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Les US retrogradé au rang de pays voyou :

 

https://www.lefigaro.fr/international/trump-a-transforme-la-superpuissance-mondiale-en-etat-voyou-l-intervention-americaine-au-venezuela-vue-par-la-presse-etrangere-20260105

REVUE DE PRESSE - À l’étranger, l’événement suscite une onde de choc éditoriale, révélant une fracture nette entre partisans d’un coup de force jugé nécessaire et défenseurs d’un ordre international que Washington aurait, selon eux, ouvertement piétiné.

Dans la nuit du 2 au 3 janvier 2025, les forces américaines ont mené une opération militaire au Venezuela, capturant le président Nicolas Maduro à l’issue d’un raid éclair. Donald Trump revendique une action ciblée contre le «narcoterrorisme » et annonce une phase transitoire durant laquelle les États-Unis entendent «diriger» le pays - bien que Delcy Rodriguez soit devenue la nouvelle présidente par intérim du Venezuela, à la suite d’une décision de la Cour suprême vénézuélienne. À l’étranger, l’événement suscite une onde de choc éditoriale, révélant une fracture nette entre partisans d’un coup de force jugé nécessaire et défenseurs d’un ordre international que Washington aurait, selon eux, ouvertement piétiné.

«L’attaque de Trump au Venezuela est aussi illégale que dangereuse»

Au Royaume-Uni, The Guardian frappe fort dès son éditorial : «Trump a transformé la superpuissance mondiale en État voyou». Le quotidien dénonce «l’enlèvement illégal du président du Venezuela» et juge que l’annonce américaine de «diriger» le pays crée «un précédent véritablement glaçant», rappelant la longue histoire d’ingérences américaines en Amérique latine. Même tonalité du côté de “La grosse pomme”, où The New York Times titre sans détour : «L’attaque de Trump au Venezuela est aussi illégale que dangereuse». Le journal de centre-gauche reconnaît que «Maduro est un homme peu sympathique», à la tête d’«un régime autoritaire et répressif», mais alerte sur une constante historique : «les tentatives de déboulonner les régimes même les plus exécrables ne font qu’aggraver les choses». L’éditorial évoque l’Irak, la Libye ou l’Afghanistan et conclut : «Pour l’heure, une chose est sûre : la guerre de Trump est contraire au droit américain et international». L’opération est par ailleurs vertement critiquée en Belgique, où Le Soir  accuse Donald Trump «d’impose[r] au monde l’impérialisme self-service le plus cynique».

À Madrid, El País (English) parle d’une opération qui «viole le droit international» et ouvre «un scénario dangereux». Le quotidien espagnol rejette toute confusion entre intervention armée et démocratie : «La violence, d’où qu’elle vienne, ne construit pas d’institutions et ne rétablit pas les droits». Il met en garde contre une transition administrée de l’extérieur, jugeant «inacceptable» l’idée d’un pays placé sous tutelle étrangère. En Allemagne, Handelsblatt élargit encore la focale stratégique. Si «personne n’a à pleurer Nicolás Maduro», le journal économique estime que l’arrestation du dirigeant et le bombardement de Caracas constituent «une claire violation du droit international» et marquent «un nouveau tabou brisé». Selon lui, «la nouvelle monnaie de la politique internationale s’appelle la force», une évolution dont profiteront aussi bien les États-Unis que la Chine ou la Russie.

La capture de Maduro est «un acte d’hygiène hémisphérique contre un dictateur qui a semé le chaos bien au-delà de ses frontières»

À l’opposé, le Wall Street Journal assume une lecture résolument favorable. L’éditorial décrit la capture de Maduro comme «un acte d’hygiène hémisphérique contre un dictateur qui a semé le chaos bien au-delà de ses frontières». Pour le quotidien américain libéral-conservateur, Donald Trump est désormais engagé dans «une politique de changement de régime qu’il devra mener à bien», et l’opération envoie «un message salutaire aux adversaires de l’Amérique». Les critiques juridiques sont balayées : «la Constitution accorde une large latitude à l’exécutif en matière de sécurité nationale». Mais même au WSJ, des réserves apparaissent sur l’après-Maduro. Le journal s’étonne du mépris affiché par Trump envers l’opposante María Corina Machado et juge que le président américain a «beaucoup trop parlé du “pétrole”», envoyant «le message que l’objectif des États-Unis est largement mercenaire». Sur ce point, El País est plus sévère encore, voyant dans la promesse de confier l’industrie pétrolière à des entreprises américaines une «appropriation extérieure forcée des ressources naturelles». The Guardian y lit, lui, une fuite en avant personnelle d’un président convaincu que la puissance américaine lui permet «de faire ce qu’il veut à un coût minimal».

À lire aussi Elizabeth Burgos : «Les États-Unis n’ont pas envahi le Venezuela, ils sont intervenus contre une bande de mercenaires» 

Au-delà des divergences idéologiques, une inquiétude traverse la plupart des éditoriaux : celle d’un engrenage. The New York Times redoute une «flambée de violence» et un chaos régional. El País appelle à une «désescalade urgente». Handelsblatt constate l’érosion accélérée des règles internationales. Et The Guardian prévient que les répercussions de cette nuit de janvier «se feront sentir bien au-delà de la région». Entre légitimation sécuritaire et dénonciation d’un impérialisme assumé, la presse étrangère s’accorde au moins sur un point : l’intervention américaine au Venezuela marque une rupture. Reste à savoir si elle demeurera un épisode isolé - ou le premier acte d’un ordre international où, selon les mots du quotidien allemand, la force serait désormais la règle.

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il y a 5 minutes, Ciders a dit :

Question volontairement stupide et orientée de ma part : tu te rappelles d'Anakin Skywalker disant "peut-être... mais si ça marche ?" dans l’Épisode II quand sa future épouse lui dit qu'une idée impériale serait dangereuse ? Je pense qu'on pourrait être ici dans le même ordre d'idées.

Il y a de ça.

Il y a aussi l'épouvantail de la menace russe et chinoise.

Et c'est Marco Rubio qui le disait le mieux hier.

"Non non c'est pas le pétrole c'est la russie et la chine". Et "les revenus du pétrole iront au peuple Vénézuélien".

Ok. Pourquoi pas.

 

...Et trump qui dans la foulée disait pareil à propos du Groenland, que c'était pas les terres rares (ah?) mais la russie et la chine qui sont "sur le point de prendre le Groenland".

:rolleyes:

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Tiens donc, le gvt du Venezuela continue d'exporter du pétrole vers les vils impérialistes yankees !

https://ch.zonebourse.com/actualite-bourse/chevron-reprend-la-exportation-de-petrole-venezuelien-vers-les-etats-unis-apres-une-pause-de-quatre-ce7e59dedc89ff25

Un pétrolier affrété par la société américaine Chevron, transportant environ 300 000 barils de brut lourd vénézuélien à destination de la côte du golfe des États-Unis, a quitté lundi les eaux du pays membre de l’OPEP, selon les données de suivi maritime, après une interruption de quatre jours dans les exportations de pétrole vénézuélien par l’entreprise...

 

 

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Il y a 15 heures, Manuel77 a dit :

Je suis d'accord. De quoi les Chinois ont-ils le plus besoin ? Des débouchés commerciaux pour leurs produits. S'ils font preuve de patience et adoptent un ton amical, ils n'auront guère de problèmes en Europe et dans les pays en développement. Laissons Trump se défouler et ruiner la réputation des États-Unis. 

Pour l'instant, et depuis l'élection de Trump et malgré ses taxes douanières, la Chine est gagnante :

  • Chine - Exportations de biens en 2025 (valeur) ~3 410 milliards $ estimé soit +5% sur 2024 (pour info : 250 milliards $ en l'an 2000)
  • USA - Exportations de biens en 2025 (valeur) ~2 000 milliards $ estimé - en stagnation ou très légère augmentation.  (pour info : 780 milliards $ en l'an 2000)
Modifié par CANDIDE
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Il y a 1 heure, Patrick a dit :

Or le bombardement du mausolée d'Hugo Chavez va dans le sens d'une volonté d'en finir avec ce système en tout cas. Et je me répète: j'estime que c'est une faute. C'était au peuple Vénézuélien d'en décider, et à lui seul. Mais c'est un symbole fort.

Il me semble que ce n'est pas la première fois qu'ils s'attaquent à des symboles.

Ils ont aménagé le mausolée de Michel Aflek (fondateur du mouvement Baas) à Bagdad en salle de sport. Des rumeurs les ont prêtés l'intention de le détruire.

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Macron j'avance et je recule en meme temps ...

https://www.lemonde.fr/international/article/2026/01/05/venezuela-emmanuel-macron-critique-finalement-la-methode-employee-pour-renverser-nicolas-maduro-ni-soutenue-ni-approuvee-par-la-france_6660617_3210.html

Emmanuel Macron a affirmé, lundi 5 janvier en conseil des ministres, que la « méthode employée » par les Etats-Unis pour enlever le président vénézuélien, Nicolas Maduro, n’était « ni soutenue ni approuvée » par la France, a rapporté la porte-parole du gouvernement, Maud Bregeon. « Nous défendons le droit international et la liberté des peuples », a déclaré le président de la République, selon le compte rendu devant la presse.

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il y a une heure, collectionneur a dit :

Tiens donc, le gvt du Venezuela continue d'exporter du pétrole vers les vils impérialistes yankees !

https://ch.zonebourse.com/actualite-bourse/chevron-reprend-la-exportation-de-petrole-venezuelien-vers-les-etats-unis-apres-une-pause-de-quatre-ce7e59dedc89ff25

Un pétrolier affrété par la société américaine Chevron, transportant environ 300 000 barils de brut lourd vénézuélien à destination de la côte du golfe des États-Unis, a quitté lundi les eaux du pays membre de l’OPEP, selon les données de suivi maritime, après une interruption de quatre jours dans les exportations de pétrole vénézuélien par l’entreprise...

 

 

Chevron est la seule compagnie US à travailler au Venezuela voir les posts que j'ai repris de Check Six ce pétrole est raffiné aux États-Unis... Tout benef

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https://www.lemonde.fr/idees/article/2026/01/05/yoletty-bracho-politiste-nous-venezueliens-et-venezueliennes-souhaitons-recuperer-notre-capacite-a-exercer-notre-citoyennete_6660636_3232.html

Yoletty Bracho, politiste : « Nous, Vénézuéliens et Vénézuéliennes, souhaitons récupérer notre capacité à exercer notre citoyenneté »

Dans une tribune au « Monde », la chercheuse franco-vénézuélienne s’interroge sur la place donnée aux citoyens dans l’avenir du pays après l’enlèvement de Nicolas Maduro : « Il n’existe pas de garanties sur l’avènement proche d’une transition démocratique au Venezuela », estime-t-elle.

A près l’enlèvement de Nicolas Maduro, samedi 3 janvier, lors d’une intervention militaire américaine, le président Trump annonce que les Etats-Unis gouverneront le Venezuela « le temps nécessaire pour assurer une transition (…) judicieuse », tout en affirmant sa volonté de prendre le contrôle de la production pétrolière du pays. Durant toute son allocution, un mot central n’a pas été prononcé : celui de démocratie. Dans ce contexte, quelle place sera donnée aux Vénézuéliens et Vénézuéliennes dans la construction de leur propre avenir ? Et quel précédent cette action militaire crée-t-elle quant aux relations entre les grandes puissances et les pays dont elles convoitent les ressources ?

La décision de Donald Trump n’a rien à voir avec une quelconque préoccupation pour le peuple vénézuélien. Certes, le gouvernement autoritaire de Nicolas Maduro a été rejeté par les électeurs et les électrices dans les urnes lors du scrutin présidentiel du 28 juillet 2024, puis dans la rue quand le pouvoir a annoncé contre toute vraisemblance la victoire du président en place et provoqué de fortes mobilisations.

Ce gouvernement s’est maintenu par la force des armes et de la répression politique ainsi que par la destruction des conditions de travail et de vie de la population, dont une partie a dû quitter le pays (8 millions de Vénézuéliens ont émigré depuis 2015). Ce gouvernement n’a donc la sympathie ni de la plupart des ressortissants du pays ni de nombreuses forces politiques à l’échelle nationale et internationale qui, autrefois, ont soutenu la révolution bolivarienne et son ancien leader Hugo Chavez (1954-2013).

Cela dit, le rejet du gouvernement ne doit pas nous aveugler face à une attaque militaire qui ne peut être justifiée ni par les accusations de « narcoterrorisme », dont Maduro et ses proches ont fait l’objet, ni par l’illégitimité de ce régime autoritaire. Les scènes vues à Caracas et ses alentours samedi resteront à jamais gravées dans les esprits des Vénézuéliens et Vénézuéliennes comme celles d’une attaque guerrière sans précédent sur le territoire national.

...

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il y a une heure, Patrick a dit :

Il y a de ça.

Il y a aussi l'épouvantail de la menace russe et chinoise.

Et c'est Marco Rubio qui le disait le mieux hier.

"Non non c'est pas le pétrole c'est la russie et la chine". Et "les revenus du pétrole iront au peuple Vénézuélien".

Ok. Pourquoi pas.

 

...Et trump qui dans la foulée disait pareil à propos du Groenland, que c'était pas les terres rares (ah?) mais la russie et la chine qui sont "sur le point de prendre le Groenland".

:rolleyes:

Le rouquin et ses sbires ne pensent qu'en dollars, bien évidemment, s'ils peuvent couper l'herbe sous les pieds d'autres convoiteurs de ressources et les en priver nous Européen  y compris, ils ne vont pas se gêner !
Il va falloir réfléchir à sérieusement faire du vrais recyclage car les ressources vont commencer à se faire rares à la vitesse ou ça va !
 

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il y a 7 minutes, MIC_A a dit :

Le rouquin et ses sbires ne pensent qu'en dollars, bien évidemment, s'ils peuvent couper l'herbe sous les pieds d'autres convoiteurs de ressources et les en priver nous Européen  y compris, ils ne vont pas se gêner !
Il va falloir réfléchir à sérieusement faire du vrais recyclage car les ressources vont commencer à se faire rares à la vitesse ou ça va !

On pourrait recycler les américains en soleil vert ...

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https://www.lemonde.fr/international/article/2026/01/05/phil-gunson-si-trump-n-oblige-pas-le-gouvernement-venezuelien-a-organiser-des-elections-libres-ils-peuvent-s-entendre-sur-presque-tout_6660607_3210.html

Trump pourrait bien se satisfaire de la dictature Maduro - sans Maduro - tant qu'elle lui sert la soupe.

Phil Gunson : « Si Trump n’oblige pas le gouvernement vénézuélien à organiser des élections libres, ils peuvent s’entendre sur presque tout »

Installé à Caracas, l’analyste de l’International Crisis Group relève que le président américain a eu des « mots durs » pour l’opposante Maria Corina Machado et juge possible un accord entre son administration et les dirigeants vénézuéliens encore en place.

Phil Gunson, analyste de l’organisation de prévention des conflits International Crisis Group vivant à Caracas, revient sur les circonstances, les raisons et les conséquences de l’attaque de l’armée américaine à Caracas et la capture du président vénézuélien, Nicolas Maduro.

Quelle est la situation à Caracas aujourd’hui ?

Ce [dimanche 4 janvier] matin tout paraît tranquille. Hier, personne n’est sorti de chez soi, les gens avaient peur, naturellement. Il y a eu quelques manifestations sporadiques de soutien organisées par le gouvernement, mais sans plus.

Que reste-t-il du gouvernement vénézuélien ?

A part Nicolas Maduro, tout le monde est en place, le gouvernement est intact. C’est la vice-présidente, Delcy Rodriguez, qui en a pris la tête.

Ce gouvernement peut-il survivre ?

Tout indique que oui. [Samedi], Donald Trump a dit être prêt à un accord avec ceux qui restent. Quant à Maria Corina Machado [la cheffe de l’opposition, lauréate du prix Nobel de la paix 2025], il a eu des mots durs contre elle, en disant qu’il lui serait difficile d’être à la tête du pays parce qu’elle ne bénéficie ni du soutien ni du respect de la population. Au contraire, il a bien parlé de Delcy Rodriguez, ce qui a été une douche froide pour l’opposition. C’est ironique, car toute l’opposition espérait le départ de Nicolas Maduro pour installer un gouvernement démocratique. Mais Donald Trump ne paraît pas très disposé à soutenir les plans de l’opposition.

Mais que veut dire Donald Trump lorsqu’il annonce qu’il va gouverner le pays jusqu’à ce qu’il y ait une transition ?

C’est une bonne question, et on ne sait pas trop. La démocratie n’est pas quelque chose qui lui importe beaucoup. Les opposants avaient tort de penser qu’un homme qui démantèle la démocratie dans son propre pays allait les aider à l’installer dans le leur. Quand Donald Trump parle de transition, je crois que tout ce qui l’intéresse, c’est que le gouvernement du Venezuela fasse ce que lui veut. Qu’il soit élu démocratiquement n’est pas son souci. Il parle de transition parce que tout le monde en parle, mais, pour lui, il n’est pas nécessaire qu’elle soit démocratique.

Il faut savoir qu’ici la crise économique a repris de plus belle, la situation est très compliquée. Et dans ce sens, il serait dans l’intérêt du gouvernement de Delcy Rodriguez de conclure un accord avec Washington qui contribuerait à lever progressivement les sanctions. Nous savons que Donald Trump est très pragmatique : s’il n’oblige pas Caracas à organiser des élections libres, je pense qu’ils peuvent s’entendre sur presque tout.

Que cherche-t-il au Venezuela ?

Il l’a dit explicitement, et il n’y a pas de raisons de ne pas le croire : il veut le pétrole. Mais il veut aussi restreindre la présence de la Chine. Le pétrole vénézuélien est très important pour les Etats-Unis, notamment parce que les raffineries situées sur le golfe [du Mexique] ont été spécialement conçues pour raffiner ce type de pétrole, lourd et de mauvaise qualité. Par ailleurs, il est assez près des Etats-Unis. Pour le remplacer dans ces raffineries, il fallait en acheminer de Russie. Le Canada représentait une autre option, mais le projet d’oléoduc qui devait arriver jusqu’au golfe a été annulé.

Du point de vue politique, ce qui motive le plus Donald Trump, c’est d’exclure les Chinois et d’autres rivaux géopolitiques. Comme l’industrie pétrolière vénézuélienne est en berne, produisant beaucoup moins qu’avant, et que le monde a appris à vivre sans ce pétrole, il n’est pas d’une importance [économique] vitale. Mais il l’est du point de vue géopolitique : Donald Trump veut un hémisphère occidental qui soit sous l’hégémonie des Etats-Unis.

Il a dit aussi qu’il voulait arrêter le narcotrafic…

Oui, il l’a cité comme prétexte pour toute l’opération militaire qu’il a mise en place dans la région depuis bientôt six mois [avec l’envoi de navires en face des côtes vénézuéliennes et la destruction de bateaux accusés de transporter de la drogue]. Les Etats-Unis considèrent que le gouvernement vénézuélien est un cartel « narcoterroriste », et ils veulent à présent l’assurance qu’il ne va plus participer à ces activités. Et ce n’est pas difficile de s’y engager, en tout cas sur le papier, car il est impossible d’éradiquer le narcotrafic. Le « terrorisme », en revanche, c’est un mythe, il n’y a jamais eu de preuves comme quoi le Venezuela ait organisé des attaques terroristes contre les Etats-Unis. Ce que dit Washington, c’est que le narcotrafic est une forme de terrorisme et que la drogue est une arme de destruction massive, mais c’est une façon de parler.

Dans l’acte d’accusation, Nicolas Maduro est soupçonné d’avoir conspiré pour faire entrer des milliers de tonnes de cocaïne aux Etats-Unis...

J’ignore quelle est la nature des preuves contre lui, elles ne sont peut-être pas si irréfutables que le prétend Washington depuis toujours. Par exemple, certains témoins qui ont comparu devant le grand jury en 2020 [le 26 mars 2020, Nicolas Maduro avait été inculpé de narcoterrorisme par un procureur du district sud de New York], comme un ancien chef du renseignement militaire lui-même mis en cause, essayaient surtout de sauver leur peau. En ce sens, ce sera très intéressant de suivre le procès de Nicolas Maduro et de son épouse, Cilia Flores.

Leur procès va-t-il être juste ?

Plus juste qu’au Venezuela, ça c’est sûr ! Donald Trump fait tout ce qu’il peut pour changer les règles, il n’est pas très attaché à l’impartialité des juges, mais ce procès sera très observé. Au Venezuela, le gouvernement peut tout occulter, mais aux Etats-Unis, c’est beaucoup plus difficile.

Pourquoi Nicolas Maduro ne s’est-il pas enfui du Venezuela ?

Avant, les dictateurs pouvaient espérer avoir un exil doré quelque part, comme « Baby Doc » [le dictateur haïtien Jean-Claude Duvalier, réfugié en France en 1986] ou Idi Amin Dada [dictateur ougandais réfugié en Arabie saoudite en 1979]. Aujourd’hui, avec la juridiction universelle et la Cour pénale internationale, c’est plus difficile. C’est vrai qu’il aurait pu se réfugier en Russie, où il aurait été à l’abri de tout cela. Mais je crois que Nicolas Maduro a toujours pensé que Donald Trump bluffait, qu’il n’oserait jamais mettre ses menaces à exécution. Ça a été un mauvais calcul.

Comment expliquer que l’armée n’ait pas protégé Nicolas Maduro d’un enlèvement ?

Il y a un aspect opérationnel : elle n’a tout simplement pas été en capacité de le faire. Les fameuses défenses antiaériennes dont se vantait Caracas n’ont servi à rien, elles n’ont pas pu abattre un seul hélicoptère. Cela fait dire à certains qu’il y a dû y avoir un certain type de complicité interne, sans laquelle il aurait été impossible de mener à bien une telle opération avec autant de facilité. Mais il n’y a aucune preuve de ça.

Que va faire l’armée désormais ?

La grande question est de savoir si elle maintiendra son unité. Pour l’instant il n’y a pas d’indices d’une division, mais si c’était le cas, ce serait très problématique, non seulement pour le gouvernement resté en place, mais aussi pour le pays lui-même. Il y aurait des risques d’un important et violent conflit interne. Car les militaires ne seraient pas les seuls à s’entre-tuer, il y a d’autres acteurs non étatiques, des milices ou les membres de la guérilla colombienne.

Justement, que peut-il se passer avec la guérilla de l’Armée de libération nationale (ELN) colombienne ?

C’est une armée très forte, elle s’est étendue le long de la frontière entre la Colombie et le Venezuela, et sur le territoire vénézuélien. Certaines sources parlent de 3 000 guérilleros, qui ont une grande expérience du combat. Eux veulent continuer à s’enrichir et à utiliser le territoire vénézuélien comme base arrière. S’il y avait une vraie invasion américaine, l’ELN a averti qu’elle soutiendrait le gouvernement. Mais, pour l’instant, une invasion n’est pas à l’ordre du jour.

L’objectif de Donald Trump est-il de renverser le régime castriste à Cuba ?

Je ne sais pas si c’est celui de Donald Trump, mais en tout cas c’est le principal objectif de Marco Rubio [secrétaire d’Etat américain, d’origine cubaine], pour des raisons personnelles. Ce ne serait pas étonnant que les Etats-Unis essayent d’interrompre le flux d’exportations pétrolières vers Cuba. S’il était définitivement interrompu, alors le gouvernement cubain devrait négocier d’une manière ou d’une autre avec Washington.

Une opération comme celle de Caracas pourrait-elle avoir lieu sur l’île ?

Les forces armées cubaines sont plus professionnelles, cela fait plus de soixante ans qu’elles se préparent à un tel scénario. Presque toutes les ressources cubaines sont concentrées sur l’armée, qui est très bien équipée et entraînée. Ce serait donc beaucoup plus difficile d’y mener le même type d’attaque.

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Il y a 3 heures, poti a dit :

Sur le pétrole du Venezuela, il faut tenir compte, du fait qu'il est lourd et acide, que peu de pays sont capables de le raffiner en masse. Il n'y a guère que les USA et la Chine qui importent et raffinent en aussi grande quantité un pétrole aussi lourd et acide. Ce qui a toujours mis le Venezuela dans une position de dépendance. En dépit d'avoir une raffinerie géante, le Venezuela est incapable de transformer son pétrole de mauvaise qualité en essence  (ou autres produits dérivés). Cette transformation rendrait le Venezuela capable de vendre de l'essence au lieu d'un petrole lourd et acide (qui n'est vendable en masse qu'aux USA et Chine). 

En 2007 Lula et Chavez se sont mis d'accord pour faire au Brésil une raffinerie pour du pétrole lourd du Venezuela avec une division de 60% pour Petrobras et 40% pour PDVSA. Le tout financé par la banque du développement du Brésil. Résultat, PDVSA a payé 0 dollars et la raffinerie aujourd'hui appartient 100% à Petrobras. Le projet a changé et la raffinerie s'est specialisée dans le pétrole de mauvaise qualité d'un bassin brésilien (bassin de Campos).

https://noticias.uol.com.br/colunas/carlos-madeiro/2024/01/18/lula-volta-a-refinaria-que-lancou-com-hugo-chavez.htm

Cet exemple illustre le problème du Venezuela avec le petrole, c'est-à-dire, un non investissement en infrastructures qui ont rendu le pays dépendant de la Chine et des USA. 

Comment le pétrole fourni à Cuba par le Vénézuéla est-il raffiné ?

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Il y a 2 heures, Patrick a dit :

Je rappelle que les propagandistes télévisuels poutiniens de moscou (Solovyov et compagnie) déclaraient encore il y a peu que "tout était en place pour détruire la flotte Américaine en 2 heures si elle attaquait" et que "la défaite Américaine serait totale". Ah ok. D'accord.

À se demander pourquoi on prend encore ces individus au sérieux franchement...

Je suppose que tu ne parles pas de l'écrivain.

Ce genre de personnes, des bouffons sans réel poids, ne sont prises au sérieux que lorsque ça arrange, par exemple le citer pour justifier le raisonnement (par exemple que l'Ukraine n'est que la première étape de la déferlante "rouge" sur l'Europe, ou que l'acte de vente de l'Alaska est illégal, ou que la terre est plate, ou que...)... et le reste du temps permettent de railler le pouvoir russe alors qu'il n'est même pas dans les petits secrets. 

Je comprend les craintes, mais par pitié, Solyov ne peut pas être à la fois un bouffon et un type sérieux : ce type est juste un troll avec des moyens de grande audience. Traitons le comme tel et n'en parlons plus.

 

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il y a 40 minutes, g4lly a dit :

Macron j'avance et je recule en meme temps ...

https://www.lemonde.fr/international/article/2026/01/05/venezuela-emmanuel-macron-critique-finalement-la-methode-employee-pour-renverser-nicolas-maduro-ni-soutenue-ni-approuvee-par-la-france_6660617_3210.html

Emmanuel Macron a affirmé, lundi 5 janvier en conseil des ministres, que la « méthode employée » par les Etats-Unis pour enlever le président vénézuélien, Nicolas Maduro, n’était « ni soutenue ni approuvée » par la France, a rapporté la porte-parole du gouvernement, Maud Bregeon. « Nous défendons le droit international et la liberté des peuples », a déclaré le président de la République, selon le compte rendu devant la presse.

à coté de cela tu parles du type qui dit même pas embarrassé que la France respecte les décisions des TPI et CIJ... mais ne procèdera pas à l'arrestation des personnes recherchées parce que totem magique ! 

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Il y a 9 heures, Banzinou a dit :

Il y a bien eu quelques tirs de Manpads sans succès, l’helico tire ensuite au 30 mm sur la position

 

J'ai lu à droite à gauche que ça a été leurré par un système genre DIRCM.

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Il y a 4 heures, Zalmox a dit :

Quand Jack Ryan était clairvoyant :

 

(pourtant c'était de la fiction)

Après, que ce soit pour les Russes, les US ou les Chinois, et sur la question des ressources, tout le monde est clairvoyant.

Là nous européens sommes surtout dans le choc et le déni.

Mais si on analyse calmement, il n'y a globalement pas de surprise sur le "où" et le "comment". On parle de HI chez nous, mais personne n'a dit que ça sera forcément les Russes en Europe hein.

 

J'y réfléchissais, mais sur le "où", j'ai toujours lu ou vu des reportages sur les lieux et les enjeux. Sur le "comment", des séries US nous le disent depuis des années.

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Il y a 3 heures, Manuel77 a dit :

Je suis d'accord. De quoi les Chinois ont-ils le plus besoin ? Des débouchés commerciaux pour leurs produits. S'ils font preuve de patience et adoptent un ton amical, ils n'auront guère de problèmes en Europe et dans les pays en développement. Laissons Trump se défouler et ruiner la réputation des États-Unis. 

Je le vois exactement comme ça. Les US sont en train d'achever de précipiter le monde dans leur bras. Le succès des Chinois auprès des BRICS est en train de se transmettre à l'UE.

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Il y a 3 heures, Ardachès a dit :

… On peut raisonnablement penser que ces systèmes radars aient été mis en veille ou tout simplement que le traitement des détections n'irriguait pas le C2 de l'état-major Bolivarien (coupure physique, trojan, etc. …).

Imagine si, malgré le "succès" - c'est a dire la capture de N. Maduro - 3 ou 4 ventilos étaient tombés avec des F.S. a l'intérieur ? Ça aurait été un véritable fiasco pour Trump donc ils ont vraiment travaillé cette opération et outre quelques traitres stipendiés tu peux être certain que rien n'a été laissé au hasard. 

Cela plaide clairement pour le fait que les US savaient que le risque était maitrisé. Après une longue préparation, on le rappellera. 

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il y a 9 minutes, Polybe a dit :

Cela plaide clairement pour le fait que les US savaient que le risque était maitrisé. Après une longue préparation, on le rappellera. 

Et comme tu le sais le risque n'est jamais totalement maitrisé...

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Il y a 2 heures, Zalmox a dit :

Ils ont aménagé le mausolée de Michel Aflek (fondateur du mouvement Baas) à Bagdad en salle de sport. Des rumeurs les ont prêtés l'intention de le détruire.

Non, ils avaient installé des bureaux dans une partie du bâtiment, sans toucher à sa structure.

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