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Tancrède

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Tout ce qui a été posté par Tancrède

  1. Oui, surtout que les acteurs privés, qu'ils gèrent leur argent ou soient juste des mandataires (donc par "acteurs privés", j'entends surtout la "communauté" qui donne l'impulsion dominante sur les flux de capitaux), ne prouvent pas si souvent leur mentalité de "bon père de famille" ou de "capital risqueurs" (surtout encore moins efficaces), même quand les choses vont bien. Mentalité de courte vue, panurgisme, opportunisme destructeur, aversion viscérale au risque (contrairement à la petite propagande si souvent faite; cela devient souvent une aversion à "l'économie réelle" comme on dit, très présente dans les banques dites d'investissement) et horizons un peu trop éloignés à leur goût (un goût qui récemment s'est encore plus affirmé), ententes douteuses et entrisme, mentalité de système, préjugés impactant souvent des décisions d'investissement en dépit d'un certain bon sens (y'a des anecdotes assez gratinées à des niveaux d'instances hallucinants).... Bien sûr que tout système est imparfait, mais franchement, y'a qu'un pur théoricien qui dirait que dans l'absolu, le secteur privé a une tendance fondamentale à créer de la richesse.... Oui, sur le "long terme", celui au bout duquel nous sommes tous morts; la vie a ceci de gênant par rapport à la théorie qu'elle dure moins longtemps et que c'est ce qui compte pour ceux qui s'y trouvent. De même, les aléas si facilement lissés et regardés de haut par ceux qui font des grandes théories abstraites et assènent des vérités générales détachées du facteur temps (et raisonnant d'ailleurs souvent dans le vase clos d'une seule économie, minimisant les facteurs "espace/distances", "étranger", "échanges", "système économique global" et autres réalités ennuyeuses), sont des changements majeurs quand vécus à une échelle humaine qui peut rarement se permettre d'attendre et de subir ces simples "ajustements" constants qui visent à une espèce d'équilibre économique mais surtout métaphysique qui ne peut exister que pour qui regarde des courbes de long terme.
  2. Bof, des économistes qui reprennent à leur compte la vision de la crise des années 30 de Milton Friedman. Grande nouveauté. Ils reprennent d'ailleurs les mêmes biais et oeillères en ne rendant qu'une analyse très très partielle et à charge en se donnant des airs de rebelles allant contre une "vérité officielle" :P. A l'ouest rien de nouveau.
  3. Et y'a encore quelque siècles, y'avait tout plein de gens comme toi qui disaient qu'il suffisait de regarder pour savoir que la terre était plate et que le soleil tournait dans son ciel. Tu peux appeler "crâne d'oeuf" qui tu veux pour te rassurer et garder des certitudes toutes faites, il se trouve qu'il y en a qui réfléchissent sur la base d'un peu plus que le petit carré infinitésimal de réalité qu'ils ont sous les yeux. Tu ne pratiques pas l'économie (que tu te vantes de ne pas étudier), tu as une activité, nuance: c'est un peu comme la goutte d'eau ou la particule de plancton qui décrètent qu'elle connaissent les secrets du fonctionnement des courants océaniques et de l'écosystème maritime.
  4. Si tu apportes une réponse disant tout l'un ou tout l'autre dans l'absolu, tu es déjà passé complètement à côté de toute action potentiellement pertinente :lol:. Il y a des moments, il y a des secteurs d'activité (existants ou à créer) et il y a des groupes (de population, d'organisations) à cibler. Et si on peut compter sur l'investissement privé pour une partie de ce ciblage, cette partie varie selon les conjonctures (et leur action collective peut prolonger/aggraver des conjonctures défavorables). Il est du rôle de l'Etat (en fait je dirais plus de la nation, une partie de cette analyse devant n'être pas purement sous contrôle étatique/gouvernemental) ou de la collectivité d'avoir une perception de son intérêt immédiat, dans un avenir proche et dans un avenir plus long, ainsi qu'une perception d'une juste capacité à agir pour se rapprocher de cet intérêt. Et cette réflexion a ceci de particulier par rapport à celle des acteurs économiques qu'elle essaie justement de ne pas se limiter à une partie limitée de ces acteurs aux intérêts divergents, et qu'elle a aussi d'autres critères qu'eux à favoriser (stabilité sociale et paix civile, conditions de la prospérité pour l'avenir proche ET un horizon plus lointain), selon une temporalité en partie différente.
  5. Qui dit que ceux qui veulent le faire fructifier vont: - réussir? - le faire fructifier via de l'investissement créateur de richesses pour le pays, et d'emplois valables (tu crées pas beaucoup de richesses en créant des emplois instables et peu rémunérés dont en plus une partie de la dépense ne sera pas dirigée vers des achats de produits nationaux)? - le faire fructifier par de l'investissement au sens plein et "industriel", par opposition à du placement financier qui a aujourd'hui une grande part déconnectée de l'économie dite réelle, malgré un rapport théorique qui assimile les 2: outre le placement de court terme et autres activités financières, orienter des masses de fric vers l'immobilier ou les emprunts d'Etat (énorme majorité de l'investissement étranger en France) n'a rien de très productif ou créateur de richesses. - le faire fructifier en France? Tu veux dire "quelqu'un" comme les banques et autres gestionnaires de fonds de placement ;)? Si le singe descend de l'arbre et que l'homme descend du singe, alors l'homme descend de l'arbre. Ca c'est du raisonnement tellement superficiel, sous des apparences du bon sens dans la formule, qu'il est difficile de résumer vite ce en quoi ça ne tient pas la route même une seconde. La "richesse" comme la "création" ne sont pas deux masses indifférenciées et indistinctes. Toi qui critique sans arrêt les théoriciens abstraits (selon toi), tu fais pire: de l'abstraction gratuite et fondée sur rien du tout, de l'argumentation sur le sexe des anges sans la moindre base concrète. Des "richesses" peuvent être utilisées ou concentrées (concentration/accumulation des richesses = sens de base du mot "capitalisme") pour produire un investissement potentiellement (aucune certitude garantie) plus rémunérateur et/ou utile à un grand nombre (et dans ce cas permettant à ce grand nombre de plus et mieux créer de la richesse). Les particularités de l'Etat comme investisseur: - il investit à contre courant de la tendance, quand les acteurs économiques privés sont trop frileux et/ou manquent de fonds suffisants - il peut s'engager dans des projets dont l'effet de retour est plus difficilement mesurable (tout n'est pas facilement quantifiable ou pas bien quantifiable, mais l'effet peut n'en être pas moins réel), et/ou dont l'horizon d'utilité/rentabilité est trop éloigné pour des acteurs privés, et/ou dont la marge bénéficiaire n'est pas suffisante pour des investisseurs privés - une partie de ces investissements potentiellement rentables concerne des services dits publics et donc des franges de population (zone géographique, couches sociales, minorités....) dont aucun investisseur privé ne voudrait s'occuper. Mais il s'agit bien, hors du fond de la mission de service public dont les principes (paix sociale, maîtrise du territoire, relative homogénéité des conditions de vie....) peuvent impliquer de dépenser à perte, d'actions et d'investissement souvent rentables plus ou moins rapidement: bourses universitaires et éducation en général, infrastructures, redistribution (dans certaines limites, avec des critères pertinents, une temporalité bien gérée....) et autres transferts PEUVENT être nettement productifs. Ce rôle est précisément ce que Keynes préconise: l'application ciblée d'une certaine quantité de richesse à des endroits donnés de l'économie à des moments donnés (de la stratégie déclinée en tactique quoi :lol:), pour produire "l'effet multiplicateur" qui amènera une création de richesse propre à aider à une sortie de crise, à éviter un effondrement économique (ou à prolonger une crise), ou à accroître la croissance (ou à la réorienter vers des secteurs jugés d'avenir mais dont l'horizon est trop éloigné pour la plupart des entreprises). Et précisément la théorie keynésienne et néo-keynésienne s'applique à déterminer quels sont les secteurs économiques, les franges de population ou les moments dans lesquels l'Etat doit agir, comment il doit le faire et avec quels leviers. Y'en a qui se gourent, y'en a qui évaluent mal, mais le fond de la théorie a plutôt souvent trouvé des résultats confirmant les bases, sur le dernier siècle. Pour la note, apparemment, la famille politique monétariste semble ne voir que des défauts à l'action économique de l'Etat, et ABSOLUMENT AUCUN à l'action économique (au sens macro économique surtout, mais aussi souvent micro-économique) des acteurs privés (entreprises, concentrations financières, fondations....) qui pourtant peuvent créer et prolonger des crises, couler des économies durablement ou enfoncer des pans de populations entiers (parfois à dessein).... Marrant que peu de gens pointent cette analyse comme purement sectaire: le privé (encore une entité floue et englobante proche de la généralisation religieuse, genre "le bien" ou "le mal", ou le "giant spaghetti monster") est macro-économiquement vertueux par essence dans cette vision. Les acteurs privés ont leurs logiques égoïstes (dans le sens qu'ils n'ont pas forcément d'intérêts communs avec l'Etat qui héberge tout ou partie de leurs activités), font aussi des mauvais calculs, réfléchissent dans un autre cadre, et sont surtout MULTIPLES: l'une des pires arnaques, par exemple, c'est de dire "les chefs d'entreprises" en forçant sur les mêmes bancs les patrons de PME et les patrons de multinationales (aussi et plus justement appelés présidents de conseils d'administration/PDG/CEO-Chairmen :lol:), les entreprises principalement donneuses d'ordre et les entreprises principalement sous-traitantes, les entreprises mono-activité et les entreprises présentes dans plusieurs secteurs, celles qui jouent sur un stade d'une filière de production et celles qui maitrisent la filière, celles qui sont sur les produits bruts et celles qui sont sur les produits semi-finis ou les finis, celles qui s'adressent au grand public ou celles qui vendent à d'autres boîtes, celles qui vendent du matériel, celles qui vendent de l'immatériel, celles qui dealent dans la finance et celles qui sont dans les biens concrets/industriels/artisanaux.... Rien que classer les boîtes en 4 ou 5 catégories de temporalité économique différentes montrerait des intérêts RADICALEMENT différents. Donc des logiques différentes de création de richesses. Alors sur le keynésianisme qui vise entre autre à justement faire ces différences pour trouver des leviers d'action qui permettent d'influer sur des cycles économiques dans diverses branches économiques (et de là sur des pans de population et sur un pays), faudrait éviter les clichés généralisant, abstraits et surtout gratuits. Le problème majeur n'est pas de principes économiques mais simplement.... De management :lol:: la "redistribution" en général en est venue à être une constante mal orientée, mal attribuée et au final improductive (ou en tout cas dans bien des cas déconnectée d'un effet économique ciblé) voire contre-productive, ce qu'elle n'est pas censée être et n'a pas été à la base et pendant longtemps. Il y a aussi le problème de perception: quand un investissement privé foire, ce sont de courageux capital risqueurs qui ont tenté le coup, quand un investissement de l'Etat foire, c'est la preuve par essence qu'il est incompétent de toute éternité et dans toutes les circonstances et que c'est en plus un Etat voleur qui a gaspillé volontairement l'argent des braves contribuables qui travaillent dur et qui sinon auraient sûrement investi et en plus dans des trucs qui auraient marché.... Des poids et des mesures, quoi :lol:. Pour finir, une citation de Dien Bien Phu pour appuyer ce que disait Gally plus haut: "- on ne vend pas la peau de l'ours avant de l'avoir tué.... - un ami fourreur de New York m'a dit: ça sert à quoi de tuer l'ours si on n'a pas vendu la peau avant?" ;)
  6. Oui dans l'absolu, si on veut obtenir un résultat général avec pour ambition de déterminer la "valeur" absolue sur tous les plans dans toutes les circonstances d'une unité, d'un système.... Ce qui relève, plus que de la gageure, d'une illusion de pouvoir faire disparaître le brouillard de guerre, l'incertitude.... Du pur délire scientiste-progressiste avec déni de réalité massif. Sans être aussi ambitieux, je pensais plutôt à des quantifications partielles, genre établir suffisamment de critères mesurables à l'échelle de groupements de diverses tailles face à différents scénaris de combat/types de combats parmi les plus probables, peut-être assez surtout pour pouvoir un peu "comparer" telle arme par rapport à telle autre pour résoudre ces scénaris probables au moindre coût, comparer des unités de même type entre elles (pour montrer justement le différentiel de "rentabilité tactique" entre les rôdées et les moins rôdées) révéler des potentiels sous-estimés.... Soit de quoi réarmer le facteur humain dans le débat interne aux forces armées qui, sinon, resteront dans le même paradigme matériel qu'actuellement, ne faisant que le renforcer au fil du temps et s'enferrant toujours un peu plus dans un modèle qui s'est déjà en partie retranché de la réalité parce qu'entre autres, il réfléchit sur des paramètres trop partiels et partials. Je ne sais pas si je me fais bien comprendre, je cherche encore à mettre l'idée en mot précis. Les Romains ont eu souvent des périodes de "calme" majeur (cad pas de conflits de grande échelle pendant X temps), mais les frontières de l'empire (le limès) ont toujours eu leur lot d'agitation, de même que nombre de provinces. Même en excluant guerres civiles/internes (soulèvements, séditions, généraux et gouverneurs ambitieux) et conflits majeurs (frontières du Rhin et du Danube contre divers peuples germains et les Daces, frontière orientale contre la Perse), il y avait toujours, sur des frontières de telles tailles, de l'activité dangereuse: raids berbères, bédouins, numides, maures ou nubiens en Afrique, parfois de grande ampleur, raids arabes et brigandage violent au Proche Orient, accrochages et "pacification" sur les marches arméniennes (est de la Cappadoce, vaste zone entre le Caucase et le "heartland" perse) jamais réellement tenue, gestion d'une zone tampon toujours contestée entre les provinces d'Orient fermement tenues et la Perse (en fait jusqu'à la Babylonie, il s'agit d'une zone où la domination romaine n'était ni totale/profonde ni permanente), et bien sûr les front danubien et rhénan qui concentraient entre la moitié et les 2/3 des légions disponibles sur une distance proprement énorme. Ces 2 derniers fronts étaient le lieu de quasi constants raids de pillage allant de petits groupes germains locaux à des groupements de tribus, voire de peuples, ponctuels. Ajoute la même chose en Bretagne (Angleterre) sur le Mur d'Hadrien face aux Pictes et Scots (Tribu irlandaise du nord de l'Irlande qui finit d'émigrer définitivement en Ecosse au Vème siècle), et tu as le tableau. Même au sein de l'empire, il y eut fréquemment des soulèvements, violences et protestations d'ampleur petite à moyenne (l'armée était aussi chargée du maintien de l'ordre -passé un certain stade de désordre où les divers moyens de "police" avaient besoin d'aide- et de la perception de l'impôt). Les abus de nombre d'administrations locales ont aussi amené leur dose de provocation au désordre armé. De même, de toute façon, nombre de provinces, surtout en Orient et dans le nord des Gaules (mais aussi ailleurs, parfois dans d'anciennes provinces comme en Espagne), n'étaient pas à la base forcément très unifiées, et avoir le ralliement de la plus puissante peuplade/autorité de l'endroit ne voulait pas dire que toute la zone se ralliait. Surtout dans les zones géographiquement très découpées (vallées, montagnes, coupures humides nombreuses, marais....), de nombreuses peuplades d'importance variable et théoriquement incluses dans la provincialisation n'étaient pas forcément au courant (ou consentantes) du fait qu'elles étaient devenues romaines :lol:. De ce fait, il n'y pas réellement eu d'époques où une proportion importante de l'armée romaine n'avait pas vu le combat et la mort. Ajoute à cela le fait des auxilliaires (la moitié de l'armée romaine), qu'ils soient pérégrins (issus de provinces impériales mais pas citoyens, du moins jusqu'à l'Edit de Caracalla en 212) ou étrangers/barbares engagés selon divers statuts: eux aussi venaient souvent de backgrounds guerriers, qu'ils soient issus de cultures plus guerrières de tradition ou aient simplement déjà été au feu (souvent contre les Romains initialement). Bref, les unités romaines avaient immanquablement une proportion élevée de soldats ayant vu le combat (à l'échelon individuel, à l'échelon du contubernium et de la centurie ou turme, et jusqu'à l'échelon de la cohorte ou de la vexillation/alae, soient les unités élémentaires), surtout avec un service professionnel qui a vite atteint les 20, puis les 24 ans, avec un taux de réengagement qui a longtemps été élevé et n'a jamais baissé dans des proportions alarmantes. Ajoute enfin que face aux adversairesde tous types, l'armée romaine était la seule de ses zones d'engagement à garder des unités permanentes à de tels échelons (sauf la Perse), et on peut évaluer le niveau de "rôdage" des outils disponibles, même si évidemment, les manoeuvres de grande échelle (impliquant au moins une légion déployée comme telle, avec ses auxilliats, soit l'armée de campagne "complète" standard de Rome) ne peut toujours être aussi fréquent quand l'agenda opérationnel est chargé. Cependant, une légion et ses cohortes auxilliaires sous le Principiat et le Haut Empire, manoeuvre "en grand" 3 fois par mois!!!! Le reste du temps est dédié à l'entraînement individuel et collectif aux niveaux contubernium/décurie, centurie/turme et cohorte/alae. La crise du IIIème siècle compromet ce schéma, avant tout pour raison budgétaire et plus encore de sur-sollicitation: les légions sont rarement au complet à un endroit, l'habitude se prenant d'en prélever des éléments mobiles sur base de cohortes et alae groupées en task forces temporaires envoyées au loin (qui reviennent rarement et ont tendance à devenir des unités permanentes et/ou à s'amalgamer avec d'autres sur place). La légion traditionnelle disparaît de fait, et quand Dioclétien, suivi de Constantin, dans la 2ème moitié du IIIème siècle, reprend l'Empire en main et le remet sur pieds, le système militaire romain se réforme en grand sur ces bases, avec des unités plus petites mais dans un système d'arme repensé et réorganisé qui remet en place le niveau de pratique nécessaire aux échelons élémentaires. L'échelon permanent légion "classique" + auxilliaires (une dizaine de milliers d'hommes) s'est perdu en tant qu'entité pratiquant constamment la manoeuvre à cette échelle (du moins pour les unités de Limitanei et peut-être en partie pour les comitatenses, sans doute pas pour les Palatins et Scholae), mais le dispositif n'est pas exempt de manoeuvres régulières à grande échelle, et le niveau de "pratique" réelle pour les unités élémentaires et individus n'a pas baissé. Au sein de l'armée, oui, les unités et les individus (les officiers supérieurs et souvent une partie des centurions) tournaient régulièrement:des exemples connus peuvent être mentionnés comme celui de "notre" St Martin, officier d'une unité de cataphractaires (cavalerie ultra lourde) du comitatenses (armée "d'intervention") de la Préfecture des Gaules, vraisemblablement de souche romaine (Italienne) émigrée et panonnienne (Hongrie actuelle et partie de la Croatie) qui a pas mal tourné avant d'être affecté en Gaule, à Tours notamment, où il deviendra connu. Il avait d'ailleurs passé son enfance à tourner en suivant son père, tribun militaire des Scholae Palatina (élite de l'élite et Garde Impériale). Ou encore l'une des souches du roi Arthur, Lucius Artorius Castus, officier dalmate du IIème siècle, dont la présence est attestée en Syrie, en Arménie, en Bretagne (où il fera peut-être souche) et en Italie du Nord. Les unités aussi tournaient, mais avant tout en fonction des besoins opérationnels, surtout quand un grand conflit nécessitait la concentration d'une armée conséquente au-delà de son aire géographique proche, et il n'était pas rare qu'une fois envoyée au loin, certaines restent affectées sur place, au moins partiellement (les familles des soldats étaient du coup amenées sur place). Le lieu d'où venait l'unité devant être "regarnisonné", soit la légion restait théoriquement sur place, et cela veut dire que le camp et les unités "de dépôt" et/ou quelques éléments opérationnels reformaient l'effectif en levant des recrues sur place, soit d'autres unités y étaient envoyées, soit encore l'unité était rapatriée. Cela pouvait dépendre des impératifs opérationnels de la province (il y a toujours de l'agitation aux frontières et des tâches en interne) et des disponibilités en effectifs dans les concentrations temporaires de grande échelle. Mais globalement, il faut garder à l'esprit que l'armée romaine était plutôt petite au regard de la surface de l'empire: 30 légions à son apogée représentent moins de 150 000h, auxquels on ajoute un peu plus dans les unités auxilliaires. Ils n'ont donc jamais chômé et il ne doit pas y avoir de légionnaire ou d'unité qui n'ait jamais vu le combat, y compris en grand, plusieurs fois sur une période de 10 ans, en tout cas sur la durée d'une carrière militaire minimale (20-24 ans).
  7. Oui, c'est précisément une gageure, mais c'est en même temps une nécessité de trouver des indicateurs chiffrés relativement fiables qui permettraient d'évaluer au moins certains aspects de la valeur de l'expérience: apparemment, plus qu'à d'autres époques, ça serait un moyen parmi d'autres de ne pas voir le débat interne aux armées (et donc le lobbying interne des armes, du rapport matériel/personnels....) se déséquilibrer durablement beaucoup trop. Un petit article du dossier sur la légion romaine dans le dernier Guerre & Histoire m'avait frappé: l'auteur donnait un regard critique -très légitime- à la scène de bataille de Gladiator, disant, et c'est ça qui m'avait frappé, que cette bataille, qui ne ressemblait en rien à la tactique romaine et n'avait d'ailleurs que peu de réalisme (hors l'imagerie), reflétait en fait la culture tactique moderne, donc essentiellement américaine; l'infanterie servait à tenir une bête ligne, à fixer, pour que les armes à haute valeur ajoutée, les armes "techniques", fassent la décision, essentiellement la cavalerie (qui charge on ne sait trop comment en pleine forêt et reste en ordre compact pour produire un effet par ailleurs mal rendu) et l'artillerie (des armes névrobalistiques qui tirent à quelque chose comme un kilomètre des trucs répandant des flammes façon napalm). Avec en face une horde barbare ressemblant plus à un tas d'hommes des cavernes et formant une masse compacte et désordonnée qui n'a rien à voir avec aucune réalité. Et ces glands attaquent à un contre 10 en dépit de toute logique, même simplement tactique, ce qui n'a jamais été le cas des peuplades celtes ou germaines même avant la conquête césarienne. Et le rapport de cet article avec le sujet me direz-vous? Précisément cette vision quasiment culturelle et institutionnelle qui "décrète" ce qui compte dans le combat, dans une bataille, dans la guerre en général: cette vision s'appuie sur, au final, des analyses et débats internes fondés sur des données plus encore partiales que partielles, chacun faisant son lobbying, donc son marketing (et le marketing a des armes, entre autres les études chiffrées, dont il ne faut pas commencer à débattre de leur très relatif rapport à la réalité). Les intérêts jouent et joueront toujours, tout comme les impératifs budgétaires, mais la disproportion des familles de facteurs jouant dans ce débat interne à une armée semble aujourd'hui plus énorme qu'à d'autres époques, et appelée à le rester, au point justement qu'il semble que ces "visions" issues des débats, au fil du temps, soient devenu le fond de culture même des décideurs et des officiers. L'expérience, aussi qualifiable de mémoire du réel, ou du vécu, semble de peu de poids, et ce d'autant plus qu'elle est peu chiffrable, peu facilement résumable sur un powerpoint, peu aisément explicable ou synthétisable en textes punchy.... Ce dernier aspect pourrait être un peu changé. Mais je signale aussi que l'expérience est ici employée en général: je ne parle pas seulement de l'expérience de terrain des compagnies de combat d'infanterie, mais de tout le dispositif opérationnel, dans toute la variété des armes et armées et tous les échelons de la chaîne hiérarchique tactique et opérative (on pourrait parler aussi de l'expérience de la guerre au sens large dans les instances politiques et des hautes sphères militaires, mais c'est un débat en soi). Les équipes de commandement, les groupes humains qui agissent, décident, transmettent, articulent, fluidifient, font les interfaces, gèrent des systèmes d'armes.... Même en difficulté côté budget, la pourtant très indécise administration de Louis XV avait saisi le besoin d'avoir une part significative des budgets navals consacrée à l'entretien à l'année d'une escadre d'évolution, pour fournir un volant de cadres qualifiés (officiers généraux, officiers, officiers mariniers, matelots et canonniers qualifiés) qui permettaient de compenser partiellement l'énorme déséquilibre structurel entre la marine française et l'anglaise qui pouvait elle toujours compter sur des populations maritimes 3 fois supérieures à celles de la France, un budget militaire aux 2/3 dédié à la marine, un réseau de bases navales développé (arsenaux outre-mer) et d'ampleur mondiale et aucune menace territoriale. Ainsi, au XVIIIème siècle, le début de chaque guerre voyait la France avoir une première phase de supériorité qualitative ET numérique des navires et des personnels (meilleur système de mobilisation, volant de personnels qualifiés rapidement disponibles plus conséquent). Les Brits reprenaient l'avantage plus ou moins vite, et plus le conflit s'éternisait, plus le déséquilibre devenait écrasant. Mais, contrainte comme elle l'était, la Marine française a pu avoir au moins un temps cette supériorité initiale, ce qui est déjà un bon résultat vu la considération toute relative de la marine en France, le déséquilibre structurel entre les pays sur ce plan, la faiblesse des budgets.... Les Anglais ne s'y trompaient d'ailleurs pas: pendant les guerres, il ne pratiquaient pas l'échange de prisonniers pour les personnels maritimes, ciblant particulièrement les officiers et officiers mariniers (et les conditions de vie abominables -même selon les critères d'alors- des pontons anglais, réservés aux prisonniers de guerre navals, se chargeaient de réduire le volant à échanger après). Je prends aussi l'exemple de la British Army actuellement qui, malgré des impératifs politiques et économiques similaires à la France, des institutions de même dimension.... Semble accorder une plus grande part à cette prise en compte du réel constaté qu'est l'expérience: quand on voit les budgets britanniques, qui ont les mêmes ordres de grandeur que les nôtres, accorder une proportion nettement plus grande de crédits à tout ce qui concerne la préparation/formation, les petits matos, la prise en compte plus structurelle des retex.... On peut se dire que malgré tous les défauts, il y a un débat interne et une pensée structurellement différents au moins pour certains aspects et certains choix. L'expérience peut sembler mise à l'écart par rapport aux armes et choix opératifs/tactiques actuels, tout comme chez nous, mais peut-être pas au même degré.
  8. Oui, il y a cette méthode là, mais les individus, comme les organisations, acquièrent de l'expérience et la valorisent. Par exemple: Driller officiers, sous-offs et équipes et chaînes de commandement permet quand même d'élever en général le seuil de tolérance des individus et groupes en question pour qu'ils puissent analyser, décider et transmettre (vers le haut, vers le bas et horizontalement) correctement face à des situations complexes, dans un contexte "dégradé" et sous une pression supérieure. Cela permet de mieux connaître les réactions lambda, mais aussi les réactions des individus, donc de mieux savoir évaluer les personnels (et dégager ceux qui faut pas ou les mettre là où ils feront moins de mal) et organiser les groupes en conséquence, selon des probabilités accumulées via l'expérience qui dressent en général de meilleures perspectives pour organiser sa troupe et sa hiérarchie, la former, faire tourner les personnels, répartir les meilleurs éléments (et/ou les concentrer à certains endroits), faire évoluer l'entraînement et l'orienter plus sur les scénaris réalistes , favoriser tel ou tel équipement, telle ou telle approche.... Bref, c'est réduire le facteur d'incertitude au global, optimiser ce qu'on a, mieux savoir ce dont on a besoin, voire savoir ce qu'on veut.... Et pareil pour évaluer l'ennemi. Un exemple que m'inspirait ta remarque: le commandement à la voix a toujours été une limite, une gageure en général, un moyen très faible d'organiser le combat en situation surtout dans des armées nombreuses et très organisées (combien de cadres gueulent en même temps, dans la poussière et le bruit du combat, une météo dégueulasse....). Dans la légion romaine, l'expérience a permis de ramener tout ordre collectif à un ou deux mots, et pourtant, fait quasiment inégalé dans l'histoire militaire, le panel de formations et actions que ce registre limité permettait restait énorme, et la troupe y répondait quelles que soient les circonstances (notamment aussi parce que la chaîne de commandement, jusqu'au légionnaire de base un peu expérimenté, ne s'appuyait pas QUE sur les ordres formulés, mais chaque échelon inférieur comprenait la situation et pouvait anticiper ce qu'attendait le supérieur, qui lui anticipait aussi les réactions de ses troupes). Le drill et l'expérience d'une proportion significative de la troupe permettait justement d'obtenir ces temps de réaction plus courts dans un dispositif pourtant plus complexe que ceux des adversaires, plus routinier, le tout dans une armée numériquement importante. Ces ordres à la voix et plus encore que leur seule formulation, ce qu'ils induisent en termes d'anticipations réciproques, de "situation awareness".... Soulignent autant l'expérience individuelle que la collective, mais aussi et surtout la "mémoire" des organisations que sont les armées. Cela ne se transmet pas que par un simple entraînement formulé à un instant T. Autre exemple: voir la croissance récente de l'organisation des RETEX, de son importance dans les esprits et des moyens affectés aux leçons qui en sont tirées dans les armées françaises depuis qu'elles ont été prises dans le théâtre "sérieux" qu'est l'Afghanistan. C'est encore loin d'être suffisant, cela rencontre apparemment beaucoup de résistances dans une institution un peu sclérosée et répondant à d'autres logiques issues "du haut" (et souvent très politisées, ne serait-ce que dans les priorités budgétaires), cela heurte apparemment une conception très "théoricienne" maintenue dans des organismes qui n'aiment pas toujours la réalité, et c'est pas forcément à grande échelle, mais c'est marrant comme ça prend de l'importance dès lors que le nez est dans le caca. L'expérience n'est pas parfaite, elle peut être trompeuse (trop connaître la musique donne aussi des certitudes dangereuses et des carcans mentaux),
  9. Oui, mais une lanterne dans le dos, c'est mieux que le noir total.... Et c'est pas comme si l'expérience accumulée ne fournissait pas déjà une somme de connaissances théoriques et pratiques qui éclairent une bonne partie des chemins possibles et probables. Un adversaire qui innove totalement à chaque coup, avec en plus son opposant qui n'aurait aucune base pour savoir être prudent et pouvant minimiser les dégâts, ça c'est si souvent vu?
  10. Quantifier l'expérience, est-ce possible? A tous les niveaux tactiques, l'expérience des personnels, des équipes de travail (commandement, renseignement, mise en oeuvre d'une arme donnée, transmissions, génie, logistique) et unités/sous-unités de combat, quelle que soit l'époque, fait une différence parfois dantesque. Le sang-froid, la connaissance du contact, la capacité à analyser et réagir (et "pro-agir") correctement en temps réel, à ne pas sur-réagir ou à ne pas agir du tout (pour tromper, pour ne pas tomber dans un piège, pour ne pas gâcher énergie et moyens), à savoir faire des choix apparemment insurmontable (notamment le pire de tous: sacrifier des éléments/ne pas les appuyer ou les sauver en pure perte) fait toute la différence, personne ne le contestera. Mais comment évaluer la chose: quels sont les indicateurs qui peuvent permettre d'évaluer la valeur de cette expérience? Comment lui accorder sa juste part par comparaison, par exemple dans les polémiques sans fins actuellement sur la place du matériel de haute technologie? Conséquences directes, l'importance de maintenir des équipes en place et en action, en minimisant la proportion de newbe (inexpérimentés et militaires tournant d'unités en unités), la proportion de "vétérans"/soldats expérimentés dans une armée (donc la longueur des carrières), mais aussi, de façon plus prospective, la place de l'expérience dans la pensée d'une armée, ce qu'elle va amener et promouvoir en termes de dispositifs tactiques, d'organisation, donc par là de modes de déploiement et d'action et de ce qui leur est utile (matériels, entraînements, quantités....). A partir de là, l'expérience devient un enjeu aux conséquences plus que simplement tactiques: affectation des ressources, budgets, commandes, choix de déploiements.... L'impact peut être majeur suivant la place qu'on lui accorde. Un exemple parmi d'autres: la Légion Romaine du haut empire est faite de 10 cohortes. Mais 9 sont identiques, avec 6 centuries de 80h combattants totalisant 480h du rang plus le commandement (3h par centurie, plus un EM de cohorte) et 120h (6x20, soit 2h par contubernium de 8h) servant la logistique propre à chaque cohorte. 1 possède 800h: c'est la première centurie, l'élite. Elle n'a pas de cohorte, l'unité tactique de manoeuvre essentielle de Rome, mais 5 centuries doubles (160 combattants), et malgré la place la plus exposée en bataille (la droite du centre), elle est en charge de l'aigle de la Légion, symbole religieux, civique, politique et psychologique. Quand elle n'est pas tenue en réserve d'intervention immédiate, ou déployée prioritairement dans des vexillations d'intervention, souvent préférées au déploiement de la Légion dans son entier. Pourquoi cette organisation? Pourquoi les autres ne sont pas organisées ainsi? Ou inversement, pourquoi n'est-elle pas faite de 2 cohortes plus petites ou équivalentes formant une unité de manoeuvre de pointe? Réponse, l'expérience: constituée des meilleurs éléments et commandées par les meilleurs cadres, les plus expérimentés (en tête desquels arrive le centurion primipile, l'aîné des centurions de la légion et ayant une carrière longue derrière lui, qui a le droit de taper du poing sur la table devant les légats et tribuns, tous nobles de classe sénatoriale ou au moins issus des chevaliers, donc la classe dirigeante). L'expérience permet de se passer de l'organisation en cohortes qui est une commodité, donc un compromis entre le possible (combien d'hommes on peut efficacement "tenir" et "manier" vite dans un commandement à la voix et dans la poussière des batailles) et le souhaitable (avoir le plus possible de masse de décision). La centurie peut être plus nombreuse, et son encadrement/articulation dans un dispositif complexe moindre, et quand même peser plus, souvent décisivement, dans une bataille, même employée de façon isolée par rapport à un dispositif très rigide où on voit rarement une aile aller aider une autre (distance, temps, communications faibles même sur un front réduit). Les troufions savent ce qu'ils doivent faire, se tiennent plus facilement, les cadres savent mieux, peuvent décider sans attendre d'ordres.... Et cette masse de 800h est en fait plus maniable, efficace et fiable qu'un groupe plus hiérarchisé de 480h. L'infanterie légère a souvent été pareillement plus expérimentée en moyenne: devant opérer en dispositifs plus ventilés, en groupes plus petits et dispersés sur de plus vastes espaces, les bonnes unités montraient la différence spectaculaire entre le standard et le rôdé. Encore pareil aujourd'hui, par exemple, avec les unités élémentaires des marines: des GC à 13h, des compagnies à 200h.... Toutes les unités d'infanterie pro ne peuvent pas opérer de façon fluide avec ce surcroît de masse. Ca ne vient qu'avec des dispositifs bien rôdés, certes, mais aussi avec en moyenne plus d'expérience et d'entraînement accumulés. Qu'en pensez-vous? L'expérience, donnée mal quantifiable, a t-elle sa juste place dans les façons d'évaluer, et donc de comprendre et faire progresser le potentiel de combat, quelle que soit l'arme?
  11. Bon, je viens de le voir, et mon avis sera simple mais en 2 étapes distinctes: - le côté perso, scénar, mélo, élans patriotiques.... Dans les limites du tolérable, principalement parce qu'ils ne s'éternisent pas trop là-dessus et nous font pas trop de grands élans. Bien sûr, le référent que je prends en la matière pour ne pas m'effondrer devant ces aspects est Independence Day: désolé pour les critiques, mais à côté de celui-là, je trouve Battleship très soft et quelque par infiniment gérable. Le premier m'a largement vacciné contre les poncifs de ce genre de films, et tant que je le garde à l'esprit, je peux absorber ça en m'en foutant largement. - le côté action-bataille-imagerie: tactiquement improbable (en passant à côté du fait "aliens/hyper techno" qui est un pré-requis accepté par essence.... Sinon on regarde pas ce film), mais visuellement réjouissant, rythmé au fur et à mesure du film pour finir dans l'improbable dernier baroud. Donc au global, et sans doute aussi parce que j'ai pas déboursé un centime pour le voir :-[ :-X, le genre de bouse-série B-plus grand que le réel qui défoule bien à voir tant qu'on n'en attend rien d'autre que ce qu'il a à proposer, à savoir en prendre plein les mirettes. Juste un regret sur la longueur de "mise en place" de l'action, l'essentiel de la baston se passant dans le dernier tiers du film et manquant à mon sens de quelques scènes qui eussent été marrantes/utiles pour faire la jonction et améliorer/prolonger un peu cette phase "boum boum" qui est ce qu'on veut voir: un petit usage des 2 phalanx sur chaque flanc aurait été marrant, quand même: ça, ils pouvaient facilement avoir les munitions pendant la remise en train, c'est pas de la logistique énorme (qu'ils n'aient ni leurs harpoons ni leurs tomahawks, ça c'est plus normal). Petits problèmes technologico-tactiques: - les prothèses du soldat qui bousille un fantassin alien.... Elles permettent vraiment d'avoir l'appui nécessaire pour filer un punch correct :lol:? - le coup du virage arrêté avec l'ancre du Missouri est-il possible à pleine vitesse sans péter le bateau en 2 (ce sont des monstres de blindage rigide et de structures renforcées d'accord, mais quand même, quelques bruits de craquements de membrures auraient pu le faire) ou le faire chavirer? - ils disent que les systèmes de contrôle de tir sont analogiques et manuels.... Le refit des années 80 n'a pas informatisé le bâtiment? Ils ont juste voulu donner l'aspect "à l'ancienne" avec que des systèmes des années 40 à l'écran, en oubliant les ordis et systèmes modernes, en n'ayant aucune vue des phalanx et rampes de missiles? M'enfin, oui ils se sont efforcés de foutre un max de clichés à la con: j'adore le moment "space cowboys/l'étoffe des héros" quand les vioques du Missouri marchent au ralenti sur fond musical émo :lol:. Je préfère un réalisateur qui a compris que son film était un prétexte pour juste en foutre plein les yeux et qui en prend son parti pour déconner avec le reste et pas faire du Michael Bay. Tant qu'à faire, le meilleur dans le genre était Cowboys versus Aliens, la dérision étant déjà dans le titre. Bon, c'est pas non plus réellement au second degré, mais le "scénar" l'interdirait (ce serait contre-productif). Mais ça sent le n°2 à venir :lol:.... Avec tant qu'à faire aussi un prequel XVIIIème siècle ou un décrochage en Europe qui verrait les Britanniques ressortir le Victory après avoir découvert que les Aliens ne détectent pas le bois et craignent les projectiles purement cinétiques :lol:....
  12. Exactement: quand on va voir un truc comme ça qui annonce clairement la couleur "gros trucs militaires, nanas bandantes, extra-terrestres et grosse baston", ceux qui s'attendent à autre chose qu'une débilité monstrueuse avec des images maousses costo :lol: ont à mon sens un problème. Alors les aspects sur lesquels on a le droit d'être déçu: - si l'imagerie de baston grande échelle, l'action, n'est pas à la hauteur: là, c'est inqualifiablement immonde de se planter sur cet aspect là - passé un degré trop élevé de non-scénario/dialogues de chiasse/bons sentiments patriotiques gnangnans.... Il y a un degré où même dans ce genre de films, ça devient particulièrement éreintant. A noter cependant qu'on sait à l'avance que cet aspect là sera dedans, et qu'un geek du grand spectacle arme son sens critique en conséquence (cad en le mettant en hibernation). Si on n'en est pas capable, on attend la sortie DVD (ou d'autres méthodes de visionnage à la maison, parfois plus légalement contestables :-[) et on ne zappe que sur les scènes de baston/action/bataille Oui, mais mon post veut pas dire que TOUS les films de haut d'affiche sont nazes..... Et surtout: Lord of war est-il réellement qualifiable de "blockbuster"? Dans l'acceptation du terme, c'est pas vraiment le super truc qui a coûté 5 fortunes et qui crache l'action 3D/zeffets spéciaux/CGI à tous les étages qui sont la moyenne de ce que j'appelle un blockbuster. La preuve? Dans la promotion d'un blockbuster (qui coûte autant que la production même s'ils le disent pas), on passe de 8 à 10 fois plus de temps à parler des fringues/perruques/maquillages, des leçons de Krav-maga/tir/escrime médiévo-antique des acteurs, du conditionnement physico-militarisé des mêmes acteurs, des cascades immanquablement faites à 99% par les acteurs eux-mêmes :P, des effets spéciaux, des anecdotes de tournage, de l'acting sur écran vert, des merveilleux rêves de geeks devenus réalités d'écrans.... Que de l'histoire, du scénario, des dialogues, de la profondeur du film, de ce qu'il transcrit, de ce qu'il évoque.... Quand on ne parle tout simplement pas directement du gigantisme des moyens de son tournage et de son budget lui-même ou de la super ambiance du tournage qui se verra toujours sur les désormais sacro-saints making offs (qui sont maintenant scénarisés et montés :lol:). Voilà ce qu'est un blockbuster :lol:.
  13. T'as déjà connu une période où les blockbusters action/grand spectacle surmarketisés étaient quelque chose d'intellectuellement stimulant? Les magazines télés ont beau systématiquement mettre 3 étoiles à des superproductions des années 60 (péplums et Biblical Fantasy de Cecil B Demille, grandes fresques en tous genres....), mais quand tu regardes les films en question d'un oeil pas particulièrement révérentieux pour le principe/carcan "c'est ancien donc c'est mieux", ces trucs sont franchement nazes, débiles à souhait question scénario et jeu d'acteurs. Donc à mon avis, non, les blockbusters américains gardent en général la même moyenne depuis le tout début :lol:. Et c'est pour ça qu'on les aime.
  14. A ceci près que eux ont la taille d'un Etat croupion et le comportement d'un rogue state: mettons les sur la liste pour cette incitation au terrorisme, et vite une petite guerre préventive. Et c'est reparti, comme en 1798!
  15. Hé, c'est même plus que de l'incitation à la violence! C'est de l'incitation à l'invasion, puisque les baraques des dits frontaliers sont en France: vite, levez la milice et menacez ce petit bled crotté de représailles massives et sanglantes.
  16. C'est vrai que c'est le principe, le seul "problème" étant l'usage désormais quasi exclusif par l'USSOCOM au lieu de réellement remplir l'espace entre FS et unités conventionnelles.... Mais les USA utilisent aussi les Marines pour cela, ont quand même de la marge de manoeuvre en termes d'effectifs absolus, et les rangers servent aussi, comme tu le dis, d'école à sergents pour la conventionnelle. Vu la taille de leur dispositif, tant côté FS que conventionnel, la question générale de cet "espace" entre FS et unités lambda se pose nettement moins. Mais quand on y pense, voilà le truc tout con pour ma brigade légère française: on redonne de l'élan aux Chasseurs (toutes les troupes légères sont nées avec des noms de ce type ou directement traduits: Chasseurs, Rangers, Jaegers....)! Un "Régiment de chasseurs" à plusieurs bataillons, ou une brigade de chasseurs. Voilà, le concept a un nom, ça te va :lol:?
  17. Oui, c'est le principe des Rangers.... A la base: maintenant, ils sont quand même plus versés dans l'appui FS de façon structurelle (ils appartiennent à l'USSOCOM après tout). Pour les Marine Recon, c'est vrai; mais je remarque cependant qu'on ne parle pas des mêmes volumes, même en respectant l'échelle des armées françaises et de l'USMC, et ce surtout quand on regarde de fait l'emploi et le mode de déploiement des unités des marines, qui sont centrés sur une proportion réduite de leurs forces, essentiellement les 7 MEU (special operations capable qui plus est, avec évidemment la nuance de leur définition du terme). Du coup, le déploiement le plus courant des marines s'accompagne d'un volume élevé (en proportion) de ces forces spéciales/d'élite, ou de leur disponibilité immédiate. Mais la "brigade légère" (nom provisionnel :lol:) serait vraiment à cheval entre les 2 mondes, peut être parce que précisément la structuration sans cesse plus poussée des FS et la recherche permanente de définition précise de chaque mission et sous-mission assignée aux forces conventionnelles accroît de fait les zones d'ombres, les espaces lacunaires, les manques, le fossé entre les 2 mondes.... 3-4 bataillons légers, un de reco, un d'appui, un "d'élite", une école, t'appelles ça "l'unité", la "force 421,3", "les couillus démerdards", "the expendables" :O :-[, la "variables d'ajustement", "les rustines" , les "tant pis si j'en crève" (emprunté au nom de la spécialité d'un certain restau de la rue des Lombards: 1,1kg de filet avec ses patates :lol:), les "bien montés" (référence ironique à leurs véhicules légers, pas à autre chose espèce de petit cochon honni qui mal y pense ;)).... Oui, l'impression de relire toujours le même bouquin.... Parfois même du même auteur :lol:: Eric Dénécé a pondu combien de fois le même bouquin à peine réécrit?
  18. Justement non, faut pas divertir les moyens commandos/reco propres aux unités de manoeuvre et commandements organiques et de théâtre; toi qui veut une distinction claire et nette entre doctrines commando et FS, faut savoir ;).... Les brigades de combat ont besoin de ce genre de formations qui ne sont pas non plus un réservoir énorme, et si on les assignait un certain temps de l'année à des missions d'appui FS dans les effectifs nécessaires, le volant restant serait insuffisant. Qui plus est, avec le temps, tu verrais l'inévitable évolution déjà constatée: les FS sollicitent beaucoup et en fait toujours un peu plus (réclamant toujours plus d'adaptation à leurs standards, dispo et équipements), les unités classiques ont des manques et créent en interne des formations au début plus ou moins informelles pour pallier ce manque, subdivisant toujours un peu plus leur orbat déjà compté et drainant un peu plus les meilleurs éléments de leurs compagnies de combat pour ce faire ("pompant" cette ressource comptée depuis les rangs dont la qualité ne s'améliore pas). En fait, j'avais déjà évoqué le sujet, mais je serais franchement pour une brigade d'infanterie légère "d'élite" (recrutement/sélection plus poussée, peut-être plus de bouteille en moyenne, plus de moyens pour la formation et l'entraînement) faite justement pour la polyvalence et "remplir les espaces" lacunaires croissants entre les forces conventionnelles et spéciales, et apportant de plus ce qui nous manque sans arrêt: le nombre. Pas d'artillerie lourde pour cette brigade là (juste les Mo), pas de blindés au-delà du transport léger avec des véhicules d'appui spécialisés (comme le véhicule d'aide à l'engagement), ce ne serait pas une brigade destinée à être engagée comme telle mais un réservoir de groupements de toutes tailles jusqu'au bataillon, avec un spécial/semi spécial représentant la crème du concept (et un vrai bataillon d'appui aux FS, dédié à ça). D'une certaine manière, c'est au final une extension (en moyens et en échelle) de ce que le 2ème REP fait ou essaie de faire dans la mesure de ses moyens, cad en devant rester "dans le rang" des RI types, avec les mêmes moyens et sans jamais être appelé à devenir le bataillon d'appui FS dont on parle mais qui joue les arlésienne attendant les carabiniers d'Offenbach . C'est une idée de "chaînon manquant": il faut des "bons à tout excellents en rien" à tous les niveaux de qualifications, les indispensables touches à tout qu'on ne case pas dans un rôle trop défini, mais dont la qualité permet plus d'adaptation. Si on se décidait à réduire la BP à une petite brigade air assaut (vu le parc hélico, on peut pas plus de manière permanente) gardant en plus la capacité para pour l'équivalent permanent maximum d'un bataillon, ça dégagerait déjà une bonne base pour commencer ce genre de concept. Mais une telle brigade d'infanterie légère nécessiterait clairement un certain volume de forces pour pouvoir et remplir les missions évoquées, et dégager un "bataillon d'élite" issu d'une sélection avant tout faite en interne.
  19. Si, ça c'est pas un problème qui vient des opérations spéciales, mais bien de budgets trop comptés qui font remonter "vers le haut" des capacités (et donc aussi des matos) qui devraient être dispo à plus bas échelon, le seul "bon" point dans l'histoire étant qu'au moins, le savoir-faire est conservé :P. Mais faut quand même relativiser: les CPA n'ont plus le monopole de la désignation. Ils l'ont eu, surtout au début alors que la France avait 3 métros de retard, mais maintenant, la capacité coordination des feux (de toutes origines) s'est répandue vers le bas, et les brigades interarmes ont leur propre capacité, même plutôt relativement abondante, dans les régiments d'artillerie, qui ont développé ce savoir-faire (apparemment plus une trentaine d'hommes par RA). Ajoute aussi le 2ème RH pour la bonne mesure (même s'il peut franchement être qualifié de FS à bien des égards, au moins pour son degré d'expertise, de formation et de qualité/expérience des personnels). Tu es trop cartésien, tu veux tout classifier :lol:. Un peu de souplesse dans la pensée, que diable, la guerre reste le royaume de l'inattendu.... Oui, et c'est pour moi la meilleure des définitions possibles, sous peine de s'enferrer dans un raisonnement voulant à tout prix assigner un cahier des charges trop précis qui devient un véritable carcan mental. Précisément, ce qui est souvent admiré dans l'histoire des forces britanniques au XXème siècle est cet esprit "outside the box" des hurluberlus à qui ils ont toujours gardé une petite place à côté de penseurs et décideurs militaires aussi incompétents qu'étroits d'esprits, dont la seule force était celle du stick planté dans le cul qui leur servait de colonne vertébrale. A ce compte, je préfèrerais étendre un peu le réservoir FS en effectifs (le nombre restant la meilleure manière d'avoir de la marge de manoeuvre et d'adaptation), et/ou avoir un "2ème échelon" de forces d'élites versatiles plus nombreuses (mettons, aptes à prendre en charge des domaines moins variés et plus "constants" dans le registre FS.... Des "special operations capable" en somme, comme chez les Marines). Et en revanche, de former une structure, sorte "d'académie FS" en miniature (oui, il y aurait des risques d'évolution en petites cases aussi) qui serait elle la vraie structure de réflexion et d'expérimentation, pouvant penser l'action spéciale à l'aune de chaque conflit/situation, garder les savoirs-faires, organiser les RETEX, les transcrire en stratégies, pensées, approches, tactiques, formations et matériels avec pour spécificité (parce qu'il ne s'agirait pas d'une énorme structure) de mettre sur pied rapidement les formations nécessaires (stages et autres) permettant l'adaptation rapide dans un cadre général pensé plus en profondeur. C'est déjà en partie fait, et c'est un peu ce que le COS développe (c'est en fait le concept de Fort Bragg pour les FS de l'Army), mais est-ce déjà une école de pensée, une vraie "pensée d'arme" s'attachant à envisager la guerre/une guerre/une situation différemment des armées classiques? Il y a des risques de chapellisation, mais tant qu'à faire, vu les moyens dispo, c'est une des seules réponses rationnelle que je vois. Les unités proprement dites seraient chargées (et là la culture de chacune des composantes FS a son importance pour maintenir la diversité et le remue méninge sous des perspectives différentes) de leurs personnels, afin de garantir la qualité de la matière première dont le but est précisément de rester souples et adaptables sans cahier des charges trop précis. L'action en appui des opérations classiques reste dans les savoirs-faires "constants" qu'on apprend à ce niveau.
  20. Puisqu'on parle de conscription partiellement militaire/Garde Nationale/réserve citoyenne (quelle que soit la forme de ce qui viserait à fournir du nombre), ça m'intéresserait beaucoup de savoir ce que coûterait la mise sur pied d'une force de ce type, mettons quelque chose qui vise à avoir potentiellement 20 000 fantassins mobiles en unités élémentaires (et peut-être quelques unités de manoeuvre échelon brigade) à tout moment, (donc une force totale bien plus nombreuse, avec une autre partie pouvant fournir des réserves d'attrition). Au final, ce que tu décris fournirait peu de choses utiles en temps de paix, seul un contingent réduit pouvant servir de renfort pour des OPEX réclamant surtout du pro, le reste faisant du gardiennage, du bouchage de trou et de l'assistance pendant les catastrophes naturelles. Mais le vrai bénéfices de tels systèmes n'est perceptible qu'à long terme, et consiste grosso modo à élever la conscience citoyenne, à garder une certaine mentalité de défense plus profondément implantée dans les mentalités, à garder l'idée de la violence (et d'une capacité à l'affronter) dans la conscience de sociétés qui en sont éloignées.... Le coût évoqué, concernant en fait juste des forces légères (véhicules légers, communications, amements légers, mais surtout quelques infrastructures lourdes et beaucoup de temps d'entraînement cumulé), serait certainement significatif, mais pas non plus nécessairement insurmontable et incompatible avec une force expéditionnaire professionnelle de qualité et ayant encore un volume suffisant.
  21. Bien vu pour les psyops.... Qui sont avec la surprise la plus ancienne marque de fabrique des opérations spéciales :lol:: aaaaah, le bon temps des pyramides de crânes, des adversaires démembrés, des cadavres (pas forcément infectés) balancés par dessus les murailles d'une cité assiégée, des parures guerrières en reliques humaines de tous types, des hurlements stridents, sauvages ou maîtrisés, des frappements d'armes sur les boucliers, des cadavres qu'on retire du champ de bataille pour faire croire qu'on n'a pas de pertes ou pas beaucoup, des histoires à dormir debout sur des guerriers invincibles qu'on fait circuler au coin des feu de camps et des villages, des bobards sanguinaires sur le chef ennemi (et des super trucs sur le nôtre.... Avec des échantillons de sa générosité) qu'on répand partout.... Impacter le moral, la volonté et la réflexion adverse, pour le tromper, l'intimider, lui casser les pattes, lui faire peur, l'énerver, c'est aussi ancien que la guerre.
  22. Tu oublies à mon avis un 3ème concept issu de la même guerre, qui complète en fait le duo Jedburghs - SAS (et la force 316 -j'suis plus sûr du numéro :lol:- sur le front asiatique): les Long Range Desert Groups et autres forces de reconnaissance en profondeur. On va dire que dans cette conception britannique, les trucs comme les Night Squads d'Orde Wingate s'assimilent à une version hybride des conceptions commando et FS, plus liées aux spécificités du Proche Orient.... Avant tout la sous-dotation en moyens de cette zone :lol:. A noter quand même, puisqu'il est question de doctrine, que cette conception britannique qui ébauche une vision générale complémentaire, procède de plusieurs raisonnements et logiques séparées; les Jedburghs émanaient du SOE tandis que les SAS et Long Range Desert Groups étaient nettement plus liés aux armées et sont une extrapolation "par le haut" des unités commandos et autres formations d'élites ou spécialisées dédiées à des tâches spécifiques (reco, saisie ou destruction d'objectifs, action directe ponctuelle précise....). Certes, à l'arrivée, il y a complémentarité de fait et coordination dans certains cas, mais c'est pas la pensée initiale. Les Jedburghs sont en ce sens quelque chose de pensé du point de vue plus "politique/stratégique" d'un service secret, sous-tendant une action à visée plus longue et profonde et procédant en même temps du penchant britannique (très présent chez Churchill) pour les opérations et stratégies périphériques. En ce sens, ils reflètent initialement une culture stratégique. Les SAS viennent à la base d'un affinage, du fait de pousser "un cran plus loin" une conception militaire, de la meilleure réponse à apporter à un besoin mieux défini selon des critères militaires, sur un théâtre donné et avec des moyens initialement comptés (par rapport à la taille du théâtre et aux moyens de l'adversaire à un moment donné). Après, tout se développe. Ca dépend des pays, des moments avant tout, quand même. Mais on retrouve des schémas similaires fondamentaux un peu partout: reco/renseignement, action directe, appui (par des spécialités et par le nombre), formation/encadrement. Ca c'est pour la logique fondamentale de capacité à partir de laquelle on conçoit une action, et des différences importantes peuvent exister déjà dans chacune de ces capacités, mais plus encore dans les volumes dédiés à chacune, dans le degré d'expertise vers lequel tendent certaines.... Beaucoup de régimes autoritaires et de pays ayant des adversaires, externes ou internes, atypiques, développent en outre des capacités spéciales spécifiques à ces situations, soit en les créant ex nihilo soit surtout en affinant des capacités conventionnelles existantes, y compris à partir de spécialités plus sécuritaires/policières (polices politiques, forces loyalistes d'élite dans des régimes contestés, polices militarisées ou "musclées"....). L'Angleterre, encore, a quand même longtemps eu de telles forces rien que pour l'Irlande du Nord (la 14th Intelligence Company qui a servi de structure de base à l'actuel SRR). Faut-il les caractériser comme différant si fondamentalement de supposées opérations spéciales "classiques"? On parle d'opérations justement "spéciales", et l'un des points fondamentaux de réservoirs de capacités très pointues ne devrait-il pas justement être de ne pas trop s'enferrer dans des petites cases trop précisément définies, avant tout parce qu'il ne faudrait pas créer une unité ou sous-unité pour l'ensemble des panels de missions et d'adversaires qu'il est possible de rencontrer? On n'aurait jamais fini et, à moins de conflits très longs et majeurs (donc avec un adversaire difficile et prioritaire qu'on a pour longtemps), il vaut mieux ne pas disperser des moyens très comptés. A mon avis, on gagnerait à fonder l'analyse sur la capacité du réservoir humain des opérations spéciales: des personnels de haut niveau, aux formations multiples et continues, très versatiles par essence, formant des groupes pouvant s'adapter rapidement à un vaste nombre de situations et donc d'approches fondamentales pour penser l'action contre ces situations. A côté d'armées définies très strictement et ayant des fonctions très circonscrites, formulées de façon souvent trop rigides, les services actions et branches paramilitaires des services de renseignement tout comme les forces spéciales, doivent constituer un élément de souplesse qui ne devrait pas rentrer dans des petites cases qu'on formule trop précisément à l'avance, sous peine de voir sans arrêt des récriminations du genre "on est pas formés pour ça", "on ne doit pas les employer pour ça"....
  23. Oui, c'est presque comme s'il y avait désormais plusieurs échelons/métiers manquant entre la diplomatie et l'armée, qui étaient jadis nettement plus complémentaires, beaucoup de diplomates venant de la carrière militaire et beaucoup de militaires étant passés par une intégration bien plus poussée dans des missions diplomatiques et ayant des devoirs impliquant des fonctions diplomatiques/politiques. Historiquement, beaucoup des meilleurs stratèges étaient (ou étaient aussi) des diplomates, même Moltke (d'une certaine manière l'archétype du spécialiste militaire de haut niveau) ayant évolué en ce sens après 1866. Une évolution typiquement bureaucratique: ces 2 métiers deviennent des simples fonctions dans une perception fonctionnarisée et s'enferment dans des logiques isolées et du coup, de plus en plus séparées, avec un politique qui ne connaît en plus aucune des deux et n'est en aucun cas capable de faire le lien. Du vrai raisonnement en petites cases et étiquettes, du vrai enfermement provoqué dans de la pensée de spécialiste.... Moduler l'usage de la force en fonction de politiques et d'action diplomatiques pensées aussi à la lumière d'une bonne perception/compréhension du militaire ne devrait même pas être un thème de réflexion, mais la norme. On en est loin. Le fait est que si c'était le cas, l'outil, le contrat opérationnel, la capacité des "niveaux de force" applicables en différents types d'intervention, seraient calculés en fonction de ce type de réflexion. C'est ce que le "Livre Blanc" est censé initier, et j'ai pas vraiment été convaincu . La première organisation systématique d'une telle politique générale avec modulations militaires de différents niveaux bien distincts date en France de Louis XIV (réformes des années 1660): la France se dotait de différents types et niveaux de forces, à différents temps de mobilisation, et ce pour plusieurs fronts (incluant les colonies), avec des itinéraires militaires balisés (et approvisionnés en magasins et dépôts), mais aussi de réseaux de fortifications classés selon le temps estimé pour les prendre (c'est tout le génie de Vauban). L'action diplomatique était calculée, organisée et menée pour accorder son temps d'action, ses modes d'approche, son "niveau de langage" selon précisément ces capacités modulables. Le tout articulant une volonté politique et une seule, tout à fait consciente de ses capacités et de leur temporalité. Louis XIV pouvait faire de la gesticulation militaire, navale ou terrestre, ou entrer en campagne sur plusieurs fronts quasi immédiatement avec un volume de forces professionnelles autonome réduit (mais quand même conséquent), et/ou commencer à mobiliser un deuxième échelon de forces semi complètes assez vite (d'une taille à déterminer selon la menace), entamer la montée en puissance d'un 3ème échelon fondé sur des formations squelettes (régiments "théoriques" avec juste quelques cadres permanents, régiments créés à partir de "morceaux" de bataillons permanents), et/ou carrément lancer la mobilisation en grand (levées des diverses milices, création d'unités ex nihilo par des officiers -y compris étrangers- ayant une charge de colonel et une commission de régiment existante, recrutement de nouveaux groupes de mercenaires). Je rappelle que ces gens n'avaient même pas de boulier pour calculer!
  24. Tancrède

    Nanas au combat

    Oui, mais je module mon opinion cependant: il y a des femmes, et ce serait intéressant de pouvoir établir un pourcentage de la population, qui ont de fait le niveau physique, à critères non rabaissés (et oui ça doit titiller l'orgueil de à l'occasion :lol:): ce pourcentage est bas, surtout si on le combine avec le nombre de femmes qui, même au sein des forces armées, ont envie d'aller au feu. Il y a d'ailleurs un aspect assez méprisable de la question qui voit des femmes officiers -mais plus encore des lobbyistes féministes qui se ruent sur ce point- plus réclamer ce genre d'affectations pour faire avancer leur carrière que par une quelconque vocation. Ce serait ce pourcentage qui m'intéresserait: trop bas, et, à moins de faire une ou deux micro-unités spécifiques (genre le "lioness program" américain ou divers programmes liés aux situations de sécurisation/contrôle de zone/évolution au sein des populations qu'ils mènent), et il faudrait maintenir l'injustice existante (injustice sur le critère mentionné plus haut des opportunités de carrière, par nécessité de l'efficacité générale) afin de n'avoir pas à risquer de bouleverser l'équilibre existant à -potentiellement- grands frais pour quelques individus. Suffisant, et la question de sous-unités élémentaires féminines se pose à mon avis, la mixité à ce niveau étant pour moi une connerie intégrale. Parce que cet aspect des choses s'inscrit pour moi dans la question plus grave du recrutement, de la GRH et d'une certaine culture des armées au regard de l'état actuel du volontariat, donc du bassin de recrutement disponible et de l'impact de la formation et de la vie militaire telle qu'elle est. Nous sommes aux temps de l'human ingeneering, d'une meilleure connaissance du corps humain et des méthodes d'apprentissages scientifiques de savoirs, savoirs-faires et savoirs-êtres, de l'analyse sociologique précise et d'un marketing efficace. Il devrait être évident que même le seul public masculin ne peut être pris comme un tout pas ou peu différencié et que, face à une grave crise des vocations, segmenter le recrutement (géographiquement, socialement, psychologiquement.... Pour établir une typologie plus fine) pour cibler spécifiquement différents publics par différentes approches et avoir plusieurs cursus d'intégration/formation initiale afin d'optimiser l'existant, serait infiniment plus productif que considérer, comme actuellement, que Mohammmed ira à la montagne parce que ça a toujours été comme ça. Les femmes, du moins celle qui ont/peuvent avoir la capacité physique, ne sont qu'un des publics à cibler dans cette approche. A noter cependant que dans le document américain que j'ai cité, il y a néanmoins une adaptation -vague et mal définie- en ce qu'il s'agit d'une revue de détail, réellement en profondeur (le dernier document de ce type date de 1994 et a établi la politique américaine d'affectation des femmes dans les forces) non seulement de la place des femmes mais aussi de chaque spécialité militaire. Le but semble en fait, au moins sur le papier, d'attribuer un ensemble de critères de performance physique à diverses familles de fonctions militaires. Sans doute y aura t-il beaucoup de politique et d'hypocrisie, mais l'idée est d'opérer une différenciation plus fine des critères physiques requis par divers groupes de spécialités et fonctions au sein des forces, soit un affinage destiné à optimiser l'allocation d'une ressource moins indifférenciée: les "ressources" étant désormais des "pools" généraux d'un service (où il n'y aurait plus ou pas de séparation fondée sur le sexe) fondés sur les qualifications seules. Un exemple: apparemment, dans l'Army, la fonction de mécanicien pour les Bradleys en-dessous du niveau brigade (donc en fait affectés ailleurs que dans unités du matériel des brigades de soutien) ne peut être occupée par une femme. Ce qui veut dire que les mécaniciens dans les compagnies de combat d'infanterie des bataillons mécanisés des BCT, ceux du niveau bataillon (mécas, reconnaissance, commandement et artillerie), ceux des bataillons de soutien organiques aux BCT et ceux des niveaux inférieurs (troop, platoon) sont 100% masculins. A ces échelons, l'Army a donc un seul pool de mécaniciens, qui apparemment connaît des problèmes d'effectifs, alors que dans le même temps, ils ont du surnombre aux échelons supérieurs, essentiellement représentés par des femmes, mais un surnombre dans lequel ils ne peuvent puiser en vertu des directives établies en 1994. La question ici soulevée est de savoir si le niveau physique requis pour ces postes peut être abaissé ou non sur ces critères "gender neutral", ce qui, combiné pour le coup à une levée de la directive de 94, unifierait le pool de soldats de cette spécialité. Si une telle politique était appliquée de façon intelligente et relativement honnête, il s'agirait d'un meilleur ciblage des métiers, unités et spécialités qui réclament vraiment des critères de performances élevés, qui eux ne souffriraient pas d'abaissement, et de ceux qui peuvent se contenter de ces fameux critères "gender neutral". Evidemment, outre le fait que supposer une telle dépolitisation est un peu illusoire, c'est un peu aussi le constat "qu'on fait ce qu'on peut avec ce qu'on a": face à des métiers qui ne font pas rappliquer les foules, il faut rationaliser au mieux la main d'oeuvre disponible selon des critères de qualité plus différenciés.
  25. Oui, au fond, la technologie telle qu'elle est perçue chez les décideurs militaires semble être une version très coûteuse de la "pensée magique" des enfants.... La paix produit sa connerie et la rapide perte de perception/savoir/savoir-faire, oui, mais il faut ajouter quand même: - le rôle éternel du politique court termiste (ne pas mépriser trop facilement: le court terme du politique est déjà bien souvent la quadrature du cercle puissance 4) prompt à mésestimer le besoin militaire durable, ne serait-ce qu'avant tout parce que ce n'est pas sa spécialité et que, comme tout le monde dans ce cas, s'il peut apprécier son importance intellectuellement, c'est une autre affaire pour lui de réellement prendre ce domaine en compte à sa juste mesure dans son calcul global - la faute propre de l'institution militaire: produire de l'intelligence collective est aussi une gageure éternelle, même si l'organisation en question n'était faite QUE de gens très intelligents, honnêtes, modestes, désintéressés et ouverts. Paradoxe? Même pas.... Les Chinois ont peut être été contaminés, mais pas au même degré: ils semblent plus rechercher la "juste technologie" et gardent une conscience plus grande de la masse, de l'importance de la chose militaire.... Et semblent surtout, et c'est peut-être justement la particularité de leur culture stratégique fondamentale, conscients qu'elle est un dernier recours et que la stratégie est quelque chose de plus complet aux moyens nombreux pour parvenir à ses fins, l'action armée étant coûteuse et risquée par essence. Même une armée maîtrisant ses fondamentaux peut se planter royalement, être totalement ou partiellement inadaptée à la demande stratégique de son pays en étant inadaptée à la demande des champs de bataille où elle est appelée à intervenir (quelle que soit la forme de ces champs de bataille, de l'affrontement le plus direct et classique au contrôle de zone pacificateur ou à la petite guerre sale au milieu des populations contre des entités protéiformes et non étatiques). Il y a des donnes stratégiques et tactiques auxquelles le devoir de l'institution militaire est de pouvoir répondre au moindre coût. Et pour ce faire, une armée a toujours tendance de fait à créer une logique, qui est aussi une culture, une vision, une approche, qu'elle essaiera d'adapter au fil du temps: c'est le paradigme fondamental, un cycle qui a tendance à se prolonger bien au-delà de sa date de péremption, par habitude enkystée, par facilité, par peur de l'avenir et/ou résistance au changement, par corruption ou sclérose mentale. A côté de cela, les fondamentaux que tu as ennoncés peuvent rester maîtrisés et le plantage être quand même radical.... Ces fondamentaux permettent beaucoup, notamment d'absorber un choc majeur et de s'y adapter; mais ce premier choc peut être trop radical, un déséquilibre trop prononcé.... Historiquement, ce ne sont pas toujours des institutions militaires sclérosées par une négation de ces fondamentaux qui se sont pris des branlées: parfois la branlée est effectivement le fruit du n°1, le hasard, parfois c'est par un adversaire qui avait de meilleures cartes fondamentalement. Ceci dit, les fondamentaux que tu donnes me semblent plus adaptés au commandement opérationnel proprement dit qu'à la préparation amont de la guerre (ou de la "bataille suivante" au cours d'un conflit long) qui est plutôt le domaine où l'innovation militaire joue plus. Mais tes commentaires sur les armées actuelles, entièrement d'accord. J'en ajouterais même un 5ème: une déconnexion croissante entre le politique et le militaire qui devient un spécialiste pur de la technique de l'application de violence alors que le politique est lui éloigné de la compréhension de ce domaine. Et entre les 2, un écart croissant, une incapacité à traduire la politique en militaire, avec pour seule compensation une explosion des moyens mis en oeuvre pour un résultat politiquement peu convaincant, preuve d'une dépense dévoyée et d'une technique militaire (un paradigme ;)) inadapté dont seule la relative paix du monde, la faible capacité des adversaires du jour, masque la faible efficacité. Ca autorise un peu trop les militaires à ne pas penser et à ne pas se penser réellement, parce qu'ils ont aussi leur part de faute et d'inefficacité même dans l'application de la violence à petite échelle, dans la conception tactique du combat (la relégation du fantassin au second rôle en est un exemple).
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