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Allemagne


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Défense : comment l’Allemagne se réarme pour devenir leader en Europe

https://www.latribune.fr/article/defense-aerospatiale/defense/44227489211849/defense-comment-lallemagne-se-rearme-tres-massivement

L’Allemagne se réarme très massivement. Si elle poursuit son effort de réarmement, Berlin va prendre le leadership européen dans le domaine de la défense détenu jusqu'ici par la France.

 

Alors que la France attend toujours son budget 2026, l'Allemagne quant à elle se réarme très massivement pour faire face à un contexte croissant de tensions et de crises internationales. En 2026, le gouvernement fédéral pourra dépenser au total 524,54 milliards d'euros, dont 108,2 milliards d'euros pour sa défense. Soit un nouveau sommet depuis la fin de la guerre froide en matière de dépenses militaires. Les dépenses de défense seront alimentées par le budget fédéral (82,69 milliards d'euros, contre 62,31 milliards d'euros en 2025) et par le fonds spécial de la Bundeswehr de 100 milliards d'euros décidé en 2022 (25,51 milliards d'euros en 2026, contre 24,06 milliards d'euros en 2025).

Tout comme dans le spatial, ces montants très impressionnants vont permettre à moyen terme à l'Allemagne, si elle poursuit son effort de réarmement, de prendre le leadership de la défense en Europe jusqu'ici détenu par la France.

Avec le budget 2026, l'Allemagne devrait atteindre à la fin de l'année 2,83% du PIB en matière de dépenses de défense. Elles pourraient atteindre 3,56% d'ici à 2029, selon des documents budgétaires du Bundestag. Depuis trois ans, l'Allemagne a véritablement accéléré ses investissements dans la défense. Entre 2015 et 2022 (soit une période de huit ans), elle a dépensé 109 milliards d'euros pour équiper ses armées mais à partir de 2023, elle a significativement augmenté ses acquisitions en faveur de la Bundeswehr pour atteindre près de 190 milliards de commandes (188,4 milliards entre 2023 et 2025).

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il y a 37 minutes, Polybe a dit :

Oui, alors que tout cacher serait tellement plus commode, n'est-ce pas ? Nier même, tant qu'on y est... :rolleyes:

Non au contraire. Juste tirer un trait sur tout ça. 

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il y a une heure, Titus K a dit :

Défense : comment l’Allemagne se réarme pour devenir leader en Europe

https://www.latribune.fr/article/defense-aerospatiale/defense/44227489211849/defense-comment-lallemagne-se-rearme-tres-massivement

L’Allemagne se réarme très massivement. Si elle poursuit son effort de réarmement, Berlin va prendre le leadership européen dans le domaine de la défense détenu jusqu'ici par la France.

 

Alors que la France attend toujours son budget 2026, l'Allemagne quant à elle se réarme très massivement pour faire face à un contexte croissant de tensions et de crises internationales. En 2026, le gouvernement fédéral pourra dépenser au total 524,54 milliards d'euros, dont 108,2 milliards d'euros pour sa défense. Soit un nouveau sommet depuis la fin de la guerre froide en matière de dépenses militaires. Les dépenses de défense seront alimentées par le budget fédéral (82,69 milliards d'euros, contre 62,31 milliards d'euros en 2025) et par le fonds spécial de la Bundeswehr de 100 milliards d'euros décidé en 2022 (25,51 milliards d'euros en 2026, contre 24,06 milliards d'euros en 2025).

Tout comme dans le spatial, ces montants très impressionnants vont permettre à moyen terme à l'Allemagne, si elle poursuit son effort de réarmement, de prendre le leadership de la défense en Europe jusqu'ici détenu par la France.

Avec le budget 2026, l'Allemagne devrait atteindre à la fin de l'année 2,83% du PIB en matière de dépenses de défense. Elles pourraient atteindre 3,56% d'ici à 2029, selon des documents budgétaires du Bundestag. Depuis trois ans, l'Allemagne a véritablement accéléré ses investissements dans la défense. Entre 2015 et 2022 (soit une période de huit ans), elle a dépensé 109 milliards d'euros pour équiper ses armées mais à partir de 2023, elle a significativement augmenté ses acquisitions en faveur de la Bundeswehr pour atteindre près de 190 milliards de commandes (188,4 milliards entre 2023 et 2025).

Même si l'Allemagne achète en partie aux USA  et d'autres, ces chiffres impressionnants montrent que l'industrie allemande est capable d'absorber ce surcroit de commandes. Elle est plus réactive que la notre où la montée en cadence est très lente.

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il y a 23 minutes, Alberas a dit :

Même si l'Allemagne achète en partie aux USA  et d'autres, ces chiffres impressionnants montrent que l'industrie allemande est capable d'absorber ce surcroit de commandes. Elle est plus réactive que la notre où la montée en cadence est très lente.

Mais rien ne dit que l'armée allemande est capable d'absorber elle. Elles sont où les structures qui permettent d'optimiser la réactivité à l'urgence en cas de crise. Cas pratique combien de soldat allemand au Groenland ? Comment est défini la boucle Rens/formation/déploiement ? Et le soutien combien de division ? A-t'il seulement été dimensionné par un retour d'expérience sur le matériel ? Le foncier il est suffisant pour accueillir tous ces matériels ? Et les infra elles en sont où ?

Une armée c'est pas seulement un empilement de matériels.

Modifié par herciv
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il y a 5 minutes, Alexis a dit :

Cela correspond d'ailleurs peu ou prou à un retour de la situation pendant la Guerre froide. L'armée de terre allemande était alors nettement supérieure à l'armée de terre française

Il va en falloir du foncier pour en revenir à cette situation. Je ne sais pas si l'armée allemande n'a pas vendu certaines de ses implantations / terrains d'entrainement.

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Il y a 1 heure, Pasha a dit :

Non au contraire. Juste tirer un trait sur tout ça. 

L'exemple allemand illustre très bien l'inanité de ce genre de décision... Je ne sais pas, quel serait l'intérêt ?

il y a 51 minutes, herciv a dit :

Il va en falloir du foncier pour en revenir à cette situation. Je ne sais pas si l'armée allemande n'a pas vendu certaines de ses implantations / terrains d'entrainement.

Ajoute de la RH aussi...

En rappelant qu'eux, ils respectent le droit du travail européen. On pourrait faire un calcul de disponibilité aussi. ^^

 

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il y a 29 minutes, Clairon a dit :

Compréhensible, mais bon en France on utilise aujourd'hui par fois Charlemagne pour des symboles, des institutions, ... Même si cela a été le nom de la divsion SS française.

Perso, même si je connais bien les appelations de la plupart des unités SS, si j'admets qu'utiliser le mot "Das Reich" ou "Hilterjugend" est totalement inapproprié et impossible, par contre reprendre Florian Geyer ou Götz von Berlichingen "héros germaniques" largement antérieurs, je pourrais parfaitement comprendre.

On a bien eu dans les années 60 à 2000 des destroyers de la Bundesmarine qui s'appelaient Lutjens,Molders et Rommel ... qui ont combattu et sont morts tous les 3 durant la 2e GM

Clairon

...oui, voir même parler de certains cadres de l'armée allemande après-guerre...

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Exemple concret : Jeanne d'Arc, son image est assez connotée aujourd'hui, pourtant une figure largement antérieur. On aurait un régime français qui utiliserait ce symbole tout en effectuant des crimes de guerres et des crimes de l'humanité, je doute qu'on aurait le même regard par la suite du "Jeanne d'Arc c'est notre passé moyenâgeux, gardons la, mettons la en avant, cultivons les chants à son effigie" (tout dépend du parti politique après, il y aura bien des adorateurs). Il suffit d'observer le débat sur Pétain aujourd'hui.

Ça revient à se réapproprier des symboles, les laisse-t-on uniquement à une certaine catégorie de personnes ? Seul le temps peut le dire. Et aujourd'hui pour certains Allemands, "Florian Geyer" c'est encore trop frais pour qu'il soit réhabilité. Je les comprends totalement. Malgré le laissez-passer qu'ils ont pu donner à leurs généraux et "héros" de guerre, dans les années qui ont suivi, au nom d'un pragmatisme douteux.

 

Modifié par Pasha
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Il y a 1 heure, Clairon a dit :

qui ont combattu et sont morts tous les 3 durant la 2e GM

De surcroît ils étaient beaucoup moins polémiques que des gens (des 3 armes) comme Raeder ou Dönitz, Mac Gollob et Guderian (pour ne citer que lui, à lire à ce propos la biographie que vient de lui consacrer Jean Lopez, là encore un gros travail de recherche et de compilation de récents travaux)) ...

Cela rentrait tout a fait dans la stratégie globale de l'époque (guerre froide oblige) consistant à présenter la Wehrmacht comme une armée propre (notamment la Heer) à la différence des SS sur lesquels toutes les abominations commises par les forces allemandes en Pologne, Biélorussie, Ukraine, Crimée et Russie étaient commodément rejetées.

Une légende urbaine que les travaux des historiens menés depuis les années 80/90 ont largement contribué à démentir.

Il y a 4 heures, Manuel77 a dit :

c'est pourquoi on appelle 1945 « l'heure zéro »

Une heure zéro qui n'en fut pas une quand ont sait le nombre d'ex-nationaux-socialistes bon teint et de criminels de guerre qui furent rapidement réintégrés dans les appareils politico-administrativo-économiques de la RFA ET de la RDA après-guerre.

On est pas reparti de zéro bien au contraire, un exemple emblématique Karl Schmitt le grand juriste président de l'Union des juristes nationaux-socialistes qui considérait ses théories comme le fondement idéologique de la dictature nazie et une justification de l'État national-socialiste et qui dans les années 50/60 devient un des pères des techniques de management dont les bases sont encore enseignées aujourd'hui.

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il y a 5 minutes, pascal a dit :

De surcroît ils étaient beaucoup moins polémiques que des gens (des 3 armes) comme Raeder ou Dönitz, Mac Gollob et Guderian (pour ne citer que lui, à lire à ce propos la biographie que vient de lui consacrer Jean Lopez, là encore un gros travail de recherche et de compilation de récents travaux)) ...

Rommel par la suite était pas très clean non plus semble-t-il et ancien commandant du bataillon de garde personnel d'Hitler, mais bon ...

Sinon le bouquin de Jean Lopez sur Guderian est absolument formidable, je le recommande pour toutes les bibliothèques de qualité sur la 2e GM.

Clairon

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Le 15/01/2026 à 20:50, Polybe a dit :

Et encore, si on prend les chants usuels, on est à pas loin de 50% (à vue de nez).

Mais la Panzerlied (Erika, J'avais Un Camarade aussi) si je reprend mon exemple précédent (n'empêche, avec le Fuchs vol...emprunté au CDU allemand qui passe dans en fond de tableau, c'était beau de voir sa tête au pauvre pit' :laugh:), c'est pas forcément que l'air... Bon depuis l'an dernier les militaires allemands ont à nouveau le droit de la chanter. Un bon exemple. Clairement chant de la Panzerwaffe, 1933, ok...sauf que bon, les paroles sont pas connotées (ou ça m'a échappé), et voilà la tradition militaire quoi.

 

Ah oui, en effet

 

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Il y a 6 heures, Gallium a dit :

Ah oui, en effet

 

Pour être honnête, vu la sensibilité du sujet j'ai été relire un peu avant, et je l'ai découvert par hasard. Mais personnellement je trouve que c'est une très bonne nouvelle.

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Il y a 10 heures, pascal a dit :

On est pas reparti de zéro bien au contraire, un exemple emblématique Karl Schmitt le grand juriste président de l'Union des juristes nationaux-socialistes qui considérait ses théories comme le fondement idéologique de la dictature nazie et une justification de l'État national-socialiste (1) et qui dans les années 50/60 devient un des pères des techniques de management dont les bases sont encore enseignées aujourd'hui (2).

(1) Oui, c'est bien Karl Schmitt

(2) Pour le management c'est Reinhart Höhn (cf le bouquin de Chapoutot)

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il y a 8 minutes, John92 a dit :

(1) Oui, c'est bien Karl Schmitt

(2) Pour le management c'est Reinhart Höhn (cf le bouquin de Chapoutot)

Je me suis mélangé les pinceaux :sad: (et pourtant j'ai lu et écouté Chapoutot)mais effectivement on a recyclé à tout va ...

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https://en.wikipedia.org/wiki/Panzerlied

Le « Panzerlied » (« Chant des chars ») est une marche militaire allemande chantée principalement par la Panzerwaffe, la force blindée de l'Allemagne nazie pendant la Seconde Guerre mondiale. C'est l'un des chants les plus connus de la Wehrmacht, rendu populaire par le film La Bataille des Ardennes, sorti en 1965. Il a été composé par l'Oberleutnant Kurt Wiehle en 1933.

Elle est encore utilisée aujourd'hui dans les armées allemande, chilienne et brésilienne. En Suède, le Panzerlied est toujours utilisé par le régiment royal suédois de la garde.

En 2017, l'armée allemande s'est vu interdire par la ministre de la Défense Ursula von der Leyen la publication de recueils de chansons contenant le Panzerlied et d'autres chants militaires, dans le cadre d'une nouvelle initiative de dénazification.[4] Cependant, depuis 2025, l'armée allemande a recommencé à utiliser ce chant.[5]

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À propos de Johann Chapoutot, Les irresponsables, Qui a porté Hitler au pouvoir ?

Le 30/09/2025 à 17:10, Wallaby a dit :

Apparemment, c'est un thème qui fair fureur en France en mai et juin 2025. 

Je n'ai lu aucun de ces deux articles :

https://www.lefigaro.fr/livres/jean-sevillia-la-republique-de-weimar-quand-l-allemagne-marchait-a-l-abime-20250518 (18 mai 2025)

Jean Sévillia : « La République de Weimar, quand l’Allemagne marchait à l’abîme »

https://www.lefigaro.fr/livres/la-republique-de-weimar-de-jean-paul-bled-la-victoire-du-nazisme-n-etait-pas-ineluctable-20250529 (29 mai 2025)

La République de Weimar, de Jean-Paul Bled : la victoire du nazisme n’était pas inéluctable

En revanche, j'ai écouté cette émission :

https://www.radiofrance.fr/franceculture/podcasts/repliques/la-republique-de-weimar-6567257 (21 juin 2025)

Johann Chapoutot, Les irresponsables, Qui a porté Hitler au pouvoir ? NRF Gallimard 2025

Jean-Paul Bled, La République de Weimar, Perrin 2025

Avec la République de Weimar, l'Allemagne, nous dit, Johann Chapoutot, montrait au monde "son autre visage, celui de la vieille littérature, des arts et de la philosophie, loin de Berlin et de postes d'armes, des casques à pointes et des casernes, l'Allemagne de l'Aufklärung et de la Weimarer Klassik, non celle du militarisme, des défilés, au son du fifre et des canons".

Johann Chapoutot rappelle qu'il y a une autre Allemagne, qui est celle de 1848-49, "parce que la République de Weimar en 1919, avec le vote en 6 mois d'une constitution libérale, démocratique, parlementaire, est l'aboutissement d'un cycle révolutionnaire qui a été avorté en 1849, 70 ans après cet autre chemin particulier d'Allemagne qui était celui de Kant, qui était celui de la Weltlitteratur, de l'humanisme et de l'universalisme. C'est cela qui s'est concrétisé à Weimar".

"Contrairement à l'idée que l'on a souvent, la République de Weimar est une république saine et forte. On dirait aujourd'hui "résiliente", puisque de fait, elle a survécu au Traité de Versailles, à une occupation illégale en 1923, à l'hyperinflation, à une quasi-guerre civile permanente, à la guerre extérieure jusqu'en 1923. 
Le champ des possibles indiquait plutôt une réussite de l'expérience démocratique en Allemagne". Mais l'expérience n'aura duré que 14 ans…

00:37 J'avais invité ce matin pour répliquer à l'historien Johann Chapoutot un autre historien, Jean-Paul Bled. Celui-ci a dû malheureusement déclarer forfait. Je dialogue donc avec Johann Chapoutot seul et nous avons du pain sur la planche. Mais je me référerai à Jean-Paul Bled pour qu'il ne soit pas absent de notre débat.

03:23 Et il a fallu ce choc exogène monstrueux, terrible, qui a été celui de la grande crise économique, financière, puis économique et sociale, dont l'Allemagne a été la première victime avec les Etats-Unis, puisque la crise est partie des Etats-Unis et l'Allemagne était sous perfusion de capitaux américains.

03:57 D'ailleurs, Jean-Paul Bled, dans son livre « La République de Weimar », dit que sous la conduite de Gustav Stresemann, qui a été ministre des Affaires étrangères de 1923 à 1929, l'année de sa mort, l'Allemagne a retrouvé progressivement sa place dans le concert européen.

Mais alors, qu'est-ce qui s'est passé ? Alors, vous dites la crise de 1929, mais votre livre, vous l'intitulez « Les irresponsables »...

Les irresponsables, ce sont les responsables, en réalité.

04:36 Il y a une conjonction chronologique terrible, une concomitance à l'automne 1929, vous avez cette crise qui se développe à partir des Etats-Unis qui touche l'Allemagne puisque ça vient à la purger des capitaux et des crédits extérieurs américains et britanniques et vous avez le décès de Gustav Stresemann qui était jeune, il avait moins de 60 ans.

Et Gustav Stresemann, grand ministre des Affaires étrangères avec Briand, prix Nobel de la paix en 1926, Locarno, la SDN.

Il a été aussi le chancelier qui a sauvé l'Allemagne en 1923, puisqu'en 1923, vous avez l'hyperinflation, l'occupation étrangère, des putschs communistes et le putsch nazi en Bavière.

Un immense chancelier.

Et vous avez cette concomitance malheureuse. Encore une fois, il a fallu un choc exogène terrible qui n'avait rien à voir avec l'histoire allemande en réalité, qui est le fait qu'on a retiré le tapis sous les pieds de l'économie allemande à l'automne 1929.

Mais en amont de cela, il y avait tout de même une décision qui avait été prise par ces fameux responsables, par antiphrase, qui sont en réalité des irresponsables de désinvolture et d'amateurisme, qui avaient décidé dès 1928-1929 de mettre fin à l'expérience démocratique allemande.

05:46 C'était qui ces gens-là ?

C'est l'entourage du président von Hindenburg qui a été élu en 1925. Je reviens sur les circonstances de son élection qui s'est joué à peu de choses au fond face à un centriste qui était un républicain respectueux de la constitution. Et Hindenburg a eu la chance de gouverner pendant trois ans avec des majorités de droite. Et puis quand la gauche a gagné en majorité relative en 1928, il a hésité pendant trois semaines à nommer un chancelier social-démocrate, ce qui était la logique constitutionnelle. Et il s'est promis qu'on n'y reprendrait plus. Et la décision a été prise dès 1928 de mettre fin à la démocratie libérale et parlementaire en ne respectant plus le résultat des élections.

C'est-à-dire, la décision a été prise de nommer des gouvernements de droite qui gouverneraient sans le Reichstag, sans le Parlement, mais sur ordonnance présidentielle d'exception.

07:31 Et il y a un candidat, Wilhelm Marx. Les socialistes votent pour lui. Et les communistes maintiennent leur candidat, Ernst Thälmann, donc Hindenburg est élu. Et il y a une formule qui circule après cette élection, Hindenburg par la grâce de Thalman. Et on a vu cela assez longtemps, c'est-à-dire des communistes en effet qui en veulent davantage aux capitalistes libéraux qu'aux nazis, c'est le cas de Clara Zetkin, et vous la citez assez longuement, encore en 1932. Elle est doyenne du Reichstag. Donc à la rentrée, le 30 août 1932, elle préside la séance. Et voici ce qu'elle dit : « l'impuissance du Reichstag et la toute-puissance du cabinet présidentiel sont l'expression de la décadence du libéralisme bourgeois qui accompagne nécessairement l'effondrement du mode de production capitaliste ». Et elle dit « Je déclare ouverte la nouvelle législature, conformément à mon devoir, de doyenne de cette Assemblée, et dans l'espoir qu'en dépit de mon invalidité, je connaîtrai le bonheur d'ouvrir en tant que doyenne le premier congrès de l'Allemagne soviétique ».

09:21 Donc, on a l'impression que les communistes sont totalement à côté de la plaque, donc les premiers irresponsables, c'est la question que je vous pose, c'est eux, non ?

Non.

La scène que vous citez est intéressante parce qu'elle résume de manière terrible cette fin de la République de Weimar, dès août 1932, avec une doyenne d'âge communiste qui cède la parole ensuite au président élu qui est un nazi.

Or, le président a été élu, le président du Reichstag, Goering, a été élu par les voix des nazis et par les voix du Zentrum, puisque c'est la droite et le Zentrum qui ont voté pour lui. Les communistes et les sociaux-démocrates ont voté, évidemment, contre Goering.

Et ce que vous dites est tout à fait juste. En 1925, Tellmann s'est maintenu et c'était une erreur, puisqu'il aurait fallu se retirer au second tour. Mais par contre, dès 1925, on se rend compte qu'Hindenburg a pu être élu grâce aux voix d'une partie du Zentrum qui trouvait que Marx était trop à gauche pour eux, notamment de ce parèdre du Zentrum qui est le BVP, le parti bavarois, l'équivalent de la CDU aujourd'hui, qui a voté pour Hindenburg.

Alors, ensuite, quand on parle de la responsabilité de la gauche, on parle de la responsabilité des communistes et également des socialistes qui n'ont pas su s'allier. Parce que lorsqu'on regarde les dernières élections libres de la République de Weimar, le 6 novembre 1932, c'est le bloc marxiste qui est en tête, à 37%.

En majorité relative, c'est eux qui ont gagné les élections. Or, ils sont désunis. Ils sont désunis pour plusieurs raisons. D'une part, et vous le dites, vous le rappelez, parce que les communistes ont une ligne stalinienne d'ultra-gauche, comme on dit à l'époque, ultra-links, de classe contre classe qui a été confirmée en 1928 par la Troisième Internationale. Et ça, ça implique de combattre ceux qui sont les plus proches de vous, en l'occurrence les sociaux-démocrates qui sont susceptibles de capter une partie de l'électorat ouvrier.

C'est totalement irresponsable, mais ça s'explique par le fait que, de fait, les communistes ont été victimes depuis 1919 d'une vague de répression vraiment très violente et meurtrière, 160 morts en janvier 19, 1200 morts en mars 19, 33 morts encore le 1er mai 1929 de la part des sociaux-démocrates.

Et lorsque les nazis percent, vous avez évoqué septembre 1932, ensuite vous avez les élections en Prusse, au Landtag de Prusse. En avril 1932, les nazis sont à 36%. Là, la direction du KPD, du Parti communiste allemand, se rend compte qu'il est inepte de taper sur les sociaux-fascistes ou les sociaux-traîtres plutôt que sur les vrais fascistes, sur les nazis.

11:48 Et dès lors, il y a une proposition qui est faite à la hiérarchie sociale-démocrate de la part des communistes de s'allier contre le danger nazi. Et à ce moment-là, ce sont les sociaux-démocrates qui refusent. Alors, ils avaient des bonnes raisons, ils avaient été insultés à qui mieux mieux pendant des années, mais de fait, la responsabilité ultime dans le défaut d'alliance pèse au fond sur les sociaux-démocrates.

Par ailleurs, quand bien même ils auraient pu s'allier, répétons-le, le bloc marxiste fait 37%, c'est le bloc majoritaire en novembre 1932, la République de Weimar ne fonctionne plus normalement depuis mars 1930.

Depuis mars 1930, la décision a été prise par Weimar, le cabinet présidentiel et ses ministres, de ne plus respecter le résultat des élections. Donc, quand bien même ils auraient été unis et quand bien même ils auraient fait 50% des voix... Il était trop tard. Le président Hindenburg nommait qui il voulait, en l'occurrence un homme à sa main, comme il le fait depuis 1930.

Donc, quand on parle de la responsabilité de la gauche, oui, en partie, d'un point de vue intellectuel et moral. Par contre, d'un point de vue politique, non, puisque, de fait, il n'y a plus de fonctionnement parlementaire de la République depuis mars 1930.

12:55 Mais en même temps, est-ce qu'on ne peut pas chercher la responsabilité en amont, bien plus loin ? Et là, je pense à l'ouvrage prémonitoire, tout à fait extraordinaire, de Jacques Bainville, « Les conséquences politiques de la paix », 1920. Et quand on le lit, même aujourd'hui, on n'en revient pas. Il montre, dès 1920, que Weimar était fatalement destiné à s'effondrer. Il dit ceci, « Le traité de Versailles ne désarme pas l'Allemagne, il la désespère ». Il montre que les conditions imposées à l'Allemagne alimenteront un nationalisme revanchard et qu'une démocratie instable ne saurait contenir longtemps ce ressentiment. Il écrit textuellement que la paix conclue à Versailles est un « armistice de 20 ans ». Il a cette phrase, « une paix trop douce pour ce qu'elle a de dur », formule restée célèbre, pourquoi ? Certes l'Allemagne est reniée, mais elle est homogène, elle reste homogène alors qu'il aurait fallu revenir au stade antérieur à l'unification. Ça, c'est sa thèse, et il a cette phrase aussi, « Accroupie au milieu de l'Europe comme un animal méchant, l'Allemagne n'a qu'une griffe à étendre pour réunir de nouveau l'îlot de Königsberg. Dans ce signe, les prochains malheurs de la Pologne et de l'Europe sont inscrits »https://fr.wikisource.org/wiki/Les_Conséquences_politiques_de_la_paix/02 ]

Alors, Hitler n'était pas prévisible. Personne ne pouvait prévoir Hitler. Mais ce qu'il était, semble-t-il, c'était précisément la destruction de l'esprit de Weimar par le revenchisme et le malheur de l'Europe.

14:54 Oui, vous citez Bainville qui ensuite va réitérer au début des années 30, il va faire un livre intéressant qui s'appelle « L'histoire de deux peuples » en comparaison franco-allemande. C'est un historien très sagace, très littéraire, très intéressant qui a cependant un petit biais de jugement qui est sa proximité, enfin son adhésion idéologique à l'action française.

C'est un germanophobe convaincu. C'est quelqu'un qui considère, comme Charles Maurras, que l'Allemagne est inconciliable avec quoi que ce soit de latin, de grec, de méditerranéen et donc de français. Par ailleurs, le protestantisme versus le catholicisme, enfin tout ça joue dans la lecture de Bainville.

Cela dit, ce que vous citez correspond très adéquatement à ce que dit un protestant, pour le coup, John Maynard Keynes. Dans Les conséquences économiques de la paix - les deux sont réédités par Gallimard, je vois le livre sur votre table - Keynes dit exactement la même chose, le maréchal Foch dit exactement la même chose, l'armistice de 20 ans est une citation peut-être apocryphe prêtée au maréchal Foch.

La position française la plus dure, celle de Clémenceau et de ses conseillers proches, Mandel, André Tardieu, le « mirobolant », la position de ce noyau-là, c'était, vous l'avez dit, de revenir au stade de pré-unification de 1870, faire éclater l'Allemagne en trois blocs. La Prusse protestante à l'est, un ouest catholique très proche de la France, Napoléon avait fait la même chose avec les républiques rhénanes, et au sud, un autre bloc catholique autour de la Bavière, du Württemberg et de la Franconie.

Faire éclater l'Allemagne en trois. C'était la ligne la plus radicale française qui a été empêchée.

Par qui ? Par Lloyd George, les Britanniques, et par Wilson. Wilson pour faire des affaires, et Lloyd George également, mais aussi dans un souci d'équilibre européen, qui est la ligne habituelle de la politique britannique pour ne pas avoir une France trop puissante face à une Allemagne éclatée et donc disparue.

Effectivement, on arrive à un entre-deux assez désastreux qui est une fausse paix. C'est une paix léonine ou cartaginoise. C'est la première fois depuis 1648, depuis qu'on a créé cet ordre westphalien européen des négociations et des congrès, que le vaincu n'est pas associé aux discussions. Or, il y a ce principe des relations internationales qui est « etiam hosti fides servanda » : On doit la bonne foi également à l'ennemi pour le réintégrer précisément au concert des nations et lui montrer que c'est quelqu'un avec qui on peut dialoguer.

17:15 Là, on a signifié à l'Allemagne des prix Nobel de littérature, de la philosophie que ce n'était pas un partenaire de logos. Voilà qu'on ne pouvait pas parler avec eux et que dès lors on allait les exclure du concert des nations à tel point que les plénipotentiaires allemands qui n'ont de plénipotentiaires que le nom, ont un statut de prisonniers : ils sont gardés par des poilus à baïonnettes, ils sont assignés à résidence derrière des barbelés à l'hôtel des citernes de versailles. Et la signature est imposée, quasiment le fusil sur la tempe, puisqu'on dit clairement en mai 1919 « Soit vous signez, soit on reprend les combats ». Or, l'Allemagne était en pleine démobilisation sur le fondement de la Fides, sur le fondement de la bonne foi depuis novembre 1918.

Donc effectivement, ce qui a été fait aux Allemands à ce moment-là est une catastrophe. Ce n'est pas que la droite ou l'extrême droite qui le dit.

Philipp Scheidemann, qui a proclamé la République, social-démocrate et chancelier, démissionne en juin 1919 en disant que la main qui signera ce traité se dessèche. Un social-démocrate refusait cette infamie.

24:18 Le premier cadeau terrible, c'est mars 1930, quand la décision est prise de ne plus respecter le résultat des élections, donc de ne plus respecter la logique parlementaire de la constitution de Weimar. En l'occurrence, on dit aux Allemands, on leur signifie qu'ils peuvent bien voter, mais qu'in fine, c'est le président qui décide, un président qui est en position de prééminence constitutionnelle, au titre de plusieurs articles, notamment l'article 48 de la constitution de Weimar. Donc ça, c'est le premier cadeau, puisque quand les nazis vont arriver, ils auront beau jeu de dire « on ne vote plus, après tout, ça fait trois ans que vous votez pour rien ».

Deuxième danger, c'est qu'on substitue au droit commun l'état d'exception permanent, puisque le gouvernement va gouverner désormais sur fondement d'ordonnances présidentielles.

25:11 Ça, c'est les deux énormes cadeaux des irresponsables aux nazis qui n'auront qu'à se couler dans ce moule-là et qui, au fond, auront la partie très aisée à partir de l'hiver 1933. Et cette décision a été prise par ce qu'on appelle la Camarilla. La Camarilla, c'est-à-dire le petit cabinet, le petit entourage, composé de gens qui sont tout sauf des lumières. Vous avez le fils Hindenburg, qui est toujours dans les jupes de son père, qui est un officier raté, mais qui a été nommé chef d'état-major particulier du président, et qui est donc au cœur de la vie politique berlinoise.

Vous avez un grand propriétaire terrien qui était déjà d'extrême droite avant 1914. C'est vous dire le niveau de haine antidémocratique de cet homme-là. Vous avez des banquiers, vous avez des industriels et vous avez le secrétaire général, la présidence du Reich. Et ce petit entourage décide clairement que la démocratie est tolérable si et seulement si c'est la droite qui gagne, c'est-à-dire en gros des gens qui défendent leurs intérêts. Et j'insiste sur ces intérêts-là, puisque les intérêts patrimoniaux, fiscaux, successoraux de la famille Hindenburg sont hélas sordidement et tragiquement au cœur des décisions prises par Hindenburg et par son fils.

Et dans cette mesure-là, il est hors de question de tolérer quoi que ce soit qui ressemble à la gauche au pouvoir, à telle enseigne que la Prusse, qui est gouvernée par les centristes et les sociaux-démocrates, voit son gouvernement déposé par la force le 20 juillet 1932, puisqu'on ne tolère plus que des sociaux-démocrates soient au pouvoir nulle part.

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