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Tout ce qui a été posté par Alexis
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Alexis a répondu à un(e) sujet de Gibbs le Cajun dans Politique etrangère / Relations internationales
J'essaie de réfléchir à la "situation d'après", je veux dire à partir de début novembre après la sortie sans accord. Evidemment ce ne sont que quelques idées, mais enfin voilà ce que je peux imaginer : - Désordres modérés à intenses à court terme, pensant à l'effet sur la logistique, notamment l'axe Douvres-Calais qui réalise au moins la moitié du commerce entre RU et UE. Je trouve difficile d'être plus précis entre "modéré" et "intense", vu que la situation est sans précédent - Diminutions nettes et permanentes de certaines activités économiques dépendantes de l'exportation vers l'UE, du fait des nouveaux obstacles à l'entrée du marché UE, comme des ralentissements et coûts supplémentaires imposés aux chaînes d'approvisionnement transfrontalières - Ces diminutions sont particulièrement marquées pour les activités de service à l'échelle de l'UE, pour lesquelles les marges sont faibles. Manque de pot, c'est justement sur ces activités de service que le RU a un excédent commercial qui compense un peu son abyssal déficit dans le commerce des marchandises - Impact négatif de court terme également sur le commerce hors-UE, sachant que le RU dépend actuellement des accords que l'UE a passé avec les autres marchés extérieurs, et qu'il n'aura certainement pas négocié de nouveaux accords ou même d'accords de suite d'ici la sortie sans accord de l'UE - Impacts en miroir sur les pays de l'UE commerçant avec le RU, incluant tous les types d'inconvénients plus haut, cependant 5 à 10 fois moins intenses, à la mesure du poids du RU dans le commerce de chaque pays membre de l'UE (en gros dans une fourchette 5 à 10%, tandis que le poids de l'UE dans le commerce du RU est d'environ 50%) - Baisse marquée de la livre sterling, dont une partie sera probablement permanente - Comme déjà Theresa May l'avait annoncé, le RU n'établit pas de frontière physique entre les deux Irlandes. C'est aux Européens de s'en charger, sachant que c'est indispensable à l'intégrité du marché unique (il faut bien une barrière commerciale quelque part, sinon gros trafic de biens entrant par là sans payer de douane ni être contrôlés !). Deux options : frontière physique entre Irlande du Nord et République d'Irlande, ou bien des contrôles entre Irlande et reste de l'UE signifiant que l'Irlande n'est plus tout à fait dans le marché unique. C'est probablement l'Irlande qui décidera, du point de vue des 26 autres les deux solutions conviennent - Le RU doit négocier, et rapidement, des accords commerciaux (notamment reconnaissance des normes) avec ses partenaires commerciaux, notamment l'UE qui pèse pour 50%. Il est en position de faiblesse, si bien que les conditions qu'il devra concéder à ses partenaires seront importantes. En ce qui concerne l'UE, le paiement du "solde de tout compte" sera probablement exigé comme préalable - En revanche, il aura bien la liberté de décider de sa politique commerciale (mais sous fortes contraintes !), n'étant plus retenu par le filet de sécurité. A long terme, il est possible qu'un gouvernement habile, jouant des atouts géopolitiques du RU (qui ne sont pas énormes, mais existent bel et bien), jouant les grandes puissances commerciales les unes contre les autres, et investissant pour le long terme dans des innovations industrielles de rupture (pas d'autre solution que de se "refaire" une industrie !), parvienne à reconstruire une position internationale favorable pour le RU - Bien sûr, il est assez difficile d'imaginer que ce gouvernement puisse être celui de Johnson... -
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Alexis a répondu à un(e) sujet de Gibbs le Cajun dans Politique etrangère / Relations internationales
Boris Johnson refuse de rencontrer les chefs d'Etat de l'UE jusqu'à ce qu'ils abandonnent le filet de sécurité Ça va être court, les discussions sur "l'accord de Brexit" ... -
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Alexis a répondu à un(e) sujet de Gibbs le Cajun dans Politique etrangère / Relations internationales
Intéressant. Cependant, la bonne question n'est pas "supporter" ou ne pas "supporter" un "no-deal". La bonne question est : cette dame est-elle prête à voter une motion de censure pour faire tomber le gouvernement Johnson. Et la réponse, même si elle n'est pas parfaitement claire, semble être non : La raison pour laquelle Boris Johnson n'a pas à se préoccuper des gens qui piaillent et grognent parmi les députés conservateurs, mais seulement de ceux qui sont prêts à voter avec les travaillistes pour faire tomber le gouvernement conservateur - et commettre un suicide politique par la même occasion - est que le Brexit sans accord est l'option par défaut. Si personne n'intervient, le Royaume-Uni la sortie sans accord le 31 octobre est automatique. Or, parmi les interventions pensables : - Le Parlement signant l'accord de retrait, ça n'arrivera pas. Ils l'ont déjà refusé trois fois, et aucun réexamen n'est prévu - Le Gouvernement envoyant notice de révocation de l'article 50, ça n'arrivera pas. La probabilité est à peu près la même que Emmanuel Macron commençant une procédure article 50 pour sortir la France de l'UE ! - Le Gouvernement organisant une élection de remise en cause du résultat du référendum - par exemple un nouveau référendum - n'arrivera pas non plus, et pour la même raison - Le Gouvernement se mettant à plat-ventre pour supplier le Conseil européen "S'il vouuuus plaaaaît ! Un nouveau délai" ça n'arrivera pas davantage. S'il subsistait le moindre doute à ce sujet, la politique très ferme de Johnson depuis son accession au 10 Downing Street - type "Je brûle mes vaisseaux" - l'a fait disparaître - Ne reste comme intervention pensable que le Parlement renversant le Gouvernement, et le gouvernement suivant demandant au Conseil européen, et probablement obtenant, un nouveau délai justifié par la nécessité de temps pour se retourner. Y a t il des députés conservateurs prêts à se faire hara kiri pour cela, voilà la question que doit se poser Johnson -
Les USA, toujours nos alliés ?
Alexis a répondu à un(e) sujet de Chimera dans Politique etrangère / Relations internationales
C'est un point de vue, concernant la performance de Montebourg en tant que ministre de l'économie. Et je ne pense pas que le thème du forum soit la discussion des performances des uns et des autres, donc je ne vais pas discuter En revanche, l'existence de fortes pressions américaines et d'un projet de prendre le contrôle d'actifs industriels stratégiques français en l'occurrence Alstom, projet qui fut couronné de succès, est un fait. -
Les USA, toujours nos alliés ?
Alexis a répondu à un(e) sujet de Chimera dans Politique etrangère / Relations internationales
Faudrait demander à Montebourg ce qu'il sous-entendait Une variété d'interprétations sont possibles aux faits que rapportent Montebourg : - Macron à la solde d'intérêts américains - Macron à la solde d'intérêts privés français alliés ou dépendants d'intérêts américains - Macron idéologiquement aveugle à l'importance de la nationalité d'une entreprise - Macron aveugle à l'importance spécifique de l'industrie dans l'économie d'un pays - Macron incompétent pour une autre raison (liste non limitative) Etant donné que nous l'avons élu président, ne reste qu'à espérer d'une part que c'était bien de l'incompétence, d'autre part que le bonhomme est en train de s'améliorer -
Les USA, toujours nos alliés ?
Alexis a répondu à un(e) sujet de Chimera dans Politique etrangère / Relations internationales
Non, nous n'oublions ni l'aide dans un sens, ni dans l'autre : - Ni qu'en 1 500 ans d'histoire, la France n'a été totalement occupée et asservie à un ennemi qu'une seule fois, et que ce sont les Etats-Unis qui ont fourni l'aide directe la plus importante pour notre libération - Ni que le seul pays dont l'aide militaire fut indispensable à la création des Etats-Unis, celui qui a gagné la bataille de Yorktown condamnant la domination anglaise sur ce qui allait devenir les USA n'est autre que la France Il va de soi que la France doit être tout aussi soumise et à l'écoute des Etats-Unis aujourd'hui que les Etats-Unis étaient soumis et à l'écoute de la France vers 1850 Oui. En même temps, pour apporter une nuance, les Etats-Unis en 1994 étaient la seule superpuissance, on devait bientôt dire "hyperpuissance", théorisant l'approfondissement de sa domination - poliment appelée "leadership" - toujours et partout pour l'éternité. Aujourd'hui, un quart de siècle plus tard, les Etats-Unis restent le pays le plus puissant, mais ils sont en déclin évident, les limites de leur pouvoir ont été largement mises en évidence, une superpuissance rivale s'est affirmée et leur influence diminue - ce qui ne devrait pas s'arranger à court terme vu la politique étrangère "Scrogneugneu vous f'rez c'que j'veux !" adoptée par leur actuel président. Le pouvoir américain est tout aussi dur et vorace qu'avant, il vise toujours un pouvoir sans partage sur le monde. ... Seulement, le monde lui échappe. Et les occasions se multiplient pour les puissances-qui-ne-sont-pas-des-superpuissances (faudra inventer un nom pour ça hein !) du type Inde, Japon, Russie... ou France. -
Les USA, toujours nos alliés ?
Alexis a répondu à un(e) sujet de Chimera dans Politique etrangère / Relations internationales
Mouais, et si de plus on tient compte du rapprochement sino-russe du type "Viens ici Vladimir que je t'embrasse", un partenariat qui est naturellement égalitaire, en dépit de la différence d'un facteur 8 ou 10 entre population et économie des deux pays ... ... Il faut conclure au final que nous sommes sous influence directrice chinoise ! -
Les USA, toujours nos alliés ?
Alexis a répondu à un(e) sujet de Chimera dans Politique etrangère / Relations internationales
Aux Etats-Unis, on a lancé une grande enquête sur la possible influence indue qu'un pays étranger la Russie aurait pu s'assurer sur l'élection américaine. ... Et si on faisait la même chose en France ? Des pays étrangers se sont-ils assuré une influence sur le résultat de notre dernière élection ? (et non, je ne pense pas prioritairement à la Russie... car il existe des pays beaucoup plus influents que celui-là) -
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Alexis a répondu à un(e) sujet de Gibbs le Cajun dans Politique etrangère / Relations internationales
Je crois qu'il n'y aura aucun match. Les négociations ne seront pas ouvertes : il n'y a plus d'équipe du côté des 27, et aucune nouvelle équipe ne sera convoquée vu que la prochaine réunion du Conseil européen est le 12 octobre, et que de toute façon il ne peut y avoir de nouveau mandat de négociation qui s'aligne sur la condition préalable posée par Johnson. Il y aura beaucoup de bruit bien sûr. On va s'énerver et crier beaucoup. Mais ce ne sera que du bruit. La seule question maintenant c'est si le parlement britannique renversera à un moment le gouvernement Johnson avec une motion de censure, forçant à organiser de nouvelles élections législatives. Si cela n'arrive pas, alors c'est une sortie sans accord le 31 octobre. -
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Alexis a répondu à un(e) sujet de Gibbs le Cajun dans Politique etrangère / Relations internationales
Si Johnson veut un nouvel accord - s'il n'est pas en train de faire semblant d'y croire pour raison interne seulement, tout en visant en réalité une sortie sans accord le 31 octobre - alors il s'y prend fort mal, d'une façon qui garantit l'échec : 1. Il y a le mandat Le mandat de l'équipe UE de négociation d'un accord de sortie, défini par le Conseil européen, précise en son article 14 que Autrement dit, le mandat existant interdit absolument toute frontière dure sur l'île d'Irlande, tout en interdisant absolument de mettre en question le marché unique. La conséquence est que la frontière du marché unique ne peut se situer qu'à deux endroits : entre Irlande du Nord et Grande-Bretagne (intérieure au RU), ou bien englobant le Royaume-Uni (qui resterait donc dans le marché unique). La première option a été exclue par Londres. Le filet de sécurité (backstop) c'est la garantie que le RU restera dans le marché unique tant que une solution n'aura pas été trouvée pour faire autrement. Il est tout simplement impossible à l'équipe de négociation d'accepter de l'abandonner : son mandat le lui interdit... En dehors du fait qu'elle est dispersée, ayant achevé son travail à fin 2018, bien sûr ! 2. Il y a le calendrier A supposer même que le Conseil européen soit prêt à plier devant le chantage de Johnson (et rien ne l'indique), il lui faudrait d'abord négocier en interne un nouveau mandat de négociation, puis convoquer à nouveau l'équipe de négociation, suite à quoi les négociations avec le RU pourraient commencer. Une fois qu'elles auraient abouti, le nouvel accord de retrait pourrait être approuvé par chacun des 27 Etats restant dans l'UE... et aussi par le Parlement britannique, celui qui bloque depuis le début de l'année. Or, la prochaine réunion du Conseil européen est fixée au 12 octobre ! Je laisse chacun évaluer si un délai de 19 jours est réaliste pour une phase de négociations puis d'approbations complète Alors, bien sûr, Johnson augmente la pression. Il croit - ou, plus sûrement à mon avis, fait semblant de croire - que les dirigeants européens vont se précipiter pour convoquer une réunion extraordinaire du Conseil européen au mois d'août, définir un nouveau mandat de négociation de la forme "Cédez tout !" et rappeler l'équipe de négociation pour qu'ils aient le temps de signer l'accord que les Anglais auront défini, et commencer dans la foulée les ratifications dans les 27 Etats. Je le soupçonne fort d'être moins bête que ça, et de parfaitement comprendre qu'il dirige le Royaume-Uni vers une sortie sans accord. Dont il doit calculer qu'il pourra rejeter la responsabilité des conséquences économiques sur les 27 - qui ne voulaient rien entendre et complotaient contre Londres - et qu'il n'a guère d'autre option sauf à se retrouver dans la même position et le même blocage que Theresa May, négociant comme une mendiante avec un Jeremy Corbyn refusant d'approuver l'accord à moins qu'on lui donne d'abord des élections générales. De deux choses l'une : - Soit le Parlement le fait tomber - rien n'est moins sûr, il faudrait que des conservateurs votent pour éliminer leur gouvernement, ce qui signerait la fin de leur carrière politique - et dans ce cas il abordera les élections en champion du Brexit, récupérant les voix du Brexit party de Farage, où soit il sera confirmé comme premier ministre et héros du Brexit, soit il sera leader de l'opposition et héraut du Brexit - Soit une motion de censure échoue, et dans ce cas il réalise la sortie le 31 octobre comme promis et devient le héros inflexible et churchillien du Brexit malgré les 27 perfides Dans tous les cas, il est gagnant. Enfin c'est ce qu'il prévoit... il est possible aussi que les Britanniques lui reprochent les conséquences négatives du Brexit et n'avalent pas l'idée comme quoi ce serait la seule volonté maléfique de l'UE qui aurait interdit de signer un accord "raisonnable" (c'est-à-dire comme les Britanniques le rêveraient et sans tenir compte des autres intérêts) ... -
Il s'agit de dissuasion. Rien n'empêche de "tolérer" une telle menace dans la durée, dans le sens du moins de ne pas tenter une action en force et payer le prix élevé pour détruire le Hezbollah au Liban. C'est en tout cas ce que fait Israël depuis 2006 : ils s'opposent aux livraisons d'armes iraniennes au Hezbollah, réalisent sans doute encore d'autres attaques et actions... mais l'objectif est juste de limiter la menace, pas de faire disparaître la dissuasion qu'exerce le Hezbollah. Avant tout, parce que ça leur coûterait trop cher en hommes. Là où on est d'accord, c'est qu'en cas de guerre à grande échelle contre l'Iran, Israël sera probablement obligé d'envahir le Liban. Parce que le Hezbollah ne restera certainement pas inactif si son Grand Frère chiite est agressé. Mais en dehors d'une telle guerre, pourquoi y aurait-il nécessairement invasion israélienne du Liban ? Oui, mais c'est Israël qui envahirait et paierait ce prix. L'Etat hébreu est une très sérieuse puissance militaire, mais enfin les pertes seraient grandes à leur échelle, qui n'est pas celle d'une superpuissance. La moins pire. Tout à fait d'accord. L'Iran n'a pas de bonne carte à jouer. Toutes les stratégies envisageables sont très incertaines et risquées. Tandis qu'il me semble réellement inenvisageable pour Téhéran de se soumettre, parce que les Etats-Unis ne recherchent pas un déplacement limité de l'équilibre défini dans l'accord de 2015 : ils veulent renverser la table et mettre l'Iran à genoux. C'est le même genre d'ultimatum que celui que l'Autriche-Hongrie a adressé à la Serbie en juillet 1914 : c'est fait pour être impossible à accepter. C'est la grande question, je le soupçonne. Si oui, ils n'augmenteront la température dans le Golfe que doucement, car même si la chance que Trump 1) soit remplacé dans un an et demi 2) par un président prudent est limitée, elle vaut le coup d'être tentée. Sinon, la décision interviendra plus rapidement. C'est toute l'ambiguïté d'une stratégie de dissuasion quand l'adversaire agit sans en tenir compte le moins du monde (Parce qu'il n'y comprend rien ? Parce qu'il comprend tout mais veut du grabuge en Eurasie pour mettre des bâtons dans les roues à ses concurrents chinois et européens ? Pour l'Iran... ça ne fait pas de différence) Pour prendre une comparaison, si dans les années 1980 l'URSS attaque à l'Ouest, culbute les forces de l'OTAN, arrive aux frontières françaises et éreinte la 1ère armée... on fait quoi ? La réponse classique, c'est qu'on tire au nucléaire sur ses forces : le préstratégique, ce barreau intermédiaire qui permet de démontrer sa résolution sans passer au totalement irrémédiable. Mais si les forces soviétiques recommencent à avancer ? Alors, quoi ? Ça "ne doit pas arriver", bien sûr. Parce qu'ils sont rationnels, en face. Mais s'ils ne le sont pas ? Ou si leur rationalité est différente, parce que votre dissuasion est d'un type inférieur qui ne vise pas les œuvres vives de l'ennemi, mais seulement ses alliés... et ses concurrents économiques... et que justement, lui, du gros grabuge chez ses concurrents il n'est pas sûr d'être totalement contre ? L'avantage de l'Iran, c'est qu'il n'a pas deux barreaux à son échelle, engagement de la 1ère armée et tir préstratégique : il en a beaucoup plus. Mais s'il continue à monter... et qu'en face, ils continuent ? Et que les autres continuent de siffloter comme si ça ne les concernait pas le risque qu'il n'y ait bientôt plus ni de pétrole iranien... ni de saoudien, ni d'émirati... Logique de bord du gouffre... Oui, mais c'est notre alliée la Turquie et notre ami Erdogan qui aidaient l'Etat islamique à écouler son pétrole tout en massacrant les yézidis, les chiites, en persécutant les chrétiens et en agressant Français et autres Européens. Pourquoi la Turquie viendrait-elle en aide à l'Iran ?
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Les attaques ne seraient jamais ouvertes. Même si bien sûr personne n'aurait de doute. Surtout, si les Américains tombent à bras raccourcis sur l'Iran, avoir aussi quelques bateaux français ou chinois qui se joignent à la partie sera le cadet des soucis de Téhéran. L'objectif de l'Iran, c'est d'éviter cela bien sûr. En faisant suffisamment peur pour que soit Pékin, soit Paris agisse et desserre l'étranglement américain. Et en acceptant d'avance que si cette tentative échoue... eh bien, ce sera la guerre oui. L'avantage d'un homme qu'on étrangle, c'est qu'il n'a plus rien à perdre. Ça vaut aussi pour les pays.
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Pffft, une "sortie de crise" ! Objectif de beaknitre, oui, comme aurait dit Coluche ! J'préférerais une bonne guerre ! Enfin bon, puisque tu y tiens à résoudre les crises, maintenir la paix, toussa, j'ai traduit en français les Réflexions pour moi-même à la veille de la guerre de Ali Khamenei le guide suprême de la République islamique d'Iran, que mes fonctions à la DGSE m'ont permis d'obtenir - chut, il ne sait pas qu'on espionne ses notes perso C'est là.
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Aaaaah enfin ! Comme mon modèle, je vais désormais pouvoir porter une robe noir chic. Et le sabre laser ? Je peux ? Bon, sinon, étant donné que je peux maintenant écrire des avis religieux (fatwa) qui auront force de loi dans mon pays ... Voyons, voyons ? Est-ce que c'est la Corona qui n'est pas de l'alcool donc on peut se murger comme on veut avec ? Ou plutôt le cognac ? J'hésite... Allez, je prends les deux ! "Si une guerre pouvait être évitée ce serait pas mal" ? Mais qu'est-ce que c'est que ces idées de peacenik ? Mais bon, soit ! Je suis un Guide Suprême débonnaire - je te sers un petit cognac d'ailleurs ? - je vais donc essayer, et je dis bien rien de plus qu'essayer, d'éviter des hostilités ouvertes. Analyse de la situation intérieure - Quelles que soient les rodomontades de Trump, je dispose d'une dissuasion sérieuse contre une attaque américaine : je peux fiche un tel boxon dans le détroit d'Ormuz, et les installations de production pétrolière arabes si on me met vraiment en rogne, provoquant une crise économique mondiale, que l'Amérique ne m'attaquera pas ouvertement. Enfin, pas par les armes - Mon problème, c'est que les Américains sont forts pour la guerre économique : leurs sanctions font vraiment mal. 92% des exportations de l'Iran sont du pétrole et des dérivés du pétrole. Mais presque toutes ces exportations sont bloquées depuis plusieurs mois, et la contrebande, ça marchotte juste un peu, ça ne nourrit pas son homme. La situation sur le front de l'exportation est bien pire qu'avant la signature de l'accord sur le nucléaire en 2015 - Or, l'Iran n'est absolument pas autonome pour ce qui concerne la fourniture d'équipements, de véhicules, les médicaments, même certains produits alimentaires (source de ces données) Résultat, c'est la population qui douille, comme toujours en cas de blocus - Mon problème - en dehors du fait que mon cœur saigne pour les pauvres, ch'tits nenfants et autres, naturellement ! - c'est que soit je laisse croire que tout ça est de ma faute, du coup je finirai par perdre le pouvoir, soit je désigne ouvertement l'Amérique comme responsable - d'ailleurs mes compatriotes ont déjà compris, ils ne sont pas stupides - et si je ne fais rien, je suis une chiffe molle... et je finirai par perdre le pouvoir aussi. D'une manière ou d'une autre, je n'aurai plus accès à mon cher cognac parce qu'on n'en sert pas en prison, et ça, ce serait intolérable ! Donc, je dois desserrer le blocus sous peine de perdre le pouvoir Analyse de la situation extérieure - L'Amérique, quoi que j'en dise à longueur de discours, est certes en train de décliner, mais enfin elle reste encore le gros caïd qui en impose à tout le monde. Elle a "convaincu" (menaces de sanctions économiques, rappels "et qui te protège, Angela" etc.) à la fois Chinois et Européens de la suivre dans l'embargo contre l'Iran. C'est bien simple, on discute depuis un an avec les trois Européens d'un "mécanisme" permettant des "achats humanitaires"... et on en est pratiquement nulle part. Quant à Pékin, il préfère se faire oublier sur ce sujet - Négocier avec Trump serait une impasse : d'une part ses exigences sont proprement inacceptables pour toute nation qui se respecte, d'autre part elles laisseraient l'Iran sans aucune dissuasion (plus de balistiques, notamment) à la merci de ses ennemis régionaux, enfin la parole de Trump ne vaut pas tripette. Si je baissais culotte aujourd'hui, demain il me demanderait de me pencher en avant ! - Je pourrais attendre que Trump tombe comme un fruit mûr et que les Américains élisent un dirigeant plus prudent avec lequel je pourrais négocier un retour à l'accord nucléaire. Deux problèmes : d'une part un an et demi c'est loin quand on est soumis à blocus, d'autre part et surtout il n'y a aucune garantie que la situation s'améliore à partir de 2021. Trump pourrait fort bien être réélu, et à regarder les candidats à l'investiture démocrate beaucoup d'entre eux sont des allumés du même acabit que Trump et pourraient être tout aussi imprudents et incompétents - Je ne peux donc pas compter sur l'Amérique pour desserrer le blocus. Je dois l'obtenir d'autres puissances. Or, la Russie ne s'engagera pas, parce qu'elle est vendeuse de pétrole et non acheteuse, et parce qu'une crise économique mondiale à base de pétrole - ma dissuasion - ne lui ferait pas peur elle lui ferait plutôt du bien ! En Europe, l'Allemagne ne s'engagera pas parce que le fond de sa politique étrangère est de ne jamais prendre de risque, le Royaume-Uni non plus parce qu'ils sont encore plus alignés sur les Américains que les autres Européens et ils ont de toute façon d'autres chats à fouetter en ce moment. Donc, deux candidats : la France et la Chine - Pékin ne bougera jamais pour une autre raison que pour son économie, leur stratégie d'ensemble depuis une génération est de donner la priorité au développement économique. Le coq gaulois est plus attiré par le prestige et le brillant dans les relations internationales, mais il a pris l'habitude depuis une génération de ne bouger vraiment que s'il s'assure d'abord le soutien de l'aigle germanique, et il ne l'obtiendra pas cette fois-ci. Ma meilleure chance est avec Pékin, mais je cultive aussi Paris comme "plan B" - En 2017, la Chine nous achetait environ 500 à 600 000 barils par jour. C'était notre plus gros client, avec presque 30% de nos exportations de pétrole. Et ils pourraient facilement augmenter cela jusqu'à 1 million, vu leurs importations totales supérieures à 8 millions. La France de son côté importe de l'ordre de 1,6 million par jour, il serait peu réaliste d'espérer que Paris nous achète 1 million, mais s'ils nous achetaient la moitié, il est possible que d'autres pays s'engouffreraient dans la brèche et combleraient ce qui manque - et de toute façon, faute de grives on mange des merles. Stratégie de séduction et peur - La stratégie pour faire bouger Pékin, comme Paris, est la même. Je dois à la fois leur faire miroiter de belles perspectives s'ils bougent, et leur représenter des conséquences graves s'ils restent passifs. Sachant que l'Iran en 2018 avant les sanctions américaines exportait jusqu'à 2,5 millions de barils de pétrole par jour, mon objectif est d'en assurer au moins la moitié soit 1,25, et compte tenu de la contrebande j'estime avoir besoin de 1 million de barils par jour en commerce officiel. Cela me permettra de défendre devant la population que je pare du moins au pire, tout en défendant devant mes radicaux que l'accord nucléaire nous apporte des bénéfices et il est donc raisonnable de continuer à le respecter - Séduction - Pour la Chine, c'est notre intégration dans le système de "Route de la Soie", la part du lion dans notre marché intérieur, et la priorité de nos exportations pour Pékin en cas de problème. Une dépendance envers Pékin ne serait pas si grave, la Chine s'occupe de commerce non de politique, et nous l'équilibrerions plus tard avec d'autres partenariats. Pour la France, même topo la part du lion dans nos gros contrats d'équipement pour dix ou vingt ans et priorité à l'exportation, et le risque de dépendance est carrément négligeable - Ah oui, je vais aussi amadouer le président Macron en parlant un peu français, par exemple "start up nation", et en soulignant que la France contrairement aux autres Européens ne fait pas partie des "pays qui ne sont rien" ... Et je me prosternerai devant la Lumière sur Terre, le Grand Guide et président à vie Xi Jinping. Oui, je sais je ne dois adorer que Dieu, mais c'est pour la bonne cause je suis sûr que le Très-Haut me le pardonnera... et encore un petit verre de cognac pour se donner du courage Mouais, la France a beau être plus petite et plus faible, Macron lui au moins ne se prend que pour Napoléon pas pour un dieu vivant ... ça a des avantages, les puissances qui ne sont pas des superpuissances, comme le disait leur De Gaulle - Peur - Le problème est simple, il s'agit de donner à penser que je suis résolu à créer de plus en plus de problèmes dans le Golfe, alors même que si j'allais jusqu'au bout du bout je risquerais une grande guerre qui serait désastreuse pour mon pays, même si les Etats-Unis, la Saoudie et Israël auraient très mal eux aussi, et avec un Trump en face je risquerais même pire encore. Il s'agit de crédibiliser ma dissuasion en somme, en faisant imaginer que oui je pourrais être assez fou pour aller jusqu'au bout. Ce qui m'aide, c'est que je peux monter les barreaux de l'échelle d'escalade petit à petit, en prenant de plus en plus de risque que l'allumé d'en face ne lance une attaque certes, mais un pas à la fois. Je dois rappeler que c'est nous les chiites qui avons inventé la tactique de l'attaque suicide - c'était contre Israël qui occupait le Liban sud dans les années 80 - avant d'être imité par ces copieurs de wahhabites et salafistes, et surtout faire voir que je pourrais moi-même être un guerrier-suicide, persuadé que je suis que Dieu me récompensera Et m.... qui a fini le cognac ? Qu'on m'apporte une autre bouteille, enfin ! - Il y aura des actions. Sabotages, attaques en mer, mines... on a déjà commencé - même si le commandant de mes Gardes de la Révolution m'assure qu'il y a des petits malins en face qui ajoutent des attaques sous faux drapeau à celles que nous réalisons nous-mêmes, les imbéciles ne comprennent pas qu'ils font notre jeu On va intensifier ça doucement... enfin doucement d'abord, et plus vite ensuite. Il s'agit de cuire Pékin et Paris, et on peut y aller à feu doux d'abord, mais intensifier ensuite, c'est mieux pour les convaincre que ces fous de Trump et Khamenei vont vraiment déclencher une guerre dans le Golfe qui enlèvera aux pays importateurs de pétrole un tiers de leurs approvisionnements, d'où une récession mondiale (au mieux) et la finance internationale n'y survivra pas forcément - Il y aura, peut-être est-ce encore plus important, des discours. Bien sûr, mon animal de compagnie le président iranien Rohani déclarera encore une fois que "si nous ne pouvons exporter de pétrole, personne n'en exportera". Ça, c'est le hors-d'oeuvre. Moi je parlerai de l'esprit de sacrifice nécessaire à ceux qui défendent la justice, comme l'enseigne si bien notre confession chiite. Du fait que face à un tyran, le résistant qui se bat pour son bon droit se doit d'accepter la souffrance, même des désastres qui ne seront que des revers temporaires, car c'est par son endurance qu'il attirera la faveur du Très-Haut qui par Sa grâce abattra les tyrans. Et que la nation iranienne toute entière accepte d'avance cette épreuve, si elle ne peut être évitée, alors même qu'elle propose en permanence même au tyran Trump de faire la paix et nous permettre d'exporter enfin nom du Tout-Puissant ! Stratégie de survie - Si Pékin, ou Paris, arrive à point et enfin agit, nous éviterons le pire. Les Américains n'osant pas attaquer militairement en premier, leur stratégie d'étranglement économique étant déjouée, il nous restera à faire preuve de patience avant que les relations avec d'autres pays aussi ne se normalisent. Mais avec soit la Chine soit la France continuant de commercer avec nous, nous aurons les moyens de patienter. Et nous savons faire - Et sinon ? Eh bien, il faudra que la République islamique survive au milieu d'une grande guerre. Car les Américains finiront par attaquer, à force d'assister à sabotages, attaques et autres - le Trump, c'est un velléitaire certes, mais aussi un nerveux, il ne faut pas s'y tromper. Et nous passerons en mode "maximum", directement ou par étapes. Avec un peu de chance, peut-être les Européens et les Américains raisonnables s'il en reste à Washington arriveront-ils à persuader Trump d'arrêter les frais et de négocier une paix incluant la fin du blocus. Avec moins de chance, nous irons jusqu'au pire - Le pire, c'est notre économie en lambeaux et pénurie partout, avec destruction de nos centrales énergétiques et autres infrastructures civiles, c'est la côte du Golfe envahie - sur des monceaux de cadavres américains certes, mais enfin ils finiront par passer - c'est la destruction d'une bonne partie des infrastructures de production pétrolière de la Saoudie, ainsi que celle des sept ou huit principales centrales électriques d'Israël. C'est un fleuve de sang pour nous, une catastrophe historique pour la Saoudie et Israël, une crise économique pour tous ceux qui avaient refusé de résister au tyran de la Maison Blanche en continuant de commercer avec nous. C'est la survie de notre régime dans la pénurie, mais en préservant le cœur historique de l'Iran qu'ils n'envahiront pas car ils n'ont pas les soldats pour. Quant à moi, je n'y survivrai probablement pas, mais bon... j'suis vieux de toute façon... et mourir martyr d'un missile de croisière à 80 berges, c'est idéal, une longue vie avec beaucoup de cognac, puis la récompense du Ciel !
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Oui, mais ce n'est guère une nouvelle. C'était clairement l'objectif de l'Iran depuis le début en capturant le pétrolier britannique de se ménager une monnaie d'échange pour récupérer le sien. Cet échange est bien sûr la solution de bon sens. Le problème, c'est qu'il requiert que Londres reconnaisse ouvertement que les deux situations sont équivalentes, c'est-à-dire que la capture du pétrolier iranien était un acte de piraterie et une erreur britannique. Or, reconnaître ouvertement l'évidence cela est difficile.
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Voilà un partisan des femmes au pouvoir ! Cela dit, je ne sais pas trop quel dirigeant national ou quelle femme politique correspondrait au modèle de direction évoqué dans ce clip ... voyons, le mélange de séduction, de dureté et de fouet ça vous évoque quelqu'un ? Moi personnellement je ne vois pas ... et pourtant je cherche hein !
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Ah, ok ! Donc un impérialiste, c'est simplement quelqu'un qui utilise des méthodes de management modernes, aptes à cultiver la motivation des subordonnés (*) Merci, ça clarifie tout (*) Et si en plus il parle dans un respirateur, ça ne gâche rien Wo eh l'aut' ! Tes trucs d'intellos, c'est pas clair. Moi je dis que la définition de Shorr Kan est bien plus claire. Rapport aux méthodes de management. Et au respirateur. Bon, cela dit... pour revenir au sujet du fil, le doute m'habite Je veux dire, l'ayatollah Khamenei a bien des robes, mais pas (à ma connaissance) de pouvoir magique. Donc il ne peut pas être l'empereur. D'un autre côté, Donald aimerait peut-être bien avoir un respirateur et un sabre laser, mais je crois qu'il risquerait surtout de se blesser avec. Et puis quand il s'agissait de partir à la vraie guerre, genre Vietnam, il avait un mot d'excuse de sa Môman. Donc comme Vader présentable, on peut rêver mieux. Et puis Anakin Skywalker lui il était compétent. Bolton, vous me direz, il a l'air à la fois suffisamment maléfique et suffisamment compétent. Donc, même sans respirateur, et en considérant que sa moustache fait office de, on pourrait à la limite l'accepter comme Seigneur du Sith. Oui, mais c'est à Donald Trump qu'il dit "What is thy bidding, my Master"... désolé, mais il y a un problème là, parce qu'à ma connaissance, le Sénateur Palpatine n'a jamais été promoteur immobilier ! Bref, on ne s'en sort pas
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Ça peut se défendre. Tout comme on peut aussi défendre l'idée que la stratégie européenne est limpide comme le cristal, claire comme de l'eau de roche, et fidèle à leur culture. Mais avec leur mentalité de "jaune", les Asiatiques ont parfois un peu de mal à comprendre la réflexion stratégique européenne Mais bon... en fait, moi je ne pense ni l'un ni l'autre Là, d'accord. Même tout à fait d'accord. En d'autres mots : les Chinois sont embarrassés et ne savent pas trop sur quel pied danser, essayant de ménager et la chèvre américaine et le chou iranien... un peu comme nous autres, en fait. Il est même pensable qu'ils se sentent un peu coincés sur ce coup là, voire un peu cons à la limite... mais chut Je ne suis pas tout à fait d'accord. D'abord, je ne sais pas qui a une mentalité impérialiste, mais ce n'est certainement pas "nous". Puisque moi je ne l'ai pas , la mentalité impérialiste. Et je ne pense pas qu'il faut que la France se donne comme objectif d'imposer sa politique à la région. Ensuite, je ne suis pas sûr que les Chinois aient toujours une mentalité non-impérialiste. Dans le Golfe persique, oui c'est vrai ils ne cherchent pas à imposer leur contrôle. Mais au Tibet par exemple, ou encore au Xinjiang... Mais c'est un fait que certains pays ont une définition assez particulière de l'impérialisme, comme quoi "si on y arrive par bateau, c'est de l'impérialisme", tandis que "si on arrive par la terre, ça n'en est pas" Il n'est pas impossible que la Chine compte au nombre de ces pays (et la Russie aussi quand on y regarde bien) L'hypothèse comme quoi cette définition serait choisie avant tout parce qu'elle les arrange bien... tient bien la route
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C'est possible en effet. Un peu comme les installations d'exploitation et d'exportation du pétrole des pays arabes du Golfe, en somme. Sauf que celle-ci, ce serait les frappes iraniennes au balistique qui les détruiraient.
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C'est possible, mais cet « il n'y aurait qu'à » prendrait certainement des années. Et l'étranglement économique de l'Iran c'est maintenant. De plus, si les États-Unis entendaient parler de tels projets, on peut être sûr qu'il exerceraient les pressions maximales contre toutes les sociétés impliquées. Il faudrait de toute façon que Pékin se dresse contre eux et protège ses activités. Peut-être l'inaction chinoise est elle l'application de quelque sagesse ancestrale et du principe du wuwei comme le supposait @Shorr kan Peut-être aussi est ce que les Chinois ne sont pas tellement plus sages que nous, mais juste embarrassés entre l'espoir que ça ne va pas péter, l'incrédulité devant la politique américaine et le souci de ne pas encore compliquer leurs négociations commerciales avec Washington. Pas tellement meilleurs que tous les Macron, Merkel, Salvini et Johnson de l'Europe, en fait Même s'ils arrivent mieux sans doute à prendre l'air mystérieux et à faire croire que quand ils se taisent c'est par une sagesse supérieure plutôt que parve qu'ils sont aussi nuls que nous
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Personnellement je n'aimerais pas. Mais il ne faut pas se tromper sur le rapport de force physique entre Israël et le Hezbollah. Si Israël était vraiment obligé de se débarrasser du Hezbollah quel qu'en soit le prix, c'est-à-dire si le Hezbollah montait une attaque des infrastructures civiles israéliennes trop efficace - et ils ont peut-être effectivement cette capacité - alors l'avantage que possède le Hezbollah dans la force morale (ils sont bien davantage prêts à mourir que les soldats israéliens, et leur commandement est plus disposé à accepter les pertes que le commandement israélien) serait annulé (les soldats israéliens se battraient vraiment pour la survie de leur pays donc seraient tout aussi prêts à mourir que leurs adversaires hezbollahis) et ce serait le rapport de force physique qui jouerait. Il est sans ambiguïté.
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Il y a d'une part : Faire le nécessaire pour éviter la guerre, c'est-à-dire bloquer l'étranglement de l'Iran en ouvrant un canal de commerce entre Europe et Iran protégé des attaques économiques américaines, idéalement à trois pays européens avec Allemagne et Grande-Bretagne, si nécessaires seuls pour commencer, et à la bonne taille (ordre de grandeur minimal un demi million de barils de pétrole par jour dans un sens, l'équivalent en nourriture, médicaments et équipements dans l'autre sens, et de préférence plus près de un million), en acceptant la conséquence d'une guerre commerciale sanctions et contre-sanctions contre Washington, et en se réjouissant d'avoir évité une grande guerre, économisé un paquet de blé au passage notamment une récession économique mondiale, et compensé quelques contrats d'armement perdus dans le Golfe arabe par des contrats d'équipement plus nombreux dans le Golfe persan. D'autre part : Suivre plus ou moins le mouvement, plus ou moins contraint et forcé, plus ou moins grommelant et "faisant entendre une autre voix". Mais mollement. Et se retrouver avec une grande guerre dans le Golfe, une récession mondiale, tous les coûts associés, et peut-être même des coûts humains si "pour maintenir la crédibilité de la France" nous rejoignons la force d'invasion de la côte iranienne et nous envoyons nos soldats - sous commandement américain, naturellement - rejoindre leurs camarades américains dans l'assaut de la côte iranienne au nord du détroit d'Ormuz. Je crains qu'il n'y ait pas d'autre voie au final que ces deux-là. Emmanuel Macron c'est mon impression essaie sincèrement d'agir pour éviter cette guerre, tout en espérant ne pas avoir à prendre de position trop tranchée, trop aventurée, trop prêtant le flanc à une contre-attaque économique américaine. J'espère qu'il réussira dans cet "en même temps"... mais je n'y crois pas trop A la fin, il nous faudra choisir une voie. Ou l'autre. "Il faut qu'une porte soit ouverte ou fermée" Il faut faire la paix, ou il faut faire la guerre. Il n'y a pas de "je me faufile entre deux". Pas pour une puissance du Conseil de sécurité comme la France.
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C'est la base de la dissuasion iranienne envers les Américains, et à une échelle plus réduite celle du Hezbollah contre Israël. Et oui, l'aviation ne peut pas tout. Le seul exemple peut-être où une guerre a été gagnée uniquement grâce à l'aviation, la guerre de l'OTAN contre la Serbie en 1999, n'a d'ailleurs réussi que parce qu'à un moment les Américains ont signalé qu'ils allaient s'en prendre à la population civile en elle-même - passer à la phase massacre - ce qui a fait reculer Milosevic qui a accepté d'évacuer le Kosovo... mais en attendant, 78 jours de bombardements n'avaient rien changé sur le terrain. En 2006, l'aviation israélienne a prouvé qu'elle savait détruire les infrastructures civiles du Liban, tuant un millier de civils au passage. Seulement voilà, ça n'impressionnait pas les gens du Hezbollah. Israël aurait pu choisir de briser le Hezbollah en attaquant au sol. Seulement voilà, leurs pertes auraient été lourdes, le "taux d'échange" entre forces israéliennes et forces du Hezbollah était d'environ 1 pour 2 (environ 120 soldats israéliens contre 250 combattants hezbollahis). Ce qui est catastrophique du point de vue d'une armée avancée face à une force de guérilla - mais le Hezbollah s'était justement déjà élevé au-dessus du niveau d'une simple force de guérilla. Tel Aviv aurait pu décider de passer en force et de se débarrasser du Hezbollah, mais il leur aurait fallu accepter de nombreuses centaines de morts dans leurs rangs, peut-être même davantage. Ils ont préféré arrêter les frais et ont été très heureux d'accepter les propositions internationales de cessez-le-feu. "Il se passe quoi" la prochaine fois entre Israël et Hezbollah, s'il y en a une ? "Il se passe quoi", si le détroit d'Ormuz est pratiquement bloqué par l'Iran ? - Le plus probable, c'est la destruction des forces du Hezbollah par l'armée israélienne. Qui en a la capacité dans une action au sol. Mais au prix de plusieurs milliers de morts dans ses rangs. Si le Hezbollah commençait vraiment à détruire des infrastructures civiles en Israël, Tel Aviv n'aurait pas d'autre choix que de se résoudre à payer ce prix. Mais ils ne le feront pas s'ils peuvent l'éviter. D'où l'effet de dissuasion : Israël évitera une guerre avec le Hezbollah sauf si celui-ci lui rend la chose impossible. - Le plus probable, c'est la destruction des forces de l'Iran par l'armée américaine. Au sol, sur la côte iranienne faisant face au détroit. Mais au prix (d'assez nombreux) milliers de morts dans ses rangs. Si l'Iran cherchait vraiment à fermer le détroit et détruisait des infrastructures d'exportation du pétrole par dessus le marché, Washington n'aurait pas d'autre choix - tout en rameutant évidemment le banc et l'arrière-banc de ses alliés, y compris les Européens. Un pouvoir américain à la fois conscient des réalités sur le terrain (et Trump ne l'est pas) et désireux d'éviter de grandes guerres (et Bolton ne l'est pas) éviterait de pousser l'Iran dans ses derniers retranchements, de peur qu'il ne s'attaque au trafic pétrolier dans le Golfe, de plus en plus jusqu'à peut-être rendre ce genre de guerre inévitable. Le gouvernement américain a mis en place un étranglement économique de l'Iran redoutablement efficace. Les conséquences s'ensuivent. Et la guerre est un scénario tout à fait probable. Il y a encore ça, oui... Le Monde est grand, il ne se limite pas au couple Etats-Unis - Iran. Jolie formule C'est à peu ça il me semble en effet...
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Moi je cherche des infos, des échos quelconques dans la presse allemande concernant ce fameux projet de force navale européenne dans le Golfe... ... et y a pas grand chose. Pour ne pas dire presque rien : une seule mention sur la Deutsche Welle, comme "force européenne", sans mention d'une participation allemande et avec un beau point d'interrogation encore. Du coup, les titres comme quoi Londres, Paris et Berlin y réfléchissent... je les prends avec un petit grain de sel quand même. Se pourrait-il que tout cela ne débouche que sur une force franco-britannique ? Les Allemands qui envoient des bâtiments de combat dans une zone de conflit potentiel en phase de réchauffement rapide ? J'y croirai quand je le verrai
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Moi je dis : persévère ! Ce qu'a dit Jean-Yves Le Drian à l'Assemblée aujourd'hui de cette idée de force navale européenne dans le Golfe Comprenne qui pourra. Mon impression est que pas mal de choses pourraient rester à préciser entre Paris et Londres concernant cette force... sans parler de Berlin (ils envisageraient vraiment de participer, d'ailleurs ? Attends, il y a de véritables coups à prendre là...) Il est possible que des ambiguïtés, voire de véritables malentendus, demeurent sur ce que serait cette force, quelle serait sa mission... Suivi et observation, ça sonne un peu comme "allons voir ce qu'ils f...ent les uns et les autres, pour ne pas se faire tromper une fois encore par leurs propagandes". Une sécurisation commune de manière diplomatique, ça sonne un peu comme "et si on proposait aussi à l'Iran de continuer le commerce avec lui, plutôt que de faire semblant de s'y préparer depuis un an". Mais il est possible aussi qu'on dise à des peuples différents le britannique et le français... ce que chacun a envie d'entendre