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Tout ce qui a été posté par Tancrède
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Amérique latine : l'armée en guerre contre les cartels de drogue
Tancrède a répondu à un(e) sujet de alexandreVBCI dans Politique etrangère / Relations internationales
La vidéo est flippante- 635 réponses
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- drogue
- criminalité
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(et 3 en plus)
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On en déjà parlé abondamment sur ce topic, mais si le gerrymandering est une constante de l'histoire électorale où que ce soit, le niveau qu'il a atteint dans les 3 dernières décennies dans les Etats à dominance républicaine est sans précédent, les districts électoraux, particulièrement dans les Etats du Vieux Sud, ayant désormais des formes surréalistes.
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Les problèmes du système américain existent (quoiqu'ils ne soient pas aussi graves qu'on le caricature) de même que, comme tu le soulignes, l'impact que ça a sur la confiance dans le dit système, mais ça m'amuse énormément de voir tisser de grandes théories de manipulation.... Quand la majeure partie des dysfonctionnements soupçonnés est essentiellement due à de l'incompétence, des systèmes d'attribution de marchés pourris (qui amènent des opérateurs merdiques cherchant à faire du fric contre un mauvais produit pour lequel ils exercent des pressions pour qu'aucune contestation n'ait lieu) et des organisations électorales déficientes et en proie à des chamailleries aussi constantes que contre-productives. Je note cependant que, comme souligné pour le système français, les vraies fraudes scandaleuses se situent ailleurs, essentiellement dans le découpage électoral et les barrages filtrants installés autour du vote (listes électorales et organisation des élections elles-mêmes): ces fraudes-là ont un impact réel sur le cours des élections, se trouvent partout dans le pays (plus importantes à certains endroits qu'à d'autres cependant), et ne bénéficient pas d'une couverture médiatique significative (une petite crise dessus de temps en temps, sans qu'on insiste trop, sans qu'il y ait de conséquences). Certaines sont choquantes dans leurs procédés même à petite échelle, mais la plupart sont des "petites" choses pas extrêmement visibles, pas assez sexy médiatiquement, dont le cumul produit la réelle efficacité: apparemment, ce n'est pas assez "chaud" pour faire les infos. Mieux vaut pour Fox parler de 2 malheureux sans abris, ressemblant à des Black Panthers, se plantant devant un bureau de vote, pour crier que partout dans le pays, les électeurs blancs sont empêcher d'aller voter, ou pour les autres networks de crier au loup parce qu'un connard trumpiste a passé une journée devant une permanence clintonienne avec son M-4, plutôt que d'évoquer les centaines de milliers/millions de gens qui ne peuvent pas, ou avec grande difficultés, obtenir les cartes d'identité exigées dans certains Etats pour voter, qu'il faille pour cela payer, se déplacer loin, franchir des barrages de langage bureaucratique (intentionnellement employé) et pirouetter à travers la paperasse.... Mille et une "petites" méthodes indirectes qui handicapent certains électorats, limitent leur visibilité, rendent le processus lourd et peu transparent.... Dans les faits, c'est de la vraie intimidation d'électeurs, qui en touchent des effectifs statistiquement significatifs, mais pas le genre d'intimidation qui plaît aux journaux télévisés.
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Philippines : un nouveau président original
Tancrède a répondu à un(e) sujet de Kiriyama dans Politique etrangère / Relations internationales
J'ai quelques doutes: tant que Duterte ne signe rien de vraiment important et définitif, les Youesses peuvent laisser pisser, le temps ne leur nuisant pas de ce côté. Quand à déclencher un mouvement avec potentiel de foutre par terre un président fraîchement élu et loin d'être encore réellement atteint par l'usure du pouvoir et une image largement négative (les Philippins savaient qui ils élisaient), ce serait une politique bien trop hasardeuse, surtout dans un pays malgré tout stable (au régime bien plus établi en tout cas que l'Ukraine), et une politique comportant un risque de retour de bâton bien trop important. Les chances de réussite seraient tout simplement beaucoup trop minables. Ajoutons pour le détail que la géographie particulière des Philippines rend ce genre de choses bien plus difficiles. Je crois pas qu'une administration Clinton, surtout dans le climat américain actuel sur le sujet des interventions extérieures, et avec en plus quelques bordels déjà bien visqueux à gérer au MO, se risquerait à ce genre de sport (à voir en plus de quel Congrès elle va devoir s'accommoder). En revanche, sur le point de Duterte lui-même pour ce genre de scénaris, il va être intéressant de voir quel impact aura sa politique actuelle sur l'opinion philippine: pour l'instant, toute variation est plus transitoire qu'autre chose, mais quand un peu de poussière sera retombée, les comptes commenceront à vouloir dire quelque chose. Et là on pourra voir s'il est appelé à subir une usure du pouvoir rapide (le rendant plus mûr pour une action extérieure), ou au contraire se bâtir une image de "leader maximo". -
Philippines : un nouveau président original
Tancrède a répondu à un(e) sujet de Kiriyama dans Politique etrangère / Relations internationales
La question est de savoir à combien -littéralement- serait estimé ce renversement d'alliances des Philippines: si les Ricains sont privés de bases potentielles à cet endroit, c'est emmerdant pour eux, mais pas non plus un énorme problème. Ils ont déjà des pieds-à-terres dans le coin, pour navires comme pour avions, dont certains plus près de la Chine et déjà bien développés en termes d'infrastructures militaires. C'est pas comme si une fermeture de porte aux Philippines les contraignait à soit installer une base à Taiwan, soit s'écraser, d'autant plus que le Vietnam pourrait redevenir une option, vu le niveau du trouillomètre des pays du sud-est asiatique. Le point plus navrant pour Washington serait si la nouvelle amitié de Duterte pour Pékin allait jusqu'à ouvrir la possibilité d'une implantation militaire chinoise dans ses îles. Dans quelles mesures les Philippins tiennent-ils à leurs revendication de zones maritimes? Y ont-ils réellement consenti des investissements conséquents, ou envisagent-ils de le faire? S'ils n'y tiennent pas tant que ça, ces revendications deviennent une monnaie d'échange appréciable, de même que le fait de tendre un doigt aux USA, voire d'ouvrir la porte à la Chine. D'un autre côté, les Américains peuvent être prêts à renchérir: Duterte n'est-il pas simplement en train de faire monter les enchères en agitant ainsi son cul devant les deux payeurs potentiels? L'archipel ne nage pas dans le cash et a encore d'énormes besoins et insuffisances. D'un autre côté, combien Pékin est-il prêt à raquer dans les circonstances économiques actuelles? C'est pas comme si le gouvernement chinois en avait encore tant que ça, par rapport à il y a encore quelques années. Leur plafond d'enchère doit être assez limité ces temps-ci. Si Duterte continue dans cette voie sans réellement faire jouer la concurrence, c'est effectivement que beaucoup tient à sa personnalité et son ego, et qu'il a décidé un bien grand virage, et qu'il a pris Washington définitivement en grippe. C'est difficile d'évaluer ce genre de dirigeant: on s'attend à voir un chef d'Etat ne pas avoir trop de parti pris et réfléchir en monstre froid, mais dans des cas tels que lui, on se demande quelle part du personnage public est pour le show, et quelle part est réelle. Je crois juste que s'il veut jouer la balance entre les deux, il est mal équipé pour jouer à ça: les Philippines ne sont pas un assez gros poisson pour se tirer indemnes d'une telle danse entre deux éléphants (à la mémoire longue qui plus est), ni lui un opérateur assez habile, à ce qu'il semblerait. -
Evidemment qu'il est républicain, vu que son job est de détruire des planètes et soleils (pour les bouffer): sa manière de nier le réchauffement climatique.
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[BREXIT]
Tancrède a répondu à un(e) sujet de Gibbs le Cajun dans Politique etrangère / Relations internationales
Je comprends bien la tactique (quelqu'un a pensé à enlever le bouchon d'étanchéité dans le tunnel? Quoi ils peuvent prendre l'avtion? Quels fourbes ces Albionnais!), mais pourquoi les nids de mitrailleuse sont-ils tournés vers l'est du Rhin? -
[BREXIT]
Tancrède a répondu à un(e) sujet de Gibbs le Cajun dans Politique etrangère / Relations internationales
Ils sont très sérieux et rigoureux dans leurs procédures de recrutement de négociateurs secrets: aucun candidat ne peut être recruté s'il a un compte twitter. C'est des vrais pros . -
Il me semble bien justement qu'il y a une énorme variété de machines logiciels et systèmes aux USA, à un tel point que c'est hyper mal organisé, souvent difficilement compatible, en grande partie obsolète, avec des sous-financements chroniques depuis très longtemps, et des différences parfois extrêmemement marquées entre Etats. Les ricains ont pas mal de contrôles dans ce domaine, si bien que de ce que j'ai glané ici et là, les problèmes de fraude risquent d'être plus en amont (listes électorales), ou plus globalement au niveau de la compétence des organismes chargés des élections dans chaque Etat, souvent des empilements de comités sur lesquels la commission de l'Etat n'a qu'un contrôle partiel, et la commission fédérale quasiment aucun. Et dans ces organismes, les querelles partisanes le disputent aux manques de financement et au gaspillage des ressources malgré tout disponibles, quand il n'y a pas une incompétence crasse de ceux à la direction opérationnelle (souvent plus des citoyens dédiant quelques heures à la chose), voire une vraie mauvaise volonté du gouvernement de l'Etat concerné. Entre autres problèmes permanents, le fait que beaucoup des ressources disponibles sont avant tout outsourcées: la guerre des contrats et de qui en profite, de qui pousse telle société plutôt que telle autre (on trouve souvent des noms de famille dans ces sociétés qui sont aussi au gouvernement, ou dans tel ou tel organisme plus ou moins lié au problème), peut donner sa pleine mesure et jouer sa partition dans ce bordel permanent que personne ne veut et/ou peut réformer.
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Avec tout ce que je veux recréer, chais pas s'il y aura encore du budget infanterie pour des miquelets.... A moins que.... En les casant dans l'ABC, comme unité montée (sur biquette? Chamois? C'est censé être quoi la bestiole stylisée sur le 3ème emblème?), pour appuyer les nouveaux RI, ça peut passer. Attends, attends..... Les Miquelets, dans mon souvenir, c'était pas des bataillons, régiments ou demi-brigades: c'étaient des compagnies franches!
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Tu ne l'auras pas: c'est le fil "armée de terre": on ne recrée que du terrien, na! Je dois être monarchiste sans le savoir: je veux voir recréés en priorité les régiments avec un petit numéro..... En fait, les "vieux" (Piémont, Normandie, Navarre, Champagne....): z'étaient là les premiers.
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Mes remarques étaient pas sérieuses, hein. Pour les Bandes, de ce qu'on sait, le recrutement n'était pas géographiquement limité, même si la mobilité relativement faible de l'époque (distances longues, difficultés à financer un voyage d'une durée un peu conséquente....) a du limiter l'essentiel des recrues à un rayon régional. Des hommes d'armes professionnels ont aussi sûrement été inclus, reversés d'autres formations, principalement de corps de gardes et professionnels seigneuriaux. C'est essentiellement là qu'il faut trouver la majorité du recrutement à cette époque, et longtemps sous l'ancien régime: l'articulation des unités était nécessairement faite de professionnels, pour l'essentiel nobles (relatif monopole du savoir-faire guerrier, en tout cas pour ce qui concerne l'encadrement) de tous niveaux hiérarchiques (dont beaucoup avaient pas grand-chose de plus que leur éducation et leurs relations). Ceux-ci amenaient leurs réseaux d'amitiés et d'alliances locales (cousinages et autres), et surtout leur réputation et leur autorité dans leurs bleds ou domaines respectifs, ce qui en faisait aussi des recruteurs privilégiés pour battre la campagne dans leur coin et trouver du monde, les rallier à leur nom (ou les forcer quand le compte n'y était pas). Bien qu'unités "royales"/nationales (par opposition aux unités levées par des féodaux, dont ils étaient propriétaires), elles ne pouvaient faire autrement que recourir à des systèmes de ce type. D'ailleurs, les Suisses eux-mêmes (qui ont encadré la création des Bandes) ne procédaient pas autrement: le recrutement des unités suisses était local, et passait aussi par les hiérarchies de notables de chaque localité, hiérarchies qui étaient ensuite reproduites dans les unités, constituant un ordre plus "militaire" en phase avec l'ordre social qui permettait le recrutement. Rappelons que les "bandes" sont un nom d'ensemble pour un vaste ensemble subdivisé en un nombre variable (selon le moment, le besoin, le budget) de ce qui est considéré comme l'unité essentielle de l'époque, la "bande", aussi appelée "enseigne" (qu'on appelait aussi, indifféremment, "compagnie" au Moyen Age, quel que soit son effectif, le critère étant que le chef ait le titre de capitaine). L'usage tend plus à différencier l'appellation "bandes" pour le réservoir d'unités, et "enseigne" pour une unité particulière issue de ce réservoir, bien que les termes aient été interchangeables pendant longtemps, avant que des unités détachées des bandes de Picardie (alors "bandes françaises", pour les différencier des bandes de mercenaires étrangers) ne le soient de façon permanente et garnisonnées ailleurs (Piémont -Bandes delà des Monts"-, puis Champagne, Navarre, Normandie... Soient les 6 "Vieux" régiments -6 avec les Gardes Françaises). L'enseigne était l'unité tactique à peu près standardisée, autour de 300-400h, la taille des "bandes" comme réservoirs de force permanents avec une base fixe pouvant varier selon le moment (budgets très variables, explosion des effectifs en temps de guerre, avec nombre d'enseignes qui ne durent que le temps du conflit). On note aussi l'existence de nombre de bandes semi-privées, levées par des seigneurs féodaux (avec l'autorisation du roi). Plus tard, au XVIème siècle, les premiers régiments, qui sont formés à partir de ces bandes, ne sont en fait que la formalisation et la standardisation tactique de ce système: on crée une doctrine qui rassemble un nombre donné (souvent plus ou moins théorique) d'enseignes (bientôt subdivisées en unités plus petites, les compagnies) dans une formation permanente ayant un usage tactique effectif. Pendant un temps, avant que les régiments, sous cette forme, ne deviennent eux-mêmes plus des réservoirs de force qu'autre chose, le bataillon devenant un pion tactique plus commode (et cessant d'être une formation de circonstance pour être à son tour organisé de manière permanente.... Comme les GTIA et/ou SGTIA le seront peut-être bientôt). Mais bon, pour revenir au recrutement: sous l'ancien régime, il était avant tout à base régionale, lié à la capacité des notables formant la hiérarchie de l'unité (souvent liés entre eux par l'organisation féodale locale et le clientélisme) à battre la campagne dans leur coin, à user de leur image, de leur statut, voire de leur réputation (un chef renommé attire plus de monde) pour rameuter du volontaire, et/ou en forcer un certain nombre. La faible mobilité, mais aussi les solidarités et amitiés locales, ainsi que les contraintes linguistiques (chaque coin a son patois, et il y en a des centaines dans la seule France d'alors), imposaient que le recrutement fonctionne ainsi avant tout. Mais ce n'était pas une donnée absolue: recruter a toujours été difficile sous l'Ancien Régime, et l'attrition (pertes en campagne -maladies et infections avant tout- et désertion, beaucoup plus que pertes en batailles) était conséquente: on remplaçait quand on pouvait avec ce qu'on trouvait en chemin (y compris des ennemis capturés, mais aussi des recrues qu'on chourre à d'autres unités, du moins si les officiers/proprios s'arrangent), et les volontaires (de n'importe où) étaient toujours acceptés, d'où qu'ils soient (à charge pour eux de s'intégrer, avant tout en apprenant à parler la langue dominante de l'unité).
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Oups, pardon, c'est la faute à Clairon, en fait.... Et la tienne quand même, pour la peine: je viens de te déclarer coupable de tout et depuis toujours.... Parce que!
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Faudrait d'abord avoir des chars à foutre dedans: mets tes priorités en ordre, s'il te plaît .... .... Et prends tes médicaments! Et un régiment de zouaves parachutistes, où avoir un pet au casque est un critère de recrutement, vu que dans l'intitulé, il y a deux qualificatifs indiquant qu'il manque une case au sujet? Pas au début: z'étaient censés être de l'infanterie de choc. Même si je ne crois pas qu'il y ait jamais eu de statut particulier (sauf au début avec un recrutement colonial avant que les unités soient vite "blanchies", notamment via leur réputation initiale qui les a rendu attractives), de fait ces régiments, pendant un temps, ont été considérées comme une élite avec un ordre de priorité dans la file d'attente pour aller au casse-pipe. Ce qui est d'ailleurs une des raisons pour lesquelles, suite à leur création dans l'armée française, il y a eu une "mode" internationale des zouaves, et une raison pour continuer à financer et garder leur coûteux et incommode uniforme. Les Picards n'ont rien à demander en terme de création régimentaire, même virtuelle: ils ont le 1er RI, le plus vieux de tous les régiments (du monde, s'il vous plaît monsieur!) et la matrice de l'infanterie française. Y vous faut quoi de plus? De la confiture sur le rollot? Et on se lance dans ces surenchères de régiments à recréer parce que j'ai gobé pendant une seconde le post de Fusilier sur le 15/9? Hé bé, ça s'enflamme vite ici....
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Donc pas de bataillon alpin de blindés lourds parachutiste amphibie de montagne ? Pfffft, que des couilles molles au ministère!
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C'est un voeu pieu, une revendication, ou tu viens de voir l'info tomber? Désolé, l'envie de voir recréer des unités me rend naïf et vraiment extrêmement jobard, donc.....?????
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Celui-là? http://s6s.archive-host.com/membres/up/1ee136c1e6215e6672966b381eb529b63457f298/Organigramme/map.html
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La seule question qui vaille pour ce critère d'exigence en apparence outrancier: est-il nouveau, auquel cas on pourrait soupçonner qu'il ait soudain été mis en place pour faire barrage à certaines recrues (wink wink)? Ou bien a t-il été en place depuis très longtemps, et n'est soudain contesté que parce qu'ils dérangent certaines recrues et leurs supporters, surtout politique (re wink wink.... dans l'autre sens, même si ça se voit pas)? Ce genre d'épreuve outrageusement ardue n'est-il pas là non parce qu'il correspond à une réalité couramment rencontrée sur le terrain, mais pour expérimenter le risque de l'exceptionnel (cf les Brits aux Malouines, qui ont eu ce genre de trucs à faire de manière imprévue)? Et plus encore, pour tester la volonté et la dévotion au collectif (le Corps en général, son équipe en particulier), plus qu'un seuil de capacité particulier? Si, encore une fois, cette épreuve est là depuis longtemps, la supprimer relève d'une baisse d'exigence conséquente et d'un changement culturel important (notamment le fait d'adapter l'armée aux recrues beaucoup plus que l'inverse.... Peut-être beaucoup trop), et ce au nom des groupes de pression qui sont bien en cours aujourd'hui pour qu'ils puissent avancer LEURS recrues (en l'occurrence les femmes) et leurs conceptions (ici, que des critères prédéterminés par idéologie peut-être, mais pour accommoder les femmes sûrement, l'emportent sur une conception réservant plus de place à l'imprévu et au fait que c'est le terrain et le conflit qui dictent l'exigence, pas les préconceptions). C'est marrant, je me demandais à quoi ressemblaient dans les faits les problèmes politiques liés à la GRH de l'armée romaine des IIIème-IVème siècles (et sous une forme moins développée, au IInd siècle et jusqu'à la crise du IIIème siècle), face aux problèmes structurels de recrutement et de rétention des cadres et recrues, et aux pressions (parfois violentes, ou menaçant violence) des soldats eux-mêmes: avec le temps, de plus en plus de concessions furent obtenues sur le confort, la paie, le statut légal du soldat et les différences de statuts entre soldats, les limites en matière de commandement et de punitions, les limites en termes de déploiements, les codes de comportements.... Beaucoup de ces protestations et pressions étaient justifiées, mais c'est toujours jusqu'à un certain point. Quand beaucoup de ces changements ont permis une baisse des critères d'exigence (aussi forcée par les circonstances difficiles du recrutement, notons-le), le droit d'avoir une famille, puis de l'amener avec soi en campagne, le refus de faire campagne au-delà d'une certaine distance au foyer, le droit de choisir ou non de porter son équipement sur soi.... Ca a commencé à sérieusement clasher avec le budget général, la stratégie impériale, la capacité opérationnelle, les possibilités opératiques de telles et telles forces, les capacités tactiques dans certains cas, voire les simples résistance et résilience de certaines troupes, ou la capacité à les commander efficacement dans certains sets de circonstances. Des limites plus grandes (perceptibles surtout aux niveaux stratégique/opératique), l'efficacité maximale n'était plus toujours là, la contrainte d'une division du travail en types d'unités (réduisant la souplesse stratégique, opératique et parfois tactique) est devenue incontournable, mais, chose aussi importante, la dite efficacité était désormais infiniment plus chère, et ce alors que le niveau de menace avait été démultiplié. Relativement, "kilo pour kilo", l'armée romaine était toujours la meilleure (même si la marge de supériorité s'était réduite et se maintenait plus par la vertu du matériel, de la politique centralisée, de l'organisation, de l'homogénéité plus grande, du système de commandement.... Soit des institutions), mais de beaucoup moins, et surtout, elle devait faire face à beaucoup plus d'ennemis devenus plus grands et meilleurs (s'alignant sur les critères romains). En bref, j'emploie l'exemple ici pour généraliser sur les politiques militaires actuelles en occident: la marge de supériorité qui existe encore à l'ouest est-elle désormais si grande qu'on peut se permettre ce type de nivellement continu (souvent avec de grandes justifications comme "faire mieux coller l'exigence au besoin réel", ou "y'a pas besoin de plus", qui cachent souvent des "on peut pas faire autrement", ou "ça vient d'en haut, donc c'est comme ça")? Dans quelle mesure ce nivellement est-il réel, dans quelle mesure l'exagère t-on parfois? C'est beaucoup plus général que la seule question des femmes, en fait, et je me demande aussi dans quelle mesure c'est à la fois une cause et une conséquence des problèmes de recrutement. Exemple anecdotique: je repense au frère d'une amie qui avait fait un contrat dans un BCA, et qui, avec toute une bande de ses camarades, n'avait pas resigné non parce qu'ils trouvaient l'armée pourrie comme environnement de travail, ou qu'ils trouvaient le truc trop difficile par rapport aux douceurs du civil, mais parce qu'ils avaient trouvé ça pas assez exigeant, et rapidement emmerdant. Je ne peux me fier qu'à leur parole (je n'ai parlé qu'à eux, au final), mais ils confirmaient que dans leur bataillon, y'avait tout un contingent qui quittait chaque année pour ce genre de raisons. Est-ce significatif? Est-ce que relever le niveau d'exigence, plutôt qu'opérer la lentre entropie cherchant à rendre l'armée aussi proche que possible du "confort" de l'environnement civil, et surtout de ses codes de référence (fait que je symbolise par les faibles possibilités de punition, voire de gueuler sur des recrues), pourrait au contraire (avec d'autres améliorations évidemment nécessaires) attirer plus de monde que la politique actuelle?
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Vous êtes magiquement transformé en Américain... vous votez pour qui ?
Tancrède a répondu à un(e) sujet de Alexis dans Politique etrangère / Relations internationales
Ca baptise les Mormons? Y font comment. Moi, en tant que Louisianais virtuel (de la Big Easy, évidemment), j'ai été baptisé au bourbon.... Enfin c'était un cocktail avec du bourbon.... Je crois..... J'étais petit..... Ou beurré..... Ou les deux. -
Attention, je ne parle pas de la justesse ou non des propos et accusations des uns et des autres, mais de la perception des choses et de sa manipulation (90% de la politique): mon point est plus de souligner la faiblesse de l'impact des grands discours médiatisés et des débats et talk shows dans les grands médias, déjà d'ordinaire assez importante, mais quiu l'est encore plus depuis quelques années pour mille et une raisons, notamment le développement des nouveaux médias (qui ont aidé à atomiser l'arène publique en un million de micro-arènes tribales et des dizaines de plus petits médias alternatifs -certains sérieux, beaucoup pas du tout), mais surtout, la décrédibilisation du débat public traditionnel et de ceux qui l'animent, aussi bien les politiques et les "experts" de tous types (dont beaucoup d'ex-politiques ou de politiques entre deux mandats ou jobs) que les journalistes eux-mêmes, la cote de confiance (mesurée: je parle bien de sondages et d'enquêtes, pas de feeling) des seconds étant désormais aussi basse que celle des premiers (à un niveau historiquement bas). L'audience des grands médias est en baisse structurelle depuis plus d'une décennie, surtout dans le domaine de l'info (les "grands messes" que furent les news n'existent plus réellement en tant qu'institutions culturelles): ils ne rassemblent qu'une portion limitée de l'audience, et en convainquent une bien plus limitée. Si on ajoute ces faits avec le principe général que l'influence des grands médias (sauf couverture exceptionnel d'événements "game changers") est d'un impact très modéré sur les comportements électoraux de toute façon (par rapport au porte à porte et au contact direct, c'est en fait très modeste), on se rend compte que, quelle qu'en soit la forme et le média (au sens large), le "discours d'en haut", asséné par un orateur faisant un monologue, quelle que soit la qualité du propos ou de sa forme, reste d'une efficacité électorale très faible, ne convainquant pour l'essentiel que les déjà convaincus. Au mieux, il aide à garder les troupes mobilisées, et là où il peut jouer, c'est par la personnalité de l'orateur et la cote de confiance qui lui est associée, mais encore une fois, c'est auprès de ses propres troupes. Les "délégués stars" de Clinton que j'ai mentionné plus haut sont avant tout utiles pour mobiliser, ou garder mobilisées, les troupes, pas pour conquérir de l'électorat, ce qui est d'une importance cruciale dans cette élection qui dégoûte le votant à vitesse grand V, aussi bien par sa qualité minable, le niveau plus bas que terre qu'elle a atteint, que par le fait que c'est tout ce qui occupe les journaleux depuis maintenant plus de 15 mois. Ca fatigue à force.
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Vous êtes magiquement transformé en Américain... vous votez pour qui ?
Tancrède a répondu à un(e) sujet de Alexis dans Politique etrangère / Relations internationales
On n'a pas mentionné un candidat dont le score est pas loin derrière les deux "grands" et loin devant Johnson: Evan McMullin. Contre Trump à 34 et Clinton à 28, il a dépassé les 20%, semant le libertarien avec ses petits 9%. Il va tout casser la baraque..... Dans l'Utah. Oui, bon, hein, c'est le petit caveat: avec sa colistière Mindy Finn, cet ancien agent de la CIA au parcours exemplaire (MBA à Wharton, mission mormone au Brésil, commissariat aux Réfugiés en Jordanie, contre-terrorisme et travail sous couverture au MO pendant 10 ans, banquier à Goldman Sachs, puis conseiller au Congrès) s'est présenté en catastrophe pendant l'été (après avoir beaucoup fait campagne contre Trump) pour offrir une "vraie" et décente candidature conservatrice, manquant la deadline des inscriptions dans plusieurs Etats, mais avec pour objectif premier de faire un barrage à Trump, et pour "grande stratégie" d'empêcher Clinton d'atteindre 270 votes de grands électeurs (ce qui renvoie constitutionnellement l'élection du président à la Chambre des représentants, actuellement très républicaine). Faisant campagne en ndépendant mais déclaré conservateur, il a été nommé candidat officiel par différents partis dans différents Etats. Dans les faits, il a voulu être la voix des conservateurs dégoûtés par la sauce interne du GOP et refusant Trump comme candidat, condamnant le sanscouillisme des élites du parti qui se sont aplaties devant la marée et se sont assis sur leurs supposés "principes", que lui revendique haut et fort. Il n'est ainsi présent sur les bulletins de vote que dans 11 Etats, et dans la plupart, il est entre 1 et 2%, avec évidemment un grave manque de publicité et de moyens. Mais dans son Utah natal, il a désormais passé la barre des 20%, cet Etat dominé par les communautés mormones, qui n'a pas voté autre chose que républicain depuis 1964, n'aimant pas du tout Trump (et encore moins Clinton), souhaitant apparemment sa propre alternative, même si c'est juste pour pousser un cri contre l'inévitable. Arriver à réunir 20% d'électeurs sur une candidature dont on sait qu'elle ne peut rien donner, c'est un joli tour de force; je suis en désaccord profond avec l'essentiel du programme du gars, mais son parcours (faut voir les détails, notamment ce qu'il a fait à la Chambre, et le fait qu'il ose ouvrir sa gueule contre le courant) force le respect, de même que la conviction qui porte sa campagne. Donc Cthulhu n'aura pas mon vote théorique..... 't'façon, je l'ai dis plus haut, je pseudo-vote en Louisiane. Et un Louisianais n'émigre pas dans l'Utah: on est trop corrompus et bourrés de vices dès la naissance pour aller chez ces cul-bénis. -
La dynamique des élections au Sénat, et encore plus celle des élections à la Chambre, est beaucoup moins nationale que locale: au niveau des Etats et villes pour le Sénat (ce qui veut dire les médias locaux, les mairies et des campagnes de porte à porte massives), au niveau des circonscriptions pour la Chambre (ce qui veut dire les bleds, les restaus, les salles communes, le porte à porte en personne....). On ne parle pas là des mêmes "bulles", particulièrement aux USA où la taille du pays et de sa population, les différences culturelles, sociales et économiques entre zones géographiques, ainsi que l'éloignement des communautés, favorisent une bien plus grande importance des réalités, interactions et médias (y compris le bouche à oreille) locaux par rapport aux nationaux. Les Etats ont plus de réalité en tant qu'entités propres (que nos régions par exemple), en tant que mondes en soi, pour leurs populations. Et cette différence est retranscrite dans les sphères médiatiques dans lesquelles les gens vivent: la hiérarchisation de l'importance des médias nationaux n'est pas celle qu'on pourrait croire, et elle n'est pas la même partout (dans le nord-est urbain et le sud ouest côtier, les médias nationaux ont beaucoup plus d'importance dans la sphère de réalité de chacun: ce rapport est différent ailleurs). Il faut évidemment y ajouter les éléments puissants comme le découpage électoral frauduleux (gerrymandering), les commissions électorales locales et d'Etat corrompues, les Etats orientant souvent la politique électorale de façon biaisée, les limitations exagérées pour l'inscription et/ou la participation au vote, les mises à l'écart de catégories d'électeurs.... Sans même compter les avantages importants liés aux élus en place (la prime à "l'incumbent") par rapport aux challengers. Mais au global, les Républicains sont beaucoup moins menacés au niveau local que dans les élections réellement nationales..... Ce qui revient en fait à la seule présidentielle, dont le système électoral est par Etat, mais la réalité médiatique est nationale. Pour la Chambre, même s'ils sont clairement en perte de vitesse structurellement (désillusion programmatique, anti-élitisme, obstructionnisme) et connaissent un vrai problème conjoncturel en bonne partie lié à Trump, les Républicains ne sont pas non plus en grand danger de catastrophe: il est désormais possible qu'ils perdent la majorité, mais ce ne serait pas de beaucoup, et ils se referaient vite. Au Sénat, c'est plus délicat, puisqu'il s'agit d'élections "nationales" au niveau de chaque Etat, où donc le gerrymandering ne pèse pas et où un débat plus large et médiatisé peut être tenu, où des réalités plus ou moins en phase avec les grandes tendances du pays peuvent beaucoup plus jouer. Les démocrates sont mieux positionnés, et là l'effet Trump peut se faire plus sentir, mais il n'est pas à sens unique: le problème de la participation demeure, et le ras le bol anti-élite, anti-statu quo, anti-mondialisation, est bien là aussi, surtout dans certaines zones industrielles ou anciennement industrielles en perte de vitesse, en zones de forte immigration.... L'impact des discours médiatisé ne doit pas être surestimé: on a vite fait de trop croire à la caisse de résonnance panurgique des grands médias: normal, ils disent tellement tous la même chose, partagent tant la même mentalité et les mêmes certitudes, se mouillent tellement peu, se focalisent sur les mêmes trucs.
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Bien sûr qu'il va l'être: le point est que c'est pas parce que ce discours va être matraqué qu'il va avoir des effets. Le produit d'en face n'est pas vraiment motivant (voire franchement antipathique, ou détestable) pour beaucoup d'électeurs mouvants/non décidés, l'élection elle-même, à force de s'enfoncer dans la boue (et aujourd'hui, c'est ce sur quoi l'équipe Trump compte), dégoûte du monde d'aller voter (c'est une tendance bien mise en évidence dans les élections ricaines: plus une campagne est négative, plus l'abstention grimpe), et beaucoup d'électeurs ont l'impression d'être piégés entre Charybde et Scylla, n'aimant aucune de leurs options. Le discours "il faut arrêter Trump" ne produira pas vraiment l'effet "barrage à Le Pen" version 2002, ou seulement dans de petites marges. La peur de Trump n'est pas si grande hors des électorats déjà décidés depuis longtemps à voter Clinton, ou voter "pas Trump".
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Tu pointes un peu trop le "facteur magique" comme contrepoint à ce que j'explique en essayant (j'insiste sur le terme) de ne pas décréter d'absolue certitude: je regarde avant tout les sondages par Etat, et plus encore les évolutions dans chaque électorat (race, religion -et par niveau de pratique-, localisation, sexe, niveau éducatif, CSP, niveau de revenu et domaines d'occupation....), où les glissements sont beaucoup plus révélateurs. Le tout en précisant toujours que deux facteurs jouent un rôle absolument dominant (et donc paramètrent mes analyses, en en constituant les deux caveats), qui sont les deux inconnues majeures, les deux dernières en fait par lesquelles Trump a encore une chance réelle: - l'irruption d'un événement majeur (ou de plusieurs) dans la campagne, spécialement dans la ligne droite qu'est la dernière semaine (ou les 10 derniers jours: tout événement a besoin d'un peu de temps de maturation pour produire son effet....Et Trump a besoin d'un GROS effet): le genre de trucs de nature à bouleverser un ou plusieurs électorats conséquents. Ca peut être un scandale wikileaks qui, pour une raison ou une autre, "prend" efficacement, ou une attaque terroriste particulièrement choquante (mais même ça, Clinton peut bien rebondir dessus, ou en tout cas assez bien pour que Trump ne puisse pas suffisamment se démarquer) - l'abstention: ZE élément le plus dominant. Multi-forme, multi-cause, multi-effet (selon la circonscription et l'Etat). En ce moment, elle semble jouer nettement plus au détriment de Trump, dont les problèmes ont dégoûté pas mal de monde. Est-ce que ça va rester ainsi? Difficile à dire, et évidemment, Clinton n'est pas vraiment un produit d'appel motivant, surtout dans une campagne qui promet de s'enfoncer encore plus dans la boue dans les semaines à venir (c'est pas elle qui va du coup faire se bouger certaines catégories d'électeurs s'il pleut, si les files d'attentes sont longues....). Présenter Trump comme un danger national qu'il faut craindre ne marche qu'assez modérément au-delà des électorats qui de toute façon n'auraient pas voté. pour lui ou en étaient déjà convaincus. L'abstention déterminera donc avant tout ce que les 32-35% d'électeurs que Trump tient assez solidement vaudront le jour de l'élection, aussi bien que la valeur relative de l'électorat mouvant qui ira effectivement voter. Je noterais aussi qu'en plus de son "ground game", Clinton a d'autres multiplicateurs de force efficaces sur le terrain: des soutiens visibles et populaires, des "délégués" de fait, célèbres, qui organisent de grands événements simultanément un peu partout. Sanders, Warren, Biden, Barrack et Michelle Obama.... Mais aussi un tas d'élus et ex-élus célèbres/populaires dans leurs Etats/circonscriptions. Tout un tas de gens qui font meeting sur meeting, événement sur événement, marquant des points, mais surtout, maintenant le niveau d'intérêt et de mobilisation, y compris maintenant dans des rallyes où l'on peut voter (early voting). Est-ce de nature à bouleverser les lois des grands nombres? Non, mais c'est de la retail politics dans beaucoup d'endroits et avec une fréquence élevée, le genre de trucs qui vous gagnent les 1, 2 ou 3% parfois nécessaires pour faire la différence, en plus d'attirer de l'attention et de marquer des points plus larges, comme quand Michelle Obama intervient (voir son discours d'hier). Et ça, Trump ne l'a pas, lui qui s'est aliéné beaucoup trop de monde et n'a autour de lui que des demi-sels, des has been, des tarés et des nobodies: sur un plan purement pratique, il n'a pas ces multiplicateurs de force et de présence, limitant drastiquement sa capacité d'action directe sur l'électorat, dans ses portions et localisations qui comptent le plus (à moins qu'il aie des sosies sachant super bien l'imiter.... Ce qui expliquerait peut-être certaines choses ). Ces "délégués" peuvent aussi toucher des portions d'électorat qu'elle ne peut pas toucher, elle qui est peu sympathique, pas vraiment charismatique, et assez mauvaise dans les meetings. Un président en exercice à 55% d'approbation (très rare à ce stade d'une présidence), un vice président populaire et populo (dans le style), une première dame extrêmement populaire (après des années à pas l'être tant que ça), et les deux champions du progressisme et de la "working class", ça aide à élargir le champ d'action, surtout dans ce domaine d'activité particulier qui vise, comme dit plus haut, les 1 à 3% qui comptent ici et là. Par ailleurs, n'oublie pas que quand tu parles de descente de Trump dans les sondages (même aussi peu révélateurs que les sondages nationaux), il faut à chaque fois mettre aussi en évidence la montée souvent parallèle de ses adversaires (et depuis une semaine, Stein et Johnson ont aussi repris du vent): l'écart entre les deux a augmenté de bien plus que 3,6%. Enfin, et surtout, les remontées de Trump ne sont pas forcément si indicatives quand on regarde de façon plus détaillée le lieu et la nature des intentions de vote: un regain de popularité dans un Etat où il domine déjà ne compte pour rien, et une amélioration dans un électorat où son avantage est déjà écrasant (et à ce stade, y'en a pas beaucoup) ne compte pas non plus tant que ça (c'est plus dilué géographiquement, avec en plus une forte tendance aux proximités culturelles, sociales et géographiques de nombre d'électorats ainsi ciblés: c'est plus souvent une reprise dans la même communauté). Le fait est que Trump a un plafond beaucoup plus bas que Clinton (à tous les sens du terme), si bien que ses montées/remontées arrivent plus vite à un plateau, mais il a aussi un grave problème: quasiment tous les Etats importants, où le différentiel n'est pas déjà impossible, sont des swing states pour lui, là où Clinton n'en a besoin que d'un. De fait, si Trump perd la Floride ou l'Ohio, il est foutu: c'est pas une extrapolation à partir de la "pensée traditionnelle" de la politique américaine, c'est un fait simple. Et même s'il gagne ces deux-là, il lui faut faire encore un parcours quasi parfait pour les autres qui comptent: Caroline du Nord, Nevada, Iowa, New Hampshire (les 3 derniers requérant en plus un effort énorme au sol, les grandes campagnes médiatiques et grands meetings y marchant peu), Virginie et Pennsylvanie (cette dernière étant déjà perdue). Il ne peut se permettre d'en perdre plus d'un ou deux, et ça fait maintenant un moment que ce cas de figure est plutôt irréaliste. Dans l'ensemble, évidemment, on ne parle que de probabilités, pas de certitudes; mais des probabilités néanmoins, avec "probable" dedans. Et le niveau pour Clinton en est très élevé. Mais bon, pour te faire plaisir, j'ajouterais un troisième grand facteur pouvant fortement compter dans un retournement de dernière minute: la propension de Clinton à tout foutre en l'air et à ne jamais prendre de risques, surtout quand tout semble aller bien, mais qu'elle semble en vouloir toujours plus (dans la même situation, Trump se sent plus péter et recommence à délirer et à aligner les conneries et insultes), foutant la merde en pensant grapiller le 1% en plus dont elle n'a pas besoin, en couvrant un angle qui n'a pas besoin d'être couvert, ou qui l'est déjà..... Et ce facteur s'aligne avec le risque d'abstention de ceux qui pensent que c'est dans déjà dans la fouille. Voilà! Content?
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Plus encore que l'hémorragie massive d'intentions de vote qui frappe Trump depuis maintenant une semaine, et par ricochet le GOP (ce qui a déclenché la guerre civile dans le camp républicain), un énorme problème de levée de fonds s'est rapidement fait jour pour le candidat à la moumoute: déjà lourdement en retard sur Clinton (j'avais posté les chiffres récents plus haut) depuis le début, et connaissant quelques problèmes depuis le premier débat, la collecte de contributions de campagne, directes (campagne elle-même) et indirectes (organisations pro-Trump, avant tout SuperPACs), est devenue très difficile cette semaine. Comme je l'ai signalé un peu plus haut, on a pu ainsi voir de nombreux financiers et organisateurs d'événements de collecte (surtout pour riches donneurs) avoir du mal à trouver des bonnes volontés, et devant régulièrement annuler leurs soirées/sauteries par manque d'invités. Mais depuis le début des actuelles polémiques, c'est passé plusieurs crans au-dessus, avec non seulement des annulations en pagaille, un tarissement des contributions, mais aussi des demandes de remboursement et des démissions de leveurs de fonds (aussi surnommés "bundlers": assembleurs), ces derniers étant les "intermédiaires" (bénévoles ou gens intéressés se rendant ainsi indispensables: souvent de riches -et moins riches, chacun à son échelle- donneurs eux-mêmes qui rassemblent les contributions de leurs potes, de leur voisinage, de leurs pairs....) indispensables à un effort de campagne. C'est toujours un problème gravissime quand un candidat perd ainsi ces petits rois de milliers de ces petits royaumes (paroisses, associations, voisinages, corporations de méiers et chambres de commerces, clubs, leveurs de fonds, élus locaux, élus d'Etat, leaders et faiseurs d'opinion de tous niveaux, mécènes, puissants locaux, chefs de branche locaux d'un parti....), qu'il faut sans cesse reconquérir quand on fait une carrière politique. Plus encore que dans la campagne de Trump, la chose est visible dans les SuperPACs qui bossent pour lui: déjà à des années-lumières derrière ceux pro-Clinton (et je ne suis pas sûr que ce soit dans l'absolu une mauvaise chose, même si dans ce cas précis c'est pas pour de bonnes raisons), ces organisations ont du mal à trouver des donneurs, surtout de riches donneurs (puisque c'est tout le point des SuperPACs: pouvoir prendre n'importe quel montant) qui semblent fuir désormais le Donald comme la peste. Des staffers des 5 principaux SuperPACs pro-Trump avouent ainsi galérer. Dans beaucoup de cas, ce sont des gens qui ne croient plus en ses chances de gagner et ne voient pas le besoin de faire d'effort supplémentaire en temps ou en argent si c'est pour parier sur le mauvais cheval, mais généralement, on voit beaucoup de déception, de dégoût, de sentiment d'avoir été trompé; c'est ce qui peut aussi arriver quand il s'est agi d'un vote avec une forte part de conviction et d'enthousiasme, d'un vote appelant plus aux facteurs irrationnels (la protestation, l'envie de "faire le ménage" sans trop savoir comment ni si le candidat en a réellement l'intention et/ou en est capable, ou digne).... C'est le deuxième effet kisscool: un bon retour de bâton respectant scrupuleusement le principe action-réaction (quand on vous dit que non, Trump ne s'est pas affranchi des "règles": Isaac Newton et Albert Einstein vous l'auraient dit, si vous aviez demandé). C'est un handicap d'autant plus lourd que Clinton a récolté 154 millions en septembre, et disposait au début du mois de 150 millions en cash, le plus haut montant qu'un candidat a jamais eu de disponible à ce stade de la campagne (pour une campagne qui promet d'avoir les plus hauts chiffres en la matière..... Ce dont un candidat ne devrait pas se vanter à mon sens, puisqu'il s'agit juste de l'étiquette de son prix pour ceux qui peuvent payer): la domination du champ de bataille médiatique est donc assurée, alors même que le camp Clinton et le parti démocrate ont un "gound game" très développé et organisé, surabondant en staff et bénévoles partout dans le pays, apte à porter l'effort de porte à porte (démarchage pour trouver des votes, mais aussi pour aller chercher les électeurs le jour de l'élection -surtout aux endroits et moments cruciaux-, jouer les transports....). Trump n'a rien pour contrer ça, et il a de moins en moins, là où le camp d'en face continue à monter en puissance. Pour la première fois, le camp Trump n'a pas publié ses chiffres de levée de fonds au début du mois: c'est une obligation, et ils doivent le faire avant la fin de la semaine prochaine, mais cette réticence ne peut que vouloir dire qu'il n'y a pas vraiment de quoi se vanter. La "classe des donneurs", un peu partout dans le pays, semble hautement désintéressée, désormais, par la candidature Trump, voire dans de nombreux cas complètement dégoûtée, hors de quelques individualités (comme le très iconique et déjà mentionné Robert Mercer). .