Aller au contenu
Fini la pub... bienvenue à la cagnotte ! ×
AIR-DEFENSE.NET

olivier lsb

Members
  • Compteur de contenus

    8 009
  • Inscription

  • Dernière visite

  • Jours gagnés

    133

Tout ce qui a été posté par olivier lsb

  1. C'est marrant comment cette anecdote historique, que tout le monde (ou presque) ignorait, vient tout d'un coup de ressortir de l'ombre et d'être mise en avant par tout un tas de contributeurs et journalistes. Ici dans le grand continent. Et il est vrai que les enseignements sont très intéressants, et nous viennent du grand Charles en personne. Extraits: Informé, le général de Gaulle s’indigne de la perspective d’une intervention étrangère sur un territoire français. Il comprend qu’il est confronté à un choix : une reprise française de Saint-Pierre-et-Miquelon, ou une mise sous tutelle alliée. Il ordonne alors à l’amiral Muselier, commandant en chef des Forces navales françaises libres, d’appareiller sur le champ, sans obtenir l’accord de Washington. Dans ses Mémoires de guerre, le général de Gaulle a cette formule : « Je tenais cet accord pour souhaitable, mais non indispensable, puisqu’il n’y avait là qu’une affaire intérieure française. » Nous sommes ici au cœur de la matrice politique gaullienne : la souveraineté n’est pas divisible, donc elle ne se « partage » pas au gré des circonstances. La logique du Général est celle d’un refus de précédent. Si l’on admet qu’un débarquement peut se faire dans un territoire français sans les Français, on acte, au fond, que la France est un problème de police pour ses alliés — et non plus un sujet politique. De Gaulle fixe alors un principe : on peut être dépendant militairement sans être soluble diplomatiquement. [...] L’incident fissure le récit d’unité que Roosevelt cherche à installer au lendemain de Pearl Harbor : Saint-Pierre-et-Miquelon devient l’objet d’une querelle de légitimité au sein même du front allié. Début janvier 1942, une proposition présentée comme une offre de compromis par le départment d’État est adressée au Comité de la France libre : une mission canadienne surveillerait les moyens de communication de Saint-Pierre, tandis que les troupes de la France libre seraient priées de quitter l’archipel. L’objectif : une neutralisation stratégique des îles et l’indépendance de l’administration par rapport à de Gaulle. [...] La suite de l’échange, rapportée par de Gaulle, sonne comme une scène de théâtre politique : « ‘Que ferez-vous, en ce cas ?’ me dit-il — Les navires alliés, répondis-je, s’arrêteront à la limite des eaux territoriales françaises et l’amiral américain ira déjeuner chez Muselier qui en sera certainement enchanté. — Mais si le croiseur dépasse la limite ? — Nos gens feront les sommations d’usage. — S’il passe outre ? — Ce serait un grand malheur, car, alors, les nôtres devraient tirer.’ M. Eden leva les bras au ciel. ‘Je comprends vos alarmes, concluai-je en souriant, mais j’ai confiance dans les démocraties.’ » 11 Dire qu’on tirera n’est pas une fanfaronnade : c’est définir, par les mots, ce qui relève de l’inacceptable — même sous protection, même dans un rapport de force défavorable, même dans une asymétrie de puissance manifeste. Le cas de Saint-Pierre-et-Miquelon rappelle une vérité élémentaire : la première puissance est grammaticale. Au moment précis où l’Amérique devient l’allié indispensable, de Gaulle refuse de traiter sa souveraineté comme une variable d’ajustement. Il ne « marchande » rien, ne relie pas tous les sujets entre eux : il isole une ligne rouge, indépendamment du reste, et accepte l’idée d’une friction avec Washington, parce qu’il juge que céder ici, c’est préparer d’autres renoncements. Sur place, Muselier se démultiplie, et comprend très vite que la bataille se joue aussi dans l’opinion publique américaine. [...] Troisième leçon : parler la langue de l’adversaire — et retourner ses mots contre lui. [Nota personnelle: j'ai souvent écrit ici que pour s'opposer efficacement aux américains, il faut leur gâcher le show. Traiter des choses dans l'ombre, leur laisser la lumière, c'est une stratégie perdante et vouée à l'échec car ça laisse toute la place nécessaire à leur narratif, qui doit s'imposer dans un délai extrêmement court dans leur culture politique]. Dans un espace atlantique dominé par le mot « democracy », Muselier utilise le référendum comme une arme diplomatique — et la mise en scène démocratique sert de piège moral tendu à l’allié. L’annonce des résultats (98 % des suffrages exprimés pour la France libre) produit une séquence très puissante : l’acte militaire est immédiatement recodé en acte de souveraineté populaire. Pour les États-Unis, revenir en arrière ne serait plus seulement « rétablir le statu quo », ce serait défaire un vote. La diplomatie se retrouve désarmée par le langage même qu’elle prétend incarner. La leçon vaut pour aujourd’hui. Si l’actuel pouvoir américain se raconte dans la rhétorique de la « paix », de l’« arrêt des guerres », jusqu’au fantasme du prix Nobel brandi comme horizon personnel, alors c’est peut-être sur ce terrain symbolique qu’il faut l’entraîner, peut-être, le repousser jusqu’à une limite : le contraindre et l’obliger à choisir entre son récit et ses actes, entre l’image qu’il vend et la réalité qu’il produit. GACHONS LUI LE SPECTACLE ! IL S'EN LASSERA !! THANK YOU FOR YOUR ATTENTION ON THAT MATTER ! https://legrandcontinent.eu/fr/2026/01/10/de-gaulle-muselier-resister-a-trump-au-groenland/
  2. Ca discute, et on fait savoir que ça discute. Je pense que c'est plus compliqué que "laissons les danois parler d'abord, et voyons ensuite". Les positions et prises de décisions sont plutôt itératives et rétroagissent entre elles. D'où la nécessité de tout mettre sur la table: depuis un soutien armée Fr (ou autre) jusqu'à la fermeture de bases US ou de sites de la NSA. Comme le Danemark en héberge par exemple..
  3. On fait de la réassurance et des déploiements éclairs au Danemark depuis l'année dernière, on est moteur sur l'architecture de sécurité en Ukraine, même si ça ne va pas assez loin AMHA, on refuse de céder les clés de l'Union sans une dernière bagarre politique et stratégique. Mais combien ça va nous rapporter en bénéfice politique ou économique, c'est un peu la question. Je le pense. C'est cette attitude qui s'est révélée gagnante sur le Rafale. Charge à nos représentants élus (responsabilité 100% française) de présenter la note. Fessenheim, c'est tout autant une responsabilité allemande que la conséquence d'un accord de gouvernement PS-Vert. J'ai du mal à en vouloir exclusivement à nos partenaires européens, là où on manque de clairvoyance, de constance et de stratégie. La suite des événements récents tend à prouver que le français préfère avoir raison sur ses principes, quitte à ce que la pratique lui donne tort. Inutile d'aller chercher systématiquement des boucs émissaires à l'étranger. J'ai beaucoup de reproches à faire à nos partenaires, je ne leur mettrais certainement pas sur leur dos notre situation actuelle. C'est subjectif, je ne crois pas qu'au sein de la zone euro, l'économie soit autant dictée par les états. Pas dans les ordres de grandeur qui feraient passer notre budget de déficitaire depuis 40 ans à excédentaire. Nous sommes un des pays qui taxent le plus au monde, et ça ne suffit pas dans des proportions abyssales: nous avons un problème de dépenses, de notre seul fait. Non, on s'est sabordé tout seul dans les années 90/2000: le projet socialiste d'économie tertiaire, l'abandon (déjà à l'époque...) des classes ouvrières par la gauche, difficiles à contrôler. Tchuruk, le club des industriels fabless, les chinois qui ne comprendraient jamais rien à ce qu'on leur donnerait à fabriquer.... C'est un suicide 100% manufrance. Que nos adversaires en aient profité n'en fait pas une causalité. Nous avons vécu dans le même contexte qu'Allemands et Italiens, mais leurs choix à eux ont été différents des nôtres. L'Europe est un piédestal politique, mais économiquement parlant, c'est un marché insuffisamment exploité par nos entreprises. Oui je sais, les ventes d'armes. Mais si on parle souveraineté, maitrise de ses finances, de son déficit, pour dégager des marges de manœuvres, ce n'est pas le secteur de l'armement qui nous sortira seul de l'ornière. Plus que jamais, le marché commun est à chérir et préserver, à une heure on tout le monde va très concrètement réaliser la finitude du capitalisme, et ses nombreuses portes qui se referment. La mondialisation sauce OMC n'est plus qu'un souvenir, et nos propres opportunités exports vont structurellement se réduire sensiblement. Et tous les autres pays européens vivent le même contexte, mais nous restons les seuls autant à la rue. Ce ne peut être pas la résultante d'un complot à 26 contre 1. Libre à nous de la stocker en effet... Certes nous nous sommes éloignés du sujet. Mais j'ai l'intime conviction qu'il y a les petites querelles, les vrais faiblesses et les enjeux à venir, d'une ampleur incomparable avec nos problèmes actuels. On n'arrive pas à voter un budget à peu près dans les clous de la procédure, pour la 2e année consécutive: c'est plus que symptomatique de l'indigence de notre classe politique que de la perfidie de nos partenaires européens. Invoquer les petites querelles, pour s'exonérer d'une auto-critique sur nos faiblesses et s'épargner les douloureuses décisions préparant l'avenir, c'est ce qu'on fait depuis la chute du mur. Et ça n'a pas vraiment réussi à nous renforcer.
  4. Pour illustrer mon propos précédent. Pas simples les relations Groenlando-Danoises, alors on mesure mieux pourquoi il est difficile pour des militaires européens de s'y précipiter pour s'y retrancher. Abstraction faite de la nature même de la menace à parer. Les américains s'invitent à la table au pire moment de la relation bilatérale entre Danemark et Groenland. Difficile cependant de dire si la rupture sera précipitée ou l'union renouée. https://www.lemonde.fr/international/article/2026/01/11/au-groenland-le-premier-ministre-mise-sur-l-unite-face-aux-menaces-de-washington_6661344_3210.html
  5. C'est le monde multipolaire, enfin débarrassé de la domination des néocon américains et de leur fausse supériorité morale. N'est-ce pas quelque chose qui nous a tous fait rêver ici un jour ? Pour la France, il y a d'abord urgence à reprendre le contrôle de ses finances et de ses dépenses => débat de société douloureux en perspective. La puissance ne se décrète pas, les budgets non plus: ce doit être un choix assumé, et il n'y a pas de choix sans vérité ni axiome partagés. La lâcheté de la classe politique actuelle et ses discours en langue de bois nous fait perdre un temps précieux, peut être même fatal. L'attitude d'une puissance ("normale" comme peut l'être la France au sein de l'UE) consiste à mon sens à forcer quelque peu certaines décisions, dans une logique d'investissement et de ramasser ensuite les bénéfices sur les années à venir. Les dettes se paieront toujours plus tard, mais si on veut retrouver du temps long, de la planification stratégique intelligente, il faut être capable d'avancer ses plans et ses moyens de façon indépendante, charges à l'échelon politique de refacturer ces coûts sur les années à venir à tous ceux qui auraient voulu rester des passagers clandestins. On ne s'en sortira pas dans un dialogue à 27 qui ressemblerait à - toi d'abord ! - non toi d'abord !! - et puis en fait, j'avance pas d'abord parce que la dernière fois, c'est toi qui a pas avancé d'abord... Pour autant que je sache, les uns en Europe (ne parlant pas français) ont fermé les yeux sur leurs situations militaires vis à vis des US pendant que les autres (parlant français) ont creusé leur déficit grâce à l'Euro, en étant que très mollement empêché par les institutions de le faire. Ce que je veux dire par là, c'est que le jour où on déroule ton approche et tes indignations, on ouvre des règlements de comptes qui débuteront à notre avantage dans le militaro-stratégique, et se termineront par un très ferme rappel à l'ordre sur les menaces que font peser notre déficit et notre endettement sur la stabilité économique de la zone euro. Rappelant indirectement qu'on a toujours pas résolu nos problèmes de déficit et de dépenses sociales. Ce type de dialectique risquerait fort, à mon avis, de se terminer au mieux du mieux par "un partout la balle au centre". Ce n'est ni ce qu'on veut, ni ce dont on a besoin dans le contexte actuel. Il est difficile de savoir ce que le Danemark met réellement en place et ce qui est réellement discuté avec les Européens. Rappelons aussi que le Groenland n'est pas un territoire pleinement intégré au Danemark, mais seulement une sorte de tutelle. Le pouvoir Danois n'est pas entièrement libre d'agir, sans s'être lui même coordonné avec le pouvoir Groenlandais. Ce qui laisse penser que certaines décisions rapides à appliquer et qui relèveraient du bon sens militaire, sont en définitive surement plus longues à mettre en place dans cette configuration politique. On rappellera aussi que la surprise doit rester totale en cas de déploiements militaires: c'est ce qui avait fait la grande réussite de la reprise de Saint Pierre et Miquelon à la France Vichyste, et que les américains, furieux, lorgnaient déjà à l'époque. Oui et non. Sur le fond, ils finiront tous par s'affronter, mais après avoir mangé le plus facile et le plus juteux: l'Europe. Dès lors, rappeler qu'ils vont se manger entre eux, un jour, est un exercice un peu vain et génère une fausse impression de sécurité: à quoi bon, si ça se fera nécessairement à notre détriment ?
  6. Le camarade Gustave sait ce que ça veut dire, ça fait 2 745 pages que je lui donne du fil à retordre (et qu'il me rend bien)... Donc attention à la modération camarade. Ils ne sont qu'au mistral, mais ce sont les seuls du forum à être armés, et ils s'en servent très bien.
  7. C'est méconnaître assez profondément la Bundeswehr, dont l'engagement est décidé par le Bundestag. Une décision assez difficile à cacher. Ce n'est pas, au demeurant, dans les traditions politiques allemandes de cacher l'emploi de l'armée, dont on préfère débattre du rôle pendant des mois avant engagement.
  8. Qu'il est débile le temps où j'entendais ici qu'on n'avait pas budget pour donner des canons, des munitions et des avions à l'Ukraine car on-navet-pas-les-moyens, car l'article-5-cest-autre-chose-et-sa-nous-protege... Qu'il ne fallait pas faire plus que la Pologne plus concernée que nous, que l'Allemagne qui nous achète rien etc... Il y a quelques messages ici qui ont du sacrément mal vieillir. L'Ukraine fut un test de volonté, Moscou et Washington en ont tiré les même conclusions: on a lamentablement échoué. Voilà jour après jour, sous nos yeux de poivrot ayant trop joui des dividendes de la paix guerre future, la facture qui s'allonge et les problèmes sécuritaires qui s'accumulent.
  9. Couper le partage de renseignement, déconnecter le data center de la NSA au Danemark... https://www.france24.com/fr/éco-tech/20210531-comment-le-danemark-est-devenu-le-poste-d-écoute-de-la-nsa-en-europe C'est d'ailleurs ce que sous entend probablement la Première Danoise, lorsqu'elle dit que si les US s'empare du Groenland, alors tout s'arrêtera. Mais est-ce désormais suffisamment dissuasif pour les américains ? J'en doute.
  10. Il y a une concrétisation du jour d'après, avec des discussions et un accord sur les moyens à déployer, qui, quand, comment. Mais tout cela ne doit se déployer qu'au jour d'après. C'est Moscou qui impose encore son tempo, et choisira le moment qui lui siéra pour arrêter le conflit. Et c'est encore trop de confort offert aux russes.
  11. Mouais... L'hubris américaine, c'est quelque chose. La trahison américaine est encore pire que ce j'imaginais il y a un an, où je voyais le Groenland comme une monnaie d'échange pour la fin de la guerre en Ukraine. Mais POTUS est trop compromis pour çà, alors il va laisser à VVP les coudées franches et simplement prendre le territoire en question. Ils ont mangé, ils n'ont pas eu d'indigestion, ils en redemandent. Et le PR toujours aussi aveugle sur les US qu'avec la Russie au début de la guerre en Ukraine. https://www.lemonde.fr/international/article/2026/01/06/le-groenland-et-le-danemark-veulent-rapidement-rencontrer-le-secretaire-d-etat-americain-marco-rubio-apres-les-menaces-de-donald-trump_6660802_3210.html
  12. Deux pays pour déclarer une intention de se déployer au sol. Honneur minimal, honte abyssale pour le reste de l'Europe. Trump peut raisonnablement estimer avoir le champ libre au Danemark.
  13. Machiavel disait dans Le Prince: Les principaux fondements de tous les États, nouveaux aussi bien qu'anciens ou composites, sont de bonnes lois et de bonnes armes.
  14. Un grand classique, connu chez nous avec cette célèbre maxime, si souvent incomprise: "La raison du plus fort est toujours la meilleure : Nous l'allons montrer tout à l'heure." Eau Tarie pose des questions dérangeantes. Eau Tarie prend le risque de finir noyé dans un océan glacial !
  15. Je pense exactement le contraire s'agissant des US, et je ne le soutiendrais pas pour la Chine ou la Russie. Faut bien comprendre cette Amérique qui a amené Trump au pouvoir, en voulant qu'elle se désengage des conflits internationaux. Cette Amérique est toujours là, réalise peut être son erreur, ou à tout le moins, se dit qu'elle n'a pas voté pour çà. D'une manière générale, le peuple américain est très compliqué à rassembler autour d'une guerre et l'unité à maintenir dans la durée. Il faut bien comprendre que l'espace temps politique américain est incomparable plus court que le notre, qui s'est déjà largement réduit ces dernières décennies. On nous reproche notre inertie ? C'est juste, mais on peut ici en faire un atout: mémoire longue, ténacité supérieure, perception des enjeux de façon autrement plus cruciale que pour les américains. Leurs attentes sont aussi fortes qu'elles peuvent être fugaces. Le supporter américain est quelqu'un qui fondamentalement, déserte un stade quand son équipe est en train de perdre pour ne pas voir la défaite, plutôt que la soutenir dans un moment crucial. C'est du personnellement vécu... Il en va de même en politique, surtout si deux des grands tabous américains reviennent sur la table: les cercueils et les dépenses de guerre, engagés pour satisfaire les intérêts d'une oligarchie milliardaire. Dans ce contexte stratégique, quel serait le rôle d'une force armée européenne au Groenland ? Appliquer Brossolet : faire durer les affrontements, réussir quelques coups d'éclats à relayer par une campagne médiatique à en faire pâlir les trolls de Moscou, maintenir une résistance plus ou moins dure, causer des pertes chez eux, en recevoir chez nous et tendre à l'Amérique un miroir qui lui renverra une image qu'elle n'est pas aujourd'hui, avec sa presse et ses media qu'on connait, encore prête à assumer. Il y a un monde pas si éloigné au sein de l'UE où les Danois consentent à résister au delà des mots, si des options militaires et stratégiques leurs sont ouvertes par d'autres puissances en Europe (nous pour commencer - c'est le rôle des plus forts que de prendre des initiatives). Si certains pays ne souhaitent ni ne peuvent s'engager au Groenland, une contribution aux efforts à l'encontre des américains pourrait être mise en œuvre sous d'autres formes. Fermeture de bases américaines, voir reprise par la force pour marquer le coup. Les américains seraient ils prêts à tirer sur le sol européen, pour avoir voulu prendre le contrôle du Groenland ? Pas sûr du tout. Ce serait une escalade à la sauce européenne, qui aurait le mérite de réintroduire du doute stratégique dans une aventure qui devait être facilement pliée. Des enquêtes, amendes et prises de contrôle des branches européennes de la tech US pourrait s'en suivre. On subirait des coups en retour c'est certain, mais le doute s'installera à Washington. Et surtout, les plans et le show seraient terriblement contrariés. Or Trump n'est pas un chef de guerre, c'est un mafieux: il fait des coups, veut un semblant de résultat et abhorre les affrontements longs. On est jamais amis ni fâchés à vie. Un sursaut de résistance européen aurait simplement pour but de tenir deux ans maximum, jusqu'aux prochains mid terms. Ensuite, on efface presque tout et on recommence. Ah et puis surtout, tout le monde vend ses obligations du trésor. Les Japonais l'ont fait dans des proportions ridicules, ça a suffit pour faire s'agiter les taux d'emprunt. C'est le gros talon d'Achille de l'économie américaine. Et puis on fait re-rentrer le RU dans l'UE, en leur faisant au passage bien clarifier deux trois points, notamment sur leur relation transatlantique. Ils paraissent de plus en plus mûrs sur la question, courtesy of POTUS. Dans le fond, c'est peut être même ce qui pourrait sauver la démocratie aux US, en faisant prendre conscience par les morts et les destructions nécessaire à causer et à recevoir, de l'absurdité d'un retour des politiques impériales, au moins à l'égard des européens. C'est le nœud de la question, mais je ne serais pas aussi convaincu que toi de la réponse. D'autant plus que tenir les américains à distance, dans une épreuve de force plus ou moins ouverte, contribuera en retour à tenir la Russie à distance. De toute façon, il va falloir s'y coller sérieusement. La question n'est pas attendre la prochaine étape, car elle arrivera avec certitude.
  16. Ce genre de choses ne se discute pas en place publique... Mais en effet, on se demande bien. Ni Berlin ni Londres, ni même les nordiques. Nous sommes seuls, et c'est pas grave. C'est précisément ce changement d'attitude, où on arrête de s'attendre à 28, qui fera peut être à nouveau bouger les lignes en Europe.. Il faut bien comprendre la psyché américaine dans cette question : une victoire facile, des perspectives de business, du momentum politique... Il suffit qu'un grain de poussière s'insère dans la mécanique, et le pays, ses électeurs et ses élites, se lasseront très vite et passeront à autre choses. Les américains veulent des succès, du show. Que des cercueils rentrent au pays, que des appareils soient abattus, que des millions de dollars de dégâts soient causés et alors ça pourrait leur faire abandonner certaine prétentions. Je sais pas si vous avez remarqué, mais cets une des premières choses dont Trump s'est félicité sur le Venezuela "on a pris de gros risques on aurait pu perdre du monde et des moyens, mais rien, c'est trop cool". Ça traduit je pense les hésitations de l'administration qu'il a pu y avoir autour de cette opération. Le corollaire de ça, c'est qu'il suffit de leur gâcher le show pour leur faire reconsidérer leurs projets. Il faut pas grand chose : deux GTIA, de la dispersion, quelques moyens AA discrets, armer la population, prévoir des caches d'armes etc... L'idée ne sera jamais de gagner une bataille rangée, mais de faire naître le doute à l'échelon politique, de dessiner une perspective de l'enlisement, cauchemar du cœur MAGA. ON veut être crédible au delà des considérations de bonne morale ? Voilà par où commencer.
  17. La France avait pourtant fait une proposition au Danemark, mais en effet, la décision dépend d'eux.
  18. De ces trois contraintes, la démographie est la plus dirimante. Mais ressources naturelles et % de PIB à accorder aux budgets de défense relèvent de décisions beaucoup plus politiques qu'il n'y parait au premier abord. Deux actualités "anecdotes" sur le sujet (en masqué, car un peu HS)
  19. Je trouve compliqué de faire de la défense du droit international, tout en faisant le constat (lucide) que les valeurs occidentales (donc le respect du droit) sont conspuées et questionnées par tout un tas de pouvoirs et de cultures dans le monde. D'abord parce qu'on peut pas faire de droit coutumier sans un minimum d'adhésion. Et ensuite parce que c'est la force qui impose le droit, et pas l'inverse. Un truc qu'on a beaucoup oublié en France et en Europe. Si on s'y accroche comme à un totem, on risque d'être encore plus impertinents et de nous exposer à des défaites stratégiques d'une ampleur à faire passer la guerre en Ukraine pour une anecdote. Je suis le premier à regretter l'effondrement du rule based order, mais il faut peut être pas tarder à passer à autre chose, faire le constat que le monde est transactionnel et adapter les politiques en fonction. Qu'on est jamais amis pour la vie ni fâchés à vie. Et que le pilotage par les intérêts économiques et politiques n'est pas totalement impertinent (euphémisme) quand on passe à une position d'outsider. J'irais même plus loin dans l'exercice de pensée: on aurait d'autant plus intérêt à assumer une realpolitik que si demain dans cinquante ans, on referme cette parenthèse impériale et on en revient à des considérations plus légalistes, il n'y aura aucun bonus à attendre, aucun bon point à recevoir pour être restés fidèles à nos principes de droit depuis le début, envers et contre tout. On le voit déjà assez largement en Europe avec notre posture gaulliste, donnant raison à la France sur un paquets de sujets et pour autant, n'améliorant pas substantiellement notre position diplomatique et nos intérêts économiques.
  20. Il y a quand même de quoi s'interroger sur la bonne méthodologie à suivre en matière de RI, depuis 10/15 ans maintenant. Chaque bloc y va de la défense la plus brutale de ses intérêts, ou se prépare à le faire. Pendant ce temps là, nous restons en Europe les seuls à produire du communiqué indigné, et pendant qu'on parle de droit international, celui-ci devient de plus en plus... un droit partagé par les seuls européens, et une poignée de pays tiers à l'Union. En parallèle de quoi, une certain constat populaire en Europe sur l'impuissance des forces "socio-démocrates" (au sens très large) à faire bouger les lignes et améliorer les choses, risque de nous amener au pouvoir exactement le genre de bouffon que nous exécrons aujourd'hui à Washington. Trump n'a peut être pas de stratégie, mais d'autres la mettent en place pour son compte et sont tout sauf des imbéciles. En attendant, leur gros bâton sert leurs intérêts économiques. Dans le même temps, notre gouvernement a lâché Orano avec le Niger, laissé le Burkina prendre en otage 4 agents de la DGSE invités à faire de la coopération anti-terro et l'establishment politico-médiatique en France ne se remet toujours pas que le MAE ait pu filer un coup de pouce en 2020 sous la forme d'une simple lettre à un groupe du CAC40... Sans aller jusqu'à prendre un malin plaisir à piétiner sciemment les coutumes internationales, on peut aussi s'interroger sur le positionnement de notre curseur dans un contexte ou plus personne, de l'extrême est à l'extrême ouest, ne semble vouloir respecter le B-A-BA de la charte des nations unies. Il faut avoir cette discussion pénible, parce qu'aujourd'hui c'est le Venezuela ou l'Iran ou le Soudan ou le Yémen ou la RDC ou l'Ukraine ou Taïwan, mais demain, ça sera directement nos intérêts (voir nos territoires) qui seront questionnés.
  21. Je suis un grand lecteur du Figaro, comme mes nombreux partages d'articles du Monde l'attestent !
  22. Pour l'instant, il y a plus de manifestations en dehors du Venezuela pour le retour de Maduro qu'au Venezuela...
  23. Les sanctions ne marchent pas, épisode 337. Gazprom accuse une perte historique de 12 milliards de dollars, dans un contexte de baisse drastique de ses ventes à l'Europe, non compensées par d'autres débouchés. Le pivot asiatique agité par les russes comme un étendard un soir de match a fait long feu: rien ne pouvait remplacer la lucrativité du marché européen. Les européens sont plus résilients qu'on ne le croit, mais peinent à le faire savoir. https://www.lemonde.fr/international/article/2026/01/03/gazprom-le-geant-russe-du-gaz-voit-ses-exportations-chuter-lourdement_6660427_3210.html
  24. Trump a complètement abandonné la traditionnelle rhétorique objectifs formels / objectifs réels, base de la diplomatie. C'est mieux pour le show et le lien direct qu'il a toujours aimé entretenir avec ses électeurs.
×
×
  • Créer...