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Politique étrangère de la France
Wallaby a répondu à un(e) sujet de Gibbs le Cajun dans Politique etrangère / Relations internationales
https://www.lenouvelespritpublic.fr/podcasts/219 (2 août 2020) Jean-Louis Bourlanges : L’Histoire a fait que nous ne sommes plus cette puissance prééminente (depuis la défaite de Waterloo notamment), mais de Gaulle s’est toujours efforcé de lui rendre cette place. Il s’est donc ingénié par tous les moyens à faire exister la France, quitte à parfois « faire son intéressant », par exemple en bougeant les lignes, étant d’un côté un jour, de l’autre le lendemain. Mais toujours dans un cadre assez maîtrisé sur le plan du bon sens. De Gaulle est un « révolté prudent ». Il est un révolutionnaire attentif aux rapports de force, prenant soin de ne pas gâcher les chances de son pays. Il y a deux personnages en lui : le rêveur habité par un rêve de plus en plus irréaliste, auquel il va donner corps par toute la force de son indiscutable génie ; mais aussi l’homme politique réaliste, attentif aux rapports de force, et effectivement pragmatique. Prenons un exemple précis : l’appel du 18 juin. Il s’agit à la fois de la réaffirmation de l‘espoir de la grandeur française, mais il est accompagné d’un constat qui est implacablement modeste. L’appel du 18 juin est la reconnaissance que ce n’est plus la France qui fait l’Histoire, mais qu’elle est au contraire prise dans un phénomène mondial. Ce réalisme extrême peut déjà être trouvé dans son premier livre, La Discorde chez l’ennemi, ouvrage tout à fait remarquable et à mon avis pas assez lu. De Gaulle est l’un des rares analystes de la première guerre mondiale de cette époque à dire que l’apport américain a été décisif. Les Français de l’époque n’ont pas vécu la fin de la Grande Guerre comme une victoire américaine. De Gaulle souligne le rôle essentiel de la France, mais il ne méconnaît pas le rôle américain. Nous avons donc d’un côté l’hyperréalisme de la situation, et de l’autre le rêve, sans cesse poursuivi et jamais concrétisé. En réalité, de Gaulle est prisonnier de cet essentialisme qui fait qu’un État doit être indépendant. Pour lui, l’indépendance est l’obligation de ne jamais se lier définitivement à un autre État. Il ne cesse de le répéter : la France doit garder « les mains libres ». Cette affirmation de l’indépendance de principe d’un État fait que toutes les obligations auxquelles il souscrit sont temporaires et révocables. C’est cette idée que je critique. Je crois pour ma part que pour bâtir un ordre mondial durable et souhaitable, il faut bâtir des partenariats profonds, et sortir de ce « chacun pour soi » irréductible. De Gaulle répugne à cela, on le voit dans la façon dont il traite l’Allemagne (très bien au début, très mal par la suite avec la politique de la chaise vide) ou l’URSS. On a quelqu’un qui ne peut pas construire un ordre : il est un héros qui n’existe que dans le mouvement permanent, c’est pourquoi lorsqu’il s’en va il n’y a pas pas vraiment d’ordre européen, et des liens atlantiques très distendus ; Pompidou passera son temps à craindre un retrait américain de l’Europe, et Giscard s’attachera à reconstruire un lien durable avec l’Allemagne. Pour de Gaulle, aucune construction n’était durable, c’est une mobilité (très brillante c’est indéniable) qui le guide de bout en bout. François Bujon de l’Estang : Il a toujours suivi un même fil : masquer la faiblesse de la France, ou la camoufler derrière l’action d’un pays se comportant comme une puissance majeure. Plus la France était en crise, plus son discours prenait de la hauteur et lui remettait de compenser. Il était davantage un prestidigitateur, habile à diriger l’attention de ses interlocuteurs loin des éventuelles faiblesses de la France. Je ne crois pas du tout qu’il ait conduit la politique étrangère de la France dans une impasse ; je crois au contraire que celle qu’il a menée peut encore nous servir de guide pour sauver ce qui peut l’être dans ce monde en train de se défaire. David Djaïz : Il y a dans les réflexions de de Gaulle des presciences et des saillies absolument spectaculaires. Il avait par exemple déclaré « la Russie boira le communisme comme le buvard boit l’encre ». Les nations qui ont émergé durant les dernières décennies sont le produit de nationalités qui n’étaient pas à l’aise dans des ensembles plurinationaux, comme par exemple l’ex-Yougoslavie. Il y a chez de Gaulle une prescience sur la résilience du fait national, et la thèse que je défends est que la mondialisation, loin d’effacer les Etats-nations, les renforce au contraire. De Gaulle a très tôt le courage d’une rapprochement décisif avec l’Allemagne d’Adenauer, à une époque où ce pays avait mauvaise presse en France. Le souvenir de la guerre était encore cuisant, et le pays paraissait aux mains des USA. Ce rapprochement nous évite aujourd’hui encore le délitement de l’Europe. De la même manière, sa vision intergouvernementale (exprimée dans le plan Fouchet par exemple) peut être critiquée comme trop arc-boutée sur les Etats-nations, mais il me semble que les débats que nous avons aujourd’hui sur une meilleure articulation entre les Etats et l’Europe, sur une meilleure autonomie stratégique, sur l’autonomie que doit conquérir l’Europe face à l’Alliance Atlantique, est d’une brûlante actualité par rapport aux préoccupations du général il y a 50 ans. Jean-Louis Bourlanges : François Bujon décrivait en positif les mêmes choses que moi en négatif : c’est à dire que la prestidigitation qu’il évoquait comme une qualité du général me paraît très inquiétante. De Gaulle admettait ce côté « illusionniste », en reconnaissant avoir toujours fait comme si la France était grande, mais d’une certaine façon cette illusion nous piège encore, nous en avons hérité un décalage entre la réalité de la France et le discours gaullien que le pays a profondément intériorisé. Je ne suis pas d’accord quand vous dites que la situation n’était pas inquiétante à son départ : Pompidou était obsédé par l’idée que les Etats-Unis se retirent d’Europe, et que l’Allemagne s’engage dans une politique neutraliste. Giscard et Mitterrand se sont eux aussi efforcés de nous rapprocher de l’Allemagne, fidèles à une tradition constructiviste de la Quatrième République. François Bujon de l’Estang : Je ne parle pas seulement de la crise de la Covid-19, mais au désordre du monde plus général. Il est aujourd’hui bien plus grand qu’il ne l’était à l’époque de de Gaulle. Le monde était alors structuré clairement, sous la forme d’un affrontement entre deux géants ; et de Gaulle s’est toujours efforcé d’avoir les mains libres afin que la France occupe une place qu’il avait décidée, plutôt que celle qu’on lui aurait assignée. C’est ce qu’il a toujours fait : le voyage en Union Soviétique de 1966, les liens avec le Vietnam du Nord pour agir pour la paix pendant la guerre du Vietnam, les relations diplomatiques avec Pékin ... C’est toujours pour essayer de maximiser les atouts diplomatiques du pays qu’il agit, pour faire entendre une voix qui sans cela eut été inaudible. [Aujourd'hui], il faut se demander comment défendre les intérêts de la France et de l’Europe dans des situations dominées par un affrontement entre les Etats-Unis et la Chine. Vis-à-vis de la Chine, il faut s’efforcer de relocaliser une partie de nos industries pour récupérer ce qu’on peut d’autonomie, il faut défendre nos technologies face au prédateur chinois. Quant aux Etats-Unis, il faut échapper à une vassalisation envers Washington ou les GAFAM. Mais c’est aussi vrai face aux nostalgies impériales de Poutine, ou aux dangereuses menées d’Erdogan. Jean-Louis Bourlanges : Je reste convaincu que cette grande geste française est l’un des facteurs de cette difficulté qu’a la France à être adaptée au monde dans lequel elle est. La France est une puissance moyenne et elle doit s’accepter comme telle. Elle a des intérêts à défendre et des valeurs à faire passer, elle ne peut le faire qu’en s’accordant à d’autres. Notre seule chance dans un monde si divisé c’est de construire une Europe vraiment solidaire, non par seule bonté d’âme mais pour pouvoir défendre nos intérêts. Y arriverons-nous ? Je l’ignore, mais je sais en tous cas que nous n’avons une chance de le faire que si nous parvenons à dépasser « l’exclusivisme » français hérité de de Gaulle. Le devoir de la France aujourd’hui est de construire des alliances et trouver des partenaires sans qui nous serons mangés tout crus par la Américains, les Chinois, les Russes, les islamistes ou que sais-je. Nous avons pour cela à imaginer des choses qui ne l’ont pas été par le général de Gaulle. -
Venezuela
Wallaby a répondu à un(e) sujet de tharassboulbah dans Politique etrangère / Relations internationales
https://www.lenouvelespritpublic.fr/podcasts/217 (19 juillet 2020) Quant à votre deuxième question sur l’alternative politique, j’insiste sur le fait que les Américains et les Européens ont très peu de chances de forcer Maduro à se rendre à la table des négociations, seuls ses soutiens ont ce pouvoir : la Russie, la Chine et Cuba. Il en était de même pendant la transition en Afrique du Sud, ou pour les référendums au Chili sous Pinochet : à l’époque ce sont les Américains qui ont tapé du poing sur la table, et cela a été suivi d’effets parce que les USA étaient alliés de ces régimes. Ici, ce sont les adversaires, pourquoi Maduro les écouterait-il ? On est donc un peu dans le wishful thinking en s’imaginant que l’Europe ou les USA vont être entendus dans cette affaire. -
Philippines : un nouveau président original
Wallaby a répondu à un(e) sujet de Kiriyama dans Politique etrangère / Relations internationales
https://www.la-croix.com/Sciences-et-ethique/Sante/Sanofi-pourquoi-vaccin-contre-dengue-vire-cauchemar-2019-03-02-1201006031 (2 mars 2019) Les Philippines ont annoncé, vendredi 1er mars [2019], des poursuites contre six responsables de Sanofi Pasteur dans le cadre d’une enquête sur des décès d’enfants vaccinés contre la dengue. Au total, 837 000 écoliers ont reçu une ou plusieurs doses du vaccin. Mais fin 2017, la campagne a été interrompue. Depuis novembre 2017, Sanofi fait profil bas. Le laboratoire a alors annoncé que son vaccin était en fait protecteur uniquement chez les personnes ayant déjà été infectées par la dengue par le passé. « Quant aux personnes ne présentant aucun antécédent de dengue, les analyses montrent qu’à plus long terme à la suite de la vaccination, davantage de cas sévères de dengue pourraient être observés en cas d’exposition au virus », précisait alors Sanofi. Un cas de figure pas banal. En principe, en effet, un vaccin vise à protéger des gens n’ayant jamais été infectés par une maladie. Mais dans le cas de la dengue, rien ne marche comme prévu. Au contraire, les personnes vaccinées semblent développer des formes plus graves que les non vaccinées. https://blogs.mediapart.fr/jean-marc-b/blog/151018/anatomie-d-un-scandale-sanitaire-le-vaccin-dengvaxia-de-sanofi (15 octobre 2018) Too big to fall ! Cela s’applique pour les banques et la crise financière de 2008, mais cela semble s’appliquer aussi à la mise sur le marché la plus rapide possible du Dengvaxia. Car alors que les interrogations se succèdent sur les premiers résultats de la phase deux, sans même attendre les résultats complets qui ne seront connus qu’en septembre 2012, Sanofi passe… dés 2011 à la phase trois auprès de 30 000 enfants de 12 pays. Et incroyable, alors que toute la communauté scientifique connait les liens entre primo infection et forme grave de la maladie lors d’une re-infestation avec une autre souche, seuls 10% des enfants inclus dans les essais seront testés pour savoir s’ils ont été préalablement exposés au virus de la dengue. En septembre 2015, les résultats des trois premières années de suivi sont rendus publics. Ils montrent que dans l’essai mené en Asie, les enfants vaccinés de 2 à 5 ans ont un risque d’hospitalisation pour dengue sévère 7,5 fois plus élevé que les enfants non vaccinés ! Et dans ce groupe des 2 à 5 ans, c’est la moitié des enfants testés qui n’avaient jamais auparavant été en contact avec la dengue. N’écoutant pas ces alarmes, pour sauver ses investissements, Sanofi décide simplement de modifier l’âge minimum de la vaccination. Dans sa publication de septembre 2015, il avance pour la première fois l’age minimum de 9 ans. Malgré ces alertes, Sanofi se voit délivrer par le Mexique une première autorisation de mise sur le marché du Dengvaxia en décembre 2015. Le Mexique est pourtant le pays où, selon la publication de Sanofi, l’efficacité du vaccin est la plus faible, avec seulement 30% de personnes protégées. Mais en fait, c’est dès avril 2014, lors d’un voyage du Président français François Hollande, que la décision du Mexique est prise. Un engagement est signé en juillet 2015 par le vice-ministre mexicain de la santé, un certain Pablo Kuri Morales. Sanofi connait bien le ministre. Il était de 2009 à 2011… son directeur scientifique au Mexique. Quelques jours après le Mexique, c’est au tour des Philippines d’autoriser le Dengvaxia, le 22 décembre 2015, alors que l’essai de phase 3 est encore en cours ! Voilà ce qu’écrit le journal Le Monde : « A deux reprises, le 14 mai 2015 et le 2 décembre 2015, la ministre de la santé philippine, Janette Loreto-Garin, rencontre les dirigeants de Sanofi. Avec là aussi, des soupçons de conflit d’intérêts. Ainsi, l’un des plus grands soutien du vaccin est Kenneth Hartigan-Go, sous-secrétaire à la santé de 2015 à 2016, auparavant responsable de l’Agence de santé publique philippine de 2010 à 2014, mais aussi fondateur et directeur, de 2001 à 2009, de la Zuellig Family Fondation, dont la branche pharmaceutique est le distributeur exclusif du vaccin aux Philippines ». Quand des spécialistes philippins de dengue alertent les autorités, comme Lenila Dans, épidémiologiste à l’Université de Manille, « le doyen de son université a reçu un courrier de Sanofi pour que les déclarations sur les risques du Dengvaxia soient retirées ». En avril 2016, sur recommandation du son groupe d’experts stratégique du SAGE, l’OMS donne son feu vert à la vaccination. Une décision très critiquée, d’autant que les experts de l’OMS avaient auparavant critiqué le vaccin. On se souvient des accusations du Bristish Médical Journal et du Conseil de l’Europe sur les liens entre les experts de l’OMS et ceux de l’industrie pharmaceutique au moment de la grippe H1N1. https://en.wikipedia.org/wiki/2019_Philippines_measles_outbreak L'épidémie de rougeole aux Philippines a débuté au début de l'année 2019. Une épidémie de rougeole a été officiellement déclarée en février 2019 par le gouvernement philippin dans certaines régions administratives de Luzon et des Visayas, dont la région métropolitaine de Manille. L'épidémie est attribuée à la baisse des taux de vaccination, qui sont passés de 88 % 10 à 15 ans auparavant à 74 % au moment de l'apparition de l'épidémie, prétendument causée par la controverse sur le Dengvaxia. -
C'est une simple nuance. Cela ne falsifie pas le constat que tu faisais que "Marxiste est aussi une injure dans la bouche d'un américain a fortiori d'un conservateur". Rob Dreher doit être dans une forme de "en même temps" macronien. Dans une forme de pensée... complexe. Lorsqu'il dit à propos de Black Live Matters "au moins deux des fondateurs sont marxistes", ce n'est pas un compliment. C'est une des preuves que pour lui "Ce mouvement est aujourd’hui bien plus radical que ce que les gens peuvent penser". Là c'est tout à fait le conservateur pour qui "marxiste" est une injure. Une autre façon de voir cela serait de dire que Dreher est mi-conservateur, mi-populiste (voir l'emploi élogieux qu'il fait de ce terme dans le texte).
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Sauf que dans le cas de Rod Dreher, il est prêt à embrasser une grille d'analyse marxiste quand ça l'arrange : Un marxiste pourrait dire - à juste titre, je pense - que les grandes entreprises embrassent la gauche culturelle comme un moyen de préserver leurs privilèges économiques. (Le Figaro, article cité plus haut)
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Matthew Stewart ne se base pas sur la "race" mais sur le niveau scolaire - et cela laisse aussi en suspens la question du distinguo entre la notion large de famille monoparentale et la notion étroite de "ne pas connaître son père" :
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USA - Criailleries 2 - Rumeurs, controverses, polémiques
Wallaby a répondu à un(e) sujet de rogue0 dans Politique etrangère / Relations internationales
C'est à dire que la justice ne suffit pas. Il faut aller au-delà de la justice. Et cet au-delà de la justice est le pardon. http://www.vatican.va/content/john-paul-ii/fr/encyclicals/documents/hf_jp-ii_enc_30111980_dives-in-misericordia.html Pape Jean-Paul II, encyclique Dives in Misericordia du 30 novembre 1980 Cependant, il serait difficile de ne pas percevoir que, souvent, les programmes fondés sur l'idée de justice et qui doivent servir à sa réalisation dans la vie sociale des personnes, des groupes et des sociétés humaines, subissent en pratique des déformations. Bien qu'il continuent toujours à se réclamer de cette même idée de justice, l'expérience démontre que souvent des forces négatives, comme la rancœur, la haine, et jusqu'à la cruauté, ont pris le pas sur elle. Alors, le désir de réduire à rien l'adversaire, de limiter sa liberté, ou même de lui imposer une dépendance totale, devient le motif fondamental de l'action; et cela s'oppose à l'essence de la justice qui, par nature, tend à établir l'égalité et l'équilibre entre les parties en conflit. Cette espèce d'abus de l'idée de justice et son altération pratique montrent combien l'action humaine peut s'éloigner de la justice elle-même, quand bien même elle serait entreprise en son nom. Ce n'est pas pour rien que le Christ reprochait à ses auditeurs, fidèles à la doctrine de l'Ancien Testament, l'attitude qui se manifeste dans ces paroles: «Œil pour œil, dent pour dent». Telle était la manière d'altérer la justice à cette époque; et les formes modernes continuent à se modeler sur elle. Il est évident, en effet, qu'au nom d'une prétendue justice (par exemple historique, ou de classe), on anéantit parfois le prochain, on tue, on prive de la liberté, on dépouille des droits humains les plus élémentaires. L'expérience du passé et de notre temps démontre que la justice ne suffit pas à elle seule, et même qu'elle peut conduire à sa propre négation et à sa propre ruine, si on ne permet pas à cette force plus profonde qu'est l'amour de façonner la vie humaine dans ses diverses dimensions. L'expérience de l'histoire a conduit à formuler l'axiome: summum ius, summa iniuria, le summum du droit, summum de l'injustice. Cette affirmation ne dévalue pas la justice, et n'atténue pas la signification de l'ordre qui se fonde sur elle; mais elle indique seulement, sous un autre aspect, la nécessité de recourir à ces forces encore plus profondes de l'esprit, qui conditionnent l'ordre même de la justice. Le monde des hommes pourra devenir «toujours plus humain» seulement lorsque nous introduirons, dans tous les rapports réciproques qui modèlent son visage moral, le moment du pardon, si essentiel pour l'Evangile. Le pardon atteste qu'est présent dans le monde l'amour plus fort que le péché. En outre, le pardon est la condition première de la réconciliation, non seulement dans les rapports de Dieu avec l'homme, mais aussi dans les relations entre les hommes. Un monde d'où on éliminerait le pardon serait seulement un monde de justice froide et irrespectueuse, au nom de laquelle chacun revendiquerait ses propres droits vis-à-vis de l'autre; ainsi, les égoïsmes de toute espèce qui sommeillent dans l'homme pourraient transformer la vie et la société humaine en un système d'oppression des plus faibles par les plus forts, ou encore en arène d'une lutte permanente des uns contre les autres. De façon plus laïque, on parle de "justice restaurative" ou de "justice réparatrice", à l'instar de ce qu'a fait la commission "vérité et réconciliation" d'Afrique du Sud. La justice n'est qu'une étape. Elle doit conduire à la réconciliation. -
Coronavirus - Covid 19
Wallaby a répondu à un(e) sujet de Lordtemplar dans Politique etrangère / Relations internationales
Apparemment les passagers sont en attente de leurs tests. Le navire comptait également près de 180 passagers partis le 25 juillet. Aucun n’a signalé de symptômes liés au Covid-19 au cours du voyage selon la compagnie. Tous ont été débarqués à leur arrivée vendredi mais une soixantaine d’entre eux sont depuis en quarantaine à Tromsø, précise samedi la compagnie. L’Institut norvégien de santé publique n’exclut pas la découverte de nouveaux cas, mais nous n’aurons la réponse qu’une fois les tests effectués, a indiqué une responsable de l’Institut norvégien de santé publique, qui recommande à tous les passagers la mise en quarantaine en attendant leurs résultats. L'article qui fait le lien entre confinement et suicide est un rappel important tendant à faire penser que les mesures de confinement ne peuvent pas être décidées à la légère sur des bases idéologiques et politiciennes, sous la pression de lobbys, et sans base scientifique permettant de circonscrire la limite entre l'utile et l'inutile. -
Russie et dépendances.
Wallaby a répondu à un(e) sujet de Tactac dans Politique etrangère / Relations internationales
https://www.spiegel.de/politik/ausland/russland-tausende-gehen-weiter-fuer-inhaftierten-ex-gouverneur-auf-die-strasse-a-abd02905-88cc-447f-aadc-8cf66caec1d9 (1er août 2020) Ils ont crié : "Furgal, c'est notre choix !" Les manifestants dans l'est de la Russie ont de nouveau demandé pacifiquement la libération de l'ex-gouverneur de Khabarovsk. C'était le 22e jour des manifestations. Selon les médias locaux, cependant, moins de personnes ont participé aux manifestations, certaines sous une pluie battante, que le week-end précédent. Les autorités ont parlé de 3500 manifestants. -
Coronavirus - Covid 19
Wallaby a répondu à un(e) sujet de Lordtemplar dans Politique etrangère / Relations internationales
Je ne savais pas que les croisières avaient repris : https://www.ouest-france.fr/europe/norvege/coronavirus-33-membres-d-equipage-positifs-sur-un-bateau-norvegien-des-passagers-en-quarantaine-6925437 (1er août 2020) Sur les 158 membres présents à bord du MS Roald Amundsen, 33 ont été testés positifs au Covid-19, tandis que 120 ont été testés négatifs. -
Allemagne
Wallaby a répondu à un(e) sujet de Wallaby dans Politique etrangère / Relations internationales
https://www.t-online.de/nachrichten/deutschland/id_88325752/in-berlin-grossdemonstration-gegen-corona-politik-wird-aufgeloest.html (1er août 2020) Des milliers de personnes à Berlin ont demandé la levée des mesures sur le coronavirus. Une manifestation et un rassemblement ont été interrompus prématurément en raison de violations des règles d'hygiène. La police de Berlin a commencé tôt samedi soir à disperser une grande manifestation à Berlin contre la politique de Corona du gouvernement fédéral. Un porte-parole de la police a déclaré à t-online.de que les organisateurs ne pouvaient pas garantir que les conditions eu égard au coronavirus seraient remplies. Selon la police, 20 000 personnes y ont participé, la plupart ne portant pas de masque et ne gardant pas leurs distances. "Nous travaillons sur l'ordre de dissolution. De notre point de vue, les organisateurs ne peuvent plus garantir le respect des distances et le port de masque", a déclaré la police à t-online.de dans l'après-midi. -
USA - Criailleries 2 - Rumeurs, controverses, polémiques
Wallaby a répondu à un(e) sujet de rogue0 dans Politique etrangère / Relations internationales
Pardon, mais en Suisse il y a des référendums régulièrement. Aux Etats-Unis aussi. Dans l’Athènes antique, il n'y avait pas de représentants. Les citoyens se réunissaient sur l'Agora. Le criminel est un schizophrène. Au moment où il enfreint la loi, il ne veut pas la loi, mais un instant avant ou 5 ans ou 10 ans de prison plus tard, il voulait ou il voudra la loi. D'ailleurs, suivant le bouddhisme, il n'y a pas de "soi". Il y a une série discontinue de personnages qui habitent successivement un corps de façon anarchique. Il y a une critique qui peut être faite aussi sous l'angle de ce que Hannah Arendt a dit sur l'état d'apatride, qui est la pente glissante qui crée des sous-citoyens, et des sous-hommes, et qui est la pente glissante vers toutes sortes d'abus. -
USA - Criailleries 2 - Rumeurs, controverses, polémiques
Wallaby a répondu à un(e) sujet de rogue0 dans Politique etrangère / Relations internationales
C'est très profond comme idée. Tu devrais relire le "Contrat Social" de Jean-Jacques Rousseau. Il y explique qu'appliquer les lois, c'est pour le citoyen vouloir librement ce qu'il veut comme participant à la volonté générale du corps politique. Ainsi, le criminel veut librement être puni par la loi à l'élaboration de laquelle il a participé comme citoyen. C'est parce qu'il est citoyen que le criminel accepte sa punition. Par contre si tu lui otes sa citoyenneté, il n'a plus aucune raison d'accepter sa peine. Sa peine n'a plus de légitimité. -
USA - Criailleries 2 - Rumeurs, controverses, polémiques
Wallaby a répondu à un(e) sujet de rogue0 dans Politique etrangère / Relations internationales
Le fameux "opium du peuple" dont parlait Marx... -
USA - Criailleries 2 - Rumeurs, controverses, polémiques
Wallaby a répondu à un(e) sujet de rogue0 dans Politique etrangère / Relations internationales
Surtout, le casus belli, c'est qu'il est interdit de parler... de Trump Le service interdit également une liste spécifique de 20 "dirigeants étrangers ou personnalités sensibles" dont Kim Jong-il, Kim Il-sung, Mahatma Gandhi, Vladimir Poutine, Donald Trump, Barack Obama, Kim Jong-un, Shinzo Abe, Park Geun-Hee, Joko Widodo et Narendra Modi. Xi Jinping, le président chinois, est notamment absent de la liste. (même source) -
USA - Criailleries 2 - Rumeurs, controverses, polémiques
Wallaby a répondu à un(e) sujet de rogue0 dans Politique etrangère / Relations internationales
Parce que cela pose un problème de liberté d'expression : https://www.theguardian.com/technology/2019/sep/25/revealed-how-tiktok-censors-videos-that-do-not-please-beijing TikTok, le populaire réseau social chinois, demande à ses modérateurs de censurer les vidéos qui mentionnent la place Tiananmen, l'indépendance du Tibet ou le groupe religieux interdit Falun Gong, selon des documents ayant fait l'objet d'une fuite et détaillant les directives de modération du site. -
turquie La Turquie
Wallaby a répondu à un(e) sujet de madmax dans Politique etrangère / Relations internationales
Faire une subtile distinction entre "nationalisme" et "mouvement de libération nationale", c'est jouer sur les mots. https://www.cnrtl.fr/lexicographie/nationalisme HIST. [Après la Révolution française] Courant de pensée fondé sur la sauvegarde des intérêts nationaux et l'exaltation de certaines valeurs nationales. Dans son premier sens le nationalisme est (...) très largement marqué dans un sens révolutionnaire et se confond avec la conscience nationale révolutionnaire (encore convient-il de noter que la référence nationale sert de justificatif dans la phase d'expansion territoriale et de conquête, pendant la Révolution elle-même) (R. Martelli,La Nation,Paris, Éd. soc., 1979, p.105). − P. ext., mod. Doctrine, mouvement politique fondé sur la prise de conscience par une communauté de former une nation en raison des liens ethniques, sociaux, culturels qui unissent les membres de cette communauté et qui revendiquent le droit de former une nation autonome. Nationalisme arabe, populaire; nationalisme des peuples colonisés. Président au Néo-Destour, il [Bourguiba] réside assez peu en Tunisie, s'employant de préférence à rechercher pour le nationalisme tunisien des appuis à l'extérieur (Le Monde,19 janv. 1952, p.2, col. 3). -
Allemagne
Wallaby a répondu à un(e) sujet de Wallaby dans Politique etrangère / Relations internationales
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turquie La Turquie
Wallaby a répondu à un(e) sujet de madmax dans Politique etrangère / Relations internationales
C'est caricatural de dire cela. Et pourquoi n'y aurait-il pas de noblesse dans le "politisé", c'est à dire dans la politique ? Parlons du nationalisme grec, celui qui a fait surgir la nation grecque de la domination ottomane au XIXe siècle. En quoi est-ce un "culte de la grandeur" ? En quoi est-ce un "aveuglement idéologique" ? La lucidité aurait été de reconnaître le bonheur de la domination ottomane en Grèce ? La lucidité aurait été pour les Grecs de se taire, de rester bien apolitiques, et individuels, et de ne surtout pas jouer collectif ? -
Coronavirus - Covid 19
Wallaby a répondu à un(e) sujet de Lordtemplar dans Politique etrangère / Relations internationales
Angleterre : https://www.theguardian.com/world/2020/aug/01/two-u-turns-and-lot-of-chaos-its-been-a-painful-week-for-boris-johnson (1er août 2020) Il n'y a pas eu un mais deux demi-tours bruyants cette semaine - sur le voyage en Espagne et les mesures de confinement pour 4,6 millions de personnes dans le nord de l'Angleterre - tous deux annoncés tard dans la soirée et imposés en quelques heures. -
Mozambique
Wallaby a répondu à un(e) sujet de Snapcoke dans Politique etrangère / Relations internationales
https://charliehebdo.fr/2020/07/ecologie/hollande-macron-lassaut-mozambique/ (12 juillet 2020) Hollande (***) file à Cherbourg avec Montebourg, car il s’agit bien entendu du « contrat du siècle ». On s’embrasse, bande de (***). Ce que révèle le rapport des Amis de la Terre cité plus haut, c’est que toutes ces vilenies, comme dans une poupée russe, cachaient encore autre chose : un gigantesque gisement gazier offshore – au large des côtes du Mozambique – de 5 000 milliards de mètres cubes. À qui la palme ? À notre maître Emmanuel Macron, auteur de cette phrase immortelle devant la Convention citoyenne pour le climat, en janvier 2020 : « On découvre de nouveaux gisements et la difficulté qu’on aura collectivement c’est d’expliquer à des pays pauvres qui trouvent des gisements comment il va falloir se passer de ces hydrocarbures ! Par exemple, le Mozambique découvre qu’il a de formidables gisements dans ses eaux territoriales… » Par exemple flagrant délit de double pensée, invention orwellienne désormais universelle. https://www.jeuneafrique.com/1003644/economie/mozambique-passe-darmes-autour-de-la-presence-francaise-dans-les-mega-projets-gaziers/ (19 juin 2020) Le Mozambique, présenté comme l’eldorado gazier de ces prochaines années, profitera-t-il des importants projets développés sur son territoire ? À cette question, l’ONG Les Amis de la Terre répond par la négative. Dans un rapport publié lundi 15 juin, l’association de défense des droits de l’Homme et de l’environnement dénonce l’impact économique, social et environnemental de ces projets et et tire à boulets rouges sur ses promoteurs français : la diplomatie tricolore, le groupe pétrolier Total et deux banques officiant comme conseillers et financeurs, la Société générale et le Crédit agricole. « La France est bien décidée à assurer que cet eldorado gazier profite en premier lieu à ses multinationales, quitte à semer le chaos », dénonce l’ONG. Elle demande aux différents acteurs de renoncer aux projets, qui doivent drainer quelque 60 milliards de dollars d’investissements étrangers dans le pays et permettre d’exploiter une manne gazière estimée à 5000 milliards de m3, soit la neuvième réserve au monde. -
ZEE française La France d'Outre-mer et son voisinage
Wallaby a répondu à un(e) sujet de Gibbs le Cajun dans Politique etrangère / Relations internationales
https://www.huffingtonpost.fr/entry/macron-sur-les-iles-eparses-un-deplacement-hautement-symbolique_fr_5daf2d3fe4b08cfcc323450b (23 octobre 2019) Le geste est autant historique que politique. Emmanuel Macron est devenu le premier président français à se rendre ce mercredi 23 octobre à Glorieuse, une des cinq ”îles Éparses”. Nichées dans le canal du Mozambique et présumées riches en hydrocarbures, ces îles administrées par la France sont revendiquées par Madagascar depuis 1973. En mai, Emmanuel Macron et le président malgache Andry Rajoelina ont annoncé qu’ils allaient reprendre les discussions sur l’avenir de ces îles, via la mise en place d’une commission mixte. Objectif: aboutir à une solution consensuelle d’ici juin 2020, date du 60e anniversaire de l’indépendance de Madagascar. Le président malgache souhaite la restitution de ces îles stratégiques à Madagascar. La France y a une présence militaire, devenue permanente depuis les années 1980. -
Les Balkans, au coeur d'un nouveau "Grand Jeu" ?
Wallaby a répondu à un(e) sujet de Onyx29 dans Politique etrangère / Relations internationales
https://kafkadesk.org/2019/04/04/central-europes-biggest-headache-emigration-not-immigration/ (4 avril 2019) Les pays du groupe de Visegrad d'Europe centrale ne s'inquiètent pas de l'arrivée massive de migrants, ils ont peur que les gens sortent. Selon une vaste enquête sur les attitudes et les opinions, menée dans 14 États membres de l'UE par YouGov pour le Conseil européen des relations extérieures (ECFR), les pays du sud et de l'est de l'Europe, souvent présentés comme les voix anti-immigration les plus radicales du bloc, sont beaucoup plus préoccupés par l'impact de l'émigration. D'autre part, les citoyens des pays occidentaux et du Nord de l'UE (en particulier la Suède, les Pays-Bas et le Danemark - souvent présentés comme des modèles de sociétés tolérantes) considèrent l'immigration comme l'un des plus grands défis à relever. Ces résultats, qui mettent en perspective ce que les gros titres habituels sur le Groupe de Visegrad pourraient suggérer, soulignent le déclin démographique spectaculaire de l'Europe centrale, alimenté par des lois strictes sur l'immigration, de faibles taux de natalité et une forte poussée d'émigration des jeunes générations - qui se dirigent généralement vers l'Ouest pour trouver de meilleurs emplois et des salaires plus élevés. Outre le fait que les immigrants extracommunautaires représentent une infime partie de la population des pays d'Europe centrale, cela explique pourquoi l'émigration, plutôt que l'immigration, est considérée comme un problème clé. Si la plus forte baisse démographique parmi les pays de l'UE a été enregistrée en Roumanie (-10 % de sa population au cours de la dernière décennie), les populations hongroise et polonaise ont également diminué au cours des dix dernières années. La Slovaquie et la République tchèque ont réussi à connaître une (maigre) croissance démographique, principalement en raison de l'arrivée d'immigrants étrangers en provenance de l'Est (Ukraine, Roumanie, Bulgarie...). -
Le Brésil, le géant de l'Amérique du Sud
Wallaby a répondu à un(e) sujet de Philippe Top-Force dans Politique etrangère / Relations internationales
https://journals.openedition.org/bresils/3029 (2018) Maud Chirio, Le rôle des militaires dans la déstabilisation de la démocratie brésilienne (2015-2018) Ce projet de militarisation de la scène politique – à la fois des instances législatives et de l’Exécutif fédéral – n’est pas le monopole d’une extrême-droite isolée, liée à la figure singulière de Jair Bolsonaro. Le pouvoir, depuis le coup d’État parlementaire d’avril 2016, s’est déjà militarisé. Michel Temer, désireux de s’assurer la fidélité des états-majors, a accédé à leur principale revendication : une augmentation très nette, en particulier dans un contexte de grave crise économique, du budget du ministère de la Défense. Surfant sur la popularité des forces armées dans le contexte de discrédit du système politique, il s’est entouré de généraux. Le Cabinet de Sécurité Institutionnel (Gabinete de Segurança Institucional, GSI), sorte de comité de sécurité lié directement à la présidence, supprimé par Dilma Rousseff en 2015, a été restauré et confié au général Sérgio Etchegoyen. Etchegoyen vient d’une vieille famille militaire, dont les membres les plus célèbres sont son père et son oncle, Leo et Ciro, hauts responsables de la répression politique sous la dictature, dénoncés par la Commission Vérité pour leur responsabilité et participation directe dans des assassinats et la torture d’opposants. Le général Sérgio Etchegoyen s’est d’ailleurs élevé publiquement contre ces dénonciations et contre l’existence de la CNV en général. Très conservateur, adepte de la militarisation la plus poussée possible des opérations de sécurité urbaine, il est actuellement considéré comme le plus proche collaborateur du président. Temer a également nommé des généraux à des fonctions réservées, depuis 1988, à des civils : la direction de la Fondation Nationale de l’Indien (Funai), du Secrétariat National de la Sécurité Publique et surtout du Ministère de la Défense confié, depuis février 2018, à Joaquim Silva e Luna, général de la réserve de l’armée de terre. La présence accrue de généraux dans l’Exécutif fédéral est indissociable de politique de militarisation du maintien de l’ordre, qu’a embrassée Michel Temer. Au Brésil, c’est une gendarmerie organisée par les différents États de la fédération, la Police Militaire, qui a la charge principale de la sécurité urbaine. Mais l’armée de terre peut également être sollicitée par le gouvernement fédéral, dans le cadre d’opérations de « Garantie de la Loi et de l’Ordre » (GLO) prévues par la Constitution, au cours desquelles les troupes sont employées ponctuellement comme forces de police. Le nombre de GLO, qui avait déjà fortement augmenté sous les mandats de Dilma Rousseff, a explosé depuis l’impeachment. En mai 2017, le premier emploi de GLO par Temer a fortement marqué les esprits : il s’agissait de garantir la sécurité des ministères sur l’esplanade du même nom, à Brasilia, lors de manifestations réclamant le renvoi du président, considéré comme illégitime. En février 2018, c’est la sécurité publique de l’ensemble de l’État de Rio de Janeiro qui passe sous la coupe de l’armée, via une GLO, pour un temps indéterminé. À l’argument d’un carnaval particulièrement violent dans la capitale carioca, et malgré l’hostilité de la majorité du Haut Commandement de l’Armée de Terre, la présidence et le général Etchegoyen mettent sur pied l’opération connue sous le nom d’« Intervention fédération de Rio de Janeiro ». Le général Braga Netto, chef du commandement militaire de l’Est, est nommé préfet militaire (interventor). Les succès sont limités et l’intervention amplifie les atteintes aux droits humains des habitants des périphéries urbaines et des favelas. L’interventor et son entourage, appuyés par une partie des états-majors militaires, réclament rapidement que de nouvelles règles s’appliquent aux troupes terrestres : que des mandats d’arrêts collectifs puissent être émis et que permission soit donnée de tirer sur des civils « hostiles » hors d’une situation de légitime défense. Face à la réaction hostile de l’opinion, Temer et Etchegoyen font marche arrière sur ces points, mais ce dernier continue de sous-entendre que le cadre de l’intervention n’est ni la paix civile ni vraiment l’état de droit : « Nous aurons des incidents. Nous sommes dans une guerre. Ça va arriver, c’est prévisible que des choses indésirables arrivent, même des injustices. Mais soit la société veut, soit elle ne veut pas ». L’assassinat le 14 mars 2018 de la conseillère municipale Marielle Franco, militante des droits humains et rapporteure de la commission de surveillance de l’intervention à l’assemblée municipale, ravive l’inquiétude sur la fragilisation supplémentaire de l’état de droit que représente ce rôle supplémentaire donné aux forces armées. -
Les Balkans, au coeur d'un nouveau "Grand Jeu" ?
Wallaby a répondu à un(e) sujet de Onyx29 dans Politique etrangère / Relations internationales
https://www.latimes.com/world-nation/story/2020-07-21/eastern-europe-population-decline-rural-bulgaria (21 juillet 2020) Le déclin démographique en Bulgarie Dans les années 1960, son village, Skomlya, était une petite communauté animée de plus de 200 personnes, bien placée près d'une rivière, d'une ligne de chemin de fer et de l'une des principales routes de la région, dans les contreforts du nord-ouest de la Bulgarie. Aujourd'hui, sa population est tombée à une vingtaine de personnes, dont une douzaine seulement vivent ici à plein temps pendant les durs mois d'hiver. "Nous nous nous effondrons", dit Mladenov. "Il n'y a personne ici - personne." Depuis la fin du communisme il y a 30 ans, le nombre d'habitants a diminué de plus d'un cinquième, passant de près de 9 millions à environ 7 millions. Cela équivaut à peu près au pourcentage de perte observé en Syrie au cours de la dernière décennie - la différence étant que la Syrie était en guerre. Cependant, de toutes les régions du monde qui se dépeuplent, l'Europe de l'Est est la plus touchée. La Lettonie, la Moldavie, l'Ukraine, la Croatie, la Lituanie, la Roumanie, la Serbie, la Pologne et la Hongrie figurent régulièrement parmi les nations du monde qui subissent les pertes les plus importantes. Depuis les années 1990, l'ancien bloc communiste a vu sa population chuter de 18 millions d'habitants, pour atteindre 292 millions - le plus grand cas de dépeuplement au monde non lié à la guerre. Les partis d'extrême droite bulgares ne sont pas aussi forts que ceux des autres pays d'Europe de l'Est. Collectivement, ils ont remporté 14% aux dernières élections nationales, et leur nombre est en baisse. Néanmoins, ils font partie du gouvernement en tant que partenaire de second rang et exercent une influence disproportionnée sur des questions telles que l'immigration. Les personnes qui émigrent sont généralement jeunes et instruites, une fuite des cerveaux qui pourrait freiner la capacité de la Bulgarie à développer son économie. "Cela signifie que nous manquons de personnes pour travailler", explique Adrian Nikolov, expert à l'Institut d'économie de marché de Sofia. "Vous pourriez trouver un bon endroit pour une usine, mais il est très difficile de trouver des travailleurs qualifiés pour celle-ci. Tsvetelina et Svilen Hristov font partie de la fuite des cerveaux : L'été dernier, ils ont déménagé en France avec leurs deux fils pour que Svilen puisse travailler comme conseiller technique pour la Lufthansa. Ils ont insisté sur le fait que leur déménagement était temporaire, pour de meilleures perspectives de carrière. Mais ils ont également déclaré que leur décision était motivée par la frustration face au statu quo et l'inquiétude pour l'avenir de leurs enfants. "La Bulgarie manque de valeurs en ce moment. Je sais que l'UE est en crise en ce moment, mais je crois vraiment aux valeurs [de l'UE]", a déclaré Tsvetelina. "Il y a de la corruption à tous les niveaux [en Bulgarie]". Si de jeunes professionnels instruits comme les Hristov, qui ont participé aux manifestations contre la corruption et voté pour des partis réformistes, quittent le pays, les perspectives d'un véritable changement deviennent encore plus difficiles. De plus, ceux qui partent sont en grande partie dans leurs années de production de bébés. Par conséquent, la population bulgare, comme celle de l'ensemble du monde industrialisé, vieillit. Les finances du pays sont donc mises à rude épreuve. Une population plus âgée a besoin de soutien, notamment en matière de soins de santé et de pensions. Mais comme il y a moins de travailleurs, il y a moins de recettes fiscales pour payer ces services. Et, selon les économistes, la perte de population entraîne généralement une croissance économique plus faible sur le long terme, car il y a moins de travailleurs pour produire les choses et moins de personnes pour acheter les produits. Des pans entiers du pays commencent à ressembler à la zone fantôme autour de l'ancienne centrale nucléaire de Tchernobyl en Ukraine - abandonnée et figée dans le temps.