nemo Posté(e) le 30 janvier Share Posté(e) le 30 janvier (modifié) Il y a 2 heures, Alexis a dit : Mais ce n'est PAS la même chose que l'impérialisme, l'intimidation et la guerre d'agression !!! Le problème est qu'en fait la différence n'est pas dans la méthode mais dans la cible. Exactement comme les nazis qui ont le mauvais gout d'appliquer à des européens les méthodes qu'on appliquait aux colonies. C'est d'ailleurs exactement la même vis à vis de Trump quand il enlève le président du Venezuela pour faire du chantage c'est ok. En revanche commencer à déstabiliser le Canada ou le Groenland là c'est mal. Je ne dis pas que toi personnellement tu es sur une telle position. Je constate juste que tout un tas de diplomatie européenne fonctionne comme cela. Du coup j'ai beaucoup de mal à prendre au sérieux tes catégorisations entre les un qui seraient impérialiste et pas les autres. Modifié le 30 janvier par nemo 2 2 Lien vers le commentaire Partager sur d’autres sites More sharing options...
greg0ry Posté(e) le 30 janvier Share Posté(e) le 30 janvier il y a 15 minutes, nemo a dit : Le problème est qu'en fait la différence n'est pas dans la méthode mais dans la cible. Exactement comme les nazis qui ont le mauvais gout d'appliquer à des européens les méthodes qu'ont appliquaient aux colonies. C'est d'ailleurs exactement la même vis à vis de Trump quand il enlève le président du Venezuela pour faire du chantage c'est ok. En revanche commencer à déstabiliser le Canada ou le Groenland là c'est mal. Je ne dis pas que toi personnellement tu es sur une telle position. Je constate juste que tout un tas de diplomatie européenne fonctionne comme cela. Du coup j'ai beaucoup de mal à prendre au sérieux tes catégorisations entre les un qui seraient impérialiste et pas les autres. Un autre bon exemple est le chancelier allemand. Il applaudit à tout ce que font les américains sauf lorsqu’il s’agit de l’Europe. alors que les procédés sont les mêmes . 1 Lien vers le commentaire Partager sur d’autres sites More sharing options...
Pasha Posté(e) le 30 janvier Share Posté(e) le 30 janvier Il y a 3 heures, Manuel77 a dit : Les arguments dérapent complètement. Depuis des décennies, l'establishment français en matière de politique de sécurité, y compris tous les présidents, veut imposer à ses voisins européens un débat sur la dissuasion nucléaire. Mais ceux-ci ne veulent tout simplement pas en entendre parler. Ce n'est pas comme si une vierge innocente était agressée dans la nuit. Pour le coup oui. De la haute trahison digne de nos plus sombres heures de notre histoire Lien vers le commentaire Partager sur d’autres sites More sharing options...
Lecteur de passage Posté(e) le 30 janvier Share Posté(e) le 30 janvier il y a une heure, nemo a dit : Le problème est qu'en fait la différence n'est pas dans la méthode mais dans la cible. Exactement comme les nazis qui ont le mauvais gout d'appliquer à des européens les méthodes qu'ont appliquaient qu'ils ont appliquées aux colonies. C'est d'ailleurs exactement la même vis à vis de Trump quand il enlève le président du Venezuela pour faire du chantage c'est ok. En revanche commencer à déstabiliser le Canada ou le Groenland là c'est mal. Je ne dis pas que toi personnellement tu es sur une telle position. Je constate juste que tout un tas de diplomatie(s) européenne(s) fonctionne(nt) comme cela. Du coup j'ai beaucoup de mal à prendre au sérieux tes catégorisations entre les un(s) qui seraient impérialiste(s) et pas les autres. Honnêtement, je ne comprends pas ce que tu veux dire. L'Histoire européenne nous apprend qu'il s'agirait de se calmer, sinon c'est Armageddon. Lien vers le commentaire Partager sur d’autres sites More sharing options...
nemo Posté(e) le 30 janvier Share Posté(e) le 30 janvier il y a 1 minute, Lecteur de passage a dit : Honnêtement, je ne comprends pas ce que tu veux dire. L'Histoire européenne nous apprend qu'il s'agirait de se calmer, sinon c'est Armageddon. Oh mais je suis d'accord sur le pronostic, là ou on diffère c'est sur les causes. Et ça un lien avec un des points aveugles de Girard c'est donc marrant que ce soit toi qui m'interpelles sur le sujet. Pour faire court on se comportait comme ça depuis longtemps avec les "inférieurs". Ce qui a changé au cours des siècles c'est le cercle de ceux "méritant" un comportement de "commune humanité". Avec la fin de la notion de chrétienté cela c'est concrétisé par les principes westphaliens. La dégradation de ces principes depuis notamment l'épisode napoléonien a connu un recul important en 1945 lorsque les bases d'un tel comportement pour tous qui ont été posés (l'ONU, les divers traités, la déclaration universelle des droits de l'homme...). Bien sur tout ça n'a pas été respecté et dès le début la différence entre "premier monde" et "tiers monde" est nette. Mais maintenant non seulement ces principes sont rejetés mais ceux qui bénéficiaient d'une approche "raisonnable" dans la compétition sont traités comme tout les autres. Enfin pas tout à fait encore mais on y va tranquillement. 1 Lien vers le commentaire Partager sur d’autres sites More sharing options...
Lecteur de passage Posté(e) le 30 janvier Share Posté(e) le 30 janvier il y a 12 minutes, nemo a dit : Et ça un lien avec un des points aveugles de Girard c'est donc marrant que ce soit toi qui m'interpelles sur le sujet. Pour faire court on se comportait comme ça depuis longtemps avec les "inférieurs". Ben désolé, je comprends encore moins là... Vraiment. Ah j'ai compris, je crois. Nous devons donc nous sentir coupables, c'est ça ? En fait tu veux dire que "nous sommes tous coupables", c'est ça ? Et bien personnellement, je ne me sens ni plus ni moins coupable qu'un allemand d'aujourd'hui, des choses du passé. Par contre, oui, nous avons un devoir envers l'Histoire. 2 Lien vers le commentaire Partager sur d’autres sites More sharing options...
nemo Posté(e) le 30 janvier Share Posté(e) le 30 janvier (modifié) il y a 13 minutes, Lecteur de passage a dit : Ben désolé, je comprends encore moins là... Vraiment. Ah j'ai compris, je crois. Nous devons donc nous sentir coupables, c'est ça ? En fait tu veux dire que "nous sommes tous coupables", c'est ça ? Et bien personnellement, je ne me sens ni plus ni moins coupable qu'un allemand d'aujourd'hui, des choses du passé. Par contre, oui, nous avons un devoir envers l'Histoire. Je fais pas de la morale. Je dis en revanche que si on connait pas les vrais causes on pourra pas résoudre le problème à savoir faire humanité commune pas juste dans les mots. Aussi je parle pas du passé mais de ce qu'on continu de faire aujourd'hui comme le montre à foison notamment tous nos protos fascistes des deux cotés de l'atlantique. Sans parler de ceux qui favorise leur avènement sans en être officiellement et qui sont passablement nombreux et souvent au pouvoir. Modifié le 30 janvier par nemo Lien vers le commentaire Partager sur d’autres sites More sharing options...
Lecteur de passage Posté(e) le 30 janvier Share Posté(e) le 30 janvier il y a 2 minutes, nemo a dit : Je fais pas de la morale. Je dis en revanche que si on connait pas les vrai(e)s causes on pourra pas résoudre le problème à savoir faire humanité commune pas juste dans les mots. "Le problème est qu'en fait la différence n'est pas dans la méthode mais dans la cible. Exactement comme les nazis qui ont le mauvais gout d'appliquer à des européens les méthodes qu'ont appliquaient qu'on appliquait aux colonies." Ok, en te relisant je crois que j'ai compris. On va arrêter là. 1 Lien vers le commentaire Partager sur d’autres sites More sharing options...
Patrick Posté(e) le 30 janvier Share Posté(e) le 30 janvier (modifié) Il y a 7 heures, Lecteur de passage a dit : Là comme ça, spontanément, je suis 1000x d'accord avec toi, en tant que français. C'est vrai quoi, font ch... les casques à pointe à tergiverser à l'infini ! Tu tends la main, tu proposes un chemin, et ils rechignent ! Et cette Europe mal construite, à moitié vassalisée et regardant de travers ces fiers français qui croient savoir mieux (parfois, souvent) que tous les autres ! Et puis, en tant qu'européen, je me dis que nous devons être plus humbles. Je pense aux guerres monstrueuses que nous avons traversées, allant crescendo depuis Napoléon et ses premières armées levées dans la masse. Oui, nous français, avons guerroyé pour la conquête de l'Europe et jusqu'à Moscou, au nom d'idées qui peuvent aussi être discutables (...). Toutes ces volontés d'Empire ont déchiré l'Europe pendant 2 siècles. N'avons-nous donc pas, nous européens, le devoir de modération en face des blocs que sont les USA, la Russie et la Chine ? Nous qui avons tous dans nos familles des ancètres ayant fait ces guerres terribles, partout à travers l'Europe, guerres ayant frisées l'Apocalypse ? C'est cette idée-là qu'il faut cultiver, pas pour nous mais pour nos enfants, le Monde qui nous entoure et nous regarde, Monde qui pourrait à son tour nous plonger au bord de l'Abime. Napoléon est mort depuis un bail mais visiblement son fantôme continue de hanter les esprits. Il y a 7 heures, Lecteur de passage a dit : C'est pourquoi il me semble primordial de s'entendre avec nos voisins, donc l'Allemagne. Sans complaisance, sans illusion, mais avec le souhait qu'une certaine forme de fraternité puisse s'appliquer. Pourquoi fraternité ? Parce que nous savons que les guerres les plus dangereuses à travers le monde sont des guerres entre frères (Caïn et Abel sont-ils vraiment un mythe ?). Nous avons un devoir d'exemplarité devant l'Histoire, parce que nous, nous avons, en quelque sorte, cramé tous nos Jokers. Ah non mais soyons clairs j'ai aucune envie d'aller guerroyer en Europe. Déjà leurs fromages sont nuls à de rares exceptions. Leur bouffe est quelconque à de rares exceptions aussi. Et on a tous les paysages spectaculaires qu'on veut en France. Qu'est-ce qu'il y aurait donc à aller chercher ailleurs? Quant à l'exemplarité... Je crois que la France en a assez fait pour la construction Européenne pour ne pas avoir droit à des leçons de morale. Elle a été indulgente, sans doute trop (on reparle des dettes de guerre jamais payées?) et elle a préféré laisser pisser pour se concentrer sur l'avenir. Ce fut notamment notre position vis-à-vis de la Russie, même après 2014. "Allez quoi, venez les gars, on va faire des trucs!" On a vu la suite... Et visiblement ailleurs certains en Europe n'ont toujours pas digéré des trucs qui remontent à 50, 100, 200, 500, voire 1000 ans. C'est pas comme s'ils n'avaient pas d'autres problèmes intérieurs, mais bon hein... Que peut-on y faire? Il y a 7 heures, Lecteur de passage a dit : Alors cela prendra un temps peut-être incroyablement long par rapport à l'échelle d'une vie, une oeuvre difficile et très certainement ingrate. Le fameux temps long qui met en difficulté les démocraties pour qui la continuité est un défi permanent. Il me semble que l'Europe a, plus que jamais, un besoin impérieux de ne pas se désunir. Nous n'avons d'autre choix que d'inlassablement essayer de comprendre notre voisin, et notre voisin de nous comprendre. Parce qu'il est, au fond, notre frère. Pardon pour cet accent très Mitterrandien Et comme le dit le proverbe Arabe: "c'est moi contre mon frère, mon et mon frère contre mon cousin, moi mon frère et mon cousin contre l'étranger". En conclusion on va encore devoir faire la guerre. Ça va encore être des boucheries. Et cette fois alors que l'ennemi est aux portes voire déjà dans la forteresse, nous, nos frères, et nos cousins, ne sommes toujours pas d'accord sur la façon de guerroyer. Autant dire qu'on est mal partis et qu'on risque fort de devoir y aller tous seuls... Auquel cas il n'y a aucun intérêt à attendre après notre frère (Européen) et notre cousin (Américain). (Oui tu as vu ça marche super bien comme métaphore avec la situation actuelle!) Dans ce contexte on ne va pas aller prêter notre opinel numéro 20 de cavalerie à Herman et notre béret en kevlar classe IIIA à Roberto. Ce ne serait pas très prudent. Il y a 7 heures, Polybe a dit : Je soupçonne qu'ils se disent qu'il n'y a pas d'urgence, qu'au pire la France est déjà là. Partant de là, ils ne vont pas céder la place du plus puissant à la France. Tout à perdre. En plus, peut-être le successeur de Trump il sera plus gentil. C'est exactement ça. Il y a 7 heures, Alexis a dit : Je ne sais pas quelle est la position de Merz au juste, ni où il souhaite aller. Il n'est pas très clair. Il pourrait tout aussi bien chercher - à "préparer le terrain" pour que l'Allemagne commence à développer des armes nucléaires (à condition qu'il soit prêt à en payer le coût diplomatique et politique qui serait élevé), - qu'à préparer le terrain pour le déploiement d'armes nucléaires françaises sur le sol allemand tout comme des armes nucléaires américaines y sont déjà déployées (à condition que les discussions préparatoires aient vraiment pris cette direction ce qui n'a rien de certain) - ou qu'à faire du bruit pour occuper le terrain sachant qu'il n'a aucune envie de faire rien de tout cela et trouve urgent de ne rien faire (à condition que ce soit vraiment son intention ce qui n'est pas sûr) Il semble en tout cas y avoir un regain d'intérêt pour la question en Allemagne. Assez compréhensible à mon avis, vu les décisions récentes du président américain (Groenland, nouvelle stratégie de sécurité nationale) Stern publie - À quoi pourrait ressembler le chemin menant à une bombe atomique allemande L'éventualité d'une protection nucléaire américaine en cas de crise semble de plus en plus incertaine. Soudain, la question des armes nucléaires allemandes est soulevée. Des experts esquissent des pistes de solution Frank Pieper estime qu'il faut agir vite, très vite (...) Général de brigade et directeur de la stratégie à l'École de commandement et d'état-major des forces armées allemandes (...) Pieper considère comme naïfs tous ceux qui croient que Poutine peut être tenu à distance uniquement par des chars et des missiles de croisière : « Les méthodes conventionnelles, comme Poutine nous le montre chaque jour en Ukraine, ne le dissuaderont pas ; il s'en moque ouvertement. » Ce que le général Pieper attend des responsables politiques : un véritable changement. « L’Allemagne a besoin de ses propres armes nucléaires tactiques », affirme-t-il. « Au travail ! », a-t-il également écrit récemment sur LinkedIn (...) Des experts discutent déjà des méthodes de production, des spécialistes de la sécurité débattent d'un éventuel changement de cap et des historiens donnent leur avis. « La question nucléaire est au cœur de la souveraineté nationale d'un État. L'Allemagne doit elle aussi y faire face », affirme Harald Biermann, président de la Fondation Maison de l'Histoire de Bonn. « Il est urgent de discuter de la protection de l'Allemagne par le biais de ses propres armes nucléaires ou d'armes européennes », avertit Joachim Krause, ancien professeur à l'Institut de politique de sécurité de l'Université de Kiel. Carlo Masala, de l'Université de la Bundeswehr de Munich, s'oppose fermement à une approche allemande unilatérale. Il prévient qu'elle « ouvrirait la boîte de Pandore » En bref, "il y a de bonnes raisons d'y aller", pensent plus d'un Pour la chancelière, le débat est dangereux ; toute allusion à une action unilatérale pourrait déclencher un tollé, tant au niveau national qu’international (...) Toute remise en cause de (l'accord sur les B-61 et F-35) pourrait être perçue à Washington comme un signe que l’Allemagne n’est plus indispensable. Personne au sein du gouvernement ne souhaite risquer de donner aux Américains, qui contestent l’OTAN, un prétexte supplémentaire pour retirer leurs troupes. (...) Mais il y a aussi des raisons de craindre les réactions internationales, y compris que Trump se saisisse de l'occasion pour dire "Puisque c'est comme ça, au revoir !". Plus exactement, pour qu'il le dise encore plus vite A quoi ressemblerait un plan concret au juste ? Gronau – l'uranium est déjà enrichi ici. Quiconque souhaite découvrir l'approche unique de l'Allemagne en la matière doit se rendre à Gronau, en Rhénanie-du-Nord-Westphalie. Là, à un carrefour de la zone industrielle, se trouve le poste de contrôle de sécurité de la société Urenco. Les visiteurs n'ayant pas passé le contrôle ne sont pas autorisés à poursuivre leur chemin. La raison : de l'uranium est enrichi sur le site de 76 hectares à des fins civiles. Urenco est le deuxième plus grand fabricant mondial. Seule la société russe Rosatom en produit davantage. Gronau approvisionne les centrales nucléaires du monde entier ; 50 % de sa production est exportée vers les États-Unis, conditionnée dans des fûts métalliques brillants. Des centaines de ces fûts sont stockés sur le site (...) Cinq modules se dressent sur un bâtiment à toit plat. À l'intérieur se trouve le trésor de l'entreprise : des centrifugeuses à gaz qui confèrent à ce site provincial une importance capitale pour l'enrichissement de l'uranium et en font un pôle d'excellence au sein de la communauté scientifique. « Ces centrifugeuses sont de classe mondiale ! » s'enthousiasme le physicien et expert en sûreté nucléaire Wolfgang Liebert. « Nous sommes déjà un leader mondial de l'enrichissement de l'uranium », ajoute le chimiste Rainer Moormann. De fait, pour l'Allemagne, enrichir de l'uranium jusqu'à la qualité militaire (80 ou 90%) plutôt que civile (3,5%) serait technologiquement "trivial" Moormann a travaillé sur la technologie nucléaire au Centre de recherche de Jülich pendant plus de 30 ans. Depuis sa retraite, il se consacre à la recherche sur les bombes. « Techniquement parlant, construire une bombe atomique allemande ne poserait aucun problème », affirme-t-il. Seule une conversion mineure serait nécessaire pour produire des matières fissiles de qualité militaire à l'usine d'enrichissement de Gronau. « Il nous faudrait juste suffisamment de centrifugeuses. Mais nous possédons une expertise considérable dans ce domaine. » Sa prédiction : « Nous serions capables de construire une bombe atomique d'ici trois ans. » C'est la première fois que je vois quelqu'un sortir un délai chiffré. Ca me paraît globalement vraisemblable, étant donné qu'il ne s'agit sauf erreur que de reconfigurer des chaînes de centrifugeuses déjà existantes, plus de faire un peu de métallurgie et de simulation numérique. Trois ans n'a pas l'air d'un délai exagérément optimiste Bien sûr : il s'agirait d'une arme à fission, probablement pas très miniaturisée, de puissance limitée 20 kt étant assuré d'emblée et 60 kt probablement atteignable avec un peu d'optimisation, et qu'il faudrait encore tester (enfin un puits sous les Alpes bavaroises ça se fait). En gros, un équivalent fonctionnel de la B-61 américaine, en moins puissant et moins souple (pas de puissance variable), mais quelque chose qu'on peut mettre facilement sous un avion. Comme je vois assez difficilement Washington donner son accord, ce serait sous Eurofighter, avec un problème de portée et surtout de survivabilité (larguer une bombe à gravitation au-dessus d'un objectif bien défendu, comment dire...) Si la miniaturisation est suffisante, l'arme pourrait être mise dans un missile de croisière Taurus, ce qui résoudrait une bonne partie de la question de la survivabilité de l'arme. Sans vraiment fournir de capacité de frappe en second, sauf à parvenir à disperser des Eurofighters dans la cambrousse sur bases improvisées, avec les armes nucléaires à côté. Ce qui est probablement possible, mais question prudence pas tout à fait satisfaisant... ==>En gros, l'Allemagne se trouverait avec un équivalent fonctionnel de la dissuasion française du milieu des années 1960, Eurofighter + Taurus Neo tenant lieu de Mirage IV À Gronau, il est persuadé qu'elle pourrait être produite en masse ; il suffirait d'augmenter l'enrichissement de l'uranium à 90 %, un niveau requis pour les armes nucléaires. « Avec la capacité d'enrichissement autorisée à Gronau, on pourrait produire environ 17 tonnes d'uranium de qualité militaire par an. Cela représenterait 340 fois la masse critique, soit environ 340 ogives. » 340 ogives par an... pas dégueu Bon, évidemment, ce serait inutile pour une dissuasion "minimale des minimales" à base EF+Taurus. J'imagine que Berlin viserait 50 à 100 TN pour ce système. Mais ce ne serait évidemment que la capacité initiale, des moyens de dissuasion plus sûrs seraient certainement préparés pour plus tard Maintenant il y a la question "Faut-il vraiment le faire ?" Adenauer n'a toutefois pas exclu la possibilité de se doter de l'arme nucléaire. « L'Allemagne ne souhaite pas de bombes atomiques, à moins que l'évolution de la situation mondiale ne l'y contraigne », déclara-t-il au président français Charles de Gaulle en 1963. Plus tard, il affirma que les pays non dotés de l'arme nucléaire, comme l'Allemagne, étaient relégués au rang de nations de seconde zone. Dans ses mémoires, Adenauer écrivit que le renoncement aux armes nucléaires était subordonné à la clause juridique « rebus sic stantibus » – tant que la situation reste inchangée. Si j'ai bien compris, Adenauer a en Allemagne un peu le même statut de "référence fondamentale" que De Gaulle a chez nous. Cette déclaration peut être comprise comme un hochement de tête de la statue du Commandeur : "C'est bon, vous êtes autorisés" Quant au droit international ? Eh bien, c'est un gros Nein - mais évidemment ça ne change pas le principe "rebus sic stantibus" L'article 10 du Traité de non-prolifération prévoit toutefois un droit de dénonciation. Jusqu'à présent, aucun gouvernement allemand n'a sérieusement envisagé cette option. Si le gouvernement Merz adoptait une position différente, l'Allemagne serait le deuxième État seulement à se retirer du traité en le dénonçant. Le premier fut la Corée du Nord. Concernant l'accord « 2+4 » sur la réunification allemande, le service de recherche du Bundestag a conclu en 2024 que « le droit international ne prévoit pas de voie juridiquement plausible et viable pour la sécession de l'Allemagne » L'article se conclut sur cette déclaration forte « Une politique sans fondement factuel pour le pouvoir est illusoire », affirme Biermann. « Il faut avoir des arguments à faire valoir lors des négociations. » La société a éludé ces questions pendant des décennies. C’est pourquoi il est important d’en discuter maintenant, afin de sensibiliser la population aux nouveaux dangers. « Finalement, la majorité comprendra : la décision concernant les armes nucléaires dépasse le simple cadre politique », conclut Biermann. « Il s’agit de l’existence même de la République fédérale. » Je ne sais pas ce que fera l'Allemagne. Je pense que la décision n'est pas facile à prendre pour les Allemands, ni dans un sens ni dans l'autre. Mais si à un moment "ils y vont", je sais que ce qui m'inquiète le plus c'est le type d'en face... Vladimir Poutine n'aurait probablement besoin que de quelques instants pour interpréter un retrait du Accord « 2+4 » comme une atteinte aux fondements mêmes de l'unité allemande Il est facile de construire une variation du scénario que je proposais il y a quelques jours au sujet de la Pologne. Gronau par exemple, c'est à 1500 km du territoire russe (sans même évoquer Kaliningrad), ce qui se fait très bien en Oreshnik, ou d'ailleurs en Geran 2... Et on leur souhaite bien du courage... "Trivial". "3 ans". "340 ogives par an". Et ben voyons... Il y a 5 heures, Lecteur de passage a dit : Je ne cherche pas à déformer tes propos, par ailleurs je suis souvent d'accord avec ce que tu écris (et depuis bien plus longtemps que la date de mon inscription) ! Simplement : sans complaisance, sans illusion (bis repetita) nous ne pouvons pas nous passer de l'Allemagne à long terme. Nous sommes liés pour avoir partagé un début de fin du Monde, ce qui n'est pas rien. Je ne peux pas ne pas voir l'Apocalypse. L'humain fonctionne par le sacrifice, depuis l'Origine. Et il y a deux sortes de sacrifices : celui des autres, et le sien. Pour aller au fond des Choses : nous ne pouvons nous, européens, nous affranchir d'une forme de Sacrifice, le nôtre. C'est à dire la résolution absolue de ne pas répondre à l'escalade mondiale. C'est le destin de l'Europe. Voilà, c'est ma pensée, tout en respectant la tienne. Le problème c'est que de l'autre côté les élites ne pensent pas pareil, à de rares exceptions, même si l'homme (ou la femme) de la rue en Allemagne pense plus ou moins la même chose que toi, en miroir, comme le démontrent les sondages. Modifié le 31 janvier par Patrick 1 1 2 Lien vers le commentaire Partager sur d’autres sites More sharing options...
mark1100 Posté(e) lundi à 16:24 Share Posté(e) lundi à 16:24 2 Lien vers le commentaire Partager sur d’autres sites More sharing options...
C’est un message populaire. Alexis Posté(e) mardi à 21:59 C’est un message populaire. Share Posté(e) mardi à 21:59 Les appels se multiplient pour le rapatriement des réserves d'or allemandes confiées aux Etats-Unis Certains craignent cependant que le gouvernement américain ne cède pas facilement Ces spécialistes ont une proposition concrète Révélation Un groupe de volontaires de Gelsenkirchen a proposé au gouvernement allemand de récupérer les réserves d'or allemandes aux États-Unis (...) « Nous sommes des professionnels du transfert d'argent simplifié », ont déclaré deux hommes masqués lors d'une conférence de presse. « Nous avons déjà acquis une précieuse expérience dans ce domaine dans notre ville natale. Quiconque souhaite des références peut simplement rechercher "Gelsenkirchen Sparkasse" sur Google. » (...) Les hommes masqués n'ont pas besoin d'être payés. « Il nous suffit que le gouvernement nous garantisse l'immunité dans une autre affaire. » Les spécialistes de l'extraction d'or comptent régler leurs dépenses sans obstacles bureaucratiques une fois qu'ils auront accès au coffre de la Réserve fédérale. « Il n'y a pas que de l'or allemand qui y est stocké », a fait remarquer l'un d'eux. « Ça ne devrait pas poser de problème. » Le gouvernement allemand n'a pas encore répondu à cette offre. 7 Lien vers le commentaire Partager sur d’autres sites More sharing options...
C’est un message populaire. Desty-N Posté(e) vendredi à 10:48 C’est un message populaire. Share Posté(e) vendredi à 10:48 Le journal Die Welt a organisé un petit Wargame au résultat édifiant Citation Menace russe : quand un wargame souligne les failles de l'Otan et de l'Europe Défense. A l'initiative du journal allemand "Die Welt", une simulation de jeu de guerre a révélé comment les troupes du Kremlin pourraient s'infiltrer dans un pays de l'Otan, la Lituanie, en misant sur les atermoiements des Européens, et notamment ceux de l'Allemagne.(…) https://www.lexpress.fr/monde/europe/menace-russe-quand-un-wargame-souligne-les-failles-de-lotan-et-de-leurope-NSPS4SAGSVCQFEHWZEEHFNBIQE/ Révélation Mardi 27 octobre 2026, 6h47. A Berlin, une certaine fébrilité gagne la chancellerie face aux nouvelles préoccupantes venues de l'Est, et notamment de Lituanie, pays membre de l'Otan et de l'Union européenne. Vilnius soupçonne la présence de forces spéciales russes sur son territoire – les jours précédents, des camions venus de Russie sans marques extérieures ont franchi sa frontière ; des milliers de soldats russes y sont par ailleurs massés. Des vidéos falsifiées circulent sur les réseaux sociaux, mettant en cause les soldats d'une brigade de la Bundeswehr présente sur place. Puis le Kremlin, au prétexte d'une crise humanitaire dans l'exclave russe de Kaliningrad, frontalière de la Lituanie, envoie ses troupes s'emparer de Marijampole, ville lituanienne charnière. Les Etats-Unis n'y voient pas matière à mettre en œuvre l'article 5 de l'Otan, qui stipule la solidarité de chaque pays membre face à une attaque menée contre l'un d'eux, puisqu'il s'agit d'une crise humanitaire ; les autorités allemandes, elles, se perdent en consultation avec les Länder. Les Polonais décrètent la mobilisation générale mais n'envoient pas de troupes en Lituanie, tandis que la brigade allemande présente sur place n'intervient pas, en partie parce que la Russie a utilisé des drones pour poser des mines sur les routes menant à sa base... Avec 15 000 hommes, les Russes ont réussi à s'emparer d'une ville européenne stratégique en quelques jours. "Nous savions que l'Allemagne hésiterait" Ce scénario est celui qui est ressorti d'un wargame, une simulation de guerre, lancé par le journal allemand Die Welt en décembre et dont les résultats viennent d'être publiés. Y prenaient part d'anciens décideurs et militaires, des politiciens et des experts, dont Peter Tauber, ancien secrétaire général de la CDU, dans le rôle du chancelier fédéral, et Alexander Gabuev, expert politique, dans celui du président russe. Le point de départ n'a rien d'improbable tant l'exclave de Kaliningrad fait figure de zone névralgique en Europe de l'est. Dans le Wall Street Journal, le contre-amiral Giedrius Premeneckas, chef d'état-major de la défense lituanienne, a émis des réserves quant à la possibilité d'un tel scénario, estimant que les forces armées lituaniennes – 17 000 soldats en temps de paix et 58 000 après mobilisation – auraient été en mesure à elles seules de faire face à une menace russe limitée à Marijampole. La Russie elle-même aurait fort à perdre, selon le haut-gradé : "L'Otan doit lui dire très clairement que si elle le fait, elle perdra Kaliningrad." L'un des principaux enseignements du wargame, c'est à quel point Moscou pourrait exploiter les faiblesses de l'Allemagne, la plaque tournante de l'Otan : son fédéralisme, qui oblige les ministères à se coordonner avec les Länder dans son processus de prise de décision, mais aussi la trop grande prudence de ses dirigeants. "La dissuasion ne dépend pas seulement des capacités propres, mais aussi de comment l'ennemi évalue notre volonté, et dans le jeu de guerre, mes "collègues russes" et moi savions que l'Allemagne hésiterait. Et cela suffisait pour gagner", a déclaré Franz-Stefan Gady, analyste militaire basé à Vienne qui jouait le rôle du chef d'état-major russe. Thomas Zimmermann, chef de service au ministère de la Défense allemand, estimait pour sa part qu'un problème majeur de la Bundeswehr résidait dans son empreinte électronique : les trop nombreux signaux envoyés par ses troupes, par radio, par faisceau hertzien ou par satellite, en faisaient une cible pour la Russie, car ils révélaient leurs positions. 200 000 soldats russes aguerris mobilisables De nombreux experts se sont accordés au cours des mois passés pour évoquer une menace russe de plus en plus concrète, ainsi que la possibilité qu'elle s'en prenne à un pays de l'Otan, afin de redevenir la puissance dominante en Europe. "Pour atteindre cet objectif, la Russie n'hésitera pas, si nécessaire, à entrer en conflit militaire direct avec l'Otan", a déclaré Martin Jäger, chef des services secrets allemands, en octobre dernier. Certains se rassurent en observant la lenteur des avancées russes en Ukraine, à l'image du président finlandais Alexander Stubb. "Poutine a échoué dans pratiquement tout ce qu'il a entrepris. Il n'a même pas tenté de s'attaquer à l'Otan parce qu'il ne réussit pas en Ukraine. Il ne faut donc pas surestimer les capacités russes." La Russie recrute quelque 35 000 nouveaux soldats par mois, mais en perd environ 30 000 sur la même durée sur les champs de bataille ukrainiens. Toutefois, certains responsables européens et analystes en matière de sécurité affirment que l'armée russe pourrait mobiliser jusqu'à 200 000 soldats aguerris en se contentant de gérer le front en Ukraine, plutôt que de continuer à attaquer. Et les déplacer à sa guise. A la frontière lituanienne, par exemple. Le passage le plus marquant, selon moi, c’est celui là : Citation La dissuasion ne dépend pas seulement des capacités propres, mais aussi de comment l'ennemi évalue notre volonté, et dans le jeu de guerre, mes "collègues russes" et moi savions que l'Allemagne hésiterait. Et cela suffisait pour gagner", a déclaré Franz-Stefan Gady, analyste militaire basé à Vienne qui jouait le rôle du chef d'état-major russe. Ça montre bien que l’explosion des budgets ne suffit pas. Il faut une doctrine d’usage qui fasse un minimum consensus auprès de la majorité des partis. Je suis d’accord avec @Manuel77 sur le fait que l’Allemagne finira par y arriver, mais que ça lui prendra des années. Sauf que je ne suis pas sûr du tout qu’elle dispose de ce délai de réflexion. ( pour ceux que le résultat du Wargame inquiéterait, l’article précise que les militaires lituaniens estiment qu’ils auraient pu gérer seuls cette situation. Et accessoirement, le scénario n’envisageait pas l’intervention de la France. Normal, on aurait tout déchiré ) 3 2 Lien vers le commentaire Partager sur d’autres sites More sharing options...
nemo Posté(e) vendredi à 11:11 Share Posté(e) vendredi à 11:11 Les russes "gagnent" mais les lituaniens "estiment qu'ils auraient pu gérer tout seul"? Y a que moi qui comprend rien? 1 Lien vers le commentaire Partager sur d’autres sites More sharing options...
ksimodo Posté(e) vendredi à 12:23 Share Posté(e) vendredi à 12:23 il y a une heure, nemo a dit : les lituaniens "estiment qu'ils auraient pu gérer tout seul"? En finlandais, le déterminant serait le "sisu", camarade. Courage et détermination. Lien vers le commentaire Partager sur d’autres sites More sharing options...
Desty-N Posté(e) vendredi à 14:39 Share Posté(e) vendredi à 14:39 (modifié) Le texte me paraît assez clair « des milliers de soldats russes y sont par ailleurs massés (…) Avec 15 000 hommes, les Russes ont réussi à s'emparer d'une ville européenne stratégique en quelques jours. » puis « les forces armées lituaniennes – 17 000 soldats en temps de paix et 58 000 après mobilisation – auraient été en mesure à elles seules de faire face à une menace russe limitée » Comme dans tout Wargame, on a un scénario qui s’appuie sur un certain nombre d hypothèses. L’une d’entre elles concernait le nombre de soldats russes impliqués et le fait que la Lituanie ne pourrait pas les gérer toute seule. Les lituaniens ont tenu à clarifier ce point. De toute façon, l’objet du Wargame était visiblement d’alerter sur la structure du commandement et le besoin d’établir des orientations stratégiques en Allemagne. La Lituanie n’était là qu’à titre d’exemple. EDIT : @ksimodo @nemo je réalise que le texte était en mode masqué. Vous n’avez peut être pas l’habitude ? C’est une fonction assez pratique quand on ne veut pas écrire des post trop volumineux pour éviter de surcharger le forum. Si vous cliquez sur « Révéler le contenu masqué », vous trouverez l’article, avec toutes les informations. Modifié vendredi à 14:49 par Desty-N 2 1 1 Lien vers le commentaire Partager sur d’autres sites More sharing options...
Patrick Posté(e) vendredi à 14:49 Share Posté(e) vendredi à 14:49 Il y a 3 heures, Desty-N a dit : Et accessoirement, le scénario n’envisageait pas l’intervention de la France. Normal, on aurait tout déchiré ) Ni de qui que ce soit d'autre. Bien entendu. Dans le monde merveilleux des gratte-papiers Allemands, il n'y a que l'Allemagne. Et comme ils ne se sentent pas capables de XYZ, alors personne d'autre ne peut être capable de ce même XYZ. Ce serait insensé, puisqu'après-tout les Allemands sont forcément les meilleurs, puisqu'ils sont Allemands. Lien vers le commentaire Partager sur d’autres sites More sharing options...
Picdelamirand-oil Posté(e) vendredi à 14:57 Share Posté(e) vendredi à 14:57 il y a 5 minutes, Patrick a dit : Ni de qui que ce soit d'autre. Bien entendu. Dans le monde merveilleux des gratte-papiers Allemands, il n'y a que l'Allemagne. Et comme ils ne se sentent pas capables de XYZ, alors personne d'autre ne peut être capable de ce même XYZ. Ce serait insensé, puisqu'après-tout les Allemands sont forcément les meilleurs, puisqu'ils sont Allemands. Cela ressemble beaucoup à ce que pense les USA non? 3 Lien vers le commentaire Partager sur d’autres sites More sharing options...
Polybe Posté(e) vendredi à 15:13 Share Posté(e) vendredi à 15:13 il y a 21 minutes, Patrick a dit : Ni de qui que ce soit d'autre. Bien entendu. Dans le monde merveilleux des gratte-papiers Allemands, il n'y a que l'Allemagne. Et comme ils ne se sentent pas capables de XYZ, alors personne d'autre ne peut être capable de ce même XYZ. Ce serait insensé, puisqu'après-tout les Allemands sont forcément les meilleurs, puisqu'ils sont Allemands. Après si tu veux entrainer tes capacités, les évaluer, les tester...tu simules de t'en contenter. C'est un peu comme l'entrée en premier d'un Rafale. Avec du Growler et du HARM, c'est mieux et ça se fait comme ça quand on peut. Mais à l'entrainement, c'est bien de voir comment faire sans, histoire que le Jour J si t'as pas les atouts de l'autre, tes process sont prêt. il y a 16 minutes, Picdelamirand-oil a dit : Cela ressemble beaucoup à ce que pense les USA non? Disons que ça les arrange d'avoir des vassals qui pensent ça oui... 1 Lien vers le commentaire Partager sur d’autres sites More sharing options...
elannion Posté(e) vendredi à 15:24 Share Posté(e) vendredi à 15:24 il y a 2 minutes, Picdelamirand-oil a dit : Cela ressemble beaucoup à ce que pense les USA non? oui et à l'origine notamment du mythe de l'Allemagne invaincue en 1918. Les américains s'estimaient incapable de battre l'armée allemande dans le cas d'une invasion de l'Allemagne et bien évidemment si eux ne le pouvaient pas personne ne le pouvaient... On se rappellera avec ironie que l'opus d'une saga très connu d'un JV US sur la première guerre mondiale ne proposait tout simplement pas la France comme faction jouable... Le hasard sans doute. C'est toujours sacrément pratique de se considérer comme le mètre étalon pour absolument tout. On le retrouve d'ailleurs dans leur façon d'aborder la concurrence: "if you cannot beat them; buy them, if you cannoy buy them kill them." 1 2 Lien vers le commentaire Partager sur d’autres sites More sharing options...
Akilius G. Posté(e) vendredi à 16:26 Share Posté(e) vendredi à 16:26 Le 30/01/2026 à 20:11, Manuel77 a dit : Les arguments dérapent complètement. Depuis des décennies, l'establishment français en matière de politique de sécurité, y compris tous les présidents, veut imposer à ses voisins européens un débat sur la dissuasion nucléaire. Mais ceux-ci ne veulent tout simplement pas en entendre parler. Ce n'est pas comme si une vierge innocente était agressée dans la nuit. Je peux comprendre que l établishment sécuritaire français radote et fatigue ses voisins avec ses lubies ( ça doit arriver aussi sur le civil), mais en quoi cela limite les coopérations et les initiatives des voisins ? Je prends le débat en cours j' ai pu louper un argument... Lien vers le commentaire Partager sur d’autres sites More sharing options...
Wallaby Posté(e) vendredi à 17:51 Auteur Share Posté(e) vendredi à 17:51 Emmanuel Todd, Institut Catholique de Vendée, 26 mars 2025 56:02 Si on parle de réarmement européen, ça sera un réarmement de l'Allemagne. 56:19 Le retrait américain peut nous faire imaginer qu'on va revenir faire une Europe avec des aspirations fédérales. Mais en fait, ce qui reviendra à ce qu'était devenue l'Europe entre la crise financière de 2007 et 2008 etc..., une Europe dominée par l'Allemagne. Donc ce que nous proposent en pratique ces politiques françaises, c'est une réémergence de l'Allemagne-puissance. C'est extraordinaire quand on y pense. Je ne voudrais pas avoir l'air d'être un héritier de Jacques Bainville sur « Les conséquences économiques politiques de la paix » [Les conséquences économiques de la paix est l'ouvrage de John Maynard Keynes auquel Bainville répond], mais il y a une réalité des populations et de la géographie qui est inerte, etc... et personnellement, quelle que soit ma bienveillance traditionnelle à l'égard de l'Allemagne, très connue, on a là le président Macron qui nous parle d'une menace existentielle "russe" etc... dont le projet va amener à l'existence d'une Allemagne surarmée à notre frontière. Le 27/03/2025 à 19:18, Wallaby a dit : 56:02 Si on parle de réarmement européen, ça sera un réarmement de l'Allemagne. 56:19 Le retrait américain peut nous faire imaginer qu'on va revenir faire une Europe avec des aspirations fédérales. Mais en fait, ce qui reviendra à ce qu'était devenue l'Europe entre la crise financière de 2007 et 2008 etc..., une Europe dominée par l'Allemagne. Donc ce que nous proposent en pratique ces politiques françaises, c'est une réémergence de l'Allemagne-puissance. C'est extraordinaire quand on y pense. Je ne voudrais pas avoir l'air d'être un héritier de Jacques Bainville sur « Les conséquences économiques politiques de la paix » [Les conséquences économiques de la paix est l'ouvrage de John Maynard Keynes auquel Bainville répond], mais il y a une réalité des populations et de la géographie qui est inerte, etc... et personnellement, quelle que soit ma bienveillance traditionnelle à l'égard de l'Allemagne, très connue, on a là le président Macron qui nous parle d'une menace existentielle "russe" etc... dont le projet va amener à l'existence d'une Allemagne surarmée à notre frontière. https://www.foreignaffairs.com/germany/europes-next-hegemon-liana-fix (6 février 2026) Liana Fix * - Le prochain hégémon européen - Les Périls de la puissance allemande * Fellow pour l'Europe au Council on Foreign Relations. Experte en politique étrangère allemande et en sécurité européenne, elle a précédemment travaillé à la Fondation Körber à Berlin, au German Marshall Fund et à l'American Institute for Contemporary German Studies. « Je vous avertis solennellement que, si la tendance actuelle se poursuit, la prochaine guerre mondiale est inévitable », déclara le chef militaire français Ferdinand Foch. Nous étions en 1921, et Foch, commandant en chef des armées alliées pendant la Première Guerre mondiale, tirait la sonnette d'alarme dans un discours prononcé à New York. Sa préoccupation était simple. Après avoir vaincu l'Allemagne, les puissances alliées l'avaient contrainte à désarmer par le traité de Versailles. Mais à peine deux ans plus tard, elles avaient cessé de faire respecter les termes de leur victoire. Berlin, avertissait Foch, pouvait donc reconstruire son armée et le ferait. « Si les Alliés continuent à faire preuve d'indifférence... l'Allemagne reprendra sûrement les armes. » Les commentaires de Foch se sont avérés prémonitoires. À la fin des années 1930, l'Allemagne avait en effet reconstruit son armée. Elle s'empara de l'Autriche, puis de la Tchécoslovaquie et enfin de la Pologne, déclenchant ainsi la Seconde Guerre mondiale. Lorsqu'elle fut à nouveau vaincue, les Alliés se montrèrent plus attentifs dans leur gestion du pays. Ils l'occupèrent et le divisèrent, dissolurent ses forces armées et abolirent en grande partie son industrie de défense. Lorsque les États-Unis et l'Union soviétique ont autorisé respectivement l'Allemagne de l'Ouest et l'Allemagne de l'Est à reconstituer leurs forces armées, ce fut sous une surveillance stricte. Lorsqu'ils ont autorisé la réunification des deux parties, l'Allemagne a dû limiter la taille de ses forces armées. Malgré cela, la Première ministre britannique Margaret Thatcher s'est opposée à la réunification, craignant qu'elle ne donne naissance à un pays dangereusement puissant. Une Allemagne plus grande, avait-elle averti en 1989, « compromettrait la stabilité de la situation internationale dans son ensemble et pourrait mettre en danger notre sécurité ». Aujourd'hui, les craintes de Foch et de Thatcher semblent appartenir à l'histoire ancienne. Alors que l'Europe a traversé une succession de crises au cours des dernières décennies, dont la plus importante est l'agression de la Russie contre l'Ukraine, les responsables du continent ne s'inquiètent pas tant de voir Berlin devenir trop puissant, mais plutôt de le voir devenir beaucoup trop faible. « Je crains moins la puissance allemande que l'inaction allemande », a déclaré Radoslaw Sikorski, ministre polonais des Affaires étrangères, en 2011, pendant la crise financière européenne. Il s'agissait là d'une déclaration remarquable de la part d'un responsable polonais, étant donné que Varsovie a toujours été l'un des gouvernements les plus inquiets face à la puissance allemande. Il n'est pas le seul : l'armée allemande doit « dépenser plus et produire plus », a déclaré le secrétaire général de l'OTAN, Mark Rutte, en 2024. Aujourd'hui, ces dirigeants sont en train d'obtenir ce qu'ils voulaient. Après de nombreux retards, la Zeitenwende allemande, cette promesse faite en 2022 de devenir l'un des leaders européens en matière de défense, est enfin en train de se concrétiser. En 2025, l'Allemagne a dépensé plus pour la défense que tout autre pays européen en termes absolus. Son budget militaire occupe aujourd'hui la quatrième place mondiale, juste après celui de la Russie. Les dépenses militaires annuelles devraient atteindre 189 milliards de dollars en 2029, soit plus du triple de ce qu'elles étaient en 2022. L'Allemagne envisage même de rétablir la conscription obligatoire si son armée, la Bundeswehr, ne parvient pas à attirer suffisamment de recrues volontaires. Si le pays maintient le cap, il redeviendra une grande puissance militaire avant 2030. Les Européens se sont largement réjouis de voir Berlin reconstruire son armée pour se défendre contre la Russie. Mais ils devraient se méfier de ce qu'ils souhaitent. L'Allemagne d'aujourd'hui s'est engagée à utiliser sa puissance militaire démesurée pour aider toute l'Europe. Mais si rien n'est fait, la domination militaire allemande pourrait finir par favoriser des divisions au sein du continent. La France reste inquiète du fait que son voisin devienne une grande puissance militaire, tout comme de nombreux Polonais, malgré les sentiments de Sikorski. À mesure que Berlin s'élève, la suspicion et la méfiance pourraient s'accroître. Dans le pire des cas, la concurrence pourrait refaire surface. La France, la Pologne et d'autres États pourraient tenter de contrebalancer l'Allemagne, ce qui détournerait l'attention de la Russie et laisserait l'Europe divisée et vulnérable. La France, en particulier, pourrait chercher à réaffirmer son statut de première puissance militaire du continent et de « grande nation ». Cela pourrait entraîner une rivalité ouverte avec Berlin et mettre l'Europe en désaccord avec elle-même. De tels scénarios cauchemardesques sont particulièrement probables si l'Allemagne finit par être gouvernée par l'Alternative pour l'Allemagne (AfD), un parti d'extrême droite qui progresse dans les sondages. Ce parti fortement nationaliste critique depuis longtemps l'Union européenne et l'OTAN, et certains de ses membres ont formulé des revendications revanchistes concernant le territoire des pays voisins. Une Allemagne contrôlée par l'AfD pourrait utiliser son pouvoir pour intimider ou contraindre d'autres pays, ce qui entraînerait des tensions et des conflits. Berlin doit effectivement renforcer son armée. Le continent est en danger et aucun autre gouvernement européen ne dispose des capacités financières dont dispose l'Allemagne. Mais Berlin doit reconnaître les risques qui accompagnent ses forces et limiter la puissance allemande en intégrant sa puissance défensive dans des structures militaires européennes plus profondément intégrées. Les voisins européens de l'Allemagne, quant à eux, devraient indiquer clairement quel type d'intégration défensive ils souhaitent voir se mettre en place. Sinon, le réarmement allemand pourrait très bien aboutir à une Europe plus divisée, plus méfiante et plus faible, soit exactement le contraire de ce que Berlin espère aujourd'hui réaliser. Pour beaucoup, il est difficile de comprendre pourquoi le réarmement de l'Allemagne pourrait entraîner une concurrence et une instabilité en Europe. Tous les Européens connaissent bien sûr l'histoire militariste de ce pays. Mais dans les décennies qui ont suivi la Seconde Guerre mondiale, l'Allemagne a profondément intégré son économie et son appareil de défense dans l'Europe. Le premier chancelier de l'Allemagne de l'Ouest après la guerre, Konrad Adenauer, a fermement rejeté l'idée de faire de son pays une puissance militaire indépendante et a préconisé l'intégration des forces armées ouest-allemandes dans une armée européenne ou dans l'OTAN. Après la fin de la guerre froide, l'Allemagne a adopté une approche de retenue militaire et s'est identifiée comme une « puissance civile », digne de confiance et non menaçante, même si la réunification l'avait considérablement renforcée. Comme l'a déclaré Helmut Kohl, le premier dirigeant de l'Allemagne réunifiée, en 1989, « seule la paix peut venir du sol allemand ». L'intégration économique et politique réalisée par la suite par l'UE a créé une identité paneuropéenne et favorisé l'idée que les pays européens, dont l'Allemagne, partageaient des intérêts stratégiques communs et ne pourraient donc jamais revenir à la concurrence. Et pourtant, comme l'ont fait valoir certains chercheurs réalistes, la rivalité entre les pays européens n'a jamais vraiment disparu, et certainement pas grâce à l'UE seule. Elle a simplement été atténuée, en grande partie par l'OTAN et l'hégémonie américaine. L'UE était, et reste, avant tout une organisation économique. La sécurité et la défense en Europe étaient principalement entre les mains de l'OTAN et de l'armée américaine. En d'autres termes, c'est la présence dominante des États-Unis qui a permis d'atténuer le dilemme sécuritaire européen que la taille et la position de l'Allemagne ont traditionnellement posé, et non pas seulement l'intégration politique et économique favorisée par l'UE. Maintenant que les États-Unis semblent réduire l'attention et les ressources qu'ils ont historiquement consacrées à l'Europe, cette concurrence pourrait refaire surface. Elle pourrait commencer de manière modeste et inoffensive. D'autres pays européens s'inquiètent déjà du renforcement militaire et des dépenses de défense de l'Allemagne. Berlin, par exemple, prévoit de consacrer la majeure partie de son budget de défense aux entreprises allemandes du secteur, en exploitant une exception aux règles de concurrence de l'UE qui permet aux pays membres de ne pas suivre les procédures de notification et d'autorisation pour le financement public des industries de défense nationales lorsque ces dépenses relèvent d'intérêts essentiels en matière de sécurité. Cela nuira à la collaboration et rendra difficile l'émergence de véritables champions européens de l'industrie de la défense. Le fait que l'Allemagne souhaite que les achats restent fermement entre les mains des gouvernements nationaux et rejette un rôle de coordination plus important pour la Commission européenne n'aide pas. Ce dont l'industrie de la défense du continent a besoin, c'est d'une européanisation et d'un marché unique pour les armes, mais les politiques de Berlin ne poussent pas le secteur dans cette direction. La France, l'Italie, la Suède et d'autres pays ont profité de la même faille dans la législation européenne pour développer leur secteur de la défense, et ils disposent désormais d'industries militaires suffisamment importantes pour contrebalancer la domination allemande. Mais aucun pays européen ne peut rivaliser avec les dépenses de Berlin. L'Allemagne a récemment assoupli son frein à l'endettement afin de permettre des dépenses de défense quasi illimitées, une option dont ne disposent pas la plupart des pays européens, qui ont des déficits plus importants. La meilleure solution à ce dilemme serait que la Commission européenne s'engage dans un emprunt commun à grande échelle pour la défense. Il existe déjà un précédent à cela : les euro-obligations émises par la Commission pendant la crise du COVID-19. Berlin a toutefois refusé d'autoriser une initiative de défense aussi ambitieuse. Au lieu de cela, elle n'a approuvé que des programmes d'emprunt conditionnels tels que l'EU SAFE, qui offre jusqu'à 175 milliards de dollars de prêts bon marché pour des projets de défense collaboratifs. Ces programmes (et ceux qui leur succéderont) ne peuvent tout simplement pas répondre à la demande financière constante des projets industriels de défense à forte intensité capitalistique. Ils sont également modestes par rapport au projet de l'Allemagne de dépenser plus de 750 milliards de dollars pour la défense au cours des quatre prochaines années. Les décideurs politiques allemands affirment ne pas vouloir payer la note des dépenses intérieures excessives de gouvernements qu'ils jugent moins responsables sur le plan budgétaire au sein de l'UE, surtout alors que la croissance de leur pays stagne. Mais cet argument est hypocrite : pendant de nombreuses années, l'équilibre budgétaire et la croissance économique de Berlin ont été alimentés par les exportations vers la Chine et l'énergie bon marché russe, sans se soucier des risques politiques liés au financement de l'assertivité de Pékin et de l'agressivité de Moscou. La position de l'Allemagne est également imprudente. Il est dans l'intérêt de Berlin de laisser les autres pays européens dépenser généreusement pour la défense sans avoir à réduire les prestations sociales. Après tout, de telles coupes budgétaires entraînent des réactions populistes qui nuisent à l'unité sur la question ukrainienne et aux efforts de défense contre la Russie, raison pour laquelle il est nécessaire d'augmenter les dépenses. Berlin affirme qu'elle cherche à établir des partenariats avec d'autres gouvernements européens afin de garantir que les dépenses de défense de l'Allemagne profitent à l'ensemble de ses voisins. Selon elle, même si ce sont les entreprises nationales qui profitent le plus des dépenses allemandes, le gâteau est suffisamment grand pour que tout le monde puisse en avoir une part. Berlin considère également que le stationnement de troupes allemandes dans les États baltes – et peut-être dans d'autres pays à l'avenir – est une garantie suffisante qu'elle a à cœur les intérêts de l'Europe et ne se concentre pas uniquement sur son propre réarmement. Mais offrir une part du gâteau aux autres États du continent ne suffira probablement pas à apaiser leur inquiétude face à la domination allemande, en particulier dans un contexte de retrait des États-Unis et d'incertitude quant à l'avenir de l'OTAN. Malgré l'enthousiasme que suscite actuellement le renforcement de la défense allemande chez les Européens, nombreux sont ceux qui commencent à s'interroger sur la manière dont Berlin compte ancrer sa domination militaire et industrielle en Europe. Ils veulent voir l'Allemagne jouer son rôle, et non pas abuser de son pouvoir. Les décideurs politiques allemands balayent ces inquiétudes. Ils affirment que les voisins de l'Allemagne ne peuvent pas avoir à la fois un Berlin faible et un Berlin fort capable de défendre l'Europe. Leur attitude face à l'inquiétude européenne semble être que, puisque le continent a demandé ce renforcement, il n'a pas le droit de s'en plaindre. Mais cet argument ne suffira pas à apaiser les inquiétudes concernant la domination allemande. Paris n'apprécie pas l'idée que l'Allemagne soit la puissance militaire de l'Europe, car elle estime que ce rôle revient à la France. Elle surveillera de près tout signe indiquant que l'Allemagne pourrait aspirer à se doter d'armes nucléaires, le seul domaine où la France conserve sa supériorité. Certains responsables polonais craignent qu'une Allemagne militairement puissante ne se sente un jour libre de rétablir des relations amicales avec la Russie. Les Polonais, et pas seulement ceux qui soutiennent le parti populiste Droit et Justice, ont également exprimé leur inquiétude quant au fait qu'une Allemagne dominante marginaliserait le rôle des petits États membres de l'UE et pourrait utiliser sa puissance pour les contraindre. Les analystes qui veulent comprendre pourquoi les Européens craignent l'hégémonie allemande n'ont pas besoin de remonter un siècle en arrière ; une décennie suffit. Pendant la crise budgétaire européenne des années 2010, plusieurs pays de l'UE croulaient sous les dettes et avaient besoin d'être renfloués par l'UE. Concrètement, cela signifiait obtenir l'accord de l'Allemagne, l'économie la plus importante et la plus riche de la zone euro. Mais plutôt que de faire preuve de solidarité et d'utiliser son immense richesse pour aider généreusement ces États, Berlin s'est préoccupé de la responsabilité budgétaire et a imposé des mesures d'austérité sévères dans le cadre des plans de sauvetage, ce qui a entraîné un taux de chômage à deux chiffres et une misère prolongée pour les pays débiteurs. Le gouvernement allemand s'est montré particulièrement sévère envers la Grèce, lui imposant des coupes sombres dans ses programmes de protection sociale et d'autres services publics. Le taux de chômage du pays a atteint près de 30 % en 2013 et, au milieu de la décennie, son PIB s'est contracté d'un quart. Les Grecs, à leur tour, en sont venus à détester Berlin. Une célèbre affiche grecque représentait la chancelière allemande de l'époque, Angela Merkel, vêtue d'un uniforme nazi. Si l'Allemagne ne prend pas de mesures pour atténuer la méfiance et le malaise, la rivalité pourrait bien refaire surface en Europe. Pour contrebalancer la puissance militaire de Berlin, la Pologne, par exemple, pourrait chercher à se rapprocher des pays baltes et nordiques ainsi que du Royaume-Uni au sein de la Force expéditionnaire interarmées. Elle pourrait également envisager de rejoindre le Nordic-Baltic Eight, un cadre de coopération régionale entre le Danemark, l'Estonie, la Finlande, l'Islande, la Lettonie, la Lituanie, la Norvège et la Suède. Dans les deux cas, cela pourrait entraîner une fragmentation des efforts communs de défense européenne. Paris, pour sa part, pourrait être tenté de réaffirmer son rôle en augmentant considérablement ses dépenses de défense afin de rattraper et de contenir l'Allemagne, malgré les difficultés budgétaires internes de la France. Paris pourrait également chercher à renforcer sa coopération avec Londres afin de contrebalancer Berlin. Si l'Europe est divisée et déstabilisée par la concurrence interne, l'UE et l'OTAN pourraient être paralysées. La Russie pourrait y voir une occasion de tester l'engagement de l'OTAN en matière de défense collective, prévu à l'article 5, tout en poursuivant son offensive en Ukraine. La Chine pourrait exploiter le continent sur le plan économique, menaçant ainsi sa puissance industrielle. L'Europe aurait du mal à se défendre, en particulier en l'absence de Washington. Et si les États-Unis deviennent une puissance hostile, comme le suggère leur projet d'annexion du Groenland, il leur sera plus facile de manipuler le continent. En d'autres termes, une Europe divisée deviendrait un pion dans le jeu des grandes puissances. Une Allemagne dominante sur le plan militaire pourrait s'avérer particulièrement dangereuse si ses dirigeants centristes commençaient à perdre du pouvoir, ce qui pourrait bien arriver. Le pays ne doit pas organiser d'élections nationales avant trois ans, mais le parti extrémiste AfD arrive désormais en tête dans les sondages au niveau national. Il adhère à une idéologie d'extrême droite, illibérale et eurosceptique. Il est favorable à la Russie, opposé au soutien à l'Ukraine et souhaite renverser l'intégration économique et militaire de l'Allemagne dans l'UE et l'OTAN depuis 1945, du moins sous leur forme actuelle. Il considère la puissance militaire comme un outil d'agrandissement national qui devrait être utilisé exclusivement au profit de Berlin. Il espère développer une industrie de défense allemande totalement autonome par rapport à celles des alliés traditionnels de Berlin. Si elle remporte le pouvoir fédéral, l'AfD utilisera l'armée allemande exactement comme Thatcher le craignait : pour projeter sa puissance contre les voisins de l'Allemagne. De la même manière que Washington a formulé des revendications autrefois inconcevables sur le Canada et le Groenland, une Allemagne dirigée par l'AfD pourrait finir par revendiquer des territoires français ou polonais. Les partis centristes allemands sont conscients de la peur que suscite l'AfD dans les pays voisins. Ils ont donc cherché à la mettre en quarantaine, le centre-droit et le centre-gauche formant de grandes coalitions pour l'éloigner du pouvoir fédéral. Mais il devient chaque année plus difficile de bloquer l'AfD. Ce parti a obtenu le deuxième plus grand nombre de voix lors des élections allemandes de 2025. Il sera probablement encouragé par les élections régionales de 2026 : les sondages montrent que ce parti est en passe d'obtenir la majorité en Mecklembourg-Poméranie occidentale et en Saxe-Anhalt. S'il remporte la majorité des sièges lors des prochaines élections nationales allemandes, le pare-feu pourrait s'effondrer. Le retour du révisionnisme et du revanchisme sous l'AfD se ferait progressivement, puis soudainement. Dans un premier temps, le parti de centre-droit allemand, l'Union chrétienne-démocrate, qui pour l'instant reste fermement opposé à l'AfD, pourrait permettre au parti d'extrême droite de le soutenir indirectement en tant que chef d'un gouvernement conservateur minoritaire. L'AfD utiliserait alors sa nouvelle notoriété pour imposer son idéologie. Elle tenterait également de prendre le gouvernement en otage, menaçant de le faire tomber s'il n'adoptait pas des politiques d'extrême droite. Les représentants de l'AfD feraient pression pour mettre fin au soutien à l'Ukraine, mais ils pourraient également attiser les tensions avec les voisins de l'Allemagne en revendiquant des territoires autrefois contrôlés par Berlin, tels que certaines anciennes régions orientales du Reich allemand qui font partie de la Pologne (et de la Russie) depuis 1945. Un gouvernement conservateur minoritaire insisterait sur le fait qu'il ne collaborerait avec l'AfD que sur des questions spécifiques et que les grands principes de la politique étrangère et de défense de l'Allemagne resteraient inchangés. Mais le nouveau pouvoir de l'AfD entraînerait presque certainement une perte de confiance considérable et des tensions accrues avec les autres pays européens. Dans un scénario encore plus dangereux, l'AfD pourrait devenir un partenaire officiel d'un gouvernement de coalition, voire le chef de file de cette coalition. Elle ferait alors pression pour que l'Allemagne se détache officiellement des structures occidentales ou pour les affaiblir de l'intérieur. Elle tenterait, par exemple, de remodeler l'UE en une « Europe des nations » illibérale, sans l'euro comme monnaie commune, renversant ainsi l'intégration de l'Allemagne dans le continent. Cela affaiblirait les liens économiques qui ont favorisé la paix en Europe pendant 80 ans, réintroduirait d'innombrables problèmes économiques et provoquerait toutes sortes de luttes politiques intra-européennes. L'AfD se retirerait également probablement des efforts restants de l'OTAN contre la Russie, opterait pour l'apaisement du Kremlin et ferait pression pour retirer la brigade allemande de Lituanie. Elle pourrait également tenter de faire sortir Berlin de l'OTAN, même si celle-ci est dirigée par des États-Unis illibéraux, ce qui pourrait inciter l'Allemagne à rester. Elle pourrait faire voler en éclats la coopération et la réconciliation avec la France et le Royaume-Uni, notamment en suspendant le traité d'Aix-la-Chapelle et le traité de Kensington, récemment conclus, qui ont élevé la coopération franco-allemande et anglo-allemande en matière de sécurité à un niveau supérieur. L'Allemagne deviendrait alors une puissance hégémonique nationaliste et militariste, faisant cavalier seul en Europe. En réponse, la France, la Pologne et le Royaume-Uni formeraient très certainement des coalitions destinées à contrebalancer l'Allemagne, même si ces pays étaient également gouvernés par des partis de droite. D'autres États européens pourraient faire de même. Une Allemagne dirigée par l'AfD chercherait quant à elle à conclure ses propres alliances, par exemple avec l'Autriche ou la Hongrie, deux pays favorables à l'Allemagne. La capacité du continent à se défendre contre les menaces extérieures s'en trouverait alors considérablement réduite. Les Européens se retrouveraient à nouveau à couteaux tirés, ce que les États-Unis cherchent depuis longtemps à éviter. Il existe un moyen pour Berlin d'étendre sa puissance militaire sans replonger l'Europe dans une ère de concurrence et de rivalité, même si l'Allemagne venait à être gouvernée par l'AfD. La solution consiste pour le pays à accepter ce que l'historien Timothy Garton Ash, écrivant dans ces pages il y a trois décennies, appelait des « menottes dorées » : des restrictions à sa souveraineté grâce à une plus grande intégration avec ses voisins européens. Les anciens dirigeants allemands ont fait ce compromis. Adenauer a intégré la nouvelle Bundeswehr ouest-allemande à l'OTAN. Pour réunifier l'Allemagne de l'Est, Kohl a troqué le mark allemand contre l'euro, abandonnant ainsi la souveraineté monétaire de Berlin. Les dirigeants actuels devraient suivre ces exemples. Ils peuvent commencer par accepter une dette européenne commune à grande échelle pour la défense et permettre ainsi aux pays qui ont moins de marge de manœuvre budgétaire que l'Allemagne de dépenser généreusement pour la défense sans s'endetter davantage et risquer, comme cela pourrait être le cas pour la France, de nouvelles dégradations de leur notation de crédit. Par rapport à la plupart des pays européens, les coûts d'emprunt globaux de l'UE sont faibles et, en tant que première économie de la zone euro, l'Allemagne peut se permettre de servir de garant en dernier ressort. Cela permettrait d'ancrer plus profondément la puissance militaire et industrielle allemande en Europe en faisant assumer à Berlin la responsabilité financière de l'armement du continent. (Cela pourrait également favoriser une prise de décision plus concertée, puisque les États membres de l'UE pourraient travailler ensemble pour sélectionner les projets et les priorités de défense financés par ces euro-obligations). L'Allemagne devrait également encourager une plus forte intégration des industries nationales de défense européennes, notamment en recherchant davantage de collaboration sur ses propres projets plutôt que de dépenser massivement dans les entreprises nationales. De même, l'Allemagne devrait accueillir à bras ouverts de véritables entreprises européennes de défense, à l'image d'Airbus, qui a été créé en tant que consortium aéronautique européen afin d'offrir une alternative aux constructeurs américains. Toutes ces mesures permettraient non seulement d'apaiser les craintes d'une domination allemande en garantissant que la base de défense de Berlin s'appuie sur d'autres pays, mais elles renforceraient également l'ampleur et l'efficacité du renforcement militaire global de l'Europe. Enfin, et c'est là l'objectif le plus ambitieux, l'Allemagne et ses alliés européens devraient envisager une intégration militaire plus poussée. Les États-Unis se retirant progressivement, l'Europe devra trouver des formats et des structures militaires en dehors de l'OTAN pour assurer sa défense. Et bien qu'une armée européenne reste peu probable dans un avenir prévisible, les pays du continent devront créer des formations militaires multinationales plus importantes pour dissuader la Russie. (Il existe déjà de petits exemples de telles tentatives, notamment une brigade franco-allemande et certains groupements tactiques de l'UE, bien qu'ils n'aient pas encore été déployés.) En outre, le continent devrait mettre en place des structures de commandement européennes qui intègrent étroitement la Bundeswehr aux autres forces armées et offrent une alternative aux structures de l'OTAN en période de tensions transatlantiques. Une intégration militaire européenne plus poussée limiterait le pouvoir allemand en soumettant l'Allemagne à un processus décisionnel collectif. Elle permettrait même de se prémunir contre un gouvernement dirigé par l'AfD en rendant pratiquement impossible le retrait de la Bundeswehr des initiatives communes sans prendre des mesures drastiques et impopulaires, telles que la sortie de l'UE ou d'autres institutions européennes coopératives. La « coalition des volontaires » que divers responsables européens ont proposé de déployer en Ukraine après un accord de paix pourrait servir de test. Le risque de fracture du continent devrait inciter Washington à réfléchir à deux fois avant de se retirer, et surtout avant de soutenir l'AfD. Si l'Europe revient à une compétition entre grandes puissances, Washington pourrait finalement devoir engager davantage de ressources sur le continent qu'il ne l'a fait au cours des dernières décennies afin d'empêcher l'Europe de sombrer dans le conflit. C'est précisément le résultat que la Maison Blanche veut éviter. Mais une Europe instable et fragmentée n'est en aucun cas garantie, même à une époque où l'implication américaine est réduite. Au cours des huit dernières décennies, les pays européens ont appris à s'intégrer et à coopérer d'une manière que les observateurs du passé auraient qualifiée de fantaisiste. En fait, grâce à l'invasion russe, la concorde continentale est aujourd'hui plus forte que jamais dans l'histoire. L'Europe dispose de nombreux moyens pour éviter un dilemme sécuritaire centré sur une Allemagne dominante. La pression brutale exercée par Washington pourrait même unir davantage le continent et forger une identité européenne plus forte. Un tel résultat positif nécessitera de la retenue, de la clairvoyance et de la chance. Mais les dirigeants du continent doivent travailler dur pour y parvenir. Les enjeux sont trop importants et l'alternative trop effrayante. 1 3 Lien vers le commentaire Partager sur d’autres sites More sharing options...
Bechar06 Posté(e) vendredi à 20:49 Share Posté(e) vendredi à 20:49 (modifié) Lu en diagonale ...Trop long sans balises. En Europe : Allemagne peut-être 1-ere puissance militaire EN CONVENTIONNEL France : de fait et pour longtemps encore : 1-ere puissance militaire NUCLEAIRE Oui mais De Gaulle voyait le puissance souveraine avec 2 piliers : armée conventionnelle Et armée nucléaire... Alors ? Rattrapage en conventionnel à faire encore, Sauf si vraies complémentarités européennes crédibles .. E6 ouvert ? Et équilibré ? Modifié hier à 06:13 par Bechar06 Lien vers le commentaire Partager sur d’autres sites More sharing options...
C’est un message populaire. Manuel77 Posté(e) vendredi à 20:57 C’est un message populaire. Share Posté(e) vendredi à 20:57 Il y a 4 heures, Akilius G. a dit : Je peux comprendre que l établishment sécuritaire français radote et fatigue ses voisins avec ses lubies ( ça doit arriver aussi sur le civil), mais en quoi cela limite les coopérations et les initiatives des voisins ? Je prends le débat en cours j' ai pu louper un argument... Mon argument était le suivant : 1. Depuis 30 ans, tous les dirigeants français répètent à leurs voisins, en particulier à l'Allemagne, qu'ils doivent discuter de l'importance des armes nucléaires françaises pour l'Europe. 2. Depuis 30 ans, lesdits voisins refusent d'aborder le sujet, car l'Oncle Sam gère la sécurité et personne ne veut se brûler les doigts avec des questions aussi délicates. 3. Poutine envahit Kiev. 4. Trump découvre le Groenland. 5. Lesdits voisins, en particulier l'Allemagne, parlent de la nécessité de discuter de la nécessité d'une dissuasion nucléaire « européenne ». Avec toutes sortes d'idées amateurs. 6. Le FCAS part en vrille. 7. Ici, sur le forum, on s'indigne du fait que lesdits voisins veulent désormais parler d'armes nucléaires. C'est une tragicomédie. 2 2 2 Lien vers le commentaire Partager sur d’autres sites More sharing options...
Bechar06 Posté(e) vendredi à 21:11 Share Posté(e) vendredi à 21:11 il y a 4 minutes, Manuel77 a dit : tragicomédie Bien illustrée par le SCAF impossible puisque qu il n y a pas de reconnaissance du savoir-faire acquis par la France, de la part d une Allemagne dédaigneuse et trop fière ... L orgueil l'a repris depuis son unification Tragicomedie a l'encontre d'un avenir serein, pourtant si prometteur quand on prend de la distance et une perspective + globale, continentale, mondiale, avec la culture européenne cumulée depuis des siècles, au delà des conflits intestinaux, avec des convergences accumulées de valeurs fondamentales Ras le bol du court termisme, des réactions primaires , de l'absence d écoute des sages, si ignorés de partout, des égoïsmes partisans ! 1 Lien vers le commentaire Partager sur d’autres sites More sharing options...
Phacochère Posté(e) vendredi à 21:24 Share Posté(e) vendredi à 21:24 (modifié) il y a une heure, Manuel77 a dit : Mon argument était le suivant : 1. Depuis 30 ans, tous les dirigeants français répètent à leurs voisins, en particulier à l'Allemagne, qu'ils doivent discuter de l'importance des armes nucléaires françaises pour l'Europe. 2. Depuis 30 ans, lesdits voisins refusent d'aborder le sujet, car l'Oncle Sam gère la sécurité et personne ne veut se brûler les doigts avec des questions aussi délicates. 3. Poutine envahit Kiev. 4. Trump découvre le Groenland. 5. Lesdits voisins, en particulier l'Allemagne, parlent de la nécessité de discuter de la nécessité d'une dissuasion nucléaire « européenne ». Avec toutes sortes d'idées amateurs. 6. Le FCAS part en vrille. 7. Ici, sur le forum, on s'indigne du fait que lesdits voisins veulent désormais parler d'armes nucléaires. C'est une tragicomédie. On peut prendre le problème à l'envers sans acrimonie, la France a développé tous les moyens de réponse et elle n'entends pas les partager. Modifié vendredi à 22:15 par Phacochère a développé 1 Lien vers le commentaire Partager sur d’autres sites More sharing options...
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