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Tout ce qui a été posté par Tancrède
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Guerre civile en Syrie
Tancrède a répondu à un(e) sujet de maminowski dans Politique etrangère / Relations internationales
Perso, le niveau de tension (si on ajoute en plus le coup des Iskander arrivés à Kaliningrad) commencerait plus à me faire penser à Nena; 99 Luftballons.... -
Le YEMEN en voie de "Somalisation"
Tancrède a répondu à un(e) sujet de alexandreVBCI dans Politique etrangère / Relations internationales
Ouais, ça.... Après avoir abondamment critiqué les US en Irak pendant la dernière décennie, ils font la même chose dans le principe, pire dans la pratique, en modèle réduit au Yémen. J'adorerais connaître l'histoire du processus de décision à Riyad, qui a mené à cette connerie. On pourrait en faire un sitcom, à mon avis, avec des personnages tous plus débiles les uns que les autres, couronnés ou non. Sinon, l'estimation que j'ai vue en passant indique que la dépense saoudienne est d'environs 200 millions de dollars par jour pour cette guerre (je ne sais absolument pas ce que ça recouvre); si c'est pas trop loin de la vérité, ça fait des semaines à environs 1,4 milliards sans compter les coûts accrus de sécurité intérieure (pas seulement liés à la situation yéménite, ceci dit), alors même qu'il y a maintenant plus d'un an et demi de conflit, soit environs 80 semaines, donc autour de 112 milliards???!!!! Ca semble plus qu'un tantinet exagéré, mais d'un autre côté, on imagine qu'une bonne part de cette dépense n'est pas sous forme de cash effectivement versé.... Et puis, encore d'un autre côté... C'est l'Arabie Saoudite, le pays où les princes s'achètent des palais en marbre rose juste pour déconner. Pour ce chiffrage: http://www.bloomberg.com/news/articles/2015-12-21/in-one-saudi-town-gunfire-all-day-brings-yemen-war-near-home -
Le YEMEN en voie de "Somalisation"
Tancrède a répondu à un(e) sujet de alexandreVBCI dans Politique etrangère / Relations internationales
C'est en fait un débat stratégique ancien: la décapitation du dispositif adverse peut être très contre-productive pour mille et une raisons (si l'adversaire est suffisamment décentralisé ou sans centre, s'il y a beaucoup de remplaçants potentiels, si on ne dégomme pas tout le monde dans les frappes de décapitation.... Et parce qu'au bout du compte, il faut bien avoir quelqu'un avec qui négocier une paix): c'est plus quelque chose qui est entré dans les moeurs avec la façon américaine de faire la guerre, pensée à une époque de guerre totale et avec une mentalité de victoire absolue imposant une reddition sans condition (qui suppose qu'on ait les moyens d'anéantir complètement l'ennemi et son territoire, et de l'occuper totalement et efficacement, pour aménager un nouvel espace correspondant aux objectifs du vainqueur.... Pas vraiment le cas au Yémen). Dans le contexte Moyen Oriental en général, et yéménite en particulier (plusieurs adversaires, eux-mêmes très composites, terrain et population hostile, avec beaucoup de volontaires contre l'envahisseur), ce genre de trucs semble plutôt une connerie. Même si, dans le meilleur des cas, ils parvenaient à démolir TOUS les grands chefs adverses et leurs remplaçants immédiats potentiels, ils auraient en face d'eux une multitude de petites fourmilières plutôt que quelques grandes, et seraient tout autant à la peine, avec pour seul horizon la certitude que ces petites fourmilières ne tarderaient pas trop à en reformer quelques grandes. Ca ferait cher payé pour au mieux quelques semaines ou mois de guérilla un peu moins intense, surtout qu'on voit mal les forces saoudiennes capables de capitaliser là-dessus et d'exploiter la situation, si tant est que ce soit même possible. En bref, décapiter l'adversaire n'est réellement un objectif pertinent que quand tu projettes de prendre et d'occuper son territoire pour y créer ou installer ce que tu veux, et que tu en as les moyens, en quantité et en qualité, ainsi que, surtout, la volonté d'investir ces moyens pour longtemps et d'encaisser tous les inévitables coups en attendant d'obtenir un état des choses satisfaisants. Sans cela, les frappes de décapitation ne sont pas la conclusion (au temps jadis, on faisait ramper le roi ennemi à ses pieds avant de le ridiculiser et/ou de l'exécuter, mais APRES avoir buté tous ses soldats, cassé tous ses trucs et conquis toutes ses terres: c'était la conclusion, la cerise sur le gâteau et le digestif ensembles, pas le prologue ou la condition de la victoire), et tendent à être un ajout de problèmes: à moins de vouloir ET de pouvoir conquérir tout l'espace visé pour en faire ce qu'on veut, mieux vaut avoir un adversaire organisé qui tient les choses ensembles, et avec une certaine rationalité, pour négocier avec lui, d'abord avec des armes (et là on essaie d'obtenir un résultat convenant mieux à nos intérêts), puis sans (= rétablir un nouvel ordre des choses, si possible stable, dans lequel on peut retrouver des relations pacifiques, même si tendues). La guerre n'est qu'une négociation, sauf si on la veut totale avec un résultat absolu excluant toute l'organisation du camp adverse de l'après-guerre visé; mais dans ce cas, faut une mégachiée de moyens, une tonne de volonté soutenue sans fléchir pendant des années ou des décennies, et une putain de stratégie intelligente. Quelqu'un voit les Séouds capables de ça? Tout le monde ne s'appelle pas "Oncle Sam cuvée 1945". -
En théorie oui, mais il a tellement restreint le "peuple" qu'il vise qu'il ne peut réellement capitaliser sur ce que ce ras le bol pourrait produire, et ne peut réellement trouver une majorité: essentiellement, il s'est aliéné les minorités ethniques (dont le cumul approche 40% de la population) dans des proportions jamais vues pour le parti républicain, il s'est particulièrement aliéné les gens éduqués (plus qu le GOP d'habitude, qui peut en général compter sur la majorité des blancs éduqués) et il s'est aliéné les femmes (et depuis le débat, et en plus vendredi, sans doute dans des proportions écrasantes). Compter sur les seuls hommes blancs non/peu éduqués n'est pas un bon calcul. Ils ont beau être encore nombreux et en colère, le reliquat des autres catégories qu'il parvient à ramasser est beaucoup trop petit. Les blancs représentent encore 71% de l'électorat (pour 60% de la population environs: ils s'inscrivent plus sur les listes et participent plus), dont une grosse moitié environs de non/peu éduqués, soit autour de 35-40% en comptant large. Enlève les 2/3 des femmes de ce total, et tu retombes autour de 25-28% de l'électorat (au mieux) qui correspond à ce que Trump a visé. Mais évidemment, il n'a pas 100% de cet électorat, plutôt autour de 70-75%, ce qui le ramène au global à une base ferme de 20-23% de l'électorat général, peut-être un peu plus. Si on y ajoute une variété de gens en colère de tous horizons (le vote "protestataire/veut faire péter le système"), ceux qui sont prêts à tout ignorer côté Trump et veulent juste dégommer Washington (cad une partie seulement du vote protestataire anti-élites: ceux qui ne voient QUE ça), et ceux qui ne peuvent voter qu'à droite quelles que soient les circonstances et les candidats, je doute fortement que ça représente un plafond de vote approchant la moitié de l'électorat. Mais évidemment, la participation sera la clé, même si le coup que vient de prendre Trump, tout comme ce qu'il risque de se prendre dans la gueule au débat de ce soir, sont désormais des handicaps débilitants.
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Non, il en a de bons, surtout Kelly Ann Conway, mais le problème majeur de Trump est qu'il n'écoute personne et que dès qu'il a un petit sursaut dans les sondages, il se sent plus péter (ou plutôt, il se sent encore moins péter) et repart dans ses conneries en pensant tout savoir mieux que tout le monde sans faire aucun effort. Il ne lit rien, il n'apprend rien, il ne sait pas se concentrer sur quoi que ce soit et reste purement superficiel non seulement dans son discours, mais dans sa pensée même. C'est un nul, faut se le mettre dans la tête; et un nul avec un passé très chargé, en bonne partie de notoriété publique ou près de l'être. Ca peut marcher auprès d'un certain public et dans les circonstances de la scène politique américaine actuelle, mais pendant un moment seulement, et jusqu'à un certain point, parce qu'il a un savoir-faire et un seul, celui d'être un bon baratineur, un bon vendeur, de certains produits auprès de certaines portions du public. Les circonstances (notamment la décrédibilisation des partis et de l'establishment) ont multiplié cette efficacité, et le système médiatique, par ses vices de fonctionnement, a amplifié le phénomène, mais tout cela a un plafond.... Et un échéancier. Sa nullité apparaît de façon évidente de plus en plus fréquemment: il est mis en face de ses multiples mensonges et insuffisances, et il est incapable d'assumer. Le débat en a été une démonstration, et celui de demain s'annonce pas joyeux pour lui.
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Guerre civile en Syrie
Tancrède a répondu à un(e) sujet de maminowski dans Politique etrangère / Relations internationales
Faut aller directement parler à la Russie: mieux vaut s'adresser au dieu (pas vraiment le "Bon Dieu" en l'occurrence) qu'à son gland (certainement pas un de "ses saints"). La partition de l'ex-Syrie est désormais actée, et il n'y a aucun moyen dans le camp Assad pour jamais rétablir son contrôle hors de la "Syrie utile" méditerranéenne, qui, pour les besoins de la stabilité méditerranéenne, est tout ce dont on a besoin: un Etat tampon unifié par une double peur (celle de son régime et celle de ce qui se passerait SANS ce régime) et perpétuellement en guerre sur sa frontière est (avec les Kurdes et surtout un "sunnistan" déchiré par mille et une factions) arrange au final beaucoup de monde, y compris le Liban, la Turquie et Israël. Parce qu'à moins que Moscou et Téhéran soient prêts à investir des moyens d'une toute autre ampleur, le territoire assadien ne peut s'étendre outre mesure, et ce qu'il reconquiert, il le fait essentiellement avec des troupes et un outillage prêtés et qu'il contrôle peu, voire pas. -
Arabie saoudite, le pays et son influence internationale
Tancrède a répondu à un(e) sujet de Alexis dans Politique etrangère / Relations internationales
L'un des problèmes de tels cabinets de consultants, c'est qu'ils n'opèrent que dans les paramètres qu'on leur donne, ce qui est déjà souvent problématique au niveau d'une entreprise, parce que beaucoup dépend de ce que le client demande, et encore plus de ce qu'il est prêt à entendre; dans le cas d'un pays, le problème est multiplié par cent. Dans un tel contexte, pour des firmes comme les "big three" (McKinsey, BCG et Bain&Co), de tels contrats reviennent souvent à une manière de facturer très lucrativement beaucoup d'heures de travail et de refiler beaucoup de voyages aux frais de la princesse à ses employés, sans que rien ne change réellement au bout du compte; non pas que le travail réalisé ne vale rien ou ne soit pas pertinent, juste que les paramètres de la mission ne sont simplement pas réellement à même de produire du changement. Après, bien sûr, beaucoup de ces experts peuvent aussi se gourrer, se faire des illusions, reposer sur beaucoup de certitudes (y compris idéologiques)..... Quand le client est un pays entier, la réalité à appréhender est souvent trop complexe pour que la réponse soit aisée, après tout. De même, l'un des travers du métier est aussi de développer un art consommé de prôner des recettes toutes faites, adaptées ou non, couvrant suffisamment le sujet ou non, mais de maquiller le produit auprès de l'interlocuteur qu'on "enfume" sous la brillance du propos. Mais dans l'ensemble, ces firmes peuvent généralement produire un travail de grande qualité et souvent très pertinent..... Qui ne reste cependant que du conseil. Après, il faut la volonté, les moyens et le savoir-faire non seulement pour produire le changement (déterminer les objectifs et trouver les moyens pour les réaliser, voir ce qui est possible ou non....) mais aussi pour le conduire (la réalisation elle-même est un casse gueule monumental, surtout dans des entreprises aussi complexes), ce qui est un autre savoir-faire. -
Et entre la preuve que tout ce que Sanders a dit sur Clinton et l'establishment politique dans ses rapports serviles à Wall Street, et des déclarations d'ordre sexuel, les médias ont largement arbitré dans le sens le plus rationnel: on parle de cul et du langage ordurier de Trump. L'information de l'électeur prime dans les Newsroom, apparemment .
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[BREXIT]
Tancrède a répondu à un(e) sujet de Gibbs le Cajun dans Politique etrangère / Relations internationales
Faut voir l'autre côté de l'équation: certes, on a d'un côté une scène politique anglaise qui est en pleine recomposition. L'important n'est pas qu'ils soient en train de se déchirer: ils sont parfaitement capables d'échafauder des stratégies, et je ne doute pas une seconde que le gouvernement, tout comme les autres partis, aient des équipes en train de plancher sur divers scénaris probables, la question étant de savoir quelle majorité, quel muscle, ils pourront se mettre d'accord pour foutre derrière, et c'est bien cela que le bordel du moment recouvre. Les camps en présence, entre partis et au sein des partis, se sentent le cul, essaient d'évaluer ce qui peut être gagné (à l'aune des calculs électoraux nationaux, à l'aune des alliances possibles et des ambitions individuelles, à l'aune des aspirations et intérêts des "clans" de pouvoir, mais aussi à celle de ce qui peut être espéré de l'UE), essaient de prévoir dans quel contexte se feront les négociations: c'est la période où il faut plastronner, jeter des hyothèses à la cantonnade, des exigences trop élevées et incohérentes (pour l'instant ça ne veut rien dire), s'exposer sans rien risquer.... Et la temporisation est le meilleur moyen pour se donner le temps de trouver la "formule politique" intérieure qui permettra de réunir un ordre de bataille un minimum cohérent. Parce que, et c'est là l'autre bord de l'équation, le temps joue aussi sur le continent: quid de la position européenne? Est-elle si claire? Le camp européen est tout sauf uni face à la Gibi, et plus le temps passe, moins la résolution si rapidement affichée et claironnée par Juncker sera crédible: l'UE est faite de pays différents et en compétition, de groupes de pays rivaux variant selon le sujet de discussion.... Et en attendant, la conjoncture et les anticipations qui en découlent changent: la politique est l'art de faire durer les carreaux cassés en attendant ou espérant l'événement mineur ou majeur, le changement qui procurera une occasion et bougera un peu la donne existante: les Anglais font de la politique, et déclencher ou non la procédure est pour l'instant leur meilleure arme, alors ils l'utilisent pour être en meilleure position, avant tout du côté de leur politique intérieure, de négocier. Une scène politique en phase de recomposition, c'est le bordel, et c'est pas beau à voir, mais ce n'est qu'une phase transitoire. Vu sous l'angle de May, jouer la montre reste pour l'instant l'option de base qu'elle doit utiliser avant même de regarder ce qu'elle a d'autre dans son jeu, ou ce qu'elle pourra avoir plus tard. Franchement, rien de choquant dans ce qu'on voit: faut se détacher des aléas quotidiens de la conjoncture (en l'occurrence les disputes intra et inter partis) et laisser passer un peu de temps, que la poussière du champ de bataille retombe un peu. Aucune conclusion ne peut être tirée pour l'instant, vu que l'ordre des jours à venir est encore de redéfinir les camps en présence, de voir qui a une grosse bite, qui a suffisamment de copains (cad ceux qui attendent un peu avant de vous planter un couteau dans les reins), qui peut être rallié sur tel ou tel groupe de propositions.... Et si dans l'intervalle des choses changent sur le continent (élections, changements d'humeur, disputes....), ça posera le problème autrement, ouvrant potentiellement d'autres options. Essayer de décréter des conclusions quand il y a autant de pièces en mouvements simultanés, c'est franchement vouloir sodomiser un coléoptère en plein vol. -
Crise financière mondiale [info only]
Tancrède a répondu à un(e) sujet de debonneguerre dans Economie et défense
Connivence ou influence (voire corruption, ou en tout cas toute cette nébuleuse entre pure corruption directe et lobbying) dans bien des cas, c'est sûr, notamment parce que les liens entre élites politiques et économiques sont si organiques (mêmes études, mêmes cercles sociaux, même identité "de classe", "revolving door" et pantouflage, plans de reconversion des politiques post mandat, financement des campagnes....). Mais l'un des trucs dont il faut se rendre compte aujourd'hui est l'énormité du cash disponible par rapport aux investissements réellement possibles, et pire encore, leur niveau de concentration en terme de centres de décision: la finance mondiale suit essentiellement trois centres (NY, HK, et Londres -pour encore un petit moment), et le nombre de "vrais" décideurs de fait qui orientent massivement les tendances se compte presque sur les doigts de la main; si on y ajoute que l'extrême concentration de ces centres décisionnels financiers et du secteur financier en général crée de facto de petits milieux à fort niveau de panurgisme (structurel et conjoncturel), de même qu'un nombre très réduit (au regard de l'ensemble de l'économie mondiale et des zones, secteurs et récipiendaires potentiels d'investissements) de capacités d'analyse de projet et de prise de décisions, on se rend compte que la capacité de traitement globale du secteur financier est dans les faits disproportionnellement réduite par rapport à l'ensemble des possibilités d'investissement réelles. C'est un cercle assez vicieux: on concentre la décision financière dans un nombre toujours plus réduit de mains, dont le processus de décision devient certes plus efficient (projet par projet), mais dont la capacité générale de décision devient de fait moindre et moins efficace au regard de l'économie. C'est, au sens général, une tendance sans cesse croissante à l'oligopolisation toujours plus étroite de la décision financière, qui réduit le nombre d'endroits (pays, villes, entreprises) d'où une affectation pertinente des ressources peut être émise. Aussi énorme et capable qu'une grande banque moderne puisse devenir, elle n'aura qu'une capacité de traitement limitée par rapport à un système reposant sur plus de banques, et on est arrivé à un point de concentration tel que l'effet est clair, et qu'on ne peut plus faire tenir le débat entre concentration et dispersion de façon équilibrée. Résultat, on a trop de géants dans ce secteur, concentrant les flux d'investissement sur trop peu d'activités, trop peu d'entreprises et de populations. L'effet global n'est que trop partiellement (et très mal) compensé par la financiarisation de fait de nombre de secteurs économiques où des entreprises censément productrices sont de fait, aussi, des banques (quand on "achète" une voiture, de nos jours, on a plus tendance en fait à la louer pour quelques années, avec l'industriel comme banque; c'est même pareil pour les téléphones portables et beaucoup de biens et services), et pas vraiment des bonnes. On ajoute derrière cela, pour soutenir le système, un "second secteur financier", celui des prêts à taux pourris (des prêteurs sur gage avec un logo corporate, en fait), des rachats de créances douteuses.... Qui est plus ou moins développé selon les pays, mais toujours prédateur, peu/mal régulé, et fondamentalement dangereux (sans même parler d'immoral). Si l'équation globale ne semble pas tenable, la question est de voir où se déversent ces montagnes de cash que le système économique ne semble pas apte à absorber, principalement parce que le secteur financier ne peut réellement gérer les flux de manière macro-économiquement utile; qu'est-ce qui fait tenir le bouzin, outre une politique monétaire dangereuse? Les effets de bulle, constant échappatoire qui offre un répit et des opportunités pour quelques années: le gaz et le pétrole de schiste américain est ainsi une bulle à 5 trillions en train de se dégonfler, la dette étudiante américaine en est une autre à bientôt 2 trillions (et Fanny Mae et Freddy Mac sont encore les noms en haut de l'affiche, parce qu'une fois ne suffit pas), et les Chinois en ont quelques-unes pas piquées des vers (dettes du secteur financier, dette des régions, "boom" artificiel du secteur construction pour remplacer les excédents commerciaux massifs depuis 2008), mais rien n'égale le duo de la dette souveraine (même à taux faiblement négatifs, c'est un moindre coefficient de dégradation du capital pour des sommes si vastes) et de l'immobilier des grandes villes de ce monde, où les immeubles vides et grands projets fonciers en tous genres fleurissent et représentent la première destination de fait des montagnes de cash qui optent pour ces investissements douteux, montés en épingle artificiellement pour maintenir l'illusion de la valeur (parce qu'il n'y a pas le dixième de la demande pour occuper/utiliser ces constructions, surtout aux prix qu'elles seraient censées pratiquer), et qui sont en fait nuisible à l'économie des villes où ils se trouvent (tuent le commerce de détail, réduisent la base fiscale, font exploser les loyers et le prix au mètre carré....). C'est par ce biais que Shangaï est à bien des égards une ville Potemkine, que les grands immeubles des Emirats sont des blanchisseuses d'argent, que les "skylines" des grandes villes peuvent de nos jours souvent compter entre 15 et 20% (au moins) d'immeubles vides.... Désolé si c'est pas clair, j'ai écrit très vite, sans réellement penser mes phrases. -
Le problème pour beaucoup de monde, c'est qu'ils ne voient pas le SNAFU comme acceptable: - une certaine proportion ne PEUT pas attendre et/ou voir l'entropie actuelle (en ce qui concerne une frange importante des "low middle class", "working class" et "underclass") se prolonger ou être le seul horizon possible: ils ont bouffé de ce pain depuis longtemps, entendu toutes les promesses, attendu plusieurs cycles électoraux, présidents et majorités.... Et constaté la réalité. Beaucoup d'entre eux ne voteraient pas républicain, ou pas du tout, s'ils n'avaient qu'un choix de président "conventionnel", mais là on leur propose ce qu'ils croient être une grenade, ou une bombe de DDT. Aussi irrationnel que ça puisse sembler, c'est le vote du désespoir ET de l'urgence absolue, réelle et/ou ressentie. - ceux qui peuvent (au moins un peu) plus attendre sur le plan matériel et/ou celui des espérances (pour eux, pour les enfants) sont plus dans une situation similaire, mais sur le seul plan intellectuel et émotionnel: "I want my country back" peut vouloir dire mille et une chose, des nostalgiques de la ségrégation à ceux qui regrettent et/ou imaginent une période passée où la politique répondait plus et mieux aux attentes. Les sentiments de désespoir et d'urgence sont ici moins directement vécus pour leur cas individuel (au moins pas pour l'immédiat), et plus pour le pays, la communauté, tels qu'ils les souhaitent ou contre ce qu'ils les voient devenir - on a le vote évangéliste, très significatif pour Trump, qui renvoie autant aux autres catégories (les électeurs évangélistes n'étant pas, pour la plupart QUE définis par ça) qu'il est son propre truc; et ce truc a été très déçu par le vote républicain de ces 15 dernières années. - on trouve enfin les plus ou moins "haineux" divers que Trump a pu rassembler: ceux qui pensent ou espèrent obtenir avec lui un agenda plus racialement orienté (ou tout au moins fermement défini pour ce qui concerne l'immigration), ceux qui enragent contre l'Etat fédéral, et plus largement, ceux qui en sont à un point d'ébullition plus ou moins prononcé contre "le système" politique/économique, surtout incarné par Washington. Le SNAFU qui fera suite à l'élection de Clinton sera de nature "ravinesque", vu que la victoire des démocrates au Sénat n'est plus si certaine (même si ça reste le scénario le plus envisageable), et celle à la Chambre semble improbable. Vu que l'establishment démocrate est, en plus, complètement corporatiste, peu représentatif, et absolument pas réformable à moins d'une grande baffe dans la gueule (que Sanders a failli administrer), l'horizon américain, c'est "more of the same". Ca peut passer un temps si la "reprise en escargot" continue un peu, mais la colère est bien là, les insuffisances des sytèmes politiques et économiques aussi, les raisons pour ces insuffisances n'ont pas changé, et cette colère a désormais des voix et des visages.
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Intervention dans un morning show US de "l'historien" anglais Niall Ferguson; je n'ai aucune considération pour le gars, dont les oeuvres et thèses ont été aisément démontées pour leur tendance à la pseudo-histoire extrêmement orientée politiquement, et à une interprétation très particulière de sources politiquement choisies, mais il a en l'occurrence trouvé la meilleure formule (ou juste la plus catchy?) que j'ai entendue pour résumer l'opposition Clinton-Trump. Il a évoqué ainsi le fait que les Américains sont face à (ou le ressentent comme tel) une alternative entre SNAFU et FUBAR: "situation normal: all fucked up" (situation normal: c'est la merde), versus "fucked up beyond all recognition" (foutu au-delà de tout espoir). En bref, d'un côté plus de la même chose (contre laquelle une bonne partie de l'électorat à droite, à gauche et ailleurs s'est rageusement soulevée), et de l'autre le bouzin pète. Réjouissantes options.
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Ca me semble aussi largement préférable à tous égards: faut juste trouver l'échelon d'unité idéal, vu qu'à un niveau ou à un autre, le but est aussi que les unités concernées coopèrent.
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Les forces en présences indiquent aussi des logiques très différentes pour le recours aux femmes: - les Kurdes (ceux de Rojava, pas les Peshmergas irakiens qui semblent s'être largement encroûtés et appelés à rester plutôt statiques) y ont recours dans une certaine proportion (très minoritaire malgré tout) parce que leur "modèle" social est plus inclusif et que la représentativité est donc encouragée, voire nécessaire pour garder tout leur monde sur la même ligne. Comme dans toutes les insurrections/luttes armées, avant le stade où des forces armées régulières proprement dites puissent être mises en place, la nécessité (manque de moyens, difficultés d'établir des standards, d'unifier le processus d'organisation/recrutement/entraînement) commande le bricolage avec ce qui se présente, en essayant de mettre tous ceux qui se pointent à contribution et en mettant moins d'emphase sur des exigences de niveau, homogénéité.... Et comme souvent dans les cas d'insurrection, la proportion de femmes est bien plus élevée que dans une armée régulière, quoiqu'il faille voir ce que la répartition du travail est réellement. - la mosaïque vaguement appelée ASL présente mille et un cas de figure, avec pour seule caractéristique commune d'avoir besoin d'effectifs et de prendre tout ce qui se présente, plus d'avoir un peu partout des besoins de capacité d'autodéfense des communautés (rappelons que la majorité des forces en présence en Syrie sont plutôt statiques, autant par contrainte matérielle que par manque de capacité) - les SAA, c'est encore autre chose: le régime syrien fait autant face à un très faible niveau de volontariat dans sa population (défiance vis-à-vis d'Assad, faible croyance dans les capacités des SAA....) qu'à un manque désormais cruel de capacités à entraîner et encadrer des forces d'où la compétence a disparu. Pire encore, la majorité des forces censément SAA, et une portion écrasante de celles qui mènent effectivement le combat, ne sont pas faites de Syriens: en plus des "alliés", les rangs même de "l'armée" d'Assad sont composés d'étrangers, ce qui pose avec urgence les questions du contrôle et de la loyauté des dites forces. Dans ce cadre, le régime prend tout corps à 37°c avec une carte d'identité syrienne, ce qui est plus un signe de désespoir et d'impuissance du gouvernement d'Assad, là où côté Kurdes, le recrutement féminin souligne à l'inverse la forte volonté de combattre de la population et la prise en compte de ce fait, par ce biais (de forces spécifiquement féminines) par le gouvernement.
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Ce qui risque de faire la conversation des prochains jours, surtout si c'est bien exploité par la campagne Trump et/ou si cela fait du buzz sur les médias sociaux au-delà des fans de Trump: Bill Clinton a gaffé hier lors d'un discours de campagne pour sa femme, en dégommant l'ACA, le qualifiant de "craziest thing in the world" et décrivant ses aberrations et faiblesses. L'ACA, ou "Obamacare" est la pièce maîtresse de l'héritage d'Obama, largement supporté par Hillary Clinton qui s'en est faite la porte parole et s'est déclarée déterminée à le maintenir et l'améliorer; la gaffe de son mari fait donc tache, et ce d'autant plus qu'elle révèle autant les possibles rancoeurs entre les deux "couples présidentiels" que la réticence de Bill Clinton à passer au second rang dans la mémoire présidentielle, lui qui notamment avait voulu en son temps faire passer une couverture santé universelle et avait largement raté son coup, devant au contraire éviscérer Medicare/Medicaid. Il avait été l'agent de campagne le plus efficace d'Obama, et s'est révélé très efficace pour sa femme, mais a aussi multiplié les bévues, sans en faire une aussi énorme cependant.
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[Séries TV]
Tancrède a répondu à un(e) sujet de Philippe Top-Force dans Livres, magazines, multimédia, liens et documentation
Je sais franchement pas ce qu'ils vont pouvoir faire avec ça: le personnage m'a toujours fait royalement chier, et le principe de son pouvoir (sans compter le fait que ce n'est PAS un gentil) me semble difficilement compatible avec une série qui crache: les délires mentaux/psys et trucs oniriques donnent rarement des trucs bien à l'écran. Déjà qu'en BD, les trucs avec Légion sont chiants.... Personnalités multiples et projection dans des illusions permanentes (on sent venir les trucs à tiroirs infinis), ça fait pas rêver . En plus, c'est la première série Marvel connectée à leur autre univers ciné, celui des X-Men, qui, s'il reste cohérent (Bryan Singer est toujours à la barre), va donc garder Légion lié à Stryker (et non à Xavier, comme dans la BD) et, le condamner à être inscrit dans la timeline déterminée depuis maintenant une quinzaine d'années (il apparaît dans X-Men II dans un état assez.... Avancé). Sinon j'ai essayé Conviction, une série judiciaire avec Haley Hatwell, l'ex Agent Carter: à éviter. Après, je suis passé à une série plus ambitieuse et avec des moyens, Timeless: un truc de voyages dans le temps qui fait un peu sentir une adaptation de la série espagnole El Ministerio del Tiempo (bizarre mélange de tragique, comique et auto-célébration patriotique, bourré d'incohérences, de facilités et d'insuffisances, mais bizarrement attachant). Pas mal: ça casse pas trois pattes à un canard, mais l'image est belle, le casting bien assorti, le rythme bon, et on se laisse couler devant sans problème. Dans le genre déconnexion du cerveau, ça vaut beaucoup mieux à mon goût que Blindspot et autres trucs du genre. Voyage dans le temps où on se soucie pas trop d'inventer des délires scientifiques trop élaborés pour justifier les prémisses (dans la série espagnole, on se contente d'avoir un couloir avec une série de portes ouvrant sur des époques différentes, soi-disant bricolées par un alchimiste du Moyen Age), tempo enlevé, histoire alternative et courses poursuites, avec des moyens pour pas faire cheap et des dialogues juste ce qu'il faut pour pas me faire grincer des dents. Parfois, j'en demande pas plus; faut juste appuyer sur les bons boutons. -
[Séries TV]
Tancrède a répondu à un(e) sujet de Philippe Top-Force dans Livres, magazines, multimédia, liens et documentation
Elle est pas servie par le script, qui est outrageusement mélo (ce qui tourne vite au ridicule quand on combine la chose avec la multiplication constante des tiroirs de l'intrigue, de la énième merde qui tombe sur l'équipe....), constamment déprimant et grandiloquent, et, question dialogues, pas vraiment une référence. -
Plutôt de la bande des fanboys de matos allemand au Pentagone: crois-le ou non, il y en a toujours qui ont cet énorme préjugé favorable à l'armée allemande, complètement imprégnés qu'ils sont par la mystique qui a été créée sur elle dans les années 60-70. Il y a un prisme déformant dans leurs yeux à l'égard de tout matériel blindé allemand. Si on joint cela aux partisans du "tout lourd/ultra-lourd", on a le lobby susmentionné. Je ne doute pas qu'à côté de cela, l'industrie allemande finance un certain niveau de lobbying, évidemment. Pour la nouvelle organisation des BCT, y'a foncièrement rien de vraiment changé dans l'orga, si ce n'est que les brigades blindées et d'infanterie ont été redimensionnées pour s'aligner sur la conception des Stryker Brigades, soit 3 bataillons de manoeuvre interarmes au lieu de 2, avec tout le soutien et l'appui augmenté de la même façon pour maintenir les proportions établies (1 troop de reco, 1 batterie d'artillerie et 1 Cie log par bataillon, plus un effectif donné dans les autres unités de soutien et appui). La réduction du nombre de brigades a été le corollaire de cette densification, globalement à iso-effectifs (ou pas loin s'en faut): le nombre de BCT d'active est passé de 45 à 32, puis 30 (9 blindées, 7 Stryker, 14 Infanterie -dont 4 aéroportées et 3 air-assault). Ainsi, les Infantry Brigades sont passées de 3300 à 4413h, et les Armoured de 3900 à 4743h, les Stryker Brigades augmentant peu, à 4500h; en plus de l'augmentation capacitaire des deux premiers types, il y a eu, pour toutes, un renforcement du soutien par petits incréments ici et là. J'ai pas cherché le détail de la chose, mais un des principaux points de développement, avec la modernisation engagée en 2010 et la grande réforme de 2013 qui a défini le format actuel, le domaine C4ISR a vu beaucoup d'efforts et d'augmentations d'effectifs.
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Ils ont essayé de compenser avec l'image tremblante et en switchant les caméras toutes les secondes, mais c'est juste énervant, et ça ne change pas grand-chose à l'impact ou à la crédibilité des combats (à moins que ce soit vraiment catastrophique en vrai). -
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Cloak and dagger est déjà en route, mais c'est ABC, donc ça va être un produit "famille/tous publics" (en plus ABC a une forte tendance à foirer les séries).... Gnangnan à craindre, surtout vu qu'ils prévoient essentiellement d'en faire une love story avec un ton super héroïque (pour un duo qui était déjà franchement un peu gland et mélo gratuit en BD). Damage control aussi est sur les rails, après l'élimination du 2ème spinoff de Agents of SHIELD (le truc avec Mockingbird et son ex-mari). J'attends surtout qu'ils fassent un peu plus avec l'univers de Neil Gaman, mais après l'arrêt de Constantine et l'affadisation de Lucifer (devenu une espèce de série de détective, et ayant visuellement et narrativement peu d'ambition, plus des moyens limités), je crois pas vraiment que ça va se faire... Exit Sandman, sans doute. Pour DC, l'univers créé sur le petit écran flirte entre nullissime et minable sur tous les plans, ce qui va bien avec la chaîne sur laquelle ça passe: le CW network, la chaîne des ados solitaires et complexés, où pas une série n'a une équipe de scénaristes correcte. La preuve, s'il en faut une de plus? Supergirl y a été transféré (avec dix fois moins de moyens pour la S2) après sa première saison merdique à l'audience en chute libre. En résumé; seul Netflix arrive à faire quelque chose qui pète. Même Gotham commence à franchement me courir sur le haricot après avoir pourtant fait une si bonne entrée en matière. Ca tourne en rond, ça prolonge des trucs qui auraient du être réglés depuis longtemps, ça fait des retournements beaucoup trop incroyables et resuce sans arrêt les mêmes recettes, tire sur les mêmes fils, sombre dans l'extrême narcissisme de persos beaucoup trop torturés pour créer la sympathie.... Raaaah, celle-là elle m'a énervé: amener autant au début pour ensuite vous lâcher ainsi! Je devrais porter plainte! Ceci dit, la saga des "Infinity wars" avec le gant, les gemmes et tout le bastringue, j'ai pas hâte de voir ça débarouler à l'écran, par crainte du grand ridicule, et plus encore d'un Thanos qui ne tienne pas la route (déjà un méchant entièrement CGI, ça risque de manquer d'un peu de "consistance", et si c'est un gars maquillé, attention: Apocalypse devrait servir d'exemple à ne pas suivre). J'ai lu le truc à l'époque où c'est sorti en comic, autant le début m'avait emballé (surtout le prélude, l'album sur la conquête des gemmes par Thanos), autant passé le début, ça c'est enfoncé. -
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Disons que le niveau de "suspension of disbelief" auquel on est chacun prêts varie effectivement selon l'individu, son âge, mais aussi le moment du visionnage (y'a des jours avec....), mais il y a aussi les particularités de ce qu'on te demande d'avaler, et moi, les sociétés secrètes de ninjas magiques tout puissants qui se servent d'armes blanches (qui semblent soudain hyperefficaces contre des adversaires qualifiés et armés avec des trucs modernes) et vivent comme au Moyen Age, c'est pas dépaysant, c'est du mauvais folklo pour l'Américain en quête d'exotisme cheap abusant de clichés pourris.... C'est un truc qui a été trop utilisé un peu partout depuis 3 décennies, jusqu'au point de saturation (pour moi), et qui pêche par abus de ridicule. Ajoutes-y comme décoration les trips faussement traditionnalistes et autres clichés et tropes du genre, le jeu d'acteur ampoulé qui va avec (sempiternelles scènes sur les "initiations" et moments de méditation, les katas sur fond de jardin japonais, les regards qui en disent beaucoup mais restent torves....), et au final tu as juste un prétexte toujours aussi bancal pour foutre des ninjas (rien que l'usage du mot sonne tellement années 80) dans un environnement urbain moderne qui se feraient descendre par le premier flic venu avec son flingue. J'ai pas trouvé l'injection d'Elektra géniale dans la 2ème saison, et tout ce qui va avec, qui rompait un peu ce rapport accru et renouvelé au monde "réel" que la première saison avait si bien réussi (notamment en créant une excellente adaptation à l'écran du caïd). Evidemment, c'est très perso, mais j'aimerais éviter de voir trop du geekisme dans lequel j'ai peur de voir Marvel vouloir à tout crin s'enfoncer à mesure que les films et séries en cours avancent: multiplication des personnages au point de l'affadissement et de la confusion à l'écran (plus il y en a, moins on s'y intéresse ou attache, et le nombre "acceptable" à l'écran est bien moindre qu'en BD), trop de retournements trop peu croyables (notamment si on commence à faire mourir et ressusciter des persos.... Et trop souvent en plus), trop de mélo (et Marvel a la main lourde en la matière) qui n'abuse même pas des ados émos (faut arriver à prendre les persos au sérieux pour que leurs émois puissent toucher), trop de "subtilités" n'intéressant que les hypergeeks, trop de super-pouvoirs et/ou de "magie" (alors que franchement, où est la différence à part des persos qui te disent qu'il y en a une?), trop d'intrigues à tiroir avec des deus ex machinae.... Les recettes Marvel pour le média comic qui dure des décennies ne peuvent que très peu être applicables pour l'audiovisuel, où le niveau de délire et de flemme scénaristique encaissable, surtout si on veut un très large public, est bien plus limité. Les premières saisons des persos ont bien marché et visuellement marqué parce qu'elles étaient simples: peu de perso, des trucs assez directs, rien de trop alambiqué réclamant trop de références ou d'investissement dans les méandres du geekisme (notamment le fait de reconnaître que les films sont bien dans le même univers, mais en évitant d'y faire trop allusion, de trop faire interagir les différents fils d'histoires), et essayer de faire tenir chaque série par elle-même sans trop faire interagir les trames narratives et personnages (juste le minimum syndical avec Claire, parce qu'elle a un rôle ultérieur à jouer pour les réunir). Pour les films, par exemple, je crains beaucoup la future saga cosmique (déjà en production), et les baisses d'appréciation et de résultat (notamment la rentabilité) qu'on a vu avec la série Thor peuvent augurer du pire: quelque chose me dit que s'ils commencent avec les grands pouvoirs cosmiques, les entités métaphysiques, l'espace où tout le monde a l'air de pouvoir respirer et se mouvoir comme si de rien n'était.... Je vais me barrer (si Galactus arrive, je sors de la salle.... Ou je zappe), et à mon avis beaucoup de monde avec moi. Les geeks applaudiront sans doute, mais l'immense majorité du public qu'ils ont acquis depuis quelques années n'est pas faite de geeks Marvel (voir l'évolution de l'audience de Agents of SHIELD: plus elle s'est focalisée sur la mythologie et la narration à la Marvel, meilleures sont devenues les critiques.... Et plus l'audience s'est effondrée, essentiellement résumée aux dits geeks). Y'a un juste milieu à trouver dont je trouve qu'ils s'éloignent chaque fois qu'ils veulent plonger dans leur mythologie et leurs intrigues sans fin. -
Tu te projettes trop dans ton désir profond: Clinton a pour l'instant encore un avantage décisif en vote par Etat, et suite à la semaine dernière (tendance générale? Débat? Ce qui a suivi le débat?), Clinton a même renforcé cette avance, avant tout en repassant (assez nettement) devant en Floride, un Etat dont elle n'a pas besoin, mais sans lequel Trump n'a même pas un chemin, aussi ardu soit-il, vers la victoire. Le Nevada semble rester côté Trump, mais dans la marge d'erreur, et l'Iowa semble lui plus nettement dans sa fouille (mais c'est un petit Etat), de même que l'Ohio (sans lequel il serait complètement hors course). La Pennsylvanie reste hors de sa portée, et le doute demeure dans le Michigan et la Caroline du Nord (même s'il devrait emporter cette dernière), voire potentiellement de nouveau en Georgie (et s'il la perd, là aussi c'est game over). En bref, si on prend la course comme elle va se jouer, cad en terme de grands électeurs, il reste plutôt dans la merde, et Clinton est au jour d'aujourd'hui au seuil de 270, voire un peu plus. Un moins mauvais signe pour Trump cependant: il est mieux placé que Romney ne l'était au même moment il y a 4 ans. Beaucoup repose toujours, cependant, sur deux facteurs peu quantifiables, qui sont cette année à un niveau beaucoup plus élevé que d'habitude: - les hésitants: ils sont encore, selon le moment, entre 10 et 15%, auxquels il faut ajouter nombre de ceux qui disent aujourd'hui vouloir voter Stein ou Johnson mais ne le feront pas le jour J, pour un total approchant peut-être les 20% - le niveau de l'abstention, surtout dans les swing states évidemment, qui peut faire beaucoup, de même que le nombre de ceux qui iront voter mais laisseront la case présidentielle vide (et il semble qu'ils seront beaucoup). L'élection dérange tellement de monde, tant via la colère contre "le système" et Washington (qui incarne le système) que via le dégoût vis-à-vis des deux candidats, que l'évaluation du nombre de "likely voters" est anormalement difficile, sans même parler de ce qu'ils vont voter. Les votes Stein et Johnson sont sans doute surévalués comme c'est toujours le cas des "third parties" aux USA vu le fonctionnement de leurs élections: la mentalité "vote utile" frappera sans doute une portion significative des électeurs au dernier moment, entraînant un vote pour un des deux "grands" ou l'abstention "partielle" (laisser la case en blanc et voter pour les autres élections) ou complète.
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Mouaif, pas si torturé que ça: il ne doute jamais réellement de la mission, fait le bien parce qu'il le peut, le veut et parce que c'est sa nature (sa compensation psychologique pour son handicap, aussi?).... En bref, question "identité" à l'écran, j'ai peur que Rand fasse redondant par manque de différences trop évidentes, trop marquantes: ce qui passe en comics parce qu'on le lit ne passe pas forcément à l'écran. C'est un autre média, un autre langage, une autre visualisation, un processus d'assimilation et d'appropriation trop différent, bien plus rapide. Mais bon, on peut en discuter longtemps, ça va pas changer grand-chose avant que le produit débarque sur les écrans. Pour ma part, j'essaie de me calibrer pour des attentes très basses, histoire de faciliter la surprise heureuse, ou au moins tolérable. J'attends pas énormément d'iron Fist, ça c'est certain. Un Bruce Wayne/Oliver Quinn (et j'en oublie sûrement) bis, avec un gimmick plus orientalisant et un fort parfum persistant de vanille industrielle bien fadasse, sur lequel on saupoudre tous les clichés (situations, détails, histoire, personnages secondaires) possibles. Vu ce qu'ils ont pu un peu rater (sans que ça nuise de façon trop grave) avec l'écriture de Luke Cage (clichés, tensions faiblardes, platitudes, tempo) et Jessica Jones (pas tenu la distance sur tous ses épisodes, trop de répétition et longueurs, trop d'obsession narcissique et de misérabilisme), mais aussi dans la deuxième saison de DD (beaucoup trop de clichés et d'enferrement dans le geekisme qui ferme un peu la série aux non fans du comics: sociétés secrètes de ninjas courant dans NY, magie....), j'ai un peu peur de voir mes anticipations confirmées et de décrocher un peu, ce qui serait décevant vu que j'ai initialement beaucoup accroché à l'univers new yorkais que Marvel a créé, appréciant les moyens et le temps consacré à la mise en place de cet environnement riche et stimulant. -
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Tancrède a répondu à un(e) sujet de Philippe Top-Force dans Livres, magazines, multimédia, liens et documentation
Extrêmement bien réalisé, bien posé, bien joué et bien écrit, et, très visiblement, foutrement bien financé. Bonne atmosphère. Ca promet beaucoup, tout en donnant l'impression, ce qui est rare, de pouvoir tenir la promesse. L'ambiance est toujours là, les paysages toujours aussi prenants, l'environnement attachant, et y'a même un peu plus de tentatives d'alléger ponctuellement l'ambiance, mais l'intrigue commence à trop tourner sur elle-même et ses mécanismes, avec un Walt qui devient franchement insupportable et caricatural trop convaincu d'avoir toujours raison contre tout le monde, agissant comme un idiot éructant des accusations sans preuves dans tout les sens et appelant ça une méthode de police, avec des scénaristes qui encouragent ce phénomène au lieu de faire jouer des gardes-fous de bon sens. Résultat, le personnage est juste à baffer au lieu de continuer à être le pivot de la série, la figure du justicier inamovible auquel tout le monde se raccroche. A force, j'en suis venu à avoir plus de sympathie pour Jacob Nighthorse, censément le méchant. J'ai tenu pas mal d'épisodes par inertie et parce qu'au fond, je croyais qu'on voyait une sorte de travail sur un Walt à la dérive qui en viendrait à se ressaisir, seul ou avec de l'aide, mais non. J'ai un peu l'impression de voir l'essentiel de ces fonctions occupées par Daredevil, même si pour le côté comique, il le fait avec l'assistance de Foggy. -
Vu ce qu'il s'est foutu lui-même dans la gueule la semaine dernière, pendant et surtout après le débat (ce qui suit la bataille est toujours plus décisif que la bataille elle-même), on pourrait bientôt paraphraser pour lui ce qui s'est dit de la présidence de Giscard: "Donald, en 2015-2016, t'as pas été candidat, t'as été ridicule".