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Tout ce qui a été posté par Tancrède
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Crise financière mondiale [info only]
Tancrède a répondu à un(e) sujet de debonneguerre dans Economie et défense
Tu as l'esprit mal tourné.... Même si tous les pays foutent leur merde à l'extérieur (à TOUS les sens du terme/de l'expression possibles). Maintenant, l'impérialisme proprement dit (et non, je le dirai et le redirais s'il le faut: je ne suis pas un impérialiste japonais..... Juste au cas où d'autres tordus voudraient me mettre ça sur le dos.... On sait jamais), même limité au commercial, faut quand même souligner que ça repose sur un nombre réduit mais certain de fondamentaux, dont..... Un essor démographique important, avec une part considérable de djeunz. La pluie est contre-révolutionnaire, la vieillesse est anti-expansionniste. -
Crise financière mondiale [info only]
Tancrède a répondu à un(e) sujet de debonneguerre dans Economie et défense
Reflet effectivement de la vacuité des chiffres affichés des marchés du travail dans chaque pays: le Japon a rien moins que TROIS marchés du travail, et seuls les chiffres du premier sont internationalement utilisés! Et ce "premier" marché du travail, c'est essentiellement celui des grandes entreprises, les grands conglomérats (keiritsu) qui dominent encore l'économie du pays: c'est "l'emploi-Toyota" (ou Nissan plutôt, maintenant, plus iconique encore désormais), celui des ouvriers en gants blancs avec bons plans de carrière, des travailleurs très qualifiés dans tous les registres de l'économie, des boîtes avec de la visibilité à plusieurs années.... Comme le dit l'article, par ailleurs, le vieillissement de la population, majeur depuis maintenant longtemps, est encore dans une phase favorable à l'emploi, se combinant avec la position encore forte des entreprises japonaises (en tout cas les grandes et "mondialisées") qui ont encore de larges marchés porteurs (donc de bons carnets de commandes) et un effondrement rapide de leur base de recrutement. Donc pour une certaine portion de la population, la plus qualifiée, c'est tout bon pour un moment. Le déclin démographique a cependant un deuxième effet kiss cool, plus long à se manifester (chute du marché intérieur notamment), et se rajoute en plus à l'un des autres inconvénients d'être retraité au Japon: pas de système de retraite très développé au-delà de la seule capitalisation. Ajoutons en dernier lieu un fait qu'on retrouve ailleurs: la sortie des chiffres pure et simple d'un nombre croissant de gens de fait exclus du marché du travail par de multiples biais (leur propre volonté/découragement, manipulations statistiques et politiques....). Comme spécifié en fin d'article, on voit cependant que le marché intérieur japonais est déjà déclinant, et ça ne fait que commencer vu la pyramide des âges de ce pays qui, bien plus que l'Allemagne, ne turbine que via ses grands conglomérats orientés vers l'export, et un "marché intérieur utile"/"pays solvable" (entendez "de surconsommateurs modernes") encore important, mais en forte réduction, ce qui ne pourra que jouer assez vite sur la capacité des grands conglomérats à "produire" de l'emploi à haute VA (l'emploi "classe moyenne et moyenne supérieure", le graal économique et politique) en abondance. A moins qu'ils ne se mettent à conquérir massivement des PDM extérieures (ce qui, dans le monde actuel, n'est plus une option sauf révolution technique/économique), ça n'augure pas si bien de la suite. -
C'est pas vraiment si évident, et c'est toute la particularité d'un mouvement populiste: le parti républicain a parmi tous ses fondamentaux, un plus grand tropisme pour une forme d'autoritarisme, essentiellement via la figure de "l'homme fort", tout comme la veine libertaire/libertarienne se trouve dans son ADN politique à un degré très élevé, du moins dans certaines formes (droits individuels, droit des communautés locales et des Etats, anti-fédéralisme....). Et ce tropisme autoritaire a connu un renouveau depuis Reagan et n'a fait que s'enfler depuis, littéralement enflammé par l'après 11 septembre, mais aussi l'évolution socio-économique de son électorat, le renforcement de mouvances populistes en interne aux dépends de la convention nationale (et de "l'establishment" républicain), l'autonomisation financière de ces mouvances via l'organisation locale, l'accroissement de puissance d'organisations surtout religieuses, le développement médiatique (internet, radio et télé surtout) qui a créé des "bulles" quasi autarcique dans des pans de la population (segmentation de l'audience) financièrement autosuffisantes, et les changements législatifs dans le financement électoral. Faut pas passer à côté d'une réalité assez simple: beaucoup de ceux qui poussent pour Trump ou Cruz ne sont pas fascistes, mais supportent la personne.... Dont le programme, sinon les intentions mêmes, ont en essence des dérives autoritaristes. C'est pourquoi ils se défendraient sincèrement de soutenir aucun fascisme, tout en votant pour, souvent sans comprendre la radicalité de nombre de mesures proposées, leurs conséquences probables/potentielles, et leurs contradictions entre elles (au sein du dit programme) et avec la constitution et la tradition américaine. C'est ainsi que beaucoup d'Américains (républicains surtout) se défendront (avec grande sincérité) d'être racistes tout en favorisant des politiques qui dans les faits sont racistes. Le syndrôme de "l'Etat n'a qu'à", du "yakafaucon" a souvent cet effet: on veut de la mesure simple, forte, visible, à impact immédiat, avec les bons mots de présentation qui vont avec et plaisent, on veut que des groupes humains particuliers soient ciblés parce qu'on pense/on a été amenés à penser que chez eux réside "le problème", on veut que tel groupe ou telle organisation "paye", parce que c'est simple, c'est visible, c'est un truc qui a un début et une fin (proches l'un de l'autre) et que ça donne l'impression de couper "le mal" à la racine. Donc contrairement à l'image employée, je suis assez persuadé que les pro-Trumps se verraient en totalité (ou presque) du côté rebelle dans les Hunger Games, même sans doute plus que dans l'électorat républicain au sens large vu la base électorale trumpienne (blancs CSP-): anti gouvernement (ironique vu qu'ils votent pour un gars qui propose des mesures nécessitant un président TRES puissant), anti-élites, anti-grandes entreprises.... La masse des contradictions (et de l'irréalisme souvent délirant) portées par la candidature Trump ne les effleure même pas, parce qu'ils voient une cohérence ailleurs, essentiellement résumée dans la personne de Trump et sa rengaine radicale.
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La contre-attaque républicaine est même assez violente: la vidéo du camp de John Kasich (candidat rival et à peu près l'un des seuls adultes dans la course à l'investiture républicaine) est assez violente, puisant aux mânes du célèbre propos du pasteur Martin Niemoller à propos du nazisme, et frappant surtout avec une diffusion massive (donc très financée, principalement via SuperPAC.... Donc théoriquement ne venant pas de Kasich).
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C'est un sujet mineur dans les débats US depuis quelques années, mais qui n'a jamais passé le cap du "grand sujet" récurrent dans les médias de grande audience, ce qui est depuis peu en train de changer: le niveau du (faux) "politiquement correct" utilisé comme arme sur les campus universitaire par des groupes d'étudiants et d'enseignants a atteint des sommets souvent choquants, entraînant l'annulation forcée de conférences pour X ou Y raison (généralement que la personne et/ou le sujet et/ou ce qu'elle a à dire "choque" quelqu'un) à très grande fréquence, des boycotts ou actions diverses, des renvois ou démissions forcées.... Le plus choquant est l'imposition d'une forme de dictature d'une certaine bien-pensance de façon directe, parfois brutale, par des apparatchiks de campus, militants à plein temps, enseignants éditorialistes et professionnels de l'indignation qui semblent vouloir dicter une stricte "ligne du parti" dans ce qui est censé être un des lieux les plus éminents du libre débat aux USA: les grandes universités. De grandes figures de la gauche "liberal" ont ainsi été elles-mêmes dégagées des campus et/ou se sont prononcées contre cette tendance néfaste.
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Guerre civile en Syrie
Tancrède a répondu à un(e) sujet de maminowski dans Politique etrangère / Relations internationales
Yep! J'ai essayé une intervention dans le genre, mais tu l'as mieux dit. Ce fil est à sa 737ème page (je suis incapable de les lire toutes, et certainement incapable de garder en mémoire une quelconque forme de synthèse ordonnée du quart des infos qui s'y trouvent), et je suis pas sûr d'être plus éclairé sur la guerre en Syrie par ses offices...... Quand on passe ainsi au mode "billet d'humeur", c'est pire. -
Guerre civile en Syrie
Tancrède a répondu à un(e) sujet de maminowski dans Politique etrangère / Relations internationales
Tu veux dire qu'Angela va devoir aller sauter Poutine et Erdogan pour répandre l'amour et la compréhension? Ou menacer de le faire? -
Guerre civile en Syrie
Tancrède a répondu à un(e) sujet de maminowski dans Politique etrangère / Relations internationales
Là, plus je vous lis, plus je pense que les Turkmènes ont de plus en plus l'air d'être le bouc émissaire désigné/désignable de la situation: les frapper serait un mode de "riposte graduée" pour les Russes, et une "perte acceptable" pour les Turcs, afin de passer la chaleur du moment et rendre la solution diplomatique pour le tir de missile plus aisé. Donc, pour la paix entre puissances, les montagnards vont-ils devoir dérouiller? -
Guerre civile en Syrie
Tancrède a répondu à un(e) sujet de maminowski dans Politique etrangère / Relations internationales
Tu as mis "honnêteté" et "morale" dans une phrase qualifiant des postures d'Etat: mauvaises prémisses. J'ai indiqué plus haut que dans le "blame game", la Turquie me semblait avoir une plus grande part de torts, mais ça ne veut pas dire pour autant que les 2 Etats ne sont pas coresponsables de la situation merdique ainsi créée, principalement par la mauvaise volonté extrêmement mutuelle qui a présidé à la genèse des conditions idéales pour qu'un tel merdage arrive. Et personnellement, je me rappelle à l'occasion que je suis français et que je n'ai pas envie de voir mon pays entraîné de fait dans le merdage des autres et forcé de prendre une posture sur un sujet qui n'est pas vraiment le plat principal au menu du jour (qui reste, jusqu'à preuve du contraire, trouver une solution en Syrie). Qu'on puisse rebondir sur l'incident pour sortir Erdogan du bois et le forcer à prendre certaines options plus tranchées et moins ambigue, je le souhaite, mais voir grandir une guerre de mots et de mains entre la Turquie et la Russie, et par extension entre l'un ou l'autre et l'occident, c'est pas vraiment gégène, et c'est ce à quoi le "blame game", surtout médiatisé (avec deux régimes reposant autant sur l'image "d'homme fort" de leurs chefs, c'est même un facteur bloquant), mène inévitablement. Rabaisser l'un et/ou l'autre, forcer l'un à s'écraser, c'est garantir la merde, ce qui ne nous sert pas. Ceci dit, si des Spetsnaz vont faire une expédition punitive chez les néanderthaliens des montagnes, je vais pas pleurer. -
Guerre civile en Syrie
Tancrède a répondu à un(e) sujet de maminowski dans Politique etrangère / Relations internationales
Là je ne suis pas d'accord; la disparition de Daesh, du moins dans son incarnation de quasi-Etat avec territoire contrôlé et administré, ne se fera en l'espèce au profit de personne dans les zones sunnites; dans l'absolu, oui, ce sera au profit des deux entités que tu évoques, parce qu'elles auront un adversaire organisé de moins, donc moins de pression, mais pour ce qui concerne les zones de contrôle de Daesh, ça ne profite qu'au chaos: de fait, ces régions sont ravagées, hostiles, armées, organisées seulement au niveau local, radicalement hostiles à la plupart des (sinon à tous) intervenants extérieurs (proches ou lointains), et surtout à l'Etat assadien qui n'a de son côté plus les moyens de rétablir un contrôle effectif sur les zones sunnites de l'ex-Syrie. Quand à Rojava, ils essaient déjà de se tenir sur leurs propres jambes, ce qui n'est déjà pas mal. En tout état de cause, l'effondrement de Daesh ne profiterait qu'au bordel, et à d'autres forces sans doute islamistes qui se nourriraient de la faiblesse de ces régions, de leur état de destruction et de désespérance (et donc de rage souvent). Sans doute serait-il difficile, dans une telle configuration, de rétablir quelque chose d'aussi vaste et organisé que l'EI, avec sa capacité d'action extérieure, et sans doute aussi serait-il difficile de rétablir un tel proto-Etat à cheval sur de larges pans de Syrie et d'Irak, mais ça ferait du bordel géographiquement contagieux cependant. -
Guerre civile en Syrie
Tancrède a répondu à un(e) sujet de maminowski dans Politique etrangère / Relations internationales
Faudrait peut-être qu'on se calme dans les spéculations purement gratuites et qu'on attende un peu de voir ce qui va se passer au lieu de déblatérer sur qui est méchant. Parce que pour le moment, on a juste pollué le fil sur plusieurs pages en peu de temps, alors qu'il n'y a qu'un seul réel constat à faire: ça a sévèrement chié dans un très grand ventilo. -
Guerre civile en Syrie
Tancrède a répondu à un(e) sujet de maminowski dans Politique etrangère / Relations internationales
Tu es en train de remettre en question tout le système de dissuasion sur lequel repose ADnet et la paix (relative, on va dire) qui y règne, t'en rends-tu compte? Parce que si ce n'est pas le cas, il n'y a ni haut ni bas, ni ciel ni terre, avant est après et après est pendant, l'eau ne mouille pas, le soleil tourne autour de Pigalle et rien n'a de sens et tout le monde va se mettre à poster des images de filles nues et de porno canin, et.... Et..... Et tout fout le camp. S'il n'y a pas de Topols, c'est la porte ouverte à toutes les fenêtres! Il n'y a pas forcément beaucoup de réalité derrière de tels accords, en raison de la complexité de l'application qui demande du temps et peut être salement différenciée selon les acteurs, certains traînant les pieds, d'autres ne se fixant que sur les gros clients. Et ces accords là, plutôt récents, visaient surtout la coordination russo-américaine. -
Guerre civile en Syrie
Tancrède a répondu à un(e) sujet de maminowski dans Politique etrangère / Relations internationales
(Waouh, première fois que je m'autocite) En complément, je mettrais quand même une mention spéciale de culpabilité supplémentaire à la Turquie, d'abord parce que c'est elle qui a effectivement tiré (pas la faute directe du gouvernement à mon avis, mais c'est sa responsabilité), mais surtout pour sa politique décidément très ambigue et court termiste dans la situation en Syrie: que ses actions soient pas toutes jolies-jolies, c'est assez "normal": c'est un Etat, rien n'est simple, le jeu des intérêts, les gaffes et saletés faites au niveau local que le gouvernement central doit assumer malgré lui, blablabla.... Mais dans le genre jeter de l'huile sur le feu sans soutenir aucune solution possible, il se pose là. Maintenant, je mentionnais qu'il s'agit d'un équivalent de trollage..... Aucune chance que les modos puissent topoliser la situation et bannir Erdogan et Poutine? Ca leur apprendrait.... -
Guerre civile en Syrie
Tancrède a répondu à un(e) sujet de maminowski dans Politique etrangère / Relations internationales
Pour l'instant, je pense que du côté d'Ankara et Moscou, c'est: Nooooon, rien de rien, nooooon, je ne regrette rien.... Il faut vite parachuter Céline Dion à Ankara pour qu'elle aille brailler l'hymne à l'amour, et Madonna à Moscou pour qu'elle ressorte La vie en rose. Quelqu'un sait si elles ont passé leur brevet TAP? -
Guerre civile en Syrie
Tancrède a répondu à un(e) sujet de maminowski dans Politique etrangère / Relations internationales
Plus je lis ça, plus je crois à la thèse de la gaffe créée par la situation, sans volonté supérieure commandant la chose: les deux dirigeants (espérons que ce soit juste pour un temps, dans la première phase "émotionnelle" de réaction) vont posturer, accuser.... Bref, une attitude de déni qui cherchera, de part et d'autres, à éviter de constater que c'est la non décision initiale de leur part d'établir un minimum d'accord sur la façon de gérer les frictions inévitables sur cette zone, qui est responsable.... Bref, c'est leur faute, à eux deux, de n'avoir pas aplani les choses à l'avance et d'avoir laissé la situation pourir, ce qui était déjà en fait un concours de taille de bite totalement stupide et courtisant ce genre d'accident, ce qu'ils savaient bien sûr mais n'ont rien fait pour régler, avant tout, je le soupçonne, parce qu'ils sont prisonniers de leurs postures de forts en gueule. Comme aucun des deux ne sera capable d'admettre sa responsabilité, ça va forcément être la faute de l'autre dans leur discours. Reste à espérer que cet équivalent diplomatique d'un trollage sur forum durera assez pour qu'un règlement raisonné et à torts partagés survienne. Vu ce qu'ils risquent de se balancer l'un sur l'autre dans les jours à venir, va falloir attendre un peu pour que la com puisse avoir une chance de prendre. -
Guerre civile en Syrie
Tancrède a répondu à un(e) sujet de maminowski dans Politique etrangère / Relations internationales
Personne ici ne se pose la bonne question: des deux dirigeants impliqués dans cette histoire, lequel a une moustache, lequel n'en a pas? La vérité est sous (leur) votre nez pour pointer qui est le méchant de l'histoire. Mode légèreté OFF. 'Doivent être un peu occupés à autre chose en ce moment. Mais je rejoint le commentaire d'Henri K: on est en face de deux pays à gouvernance proto-autocratique, avec deux "hommes forts" qui ont bâti une partie de leur pouvoir sur une image de matamore inflexible. Ca rend les positions de chacun plus inébranlables qu'elles ne devraient l'être; je ne dis pas que ça rend une désescalade impossible, mais ça contraint gravement le format des échanges qui ont déjà du commencer, et ce à un point réellement préoccupant. Ceux qui ont un cerveau doivent essayer de trouver des moyens d'empêcher d'en faire un concours de bite trop évident, parce que dans une telle configuration, c'est effectivement à qui se déballonnera le premier, et aucun des deux protagonistes ne peut se le permettre, tout comme aucun des deux n'a réellement intérêt à pousser l'autre à ce genre d'épreuve de force complètement vide de sens et d'enjeux autres que l'image. Bref, une vraie connerie de contraindre la posture de l'autre, et par là-même la sienne propre, de cette façon, ce qui me fait pencher plus vers la thèse de l'accident, la connerie pure et simple réalisée sur place sans directive "d'en haut", résultant en revanche de micro-conneries accumulées sur des mois qui ont construit cette tension et cette situation à risque (NFZ arbitraire, survols aggressifs flirtant trop avec les limites de l'autre....). Une situation qui a un long passé historique: on procrastine et refuse de réellement convenir d'un modus operandi pour éviter de tels incidents (protocoles communs, délimitation de zones claires, acceptation d'un espace de friction commun où on se restreint mutuellement....) pendant des mois en se regardant virilement dans le blanc des yeux, on fait dans la posture intransigeante, on menace à l'occasion.... Et pendant ce temps, la tension sur le terrain se bâtit chaque jour, les gens deviennent nerveux, les incidents ne passent pas loin.... Jusqu'à ce que ça pète. De la pure non-diplomatie généralement conduite dans le plus pur art de faire durer les carreaux cassés, ce qui revient dans les faits à dire "je ne cèderai rien et je ne m'en occupe pas tant qu'il y a pas de catastrophe". En d'autres mots, la maison est en feu, mais tant que ma chambre est pas touchée, je le nie. -
terrorisme Daesh
Tancrède a répondu à un(e) sujet de Philippe Top-Force dans Politique etrangère / Relations internationales
Segmenter leurs territoires est la meilleure chose à faire: couper les synergies de l'économie qu'ils ont mise en place, faire douter les populations sunnites ralliées bon gré mal gré (surtout si on peut leur proposer quelque chose de crédible derrière, une vraie porte de sortie).... C'est démolir un business model qui repose quand même aussi en grande partie sur l'expansion et le pillage: si la route du pétrole est en grande partie coupée dans le dernier couloir qui leur restait vers la Turquie (pour au moins avoir un effet "barrage filtrant"), ça fera apparaître plus vite leur faiblesse économique (encore plus si on tape les raffineries, la prod de brut et les transports): les raids de pillage et racket dans leur "zone d'attaque" (nettement plus large que leur zone de contrôle/administration), surtout s'ils trouvent plus souvent de l'opposition, rapporteront moins et les mettrons en face de leurs réalités matérielles..... Ce que la segmentation susmentionnée de leur territoire renforcera en cassant leur circuit de circulation des céréales qui semblent être l'un de leur principaux moyens de contrôle, puisqu'ils ont l'air de s'en être arrogé le monopole (très soviétique comme concept). Moins de possibilités de récolter, moins de possibilités de distribuer, tout dépendra des stocks (si on peut les dégommer....). Si ce truc de la mobilisation générale à Raqqa est vrai, c'est une autre gamme de problèmes pour Daesh plus que pour l'adversaire: leurs troupes sont fanatisées (en tout cas en partie) peut-être, mais des recrues de force, qui risquent en plus d'être peu préparées, peu encadrées et mal équipées, n'ont jamais constitué des armées puissantes et mordantes, voire ont causé des conflits internes. Juste une note, une quasi supplication pour nos dirigeants (qui ont en plus contaminé John Kerry); arrêtez de le prononcer ainsi, sinon c'est de ça vous parlez: D'un autre côté, on veut nettoyer la Syrie et l'Irak, en quelque sorte.... -
Ca risque de devenir le grand scandale du moment aux USA, et par là-même d'encore affaiblir la position d'Obama, déjà compromise par une scène politique déchirée, une opposition dominant le Congrès qui ne fait que dans la harangue démago et la critique stérile, et sa position de "lame duck president" (président sortant, donc portant moins de monde avec lui): l'inspecteur général du Pentagone est en train de passer en revue un dossier épineux sur le fait que les analystes de l'US CENTCOM auraient reçu des consignes selon lesquelles il leur fallait changer leurs conclusions afin de minimiser la menace d'ISIS en 2014 et de mettre les actions étasuniennes jusqu'alors sous un jour outrageusement favorable. Ainsi par exemple, la débandade des troupes irakiennes l'an dernier a été qualifiée à l'époque de "redéploiement", de "retrait tactique", mais surtout, tout aurait été fait pour surestimer l'impact des frappes aériennes, surtout le rôle des drones.... Des analystes du CENTCOM se seraient ainsi plaint auprès de l'Inspecteur General et avant tout un certain Gregory Hooker, qui s'était déjà signalé en 2005 pour des plaintes analogues pointant du doigt les directives "d'en haut" qui avaient modifié et présenté les renseignements disponibles de façon à minimiser le besoin en troupes à déployer, "injectant dans le dialogue des idées dont la plupart étaient amateuristes et irréalistes". L'histoire semble donc se répéter, et on ne sait pas si l'enquête pourra (matériellement et politiquement) déterminer si l'ordre venait du président, de personnes dans l'entourage du président, de la direction du Pentagone ou même "seulement" de la direction des renseignements du CENTCOM. La "piste" du président et/ou de son entourage, dans ce dernier cas en date (contrairement à l'Irak qui impliquait une invasion qu'il est difficile d'arrêter une fois qu'elle est déclenchée) n'est pas forcément la plus plausible puisque c'est lui le premier à avoir à payer les pots cassés de mauvaises estimations qui entraînent une mauvaise politique (contrairement à des couches de bureaucratie où la responsabilité peut être diffusée par ceux qui savent planquer leur fion) qui se verra à très brève échéance. Là, a t-on affaire à un président qui a été mal informé volontairement par quelqu'un, quelque part dans sa hiérarchie politique et/ou militaire? Ou d'un président qui voulait un prétexte pour NE PAS intervenir? En tout cas, cela lui a fait commettre la gaffe de facto de qualifier ISIS l'an dernier de "JV Team" (grosso modo de jouer dans la cour des petits, en catégorie "minimes" ou "poussins"). Pour l'instant, c'est encore un faisceau de spéculations, mais vu le fonctionnement des médias et de la bulle politique, ça risque de péter vite: Fox va s'en emparer et tourner dessus nonstop, ça c'est sûr, ce qui risque d'en faire un objet politique impactant directement les choix américains au MO.
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Et l'un des problèmes avec la démagogie sur ce sujet est qu'une fois les formules lâchées, on se trouve dans le piège rhétorique et politique de s'opposer à la chose au nom du seul argument moral, qui vaut ce qu'il vaut et marche auprès de qui il marche, mais donne la fausse mais puissante impression qu'on choisit de se priver d'un outil utile, voire vital (et qui, sans que la majorité veuille se l'avouer très fort, satisfait le besoin de revanche, de "faire mal" symboliquement/par procuration), juste au nom de quelque chose d'abstrait, voire immatériel.... Alors que ce n'est pas le cas, ce pourquoi l'argument utilitaire (ça ne marche pas, ça crée beaucoup de problèmes dans et hors d'un pays....) devrait vraiment être beaucoup plus travaillé, même s'il amène aussi son lot d'emmerdements et de vulnérabilités rhétoriques/politiques (contestation "argumentée" de cette inefficacité, et contestation par les pro-argument moral).
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terrorisme Daesh
Tancrède a répondu à un(e) sujet de Philippe Top-Force dans Politique etrangère / Relations internationales
La conquête au sens large, à mon sens: j'entends par là pas seulement/nécessairement la conquête effective du terrain, arpent par arpent, mais plus une action complémentaire militaire et politique visant à frapper et conquérir certains endroits, et à conclure des accords avec d'autres, parce quoiqu'on arrive à penser de l'EI et à se figurer de sa "gouvernance", et quoiqu'il veuille en montrer par sa propagande, le fait est que de larges pans de son territoire, et ce en Irak encore plus qu'en Syrie, il ne les tient que parce que les groupements locaux (essentiellement tribaux, donc assez vastes, et surtout connectés entre eux: ce ne sont pas des petites localités isolées les unes des autres et écrasables une à une) sont d'accord, avant tout parce qu'ils n'ont pas d'autre option politique viable (entre Bachar le sanglant et Maliki le sectaire violent, leur coeur ne balance pas). Mettons en place une stratégie, fut-elle celle d'un "Sunnistan" (à cheval sur l'Irak et la Syrie) appuyé et soutenu par des moyens importants, et l'EI sera beaucoup plus vulnérable sur son propre sol. Est-ce possible? C'est vraiment la question, mais au final, ça pourrait se résumer à un redécoupage du MO en "zones d'influence" ("chiistan irakien", Sunnistan, Kurdistan, Syrie bacharienne) par des puissances ou groupes de puissances dans un style de politique pour le coup très ancien. Juste à titre anecdotique, pour cette hypothèse (vraiment très hypothétique) de Sunnistan: quel est l'aura actuel des Hachémites dans le MO sunnite hors de la péninsule arabique? -
Opérations au Mali
Tancrède a répondu à un(e) sujet de pascal dans Politique etrangère / Relations internationales
N'a t-on pas plus affaire, en fait, à des groupes locaux qui ne font que revendiquer la "franchise" mondiale (McDo ou Burger King, Al Qaida ou Daesh)? Franchement, y'a t-il beaucoup d'échanges et de transit de personnels, de fonds, de moyens.... Entre les groupes qui se revendiquent de Daesh ou Al Qaida et les organisations "mères"? J'ai pas eu l'impression que Boko Haram ait fait autre chose que revendiquer son appartenance au "califat mondial", et c'est celui qui est allé le plus loin dans la rhétorique de ralliement. Dans les faits, ce genre de positionnement est juste du marketing dans la plupart des cas, les moyens (humains, financiers, matériels) "exportés" de l'une ou l'autre des grandes "marques" étant ridiculement petits, et les échanges limités à l'anecdotique. Quel sens cela a t-il de parler d'organisations mondiales quand il y a dans les faits si peu d'organisation commune, de "pooling and sharing" des moyens, si peu de possibilités de réelle coordination ou de commandement central? -
terrorisme Daesh
Tancrède a répondu à un(e) sujet de Philippe Top-Force dans Politique etrangère / Relations internationales
Le timing fait un peu serré, entre la prise de Sinjar (même le déclenchement des opérations) et les attentats, à moins que ces derniers n'aient été commis réellement dans l'urgence et l'improvisation qui semblent, chaque jour d'enquête qui passe, avoir été la donne majeure à l'oeuvre (pas de plans de repli....). On fantasme plus la puissance de l'EI-mastermind tout puissant et organisé qu'on ne voit la réalité. -
Revoilà donc les politiciens qui se donnent des airs de durs à peu de frais, prétendant avoir les couilles de "faire ce qu'il faut", prônant des mesures d'urgence dont ils prétendent qu'elles ne posent pas de problèmes pires que le mal qu'elles sont censées résoudre, et qu'elles apportent des solutions là où il est plutôt clair que ce n'est pas le cas.... A un moment où une partie de l'audience est dans une phase de colère vengeresse en recherche d'exutoires visibles et violents avec une moindre préoccupation pour le fait de savoir si c'est efficace ou non, on a donc les démagogues de toutes eaux qui se lancent dans cette antienne des méthodes "dures mais justifiées" (soi-disant) dont les gouvernants ne se servent pas parce "qu'ils n'ont pas de burnes", "ne veulent pas défendre nos valeurs" ou "ne sont pas prêts à faire ce qu'il faut en raison de principes abstraits". J'avoue que personnellement, je reste fasciné par ces faux arguments surtout sur le point qui fait totalement abstraction de l'inefficacité des mesures "dures" prônées dans ce genre de litanie: qu'il s'agisse de torture ou de rognages brutaux et multiples des libertés fondamentales, ce genre de rengaine part tout de suite du principe que ces choses marchent et que seuls des bons sentiments, des peurs de midinettes, de la lâcheté de gouvernants "conformistes", voire de la connerie pure et simple, nous empêchent d'y recourir (jusqu'à ce qu'évidemment, le démago-sauveur-dur-mais-juste-le-bon-sens-chevillé-au-corps arrive et nous sauve), là où ces harangueurs de foire présentent des imbécilités comme des évidences. Ca ne peut marcher que dans un climat d'urgence, mais malgré l'Histoire, on constate que ça marche toujours auprès d'une certaine portion d'électorat. Je ne sais pas si cette rhétorique est plus de l'habileté (faire abstraction de l'inefficacité prouvée des méthodes adoptées, et présupposer le contraire dans chaque propos, chaque accusation, chaque pseudo-argument) ou de la conviction (on sait que beaucoup croient vraiment à ces conneries contre toute évidence et toute preuve, se convainquent d'être "des hommes à poigne", qu'il suffit "de donner un grand coup de balai brutal" pour tout régler, que ce genre de mesures sera "forcément temporaire et court", que "seuls les coupables seront touchés".....), mais franchement, le fait est là: ça ressort à chaque fois, avec quasiment les mêmes formules mot pour mot. Ambition de politiciens persuadés que ça produit réellement du résultat autre que de très court terme et superficiel? Désir de pouvoir fort? Cynisme d'opposant voulant se faire une image à peu de frais? Ou connerie pure et simple?
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Je sais pas.... Quand j'étais très jeune, et donc très con, la menace de mort a pu passer par mes pensées, voire le seuil de ma bouche, quand un enfoiré essayait de me piquer mes billes ou mes images Panini.... Pas toi? Bon, OK, c'était à un âge ou même le plus parano des agents des RG m'aurait pas fiché, mais quand même.
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La série Star Wars continue !
Tancrède a répondu à un(e) sujet de Remzou 2.0 dans Livres, magazines, multimédia, liens et documentation
Non, le super-méga-impossiblement-maousse-destroyer de commandement de Darth Vader EST le truc le plus impressionnant vu dans la première trilogie, côté véhicules (sauf à considérer l'Etoile Noire comme un véhicule, vu qu'elle est mobile). Ca, ou mettre une selle sur R2D2....