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Tancrède

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Tout ce qui a été posté par Tancrède

  1. Actualisation de trucs glanés ici et là sur les armées en présence, en leur état de 1866: - fusils: seuls les Allemands (et les unités suédo-norvégiennes d'infanterie légère) ont alors un fusil à rechargement par la culasse, donc une cadence de feu tournant autour des 6 coups par minute en moyenne pour les unités très entraînées (ce qui n'est pas le cas de toutes les unités prussiennes: ni la Landwehr, ni les conscrits dans leur première année, ni les unités nouvellement créées, surtout dans les territoires rhénans, n'ont ces cadences). Le tir allongé est permis par ce rechargement, contrairement aux autres armes. Inconvénients du Dreyse: portée moindre que les fusils à rechargement par la bouche, puissance moindre, encrassage rapide qui tempère les performances, difficulté de tirer à l'épaule (tir à la hanche généralisé). -canons: seuls les autrichiens ont une artillerie à rechargement par la culasse, avec des équipages bien formés. Les canons prussiens sont les moins bons, et leurs équipages les moins formés, mais la doctrine générale est bonne et en accord avec celle de l'infanterie. L'artillerie française a les meilleurs artilleurs, de bons canons, mais une doctrine générale à l'éparpillement du feu qui, si elle donne un bon punch aux unités de manoeuvre, empêche les effets de rupture (doctrine plutôt défensive) autres que locaux. Armée prussienne Elle vient de connaître sa première mise à l'épreuve face au Danemark dans la 2ème guerre des Duchés, la première ayant vu un échec lamentable des Austro-Prussiens face au petit royaume, ce qui avait entraîné une refonte en Prusse, et un autre échec ayant été enregistré par la Prusse au moment d'Olmütz, où les Autrichiens avaient démontré un bon usage du chemin de fer pour la rapidité de concentration (comme quoi, les Prussiens n'ont rien inventé, juste retenu les leçons). La conscription généralisée n'a pas changé le système, juste augmenté les effectifs d'active d'environs 60 000h; le système prévoit 3 ans d'active, 4 ans de réserve d'active, plus un effectif minimal de Landwehr. L'organisation territoriale et le système de formation sont les piliers de la rapidité de mobilisation et de la qualité des troupes: aucun conscrit n'est à plus de 30 kilomètres de son bataillon d'affectation, et tous sont passés par une formation incluant surtout une grande homogénéité pour la formation des cadres. De même, l'organisation du réseau ferré a correspondu avant tout à des objectifs militaires avant même les considérations économiques, optimisant au mieux la vitesse de mobilisation, d'acheminement et de concentration que le grand EM planifie comme aucun autre. En 1866, la Prusse de 18 millions d'habitants (face à une Autriche de près de 35 et une France dans les mêmes eaux, quoiqu'elle en ralentissement démographique) peut ainsi aligner les premiers effectifs militaires du continent: - un contingent annuel d'environs 80 à 85 000h - une active de 260 000h - une réserve équivalente, mais sans doute un peu inférieure et surtout inégale pour une certaine portion (autour de 2/3 au standard contre 1/3 plus "récents", avec pas assez de cadres et ceux dispo sans expérience) en raison de l'extension récente du système à l'ensemble de la population - une landwehr de 100 à 130 000h, de moindre qualité, un peu moins encadrée, mais pas moins équipée - 263 bataillons d'active (le bataillon prussien est à 1000h, le régiment à 3 bataillons), 200 escadrons de cavalerie, 9 brigades d'artillerie à 85-89 pièces chacune Armée française Qualitativement la meilleure, pour ce qui concerne les troupes et les unités élementaires: une proportion de professionnels importante, un niveau d'expérience plus élevé, et 7 ans d'active lui donnent de grands avantages. Mais la doctrine défensive et surtout le manque de professionalisme du corps des officiers, surtout à haut niveau, tempèrent cela pour une "grande" guerre. A noter aussi une dualité du corps des officiers, dont une moitié vient du rang, ce qui est généralement un avantage pour les unités et sous-unités élémentaires, très bien conduites, mais aussi un inconvénient en ce que cela occasionne un certain niveau de division, de même que cela concourt d'un manque de considération pour les besognes "théoriques" et "abstraites" à haut niveau. - 260 000h présents en métropole, avec en plus la possibilité de disposer de 20 000 fantassins de marine présents dans le pays. - une réserve qui existe, dont une partie est formée et rappelable, mais avec des délais plus longs que les Prussiens, et sans doute des problèmes d'acheminement, peu planifiés, et d'équipements, non complets. Compter sur plus de 150 000h rapidement utiles est illusoire, même si le fond total de la réserve doit en compter près du double. - pas encore de Garde Nationale, ou de politique importante concernant les réserves, chose qui ne commence à changer historiquement qu'après la guerre de 1866 - 362 bataillons (bataillon français à 672h), 251 escadrons, 780 canons, une fois déduits les effectifs présents en Afrique. Ceux d'infanterie de Marine peuvent y être ajoutés Une note cependant sur son EM: s'il n'est pas au niveau du Prussien, loin de là, en termes de planification, il est cependant assez efficace, étrangement, pour organiser la projection et la gestion de forces importantes loin des frontières grâce à l'expérience de la Crimée, du Mexique et de l'Italie, et dans une moindre mesure grâce à l'expérience coloniale. Entretenir un conflit au-delà du Rhin pourrait donc paradoxalement lui être plus facile que d'organiser une défense massive en un point unique de la frontière. En cela, la configuration générale d'un conflit en 1866 aux côtés de l'Autriche est certainement meilleure qu'en 1870. Armée autrichienne - 240 000h pour l'armée permanente, dans 246 bataillons d'active et pros, plus 288 escadrons de cavalerie (surtout pros), 900 pièces d'artillerie, plus de vastes contingents d'unités d'infanterie légère garde-frontière; ces dernières ne pèseront de rien dans le conflit, mais leur importance suffit à libérer l'Autriche du souci de poster des unités d'active dans les Balkans face aux Ottomans. L'active est donc réservée aux 2 fronts principaux - une armée "triple": La majorité de l'armée permanente est professionnelle, sur base de volontariat majoritairement allemand, sauf dans la cavalerie où la part des Hongrois est très importante. La conscription est complémentaire pour le recrutement et ses effectifs très majoritairement répartis dans les unités professionnelles, avec assez peu de régiments purement conscrits. Le service y est de 10 ans et alimente une réserve réduite d'unités (équivalent d'un bataillon par régiment). L'autre "réserve" est faite de territoriaux, surtout sur les marches ottomanes où ils sont en mobilisation partielle constante. Dans les autres régions, il s'agit d'un complément pour la réserve qui, issue de la conscription, fonctionne mal. - une armée territoriale vénitienne de 20 à 25 000h "utiles" - une réserve mal organisée, avec de nombreuses dispenses pures et simples octroyées en fin de service - un total mobilisable de 800 000h, la plus vaste armée d'Europe, mais dans des délais doubles de ceux des Prussiens La conscription, comme la mobilisation, sont peu efficaces en raison d'impératifs politiques: les unités mobilisées le sont loin de chez elles pour éviter les occasions de soulèvement et les répressions refusées par la troupe. Le tranport ferroviaire militaire, où l'Autriche fut pionnière, pâtit d'un développement moins rapide qu'en Prusse, ce qui laisse le front italien alimenté par une seule voie et surtout le front allemand, côté Bohême-Saxe, alimenté lui aussi par une seule voie, même si ce fait est rendu relatif par la proximité de Prague comme base de concentration majeure. La logistique et l'intendance sont moins homogènes que celles de leurs adversaires, ce qui rend les troupes plus inégalement traitées et équipées. L'n des vrais grands problèmes de l'armée autrichienne est sa récente doctrine de la recherche du combat d'infanterie, favorisant les charges à la baïonnette au lieu de profiter de la portée de ses fusils et de la cadence de son artillerie (sauf en défense où elle prouvera son efficacité face aux Prussiens). Face aux cadences de feu de l'infanterie prussienne, ce fait est problématique, même si la "projection" prussienne montre vite ses limites, notamment face aux difficultés d'approvisionnement dès que les voies ferrées sont lointaines, avec l'aggravation des problèmes sanitaires que cela entraîne (débuts d'épidémies importantes dès la fin juin). A toutes fins utiles, ces concentrations humaines énormes sont très vulnérables, et de fait, les distances qui semblent faibles sont en fait une vraie profondeur stratégique pour les Autrichiens en mode défensif. La perte de facteur de puissance dès la fin des chemins de fer est très importante côté prussien, ce qui réduit leur fenêtre d'opportunité et donne aux Autrichiens, même choqués par des premiers chocs défavorables, la possibilité de se regrouper et de préparer leurs positions. Dans l'histoire "normale", l'Autriche a surtout été victime d'un "shock and awe" auquel elle a sur-réagi, suite à la rapide éviction du conflit de ses alliés et à ses premières défaites, ce dont Bismarck s'est empressé de profiter, autant pour éviter que France et/ou Russie s'en mêlent que pour éviter de montrer les limites prussiennes pour une éventuelle poursuite du conflit, voulue par un Guillaume Ier euphorisé par la victoire de Sadowa. Autre conséquence insoupçonnée d'une guerre de 1866 perdue par la Prusse: Bismarck est alors sans le moindre doute viré. Déjà controversé par beaucoup de factions politiques, "chargé" pour ses années de gestion sans budget, par décrets, et toujours sur le fil de rapports houleux avec Moltke et surtout Guillaume Ier, il ne survivrait pas à une défaite. Historiquement, la guerre de 1866 est ce qui lui a permis de se consolider (avec notamment une amnistie pour sa gestion sans budget)..... Une Europe post-1866 sans Bismarck :lol:!!!!
  2. Pas tant que ça: si l'Egypte redevient hostile, les USA cesseront leur aide militaire au Caire: 2 milliards annuels qui peuvent franchir le Sinaï bien plus facilement qu'une division blindée :lol:. En revanche, une Egypte hostile pourrait jouer les parrains d'un Hamas bien plus équipé, comme la Syrie et l'Iran avec le Hezbollah.
  3. Donc la probabilité d'un affrontement arriverait sans doute à un face à face statique avec juste des accrochages :lol:.... Et l'armée de l'air israélienne anéantissant la syrienne puis menant des raids contre des cibles importantes, qu'il s'agisse d'installations, d'infrastructures de transport et/ou d'unités militaires.... Ce qui revient à dire du temps pour que les réservistes israéliens de ce front soient mis à niveau. Côté égyptien, en cas de conflit classique, l'étroitesse du front offre quand même un sérieux coup de frein aux ambitions potentielles d'une attaque venant du Canal.... En l'état des choses, le dispositif israélien dans ce coin est léger, mais si les tensions devaient remonter, il y a quand même fort à parier que ce front se verrait rapidement remis en mode "guerre potentielle", et que les unités qui y sont cantonnées voient une augmentation de la proportion de formations blindées, surtout d'active, des moyens aériens et des unités pointues (moins de bataillons de conscrits juste faits pour la patrouille et la contre insurrection light).
  4. Tu surestimes pas un peu les forces syriennes: entre un orbat théorique et la réalité, y'a plus ou moins de marge, et ce surtout dans un Etat comme la Syrie, peu uni, au régime contesté, et pire encore, manquant de moyens financiers (c'est pas une pétro-monarchie, et il y a distribution caricaturalement inégale des financements selon les systèmes d'armes et unités, et en plus selon des critères en partie politiques) et en proie à une corruption et un népotisme/entrisme prononcés (nominations de chefs selon des critères de loyauté politique plus que de compétence, clanisme dans les instances de pouvoir, élimination des têtes qui peuvent menacer le pouvoir). Pas l'idéal pour avoir un outil efficace. Et y'a en plus le cas de l'aviation qui appuie ce dispositif armé classique: face à celle d'Israël, elle existe pas. Là, l'optique est celle d'un conflit classique, surtout sur un front très étroit, où les arguments de la RMA ne sont pas sans quelque pertinence.
  5. Suis en train de voir le détail des opérations, mais le corps prussien envoyé contre le Hanovre n'avait rien de gigantesque (l'armée hanovrienne, c'est de l'ordre de 20 000h en campagne à tout péter, et ce sont 9000 Prussiens qui se font battre, soit pas un corps énorme); certainement pas la même concentration que si la France était de la partie. Et les Saxons n'opèrent pas en front séparé, mais avec un corps expéditionnaire envoyé pour appuyer l'Autriche, et comme pour le Hanovre, c'est pas gigantesque (20 000h, tout ce qu'ils ont), et pas au niveau. Et encore une fois, il faut voir le tout en dynamique: la concentration des troupes dans le temps, vu les différentiels de temps de mobilisation. Il ne faut pas oublier que le tout s'est déroulé en moins d'un mois: la supériorité numérique autrichienne, toute relative, n'a pesé en rien vu qu'ils ne sont jamais parvenus à suivre le tempo prussien. Les Prussiens ont aligné successivement les mêmes corps d'armée face à des troupes autrichiennes différentes pour arriver à leur concentration finale à Sadowa. Supposer la coordination, surtout avec la France en plus dans le mix, c'est peut-être trop demander :lol:: historiquement, c'est toujours foireux ces trucs là. Grosso merdo, l'armée autrichienne immédiatement dispo est aussi nettement moins homogène que son adversaire: c'est ce que Von Benedek, pourtant un très bon général, notera (équipements, dotations et stocks insuffisants). Donc une partie des forces dispo est moins opérante, moins mobile. A aucun moment les Autrichiens n'auront sur le front allemand plus de 200 000h, plus des garnisons et le corps saxon. Les Prussiens amènent 160 000h très rapidement et 40-50 000 de plus immédiatement derrière. Avec 250 000 de plus pour une mobilisation complète qu'ils auraient pu envoyer à l'ouest. Et les combats ont montré leur meilleure coordination et leur esprit offensif. Avec un deuxième front majeur, ils auraient certainement été plus prudents et économes, et les Autrichiens auraient plus résolument cherché à temporiser en jouant la défensive et en cherchant à user de leur meilleure artillerie. Mais les Prussiens, pressés par l'urgence, surtout avec une armée française prenant leurs territoires occidentaux (battant pour ce faire leur "armée de l'ouest" plus réduite et plus novice puisque conscrite depuis seulement 4 ans) et venant assister les Hanovriens, ils n'auraient pas eu une telle latitude. La rapidité de mobilisation/concentration prussienne ne les autorisait pas quand même pas à battre les Autrichiens puis à envoyer les troupes d'Autriche contre les Français. De fait, ils auraient bien eu 220 à 250 000h au sud (dont 20 000 sans doute contre la bavière et le Wurtemberg, le reste focalisé sur l'Autriche) et 250 000 contre France et Hanovre (10 000 en Hanovre pour l'offensive plus 30 000 autres). La France aurait eu sans doute autour de 60 000 Prussiens à battre très vite dans la Prusse rhénane: environs 15-20 000 d'active proprement "prussienne" et 40 000 conscrits d'active rhénans dans des unités nouvelles (dont 13 000 dans leur première année, donc pas vraiment aptes), avec peu de réserve locale étant donné qu'une seule classe était sortie du service et pouvait être rappelée, soit moins de 13 000h. Cela pouvait être fait assez vite, tout en laissant une marge pour envoyer un premier corps de soutien rapidement aux Hanovriens, même si réduit (20 à 40 000h), qui leur aurait donné toute latitude pour poursuivre un corps prussien réduit et défait, voire pour le tenir en respect et le cantonner à la défensive. Donc il faut aussi voir que les 250 000h que la Prusse peut aligner à l'ouest sont une globalité théorique, non une concentration comme face à l'Autriche: la France n'a pas besoin de temps de rappel de réserviste pour aligner 150 à 200 000h, juste le temps de les concentrer sur l'est (ce qui, avant le conflit, aurait été en grande partie fait), avec un deuxième échelon de 100 000h arrivant vite. Son active est toujours disponible. Les Prussiens auraient ainsi en fait à l'ouest autour de 40 000h contre le Hanovre, 60 000h en Prusse rhénane (les troupes les plus inégales, avec une forte proportion de nouvelles unités et de conscrits peu formés), et 120 à 140 000h pouvant être concentrés assez rapidement sur l'ouest de la Prusse, mais pas assez vite pour empêcher une action sur le Rhin. Conséquence d'un Hanovre vite appuyé par un corps français: même sans trop d'options en raison des 40 000 Prussiens lancés contre ses 20 000h, le Hanovre peut temporiser et capitaliser sur une victoire d'arrêt contre un des 4 corps prussiens. Dans l'histoire, il a capitulé parce qu'il ne pouvait rien faire sans réserves ou appuis. Avec 40-50 000 Français arrivant pour le soutenir, il reste en campagne. Du coup, l'action préventive de Moltke visant à paralyser l'aide des alliés de l'Autriche ne fonctionne plus. La Saxe et les autres peuvent mobiliser leurs réserves et ne pas se contenter de leur active; le total des alliés (en ordre dispersé) représente autour de 100 000h qui, de ce fait, parce qu'il reste des options, sont quand même mis en campagne, même si pas forcément dans un temps optimal. La Prusse doit donc calculer avec un maintien obligatoire d'une certaine dispersion de ses troupes, ne pouvant autant concentrer que dans le cours historique des choses où l'élimination rapide du Hanovre et l'intimidation de la Saxe avaient amené les alliés autrichiens à vite composer, laissant l'Autriche toute seule. Autre élément susceptible de modifier l'attitude prussienne et sa stratégie générale, il y a une contradiction: - d'une part, l'opinion, la majorité des élites, l'EM, et Bismarck en tête, veulent l'unité allemande prussienne, et abattre l'Autriche. C'est une volonté très manifeste et qui teinte toute la vie politique prussienne et les groupes d'intérêt, avec en plus la reculade d'Olmütz comme amer souvenir - de l'autre, Guillaume Ier et les milieux plus conservateurs et/ou plus "calmes", refusent toute politique d'agression, refusent l'idée d'un déchirement par la guerre des Allemands même s'ils veulent l'unité allemande sous égide prussienne, et ne veulent surtout pas de trop grande prise de risque. L'histoire montre que cette opposition à été vaincue à grand peine, mais qu'une fois Sadowa passée, c'est Guillaume Ier qui voulait marcher sur Vienne et Bismarck qui a arrêté le mouvement, pour pouvoir conclure une paix rapide et éviter toute ingérence extérieure. Autres conséquences de ce scénario: - une Autriche non vaincue et renforcée est plus solide politiquement: les événements menant à la création de la double monarchie n'ont pas lieu. - l'Italie passe durablement dans l'hostilité à la France et à l'Autriche (ça c'était déjà fait), la Vénétie reste autrichienne
  6. Merci! Sauf que côté prussien, la guerre contre la France est vue comme LE moyen d'unifier, surtout par Bismarck. L'antagonisme avec la France est ZE outil prussien pour unifier, une fois l'Autriche éliminée du tableau.... L'intérêt fondamental de la France est de garder l'Autriche puissante comme "glacis" contre l'ascension prussienne. Aucun accord sérieux n'est possible avec Bismarck. Et l'appétit colonial et naval prussien n'arrive que bien plus tard, dans les années 1890 (fin années 1880) avec Guillaume II et les pangermanistes. Là il n'est encore question que de 1866. Sans compter que l'Angleterre est toujours hors de portée par son insularité, et que si Bismarck s'accordait durablement avec la France, l'Angleterre ferait rentrer durablement l'Autriche et la Russie dans son jeu. Et ça ne s'est pas fait parce que Londres a grondé. Les 2 coalitions n'ont existé que parce qu'il y avait un antagonisme irréconciliable entre France et Allemagne, antagonisme rendu tel précisément en raison de l'annexion de l'Alsace Moselle. C'est d'ailleurs pour cela que Bismarck ne voulait pas amputer la France: tout ce qu'il voulait, c'était la guerre d'unification et de "revanche" allemande contre Paris, rien d'autre. Pour la suite, pourquoi les 2 Alleamgnes du scénario se "réconcilieraient"? Une guerre en 1866 qui établit un statu quo et 2 Etats solides établlit de fait 2 puissances et un rapport de force, avec concurrence "normale", mais surtout établissement d'un équilibre européen plus solide. Toute modification implique nécessairement que les autres puissances réagissent aussitôt. Et les communautés de vue et d'intérêts entre le Reich et l'Empire du what if ne sont pas énormes: sentiment de différence fort (religion, type de patriotisme, identité géographique, conception socio-culturelle, légitimité monarchique), hostilité anti-prussienne, zones d'expansion différentes, vision patrimoniale et conservatrice au sud contre "modernité" expansionniste au nord, hostilité suite à un conflit "fondateur" en 1866.... Et la France de moins de 40 millions d'habitants serait moins perçue comme un danger. Sans compter la volonté de Londres de tout faire pour conforter un rapport de force équilibré en Europe centrale. De plus, en regardant bien, le scénario de 1866 semble tout sauf si facilement joué, eu égard à l'état des forces armées des 2 camps en présence: Italie + Prusse contre Autriche + Etats alliés + France ne semble pas si évident en termes de résultats. L'armée italienne semble condamnée, c'est un fait, mais elle immobilisera bien 100 000 soldats autrichiens (en fait l'armée autrichienne et la vieille armée vénitienne, troupe autonome sous commandement autrichien), laissant l'Autriche avec les mêmes problèmes, à savoir une armée Pro+active réduite campant sur ses positions en attendant que la lente mobilisation (avec phase d'entraînement ) se fasse, soit moins de 150 000h dispos en temps utiles, et 100 000 de plus en un délai long. La France ne pourra vraisemblablement pas envoyer de même en temps utile plus de 150-200 000h sur l'est, mais elle aura une réserve assez rapidement disponible de 100 000h de plus: s'il est possible de gagner du temps, le jeu sera plus sérieux, notamment en prenant en gage tout le territoire occidental prussien (et le convertir en base) et en envoyant un corps expéditionnaire conséquent (pas moins de 50-75 000h), de là, au Hanovre. Et évidemment, les Etats allemands avec une armée sérieuse seront un pivot s'ils peuvent être soutenus et non anéantis isolément (sachant qu'ils sortiront peu de chez eux). Mais les Prussiens savent tout ça, et peuvent mener une guerre sur 2 fronts avec une mobilisation complète qui, chez eux, est plus rapide, du moins pour atteindre les 500 000h. Au-delà, ils sont comme l'Autriche: accroître la mobilisation suppose un long temps d'entraînement (les recrues en 1ère année d'active, et les rappels des personnes en âge de servir mais qui n'ont pas été entraînées parce qu'exemptées jusqu'alors par les divers statuts en cours). La guerre de 1866 "historique" a montré que l'armée prussienne d'alors n'a pas d'avantage tactique net (artillerie inférieure, fusil d'infanterie supérieur, cavalerie inférieure, commandement de grandes unités aussi médiocre qu'ailleurs même si offensif, entraînement encore inégal entre les composantes de l'armée eu égard au récent changement de mode de conscription), mais qu'elle a ses grands atours opératifs: rail, planification, EM général, organisation de la mobilisation, plus, dans cette optique, unité de commandement. Les "alliés" ont cependant l'avantage du nombre et de la séparation des théâtres d'opération face à une Prusse devant opérer à flux tendus et avec une fenêtre d'opportunité très courte. Le fait d'avoir 2 fronts, voire plus (le Hanovre ET la zone Wurtemberg-Bavière peuvent être subdivisés en 2 fronts soutenus par la France), donne aussi plus de profondeur stratégique aux "alliés": 250 000h sur chaque front côté prussien limite leurs options, et surtout leur capacité à aller plus loin en cas de victoire au premier choc, laissant aux alliés la faculté de se regrouper rapidement sans trop de crainte. Avec une telle subdivision, l'Autriche a une meilleure chance de tenir le premier choc face à l'envoi de 250 000 Prussiens sur ses positions de défense.
  7. Et comment tu fais ça, petit malin :lol:? A cette époque là, y'a personne qui leur dit quoi faire :-[! Alors là c'est sûr que les Anglais te sauteront à la gueule; c'est un peu pour ça qu'ils sont entrés en guerre en 14 ;). Pourquoi s'entretuer s'il y a pas eu de défaites et pas de perte de territoires ;)? HS :lol:!!!!!!!!!!!!!!! Juste comme un petit service perso: tu pourrais retirer les 3 dernières cartes, les maousses? Ca gagnerait en clarté, surtout pour les non connaisseurs de l'Histoire allemande, et ça éviterait de tronçonner le topic =)? Sinon une petite anecdote parmi plein d'autres pour illustrer la popularité de la Prusse en Allemagne; quand la ville libre de Francfort fut réunie de force au Reich, son gouverneur se suicida :O.
  8. Y'avait besoin de foutre des cartes aussi maousses :O :lol:? Et autant :lol:? T'as vraiment envie qu'on remarque tes post ;) :lol:! Surtout que les dernières (les maousses) ne peuvent exister dans le cadre de l'uchronie :lol:: l'empire allemand à partir de 1870 n'a pas existé, na 8)!
  9. Là tu es très optimiste: le renseignement n'est pas quelque chose de clos, par essence, et comme dit plus haut, c'est souvent avant tout une histoire de petits groupes qui se font confiance (relativement) en interne, sous des apparences de chaînes hiérarchiques administratives. Les agences fédérales comme l'ATF sont de facto branchées sur le trafic d'armes qui a tendance à servir aussi bien aux criminels qu'aux narcotraficants ou aux terroristes, le fisc ou les services d'enquêtes sur les transferts financiers..... Ils touchent à tout, eux :lol:.... Pour les branches des forces armées: un service de renseignement et un service d'enquête/contre-terrorisme/contre-espionnage, en plus d'une police militaire propre (avec les Marines et les Coast Guards séparés de la Navy!!!!), ça finit pas par faire beaucoup, sachant qu'en plus il y a les services joints/interarmée (sans compter les "grands services" que sont la NSA, la CIA, le FBI et la Homeland Security)? Parce que chaque branche a en plus son propre service de renseignement opérationnel et ses unités de spécialités "techniques" en la matière, ce qui est là légitime et propre à leur boulot. C'est plus que de la redondance; c'est du gaspillage. Tout est à relativiser: l'Army a la part du lion dans l'USSOCOM, et en particulier le JSOC, qui développe à son tour sa dimension renseignement, en plus de bouffer sur le territoire des opérations clandestines: vu la taille du machin, il cherche à être une branche "complète" des forces armées, lui aussi :lol:. Et une institution administrative de plus, une!
  10. C'est une des multiples raisons qui font que créer un service (à partir d'un recrutement d'agents expérimentés en place dans des agences diverses) est en fait plus facile, à tout prendre, qu'en recomposer un à partir de services existants. Il faut en fait attendre que quelques fournées de nouvelles recrues directement prises dans le nouveau service fusionné aient fait un bout de chemin pour voir apparaître un "esprit maison", bref un esprit de chapelle, avec ses qualités et ses défauts, qui supplante lentement les anciens réflexes. Problème principal de ce genre de réforme: pour la faire comme il faut, il faudrait que les USA acceptent de se priver momentanément (sans durée fixe prévisible) du service rendu par la dite agence, parce qu'il s'agit bien d'un re-boot avec redémarrage de presque rien pour les agences concernées par la rationalisation. Or, l'un des intérêts d'un service, et là d'où vient une de ces forces, est sa continuité et la lente accumulation de savoirs, savoirs-faires, réseaux entretenus.... Qu'il accumule très lentement. Tout cela repose sur des réseaux et des chaînes hiérarchiques plutôt informelles qui, malgré les apparences d'un organigramme ordonné, sont bien plus souvent des faits de personnes et des relations qu'elles nouent au sein des agences et services. Ironique quand les services secrets sont censés être l'élément "souple, réactif, proactif et sans règles" qui donne sa latitude d'action à un Etat, par rapport aux administrations en place, services régaliens officiels, forces armées.... Et ils sont devenus des structures administratives eux-mêmes. D'où le recours à des task forces temporaires, des multiplicités de "joint task forces" thématiques et ponctuelles jouant les synergies interservices.... Mais ces trucs là eux-mêmes deviennent semi-permanents, ou s'enkystent: y'a du pouvoir et du fric, de l'autonomie.... Un résultat ponctuel permet souvent de justifier la prolongation. Et hop, la dynamique de toute organisation humaine s'installe. Et là les USA ont laissé faire ça à vitesse accélérée depuis 2001, d'où la nébuleuse actuelle. Putain, même le Marine Corps a de facto une agence de renseignement avec des barbouzes!!!! C'est carrément délirant! Déjà dans les années 50-60, le président US pouvait pas savoir ce qui se passait entre le CIA, l'ONI, le FBI hooverien, la DIA....
  11. Effectivement, la carte de l'époque montre à quel point la Prusse est vulnérable dans sa partie occidentale qui est aussi salement pleine de charbon et de minerai de fer, et salement industrialisée. En revanche, si l'armée du Hanovre est sérieuse, celle de Bavière est plus problématique: - pas une question de bravoure ou de qualité humaine, là y'a pas de problème - ancrage géographique: en 1870, il a fallu que la Prusse menace pour amener des troupes bavaroises, prises plus comme gage forcé que comme atout militaire. Elles se voient comme des troupes de défense avant tout, et l'éclatement de la Bavière (avec le Palatinat sur le Rhin) pose problème çà cet égard - équipement et doctrine en retard net, longue mobilisation La Prusse n'a pas tellement moins de réserve: elle est un pays peuplé, et surtout cette population est bien mobilisée par une conscription universelle alors unique en Europe , bien encadrée, et, plus important.... Ultra-rapidement mobilisable sur les critères de l'époque: son atout est sa vitesse de mise en campagne et sa possibilité d'opérer à toutes les frontières rapidement via le fort développement du rail et la planification militaire très au point. Question nombre en plus, leur service est passé à 3 ans et s'applique aussi dans les provinces rhénanes jusqu'ici exemptées. Même si la réforme date de 4 ans, c'est un atout, mais il n'est pas dit qu'en 4 ans, ils aient pu former des grandes unités de manoeuvres, ou même des régiments solides, vu que là, il s'agit d'un grand nombre de créations d'unités ex nihilo, qui n'ont donc ancore vécu 2 rotations complètes (pas encore de cadres expérimentés, ou même assez formés, en assez grand nombre, pas encore de routines assez implantées, les infrastructures et systèmes doivent encore être pleins "d'erreurs de jeunesse" et fonctionner à la démerde....), et évidemment les nouvelles unités d'active n'ont pas encore de réserve correspondante (du moins pas de réserve formée). Fondamentalement, avec cette conscription, la masse prussienne effectivement entraînée et mobilisable est numériquement équivalente (plus de 500 000h), quand même, aux armées françaises et autrichiennes pro et d'actives (sachant que ces 2 là n'ont pas vraiment de réserves fonctionnelles), même si une partie significative n'est pas aux normes. La guerre de 1866 est sinon en effet celle qui la voir mettre en campagne son artillerie/ Les canons Krupp en petite dose, ce sont les gros calibres. Mais en 1866, elle n'a pas encore été éprouvée, et sa doctrine est balbutiante (les retex de 1866 serivront pour 1870). La concentration des forces n'est pas un avantage perdu totalement en ce qu'elle peut jouer dans le temps: le différentiel de mobilisation avec l'Autriche est énorme et lui a permis de prendre tous les gages voulus et de vaincre l'active autrichienne avant que les réserves n'arrivent. L'armée autrichienne peut se faire prendre de la même façon que dans la version historique, avec des généraux prussiens agressifs et peu regardants pour les pertes, et une artillerie supérieure, voire une faculté, même si plus ponctuelle, à créer la supériorité numérique locale. L'armée française souffrirait aussi de quelques maux: encore en récupération du Mexique et de Crimée, elle commence sa phase de mutation (pas encore terminée en 1870, Napoléon III n'ayant pu imposer les changements voulus à un EM obtus). Mais côté français et autrichien, il y a aussi ce désavantage chronique du commandement à petit échelon (timoré par la centralisation extrême) et de l'EM central amateuriste, sinon nullissime. Les chefs de grandes unités de manoeuvre sont nuls et "napoléoniens" (dans le mauvais sens du terme: imprégnés d'imageries débiles) des 2 côtés, avec cependant l'avantage prussien d'être très offensifs; "avantage", parce que les chefs français et autrichiens ne sont pas forcément capables de l'anticiper et d'en profiter. Alors même si la victoire franco-autrichienne a de bonnes chances, faut pas non plus éliminer les chances de la Prusse. Si la Russie fait seulement mine de s'en mêler, même si elle ne le fait pas et se contente de gesiculer, là en revanche, y'a pas de guerre, Bismarck s'écrase. Côté italien, l'Etat est encore balbutiant, et il est à douter quand même que la petite armée piémontaise (qui n'a pas encore intégré le reste, consistant en une masse de conscrits peu entraînés, dualisme qui restera dans l'armée italienne) puisse oser jouer les 2 fronts sérieusement, surtout 2 fronts montagneux en étant l'attaquant. Autres point militaires: - l'armée de métier autrichienne est réduite et peu entraînée aux grandes manoeuvres, et son active a un entraînement moins bon et moins long. la réserve a moins de rappels. Une part importante a du reprendre l'entraînement au début de la guerre! - la conscription prussienne est de bien meilleure qualité en terme de formation, tant qualitativement que par le service de 3 ans. Et les cadres de bas niveau sont mieux entraînés - le système ferroviaire prussien ET le grand Etat Major sont un avantage énorme pour la Prusse - l'Autriche a une artillerie supérieure, fait rarement mentionné (chargement par la culasse généralisé), mais cet avantage est sérieusement handicapé par le maintien d'un fusil à chargement par la bouche là où les Prussiens sont passés au Dreyse. Le différentiel de puissance de l'infanterie, aidé par le nombre que les Prussiens peuvent aligner par supériorité locale (vitesse de mobilisation, vitesse de concentration par le rail, et vitesse opérationnelle via la planification, le travail d'EM et l'insistance sur la logistique), peut être dévastateur - l'armée française de 1866 commence à peine à recevoir le Chassepot: elle est donc encore avec un fusil à rechargement par la bouche, elle aussi, et une artillerie de même niveau que la prussienne, même si sans doute nettement plus professionnelle. Le canon français est cependant une arme rayée, et pas le prussien, mais la doctrine française n'est plus aux grandes batteries et concentrations de feux, mais à l'éparpillement pour l'appui, là où les Prussiens concentrent le feu - l'armée française compte entre 350 et 400 000 soldats en métropole (avec 250 000h en unité à tout moment), avec une aprt pro et une d'active (conscription partielle), mais pas vraiment de système de réserve (problème non résolu 4 ans plus tard). Le système accorde une part conséquente aux unités pros, mais la majorité est fournie par le système de 1818 qui impose un service militaire de 7 ans par tirage au sort sur un vivier des candidats jugés aptes, avec l'inégalité supplémentaire qu'il est possible de payer quelqu'un pour partir à sa place à un prix officiel et élevé. - L'armée prussienne d'active compte autour de 260 000h, et autant en réserve effectivement disponible, et tous sont infiniment plus rapidement mobilisables et "concentrables" que leurs adversaires. l'éclatement géographique fait cependant que la partie occidentale de la Prusse est très vulnérable. - L'armée autrichienne peut en théorie avoisiner le demi-million d'hommes en pleine mobilisation, mais il est douteux que plus de 250 000 puissent être présentés au front prussien en temps utiles (sauf si le premier choc permet de faire durer, auquel cas le nombre est côté autrichien). Les Saxons, Hanovriens et Bavarois sont les 3 "vraies" armées alliées de l'Autriche (même le Wurtemberg, important, ne peut faire que de la défense territoriale), pouvant représenter 150 à 200 000h "utiles" quoique non concentrés. - Les Italiens ont 300 000h, mais une partie réduite seulement est moderne (l'armée ex-piémontaise) et il s'agit encore en fait de plusieurs armées (et à part la sarde, les autres n'ont pas vraiment un niveau réel, sans compter la masse de conscrits peu formés), sans unité linguistique ni réellement de corps d'officiers unifié. Le front ouest prussien est sans doute la clé: si la Prusse peut opposer une armée numériquement équivalente à la française, cet avantage est relativisé par la présence hanovrienne, menace réelle. Sans compter que le Danemark, pas vraiment appréciateur de la guerre des Duchés et de la Prusse, peut se joindre à la fête. De fait, la Prusse rhénane peut être considérée comme prise rapidement (d'autant plus que la domination prussienne y est contestée, ce à quoi s'ajoute la récente conscription obligatoire, mal vécue), et la Prusse "historique" se trouve de ce fait assez vite menacée sur l'Elbe, soit à très courte distance de Berlin, par des forces crédibles et plus nombreuses. Mais la question est le timing: la rapidité prussienne est le grand facteur qui maintient le suspense.
  12. EDIT: texte remodifié, surtout dans sa 2ème moitié. Tout se négocie à l'époque. Mais surtout, les Russes sont comme les Français: ils aiment tellement l'Allemagne qu'ils voudraient qu'il y en ait deux ;) :lol:! Mais les Russes n'ont pas besoin d'intervenir, et d'ailleurs, ils ne sont pas forcément chauds pour y aller, moins par le coût envisagé des opérations que par crainte de voir précisément une réaction trop forte du monde allemand, voire de l'Angleterre. Le point est qu'il leur suffit de laisser un doute sur leur attitude; Bismarck, avec une Prusse encadrée de toute part, ne peut se permettre de prendre ce genre de risque. Il l'a fait contre l'Autriche seule, en comptant sur le différentiel de vitesse de mobilisation armée. C'est un peu le propre du what if: une autre attitude précisément uniquement fondée sur une légère différence d'appréciation de la situation par les parties en présence, et en l'occurrence surtout la France, et dans une moindre mesure la Grande Bretagne. Et le coeur du moment est bien le conflit de 1866. C'est la période du "splendide isolement": en l'occurrence, à part leur "initiative pour la paix", ils n'ont rien foutu. Et même si ce sentiment s'est largement relativisé (ce qui donne sa crédibilité au what if: il aurait suffi de pas grand-chose), le traditionalisme britannique leur fait encore percevoir la France comme le danger potentiellement expansionniste en Europe de l'ouest. Pas la Prusse.
  13. Pour les besoins du scénario: - cet empire austro-hongrois remasterisé est appelé "l'Empire" - l'Allemagne protestante et prussienne est appelée "le Reich" La masse allemande en interne de l'Empire est de 25 millions d'habitants, concentrés dans l'ouest et le nord ouest, mais avec aussi environs 2 millions disséminés, pour l'essentiel en Hongrie. Les Hongrois sont entre 10 et 11 millions, les tchèques entre 5 et 6, les Italiens entre 3 et 4. Le reste (autour de 20 millions), ce sont pour l'essentiel des Slaves: Polonais, Slaves du Sud.... Même si je crois à la stabilité et à la solidité fondamentale de cet empire, ça veut pas dire qu'il n'est pas plein de lignes de fractures internes et de fragilités exploitables. De fait, comme l'Autriche-Hongrie historique, il devrait consacrer une part conséquente de ses ressources et de son attention à son propre maintien et à son développement, établissant des compromis pour satisfaire les parties sans vampiriser le tout. Hégémoniste? L'Empire serait certes la 2ème population d'Europe après la Russie, mais avec le Reich juste derrière, et qui lui aurait une puissance industrielle et militaire et une cohérence plus grande; les Etats allemands du sud ont de l'industrie moderne, mais ne sont pas TRES industrialisés comme le nord de l'Allemagne (la dimension agraire est encore très forte, les ressources minières moindres qu'au nord....). Et surtout, sa puissance, relativisée par le besoin important de consacrer ses ressources à son organisation géo-économique interne et au développement équilibré (parfois redondant, voire contre-productif sur un strict plan macro-impérial), serait comme l'Autriche-Hongrie en partie consacrée à occuper et sécuriser certaines parties de son propre espace intérieur. Pour illustrer la chose, il suffit de voir l'Histoire "normale": l'Autriche-Hongrie a failli s'effondrer en raison de la mobilisation trop longue de la Grande Guerre, qui, outre le pompage économique, a aussi enlevé le seuil minimal -mais important- de troupes nécessaires au maintien de l'ordre. La volonté des vainqueurs a surtout imposé son explosion qui aurait pu, par ailleurs, se limiter à la perte de parts surtout slaves du territoire (Pologne, Bosnie). Les 2 aspects sont démontrés: malgré 4 ans de mobilisation extrême et de privations, les autonomismes internes ne l'ont pas emporté. L'Autriche était donc solide. Mais la fragilisation extrême a été assez menaçante pour contraindre l'attitude, jusqu'à demander une paix séparée. Après, le point d'une telle entité n'est pas de dire qu'il n'y aurait pas d'antagonismes, de visées d'expansion.... Toutes choses qui sont naturelles aux puissances, surtout celles de cette époque. Mais le point est que le jeu lui-même serait, par l'existence de cet Empire et celle d'un Reich moindre que celui historique, bien plus équilibré. Avec en plus le fait qu'une lutte objective initiale de l'Autriche et de la France (secondés par la Russie et l'Angleterre) contre l'hégémonisme prussien aurait tempéré les marches aux guerres, et évité la guerre franco-prussienne et ses conséquences (changement d'attitude de la nouvelle Allemagne, changement de perception à son égard, revanchisme extrême en France avec fixation sur l'Alsace-Moselle, ligne de fracture diplomatique entre France et Allemagne....). Toutes peuvent devenir menaçantes, mais cela entraîne aussitôt une évolution de l'attitude des autres, l'équilibre se refaisant: moins le déséquilibre est grand en matière de puissance, plus le risque d'une guerre est écarté. La question de la guerre en fait, dans le contexte du scénario, repose sur un what if en 1866, puisque c'est là que tout se joue. Bismarck est revanchard après la reculade d'Olmütz et refuse l'idée de 2 puissances en Allemagne, de 2 Allemagnes. Seule, l'Autriche est laminée. Avec une autre perception, une meilleure analyse des rapports de force, tout dépend de l'attitude des autres puissances. Et surtout de la France, et dans une seconde mesure de la Russie. Les Etats allemands du Sud, à ce moment, sont pour la guerre aux côtés de l'Autriche. Si la France se joint effectivement à la guerre, la Prusse est menacée, voire peut reculer avant même le début. Si la Russie se pose comme garante, les Etats du Sud deviennent habsbourgeois au nez et à la moustache de Bismarck. En 1866, c'est l'attitude de Napoléon III qui est à la limite de l'incroyable: Bismarck l'a manoeuvré, et c'est cette seule manoeuvre qui a pu décidé de l'issue. Donc voilà le what id guerrier: la guerre de 1866 à rejouer.... Dans ce contexte, la géopolitique interne au monde allemand est complexe, mais repose sur une ligne de fracture simple: le nationalisme allemand unificateur n'aime majoritairement pas la Prusse, et l'opposition est prusso-autrichienne. Les Habsbourgs sont perçus non seulement comme les dirigeants "légitimes" d'une Allemagne unie, mais aussi comme les défenseurs des libertés particulières de chaque pays, contrairement aux Prussiens unitaristes, militaristes et hégémonistes. Ils ont leurs partisans cependant, mais il est légitime de parler de plusieurs nationalismes allemands, en plus des différences culturelles, politiques, économiques, religieuses et géographiques profondes qui divisent les Etats allemands. En 1866, il n'y a pas que les Allemands du Sud qui sont anti-prussiens et/ou pro-autrichiens: la Saxe, les Etats centraux et une partie du nord (surtout le vaste Hanovre qui a su gagner une bataille contre la prusse) le sont aussi. Il s'agit vraiment d'une guerre de la Prusse, même pas de l'Allemagne du Nord. Les Luthériens ne sont pas pro-prussiens. Il faut bien comprendre que l'unification allemande s'est faite de force dans l'Histoire réelle, pas par une adhésion quelconque, pour l'essentiel. Mais un autre atout prussien, en plus de son armée, est l'Italie, soit un flanc sud pour l'Autriche. Donc le conflit voit la France se joindre à la danse, l'Angleterre ne pas faire son "initiative pour la paix" visant à circonscrire le conflit au monde allemand (déjà compromis par l'ingérence italienne).
  14. Ben ton scénario impose quand même: - de pouvoir empêcher l'US Navy d'aller où elle veut..... Exercice un peu rude :lol: - de pourvoir mettre en place un tel dispositif d'attaque sans qu'Israël le sache, se prépare en conséquence, voire ne fasse d'attaque préventive avant la fin de l'acquisition des matos et de la mise en place de la doctrine et de l'entraînement qui vont avec - que les puissances qui adopteraient cette tactique.... En aient les moyens: le fric, mais aussi les structures militaires et politiques. Dans des armées de régimes fragilisés et/ou corrompus, c'est pas les flèches qui ont les commandements pointus, mais ceux qui sont politiquement fiables et/ou utiles. Le trip avec la Syrie, c'est que son régime, comme son armée, respirent pas vraiment la santé et la compétence comme priorité. Le Golan est-il à sa portée? Franchement, peu probable. L'armée égyptienne a bénéficié sur une trentaine d'années de bien plus grands efforts. Vrai, mais c'est toujours le fait d'Etats ayant, au moins à un moment précis, d'énormes moyens (même si pas forcément immédiatement disponibles) et, quelle que soit la forme de l'outil qui permet de renverser une situation, une volonté politique forte (soit un chef d'Etat avec une bonne latitude d'action et son pays bien en main, soit une population et/ou une classe politique très unie et volontaire, soit les deux): il faut un atour "sain" dans le pays en question.... Au moins un atout. La Syrie n'en a pas vraiment de ce côté. Une armée, surtout une armée de terre, généralement la plus nombreuse et la plus subdivisée en commandements et entités géographiques et techniques, a besoin de cette cohérence avant tout, et de la motivation qu'elle permet de créer. A sa naissance, la Haganah avait cela, à défaut d'avoir de grandes unités blindées: cohérence, entraînement, cohésion, organisation rôdée, coordination, direction claire, population motivée.... Et dans le schéma des forces classiques en présence, elle a toujours cet avantage, quoique l'Egypte ait fait des progrès sur ce point. C'est pas pour rien que le Hezbollah lui semble dangereux: malgré son statut de force "irrégulière", il a ça aussi.
  15. Ils ont 17 "grandes" agences, mais aussi une foultitude de services, de petites entités, de task forces plus ou moins permanentes.... Qui forment depuis le 9/11 un fouillis terrifiant dans un organigramme simple, mais inextricable si le dit organigramme se met à relier ou non les agences entre elles ou à des entités administratives et politiques avec des flèches "dépend de", "rend des comptes à", informe tel".... Imagine que chaque service armé a son agence de renseignement ET sa police/contre-espionnage/contre-terrorisme (même les Gardes-Côtes et les Marines en ont, qui sont séparés de l'ONI et du NCIS :P). Ca part d'un principe nécessaire, généralement du renseignement ops et de la sécurité de quelques installations.... Mais ça grandit vite, ça veut plus d'attributions, plus de marge de manoeuvre.... Et une fois acquis une certaine taille, ça reste, pour de multiples raisons (jeux de pouvoirs, chasses gardées, marge d'autonomie pour celui à qui ils répondent directement, capacité de leur dirigeant opérationnel à "s'installer et durer"....). Et évidemment, tout se chevauche très vite, les redondances se multiplient, les guéguerres aussi, les moyens se dispersent.... Jusqu'à ce que le fric se tarisse un peu: il faut contracter, mais plus contracter globalement. Chaque service se réduit et cherche sa survie. La pensée des parties l'emporte sur la vision du tout (attention, celle-ci ne doit pas être absolue non plus: le débat est toujours entre efficacité locale/sectorielle et générale, et entre efficacité/concentration et justice/démocratie/contrôle). La Homeland Security est sans doute la seule expérience de rationalisation très relative à laquelle soient parvenus les USA. Oui et non. Oui parce que effectivement, beaucoup sont très partiellement "dans le secret" et sont des contractors ou des politiques et administratifs n'ayant qu'un niveau d'accréditation limité. Non parce que malgré tout: - les services ne pèsent pas de façon négligeable dedans: l'ordre de grandeur est quand même en centaines de milliers - cela représente une base très éclatée en multiples organismes, chaînes hiérarchiques, multiples localisations (monde entier).... - il s'agit quand même de secrets; même dans un domaine spécialisé, ce secret doit être contrôlé, compartimenté, géré, peut devenir une fuite.... Et nécessite donc une surveillance, soit du temps et de l'argent, des personnels et de l'énergie, et de l'attentioN Comme toute organisation, un service secret a un coût de fonctionnement hors du budget de ses opérations et missions proprement dites: il coûte pour garder sa sécurité, son intégrité, savoir et tracer où se dirigent les informations sensibles, surveiller et protéger les personnels et personnes sensibles.... Le monde du renseignement américain n'a t-il pas en fait un problème par son gigantisme et son éclatement comme limite à son efficacité. Cette limite est inhérente au service, mais n'y a t-il pas un cap au-delà duquel la lourdeur du dispositif l'emporte sur son "rendement"?
  16. Focalisation sur le topic, donc on va effectivement éviter de bouffer sur "Israël et Voisinage" :lol:. Suppression de l'armée de l'air? ils ont morflé en 73, mais ont gardé la maîtrise du ciel et cet élément a encore été suffisamment décisif pour permettre la contre attaque blindée. Donc un facteur futur qui priverait l'arme blindée israélienne de sa composante d'appui-sol d'une manière radicale? Toujours possible et à envisager, mais peu probable quand même. Dans un art de la guerre où n'existe aucune certitude, Israël a quand même les probas de son côté à moins de l'apparition de la super arme AA façon "botte secrète" qui ratiboise tout. Donc l'armée de terre a quand même son multiplicateur de force principal sur lequel elle peut compter, même en version dégradée, pour l'optique d'un conflit classique sur plusieurs fronts, même si cette option semble désormais improbable. Même en admettant une Egypte soudain de nouveau hostile et ayant bien profité de l'assistance et des leçons américaines, Israël a au pire l'optique d'un conflit classique sur un front avec un ou deux autres fronts asymétriques. Comme adversaire classique, l'armée de terre syrienne est-elle encore capable?
  17. Pour le cas d'Epaminondas et du Bataillon Sacré, il faut noter qu'au moment de Leuctres, l'unité vient à peine d'être créée et n'a eu que quelques mois pour se préparer. De plus, il ne s'agit que d'une unité réduite dans une phalange thébaine pour le reste tout à fait "normale" aux standards grecs, soit une armée conscrite de paysans et commerçants pouvant se payer leur équipement et se réunissant plus ou moins régulièrement pour s'entraîner, face à une armée expéditionnaire spartiate 2 fois plus nombreuse et faite de professionnels à plein temps entraînés depuis l'enfance. Le bataillon en particulier était dirigé par une autre personnalité hors du commun, Pélopidas. Par la suite, le Bataillon Sacré est resté une unité plus ou moins permanente, même s'il est dur de savoir s'il s'agissait de pros à plein temps. A Leuctres, c'est évidemment la tactique non orthodoxe d'Epaminondas qui l'emporte, à savoir masser une double colonne sur la gauche pour éliminer d'emblée l'aile droite (l'élite) spartiate et se rabattre sur le flanc du reste. Et il a bien amené cette tactique en la masquant et en fixant l'élément mobile spartiate avec sa cavalerie. Mais l'armée restante est encore plus nombreuse ET faite de pros, et le bataillon en lui-même, alors une formation improvisée même si préparée (mais pas préparée comme les Spartiates), a été le fer de lance de la journée. Un des problèmes de ce genre d'unités est toujours de départager le vrai du mythe: par divers motifs liés au sexe de ces adversaires, il y a eu peu d'échos concrets des batailles livrées, et beaucoup de délires plus ou moins romanesques (contradictions inhérentes au regard sur l'autre sexe, surtout dans un rôle qui ne lui est pas attaché d'ordinaire: admiration/fantasme excessif, voile volontaire sur d'autres aspects). Comme souvent dans l'Histoire, les unités de "Gardes" ne sont pas forcément meilleures que les unités de "ligne", ou alors marginalement, mais leur loyauté et leur proximité avec le pouvoir les fait être employées plus souvent, et surtout bien plus mises en exergue. Le reste de l'armée du Dahomey semble avoir été fait de conscrits, soldats-paysans, mais peut-être aussi d'autres pros, hommes ceux-là. D'eux, aucun écho: médiatiquement inintéressants, qu'ils aient été bons ou non. Après, pour le recrutement féminin, l'exemple du Dahomey est à peu près le seul exemple historique valable, les exemples soviétiques et israéliens étant trop mis en exergue pour la propagande et le souvenir, alors qu'il s'agit de moments ponctuels de situations extrêmes sur lesquelles il n'y a guère de retours en terme de vision d'une efficacité suffisante ou non, de taux de pertes, de comportements et interactions avec les autres unités.... Mais même le cas de ces "Amazones" ne dit pas un certain nombre de choses qu'il serait bon de savoir pour se faire une idée, surtout parce que l'exotisme de la situation a autorisé des caricatures de toutes sortes, et parce que comme souvent, quand des combattants ont été courageux et tenaces, on évite les analyses plus froides sur l'efficacité d'un principe, qui pourraient ou non porter préjudice au souvenir de la chose. Autre exemple d'image déformée par la com: la Haganah qui se lance dans la première guerre israélo arabe est loin d'être le petit machin bricolé et improvisé par des débrouillards qui l'auraient joué façon amateurs chanceux. Depuis les années 20-30 et les premiers heurts sérieux entre communautés, il s'agit d'une milice organisée et coordonnée à l'échelle de la Palestine, qui, si elle n'a pas d'armes pour tout le monde, est néanmoins très organisée question communications, esprit de corps, unités permanentes.... Et qui a entraîné une bonne part de ses personnels. Et elle possède des unités "fer de lance" très au point, loin de l'image de quelques jeeps rapidement équipées de mitrailleuses façon bricolage de dernière minute. C'est une vraie armée au plein sens du terme qui s'est formée dans la semi-clandestinité et qui a reçu un boost supplémentaire en entraînement, formation et matériel pendant la 2ème GM.
  18. Ils manifestent :O ????!!!!!! Ils ont plus assez de matos pour faire des IED ou ils sont devenus flemmards :lol:?
  19. Remontage de topic pour évoquer quelque chose qui mériterait peut-être un sujet en soi: le terme évoqué depuis quelques années est celui de "communauté française du renseignement", encore une fois un pompage des ricains, pour parler de l'ensemble des services français ayant au moins un pied dans les affaires dites secrètes ou sensibles. La vision de ces "communautés" dans les différents pays qui en font la pub et leur donnent ou non une réalité correspond selon les cas à une publicité pour masquer les guéguerres de services et les féodalités administratives et politiques que peuvent parfois être des services de renseignement, ou à un début de réalité de mise en commun du renseignement, largement tempéré de toute façon par le compartimentage naturel de l'info, des personnes et des process et opérations, et par l'ambition des hiérarques des dits services mais surtout de celle des politiques qui cherchent à avoir l'info que l'autre n'a pas. Dans le cas français, il est amusant de noter que le Ministère des affaires étrangères n'a rien du tout de lié à cette "communauté", mais surtout que la nomination d'un "coordinateur" du renseignement répondant directement au Président s'inscrit dans la ligne de la concurrence de ces services, qui nécessitent désormais un bureau à plein temps pour arriver à gérer le dispositif. Nul doute que ce poste est destiné à devenir lui-même un service en soi, une "joint task force" qui deviendra permanente étant donné un fait simple: la multiplication des agences combinée à la logique administrative et individuelle fait que souvent, ces "communautés" sont un imbroglio qui devient dans bien des cas contre-productif, même si chacune répond à une logique opérationnelle légitime dans le ministère ou secteur dont elle émane. Pourtant, le "renseignement" d'un Etat, c'est pas un service en particulier, fut-il connu (CIA, MI-6....), mais bien le résultat de l'ensemble du travail de ces divers services, soit une synergie nécessaire fournissant info, marge d'action, moyens et liberté de mouvement au décideur politique..... Cette synergie existe t-elle réellement dans l'ensemble? La multiplicité des services et le temps comme les moyens passés à souvent faire du travail en doublon, voire se concurrencer, ne traduit-elle pas une marge d'inefficacité croissante du renseignement? Aux USA, l'Intelligence Community, qui concerne autour de 800 000 personnes, semble un agglomérat invraisemblable et caricatural de ce genre de dérive (au point qu'ordre a récemment été donné de "nettoyer" ce merdier), et peut-être, même si à une autre échelle, ce qui attend les services français. Est-il possible de rendre plus "productif" ce secteur en tant qu'ensemble?
  20. Problème de perception: la sympathie et le soutien dans le monde apportent pas grand-chose, du moins ni à court ou moyen terme. En revanche, le moindre signe de faiblesse, ou de ce qui est perçu comme tel, est souvent immédiatement suivi de conséquences, qu'il s'agisse de la part des adversaires du pays ou des adversaires politiques (israéliens) du décideur (voire d'une part de ses amis politiques, dans le cas de la droite "composite" israélienne). Le dirigeant reste axé sur Machiavel: "il vaut mieux être craint qu'être aimé". Le problème des Palestiniens, tactiquement, est aussi un de leurs rares avantages: leur statut de victime gagne les sympathies, mais les exempte aussi de responsabilités, donc de l'autocritique en tant que groupe et des actions à prendre en conséquence, quand leurs franges extrêmes répliquent salement et quand leur classe politique continue à être au-dessous de tout (encouragée en cela par Israël d'ailleurs). A tout prendre, l'attitude israélienne reste celle de garder la première puissance militaire du coin. Le vrai problème est la perception de plus en plus extrême de l'illusion sécuritaire; lancer une opération militaire dès qu'une bombe explose? Ils en sont pas si loin. Pour ce qui concerne l'armée de terre, ça veut dire des véhicules toujours plus lourds et suréquipés pour empêcher les pertes, une tactique toujours plus aggressive en combat urbain, mais surtout une volonté d'y recourir toujours plus poussée, et ce d'autant plus que les opérations seront peu coûteuses en soldats.
  21. En titre oui (bien que le terme de général n'existe pas alors): elle était placée à la tête de l'armée comme tête d'affiche et même sans doute pendant un moment comme "volonté" de l'armée, mais le commandement militaire était assumé par ceux qui connaissaient le business. Ils n'étaient pas de simples "conseillers": Dunois était demi-frère du roi, tu crois qu'il marchait aux ordres ;) :lol:? C'est pas pour minimiser le rôle de la donzelle qui a authentiquement redonné du coeur au ventre à toute une armée, non seulement par son statut de symbole mais par une bravoure attestée et une activité débordante pour recréer et garder un élan incroyable aux soldats. Mais quand aux opérations, ou aux choix stratégiques (en fait LE choix, qui fut de mener la campagne de la Loire et d'aller faire couronner le dauphin à Reims, en territoire bourguignon), c'est une autre affaire. L'histoire ne manque pas de femmes dirigeantes qui furent de bons chefs de guerre (à ce niveau, seule la cervelle et le "poids" politique comptent) et, parfois même, de bons chefs au combat (cas très rares); le cas de Jeanne d'Arc n'est pas celui d'un grand général, mais d'un symbole. Après, y'a plein d'anecdotes petites et grandes, surtout dans des histoires de villes assiégées, où des femmes de caractère se sont distinguées en faisant le coup de feu ou en ayant des couilles au cul, mais ça ce sont des événements ponctuels difficilement qualifiables de "militaires". S'il faut se lancer là-dedans, y'en a des milliers à citer.
  22. Pas exagérer la puissance russe: aucune industrialisation un peu importante avant le tout début du XXème siècle, contestations intérieures, niveau d'éducation moyen assez bas, arriération des structures, lourdeur de fonctionnement, faible couverture par le rail, immensité non "assumée" qui est plus un handicap qu'un atout. De la puissance en réserve oui, mais pas sans lourds handicaps. Et le "modèle" russe qui rayonnerait côté culture.... Ben la Russie avait une sphère d'influence Roumanie et Serbie, soit les Pays slaves), comme l'Allemagne avait la sienne, ainsi que la france et la gibi, quoique dans ces 2 derniers cas, la sphère soit encore plus outre-mer qu'en Europe. Et si la Russie montait tant que ça, le jeu d'équilibre des puissances se recalibrerait en prenant une mesure d'hostilité plus grande à son égard; tout l'intérêt de ce jeu d'équilibre est d'avoir des puissances crédibles et jouant autant que faire se peut dans la même cour. Dans cette configuration, le Reich allemand serait toujours la première puissance militaire terrestre, mais ses frontières seraient encadrées sur 3 fronts solides (Ardennes avec la France, plaine allemande, Silésie et Pologne avec l'Autriche, Pologne et Lithuanie avec la Russie), et sa puissance démographique serait un cran en-dessous (de l'ordre des 52 millions en 1900). Et la profondeur stratégique serait moindre: il s'agirait d'un Etat "long et mince" reposant sur un axe est-ouest principalement. L'Etat habsbourgeois ne doit pas être sous-estimé: la double monarchie était bien plus solide que les manuels la présentent souvent, qui en font une espèce "d'homme malade de l'Europe" 2.0, alors que son assise était ferme, malgré les archaïsmes politiques. Et son dynamisme industriel, quoique géographiquement centré sur Vienne, Trieste, Budapest et la Tchéquie, était de bon niveau. Ce scénario lui ajouterait le centre industriel de Bavière et celui du Wurtemberg, en plus d'un énorme apport agricole qui s'ajouterait à l'énorme potentiel déjà existant. Et surtout, l'économie de l'empire est organisée à l'échelle impériale, fait qui est rarement mentionné et qui est la raison des crises profondes qui ont frappé ses composantes séparées en 1918: économiquement, ce n'étaient que les parties d'un tout, optimisées pour fonctionner comme telles. Cet Empire austro hongrois bis a 12-13 millions d'habitants en plus (Bade + Wurtemberg + Hesse + Bavière-Palatinat) au début du XXème siècle, et uniquement des Allemands "ethniques" (qui passeraient ainsi de 12 à 25 millions dans un Empire à 65 millions) mais dont le patriotisme n'est pas de même nature en ce que, culturellement, la légitimité habsbourgeoise (alimentée par les pactes de famille des souverains de ces Etats) compte au moins autant et n'intègre pas la dimension idéologique et "moderniste" du nationalisme prussien qui tend vers ce qui sera le pangermanisme. Et la dimension de l'homogénéité religieuse joue à plein. Quelle serait la forme de cet empire avec une composante allemande plus vaste? Intégration militaire et économique au niveau impérial, politique extérieure unifiée, autonomie des entités "souveraines" en titre avec maintien de leurs monarques.... Rien de nouveau pour cette zone, et précisément ce que voulaient les patriotes allemands, particulièrement au Sud. Bismarck devrait alors manger sa moustache et accepter le fait qu'il y a bien 2 puissances allemandes. Plus sûr pour la France, c'est certain, elle qui a toujours voulu plusieurs Allemagnes. Mais aussi plus respectueux du principe des nationalités et surtout un équilibre européen mieux assis sur des pieds plus solides et de longueurs plus équivalentes. Autre domaine intéressant, côté franco-allemand: France et Allemagne, en 1914, étaient le premier client l'un de l'autre. Dans cette configuration, le commerce français est mieux réparti entre "les" Allemagnes, réduisant l'impact d'une guerre contre l'une des deux.
  23. Cela ferait baisser les coûts de fonctionnement qui ne sont pas une chose énorme, chuter drastiquement les budgets et parcs d'équipements, véhicules en tête (ce que le lobby militaro industriel israélien ne voudrait pas, et c'est un peu cet "Etat dans l'Etat" qui pèse en Israël), à moins de remplacer une partie importante des unités de réserve par des unités pros ou de conserver des flottes de véhicules sous cocon (avec upgrade ou non toutes les X années), ce qui est cher dans les 2 cas. Mais surtout, cela impliquerait de garder les structures d'entraînement et de casernement pour la remontée en puissance: empreinte au sol, nombre d'unités d'entraînement.... Et ça c'est cher. Difficile de garder une "conscription qui n'en est pas une" juste pour maintenir le principe: en termes d'économie, c'est pas gigantesque, en revanche, cela veut dire que la réserve disparaît quand même.... Donc qu'il faut une réserve professionnelle qui ne peut exister que si une armée pro plus importante se développe (ce qui pour le coup est TRES cher), et/ou si une forme de "Garde Nationale" (milice volontaire) est maintenue avec des unités permanentes et des effectifs tournants.
  24. Avec un différentiel statistique mettant les 20% du haut de la population féminine au niveau des derniers 20% de la population masculine (à prendre avec des pincettes: tests des forces armées US) en termes de performances sportives moyennes, qui plus est des épreuves adaptées à l'armée (donc requérant particulièrement le haut du corps où les hommes ont un avantage énorme), et un différentiel énorme dans le taux de testostérone (capacité à prendre du muscle, développement de la cage thoracique, niveau d'agressivité et de prise de risque) et certain dans la capacité aérobique, c'est pas forcément dit. Dans le cas des Amazones du Dahomey, il faut noter qu'il s'agit de sujet effectivement TRES sélectionnés, et surtout entraînés intensivement pendant quelque chose comme une dizaine d'années minimum (celles qui comptent: jeunesse et adolescence). Pour Jeanne d'Arc, il est douteux qu'elle ait commandé quoi que ce soit, n'ayant aucune expérience militaire: porte-drapeau, exemple de courage, inspiration, "âme" de l'armée et souffle au moral, c'est certain, mais chef opérationnel, c'est de la broderie historiographique. La hire, Xaintrailles et Dunois étaient là pour ça.
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