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Alexis

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Tout ce qui a été posté par Alexis

  1. Tu as de bonnes références, il me semble. Il ne serait pas jaune, ce sous-marin ? Non seulement ce n'est pas la France, mais la France n'a rien à y voir ! D'aucuns font remarquer que pour planifier ce genre de frappe précise, il faut de l'imagerie spatiale de précision militaire. Mais justement ! Je rappelle que : 1. Les Emirats Arabes Unis disposent d'un satellite d'observation militaire le Falcon Eye, qui non seulement doit être lancé d'ici la fin de l'année, mais étant de fabrication française est super-sophistiqué au point de pouvoir remonter dans le passé et fournir des renseignements dès maintenant alors qu'il n'est pas encore dans l'espace. Donc, ça pourrait être eux ! 2. L'Egypte certes n'a pas encore de satellite d'observation militaire, mais la Grèce, comme chacun sait pas une amie de la Turquie, dispose bien de satellites d'observation de type Hélios 2. Et oui, ils sont grecs, vous avez vu leur nom ? Donc ça pourrait être les Égyptiens, renseignés par les Grecs ! La France en revanche n'a aucun satellite d'observation militaire. Nan, aucun. Si ce sont les Émiriens ou les Égyptiens qui ont bombardé, ce n'est donc pas la France qui les a renseignés ! Il faut être un peu logique, quand même.
  2. Cela me rappelle la diatribe de l'ambassadeur turc en France il y a quelques jours sur ce que serait une OTAN sans la Turquie «Imaginez l'Otan sans la Turquie ! Vous n'aurez plus d'Otan ! Il n'y aura plus d'Otan sans la Turquie ! Vous ne saurez pas traiter l'Iran, l'Irak, la Syrie, la Méditerranée au sud, le Caucase, la Libye, l'Egypte», a lancé l'ambassadeur devant la Commission des Affaires étrangères et de la Défense du Sénat, sur fond de vive escalade des tensions franco-turques. "Traiter le Caucase" ? Mouais. Faire la guerre aux Arméniens, il veut dire ? Pas un problème si l'OTAN ne peut pas "traiter le Caucase", à mon avis Il n'est déjà pas bien stable, ce serait largement pire si la puissance dominante y était la Turquie plutôt que la Russie. Les Russes s'occupent du Caucase, et c'est le mieux qui puisse arriver. Sans parler bien sûr de "traiter" - le mot choisi par Son Excellence - "la Méditerranée au sud". Nous savons ce que Erdogan entend par là, c'est-à-dire installer des milliers de djihadistes sur place. Merci bien !
  3. Oui. Dans le triptyque cité par le président de la République comme nouveaux objectifs écologie / indépendance / solidarité, le deuxième terme doit s'entendre avant tout comme indépendance technologique. Et le premier sujet en termes d'indépendance technologique me semble bien être les réseaux, notamment la 5G. Est-ce un sujet que la France seule pourrait traiter, si elle choisissait de s'en donner les moyens ? Probablement. Serait-ce plus facile en s'y prenant à plusieurs pays européens ? Certainement. Je m'attends à ce qu'Emmanuel Macron agisse dans ce sens. Reste à voir avec quel degré de détermination - je suis d'un naturel optimiste, mais il reste à voir sur pièces.
  4. Ce serait possible oui, mais beaucoup moins discret. D'une part moins de pays ont des sous-marins que des chasseurs bombardiers, d'autre part une torpille "signe" bien plus clairement une action de guerre que des débris de bombe il me semble : il y a moins de types de torpille que de type de bombe. Sinon, dans la série Plus on est de fous, plus on rit voici un article sur Algérie Patriotique... Les armées turque et égyptienne bientôt en Libye : l’ANP doit-elle intervenir ?
  5. C'est plutôt le parlement libyen, élu par les Libyens, qui siège à Tobrouk après avoir été chassé de Tripoli par des islamistes. Cela donne à l'Egypte la couverture politique pour une intervention militaire en Libye, puisqu'elle y est invitée par le gouvernement légitime, celui qui est issu du parlement. Par An-124, c'est vrai qu'à peu près tout est déployable... même un 38 tonnes, et encore on peut sans doute en mettre deux à la fois dans le ventre de la bête Cela dit, les Ukrainiens accepteraient-ils de risquer des appareils de ce type en pleine zone de guerre, au bénéfice d'un pays soit dit en passant incapable de protéger ses déploiements contre les menaces aériennes ?
  6. Le HISAR, mais seule la version initiale HISAR-A à courte portée doit entrer en service cette année - ou est déjà en service. Elle ne servirait pas à grand chose contre des avions tirant des bombes guidées laser à 10-15 km, sans parler de PGM-500 ou AASM à 50 km et plus. Quant aux S-400, outre le fait qu'ils ne sont pas une panacée, surtout s'ils ne sont pas intégrés dans un système complet, comme déjà dit par plusieurs, ce genre de bête ne doit pas être transportable par avion, à vue de nez. Il faudrait donc que le Cirkin ou un autre cargo reprenne du service. Avec accompagnement de deux ou trois frégates oui - on n'est jamais trop prudent s'agissant de "matériel médical" - mais enfin la traversée resterait dangereuse. A supposer - simple hypothèse - que l'Egypte / les Emirats / la France d'une part refuse l'installation du S-400 à Al Watiya, d'autre part ne souhaite pas tenter le diable en testant Mirage 2000 ou Rafale contre S-400, sans compter la volonté de ne pas peiner la Russie alliée sur ce coup au cas où le S-400 serait vaincu... qui peut garantir que le Cirkin parviendrait à bon port ? Difficile de tirer sur un navire en mouvement sur coordonnées GPS bien sûr, mais une version de l'AASM est capable de tirer sur cible mobile avec désignation laser et surtout rien n'empêcherait de cibler un navire qui vient juste de se mettre à quai à Misrata - il suffit d'avoir des renseignements précis et à jour et l'observation spatiale militaire le permet. Je suppose que la Turquie avait déjà quelques autres systèmes Hawk sur place, qui ont simplement été déplacés à Al Watiya.
  7. La combustion spontanée des journalistes, un sujet brûlant ! Au milieu de la mêlée, calme comme dans l’œil du cyclone, on trouvera les fanboys du F-35. Si le Rafale a détruit le S-400, ils se gausseront de ce système sol-air vaincu par un appareil... "de quatrième génération" ! Et si c'est le S-400 qui a abattu le Rafale, ils en concluront que le F-35 est encore plus indispensable qu'ils ne le pensaient... qui pourrait vaincre ce S-400, sinon un appareil "de cinquième génération" ? Ils en défendront d'autant plus facilement la poursuite de la résolution des problèmes de jeunesse du F-35 au-delà de 2030 Si. Dans ton profil, un type qui se moque... Il n'y a pas de preuve et il n'y en aura pas. Mon avis, c'est qu'on ne saura jamais avec certitude qui a bombardé Al Watiya... on pourra spéculer, jauger les probabilités, mais sans certitude. Un jour peut-être, un vieux pilote se vantera d'avoir participé à ce raid dans sa jeunesse. Les détails colleront, et il suffira alors de voir si ce pilote est émirien, français ou égyptien. Mais d'ici là... The Truth is out there Cela dit, je ne vois pas pourquoi un raid de deux Rafale partant en pleine nuit de Solenzara serait forcément repéré. Y a t il vraiment d'honorables correspondants notant tous les faits et gestes des avions de cette base et vérifiant à la JVN si aucune charge externe ne manque quand un avion revient ? Et naturellement une autre base pourrait être utilisée, pour peu qu'un ravitaillement en vol soit prévu. Ça ne prouve rien bien entendu ! Mais l'ambiguïté existe, dans les deux sens, pour chacun de ces trois pays Emirats Egypte et France. Je ne suis pas sûr que les Turcs sachent qui les a frappés à Al Watiya. S'ils parviennent à identifier des débris de PGM-500, alors l'attaque était émirienne. Mais s'ils identifient des débris de AASM, elle peut tout aussi bien être égyptienne que française ! Et si d'ailleurs ils n'avaient rien identifié du tout ? Ils ont forcément récupéré des débris oui, mais disposent-elles d'indices suffisants et de données suffisantes sur PGM-500 ou AASM pour mettre les débris en correspondance avec une arme de manière assurée ?
  8. Ça dépend. Il y avait de l'orage sur la Libye ce jour-là ? C'est que c'est fragile, ces petites machines Et encore Mirage 2000-9 + PGM 500 lequel a une portée de 50 km quand il est lancé depuis la haute altitude. Je dois compléter mon précédent message sur le sujet, les M 2000-9 émiratis ne disposent pas seulement de BGL type Paveway de portée 15 km, ils ont encore l'option PGM-500. Ce qui augmente la crédibilité de l'option EAU pour l'attaque sur Al Watiya il me semble. Simplement, pour frapper neuf points d'impact, il faudrait au moins 5 Mirage 2000-9 transportant chacun 2 PGM-500, tandis que 2 Rafale suffiraient à raison de jusqu'à 6 AASM chacun. Mais ce "simplement" là pèse assez lourd. Les Emirats avaient engagé six Mirage 2000 dans la coalition contre Kadhafi en 2011, et encore le même nombre contre Daech. S'ils ont réitéré dans le même format en Libye, comme certaines indications en existent... ils auraient du utiliser la quasi totalité de leurs chasseurs en Libye pour effectuer ce raid. Ce n'est pas impossible, bien sûr. Mais ce serait assez remarquable, un "raid massif" à leur échelle.
  9. Les missiles Hawk, en fonction de leur version, portent au mieux à 45 km tandis que leur radar peut au mieux détecter une cible de 1 m² à 80 km. - Contre des Mirage 2000-9 émiratis tirant des BGL de portée au mieux 15 km, les Hawk auraient au moins une chance - je n'ai pas dit une grande - Contre des Rafale tirant des AASM de portée 50-60 km... comment dire ... il est fort possible que les servants de Hawk n'aient même pas détecté les avions et "voient" les bombes arriver sans aucun préavis La meilleure estimation de la SER frontale du Rafale semblerait être de 0.06 m², avec une marge d’erreur de 0.02 m² maximum ===> Si ce sont des Égyptiens ou des Français qui ont tiré, les pilotes ne courraient qu'un risque extrêmement réduit
  10. On sait quand même une chose : cet homme a été vu sur les lieux. On peut en déduire quelque chose ? La même nouvelle en français - La Turquie met en garde contre un cessez-le-feu en Libye tant que Haftar ne se retirera pas Le ministre turc des affaires étrangères Mevlut Cavusoglu avertit qu'Ankara soutiendrait la reprise de l'offensive du GNA contre Syrte La condition pour signer un cessez-le-feu dans la guerre civile libyenne, qui est ouvert depuis 2011, est que l'Armée de libération nationale (LNA), commandée par le maréchal Khalifa Haftar, de se retirer de Syrte et d'Al-Jufra, deux enclaves géostratégiques actuellement sous son contrôle que la Turquie vise à conquérir avec l'aide de son partenaire dans le concours, le gouvernement d'unité nationale (GNA), dirigé par le Premier ministre Fayez Sarraj. C'est ce qu'a déclaré le ministre des affaires étrangères de la nation eurasienne, Mevlut Cavusoglu, dans une déclaration exclusive au Financial Times. (...) "Maintenant, c'est à l'autre partie d'accepter ces conditions préalables pour un cessez-le-feu durable", a déclaré M. Cavusoglu. "Il y a une détermination au sein de l'administration basée à Tripoli [le GNA] à reprendre son offensive contre les forces de Haftar si elles ne se retirent pas de Syrte" L'exigence est évidemment exorbitante, elle revient à demander à l'ALN de jeter ses armes et mettre les mains en l'air. Difficile de savoir ce qu'il y a derrière. S'agit-il d'une simple proclamation avant entrée en négociations, le gouvernement turc étant conscient que sans la base de Al Watiya pour rendre possible un soutien aérien, une offensive serait dangereuse voire promise à l'échec ? Ou s'agit-il d'un refus d'entrer en négociation, pendant que Ankara prépare une intensification de son engagement et une relance de la guerre ? L'avenir le dira. Il pourrait y avoir encore du travail pour les Mirage 2000-9 émiratis, les Rafale égyptiens et/ou les Rafale français.
  11. Je me rends compte que le mot "querelle" que j'ai utilisé est ambigu. Par grande querelle je n'entendais pas violence ni opposition entre peuples ni entre groupes, mais le fond du désaccord entre christianisme et islam : Jésus est-il Dieu rédempteur de l'humanité ou bien Mahomet est-il sceau des prophètes, l'intermédiaire entre homme et Dieu et parole authentique de Dieu est-il une personne le Christ ou un livre le Coran ? En somme, laquelle des deux religions dont chacune a prétention à l'universalisme retraduit-elle le mieux la volonté du Créateur ? Et oui je suis conscient que les juifs pensent qu'ils ont tous deux tort, que les bouddhistes ne posent pas du tout les questions en ces termes, pendant que les athées ne se sentent vraiment pas concernés, et j'oublie encore pas mal de monde. Mais ce qui rapproche le christianisme et l'islam c'est que ce sont les deux principales religions à vocation universelle et volonté prosélyte envers l'humanité entière, et avec beaucoup de références en commun encore. C'est une querelle de famille, en quelque sorte et celles-là sont parfois les pires. Sans compter qu'un homme sur deux est soit chrétien soit musulman - ce n'est pas exactement une petite question sans importance n'intéressant que deux ou trois gus... C'est cette querelle-là - au sens de grande affaire, question fondamentale - dont pas mal de gens ont pu penser dans l'Histoire qu'elle pouvait voire devait être résolue au moins en partie en subjuguant ceux d'en face. Dégager entièrement cette question premièrement de la violence, deuxièmement des loyautés de tribu et de nation - oeuvre malheureusement pas encore achevée partout, il s'en faut de beaucoup à certains endroits hélas - mène à la recentrer sur les terrains intellectuel et surtout spirituel, les seuls qui vaillent. Elle ne mène cependant pas à la disparition de cette question, loin de là. L'extinction de la querelle signifierait que l'une des communautés religieuses aurait entièrement absorbée l'autre, au sens où par exemple les chrétiens ont fini par absorber entièrement les adorateurs de Jupiter, Apollon et des autres dieux romains. Et il est d'ailleurs tout à fait possible que cela n'arrive jamais. Tout à fait d'accord. La Turquie n'est pas que Erdogan. Et un pays ne se réduit pas à une mauvaise passe qu'il traverse - même si celle-ci dure assez longtemps.
  12. A mon avis, tout est de la faute de @Niafron S'il m'avait demandé mon bô panneau spécial pour ces cas-là, je le lui aurais donné bien volontiers !
  13. Je dirais même la minute « J'explique dans la Métropole impériale les moeurs de l'étrange et contestable peuplade gauloise » / « J'enseigne aux peuplades anglo-saxonnes semi barbares les bienfaits de la civilisation française » ... suivant le point de vue Et oui, j'ai bien écrit semi. Et je le maintiens : la bienveillance et la politesse c'est important
  14. J'ajouterais : La semaine d'avant, les croisés occidentaux ont pillé Constantinople En effet, ça n'est pas la même chose. Personnellement, j'ai été frappé de la concordance entre la chute de Constantinople en 1453 et celle de Grenade en 1492. Deux villes essentielles et symboliques étaient tombées aux mains de l' "autre" religieux, la religion universaliste concurrente. En somme et trivialement "Un partout la balle au centre". Et au-delà des destructions de guerres achevées depuis des siècles, il reste une douleur sourde du fait de l'importance historique et symbolique de l'Andalousie musulmane comme - encore davantage sans doute - de l'Empire byzantin. J'ai eu la chance de visiter à la fois Sainte-Sophie et la mosquée-cathédrale de Cordoue. Seule une petite partie des fresques de la première étaient découvertes, et leur splendeur sautait aux yeux, peu importe les grands panneaux noirs reprenant la profession de foi musulmane installés dans l'édifice. La mosquée de Cordoue aussi est exceptionnelle, tandis que la cathédrale qui a été construite à l'intérieur sans être laide est assez ordinaire. Une visiteuse musulmane s'adressait à son guide en se scandalisant que les chrétiens aient retiré cette mosquée à l'usage des musulmans - celui-ci lui a rappelé gentiment mais fermement que la situation à Constantinople est exactement parallèle. Mais cette douleur n'est pas forcément une mauvaise chose, à mon sens. Elle est signe et rappel que la grande querelle entre christianisme et islam ne sera pas éteinte ni résolue ni par des djihads ni par des croisades. La violence est vaine, c'est comme si le Ciel lui-même avait voulu le rappeler. Je pense que la plupart des chrétiens et des musulmans le savent. Il est certes dommage que Erdogan semble l'avoir l'oublié. Ce n'est pas tellement en soi le fait que le culte musulman soit célébré à Sainte-Sophie qui est dommageable - n'oublions pas que la messe est célébrée chaque dimanche dans la mosquée-cathédrale de Cordoue... - c'est le fait que le statut de l'un de ces très anciens et très vénérables monuments soit changé, et dans un sens affirmant la suprématie de tel groupe sur tel autre. Et encore que des fresques soient recouvertes - à Cordoue, le mirhab est intact et les inscriptions de la profession de foi musulmane n'ont pas été effacées. Je trouve cette déclaration utile. Ça enlève au moins un suspect de la liste des responsables potentiels de l'attaque aérienne sur Al Watiya Quoique... attendez... ah non de toutes façons ça ne pouvait pas être les Britanniques. Ils n'en ont pas les moyens
  15. Juste, merci d'avoir vérifié ! Il y a bien 100 ou 150 km de différence. Cela dit ça ne change pas grand chose je pense. Il semble bien que Syrte commande une partie importante des ressources pétrolières libyennes.
  16. Intéressant billet sur la Libye du site Geopragma "pôle français de géographie réaliste" - La Possibilité d’une Libye Géographie, histoire, pétrole... Je reproduis leur conclusion Indépendamment d’autres considérations géopolitiques ou économiques qui, bien que fondamentales, ne sont pas l’objet du présent billet, les données géographiques, historiques et géologiques rappelées ci-dessus conduisent à deux constats principaux : – l’unité du pays est à la fois artificielle, récente et fragile. Elle sera donc difficile à préserver. A l’inverse, une partition de la Libye, qui répondrait à une logique historique et sociologique certaine, se heurterait à un inconvénient de taille : l’inégalité d’accès aux ressources pétrolières ; – indépendamment de l’Egypte voisine, durant l’Antiquité pharaonique puis romaine, plusieurs pays qui interviennent dans le conflit actuel ont des liens historiques avec la Lybie : la Turquie du 16ème siècle au début du 20ème, l’Italie au 12ème siècle mais surtout au 20ème, la France au 20ème siècle. L’histoire du pays montre que celui-ci a rarement été à même de décider seul son destin et il est peu probable que les mois prochains modifient ce constat. (...) En toute hypothèse il conviendra de prendre en compte une problématique à laquelle l’histoire de l’actuelle Libye peut aussi apporter quelques éclairages. La Cyrénaïque et la Tripolitaine ont de tout temps joué un rôle fondamental dans les échanges Est/Ouest entre le Maghreb et le Machrek, mais aussi dans les échanges Sud/Nord entre l’Afrique centrale et le monde méditerranéen. Or ces échanges n’ont pas toujours été amicaux et la Libye porte – par exemple avec les fermes fortifiées et les étranges mausolées de Ghirza – la trace du limes que les Romains ont, comme en « Germanie », édifié pour se protéger contre les incursions de ceux qu’on appelait alors « barbares » et qu’on appellerait aujourd’hui « terroristes ». L’avenir de la Libye ne concerne pas que la Cyrénaïque et la Tripolitaine, n’oublions pas le Fezzan, dont les superbes paysages abritent depuis longtemps des centres d’entraînement au maniement d’armes et d’engins de terreur variés. Ainsi que cette carte qui expose clairement l'enjeu de Syrte et le problème fondamental de la zone contrôlée par le GNA autour de Tripoli - en l'état, elle n'est pas économiquement viable
  17. Quand y a d'la gêne, y a pas d'plaisir ! Je ne sais pas comment ça se dit en turc... mais Erdogan, lui, il sait. Le temps jouerait contre nous ? Est-ce si sûr ? Si c'était la Turquie agissant avec le plus gros de ses moyens contre la seule France ne s'en occupant qu'assez distraitement, peut-être. Mais la Turquie a multiplié le nombre de ses adversaires en Libye, elle est par ailleurs engagée à plusieurs endroits Syrie et en interne contre le PKK, tandis que le LNA reste solide dans l'est et le centre de la Libye. Aujourd’hui la question est de savoir si la Turquie parviendra à consolider l'aire d'influence du GNA en y incluant Syrte et les gisements de pétrole de la Libye centrale. Sa capacité à apporter le soutien aérien nécessaire dépend d'un déploiement de son armée de l'air sur la base de Al Watiya qui est remis en question au moins temporairement par la destruction de la défense aérienne de cette base le 5 juillet. Confrontée au LNA qui s'appuie sur quatre pays Russie Emirat Egypte et France, lesquels ne sont pas tout à fait dénués de moyens, il n'est pas du tout certain que la Turquie parvienne à conquérir Syrte et Al Djoufrah. Ceci alors même qu'elle consent un effort important, tandis que - la Russie n'y verse que des mercenaires et quelques avions de surplus, à peu près l'équivalent pour elle de lever le petit doigt - les Emirats des moyens assez significatifs mais leur économie le leur permet aisément, - l'Egypte n'est pas encore rentrée dans la danse et - la France se contente de partager quelques images satellites de l'ouest libyen, ou au pire d'envoyer deux Rafale en mission de trois heures dépenser une dizaine d'AASM Or, si le LNA reste cantonné au nord-ouest libyen, il contrôle la majorité de la population mais une minorité des ressources pétrolières et n'est pas viable en l'état. Et tant qu'il reste dans cette boîte, eh bien Tchad Niger et le reste du Sahel sont bien tranquilles merci pour eux - et pour Barkhane. Pendant ce temps, la Turquie continue à dépenser des ressources pour son déploiement en Libye, sans en tirer de bénéfice réel. A mon avis, la Turquie pourrait se fatiguer la première ... Une interprétation contestable, mais pas forcément si neuve, puisque c'est à la base l'antique quoniam nominor leo - car mon nom est Lion. D'autant plus contestable cela dit venant d'un pays... qui n'est pas un lion.
  18. D'accord sur le fond, et c'est utile à rappeler. Il s'agit d'affaires graves, pas d'un concours de longueur de (à compléter) Et le fait qu'un dirigeant étranger puisse défendre des intérêts opposés à ceux de la France n'est pas une surprise. Ni d'ailleurs que la France, défendant ses intérêts à elle, puisse agir contre ce dirigeant, ouvertement ou non. Pas d'accord sur Mini Sultan, que je continuerais pour ma part à utiliser à l'occasion. C'est que ce surnom décrit bien la critique fondamentale à adresser à un dirigeant qui a pour son pays un projet de puissance non seulement basé sur le souvenir d'un ancien empire, mais surtout irréaliste vu les moyens réels de son pays et les inimitiés que ses ambitions exagérées ne peuvent manquer de susciter, inimitiés qui se transforment progressivement en oppositions actives. Erdogan mérite le surnom de "Mini Sultan" pour la même raison qu'on aurait pu appeler Mussolini "Mini César" : trop ambitieux. Il est habile, intelligent et persévérant. Mais au service d'un projet sans mesure et sans sagesse.
  19. Très bien résumé ! Sinon, un entretien intéressant de Alexandre Del Valle avec la femme politique franco-syrienne Randa Kassis, avec une partie sur la situation libyenne Du chaos syrien au chaos libyen, entretien exclusif avec Randa Kassis (...) Randa Kassis : Le chaos libyen a certes des points communs avec le chaos syrien, et bien des porosités, même si les contextes sociologiques et ethno-religieux sont fort différents. Il est là aussi un secret pour personne que des légions d’islamistes syriens et de turkmènes venues de ce théâtre de guerre de l'ouest de la Syrie ont été récemment envoyées en Libye par milliers par le gouvernement d'Erdogan en appui aux combattants islamistes favorables au Frère musulman Fayez al Sarraj, appuyé par la Turquie et lui-même en guerre contre le laïque Haftar appuyé par le Parlement rival de Tobrouk et ses parrains extérieurs émiratis, russes, égyptiens et français. Alexandre del Valle : Que veut Erdogan? Rétablir son ancien empire ottoman? ou un irrédentisme turc néo-colonial? Il a déclaré, le 22 décembre 2019, à Gölcük: « On nous demande souvent ce que nous faisons exactement en Libye. Nous y sommes pour défendre nos descendants, nos frères anatoliens ». Selon vous, comment la Turquie gère-t-elle son "alliance" avec les Russes qui soutiennent le camp opposé? Les deux pays sont-ils plus d'accord en Syrie qu'en Libye ? Randa Kassis : Derrière l'idéologie, l'islamisme, les grands discours sur les "frères" de l'extérieur descendants de Turcs anatoliens, ou encore le "néo-ottomanisme", Erdogan demeure un dirigeant pragmatique et avide de puissance qui veut un accès à l'Afrique; or le début et meilleur accès à l'Afrique, d'un point de vue géographique, est l'immense Libye qui donne accès au Maghreb et à l'Afrique Subsaharienne comme aux côtes méditerranéennes. Erdogan cherche par ce nouveau point d'appui des bases pro-turques militaires, politiques et économiques, il veut pouvoir faire des deals commerciaux avec plusieurs pays africains via la Libye, et sa stratégie habile et ambitieuse consiste à imposer progressivement à la face du monde la Turquie comme une force internationale capable d'être dans plusieurs endroits à la fois. La Turquie d'Erdogan se prend-elle pour la Russie ou les Etats Unis? Il est clair pour moi qu'elle saisit dans ces trous noirs géostratégiques syrien et libyen des opportunités pour être présente au Proche Orient, dans le monde arabe et en Afrique. Mais il ne fut pas pour autant sous-estimer les agendas de politique intérieure, car cet expansionnisme turco-islamiste en Syrie, en Méditerranée (réserves immenses de gaz offshore grec ou arabe convoitées, question de Chypre, îles de Mer Égée, etc) et en Libye (accès à l'Afrique et au pétrole) est aussi, comme la "défense des Palestiniens", un important atout de leadership intérieur qui permet au président turc de regagner l'appui de son peuple face à des opposants qui ont récemment ravi à son parti (l'AKP) les municipalités d'Istanbul et d'Ankara. Comme partout ailleurs, en Russie, aux Etats Unis, ou même en France, la politique étrangère et parfois les guerres contre un ennemi externe permettent de gagner des suffrages à l'intérieur et d'affaiblir l'opposition. Erdogan veut donc à la fois imposer son pays comme une nouvelle puissance régionale incontournable et donc un acteur international, et renforcer par cette recherche de "'grandeur" internationale, un leadership à l'intérieur Alexandre del Valle : Mais cette stratégie expansionniste à l'extérieur a brouillé Ankara avec la plupart de ses voisins, n'est-ce pas un jeu périlleux? La Turquie ne risque-t-elle pas une guerre avec l'Égypte et la Grèce qui se rapprochent d'ailleurs depuis quelques mois? Randa Kassis : Un scénario de guerre entre la Turquie d'Erdogan et l'Egypte d'Al Sissi? Je n'y crois pas, car Le Caire ne fait pas le poids face à Ankara, et l’Égypte n'arrive même pas à stopper les barrages Ethiopiens qui réduisent les flux du Nil vers l'Egypte... L'armée égyptienne n'est pas très forte, et l'armée grecque ne fait pas non plus le poids face aux Turcs. Je ne crois même pas en une union militaire greco-égyptienne effective dans le cas où les deux pays s'uniraient contre Turquie. Les Grecs ont d'ailleurs trop peur que cette guerre puisse servir de prétexte pour que la Turquie s'empare d'îles grecques de la mer Égée. Erdogan joue-t-il un jeu intelligent? Je vous réponds oui. Oui, car il est incontestablement doué politiquement. Il fait preuve de persévérance stratégique. Sera-t-il pour autant vainqueur à la fin? Rien n'est moins sûr. Pour moi, l'erreur d'Ankara et surtout d'Erdogan est peut-être de vouloir jouer sur trop de tableaux à la fois et de se faire trop d'ennemis en même temps... Car en dehors des Grecs, plein de pays arabes sont aujourd'hui contre la Turquie et son expansionnisme. Quant à l'union russo-turque, elle reste très fragile. Certes, Russes et Turcs ont besoin l'un de l'autre, mais les désaccords profonds peuvent faire casser l'alliance à tout moment. Intelligent, pragmatique, allié aux islamistes pour un projet ambitieux dans la durée sur les traces de l'Empire ottoman... mais un projet peut-être trop ambitieux car conduisant à se faire de plus en plus d'ennemis. ===> Oui, c'est bien là Erdogan
  20. Tu suggères que quelqu'un sur ce fil est en train de répéter quelque chose qu'il a déjà exprimé il y a N pages ? (se retourne pour vérifier si il y a quelqu'un derrière lui) Je ne vois pas de qui tu veux parler... je ne comprends pas pourquoi tu me regardes ? Il y a plusieurs sites qui affichent cette information on dirait... Al-Eynde: deux avions militaires ont atterri dans la Turquie pleine de munitions en Libye Selon les informations publiées dans le journal Eyn Eyn, deux avions militaires transportant des munitions turques ont atterri à la base aérienne de Mitiga en Libye, la capitale de la Libye. Dans les nouvelles, il a été noté que les munitions, qui ont été abaissées à la base aérienne, ont ensuite été prises à l'ouest du quat. A voir la suite, effectivement ...
  21. Ça, plus sans doute d'avoir égayé les nuits libyennes de quelques feux d'artifice dans les petites heures du 5 juillet. Que ce soit les Emirats, l'Egypte ou la France qui ait frappé à Al Watiya, un soutien français au bombardement est plus que probable, ne serait-ce qu'avec du renseignement satellitaire. Même si les bombes étaient égyptiennes ou émiraties, l'illumination d'une certaine frégate un beau jour de juin a été un déclencheur. Oui mais... pas tant que ça en fait. L'UE n'était déjà pas dans cette circulation là, à la base Avec les lignes de front actuelles, le risque apparaît bien limité. Je remets l'utile carte publiée par La Croix En l'état actuel des choses, le GNA ne contrôle aucune partie de la Libye limitrophe de Niger ni Tchad. Ils ont une frontière avec l'Algérie et la Tunisie - qui sont bien capables de prendre soin d'elles-mêmes - et surtout une fenêtre sur la Méditerranée. Il ne reste qu'à souhaiter pour l'Italie que l'entente avec Turquie et GNA soutien politique contre pas de réfugiés en masse... tienne. Très possible, malheureusement.
  22. C'est vrai, c'est l'aspect "verre à moitié vide", et il ne faut pas l'oublier. Non plus que le risque d'un retour à une posture agressive un peu plus tard, comme souligné par @debonneguerre et observé déjà plusieurs fois en Syrie. Reste la différence bien notable avec la situation il y a seulement quelques jours. Quand quelqu'un reçoit une baffe et baisse immédiatement de deux ou trois tons, il paraît raisonnable de penser que c'est l'effet de la joue cuisante. Sauf bien sûr si c'est une énorme feinte avant tout à coup de lancer une attaque, non comme aujourd'hui contre du menu fretin quelques mercenaires de Wagner dont tout le monde se fiche, Moscou y compris. Mais contre un acteur important, comme les Emirats Arabes Unis par exemple sur la base de Al Khadim en Libye orientale, ou la Russie la base de Jufrah en Libye centrale. Sans parler d'une attaque contre l'Egypte voire contre la France. Mais je n'y crois pas. Erdogan mène une politique étrangère détestable, mais pas irrationnelle.
  23. Il semble y avoir un signe d'apaisement... ou pas ? C'est sujet à interprétation La Turquie appelle à un processus dirigé par l'ONU pour une trêve durable en Libye La Turquie a exhorté la communauté internationale à favoriser un cessez-le-feu durable en Libye par un processus politique dirigé par l'ONU, conformément aux conditions fixées par le gouvernement d'accord national (GNA), reconnu au niveau international, qui exige le retrait des forces du général Khalifa Haftar des villes qu'il a prises, y compris Syrte. "Par la suite, nous devons accélérer le processus politique sous le toit des Nations unies, mais il y a, bien sûr, certaines préoccupations et conditions imposées par le gouvernement légitime pour un cessez-le-feu permanent. Ces conditions doivent être remplies afin que le cessez-le-feu ne soit plus violé", a déclaré le ministre des affaires étrangères Mevlüt Çavuşoğlu aux journalistes à Londres après ses entretiens avec le premier ministre Boris Johnson et le ministre des affaires étrangères Dominic Raab fin juillet. Çavuşoğlu a effectué un voyage d'une journée à Londres pour discuter des relations bilatérales ainsi que des questions régionales et internationales avec ses interlocuteurs britanniques. Le ministre turc des affaires étrangères a souligné que la Turquie pense que la seule solution en Libye est une solution politique et qu'elle est en accord avec le Royaume-Uni à cette fin. "Il n'y a pas de différence d'opinion entre la Turquie et le Royaume-Uni sur l'unité politique et l'intégrité territoriale de la Libye", a-t-il déclaré. La Grande-Bretagne, l'Allemagne et la France ont appelé à un cessez-le-feu en Libye dans une déclaration écrite commune la semaine dernière, alors que d'autres pays et les Nations unies demandent instamment que le conflit armé cesse avant que les choses n'empirent dans ce pays d'Afrique du Nord. On pourrait dire que la condition préalable citée par Çavuşoğlu "retrait des forces du général Khalifa Haftar des villes qu'il a prises, y compris Syrte" met un doute sur la position turque. Mais je ne crois pas que ce soit une réserve très importante : ils n'allaient pas de toutes façons pas accepter dès maintenant que le LNA conserve Syrte ce serait complètement contre-productif pour eux. Je suis plus sur une interprétation optimiste. Le principal c'est que les appels à un cessez-le-feu en Libye sont maintenant rejoints par la Turquie, qui affirme que la seule solution est "politique". Ce qui n'était pas vraiment le discours de la semaine dernière... quand il s'agissait de bouter les terroristes de Haftar hors de Syrte de Koufra. A mon sens, le message a été reçu fort et clair. Erdogan reste un acteur rationnel. Quelle différence quelques BGL ou SCALP tirés de Mirage 2000, ou plus probablement AASM tirés de Rafale, ont pu faire ...
  24. Perdu ! J'ai rien à voir avec tout ça, moi ! Comme Khalifa, Emmanuel et Vladimir, quoi...
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