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Tancrède

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Tout ce qui a été posté par Tancrède

  1. Tu essaies de tuer Wile E Coyote avec de simples missiles? As-tu vu les nombreux documentaires décrivant ses épreuves et ce à quoi il a survécu et peut résister? Ce serait presque touchant, naïf mortel que tu es. Sinon, pour rebondir sur le suffrage des femmes: aux USA.... Outre les habituels motifs d'opposition qu'on peut trouver partout (peur du changement dans l'absolu et reluctance à quitter le connu pour l'inconnu, rôle des religions organisées -ou certaines d'entre elles- pour des modèles paternalistes, perception d'une menace sur le rôle et la compétence des hommes....), on peut noter certains facteurs plus propres aux USA dans la façon dont la chose s'est faite, la résistance au changement comme les circonstances du changement: - une forte opposition de longue date a existé assez uniformément autour de l'alcool, tant chez les producteurs (toute la filière, de l'agriculture à l'industrie) que chez les distributeurs (débits de boisson et magasins), et par ricochet, chez une certaine portion des consommateurs pour qui la chose a pris une importance certaine (après tout, les bars, la pub et les magasins vendant de l'alcool sont de bons intermédiaires pour faire du marketing relationnel et du lobbying à grande échelle: quels meilleurs forums pour toucher le public, surtout un public rendu vulnérable par le produit?). En effet, les femmes étaient le moteur principal des ligues de tempérance qui ont eu, aux USA, une importance extrême pendant la 2ème moitié du XIXème siècle, jusqu'à l'aboutissement de leur combat avec la prohibition (dont l'échec ultime les a disqualifiées). - la population d'origine germanique (et gardant, jusqu'aux guerres mondiales, une forte identité germanique) était lourdement investie dans ce commerce de l'alcool, et pesait lourd dans la coalition religieuse opposée au suffrage des femmes luthériens surtout, mais aussi catholiques allemands/autrichiens): le retour de bâton de leur opposition arriva avec la première guerre mondiale, pendant et après laquelle ils subirent un fort contrecoup, souvent teinté d'opprobre public, qui sapa leur capacité de lobbying. Cet effondrement de l'opposition organisée "germanique" fut sans doute l'élément principal qui permit politiquement au vote de passer, ainsi que le subséquent XIXème amendement constitutionnel. - d'une manière générale, le vote des femmes était perçu comme amenant avec lui le risque d'un tournant progressiste, soit une situation différente de la configuration européenne où la perception était justement à l'opposé. La remise en question de choses comme le travail des enfants étaient vues comme des conséquences inévitables du vote des femmes, et à ce titre combattues par le patronat, petit et grand, et les propriétaires terriens. - toute cette période est aussi aux USA le temps des "political machines", ces organisations locales partisanes contrôlant (souvent étroitement) d'énormes pans d'électorat et l'accès physique au vote dans de nombreuses circonscriptions clés, et ayant de ce fait une mainmise sur la politique que le doublement de l'électorat risquait de diluer. En fin de compte, après une longue opposition (de la moitié du XIXème siècle aux années 1910), la plupart finiront neutres quand surviendra le vote, travaillées au corps par leurs propres employés (ouvent des femmes) et leurs familles. - le Sud fut un fort foyer d'opposition, à cette période post guerre de Sécession où il était alors en pleine réaction ségrégationniste, faisant rater la paix voulue initialement par Lincoln puis Grant. Après une brève fenêtre de progressisme, le retour de bâton fut brutal, créant les "Jim Crowe Laws" et l'attitude générale qui condamna de facto (puisque le de jure était désormais impossible) toute possibilité d'émancipation concrète et de progrès économique des noirs.... Ce qui incluait le refus du progrès aussi pour les femmes noires. Le Vieux Sud, zone d'un conservatisme culturel et social extrême fondé sur la "mentalité de plantation", aristocratique et agraire en essence, ajoutait ainsi ce combat à sa "plate-forme" politique, avec le soutien des femmes blanches (surtout de la haute société), qui s'inscrivait dans sa posture générale en faveur du droit des Etats devant ceux de l'Etat fédéral (confédéralisme toujours vivace), n'ajoutant qu'un item à la liste de cet anti-progressisme généralisé, où la puissance politique était disproportionnellement tenue par l'élite qui monopolisait/contrôlait beaucoup plus qu'ailleurs les lieux de réunion, la vie associative, les moyens d'information, les ressources.... - extension du point précédent: le conservatisme était infiniment plus marqué dans le Parti Démocrate, même si cette question plus que beaucoup d'autre vit le début d'un rift profond au sein de ce parti, entre les progressistes urbains et les conservateurs ruraux, entre le nord et le sud (qui éclatera avec l'élection de Kennedy et la southern strategy de Nixon). Le progressisme était encore de façon écrasante du côté républicain, comme le montrera le vote de 1919 qui ouvrira le suffrage généralisé aux femmes (avant qu'il ne soit ratifié l'année suivante), alors même que de nombreux Etats avaient déjà fait passer divers changements partiels ou complets en la matière (vote aux présidentielles, vote aux primaires, vote aux élections municipales, droit de vote complet....), surtout dans l'ouest et le nord du pays (plus progressistes), et que la majorité de la classe politique avait perçu le changement comme inévitable.
  2. S'il est si pro-russe que ça, comment se fait-il qu'il soit si bien accueilli et populaire, et qui plus est fasse un tel chiffre d'affaire, sur le sol américain? la seule mention même d'un possible serrage de pogne avec un dignitaire russe est suffisante aux USA pour te rendre chelou, et un sourire à ce même dignitaire te ferait accuser d'anti-américanisme pathologique (pas d'homosexualité ceci dit: la politique russe en la matière est "FoxNews Approved"). [Tancrède, essaie désespérément de ramener le sujet de l'autre côté de l'Atlantique] Vantard, marseillais: crois-tu qu'une seule personne lisant ton post va croire que tu parles réellement de ton "vice", avec un tel phrasé? Ouais, ouais, tu évoques certainement le gabarit de ta "moralité" (wink wink), la taille de ta dépravation (c'est comme ça que les jeunes l'appellent, de nos jours?).
  3. C'est pas Harry Potter, tu sais (voui, par ce commentaire, je confesse avoir lu et vu.... Et j'ai même pô honte en plus!); c'est juste l'elfe larbin. Quoique.... Contre la Rodina, peut-être pas.... Mais contre ses missiles.... La seule contre-mesure connue est un certain volatile amateur de course de fond.... Qui est américain lui aussi.
  4. Tu ne toucheras pas à un SR-71: espèce en voie de disparition!!!!! Pour ta peine, j'envoie une contre mesure sol-sol éprouvée (et américaine, pour ramener le sujet sur les rails) sur tes S-400: Dans ta face, Alexis! Cours, Shorrky, cours!
  5. Difficile de faire comprendre comment marche un parlement à qui ne veut pas comprendre. Même pas la peine de rechercher la discussion quand cette base n'est pas présente (raison pour laquelle je me foule pas). Il ne voit que ce qu'il veut voir, et étrangement la réalité ne colle pas à ce qu'il évoque, mais ça le dérange pas.... Le fait qu'une Constitution n'existe que dans un cadre social, politique et culturel particulier (donc un pays, comme ici, la France) et ne peut y fonctionner que d'une manière correspondant à ces circonstances uniques (et par essence non reproductibles ailleurs) ne l'effleure pas, ce qui lui permet de partir dans un délire mêlant les pays de façon peu différenciée, en pensant qu'un dispositif constitutionnel particulier portant le même nom ou ayant la même fonction peut être transposé dans une autre constitution et avoir le même office..... Quand on imagine à quel point une constitution est un document qui n'est relatif qu'aux conditions d'une scène politique particulière (dans laquelle seule elle prend son sens et fonctionne comme elle fonctionne), c'en serait presque risible. Plus encore, il faut savoir pourquoi le texte a été conçu comme il l'a été, à savoir en fonction des réalités (culture, pratiques, groupes et rapports de force) d'une scène politique particulière, afin d'obtenir concrètement un effet particulier, qui change encore plus les interactions complexes entre les articles de la constitution (mais je vais pas m'étendre dessus, ce sera forcément qualifié de "sophisme" ou de coupage de cheveux en quatre; dommage que les carrières politiques et la réussite ou l'échec de gouvernements se fassent souvent sur ces coupages de cheveux). On notera à cet égard que le changement de 2008 sur la fixation de l'ordre du jour (les deux semaines alternatives Parlement/Gouvernement) n'ont de facto rien changé à la répartition du pouvoir effectif, ce qui en fait une réforme de façade conférant au mieux au Parlement un certain pouvoir de ralentissement volontaire de l'activité du gouvernement, de petit parasitage, pour peu (cas peu probable) qu'il soit capable de s'unir suffisamment et suffisamment longtemps pour en faire quelque chose de soutenu.... En l'état, c'est peu de choses, et certainement pas un moyen dissuasif, à cet égard encore moins que les attaques par saturation de questions écrites au gouvernement telles qu'elles se faisaient jusqu'aux années 90; quand votre arme de facto la plus efficace est un petit pouvoir de nuisance, tout est résumé. Et évidemment, tout est encore plus clair quand on a une scène politique qui ne peut fonctionner qu'avec des partis dont l'influence se détermine, outre les facteurs géographiques, culturels, économiques et sociaux, par le mode de scrutin. Le fonctionnement parlementaire n'est qu'une conséquence, et dans le cas du fonctionnement parlementaire français, une conséquence de faible incidence. La seule chose qui compte, avec le Parlement, hors circonstances exceptionnelles (notamment le vote de la guerre -quoique les évolutions de la conflictualité invalident cette fonction-, les changements constitutionnels et l'éventualité d'un état de siège), c'est qui y tient la majorité: une fois l'élection passée et le résultat connu on pourrait aussi bien avoir le dispositif de Napoléon (une assemblée qui discute sans voter, une qui vote sans discuter), la seule variable sur laquelle les députés peuvent influer un peu étant les délais dans lesquels une chose se fait. La scène partisane détermine la réalité de ce que le Parlement peut faire, et dès la rédaction de la constitution, ça a été conçu précisément pour ça (et renforcé en 1962, modification au résultat électoral couru d'avance, ce qui ramenait comme tu le précises la motion de censure à un caca nerveux avant même qu'elle soit déposée). Mais dans le cours de la vie parlementaire, si on veut ralentir et provoquer des blocages, on le peut; par mille et un moyens, on peut provoquer des crises et empêcher le travail. Ca ne se fait pas trop souvent en France, parce qu'au final.... C'est juste le Parlement: c'est pas comme si ça allait changer quoique ce soit ou empêcher le gouvernement de continuer à légiférer et gouverner. Un petit vote de confiance (que même le plus râleur des députés d'un parti de gouvernement n'évitera pas) ou un coup de 49.3 (comme si les députés d'une majorité -même ceux furieux contre leurs chefs- allaient aller contre), et tout le monde est ramené à la réalité. Par opposition, le système américain repose sur la présupposition de la coopération minimum nécessaire, ce qui émane autant de bases culturelles plus portées sur la négociation que d'une conception du pouvoir coopérative, là où la dernière constitution française en date présuppose le conflit insoluble et y répond à l'avance par un rapport de force aux résultats garantis (comme c'était prévu par le grand Mécharlot/la Grande Zohra). La conception américaine accepte au pire l'éventualité du blocage temporaire plutôt que l'acte d'imposition trop fort et/ou fréquent, la France a opté de façon disproportionnée pour l'inverse. Quand le Président et le Speaker sont de bord opposé, il s'agit dès lors de la formule ultime de la démocratie représentative, comme cela a été voulu par les rédacteurs de la constitution américaine, soit l'acceptation qu'il y a un problème et que la gouvernance soit celle du consensus minimum, au risque du blocage, reflet d'un pays profondément divisé, car le Speaker est dans cette configuration le "contre chef", leader d'une opposition armée. Dans la majorité des circonstances, on a cependant un travail souvent plus durable (exemplifié par la collaboration du pourtant très partisan Ronald Reagan avec "Tip" O'Neill, non moins militant). Dans le système extrêmement bipartisan des Américains (scrutin à un tour), la diversité des deux partis a aussi besoin d'un chef puissant, et il ne peut être réllement puissant -cad ailleurs que seulement à la Chambre- QUE via son pouvoir absolu de mise au vote. Ses autres attributions, notamment les divers pouvoirs de nomination dans les différents types de commissions (à commencer par la commission sur le règlement intérieur de la Chambre, crucial), et celui de l'attribution de l'examen d'un texte à l'une ou l'autre commission (d'autant plus délicat aux USA qu'un texte peut se voir adjoindre des ajouts n'ayant rien à voir avec son objet et domaine d'application principal). De facto, et dès la rédaction de la constitution, le Speaker a été conçu comme un rôle partisan (contrairement au Speaker anglais ou à notre président de l'Assemblée), devant être capable de tenir tête à l'exécutif. Cela implique l'acceptation pleine et entière du risque de blocage sur certains sujets, ce qui met les crises politiques au jour plus rapidement. A l'inverse, l'obsession pour le refus de ces situations en France (héritage des excès du parlementarisme en mode IIIème et IVème République), outre le fait qu'elle induit un fonctionnement très moyennement démocratique, a permis de refuser les crises politiques en s'enferrant dans un régime de facto présidentiel (même si semi présidentiel en cas de cohabitation) qui, du coup, a moins de chances de pouvoir se réformer ou de créer de la législation durable et mieux acceptée (où l'opposition est plus impliquée). Un schéma de fuite en avant façon junkie, où la drogue est l'excès de pouvoir exécutif.
  6. N'ayant ni l'envie ni la patience de faire un résumé de l'histoire parlementaire française des 57 dernières années pour te montrer à quel point tu ne connais pas le fonctionnement de la Vème République, j'avoue que non, je ne poursuis pas plus avant, tant vraiment discuter de ce sujet présupposerait que toi aussi, tu connaisses le sujet. Demande toi juste: - pourquoi aucune motion de censure n'a été adoptée depuis que la Vème République a pris un début de vitesse de croisière, et pourquoi la seule qui l'ait jamais été, en 1962, était, de l'avis même de ses promoteurs comme de ses adversaires, un acte creux et voué à ne rien produire (autre que la jouer chant du cygne ou cri d'impuissance) - pourquoi la motion de censure est la seule possibilité pour le Parlement d'avoir une influence, pour peu qu'il soit capable de produire une majorité suffisante pour non seulement brandir la menace et la mettre à exécution, mais soutenir la chose dans le temps pour convertir la chose en pouvoir d'influence sur les décisions (en aucun cas la motion de censure ne permet de changer la politique et d'influer sur la nature des choix faits). Un indice: le paradigme est identique au fait d'avoir une défense nationale reposant uniquement sur la bombe atomique, sans forces conventionnelles, et de voir cette défense fonctionner suivant les ordres d'un comité dont les membres se détestent tous, ne sont d'accord sur rien, ont des intérêts antagonistes (absolument aucun en commun, même la survie), ont tous un droit de vote équivalent, et sont en nombre pair. "Factuellement trompé"? Dans tes rêves. Et la Vème République donne du pouvoir au Parlement? Amusant. La IIIème en donnait beaucoup plus au Président, et pourtant....
  7. Raison pour laquelle, sans doute, directement après l'annonce de la Maison Blanche, Sergei Lavrov a appelé à une réelle coordination des forces au sol russes et américaines. Ca dépend ce qu'ils mettent/peuvent mettre sur le tapis: on parle quand même essentiellement de petits paquets, de micro-unités. J'ai aucune idée de ce à quoi ressemble le combat dans cette partie beaucoup plus vide du pays. C'est une guerre de groupe de combats, de sections, de compagnies (quand on ne parle pas d'un point de fixation plus important, comme le siège d'une ville)? Il faudrait j'imagine un effort américain assez conséquent pour permettre à tous ces groupes de dégager des marges de manoeuvre suffisantes pour des raids suffisamment nombreux/fréquents, importants et soutenus, pendant longtemps, pour que cet effet soit obtenu. C'est en tout cas pas avec un premier échelon de moins de 50 gars (2 douzaines ont en fait été évoquées), et un second (déjà annoncé) d'une autre cinquantaine (là il semble que ce sera ça) qu'ils vont produire ça, même si, comme ça a été annoncé aussi, la fréquence et le nombre des bombardements vont augmenter de façon importante.
  8. C'est un peu le vrai fond du problème: dans le débat public et la façon de se représenter des positions, ils n'ont rien d'intermédiaire pour leurs cadres mentaux. Si t'es socialiste, tu peux pas être capitaliste, et inversement. Des catégories parfaitement artificielles et manichéennes, au point de ne rien vouloir dire, qui leur servent de référence sans qu'ils soient réellement capables de leur donner du contenu au-delà des fantasmes et illusions que ces mots suscitent. Tout le monde se dit "capitaliste", mais si tu regardes dans le détail, à part quelques généralités très plates, la plupart ne sera pas en mesure d'expliquer ce que ça veut dire. Ce qui renvoie par exemple à l'attachement profond, viscéral, violent même, à la Social Security et à Medicare, entre autres choses, qui coexiste avec le rejet du mot "socialiste" sans que ça pose de problème à grand monde. De sorte que si tu poses la question ainsi "capitalisme vs socialisme", ça renvoie essentiellement la psyché américaine aux catégories mentales héritées de la Guerre Froide. Cette question n'est pas un point appelant des définitions et du contenu, mais revient plus à leur demander implicitement dans quelle équipe ils sont, USA ou URSS. J'ai des doutes sur l'émergence d'un mouvement socialiste aux USA; en revanche, on constate, entre autres avec la montée de Sanders, à une montée franche et nette d'un certain nombre de populismes face à la question des inégalités dans l'allocation de la richesse et de la croissance, et dans le fonctionnement du marché et du gouvernement, contre l'oligarchie qui domine de plus en plus visiblement le processus politique et économique américains. C'est sensible à gauche comme à droite, dans des proportions pas vues depuis longtemps aux USA; la rhétorique n'est en général pas très nouvelle, pour l'essentiel, et elle plaît toujours à une part donnée de l'opinion, mais les proportions actuelles sont une nouveauté, et plus encore, le niveau d'enthousiasme et de conviction, le nombre de ralliements à ces discours. C'est pourquoi en l'occurrence je vois plus un retour vers la gauche du parti démocrate (passé au centre droit depuis les années Clinton, adaptation politique -comme le blairisme- à un univers washingtonien durablement reaganocentré) qu'un développement "socialiste" proprement dit. De toute façon, le bipartisme est trop fort aux USA (du fait avant tout de l'élection à un tour), le thème socialiste trop culturellement connoté pour les mentalités, et le pays trop grand et divers, pour voir réellement s'affirmer une tendance "socialiste" revendiquée comme telle. La meilleure preuve en est le virage à gauche d'Hillary Clinton, maintenant opposée au TPP (qu'elle avait pourtant négocié, l'appelant le nouveau "gold standard") et à fond sur la plate-forme d'un retour aux sources démocrato-progressiste, plus traditionnel et plus mobilisateur pour la base. Je vois en fait plus la montée de Sanders comme figure nationale (ce qu'il n'était pas avant de faire campagne) que le développement d'une mouvance socialiste; pourquoi et quelle est la différence? Essentiellement, il s'agit de la différence entre la réappropriation du progressisme au sein du parti démocrate et dans l'opinion américaine, et le développement d'une mouvance nouvelle, politiquement étrangère aux USA, propulsée par une figure populaire qui, du fait de cette popularité, a le droit de se dire socialiste, communiste, martien.... Tout ce qu'il veut: il a le droit parce que les ricains aiment ce qu'ils voient et vont l'entendre par troupeaux entiers. Pourquoi? Parce qu'il n'a pas changé le fond de son discours en 40 ans de carrière, n'a jamais été contre ses convictions pour raisons politiciennes, et parce que ce discours est maintenant beaucoup plus en phase avec la réalité américaine. Pas besoin du terme "socialiste" et du background théorique qui le sous-tend; juste une orientation plus social-démocrate (représentée par un certain nombre d'axes politiques) qui rentrera sous l'étiquette plus américaine de progressiste. Tel que ça se profile, c'est effectivement très peu probable, surtout depuis que Clinton a en partie coupé l'herbe sous le pied de Sanders par son très net virage à gauche, qui est devenu sa plate-forme de campagne. Pas entièrement convaincant pour beaucoup de démocrates et d'indépendants, mais suffisamment pour garder une très confortable avance, faire plafonner Sanders, et rallier du monde, surtout quand c'est allié à ses autres avantages: le nom Clinton, la personnalité de son mari (toujours très populaire et très impliqué en politique: c'est une formidable machine à faire campagne, ce gars), les budgets en hard et soft money, les organisations en place, les groupes la soutenant (notamment les très puissantes organisations féministes comme Emily's List), sa compétence reconnue (dans le bain politique depuis qu'elle a 20 ans, dans les hautes sphères depuis plus de 25 ans), sa stature de dirigeante (notamment sa crédibilité internationale).... Pour garder du monde et en convaincre plus, elle a plusieurs longueur d'avance. A moins de quelque chose de très radical, Sanders perdra. Outre l'événement totalement inattendu que nous ne pouvons du coup prévoir, qu'est-ce qui pourrait la bousculer au point de changer les données du problème? - une victoire nette de Sanders aux primaires du New Hampshire (où il reste favori) et/ou de l'Iowa: purement psychologiques, les victoires dans les "early states" ont néanmoins des effets politiques réels. Dès lors qu'un outsider en remporte une, tous les calculs changent, principalement parce que le dit outsider devient, aux yeux d'une proportion variable de l'électorat, tout d'un coup un "vrai" candidat. Du jour au lendemain, il est réellement dans la course; il a quelque chose de concret en main qui changent sa dimension pour l'électeur moyen. - de nouveaux développement dans les affaires qui collent au cul de Clinton: ses emails, la fondation Clinton, et Benghazi. Points qui varient en essence de totalement creux à anecdotiques, ils ont été montés en épingle depuis longtemps par des républicains complètement versés dans la stratégie d'utiliser tous les moyens de l'Etat et de leurs organisations pour en faire des crises politiques. Le but étant de créer suffisamment de flou et de permanence de ces thèmes dans les esprits pour faire douter un nombre significatif de gens. Pour l'instant, il est difficile de voir si ces choses ont pris ailleurs que dans l'opinion conservatrice, de toute façon hostile à Clinton. Mais en revanche, la somme de ces affaires a bien amplifié certains des problèmes de l'ex Première Dame/sénateur/Secrétaire d'Etat: elle n'inspire pas confiance, son image est moins sympathique que celle de son mari, elle a changé trop de fois d'avis, ses discours donnent trop l'impression de suivre les conseils des sondeurs et consultants qu'elle emploie à plein temps. Ouaif, les Républicains reconnaissent qu'il y a un problème d'inégalités, mais c'est du bout des lèvres, et ça n'a pas beaucoup impacté les plates formes électorales qui pour l'instant restent sur les mêmes principes que depuis Reagan: toujours plus de baisses d'impôts pour les plus riches (voire certains qui, quoiqu'ils le nient si c'est demandé, prévoient d'accroître de fait la taxation de la "working class" et des classes moyennes), toujours plus de dérégulation (surtout pour Wall Street), toujours plus de libre-échangisme, aucune réforme du système de financement des campagnes électorales (même si ça critique les méchants lobbies dans le discours). Quand à souligner à un républicain que la guerre froide a été vécue avec des USA, champions de la liberté et du capitalisme, qui avaient des tranches supérieures de l'impôt allant jusqu'à 90%, des programmes sociaux et d'infrastructures massifs, une stricte réglementation financière et une politique antitrust féroce.... Cherche pas, tu auras de la digression en réponse, ou des contre-accusations, et vite, vite, un exposé sur la seconde venue du Christ sous les traits de Ronald Reagan (qui, soit dit en passant, serait vu comme un communiste s'il cherchait à être élu au GOP aujourd'hui).
  9. T'as lu le synopsis ou tu nous la joue cynique/blasé avec une version à peine resucée de l'épisode IV.
  10. Je vais éviter de commencer un duel stérile avec quelqu'un qui ne connaît plus que visiblement pas du tout le droit constitutionnel et ne fait même pas l'effort de comprendre comment un régime politique fonctionne. Ouais, faudrait aussi un peu essayer de piger comment marche le système politique dans lequel tu vis (personnellement, j'ai travaillé au Parlement, juste pour la note)..... Là, c'est juste affligeant. Et au lieu de m'accuser de digresser, essaie de voir en quoi justement JE NE LE FAIS PAS. C'est peut-être toi qui ne comprend pas. Tes compétences pour parler de droit constit et de politique? Tu as démontré toi-même que tu n'en avais pas vraiment. Je n'ai pas besoin de le faire. Merci de prouver toi-même que tu n'as pas grande connaissance de l'histoire politique de quelque pays que ce soit, au-delà du superficiel, qui donne toujours l'impression que les choses avancent bon an mal an. Mais bref, quand quelqu'un balance un commentaire du genre "cet article est débile" en parlant d'une constitution (surtout une qui a tenu et fonctionné depuis plus de 200 ans et permis de gérer ce qui est devenu la 1ère puissance mondiale), il se disqualifie lui-même d'emblée.
  11. Tancrède

    Nanas au combat

    !!!! Elle est bonne celle-là! Comme si l'espèce féminine passait sur ce forum. Y'en a qui croient encore en trouver ici? Et puis en quoi ce fil serait-il potentiellement choquant pour une femme? On a essayé de poser le sujet (réel) des femmes dans les unités combattantes, question qui a de multiples implications et conséquences, pose ses propres problèmes, implique un réel questionnement des armées.... Bref, y'a matière à débat et information, ce n'est pas une question simple, loin des "deux camps" qui sont les militants ultra-proféministes politiquement corrects qui refusent tout ce qui ne sort pas de la ligne du parti, et les "machos à l'ancienne" qui veulent voir les femmes uniquement à la cuisine, à un poste de secrétaire ou administrant des fellations au mâle. Y'a un peu de grain à moudre entre les deux. Pour ceux que ça intéresse, voici un texte de 1979 par l'ex-candidat à la présidentielle (et ex marine, héros de guerre, ministre de la marine) Jim Webb, sur la féminisation de l'Ecole Navale américaine dans les années 70; le propos est assez radicalement hostile (il a tempéré certaines de ses opinions depuis qu point de recevoir le soutien explicite de plusieurs groupes de femmes militaires), mais c'est aussi une intéressante description des changements "invisibles de l'extérieur" qui peuvent survenir quand le politique insiste trop fort sur ce qu'on caricature souvent comme de l'expérimentation sociale dans les armées, avec pour effet une baisse de niveau. A lire avec du recul, mais c'est aussi quelque chose de très sincère, qui critique beaucoup plus que la manière dont les femmes ont été introduites dans cette institution, adressant plus globalement la façon dont une certaine conception de l'éducation militaire a disparu (le "plebs system"). http://www.washingtonian.com/articles/people/jim-webb-women-cant-fight/
  12. En même temps un tout récent sondage demandant aux Américains s'ils seraient prêts à élire un président ayant une particularité ou une autre dans une liste assez longue contenant entre autres: un mormon, un juif, un musulman, un athée..... La plupart des items voyaient les Américains répondre "oui" en majorité plus ou moins large. Un seul item n'avait pas la majorité (j'ai oublié le chiffre, mais c'était autour de 45-47%): un socialiste (pour la note, "athée" était le deuxième plus bas, avec une courte majorité). Compte tenu d'une certaine marge d'erreur tenant avant tout à la présomption que nous avons tous de notre propre tolérance (parce que quand vient le moment du vrai choix avec de vraies conséquences, ce n'est que là qu'on voit si ces trucs comptent ou non pour nous), ça veut dire que ce mot est encore lourdement connoté aux USA.
  13. C'est différent: Bernie Sanders, qui assume l'étiquette "socialiste", est avec son énorme et inattendu succès (qui s'étend en partie hors des limites de ses partisans et du camp démocrate) porteur et révélateur d'une part de l'opinion américaine qui assume le terme, mais plus généralement, a conscience et veut des changements de type social-démocratie. Il y a en revanche une allergie au nom et aux apparences du "thème socialiste", très largement partagée. C'est culturel, c'est psychologique, mais tu auras beaucoup de soutien (et de l'opposition, c'est normal) aux USA pour des réformes "socialistes".... Sauf si tu les labellises avec le mot. Parce que pour les ricains, de ce côté là, les lignes sémantiques sont floues: socialisme = gauchisme = communisme = anti-religion = anti-flingues = tapette = empreinte de satan. Mais juste quand on parle du label. Le contenu, c'est autre chose. Ainsi, la grande majorité de l'électorat républicain crie sans cesse qu'il faut réduire le gouvernement à quasi rien, et trucider dans les "dépenses sociales" (terme vague), mais te lyncherait sur place si tu essayais même de toucher à Medicare, à la Social Security et tout ce qu'on appelle le "social safety net", et t'applaudirais si tu voulais les développer..... Parce que la majorité d'entre eux sont dessus. Bref, ils baignent dans le socialisme, mais vouent le mot aux gémonies: le socialisme, c'est ces tapettes d'Européens, Français en tête. Bref, des catégories et nomenclatures imaginaires.
  14. Il s'agit de la conjonction de deux facteurs: un effet boomerang contre la majorité en place au moment des dernières élections (la reprise ne se faisait pas vraiment sentir, Washington était déjà bloquée -essentiellement par l'obstructionnisme républicain voulant précisément cet effet- et dans ce cas là, on blâme qui est le plus visiblement aux manettes -même si c'est pas vraiment le président quand il y a une Chambre hostile), et la faible participation chronique des électeurs démocrates quand il s'agit d'élections "mid terms", cad celles qui n'ont pas une présidentielle. Ce dernier effet est vrai pour la participation en général, mais caricaturalement vrai pour les démocrates en particulier: ils se bougent beaucoup moins hors années présidentielles. L'évolution de telles coalitions (vastes, complexes, contradictoires) est lente. Et là, depuis les années Reagan, le parti républicain s'est enfermé dans une spirale toujours plus forte de poussée vers l'extrême droite, perdant tous ses courants modérés et progressistes (le progressisme aux USA vient historiquement du parti républicain: Lincoln, Théodore Roosevelt, Eisenhower, Nixon) et se calant sur son électorat le plus à droite (évangélistes et électorat populaire du sud et du Midwest, appelé "talk show republicans"), l'ancrant notamment dans un paradigme anti-immigration (pour ne pas dire raciste), ultra-religieux et anti dépenses sociales (alors que structurellement, notamment par la pyramide d'âge de leur électorat, ils ont la base la plus gourmande en dépenses sociales et subventions de tous types. Alors que les latinos sont récemment devenus, et seront toujours plus, un électorat obligatoire pour qui veut être élu, que le parti vieillit dans sa base et que les politiques économiques prônées par les républicains (toujours moins d'impôts, trucider les dépenses sociales, laisser le big business faire ce qu'il veut) ne convainquent plus grand monde hors de la bulle conservatrice (électoralement, ça veut dire qu'ils ne convainquent personne hors de ceux qui le sont de toute façon), ça peut poser quelques problèmes.
  15. Je viens de regarder une série de communiqués sur les chaînes américaines, et quelques analyses et "fuites de sources informées", et il s'agit bien d'un premier échelon de repérage et de prise de contact avec des forces locales: après, oui, l'effet d'annonce donne toujours l'impression que c'est entièrement nouveau, alors que des contacts avec certaines forces existent depuis un bail. Mais là, il semblerait question d'une capacité d'évaluation supérieure à ce qui a déjà été fait (en vue de refiler du matériel et des appuis plus sérieux?), et de préalable à une implantation plus conséquente et, apparemment en effet, une capacité de raid disponible sur place. En revanche, j'ai mal retranscri la zone de déploiement:le sud syrien est moins concerné, et il s'agirait plus purement du nord et du nord est. Donc à partir de la Turquie, ou du "grand nord" irakien? Une zone de continuité avec le territoire kurde irakien? Sinon, pour l'instant, les soldats en question sont encore qualifiés de "conseillers". A prendre comme on le veut. La Maison Blanche a démenti qu'il s'agissait d'une "combat mission", se tenant au rôle de "support force" de guérillas locales. Tout au plus, le porte parole a dit que ces éléments appuieraient au plus près, et donc pouvaient se retrouver dans des situations de combat. L'aspect général me semble celui d'une lente conversion de la "guerre secrète" à un engagement plus "régulier".
  16. Clinton a des faiblesses, en grande partie médiatiques et plus ou moins artificiellement créées et développées par les républicains (ses emails, Benghazi et la fondation Clinton), mais sur le plan des élections, les Républicains ont un vrai problème, et il grandit, dans les élections nationales et là où le vote populaire compte. Au moins jusqu'au prochain redécoupage des circonscriptions ils sont indéboulonnables de la Chambre, mais le Sénat est une toute autre histoire, puisqu'il ne dépend pas d'un découpage élecoral (c'est une élection globale sur un Etat), et il en est de même pour la présidentielle. Le vote populaire n'a pas été dans le sens des Républicains depuis maintenant très longtemps, quel que soit le résultat des élections, et plus la participation est élevée, plus c'est vrai. En cas de participation haute, les républicains n'ont aucune chance ailleurs qu'à la Chambre, et c'est tout le défi des démocrates que d'arriver à mobiliser un électorat qui est en colère contre la politique en ce moment (même si en moyenne plus contre les républicains, et plus contre le Congrès, que contre les démocrates et la Maison Blanche), tout comme c'est le défi des républicains de pousser dans le sens contraire. Il est par exemple prouvé que plus une campagne implique une grande quantité de pubs négatives et de bagarres d'invectives, plus la participation baisse; mais plus globalement, le GOP poursuit sa politique multi-angles de restriction du droit ou de la possibilité de vote, notamment des minorités ethniques, qui est particulièrement significative dans les Etats "rouges" qu'ils contrôlent: l'effet est plus marquant pour les élections à la Chambre (et les élections locales: sheriffs, juges, maires, parlements d'Etat....), mais a quand même un effet dans les autres élections.
  17. Un bataillon roues/chenilles de chasseurs alpins à pieds parachutistes de marine ? Le BRCCAPPM?
  18. Oui et non en général: il y a des sondages qui commencent dès la minute où le débat se termine, et ça continue dans les jours qui suivent, et plus encore de nos jours, il y a le retour instantané des réseaux sociaux. C'est partiel et ne recouvre évidemment pas toute la base électorale des primaires, mais en général, ça reflète les plus engagés/intéressés, et c'est très indicateur à défaut d'être exactement représentatif. Tout aussi évidemment, ce n'est pas quelque chose de neutre: comme toute annonce sur des sondages, cela a un effet prescripteur qui influe sur les impressions du public ciblé, moins en changeant les tendances qu'en les renforçant, parfois énormément, notamment par l'effet de distorsion des perceptions. Il y a ainsi des "vainqueurs": celui qui semble sortir au sommet de ce débat là est Cruz, suivi de Rubio, Carson,Trump et Fiorina. Tous les autres ont des évaluations négatives, avec Bush très loin en bas du classement. Ce sont des reflets des impressions à chaud de l'audience républicaine, qui a certes bien des défauts en ce que leur publication a sa propre influence et crée son propre effet médiatique sur lequel interprétations, délires et mensonges brodent, mais c'est nécessaire au processus d'écrémage, et c'est le genre de pression auquel les candidats sont censés être préparés. Quand on regarde dans le détail, en quoi un débat, bien mené ou non, permet-il d'évaluer qui fera un bon président? La capacité à bien répondre à des questions en public et à avoir l'air plus malin que les autres dans des échanges démagogiques n'a jamais, à mon sens, déterminé une quelconque qualité de leadership ou une à prendre des décisions réfléchies sur des sujets fondamentaux. C'est pas très démocratique non plus, en ce sens que ça ne concourt pas vraiment à une bonne information de la décision des électeurs, tout en prenant les apparences de la chose via un processus purement démagogiques qui ne dit qu'une chose: qui est bon en débats ou non. Les critiques de CNBC, et en fait de tous les médias, sont partiellement justifiées (les modérateurs de CNBC pendant le débat n'ont pas livré une bonne performance), et en fait plus une contre attaque des candidats: c'est une très vieille tactique en politique, quand on est face à des questions embarrassantes, à des problèmes électoraux.... De retourner le blâme sur les médias. C'est plus vrai encore aux USA pour le Parti Républicain, depuis qu'il a pris ce virage vers le toujours plus à l'extrême droite depuis une vingtaine d'années, qui l'a amené, sur beaucoup de sujets, à être sur une autre planète souvent sans rapport avec notre réalité. Une phrase devenue un adage dit ainsi "reality has a well known liberal bias", en référence au biais "liberal" (très à gauche) présupposé des médias américains, qui est en fait un thème permanent de la droite américaine depuis la Guerre du Vietnam (alors que la réalité de l'examen des journaux, radios et télés pendant la guerre dément ce mythe de la "contre culture triomphante qui attaque le patriotisme et l'armée"). Bref, quand les républicains ont du mal avec la réalité, ils attaquent les médias. Et c'est même depuis hier un nouveau thème dans la campagne des primaires elle-même: il y a une révolte des candidats, initiée par Carson et Trump, pour déssaisir la Convention Nationale Républicaine (NRC), l'organe suprême coordonnant les partis républicains, de l'organisation des débats encore à venir ("cut the middleman", quoi: dégagez l'intermédiaire), pour, comme s'ils étaient tout d'un coup un syndicat de candidats (ironique vu qu'ils sont unanimement pour la destruction des syndicats et des négociations collectives) cherchant à négocier directement avec les médias. Comme première salve, ils ont unilatéralement annulé les débats sur NBC et Telemundo (première chaîne hispanophone aux USA: de la très grosse audience désormais). Nul doute que ces débats se feront, mais sans doute sous d'autres conditions, réclamant un autre format de débat, mais aussi des questions gentilles, pas de follow up (droit de suite), pas de fact checking, et pas de journalistes "liberals" (comprendre: des journalistes qui font ce qu'on leur dit, tout journaliste les ennuyant étant forcément un sale liberal). Ted Cruz a ainsi appelé à avoir un débat avec 3 figures de l'ultra droite médiatique la plus débile (dont Rush Limbaugh, animateurs du talk show radio le plus populaire de la droite US, et Sean Hannity, animateur d'une émission de FoxNews qui serait vue comme un monument de connerie n'importe où ailleurs), sous les applaudissements de la salle du débat CNBC. La bulle républicaine fonctionnant sur elle-même, quoi, persuadée qu'elle est en phase avec la réalité.
  19. La Maison Blanche essaie de la jouer aussi low key que possible dans cette histoire: l'annonce du déploiement de troupes en Syrie même n'a pas été faite par le président lui-même (qui avait déjà à plusieurs reprises annoncé depuis plus d'un an qu'il n'y aurait pas de troupes US en Syrie), mais par le porte parole de la Maison Blanche: question de forme, question d'audience (pas une conférence de presse spéciale, juste la conférence de presse quotidienne où ce porte parole annonce différents trucs.... Même si évidemment rien d'autre n'a été discuté une fois qu'il a annoncé ça ce jour là). Pour l'instant, il s'agira de moins d'une cinquantaine de FS, là aussi un effet de manche pour minimiser la chose et ne pas donner dans le grand sensationalisme (parce que les ricains, ils font soit low key, soit l'événement apocalyptique avec photo ops massive et mise en scène hollywoodienne.... Rien entre les deux), et éviter de présenter l'événement comme un tournant majeur ou un engagement profond de l'administration (ce n'est pas politicien, vu que maintenant, Obama est un "lame duck president", n'ayant plus d'élections à gagner); non, l'effet de manche dans cette annonce réside dans le fait de montrer cette présence américaine au sol en Syrie comme limitée à moins d'une cinquantaine de gars, quand ces gars seront en fait là pour baliser le terrain, évaluer les groupes combattants dans la zone assignée, afin de permettre au commandement américain de déterminer le besoin. Besoin en assistance militaire, en capacités de combat, et, par là, en niveau de présence au sol requis, ce qui porte vraisemblablement la visée américaine au-delà d'une capacité de raids: il semble s'agir essentiellement des premiers pas vers une base (majoritairement FS/CIA) ou une série de points d'appuis qui se partageront entre une capacité de raids (quelle dimension? Quel rayon d'action? Impossible à dire à ce stade), et surtout une capacité diversifiée d'assistance militaire: aide matérielle et technique, coordination pour le bombardement au sol, soutien logistique.... C'est donc plus un premier échelon d'évaluation de la situation locale dans une partie du sud/sud-est et l'est syrien, soit le truc sur lequel on fait rarement de la pub (pas sexy), chargé de prises de contact, de repérage et d'observation/jauge de la situation sur place, en vue de mouvements et choix ultérieurs, qui semblent désormais effectivement dans les tuyaux. Annoncer ces choix en parlant de ce premier échelon, toujours un effort modeste en apparence, va dans le sens du mode d'action obamasien et de l'appréhension encore bien réelle des Américains à l'idée de retremper un doigt de pied sur le sol du Moyen Orient (qui a tendance à être collant à leurs yeux). Bref, est-ce une réaction au mouvement russe, qui aurait forcé les Ricains à reconsidérer leur mode d'action, au profit d'une vision plus tournée vers l'établissement d'une zone d'influence en Syrie? Est-ce plus un changement de posture face à l'EI, montrant des USA plus résignés à "rabaisser leurs critères" et à soutenir entre autres (avec des groupes kurdes ou turkmènes) des groupes plus ou moins islamistes (mais non EI ou Al Nosrah), afin de coopter les sunnites de l'est syrien et du nord ouest irakien?
  20. Ouais, je sais, je me suis emporté, mais là pour le coup, c'était la goutte de trop.... Et j'ai pas vraiment envie de faire un exposé du B A BA du droit constit et de comment la politique fonctionne. Mffff; on devrait pas donner le droit de vote aux matheux, tiens. Est-ce que je me mêle de physique quantique, moi? Hein? Non! Et pour cause; j'ai pas les bases, et encore moins ce qui les suit. La politique est juste une autre forme de complexité, et le droit constit l'une de ses règles de fonctionnement. Difficile de faire comprendre à beaucoup de gens qu'un parlement, c'est en essence le lieu de rassemblement de gens qui ne sont souvent d'accord sur rien, complètement opposés sur la façon même d'approcher un problème (souvent en plus avec des scientifiques derrière eux, qui ne sont pas d'accord entre eux mais n'ont aucun train à faire arriver à l'heure). Y'a des moments où ils peuvent juste vouloir empêcher à tout prix (et parfois même en toute sincérité et honnêteté intellectuelle) l'autre de faire son truc; aucun dispositif écrit ne peut circonvenir l'hostilité, quand elle passe un certain niveau. Si on veut vraiment bloquer ou foutre la merde, on peut le faire. On peut juste parfois regretter qu'il n'y ait pas un seul parlement qui fasse du pugilat ou de la baston générale un mode de règlement des conflits graves: à défaut de donner des résultats, ça ferait plus de moments rigolos sur youtube (c'est pas juste que ce soit toujours dans d'autres pays: Ukraine, Russie, Japon.... Y z'ont plus l'air de se marrer, dans leurs parlements)
  21. Seul le Parlement en France fait des propositions de loi; le gouvernement présente des projets de loi. Et non, avant d'accuser encore une fois de couper les cheveux en quatre, ce n'est pas la même chose, tout connement parce que les deux ne recouvrent pas exactement les mêmes champs et ne peuvent avoir la même portée. Les projets de loi sont le package complet, qui peut faire à peu près n'importe quoi dans le respect de la constitution. Les propositions peuvent être retoquées par le gouvernement sans grand effort, dès lors qu'elles impactent les dépenses publiques, ce qui, dans un système de parti, veut essentiellement dire que le Parlement (assemblée + sénat), même s'il arrivait à se mettre d'accord pour contrecarrer le gouvernement (c'est beau de rêver), n'a pas de possibilité concrète d'influer de manière significative sur les dépenses de l'Etat, ni par des propositions de lois, ni par des amendements (pour tout ce qui implique une baisse des recettes et/ou une hausse des dépenses). Et tout ce qui touche au budget ou à la Sécu, de toute façon, ne peut passer que par des projets de loi. Donc, pour caricaturer, à part changer les noms de rues et quelques allocations de ressources à la troisième décimale, ou sortir des "lois mémorielles", faire une journée nationale de la marmotte et autres trucs du genre, la capacité d'initiative de lois côté parlement est pour le moins limitée, ce pourquoi l'immense majorité des lois en France (et surtout 99% de celles qui comptent pour quelque chose) continue à émaner du gouvernement. Sous la IIIème République, le président inaugurait les chrysanthèmes et donnait des médailles; sous la Vème, c'est le Parlement.... Et il ne remet même pas beaucoup de médailles. Non, ça s'appelle de la politique: c'est comme ça qu'on se sert du pouvoir. Bienvenue dans le monde des grands. Apprends un peu de droit constit et d'histoire politique, parce que là franchement c'est un peu lourd, et non, ce n'est pas un coupage de cheveux en quatre ou de l'enfilage de perle: je t'invite à aller assister à des débats de constitutionalistes ET de voir comment les parlements fonctionnent dans le monde réel. Il y a TOUJOURS des dispositifs et tactiques qui peuvent potentiellement empêcher une assemblée de fonctionner. Il y a ZERO moyen d'échapper à ça, parce qu'aucun système ne garantit contre la mauvaise volonté, l'extrêmisme de certains, les crises politiques, la recherche du clash.... Aucun texte humain n'est la martingale géniale qui garantit qu'un parlement sera le monde des bisounours, que les participants le veuillent ou non: le langage humain ne permet pas ça, et les dispositifs constitutionnels aussi. Avant de traiter un dispositif de débile, aie un peu l'humilité de comprendre l'extrêmement délicat équilibre que représente un texte constitutionnel dans son ensemble, et le fonctionnement d'une assemblée en particulier: ils ont été écrits par des gens qui en connaissaient un tantinet plus que toi et moi, et ont évolué au fil du temps via des modifications aussi apportées par des experts, ainsi que par la pratique (dans le monde réel) parlementaire (la constitution non écrite). Entendre des affirmations aussi péremptoires que "c'est débile" quand on parle d'un domaine d'une telle complexité, c'est juste énervant.
  22. Notons aussi que les conditions physiques de migration ne sont pas les mêmes: le détroit de Torres n'est pas un bras de mer aussi facile à franchir (150km quand même, et pas les eaux les plus sympas) que les points d'accès entre l'Afrique et l'Europe (Gibraltar, îles italiennes), et ceux entre Grèce et Turquie, et c'est essentiellement le seul. L'autre route, c'est la mer du Timor (pas loin de 500km), pas facilement navigable pour de petits esquifs: aucun effectif massif ne transitera par là quoiqu'il arrive, à moins d'une invasion lourdement préparée, à la logistique impeccable. Donc hors du détroit de Torres, par ailleurs assez facile à surveiller vu la géographie de ce point de passage (le grand "éperon" du nord de l'Autralie: étroit et long), la "grande et fabuleuse" politique de gardiennage des côtes du pays-continent, c'est plutôt les doigts dans le nez le pouce dans le cul, et beaucoup de communication politique pour se donner des airs d'homme d'Etat dur et efficace à peu de frais. La configuration européenne est un tantinet plus ardue. Ensuite, évidemment, Gally a raison: arrêter une voie de migration, c'est juste développer les autres, et comme partout, les chemins qui passent le plus à la télé (parties désertiques de la frontière américano-mexicaine, fortifiées ou non, routes maritimes de réfugiés en navires surchargés et bricolés, ou en radeaux improvisés....) ne sont pas ceux par lesquels transitent les gros bataillons de l'immigration clandestine. Aux USA et ailleurs, ils passent par la migration légale: visas temporaire/touristes/étudiants dont on cesse de respecter les règles, passage par les points de contrôle normaux, sur des prétextes tout à fait normaux..... Seulement, au lieu de repartir comme les conditions d'entrée le demandent, les gens restent et disparaissent (plus ou moins bien) dans la nature. Et là, au final, réside la grande contradiction, pour ceux qui veulent absolument des frontières hermétiques et sous contrôle total: ce mode de migration et les effectifs qu'il implique NE SERA JAMAIS ENRAYABLE à moins de revoir d'autres choses plus fondamentales.... A commencer par le fonctionnement de l'économie mondiale elle-même: le libre échangisme tel qu'il s'est développé dans les dernières décennies est à la base de cette conception des frontières, et ça ne changera pas, à moins de sérieusement vouloir revoir la façon dont le commerce fonctionne, et dont un pays donné s'inscrit et veut ou non rester inscrit dans le commerce mondial. "Libre circulation des biens et des personnes": c'est l'idéal asymptotique des relations économiques mondiales (plus développé dans certaines régions, entre certains pays, et moins ailleurs). Jusqu'à quel point voudriez-vous y rester? Croire que les chiffres du phénomène migratoire changeront tant que cela restera la donne absolue guidant les relations internationales commerciales, c'est avoir beaucoup d'illusions. Après, il y a les facteurs plus conjoncturels: quels pays et régions sont, à tort ou à raison, considérés comme plus attractifs, quels facteurs (naturels, économiques, politiques/sécuritaires) motivent des départs et en quelles quantités, quels facteurs peuvent se développer à un endroit et à un moment donné pour faciliter le passage de points délicats (instabilité libyenne, rouerie turque, gouvernements voulant se débarrasser de certains pans de populations, rôle de certaines organisations criminelles à certains endroits....), disponibilité à meilleur compte de moyens de transport et de communication plus efficaces (le progrès, quoi). Certains de ces facteurs conjoncturels peuvent, dans une certaine mesure, être influencés par des politiques volontaristes ET adaptées (déjà un mélange délicat à obtenir), mais ce ne sont que des effets modérateurs sur la tendance générale: ça ne change pas la réalité du fond. Le monde est plus petit, plus interconnecté, et surtout, la grande majorité (des forces politiques et économiques majeures) pousse à fond pour des échanges toujours accrus. Ouaip: va pas être simple cette histoire. Entre l'apprentissage de la langue, la tutelle pour conduire à un équivalent valable de brevet de fin d'études/bac, et une formation professionnelle, combien de temps et d'argent ça peut bien coûter en moyenne pour chapeauter un migrant et en faire ne serait-ce qu'un travailleur peu qualifié (sur standard européen)? Ensuite, combien de jobs peu qualifiés y a t-il de disponible dans une économie post industrielle qui en a outsourcé la majorité depuis longtemps? Et si un plus vaste secteur productif d'emplois peu qualifiés était appelé à renaître en Europe (au sens de la période industrielle, cad occupant une partie très importante de la population), serait-il économiquement viable si on tenait compte aussi d'impératifs d'un standard de vie minimum qui soit digne (ou bien y'a des gens dans le haut de la pyramide qui veulent recréer la Chine en Europe)?
  23. Voilà les vrais débats des primaires, honteusement censurés par les grands médias américains. Culte aux USA, "Bad lip reading" revoit l'actualité et la fiction à sous leur vrai jour (ne pas chercher de grande logique cachée: c'est complètement barré); vous pourrez y découvrir, entre autres choses, pourquoi Bernie Sanders veut aller combattre Chewbacca, et en quoi le doigt en mousse d'Hillary Clinton est important pour son programme électoral. Mais en attendant, le vrai débat républicain: Leur version redneck de The Avengers est à tomber par terre.....
  24. L'article cité indique un des premiers points d'achoppement: le cadre des négociations nécessite comme préalable le maintien dans la légalité; or, le processus entamé avec cette déclaration, et les actions subséquentes du parlement catalan -s'il se tient à ces directives auto-assignées-, sont censés justement nier d'emblée sa suprématie à l'Etat espagnol, refusant de ce fait le dit cadre légal dont Madrid est le garant, ce qui donne son caractère "révolutionnaire" à cette déclaration. De fait, ils se sont mis dans une impasse sur le plan légal dans l'hypothèse d'une sortie négociée, ce qui, dans les faits, les met directement face au choix de rentrer dans le rang, ou de poursuivre la chose sous la forme d'une épreuve de force dont on ne sait pas trop quelle forme elle peut prendre. Soit les gens qui ont rédigé ce texte sont de purs branquignolles qui se sont emportés collectivement dans leur salle de réunion où, visiblement, y'a pas que des cigarettes qui ont tourné, soit ils savent très bien ce qu'ils font (ce qu'on pourrait supposer d'un tas de gens qui sont des législateurs dont la majorité n'en est pas à son premier mandat), auquel cas: - ils veulent que quelque chose pète, dans le sens où ils veulent provoquer une crise et forcer la main de Bruxelles pour faire intervenir la cavalerie européenne comme arbitre; dans l'hypothèse où ils voudraient vraiment tenter le coup de l'épreuve de force, c'est quasiment leur seul recours (à moins qu'ils ne comptent sur un soulèvement catalan et une résistance majoritaire de la population -violente ou non-, ce qui semble pour le moins douteux) - ils ne comptent pas dessus pour que ça marche, en tout cas ce coup là, et veulent juste créer un précédent, un qui tache bien et fera date, histoire d'amener l'état d'esprit des Catalans dans le bain et amener ultérieurement un truc mieux ficelé qui démarrera avec de vraies chances, étant donné que leur majorité reste très ténue, et "l'indépendantisme" des Catalans n'a été pour l'instant que quelque chose de théorique, présent dans beaucoup de tête, mais comme une possibilité qu'on aime garder juste comme elle est: une option "qu'on a", rien de plus. - beaucoup d'entre eux savent qu'ils ont trop promis (il me semble avoir lu que la grande figure de l'indépendantisme catalan, patron de la région, n'avait pas commencé ainsi, et a graduellement pris cette plate-forme par opportunisme politique), et donnent ainsi des gages à leur base, sans réellement compter dessus. Cynique, mais pas une nouveauté en politique.
  25. La version SANS les discours de Poutine? Ou la version avec les discours doublés par Popeck?
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