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Alexis

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Tout ce qui a été posté par Alexis

  1. Il n'est pas dans le pouvoir de la France, ni d'aucun autre parmi les 27, de forcer le Royaume-Uni à sortir de l'UE sans accord. Quoi qu'il en soit, et jusqu'au dernier jour, Londres a toujours deux moyens pour éviter la sortie sans accord : - Westminster qui approuve l'accord de sortie - Downing Street qui révoque le Brexit Il ne peut y avoir sortie sans accord que si les autorités britanniques le décident. Simplement, dans certains cas, une absence de décision... est déjà une décision. Les parlementaires britanniques ne semblent pas l'avoir tous compris, pour faire une litote... Une décision "bienveillante mais pas ridicule à force de faiblesse" pourrait être de leur accorder un dernier répit de grâce pour approuver l'accord, de quelques semaines, sans prévoir de future réunion du Conseil européen pour le cas où ils ne le feraient pas. Ceci afin qu'ils comprennent bien qu'ils n'ont que deux options, approuver l'accord éventuellement avec une déclaration politique modifiée, ou sortie sans accord. Parfois, la bienveillance suppose une certaine fermeté. L'issue consistant à accepter seulement un délai court, en tout cas pas après le 30 juin, n'a rien de déraisonnable. Les propagandes britannique et du gouvernement allemand ont tout intérêt à présenter les choses autrement, bien sûr. Et ne s'en privent pas. Mais ce ne sont que des propagandes, justement. Et quel est le coût pour ces alliés importants à braquer la France ?
  2. On a une proposition officielle de Donald Tusk - et non une proposition franco-allemande - sous forme de lettre aux membres du Conseil européen en faveur d'une longue extension. Il affirme au passage que l'accord de sortie n'a que très peu de chance d'être adopté par le parlement britannique d'ici la fin juin. La manœuvre est coordonnée, enveloppante, et appuyée par quelques "grandes orgues". Soit Emmanuel Macron la bloque, soit il se transforme en fétu de paille emporté par les vents de la politique européenne des voisins.
  3. Refuser la position allemande de reporter le Brexit jusqu'à "début 2020" ne serait pas davantage inamical envers l'Allemagne que le refus de Berlin de la position française sur le Brexit n'est inamical envers la France. Un désaccord, une opposition, n'empêchent pas l'amitié. Quant à leur résolution, elle peut se faire soit par le compromis, soit par l'un des partenaires s'alignant sur la position de l'autre. Pas nécessairement toujours le même. Absolument. J'ajouterai qu'une amitié n'a pas à être exclusive. Ce serait même malsain. Parmi nos voisins les plus proches et les plus grands, nous ne cultivons certainement pas assez l'amitié avec l'Italie, et peut-être assez celle avec le Royaume-Uni. Que leur sortie de l'UE n'empêche et n'empêchera en rien.
  4. Effectivement, mais il s'agissait alors de 24 sièges sur 73. Il est imaginable que les Britanniques aillent au-delà cette fois-ci, étant donné que les pro-Brexit semblent assez remontés. Et surtout, les listes eurosceptiques se sont multipliées et renforcées dans beaucoup de pays de l'UE. Il y a peut-être un risque qu'une UKIP forte fasse passer un seuil de "masse critique" à l'ensemble eurosceptique ? Il faudrait vérifier précisément pour le savoir, je n'ai pas les informations. Quoi qu'il en soit, même si le risque est en fait limité, c'est certainement le meilleur angle d'attaque pour les conservateurs qui refusent qu'on reporte le Brexit aux calendes. Et aussi pour attirer l'attention d'un certain Emmanuel Macron.
  5. Et bientôt... Theresa et Annegret ? Madame "Zyva Manu file ton siège à l'ONU et ton parlement de Strasbourg, en échange on refuse toutes tes propositions de réforme de l'UE" ? Oh comme je le sens bien le "couple" franco-allemand ! Sinon, à y réfléchir je me demande s'il ne faudrait pas lire ce que j'ai à première vue compris comme une promesse de May à Merkel "la Grande-Bretagne exercera tous ses droits et obligations dans l'UE tant qu'elle en sera membre" comme en réalité une exigence que les droits du RU ne soient en rien réduits en restant au-delà du 30 juin c'est-à-dire dans la période du prochain parlement européen et de l'élection de la prochaine commission ? Pendant ce temps à Londres... ce n'est plus un Brexiteur fou qui promet la colère d'Albion si son pays est encore dans l'UE au-delà du 30 juin, mais un partisan conservateur du Brexit généralement considéré comme modéré qui avait par exemple soutenu l'accord de retrait lors des deux derniers votes Ma première impression à lire les réactions un peu faibles de certaines sources françaises du genre "wo un an c'est un peu long quand même" était que soit il s'agissait de rumeurs, soit Macron se préparait à baisser culotte se rendre aux raisons de l'Allemagne. Je me demande si la partie n'est pas plus fine, et s'il ne s'agit pas en faisant mine de ne pas être contre une extension longue "à telle condition humiliante, et puis celle-là encore, et tiens encore ça" de provoquer une réaction d'orgueil de Londres (entièrement compréhensible au demeurant) les refusant... donc justifiant la position de Macron sur le mode "Vous voyez on essaie vraiment de trouver des solutions mais ils ne veulent pas". A voir. Une chose est sûre, c'est mieux que n'importe quelle série sur Canal, Netflix, Amazon et les autres !
  6. Après avoir déjeuné avec Theresa May ce midi à Berlin, Angela Merkel prend position Par ailleurs, Theresa May aurait "promis" à la Chancelière que "la Grande-Bretagne exercera tous ses droits et obligations dans l'UE tant qu'elle en sera membre". Comment dit-on en anglais "croix de bois, croix de fer"... Dans le même temps - même lien - une personne travaillant avec Emmanuel Macron aurait déclaré "Un an serait trop long pour nous" C'est demain soir que les positions vont s'affronter... Une chose est sûre : si Macron laisse passer une chose pareille, il perd toute crédibilité en Europe. Et il peut ranger au vestiaire toutes ses propositions de réforme de l'UE, plus besoin de se fatiguer.
  7. A titre documentaire (*) voici l'allocution de Mark Francois le représentant des conservateurs brextrémistes, adressée au Conseil européen à la veille de sa réunion du 10 avril. Il s'agit de le convaincre de refuser le report du Brexit. (*) Ok, ok... c'est aussi pour sa valeur comique Allez, un petit accompagnement de circonstance par Louis Armstrong "Let my people go!" Bon, j'avoue, je ne voyais pas Moïse comme ça : On en apprend tous les jours
  8. Le premier ministre l'assure, les infrastructures permettant de faire face aux problèmes logistiques dantesques menus engorgements résultant d'un Brexit sans accord aucun c'est pour très bientôt. D'ailleurs les plans sont déjà prêts, alors vous imaginez ! Le président de la région Hauts-de-France en conclut tout naturellement que "100% de fluidité le premier jour" sera garanti en tout état de cause. Cet exemple devrait achever de convaincre tout Français craignant que notre pays n'ait rien à mettre en face des pires clowns de la classe politique britannique. Non, nous n'avons rien à envier aux sujets d'Elizabeth II, soyons fiers ! Ce n'est pas une remplaçante... mais une doublure Elle s'appelle Brigitte Je sais, tu penses à cette dame Mais ce ne serait peut-être pas elle qui serait élue. Qui sait ?
  9. C'est clair. Et c'est avant tout pour cela qu'il échouera à obtenir le genre de réforme de l'UE qu'il a proposé : elle ne serait pas dans l'intérêt de l'Allemagne. On va voir... la question se ramène à Macron a t il vraiment la volonté de faire pression sur Berlin, ou est-il essentiellement en toc, prêt à se coucher et suivre dès que l'Allemagne hausse le ton, comme au hasard son prédécesseur, et pas mal d'autres encore ? La raison pour laquelle je pense qu'il pourrait être différent, c'est qu'il me semble conscient d'être dans une situation où il doit presser très fort pour espérer faire bouger les lignes et avoir très peu de temps pour le faire. En essayant de se mettre à sa place, forcer une position "dure" (*) du Conseil européen envers le Royaume-Uni y compris après un bras de fer contre Berlin - qu'il gagnera, pour peu qu'il le veuille - aurait un gros avantage tactique, celui de faire comprendre au pouvoir allemand qu'il est prêt à décider, voire le cas échéant à couper. Car la vérité est que seul un dirigeant français prêt à se retirer du jeu et à changer l'orientation pro-européenne de la France aurait une chance de faire bouger l'Allemagne, et les convictions pro-européennes de Macron sont de ce point de vue un handicap : Berlin peut très bien calculer que le président français ne fera "jamais" quelque chose de vraiment dur contre lui et que la tactique de l'édredon suffit amplement pour le maîtriser. C'est d'ailleurs déjà ce qui se passe, et j'imagine très mal que Macron ne l'ait pas remarqué. (*) Bon pas tant que ça en fait hein... ce n'est pas comme si le parlement britannique ne se payait pas collectivement la tête des Continentaux
  10. Quelque chose d'analogue est avancé par Buzzfeed : Emmanuel Macron refuse que le Brexit soit reporté au-delà de décembre 2019 au plus tard En fait - et pour être plus clair peut-être - je n'attaquais la sincérité ni du Guardian ni de Buzzfeed. Je pensais plutôt aux "sources" non précisées sur lesquelles ils se basent. A la veille d'un sommet crucial où des positions différentes devront d'une manière ou d'une autre s'accorder autour d'un consensus, et alors que les intérêts des différentes parties prenantes (les 27, car le RU n'a ici aucun pouvoir) sont différents, il y a toutes raisons de s'attendre à ce que tout un tas d'acteurs essayent de faire pression dans un sens ou un autre en utilisant les médias comme caisse de résonance. Ce que la diplomatie française avait dénoncé comme "un ballon d'essai maladroit" quand c'est Tusk qui s'y était mis avec sa proposition - du moins faite en son nom propre - d'un report de 12 mois "flexible". Là, s'agissant de gens qui ne s'avancent même pas, ne mettent même pas leur nom en jeu en rapportant telle ou telle chose ... la probabilité de tentatives de manipulation est quand même élevée. Nous parlons quand même de rien de moins que "European diplomats privately briefed on [Macron's] thinking", c'est-à-dire des diplomates européens non nommés à qui on (qui ?) a dit en confidence ce que Macron pense (et qu'il a entièrement livré, donc ?) Waouh, quelle fiabilité ! Ça ne veut pas dire qu'une partie des bruits de couloir divers et variés ne sont pas sincèrement rapportés. Peut-être y en a t il. Mais quand à savoir laquelle ? Et même dans ce cas, un bruit de couloir reste un bruit de couloir et rien de plus.
  11. Personnellement ce que j'espère est un dernier "délai de grâce" court - deux à quatre semaines - pour approuver l'accord de retrait, ainsi que n'importe quelle "déclaration politique" que les deux tourtereaux May et Corbyn auront pu définir entre eux, sachant que l'UE s'alignera sur la déclaration "en quelques heures ou jours" comme l'a rappelé Barnier. Conditionné à cette approbation d'ici le 26 avril ou 10 mai, report au 30 juin pour laisser au parlement britannique le temps de passer la législation d'application de l'accord de retrait. Donc au final soit une sortie sans accord le 26 avril / 10 mai, soit une sortie ordonnée le 30 juin - à temps pour ne pas interférer sur le prochain parlement de l'UE. Le point crucial étant bien sûr de ne prévoir aucune réunion du Conseil européen d'ici la limite pour l'approbation de l'accord de retrait, afin de manifester clairement que les deux choix restants sont d'approuver l'accord de retrait ou de sortir sans accord - ce qui n'a pas été fait jusqu'ici, il avait seulement été demandé au RU de revenir le 10 avril devant le Conseil pour fournir une décision claire et crédible sur la suite. Alors, Westminster se trouvant devant ces deux choix-là et eux seulement arriverait peut-être (?) à se concentrer sur la décision à prendre plutôt que de faire du n'importe quoi. Et s'ils n'y arrivent pas, il n'y aurait vraiment plus aucun scrupule à avoir à les laisser sortir sans accord comme ils l'auraient choisi. Bon, cela dit, je ne pense pas que mon avis intéresse beaucoup Emmanuel Macron ...
  12. Certes. Mais c'est le titre, pas une information Ça fait partie de la catégorie "J'espère oh j'espère que les partisans du report long l'emporteront", probablement avec arrière-pensée "Comme ça on pourra enfin organiser ce second référendum avec questions 'bien choisies' pour annuler le Brexit". Dans l'idiome local, du wishful thinking.
  13. De ce que j'ai compris il y a France, Espagne et Belgique. L'Allemagne et l'Irlande sont favorables à un long report quelles que soient les circonstances. Les Pays-Bas semblent être sur une position intermédiaire. Les autres, ce n'est pas clair. De toute façon, avec ces pays-là on a à peu près fait le tour des plus concernés par le Brexit. Il est assez difficile d'imaginer Roumanie, Finlande, Grèce ou Malte prendre une position forte sauf à rejoindre l'une des deux tendances qui s'esquissent déjà. Edit : On cite aussi l'Autriche, la Slovénie et la Grèce parmi les pays sceptiques vis à vis d'un long report. De fait. Et encore plus si elle avait eu dans ses bagages une décision positive du parlement britannique, même sur un point partiel ou même une simple déclaration du genre "May et Corbyn sont missionnés pour définir la manière d'avancer et la présenter au parlement d'ici le XX avril" Même ça, Westminster n'y arrive pas. Ils en sont resté à voter sur la longueur du report à demander au Conseil européen ... ils sont tout sauf rendus, et en fait donnent franchement l'impression de se payer la tête des Continentaux.
  14. Il serait difficile, quoique pas impossible, à un seul pays isolé de mettre un veto à toute prolongation, parce que le coût politique serait lourd à supporter par un seul pays qui se serait opposé aux 26 autres acceptant un report. Mais la situation n'est pas "un pays contre tous". Il existe un groupe de pays qui veut résoudre rapidement le Brexit et ne pas se laisser arrêter par la perspective d'une sortie de la Grande-Bretagne sans accord. Et ce ne sont pas les eurosceptiques qui voudraient aider les pro-Brexit. S'il y a convergence - paradoxale - d'intérêts, c'est plutôt entre les plus pro-européistes des Continentaux et les plus pro-Brexit des Britanniques, parce que les uns et les autres ont intérêt aux décisions claires.
  15. Le ministre allemand de l'UE Michael Roth au sujet du Brexit ce matin Selon la ministre française de l'UE Amélie de Montchalin Le problème, c'est qu'alors que la diplomatie française - du président à la ministre de l'UE et celle qui précédait en passant par le ministre des affaires étrangères - presse pour une résolution rapide - bref tout sauf un long report - l'Allemagne semble presser pour le long report. Il est possible que pour arriver à un accord des 27 demain mercredi Macron se laisse fléchir dans la direction d'un dernier report "délai de grâce". Mais est-il le moins du monde vraisemblable qu'il "laisse passer" un délai long, qui pour lui - notamment son objectif prioritaire de réforme de l'UE - serait proprement catastrophique ? Si l'Allemagne dit "long délai ou sortie sans accord" pendant que la France dit "sortie sans accord ou à la rigueur délai court"... alors la seule manière de les mettre d'accord sera de choisir la sortie sans accord ! Je ne crois pas vraiment à ce scénario, même s'il n'est pas exclu. Après tout même l'ambassadeur français à l'UE parlait d'un report de deux semaines "pour laisser le temps aux marchés de se préparer" donc une sortie brutale ce vendredi ne semble pas dans les cartons. Mais je n'imagine pas un instant Macron laisser passer le délai long d'un an proposé par Tusk... ce sera à mon sens le délai court destiné à maintenir, et peut-être augmenter la pression sur le parlement britannique pour qu'il se sorte les doigts prenne enfin une décision. Un délai mesuré en semaines j'imagine. D'accord là-dessus... ... mais là non, parce qu'une sortie avec l'accord de retrait, même si évidemment plus favorable du point de vue économique, n'est pas favorable du point de vue "maintien de l'orthodoxie". Un état final des relations RU-UE qui serait un accord douanier ou même un accord type Norvège enlèverait de toute façon à Londres son poids dans les institutions européennes, et le camp le plus libéral y perdra son champion le plus décidé. "Tout" ? Non je ne crois pas. Beaucoup, oui, mais ce n'est pas l'intérêt de Macron que le Brexit traîne encore des mois, et surtout surtout pas des années. Sinon il peut tout à fait abandonner ses plans de réforme de l'UE dans un sens plus fédéraliste, et alors il n'a plus aucune illusion à se faire : il sera un président raté. Le genre de président qui n'est pas réélu, qui ne se représente peut-être même pas comme François Hollande. Sauf que le prochain pourrait fort bien être très différent, si les Français décident que sa tentative de faire de l'UE quelque chose de plus acceptable, ayant échoué, n'a pas vocation à être renouvelée, et qu'il s'agit plutôt de faire un sort à l'ensemble, d'une manière ou d'une autre. Ce risque motive Macron, qui est conscient d'être "un fusil à un coup". Inimaginable qu'il laisse le Brexit le pousser à l'échec.
  16. C'est assez compréhensible : les partisans d'Abdullah Gülen doivent être écartés afin de protéger le pouvoir contre toute nouvelle tentative de coup d'Etat. Oups, pardon, ça devait aller dans le fil Turquie... mille excuses !
  17. En tout cas, le gouvernement britannique a émis aujourd'hui le décret d'organisation des élections européennes, qui auront lieu au Royaume-Uni le 23 mai. Ce n'est pas l'intention de Theresa May d'organiser ces élections, mais enfin si le parlement continue à bloquer l'accord de retrait (on parie ?) et si une prolongation suffisamment longue du Brexit a été décidée le 12 avril (?) le Royaume-Uni participera bien aux élections européennes. Si c'était possible, ce pourrait être une "solution d'attente" acceptable. Le problème c'est que les difficultés légales me semblent lourdes et peut-être insurmontables : l'accord en question ne devrait-il pas être ratifié par les parlements des 27 (délais peut-être importants) ? Et surtout par le parlement britannique (ils n'arrivent guère à voter "oui" qu'à une demande de délai... )
  18. Pas tout à fait d'accord. Aucun pays isolé ne devrait prendre ce risque c'est vrai. Ce n'est pas tout à fait impossible, mais c'est nettement improbable. C'est d'ailleurs ce que semblait dire Varadkar il y a deux jours, un tel pays « ne serait pas pardonné » Seulement voilà, la situation n'est pas 26 pays d'accord pour un report aux calendes à plus tard et un seul qui s'oppose. C'est un groupe de pays qui envisage très sérieusement de mettre un point final très rapidement au processus, le 12 avril ou bien dans la dernière version de la diplomatie française après un dernier report de deux semaines « pour que les marchés se préparent » La décision du Conseil mercredi sera de toute façon un consensus. C'est obligé, même si les discussions à huis clos se poursuivent fort tard dans la nuit et sont tout sauf sereines. Entre la version de Paris d'un délai de 2 semaines et celle de la fin juin que semble porter Berlin, difficile de dire à l'avance où se situera le curseur. La dernière fois, c'était beaucoup plus proche de la version initiale de la France. Alors... 3 semaines ?
  19. Éclairant et judicieux, en effet. Pour mettre à jour la situation depuis la fin 2017 lorsque cet article fut écrit, le Gouvernement britannique a bel et bien "avalé les couleuvres, et maintenant", avec comme résultat l'accord de retrait. Douloureux pour eux, mais ils l'ont fait. Le problème est que le Parlement lui n'a pas trouvé le moyen de faire le même chemin : - La petite partie des députés conservateurs ainsi que la totalité des députés DUP continuent de refuser mordicus les compromis négociés - soit seulement une trentaine au total, mais ils empêchent May d'avoir la majorité en comptant uniquement sur son camp - Les députés travaillistes quant à eux sont déchirés entre le gros groupe dans leur rang qui en est encore à vouloir tout annuler avec un référendum aux questions "spécialement choisies" pour quasiment garantir un refus, et la partie qui pourrait accepter un Brexit - mais veut faire payer le prix fort aux conservateurs, union douanière au moins, nouvelles élections et le pouvoir de préférence Tous ces Messieurs et Dames discutant sans fin, dans un monde en grande partie auto-référent et qui n'a que des accointances lointaines avec la réalité, semblent oublier qu'en face leurs partenaires sont 27 gouvernements différents qui commencent à s'irriter sérieusement de leur spectacle, dont certains (au moins France, Espagne, Belgique) très sérieusement.
  20. Brexit - un message du Soleil ! C'était ce matin sur le pont de Westminster : Si, si, à travers le parapet, l'astre du jour essaie de nous dire quelque chose...
  21. Pas pire que l'Arabie ? Oh là tu mets la barre bien haut dis donc ! Plus sérieusement, sur une échelle où l'EI était à 100, je dirais : - La Turquie est à 5 ou 10 - L'Arabie saoudite est à 90 C'est pas le même régime, en effet. Sans compter comme tu le dis que c'est un pays sérieux, qui ne se réduit pas à une réserve de pétrole, une alliance avec les Etats-Unis et une doctrine extrémiste. Oui c'est le peuple, c'est-à-dire les 50 millions à peu près de Français qui ont le droit de vote, ou qui pourraient l'avoir s'ils s'inscrivaient sur les listes électorales, qui choisit parmi une offre politique pléthorique et fort variée - les onze candidats à la présidentielle de 2017 n'étaient pas précisément des clones ! - qui dirigera le pays pendant cinq ans, et lui donne ensuite un parlement sur mesure pour qu'il puisse gouverner. On a parfaitement le droit d'être mécontent du résultat. La bonne réaction doit alors être de préparer 2022. Je trouve très utile que les GJ aient mis en avant le RIC, car cette mesure salutaire aura d'autant plus de chance d'être reprise par des candidats supplémentaires à la prochaine présidentielle, et l'un d'entre eux d'être élu. Mais je n'ai jamais eu aucune illusion sur la chance que LREM ou un autre parti type LR ou PS accepte d'instaurer un RIC. Ce n'est pas le genre de la maison, ni d'aucun autre parti pro-UE... beaucoup trop risqué ! Il n'y a pas d'autre peuple que celui-là. Et oui, le peuple, c'est-à-dire nous tous, sommes très imparfaits. Deux choses tout de même : - Un peuple peut facilement se tromper. Il peut tout aussi bien apprendre de ses erreurs, corriger ou confirmer ses expériences en cas de besoin - A qui aurait encore l'illusion que nos bons maîtres les politiciens professionnels seraient meilleurs, je n'ai qu'un conseil à donner : qu'il regarde ce que la classe politique britannique est en train de faire du Brexit ! Et qu'il n'ait aucune illusion chauvine : la nôtre n'est pas meilleure
  22. Euh... je ne sais pas ce qu'est un "morceau de teste" (correcteur orthographique intempestif ?)
  23. Rees-Moog est un pro-Brexit extrême, du genre à n'avoir aucune crainte voire à désirer le Brexit sans accord aucun. Cela dit, même le plus pro-UE des dirigeants britanniques imaginables après une annulation du Brexit bloquerait systématiquement sans état d'âme toute velléité d'approfondissement fédéral de l'UE - du genre de celle que Macron propose depuis son élection et qu'il considère indispensable à la survie de l'UE dont il est partisan convaincu. Même le plus pro-UE des dirigeants britanniques envisageables ferait considérer par comparaison Margaret Thatcher comme une fédéraliste européenne fanatique. Ceci pour une raison assez simple : un RU qui aurait annulé le Brexit devrait avant tout "calmer" la révolte politique exacerbée de la moitié de la population qui a voté pour le Brexit et qui se le serait vu "voler" en violation brutale et ostentatoire de la démocratie. Londres serait dans ce scénario centrée sur cette priorité absolue de retrouver ou du moins de ne pas abîmer encore davantage son équilibre interne, et toute proposition d' "aller plus loin" dans un sens pro-UE serait combattue avec la dernière énergie. Développement intéressant, merci Cela dit, s'il ne s'agit que de définir l'hétérodoxie, il est possible de s'en tenir à une définition beaucoup plus basique et à mon sens plus éclairante : l'hétérodoxie (littéralement autre doctrine) c'est tout ce qui n'est pas l'orthodoxie (littéralement doctrine juste, ou présentée comme telle) S'agissant de cette orthodoxie en matière économique établie dans le traité de l'Union européenne (TUE 2008), l'hétérodoxie inclut : - Nationalisation d'entreprises, ou de secteurs d'activité - Limites à la privatisation liées à un domaine d'activité, ou à une notion comme le service public - Protection contre une concurrence non-européenne, voire protectionnisme affirmé - Politique monétaire expansive - Limites à la spéculation, voire son interdiction pure et simple - Contrôle au mouvement des capitaux etc. etc. etc. (ce ne sont que quelques exemples, la liste peut être allongée encore et encore, presque indéfiniment) Le TUE 2008 définit et impose aux Etats membre signataires une orthodoxie économique, c'est à dire l'application d'un corps de doctrine qui exclut TOUT sauf lui-même. La France est signataire du TUE, suite à l'approbation de l'Assemblée nationale en 2008, le peuple ayant pour sa part refusé en 2008. La renégociation pour modification du TUE est impossible en pratique, étant donné que 27 Etats devraient s'entendre sur une nouvelle version, ce qui a pris plusieurs années la dernière fois et surtout pourrait être bloqué par ne serait-ce qu'un seul gouvernement parmi 27. S'il faut être lucide, la France n'a qu'une alternative : - Soit accepter d'appliquer la politique économique définie dans les traités européens notamment le TUE - Soit se retirer du TUE Au risque d'être brutal, tout le reste est littérature. En étant un peu moins brutal, le reste peut être utile dans la mesure même où il contribue soit à éclairer les alternatives possibles si la France n'était plus membre du TUE et à affermir les volontés d'en sortir, soit à éclairer les risques à ne plus être soumis au TUE et à favoriser la résignation à suivre la politique orthodoxe quelles que soient ses conséquences. Bref, tout le reste peut être utile s'il aide à choisir entre soumission au pilotage automatique TUE et sortie de ce traité. A tort ou à raison, le peuple britannique a choisi de sortir. Quoi qu'on en pense, l'expérience est très intéressante. A terme, je pense qu'elle sera pleine d'enseignements pour tous les partisans de la sortie du traité. Que ce soit les réussites britanniques, ou leurs erreurs dans la manière de sortir - aujourd'hui très apparentes à l'évidence.
  24. Il nous faudrait l'avis d'un spécialiste du droit britannique, mais de ce que j'ai cru comprendre une décision de ce genre serait du ressort de la Crown prerogative, c'est-à-dire du seul exécutif. Ce qui ne l'empêcherait évidemment pas d'être démocratique puisque l'exécutif est issu - indirectement - d'une élection, simplement ce serait une décision où le Parlement n'aurait pas son mot à dire. Ce qui ne l'empêche d'ailleurs pas de s'exprimer... ainsi pour le vote contre le "No Deal", ou contre la révocation. Toutes prérogatives de l'exécutif, et le Parlement peut l'ouvrir tant qu'il veut, en définitive il ne fait que rendre un avis consultatif, et un avis non sollicité par-dessus le marché. Si Theresa May devait choisir de révoquer, elle pourrait s'appuyer pour sa communication sur le vote parlementaire contre le No Deal, mais ce ne serait que communication politique, pas nécessité démocratique.
  25. Drôle ? Carrément fun-décoince, je dirais ... Les conséquences politiques de court, moyen et long terme sont difficiles à imaginer dans les détails. Une seule certitude : elles seraient majeures et graves. Sinon, parfaitement d'accord avec @TarpTent : quelles que soient les erreurs de May, et elles en a commis de sévères, elle est une bonne tête et je dirais trois têtes au-dessus de tous ses rivaux parmi les politiciens britanniques qu'ils soient pro Brexit ou pro Remain, de droite comme de gauche.
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