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Tancrède

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Tout ce qui a été posté par Tancrède

  1. J'émets quelques doutes sur de telles vertus pour une violence moins bridée: les pays où elles se pratiquent ne voient pas leur racaille se presser dans les cursus d'ingénieurs pour autant. Un coup sur la tronche peut avoir, dans une certaine limite, une vertu dissuasive profonde pour beaucoup de monde, à commencer par celui qui le reçoit, mais de là à l'envoyer vers l'X.... C'est comme croire au pouvoir de la menace d'excommunication ou d'années de purgatoire en plus pour inciter à se comporter en chrétien: une efficacité douteuse.
  2. Certes, mais aussi un Etat qui devrait vite mobiliser une grande partie de ses ressources pour la sécurisation de la frontière mexicaine, ce qui amènerait une délicate controverse sur le niveau des impôts, très peu compatible avec la mentalité "fiscal conservative" :lol:. Et un Etat très intégré dans les circuits commerciaux des USA, et de là dans les circuits commerciaux des USA avec l'extérieur (économie "impériale", très dépendante de la capacité militaire, diplomatique, politique, culturelle.... Américaine), chose qu'une indépendance remettrait en question de façon importante et brutale, le Texas devenant de ce fait une toute petite puissance même si disposant théoriquement des ressources propres suffisantes à sa viabilité. Ajoute une éducation au ras des pâquerettes qui condamne une bonne partie de la population à rester à l'écart, des subventions fédérales énormes (notamment dans le secteur de l'armement) qui disparaissent du jour au lendemain, une économie "incomplète" parce qu'intégrée dans un ensemble américain.... La phase de transition serait brutale et terriblement inégalitaire, ce qui, ajouté à la mentalité politique et économique, créerait vite un pays à 2-3 vitesses, une oligarchie (ce qui favoriserait pas mal l'implantation des cartels mexicains). A voit aussi un éventuel "effet alsacien" :lol:: si le Texas faisait sécession, quelle part de la population partirait aux USA, se sentant et se souhaitant plus américaine que texane?
  3. L'ex-candidat texan à la candidature républicaine, Rick Perry, qui avait toutes les qualités jusqu'au moment d'ouvrir la bouche (pour essayer de dire des mots), avait pareillement fait de la gesticulation débile pour menacer d'une sécession du Texas. La "gouverneuse" de l'Arizona, qui avait fameusement pointé un doigt très agressif sous le nez d'Obama, donnait dans le même registre.... Expressions de vrais cons bigots, ou simples "mediatic stunts" pour faire du buzz? Attitudes auxquelles un animateur télé avait répondu en paraphrasant un proverbe, s'adressant aux Etats conservateurs du sud: "il at first you don't secede, try, try again" :lol:.
  4. Ca dépend des 2 arithmétiques dans les circonstances précises et estimables de ce conflit.... Mais il semble hasardeux de se persuader qu'une intervention extérieure est garantie de ne durer que peu de temps et surtout de résoudre le conflit et les violences en peu de temps. Ca ne doit pas nécessairement empêcher une intervention, mais faut toujours se poser la question de savoir si elle ne va pas causer plus de dégâts qu'elle n'en évite (outre le fait de se demander si c'est l'intérêt des nations intervenantes), et contrairement à ce qu'on peut penser, c'est pas évident comme calcul. Surtout, par exemple, quand on détermine la taille et la nature de l'intervention: durée, motif/mission et limitations du mandat, nombre d'intervenants et leadership, et plus que tout, quels moyens sont mis en oeuvre. A votre avis, à partir de quelle taille de corps expéditionnaire ça commencerait à servir à quelque chose pouvant vraiment faire jouer cette dimension du "plus de morts/jours pendant beaucoup moins de temps"? Et si cette taille est conséquente, faut être honnête.... Qui va vouloir fournir? Le problème est que l'instabilité syrienne est potentiellement génératrice de complications lourdes au MO, qui elles ont des répercussions sur nos affaires (et sur celles de beaucoup de monde).... Et il y a cette petite question des énormes stocks d'armes conventionnelles, lourdes et légères (dont certaines que personne n'a envie de voir en circulation et libre marché), et plus encore chimiques; Assad s'en sert d'ailleurs comme bargaining cheap, et la pire chose qu'il puisse faire avec ça n'est pas de s'en servir, mais de commencer la grande diaspora du matos.
  5. Les instruments de musique sont plus destinés à coordonner les mouvements des armées, plus ou moins grossièrement; ce sont les transmissions. Au niveau le plus basique, c'est pour rappeler à l'ordre (bref, demander 2 minutes d'attention entre 2 brailleries :lol:), lancer l'attaque ou sonner la retraite. Le tambour, particulièrement, a plus tendu à rythmer la marche. Cela peut aussi parfois servir à foutre les jetons (genre la musique devant Fort Alamo), mais même là, la majorité de l'usage est un usage de transmission: feindre un mouvement qu'on a en réalité pas l'intention de faire pour fausser la perception de l'ennemi, envoyer quelques troupes à un endroit avec beaucoup de musique pour faire croire à une attaque de flanc ou de dos, sonner les signaux de l'adversaire pour essayer de foutre le bordel dans ses troupes.... Bref, de la guerre accoustique comme ancêtre de la guerre électronique, mais qui comporte aussi à l'occasion et/ou en partie des éléments psychologiques. Dans l'armée romaine, par exemple, à chaque instrument correspond un échelon et/ou une arme (les unités essentielles de cavalerie et d'infanterie n'ont pas les mêmes instruments). Les cris de guerre et frappements de bouclier/d'armure sont d'un autre usage, qui doit être distinct des instruments pour éviter les confusions. Dans l'Antiquité, ils correspondent aussi à des moments distincts de la bataille, et sont souvent liés, dans leurs formes basiques (peuples plus "primitifs") ou dans des formes plus évoluées/professionalisées, à des formes religieuses appliquées à la guerre: invocation des ancêtres, des hauts faits, des dieux quand l'alignement de bataille est fait, harangue par les chefs, cri/chants juste avant le début ou pendant la marche d'approche finale vers le contact (avant la phase des armes de jet), cris modulés ou autres pendant l'effort (par exemple pendant la poussée d'une phalange), cris de ralliement spécifiques pendant la mêlée ou un mouvement.... Il y a des formes distinctes correspondant à des usages particuliers. Le cri de guerre médiéval poursuit beaucoup de ces formes: phase d'avant la bataille, phase d'avance, phase d'effort, mouvements et/ou ralliement. Et à chaque moment correspondent des types de cris.
  6. :lol: Je sais pas où il hallucine le plus.... Là? Ou là? :O (pour un républicain texan, quelle honte) Ou bien là? .... Les abrutis conservateurs pro-guns sont tellement persuadés qu'un glandu bedonnant élu par des bleds de bouseux est un chef de guerre qui s'ignore, capable, avec son pouvoir de "deputization" de former des "posse comitatus" de citoyens volontaires (ou non) tout aussi bedonnants, aptes à dégager des forces militaires modernes venant leur dire quelle bière boire? Je crois qu'il s'imagine que des troupes entraînées sont sûrement impressionnées par l'étoile de shériff et l'aura immense des personnages de western imaginaires dont il semble persuadé d'avoir les qualités. Sans compter que si ce sont des villes texanes qui se soulèvent (hum hum), avant l'ONU, y'aurait pas quelques troupes américaines, ou avant eux la police d'Etat et/ou le FBI (pas l'ATF vu leur dernier fuckup en date :lol:) venant faire passer les éthylotests :lol:? Y'en a qui ont passé le stade où ils ne font que passer la moitié de leur vie dans leurs fantasmes: ils prennent l'option H24.
  7. Pourquoi c'est jamais ces versions là qu'on a au catéchisme :lol:? Ils tronçonnent les passages funs avec des scènes d'action? C'est pire que le PG16 des ricains! Attention, le dernier affrontement du monde sera Armageddon, soit Meggido, donc en territoire israélien, ce qui suppose une percée victorieuse de l'armée iranienne jusqu'à une forêt paumée sans le moindre intérêt: une erreur du GPS sans doute.... C'est con: réussir à percer jusqu'au territoire israélien sans problème, mais se paumer dans leur réseau routier (aaah, les heures de pointe). A noter quand même sur ces "fins du monde" prophétisées: à l'époque des rédactions, "le monde", c'est un peu limité à ce que les auteurs connaissent, soient pas grand-chose au-delà des quelques centaines de kilomètres à la ronde, même souvent moins. Donc quand Dieu envoie le déluge (et il y a des déluges avec leurs Noë dans toutes les religions antiques), il noie en fait une vallée ou deux :lol:, pratiquant une version religieuse de la riposte graduée. Pour Rome, dont la fin prophétisait la fin du monde (sous-entendu la fin du monde romain, cad dans leur esprit le seul monde qui existe et qui vaut quelque chose), c'est déjà quelques catégories au-dessus question taille et répercussions. Donc on en déduira que ces "fins du monde", c'est surtout la fin du nombril et de l'ego de ceux qui prophétisent depuis leur auguste trou du cul. En même temps, Joab, avoue le un peu: vu de l'extérieur, les discours et actions de Netagnagna et consorts, ça fait aussi un peu n'importe quoi :lol:. Alors aux questions bêtes que suscitent inévitablement ses tartarinades et gesticulations, comment ne pas apporter de réponses idiotes :lol:? Bon, faut que j'aille à mon cours de Kravmaga pour me préparer à l'invasion luxembourgeoise, moi....
  8. Est-ce que cela en fait pour autant un "camp"? Ce n'est même pas une alliance, et certainement pas une alliance intégrée, et les Russes se méfient comme la peste des Chinois en Sibérie (notamment avec le problème persistant de l'immigration clandestine massive de Chinois dans l'est sibérien). Je doute sérieusement que cela devienne un vrai "pôle" géopolitique suffisamment lié pour que les Russes soient prêts à utiliser les unités militaires du front chinois dans une guerre à des milliers de kilomètres à l'ouest (et un ouest qui n'est joignable pour elles que via une seule voie de chemin de fer). Surtout quand tu vois le futur format de l'armée de terre russe qui, une fois divisée en "fronts", n'est pas vraiment un rouleau compresseur, surtout un rouleau compresseur apte à couvrir en masse les milliers de kilomètres entre le "coeur" russe et l'Europe de l'est, chose qui n'est toujours pas facile de nos jours, nécessitant des axes bien défendus (consommateur en ressources matérielles et humaines) et dont on doit garantir la permanence des flux. Le format futur de l'armée russe ne permet pas d'organiser un tel déferlement, très loin de là, et sa professionalisation, outre le fait de garantir la rareté (et la faible remplaçabilité) des troupes opérationnelles, semble toujours poser problème sachant qu'a été évoqué le problème de pouvoir réellement solder la masse envisagée (ça suppose des flux assez tendus et des capacités réelles différentes de celles affichées), masse en elle-même déjà pas faite pour un scénario de guerre avec l'Europe. Et tout cela évidemment présuppose l'omission du "petit" facteur nucléaire. Si réellement ce "machin" devenait un pôle géopolitique sensiblement anti-occidental et prêt à braver la guerre nucléaire, on peut supposer que l'Europe prendrait les forces conventionnelles un peu plus au sérieux et réagirait en conséquence, toutes choses qui, vu la planification nécessaire des armées modernes, prendraient de part et d'autre beaucoup de temps.
  9. S'il n'y avait pas le nucléaire, les armées européennes seraient un tantinet plus boostées face à cet adversaire même seulement potentiel. Et il faut surtout noter, pour rester dans la comparaison avec Rome, que là c'est l'armée russe qui doit avoir quelque chose sur tous les fronts alors que l'Europe n'en a qu'un avec elle: la Russie ne peut dégager beaucoup de masse de manoeuvre pour aller contre l'Europe alors qu'elle a la Chine de l'autre côté et une très longue frontière avec des pays instables. Ajoute le facteur distances (l'occident russe, c'est quand même aussi beaucoup de vide qu'il faut protéger en cas de guerre avec l'Europe), et ça fait vite beaucoup de monde éparpillé. Sans compter que leurs réserves mobilisables, outre une instruction pas forcément terrible pour une bonne partie d'entre elles, ne sont pas pour autant réellement mobilisables en raison de manques de matériels de tous types, soient qu'ils manquent dans l'absolu, soient qu'ils ne soient pas en état. Et évidemment il faut les moyens de mobiliser tout cela, d'une part, les structures d'autre part (unités de base et unités de manoeuvre, bases/casernes, camps d'entraînement), et la capacité d'EM à gérer et coordonner tout cela. Ils sont précisément en train de démanteler une bonne partie de ces choses (cadre de la réforme actuelle), entre autres par absence de perspective réaliste d'une guerre nécessitant ce genre de mobilisation mais aussi parce qu'ils ne peuvent pas mobiliser, entraîner, entretenir et mettre en oeuvre ces masses humaines et matérielles.
  10. Il est à noter qu'il s'agit d'une coutume très ancienne et évidemment présente dans toutes les cultures guerrières, mais la forme particulière des cris de guerre de la chevalerie occidentale est une continuation ininterrompue des traditions romaines et germaniques. L'invocation des ancêtres dans les cris est présente dans tous les peuples indo-européens. Les Grecs, puis les Romains, ont fait évoluer la chose via l'adoption de systèmes militaires professionnels qu'on qualifierait de modernes, perdant en cela la dimension individuelle: l'invocation des ancêtres ne marche plus quand on veut faire brailler une unité ou une armée en visant aussi l'effet encourageant (sur ses troupes) et effrayant (pour l'adversaire), et en maximisant le potentiel de la chose. Viennent donc les invocations de divinités, les cris articulés mais sans signification propre (le "aela" grec notamment, pendant la poussée d'une phalange, qui fait partie d'une invocation à Athéna à la base), le cri d'une unité particulière, qui peut aussi bien être l'invocation du nom de l'unité, du symbole ou d'un chef historique de l'unité, ou l'invocation à un général ou un empereur (apprécié/craint/révéré). Viennent ensuite les peuples des grandes invasions, particulièrement germaniques, dont le "barritus" est adopté par les armées romaines et "professionnalisé" en un très long hurlement modulé commençant bas pour finir en déferlement, produisant généralement son petit effet (et canalisant les angoisses des soldats qui ainsi, "s'occupent" et se mettent du coeur au ventre en n'étant pas passifs et en se chauffant le sang par un petit boost d'adrénaline). Mais avant le barritus des Germains (une braillerie), il y a les litanies individuelles qui voient chaque guerriers hurler et chanter le nom et les hauts faits de ses ancêtres, voire s'avancer en le faisant pour lancer un défi individuel. La christianisation joua son rôle en apportant voire parfois imposant sans le dire un nouveau répertoire qui commença surtout à s'implanter dans les peuples germaniques qui fondirent leurs royaumes sur les décombres de l'empire d'occident. La disparition d'armées permanentes professionnelles au profit d'une caste réduite de guerriers garda ainsi toute la dimension individuelle des invocations germaniques, mais "civilisées" par l'héritage de Rome et la christianisation (et le besoin de l'Eglise comme appui, comme sponsor, quoi). La filiation est directe et on voit ainsi la forme des cris de guerre médiévaux dessiner ses contours: références, formes particulières, sens profond et moment....
  11. Dur d'accepter que ces obstacles "culturels", pour ce qui concerne les unités de combat, sont la conséquence de ce qui permet d'en faire des unités de combat valables. Enlève le conditionnement et la culture pour en créer qui soient adaptées à l'intégration normalisée de femmes (à supposer que ce soit même possible/crédible), et tu perds les unités combattantes. Mais au moins ce sera bon pour les campagnes de pub politiques, ce qui amènera une variante inédite de Clausewitz: l'armée est la continuation de la politique par d'autres moyens :lol:....
  12. C'est tout le trip de la modernité: plus les conditions sont "favorables" selon les critères du développement, moins il y a d'enfants (déjà un des aspects de ce qu'on appelle l'égoïsme ou l'individualisme, est que plus les générations récentes ont de fric, plus elles veulent le dépenser pour elles-mêmes). Plus le niveau de formation est élevé, moins on fait d'enfants, et c'est surtout vrai pour les femmes. Plus on fait une carrière de bon niveau, moins on fait d'enfants, parce qu'une carrière est exigeante et prendre le temps d'une maternité (surtout si on essaie de s'occuper un peu bien des chiards) est souvent un tueur de carrière, ou un sérieux ralentisseur. C'est aussi entre autres choses un facteur de problème dans les couples, l'homme voulant des enfants et la femme ne voulant pas y sacrifier sa carrière: ajouté au facteur éventuel de concurrence, réelle et ressentie dans le couple, et ça dresse le tableau. Le problème de "l'aisance", c'est qu'elle s'acquière chèrement, d'une part, en terme de temps et d'effort/implication, et qu'un enfant réclame, en plus du fric, la même chose.
  13. Ca ne dérangera pas les mentalités du vieux sud :-X.... Désolé, pas pu résister :-[ :lol:.
  14. Parce qu'elle n'est pas résolue: tant que c'est le cas, plusieurs options restent sur la table, dont les modifications de frontières.
  15. "Jamais", ça veut dire quoi? A combien de générations remonte ce fait? Ca sort de quel préjugé, ça ;)? "Réussir" ne veut rien dire: réussir a une signification dans chaque environnement particulier (société agraire, société médiévale/féodale, société de classes, société de castes, société individualiste....). Et là le problème est de "réussir" en tant qu'individu, hommes et femmes d'un même couple compris, par rapport à une société précédente où "réussir" voulait dire que quelqu'un (au moins un) dans la famille réussissait pour la famille, et que ce quelqu'un était généralement un homme. Ton raisonnement part d'une base fausse, à savoir considérer hommes et femmes indifféremment comme des individus, mais un homme de l'époque actuelle dans une société urbaine et développée n'est pas le même homme/chef de famille qu'une ou deux générations avant, la charge de réussite n'est pas la même, les attentes personnelles ne sont pas les mêmes, les perspectives pas les mêmes. Attends de voir l'impact sur la structure familiale et la conception culturelle de la famille (et les conséquences pratiques) mesurés à grande échelle quand il s'agit là de psychologie fondamentale: l'homme ne procrée pas, et se construit en grande partie en compensation de ce fait (pour simplifier en partie abusivement: il cherche à prouver son utilité). On peut habiller la chose des discours qu'on veut et être persuadés qu'on y croit, le fait revient toujours frapper dans la gueule: un couple de 2 carriéristes, qui plus est dans la même institution, sera en concurrence, ce qui est dans la plupart des cas destructeur à terme. Ca, ça vient d'un fait biologique, pas culturel. Qui plus est, dans un couple, qu'on le veuille ou non, il n'y a pas de bonne éducation si les 2 parents font carrière (sauf pour les toutes petites minorités qui ont les moyens de payer des gens pour le faire.... Mais cela aussi crée de nombreux problèmes chez l'enfant, le parent étant irremplaçable); une carrière où l'on veut progresser (je ne parle pas d'un job alimentaire), c'est de l'implication à temps plein et à heures sup (sans compter l'implication "émotionnelle": on est à fond la tête dans le guidon, ce qui rend "concurrentiel" et agressif sur pas mal de plans). Historiquement, l'homme a été dévolu à cet aspect des choses dans toutes les sociétés ou presque, et en tout cas dans toutes les sociétés "significatives", basiquement parce que jusque récemment, outre des raisons culturelles (étrangement reproduites dans TOUTES les sociétés évoluées), la majorité des métiers avaient une forte dimension physique et que l'homme était l'élément par essence "sacrifiable" dans une famille (il ne procrée pas, il ne nourrit pas, donc techniquement, il a une moindre valeur), éléments qui répondent à une "division biologique" du travail retranscrite dans les comportements les plus essentiels. Remettre cela en cause -la question n'est pas de juger moralement si c'est juste ou non, ce qui n'a aucun sens- est par essence une atteinte, quelque part, dans l'inconscient masculin qui se sentira "dévalorisé", "remis en question", "inutile" (ce qui se traduit dans les peurs essentiels par "menacé") et réagira en conséquence à un degré ou à un autre, largement hors du domaine du conscient. Plus la société est empreinte du machisme de l'ère précédente plus la dite réaction sera prononcée. L'évolution culturelle peut atténuer ce fait, dans des proportions plus ou moins grandes, mais pas le faire disparaître. Parmi les multiples conséquences, on trouve bien des maux de l'ère moderne, qui n'ont rien de nouveau et n'ont pas forcément toujours cette cause là, mais se perpétuent et souvent à plus grande échelle: alcoolisme, tabagisme, addictions de toutes sortes, violences conjugales (ou sur les enfants), tensions du couple, divorces, affaires extraconjugales, comportements de harcèlement, mysogynie au travail et/ou en général (et constitué contre les "valeurs ambiantes"), mais aussi corruption, stress, comportements agressifs en général.... On notera d'ailleurs que plus les femmes entrent dans de véritables carrières plus celles qui le font adoptent des comportements et réactions similaires (adoption des valeurs/codes dits "masculins" -je parle ici de ce qu'on appelle les "valeurs masculines" par opposition aux "valeurs féminines" en tant que références psychologiques, non comme choses liées au sexe: tout homme est femme est un mélange disproportionné des 2 familles de "valeurs", chaque sexe tendant juste un peu plus vers l'un des deux pôles). Et ces comportements sont toujours plus visibles au fur et à mesure qu'on grimpe l'échelle des qualifications et des carrières, et doivent se juxtaposer aux autres phénomènes dominants liés à une société développée et urbanisée: délitement plus ou moins prononcé de la famille au sens large en tant qu'unité de référence (pas juste comme "ensemble sentimental"), individualisation dans tous ses aspects (ambition, satisfaction personnelle.... L'égoïsme/égocentrisme plus accentué est un corollaire du développement et de la société consumériste), niveaux de stress et de sollicitation tous azimuths (aussi liés à la temporalité de la vie dans une grande cité moderne, à comparer à un mode de vie agro-pastoral pour lequel nous sommes plus biologiquement faits) qui accroissent (avec l'individualisation) le niveau permanent de peur inconsciente dans lequel nous vivons, extrême division du travail dans une société moderne (qui quelque part "enlève" une bonne part de ce que chaque individu a l'impression de "valoir": plus difficile de mesurer son "apport", et par là d'avoir une estime de soi).... Evidemment, ces changements n'arrivent pas du jour au lendemain: c'est un phénomène qui se mesure sur 2-3 générations et dans chacune, sur au moins une dizaine-quinzaine d'années. Mais les générations suivantes partent du point où la précédente est arrivée.
  16. La Suisse n'est pas un pays de grande urbanisation dense façon grandes cités modernes; c'est un pays beaucoup plus riche et fliqué, et surtout, qui plus est un tout petit pays extrêmement cohérent culturellement (malgré leurs altercations très hautes en couleur, c'est du peanuts), pas très varié ou divers. Sans compter que si on enlève les armes du service militaire, soumise à un code de comportement très strict et à une grande surveillance (qui serait insupportable aux USA et pour tout "libertaire" partisan du "droit de chacun à pouvoir se défendre" contre les bandits qui sont à tous les coins de rue), et les armes de chasse, on tombe radicalement dans le microbien statistique question possession d'arme. Le Canada, désolé, mais pour ce qui est de la diffusion des armes, on est pas vraiment sur la même échelle légale et culturelle qu'aux USA pour les flingues, et moins encore quand on regarde les grandes zones urbanisées. L'affirmation n'a rien de gratuite: c'est un constat, et je n'ai pas besoin de l'inventer quand on peut en trouver les analyses si facilement sans même aller prendre ses sources dans des études, travaux ou déclarations d'organisations militantes anti-flingues. Seulement ça suppose d'intégrer un poil plus de critères d'analyse que des grands principes abstraits et juste quelques chiffres dans l'absolu sans examiner les sociétés, les pays, les environnements socio-culturels, les réalités économiques, les densités de populations, les conditions de vie au quotidien, les types d'armes et de munitions (armes de chasse, armes de poing, armes de guerre).... Et là on parle des gens qui veulent une arme pour "se défendre"; ce ne sont ni des armes de chasse réservées à un emploi particulier (quoiqu'elles amènent leur lot de problème potentiel suivant le cadre légal de possession de l'engin), ni des armes de collection, mais des armes de poing et de guerre dont apparemment la libre diffusion quasiment sans condition est une liberté essentielle sans laquelle un homme n'est pas un homme.
  17. C'est certes un problème, mais c'est là qu'il faut envisager la chose de plus haut: l'efficacité et le temps de réponse d'une police sont le premier effet dissuasif qui limite les crimes, de même que sa capacité avérée et connue à retrouver les criminels après l'acte, ce qui fait qu'il y a un certain nombre d'abrutis amateurs et un très petit nombre de vrais "bons" qui le font (et parmi tous ceux-là, les violents ou potentiellement violents sont peu nombreux). Moins elle est crédible, plus la croissance d'actes criminels au domicile sera exponentielle, donnant le sentiment de "gratuité/impunité/facilité" de l'acte, avec en plus une même impunité connue d'avance en cas d'usage de la violence. Mais c'est surtout la capacité à retrouver le criminel après l'acte qui joue, de même que l'aptitude à réagir quand même suffisamment vite non pour prendre le criminel sur le fait mais pour engager la poursuite très peu de temps après l'acte. Evidemment, cela laisse toujours un reliquat statistique, et ceux qui sont dedans seront toujours les arguments des partisans des flingues en vente libre, parce que le 100% n'existe pas. A l'opposé, plus les flingues sont en large diffusion, plus le corollaire est une violence au quotidien (conneries, maladresse, énervement, coup de folie, mauvais jugement, panique....) jouant sur des nombres bien plus grands, au moins pour les concentrations humaines importantes, parce que c'est là joindre la panique (justifiée ou injustifiée, mais très ponctuelle), la peur (en général; c'est le fait premier, permanent et essentiel de tout être humain) et le stress (quotidien) à la capacité immédiate de compenser par la violence, ces facteurs étant accrus par le fait de savoir qu'il y a des armes partout. Et à moins d'avoir un entraînement permanent (capacité au tir, à analyser une situation, à gérer le stress en de telles conditions), la réponse à toute situation réelle ou supposée, avec une arme à disposition, a 95% de chances de déboucher sur une connerie. Le corollaire d'une société avec armes en libre diffusion, c'est d'accepter un taux de mortalité/blessures moyen par armes à feu (où la proportion d'accidents, coups de sang.... Est absolument dominante par rapport aux crimes) beaucoup plus important que dans une société contrôlant strictement la chose. Dans un pays où le taux d'urbanisation est très important, avec surtout des vraies grandes et très grandes cités modernes, ce taux est exponentiellement plus élevé. Pour les habitats isolés/dispersés et zones reculés, c'est autre chose, mais là ça ne concerne que très très peu de monde, et des cadres spécifiques peuvent être définis pour eux. La loi de micro-groupes ne peut être la loi de l'immense majorité.
  18. Oui, en écartant toujours des faits pourtant simples: - tout le monde n'est pas capable de manier correctement une arme, et surtout encore nettement moins de monde est capable de savoir jauger une situation potentiellement dangereuse. Ceux qui, dans une telle situation, savent comment y réagir (autrement que par une fuite sans panique), et avec une arme de surcroît, sont une minorité infinitésimale, surtout quand il s'agit d'y réagir seul, cad pas avec une unité de pros derrière soi. Quand à imposer des normes d'entraînement, non seulement au tir mais aussi et surtout à l'analyse "tactique" et aux situations de stress, ou à conditionner le port d'arme à certaines normes (pas dans les bars :-[ par exemple), une telle "atteinte aux libertés" est absolument scandaleuse - les "pros weapons" ont tendance à parler des armes en général et à refuser de discriminer entre pistolets/revolvers et FA/FM/PM, voire même lance grenades à l'occasion. - le nombre de flingues autorisé à l'achat est lui aussi évité, facilitant la constitution d'arsenaux bien plus que de "collections" par des amateurs. - Pareillement pour le port autorisé et ses nuances: cachée ou non, rapidement accessible ou non.... Refuser la nuance est la norme - le 2nd Amendement date d'une époque où il y avait peu de grandes concentrations humaines (surtout telles que des cités modernes), des Indiens hostiles sur les zones frontières, pas de criminalité organisée, une mobilité réduite et plus encore.... Des armes à un coup dont la létalité (précision et puissance) était souvent aléatoire passé une courte distance. Le risque était infiniment réduit de voir des bévues, coups de sang, délires d'ivrogne, tensions et stress accumulés (les niveaux de stress moyens amenés par le mode de vie moderne urbain sont complètement hors de proportion avec ceux d'autres époques) et autres coups de folie mystiques/psychologiques/idéologiques dégénérer en bains de sang ou entretenir un niveau de violence "moyen" élevé dans les statistiques courantes. D'autant plus qu'il n'y avait alors pas de statistiques, ce qui aidait à ne raisonner qu'à partir de principes abstraits et de cas particuliers soi-disant "illustratifs" - la "résistance à l'oppression" contre un gouvernement potentiellement tyrannique est sans doute la plus stupide des justifications à l'heure où le dit gouvernement dispose de flottes aériennes, de brigades blindées, d'artillerie lourde.... Soit on autorise les communautés à monter des unités paramilitaires avec équipement lourd (et encore, ça changera pas grand-chose), ou pourquoi pas des armes nucléaires :P, soit on regarde la réalité en face. - autoriser largement la diffusion quasiment sans condition d'armes individuelles fait infiniment plus monter les statistiques de la violence quotidienne (sans parler des occasionnels massacres de divers types) que cela n'augmente la "sécurité" des individus. Ce n'est même pas un débat. Avec pour résultat principal d'augmenter la travail, et parallèlement (avec d'autres types d'actions et de discours) de décrédibiliser, les forces de sécurité publiques professionnelles qui ont d'autant plus de mal à contrer la dite criminalité violente. Toutes ces choses, il y a un parti qui les nient farouchement, et les modérés n'y pèsent pas même assez pour empêcher que des conneries grosses comme des maisons soient dites. Ouais, et il y a potentiellement des Ben Laden et des Tony Montana à tous les coins de rue, et comme il suffit d'une seule fois pour mourir (aussi statistiquement improbable que ce soit), tout le monde doit être armé et le doigt sur la gâchette, ce qui est évidemment absolument neutre sur la dangerosité REELLE des rues, comme tout bon membre de la NRA le sait. "La lame par elle-même amène des actes de violence": je suis pas particulièrement platonicien (pas du tout même), mais c'est un constat qui n'a jamais été concrètement démenti.
  19. Ils sont microbiens en termes d'organisation, de moyens, de perspectives de développement, d'accès au médias, de capacité de lobbying et évidemment d'effectifs. Sans compter qu'ils ne sont pas des tarés armés. Si tu prends la moindre chapelle de pensée avec 3 pelés et 2 tondus, oui tu peux dire qu'il y a des tarés partout, mais y'a une différence quand même notoire avec les immenses organisations (ou très nombreuses petites -et moins petites- organisations) de tarés côté droite conservatrice, qu'il s'agissent de tarés religieux, anti-taxes/Etat fédéral ou survivalistes. Sans compter parmi elles celles qui ont des flingues et qui y tiennent plus qu'à leurs gamins. C'est pas des démocrates qui ont clamé publiquement qu'ils voulaient que les habitants de leurs circonscriptions soient "armés et dangereux" (c'est Michelle Bachman et quelques autres), ce sont pas des démocrates qui ont monté en épingle le débat et encouragé à le rendre conflictuel et radicalement retranché. Quand des tarés microcéphales comme Glenn Beck ou Rush Limbaugh (ou Pat Robertson) ont un tel impact, désolé, je peine à trouver des équivalents dans le "camp d'en face".
  20. Désolé, mais ça c'est le faux argument relativiste disant que chacun a ses tarés et ses extrêmistes et qu'ils sont dans les mêmes quantités et au même degrés: ce n'est pas vrai ou au moins ce n'est plus vrai depuis la révolution reaganienne et la surenchère permanente des 20 dernières années. Non, les Républicains ne sont pas tous des fanatiques évidemment, mais ce sont eux qui se paient les organisations militantes tournant autour de la "moral majority" et de la "Tea Party", où franchement le taux d'abrutis passant le borderline dont certains se donnent des airs sérieux et rationnels est hallucinant. Sans compter les libertariens de toutes écoles, incluant mouvances survivalistes et divers groupes aux franges violentes, les "néo-cons", en eux-mêmes une petite chose mais aux ramifications nombreuses dans les réseaux de pouvoir.... Désolé, y'a pas photo: et on ne peut voir MSNBC comme un "équivalent démocrate" de FoxNews, tout comme on ne peut placer les petits groupes féministes ou écolos en équivalent des tarés survivalistes, miliciens ou surtout ceux de la Bible Belt et des tarés littéralistes chrétiens en général. Pas les mêmes degrés d'extrêmisme, pas la même quantité de personnes, pas le même degré d'organisation et de pression politique, pas la même visibilité médiatique. De très loin. Une conséquence parmi d'autres: les républicains "old school", on ne les entend pas, et ils ont graduellement perdu le contrôle du parti vu que ce sont les tarés qui ont la mainmise sur le débat et une bonne partie de l'agenda républicain.
  21. Ca c'est un fait, même s'il n'arrive que rarement dans la plupart des cas de viols (il s'agit d'un refus de l'acte jusqu'au plus profond de l'être): pour la majorité des cas, il y a une réaction biologique de stimulation purement mécanique (d'ailleurs analogue chez les hommes à qui, même si c'est nettement moins fréquent, cela arrive) qui est le principal moteur du sentiment de honte et de culpabilité qui plombe les victimes. Pour le reste, les conservateurs n'ont jamais renoncé à cette histoire de l'enzyme "magique" qui empêche le viol de déboucher sur une grossesse: on l'entend peu en Europe, mais cela revient régulièrement, et même tout le temps dans le discours des tarés ultrareligieux, et inévitablement leur avatar militant devant les "babykiller factories" que sont dans leur imaginaire les centres d'IVG.
  22. Désolé pour l'exceptionnalisme culturel, mais c'était pareil en Europe il y a à peine quelques générations (2-3): la génération du baby boom est la première plus "individualiste" que "familiale".... C'est à méditer dans une société mondialisée conditionnée par le consumérisme, la carrière dans des entreprises modernes, la vie en grandes cités alignées sur des modèles similaires (avec notamment réduction de l'espace individuel de vie).... Faut pas croire aux différences culturelles de ce côté: la famille a été un facteur conditionnant dominant, et le sera encore partout, à un moindre degré (inévitable quand les structures privées et publiques prennent en chargent -ou offrent l'option- de nombre de fonctions jadis remplies plus ou moins bien par la famille, par absence d'autre choix), mais selon d'autres modalités. Ca c'est l'objectif sur le papier et dans les pubs.... Et après il y a la réalité humaine, celle des individus, celle des individus en interaction, celle des groupes.... Un simple exemple: dans une société généralement à un stade encore assez macho (souvent le cas en Asie par rapport à l'Europe), un couple où la femme a un avancement plus rapide/important (ou même trop similaire à celui du mari, ou trop voisin du sien) connaîtra des tensions absolument inévitables, c'est humain et c'est inscrit profondément dans la psychologie. Le développement de l'individualisme moderne, celui imposé par les modes de vie (urbanisme, consumérisme, carriérisme/ambition individuelle, culture environnante -médiatique essentiellement-....) n'est pas une spécificité culturelle, mais un fait qui s'impose aux mentalités. Le fait qu'à l'origine (lointaine, fondamentale), il émane plus de la culture européenne/américaine (on est là dans l'histoire des idées et leur impact sur le développement du capitalisme "moderne") ne joue plus tellement à ce stade: c'est devenu la façon dont la globalisation, le "village mondial" fonctionne. Ce sont des changements brutaux et inévitables tant ils déterminent les façons de vivre, de penser et de se penser, dans tous les aspects de la vie. Le fait est que l'Asie de l'Est est partie une ou deux générations plus tard dans cette course, c'est tout (les Chinois de RPC plus tard encore, mais ils ont tendance à tout faire au forcing ces dernières décennies). Et au-delà des aires culturelles qui se prennent ce train dans la gueule, il y a une autre mentalité traditionnelle qui a aussi du mal à encaisser le dit express: la mentalité, la spécificité militaire.
  23. N'exagérons rien, il y a d'autres facteurs: - le faible taux d'encadrement dans l'armée française par rapport à l'armée allemande (de l'ordre de 1 cadre en France pour 4 en Allemagne, à effectif égal): l'Allemagne formait plus de cadres, permettant cette décentralisation du commandement. Il y a bien sûr aussi la mentalité/culture et la qualité de la formation des cadres qui jouent aussi (mais c'est au global réduit comme différentiel pour les bas niveaux: les cadres français ne sont pas mauvais), mais dans l'ensemble, l'armée allemande est nettement plus articulable et décentralisable dans la pratique - les ressources: les Allemands peuvent dépenser pour ça. Outre la moindre nécessité de dépenser pour la marine, il y a la taille et le dynamisme des économies. La France a plus été contrainte d'arbitrer, et le choix de 1914 pour le nombre plus que pour la qualité a sans doute été payant - quoiqu'on en dise, 1 an n'est pas suffisant pour faire un bon conscrit employable dans des opérations complexes. La formation individuelle va vite, mais plus on pousse la manoeuvre à grande échelle, plus on cherche à autonomiser la troupe et à lui laisser des marges d'initiative, plus il faut du troufion, et surtout des sous-offs et officiers très au point, et des unités rôdées. Possible avec des conscrits d'un an encore dans l'active, pas possible avec des réservistes avant un bon moment de réacclimatation. Faut pas oublier quand même que les réservistes, ce sont aussi les sous-offs et officiers, et la complexité de leur tâche dans des opérations de vastes armées cherchant à manoeuvrer de façon coordonnée, croît exponentiellement avec le grade, allongeant la période de réacclimatation/reformation. Surtout que dans le cas de la France vs l'Allemagne par rapport à d'autres pays, il y a peu de temps pour réagir: peu de recul stratégique, une grande infériorité démographique, des moyens matériels et financiers plus limités, ça laisse peu de marge d'erreur. Un conscrit en temps que tel est largement formé en un an, ce n'est pas idéologique; mais une unité de conscrits, et plus encore des grandes unités de manoeuvres, c'est nettement plus dur et long. Avec des réservistes, et à moins de mettre une proportion plus grande de cadres, y compris un fort volant de cadres permanents, c'est nettement plus rude. L'armée allemande a quelques avantages, outre le nombre: un avantage marginal dans le fait d'une meilleure formation de la troupe, un plus grand avec une réserve mieux maintenue à niveau (question de ressources aussi), et surtout un avantage énorme dans le temps et l'argent consacrés à former une proportion de sous-offs et officiers nettement plus importante. Là est le secret.
  24. Quand il y avait un ennemi aux frontières. Plus le cas maintenant. Faut aussi voir, dans le cas d'armées pro réduites, la propension à recruter local: les régions avec implantations militaires fournissent plus de recrues, ça a toujours été le cas, pour diverses raisons (dont le fait de rester dans sa région tout en ayant le job). 1) C'est plus fréquent, oui, parce que le métier n'est pas anodin: il est culturellement très marquant, c'est un milieu dans lequel on grandit. Plus l'armée est en décalage, comme mode de vie, avec la société, plus ce facteur joue. 2) C'est pas tellement la question: le point est que cela peut engendrer un phénomène de caste qui est rarement bon à terme pour l'armée, voire pour la société. Et que ce n'est pas non plus un phénomène de photocopieuse: une armée plus ou moins auto-reproduite n'est pas une constante en terme de motivations, de mentalités et de comportements. Il y a évolution, et pas toujours pour le meilleur; de là vient le phénomène de caste (au sens fort, avec beaucoup de sous-entendus) et son évolution. Les régulations sur le mariage ont été de toutes les époques: attendre des soldats qu'ils ne pillent et ne violent pas est quelque chose de très récent. Lesquels? Les problèmes que j'ai évoqué sont plutôt génériques et se retrouvent dans toutes les armées pros, quelles que soient les cultures; ils sont inhérents aux organisations humaines (la séparation de conjoints sur le lieu de travail répond à des règles de bon sens: ne pas mêler professionnel et personnel, ne pas mettre de tentation du favoritisme, éviter les tensions, éviter la concurrence pro dans un couple, éviter les tensions liées à des grades différents -il est impossible qu'ils fassent toutes leurs carrières en ayant le même grade tout le temps), au couple et aux pays développés et urbanisés (individualisme....). Le degré peut varier suivant l'histoire du pays, l'ancienneté du développement (l'impact de ce point de vue joue en terme de générations), mais les axes d'évolution sont les mêmes.
  25. Là on est dans le cas du niveau "micro", mais c'est bien révélateur, ici sur le côté connaissance de soi et mordant, de ce que peuvent donner ces facteurs "inquantifiables"; Napoléon lui-même disait que les 3/4 de la victoire résidaient dans ces facteurs intangibles incarnés par le moral, la connaissance de soi-même et les équipes de travail (donc de commandement) à tous les échelons, soit comment une armée agit de concert du niveau stratégique au niveau tactique, coordonnant ce qui sinon sont juste -pour prendre une métaphore organique- des membres, des muscles, des os, des yeux.... Avec cela vient la "situation awareness": tout ce qui réduit le brouillard de guerre, pour le chef comme pour le troufion, accroît le champ des possibles et surtout réduit la peur, celle de décider, celle d'agir.... L'action peut être de charger ou de se tailler, mais dans les 2 cas, on a une issue, on a un truc à faire, on a des options, donc on ne panique pas, on est moins nerveux, on fait moins de conneries. Ca vaut dans un petit combat, une bataille ou une campagne, et aussi bien, encore une fois, pour le simple troufion que pour le général: chacun a "son" brouillard de guerre, la somme des inconnues qui déterminent la perception de soi, de l'autre et de la situation à un instant T (celui de décider, d'agir, d'anticiper), à son niveau de compréhension, de temporalité et d'action. Evidemment, l'entraînement, l'estime de soi (en tant qu'individu, que personne dans un tout, en tant qu'unité....), la confiance (qui équivaut en grande partie à la connaissance de "soi" en tant qu'armée: confiance dans ses potes d'unités, dans les unités d'à côté, dans les officiers....), la connaissance de l'autre et du métier, le moral et une dose certaine de motivation -là pour le coup plus subjective: motivation idéologique, religieuse, esprit de corps, vanité, chance....- aide à surmonter le reste du "brouillard de guerre". Le préjugé vient quand ce dernier facteur domine celui de la connaissance de soi et de l'autre: "on ne fait pas ça à l'armée française", "venez, chevaliers, on va piétiner ces archers gallois d'un coup" :-[, "come on boys, these zulus are pussies" :lol:.... Une seule de ces citations est authentique, mais toutes illustrent le propos. La connaissance détermine les options qu'on peut prendre, et surtout conditionne le moral: quand on est un taliban et qu'on sait que l'OTAN vient avec tout son matos, on sait que l'option à prendre est celle d'une lutte longue et pas d'une charge sabre au clair contre des Abrams dans une plaine, ni la concentration de toutes les troupes pour se faire bombarder. Malgré tout le différentiel de moyens en qualité et en quantité, ça permet de ne pas disparaître en 2002 et de s'offrir grosso modo l'avenir de l'Afghanistan. Quand on est un Germain ambitieux du Ier siècle et qu'on a Rome qui débaroule, on sait qu'il vaut mieux tendre une grande embuscade et leurrer un général romain abruti dont on gagne la confiance plutôt que de lui dire merde et de le défier en bataille. Quand on est un chevalier français qui reçoit un poste de commandement dans une France en partie occupée et sans armée permanente après une série de branlées magistrales en bataille rangée, on sait qu'il vaut mieux attaquer l'ennemi là où il n'est pas, lui prendre ses places fortes et ne charger ses troupes que quand elles ne sont pas prêtes et déployées, ou en petits détachements. Orgueil et préjugés, pour reprendre le titre, sont des compensations à l'absence de connaissance, qui ont parfois, encore aujourd'hui dans nos armées "scientifiques" et professionnelles, tendance à obérer la nécessité de bien des champs de connaissance (de l'adversaire, de soi-même, du théâtre d'opération....) voire à faire refuser de voir la réalité en face en préférant lui superposer des modèles de pensées toutes faites. Ca conduit à mépriser un adversaire, à s'illusionner sur ses capacités, à préjuger d'une situation, à mal préparer une armée, à privilégier les mauvais systèmes d'armes et/ou le mauvais mix de systèmes d'armes, à se cantonner à une approche tactique au mépris d'une approche stratégique, à entrer dans l'obsession technologique ou celle de la bite et du couteau seuls.... Et ces illusions entraînent souvent, quand elles sont trop poussées, une mauvaise réaction au contact avec le réel, impliquant dans bien des cas un refus du réel. Benoît Bihan, dans le dernier G&H, rappelle à quel point les USA ont "refusé" de retenir les leçons de l'expérience vietnamienne pour se réenfermer dans un modèle de pensée exclusivement tourné vers un type de guerre plus souhaité que probable.
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