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Tout ce qui a été posté par Tancrède
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Et les milices paramilitaires de grands propriétaires fonciers et narco-traficants, faut pas s'en occuper? oups, j'oubliais, c'est le parti du président. On trouve toujours quoi faire de milliards de dollars :lol:.... Mais ça me dit pas si la guerre blindée est la réponse stratégique la plus pertinente, considérant la géographie. La Colombie a pu mettre sur pied une excellente armée d'infanterie très mobile et bien armée; renforcer l'aéromobilité, l'aviation d'attaque, l'artillerie et les capacités antichar me semble a priori plus logique que développer une force blindée qui sera restreinte dans ses possibilités de déploiement.
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[Liban] Archive
Tancrède a répondu à un(e) sujet de dr.watson dans Politique etrangère / Relations internationales
Ah non, tu mélanges déjà tout! Le point est justement qu'on ne peut pas retrouver les vrais coupables dans la masse, alors on fait pas dans le détail: faut choisir, c'est tout l'un ou tout l'autre. D'un côté le feutré et suave, le chirurgical, le renseignement, les opérations spéciales, les enquêteurs, les disparitions dans la nuit des méchants très méchants, avec un volet coeurs et esprits (eau, électricité, infrastructures, financements....) pour le bon peuple qui n'en peut mais.... De l'autre, c'est la répression absolue, brutale et sauvage, les pleurs et les cris des innocents vite étouffés sous les bombes et les chars, mais pas à l'Israélienne: à la romaine ou façon Alexandre à Thèbes. Et avec la devise de Simon de Montfort (qu'il n'a pas dite d'ailleurs), "tuez les tous, Dieu reconnaîtra les siens", ou la recommandation de Charles IX pour la St Barthélémy: "qu'il n'en reste pas un pour venir me faire des reproches". Toute tentative du cul entre 2 chaises mène à l'absolu pourrissement. Et encore une fois, les Leclercs roulent mal sur des constructions en béton: faut aplanir avant d'envoyer la cavalerie. Après tout, on envoie des AuF1 et des Caesars pour qu'ils soient battle proven, non? -
Les Irakiens pourraient aussi avoir un petit bonus, vu que les Ricains se demandent s'ils vont pas laisser derrière eux les milliers de MRAP dont ils ne veulent pas et dont le rapatriement est hors de prix.
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Quel besoin la Colombie a d'un tank lourd? Elle craint une guerre blindée avec qui? Chavez? Y'a des espaces dégagés suffisants pour ce genre d'affrontement, du moins à des échelons un peu grands?
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[Liban] Archive
Tancrède a répondu à un(e) sujet de dr.watson dans Politique etrangère / Relations internationales
Euh, les villages, c'est quand même souvent des constructions en béton, même sans étages, pas du torchis ou des huttes. Au sabre, ça va être un peu rude pour les bras. Et tu risques d'abîmer sérieusement la lame, et la MCO des lames de sabre, vu le nombre d'artisans aujourd'hui, c'est vraiment du gâchis. Même les conventionnels fanatiques de 1793 savaient que pour réprimer du royaliste dans son environnement urbain, il fallait des charges au sabre de la cavalerie ET du canon (bon d'accord, ils tiraient les royalistes parqués dans un coin de caserne avec le dit canon et à mitraille, mais bon). Et Napoléon, rue St Roch, n'a pas fait autrement le 13 vendémiaire: au canon dans la rue du faubourg St Honoré! A unités égales, ce sont les Leclerc qui doivent faire ça: à la chenille et à la doucette, pas au 120; mais après l'artillerie, sinon ça passe pas et on fait mal les coins (et c'est pas bien de les oublier comme te le dirait une femme de ménage). -
Pour continuer dans la métaphore, un rachat de concurrent, ça vise le plus souvent à l'éliminer et à récupérer sa clientèle, plus qu'à prendre sa capacité de production ou son savoir-faire; ça procède de la rationalisation de son dispositif en optimisant son ratio coût de structure/CA, ce qui est aussi le but recherché dans les BDD. Le problème est que pour l'instant (mais ça a à peine commencé), les structures s'additionnent, et personne n'a mangé personne. Au final, il manque un réseau informatique unique, une harmonisation franche et nette des procédures, des critères, du "produit" (le suivi du militaire, l'administration de base....) et des systèmes administratifs. En l'état, il est vrai que ça semble plus si con de créer un corps administratif unique échappant aux chapelles de commandement. On regrettera les possibilités de souplesse que le système actuel peut donner aux grands EM (qui grapillent ici et là pour mener des programmes à bien.... Parfois), mais au final, faut pas pousser mémé: le décideur central doit décider, et laisser des systèmes juxtaposés en espérant qu'ils s'accomoderont fera plus de mal que de bien. Bref, faut utiliser une bien vieille recette que l'Etat a utilisé depuis très longtemps.... Depuis Louis XI en fait, avec les commissaires des guerres. Mais surtout, c'est comme ça que Richelieu, puis Letellier et Louvois ont procédé, en envoyant les intendants remettre de l'ordre dans le bastringue, et spécialement les intendants de guerre. Un arbitre cruel et unique détaché des chapelles qui se fera détester à l'unanimité! Une gestion interarmée appelle une administration interarmée, et non la cogestion inefficace façon soviets de garnisons. Ben c'est pas un mystère; c'est tout le but de la réforme, pour le meilleur et pour le pire. Les économies sur la gestion, tu crois que ça viendra d'où? Le problème est qu'il y a 3 chiens, et qu'ils ont tous la rage. Le plus gros dossier politique, c'est la carte militaire; c'est ce qui coûte le plus en capital politique au gouvernement. S'il faut en passer par là pour, à l'arrivée, concentrer à moins de 70 BDD (le dernier chiffre évoqué parle de 60 à 70) et arriver le plus possible à des grandes bases autour des bons terrains d'entraînement pour les 8 brigades interarmes, disons amen à la pilule, même si elle est rude au gosier. A propos, un commentaire sur le blog m'a intrigué: Je suis loin d'être assez calé en administration militaire, mais ça tape des points qui parlent. Ceci dit, le contrôle général semble être trop limité à un type de mission pour être un corps d'administrateurs permanents. Mais le coup du recyclage des officiers dans l'administration, ça ça parle. Et il faudrait aussi mentionner le rôle des EM de tous les niveaux, qui me semble bien plus parasitaire que le ministère et Bercy réunis; c'est pas eux qui sont censés arbitrer au niveau des effectifs pour l'administration, la répartition des tâches, les allocations de budgets et micro-budgets en unités?
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[Liban] Archive
Tancrède a répondu à un(e) sujet de dr.watson dans Politique etrangère / Relations internationales
Dis Roland, tu souhaiterais pas une répression massive dans le sang, à base de chevauchée de Leclercs et EBG sur les villages après un carpet bombing d'artillerie, par hasard? -
[Liban] Archive
Tancrède a répondu à un(e) sujet de dr.watson dans Politique etrangère / Relations internationales
Apparemment, le hezbo cherche un prétexte pour recommencer à taper devant des caméras. -
http://secretdefense.blogs.liberation.fr/defense/2009/07/travaillant-dans-un-groupe-de-soutien-dune-base-de-d%C3%A9fense.html#comments Dernière en date chez JDM: les bases de défense en sont au stade des maladies de jeunesse. L'avenir dira si c'est curable ou non. Mais ça fout les jetons, surtout les commentaires d'insiders.
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Ben c'est pas une vision originale; j'ai pas inventé cette définition des 3 Guerres. Ceci dit, bien choisi avec le bouquin de Minois: c'est de très loin le meilleur ouvrage sur la Guerre de Cent Ans que j'ai jamais lu, et je commence à en avoir quelques-uns au compteur. C'était ma grande bonne surprise en bouquins historiques en fin d'année dernière. C'est un historien que j'adore réellement; pas un jeunot, mais il détonne dans l'école historique française en ne se limitant pas à l'histoire structurale (école des annales), en refaisant de l'histoire bataille, en soulignant la psychologie des comportements de l'époque, en expliquant aussi le domaine militaire (grave lacune des historiens français, trop marqués par l'école des annales, même les grands médiévistes comme Heers ou Duby) et en essayant de chiffrer et quantifier tout ce qu'il peut (revenus commerciaux et fiscaux, niveaux des productions, armées, intendance....) en usant aussi des sources archéologiques et de chiffrage historique souvent méprisées par les puristes des sources écrites seulement. Pour note: son Henry VIII et son Charles VII sont excellents de même que son étude sur le mythe du Traité des 3 imposteurs.
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Je vais poser une question de niais, mais dans l'article de Chassilian, on évoque le nombre de Leclercs fabriqués: y'a jamais une carcasse, une fois qu'on a fait tous les essais possibles et qu'on a vampé ses pièces détachées dans les zones intimes ;), qu'on a utilisé comme cible d'exercice? Juste histoire de voir ces affirmations peut-être gratuites comme quoi "un Leclerc résiste au tir d'un autre Leclerc", arc frontal ou pas.... Ou il n'y a qu des tirs d'essais en environnement contrôlé sur un échantillon de blindage? Coquinou, Gally; mais si ça se trouve, c'est des jerrycans de gnôle. Un bon jaja bien explosif, c'est pas un genre de tuile réactive?
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Tu as quand même un petit poil extrapolé sur la comparaison du domaine particulier du tir là où cet article parle des résultats aux benchmarks en général ;). C'était une pinaillerie juste pour préciser où se situe mon commentaire.
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Ben, relis, parce qu'on a en l'occurrence la même source; de mon côté, je parlais juste de la fonction tir en marche, pas des jugements sur les chars en général (qui reposent aussi d'ailleurs sur les besoins, la notion de meilleur dans l'absolu étant une stupidité de gamin boutonneux cherchant le trollage sur forum). Ceci dit, je suis surpris par l'autonomie du Léo 2; je sais qu'il était prévu pour la guerre blindée en centre allemagne (100 bornes de profondeur à tout péter), mais quand même....
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Surtout que vu la capacité de transport interne, les sections de combat pourraient embarquer en entier, avec les équipages VAB, et donc débarquer des GC à pied plus fournis. En temps de flux tendus des effectifs, c'est pas forcément du luxe. L'expertise comme la rationalisation de parcs pas gigantesques commandent une telle évolution: c'eut par exemple été une belle reconversion pour les circulateurs du 601ème RCR, vu que de telles unités de transporteurs offensifs concourent autant du métier de tringlot que de celui d'équipage de combat. On répartit feu le RCR en 2 Cies ou 2 Escadrons (histoire qu'ils gardent leur nom), on les atrribue à l'infanterie ou à l'ABC pour le chic, et chenillez jeunesse! Je sais même plus où en sont aujourd'hui le besoin exprimé et la commande existante/prévue (2 concepts très différents), mais y'en aura quand même pas une masse énorme, donc autant répartir rationnellement dans 2 unités les armés et les pas armés, les organiser dans des unités pensées pour leur usage et leur foutre des équipages qui réfléchissent et s'entraînent pour cet usage. Les fantassins deviendraient des passagers prenant la solution clé en main, ce qui serait mieux que leur filer un double parc de véhicules, voire un triple (les mécas sur VBCI qui vont servir aussi sur VAB en OPEX, et sans doute sur VHM à l'occasion en Afghanistan :lol:).
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Le problème est que c'est un vieux débat que les nouveaux chars (coréen, turc, japonais, mais aussi le futur feu FCS américain) passent à l'auto qui n'est plus l'espèce de mécanique soviétique des T-62 qui a créé tous les clichés. Les Merkava ont une logique différente étant donné qu'ils sont, fait unique, capables de transbahuter du peuple, et surtout sont de moins en moins conçus dans l'optique de vastes charges de masses blindées, mais bien d'opérations lentes: leur protection compte plus, et le besoin d'aligner 20 chars adverses en une demi-seconde à 80 à l'heure sur des montagnes russes préoccupe apparemment peu les opérationnels ;). Là où le débat est stupide, c'est qu'on a trop répété que le Leclerc était "le seul à tirer en mouvement", par rapport aux autrs chars qui ne le feraient pas. Ca a versé dans l'excès inverse, évidemment. On oublie que le tir en mouvement se pratiquait déjà pendant la 2ème GM (de façon plus.... Improvisée, certes :lol:). Ze point fort du Leclerc est que le tir en mouvement sur un adversaire en mouvement peut se faire à plus que 15 km/h, et sur un terrain très accidenté. j'ai pas encore croisé d'opérateur Abrams et encore moins challenger qui sache faire. Pour le Léo, j'avoue que je sais pas: chaque fois qu'il est prouvé qu'une version ne sait pas faire un truc, les Allemands sortent un nouveau numéro du Léo2 qui sait faire :lol:, ou une nouvelle lettre avec le même numéro. Y pourraient pas sortit le Léo3 qui sait tout faire, et arrêter de nous emmerder?
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Euh, le coup du rechargement en mouvement sur terrain accidenté, ça n'a rien d'un truc marketing; c'est un fait qui a présidé à la conception même du Leclerc. Ce qui est un cliché, ce sont les faisceaux de critiques sur les chargeurs automatiques, qui datent essentiellement des années 70. J'ai pas dit ça; juste que des marchés publics, surtout dans l'armement, se jouent sur beaucoup de choses, et que le produit lui-même n'est pas un gros facteur dès lors qu'on a passé un standard minimum. Tous les chars étaient bons, et les à-côtés industriels et technologiques sont généralement acquis ou en tout cas négociables. Ca n'est pas "saboter" un appel d'offre; saboter, ce serait prendre un M-60 dans les années 2000 du moment que le pot de vin est bon. N'importe quel négociateur ou hommes d'affaires pourra te dire que les appels d'offre sont une vaste blague par laquelle on est obligé de passer: les vraies décisions sont souvent prises avant, ou bien elles peuvent continuer pendant, mais ce qui est sûr, c'est que sauf accident majeur ridiculisant une offre, ce n'est certainement pas ce genre d'essais grandeur nature qui détermine la décision de ceux qui tiennent les cordons de la bourse. C'est un peu plus poussé que les avions faisant des ronds dans le ciel au Bourget, mais c'est pas le déterminant principal. Ces compétitions ne concernent que les opérationnels, et encore envoient-ils toujours des représentants pendant des années pour voir les matos qui les intéressent sur des terrains d'essais et dans les unités d'active. Faut pas croire que ces trucs là sont de vraies compétitions qui influent sur les décideurs. Il suffit de voir le poids des opérationnels dans la décision, là où c'est le plus caricatural, en Inde par exemple. On y a une mise en évidence extrême du jeu opposé des parties en présence.
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Je me demande si on ne ferait pas mieux d'en équiper une formation entièrement dédiée à leur usage dans la BM et dans une des 2 BLB, comme les unités d'AAV des Marines ou l'escadron dédié à cet effet chez les Royal Marines: 2 petits bataillons ou 2 grosses compagnies avec la totalité du parc et des équipages vraiment entraînés sur la bestiole, en montagne et en amphibie. Sinon quoi? On les foutra en double dotation aux côtés de VAB, avec entraînement quand c'est possible et envoi en opération au compte goutte? Si les RM pensent que c'est une formation dédiée qui doit les prendre en charge et jouer les transporteurs d'assaut, c'est peut-être qu'ils y ont un peu réfléchi.
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Pour ceux que ça peut intéresser, j'ai de la docu sur des sujets pas spontanément abordés sur les armées de ce temps et les changements dans les façons de penser la guerre. A la louche, quelques amorces rapides: - A partir de Louix XI, l'armée permanente atteint les 40 à 45 000h tout confondus (en temps de guerre, il faut y ajouter la mobilisation des milices, du ban et de l'arrière ban, et le recrutement de mercenaires éventuellement); cet effort est alors surdimensionné, et Charles VIII et Louis XII le font baisser, trop sans doute. Mais à partir des années 1510-1520, il devient quasi permanent et le total maximal augmente sous Henri II. Mais il faut souligner en outre que ce chiffre doit être doublé, car il ne s'agit que des combattants: ces guerres modernes de campagnes longues et lointaines, avec des armées nécessitant plus de matériel dans des territoires disposant de peu de surplus alimentaires imposent une logistique qu'on n'évoque jamais. Mais qui sait combien d'animaux de bât sont nécessaires pour de telles armées? Quelques chiffres pour illustrer: en 1490, l'artillerie de campagne compte 150 pièces (5 bandes), et les 75 tonnes de poudre dont elle a besoin nécessitent un charroi de près de 100 chariots (400 chevaux). Il faut y ajouter celui des boulets (qu'on ne taille plus en pierre sur place), celui du fourrage des bêtes, celui des vivres des hommes.... Le Maréchal d'Esquedres, papa de l'infanterie des bandes de Picardie, avait mené en Flandres une bande d'artillerie de 35 pièces, dont le déplacement nécessitait plus de 1000 chevaux. L'unité de compte logistique, à partir de Louis XI et jusqu'à Napoléon, c'est le chariot à 4 roues et 4 chevaux (1 tonne de capacité, grosso merdo). - l'artillerie est l'arme de la révolution de l'organisation militaire: par son coût, son appel à des savoirs-faires développés et des matières stratégiques pas si répandues, sa complexité, ses contraintes.... Les seules bandes d'artillerie permanentes en France sous Charles VII et Louis XI sont celle des Frères Bureaux, puis celle de Géraud de Saman, à côté des bandes mobilisées au sein des arsenaux: quel développement cela a t-il entraîné? Il faut aussi pouvoir se rendre compte de ce qu'implique l'artillerie en termes de coûts, de réserves et de mobilisation, au-delà des bandes qui accompagnent les armées de manoeuvre. Un exemple: la seule frontière nord de 1544, c'est 300 pièces d'artillerie (1 tonne en moyenne) avec 25 000 boulets et 100 tonnes de poudre en réserve, et une commande royale de 170 pièces supplémentaires, 24 000 boulets et 150 tonnes de poudre en plus. - les calculs de distances et "l'espace temps" militaire de l'époque: il faut multiplier les distances par 20 pour pouvoir penser en homme des XVème-XVIIème siècle. Si les Flandres bourguignonnes puis habsbourgeoises sont à 140 bornes de Paris et que la France est encerclée par le "chemin de ronde" des Habsbourgs, il faut multiplier cette distance par 20 pour comprendre les difficultés qui restent à mettre en danger le roi de France. Le calcul logistique existe bel et bien et détermine les capacités d'opérations, et donc de politique - les entiments nationaux et leur impact sur la motivation, la capacité de mobilisation, la "docilité" à payer l'impôt - les ordres de grandeurs de ressources nationales en termes de potentiel militaire: recettes fiscales, capacités de recrutement, ressources en matières stratégiques (fer, souffre, salpêtre, charbon)
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Il est pourtant assez simple au final (j'ai délayé, mais je l'ai restatué plusieurs fois) et tourne autour de mon postulat. Le terme "avoir une guerre de retard" est avant tout une formule abusive et facile qui est complètement faux parce qu'il ne peut vraiment y avoir, hors contrastes quantitatifs et qualitatifs vraiment caricaturaux, de telle situation, et plus encore parce que la décision dans une guerre ne se résume pas à l'aspect du seul outil qui a une place partielle dans la dite décision. Personne n'a jamais eu "une guerre d'avance": ça supposerait même qu'il n'y a qu'une façon de faire la guerre, et qu'on ne se répartit que selon le stade auquel on serait sur cette échelle unique et hypothétique. Bien sûr, dans le cas d'une guerre longue, il faut inclure les données politiques, économiques, industrielles, sociales, psychologiques, culturelles.... Mais si on essaie de limiter le sujet pour le rendre traitable, on écartera l'analyse approfondie de cet aspect de guerre longue et du processus d'adaptation, des 2 côtés, dans la douleur qui en résulte et qu'on a évoqué. Ce qui ramène au Premier Choc qui est le premier déterminant du conflit: c'est le lieu de l'inconnue, du chaos et du mouvement le plus grand de toute la guerre car les adversaires ne connaissent surtout que théoriquement eux-mêmes et leur adversaire. - On ne connaît que partiellement son propre outil, qu'il s'agisse de son matériel (qui depuis l'industrialisation et la mécanisation porte en lui sa grosse part d'inconnue: complexité, disponibilité, fiabilité, complexité des calculs de fonctionnements en synergie des matériels....), de ses hommes, de son organisation. - Mais plus encore, on ne sait pas à l'avance comment tout cela fonctionne ensemble, et bien sûr on peut encore moins faire cette analyse pour son adversaire. - Et la plus grande inconnue, j'ai essayé de trouvé un terme, mais il semble que le général Vincent Desportes utilise le même: on ne sait absolument pas comment les 2 dispositifs adverses vont "interagir" entre eux, à tous les niveaux, du plus simple échelon tactique jusqu'à la conceptualisation de la guerre. Et je souligne la partialité de cette lecture qui est avant tout centrée sur l'outil, que je souhaiterais ramener à sa juste place comme juste une des 3 grandes familles de déterminants de ce premier choc (et de la décision à la guerre, dans son aspect strictement militaire, en général): c'est mon tryptique qui sépare l'outil de la contingence et du commandement. La contingence représente le hasard à tous les niveaux, l'inconnue, les coincidences heureuses et malheureuses dans les opérations et la conduite de la guerre, somme de choses absolument non factorisables tant elles agisssent à tous les niveaux et en permanence, et sont donc innombrables. Mais la contingence, ce sont aussi les circonstances; les lieux, l'espace, le terrain, les distances, le temps, la météo, le climat.... le commandement, ce sont non seulement les décideurs eux-mêmes, les individus, mais aussi les schémas de pensée, les théories et conceptualisations de la guerre, les plans et les processus de décisions.... Et c'est pourquoi j'utilisais nombre d'exemples pour montrer que la contingence et le commandement décidaient bien plus que le différentiel qualitatif et quantitatif des outils, qui doit être absolument énorme, gigantesque (gabarit l'URSS contre la Mongolie extérieure, et encore si on se situe uniquement dans un schéma de conflit d'Etat à Etat), pour que là réside absolument le facteur de la décision. Le surinvestissement et la débauche disproportionnée de moyens déployés par les Brits en Afghanistan et au Zoulouland au XIXème siècle, ainsi que contre les Boers, semble en être une illustration particulièrement criante, de même que la campagne grecque de la Wehrmacht. De même, quand on compare les armées française et prussienne de 1806, il y a un très net décalage qualitatif, et il est même énorme: organisation, niveaux d'entraînement, motivation, homogénéité.... Je connais pas mal le sujet et je sais qu'il parle moins à pas mal de monde ici, ces armées "classiques" nous paraissant plus proches, en l'absence de mécanisation. mais croyez-moi, la technicité n'est pas moindre dans cette façon de faire la guerre, même si elle repose sur d'autres facteurs moins visibles (organisation des manoeuvres, donc du mouvement, et du dispositif, donc de la formation des unités, du niveau de la compagnie jusqu'au niveau de l'armée, règlement du tir et des autres modes de combat, réseaux purement humains de communciations, décisions dans l'incertitude....) pour nous. Là-dessus, le commandement prussien est très mauvais à tous les niveaux, les officiers réformateurs étant peu nombreux et complètement à l'écart. Et le commandement aux bas échelons n'est pas très bon: il est très routinier et obsédé par l'absurdité qu'est le drill du combat "géométrique". Au global, entre les 2 armées, c'est le jour et la nuit: un décalage qualitatif (le quantitatif étant relativement comparable) infiniment supérieur à celui de mai 40 (à côté des officiers prussiens de 1806, le haut commandement français de 40 est fait d'anars révolutionnaires). Et le niveau de prétention des Prussiens de 1806 est bien réel (pris dans le mythe frédéricien et le mépris aristocratique), contrairement à une armée française de 40 où seul Daladier (mais lui c'est pour la forme) et l'étranger semblent convaincus d'une armée française invincible. Et pourtant, Iéna et Auerstedt, par le jeu de la contingence principalement, mais aussi de menues incohérences de commandement côté français, et en fait de sommes de facteurs mutliples où le terrain ne joue même pas tant que ça, ces 2 batailles donc ont bien failli tourner dans l'autre sens. De même encore pour le premier choc de 1791-1792: où l'armée française n'existe quasiment plus mais tient pourtant pendant 3 ans face à des armées coalisées professionnelles et sur des théâtres où les conditions de la mobilité (et donc la possibilité de vaincre vite et d'atteindre Paris bien plus vite) sont infiniment supérieures à ce qu'elles étaient même pendant la Guerre de 7 Ans (le réseau routier a plus que doublé en moins d'un demi-siècle, et l'essor démographique et économique a multiplié les moyens d'approvisionnement: les distances sont bien plus courtes). Et pourtant, l'armée française déliquescente, quasi inexistante en 1791, a pu tenir pendant 3 ans (un long premier choc), le temps que le processus d'adaptation puisse commencer à porter des fruits. Et ce alors qu'elle n'avait quasiment plus aucun général compétent, un corps d'officiers décimé, des unités professionnelles peu nombreuses et sous-entraînées depuis près de 2 ans (on oublie la politique militaire de la convocation des Etats-Généraux au déclenchement de la guerre, mais elle est pas fameuse, et le budget fut quasiment coupé en 2), des unités de volontaires sans discipline, pas entraînées, non équipées et dont même pas un tiers sont armés, des Gardes Nationaux pas vraiment résolus à se faire hacher menu, des corps savants (artillerie et Génie) décapités, et plus encore, partout, des unités de Ligne et de volontaires qui ne s'entendent pas, ne se font pas confiance et ne veulent pas opérer ensemble (encore en 1793!). Pire encore, la Cavalerie: c'est bien simple: il n'y a plus de cavalerie française en 1791. L'entretien a disparu, et les officiers aussi. Et ça va durer pendant quelques années. Et on ne souligne jamais les ravages de l'idéologie et des commissaires aux armées, dont pas mal sont de vrais Zampolits avant l'heure (en 1791-1794, fait pas bon être général, même victorieux). Et pourtant, les résultats sont là, à partir de Valmy.
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Il convient, pour l'infanterie Pike and Shot, de souligner des différences nationales, plus sensibles à mesure que les armes à feu sont adoptées par des belligérants, sur les proportions de piquiers et d'armes à feu. Espagnols et Allemands, puis Français et Suédois s'avancent tous vers ce modèle piques-feu organique; les Suisses y accordent moins d'importance, préférant garder le modèle de la phalange massive (et moins articulée, mais plus solide). On notera d'ailleurs que les Guerres d'Italie ne sont pas leur apogée, mais le début réel de leur déclin, notamment après des batailles sanglantes où leurs pertes furent énormes, et en grande partie imputable à eux-mêmes. En effet, dans une armée, les Suisses étaient disciplinés au sein de leur unité, mais complètement indisciplinés au sein de l'armée, prenant des intitiatives souvent malheureuses, contraignant des généraux à la bataille, souvent dans de mauvaises conditions (pour faire du butin), leur confiance en eux-mêmes dépassant souvent les bornes de la prétention absolue. Suite à quelques campagnes à grosses pertes, ils se comportèrent de plus en plus comme des mercenaires partant en campagne, et pas tellement en guerre, cherchant à faire du butin et pas tellement à combattre. La défaite de Bicocca en 1522 fut la quintessence des défauts des piquiers suisses: l'armée française ne subit quasiment aucune perte, sauf son contingent suisse qui avait contraint à la bataille et s'enferra dans ses certitudes au point de se faire saigner à blanc. Après cette bataille, les unités suisses prirent de moins en moins d'initiatives. Mais on avait vu aussi bien des cas où ils tenaient véritablement leurs employeurs en otages. Les Anglais, eux, sont complètement à côté du mouvement. Pour bien cercler le sujet, symboliquement, on prendra comme début de période pertinente les années 1440 (qui voient l'établissement de l'armée permanente par Charles VII), et comme fin symbolique l'année 1708 qui voit l'unification totale de l'infanterie en France avec l'abandon de la pique et l'adoption universelle du fusil et de la baïonnette à douille (pour le panache, rappelons que la première charge à la baïonnette de l'Histoire est faite en 1693 par le régiment de Louvigny, plus tard régiment d'Ile de France et futur 39ème RI). Mais le gros du sujet commence réellement avec le règne de Louis XI (1461-1483), grosso merdo (c'est aussi là notamment que les piquiers Suisses surgissent réellement sur la scène européenne) et s'achève surtout avec la Guerre de Trente Ans, voire même s'arrêterait avec les années 1550 où l'essentiel des mutations est accompli. Après, on raffine. L'infanterie française permanente J'en profite pour préciser ce que sont nos Vieilles Bandes, créées par Louis XI, première infanterie professionnelle permanente (il y eut aussi les francs archers, une milice conscrite de faible qualité) et ancêtre de nos premiers régiments et de toute notre infanterie. Genèse C'est au Camp de l'Arche qu'est née la 1ère des vieilles bandes entre 1479 et 1482: en profitant des compagnies de gens de pieds maintenues depuis la fin de la guerre de Cent Ans et les conflits permanents avec les Bourguignons, Louis XI crée par Edit l'Infanterie française en 1479. Ces groupes expérimentés qui auraient sans doute, comme tant d'autres, versé dans la criminalité et le mercenariat s'ils avaient été livrés à eux-mêmes, furent conservés dans l'armée, répartis en "bandes" groupées au sein de cette "enseigne" de Picardie. On leur donna désormais un entraînement permanent qui fut initié par des cadres suisses menés par Guillaume de Diesbach. L'officier commandant des troupes à l'entraînement est Philippe de Crèvecœur, sire d'Esquerdes. Grosso modo, ce sont autour de 10 000h qui sont rassemblés en 1479. Cette nouvelle unité est celle des vieilles bandes, ou de la veille enseigne de Picardie, qui sera ultérieurement l'unité cadre de 4 autres bandes analogues, Piémont, Champagne, Guyenne et Normandie. En fait, pendant un moment, les bandes de Picardie, c'est l'armée française, à tout le moins son infanterie. En 1494, les premières subdivisions permanentes sont formées à partir des bandes de Picardie; ce sont les bandes de Piémont, constituées pour les Guerres d'Italie, et les bandes de Guyenne, futur régiment de Navarre (5ème RI). Ces dernières sont moins créées pour faire face à l'Espagne que pour aiguiller les effectifs très aguerris et expérimentés des compagnies gasconnes et basques au sein de formations permanentes. La création de l'enseigne de Navarre est donc la première extension à seul but de formation et recrutement après Picardie, là où celle de Piémont est créée pour opérer un rassemblement permanent pour le front d'Italie. Les Bandes de Champagne et de Normandie sont créées plus tard, les premières sous Henri II et les secondes en 1562. Système On dit "les bandes" de Picardie, parce qu'il y en a de fait beaucoup, tournant autour de 300 à 400h mais gardant la possibilité de se grouper en une grande phalange unique, ce qui est la marque particulière de l'infanterie suisse qui affectionne le rassemblement en une masse unique. La bande, c'est l'organisation tactique de base, le bataillon de l'époque, en même temps que des groupements non permanents qu'on peut prélever dans cette matrice unique qu'est l'enseigne de Picardie. Pour faire une analogie, l'enseigne de Picardie, c'est une brigade interarme, ou un régiment, dans lequel on puise un nombre donné de GTIA que sont les bandes. Il faudrait en fait, pour être précis, les appeler "bandes de l'enseigne de Picardie", qui est l'unité mère, la matrice d'entraînement permanent et le réservoir de forces dans lequel on prélève un nombre donné de bandes de format très relativement standardisé. On pense qu'elles font 300 à 400h à la sortie du camp, mais que l'effectif change au fur et à mesure d'une campagne (intégration de recrues, amalgames de bandes suite aux pertes....) et que certaines enflent plus en raison de la renommée et de la qualité de leur officier commandant, au point qu'on voit certaines dépasser le millier d'hommes. Pour la durée de la campagne, ces bandes existent et prennent des dénominations diverses, généralement géographiques (selon les origines des hommes qui ont tendance à se grouper par langues et patois, et plus tard, l'implantation de leur enseigne mère) ou liées au nom de leur capitaine. Si vous explorez ce sujet, vous trouverez ainsi nombre de bandes portant tous les noms de pays de France: "bandes du Perche", "bandes d'Artois", "bandes du languedoc".... Le qualificatif de "vieille bande" est revendiqué comme un honneur par les fantassins de Picardie et de Piémont eux-mêmes dès les années 1530 (et accordé en 1535), ce qui prouve un vrai attachement à l'unité et un esprit de corps confirmé. Les chansons du corps sont de même attestées (j'en ai si ça intéresse quelqu'un). En effet, ils revendiquent le terme de "vieilles bandes" par opposition aux "nouvelles bandes" qui sont les bandes d'infanterie recrutées en temps de guerre et dissoutes lorsque la paix revient par opposition aux bandes des vieilles enseignes qui sont permanentes. La qualité des troupes n'est vraiment pas la même. On retrouve par ailleurs le même système d'organisation générale pour l'artillerie, qui fonctionne aussi sur le mode réservoir/unité opérationnelle prélevée: les arsenaux permanents fournissent à l'armée des bandes d'artillerie sur commande. Organisation Une bande (dans le pack appelé "enseigne de Picardie"), c'est entre 300 et 400 fantassins en moyenne (dépend surtout de son capitaine et de sa renommée, élément qui attire les recrues); les troupes sont renouvelées avec régularité et la discipline y est sérieusement entretenue pendant toute la période du sujet, chose sans doute rendue moins difficile par la dimension réduite de cette infanterie professionnelle. Même si l'armée de Louis XI rassemblent jusqu'à plus de 20 000 piquiers et gens de pieds français permanents (en plus des gens de traits, des fantassins suisses, des bandes et parcs d'artillerie et des compagnies d'ordonnance pour la cavalerie), l'effectif chute rapidement après lui, si bien que les 8 bandes d'infanterie française à Marignan (qui ont drainé l'essentiel des effectifs dispo de Piémont et Picardie) ne dépassent pas les 5000h ensemble. Ce sont à la base des unités de piquiers formés à la suisse, mais l'adjonction permanente de gens de trait, initialement des arbalétriers, arrive assez vite et est attestée dès les campagne d'Italie dans les années 1490. De même, elles passent à la version Pike and Shot purement organique dans les années 1520-1530, au rebours du reste de l'infanterie (les Suisses et les lansquenets). A Cérisoles, autour de la conquête des 3 Evêchés et au Siège de Calais, leur efficacité n'est pas contestable. La marche se fait depuis Louis XI au son et rythme du fifre; le tambour devient officiel en 1534. Une montre de 1549 nous décrit ainsi une bande: - une proportion de piquiers de 3 cinquièmes de piquiers, et 2 d'arquebusiers, soulignant la recherche du choc - une discipline attestée dans la manoeuvre, rythmée par le tambour: la marche et la charge sont donc ajustées par le son et la discipline pour conserver les ordonnancements - plusieurs formations de combat combiné bien maîtrisées, avec la coordination des 2 armes assurée - l'encadrement d'une bande comporte 1 capitaine, 1 lieutenant, 1 enseigne, 2 sergents, 12 lances-pessades, 4 paies-royales (des gentilshommes sans fortunes) et 1 caporal, ou cap, par groupe de 25h (une escouade ou escadre) Bilan Pendant les guerres d'Italie, ce système eut pu changer la donne s'il avait été conservé à grande échelle: les bandes étaient bonnes, et suivirent les évolutions techniques, mais elles ne pesèrent pas d'un grand poids en raison de la contraction des moyens disponibles qui accordèrent la priorité aux mercenaires et aux compagnies d'ordonnance (comme pour les légions). Elles eurent au moins le mérite de jouer, avec les compagnies gasconnes, le conservatoire des savoirs-faires et le creuset d'une extension ultérieure qui eut lieu sous Henri II (où on revoit des effectifs de plus de 6000h par enseigne). Côté qualitatif, il n'y avait rien à dire. Mais de près de 20 000h sous Louis XI, elles passèrent à moins de 6000 dès après sa mort, si bien que la constitution des bandes de Piémont et de Guyenne fut de fait une amputation et non une extension, avec un éparpillement des moyens existants que ne renieraient pas nos politiques actuels. On aurait pu renouveler les effectifs de chaque enseigne, mais les moyens étaient consacrés aux mercenaires plutôt qu'à l'augmentation en net des troupes. Et après la progression des années 40 puis sous le roi guerrier que fut Henri II, ce sont les Guerres de Religion qui refoutent la merde. Ceci dit, j'ai récemment compris à quoi correspond la création des régiments: contrairement à l'organisation espagnole des tercios qui est née de la division des troupes d'infanterie espagnole présentes en Italie en 3 tiers (tercios) correspondants aux 3 zones d'opérations et de garnison, la création des régiments en France est une conséquence directe des Guerres de Religion plus qu'une nécessité de changement opérationnel. On a vu que les bandes étaient en fait des détachements opérationnels des unités fixes de formation que sont les vieilles enseignes, désormais réparties en 5 implantations territoriales majeures. Le problème pendant les guerres de religion, qui recouvrent en fait aussi des luttes bien féodales et une lutte de pouvoir larvée autour de la couronne même, le problème donc est que qui contrôle une région contrôle de fait ce centre de recrutement et de formation qu'est une enseigne, et son réservoir de troupes permanentes avec. Et à partir des années 1550, on commence à parler vraiment de 8 à 10 000h pour chaque enseigne. Le sud ouest, les bandes de Guyenne, auront d'ailleurs le privilège particulier lors de la transformation en régiment (le futur Navarre et 5ème RI), d'être un régiment protestant, concession évidemment sans doute due à un contrôle de fait de l'aristocratie huguenote (les Condés, puis le clan du Roi de Navarre). Le passage des bandes aux régiments a correspondu à un truc bien simple: transformer les enseignes en régiments, c'est transformer une base de formation en une unité opérationnelle, donc la déloger de son immobilité et en faire une unité à part entière, dont les bandes deviennent des compagnies. Ce fait a aussi correspondu à l'éclatement de leurs effectifs en plusieurs régiments de taille relativement homogène, et dont les affectations pouvaient tout à fait changer. De fait, c'était dépolitiser ces bases de formation dont la direction devenait un poste très convoité puisqu'on était la cible de toutes les attentions des partis opposés qui voulaient tous un réservoir de troupes. Le roi, théoriquement le patron, ne pouvait tout contrôler, et certainement pas l'honnêteté des hommes à qui il confiait les enseignes, dans une France féodale ou un Grand du Royaume est une vraie entité géopolitique avec des ressources qui, si elles ne sont pas celles de l'Etat (du moins quand il est en ordre), lui permettent néanmoins de faire la guerre, d'entretenir de gigantesques réseaux humains, de traiter avec des chefs d'Etat.... Et ce plus encore pendant les guerres de religion où l'on voit les Grands se polariser en 2 partis et concentrer leurs moyens tout en se partageant les revenus d'un Etat en partie hors de contrôle du roi. Bref, la conversion des enseignes en régiments, c'est enlever la politique de l'équation, faire d'une base une unité et faire de son chef un pur opérationnel et non un politique ou un simple corrompu. Dès lors, l'organisation change: l'unité de base est plus grande (sans doute autour de 2000h), les subdivisions prennent un échelon intermédiaire, le bataillon, et il faut penser les méthodes de déploiement, de mouvement, de disposition et de combat qui vont avec ce nouveau statut. les Espagnols ont du faire de même quand la répartition administrative des troupes en Italie, une vingtaine d'années plus tôt, a créé trois armées relativement équivalentes dont il a fallu penser le dispositif de déploiement individuel. C'est ce qu'a fait Gonzalvo de Cordoba en organisant le combat groupé des différentes bandas (équivalent de nos bandes) de piquiers, d'arquebusiers et de rodoleros. Note: tout le monde n'est pas familier avec la hiérarchie des grades à l'ancienne, je peux faire des rappels. Certains ont disparu, d'autres ont évolué, d'autres encore ont fusionné (le lance corporal britannique, par exemple, est une fusion des anspessades et caporaux de premier rang). L'anspessade (ou lancepessade, lanspessade, ancepessade) vient de l'italien lancia spezzata (lance brisée) et désigne les soldats vétérans s'étant distingués au combat; ils sont alors sortis du rang et placés en réserve de l'officier commandant leur unité, comme unité d'élite ou d'appoint quand ça chauffe, mais aussi comme aide à l'encadrement. C'était aussi un moyen de recaser des cavaliers, surtout les chevau-légers, dont le vaval avait été tué, et qui devaient attendre le remplacement très longtemps (sauf s'ils avaient les moyens de s'en repayer un); ils assuraient un petit volant de réserve aux fantassins. Les Grenadiers et Voltigeurs prendront un temps ce rôle avant de devenir des unités à part entière. Aujourd'hui, on ne le devinerait pas, mais ils existent encore: ce sont les 1ère classe en France, et les Private First Class aux USA.
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Par défaut d'information, les Grecs ont attribué au Leclerc le même niveau de protection qu'à l'AMX-30: c'est vache, mais c'est entièrement la faute à Giat qui a merdé dans les grandes largeurs. J'espère que celui ou ceux qui ont décidé de ne pas transmettre cette info ont bien morflé (les responsables, pas les lampistes). Ceci dit, dans de telles compétitions, s'en remettre au fait de délais de remise de telle ou telle info ressemble plus à une excuse pour ne pas dire que la décision était prise bien avant à haut niveau (face à la compète des dessous de tables). On se priverait du meilleur char parce qu'un délai n'a pas été respecté, sachant que la compète et le processus d'acquisition se fait sur des années? Ca tient pas la route une seconde. Vu que tous les chars semblent bons et qu'ils respectent le gros des exigences, le vrai choix s'opère sur d'autres critères. Mais ça fait halluciner personne que le Leclerc ait des problèmes à tirer à l'arrêt sur une cible immobile :lol:? De l'extérieur, ça fait vraiment ridicule sachant qu'il est le seul à bien tirer en mouvement à haute vitesse, sur des cibles fixes ou mobiles. Qui peut le plus ne peut pas le moins :lol:?
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AFRIQUE : politiques internes et relations internationales
Tancrède a répondu à un(e) sujet de alexandreVBCI dans Politique etrangère / Relations internationales
C'est bien tout le problème: si les services de sécurité israélien avaient les noms, signalement et adresses des gens qu'ils recherchent, ils feraient pas tout un patacaisse guerrier à taper à tort et à travers, ils ne se gêneraient pas pour la jouer façon spetsnaz, avec envoi des parties intimes de certains individus à leur copain via colis fedex. Pareil pour les ricains, nous ou les Chinois; mais le problème est que personne n'a de relations aussi poussées que les popovs en avaient avec nombre de groupes terroristes (irlandais, palestiniens, allemands, africains et même certains islamistes dans les années 80). On peut pas refaire un coup pareil (y'a personne qui le peut; ce sont des conditions non reproductibles sauf changement majeur). -
Les Légions sont une foirade de François Ier, qui partent évidemment d'une volonté d'adaptation louable: il s'agit d'une formation territoriale de 6000h concentrant effectivement des Pike and Shot régulièrement entraînés dans un cadre de recrutement de conscription/devoir de milice, avec plusiuers formes d'organisation sur le terrain, car la Légion n'est pas une formation militaire au sens tactique. Elle adopte un dispositif militaire pour répartir son effectif. Elles sont lancées en 1534 par François Ier et constituent la seule tentative d'adaptation à grande échelle de l'infanterie française. Mais le problème est celui que j'ai mentionné plus haut: en temps de guerre continuelle et de vastes contingents mercenaires hors de prix entretenus à l'année, les moyens ont manqué gravement, de même que les possibilités et le temps de bien entraîner ces hommes; le résultat fut évidemment bien mauvais, Le projet était donc d'avoir 7 légions régionales à base linguistique (Bretagne, Normandie, Picardie, Champagne/Nivernais/Bourgogne, Dauphiné/Provence/Lyonnais/Auvergne, Languedoc, Guyenne); il s'agit donc des régions frontalières (où la capacité de mobilisation est toujours supérieure car le sentiment de menace est plus grand). La répartition: - 12 000 arquebusiers - 3360 hallebardiers - 25 326 piquiers -1314 officiers, sous-officiers et soldats permanents d'encadrement et de service (commandement, musique, prévôté, intendance) Les sous-unités étaient plus traditionnelles: chambres (groupe de combat de 10h, avec un chef de chambre), escadres d'une vingtaine d'hommes (avec un chef, ou "cap" d'escadre, notre futur caporal) et centaines (avec un enseigne -officiers- et un centenier à leur tête -sous-off). Chaque légion a un colonel (le mot apparaît alors: le colonel est le capitaine d'une colonne de marche, une colonella) et 5 capitaines, soit un capitaine à la tête d'un groupe de 1200h, secondé par 2 ou 3 lieutenants se voyant chacun confié une bande -ou cohorte- de 400 ou 500h. Cet encadrement important pour l'époque est permanent et payé à l'année. Mais le projet a foiré pour de nombreuse raisons: manque de financements, manque de temps, manque d'attention, manque de moyens d'encadrement, pas assez de temps donné, pas d'organisation graduelle de l'aguerrissement, problèmes dans le mode de conscription/sélection, concurrence des mercenaires (prennent tout le fric dispo, mais aussi la reconnaissance, si cruciale pour des unités de conscrits, qui plus est en période de démarrage).... Aucun de ces problème n'était rédhibitoire en soi, mais il y eut un faisceau trop important. En dernier lieu, il faut préciser que les légions coexistèrent avec l'infanterie professionnelle française des vieilles bandes (Picardie, Piémont, Navarre, Champagne, Guyenne et Perche/Normandie) et des fantassins gascons (organisés en compagnies de 200 à 300h regroupées en bandes): ceux-là sont nettement moins nombreux (en tout, peut-être 14-15 000h) et sont avant tout éparpillés (à part les Gascons, chaque bande constitue le coeur d'un dispositif de défense sur une frontière). Les bandes, ce sont les "vieilles enseignes", et leur efficacité, comme celle des Gascons, est attestée, notamment sous le règne guerrier d'Henri II. Les montres (revues) des camps de Jalons et Pierrepont révèlent l'ordre de bataille des années 1540-1550. Une note aussi: c'est pendant les guerres d'Italie qu'apparaît la marche au pas cadencé au rythme du tambour, nécessité pratique d'une infanterie réglée devant garder sa formation, y compris dans un large dispositif où on ne peut tout contrôler à vue. On verserait presque dans la caricature, mais c'est chez les lansquenets allemands de Maximilien de Habsbourg que ce pas est attesté pour la 1ère fois dans les années 1480-1490 :lol:. Mais tout le monde suit assez vite (et encore, on ne peut pas dire où c'est apparu, juste citer les 1ers témoignages écrits).
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Tu raisonnes un peu en absolu (je vais essayer de faire court): - la masse de soldats iraniens n'est que peu concentrable dans le temps et l'espace, encore plus si les axes de communications et transport sont impactés. On ne peut pas raisonner en plaquant les effectifs totaux - le terrain visé est surtout plat (bande côtière et espace désertique assez plat): là, c'est celui qui bouge le mieux et voit le plus loin qui a un avantage très net. Surtout si, comme nous dans le what if, il n'a rien à tenir - le gros des pasdarans sert à tenir le pays et les campagnes - une part significative de l'armée iranienne est bloquée dans les zones frontières avec l'Asie Centrale et l'Afghanistan, pour des opérations de surveillance des frontières et de police (infiltrations terroristes, guérillas, et surtout gigantesque invasion de came qui fait des ravages dans une bonne partie de la population) - on ne cherche pas à "tenir le terrain", comme je l'ai dit, juste à faire en sorte qu'une bonne partie de la production pétrolière soit impactée: pas d'occupation statique de villes ou de sites - des opérations périphériques sont aussi là pour fixer une partie des forces iraniennes - la capacité iranienne à équiper toutes ses forces est douteuse, et encore plus celle à soutenir le plus gros de ces forces dans le temps - si les forces des pasdarans semblent dangereuses et combatives, nombre de rapports entretiennent de sérieux doutes sur l'armée régulière, lieu de détournements massifs de matos et d'équipements, avec souvent un entraînement limité pour beaucoup d'unités - l'aviation iranienne est un danger moindre - le coup de la guerre patriotique et du nationalisme peut être évité par une opération limitée et plus encore par les problèmes du régime (facteur discutable j'en conviens aisément) Danger amoindri dès lors qu'on choisit de ne rien occuper et de faire le va et vient sur la frontière Iran-Irak, surtout quand on a des yeux plus perçants. Mais je conviens du danger de la techno guérilla massive, comme de l'impossibilité politique de faire des raids de bombardement sur les centres pétroliers (en plus, Greenpeace irait appuyer les Pasdarans :lol:). Et en fait, c'est vrai qu'on se perd dans les détails du what if, mais le point est que les calculs d'engagement maxi correspondent surtout à des schémas d'affrontement clausewitzien, pas à des objectifs limités et qui plus est un peu immatériels, comme ici, obtenir un effet de disruption de la production pétrolière iranienne et limiter leurs options, en aucun cas conquérir et contrôler une zone fixe, et encore moins aller gratouiller le mollah à Téhéran. La comparaison URSS France est à mon sens impropre: l'URSS avait de l'espace, et donc du temps à échanger, ce qui fait que l'effet de surprise stratégique ne peut exister qu'au niveau opérationnel et tactique, là où pour nous, le coup des Ardennes est un gambit de quelques jours qui décide du sort de la guerre parce qu'il n'y a pas de temps pour se retourner. De plus, la surprise face aux soviets a pu produire de grands effets dans un premier temps parce que le vrai différentiel qualitatif est avant tout celui du commandement, trucidé par les purges staliniennes et cause autant de mauvaises décisions que de désorganisation massive. Le haut commandement en France était lent, mais pas décimé ou incompétent. Il n'avait cependant pas de temps et de distance pour se retourner, après s'être fait entuber. Au global, je ne sais pas s'il est possible de chiffrer ce genre de choses, mais je trouve que tu surestimes le poids de l'outil dans la décision, si je me réfère à mon tryptique outil/contingence/commandement. Avant de continuer le débat et pour le faire plus coller à un sujet méta-historique, tu voudrais m'aider à faire une liste de conflits où l'on pourrait faire des comparaisons similaires? Parce que là, je tourne toujours sur: - le cas de 40 - l'été 14 - la guerre de 1870 - les déboires coloniaux anglais (Afghanistan, Zoulouland, Guerre des Boers) et le résultat mitigé français (guerre franco-chinoise) - la période charnière 1791-1795 y'aurait quoi d'autre?
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J'ouvre un sujet moins large que d'habitude, mais sur une période complexe qui est sans doute celle d'une des plus grandes révolutions militaires de tous les temps: la période, floue, qui s'étend de la deuxième partie de la Guerre de Cent Ans à la fin, grosso modo, des Guerres d'Italie, avec des extensions au XVIIème siècle (évolution vers le système régiment-bataillon) pour bien appréhender la création de l'infanterie moderne. Cavalerie et artillerie entrent aussi dans le sujet, mais c'est avant tout un topic sur l'infanterie. L'intitulé renvoie à la naissance de l'infanterie de l'époque moderne, qui pour la première fois rassemble des types d'unités jusqu'ici séparées, les tireurs et les fantassins, en unités coordonnées, puis en unités organiquement combinées, évolution majeure qui trouvera sa conclusion dans l'uniformisation absolue de l'infanterie plus tard, sous Lous XIV, avec l'abandon graduel de la pique, ce que Guibert condamnera au XVIIIème siècle après avoir mené la première étude statistique des pertes en bataille; en bon avocat du choc, il trouvait que l'infanterie aurait mieux fait de se remettre entièrement à la pique et au mouvement rapide en colonnes, vu la faible efficacité des mousquets et la relative inocuité de la baïonnette montée sur un support trop court. Bref, pendant longtemps, j'ai essayé d'avoir une image de ce que pouvait être un affrontement de Suisses et de Lansquenets, de miliciens flamands et de fantassins gascons, pour finir par tomber sur des descriptions contemporaines assez terribles. En un mot, c'est monstrueux, et les batailles de hoplites font vraiment tapette à côté: le "push of pike", la poussée des lances, est une aberration inhumaine (on n'aimerait vraiment pas être dans les premiers rangs, dans le centre de la mêlée: on voit pas comment en sortir, avec pour seul vrai choix d'être éventré, fusillé, étouffé ou piétiné, voire une combo). L'évolution de l'infanterie de l'hidalguia et des archers et arbalétriers espagnols est un sujet que j'ai déjà évoqué ailleurs (je peux le reprendre rapidos si besoin est). Les miliciens flamands, lansquenets allemands et mercenaires suisses viennent d'une matrice communale/communautaire relativement semblable, retraçant un processus parcouru avant eux (aux XIème-XIIIème siècles) par les milices communales italiennes dont les unités de fantassins écrasèrent les Allemands de Frédéric Barberousse. On oublie un peu plus nos excellents fantassins gascons et les quelques bandes d'infanterie de piquiers (nous, on les appelait vougiers) rescapées des coupes budgétaires de Charles VIII dans les années 1490, après la mort de Louis XI, quand il sacrifia le gros de l'infanterie professionnelle française et détruisit l'essentiel de cet instrument avant de le regretter à peine quelques années plus tard pour intervenir en Italie. La guerre permanente nécessita l'embauche massive de fantassins suisses, pour de tels montants que cela condamna toute possibilité d'un effort d'entraînement sérieux de plus vastes forces d'infanterie nationale pour plusieurs décennies, limitant l'infanterie française aux quelques formations susmentionnées (les 5 vieilles bandes d'infanterie, futurs "Vieux" Régiments, et l'infanterie gasconne). Ce fut la vraie faiblesse de la France qui, de ce fait, passa à côté de l'évolution vers le combat combiné des formations d'infanterie de pique et de tir, types d'organisation qu'elle adoptera plus tard dans le siècle, à partir des années 1540, et de façon systématique seulement sous Henri II, vers la fin des années 1550, et encore dans des proportions moindres qu'ailleurs. les Guerres de Religion retarderont encore l'évolution, même si Henri IV rattrapa à lui seul tout le retard accumulé en 60 piges (changement d'organisation, accroissement de l'entraînement, doublement du nombre de régiments permanents....). Pendant ce temps, l'Espagne put mettre en place son infanterie lourde combinée, centrée sur les tercios (formalisés dans les années 1520-1530), grâce à plusieurs faisceaux de circonstances, alors qu'au même moment, les Italiens décrochaient après avoir été les premiers à s'engager sur cette voie, plus de 3 siècles avant les grands Etats européens. Dans le même temps, Suisses, Flamands et Allemands (ces derniers, comme les Français, y viendront plus tard) ratent la marche du combat Pike and Shot tout en restant les grandes unités de piquiers de l'époque. J'évoque assez indifféremment les unités de traits (archers et arbalétriers) et d'arquebusiers ou carabins en ce que l'évolution s'est amorcée vers une intégration avec l'infanterie de pique avant même l'introduction des armes à feu portatives qui n'ont fait que s'inscrire dans la continuité des changements engagés par le renouveau de l'infanterie depuis la fin du XIVème siècle, et surtout au XVème siècle (et même avant en Italie). Pourquoi et comment cette révolution militaire? Pourquoi ce qui fait école pour tous dans le conflit commun et permanent en Italie ne prend pas partout? Coûts, raisons économiques, sociales, culturelles, politiques, progrès des armes à feu.... Tout entre en jeu. A côté, on a l'évolution du rôle de la cavalerie: même si elle diminue en proportion, la cavalerie lourde reste une arme de rupture bien réelle quand elle est bien employée, ce que seuls les Français sauront faire (quand c'est pas un manche qui commande, comme un certain François n°1). Mais à côté, Espagnols et Français développent conjointement une nouvelle cavalerie qu'on ne peut uniquement qualifier de légère parce qu'elle ne se limite pas aux seules fonctions de reconnaissance, de poursuite, de harcèlement et d'escarmouches, mais participe bien à la mêlée avec une capacité certaine au choc, mais moins par la charge directe que par la manoeuvre sur les flancs. En Espagne, ce sont les Jinetes. En France, ce sont les Compagnies de Chevau-Légers, créées en 1498 par l'allègement de plusieurs compagnies d'ordonnance dont les gendarmes abandonnent l'armure lourde et prennent des chevaux plus fins (les "Genêts" d'Espagne, nom francisé des unités de "jinetes") et dressés à la manoeuvre (la plus célèbre étant la caracole).