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Tout ce qui a été posté par Tancrède
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Le Canada et sa place sur la scène internationale
Tancrède a répondu à un(e) sujet de Hornet62 dans Politique etrangère / Relations internationales
De ce que je comprends, le point le plus fondamental de cette élection est l'importance de la victoire elle-même: 188 sièges pour cette majorité (la plus large jamais élue il semblerait), et en interne du parti libéral, il semble que Trudeau soit très solidement assis à sa place de leader (et apparemment pas seulement par la magie de son nom de famille), ce qui en fait un premier ministre extrêmement fort et peu sensible, au moins pour un temps, aux aléas de l'opinion, aux contestations d'un parti conservateur littéralement renvoyé dans les "back benches" (la carte physique du Parlement est apparemment du jamais vu dans l'histoire politique canadienne, les libéraux prenant une sérieuse portion des sièges de l'aile droite) et, on l'imagine, aux pressions du grand "voisin et ami" du sud. La question syrienne (et la question écologique avec le sommet de Paris) sera sans doute la première occasion de voir comment ça peut se passer, bien que ce soit plutôt symbolique vu que peu de pays pèsent réellement dans cette coalition aérienne. La décision de cesser la mission de combat pour se focaliser sur l'aide (aux réfugiés, à un effort de développement/reconstruction) et la formation/soutien aux combattants locaux (peu précis sur ce point: troupes irakiennes uniquement? Kurdes? Syriens "libres"?), n'est pas quelque chose de fondamentalement décisif vu les montants que ça représente; de toute façon, c'est en essence un jeton de présence requis pour satisfaire l'alliance américaine. A moins que Trudeau ne décide d'augmenter sérieusement les sommes, moyens et effectifs consacrés à ces missions, on reste dans le domaine de ce jeton de présence; reste à voir si l'évolution de la question des réfugiés va voir le Canada opter plus sérieusement pour cette "vocation" qu'il revendique comme spécifique depuis les années 50 (et en fait particulièrement depuis.... Pierre Trudeau), tant dans le domaine de l'aide aux réfugiés aux abords immédiats de la zone de crise que dans celui de l'accueil dans d'autres pays, et dans le registre du lobbying international pour développer cet effort. A moins d'un changement plus significatif dans ces aspects, on reste dans le service minimum et la posture médiatique. -
Israël et voisinage.
Tancrède a répondu à un(e) sujet de loki dans Politique etrangère / Relations internationales
Merde! Il aurait devancé Cyrano, notre premier explorateur lunaire (estimation: dans les années 1640; publication du récit en 1657)? 'Chier! -
Allemagne
Tancrède a répondu à un(e) sujet de Wallaby dans Politique etrangère / Relations internationales
Qu'ils appellent Donald Trump: il s'y connaît beaucoup en matière de fortifications frontalières. La preuve: il n'arrête pas de le dire. -
Israël et voisinage.
Tancrède a répondu à un(e) sujet de loki dans Politique etrangère / Relations internationales
Intervention du pinailleur: l'IRA (/Oglaigh Na Heireann), c'est au final l'agent de la guerre d'indépendance, donc l'organisation de 1917-1922 (et discutablement, l'organisation anti-traité de 22-69/72 dont le niveau d'activité violente fut faible). A partir de 69, c'est essentiellement la PIRA (IRA provisoire) qui prend le relais et l'essentiel de l'effort combattant (le reste est anecdotique); les journalistes ont continué improprement à appeler IRA, par commodité, habitude ou référence historique.... Mais les militants eux-mêmes n'ont pas non plus pris l'habitude du nouvel acronyme. En terme d'héritage, l'IRA dans la continuité, c'est l'armée irlandaise actuelle. En terme d'héritage culturel en Ulster, l'IRA a cessé d'être en 1969 (avec une vague survivance entre 69 et 72), et seule la PIRA a continué après sa naissance cette année là. Mais le marketing a sa puissance propre.... Le pinailleur a frappé! Tremblez, mortels, devant ce déploiement d'inutilité crasse et de culture-confiture étalée pour rien! Muhahahahaha! -
Israël et voisinage.
Tancrède a répondu à un(e) sujet de loki dans Politique etrangère / Relations internationales
D'accord avec Akhilleus, là: les mouvements que tu cites ont fait du dégât civil. Mais plus globalement, il faut aussi envisager chaque conflit à l'aune de ses spécificités précises, de ses circonstances et des choix tactique/stratégiques qui sont fait par ses protagonistes (et leur efficacité regardée après coup). L'ANC n'était pas principalement un mouvement d'opposition armée, même s'ils ont pris un tel virage à un moment donné, et ils n'avaient pas de moyens, de savoirs-faires et de soutiens même comparables à ce que les Palestiniens peuvent recevoir. Qui plus est, ils ont fait d'autres choix tactiques (direction de Tambo), sans doute beaucoup trop ambitieux pour leurs capacités: assassinats ciblés, certes, mais surtout attaque sur des cibles dures, symboliques ou utiles au pouvoir sud africain (centrale nucléaire, bases militaires, institutions...;), et campagnes d'attaques à l'explosif. Ces dernières ont fait beaucoup plus que 80 morts, et surtout des centaines/milliers de blessés (le but d'attaques terroristes est par définition de terroriser, plus que de tuer), mais ont fait leur effet de créer le climat voulu, même si l'ANC était limité dans ses capacités par bien des facteurs pratiques, bêtement matériels, et évidemment par l'opposition d'un Etat sécuritaire très développé. L'ETA, qui est un très petit mouvement, avec peu de soutiens, dans 2 Etats très développés (et donc des zones plus sécurisées, moins propres à créer des poches analogues à Gaza) et agissant dans une population moins en phase avec son action (et une population sur laquelle il a moins d'emprise que d'autres mouvements), est quand même pas loin du millier de morts depuis les années 70, et a fait des milliers de blessés. L'IRA a spécifiquement adopté une stratégie visant les forces "d'occupation" (je mets des guillemets pas pour prendre parti, mais parce que c'est le point précisément disputé par les 2 camps): bonne ou mauvaise stratégie, c'est un autre débat. Mais un grand nombre de civils ont payé les pots cassés quand même (un peu plus d'un tiers des victimes, soit autour de 600 morts), sans même compter les blessés qu'on oublie toujours dans les décomptes alors que dans des campagnes d'attentats à l'explosif, ils ont tendance à être une écrasante majorité. Viser les forces de sécurité spécifiquement avait plus de sens dans la configuration du conflit nord irlandais, ceci dit, notamment parce que "l'occupant" n'était pas de l'île, donc perçu comme un corps étranger venu de loin (un peu comme la situation en Palestine vis-à-vis de la même Angleterre) avec potentiellement moins d'aisance et de volonté de maintenir sa position politique dans ce qui pouvait devenir de fait une OPEX (en termes de coûts avant tout), l'amenant potentiellement à négocier. Exagéré, erroné, mais ce fut l'axe choisi. Moins facile quand l'occupant est mitoyen de, voire imbriqué avec, l'occupé. Si on compare, je lis que l'estimation du nombre de morts israéliens depuis 1948, du fait d'attaques/violences palestiniennes, tourne autour de 3000 personnes. En près de 70 ans, c'est pas vraiment incomparablement plus; compare à l'ANC dont le tournant vers la violence date des années 70 essentiellement, avec l'IRA/PIRA dont la campagne débute en 69 et stoppe pour l'essentiel en 97, ou avec l'ETA dont l'activité se concentre entre 68 et les années 90 (avec la période la plus chaude pendant le franquisme et juste après). On est pas dans des proportions très éloignées. -
Israël et voisinage.
Tancrède a répondu à un(e) sujet de loki dans Politique etrangère / Relations internationales
Crois bien que je n'émets aucun jugement moral, mais quand on prend le problème du point de vue strictement tactique, vu sous l'angle palestinien, attaquer les civils est plus "rentable" qu'attaquer les militaires: outre qu'il s'agit de cibles nécessairement plus fragiles, toucher des civils est le seul objectif à la fois "sensé", "utile" et dans les moyens de mouvements armés qui sont somme toute petits et très limités en terme de moyens. L'armée n'est qu'un bouclier; l'attaquer en elle-même, à moins d'avoir des chances de la détruire ou de lui causer suffisamment de dommages, ou de mobiliser son attention loin d'un objectif X ou Y, n'aurait aucun sens et aucune portée politique ou pratique. Juste celui de faire du bodycount. Dans la limite serrée des moyens d'action des groupes armés palestiniens, viser les civils est la seule action qui ait un minimum de sens tactique: créer du sentiment d'insécurité, décrédibiliser l'action d'un gouvernement israélien, augmenter le "coût du business", continuer à exister et projeter cette ombre sur le futur.... Ces objectifs sont évidemment plus des théories qu'autre chose, peu atteignables en soi et pas eux-mêmes susceptibles d'obtenir des résultats politiques majeurs compte tenu de la disproportion des capacités, mais il n'y a pas d'autre option. Pourquoi attaquer l'armée? Ca servirait encore moins à quoi que ce soit. Le "terrorisme" n'est au final qu'une tactique, un mode d'action. Justement, je lis souvent que le pouvoir (en fait surtout Bibi) est fréquemment en désaccord avec les patrons (et apparemment beaucoup d'ex patrons) des services de renseignement sur la stratégie fondamentale vis-à-vis du problème palestinien; sont-ils juste des "instruments" quand on voit autant de pontes de la barbouzerie monter au créneau plus ou moins publiquement contre l'autorité politique en critiquant son attitude bigote, antagoniste et, au final, contre productive? Ou n'est-ce qu'une impression de l'extérieur parce qu'un certain nombre d'entre eux l'ont fait, mais qu'il s'agirait au final d'une minorité? -
Allemagne
Tancrède a répondu à un(e) sujet de Wallaby dans Politique etrangère / Relations internationales
Il suffirait à un président français de s'acheter une paire de .... En somme. D'affronter les opinions publiques (vraiment très différentes de la notion de population, si étrangère à nos élus et à nos non élus bruxellois) qui sont particulièrement unanimes (et loin du reste de l'Europe) sur ce sujet, au moins pour l'instant. D'affronter le fait d'une prise de position effectivement contre le pays dominant alors qu'à l'heure actuelle, le pays n'est pas au mieux de sa forme et de son capital politique. Faisable, mais ça demande de l'ambition, de la vision, une note de charisme, de solides soutiens en interne (c'est pas juste le fait d'un homme seul, sauf s'il a un énorme capital politique personnel) et de l'habileté en externe, avec les autres voisins.... Pour en somme commencer à faire ressembler la scène européenne à l'amorce d'un début de semblant de démocratie, où il y aurait deux camps équilibrés, au moins sur cette question pour commencer...... Mouaif. Ce que j'en pense? Je citerai la grande épistémologiste canadienne Céline D: "s'il suffisait qu'on s'aime, s'il suffisait d'aimer". Oh, oui! Si seulement il était allemand! En même temps, ça on peut pas le reprocher aux Allemands: historiquement, c'est un peu leur carcan/logiciel mental: on fait une connerie, on ne reconnaît pas l'erreur/on ne prend pas acte de la réalité, on n'arrête pas les frais (la Marne? Verdun? été 1918? Envahir la Russie? Guerre jusqu'au bout, sans capitulation?), on fait de la fuite en avant la solution rationnelle.... Et on arrive à 1918 et 1945. Jamais 2 sans 3? Encore une fois, pas de critique! Ils n'y peuvent rien, c'est culturel! Donc si tu critiques, tu ne respectes pas leur différence et tu es donc un raciste: CQFD (merci le MRAP pour ces maquettes d'argument adaptables à toutes situations.... Avec toujours le "sale raciste" en fin de texte, qui ne change jamais). OK, va dire ça aux politiciens; ils ont pas entendu. ¨Pourquoi est-ce incomparable à l'Irak? Ca fout la merde partout, et ça vous colle longtemps (pas d'exit strategy). -
Comme le dit Gally, la pub tous médias confondus (télé, internet, affichage, radio -qui reste très importante aux US-....) est un gouffre à pognon, surtout si on veut assurer une densité suffisante de messages sur un nombre suffisant de chaînes/websites/lieux (et les bons, et aux bons moments) pour être vu, entendu et mémorisé (avoir de l'impact est difficile, surtout dans un marché saturé et blasé). Et aux USA, il y a de fait plus de 50 marchés audiovisuels (et d'affichage physique) différents: un par Etat, un national (networks et cable), plus des petits (territoires non étatiques: Guam, Porto Rico, expats....). Mais plus que les seules campagnes de pub, il y a la campagne elle-même: il faut circuler un maximum dans tout le pays, et particulièrement dans certains Etats où il faut que le candidat lui-même fasse littéralement du porte à porte. Moins une population est concentrée, plus c'est vrai: les deux Etats qui comptent beaucoup pour démarrer une campagne (c'est en grande partie psychologique, tout le monde dit que c'est con depuis des décennies, mais tout le monde continue) sont l'Iowa et le New Hampshire, et ce sont deux Etats ruraux où il faut aller parler à tout le monde dans un nombre infini de bleds. Plus largement, les Américains sont plus sensibles que d'autres peuples à ce que la personne qui fait le produit vienne leur parler; Ducasse a mis du temps à le comprendre en ouvrant des restaus à NY où il passait rarement (il avait formé les équipes, choisi le ton.... En essence, beaucoup de travail); de fait, il était boycotté parce qu'il n'était pas en salle à aller serrer la pogne de chaque client en fin de repas. On y fait peu attention en France, mais aux USA, ça compte beaucoup (en tout cas dans les restaus autres que fast food et assimilés). Et en politique, c'est EXACTEMENT la même chose, beaucoup plus que dans d'autres pays. Une campagne doit ainsi avoir des Etats Majors un peu partout (au moins un par Etat, plus quand il y a des grandes villes) dont un mobile (avec le candidat), des réseaux de permanents (les démocrates ont plus de bol que les Rep dans ce domaine: en proportion, ils ont 2 à 4 fois plus de bénévoles) qui tiennent les boutiques, font du porte à porte, font du networking réel et virtuel, préparent et aident les événements de campagne (avec ou sans le candidat: on fait tout pour qu'il y ait une vie permanente de la campagne)..... Et il faut un tas de professionnels dans tous les domaines, mais surtout des "Cyber Etats Majors" (celui d'Obama en 2008, monté par le stratège politique David Axelrod, reste le modèle ultime qui a révolutionné le secteur) et des équipes de sondeurs/enquêteurs les plus omniprésentes possibles, pouvant disséquer le terrain électoral jusqu'au plus petit échelon géographique possible (on parle de subdivisions de comtés maintenant). Les sondages (et plus généralement toutes les sources de renseignement de terrain) avec le niveau d'expertise et plus encore le niveau de permanence et d'actualisation requis pour les campagnes modernes, c'est sans doute l'une des lignes les plus maousses sur le budget d'une campagne. La pub est chère, comme on l'a dit, mais la majorité est prise en charge par le "soft money" maintenant (avec qui il faut pas se "coordonner", mais chuuuut); le hard money, surtout depuis le développement de ces infrastructures cyber, c'est le concret de la campagne; comme ils disent, c'est "what keeps the lights on" (ce qui garde les lumières allumées) et indique qu'une campagne va tenir la distance ou non. Parce que, dernière gamme de coûts importants: tout ce petit monde qu'on entretient en plein d'endroits ou qu'on déplace partout (sur place ou à emporter, quoi), il lui faut des infrastructures (loyers, assurances, matériels de tous types, véhicules spécifiques, production de goodies/merchandising....), de la bouffe, un salaire (pour une certaine proportion), des extras, des frais de déplacements (billets de train ou avion, essence, locations de cars ou voitures....), des chambres d'hôtels.... Dans un pays aussi grand et peuplé que les USA, avec des distances énormes et un niveau très élevé de difficulté pour se faire voir et entendre, l'addition monte vite. Tout ça, et évidemment, oui..... Les Américains ont peut-être une tendance un peu prononcée à jeter du fric sur le moindre problème..... Un peu plus que les autres..... Un facteur aussi qu'il faut comprendre à ce stade de la campagne: tous les candidats, du moins les importants, se voient faire la campagne présidentielle, donc passer les primaires (à part l'ambition et l'illusion personnelle, c'est aussi bêtement le jeu qu'il faut jouer), donc tous sont en train de bâtir leur infrastructure de campagne, qui servira aussi bien pour les primaires, que pour, l'espèrent-ils, la campagne présidentielle. C'est beaucoup de monde à rassembler, d'équipes à créer, d'infrastructures à mettre en place, de réseaux à développer ou créer et à maintenir.... Il y a donc beaucoup de choses assimilables aux coûts fixes de mise en place en quelques mois de ce qui s'assimile à une grande entreprise (bien plus de 500 personnes, dans de multiples implantations, avec beaucoup de matos et de frais, rien qu'en comptant les salariés et professionnels/experts à plein temps) qui ne vivra de fait qu'à peine plus d'un an (avec un seul résultat visé) dans le meilleur des cas. C'est pourquoi le hard money compte beaucoup à ce stade; il est indicatif de qui a ce qu'il faut pour aller loin.
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L'argent est le nerf de la guerre, et la politique dans une démocratie est le moins pire substitut à la guerre qu'on ait trouvé.... Donc l'argent est le nerf de la politique? On n'oserait le dire, mais c'est (trop) souvent le cas. Quoiqu'il en soit, un petit portrait pratique de la guerre qui se livre actuellement aux USA alors même que l'année présidentielle est encore loin du jour présent et de l'attention de la grande majorité de la population. Les cotes de popularité dans les bases électorales (et dans les 5 secondes d'attention qu'une partie de la population au sens large consacre à la chose chaque semaine) changent tous les jours, et bien malin qui sait réellement quel candidat sera encore au top en février, moment des primaires. Mais une chose afflue et fluctue de manière plus révélatrice: l'argent. Quid des campagnes de ce côté? Et quelle répartition selon les sources et le degré de contrôle qu'on a dessus? Voici quelques chiffres sur l'argent récolté directement ou non par les candidats depuis juin de cette année (qui est de l'argent dit "primary money"; ce n'est pas encore réellement l'argent de la campagne présidentielle!!!!): Bush: 133,3 millions (24,8 pour sa campagne, 108,5 pour son SuperPAC et autres organismes du "soft money"). 6% viennent de petits donateurs Clinton: 97,7 millions (77,5 campagne, 20,3 SuperPAC et autres). 20% de petits donateurs Cruz: 64,9 millions (26,6/38,4): 45% de petits donateurs Rubio: 47,7 millions (14,6/33,1). 27% de petits donateurs Sanders: 41,5 millions (100% dans sa campagne, pas de SuperPAC ou autres). 88% de petits donateurs Carson: 31,6 millions (31,4/0,2). 74% de petits donateurs On voit donc mieux le degré de contrôle des candidats sur leur programme et leur campagne. Il faut signaler aussi que certains épuisent plus vite leurs filons que les autres: les candidats plus institutionnels tendent ainsi à recevoir une plus grande proportion de donations maximales dans les caisses qu'ils contrôlent eux-mêmes (par opposition aux SuperPACs et autres), cad le plafond légal encadrant l'argent électoral, tandis que d'autres reçoivent de petites donations (plus nombreuses ou non), pour partie parce que les donateurs ne veulent ou ne peuvent donner plus, mais plus souvent parce qu'ils comptent encore donner si sollicités, ce qui est en fait la formule la plus recherchée (limite dans le temps le coût de recherche de nouveaux donateurs, constituant ainsi un "réservoir" encore rempli). Le recordman en la matière est Bernie Sanders, qui a en quelques mois créé la plus vaste base de donateurs (essentiellement des petits) jamais vue dans l'histoire électorale américaine (plus de 650 000 à ce jour), qui, en écrasante majorité, ont fait de petites contributions (20-30 dollars) en assurant qu'il y en aurait encore plus tard (ça fait partie des options qu'on coche dans les formulaires). A l'opposé, Jeb Bush a peu de petits donateurs, et a reçu surtout des donations maximales, et il peine à trouver plus de monde pour financer sa campagne, et surtout, se trouve en position faible par rapport à son "soft money", une masse énorme de fonds allant dans son SuperPAC et venant d'énormes contributions (là on parle du "gros argent" d'entreprises, organisations et riches individus) de la part, essentiellement, du réseau de collecte de sa famille. Il aurait apparemment là aussi du mal à trouver des contributeurs hors de ce réseau, même pour son SuperPAC. A ce stade, c'est le "hard money" qui compte largement le plus: l'argent des campagnes, effectivement contrôlé par les candidats: c'est cet argent qui maintient la campagne à flot, paie le personnel, le transport et l'intendance, finance les sondages, les structures de campagne physique et média (dont les très cher centres de campagne électronique) et autres besoins de la campagne.... Une mesure importante est le "burn rate" (taux de cramage, oserait-on dire) de cet argent, soit le rythme de dépense de l'argent de campagne. Et de ce côté, les difficultés de Bush semblent avoir explosé, puisqu'il a annoncé en fin de semaine un sérieux ralentissement de sa campagne, serrant la ceinture tous azimuths; de l'argent qu'il a récolté (et qui est plutôt peu, surtout comparé à la présence qu'il a maintenue jusqu'ici, donc en grande partie, à la dépense consacrée), il lui resterait assez peu, ce qui augure mal quand on voit la nécessité de la visibilité pour continuer à lever du fric (surtout pour des candidats institutionnels cette année), et sa difficulté déjà importante dans ce domaine. D'autres ont un important "burn rate", et des rythmes de levées de fonds qui varient beaucoup, de même que des proportions variables de niveaux des donations (seuls Sanders, Carson et Cruz auraient un proportion dominante de petits donateurs gardant de la réserve pour plus tard). On voit aussi les différences entre démocrates et républicains: les démocrates ont beaucoup plus de petits contributeurs et plus de hard money 119 millions pour les deux leaders démocrates, 97,4 pour les 4 républicains cités), et moins de grands soutiens institutionnels et de riches donateurs (sauf apparemment pour Ted Cruz). Aussi une moindre tendance à avoir des donations atteignant le plafond légal. Ainsi, pour les "burn rates" (donc exclusivement la dépense de "hard money") et le cash encore disponible à ce jour: Bush: 58%. Reste 10,3 millions Clinton: 57%. Reste 33 millions Cruz: 48%. Reste 13,8 millions Rubio: 53%. Reste 11 millions Sanders: 34%. Reste 27,1 millions Carson: 64%. Reste 11,3 millions Je répète aussi qu'il faut faire attention à ces situations en ce que le rythme et la capacité à renouveler les fonds de campagnes sont très différents selon le candidat, et la perception comme ces chiffres eux-mêmes (l'argent attire l'argent, ce fric reflète en partie la capacité à lever plus de fric....) influent sur cette capacité, même si c'est beaucoup plus vrai pour le soft money que pour le hard money: les riches donneurs, le plus souvent intéressés et voulant donner du décisif (de quoi peser), misent beaucoup plus sur le vainqueur putatif (qu'ils veulent dépendant d'eux) et moins par attachement/sympathie/espoir/idéologie. Concernant ce rythme de levée de fonds, on peut aussi voir la tendance évoluer fortement à travers le temps: le dernier trimestre a par exemple vu Rubio sérieusement baisser, après un départ en fanfare, alors que sa dépense a continué sur sa lancée (il en a besoin, n'ayant pas assez de "name recognition" au niveau national et dans nombre d'Etats); dans ce trimestre, relativement à ce qu'il récolte, sa dépense a explosé (essoufflement?). Bush a aussi pas mal baissé (13,4 millions récoltés, mais 11,5 dépensés, soit un burn rate de 86% sur ce trimestre seul, en bonne partie en "damage control" car son image s'est dégradée). En face, Clinton a récolté un max (près de 30 millions), mais avec un burn rate de 86% (25,8 millions cramés, avec aussi beaucoup de damage control), même si ses sources de revenus restent bonnes et ses perspectives aussi. Sanders a explosé, récoltant 26,2 millions sur ces 3 mois (plus de la moitié dans le mois écoulé), avec un burn rate de 43% (ce sont les débuts de sa campagne qui se sont fait avec des bouts de ficelle et maintiennent son taux sur 5 mois à 34%: mathématiquement, ça aura augmenté à la fin de l'année même s'il n'accroît pas son rythme de dépense). De son côté, Trump dépense en fait très peu pour l'instant encore, mais récolte aussi très peu, continuant à prétendre qu'il va financer la majorité de l'effort lui-même, mais ayant pour l'instant peu déboursé; c'est là où on mesure l'énormité de l'avantage médiatique d'une forte "name recognition" et d'une image très forte et établie (qui en font quelqu'un de très "identifié"/identifiable, qui n'a pas à expliquer qui il est et ce qu'il représente), qui s'ajoutent au statut "d'outsider". Il va devoir faire plus à l'avenir, surtout à un moment où il commence à accumuler du bagage, des gaffes, et où plus de monde va graduellement commencer à prendre le vote plus au sérieux (rappelons que les primaires ont plus de signification chez les ricains que chez nous, vu le système de vote à un tour: les primaires sont leur premier tour).
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Crise financière mondiale [info only]
Tancrède a répondu à un(e) sujet de debonneguerre dans Economie et défense
Ils ont 4 grandes banques publiques: Banque de Chine, Banque Industrielle et Commerciale (la plus grosse banque du monde), Construction Bank et Banque Agricole (leur "Crédit Patate", quoi). Elles sont chapeautées en partie (celles dont le gouvernement dirige les investissements) par 3 "banques politiques" directement sous la tutelle du gouvernement. Mais il faut aussi prendre en compte tout le secteur financier de niveau plus local (grandes villes, provinces.... Qui ont créé avec le temps des fonds mutuels ayant évolué en banques) qui possède aussi des structures publiques, ou semi-publiques, ou d'une manière générale totalement imbriquées dans le système de gouvernement/administration. Tout ce secteur plus ou moins directement public de la finance est un monceau gigantesque de dettes et de créances pourries: la grande bulle financière en Chine, celle qui a alimenté, entre autres, leur bulle immobilière. -
Migrations de masse vers l'Europe
Tancrède a répondu à un(e) sujet de Alexis dans Politique etrangère / Relations internationales
Pas d'accord, Gally. Ca, c'est plus approprié: -
J'imagine qu'on recrute aussi pour espérer séparer le bon grain de l'ivraie, et le bon grain, on veut (enfin, en France, on dit qu'on veut, et on le fait pas assez) le garder pour longtemps, donc le but est de faire venir jeune pour garder les bons (ceux qui vont pas faire que 3 ou 5 ans) avec encore du kilométrage utile devant eux, puisque c'est a priori sur eux qu'on mettra le plus "d'investissement" dans le temps. L'expérience d'un soldat de terrain (autres métiers mis à part) est évidemment un sérieux multiplicateur de qualité, et compense pour les capacités physiques qui s'amoindrissent, et si on peut être plus performant à 30 ans qu'à 20, c'est avant tout parce que, bien souvent, à 20 ans, moins d'une formation sérieuse, on n'a pas bien appris à utiliser ses capacités (parce que fondamentalement, c'est l'âge où on a 2 coeurs et 4 poumons) et où, à résultat donné équivalent, on a gaspillé nettement plus d'énergie et pas fait attention à faire les bons gestes. A toutes les époques, le soldat idéal est généralement dans la fourchette 25-35 ans: c'est cette décennie qu'on essaie de maximiser, généralement en essayant d'avoir des gens déjà formés qui y entrent. Mais à bien des époques aussi (moins vrai dans le contexte des armées professionnelles), on aimait avoir une masse de jeunes cons pleins de foutre et d'hormones (donc les 18-25 ans): ça va en avant (chez les hommes, la partie du cerveau où on évalue le risque est encore en développement à cet âge), ça discute moins, ça veut en mettre un coup, ça réfléchit pas trop.... Et ça coûte généralement moins cher. L'exemple romain est spécial: d'abord parce que de toute façon, sous le Haut Empire (donc là où la domination romaine est la plus absolue et la mortalité moindre), environs 50% des légionnaires (c'est pire pour les auxilliaires) ne finiront pas leur temps d'engagement (mutilés, incapacités ou tués.... Ou cassés/exécutés, ou déserteurs), ce qui affecte un tantinet les statistiques et constitue en partie un écrémage. Ensuite, si la durée du contrat augmente, passant de 16 à 24 ans sur la période (plus pour les auxilliaires), il faut noter que les 6 dernières années sont des affectations moins exposées et exigeantes, donc techniquement, pour un légionnaire engagé à 18 ans et finissant à 42, il "lève le pied" vers 36 ans sauf urgence absolue. Et faut voir dans quel état était la majorité des légionnaires qui parvenaient au bout de leur temps d'engagement, même si pas mal d'entre eux resignaient (avancement, incompatibilité avec la vie civile, absence d'autres perspectives) s'ils étaient en état.
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Le problème dans l'affaire réside dans l'ensemble de forces qui ne veulent pas reconnaître ces faits, qu'ils admettent leur réalité ou non, et poussent vers ce biais, avec, entre autres éléments "facilitateurs", le fait que le recours massif aux drones (surtout via la CIA, plus que directement par l'Air Force ou l'Army), comme le recours aux forces spéciales, offrent la couverture cache-connerie du secret défense et de la "deniability", qui, pour un politique, veulent dire qu'il n'y a quasiment aucun compte à rendre dans les faits, quels que soient les résultats.
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Je te suis sur le paradigme de l'armée de conscription, mais les performances en fonction de l'âge? Où as-tu vu que le niveau de perf (ou de perf potentielles) à 20 ans équivaut à celles à 50 ans? Que les plafonds de performances puissent ne pas être si éloignés que ça, je veux bien le croire, au moins pour certains individus aux bons gènes et ayant eu de bons rythmes et modes de vie (ces deux derniers critères étant le "toutes choses égales par ailleurs", mais restant deux caveats de taille): la performance max peut ne s'être pas trop dégradée. Mais outre qu'on ne parle là que d'une proportion nettement plus réduite d'individus que quand on examine la population des 20 ans d'âge, il faut souligner un facteur important pour un profil de soldat: la capacité à maintenir ces performances de façon soutenue, et par là, la capacité de récupération. Et ça, ça commence à morfler plus ou moins méchamment dès la trentaine. Et il y a le facteur usure, des articulations principalement: à 50 piges, à moins d'avoir vécu en apesanteur, elles ont bouffé.
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L'article original est de Jérémy Scahill, connu pour ses enquêtes sur Blackwater et la "guerre secrète" américaine (cad les opérations spécales soutenues, surtout de l'USSOCOM, partout où les médias ne faisaient pas trop attention.... Comme au Yémen); pour l'instant, le buzz n'est pas énorme. Faut voir si ça va prendre. L'un des trucs hallucinants concerne la méthode par laquelle le Pentagone évalue les pertes collatérales dues aux bombardements, particulièrement ceux de drones, qui reçoivent moins d'attention médiatique que ceux de l'aviation "normale", en général (influence d'un "drone lobby" dans l'institution, nourrissant son agenda de telles statistiques?): il s'agit au final d'un algorithme évaluant la chose sous un angle purement statistique, se fondant assez peu sur des observations suffisantes au sol et une boucle de renseignement plus traditionnelle (l'impossibilité fréquente d'aller constater, surtout de façon suffisante, le justifie aussi, ne soyons pas inutilement vaches). Et cet algorithme est en essence manipulé précisément pour minimiser, voire nullifier, les dites pertes collatérales. Notamment, comme le mentionne ce résumé du Figaro, en considérant par principe toute victime mâle comme terroriste. Quand c'est un critère de classification de base, les maths sont avec vous.
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Migrations de masse vers l'Europe
Tancrède a répondu à un(e) sujet de Alexis dans Politique etrangère / Relations internationales
N'exagère pas: il y a longtemps que Debray n'est plus gauchiste (et au moins dans ce registre, lui a eu le courage de ses opinions, ne se contentant pas de jouer les révolutionnaires de fond de café). Et il n'est certainement pas un "repentard": c'est un républicain avant tout, au sens dur du terme, qui se rapprocherait du chevènementisme s'il devait encore avoir une couleur politicienne.... Ce qu'il se garde bien d'afficher. Faut éviter de lire ce qu'on veut voir dans la rhétorique de quelqu'un et de surinterpréter cette lecture qu'on biaise consciemment ou non dès ses prémisses. Ce texte n'est pas une opposition entre un pro-immigration et un anti: c'est un constat, et côté Debray, tout ce qu'il dit en l'énonçant, c'est que le mouvement du XXIème siècle, ce phénomène de migrations massives -qui arrivera, et arrive déjà, et vraiment pas qu'en Europe- suscitera des réactions radicales dans les pays d'accueil, et que les "républicains" ont la responsabilité d'en empêcher les dérives les plus extrêmes. C'est comme dire que la pluie mouille, ce n'est pas une prise de position. -
Migrations de masse vers l'Europe
Tancrède a répondu à un(e) sujet de Alexis dans Politique etrangère / Relations internationales
Tout est dans la prononciation; c'est très subtil. Non, le masque veut dire "j'ai des germes, je ne veux pas vous contaminer, et j'ai honte donc je cache mon identité", et le bâton, c'est "je suis médecin, mais j'ai pas pu trouver de serpent à enrouler autour: j'ai un budget, merde". Et voilà: les barrières culturelles s'effacent..... Ils vont pouvoir partager joyeusement leurs expériences avec les gentils Allemands du coin en bombers et crâne rasé, qui amènent leurs propres symboles de paix (la chaîne de vélo symbolisant les grands coups d'amitié entre les peuples, la barre à mine qui illustre la volonté de faire sauter les portes qui séparent tout le monde....). Et tout ce petit monde se font des gestes des bras et des doigts pour exprimer tout l'amour qui se trouve ici réuni. Ca fait chaud au coeur tout ça; j'en ai des larmes aux yeux. -
Il était de ceux qui avaient averti avant l'invasion que toute tentation d'aller en Irak ou d'implanter en permanence un large contingent au MO était une connerie sans nom. Et oui, pendant l'Irak, il a critiqué haut et fort dès le début, ayant même un accrochage notable et très médiatisé avec G H Bush, sur le sujet de son fils, alors un soldat déployé en Irak.
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C'est un gars droit comme un I, qui n'ira plus très loin en politique tellement il refuse le "système", y compris de faire des levées de fonds, et n'aime pas trop faire campagne. Ses deux grands postes en politique, il les doit d'une part à Reagan (secrétaire à la Marine), de l'autre aux gaffes de son adversaire (son élection au Sénat); de manière générale, c'est pas un politique (et cette phrase n'est pas entièrement un compliment); il a du mal à faire des compromis et il semble trop assertif pour pour faire un bon législateur (c'est peut-être un bon profil pour l'exécutif cependant). Il a quelque peu loupé le coche en 2008 quand Obama lui avait proposé d'être sur son ticket pour devenir vice président (Biden fut le second choix). A part ça, c'est un modéré et un progressiste pur jus: pro-syndicats, protectionniste raisonnable, opposé aux grands traités libre-échangistes, anti-discrimination (et pro mariage gay), plutôt contre l'aventurisme extérieur même si pas du tout isolationniste (ex avocat de la "600 ships Navy") et pas chaud à l'idée d'avoir des troupes en permanence au MO (c'est un avocat de la stratégie "tout dans le Pacifique").... Il est en fait plus connu comme vétéran, défenseur public des vétérans, et romancier à succès, que comme politique.
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Anderson Cooper, le médiateur (journaliste vedette de CNN), lui demande de quel ennemi (supposément fait au cours de sa carrière politique) il est le plus fier, et Webb lui répond "le soldat ennemi qui a balancé la grenade qui m'a blessé.... Mais il n'est plus là pour qu'on puisse parler" (sous entendu: je l'ai buté).
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Israël et voisinage.
Tancrède a répondu à un(e) sujet de loki dans Politique etrangère / Relations internationales
C'est un truc qui m'a fait halluciner récemment: depuis qu'ISIS est apparu, le Hamas s'est lancé dans une grande entreprise de "rebranding" en se posant désormais comme le "raisonnable", le mouvement gentiment adulte et calme avec qui on ferait mieux de traiter.... Qui en a avalé ses céréales le matin? Note, à moins de donner dans la surenchère barbare, c'est le coup à jouer (quelle que soit la réalité que ça prend sur le terrain, si jamais ça en prend une); le Hamas est-il en train de suivre le chemin historique du Fatah? N'est-ce que de la com? Il est vrai qu'ils ont tout à craindre de voir la jeunesse palestinienne se sentir si frustrée que de n'avoir d'autre choix à leurs yeux que de virer dans le "ISIS-style" (qui sera sans doute moins marrant que le Gangnam Style, et aura certainement moins de "like" sur Youtube). -
Israël et voisinage.
Tancrède a répondu à un(e) sujet de loki dans Politique etrangère / Relations internationales
En même temps, ce n'est pas comme si on parlait d'une population unique et organisée, pouvant penser et agir de façon posée comme un collectif pacifié et régulé, en lieu et place de ce qu'ils sont: des groupes plutôt atomisés, se concertant difficilement, ayant peu de moyens de s'organiser comme une communauté nationale, astreints à vivre au jour le jour pour l'essentiel (ou avec peu de visibilité), et accumulant un bagage de frustration et de rage qui a peu d'équivalents ailleurs. D'autant qu'il est arrivé que la méthode non violente soit employée, ce qui n'a rien apporté de plus: les "leçons" qu'ils ont enregistré, c'est que quelle que soit la méthode employée, ils l'ont dans le derche (ce qui est en partie subjectif, mais pas totalement faux non plus), et ces leçons sont transmises, comme toutes les leçons, en mode "répété/déformé/amplifié" (le téléphone arabe, oserait-on dire si on est cabotin). Le problème est que dans cette dialectique, l'entité qui est en position extrêmement dominante ne se comporte pas comme "l'adulte" du coin, ce qui est essentiellement le devoir qu'on a quand on est dans une position aussi sécurisée, n'ayant rien à craindre que d'anecdotique. Au lieu d'exiger du partenaire qui n'est même pas un Etat d'imposer chez lui un ordre absolu dont il n'a pas les moyens. -
Guerre civile en Syrie
Tancrède a répondu à un(e) sujet de maminowski dans Politique etrangère / Relations internationales
Je crois que le terme exact pour ce lien russo-chinois (dans leurs langues, bien évidemment) est "the special relationship" (c'est du chinorusse, essayez pas avec l'accent): et celui qui en a le plus besoin est généralement le seul à y croire et à en parler..... -
Guerre civile en Syrie
Tancrède a répondu à un(e) sujet de maminowski dans Politique etrangère / Relations internationales
Ca n'arrivera pas immédiatement, mais je constate l'évolution du discours politique sur la Syrie dans la campagne présidentielle américaine, et s'il y a un point d'unanimité chez les Républicains, c'est l'idée d'une "no fly zone" imposée dans le ciel syrien et sur tout le pourtour de la frontière turque. Etant donné que les chances démocrates de reprendre la Chambre sont très minces, voire inexistantes, et que celles de récupérer le Sénat sont une inconnue, si d'aventure un président républicain était élu, c'est, à partir de janvier 2017, ce à quoi on pourrait s'attendre en ce qui concerne la posture américaine. Qu'en pensez-vous? En terme de faisabilité et de risques, quels scénaris voyez-vous se dérouler à partir d'un tel point de départ (si évidemment d'ici là, la situation syrienne reste un statu quo sanglant comme actuellement) Qu'ont fait les Russes pour les Kurdes? -
turquie La Turquie
Tancrède a répondu à un(e) sujet de madmax dans Politique etrangère / Relations internationales
Il y a de toutes les formules, mais par exemple, en Egypte, l'histoire du système est avant tout que l'armée est depuis longtemps une émanation de l'élite politico-économique du pays, avec une endogamie prononcée du pouvoir et de l'économie, qui a abouti à une simple concentration des postes de décision au sommet de la pyramide social, dont le domaine militaro-industriel n'est qu'un aspect: le problème de l'Egypte avec la compétence de ses officiers généraux, qu'on a vu dans chaque guerre israélo-arabe, rappelle que les choix de ces officiers dépendaient avant tout de leur position personnelle dans les réseaux d'influence du système politique, que souvent, ils n'avaient embrassé la carrière militaire (et plus ou moins fait attention à l'expertise militaire, dans leurs études et au long de leurs carrières, suivant leur intérêt et curiosité personnels) que comme une option parmis d'autres pour des stratégies d'ambition individuelle et familiale (quand une guerre arrivait, oups, fait chier, c'est une distraction par rapport à la vraie carrière). Les empires (ou baronnies à tout le moins) militaro industriel sont dans un tel système la même chose que d'autres baronnies administratives ayant elles aussi des liens incestueux avec des pans de l'économie: ce sont des entités politico-économiques plus ou moins intégrées qui reflètent avant tout les familles et groupes d'intérêts qui les "possèdent" directement et indirectement, dans le cadre de leurs éternelles stratégies de conquête et/ou maintien de positions élevées. Le Game of Thrones, quoi. En Turquie, le système fut différent, même si possédant des similitudes, en raison de la puissance du kémalisme, qui créa un Etat plus authentique et moins dépendant de telles grandes entités quasi féodales (dont les domaines sont cependant, dans le cas égyptien, des pans de l'appareil d'Etat et de l'économie); avec le temps et le "domaine réservé" qu'on a pu voir autour de l'armée, un espace militaro industriel s'est cependant créé et auto-reproduit. On y voit plutôt le 2ème type de fonctionnement que tu soulignes: des entreprises publiques, mais aussi un tas d'entreprises privées dont l'existence a longtemps (et c'est encore vrai) dépend du niveau d'inceste entre elles et le domaine militaire.