquoi le renseignement est crucial, mais pas si cette agence le sera), sans compter qu'il faut rationaliser et que nous sommes des alliés.... Mais il n'est pas question de baisser la garde pour autant, et tout le monde doit faire le même effort" = "on dit tout et son contraire et les journaleux sont trop cons ou trop veules pour le dire, et de toute façon, les citoyens s'en tapent" - les anti-européens: "on nous vole notre souveraineté pour une arlésienne, une tour de Babel qui gaspillera un peu plus notre argent, le sang de nos enfants" - longue période où ça gueule en coulisse, ça recherche des avantages, où les gros cherchent à créer cette agence et à la diriger, où la plupart veulent en faire partie sans rien payer, et où les Américains veulent un siège décisionnel. - annonce tonitruante: les services secrets européens sont créés, quelle merveilleuse époque de coopération et d'avancée vers un Etat européen. Dans la réalité, on a une vague base de donnée commune où chacun met ce qu'il veut mettre, où les moyens sont ridicules, où les intérêts des divers pays sont inconciliables, où des sommes importantes sont consacrées à créer des postes pour des généraux et fonctionnaires "méritants" (entendez des potes, des carriéristes en mal de pantouflage vers le privé et/ou des mecs à cheval sur le public, le militaire, le lobbying et des grosses boîtes de secteurs stratégiques) et des voies de garages pour emmerdeurs intouchables et personnages en fin de carrière.... Dans ce truc, l'accès aux ressources diverses du rens sera compartimenté par les pays, surtout ceux qui ont des moyens en la matière, on aura une structure en demi-sommeil permanent et sans moyens réels, et encore moins de politique d'emploi parce que les Etats ont des intérêts et visées peu conciliables, et l'UE n'aura toujours pas de politique extérieure autrement qu'en paroles creuses (parce qu'elle n'aura pas de moyens de renseignement entre autres, et que les Etats ne la laisseront pas menacer leurs intérêts). Et c'est normal parce que l'UE n'est pas un Etat et n'en a pas la légitimité ni la force. - Mais on se rengorge dans les années à venir en disant "regardez, c'est du conret l'Europe, y'a un service diplomatique et des services secrets; putain ça crache!". Et tous les Européistes de dire que c'est inéluctable, inexorable, que tout est en place et que c'est là qu'est la légitimité. Au final on n'en parle plus vraiment, ça ne fonctionne pas, mais de temps en temps, on a droit à quelques interviews et "reportages inside" nous montrant des employés dire qu'ils sont contents de leur job, que ce qu'ils font, c'est du sérieux, et qu'on voit limite l'Histoire se faire en temps réel :P. A ceci près que la charrue a encore été mise avant les boeufs, et qu'au lieu de voir ce qui pourrait être fait pour créer une UE-Etat avec sans doute seulement quelques pays (seule possibilité réelle.... Et encore elle est réduite), on préfère créer des coquilles vides pour faire semblant, faire un compromis politique d'apparences a minima et se serrer la pogne en public devant encore une idée creuse qui préfère jouer dans le village Potemkine qu'avoir à se repenser et à risquer quelque chose. Faut avoir un Etat, une légitimité, une volonté, une liste d'intérêts priorisés et des moyens d'action donnés (qui déterminent ce qu'on peut et ne peut pas faire dans le monde, soit un cadre d'action et de pensée que le renseignement sert) pour avoir des services secrets à créer.
  10. C'est pas pour autant que c'est si souhaitable que ça, du moins dans de telles proportions: l'euro fort est une idéologie monétariste issue à la fois des penseurs tels que Milton Friedmann, ravageurs dans les milieux financiers, et de la volonté comme des intérêts allemands. L'Allemagne a besoin d'une monnaie forte pour son économie qui n'est pas la nôtre: ses spécialisations sont différentes, et plus encore, ses exportations sont prioritaires dans la définition de sa politique monétaire, et de force forcée maintenant, de la nôtre. Résultat, elle peut profiter d'une monnaie encore plus forte que le mark, parce qu'assise sur un marché plus vaste (les aléas budgétaires de certains pays ne changent pas à ce point la loi des grands nombres), mais nous non, car notre économie (très tertiarisée), et encore plus celle de l'Italie, ont besoin de monnaies moins fortes pour pouvoir ajuster la balance commerciale plus vite. Mais l'Allemagne pâtit aussi de cette obsession pour la monnaie forte: le niveau de vie s'y est effondré en 20 ans. Certes, les exportations se portent bien, mais le peuple allemand en bénéficie au final assez peu. Une économie forte repose avant tout sur sa propre consommation, pas sur ses exportations; une économie reposant sur ses exportations est structurellement une économie de pays en développement, ce qui, dans la grande redistribution actuelle de la richesse au niveau mondial, est bien ce qui nous guette. Une richesse un peu moins mal répartie entre un nombre limité (mais moins qu'avant) de pays, mais une répartition absolument merdique au sein de chacun d'eux: surconcentration au mains d'une petite élite, niveau de vie élevé pour un tiers (ou moins) de la population (ce qui deviendra "le pays utile"), un autre tiers qui essaie de suivre (sans vraiment y arriver pour le plus gros d'entre eux) le mode de consommation devenu un standard quasi moral et la seule valorisation possible dans nos sociétés, et un dernier tiers dans la merde complète. C'est déjà plus ou moins ce à quoi ressemblent les USA (juste pour la note, cette politique économique est tout connement en train de bousiller la classe moyenne en occident; sans classe moyenne représentant une grosse majorité de la population, pas de démocratie et ré-entrée dans l'ère des radicalismes de tous poils et dans la violence politique, ce que des médias castrés, veules envers le pouvoir, stupides, superficiels et asservis à de gros intérêts ne sont plus capables de limiter). Qu'importe pour des sociétés multinationales que le "marché d'origine" des pays industrialisés soit plus réduit qu'avant: le amrché de référence devient ce tiers aisé de tous les pays un peu développés. Et c'est sur ce tiers là que les politiques économiques sont orientées, par lobbying, corruption, mélange des élites politiques et économiques, et idéologie. Bizarrement, les actuels pays en développement sont plus malins: eux visent à la conquête de la grosse majorité de leur propre marché intérieur en même temps qu'ils cherchent de plus en plus à nouer des partenariats non avec les anciens pays industrialisés, mais bien avec les autres pays en développement. Pour être plus prosaïque, la demande française de l'euro (et le maintien de cette volonté dans le temps) était motivée autant par de l'idéologie européiste béate que par des intérêts de court terme (résoudre la crise financière de 1993 et les déficits accumulés dans les années 80 sans risquer de capital politique en faisant les réformes douloureuses qui auraient du être faites) et quelques intérêts géopolitiques ("arrimer" l'Allemagne désormais réunifiée). La logique économique est certainement le dernier des arguments qui a pu être avancé, et il n'a pas vraiment pesé dans la balance. C'est une des raisons pour lesquelles Chirac comme Jospin ont dézingué d'un commun accord le Commissariat au Plan (sans doute le meilleur organisme d'analyse et de prévision économique, public ou privé, qu'on ait jamais eu) dont les recommandations et prévisions ne cadraient pas avec leurs discours hypocrites (lire les rapports d'avant 99 sur les conséquences de l'euro sur notre économie est éclairant). L'inflation ne doit pas être confondue avec l'augmentation des prix (c'est nettement plus vaste); que nombre de commerçants et industriels se soient gavés en faisant croître leurs prix à la vente après le passage à l'euro, c'est un fait. Mais c'est moins imputable à l'euro en lui-même qu'aux acteurs économiques. Juste rien que pour les premières lignes de l'euro-béatitude: Pas la première fois qu'on aborde ça, et c'est toujours la même soupe issue des plaquettes publicitaires de l'UE. L'UE n'a pas fait la paix ni ne l'a garantie; La Guerre Froide, l'OTAN, la menace russe, la tutelle américaine et l'épuisement de l'Europe post 45 l'ont faite et l'ont maintenue. Encore une fois, l'Allemagne et la France sont le premier client l'un de l'autre depuis 1870, et ça n'a jamais rien empêché. L'économie ne crée pas la paix ni ne la maintient. Et les évolutions actuelles des pays européens en matière économique, surtout la nouvelle attitude de l'Allemagne et de sa nouvelle génération de politiciens totalement décomplexés du passé (avec raison d'ailleurs), seraient plutôt générateurs de tensions à l'avenir. Faut être un peu réalistes de temps en temps. L'UE n'a pas unifié le continent: la volonté des Etats l'a faite, et plus encore, le contexte historique, c'est-à-dire la menace soviétique et la tutelle américaine, en même temps que le déballonnage des pays européens dans la volonté d'assumer leur indépendance (encouragé par les USA), et le courant atlantiste. Côté "développement économique et social", ben il suffit de constater les priorités dans l'idéologie absolue et sans contrepartie de Bruxelles, et plus encore de voir qui est représenté dans le monde du lobbying bruxellois. Environs 15 000 lobbyistes purs et durs, plus 15 à 20 000 autres personnes, de divers secteurs d'activités et branches, qui sont dans une sphère assimilée; 85% bossent pour des intérêts industriels et commerciaux, et fournissent l'essentiel de la documentation sur laquelle se basent les eurodéputés pour voter (quelle objectivité dans l'information). Quand au reste, il suffit de voir l'idéologie dominante, et absolument dominante, dans les élites eurocratiques: atlantisme, libre-échangisme radical, monnaie forte, lutte absolument prioritaire contre l'inflation (note: cette priorité, à ce degré radical, est antithétique du développement social et industriel; c'est dans tous les bouquins d'économie), ouverture des frontières à l'immigration ajustée aux besoins des grosses entreprises, concurrence fiscale.... C'est par essence une économie ennemie de l'expansion industrielle, qui vise à la spécialisation sur les secteurs à très haute valeur ajoutée (problématique; ces secteurs ne peuvent concerner qu'une partie très réduite des populations), qui réduit la circulation monétaire et l'investissement (ou le surconcentre sur quelques secteurs).... Pour la préservation de l'identité des peuples, et le "respect", je crois que cette ligne là est si risible qu'elle se passe de commentaires; entre la bien-pensance affichée en étendard dans les discours, la mentalité des élites européennes et nationales, et la réalité des politiques suivies, on parle de mondes différents. Pour le bouquin de Zemmour, faudrait que je le lise d'abord.
  11. Ben justement, c'est une mesure hautement symbolique que de faire ça de force et en public, comme une manifestation de l'éradication d'un statut aristocratique. En France, la destruction des colombiers et de nombreuses tours dans les demeures seigneuriales fut, avec d'autres mesures, du même ressort, de même que la banalisation du port de l'épée qui, s'il était de fait un usage répandu depuis longtemps hors de l'aristocratie, était encore de droit un privilège particulier de la noblesse, visible en cas d'usage de la violence armée, pour lequel la noblesse n'encourait pas les mêmes peines et procédures.
  12. La natte, ou plus exactement le chignon, est un privilège esthétique des samouraïs, en même temps qu'une tradition; c'est un signe distinctif parmi d'autres, avec le port du daisho. Comme dans beaucoup d'autres aristocraties (le chignon est très présent dans beaucoup de cultures guerrières), il y a beaucoup de privilèges purement esthétiques et/ou symboliques, avant tout comme marque de distinction sociale. Souvent, les samouraïs se rasent le crâne en plus, ne laissant que le chignon, mais ce n'est pas une généralité; je crois que ça avait à voir avec une marque de respect d'un étudiant/disciple, et/ou d'un vassal proche, pour un prof/patron s'il avait le crâne en peau de genou passé un certain âge ;) (les cheveux étant, comme dans beaucoup de cultures, un signe positif, il serait malséant qu'un subordonné ait plus de gueule que son boss :lol:).
  13. N'y a t-il pas quand même des marges de différences, en termes de performances (entre les véhicules en concurrence j'entends), suffisantes pour menacer la cohérence opérationnelle de certains matériels entre eux? Vu qu'on peut craindre, dans certains programmes, l'alignement sur le moins cher et/ou des logiques non opérationnelles (industrielles....), ces marges ne sont peut-être pas non plus si négligeables que la mise en cohérence via SCORPION soit indifférente quel que soit le véhicule choisi.
  14. Tiens, avant de trop hors-sujeter sur la politique extérieure du Japon depuis la déesse Amaterasu, une note sur une partie du sujet initial. Le Code du samouraï, ou le code/éthique du guerrier, n'est pas un document unique et codifié (y'a pas un bouquin avec écrit Bushido ou les règles du guerrier pour les nuls ;)): c'est un ensemble de textes tirant globalement dans la même direction mais avec de nombreuses approches et différences, et, plus que parfois, des contradictions et des divergences d'opinion entre les personnes et entre les époques, comme dans l'éthique chevaleresque. L'hagakure et le Traité des 5 anneaux sont les plus célèbres, mais ils ne reflètent pas tout. Si l'éthique guerrière vient autant des clans des débuts que du Bouddhisme Zen, on constatera dans cette vaste macédoine de références des rejets massifs du bouddhisme comme du taoïsme, ou à l'inverse du confucianisme, des versions totalement anti-influence étrangère comme des versions ultra-militaristes (le guerrier ne fait que la guerre ou la prépare; tout le reste est annexe) ou, à l'opposé, une éthique générale de vie dans et hors des combats (le guerrier se fait aussi artiste et gentilhomme). Donc y'a à boire et à bouffer, comme chez nous. On constate aussi beaucoup de versions très romancées et idéalisées, complètement jusqu'au-boutistes, analogues aux errements de la chevalerie occidentale complètement irréaliste des XIIIème-XIVème siècles (on ne recule jamais, on fonce dans le tas car la stratégie c'est pour les tarlouzes....). D'abord, il faut retracer l'histoire du terme samouraï. Il y a de multiples origines possibles, le seul point commun étant que les samouraïs ont commencé en remplissant le besoin de guerriers professionnels motivés, et surtout d'une cavalerie efficace: - initialement, le japon a copié, au VIIème siècle, le système de conscription chinois selon lequel il fallait pouvoir lever une importante armée mais où les hommes devaient fournir leur propre équipement; on alignait donc la masse mobilisable sur la répartition des revenus, ce qui pouvait mobiliser environs 1/4 de la population masculine. A cette époque, le terme "saburaï" n'est que l'appellation d'officiers d'administration de rang médian. Mais ce système n'eut, au final, pas de grande efficacité pour les ambitions impériales d'expansion, consistant plutôt en une armée défensive. Il fut aboli vers les IXème-Xème siècles. - il avait déjà été remplacé dans les faits par l'émergence de clans guerriers, d'origines nobiliaire ou paysanne, qui louaient leurs services ou se rattachaient à de grandes maisons plutôt que de se fidéliser auprès de la maison impériale alors en perte de vitesse face aux grands seigneurs féodaux. L'émergence d'une caste guerrière, dont les clans proviennent au début de toutes les strates de la société (de la maison impériale jusqu'à des groupements de paysans et artisans) est donc indissolublement liée aux affrontements entre pouvoirs locaux, aux répressions de soulèvements paysans et à l'affirmation des provinces, ce qui multiplie les causes de conflits et concourt de l'expansion permanente et auto-entretenue de cette caste. Les clans se rattachent indifféremment à des maisons nobiliaires, à de riches propriétaires terriens ou, parfois, à des communautés locales. - l'aboutissement de cette évolution arrive à la fin de l'ère heian (fin XIIème siècle) et l'établissement du 1er shogunat, ou l'avènement de la noblesse militaire: entretemps, via la fixation des clans guerriers localement, les mariages et mélanges, la participation aux affaires, l'acquisition de prestige et l'enrichissement, ces clans devinrent une noblesse militaire en partie distincte de l'ancienne aristocratie, aussi concurrencée par les nouvelles couches de grands propriétaires terriens (eux aussi mélangés aux guerriers). C'est une redistribution de la carte politique. La haute aristocratie, impériale, religieuse et clanique, est alors distincte de cette noblesse des bushi, à la fois noble et guerrière, mais qui détient désormais le gros de la puissance effective. "Samouraï" est un terme ambigu, surtout à partir de l'ère Edo (du XVIIème siècle jusqu'à l'ouverture de l'ère Meiji au XIXème), étant donné qu'il recouvre à la fois, en appellation générale, l'ensemble de ceux qui suivent le bushido, la voie du guerrier, mais aussi une distinction sociale très précise. Celle-ci fait du samouraï un guerrier, mais pas forcément noble, ou même pas forcément rattaché à un fief ou un chef (le rônin, malgré son errance et le mépris qui va avec son statut, est un samouraï). Seuls les bushis (alors que c'était une appellation générique avant le Xème siècle, voulant dire "homme d'armes) représentent le haut du panier de la caste guerrière, notamment en fournissant le gros de la cavalerie. C'est parmi les bushis que sont choisis les daimyos et dirigeants de fiefs assez gros pour être appelés hans (par courtoisie, voir mon post plus haut). A partir de l'ère Edo, il devient même dur pour des non-bushis de se voir confier des fiefs mineurs (sauf dans les bleds paumés). Mais quand une armée est formée, le samouraï a quand même un rang supérieur, par son éducation (plus ou moins poussée selon les origines), son professionalisme, la voie qu'il suit et son statut moral; en-dessous de lui, les soldats de conscription ou même des professionnels permanents non samouraïs, lui sont subordonnés (les ashigarus: archers et fantassins lanciers-piquiers surtout).
  15. Les tendances démographiques à 30 ans ne sont pas valables: on sait maintenant que la démographie n'est pas une affaire de cycles si longs. Pour l'analyse économique, j'ai peur que ce soit pas si évident. Pour la conséquence militaire et, à l'arrivée, en termes de puissance, aucun bouleversement géopolitique: globalement, même dans les cas GB et France, la dépense reste très basse en proportion du PIB, et l'échelle de nos pays n'est pas gigantesque. Si tout se réalisait selon ces prévisions optimistes, il faudrait aussi que la dépense passe à 3-3,5% du PIB pour avoir quelque chose d'un peu sensible (avec accessoirement une rationalisation de la dite dépense). Et encore, ce serait en grande partie contrebalancé par l'expansion militaire des autres grands pays du monde et la redistribution plus multipolaires des cartes de la puissance.
  16. C'est pas la surpopulation qui a déclenché les premières tentatives d'invasion de la Corée: la seule surpopulation qu'il y a est celle de samouraïs et de militaires (les délimitations sont encore floues, et beaucoup se retrouvent rônins) suite à la période de guerres civiles dont le pays sortait. L'invasion de la Corée est alors un pis-aller ou un prémice (on n'est pas sûr) à une invasion de la Chine, mais c'est surtout un exutoire politique pour maintenir l'unité du pays, encore très fragile à ce moment. Même l'invasion de la Corée au XXème siècle n'est pas tant un problème de surpopulation que de débouchés commerciaux pour un pays en plein boom industriel, ainsi que d'approvisionnements. Les terres arables sont un objectif, certes, mais loin d'être le premier. Et la logique d'affirmation nationale et de conquête d'un espace client et sécuritaire viennent bien avant.
  17. La quasi totalité des samouraïs étaient payés directement en nature: si l'unité de compte de leur paie, le koku, est une mesure de riz théorique (nourriture d'un homme pour un an, soient 180 litres), dans les faits, c'est souvent ainsi qu'elle était payée, directement, en raison de la rareté du numéraire et des métaux précieux au Japon. La réforme Meiji, en supprimant cet unique source de revenu, condamnera ainsi la majorité des samouraïs à la misère, et la suppression de leurs devoirs et de leurs signes distinctifs leur enlèvera ce qui fait leur dignité, ce qui explique pourquoi l'essentiel des soulèvements post-Guerre de Boshin sont le fait de petits samouraïs étranglés et sans moyens de se reconvertir. Ce qui sauvera l'essentiel d'entre eux est leur éducation, excellente, qui fera d'eux le gros des bataillons des premiers universitaires japonais dans tous les domaines (mais surtout la presse et les forces armées). L'organisation féodale se faisait autour des Hans, (qui deviendront plu tard, avec quelques remaniements, les préfectures actuelles du Japon), le domaine féodal essentiel, dirigé par un daimyo (représentant du shogun sous les Tokugawas, et nettement moins un seigneur féodal, contrairement à la période précédente) ou un samouraï. Un Han est un domaine avec son propre gouvernement (pendant la période Edo, celle des Tokugawas, c'est un organe du gouvernement central, au moins en théorie), représentant l'équivalent d'au moins 10 000 kokus de revenus annuels. Il est divisé, pour l'administration locale, entre les samouraïs vassaux du daimyo. Si l'un de ces domaines vassaux représente 10 000 kokus ou plus (souvent le cas dans les domaines riches), il n'acquiert pas le nom et le statut légal de Han légalement, mais on l'appelle ainsi par courtoisie. Et son dirigeant ne devient pas non plus un daimyo, et n'est pas au service du Shogun, mais bien de son daimyo, selon le lien féodal qui repose avant tout sur le lien de personne à personne. Le Han, en statut et en organisation légale, est un échelon politique puissant. Donc les domaines riches peuvent de fait compter des clientèles nombreuses et puissantes, en réel et en statut, qui n'ont pas de devoir particulier direct à l'égard du Shogun. Le point de la réforme Tokugawas est de réorganiser les Hans de façon plus équilibrée (pour contrebalancer l'évolution des propriétés vers la concentration à l'époque précédente) et de placer à leur tête des hommes qui lui prêtent directement serment, de gré ou de force. De fait, chaque daimyo devient un vassal direct des Shogun Tokugawas. Il est à noter que la caste des samouraïs ne devient héréditaire qu'à partir des années 1580, quand une loi de Toyotomi Hideyoshi (lui-même fils de petit paysan) le décrète, sans doute initialement moins pour en fermer l'accès que pour clarifier le statut de samouraï auquel, à un moment, quasiment tous les hommes japonais, embrigadés dans telle ou telle formation militaire pour les guerres féodales/civiles, auraient pu prétendre, tant sa définition était floue et plus traditionnelle qu'autre chose (le staut n'avait jamais été prévu pour être confronté à des cas de mobilisation massive de la population). Du coup, de ce moment, les samouraïs deviennent des familoles, essentiellement celles liées directement ou indirectement aux 3 grands triumvirs (Tokugawa, Hideyoshi et Nobunaga). A cette période, le nombre de rônins, samouraïs exclus de ce statut, fut donc très élevé (problèmes de sécurité), mais ce ne fut que l'affaire d'une génération. Sous les Tokugawas, la fonction guerrière s'affaiblit (absence de conflits) au profit de tâches administratives, de carrières de lettrés, de fonctionnaires et de courtisans.... La fonction judiciaire elle-même (le samouraïresponsable d'un fief avait droit de vie et de mort sur ses administrés, et pouvait administrer une sentence directement, sans jugement) n'est que peu remplie, au profit de tribunaux plus réguliers. Donc, du XVIIème au XIXème siècle, le rôle guerrier s'affaiblit, devenant plus un enseignement théorique, mais conservant néamoins un haut niveau d'entraînement et de discipline individuels.
  18. Face à une menace extérieure, il n'y a jamais eu de problèmes d'union, parce qu'en théorie, et dans les quelques cas pratiques, la structure féodale du Japon est infiniment plus dense que celle qu'on a eu en occident (caste guerrière nettement plus vaste notamment). Et il y a eu en fait peu de menaces extérieures: 2 fois les Mongols, 1 fois les Coréens (et là c'était en fait plus les Japonais qui ont essayé d'aller en Corée, avec craintes de représailles à un moment).... Et dans 2 cas sur 3, y'a un typhon qui a trucidé l'essentiel de la flotte chinoise mongole très mal préparée (surtout en raison de la mauvaise volonté des Chinois occupés d'obéir aux Mongols et de bien conseiller ces ignares de la chose navale).
  19. Ainsi que les trucs sur le port de la natte et celui du daisho (katana + wakizashi ou tanto). Les armées des soulèvements des années 1870 ne sont plus que des petites forces régionales qui n'ont pas les moyens de s'organiser et cherchent plus à protester à leur niveau: celle de Satsuma est la seule un peu sérieuse et a d'autres objectifs, et de fait, malgré son échec, elle portera ses fruits, comme c'est illustré dans Le dernier samouraï, car c'est à partir de là que la pensée japonaise moderne se fonde vraiment et crée son propre modèle plutôt que s'occidentaliser totalement en suivant les conseillers européens dans tous les domaines. Il ne faut pas oublier que certaines de ces révoltes et beaucoup de protestations qui ne dégénèrent pas en conflit vont dans ce sens, justement au nom de l'empereur et d'un patriotisme/nationalisme devenu rapidement important par la présence d'étrangers qui donnent aux Japonais une conscience d'eux-même comme pays entier qui n'avait jamais existé avant (propre du monde féodal). Le mot "samouraï" veut dire "servant" (en théorie de l'empereur), et dans des cas comme celui de Saïgo Takamori, l'intention était bien de servir en ce sens, et non de gagner connement le conflit et d'imposer sa voie au sens strict. C'est pourquoi nombre de pardon et de réhabilitations ont eu lieu pour un grand nombre de personnages illustres, par leur rang ou leurs actions, du Bakufu ou de la révolte de Satsuma, et c'est pourquoi ces figures restent très populaires et nullement considérées comme des traîtres. La guerre de Boshin ne doit pas être perçue comme un affrontement entre archaïques et modernistes, mais avant tout comme une lutte de pouvoir qui achève une longue tradition, entre les tenants du système féodal (pas incompatible avec une forte modernité) et ceux de l'empereur (mot mal traduit: l'empereur, pour beaucoup de Japonais, s'apparenterait bien plus au pape qu'à un souverain temporel). Les armes à feu sont bien introduites par les Portugais et les Hollandais, mais sîtôt fermement installé au pouvoir, Tokugawa Ieyasu en fait interdire la fabrication et l'utilisation militaire, surtout aux pouvoirs locaux des autres Daimyos. Il instaure un monopole de fabrication centralisé, en restreignant au maximum le nombre d'experts et de fabriques, ainsi que d'unités, si bien que rapidement, seules quelques armes sont produites chaque année dès la fin du XVIIème siècle, et ne sont plus réservées qu'à un usage cérémoniel (cadeau à des courtisans) ou à la chasse. Aucun progrès n'y est réalisé, et il n'y a pas de quoi équiper des unités militaires, surtout avec des produits qui tiennent plus de l'oeuvre d'orfèvrerie qu'autre chose. C'est un cas de régression militaire volontaire afin de conserver le pouvoir des Tokugawas et de stabiliser le pays, traumatisé par la guerre civile qui se termine à Sekigahara, plus grand massacre de l'histoire intérieure du Japon. Quand arrivent les premières missions militaires étrangères dans les années 1850-1860, le Japon est redevenu ignare en matière d'usage militaire des armes à feu.
  20. Grandiose: film de Kurosawa, c'est une adaptation du thème du Roi Lear au japon féodal. Aussi de Kurosawa, et palme d'or à Cannes, Kagemusha, l'ombre du guerrier. Attention, les armées féodales japonaises ne sont pas des levées comme les nôtres. La classe des samurais, ou plus exactement bushis (guerriers) est infiniment plus nombreuse, en proportion dans la société, que notre classe nobiliaire (pourtant, celle de la France est, proportionnellement comme en absolu, une des plus nombreuses d'Europe au Moyen Age), ce qui offre un volant de professionnels de la guerre extrêmement important. Pour les résistances au changement pendant l'ère Meiji, il faut avant tout noter que c'est une division de la classe des samurais, qui recoupe surtout une vieille ligne de fracture du Japon, entre le régime shogunal/féodal (aligné sur le plus puissant des clans, les Tokugawas, depuis la bataille de Sekigahara), ou Bakufu, et le régime impérial centralisé. C'est une vieille cause d'affrontements au Japon, entre féodalisme/régionalisme et Centralisme (un peu comme la dernière de ces occasions que fut la Fronde en France). Mais la Guerre de Boshin, entre Bakufu et Empereur, voit une division de la classe guerrière et l'affrontement de 2 armées modernisées/en cours de modernisation. La 1ère mission militaire occidentale est alors une mission française, et elle avait été envoyée auprès du Bakufu (ses membres quitteront d'ailleurs l'armée pour rejoindre le côté shogunal comme volontaires). Faut oublier l'imagerie du Dernier Samouraï, on a pas une armée médiévale contre une armée moderne centralisée, mais 2 armées mêlant des éléments tradi et modernes parce qu'elles ne sont qu'en cours de mutation. Et même aprèsla fin du bakufu, les multiples soulèvements féodaux des années 1870 (résumés par le film avec Tom Cruise) ne se font pas sabre contre canon: ce sont les soulèvements de Akizuki, Hagi, Saga, Shimpuren, et surtout Satsuma (dirigé par la grande figure de Saïgo Takamori, très populaire au Japon et inspiration du même film).
  21. Et surtout les promesses de carrières de reconversion pour les militaires et hauts fonctionnaires de la défense, les boulots de consultants à mi-temps.... C'est très incestueux ce milieu-là. Et comme souvent avec l'inceste, surtout dans les hautes castes déjà un peu consanguines, ça fait des enfants pas très réussi et bien trop chers pour ce que c'est.
  22. Tancrède

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    Merci Aqva, ça fait des pages et des pages que je répète ça: tu l'a bien synthétisé. Sur ton point 3, je crois que c'est un cas désespéré que d'arriver à essayer de faire comprendre aux "bonnes âmes" qui te rabâchent sans arrêt les mêmes "valeurs" creuses, que l'universalisme et les soi-disant Lumières (comme quoi c'est tout obscur avant, ce qui est d'une infinie prétention, surtout quand on voit les délires abstraits du XVIIIème siècle) sont des absolutismes moralistes abstraits et dangereux, et surtout sans réelle assise. Ils n'ont du leur succès que dans le cadre de nations et de sentiments et cultures forts et bien existants, qui sont le premier ciment d'entités et de communautés politiques. Et comme tous les absolutismes moraux et politiques, ils portent en germe des impératifs radicaux absolus, comme les monothéismes. Verhofstadt nous fait juste la démonstration de l'eurocratie théorique et abstraite avec du blabla de bons sentiments et l'éternel usage de "l'Etat-Nation, ce fléau porteur de guerre", contrairement au saint commerce et à "l'union dans la diversité" qui sonne si gentiment et si creux, surtout quand on sait visiblement si peu ce qui cimente un ensemble politique. Pitié, sortez-moi ce petit personnage creux sensé être, ou passer pour, un quasi fondateur!
  23. Tancrède

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    Un peu plus délicat à manier que ça, comme concept: la laïcité n'est pas exactement un régime de liberté de culte, sinon la plupart des pays d'Europe seraient dits laïcs, ce qui n'est pas le cas. La Laïcité n'est pas un fait neutre comme la tolérance religieuse. Nous sommes une République à la fois laïque et unitaire (par opposition à communautaire/tariste, que les communautés soient géographiques, culturelles, ethniques, religieuses....), et la laïcité est plus qu'une simple liberté de culte: c'est un principe actif, et si on veut une sorte de religion civique d'Etat. C'est délicat à définir et ça renvoie en fait à la différence de perception du fait religieux dans l'Empire Romain, lorsque les chrétiens sont apparus: l'exigence du culte rendu à l'Empereur, en fait à l'Empire lui-même (comme celui rendu à l'Urbs et à la République avant César) posait problème aux monothéistes, alors qu'il s'agissait d'une religion civile et sans transcendance, qui n'exigeait même pas la foi ou une quelconque conviction métaphysique, seulement une observance afin de perpétuer le "culte" de Rome et de l'union des Romains dans toute leur diversité. En aucun cas il ne s'agissait d'une religion au sens où nous l'entendons, et la "divinité" de l'empereur n'était pas prise comme c'est souvent caricaturé au cinéma (seuls les tarés comme Caligula ont pu y croire). Les Romains observaient ce culte, mais leur religion au sens où nous pouvons le comprendre (croyance métaphysique et foi) était une affaire privée gérée au niveau familial (le père de famille est le prêtre de sa maisonnée), et consistait en un culte des ancêtres assez simple. La religion d'Etat est un culte civique et un acte de citoyenneté, pas un acte réellement religieux: les prêtres sont des fonctionnaires officiant et conservant la tradition, rien d'autre, et ce sont des corrompus de première sans exigence d'une moralité ou d'une dévotion quelconque. Après l'Edit de Caracalla (extension de la citoyenneté à tous les habitants de l'Empire), cette distinction a eu de plus en plus de mal à être comprise par les populations, et particulièrement les monothéistes, qui plaçaient du coup leur religion au-dessus de l'Etat romain, manifesté par ce culte, au final très comparable à la sacralité républicaine française (idée de la nation, cérémonies diverses, fêtes nationales, decorum, hymne national, serments, service national quand il existait, législation sur la trahison et la haute trahison, trésors et monuments nationaux, rôle et place de l'Education -et non de l'Instruction- Nationale....). Plus que la liberté de culte, la laïcité est l'idée que dans l'espace français, le projet qu'est la République passe avant les religions privées, en dernier recours (ce qui a des conséquences dans tous les domaines). Et ce projet, je le rappelle au cas où, est fondée sur les droits des individus et leur liberté: l'idée du non port du voile à l'école recouvre plus simplement le fait que les élèves ne sont pas des citoyens et que l'école est là pour les sortir de leur cocon et de leur milieu (famille, origines, religion....) et les ouvrir sur un plus vaste panel de choix, en essayant de leur enlever les oeillères spécifiques à ce milieu (tout le monde en a). A leur majorité, ils auront ainsi plus de possibilités de faire un choix mieux informé et libre (loin d'être la perfection, mais c'est mieux que si on les laisse baigner dans un jus communautaire où il n'y aura jamais de choix que pour les très volontaires ou écoeurés -peu nombreux. Pour ça, il s'agit donc de bien plus que de décréter à l'école "qu'il faut respecter tout le monde tel qu'il est et ne pas chercher à le brusquer". Sans devenir un hussard noir ou refaire les persécutions anticléricales de 1905, désolé, mais les petits musulmans sont à l'école pour entendre Voltaire dire des trucs que beaucoup d'imams condamnent, les petits catholiques d'entendre des athées et anticléricaux, les petits athées une remise en perspective des religions.... Précisément parce qu'ils n'auront pas ça à domicile. Et après l'école, c'est pas terminé non plus. Donc non! La laïcité n'est pas une vague tolérance neutre.
  24. Tancrède

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    Faut pas non plus être un ultra-conservateur rigide qui veut conserver le dictionnaire du XVIIIème siècle. Les invasions linguistiques étrangères ou tics de langages sont des tendances et des tentatives permanentes dont 99% disparaîtront en quelques années, quelques décennies au pire, pour céder la place à de nouvelles. Le 1% qui sera conservé (on ne sait trop comment: ça "prend" ou pas) participera lui de l'évolution de la langue dans le temps long. De toute façon, on caricature trop souvent ces "menaces" comme étant des "phénomènes de société" (terme censé donner une légitimité) afin d'évoquer du phénomène de masse, alors que de multiples déclinaisons ou d'autres tendances verbales ont lieu au même moment mais n'ont pas la même couverture ou approbation des critiques et préjugés en vue (le "parler banlieue parisienne" a ainsi plus droit de cité que d'autres tendances). Dans les faits, toutes ces tendances sont les plus souvent localisées géographiquement et/ou socialement. Le franglish, c'est quoi? Quelques tics techniques pour parler business chez les CSP+ (qui reparlent nettement français à la maison), quelque chose de totalement différent chez les djeunz standards, et quelque chose d'encore différent chez les djeunz de banlieue. Qu'il y ait des problèmes dans l'enseignement du français est une chose, mais faut pas prendre l'anecdotique et l'éphémère pour la réalité globale et durable. La langue est avant tout, et est encore, le véhicule par lequel on se comprend, non seulement au niveau des mots, mais plus encore des concepts qu'ils transportent et évoquent, et de la culture à laquelle ils font référence (un mot en français fait généralement appel à une définition implicite; mais traduisez ce mot en anglais, et un anglais entendra une définition différente qui fait appel à sa propre culture et à la façon dont elle voit ce concept). C'est l'outil commun. Que chacun se fasse un patois pour sa vie courante, ses conversations entre potes et sa niche professionnelle, c'est pas comme si c'était nouveau.
  25. Tancrède

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    j'adore lire ce genre de débilités démago (c'est vraiment un con, ou juste une pourriture opportuniste comme les autres?), surtout quand, dans le même article, il y a ce racisme latent et inconscient quand il fait référence à la coupe du monde 98 et aux "capacités sportives" données par l'immigration: mais oui, c'est bien connu M. Verhofschmurtz, les noirs courent vite, ils ont le sens du rythme (et une grosse....) et ils ont des mains à la place des pieds (pour mieux jouer au ballon, spécialisation économique oblige), les arabes aussi savent cavaler, les asiatiques sont industrieux (c'est biologique, sûrement), les blancs sont les plus malins et les meilleurs chefs (on retrouve beaucoup ce préjugé là chez les WASP), les sud-américains sont des flemmards et les bretons sont têtus et poivrots. Je sais, j'en oublie des milliers, mais c'est juste ce que m'évoque la diarrhée débile de cet abruti.
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