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Tancrède

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Tout ce qui a été posté par Tancrède

  1. Pour ceux qui veulent rire, regardez la carrière "militaire" de la dame.... Comment dire.... Ce serait embarrassant si les Thaïlandais avaient le droit de pointer du doigt ce qui concerne leur monarque, lequel confirme qu'il continuera à être très impopulaire, à mille lieues de son prédécesseur, et qu'il ne sera jamais qu'un histrion pas franchement gâté par Mère Nature, surtout côté cervelle.
  2. Je retiens pour ça la règle énoncée par Nicholas Cage dans Lord of War: plus le nom d'un mouvement sonne noble, avec des mots "comme populaire"/"pour le peuple", "démocratique", "liberté", "justice".... Plus le dit mouvement est une horreur répressive et brutale, rempli de sociopathes sanguinaires. De la même façon, plus un régime ou un parti invoque "le peuple" et décrit ses opposants unilatéralement comme des fascistes/nazis/brutes (je crois que les "subversifs", c'est un peu passé de mode et trop peu accrocheur), plus il est autoritaire, répressif, hypocrite et sans scrupules, prêt à passer au travers de toute la population jusqu'à ce que les quelques survivants restants puissent être qualifiés de "peuple", ou de "bon peuple". Pour ceux qui suivent de près le sujet vénézuélien: je m'interroge à ce moment sur ce qu'il est possible de vraiment savoir de ce qui se passe. Il semble clair que pour le moment, l'armée est divisée, et qu'une bataille d'influence s'y joue qui empêche tout développement décisif tant qu'un avantage clair et net n'y est pas gagné, et que côté information, on est juste dans l'affrontement des propagandes opposées, avec bien peu de moyens d'avoir un point de situation fiable. Mais le Vénézuéla, c'est aussi un pays de milices diverses, qui ont été largement développées en soutien du régime, si bien que j'ai entendu des chiffres comme 1,6 millions d'hommes dans divers types de milices (d'une forme de garde nationale jusqu'aux gangs armés comme les "collectivos"), quadrillant le territoire, ou au moins une partie du territoire, si bien que, à moins d'un effondrement total, clair et net (incluant une désaffection unilatérale du soutien populaire d'un camp, spontanée ou provoquée) avec en plus appel du perdant à baisser les armes, le risque de guerre civile ouverte entre factions organisées, avec division effective du territoire, est grand. A t-on la moindre idée à ce stade du rapport de force effectif, sur le plan des troupes (pros, milices, irréguliers), des territoires contrôlés, du niveau de soutien populaire? J'ai été très intrigué par cette histoire du départ avorté de Maduro: à première vue, cela suggère, si c'est vrai, que Maduro ne voyait plus rien jouer pour lui de son côté de la barrière, ou alors qu'il n'a vraiment pas de nerf et/ou de conviction. Et pourtant, la situation perdure, donc qu'en est-il, à votre avis, sur la réalité de qui contrôle quoi?
  3. Ca rappelle tous les bons gauchistes qui foutaient leur tête dans le sable ou applaudissaient sans pudeur pendant les invasions soviétiques de Budapest et de Prague. Les méchants, ceux qui répriment, c'est exclusivement le statut de "ceux d'en face", apparemment. Et ceux qui contestent le "bon régime", c'est toujours des nazis.
  4. Si c'est un problème sémantique, je conseille de changer de terme, parce qu'il renvoie nécessairement à un racisme du système, ce qui est d'ailleurs l'intention de ce terme chargé, créé par des militants avec des intentions tout sauf analytiques (d'ailleurs dans un temps, un lieu et des circonstances où il y avait VRAIMENT un système raciste en place, avec des dispositifs établis, même s'ils tendaient à se faire moins formels et apparents, comme le "redlining" dans les banques et institutions financières moins commerciales qui refusaient des prêts, surtout immobiliers, ou des assurances, aux noirs américains): le terme renvoie à une sorte de racisme "de fait" qui serait qualifiable ainsi en raison de supposés différentiels de "pouvoir" (notion vague et malléable, donc idéale pour des idéologues qui peuvent l'appliquer avec une géométrie variable, quand ça les arrange, et utiliser tous les doubles standards du monde), de statut.... Sans avoir à quantifier quoique ce soit et en mettant l'accent sur les critères de jugement qui les arrangent. Parce que précisément, si on met l'accent sur les critères autres que la race, on s'aperçoit, ô mystère révélé, que l'essentiel des difficultés invoquées et si commodément imputées au "racisme", se retrouvent en utilisant les bons vieux critères classiques: pauvreté, lieu de résidence, certaines habitudes et pratiques culturelles (propres non à la "race", mais à de plus petits ensembles culturellement et géographiquement identifiables, présents dans TOUTES les ethnies sous des formes différentes: cultures "ghetto" chez certains noirs, "narco" chez les latinos, "white trash" chez les blancs....), statut familial, hérédité (le cycle de la pauvreté et de la criminalité est en grande partie transmis via de mauvais backgrounds familiaux et sociaux qui se reproduisent et s'étendent), problèmes psychologiques.... C'est pas pour rien que les migrants africains aux USA ne connaissent aucun de ces problèmes, ou très peu, et, à part une minorité d'entre eux qui va dans les filières Humanités/sciences sociales à la fac (où ils se découvrent "opprimés"), ne voient que très peu de racisme, et en tout cas certainement pas un de nature à les empêcher de réussir quoique ce soit. Avec pour résultat que la diaspora africaine (relativement récente) aux USA affiche des niveaux de réussite moyens admirables, mais aussi que, et c'est de plus en plus manifeste, ils ne se mélangent que très peu avec les afro-américains, et constituent des groupes à part, avec une certaine hostilité fondamentale entre ces ensembles. Cette rhétorique fondée sur une dichotomie fantasmée oppresseurs-opprimés, tout droit sortie d'une adaptation de la "vision" marxiste refourbie avec des groupes identitaires (race, sexe....) en lieu et place des vieux "prolétariat" et "patronat", est pour moi non seulement stupide sur le plan analytique, elle est en plus pernicieuse et génératrice de haine (communautarisme, diabolisation....) tout en reposant sur des bases conceptuelles entièrement subjectives et fondamentalement fausses. Notamment parce que, précisément en se fixant sur la race, elle fait fi des facteurs réellement déterminants évoqués plus haut, qui frappent tout autant, voire plus, d'autres groupes, qui eux se retrouvent du coup mis à l'écart et sans doit de parler parce que perçus, dans cette nomenclature, comme "privilégiés" (va dire aux dizaines de millions de blancs désoeuvrés des Apalaches, de la Rust Belt ou du Midwest qu'ils ont le fameux "white privilege"... Non? C'est pourtant toute la rhétorique des BLM, NAACP, DSA, Antifa et autres, et cette gangrène pourrit depuis un bail le parti démocrate). Et personne ne peut démontrer en quoi ils le sont, ou l'ont jamais été (en tout cas depuis les années 60 et le Civil Rights Act). Un système, même un bon, a toujours ses limites, et il n'est pas tendre à l'égard des populations faibles/vulnérables/à bas statut, malgré tous les efforts qu'on veut mettre en place pour limiter la casse (et les pays occidentaux peuvent et veulent faire plus qu'aucun autre ailleurs, et ce depuis longtemps, sur de tels sujets); je n'ai pourtant pas souvent vu des dispositifs/systèmes sociaux mis en place qui ont réellement été efficaces à cet égard. Ils coûtent cher, sont souvent des usines à gaz, et produisent souvent plus d'inégalités ou de nouvelles inégalités qu'autre chose, tout en étant toujours très insuffisants, même là où ils fonctionnent. Je pense que, au lieu de s'enferrer dans ces errements idéologiques sans issue, fondés sur essentiellement du vent, la seule vraie solution, puisqu'il est par ailleurs impossible de décréter la prospérité pour tous, d'amener les gens à bien se comporter et faire les bons choix de vie (parce qu'il y a une énorme part de responsabilité individuelle aussi dans les mauvais résultats de certains pans de population), de fournir des emplois auto-soutenus/productifs (cad pas des emplois "décrétés" par une politique, qui coûtent et ne peuvent durer) au plus grand nombre ou de décréter que tout le monde est qualifié pour être productif, je pense, donc, qu'il vaut mieux se concentrer sur quelque chose de plus atteignable, à considérer comme le coût de la démocratie: un authentique accès à un certain niveau de justice pour tous. Et ça, ça veut dire plus de fric dans la justice (police, mais surtout tribunaux/capacité de traitement de la justice), et surtout dans une forme renouvelée d'aide juridictionnelle afin de profiter effectivement de ce qu'un système libéral peut fournir, à savoir une capacité de rendre les coups juridiquement, qui, avec le temps, rééquilibrerait grandement les rapports sociaux. Class actions aisées d'accès, beaucoup plus d'avocats disponibles à plein temps, et pouvant consacrer les heures nécessaires, des professions intermédiaires permettant d'informer facilement quiconque a un problème sur ses droits et options (une chose en train de devenir une réalité via internet, la disponibilité croissante de l'info et un accès simple, et l'organisation de services juridiques et para-juridiques en ligne, peu chers voire gratuits, permettant de faire à peu de frais la majorité des premiers stades de toute procédure légale).... Bref, faciliter l'accès à la justice plutôt que se lancer dans l'idéologie, avec pour "solutions" des politiques et organismes d'Etat qui coûteront cher et feront mal, sans même parler des probables grignotages constants de libertés qui viendront avec des politiques fondées sur des théories militantes et la subjectivité, qui auront des champs d'application large et le besoin de toute bureaucratie de s'immiscer dans tout et de se substituer aux individus et à la société civile pour arbitrer et juger le plus possible de choses afin de prescrire des résultats pré-établis.... Comme si ça avait déjà marché où que ce soit dans l'histoire. Désolé, développement long, mais tout vient de l'origine réelle des termes idéologiquement chargés qui aujourd'hui tendent à envahir la conversation. "racisme systémique" en est un.Ce n'est pas un terme neutre, analytique: c'est une partie d'un programme.
  5. Encore plus précis: de racisme présent dans les institutions. Avec ensuite obligation, si on veut être honnête intellectuellement (ce qui semble depuis longtemps n'être plus un souci dans les médias, et apparemment les Humanités et sciences sociales sur les campus US), de quantifier le phénomène pour ne pas laisser supposer que "racisme présent dans les institutions" veut dire qu'il est forcément TRES présent dans le climat actuel, alors qu'il y a de très forts contrastes régionaux/locaux aux USA, qu'il y a plusieurs "systèmes" superposés (fédéral, Etat, local), qu'il n'y a pour l'essentiel que des preuves d'ordre anecdotiques (pas de texte de loi ou de réseaux organisés de fonctionnaires tapant particulièrement sur les noirs ET pour des raisons ethniques), même si elles peuvent être nombreuses (pays de 325 millions d'habitants avec des poches de grande violence/délinquence), que, comme indiqué dans un précédent post, les populations blanches défavorisées sont tout aussi susceptibles de subir les mêmes problèmes dans les mêmes proportions (si on arrêtait de les foutre dans le même panier que les couches favorisées, proportionnellement plus nombreuses dans la population blanche générale, niant ce faisant leurs problèmes, ou les minimisant pour favoriser la trame narrative racialiste qui tient assez peu la route comme clé de voûte des phénomènes étudiés). Quand on dit "racisme institutionnel", on dit que les institutions sont racistes. Quand on dit "racisme systémique", on dit que le système est raciste. C'est pourquoi je m'emporte sur ce genre de termes. C'est pas parce que certaines municipalités abusent de certains biais juridictionnels pour remplir leurs caisses aux dépends de populations défavorisées (type Ferguson/St Louis très à cheval sur le code de la route , forçant l'entrée de beaucoup de monde -dont beaucoup de noirs- dans un cycle assez kafkaien de procès-négo-amendes non payables-re-procès.... Jusqu'à la prison, qui fait rentrer du fric par le bas, mais surtout par le haut via l'augmentation des fonds fédéraux pour ce traitement et le système carcéral), que "le système" (toujours ce Léviathan informe) est raciste. Note: la référence à Ferguson/St Louis, comme d'autres, a été postée sur ce topic au moment où une crise révélant ce genre de dérives éclatait (autour des émeutes).... Et c'était posté par ma pomme. Je connais ces problèmes, merci, je ne les nie aucunement. Mon point est que "le système" ne semble pas raciste: il n'y a aucun argument démontrant un systématisme, des dispositions quelconques ciblant volontairement des groupes ethniques pour les mettre plus bas que terre (et non, le profilage pour les contrôles de rue n'en est pas, vu que d'autres facteurs rentrent en jeu: les enfants des classes moyennes et moyennes sup noires n'ont pas ces problèmes, pas plus que ceux qui, même modestes, vivent dans des zones tranquilles), des lois ou textes enlevant des droits ou un accès à des recours, de réseaux de fonctionnaires orchestrant un acharnement quelconque sur les noirs ou les hispaniques avec l'assentiment de la hiérarchie.... On trouvera, j'en suis sûr, des exemples, et certains persistants, il n'y a aucun doute là-dessus, et ce essentiellement au niveau local. Au niveau des Etats, c'est très rare, pour ainsi dire statistiquement anecdotique, et au niveau fédéral, le peu de phénomènes observés rend chaque instance exceptionnelle et l'occasion de polémiques médiatiques enflammées.... A quand remonte la dernière fois? J'arrive pas vraiment à me rappeler. Mon seul point, essentiellement, dans ma réplique à tes posts, est de souligner que situer l'exception et la règle est important, et j'ai pas vraiment vu d'arguments solides, depuis le temps que je lis, regarde et écoute ces polémiques, montrant que le racisme est la règle dans le "système" américain. J'ai par contre beaucoup vu des mouvances politiques extrêmes (mais qui ont pignon sur rue dans la majorité de la presse, au point de sembler "normalisées"), ou en tout cas très idéologiques, se servir très commodément de ce gourdin médiatico-politique pour diaboliser quiconque les contredit (automatiquement "raciste"/"fasciste"), arrêter tout débat, et imposer ce slogan axiomatique du "le système est raciste" comme la seule vérité suprême, par seule vertu de monopole de l'opinion "autorisée" à l'antenne, et par martelage continuel. En écartant tout contre-argument par le doigt pointé et le procès en hérésie.
  6. L'un des angles d'attaques du sujet qui n'est jamais envisagé, c'est par exemple la différence de taille des population, qui invalide partiellement le raisonnement en pure proportions. Il y a 200 millions de blancs aux USA (blancs hispaniques -une catégorie très américaine- exclue), contre environs 40 millions de noirs: quand la différence est telle, comparer en pourcentage ne raconte qu'une partie de l'histoire et fausse les perceptions, à mon sens, tant on parle d'une vaste réalité à multiples facettes (géographie, cultures régionales, types d'habitats et de populations rencontrées, histoires locales, différence de législation et de scène politique....). Plutôt que d'envisager les blancs de façon si monobloc, on pourrait par exemple remarquer que, en ne prenant que les populations gagnant moins d'un certain montant annuel dans les deux ensembles, que celles vivant dans des types d'habitat et de régions "en berne"/défavorisés (inner cities, grandes banlieues, zones rurales....), on tombe sur des problèmes similaires et d'ampleurs comparables, des causes "culturelles"/subculturelles comparables/similaires qui entraînent des conséquences assez voisines, la race ne jouant qu'un role au plus ponctuel dans quelques lieux et à certains moments, mais pas assez pour changer les réalités et les effectifs concernés. De fait, l'accent a été porté sur la race alors qu'il s'agit probablement du facteur le moins déterminant dans les problèmes invoqués, mais mettre ces critères en avant et masquer les autres empêche de le voir, noyant notamment la masse énorme des "blancs à problèmes" (20 à 30 millions sous le seuil de pauvreté, peut-être jusqu'à 70-80 millions qui n'en sont pas assez loin et/ou vivent dans des zones cumulant les problèmes entraînant toutes ces conséquences sociales et judiciaires néfastes) dans la population blanche générale qui concentre une proportion plus élevée de la classe moyenne supérieure (1/3 de la population totale des USA) et de la portion des "riches/super riches". De la même façon, le groupe ethnique le plus riche aux USA, du moins parmi les groupes démographiquement significatifs (parce que sinon.... Ce sont les Nigérians les plus riches, avec les Iraniens.... Mais ils ne sont que 400 000), ce sont les Asiatiques: ils ont aussi un long passé d'oppression réellement institutionnelle (avec souvent même une interdiction de posséder de la propriété! Et une spoliation massive, en plus de l'internement, pour les Japonais pendant la 2ème GM), donc pas vraiment un avantage "historique" se cumulant sur un siècle, ou même plus de quelques décennies. Pourtant, c'est le groupe le plus exemplaire en terme de réussite (raison pour laquelle les activistes de gauche écartent ou nient le sujet), si bien que pour les récompenser, ils sont les plus victimes de politiques genre affirmative action, surtout en fac. Mais attention, "asiatique" est une vaste réalité, et quand on parle aux USA des Asiatiques qui ont très bien réussi, il s'agit en fait des Chinois, Japonais, Coréens et Indiens: les Arabes, Laotiens, Vietnamiens, Cambodgiens, Bengladeshi, Pakistanais, Afghans, Malais, Birmans, Indonésiens, Turcs, Syriens.... Tendent à être sous la moyenne nationale en termes de revenus, de diplômes universitaires, de criminalité.... Mais qu'importe, ils sont mis dans le même panier. Pour les problèmes particuliers des noirs, auxquels j'ajouterais précisément celui des (beaucoup plus nombreux) blancs pauvres/à problèmes/dans des zones difficiles, on retrouve surconcentrés un tas de facteurs dont il est parfois difficile de dire s'ils sont l'oeuf ou la poule, mais qui jouent un rôle majeur dans le cercle vicieux qui a enveloppé plusieurs populations aux USA. L'un des plus déterminants est nié par les milieux universitaires, sans doute par idéologie et parce que c'est celui favorisé par beaucoup de penseurs libertariens et conservateurs, même s'il vient à la base de la gauche des années 70, et qu'il a l'heur ou le malheur d'être l'un des seuls points de corrélation dans toutes les zones socialement et économiquement en difficulté, où se surconcentrent les actes criminels (et donc ceux qui passent dans le système carcéral, souvent à répétition). Ce point est la désintégration de la famille et l'absolue domination des familles monoparentales et/ou des familles recomposées plus ou moins instables (cad Mme a eu un gamin ou plus qu'elle n'aurait pas du avoir, et a beaucoup de Jules qui vont et vient), dont il est plus que largement prouvé que de telles structures ont un impact terriblement négatif sur le devenir des enfants, leurs perspectives professionnelles, leur stabilité, leur santé psychologique.... Bien au-delà du fait déjà basique que les familles à un seul revenu sont déjà un handicap, et tendent à signaler que bien souvent, il s'agit de quelqu'un qui a eu un enfant trop tôt, avec un partenaire non fiable, donc avant d'avoir pu acquérir des compétences pour gagner correctement sa vie. Le taux d'enfants sans pères dans la communauté noire est effarant depuis longtemps (je ne sais plus si c'est 75% dans l'absolu ou dans les zones à problèmes uniquement), et celui dans la population blanche est maintenant au niveau de celui des noirs dans les années 70 (25%), quand pour la première fois avait été tiré la sonnette d'alarme sur ce sujet. Dans quelle mesure ce seul facteur est-il une cause, et dans quelle mesure une conséquence, c'est plus long a analyser, mais c'est un des points les plus déterminants qui soit, et là encore, dire que le taux devient inquiétant dans la population blanche avec 25% cache en partie la réalité parce qu'une fois encore, ces problèmes se surconcentrent: c'est pas tant une femme blanche sur 4 qui a un enfant seule, que le fait qu'il y a des régions où les taux sont comparables entre populations blanches et noires "à problèmes".
  7. Cela prouve, pour moi, les limites des différents biais d'expression disponibles, et plus encore, la force des factions organisées, même si elles sont de petite taille au regard d'un pays/d'une scène publique, face à la faiblesse d'une masse de population peu organisée, peu informée, peu mobilisée. La masse devient passive, et la pluie et le beau temps sont faits par de tout petits groupuscules bien connectés et pouvant créer l'effet de masse critique nécessaire pour imposer un discours dans les médias au sens large (cad incluant les différentes arènes de débat possibles), surtout quand en plus différentes administrations, organisations, types de métiers.... Sont "infiltrés" (mot fort, je sais) par suffisamment de gens plus ou moins proches de cette mentalité: soit certains agissent de façon concertée (voir le fonctionnement d'une bonne partie de la presse, qui forme des cercles exclusifs online et s'auto-intoxique en permanence à force d'entrisme: le scandale dit "JournOlist" n'était qu'un exemple parmi d'autres) en utilisant l'outil disponible (média, département marketing, DRH....) et/ou en "colonisant" le lieu de travail (caballes internes, silence imposé....), soit, plus généralement, il y a suffisamment d'entre eux pour créer une atmosphère dominante dans un lieu de travail (sans travail "actif" pour imposer quoique ce soit), un tropisme plus naturel que les autres, moins militants, en ordre dispersé. Bref, les petits groupes organisés l'emportent sur la masse désordonnée et semi-impliquée. "L'avant garde éclairée du prolétariat", qu'ils appelaient ça avant, dans la théorie révolutionnaire. 1ère option: dans le "grand schéma de l'univers", ou celui du débat public d'un pays, au final, ce que nous disons est insignifiant en soi, et aussi outrancier que quelque chose puisse être, c'est le prix à payer pour une arène publique vivante où l'on remplace les coups par des mots. Si trop de gens se sentent privés de trop de mots, ou même de leur droit à les dire ou de la possibilité d'être représentés par quelqu'un à haut profil (cad accès aux grands médias/tribunes) dans les lieux de débat, il y a fort à parier que beaucoup commenceront à penser à reprendre leur droit à donner des coups.
  8. Et un prof de fac a été viré (j'ai oublié son nom, faut que je retrouve l'histoire) la semaine dernière pour avoir osé présenter une pluralité de points de vue sur différents problèmes; entendez par là qu'il n'a pas imposé SON opinion politique personnelle comme seule grille d'analyse des dits problèmes, il s'est contenté de montrer plusieurs grilles d'analyse sur un même sujet (genre "comment, face au problème X, un socialiste, un libéral, un libertarien, un conservateur, un anarchiste, un fasciste.... Verrait la question"). Apparemment, cela a mis quelques élèves (ou juste des militants) mal à l'aise, qui se sont plaint à l'administration (dans les universités, celle-ci est généralement peuplée d'activistes, surtout dans un tas de services très orwellien genre 'bureau of diversity and inclusion"), disant que les propos du dit prof étaient de la "violence", qu'ils ne se sentaient pas "inclus", et qu'ils n'étaient donc pas "en sécurité" (aujourd'hui, ce genre de choses est pris très au sérieux et considéré comme de la vraie argumentation). Un petit peu de militantisme online agressif, et hop! Débarrassés du trublion, malgré les protestations d'autres élèves (apparemment nettement plus nombreux, pourtant, mais sans doute moins organisés, visibles, connectés, militants), y compris des "SJW" (même, il semble, un membre de BLM), et l'attachement proclamé à la liberté académique et à la "liberté d'expression" qui ne semble marcher que dans un seul sens dans ce petit monde (cad la liberté d'insulter, d'agresser, d'appeler à la violence, de faire taire et de détruire des vies côté SJW/intersectionnel, et même pas le droit de contredire pour les autres, parce que c'est "violent"). Dans la majorité des cas, je ne suis pas choqué par la plupart des horreurs qui peuvent être dites, mais en revanche, l'institutionalisation et le niveau extrême des doubles standards au profit d'une idéologie/religion hyper affirmée (et complètement tarée) me met en rage. Surtout vu les méthodes et le vocabulaire orwelliens mis en oeuvre dans une mécanique extrêmement développée, institutionnelle et agressive.
  9. Confusion permanente entre corrélation et cause, entre des résultats disproportionnés auxquels on attribue des causes intentionnelles/malicieuses et/ou des raisons structurelles dont par ailleurs on ne peut prouver l'existence, ce qui donne au final des gens qui veulent absolument voir des dragons là où il n'y a que des moulins à vent pour l'essentiel. Mais répète le suffisamment à l'école, à la fac, dans les médias et les cercles relationnels comme il faut, et ça devient axiomatique: la répétition devient la justification. Et en attendant, chaque fois qu'on pointe le manque de preuves et les incohérences dans l'accusation, on se voit répondre avec l'invocation d'un fantôme: "c'est le système", cette entité mythologique qui, apparemment, explique tout par son seul nom et n'a pas besoin de plus, sinon des collections d'anecdotes censées "démontrer" l'existence du phénomène parce qu'on les cumule dans un nombre limité de phrases et qu'on martèle le point sans ambiguité, et certainement sans mentionner tout ce qui détracte l'idée vendue. La recette quintessentielle de l'idéologie, en somme, et qui dans les faits n'a pas grand chose de différent de toute théorie du complot. Dans le même genre de moulins à vents transformés en dragons? La "patriarchie", cette hydre à cent têtes que personne ne voit, mais qui est toujours là pour appuyer de sa non existence (du moins en occident) chaque position, revendication ou prostestation d'une féministe, quel que soit le sujet, juste quand elle en a besoin. On a aussi le "grand capital" (on ne dit pas "apatride", désormais, ça risquerait de teinter l'argument), le "patronat", les koulaks.... Décrits et employés ainsi, surtout dans des pseudo-thèses universitaires, ces points utilisés comme argument relèvent du conspirationnisme le plus débile. Mais ils fonctionnent bien auprès du bon public. Et quiconque, même appartenant censément à la bonne catégorie "opprimée", ne souscrit pas à la thèse est "fair game" pour les attaques les plus violentes, comme en leur temps les universitaires et classes populaires non communistes, et autres gauchistes modérés étaient harcelés, insultés, poursuivis, en tant que "socio-traîtres"...
  10. Ils se contenteront de tweets violents et massifs... La convention de Genève réglemente-t-elle les médias sociaux en contexte de guerre? Ce sont des armes de désocialisation massive, après tout! Et on sait que beaucoup d'horreurs et encore plus de choses ridicules y sont dites. Mais c'est bon, côté US: plus ils causent et tartarinent sur twitter et facebook, moins il y a de chances qu'ils bombardent, donc.... Tout comme les soldats à louer de la Renaissance italienne n'étaient pas des mercenaires, terme vulgaire qui laisse à présumer un attrait pour le vil profit pécuniaire. Non, ils étaient des "condottiere" (littéralement "celui qui signe une condotta", soit un contrat de louage, contrairement à "mercenaire" qui vient du mot latin pour "salaire"... Très différent, si, si), ce qui sonne quand même nettement plus classe, et donc parfaitement légitime et honorable.
  11. Ce n'est pas nécessairement, d'ailleurs en fait pas souvent, par racisme, que ces contrôles sont faits, mais par la conjonction somme toute difficilement évitable de deux choses: - les ressources policières sont très limitées partout: pour reprendre l'exemple de la France, il y a quoi? 200 à 250 000 flics et gendarmes, plus peut-être 30 à 40 000 policiers municipaux très limités dans leurs prérogatives et compétences. Si tu enlèves de l'effectif ceux qui sont assignés à des missions très précises et circonscrites (genre gares et aéroports, Garde Républicaine, gendarmes en mission militaire ....), la police judiciaire/branche investigation, les unités d'intervention "pures", et les effectifs d'appui, soutien et administration (plus les recrues en formation), il reste combien de "flics du quotidien", ceux qui sont dans la rue? Enlève encore les indisponibilités et congés, et les inévitables rotations quotidiennes, et il reste combien d'uniformes disponibles et en action à n'importe quel moment d'une journée lambda? je serais surpris si, hors police municipale (dont je connais trop peu la réalité et l'activité), il y avait 50 000 flics battant le pavé dans un pays de 65 millions d'habitants. Ca fait pas lourd, considérant la masse de population et la taille du territoire, ainsi que les contraintes spéciales comme opérer dans de vastes zones urbaines. Dès lors qu'il y a une telle rareté de la ressource, tu es forcé de prioriser, de reposer sur des recettes de "moindre mal", de parer au plus pressé, de couvrir le plus possible de terrain avec le minimum d'effort, de maximiser les probabilités de trouver quelque chose dans un exercice qui s'apparente à trouver des aiguilles.... Dans des bottes d'aiguilles. - qu'on le veuille ou non, la criminalité est disproportionnellement concentrée: dans des zones géographiques, dans des groupes de population précis. La probabilité de trouver, surtout en mode prévention/dissuasion, augmente avec certaines méthodes qui ne sont certainement pas une panacée, et posent d'autres problèmes, mais tendent à créer des résultats moins mauvais que d'autres. Par ailleurs, ce genre de politiques (contrôle au faciès ou apparenté: j'oublie le terme aux USA) a tendance à se concentrer pas seulement sur l'ethnie, mais sur des critères (souvent estimés au jugé, dans la réalité quotidienne) socio-économiques, mais dans cette conversation, ce facteur passe totalement à la trappe au profit de l'éternelle complainte victimaire du "eux contre nous" racial, alors que la plupart des activistes revendiquant ce genre de trucs sont des CSP+ "ethniques" ou non qui pour la plupart n'ont jamais été contrôlés de leur vie (y compris les plus "ethniques" -insérer la bonne mention) ou n'ont subi le moindre préjudice, mais s'en revendiquent parce que ça leur donne un sens de l'identité; et ces gens ne verront JAMAIS le nombre de blancs défavorisés qui eux aussi se retrouvent plus souvent qu'à leur tour plaqués au sol par des policiers, parce qu'ils sont aussi visés par les différentes méthodes de profilage. Bonne façon de fausser le débat toujours un peu plus, et, quand bien même les officiers ET leur hiérarchie policière, judiciaire et politique sont de la bonne couleur (cad pas blancs), on peut se rabattre sur l'invocation d'un fantôme en disant que "c'est le système", présenté comme cette entité mystique/magique qui force tout le monde à agir comme des racistes. Il y a eu plusieurs cas iconiques, notamment à Atlanta, récemment, où pourtant TOUTES les hiérarchies impliquées étaient noires du bas au sommet, mais les mêmes activistes pointaient le même doigt incantatoire, faisant taire beaucoup de monde, notamment les gens normaux dans les quartiers pourris, qui voulaient PLUS de police et une qui prend moins de gants et ne s'abrite pas derrière les contraintes induites par la culture PC, ce qui est régulièrement rendu impossible par le dit activisme.... Et la criminalité ne baisse du coup jamais, empêchant la création des conditions d'une amélioration socio-économique pendant des années ou des décennies (jusqu'à, sans doute, ce que la zone devienne trendy et que des promoteurs viennent, construisent et foutent tout le monde dehors, atomisant encore plus des populations déjà éclatées et vulnérables). Ce n'est pas du racisme pour l'essentiel, c'est de la contrainte de moyens qui force à rationner et prioriser l'action, parce que celle-ci est extrêmement limitée dans son champ d'application par rapport à l'immensité du besoin quotidien. Les problèmes et imperfections induits sont très réels (et certains ont des conséquences de long terme), tout comme les hypocrisies dans la critique de ces méthodes, mais pour l'instant, peu de contreparties viables ont été trouvées qui permettent de ne pas voir la criminalité réaugmenter dans les zones concernées.
  12. La conclusion "deus ex machina" m'a vraiment laissé par terre tant la platitude, l'impression de "gnééééééh?" était grande: un truc sorti de nulle part, qui ne tient pas la route, si facile sur un plan scénaristique, sans même un indice qu'il aurait pu s'agir d'un plan pré-visionné puis orchestré par frère et soeur, sans explication visuelle sur le "comment arriver à cet endroit à ce moment", c'est, comment dire.... TGCM? Pour la cavalerie, je comprends bien le besoin de créer le sentiment d'inconnu/invisible inquiétant avec le jeu des torches qui éclairent tout, puis s'éteignent, mais il aurait pu être fait tellement mieux sans beaucoup d'effort: là, on a juste une masse de glandus à cheval qui se lance hors de portée du reste de l'armée, donc sans capacité à créer une bataille, juste apte à être enveloppée, et c'est censé être visuellement compensé parce qu'ils ont des têtes graves et/ou gueulent en chargeant? De ce côté là, ils n'ont même pas travaillé un côté visuellement épique, juste ce vaste silence qui absorbe tout, surtout la connerie et le "meh/mouef". La seule conclusion que j'en ai tirée, c'est qu'il faut imposer un moratoire à l'écran (petit et grand) contre les zombies: comme outil narratif/visuel, ils ont été beaucoup trop utilisés/abusés pendant la décennie écoulée. Trop de super-pouvoirs qui varient de minute en minute selon les besoins du scénario (de bête hagarde aux capacités minables, crevant d'une pichenette, à super-guerrier invincible qui continue à être dangereux tant qu'un petit doigt est encore entier), et le capital terreur a franchement disparu à force d'abus (si au moins ils faisaient ça dans un climat chaud, on verrait un peu de purulence, de jus qui coulent et de vermisseaux dégoulinant des corps, mais non, même pas ça , parce qu'évidemment, la version GoT ne marche que dans le froid hygiénique qu'ils amènent avec eux). En tout cas, c'est l'armée de la gamme 40-50 000h la plus nulle que j'aie vu en termes de fortifications de campagne: ils ont eu le temps de forger des centaines de milliers d'armes et de pointes de flèches en obsidienne, mais pas de creuser plus d'une putain de tranchée, et même celle-là fait pas plus d'un mètre de large, et sans doute moins en profondeur.... C'est quoi ces feignasses? Une légion construisait un camp retranché avec fossé et palissade autrement plus sérieux en une soirée, et un plus vaste, capable de soutenir un siège, avec fossés multiples et profonds (et installations creusées "pour l'hygiène"), plus de hautes palissades, en un ou deux jours. Ces Westerosiens et Esterosiens sont des branleurs, des feignasses, des syndicalistes, de la graine de communistes..... Des millenials!!!!!
  13. Je suis d'accord: tu n'es pas d'accord avec moi, donc tu es fasciste. TRAP AVOIDED !!!!
  14. Un article intéressant d'une source pas si fréquente (le MIT): https://www.technologyreview.com/s/611807/this-is-what-filter-bubbles-actually-look-like/ Une visualisation de la scène politique US, partis et médias, via leur présence online, qui montre non seulement le niveau de polarisation à travers des représentations visuelles, mais surtout le très fort biais gauche/extrême gauche (qui ne peut être bien représenté qualitativement parce que la quantification/classification des idées par items clairement identifiés est difficile, tout comme la représentation d'un degré d'intensité idéologique) qui s'impose à la sphère publique, ainsi que l'écrasement conversationnel du centre et des modérés de toutes sortes. On voit aussi l'importance de l'usage des bots (plus massif à gauche qu'à droite, ce qui est logique vu la domination de la gauche sur les professions de communication et l'activisme) et d'autres formes d'activisme, moins directes (dans la catégorie "other": cela renvoie notamment aux départements marketing/com du domaine commercial/général, qui est entré dans le jeu politique: publicité pour produits, séries et films....). C'est imparfait, et la première limite est celle de la représentativité de l'activité en ligne (par rapport à la population), tout comme le fait que ce graphique va nécessairement sur-représenter les groupes très actifs, en fait suractifs, qui sont une minorité, et tendent à être beaucoup plus politisés et beaucoup plus radicaux que la moyenne de la population. Néanmoins, c'est utile en ce que ce sont ces forces qui animent la sphère publique US; qui se trouvent analysées sous de multiples angles (biais, sources, type d'usage, niveaux de polarisation....) via autant de quantifications que possible. Je conseille particulièrement de regarder le détail du premier graphique, celui qui annonce "1 of 11": regarder les 11 "sous graphiques" est intéressant; vu qu'il s'agit de visions séparées du premier, groupes d'opinions par groupes d'opinions, type d'acteurs par types d'acteurs. La première image fait un peu fouillis.
  15. Il faudrait créer un fil GoT (ou n'y en a t-il pas déjà un?), général ou dédié spécifiquement à la violence (batailles, équipement, combats individuels....), parce que j'en ai aussi gros sur la patate après cette bataille si attendue, si montée en épingle, qui fut une totale déception culminant à la stupidité manifeste. La charge des Dothrakis était déjà un must façon connerie (ils ont été possédés par les chevaliers de Crécy?), mais l'installation de l'artillerie et de son infanterie de protection DEVANT un fossé piégé (avec un seul point de passage étroit alors qu'il y a facile 15 à 20 000h devant), et une artllerie qui ne sert qu'une fois, là j'avoue, y'a quelqu'un qui cherchait à vraiment pousser le bouchon de la connerie.... Un défi dans le bureau des scénaristes qui s'emmerdent et boivent un peu trop? On ne parlera même pas de l'arme aérienne et de son emploi....
  16. Le président Albert Lebrun (un sacré dur à cuire, et excité comme tout)? Edouard "le taureau du Vaucluse" Daladier (quel démagogue, littéralement la bave aux lèvres et le couteau entre les dents -avec des restes de salade)? Popaul Reynaud (l'énergie incarnée)? Nan, sinon je vois pas de qui tu parles ....
  17. Non, c'est à peu près ce qui est ressorti des analyses fines de l'électorat 2016, en termes de tendances lourdes de vote: - pas de grande révolution avec un "électorat Trump" sorti de nulle part, une participation pas terrible - pour la note, les médias sociaux, twitter en tête, ont beaucoup moins compté qu'il n'a été dit à chaud, même s'ils ont surmobilisé l'attention des commentateurs: la télé et la radio, surtout régionales/locales, ont pesé nettement plus lourd, surtout dans la mobilisation des électorats "solides", ancrés à un camp ou l'autre. D'où ma remarque sur "twitter n'est pas le réel": il y a surconcentration de petites minorités les plus activistes, mobilisées, aux opinions les plus poussées, et il se trouve que ce qui passe pour une classe journalistique aujourd'hui vit dessus à H24, confondant ce qui s'y passe avec les tendances lourdes d'un pays qu'ils ne connaissent plus (pas en petite partie parce que les médias actuels n'ont plus de maillage d'un territoire, et concentrent tous leurs effectifs dans quelques grandes villes: le centre du pays, les villes moyennes, les zones rurales, les banlieues, surtout lointaines.... pourraient, pour eux, aussi bien être le Liban). - les chacuns ont voté pour leur chacunière pour l'essentiel: pas de virements de bord significatifs d'un électorat ou d'un autre, en termes de grandes tendances démographiques - essentiellement, Trump a rassemblé l'électorat de Mitt Romney en 2012.... En faisant moins bien, en fait, y compris dans les 4 Etats décisifs: il a ramené moins de votes que Romney dans ces Etats pourtant bleus ou pourpre (qui détesteraient un Romney presque par nature), alors qu'il y avait plus d'électeurs inscrits - en revanche, HRC a mal mobilisé: non seulement elle n'a pas ramené l'électorat Obama, mais en plus elle a sous-performé partout où ça comptait, et surperformé là où ça faisait rien (Californie, New York, Massachussets, New Jersey, Washington, Illinois) - l'électorat centriste/modéré non religieux s'est mobilisé normalement, moins qu'en 2012, et a suivi son tropisme légèrement plus droitier: c'est typiquement ces banlieusards de classe moyenne ou aisée qui tendent à voter plus pour leur portefeuille, l'économie, accordent relativement moins d'importance aux questions "culturelles/sociétales". Et pour les deux partis, c'est le terrain de conquête/fidélisation le plus important, parce que c'est un électorat nombreux, structurellement plus mouvant, aisé (donateur) et participant proportionnellement nettement plus aux élections, donc pesant dispropoportionnellement lourd, surtout dans les zones urbaines Dans cet électorat se trouve la victoire de l'un ou l'autre parti en 2020, et il est fort possible que Trump y ait perdu un peu trop les femmes sur les 3 dernières années, si bien que la poussée très à gauche du parti démocrate pourrait lui redonner du souffle auprès de ce public qui tient avant tout à son niveau de vie, à ne pas voir sa feuille d'impôts grimper, à garder sa bonne assurance santé...
  18. Les vioques, ça bouge toujours en troupeau.... Et des troupeaux de la même espèce, venant du même coin. T'es peut-être tombé sur l'amicale des ouvriers agricoles retraités de Ploucville, Alabama. Pourtant, 2016 comme 2018 ont montré que le pivot principal, sociologiquement, était dans les banlieues de classe moyenne, surtout chez les femmes. Et les opinions de ces endroits là sont très nettement plus centristes. Faut pas se laisser abuser par ce qui parle fort et a plus droit de cité dans les médias. Bizarrement, ces sondages très partiels sont toujours mis en avant, et pas les questions qui les accompagnent, parce que quand on demande des trucs autour de "qui paie" et "comment on paie", ou "qui y a droit", les scores s'effondrent largement, y compris, de façon étonnante, dans les universités et auprès du public jeune. CNN, MSNBC, les Young Turks et Twitter ne sont pas la réalité. C'est sans doute pour ça que les syndicats ouvriers se sont prononcés contre le "Green New Deal" autour duquel s'articule la nouvelle gauche.... Y'a comme un couac, là.
  19. C'est ce qu'on devrait appeler le "réflexe Potemkine" ?
  20. Dire que le racisme n'a pas disparu des USA n'est pas dire que les USA sont racistes: il y a toujours des zones (et même là, c'est plutôt le fait des vieilles générations) où un couple mixte fera encore tiquer (d'ailleurs c'est moins forcément du racisme qu'une forme de communautarisme, genre "on n'a rien contre vous, on vous souhaite le meilleur, mais pas touche à ma fille/mon fils"), parce que dans l'ensemble, le racisme, le communautarisme, des consciences de race/classe/sexe ne disparaîtront jamais vraiment, et une expression dure, voire extrême, de ces consciences, subsistera toujours ça et là. Mais l'occident actuel et les USA peuvent légitimement se considérer comme les civilisations où la chose a été plus réduite que n'importe où ailleurs dans le monde, et sans doute, dans l'histoire.... Faudrait aussi regarder la chose sous cet angle de temps en temps. Ensuite, les statistiques et indicateurs que j'évoquais rapidement dans la citation étaient surtout centrés sur les perceptions, impressions et constatations de la population à cette époque: il est plus difficile, voire élusif, de présumer établir avec certitude la réalité objective de tels phénomènes, surtout à l'échelle d'un pays comme les USA.
  21. Assez d'accord, si certaines circonstances sont réunies, notamment une démographie favorable et une économie porteuse: rappelons qu'en France, il manque désormais plus de 20 000 médecins (et c'est pas à cause du numerus clausus), soit plus de 10% du besoin, que ce déficit croît, et que c'est plus grave encore si on regarde en termes de spécialistes vs généralistes, de couverture territoriale et de nombre d'heures effectuées vs nécessaires. Un système monopolistique (surtout public) tend à être celui qui détermine le prix de la main d'oeuvre, et crée un problème qui ne tend qu'à grandir. Je regarde plutôt un système à couverture universelle comme le modèle suisse comme plus désirable. Pour le système US, l'ironie de la situation actuelle est que tout le monde ou presque est d'accord sur le diagnostic général: il ne faut pas se représenter les conservateurs, même les plus hardline, comme des thuriféraires du tout privé ou des gens avides de voir un tiers ou la moitié de la population sans couverture santé, ne serait-ce que pour des raisons politiciennes. A droite, le diagnostic partagé est que les US cumulent le pire des deux côtés du débat (tout public vs tout privé). Les questions en suspens politiquement sont "vers quoi aller" et "comment y arriver/gérer la transition". C'est pas tant les "black supremacists" le problème: toutes les idéologies existent sous forme de petits groupes ou même factions conséquentes (mais à petite échelle) à tout instant. Le danger vient quand la mentalité d'une ou plusieurs d'entre elles commence à entrer le mainstream, ce qui est le cas en ce moment de BLM (tout comme le vrai danger islamiste vient moins des groupes eux-mêmes que de différents degrés d'approbation dans une population plus large, qui crée soutien, opportunités de recrutement, ralliement, et capacité d'infiltrer le débat, de normaliser certaines opinions dans une mesure significative). Si, un gars de Harvard qui a montré que les flics hésitaient plus à tirer sur les noirs, précisément en raison de cette surattention médiatique. L'une des conséquences dans beaucoup d'endroit est une structurelle "grève du zèle" dans les quartiers ethniques, qui aggrave encore les problèmes d'insécurité pour les gens qui y vivent, et dont l'un des problèmes est que même si, fondamentalement, ils voudraient plus de police, ils se retranchent souvent sur la position tribale de critiquer la police à la première occasion (habitude acquise, position par défaut, culture ambiante, mimétisme/conformisme social....), de voir du racisme partout, surtout là où il n'est pas (un fait aggravé à l'heure des médias sociaux et des vidéos via portables: tout est mis dans un "narrative" en quelques secondes, il n'y a plus de zone grise, de présomption d'innocence, d'attente de preuves, de contexte....), là où l'ambiguité et le scepticisme devraient régner (par exemple, si un manager de magasin ou un flic est impoli, c'est un con si le client/citoyen pas traité idéalement est blanc, c'est un raciste si le quidam est noir -et ça va en ligne dans la minute, avec une industrie pro et amateur disponible pour rendre la chose virale). Le pire est que, entre le milieu des années 90 et la crise économique, ça se passait plutôt très bien, et tous les indicateurs disponibles montraient que non seulement, une écrasante majorité des divers groupes ethniques voyaient désormais les relations raciales comme un problème mineur, mais en plus elles étaient très optimistes sur leur avenir. Et la perception que le racisme, au-delà de comportement individuels occasionnels et de vexations mineures, pouvait être un frein pour des choses réelles (études, carrières....), était presque inexistante, en tout cas confinée à de petits groupes. Depuis 2010 environs, ça a changé, mais il faut noter que l'essentiel de ce sentiment, en tout cas pour l'instant, reste cantonné à ce qui ressort de l'interpersonnel et du subjectif, pas à une impression que le "système" s'oppose à la réussite de telle ou telle catégorie de gens. Ca, c'est cantonné à une petite minorité d'activistes ultra-idéologisés et à leur caisse de résonnance plus ou moins convaincue. Manque de bol, cette petite minorité (qui est disproportionnellement blanche et CSP +) domine absolument les médias, les universités.... Encore une fois, il faut savoir faire la différence entre opinion publique et opinion populaire, parce qu'à certaines périodes, l'écart entre les deux peut devenir énorme. Le problème est qu'il y a une machine médiatique (pros, semi pros et amateurs en ligne) qui est là pour tout interpréter dans un sens unique, transformer des anecdotes en réalités structurelles, des faits ambigus en certitudes, des non faits en réalités, et à donner au tout non seulement un écho énorme, matraqué pendant des semaines, mais en plus un contexte en permanence enrichi qui raconte une même histoire martelée dans les esprits depuis l'âge le plus tendre. Ca tend à créer sa propre dynamique spontanée d'interprétation constante et hautement subjective de la réalité. Qu'on se rappelle de Ferguson, où il s'est avéré que le "gentil géant" flingué par un flic était en fait un voleur violent qui avait agressé le flic et tenté de lui prendre son arme à plusieurs reprises, que les 17 témoins "spontanés" de l'événement ont plus tard tous avoué avoir menti (quaisment aucun n'avait été même près de l'événement), et que les preuves médico-légales/scientifiques des événements ont donné raison à la version du flic. Les médias n'ont JAMAIS changé leur version initiale d'oppression raciale et d'acte raciste calculé, les organisations afro-américaines (avec en tête l'inénarrable escroc médiatique maître du chantage racial, le "révérend" Al Sharpton) impliquées dans la médiatisation initiale et responsables des émeutes n'ont jamais changé leur position (elle rapporte trop de fric, de recrues, d'attention, de capital politique).... C'est un business, une industrie, en plus d'être désormais un état d'esprit culturellement établi. De fait, en 2016 ou 2017 je crois, des cas d'hommes noirs non armés tués par la police sur l'ensemble des USA, il y en a eu, il me semble, 14: et "non armé" ne veut pas dire "innocent", "pas dangereux", "pas agressif", "pas violent" (au moment de l'interpellation). Alors il y en a certainement, dans ces chiffres, qui sont des cas où les flics sont 100% en tort, qu'il s'agisse de racisme, de cafouillage, de brutalité policière (cad qui frapperait aussi facilement un blanc) ou de problème professionnel (entraînement/doctrine de merde, amateurisme, mauvais recrutement....). Mais dans un pays de 325 millions d'habitants avec de grandes métropoles urbaines et une très grande disponibilité d'armes à feux illégales (qui sont extrêmement majoritaires dans les cas de fusillades avec ou sans police), ce genre de chiffre ne suggère pas un problème "systémique", ce qui est plus un mot employé par des médias et groupes orientés parce que ça sonne sérieux et intelligent dans une phrase. Par ailleurs, j'ai toujours du mal à parler de "systémique" dans un pays où la police n'est pas une réalité nationale, et la "police du quotidien" n'est même pas une réalité d'Etat: c'est une réalité locale (comtés/paroisses et villes ou groupes de villes). Il n'y a pas une "police américaine": seules les agences fédérales correspondent à la définition, elles sont des branches d'investigation, pas de police "au sol" (à part la protection des frontières, le Custom and Borders Protection). C'est assez similaire au niveau des Etats, où les polices d'Etats sont aussi principalement des agences d'investigation/police judiciaire. Donc pas un système avec une organisation et un entraînement, une doctrine et un ethos, mais des milliers. Et certains ont de vrais problèmes (d'autres en avaient, les ont réglé, et continuent à être vus comme les ayant), d'autres non (mais seront quand même vus et traités avec la narration nationale sur le sujet), et la majorité font ce qu'ils peuvent. Plus grave, ils réagissent durablement à une scène publique au propos très biaisé et unilatéral, notamment en s'occupant le moins possible des zones qui en ont le plus besoin. A l'arrivée, il y a une certaine hégémonie culturelle qui ne peint ce sujet qu'avec un seul pinceau et une seule couleur, en niant toute autre réalité, notamment le fait que les blancs défavorisés sont tout autant, voire plus, suceptibles d'être traités comme de la merde par la police, que les noirs de classe moyenne ou aisée n'ont que peu de problèmes de ce type (mais seront les premiers à se dire "opprimés" parce que ça leur donne une identité, comme un étudiant d'université beurré il y a deux semaines qui a refusé de présenter ses papiers -procédure obligatoire passé une certaine heure- à l'entrée de son dortoir et s'est empressé de hurler et de poster au racisme), et qu'en fait, les mauvais traitements tendent généralement à se concentrer sur un nombre très réduit de zones géographiques partageant certains traits, indifféremment de la race dominante du lieu: haut niveau de criminalité violente (rappelons que moins de 2% des comtés aux USA concentrent plus de 70% des meurtres), pauvreté, faible taux d'emploi et peu d'opportunitésa, moindre accès à un avocat et à l'information, faible niveau éducatif, et (facteur très nié à gauche) une culture dominante hostile à ce qu'on pourrait appeler à gros traits la civilisation (éducation, succès, intégration....), ce qui existe par exemple aussi bien dans les "ghettos" noirs ("inner cities") que dans les zones rurales/à faible densité (mais vastes) et villes désoeuvrées des Apalaches et du vieux sud (la "redneck culture"). Est-ce un "mépris du pauvre" ou du "faible" par la police (moindres conséquences quand on abuse), ou une parano structurelle accrue par le danger d'opérer dans ces zones (amenant une "brutalisation" des mentalités), ou encore une dérive due à des problèmes d'entraînement, de doctrine et d'équipement (la militarisation évoquée parfois)? Un mélange pernicieux de 2 ou 3 de ces facteurs? En tout cas, les chiffres ne semblent pas énormes quand aux soi-disant "exécutions" de gens innocents et désarmés par la police (environs 900 à 1000 tués/an: quasiment tous sont armés), la perception semblant par trop éloignée de la réalité pour être utile. Autres sujets que cette trame narrative permanente évite de traiter: le nombre de "black on black crime', infiniment supérieur (aussi "white on white" ou "latino on latino" dans diverses zones), la surcriminalité dans la population afro-américaine (13% de la population, plus de la moitié des meurtres), et en fait certaines franges et zones de cette population (encore une fois, tout fonctionne selon une distribution de Paretto), et ses conséquences (notamment des peines plus lourdes à crime égal parce que la plupart des condamnés sont des multirécidivistes). Et tout expert, journaliste ou débatteur qui essaie d'expliquer ces choses est automatiquement crucifié avant même d'avoir eu l'honneur d'un débat honnête; nombre de telles personnes sont elles-mêmes noires ou latinos, et reçoivent sans doute le pire traitement par leurs groupes (pour un noir, c'est se faire traiter "d'Oncle Tom", de "coon"....). Il y a une longue liste de penseurs, journalistes et analystes noirs qui évoquent ces choses depuis 30-40 ans, et ils sont systématiquement torpillés par ceux qui devraient être de leur côté, mais préfèrent la narration démagogique qui vend plus et fait plus de scandale, aux mains de groupes organisés qui bénéficient grandement (politiquement, médiatiquement, financièrement) d'une poursuite du système existant.... Qui n'a fait qu'amener de mauvaises politiques depuis longtemps, et empirer la situation des zones en difficulté (pourtant électoralement aux mains de la gauche depuis des décennies: où est la responsabilité de la droite et des "racistes" dans tous les lieux à problèmes? Baltimore, Chicago, Atlanta, St Louis, Los Angeles, New york, Boston, Washington: pas de majorité, chef de la police ou maire de droite depuis ou pendant longtemps, dans ces lieux, donc si problème systémique il y a, de qui vient le "système"?).
  22. Je pense à des séries de déclarations genre 'les blancs ne savent pas ce que c'est qu'être pauvre": ce sera une bonne nouvelle pour plus de 20 millions d'entre eux aux USA qui le sont officiellement, et 30 à 40 millions qui ne sont pas tellement mieux lotis même s'ils sont au-dessus -mais pas assez loin- du seuil formel de pauvreté. Je pense à la montée de la rhétorique sur un sujet comme le "Medicare for all" qui maintenant vise à l'interdiction de toute autre forme d'assurance santé, donc une absence de concurrence (on devrait, notamment en France, savoir se garder des monopoles d'Etat, dont les risques, qui plus est, croissent avec la taille du pays): j'ai rien contre un "single payer system", je me méfie beaucoup plus d'un "single manager system", et encore plus quand un politicien le vend en "garantissant" à l'avance les résultats et les prix. Il a aussi avancé des propositions similaires pour un monopole d'Etat de l'éducation (et toute fibre de gauche disparaît alors de chez moi: cf manif pour l'Ecole libre), tout comme il a en fait accru l'ampleur et les objectifs de ce qu'il proposait en 2016 (pour ma part, "point trop n'en faut", "l'excès nuit", "le poison n'est pas dans la substance, mais le dosage"....). Côté identity politics, en 2016, il acceptait d'écouter BLM (qui entre-temps est devenu encore plus idéologique et extrêmiste), maintenant il leur donne raison sur tout: on voit la nuance? Et personnellement, en termes de caractère, je ne pense pas que sa prestation de 2016 avec des militants BLM lui volant la tribune fut un de ses meilleurs moments: c'est peut-être bien à certains égards, mais c'est une élection pour un chef d'exécutif, et dans ces quelques secondes où il s'est laissé marcher sur les pieds, il a fait montre (car ce fut vraiment un "moment" de quelques secondes, donc il a montré ses réflexes "naturels", parce qu'il n'y avait pas de temps pour une décision consciente), pour moi, d'un petit manque d'épine dorsale. OK pour les laisser parler, mais il aurait du le faire à ses propres conditions, pas se laisser déborder. Mais bon, ça c'est annexe, même si ça compte pour l'électeur, surtout à un niveau viscéral, dans une telle élection (on cherche un "chef", ou quelqu'un qui en donne l'impression), ce qui pourrait le desservir. Le point est que, comme la gauche mélenchonnienne, ce mouvement initialement type "labour" mené par Bernie a été colonisé par la bande des idéologues intersectionnels, et Sanders en a adopté la rhétorique. Et ce sont des sujets importants parce que ce que ces gens là avancent va vraiment au-delà de points comme le mariage gay: on parle vraiment de lois et pratiques sur l'école, l'enseignement supérieur, la justice, la gestion des ressources humaines (quelqu'un veut vraiment voir le droit du travail fondé sur ce qu'on a vu du mouvement metoo? Ca tente quelqu'un de voir la présomption d'innocence disparaître de fait? De voir les "bias training" et "sensitivity training" devenir des obligations légales?) et le recrutement (quotas par sexe/race/orientation sexuelle), la liberté d'expression (censure contre la "haine", pour la "sécurité de tous"), ainsi que de mesures économiques type Besancenot genre le "droit au travail" (à la vénézuélienne: on crée des masses d'emplois aux frais de la princesse, sans grande utilité économique, on prescrit les résultats façon plan quinquénal soviétique.... Et on s'étonnera des résultats réels plus tard). Sans même compter la version extrêmiste de l'écologie qui va avec: fin des hydrocarbures forcée aussi vite que possible (10 ans dans le "Green New Deal" que Sanders a revendiqué), et non au nucléaire, au profit d'une invocation magique des "renouvelables" (quelqu'un ici croit qu'une économie moderne peut fonctionner là-dessus?). Ca, je crois que c'est fini pour toute une partie de l'opinion et des médias.
  23. A noter que Sanders n'était pas passé par le grill d'une élection générale, où la moindre mollécule du passé d'un candidat est examinée, déformée, reconstruite, pour aller dans un certain sens, puis mise dans le mégaphone matraqueur avec un déchaînement terrfiant. Nul ne sait ce qui serait advenu de sa popularité s'il avait été le candidat. Comme je l'ai déjà indiqué à plusieurs reprises, j'ai maintenant bien plus peur des fanatiques que je vois à gauche que des pourris à la tête de leurs parti ou de celui d'en face: je fais le choix du personnage (fictif) de Gracchus dans le film Spartacus: si je n'ai le choix qu'entre de la liberté et de la corruption ou de la "pureté" (entendez "idéologie") et pas de corruption (mon oeil), j'opte pour la première case. Et Sanders 2020 n'est plus le Bernie de 2016: il a opté pour "'l'identity politics", s'est enferré avec les intersectionnels, se montre nettement moins candide et beaucoup plus "éviteur" qu'avant.... Bref, il est entré dans un système, et je ne sais pas à quel point ça va le servir: il a certes levé beaucoup de fric, et il est au plus haut dans les sondages auprès des noirs et, dans une certaine mesure, des latinos, mais je ne sais pas si ça va tant le servir auprèsde la base blanche non côtière. Quand à la responsabilité pour Trump au pouvoir, je ne ferais pas des caciques démocrates les seuls, ou même les premiers responsables (ça leur donnerait un peu trop d'importance par rapport à la réalité): il y a eu un alignement de trop nombreuses étoiles, conjoncturelles et structurelles, pour créer cet événement juste comme ça. C'est là qu'il faut se rappeler que Twitter n'est pas le monde réel, à peine une caricature extrême des échanges entre membres les plus radicaux et militants des diverses factions politiques. Sondage après sondage, on voit (et encore plus depuis la non révélation que constitue l'enquête Mueller) que les ricains n'ont jamais adhéré à l'importance de ce sujet, juste une partie très militante des démocrates qui a essayé de battre ce tambour avec emphase et se radicalisant dessus en circuit fermé. Pour la note, une majorité d'Américains ne sait même pas qui est Mueller. Ca devrait illustrer quelques trucs. Le système des super délégués a été changé l'an dernier: ils sont réduits à la portion congrue, ce qui n'est sans doute pas la moindre des raisons pour laquelle il y a maintenant plus de 20 candidats à la primaire démocrate, ou que Joe Biden n'est pas décrit comme l'inévitable vainqueur de la sélection par nombre de commentateurs. Un de ses problèmes majeurs, comme indiqué dans mon post précédent, est qu'il incarne la "mauvaise" idéologie aux yeux d'une grosse minorité, voire d'une petite moitié, de la base démocrate, mais aussi qu'il n'a aucun "crédit" intersectionnel (mâle, cis, hétéro, blanc, chrétien: 5 mauvais points justifiant les pires traitements et un statut de seconde zone chez ces passionnés "d'égalité") sur l'échelle d'évaluation des individus et groupes. De ce fait, il va sans doute se lancer plus durement que les autres (comme Bernie, sans doute, pour des raisons similaires) dans la rhétorique anti-blanche et anti-mâle, en plus de se défouler plus que les autres dans le credo anti-Trump (cad dire que toute personne à droite de Karl Marx est raciste/sexiste/oppresseur de la veuve et de l'orphelin), saupoudré sans doute aussi de diatribes conspirationnistes anti-russes. Je ne pense personnellement pas que ça marchera suffisamment pour lui dans les primaires (où c'est le public qui adhère le plus probablement à ces trucs), les frontières entre les différentes composantes/opinions de l'électorat étant plus accusées et rigides qu'avant (et d'emblée, pour la plus militante de ces composantes, il est "l'ennemi") et le spectre idéologique à gauche s'étant élargi (vers l'extrême gauche) si bien que le parti couvre un beaucoup plus vaste espace idéologique qu'avant (et un plus vaste que le républicain, qui s'est plus resserré, même si -le pays étant vaste- ça reste large) tout en ayant abandonné des franges au centre et chez une partie des "liberals" (moins représentés dans le débat, et beaucoup n'aiment pas les orientations plus idéologiques). Donc on peut s'attendre à voir un Biden surenchérir dans les diatribes idéologiques sur la race, le sexe, l'orientation sexuelle et la haine (pour des motifs inventés plus que pour ceux légitimes, qui vendent moins) de Trump et des Russes: je ne sais pas ce que ça lui gagnera à gauche et chez certains électorats, si ça "nettoiera" son statut intersectionnel et son CV (aux yeux des gauches dures) et je ne sais pas si de tels gains (auxquels je crois peu) compenseront ce qu'il risque de perdre là où il est fort, ou censé être fort (libéraux, blue dogs, électeurs à 1 ou 2 sujets de vote déterminants, banlieusards de classe moyenne/moyenne sup, mères de famille, ouvriers et classes populaires blanches).
  24. Le turnover est rapide, mais faut pas oublier que pour tous les groupes mafieux mexicains, surtout depuis Los Zetas (qui a été, en l'espèce, un saut massif dans la course aux armements entre les dits groupes), ce turnover inclue les forces armées et les polices mexicaines dans la boucle: il y a une "revolving door", beaucoup de flics et soldats qui "pantouflent" du public au "privé", alimentant ainsi le côté cartel de cette guerre en combattants professionnels, sans même compter que depuis le temps, pas mal de groupes ont pu développer des infrastructures de formation. Car il ne faut pas oublier que, dans beaucoup d'endroits, les cartels ont atteint une telle place qu'ils sont un plan de carrière presque comme un autre pour une partie des jeunes hommes mexicains sans grand avenir: ça fait beaucoup de monde très motivé, orbitant souvent depuis un âge très tendre autour des mafieux locaux, à qui on peut demander beaucoup. Dès lors que tous ne sont pas considérés à chaque fois comme de la chair à canon, qu'il y a un peu de fric investi pour former plus ou moins sérieusement une partie d'entre eux (des fidèles, une petite élite....) passé un certain temps (qu'ils sont passés au travers de plusieurs stades de sélection darwinienne), la logique suit.... Et, comme cela a été vu ailleurs avec d'autres mafias, il est à craindre que certains éléments entrent dans la police ou l'armée avec cette allégeance déjà établie, soit pour se former et repartir ensuite, soit pour nouer des contacts et recruter, soit carrément pour s'insérer dans le dispositif sécuritaire (ce qui se constate régulièrement dans ce conflit sans front). Les cartels mexicains de jadis outsourçaient le gros du business de la sécurité aux flics eux-mêmes (jusqu'aux années 80-90): depuis, ce sont de véritables potentats médiévaux avec des capacités propres de recrutement et même de génération de forces. Faut plus les voir comme des agglomérats juste faits de petits malfrats tout juste bons à terroriser du pégu.
  25. Non, ils ne veulent pas les remplacer: ils veulent foutre d'autres persos en accord avec la mentalité "woke" qui sévit à Hollywood, pensant que c'est LA recette qui fait venir les foules. Pas la qualité des récits, pas le travail pour créer de vrais persos, pas des acteurs réellement capables de les porter. Certains vont peut-être rester en tant que "torche" transmise à un autre individu, comme le titre et l'apparence de Captain America, peut-être, transmis à Falcon... Quoique de ce qui a transpiré, Falcon est censé avoir une série en coopération avec Bucky sur la nouvelle chaîne streaming Disney Plus (avec d'autres persos, comme Loki et Wanda, qui auront aussi la leur, plus d'autres potentielles), donc je vois mal un nouveau Cap, à moins qu'ils pensent réellement que ce genre de transfert marche aussi aisément au ciné. Ca a déjà pas marché dans les comics, donc.... Quand à Thor, il y a déjà des rumeurs qui voient aussi un transfert à un "Thor féminin", qui a été fait pendant quelques années dans les comics, avec des ventes plutôt basses (dans les 30-40 000 par numéro, ce qui était il y a 10 en-dessous du seuil d'annulation, mais a été maintenu dans le Marvel Comics actuel, ultra politisé et dont les ventes sont devenues très limitées et le mode d'action étouffant pour les réseaux de comic shops qui ferment à toute berzingue). Là, ils veulent un univers avec Captain Marvel pour centre (z'ont essayé aussi dans les comics, avec bananage à chaque fois: le perso a été rebooté 9 fois dans la décennie écoulée, et n'a jamais trouvé de succès.... Et la scénariste principale du film éponyme était celle qui avait présidé à beaucoup de ces reboots.... Difficile à croire, mais c'est comme ça), et toute une galaxie de persos "divers" censés porter les chapitres suivants. A mon sens, c'est ce qu'ont réussi à créer le désormais ancien casting, avec la prod telle qu'elle était jusqu'à la domination absolue d'Hollywood qu'ils ont actuellement, qui ont prévalu, pas les recettes supposées qu'ils ont essayé de forcer dans l'univers depuis quelques films. On ne reproduit pas Robert Downey Jr comme ça, et certainement pas le travail fait dans les premiers films pour, bon an mal an, poser une équipe de personnages réellement humanisés (dans la mesure des possibiltés de films grand spectacle). Si on trouvait les films Marvel formulaïques depuis la fin du premier film Avengers, c'est rien à côté de ce qui arrive, et ce qui arrive n'aura pas de personnages fondés sur des idées originales ou puisant tant que ça dans le matériel d'origine, parce que l'essentiel de ce qui a pris pour ainsi dire 60 ans à étaler dans les comics, a été résumé, accaparé, picoré.... Dans la décennie écoulée. Alors certes, le capital confiance qui a été créé, la familiarité (donc le tropisme) créée auprès d'un énorme public mondial (dont une jeune génération dont l'univers Marvel est le nouveau Star Wars), sont un atout, un actif industriel qui va encore faire marcher des films pendant un temps, fussent-ils tous mauvais et même destinés à se bananer après leur première semaine d'exploitation (nécessairement retentissante à chaque fois grâce au dit capital acquis et à l'espérance ainsi créée à chaque fois). Mais le risque narratif que je perçois, le sentiment de bouclage de boucle qui vient avec Endgame, et la sur-saturation qui arrive via la continuation des sorties de films au même rythme ET la multiplication de nouvelles séries intégrées dans l'univers (et avec les acteurs du grand écran) risquent pour moi non seulement de diviser le public, mais aussi de diluer l'attrait, de ne pas reproduire la tension créée par l'arc continu du cycle qui s'achève, et de fatiguer une audience qui ne pourra pas tout suivre (et pas tout payer: le cinoche est désormais cher, et les services de streaming, dans les "streaming wars" qui ont commencé, sont trop nombreux, forçant à des choix, vu le prix cumulé). Le fameux éclatement de la "bulle super héros" au ciné (/dans les médias en général), annoncé depuis un bail, est-il désormais en vue? Personnellement je ne crois pas, en tout cas pas sous la forme d'un effondrement brutal, mais plus d'un net ralentissement progressif allié à la banalisation du phénomène, la fin d'un "moment" unique (justement en partie créé par les héros individuels de ce premier cycle, et un mode de production vertueux), l'inflation des coûts (ce ne sont pas des petites prods: même AntMan chiffre dans les 150 millions de budget plus marketing, avec donc des seuils de rentabilité autour de 400 millions de recette minimum) et le risque susmentionné de division du public par l'appel à des recettes incluant des aspects de militantisme socio-politico-culturel. En attendant, Endgame, comme prévu, a battu tous les records de l'histoire du cinéma, en tous cas pour un début: au-dessus d'1,2 milliards de dollars pour son WE d'ouverture (ça inclue en fait, dans beaucoup d'endroits, des premières depuis jeudi soir).... Les chiffres sont si étonnants que certains commencent à (enfin, parce que d'habitude ils ne sont pas honnêtes sur ces chiffrages) faire des comparaisons, pour ses résultats à venir, avec les "grands" films de l'histoire, EN AJUSTANT pour l'inflation. Les records actuels: - Autant en emporte le vent: 3,8 milliards en salles - Avatar: 3,2 milliards - Titanic: 3 milliards - Star Wars: 3 milliards - La mélodie du bonheur: 2,5 milliards - ET: 2,4 milliards - Les dix commandements: 2,3 milliards - Dr Jivago: 2,2 milliards - Les dents de la mer: 2,1 milliards - Star Wars Episode VII: 2,1 milliards - Avengers Infinity War: 2 milliards - Blanche Neige: 2 milliards - L'exorciste: 1,9 milliards (A noter que dans ce qui limite les comparaisons, un facteur compte beaucoup pour moi: le monde d'avant les années 90-2000 était nettement moins riche, avec beaucoup moins de grands marchés solvables, et, à mesure qu'on recule dans le temps, était nettement moins peuplé, ce qui souligne d'autant l'énormité du succès de nombre des plus anciens films, dont le "taux de pénétration" dans les marchés alors disponible fut donc sans commune mesure avec même les plus grands films actuels, expliquant un statut culte qui n'est sans doute pas reproductible dans des proportions comparables, vu l'immensité de l'offre actuelle, les rythmes de prod et sorties, la différenciation des publics, le niveau de concurrence....).
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