C’est un message populaire. Picdelamirand-oil Posté(e) il y a 16 heures C’est un message populaire. Share Posté(e) il y a 16 heures Il y a 12 heures, Manuel77 a dit : Mais la situation est facile à comprendre du point de vue allemand. Trump est, à nos yeux, le pire scénario possible, le pire président que l'on puisse imaginer, tant que les États-Unis ne se transforment pas en une dictature totale. Il y a de fortes chances que la situation s'améliore après Trump. Macron est, du point de vue allemand, le meilleur scénario possible, mais il y a de fortes chances que la situation empire après lui. Bien sûr, Macron avait raison en 2017 lorsqu'il a appelé à une défense plus européenne, nous l'avons également admis, mais ce train est désormais parti, nous en sommes là où nous en sommes. Aujourd'hui, l'ogre russe est aux portes de l'Europe et, pour les dix prochaines années, les États-Unis sont notre principale protection. Nous devrons donc faire de la lèche. Il faut désormais mener une politique « simultanée/ meme temps » vis-à-vis de la France et des États-Unis, qui permette à long terme de gagner en autonomie européenne, mais pour l'instant, le ressentiment des États-Unis serait bien plus dangereux que celui de la France. Cela ne satisfera pas ceux qui ne seront heureux que lorsque la France aura le monopole des armes européennes, mais il suffit de faire quelques concessions au centre français. Et Macron a remporté un petit succès : l'Allemagne ne bloquera plus la classification verte des centrales nucléaires. Pourquoi tout miser sur Washington est un pari dangereux, et comment bâtir une autonomie européenne partagée (sans braquer les USA) Thèse. Oui, la menace russe impose de rester arrimés à l’OTAN aujourd’hui. Mais parier « dix ans » sur un parapluie américain politiquement instable, c’est transférer à Washington un risque existentiel qui nous appartient. L’autonomie stratégique européenne n’est pas un caprice français: c’est une assurance-vie collective, et bien conçue, elle renforce l’OTAN au lieu de la concurrencer. Les coûts cachés de la dépendance US (et ils arrivent vite) Volatilité politique US : un cycle électoral peut suffire à défaire budgets, exportations d’armement, transferts et ISR partagés. Faire « de la lèche » n’achète pas de garanties juridiques. Pouvoir de chantage : tarifs punitifs, contrôles extraterritoriaux, pressions sur les choix industriels européens. Ce n’est pas théorique : on le vit déjà. Hiérarchie OTAN de fait : l’Europe reste “demandeuse”, donc faible dans la négociation — y compris sur la Chine, où nos intérêts diffèrent. Dépendre massivement des USA aujourd’hui augmente notre vulnérabilité demain. L’argument « sans les USA on ne sait pas faire » est dépassé par les faits ISR/Spatial : l’Europe dispose d’une base robuste (constellations SAR optiques/radar, fusion multi-capteurs, industriels crédibles). C’est perfectible, mais déjà opérationnel et scalable en 24–36 mois si on mutualise. Aérien stratégique : l’UE a standardisé autour d’A330 MRTT (ravitaillement multi-nations) là où le KC-46 peine encore. Munitions & chaînes de tir : démonstration 2024–2025 : l’Europe peut industrialiser vite (obus, AD, drones, missiles) si la demande est claire et financée. C2/C3/C4 : la France (dissuasion oblige) et le Royaume-Uni maîtrisent des architectures de conduite de frappe de haut niveau, interopérables et exportables à l’échelle européenne. C’est un socle, pas une exception. L’autonomie n’exige pas l’autarcie ; elle demande de capter et agréger ce qui existe déjà en Europe. L’autonomie européenne n’est pas une « hégémonie française » Le vrai blocage allemand est politique : peur d’une Europe “à la française”. Réponse simple : gouvernance partagée. Gouvernance : confier la conduite à PESCO/OCCAR avec règles d’équilibre (workshare, codécision, audits de coûts). Triangulation : inclure le Royaume-Uni dans les modules critiques (nucléaire, maritime, ISR, munitions de précision). Londres y a intérêt, Paris peut l’y amener. Règle d’or : pas de “monopole national”, mais souveraineté collective sur les briques critiques (capteurs, liaisons de données, logiciels de mission, propulseurs, autodirecteurs, charges militaires, AD couches courtes/moyennes/longues). « Même temps » gagnant : OTAN maintenant, autonomie tangible à 3–5 ans L’Europe peut faire les deux sans se contredire : Bouclier air-sol (0–24 mois) Doubler la production de sol-air couches basses/moyennes (SHORAD/MRAD), unifier les couches C-UAS. Généraliser un filet radar bas coût + capteurs passifs, avec centres de fusion multi-nationaux. Munitions & frappes (12–36 mois) Cadence obus/drones/missiles ; co-développement d’un missile de croisière européen modulaire (air/sol/naval) et d’un loitering longue endurance. Stockages stratégiques mutualisés (munitions & pièces). ISR & C2 (12–36 mois) Constellation SAR/optique européenne de permanence + cloud de défense souverain. Liaisons de données OTAN-interop, clés EU-owned. Centres C2 bi-ou tri-nationaux adossés à l’OTAN (pas substitutifs). Maritime & fonds marins Task-groups européens permanents (Atlantique/Med) ; lutte mines et infrastructures sous-marines (énergie/data). Inde = partenaire d’industrialisation, pas “non-aligné problématique” Offrir à New Delhi une plateforme de co-production (munitions, AD, missiles, électronique), en échange d’accès préférentiels et de codéveloppement. Cela évite l’axe Inde-Russie-Chine et crédibilise l’Europe comme troisième pôle. Message à Berlin : l’autonomie renforce l’OTAN (elle ne la remplace pas) Moins de trou capacitaire côté européen = moins de charge pour les USA = OTAN plus solide. Clause 42.7 (UE) + dissuasions FR/UK = effet de verrou complémentaire à l’article 5. Dans un monde de rareté (munitions, métaux critiques, chaînes de valeur), ne pas sécuriser nos bases industrielles est une faute stratégique. Ligne rouge française (claire et rassurante) Ni anti-US, ni naïfs. On garde l’OTAN, on construit l’autonomie. Pas de « monopole français » : gains partagés, retombées industrielles en Allemagne (capteurs, moteurs, radars, logiciels). Liberté d’action : nos intérêts vitaux (France et Europe) ne dépendent pas d’un cycle électoral étranger. Rester uniquement sous le parapluie américain, c’est confortable jusqu’au jour où il se replie. Bâtir une autonomie européenne partagée est plus exigeant — mais c’est le seul chemin qui : rassure Berlin (gouvernance & workshare), respecte Paris (liberté d’action réelle), renforce l’OTAN (charge partagée), positionne l’Europe comme pôle stratégique crédible au XXIᵉ siècle. 3 3 Lien vers le commentaire Partager sur d’autres sites More sharing options...
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