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Alexis

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Tout ce qui a été posté par Alexis

  1. Au risque - une certitude - de faire dans le HS, voici un peu de poésie latine afin de nourrir nos sensibilités artistiques Caesarem legato allacrem Ille portavit assumpti Julio Ces munitions sont en effet interdites par la Convention sur les armes à sous-munitions, signée et ratifiée par de nombreux pays Certes, son application n'est pas universelle. Mais seuls de petits pays sans guère de poids ne l'ont pas signée, comme Etats-Unis, Chine ou Russie, et puis Inde, Corée du Sud, Pakistan, Ukraine, Turquie... Ce n'est pas bien grave Les principales puissances européennes l'ont bien signée, notamment France et Grande-Bretagne, ce qui garantit au moins qu'à la prochaine explication de gravures entre nous et les Godons, aucune arme à sous-munitions ne sera employée
  2. Je poste ici ma réponse à des échanges initiés sur l'autre fil... qui sont mieux ici Les choses sont visiblement assez compliquées, voire paradoxales "Nous sortons d'ici très rassurés et très heureux de nos échanges", a déclaré Macky Sall aux journalistes à l'issue d'un entretien de trois heures à Sotchi, dans le sud de la Russie, ajoutant avoir trouvé le président russe "engagé et conscient que la crise et les sanctions créent de sérieux problèmes aux économies faibles, comme les économies africaines" (...) Macky Sall a souligné que "la majorité des pays africains" avait "évité de condamner la Russie" lors de deux votes de l'ONU et, qu'avec "l'Asie, le Moyen-Orient ainsi que l'Amérique latine, une bonne partie de l'humanité" avait préféré se tenir à l'écart du conflit. Le président sénégalais a également relevé que les tensions alimentaires avaient été aggravées par les sanctions occidentales, qui affectent la chaîne logistique, commerciale et financière de la Russie. Il a donc appelé à ce que le secteur alimentaire soit "hors des sanctions" imposées par les Occidentaux contre Moscou. En raison de ces mesures punitives, "nous n'avons plus accès aux céréales venant de Russie, mais surtout aux engrais", a affirmé Macky Sall, jugeant que cela créait "de sérieuses menaces sur la sécurité alimentaire du continent". Ce qui est paradoxal, c'est que Macky Sall n'avait pas tant de raisons que cela d'être rassuré de ce que lui a déclaré Poutine, qui a suggéré l'exportation de céréales ukrainiennes par voie terrestre (mais on sait déjà que les volumes sont bien moindres), ou bien par Marioupol contrôlé par la Russie (mais on sait déjà que les Ukrainiens refusent), ou bien par Odessa si seulement les Ukrainiens voulaient bien enlever les mines qui bloquent le port d'ailleurs j'ai promis que dans ce cas je n'en profiterai pas pour attaquer Odessa par la mer (mais les promesses de Poutine ne sont pas acceptées par les Ukrainiens, allez savoir pourquoi) Il y a une marge pour la diplomatie bien sûr. Mais se dire "très rassuré", c'est quand même surprenant ? Il est encore paradoxal qu'il affirme qu'en raisons des sanctions occidentales sur la logistique et les paiements "nous n'avons plus accès" aux céréales et engrais russes. C'est paradoxal parce que c'est au présent, il n'en parle pas comme d'un risque pour l'avenir ce qui serait bien plus convaincant. Or les exportations russes de blé étaient triples en avril 2022 de ce qu'elles étaient en avril 2021. Quant aux difficultés créées par les sanctions occidentales destinées à bloquer le commerce extérieur de la Russie, elles ont été surmontées par exemple par le Brésil qui achète des engrais russes Le Brésil s'est empressé d'acheter des engrais russes juste avant l'invasion afin de maintenir les livraisons au début de la guerre. Et bien que l'achat d'engrais russes n'ait pas été interdit, les acheteurs brésiliens ont dû faire face à des sanctions contre les banques russes et à des obstacles logistiques dont les experts craignaient qu'ils ne mettent fin aux échanges. Mais les acheteurs ont réussi à trouver des moyens de contourner ces obstacles, notamment en utilisant une banque russe exclue des sanctions et en obtenant l'aide de Citigroup à New York. Sall pourrait parfaitement dire "les sanctions occidentales nous créent des difficultés, nous demandons à en être protégés". Il l'avait d'ailleurs déjà dit il y a quelques jours Pour Macky Sall, les sanctions contre les banques russes compliquent les achats de céréales Macky Sall, président du Sénégal et de l’Union africaine (UA), a déclaré lors d’une visioconférence aux dirigeants de l’Union européenne que les sanctions européennes contre les banques russes rendaient très difficiles, voire impossibles, les achats de céréales russes ce qui ne permet pas de résoudre la crise alimentaire. Selon la presse occidentale, il a fait part de ses préoccupations ce mardi en se prononçant en visioconférence lors du sommet de l’UE. « Nos pays sont très préoccupés par les effets secondaires des interruptions provoquées par le blockage du système SWIFT [pour les banques russes]. Quand le système SWIFT est interrompu, cela signifie que même s’il y a un produit, le paiement devient compliqué voire impossible« Mais il va jusqu'à dire "nous n'avons plus accès". C'est forcer le trait ==>L'explication la plus probable est en effet qu'il marche sur des œufs, qu'il ne compte pas forcément sur les exportations ukrainiennes mais plus sur celles de Russie - "surtout" les engrais. Et qu'il fait le nécessaire pour assurer et faciliter leur accès : ne pas vexer Poutine + demander aux Occidentaux d'abaisser les obstacles logistiques et financiers que les Brésiliens certes ont contourné, mais qui ne facilitent pas la tâche et font courir des risques à la sécurité alimentaires des Africains
  3. Tout à fait d'accord. Se satisfaire de "Il m'a dit qu'il serait gentil" alors que Washington peut craindre des conséquences graves pour lui-même si les Ukrainiens venaient à tirer sur le territoire russe avec des armes que l'Amérique aurait fournies... ça ne ressemblerait vraiment pas à la manière américaine. Dans ce genre de cas, leur tendance est plutôt "ceinture, bretelles, slip en béton et pantalon en acier trempé". Et comment ne pas les comprendre ?
  4. Cet article donne quelques précisions - et nuances. Newsweek avance que Poutine aurait reçu un traitement pour un cancer «avancé» en avril (...) Selon le magazine Newsweek, le sujet ferait l'objet d'intenses conversations au sein de la Maison Blanche. Le renseignement aurait fourni sa quatrième évaluation complète à la fin du mois de mai, dans lequel il indiquerait que Vladimir Poutine aurait subi en avril un traitement pour un cancer à un stade avancé, ont confié trois responsables du renseignement qui ont eu accès au rapport à Newsweek. Les mêmes sources ajoutent que le président russe aurait été la cible d'une tentative d'assassinat au mois de mars, sans toutefois livrer de détails. Ces hauts responsables craignent également que Poutine ne soit de plus en plus paranoïaque quant à son emprise sur le pouvoir, un état qui rendrait selon eux de plus en plus imprévisibles ses réactions et le cours des événements en Ukraine. «L'emprise de Poutine est forte mais plus absolue», déclare l'un des officiers ayant lu les rapports. «Les luttes de pouvoir à l'intérieur du Kremlin n'ont jamais été aussi intenses sous son règne, tout le monde sentant que la fin est proche», ajoute-t-il. Ces trois hauts responsables admettent dans le même temps que l'isolement de plus en plus poussé du dirigeant russe rend de plus en plus compliquée la tâche d'évaluer son état de santé avec précision, et ne fait que renforcer les spéculations. «Nous devons prendre garde à ne pas prendre nos désirs pour des réalités», prévient l'une des sources de Newsweek. «Nous avons appris – ou pas – cette leçon de la manière dure avec Oussama ben Laden et Saddam Hussein.» Les informations que le renseignement américain croyait détenir sur l'état de santé de ces deux derniers personnages étaient en fait basées sur des rumeurs alimentées par les intéressés eux-mêmes – ou des proches – pour tromper l'ennemi. Peu après la parution de l'article, le Conseil de Sécurité Nationale a fait parvenir un démenti ferme à Newsweek, affirmant : «Les informations selon lesquelles de telles évaluations de la communauté du renseignement existent ou qu'elles ont été communiquées au président ne sont pas vraies.» «Même s'ils conviennent que les renseignements [selon lesquels Poutine serait en train de mourir] sont fiables, ils ne peuvent pas miser sur une date ni signaler leur soutien à une Russie sans Poutine», commente une des sources de Newsweek, qui conclut : «Poutine est définitivement malade... S'il va bientôt mourir n'est que pure spéculation. Pour autant, nous ne devrions pas être rassurés. (...) Il est toujours dangereux, et le chaos nous attend s'il meurt. Soyez prêts.» Résumons : - Les sources de Newsweek disent avoir eu accès à un rapport du renseignement américain qui dirait que Poutine est atteint d'un cancer avancé. Ce n'est pas "le renseignement américain dit". C'est "Untel que je ne nomme pas dit que le renseignement américain dit" - L'une des sources appelle elle-même à la prudence, rappelant que le renseignement américain a déjà été piégé dans le passé par des rumeurs de santé défaillante lancées par Saddam Hussein et Obama Ben Laden eux-mêmes pour les tromper - L'idée que Poutine serait gravement malade pousse les sources de Newsweek à craindre davantage les décisions que pourrait prendre Poutine. Son état de santé le pousserait en effet à la "paranoïa", le rendrait davantage "imprévisible". Quant aux conséquences de sa disparition, ce serait le "chaos". En somme, il serait vraiment prudent de ne pas trop énerver Poutine, puisqu'il n'a plus rien à perdre ! Bref, cette idée... sert le gouvernement russe. Ou dans un autre genre, ceux des Américains qui veulent limiter au minimum le soutien de leur pays à l'Ukraine. L'idée pourrait très bien être une fabrication des uns comme des autres - D'un autre côté, il est évidemment possible que ce soit vrai. Poutine n'a certes pas l'air mourant, il intervient en public régulièrement, la dernière fois c'était hier 2 juin la vidéo est là. Et il est fort loin de l'état d'un Tchernenko dans ses derniers mois - aux yeux du non-médecin que je suis, il a l'air d'un homme de presque 70 ans dans un état de santé normal. Mais bien sûr, il pourrait mourir le mois prochain, après tout il existe paraît-il des cancers où on a l'air en bonne santé jusqu'au dernier moment. Voire demain par exemple en cas d'assassinat - on ne sait jamais - La même chose peut d'ailleurs être dite d'Emmanuel Macron par exemple, après tout on peut aussi mourir de cancer avant 50 ans, n'est-ce pas, et d'ailleurs l'un de nos présidents n'a t il pas gardé secret un cancer pendant presque 14 ans, la quasi-totalité de la durée de ses deux mandats ? La prudence est de mise, effectivement.
  5. Les AUF1 équipent les régiments d'artillerie des deux brigades blindées. Les donner à l'Ukraine, c'est priver ces brigades de toute artillerie lourde en attendant l'arrivée des Caesar Mk2 prévus pour les remplacer... dans plusieurs années. Affaiblissement grave et de longue durée des forces blindées françaises Les VBCI c'est peut-être davantage envisageable. Mais là encore c'est affaiblir nos deux seules brigades "lourdes", et contrairement à l'artillerie longue portée précise... ça n'aiderait pas vraiment l'Ukraine. Les AMX30 B2 combien sont vraiment disponibles, quelles contraintes logistiques... comme déjà dit par d'autres. AMX10 RCR et ERC90, on n'en a pas beaucoup... et toujours besoin en unité, en attendant les Jaguar dont la livraison est lente. Peut-être certaines unités sont-elles disponibles, déjà remplacées par les premiers Jaguar - mais ce sont alors les plus anciennes ==>Peut-être là une possibilité réelle, mais ce serait peu d'exemplaires. Il ne s'agit pas d'un tabou, mais d'une ligne rouge. Celle définie et répétée par Vladimir Poutine à plusieurs reprises depuis son discours initial d'invasion le 24 février. Les Etats-Unis n'envisagent pas de franchir cette ligne rouge. Joe Biden l'a plusieurs fois exclu, et une nouvelle fois dans son article de "doctrine" sur l'Ukraine publié mardi. Et ce sont les Etats-Unis... la superpuissance herself. Si Emmanuel Macron donnait un tel ordre, quelles seraient les conséquences ? C'est un exercice théorique et je suis persuadé qu'il le restera, mais à mon avis : - Poutine n'aurait pas l'option pratique d'ignorer ce défi. En effet, s'il refusait une réaction dure, il perdrait la crédibilité de ses lignes rouges. De plus, une fois une brèche créée par un escadron de Rafale français, d'autres s'y engouffreraient probablement, Britanniques, Américains... d'où un grave problème pour continuer sa guerre en Ukraine, le laissant devant la seule alternative d'attaquer tous ces pays à la fois, ou de reculer piteusement en une défaite qui lui ferait perdre le pouvoir voire la vie - Il resterait déraisonnable de son point de vue d'utiliser du nucléaire tactique en réponse à une simple quinzaine ou vingtaines de chasseurs occidentaux stationnés en Ukraine. Donc probabilité faible que la réaction soit nucléaire (je ne dis pas qu'elle serait nulle) - Le plus probable serait un bombardement massif de la base aérienne utilisée par l'escadron français. Qui serait probablement en Ukraine - limitant le risque d'escalade du point de vue de Poutine. Si elle était en Pologne - ce qui supposerait en premier lieu que Paris ait réussi à convaincre Varsovie... - la chose serait plus risquée. Mais je ne vois pas d'autre option pour Poutine que de prendre ce risque Perdre une partie importante d'un de nos peu nombreux escadrons Rafale, un certain nombre de militaires de l'AdAE, pour se retrouver devant le choix entre retrait piteux et escalade (frappes aux missiles de croisière sur la Russie ? raids longue distance contre les navires russes ?)... je ne suis pas convaincu. Si l'objectif est de répondre aux propagandistes excités des chaînes TV publiques de Russie, il est tout à fait possible de dépêcher quelque général CR voire même un porte-parole militaire pour détailler à la télé française les conséquences physiques et humaines d'une TNA explosant au-dessus de Mourmansk, ou des 6 TNO d'un M51 bien réparties sur la zone urbaine de Moscou. Mais je ne suis pas sûr que ce soit utile, ni même souhaitable. Nous n'avons pas de propagandistes chargés de travailler la population à l'excitation meurtrière et apocalyptique, et je crois que c'est mieux comme ça. Le fond des choses, c'est que la France se trouve dans une bien meilleure situation stratégique - bien plus calme - que la Russie, sans parler bien évidemment de l'Ukraine. Nous n'avons pas besoin de partir en vrille médiatique. Participer à la curée ? Je crois qu'on n'en est vraiment pas là. Ni la Russie, ni même Vladimir Poutine, n'est dans la position d'un animal traqué promis à bientôt tomber sous les balles des chasseurs. Vraiment pas, je dirais. Quant à l'image de la France, je ferais une différence entre les RS, ou certains commentateurs d'attaque des médias - qui ressemblent assez à des chiens de chasse se croyant à la curée en effet - et les opinions publiques. Sans parler des diplomaties, et des dirigeants et hommes de pouvoir.
  6. Ce narratif est l'un de ceux qui se sont entrechoqués bruyamment en 2014-2015, forçant la Modération à tirer à boulets rouges et à balles réelles. Il me semble fortement biaisé et aussi percé de trous qu'un gruyère, mais comme déjà dit je ne développerai pas Tout a déjà été dit à la grande époque, et les fils Ukraine I, II et III sont toujours en ligne je crois. Back to le sujet du fil pour ce qui me concerne.
  7. Juste. Avec toutefois des questions de nombres et de délais qui se posent. Remettre en état un grand nombre de ces obusiers, la décision en a t elle été prise, si oui combien de temps pour le faire, etc. L'Ukraine a signalé en avoir déjà reçu, mais pas d'indication à ma connaissance sur les nombres. Livrer les missiles TOW - qui sont filoguidés non tire-et-oublie comme les Javelin - combien, quelle version sachant que seule la dernière 2B attaque par le toit... A voir les infos disponibles sur les livraisons prévues / qui pourraient l'être et quand. D'une manière générale, ça fait un moment que perso je ne crois pas du tout à la capacité ukrainienne à reprendre une partie significative des territoires occupés dans l'Est et dans le Sud, mais... ce serait quand même bien qu'il reste une Ukraine indépendante à la fin de ce conflit ! Même si à l'évidence elle sera plus petite. C'est d'ailleurs la manière dont Biden a formulé l'objectif des Etats-Unis dans sa "doctrine" L'objectif de l'Amérique est simple : Nous voulons voir une Ukraine démocratique, indépendante, souveraine et prospère, dotée des moyens de dissuader et de se défendre contre toute nouvelle agression Je crois que tous les pays ouest-européens peuvent signer des deux mains, une fois mises de côté les disputes et postures.
  8. Les quantités apparaissent dans cet article... et il y a une grosse surprise ! Les États-Unis vont fournir 4 systèmes HIMARS à l'Ukraine dans le cadre d'un programme d'armement de 700 millions de dollars. (...) Les quatre systèmes de roquettes d'artillerie à haute mobilité - en abrégé HIMARS - sont déjà prépositionnés en Europe, a déclaré le sous-secrétaire à la défense pour la politique Colin Kahl lors d'un briefing avec les journalistes. Après une période d'entraînement de trois semaines au cours de laquelle les forces ukrainiennes apprendront à utiliser et à entretenir les HIMARS, les systèmes seront transférés en Ukraine. Quatre ! Les Etats-Unis ont plus de 400 de ces lance-roquettes. Ils vont en donner 4, soit 1% de leur parc Bien sûr, les Ukrainiens seront bien contents d'avoir ces quatre engins, puisqu'ils ont actuellement 0 en termes d'artillerie de haute précision et de cette portée. Et bien sûr, les Etats-Unis ne sont pas engagés à quoi que ce soit envers l'Ukraine puisqu'elle n'est pas de leurs alliés. Mais tout de même... l'effort n'est pas bien grand. Le système d'artillerie de haute précision et de plus longue portée dont disposait l'Ukraine jusqu'ici, c'était les Caesar donnés par la France, soit 12 engins dont 6 sont déjà sur le terrain. La France ayant 76 de ces systèmes d'artillerie donne 18% de son parc. (Ce qui n'empêchera certes pas d'aucuns en Europe centrale et Grande-Bretagne de continuer à pontifier sur la prétendue décision de la France de passer l'Ukraine par pertes et profits ...) ==>Washington pourrait aisément fournir 5 ou 10 fois plus de HIMARS à l'Ukraine. S'il ne le fait pas, c'est que les Etats-Unis arrivent à leurs limites politiques sur ce type de matériel Autres précisions intéressantes (...) En plus du système HIMARS, le dernier paquet d'armes comprend : Cinq radars de contre-artillerie Deux radars de surveillance aérienne 1 000 Javelins et 50 unités de lancement de commandement 6 000 armes anti-armure 15 000 munitions d'artillerie de 155 mm Quatre hélicoptères Mi-17 15 véhicules tactiques Pièces de rechange et équipements Rappelons le contexte (je ne recherche pas les liens, ils sont quelque part sur ce fil) : les Etats-Unis avaient 21 000 Javelins en stock, ils en ont déjà donné 7 000 à l'Ukraine, alors que la capacité de production est faible et qu'il faut presque 3 ans pour l'augmenter. En somme, sur ce chapitre des Javelins les Etats-Unis font un réel effort - mais arrivent aux limites de ce qu'il leur est possible de livrer sans mettre en danger leur capacité à intervenir dans une crise ou guerre qui se déclencherait ailleurs dans le Monde dans les prochaines années. Les Ukrainiens pourront certes remercier Washington, qui encore une fois n'a aucune obligation de fournir ce soutien, mais le fournit tout de même. Cependant, si on considère leur point de vue : ils ont déjà reçu 7 000 de ces armes, et la nouvelle livraison n'est que de 1 000 unités... alors que la consommation reste sans doute très élevée. ==>Sur ce type de matériel, les Etats-Unis arrivent aux limites industrielles et opérationnelles de ce qu'ils peuvent fournir C'est l'information principale à mon sens. Et elle me semble décisive pour l'issue de la guerre - L'article publié par le président américain mardi, la "doctrine Biden sur l'Ukraine" était intitulé Ce que l'Amérique fera et ne fera pas en Ukraine Entre autres choses - l'article était concis, clair, aux paroles précises et pesées, il me semble très important - Joe Biden y confirmait que la guerre ne pourrait prendre fin que par une négociation et que c'est l'Ukraine qui déciderait de cette négociation, l'objectif américain étant de l'aider à y entrer dans la meilleure position possible. Au vu des limites opérationnelles et politiques du soutien américain à Kiev qui apparaissent aujourd'hui, ces paroles doivent être réinterprétées... Leur sens réel n'est-il pas "C'est Kiev qui demandera ses conditions à Moscou, nous n'y avons aucune responsabilité" ? Rien d'ailleurs de déraisonnable à cela. Encore une fois, Washington ne doit rien à Kiev. Mais disons que ce n'est pas ce qui est mis en avant dans la plupart des gazettes... - Le président ukrainien communiquait hier des chiffres moyens de pertes très élevés pour les forces ukrainiennes. Pertes qui interrogent : l'armée ukrainienne, même renforcée de volontaires qu'il faut encore former et équiper, peut-elle les soutenir dans la durée, c'est-à-dire pendant des mois plutôt que des semaines ? Cette interrogation est renforcée maintenant qu'il semble confirmé que les Etats-Unis sont aux limites industrielles et politiques de leur soutien, et alors que les Européens n'ont pas la capacité d'y rajouter beaucoup plus au vu de leurs stocks d'armes réduits - la France par exemple avec 12 Caesar sur les 76 qu'elle a est probablement déjà au max du soutien raisonnablement envisageable en termes d'artillerie longue portée. ==>Comment équiper avec des armes sérieuses les nombreux renforts dont l'armée ukrainienne a besoin pour compenser ses pertes, si l'Occident en est aux limites industrielles et politiques du soutien qu'il peut fournir ? Et si ces renforts ne sont équipés que d'armes légères, que pourront-ils faire d'autre que mourir inutilement ? A tout le moins, ces informations doivent dissiper toute illusion que l'Ukraine pourrait être en mesure de reconquérir une partie significative des territoires déjà occupés par les forces russes dans le Donbass, dans les provinces de Kherson et Zaporijjia (sans parler de la partie du Donbass déjà contrôlée par Moscou le 24 février, ou de la Crimée !) A mon avis, elles posent une question grave. Si la propagande interne russe comme quoi l'Ukraine (non "une partie de"...) doit être démilitarisée et "dénazifiée" (c'est-à-dire expurgée des gens qui continueront à dire que l'Ukraine doit être indépendante) doit être prise au pied de la lettre, dans le sens où ce n'est pas seulement un moyen d'exciter la population et de lui faire soutenir l'opération militaire spéciale, mais ce que croit sincèrement le président russe et ce à quoi il est fermement décidé... ... est-ce que ce n'est pas une option dont Vladimir Poutine dispose réellement ?
  9. Ce n'est pas une vision romantique, mais une description aussi factuelle et non polémique que possible : le terme que j'ai utilisé est "entités se revendiquant étatiques". Si c'est ça que tu décrirais comme du romantisme ... Ces entités ont évidemment une forte dépendance vis-à-vis de la Russie. Ce qui n'a rien à voir avec la question, qui était "pourquoi il y a deux républiques séparatistes au Donbass" On peut évidemment choisir d'utiliser des termes polémiques, par exemple j'aurais pu utiliser une autre expression que "nouveau gouvernement arrivé à Kiev à la faveur du renversement du président ukrainien Yanoukovitch". Je ne l'ai pas fait parce que ça n'avait rien à voir avec la question - et que les discussions et débats attenants ont déjà eu lieu en 2014 sur le forum, avec fermeture et ouverture des fils Ukraine I, puis II, puis III, la modération ne sachant plus où donner de la tête (ou du Topol) devant les polémiques enflammées. Je ne vois pas l'utilité de recommencer.
  10. Volodymyr Zelensky : Chaque jour, de 60 à 100 militaires ukrainiens meurent, 500 sont blessés « La situation est très difficile. Nous perdons de 60 à 100 soldats par jour sur le champ de bataille et environ 500 personnes sont blessées au combat. Nous maintenons donc nos périmètres défensifs. La situation la plus compliquée est dans l'est de l'Ukraine, ainsi que dans le sud de Donetsk et de Louhansk » Je vais faire l'hypothèse que contrairement à la coutume en temps de guerre, cette annonce de pertes n'est pas minorée, et que sur ce point Zelenski a adopté la politique "la vérité, même si c'est brutal". Bref, que les pertes ne sont pas encore pires. Ces pertes me semblent vraiment énormes, au point de risquer d'être écrasantes. Un total de 600 pertes chaque jour, cela serait 18 000 par mois ! Même si une partie - importante ? - d'entre eux sont des volontaires récemment engagés, une bonne partie doivent être des engagés de l'armée régulière, qui ne sont pas si nombreux. Combien de temps l'armée ukrainienne peut-elle tenir avec un tel niveau de pertes ? Des semaines, des mois ? Peut-être, probablement même, la situation a t elle récemment empiré. Peut-être l'armée russe aura t elle du mal à maintenir une telle intensité dans ses actions, donc un tel rythme dans les pertes de l'armée adverse - mais d'un autre côté, comme la majorité des pertes sont causées par l'artillerie et la Russie en a pléthore, peut-être est-il possible qu'elle continue... très longtemps ? ==>L'armée ukrainienne risque t elle de continument être dégradée et dépeuplée par ces pertes, que ne pourraient remplacer un flux suffisant de nouveaux soldats suffisamment formés et équipés, jusqu'au point où peut-être elle s'effondrerait ? ==>Ou bien peut-elle échapper à la destruction lente - parce qu'il est en fait possible de former et équiper des volontaires suffisamment rapidement pour les compenser - ou encore parce que même l'artillerie russe ne peut maintenir un tel rythme de pertes chez l'ennemi pendant des mois - ou encore parce que l'action de l'artillerie russe sera bloquée par des feux de contre-batterie suffisamment rapides, à longue portée et précis que des Himars permettront... s'ils arrivent sur le terrain assez nombreux et assez rapidement ? Des sources du média oppositionnel Meduza signalaient qu'au Kremlin, d'aucuns croient réalistes un nouvel assaut sur Kiev et espèrent une victoire totale sur l'Ukraine à l'automne. Pourraient-ils avoir raison ?
  11. Ca date de 2014. Les habitants du Donbass révoltés contre le nouveau gouvernement arrivé à Kiev à la faveur du renversement du président ukrainien Yanoukovitch ont organisé autant de référendums sur l'indépendance vis-à-vis de l'Ukraine qu'il n'y a de provinces ("oblasts") dans le Donbass. Soit deux, oblast de Donetsk et oblast de Louhansk. D'où deux entités se revendiquant étatiques, Républiques populaire de Donetsk et de Louhansk, reconnues par personne... jusqu'à ce que Vladimir Poutine en décide autrement en février 2022.
  12. Faut pas croire, j'avais compris que tu étais ironique Mais malheureusement, y a un certain Vladimir P, un Serguei L et quelques autres qui ont dit des choses similaires... sans ironie aucune. C'est de leur discours à eux que je parlais. Cette affaire n'est bonne pour personne. Sauf peut-être pour les Chinois, qui suivant leur expression "mangent des melons" - les Américains diraient mangent du popcorn - en regardant le spectacle. Cela dit la Russie même si elle a perdu et va sans doute perdre quelques centaines de milliers de citoyens bien formés, n'est pas un pas d'émigration massive comme l'était l'Ukraine déjà avant la guerre (et incomparablement pire maintenant), elle avait trois fois le PIB par habitant de l'Ukraine avant la guerre et ce rapport n'a pas de raison de changer beaucoup sauf au détriment de l'Ukraine, enfin évidemment elle n'a pas subi les destructions énormes déjà effectives sans compter celles qui sont probables d'ici la fin de la guerre... Et ça c'est la situation actuelle. Ca pourrait fort bien empirer, pour tout le monde mais surtout pour l'Ukraine. Je n'en suis pas sûr, et par ailleurs je ne pense pas qu'un individu qu'on a vu en scaphandre au plus fort de la pandémie covid, qui se protège de toute contamination par un soin maniaque sans craindre le ridicule ni les tables démesurément longues, bref qui bien au-delà de la peur de la Faucheuse que nous partageons tous semble terrorisé par la mort... puisse se satisfaire d'une "bonne chance". Trump, avec tous ses évidents défauts, semble sur ce point un être humain nettement plus normal, même si avec quelques années de plus il risquait certainement davantage que le président russe. On ne l'a jamais vu en scaphandre ni au bout d'une longue table, et d'ailleurs il a fini par choper le virus. C'est un scénario plausible en effet, la guerre qui continue indéfiniment autour d'une ligne de front qui ne bouge plus guère, parce que les deux camps ont épuisé leurs capacités à tenter véritablement une percée, mais négociation sérieuse ou même cessez-le-feu pas question, la "lutte contre le nazisme" ne souffre pas de pause. Il y en a d'autres, notamment escalade russe pour forcer la décision - armes chimiques en masse contre les lignes de défense par exemple, ou suppression des réseaux électriques de l'Ukraine pour faire s'effondrer son économie et empêcher la poursuite du soutien à son armée. Ou la révolution de palais, effectivement. Cela dit, la population russe semble dans l'ensemble bien calme, du moins pour l'instant - enfin, sauf ceux qui s'excitent sur le mode nationaliste - et les oligarques n'ont clairement pas le pouvoir. Les siloviki pourraient-ils se retourner contre le président ? A voir... mais s'ils le faisaient, cela pourrait aussi être pour imposer un dirigeant encore plus radical.
  13. Merci pour les docs intéressants, mais... au cours actuel du napoléon, 1 franc-or = 17 €. Des dizaines de milliards de francs or, cela signifie des centaines de milliards d'euros. Ca semble bien être l'ordre de grandeur de la reconstruction dont aura besoin l'Ukraine... dont le PIB 2020 se limitait à 155 milliards. Investir deux, trois ou cinq fois son propre PIB dans sa reconstruction ? Euh ... La Russie qui entre en guerre "parce que l'OTAN se rapproche"... alors qu'il était déjà à 100 km de St Pétersbourg (par l'Estonie) comme de Mourmansk (par la Norvège) ? Prétexte évident. Je comprends l'opération militaire spéciale de Poutine comme étant initialement une guerre nationaliste, menée à des fins d'expansion par un dirigeant se présentant comme le nouveau "rassembleur des terres russes". L'objectif véritable n'était ni stratégique ni économique, mais civilisationnel : "réparer" la Russie prétendument mutilée par la dérive de l'Ukraine vers l'Ouest et reconstituer le "monde russe". Poutine aime l'Ukraine comme Bismarck aimait la Bavière ou l'Alsace : c'est-à-dire à condition qu'elle obéisse au Centre (Moscou / Berlin) Puisque l'"OMS" s'est si mal passée pendant les premières semaines, elle est devenue une guerre de survie du régime. Poutine et son régime ont besoin de quelque chose qui ressemble à une victoire convaincante afin de pouvoir affirmer que la décision de lancer l'OMS était correcte, que les inconvénients subis et les sacrifices consentis en sont justifiés, de peur de perdre le pouvoir (et probablement la vie) si elle se terminait par un désastre ostentatoire. Il fera tout ce qu'il estimera nécessaire et qui lui sera physiquement possible pour parvenir à ce stade de "victoire convaincante".
  14. Je crois que c'est important. Le président des Etats-Unis a publié un essai dans le New York Times Ce que l'Amérique fera et ne fera pas en Ukraine. C'est clair, aussi concis que possible, et chaque expression, chaque mot est pesé ==>Chaque mot est donc à peser et bien comprendre On pourrait l'appeler la Doctrine Biden sur l'Ukraine L'invasion que Vladimir Poutine pensait ne durer que quelques jours est maintenant dans son quatrième mois. Le peuple ukrainien a surpris la Russie et inspiré le monde entier par son sacrifice, sa ténacité et ses succès sur le champ de bataille. Le monde libre et de nombreuses autres nations, avec les États-Unis en tête, se sont ralliés aux côtés de l'Ukraine avec un soutien militaire, humanitaire et financier sans précédent. Alors que la guerre se poursuit, je veux être clair sur les objectifs des États-Unis dans ces efforts. L'objectif de l'Amérique est simple : Nous voulons voir une Ukraine démocratique, indépendante, souveraine et prospère, dotée des moyens de dissuader et de se défendre contre toute nouvelle agression. Comme l'a dit le président ukrainien Volodymyr Zelensky, cette guerre "ne prendra définitivement fin que par la diplomatie". Chaque négociation reflète les faits sur le terrain. Nous avons agi rapidement pour envoyer à l'Ukraine une quantité importante d'armes et de munitions afin qu'elle puisse se battre sur le champ de bataille et être dans la position la plus forte possible à la table des négociations. C'est pourquoi j'ai décidé que nous fournirons aux Ukrainiens des systèmes de roquettes et des munitions plus avancés qui leur permettront de frapper plus précisément des cibles clés sur le champ de bataille en Ukraine. Nous continuerons à coopérer avec nos alliés et partenaires sur les sanctions russes, les plus sévères jamais imposées à une grande économie. Nous continuerons à fournir à l'Ukraine des armements de pointe, notamment des missiles antichars Javelin, des missiles antiaériens Stinger, de puissants systèmes d'artillerie et de roquettes de précision, des radars, des drones, des hélicoptères Mi-17 et des munitions. Nous enverrons également des milliards de dollars supplémentaires en aide financière, comme l'a autorisé le Congrès. Nous travaillerons avec nos alliés et partenaires pour faire face à la crise alimentaire mondiale que l'agression de la Russie aggrave. Et nous aiderons nos alliés européens et d'autres pays à réduire leur dépendance à l'égard des combustibles fossiles russes, et à accélérer notre transition vers un avenir énergétique propre. Nous continuerons également à renforcer le flanc oriental de l'OTAN avec les forces et les capacités des États-Unis et d'autres alliés. Et tout récemment, j'ai accueilli favorablement les demandes d'adhésion à l'OTAN de la Finlande et de la Suède, une décision qui renforcera la sécurité globale des États-Unis et de la région transatlantique grâce à l'arrivée de deux partenaires militaires démocratiques et très compétents. Nous ne cherchons pas une guerre entre l'OTAN et la Russie. Bien que je ne sois pas d'accord avec M. Poutine et que je trouve ses actions scandaleuses, les États-Unis ne chercheront pas à provoquer son éviction à Moscou. Tant que les États-Unis ou nos alliés ne seront pas attaqués, nous ne serons pas directement engagés dans ce conflit, que ce soit en envoyant des troupes américaines combattre en Ukraine ou en attaquant les forces russes. Nous n'encourageons ni ne permettons à l'Ukraine de frapper au-delà de ses frontières. Nous ne voulons pas prolonger la guerre uniquement pour infliger des souffrances à la Russie. Mon principe tout au long de cette crise a été "Rien sur l'Ukraine sans l'Ukraine". Je ne ferai pas pression sur le gouvernement ukrainien - en privé ou en public - pour qu'il fasse une quelconque concession territoriale. Il serait erroné et contraire à des principes bien établis de le faire. Les négociations entre l'Ukraine et la Russie ne sont pas bloquées parce que l'Ukraine a tourné le dos à la diplomatie. Elles sont bloquées parce que la Russie continue de mener une guerre pour prendre le contrôle d'une partie aussi importante que possible de l'Ukraine. Les États-Unis continueront à œuvrer pour renforcer l'Ukraine et à soutenir ses efforts pour parvenir à une fin négociée du conflit. L'agression non provoquée, le bombardement de maternités et de centres culturels, et le déplacement forcé de millions de personnes font de la guerre en Ukraine une question morale profonde. J'ai rencontré des réfugiés ukrainiens en Pologne - des femmes et des enfants qui ne savaient pas ce que serait leur vie, ni si les êtres chers restés en Ukraine allaient s'en sortir. Aucune personne de conscience ne peut être insensible à la dévastation de ces horreurs. Soutenir l'Ukraine en cette heure de détresse n'est pas seulement la bonne chose à faire. Il est dans notre intérêt national vital de garantir une Europe pacifique et stable et de faire comprendre que la force ne fait pas le droit. Si la Russie ne paie pas un lourd tribut pour ses actions, cela enverra un message à d'autres agresseurs potentiels leur indiquant qu'ils peuvent eux aussi s'emparer de territoires et soumettre d'autres pays. Cela mettra en péril la survie d'autres démocraties pacifiques. Et cela pourrait marquer la fin de l'ordre international fondé sur des règles et ouvrir la porte à des agressions ailleurs, avec des conséquences catastrophiques dans le monde entier. Je sais que de nombreuses personnes dans le monde sont préoccupées par l'utilisation d'armes nucléaires. À l'heure actuelle, rien n'indique que la Russie ait l'intention d'utiliser des armes nucléaires en Ukraine, même si la rhétorique occasionnelle de la Russie visant à agiter le sabre nucléaire est en soi dangereuse et extrêmement irresponsable. Soyons clairs : toute utilisation d'armes nucléaires dans ce conflit, quelle que soit son ampleur, serait totalement inacceptable pour nous comme pour le reste du monde et entraînerait de graves conséquences. Les Américains maintiendront le cap avec le peuple ukrainien parce que nous comprenons que la liberté n'est pas gratuite. C'est ce que nous avons toujours fait lorsque les ennemis de la liberté cherchent à intimider et à opprimer des innocents, et c'est ce que nous faisons maintenant. Vladimir Poutine ne s'attendait pas à ce degré d'unité ou à la force de notre réponse. Il s'est trompé. S'il pense que nous allons vaciller ou nous fracturer dans les mois à venir, il se trompe également.
  15. La ressemblance principale entre les deux personnages, c'est la combinaison de : - Volonté de former un Empire en rassemblant et absorbant des Etats certes partageant la même langue mais désunis, dans l'idée de restaurer et continuer un Empire du passé, le Ier Reich du Moyen-Age pour l'un, la Russie des XVIIIème-XXème siècles pour l'autre - Utilisation sans état d'âme, voire à l'occasion implacable, de la méthode "Blut und Eisen", le sang et le fer c'est-à-dire la violence d'Etat L'habileté stratégique ça se discute. Bismarck est quelqu'un qui a réussi, par exemple en Bavière. Et échoué en Alsace - dont il d'ailleurs laissé faire l'annexion, qui n'a été ensuite qu'une source de problèmes pour le IIème Reich, en empêchant une réconciliation avec la France après 1871 comme il y en a eu avec l'Autriche après 1866. Et le Reich fondé par Bismarck n'a au final duré que 47 ans... même si en un autre sens il existe toujours puisque l'Allemagne est unie et que c'est l'œuvre de Bismarck. Succès à nuancer pour dire le moins Poutine est quelqu'un... dont on ne sait pas encore s'il va réussir en Ukraine. Même si ça part mal à l'évidence, il faut garder à l'esprit que ce n'est pas terminé. Je verrais davantage le scénario "Ukraine = Alsace géante", mais un scénario intermédiaire "une partie de l'Ukraine = Bavière, le reste on est obligés de les laisser tranquilles" n'est pas exclu, voire un scénario néostalinien "Ukraine = Alsace certes, mais comme on a pris le contrôle et qu'on utilise les méthodes du grand Iosif... à la fin seuls les "Bavarois" resteront, les "Alsaciens" seront exilés ou à six pieds sous terre"
  16. D'un autre côté, si l'objectif est de préparer à une escalade potentielle... l'idée doit bien être de laisser des traces dans la population. Il s'agit après tout bien de convaincre que - les difficultés économiques que connaîtra la Russie d'ici la fin de l'année par manque de certaines pièces détachées, - les lourdes pertes de l'opération militaire spéciale, - l'escalade qui pourrait être décidée dans les semaines ou mois à venir pour briser la résistance de l'armée ukrainienne etc. tout cela d'une part "a été imposé à la Russie", d'autre part que le pays peut faire face, qu'il a même la possibilité d'escalader, qu'il est assez fort pour l'emporter dans une guerre par procuration contre l'OTAN, que le "peuple vainqueur" auquel le président rend hommage chaque 9 mai saura une nouvelle fois s'imposer. Ce n'est pas avec des petites fleurs ni de la tisane que l'on peut obtenir un tel effet. Il y faut des liqueurs fortes... @Arland C'est bien au-delà de ce que fut la présidence Trump. D'une part Trump était entouré de gens orientés "système" ou "continuité de la politique menée jusque-là" qui tentaient de limiter ses initiatives et ses degrés de liberté. D'autre part Trump était par son naturel bien plus un vantard et un paresseux qu'un homme d'action et de détermination. Il a fait beaucoup plus de bruit qu'il n'a changé les choses. Il voulait se faire valoir, pas laisser une trace dans l'Histoire - puisque ça lui aurait demandé beaucoup plus de... travail. En Russie aujourd'hui, c'est le "système" lui-même - médias, entourage de Poutine - qui va dans une seule et même direction. Souvent bien au-delà de ce que dit le président, qu'il s'agisse d'un artifice pour laisser penser que Poutine lui-même serait un relatif modéré, ou d'un phénomène spontané d'excitation et de surenchère, une pensée de groupe tantôt suivant tantôt précédant le Chef. Quant au naturel de Poutine, en vingt ans de pouvoir il a déjà beaucoup changé son pays, le manque de détermination ne semble pas être son défaut principal, et ses références permanentes à l'Histoire montrent bien qu'il ne s'intéresse guère plus qu'à la trace qu'il laissera dans l'Histoire de son pays, et au rêve d'être l'égal d'un Pierre le Grand ou une Catherine la grande... même s'il faut pour cela utiliser les méthodes d'un Ivan le Terrible. Trump en tant que dirigeant était un petit garçon turbulent. Poutine est un équivalent russe de Bismarck.
  17. C'est le même projectile qu'utilisent les M270 LRU - lance-roquettes unitaires - français. Des détails sur la bête : portée maximale entre 70 et 84 km, ECP entre 4 m et 15 m, 90 kg d'explosif Une présentation plus complète, en anglais et une discussion de l'aide que représentera ce matériel pour l'Ukraine. Vision nuancée, que l'on pourrait résumer par : certainement utile, peut-être pas de quoi renverser le rapport de forces.
  18. Le mot "fada", à mes oreilles de Normand évoque un compatriote du Sud un peu fantaisiste voire gentiment fou mais sympathique. Pas vraiment le genre des propagandistes et agitateurs professionnels que sont les Soloviev, Kiseliov et autres Skabayeva ... Voici le passage dont on parle, avec sous-titres en anglais Disons que Mme Skabayeva n'y va pas avec le dos de la cuillère... "Nous sommes forcés de démilitariser non seulement l'Ukraine, mais l'ensemble de l'OTAN", ah bon ? On maintient l'excitation avec de grandes formules. Mais enfin qui peut les comprendre littéralement ? La question, c'est l'état des stocks énormes hérités de l'Union soviétique. Je ne connais pas d'indication fiable sur le pourcentage de ces stocks qui pourrait être remis en état. A titre d'exemple, la page Wikipédia en russe sur l'AdT russe indique 2 800 tanks en unités - mais plus de 16 000 en stocks. 5 000 BMP en unités - mais presque 20 000 en stocks. Etc. Même si seule une fraction des stocks peut être remise en état à échéance de quelques mois, je m'attends quand même à ce que la ressource humaine formée soit le facteur limitant. Non le matériel. Noter toutefois que la remarque s'applique aussi à l'Ukraine...
  19. "Lâcheté" allemande ? Bon, il faut clairement chercher qui sont les coupables de ce scandale. Mais à creuser un peu plus, il semble bien que ce soit... les Suisses ! En tout cas, Rheinmetall propose d’aller encore plus loin. En effet, selon Reuters, qui a confirmé une information du journal Welt am Sonntag, l’industriel a demandé au gouvernement fédéral une licence pour exporter 100 Marder vers l’Ukraine. Ces véhicules seraient restaurés par ses soins dans « les mois à venir ». La demande de Rheinmetall doit être examinée par le Conseil de sécurité nationale, présidé par le chancelier Olaf Scholz. Ce dernier, critiqué pour ses hésitations à livrer des armes « lourdes » à l’Ukraine, serait ainsi obligé de clarifier sa position… Cependant, d’après le journal SonntagsZeitung, Berne a refusé d’accorder à Berlin l’autorisation d’envoyer en Ukraine des munitions produites en Suisses et qui, par ailleurs, seraient utilisées par le Marder, ce blindé étant armé d’un canon Rheinmetall Mk20 Rh-202 de 20 mm, d’un lance-missiles antichar MILAN et d’une mitrailleuse MG3 de 7,62 mm. Voilà, un blindé c'est très bien, mais avec les munitions c'est quand même mieux. Les grands méchants sont donc les Helvètes ! Ce sont eux les "lâches" ! Mais un moment... Et les Israéliens ? Oui, parce que les Israéliens aussi ont refusé l'exportation en Ukraine par les Etats-Unis de missiles antichar modernes Spike dont ils possèdent la licence. Et pourquoi ? Eh bien Plus précisément, un responsable israélien a déclaré qu'Israël craignait que "des soldats russes soient tués par des armes de fabrication israélienne" C'est là qu'on voit que les Israéliens ont suivi l'affaire. Ils ont compris ce qui se passe ! Effectivement, si les Ukrainiens veulent des armes contre les troupes russes d'invasion, c'est pour faire bobo aux dites troupes - en fait pour les tuer. C'est intelligent, un responsable israélien, attention ! Donc les Hébreux aussi sont de grands méchants ! Ils sont aussi des "lâches" ! Euh attendez... les Israéliens ? Lâches ? Hmmm ce n'est pas exactement leur réputation. Et si l'explication était, plus simplement, que Suisses comme Israéliens n'en ont au fond rien à secouer portent un intérêt humanitaire sincère et expriment leur profonde préoccupation ? Que tout cela n'a rien à voir avec une quelconque lâcheté. Et bref, qu'ils s'occupent de leurs intérêts propres, et voilà tout. Et si un corollaire de cette explication était que les Allemands diffèrent des Suisses et des Israéliens non par ce qu'ils pensent ou ce qui les intéresse avant tout... mais par le seul fait qu'ils sont embarrassés de l'admettre ?
  20. Pas convaincu... La tendance générale du prix de l'énergie fossile est haussière, ce pour des raisons physiques qui s'imposeront indépendamment des préférences politiques : les carburants liquides en particulier se dirigent vers leur pic de production, tandis qu'aucun remplacement n'est disponible à moyen ni même long terme surtout dans les quantités énormes nécessaires, et alors que les carburants liquides restent indispensables à toute économie moderne. La principale matière première exportée par Moscou devrait donc conserver un prix élevé et une forte demande. Vendre à l'un plutôt qu'à l'autre, cela peut générer des difficultés logistiques à court / moyen terme, mais ces difficultés seront résolues d'autant qu'à la fois Russie et ses clients y auront intérêt. Une phase de transition difficile probablement - d'autres vont en connaître aussi, par exemple les gens qui habitent au nord de la Méditerranée - mais rien d'insurmontable. L'économie russe va plier, mais pas rompre. Un peu comme l'économie ouest-européenne en fait, même si ce sera sans doute plus prononcé chez eux. Ils vont devoir redesigner leurs armes à base de composants électroniques chinois ou d'autres pays qui ne leur font pas la guerre économique, ce qui prendra des années, et dans l'intervalle se reposer sur des importations "grises" avec rebond sur un pays amical - ils y arriveront sans doute, mais avec complexité et coûts supplémentaires. S'agissant des technologies spécifiques à l'exploitation du gaz, du pétrole, ou aux machines agricoles... Il est tout à fait possible que leur production baisse dans les prochaines années pour cette raison. Ils exporteraient moins, ce qui limiterait leur enrichissement mais ne diminuerait pas forcément leurs revenus étant donné que le prix de l'énergie fossile comme des produits alimentaires devrait augmenter. Il faut souhaiter que dans l'intervalle, d'autres pays agricoles puissent alors compenser au moins en partie une éventuelle baisse de leurs exportations de blé... Et / ou qu'on fasse quelque chose de coordonné et collaboratif à l'échelle mondiale pour diminuer le gaspillage ou réorienter une partie des cultures vers l'alimentation humaine - réduction de la proportion de viande par exemple. Mais il est vrai que ça s'apparente à un vœu pieux... D'autant que "coordonné et collaboratif à l'échelle mondiale", ce n'est pas vraiment d'époque Ca oui ! La Russie va se retrouver encore beaucoup plus dépendante de la Chine. Dans la lutte de long terme qui commence entre les deux superpuissances, elle sera pour Pékin un point d'appui sûr et un partenaire junior respecté - du moins en public. Un peu comme le Royaume-Uni pour Washington. L'inflation a commencé à fortement augmenter avant l'invasion et la guerre économique. Effet en grande partie de l'impression débridée d'argent en temps de covid, s'ajoutant à l'impression déjà réalisée depuis 2008 lorsque les politiques monétaires des principales banques centrales sont devenues définitivement non classiques... Le chauffage, franchement ce n'est pas très grave. Vivre en chandail et dormir sous plusieurs couvertures, ça n'a rien d'impossible - en faisant naturellement des exceptions pour hôpitaux, écoles ou maisons de retraite. J'espère juste que s'il y a un choix à faire on donnera la priorité à la production industrielle qui elle est beaucoup plus essentielle. Mais je n'en suis pas sûr Macron s'est pris un râteau très prévisible lorsqu'il a proposé d'étendre le domaine des décisions prises à la majorité qualifiée, ce qui est indépendant de l'invasion. Quant à l'autonomie stratégique européenne, ça fait soixante ans que la France se prend râteau sur râteau, indépendamment du sort de l'Ukraine... Lors du tournant de la rigueur en 1983, j'entrais dans l'adolescence et commençais à m'intéresser à la politique. J'ai un souvenir ému des clips de propagande gouvernementaux sur le mode "On peut y arriver !" avec un véliplanchiste passant devant les autres, un chiffre écrit sur sa voile. Et oui, on y est arrivé... ... A une inflation de 5% Presque quarante ans plus tard, on va y arriver à nouveau. Etats-Unis, Allemagne et d'autres nous ont d'ailleurs précédés et nous montrent la voie. J'ai confiance ! Bon bien sûr, cette fois-ci, c'est dans l'autre sens C'est possible, mais il reste que même dans le meilleur des scénarios - si c'est au final salutaire - ce sera tout de même fort désagréable. Prends ton huile de foie de morue ! Allez, encore une cuillère ! Et dans un scénario un peu moins favorable... Ce qui fera le départ entre d'un côté le dur et désagréable mais salutaire, de l'autre le simplement catastrophique, je pense que ce sera avant tout notre degré collectif de réalisme. Disons que j'attends de voir
  21. De ce que j'ai compris, le nombre de 76 Caesar en service - avant transfert de 12 à l'Ukraine - correspondait à 9 régiments [ EDIT : batteries ] d'artillerie (hors brigades blindées) équipés de 8 Caesar chacun, plus 5 unités pour les écoles, moins 1 perdue. Il est d'autre part prévu de remplacer les 32 AUF1 restant en service dans les régiments d'artillerie des brigades blindées par autant de Caesar NG Mk 2 A comparer avec les artilleries des autres pays européens, ou celle des Etats-Unis, les forces françaises ont en effet une "densité de canons" plutôt faible. Ceci avant même de prendre en compte d'éventuelles leçons du conflit en cours... alors même qu'il confirme la valeur de l'artillerie, qui serait à l'origine de plus de la moitié des pertes d'un côté comme de l'autre ! J'imagine qu'il pourrait être pertinent de renforcer les régiments [ EDIT : batteries ] d'artillerie, avec non plus 2 x 4 mais 3 x 4 = 12 Caesar en dotation chacun. Plus constituer un volant de matériel en réserve apte à remplacer rapidement des pertes résultant d'un conflit de haute intensité. On arriverait alors à 13 régiments [ EDIT : batteries ] d'artillerie x 12 + 5 en écoles = 161 Caesar NG plutôt que 109 prévus dans le plan actuel, et si tous ces exemplaires sont neufs, les Caesar actuels Mk 1 pourraient être gardés en réserve - soit une soixantaine. Il y aurait un coût, mais à 5 millions le Caesar, 161 exemplaires nouveaux coûteraient 800 millions environ... le rapport efficacité / coût semble plus que correct. Et il faudrait probablement aussi s'interroger sur la quantité de LRU, la version de LRM M270 en service en France à raison de... 13 exemplaires. Est-ce vraiment sérieux si l'on prétend être capable de faire face à un combat de haute intensité ? Compléter ce nombre, peut-être par des HIMARS la version sur camion - chacun portant un panier de roquettes soit la moitié du chargement d'un M270 - pourrait être pertinent. Ou bien construire un équivalent français, si le nombre d'exemplaires le justifie - ce qui n'est pas certain.
  22. Je ne crois pas que cet article ait déjà été posté, mes excuses s'il l'a déjà été. Voici en version librement accessible un témoignage recueilli par le Washington Post, celui du commandant d'une compagnie de volontaires ukrainiens dans l'Est qui a beaucoup souffert dans les combats. Serhi Lapko décrit équipement insuffisant, ravitaillement insuffisant, le sentiment d'être abandonné, et les pertes très lourdes. DRUZHKIVKA, Ukraine - Coincés dans leurs tranchées, les volontaires ukrainiens vivaient d'une pomme de terre par jour tandis que les forces russes les pilonnaient à l'artillerie et aux roquettes Grad sur une ligne de front clé à l'est. En infériorité numérique, sans formation et ne disposant que d'armes légères, les hommes ont prié pour que le barrage s'arrête - et pour que leurs propres chars cessent de cibler les Russes. "Ils [les Russes] savent déjà où nous sommes, et lorsque le char ukrainien tire de notre côté, cela révèle notre position", a déclaré Serhi Lapko, leur commandant de compagnie, se souvenant de la récente bataille. "Et ils commencent à riposter avec tout - Grads, mortiers." "Et vous priez juste pour survivre." (...) L'Ukraine, comme la Russie, a fourni peu d'informations sur les décès, les blessures ou les pertes d'équipements militaires. Mais après trois mois de guerre, cette compagnie de 120 hommes n'en compte plus que 54 en raison des décès, des blessures et des désertions. Les volontaires étaient des civils avant l'invasion de la Russie le 24 février, et ils ne s'attendaient pas à être envoyés sur l'une des lignes de front les plus dangereuses de l'Ukraine orientale. Ils se sont rapidement retrouvés dans le collimateur de la guerre, se sentant abandonnés par leurs supérieurs militaires et luttant pour survivre. "Notre commandement ne prend aucune responsabilité", a déclaré Lapko. "Ils s'attribuent seulement le mérite de nos réalisations. Ils ne nous apportent aucun soutien." (...) "La guerre brise les gens", a déclaré Serhiy Hayday, chef de l'administration régionale de la guerre dans la province de Louhansk, reconnaissant que de nombreux volontaires n'ont pas été correctement formés parce que les autorités ukrainiennes ne s'attendaient pas à une invasion de la Russie. Mais il a maintenu que tous les soldats sont pris en charge : "Ils ont suffisamment de matériel médical et de nourriture. La seule chose, c'est qu'il y a des gens qui ne sont pas prêts à se battre." (...) Avant l'invasion, Lapko était un foreur de puits de pétrole et de gaz. Khrus achetait et vendait des outils électriques. Tous deux vivaient dans la ville occidentale d'Uzhhorod et ont rejoint les forces de défense territoriale, une milice civile qui a vu le jour après l'invasion. Lapko, bâti comme un lutteur, a été nommé commandant de compagnie dans le 5e bataillon de fusiliers séparés, en charge de 120 hommes. Khrus, tout aussi costaud, devient commandant de peloton sous les ordres de Lapko. Tous leurs camarades sont originaires d'Ukraine occidentale. On leur a remis des fusils AK-47 et ils ont suivi une formation qui a duré moins d'une demi-heure. Nous avons tiré 30 balles, puis ils nous ont dit : "Vous ne pouvez pas en avoir plus, c'est trop cher", raconte Lapko. (...) Une vingtaine de ses hommes ont refusé de se battre, dit Lapko, et ils ont été emprisonnés. (...) Et ces dernières semaines, dit-il, la situation s'est considérablement aggravée. Lorsque leurs chaînes d'approvisionnement ont été interrompues pendant deux jours par les bombardements, les hommes ont dû se contenter d'une pomme de terre par jour. Ils passent la plupart de leurs journées et de leurs nuits dans des tranchées creusées dans la forêt aux abords de Toshkivka ou dans les sous-sols de maisons abandonnées. "Ils n'ont pas d'eau, il n'y a rien là-bas", a déclaré Lapko. "Seulement de l'eau que je leur apporte tous les deux jours". (...) Outre leurs fusils et leurs grenades à main, les seules armes qu'ils ont reçues étaient une poignée de grenades propulsées par fusée pour contrer les forces russes bien équipées. Et personne n'a montré aux hommes de Lapko comment utiliser les RPG. (...) Les hommes accusent les Russes d'utiliser des bombes au phosphore, des armes incendiaires qui sont interdites par le droit international si elles sont utilisées contre des civils. "Elles explosent à 30 ou 50 mètres de hauteur et descendent lentement en brûlant tout", a déclaré Khrus. (...) Malgré les difficultés, ses hommes ont combattu avec courage, a déclaré Lapko. Montrant Khrus du doigt, il a déclaré : "Ce gars là est une légende, un héros." Selon son commandant, Khrus et son peloton ont tué plus de 50 soldats russes dans des combats rapprochés. Lors d'un récent affrontement, a-t-il dit, ses hommes ont attaqué deux véhicules blindés russes transportant une trentaine de soldats, les prenant en embuscade avec des grenades et des armes à feu. (...) La plupart des décès, a-t-il ajouté, sont dus au fait que les soldats blessés n'ont pas été évacués assez rapidement, attendant souvent jusqu'à 12 heures pour être transportés vers un hôpital militaire situé à Lysychansk, à 15 miles de là. Parfois, les hommes doivent transporter un soldat blessé sur une civière sur une distance de trois kilomètres à pied pour trouver un véhicule, a déclaré Lapko. (...) Lui et ses hommes insistent sur le fait qu'ils veulent retourner au front. "Nous sommes prêts à nous battre et nous continuerons à le faire", a déclaré Lapko. "Nous protégerons chaque mètre de notre pays - mais avec des commandements adéquats et sans ordres irréalistes. J'ai prêté un serment d'allégeance au peuple ukrainien. Nous protégeons l'Ukraine et nous ne laisserons entrer personne tant que nous serons en vie." Mais lundi, les services de sécurité militaire ukrainiens sont arrivés à l'hôtel et ont emmené Khrus et d'autres membres de son peloton dans un centre de détention pour deux jours, les accusant de désertion. Lapko a été démis de son commandement, selon un ordre examiné par le Post. Il est détenu à la base de Lysychansk, son avenir est incertain. Joint par téléphone mercredi, il a déclaré que deux autres de ses hommes avaient été blessés sur la ligne de front. Naturellement il s'agit d'un cas spécifique. Est-il représentatif, ou non ? Impossible à dire, et le titre du journal "Les volontaires à l'Est se sentent abandonnés" va trop loin - on ne sait pas si c'est le cas le plus général, ou bien à l'autre extrême une combinaison rare de dysfonctionnements frappant une unité donnée (entraînement, matériel, ravitaillement insuffisants) Ca reste un témoignage intéressant. La dureté de ce qu'ont vécu ces hommes évoque les soldats français pendant la 1ère guerre mondiale
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