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Tout ce qui a été posté par Tancrède
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D'après ce que j'ai compris de la chose à travers mon expérience perso (pas du combat, mais d'un trauma lourd, plus la psychanalyse 26 ans après, plus évidemment un paquet de lecture), le trauma repose sur la conjonction d'une peur très intense, prolongée ou non (ça peut être un événement très ponctuel ou la conséquence d'une longue répétition de situations hautement stressantes), avec le constat de sa propre impuissance face à cette peur (vraie ou non: ça peut juste être du à une perception momentanée d'impuissance), soit l'incapacité d'agir/réagir face à l'inattendu ou l'inéluctable. Plus généralement d'ailleurs parce qu'on ne sait pas quoi faire, ou parce qu'on ne peut objectivement rien faire et qu'on ne l'accepte pas (à un niveau inconscient, pas au niveau rationnel). Le résultat est qu'on est ensuite perpétuellement, à un degré plus ou moins important, dans la situation du trauma (généralement sans s'en rendre compte) et qu'on se condamne sans le savoir à revivre la dite situation ad vitam, parce que quelque part, le cerveau n'a pas pu gérer et assimiler l'événement correctement (le replacer dans son contexte, revoir ce qui est arrivé à froid, faire la part des choses et le placer à ses justes place et dimension). C'est pourquoi la préparation militaire, l'acquisition de réflexes via le drill, le travail sur la mémoire musculaire, la mise en situation et le fait de pouvoir réagir, individuellement ou collectivement, au plus grand nombre de situations potentielles possibles, sont fondamentaux, de même qu'après coup, le débriefing, même informel entre pairs, la transmission du savoir et de l'expérience, des périodes de transition pas trop brutales (retourner abruptement dans son environnement normal tend à "foutre la poussière sous le tapis" si on peut dire) et si possible, un processus psychanalytique pour faire le travail nécessaire pour déboguer la machine en démystifiant les événements et situations traumatiques et leurs circonstances (un trauma est en définitive une erreur d'input, de l'info très mal programmée dans les logiciels du système). On doit revoir et réanalyser l'événement, dans les circonstances dans lesquelles il est arrivé (ici donc, aussi et avant tout les circonstances émotionnelles), pour ne pas se condamner à le revivre, à être perpétuellement dans l'état dans lequel on était alors, à interpréter, à un degré ou à un autre, ce qu'on vit et voit ensuite comme si c'était encore cet événement fondateur (exemple fréquent dans les cas de PTSD: se revoir en situation hostile et y réagir agressivement. Ca peut être ponctuel, face à un ou plusieurs stimuli bien particuliers, ou aller jusqu'à un état constant).
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Crise financière mondiale [info only]
Tancrède a répondu à un(e) sujet de debonneguerre dans Economie et défense
A propos des interactions gouvernement-Wall Street avant et pendant la crise financière: http://www.ibtimes.com/political-capital/big-data-exposes-how-politically-connected-traders-cashed-during-financial-crisis Food for thoughts.... Et pour l'indignation. On ne parlera même pas de l'étrange position du FBI après ses enquêtes sur les responsabilités de cette crise, et l'absence quasi-totale de poursuites; rappelons à cet effet que nombre de pages des rapports ainsi obtenues sont encore classifiées par ordre de l'exécutif. -
Le plus grave pour la Russie étant aussi que la démobilisation post-Afghanistan s'est faite essentiellement dans la même fourchette de temps que la fin de la guerre froide, cad en fait la "démobilisation" de l'URSS et du constant niveau de préparation à la guerre qui accompagnait (et par bien des aspects soutenait) son existence. Résultat, ce sont des dizaines de milliers de vétérans qualifiés (et des centaines de milliers de conscrits avec ou non un peu d'expérience de la guerre), de soldats d'élite, mais aussi d'agents de renseignement et d'experts de la sécurité intérieure en tous genres, qui se sont retrouvés du jour au lendemain sans perspectives et sans occupation. Le dégraissage du KGB et des unités pointues de sécurité intérieure et de l'armée ont donné au crime organisé un vivier terrifiant dans lequel puiser.
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[Séries TV]
Tancrède a répondu à un(e) sujet de Philippe Top-Force dans Livres, magazines, multimédia, liens et documentation
Ouais, mais il va devoir exister par lui-même dans sa première saison: Cage a sa propre merde à régler d'abord (à moins de lui faire prendre vraiment beaucoup de place dans la 1ère saison d'Iron Fist, ce qui est douteux), même si tous les ingrédients sont là à la fin du 13ème épisode pour indiquer qu'il va être relâché vite (le dossier trouvé par Fish, Matt murdock visiblement sur les rangs pour s'en servir). J'adore, ceci dit, le petit détail qui indique comment l'univers D'Iron Fist et celui de Cage vont se rencontrer, une fois encore avec Claire comme véhicule liant les séries entre elles: elle chope un numéro de téléphone sur un flyer accroché à un réverbère.... Celui du dojo de Colleen Wing. Mais putain, Danny Rand a intérêt à être VRAIMENT bien écrit, sinon on aura le personnage le plus fadasse des séries Marvel (je mets à part les séries "networks": Agents of SHIELD et Agent Carter, qui sont des produits génériques plats et bas de gamme sans ambition), avec le risque bien réel aux USA, si jamais, en voulant donner une "saveur", ils se penchent sur Chinatown (qui est exactement à l'opposé de Harlem dans Manhattan, soit une sacrée trotte.... Va falloir jouer fin pour justifier la collision), avec un blanc comme élément central: l'accusation de whitewashing n'a jamais été si employée que de nos jours. -
Je ne faisais pas ici la distinction intellectuelle des concepts, mais la description plus générale de la façon dont ces termes sont généralement entendus et assimilés dans la discussion courante (cad les débats télés et les empoignades par éditos interposés, généralement, voire les sections "commentaires" des articles en ligne): j'ai plus vu "libéral" et "néo libéral" assimilés que distingués, même si je sais bien que certains se définissant comme "libéraux" feront tout pour essayer d'établir un distingo ferme.... C'est juste que personne ne l'écoute dans la majorité des cas. Tout comme, aux USA, personne sur la droite du spectre n'essaiera d'assimiler un démocrate à autre chose qu'un "pinko liberal commie" en dehors des débats télés de certaines chaînes (indice: pas Fox, pas CNBC, et de moins en moins CNN), et pas tant de monde que ça à gauche ne fera de nuance entre les différentes formes de droite, sauf via le critère religieux (y'a ceux pour qui ça compte beaucoup, et les tarés de la chose), ce qui d'ailleurs a de la légitimité vu l'évolution du GOP ces 20 dernières années, lancé dans une course vers le durcissement et la surenchère constants. Les "rockefeller republicans" ont disparu dans les années 80, les républicains modérés à la fin des années 90. Mais plus généralement, les distinctions entre "conservatives" n'intéressent du monde que lors des conventions du GOP et dans les talk shows de Fox, et c'est essentiellement pour dire qui est un vrai conservateur et qui est une tapette (généralement celui qui hésite une seconde avant d'être pour la torture, la peine de mort, la suppression de tout impôt et de toutes les agences du gouvernement fédéral sauf l'armée.... Et je caricature à peine). Pourquoi contresens? J'évoquais la chose comme justement toutes les formes d'organisatio qui éloignent la prise de décision gouvernemental d'un contrôle électoral: cela inclue instances permanentes regroupant des gouvernements certes élus, mais qui sont aussi contraints par les mécanismes ainsi mis en place (et leur multiplication, qui dilue d'autant leur autonomie de décision et leur capacité de contrôle) pour ces échelons de décision aujourd'hui permanents, de recours fréquent et couvrant une portion énorme du champ d'action d'un gouvernement. C'est donc une organisation transnationale, même si ceux qui y participent sont nos élus: quand la dite organisation devient le cadre de référence, et que ce cadre n'est plus une réunion entre alliés souverains une fois tous les 5-6 ans sur quelques grandes orientations stratégiques, mais un truc fréquent dans une année (d'autant plus fréquent qu'il faut des prises de décisions sur mille et un sujets) s'attaquant à tous les sujets de gouvernance les plus lourds, on ne parle plus du tout de la même chose. On n'est plus un pays souverain réglant quelques conventions contraignantes avec ses alliés: on élit juste un membre minoritaire du board d'une grande corporation. La nuance est de taille. Dans le principe, la forme est la même, mais dans les faits, le rapport de pouvoir, le cadre de référence et le niveau d'autonomie sont inversés.
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[Séries TV]
Tancrède a répondu à un(e) sujet de Philippe Top-Force dans Livres, magazines, multimédia, liens et documentation
Je crains très fort le Iron Fist, qui cumule d'avance beaucoup de handicaps, dont le fait d'avoir maintenant à se mettre au niveau de ce qui a déjà été fait: - c'est un personnage essentiellement secondaire et fondamentalement emmerdant dans le monde des super héros: le fils de milliardaire qui est sorti de son milieu pour subir un apprentissage "à la dure" et revenir jouer les justiciers.... Vraiment? Bruce Wayne et Oliver Quinn réclament leurs droits d'auteur - le mauvais trip arts martiaux tel que vu dans les années 70: ils ont évité de sombrer dans le trip blaxploitation/remake de Shaft avec Luke Cage, mais le problème de Danny Rand est qu'il n'a pas grand chose d'autre comme thème - et on a en fait là le petit "WASP white boy" générique sans saveur, sans odeur, sans charme, à l'histoire personnelle totalement fade, et dont le "pouvoir" n'a rien d'exceptionnel pour se démarquer à l'écran: Daredevil occupe déjà le créneau "arts martiaux/sociétés secrètes".... Pourquoi en foutre un deuxième? - on en a maintenant 3 bien établis et visuellement forts: le quatrième, par son ordre d'arrivée dans l'univers visuel et les ciboulots, risque de faire rajout de dernière minute (histoire d'avoir un nombre pair? Faut bien une raison) à moins qu'il n'apporte quelque chose de réellement unique et marquant. Evidemment, j'espère me tromper et être surpris, mais j'ai du mal à voir ce qu'ils pourront tirer d'Iron Fist, la caricature de Bruce Lee et de l'engouement occidental pour le trip des arts martiaux traditionnel dans les années 70 (très caricatural, très mauvais, très ridicule, et en plus avec des rubans flottant au vent), en version "whitewashed". Ils ont pu actualiser Luke Cage parce que Harlem et la question socio-culturelle portée par le personnage a encore une actualité aux USA, et une forte présence dans les mentalités: dépoussiérer le héros (j'ai adoré quand ils lui ont brièvement collé l'apparence de son costume "historique" très seventies: la grande chemise jaune à manches bouffantes et la tiare) n'était qu'un problème esthétique. Pour Iron Fist, je vois pas très bien ce qu'il porte avec lui, et les quelques éléments concrets du perso sont très banals. Pour la série Luke Cage, j'ai quand même trouvé l'écriture faiblarde par moments, et une incapacité répétée à créer le niveau de tension voulue, malgré pourtant d'excellents acteurs (avoir Affre Woodward et le gars jouant Cottonmouth en discussion tendue, et que ça donne une scène plate..... C'est pas la faute des acteurs): peut-être ont-ils voulu viser trop haut par rapport à ce qu'ils étaient capables de donner. Mais le problème, déjà évoqué, c'est le rythme. Pas assez grave pour empêcher le show d'être globalement bon et très attachant, mais suffisant pour déranger et être noté. Et l'action, effectivement, pêche, dans la dernière partie, quand le crescendo des épisodes a eu lieu et que les 3-4 derniers seraient censés avoir des scènes qui en foutent pas mal dans la vue. On demande pas la version bis de l'invasion de NY par les aliens vs les Avengers, ni même une crise de colère de Hulk, mais quand même un peu plus que le costume ridicule de Diamondback et le pugilat emotionnel statique des deux frères avec quelques vols planés au mieux du mieux. DD a fait mieux sans super-pouvoirs: tout est dans le rythme, mec..... Et là, en plus, c'est à Harlem, donc par d'excuse pour le manque de tempo! -
J'avais créé un sujet qui évoquait, entre autres aspects, ce thème: il s'appelle "Après la guerre", je crois. On avait pas mal évoqué les énormes problèmes posés par les démobilisations massives, et leurs multiples impacts, notamment en matière de criminalité. Rappelons par exemple que deux des âges d'or de la piraterie correspondent aux lendemains de très grandes guerres (guerre de Trente Ans et guerre de succession d'Espagne), ou que la période "sauvage" du Far West est directement due aux lendemains de la guerre de Sécession. Faudrait transférer sur ce topic, histoire de pas faire redondance.
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Apparemment, il le serait bien, du moins, d'une certaine façon: Forbes a publié une évaluation cette semaine (ils suivent le cas Trump depuis des décennies; avant tout sur ce sujet) établissant qu'il "pèserait" autour de 3,7 milliards, du moins de façon virtuelle, essentiellement via ses propriétés immobilières. Sa "marque" et sa façon de l'évaluer sont du délire complet: personne n'achète les goodies avec son nom dessus (cravates et mille et un autres trucs dont beaucoup ont fait faillite avant de vendre un seul exemplaire.... Comme les steaks) ou n'utilise un bien ou service estampillé "Trump" (Cie aérienne).... Sinon les établissements qu'il possède ou ceux qui sont à ce nom (lui-même n'ayant au mieux qu'une participation ou juste son nom dessus contre un chèque). D'après pas mal de monde ayant bossé sur le cas (y compris des banques), comme le précise Forbes (et le milliardaire médiatique Mark Cuban, proprio de grands clubs sportifs ricains et ex-concurrent de Trump via son show de télé réalité "Shark Tank", qui a décidé depuis quelques semaines de tout faire pour ridiculiser Trump), Trump est considéré comme "asset rich, cash poor", et ce depuis des années: il possède beaucoup d'actifs peu liquides (essentiellement des terrains, des droits et des immeubles), mais pas énormément de liquidités (à l'échelle de ses propriétés et de son "empire"), et les premiers ne semblent pas générer des revenus assez significatifs pour faire croître l'organisation et lancer des investissements conséquents, raison pour laquelle quand il veut le faire, il doit vendre (et entre la valeur estimée de tels biens et leur valeur de vente, surtout si le proprio est médiatique, il y a une marge) et/ou emprunter, raison pour laquelle il a aussi une forte dette, de lourds encours de dettes à régler chaque année, et un recours très actif à tous les trucs du code (déjà bien truqué) américain des impôts. Il doit payer chaque année, encore aujourd'hui, un max de trucs datant de ses faillites monumentales dans les casinos, et de sa politique d'expansion via un endettement massif. C'est aussi (outre sans doute des considérations psychologiques) la raison pour laquelle il a trempé dans de multiples "petites" arnaques comme Trump U ("petite" dans le sens où il s'agissait de piquer des montants réduits -mais lourds pour les gens normaux), visant à choper 1000 à 10 000 dollars ou un peu plus au péquin lambda, le genre de combine où les "vrais" milliardaires ne trempent pas les doigts, aussi bien parce que ce sont des picaillons, que parce que ce sont des trucs mal goupillés qui font des taches qui vous restent longtemps sur les Westons. Oui, c'est très confus tout ça, et la traduction n'aide pas. Mais faut aussi définir ce qu'on entend par "réactionnaire". "Conservateur" au sens américain, Trump (ou du moins les lignes directrices qu'il adopte... Quand il les garde plus de deux minutes) ne l'est que sur certains points (immigration notamment), même si le terme est lui-même équivoque aux USA, étant donné qu'on peut évoquer les "écoles" du conservatisme et leurs extrêmes différences: entre le conservatisme à l'ancienne (où le programme de Trump semble puiser: isolationisme, protectionnisme, ordre social, main lourde côté policier), sa nouvelle itération avec William F. Buckley et le reaganisme, puis les formes récentes et plus extrêmes (néocons, tea-partyisme....), sans même compter les "écoles théoriques" plus ou moins marginales (paléo-conservateurs et autres), il y a un vaste menu, et toutes les options sont loin d'être compatibles. Mais "réactionnaire" aux USA, c'est un terme qui ne veut pas forcément dire grand-chose de comparable à ce qu'on peut entendre par là en France, et qui est rarement usité: au mieux renvoie t-il, plus souvent dans le sud, aux dixiecrats et autres nostalgiques de la ségrégation (et il est vrai que Trump les sollicite, parfois directement avant de faire une semi-rétractation, soit en usant à l'occasion de "mots clés" connus faisant allusion à leurs préférences) et d'un ordre social "traditionnel" (sachant que chaque groupe social définira ce "traditionnel" différemment) mal défini, mais le plus souvent lié à une connotation raciale. Pour le "anti-libéral", je crois qu'il faut là comprendre la chose au sens du rédacteur de post français: aux USA, pour établir la même signification, ils diraient "anti neoliberal".... Le terme "neoliberal", moins usité hors des conversations un peu éduquées, étant étrangement aux antipodes de ce que "liberal" en est venu à vouloir dire dans la vie politique américaine. "Neoliberal" veut dire la même chose aux USA que "néolibéral" et "libéral" pour nous (avouez que dans le discours en France, qu'on utilise "néo" ou non, c'est la même chose qui est évoquée, souvent pour la pointer du doigt): le "globalisme", le "libre échangisme", la corporatisation des politiques publiques, le recul des Etats au profit d'organisations transnationales non démocratiques (entreprises, groupes d'entreprises, cercles d'influence) ou moins démocratiques (organisations para étatiques ou groupements d'Etat sur un sujet donné ou pour une forme d'organisation donnée: aussi bien des instances d'expertise que des trucs comme l'UE, l'OMC....). Bref, quand on commence à vouloir critiquer les candidats et programmes à la va vite en utilisant des mots et concepts aussi vastes..... Faut être clean sur les définitions. Le blogueur en question devrait moins faire parler ses nerfs.
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Arabie saoudite, le pays et son influence internationale
Tancrède a répondu à un(e) sujet de Alexis dans Politique etrangère / Relations internationales
Mmmmmh, c'est donc noté: Collectionneur et Judi sont des partisans du prosélytisme islamiste des Séouds tant qu'il paie comptant. Vu ce qui est en train de se passer, les gars, ne vous alarmez pas si vous trouvez une croix peinte en rouge sur votre porte un de ces quatre..... Merde, où j'ai foutu mon white spirit?! Te moque pas! C'est vachement difficile de se suicider comme ça: faut admirer la performance au lieu de faire de l'esprit facile à base de théories du complot délirantes. Un peu de respect, bordel! Ceci dit et déliré: c'était annoncé depuis un bail, et déjà de fait en cours depuis longtemps, même si les deux dernières années ont vu une accélération brutale, mais on a une idée des fameuses coupes dans le système de redistribution/achat de la paix sociale (les, picaillons pour les pégus) et politique (les milliards pour les féodaux et religieux)? Montants globaux, pourcentage du budget national, réalité des allocations et services pour le citoyen lambda.... Parce qu'on voit ces trucs arriver en même temps qu'on entend et voit la multiplication des projets de "développement" et d'infrastructures délirants pour soi-disant faire de l'AS une puissance économique non dépendante du pétrole dans quelques années....Comme s'ils l'annonçaient pas depuis 20 ans celle-là, avec les habituels projets potemkine (à force de croire que les Emirats sont la grande lessiveuse de la région, on oublie la réalité des grandes villes saoudiennes), gaspillages géants, détournements massifs et foirades d'ampleur bibliques (qui ne sont évidemment jamais avouées comme telles). L'un dans l'autre, ça fait combien d'argent qui n'ira pas vers la population, combien qui se foutra dans des projets géants, combien qui ne sera pas dépensé parce que les bénefs ne sont plus ce qu'ils ont été? -
Actualisation de la carte électorale prévisionnelle: au jour d'aujourd'hui, Clinton a plus que les 270 grands électeurs nécessaires à l'élection, avec les seuls Etats certains de voter démocrate et ceux penchant nettement côté démocrate, sans même avoir besoin de la plupart des Etats encore "swing states", où, dans certains cas, elle a de l'avance. Le débat semble avoir joué un rôle dans cette confirmation de tendance, mais il y a une semaine encore, elle n'était pas loin de ces scores. Actuellement, elle a 272 grands électeurs plus ou moins certainement dans la fouille, contre 174 à Trump, avec 92 qui sont encore dans la balance. Pour Trump, la pente est très inclinée: il DOIT absolument empocher la Floride (où il est repassé derrière cette semaine) et l'Ohio (où il a encore une petite avance) s'il veut même envisager d'avoir une chance, de même que la Caroline du Nord (qui n'aurait pas du être un swing state cette année, et rester rouge), la Georgie (pareillement: beaucoup hallucinent que la démocrate puisse même approcher le républicain), l'Iowa et le Nevada.
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[Séries TV]
Tancrède a répondu à un(e) sujet de Philippe Top-Force dans Livres, magazines, multimédia, liens et documentation
Oui, mais au moins c'est à propos de quelque chose, comme Daredevil même si celle-ci est moins stylistiquement "ancrée" (ambiance, niveau d'intérêt dans le quartier et ses détails, l'histoire y étant certes estampillée Hell's Kitchen, mais de façon plus générique, moins charnelle); Jessica Jones, j'ai franchement l'impression que c'est à propos de rien du tout sinon les méandres de la névrose du personnage principal, avec une histoire bien plus "centralisée" autour du dit personnage principal, "servi" par des persos secondaires plus annexes et un antagoniste (très bien joué, avec un David Tenant qui lui fait bouffer l'écran), là où dans Daredevil et, pour l'instant me semble t-il, dans Cage, les persos secondaires ont nettement plus de chair, d'importance et de personnalité. -
[Séries TV]
Tancrède a répondu à un(e) sujet de Philippe Top-Force dans Livres, magazines, multimédia, liens et documentation
J'en suis au 3ème, et je recoupe ce que tu dis, surtout sur le rythme, qui pèche un peu..... la Prod est faite de Suisses? de Corses perpétuellement à l'heure de la sieste? L'ambiance est excellente, les personnages bien écrits et les dialogues juste ce qu'il faut, visant à rendre prégnante l'ambiance d'omerta permanente dans un quartier avec ses propres lois, de façon bien plus développée et fine que dans Daredevil, d'ailleurs. L'action est bonne..... Mais quand elle daigne arriver. C'est clairement moins pêchu et plus "tranche de vie" et axé sur le suspense que Daredevil, et certainement moins psychotordu/névrosé que Jessica Jones, sans être moins anxiogène à sa façon. On imagine que le personnage deviendra plus super-héroïque dans son style quand viendra le moment de la réunion des séries (avant qu'elles ne refassent un cycle indépendant chacune) dans les Defenders; il faudra juste attendre que la série Iron Fist (parce que c'est le meilleur pote de Cage et que leur duo était une série importante des comics.... Et en même temps sans doute l'équipe la plus stéréotypée années 70 de tout l'univers Marvel) soit sortie. Mais effectivement, faut pas s'attendre à du sauvetage de monde ou même de la ville: comme Daredevil est défenseur de son quartier et plus si affinités, Cage et Iron Fist, c'est l'univers de "heroes for hire" (héros à louer), des détectives aux hormones s'occupant d'affaires de proximité, avec un rapport plus équivoque à l'héroïsme gratuit (sans être pour autant des mercenaires cyniques) et une relation constante avec des êtres humains individuels en chair et en os et l'odeur du trottoir en bas de chez eux. Les "super héros à taille humaine", en somme, une condition de laquelle même Matt Murdock avocat de quartier et justicier du coin de la rue s'est un petit peu éloigné (mais pas trop non plus) pour voir les choses en un cran plus grand. Cage et Iron Fist, c'est tout dans le traitement personnel et l'ambiance de quartier, là où Daredevil devient un peu plus, une sorte d'icône en croisade, et où Jessica Jones a un hoquet d'héroïsme pour parsemer sa dépression passive-agressive permanente. Bon, perso, je place cette série (pour l'instant) un cran en-dessous de DD, et un cran au-dessus de JJ. -
Arabie saoudite, le pays et son influence internationale
Tancrède a répondu à un(e) sujet de Alexis dans Politique etrangère / Relations internationales
Y'a fondamentalement peu de risques, en tout cas pour l'instant: l'intégralité des think tanks washingtonien (et tous les organismes s'occupant de politique extérieure) est plus ou moins financée par Riyad, et de toute façon préalablement biaisé en faveur d'une vision du MO ancrée autour de l'alliance saoudienne, la chose s'étant naturellement (via les circonstances et la situation déjà préexistante) ET artificiellement (via le financement accru et la politique d'influence) multipliée après le 11 septembre. Washington est un écosystème exclusif pour les Séouds, qui rejette tout autre organisme concurrent: l'entrisme, le carriérisme et le conformisme y travaillent de concert avec le fonctionnement politique, culturel et médiatique naturel de l'endroit pour ne produire qu'une seule opinion absolument dominante, rejetant toute pensée ou analyse alternative dans les marges politiques, si bien que les seuls, analystes ou gens pas très sérieux, qui émettront un avis contraire seront assimilés à ces franges, ou bien que ce n'est que dans les médias de ces marges politiques que les "alter-pensants" trouveront une tribune (ce qui les décrédibilise tout autant, qu'ils soient des bons ou non). L'establishment politico-économique américain est fermement pro-saoudien, et il est à cet égard intéressant de voir l'affaire judiciaire en cours: va t-elle n'être qu'un baroud unique, politiquement pour la forme, ou bien va t-elle permettre de sédimenter certains courants pour leur donner un accès à la parole publique de grande audience de façon durable? J'ai personnellement mes doutes vu la façon dont fonctionnent les grands médias US et leur capacité à dicter l'agenda général du discours public. Si l'AS la jouait vraiment offensée au point de brutalement rapatrier des avoirs importants et/ou annuler/refuser des contrats conséquents suite à cette affaire unique, ils creuseraient leur propre tombe, en ouvrant un boulevard pour tous les courants anti-AS qu'il peut y avoir aux USA mais qui n'ont pas droit de cité tant que Riyad paie son écot. -
Tiens, j'ajouterais un point à l'encontre de la position par défaut d'Alexis en faveur de Trump: la candidature de Trump a motivé depuis maintenant plusieurs mois un resserrement des rangs de l'establishment américain, qu'on voit aussi bien dans tous les ralliements contre-nature à Hillary Clinton (élus, ex-élus, experts, grandes fortunes, grandes entreprises, organisations diverses) que dans l'abstention ou l'absence d'implication de nombreux soutiens républicains à la campagne de Trump. J'aurais peur qu'une élection de Trump ne favorise "l'élitisation" définitive du parti démocrate, Clinton se servant de la partie de ces soutiens qu'elle pourra garder avec elle (comme une grande banque dont les initiales sont G et S, déjà partiellement en sa faveur) pour contrebalancer la gauche énergisée par Sanders et incarnée par lui et d'autres (Warren, Brown....), avec en plus comme "arme" lui permettant de sédimenter ce "nouveau" parti de centre droit et de fausse gauche (comme on en a plein en Europe) la diabolisation d'une droite devenue uniquement extrême, ou assimilable à cela dans le discours public..... Bref, elle foutrait par ce biais un "Mitterrandian move" contre une partie de la droite FN-isée, et donc infréquentable pour la partie plus conventionnelle du GOP (environs un tiers), se garantissant un avantage politique durable, et clairement orienté près de l'assiette au beurre. On notera les attaques contre Trump cette semaine: - la polémique sur l'ex-Miss Univers a été montée en épingle par le spin de la campagne Clinton, et par les médias: la sauce a pris, reste à voir si ça aura un impact - les affaires de Trump avec Cuba, en infraction de l'embargo. Ca pourrait lui coûter cher, vu qu'il risque là l'aliénation des Cubains-Américains de Floride (pourtant conservateurs), et par là la victoire dans cet Etat plus que jamais crucial (beaucoup plus pour lui que pour Clinton).
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D'un autre côté, ils s'adaptent à leur audience: non pas que les Américains soient plus cons que d'autres, mais en tant que puissance et culture dominante de la planète, ils se foutent souvent éperdument de ce à quoi ressemble le reste du monde. Qui en aura quelque chose à branler que McCain (qui a gaillardement posé à son insu pour une photo avec un membre d'Al Qaida en Syrie en 2012 ou 2013, clamant qu'il parlementait avec des "rebelles modérés", cette espèce virtuelle que le DoD et le DoS cherchent encore) ne sache pas où se trouve le Yemen, que sa "copine" Lindsey Graham (lui, avec son maniérisme du vieux sud, il a perdu toute possibilité d'être appelé un homme) annonce l'apocalypse tous les 4 matins, ou que Bob Corker.... Nan, personne ne sait qui est Bob Corker hors des milieux politiques et journalistiques, et même probablement pas grand monde dans le Tennessee. Seuls ses adversaires politiques et le haut du pavé de la classe journalistiques signalera ce genre d'erreur, persuadés que c'est un vrai truc sur lequel hurler, tout comme beaucoup se convainquent que 99% des polémiques qu'ils lancent et qui occupent 95% du temps d'antenne intéressent la majorité des électeurs. Ces gars-là sont élus en raison de leur étiquette de parti la plupart du temps, et leur travail parlementaire est de faire passer ce que leurs sponsors financiers leur demandent de faire passer, rien d'autre. En l'occurrence, ils étaient censés vendre des armes.
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Y'a quand même des degrés dans la pourriture, comme il y a différents stades dans la décomposition. Et la démocratie moderne n'est peut-être pas la même dont parlait Churchill dans sa fameuse citation. Depuis le temps, je connais ton raisonnement, mais je trouve que globalement, tu donnes trop de passes à Trump sur la nature et l'importance de sa pourriture et de ses problèmes, à commencer par le simple fait que tu ne peux savoir réellement quelle serait sa politique étrangère PARCE QUE LE MEC N'A AUCUNE CONVICTION et dira N'IMPORTE QUOI, y compris tout et son contraire, selon le public, selon le lieu, selon le moment, voire selon la minute dans un même discours, voire selon l'endroit où il se trouve au cours d'une même phrase. Il a aussi bien dit qu'il ne ferait pas d'aventurisme militaire comme Clinton, qu'affirmé qu'il irait démolir Daesh et "prendre" (on sait toujours pas ce que ça veut dire) le pétrole du MO. De même qu'il a balancé que si des marins iraniens faisaient encore des gestes impolis à des marins américains, il ordonnerait de tirer pour répliquer bref, déclencher une guerre contre l'Iran pour un majeur brandi. Si on ajoute le chantage à la protection vis-à-vis des Saoudiens (qui paient pourtant comptant avec leurs commandes militaires et mille autres trucs), d'Israël, de la Corée du Sud, du Japon et de plein d'autres (y compris en Europe, mais ça, quelque part, on est pas mal ici à souhaiter un retrait otanien plus ou moins important), ou le fait d'approuver la nucléarisation d'un certain nombre de pays, Japon en tête, on a une idée de l'immense ignorance et de l'irresponsabilité du gars, et surtout de sa volonté de dire absolument n'importe quoi et son contraire pour une campagne. Tu crois sérieusement que ça indique un moindre interventionnisme dans le "camp" Trump qui sera de toute façon aussi dépendant des parlementaires républicains qui eux, changeront peu? J'ai des doutes, et plus largement, le seul truc qu'on peut voir venir avec une présidence Trump, en matière de grandes lignes directrices, c'est qu'on ne voit rien du tout venir, dans aucun domaine. Personnellement, mon option si j'étais ricain, ce serait plutôt de voter Clinton (avec un goût de vomi dans la bouche et des tremblements dans le doigt) ou un alter candidat (si je votais Johnson.... J'aurais droit à un cône ou un space cake?) en espérant qu'ils fassent en cumulé un score de nature à faire réfléchir les 2 grands partis, et de compter (et participer) sur un activisme fort au sein du parti démocrate qui, de façon plus discrète que le GOP, est aussi en crise et en guerre interne pour "son âme", entre le centre-droit clintonien vendu au monde corporate et à l'establishment diplomatico-militaire agressif, et la plus vaste mais moins unie nébuleuse progressiste/liberal. C'est une façon d'acter que Sanders n'a pas gagné, mais que lui et ce qu'il a commencé ne sont pas pour autant sur la touche, et peuvent créer en interne du parti la nécessaire opposition, les "checks and balances" visant à changer les démocrates, aussi brutalement que possible, de l'intérieur pendant les 4 années à venir (avec une première échéance dans 2 ans, qui auront aussi des primaires pour les parlementaires renouvelés). Parce que, et c'est sans doute la grande ironie, Trump ne serait sans doute pas une "grenade sur Washington": il est sans conviction, sans poids politique, et surtout très mauvais politicien. Il ne saura pas se créer un capital politique, un mouvement et une influence (il a déjà pas été foutu de le faire avec sa campagne, ne serait-ce qu'avec une infrastructure au sol qui permet de capitaliser sur une popularité). Il serait un président seul, avec juste ses laquais placés aux postes que la présidence lui permet de nommer, dont le levier politique sera de fait limité parce qu'ils ne seront que momentanément utiles aux élus et soutiens du GOP. Ce sera l'enfant capricieux qu'on supporte un moment, et qui n'aura pas d'aptitude transformationnelle, en guerre larvée contre son parti et en conflit ouvert avec le reste.... Et de toute façon sans autre réelle ambition que satisfaire son ego, favoriser ses intérêts personnels et ceux de son entourage (qui se servirons allègrement aux postes où ils seront: Chris Christie est en charge de l'attribution des jobs.... Ca devrait dire quelque chose à quelqu'un), et faire du splash gratuit.
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Et là les Ricains ont le choix entre un chancre et un caillot.
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Sinon, on peut aussi juger les candidats aux gens dont ils s'entourent: si Clinton a un aréopage de corrompus et d'insiders pourris jusqu'à la moëlle et incarnant parfaitement cet establishment menteur, entriste et abusif contre lequel une bonne part du pays s'élève, Trump n'est pas en reste. Outre un certain nombre d'insiders et d'escrocs corporate, on note cette semaine: - que l'affaire du Bridgegate se réchauffe pour Chris Christie, cette fois directement mis en cause - qu'un associé de Trump de longue date, devenu le pilote qui trimballe Mike Pence et sa famille dans tout le pays pour la campagne, a du être viré: ex-flic devenu pilote, il a été condamné pour avoir roulé (3 fois: deux allers, un retour) sur un collègue avec sa voiture, et pour l'avoir fait aussi sur une autre collègue avec sa Harley Davidson l'an dernier. - le directeur de la campagne Trump en Georgie a du aussi être viré pour de multiples condamnations: effraction, destruction du portable d'une autre personne, crevé les pneux d'encore une autre, plus quelques autres joyeusetés - le directeur de la campagne Trump en Caroline du Nord a suivi le même chemin après, lui aussi, un procès perdu. Alors qu'il conduisait sa bagnole avec un staffer de la campagne comme passager, il a sorti son flingue l'a armé et l'a enfoncé dans le genou de l'autre - rappelons aussi que Stephen Bannon, le patron de Breitbart qui a récemment rejoint la campagne Trump, a lui-même un casier judiciaire chargé, notamment pour avoir (plusieurs fois) battu son ex-femme, et avoir intimidé un témoin à charge - y'a aussi le cas Roger Ailes (l'ex directeur de l'info et "patron" de FoxNews, viré récemment dans le scandale), qui est encore en train de se développer: harcèlement sexuel, abus de pouvoir, agression sexuelle, intimidation de témoins, intrusion dans la vie privée, chantage.... Entre son golden parachute et le procès avec une ex-présentatrice qui a été la première à se manifester (et c'est sans doute le premier d'une longue série), il a coûté plus de 90 millions de dollars à Fox entre la mi-août et la mi-septembre. Bon, évidemment, la pourriture côté Clinton est plus discrète, plus feutrée, et j'aimerais certainement que la presse se penche plus fort dessus. Mais bon, pour Trump, c'est "dis-moi de qui tu t'entoures, je te dirais qui tu es".
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L'un des trucs avec la campagne présidentielle, c'est surtout qu'elle est celle qui focalise tout, la plus nationale et populaire des élections, la plus mystique/symbolique, celle qui porte les autres, et celle qui se résume à deux individus, deux visages et personnalités qu'on en vient à connaître (ou croire qu'on les connaît, plutôt) intimement. Tout cela à la fois. De ce fait, elle bénéficiera, en proportion de son coût et de sa durée globale (mais aussi, de façon moins mesurable, du niveau d'attention et d'intérêt prêté), d'un traitement médiatique disproportionné par rapport à toute autre élection, donc de fait d'un très haut niveau de médiatisation gratuit. Et je parle là bien de médias au sens large, incluant aussi bien les grands médias et médias locaux que toute autre forme de communication ("médiation"), professionnelle ou non, ce qui veut dire les conversations, le porte à porte, les allusions dans des émissions ne traitant pas le sujet (les comiques ont pris ainsi depuis longtemps une part au débat, par exemple), les renvois via le traitement d'autres sujets intéressant la population (puisque virtuellement TOUT est lié au président, institutionnellement ou psychologiquement).... Donc si l'on chiffrait économiquement l'ensemble de la chose, le "budget" ainsi obtenu par candidat serait dantesque, et le différentiel de dépense directe qu'on voit présentement entre les deux serait une goutte d'eau dans cet océan, surtout avec un candidat comme Trump qui a amené d'emblée sur la table un haut niveau de notoriété, et a un art consommé pour en susciter plus (même si c'est souvent de la mauvaise pub). Autre facteur aussi déterminant, cette course est un duel, une lutte résumée à deux personnes qui à elle seule "résume" tout un cycle électoral, vampirisant les autres élections en monopolisant à ce point l'attention: c'est donc aussi de fait un objet médiatique majeur sur lequel toute la caste journalistique, professionnelle ou non (ce qui aujourd'hui veut dire beaucoup avec l'explosion des médias sociaux), se jette comme une horde de morts de faim. Et ce qui fuele ce niveau d'attention, c'est le suspense: il y a donc tout un système d'information national et local qui a un intérêt économique et psychologique déterminant à ce que le suspense existe jusqu'au tout dernier moment (voire plus si possible.... Cf élection de 2000, ou le birtherism de Trump: on peut prolonger APRES l'élection), ce qui incite aussi bien à maintenir le candidat en berne dans la course, en suscitant plus de peur, plus de critiques de celui qui est en tête (ou tout autre artifice). On estime ainsi que Trump a depuis un bail dépassé l'équivalent de 3 milliards de dépense de com "offerts" par les seuls grands médias, et pour Clinton, on est pas loin de cette barre.... A côté, les budgets de campagne sont des picaillons. Par ailleurs, il faut bien différencier les budgets des campagnes proprement dits de l'argent des SuperPACs en terme d'impact réel (parce que l'idée que les candidats ne contrôlent pas cet argent est bien sûr une fiction légale). L'argent des SuperPACs a beaucoup de limitations légales dans sa façon d'être dépensé (qui on peut payer avec, ce qu'on peut payer avec, à combien on peut le payer); le plus emblématique est le tarif auquel on peut acheter des espaces publicitaires, un dollar d'une campagne ayant le pouvoir d'achat de 3 ou 4 dollars (j'ai un trou) de SuperPACs (qui doivent payer le prix du marché pour ces espaces, quel que ce soit le média, là où les campagnes ont de fait une forte réduction). Alexis n'est pas pro-Trump: il a juste très fort envie de voir péter la planète..... En tout cas les systèmes politiques existants. C'est la tentation de la grenade sur Washington. On disait en d'autres temps "du passé faisons table rase". Ca le titille trop fort pour qu'une grande part de lui-même ne souhaite pas voir Trump l'emporter, et au diable les conséquences. Avoue que ça te travaille aussi, à un degré ou un autre.... Comme le Brexit. As-tu déjà oublié ces frissons dans les semaines de juin qui ont précédé le vote? C'EST UNE DROGUE (Alexis, je veux voir ton jeton de sobriété des Drogués Anonymes).
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Arabie saoudite, le pays et son influence internationale
Tancrède a répondu à un(e) sujet de Alexis dans Politique etrangère / Relations internationales
Une des questions qui me taraudent: les gardes du corps ont-ils l'immunité diplomatique. Parce qu'en l'occurrence, avant d'entrer dans le débat juridiquement et diplomatiquement compliqué, la question de ces 3 brutes pourrait servir de hors d'oeuvre, vu que ce sont eux qui ont effectivement exercé la violence. Devant le pire des juges du plus pourri des tribunaux, avec une horde de citoyens la bave au lèvre devant la porte, et quelques caméras pour filmer une humiliation publique (avec quelques projections de bouse de vache pas bio si possible), puis au trou dans la pire cellule de la plus vétuste de nos prisons (ce qui n'est pas rien dire). Et après on commence à parler saisie de biens. Puis en plus, la dite princesse a commis un vol caractérisé en se saisissant du matériel de l'artisan. On organise une réunion sous ses fenêtres, avec projection d'excréments sur les fenêtres (c'est pas loin de chez moi)? Oui, je sais, je suis d'une humeur à jeter de la merde partout, là. -
C'était auprès d'un certain électorat, un électorat en partie déjà acquis à ce que Trump propose, tant en termes de politiques (ou de ce qu'il semble proposer en la matière, surtout contre les immigrants) qu'en terme de posture et d'attitude (anti-establishment, autoritaire, rentre-dedans, refus du "politiquement correct" et de la langue de bois habituelle). Mettons que ça, c'est sa base ferme d'environs 30% avec les évangélistes qui le soutiennent de façon solide. Ajoute un certain pourcentage de républicains qui ne peuvent que voter républicain, même s'ils n'aiment pas Trump, et de républicains et indépendants qui ont résolument choisi de voter pour la grenade sur Washington (ou ce qu'ils pensent être une grenade sur la capitale), même s'ils détestent Trump et/ou ne sont aucunement dupes sur sa personnalité, son discours ou ses compétences. Ca ne fait donc qu'une partie de l'électorat Trump ferme qui est réellement "trumpiste", peut-être même pas la majorité de son électorat. Le reste est nettement moins sensible à ce que Trump dégage dans un débat ou un discours, et vote plus par discipline de parti, par haine de l'autre bord et/ou de la candidate de l'autre bord, ou par volonté de disruption du système. Et le reste de l'électorat général est encore moins sensible au style et aux antiennes de Trump: ceux qui voteront pour lui ne le feront aucunement pour son style, son propos, sa personne ou son "programme", mais pour envoyer un chien dans le jeu de quilles du District de Columbia. On est donc plutôt loin de ce qui a permis à Trump d'accrocher initialement une certaine portion de l'électorat républicain via les débats et autres prestations, pour faire d'eux la base à partir de laquelle il a continué (cette base étant la droite autoritariste, anti-élite, souvent raciste ou "racisante", en colère pour beaucoup de raisons.... Ceux qui écoutent les talk-shows genre Rush Limbaugh ou Alex Jones, regardent Sean Hannity et lisent Breitbart, Ann Coulter ou le Drudge Report). Il a ,après ça, un impact très variable selon le moment et le lieu sur les électorats blancs défavorisés mais n'ayant pas ces penchants politico-culturels (c'est ce qui se joue en ce moment surtout en Ohio, Floride, Caroline du Nord, et Pennsylvanie, dans le Nevada, le Colorado, le Wisconsin et l'Iowa), qui ne l'aiment pas souvent mais "ressentent" l'appel qu'il a réussi à incarner (à tort, vu son programme et la fausseté de sa personne), surtout après la sortie de course de Sanders: c'est en bonne partie cet électorat et sa mobilisation qui déterminera si Trump a une chance de passer ou non. Mais ces électorats encore en balance (tant pour le taux de participation que pour le fait de pencher pour Trump: moins de 35 ans, blancs défavorisés) ne verseront certainement pas vers Trump en raison de cette capacité à produire du résultat via le style pendant les débats perdus sur le plan de la pure joute oratoire, mais gagnés via le style, le rentre-dedans, le refus de l'establishment (et sa désacralisation en direct), le rejet du politiquement correct et des formules convenues, et l'impression de dominance qui ressortait de ces prestations. L'électorat qu'il pouvait empocher via ces méthodes, il l'a empoché pendant les primaires républicaines. Pour le reste, il faut plus et il faut autre chose. C'est effectivement fascinant à de multiples titres: - ça complique la politique extérieure US, et de ce point de vue, c'est une balle dans le pied qu'ils se tirent - ça rappelle aussi que dans une démocratie, l'opinion peut (ou en tout cas doit pouvoir) bypasser la pure logique realpoliticienne des gouvernants au profit de thèmes auxquels elle tient vraiment fortement (y compris des passions violentes: tout n'est pas forcément rose), et en ce sens, c'est peut-être une leçon à méditer. Si de telles choses ne peuvent se produire, on est plus dans un système totalement écrasé par les "sachants" et les technocrates qui imposent leur logique de façon plus absolue. Mais bon, si on se penche trop dans cette réflexion, on va tomber dans l'ambiguité république-démocratie et le débat sur la nature du mandat des élus..... Soient des sujets sans fin - ce pourrait être le lièvre que certaines factions politiques, aux USA et ailleurs, pourraient enfin se décider à suivre ensemble pour recadrer un peu la posture qu'on a en occident sur l'intouchable Arabie Saoudite. A noter que c'est quelque chose qui ici s'oppose radicalement au consensus washingtonien qui est unilatéralement ultra-saoudiste et anti-iranien, et à un degré infiniment élevé depuis le 11 septembre 2001: toute la sphère des think tanks et groupes de pressions (de plus en plus difficiles à distinguer.... Et ce n'est pas la notion de "think tank" qui y a gagné, l'idéologie ayant envahi quasiment tous les organismes de recherche) a été rongée par le phénomène, et pas en petite partie à cause de l'argent saoudien. Si l'opinion commence à se refrayer un chemin dans le paysage de la capitale US, au point de pouvoir occasionnellement peser de façon aussi importante sur certains sujets déterminants, y'a des positions qui pourraient bouger (vers où, c'est autre chose), de même qu'il y a des dispositifs pour s'y opposer qui pourraient se renforcer (et qui risquent à leur tour d'alimenter la haine de Washington, déjà passablement intense). Quoiqu'il en soit, un mouvement de contre-balancier pour commencer à savoir dire non à Riyad (et de là à certains de ses petits voisins) ne serait pas totalement déplacé, et trouverait un terrau fertile aux USA et ailleurs, surtout après les années de conflit d'Irak et de Syrie où l'attitude des Saoudiens n'a pas été appréciée du tout, et face au soutien actif au salafisme un peu partout dans le monde, mais évidemment surtout en occident.
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Pour la note, j'ai aussi précisé que les résultats de ce focus group de l'Ohio se retrouvait pour l'essentiel dans tous les autres focus groups, dans chaque Etat, suite au débat. Effectivement, ce sont à chaque fois de petits effectifs, même si choisis avec soin pour représenter au mieux ceux qu'on estime être la population des "hésitants", mais la redondance des résultats traduit néanmoins quelque chose de tangible, et qui est bien là. Par ailleurs, je souligne avec force insistance (si, si, force insistance, rien de moins), le risque de très forte abstention qui transparaît dans les conclusions de ces groupes, qui rejoint de toute façon cette crainte majeure, particuièrement élevée dans cette élection. Rappelons aussi qu'une proportion d'environs 20% d'hésitants à ce stade de la campagne est véritablement sans précédent dans l'histoire américaine récente. Dans les 2 derniers mois de campagne, on devrait être autour de 5-10%, avec un seuil relativement incompressible de 4-5% qui hésiteront jusqu'à l'urne, ou ne se décideront jamais (et soit s'abstiendront, soit laisseront la case présidentielle du bulletin en blanc). Le point est en fait à mon avis plus qu'en l'état des choses dans cette campagne, l'abstention sera beaucoup plus décisive que ce que les campagnes peuvent encore produire comme effet, en bien ou en mal (pour elles), vu le niveau d'impact et d'attractivité des candidats (au ras des pâquerettes maculées de bouse..... Par les dits candidats). La variable des deux alter-candidats sera sans doute moindre que ce qu'estiment actuellement les sondages, sauf peut-être pour ce qui concerne le vote des moins de 35 ans (dernière estimation: 40% pour Clinton, 36% pour Trump, 14% pour Johnson, 4% pour Stein), qui est devenu un enjeu majeur et où Clinton sous-performe de façon historique pour une démocrate. Leur niveau d'abstention risque d'être un des éléments les plus décisifs de la campagne. Mesurer l'impact du débat (et des 3 autres en incluant le débat vice-présidentiel) sur l'intention d'aller voter (avant même de parler d'intention de vote) est difficile, et ne peut reposer sur un seul sondage oun un focus group: la tendance cumulée sur 2-3 semaines sera le seul indicateur fiable, et pour l'instant, elle ne montre pas un électorat qui bande à l'idée d'aller fourrer une urne . De même qu'elle n'indique pas que beaucoup de ceux qui iront voter ne pensent pas très fort à laisser la case "président" du bulletin en blanc, ou à aider un alter candidat à obtenir des financements pour la prochaine campagne en lui faisant franchir la barre des 5% (qui apparemment vous ouvre légalement la porte à certaines facilités et fonds). Enfin peut-être aussi que l'actualité pourra jouer un rôle, si quelque chose d'hénaurme se passe peu avant le vote. Mais le fond du truc est qu'une telle masse de peu/pas décidés représente un niveau d'incertitude sans précédent. De fait, Clinton est mieux armée pour l'affronter, vu la masse de fric dont elle dispose encore à ce jour: - Clinton a récolté au total environs 373 millions et claqué 305 (68 millions de "cash on hand"), plus 152 et 120 pour ses SuperPacs principaux (32 dispos) - Trump a collecté 165 et claqué 115 (50 millions dispo) pour sa campagne, plus 16 et 11 pour ses SuperPacs principaux (5 millions dispos) La marge de manoeuvre de Clinton pour faire du "fire for effect" dans des moments choisis est donc bien plus grande, surtout en incluant ce qu'elle a bâti auparavant, à savoir une infrastructure de campagne et un "ground game" (organisations de démarcheurs au porte à porte, bureaux de campagne partout, réseaux pour transporter les électeurs, organismes d'inscription sur les listes électorales....), extrêmement développés. Trump n'a rien fait de tel, ce qui risque de moins bien faire marcher l'abstention en sa faveur. Evidemment aussi, on note la faiblesse des SuperPacs côté républicain, la plupart des gros donneurs s'étant éloignés du Donald et aidant Clinton et les candidatures républicaines locales ou pour le Congrès, et certains autres étant encore dans la réserve, pas sûrs de se lancer pour M. Moumoute.
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Sinon, un petit truc marrant sur les allusions aux reniflements de Trump et l'explication par un abus de "farine"..... Un sénateur a initialement twitté la chose et semble devoir maintenant s'excuser; il s'agit de Howard Dean, soutien actif de Clinton, ex-candidat à la présidentielle (qui a eu un vrai "moment"), ex-gouverneur du Vermont et actuellement sénateur de cet Etat (c'est "l'autre" sénateur du Vermont; aujourd'hui tout le monde sait qui est LE sénateur du Vermont -#feeltheBern). Une grande gueule, en général sympathique, mais qui risque ici un certain niveau de retour de bâton sur les scènes washingtonienne et médiatique. On pourra dire que, parce qu'il est médecin, il pourra dire que c'est un diagnostic, mais tout ça n'est pas très sérieux. Sinon, l'objet médiatique étrange de cette période post-débat est l'histoire de Trump avec l'ex-Miss Univers (récemment naturalisée américaine et soutien déclarée de Clinton): l'attention des commentateurs et des talk shows semble s'être focalisée dessus, et c'est donc la nouvelle polémique à la mode sur laquelle s'acharne la classe médiatique, avec tous les corollaires possibles, cad le rapport de Trump aux femmes, les questions d'image et d'estime de soi des femmes (notamment sur la question du poids).... Un bel exercice de futilité donc j'imagine que beaucoup de groupes de pressions et de cercles sociaux bien introduits s'imaginent qu'il va faire bouger les lignes, à moins qu'ils se contentent de suivre panurgiquement la tendance d'une énième twitter-war en pensant juste que ça va prendre et faire de l'audience pendant quelques jours, via l'indignation d'une certaine catégorie de femmes (qui de toute façon vote déjà Clinton).
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Un petit regard intéressant, au moment où la presse classique se déchaîne pour dire à quel point Clinton a foutu une branlée à Trump (ce qui est techniquement vrai si on se focalise sur l'échange verbal), à quel point il est nul (ce qui est aussi très vrai) et méchant et raciste et sexiste (ce qui est sans doute assez vrai, même si l'outrance et le matraquage des commentaires en la matière risquent de produire de la saturation invalidant le propos), et met en avant la Miss Univers de 1996 qu'il a maltraitée; à ce moment, donc, j'ai vu les résultats d'un petit "focus group" de 29 électeurs non décidés de l'Ohio choisis pour être plus ou moins représentatifs des 20% n'ayant pas encore choisi leur candidat (dans cet Etat crucial tout du moins), et ça met en perspective les "résultats" officiels du débat: - 17 disent qu'aucun des 2 candidats n'a gagné le débat - 26 disent que les candidats ont passé beaucoup trop peu de temps à parler des problèmes qui les préoccupent Beaucoup s'en foutent en fait pas mal de savoir qui "gagne" ou qui "perd" la passe d'arme, un exercice de futilité pour beaucoup de monde, et les accusations sur leurs passés mutuels laissant la plupart des personnes examinées indifférentes. Un des membres a résumé la chose assez simplement, à l'approbation de tout le groupe: "elle l'a asticoté, il a mordu à l'hameçon constamment: aucun des deux n'a fait ou dit quoi que ce soit qui mérite que je sorte et aille voter". D'autres focus groups dans d'autres Etats font état de la même critique, pour l'essentiel: une (mauvaise) joute oratoire, gagnée par Clinton, qui parle de tout sauf de ce que les électeurs non décidés veulent entendre, qui montre tout sauf une vision à laquelle ils puissent adhérer et par laquelle ils puissent être convaincus. Pour Trump, c'est le flou de sa diarrhée verbale, depuis un an, qui les convainc peu et a du mal à réellement constituer une "vision" (Sanders était à cet égard plus clair et convaincant), tant par ses incohérences et retournement que par sa superficialité. Pour Clinton, c'est le côté robotique de la personne et du propos, qui aligne sa liste de points préparés scolairement (sans trop se soucier de la cohérence d'ensemble ou, surtout, de la crédibilité/cote de confiance de celle qui dit le texte) et testés préalablement. Le résultat est qu'il est assez douteux que la performance de lundi ait fait changer les intentions de vote de beaucoup de monde; en somme, il y a eu une bataille, et en l'occurrence une victoire de Clinton.... Mais c'était une bataille sans objet, qui avait perdu (si tant est que les adversaires l'ait jamais eu) le sens de la campagne. Une bataille ne servant aucune stratégie (ou en tout cas aucune pertinente), livrée au mauvais endroit et visant les mauvaises cibles, une victoire tactique sans plus où a été déclaré un vainqueur pour la seule raison qu'il (en fait elle) a gagné la possession du champ de bataille, et rien de plus. Un exercice creux. De style, au mieux (ce qui est subjectif et dépend du public à qui on demande), de vanité au pire, même, pourrait-on dire. Un outil amusant pour analyser la réaction de l'audience d'un débat en temps réel est le "dull test": c'est un suivi de l'effet du débat sur une audience étudiée, seconde par seconde, où l'on voit deux lignes (une par candidat) courant sur un graphique superposé à la vidéo du dit débat (ou d'une prestation audiovisuelle, dans d'autres circonstances, comme un discours). En abscisse, c'est le temps qui passe, en ordonnées, c'est le niveau d'intérêt pour le propos (noté de 1 à 100, 50 étant l'intérêt moyen). Tant que la ligne reste autour du milieu (50, donc), cela indique que le candidat ne "marque", ni ne "perds" de points, n'influant donc pas sur l'appréciation de l'audience et leur (à terme) intention de vote en sa faveur ou défaveur. Dans l'ensemble, pour le débat de lundi, les deux lignes sont restées essentiellement plates autour du milieu, variant très peu, sauf pendant les 20 premières minutes où Trump a commencé à marquer des points avant de s'effondrer, et donc de perdre l'audience (Clinton ne l'ayant jamais accrochée). On note aussi une différence entre hommes et femmes (une ligne pour chaque) bien moindre que ce qu'on aurait pu penser, au moins dans ce débat: les deux candidats ont activement suscité l'indifférence. Tout au plus peut on noter que Clinton n'est pas montée haut ou descendue bas sur cet indicateur, à aucun moment du débat, là où Trump a eu des hauts et des bas plus constrastés (faisant même, dans les 20 premières minutes, des "pics" dans les 70, ce qui est très élevé, et chutant parfois très bas); c'est peut-être plus notable (avec des avantages et des risques) côté Trump, ou bien plus confortant côté Clinton, mais dans l'ensemble, ça veut surtout dire que l'audience a eu l'impression que Trump parlait de lui (ce dont ils se foutent, voire qu'ils n'apprécient pas) et que Clinton récitait sa leçon (qui les emmerde et/ou en laquelle ils n'ont pas confiance). Dans le focus group de l'Ohio, quand il est demandé à ces "undecided" lequel des deux, selon eux, sera le plus apte à aider les classes moyennes ou les classes modestes (traduction approximative de ce que les ricains entendent par "working class": "classe ouvrière" n'est pas exactement la même notion), 10 sur 29 répondent Trump, 4 répondent Clinton. Trump a donc là un avantage induit (injustifié, mais ce n'est pas la question) qu'il est juste incapable d'exploiter. Pour les débat suivants, si le combat de chien continue, Clinton continuera certainement à l'emporter parce qu'elle est beaucoup plus et mieux entraînée au débat public et que Trump y est nul, pas particulièrement malin ou rapide, et qu'il est flemmard, refusant de préparer..... Mais ce qui est tout aussi sûr, c'est que ça ne bougera quasiment personne et risque de faire grimper les chiffres de l'abstention (et il devient dur de savoir qui cela avantage/désavantage plus à ce stade).
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Il sniffe de la coke..... Ou il avait du mal à ne pas pleurer pendant qu'il se faisait battre par une vieille dame.