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Tout ce qui a été posté par Tancrède
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Guerre civile en Syrie
Tancrède a répondu à un(e) sujet de maminowski dans Politique etrangère / Relations internationales
Pourquoi? Il ne s'agit pas d'une campagne massive où on voit ça partout, et où ça fait la une de tous les médias, ni d'une affirmation outrageante et humiliante; si tu veux dire qu'untel est un nul, tu ne vas pas avancer un truc aussi modérément calme que de dire que certains de ses avions ont un taux d'indisponibilité autour de 70%, ce qui est essentiellement quelque chose qui s'explique par des facteurs bêtement matériels qui n'ont pas une gravité extrême et sont corrigeables si certaines décisions et certains efforts sont faits. Par ailleurs, même si les journalistes américains sont évidemment loin d'être exempts de biais, ils sont attaquables en justice et comptables de leurs affirmations, dans un système confrontationnel très ouvert, et ont de ce fait plus de règles de comportement à observer que la plupart des autres. Sur un truc sans grande gravité ou conséquence comme ça, pourquoi risquer de se faire chier: ils ont trouvé quelques sources dans le contingent russe (la presse américaine obéit à la règle des deux sources, qui est loin du 100%, mais marche globalement), qui ont, autour d'un verre de biniouze ou autre, confessé des problèmes certes importants, mais pas non plus catastrophiques. Faut-il en faire un duel de "qui fait de la propagande" sur un truc aussi mineur? -
Guerre civile en Syrie
Tancrède a répondu à un(e) sujet de maminowski dans Politique etrangère / Relations internationales
USA Today d'aujourd'hui fait sa une sur le niveau d'indisponibilité des avions russes, qui atteint de telles proportions que la capacité de combat en serait affectée. 1/3 des avions d'attaque au sol (et la moitié des avions cargo) serait ainsi immobilisés, ce qui reflèterait plus l'inexpérience russe de la guerre expéditionnaire qu'autre chose, essentiellement un problème logistique. Propagande capitaliste? Ou quelque chose de plutôt attendu? -
Histoire militaire de la France
Tancrède a répondu à un(e) sujet de Rochambeau dans Histoire militaire
Gné? Il n'y a alors plus d'esclavage en France depuis le XIème siècle (et de fait depuis bien avant), et le servage personnel (cad le servage comme statut de l'individu) a essentiellement disparu avant le XIVème siècle, notamment via l'action de Philippe IV le Bel (couronnée en 1315 par l'édit de Louis X selon lequel le sol de France "affranchit qui le touche"). Le "servage réel" (cad une restriction de droits attachant un homme à une terre, ou "mainmorte") est déjà grandement réduit au XIVème siècle (et concentré dans quelques endroits), et baisse rapidement pendant la Guerre de Cent Ans avec la dépopulation (et ne survit que dans un faible nombre d'endroits jusqu'à la Révolution). Quel rapport cela a avec ce que j'ai dit? Et que vient foutre la Bourgogne là-dedans? Je faisais pas un résumé du conflit. -
Histoire militaire de la France
Tancrède a répondu à un(e) sujet de Rochambeau dans Histoire militaire
Même l'aristocratie n'était pas si souvent lettrée. Il n'y avait pas vraiment de langue commune sinon.... Le français (entendre; la langue d'oïl venant initialement de ce que nous appelons aujourd'hui l'île de France, et qui s'appelait jadis "France"): la grande majorité des familles aristocratiques anglaises étaient d'origine française et/ou avaient une partie de leurs membres en France, tant les intérêts, propriétés, histoires et alliances étaient mêlés. Rappelons qu'au moment d'Azincourt, Henry V est une nouveauté sur la scène politique anglaise: le premier monarque anglais à parler anglais, et à l'imposer graduellement comme langue de la cour d'angleterre. Le latin est encore utilisé comme langue écrite pour les traités et actes d'Etat, la pratique de les rédiger en langue vulgaire n'étant pas encore généralisée (ça ne sera une réalité dominante qu'après l'Edit de Villers Cotterêt, sous François Ier). -
Histoire militaire de la France
Tancrède a répondu à un(e) sujet de Rochambeau dans Histoire militaire
Les Anglais avaient le même système féodal, et donc les mêmes problèmes. La différence résidait dans la composition des armées de l'époque, donc la tactique et la discipline qu'on pouvait en obtenir, au service d'une autre approche de la guerre (réellement plus "nationale" contre le festival d'égoïsme et d'individualisme des féodaux). L'armée anglaise s'appuyait sur un Etat plus centralisé, qui pouvait plus financer des structures militaires propres (c'est pas gigantesque, hein? Mais c'est quelque chose), dépendant moins de l'host féodal (qui est au final une forme de conscription non universelle, fondée sur une caste monopolisant le métier de la guerre et justifiant un nombre hallucinant de privilèges et de rentes de situation par ce monopole imposé); ce financement est permis par ce développement de l'Etat, qui ne peut exister que par le système politique impliquant plus que le roi et les féodaux, soit en associant un parlement qui inclue une certaine couche de "bourgeoisie" (appelons les comme ça par commodité) regroupant propriétaires et marchands d'un certain niveau de fortune. Avec ce soutien, on a certes plus de compromis à faire et moins de liberté de mouvement, mais on peut asseoir la fiscalité plus importante et sur une base plus vaste (échelon du pays, contrairement à un roi de France sans fiscalité à l'échelle du royaume), et faire soutenir une politique nationale. A l'arrivée, les armées anglaises de la guerre de 100 ans ont pu sortir de cet écueil de l'host féodal en n'ayant qu'une toute petite proportion de chevaliers et hommes d'armes levés par ce biais, une proportion donnée d'hommes d'armes et de fantassins soldés, et surtout une majorité écrasante du "système d'arme" des longbowmen (système qui a pu être financé et préparé loin en amont, via cette capacité fiscale). Les archers étaient, dans les armées anglaises, dans une proportion minimum de 4 pour 1 homme d'arme sur toute la période, et parfois jusqu'à 6 pour 1. D'eux, qui sont des soldats engagés par le roi directement et dépendant de lui, on peut attendre qu'ils obéissent et ne jouent pas aux cons indisciplinés avec leurs propres objectifs qui prennent le pas sur tout. En face, les armées françaises sont aux deux tiers, voire aux trois quarts, faites de l'host féodal, avec un appoint de mercenaires (arbalétriers, fantassins), et éventuellement, de milices ou de groupements improvisés venant des suites des chevaliers (des professionnels, mais venant de partout, loyaux seulement à leurs boss, et rassemblés en "unités" juste pour une bataille). Et on voit par exemple à Azincourt la place que prennent les non chevaliers dans les plans de bataille ou dans l'exécution: on nie leur capacité, on n'en tient pas compte, on les bouscule, voire on les tue (cf Crécy). Faut oublier les notions de nationalité quand on parle de féodaux: leur univers est la féodalité et ses hiérarchies et clans, les familles et leurs liens, et un individualisme forcené. La notion de patriotisme est étrangère aux mentalités de ces gens, en tout cas comme élément qui pèse lourd (c'est plus développé dans les couches urbaines non nobles de la société, et une certaine frange supérieure de la paysannerie -propriétaire et un peu éduquée/informée). C'est dans la dernière phase de ce conflit que ça commence à apparaître un peu. La "piétaille" = "gens de pieds"; attention à l'expression, car une bonne partie des hommes d'armes/chevaliers sert à pied dans ces batailles, particulièrement Azincourt. La nationalité compte assez peu dans ce monde où ce que nous voyons comme des régions aujourd'hui fait plus de sens comme "nation" de référence pour ces gens. Ainsi les Anglais ont beaucoup employé de Gascons, Acquitains, Poitevins et Bretons pendant la Guerre de Cent Ans. La seule "piétaille" dont on puisse être sûr de la nationalité, côté anglais, ce sont les archers, qui ne pouvaient que venir d'Angleterre vu le système de formation/sélection/engagement particulier, et les nécessités d'avoir des unités ayant un minimum de bagage ensembles (les quelques mois de préparation avant une expédition). Il y a eu quelques groupes de piquiers et "billmen" (anglais ou non), mais il n'ont pas pesé lourd dans l'orbat anglais. -
Histoire militaire de la France
Tancrède a répondu à un(e) sujet de Rochambeau dans Histoire militaire
S'il y a bien une période où une bonne partie des morts ne mérite pas cette distinction et cet hommage, c'est bien celle-là. Et s'il y a bien une bataille de cette période où les morts les méritent encore moins, c'est celle-là. Une bande de contractors militaires capricieux ayant, au fil des siècles, accumulés tous les statuts et privilèges possibles, extorquant tout ce qu'il est possible d'extorquer au peu d'Etat qu'il y a et à la population qu'elle chapeaute façon tyran local, et qui combat essentiellement pour des objectifs individuels (valorisation et gloriole, ambition sociale, faire des prisonniers pour rançonner, et du pillage parce que ça rapporte et c'est fun), n'est même pas foutue de remplir sa seule mission, en grande partie pour les raisons qui fondent son image d'elle-même et sa nature (indiscipline/individualisme, recherche de gloriole et de rançons devant les impératifs militaires, auto-intoxication culturelle qui écrase toute pensée militaire).... Et je suis censé pleurer pour eux? La tâche de défendre leur pays, qui leur incombait, ils ont chié dessus tout en se persuadant que ça cadrait avec leurs impératifs. Ce n'étaient pas des soldats, et ils ne sont pas morts pour la France. Je remercierai plutôt les Anglais d'avoir débarrassé le pays d'une bonne partie de cette caste de parasites pires qu'inutiles, permettant de faire un peu de place pour d'autres mentalités (notamment éduquées par l'événement) et d'autres individus. Bon débarras. -
Histoire militaire de la France
Tancrède a répondu à un(e) sujet de Rochambeau dans Histoire militaire
Tu viens de t'auto-bannir du forum!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!! -
Le concept "Army 2020" de la British Army a fait une place pour une leçon tirée des dernières guerres, à savoir une approche complète des problématiques d'assistance militaire, de psyops, de guerre médiatique (soulignant notamment l'importance des réseaux sociaux dans la conduite et la perception d'un conflit, y compris à la seule échelle du théâtre d'opération) et de stabilisation/prévention des conflits. Cette approche est désormais incarnée par la 77th Brigade, incubée sous le nom de Security Assistance Group et officiellement créée et baptisée en janvier. Visant autour de 450 personnels (donc pas une dépense délirante en soi), elle se compose de: - un EM - un "media operations group", majoritairement fait de réservistes (interactions avec les médias classiques, action sur les médias sociaux, le but étant de connaître l'environnement médiatique -quel que soit le média- d'un conflit et d'agir sur lui) - une security capacity building team: composante entraînement/formation/assistance militaire, sans doute plus vouée à initier un tel effort en aiguillant et coordonnant d'autres éléments venant d'unités régulières ou de centres d'entraînement, vu son effectif réduit (autour d'une centaine de personnels) - un Psychological Operations Group (autour de 150 personnels, dont la moitié de réservistes); psyops, donc composante "offensive" de la "guerre des perceptions" - military stabilisation support group (personnels des 3 armes et réservistes -aux spécialités pointues): vaste panel de spécialités visant à la construction/reconstruction et coordination des activités gouvernementales de tous types (sécurité, justice, administration, stabilisation, reconstruction) dans un environnement de conflit, et offrant un centre d'expertise sur les conflits et leur anticipation. Ca sonne assez vague, mais un exemple récent fut la crise Ebola en Sierra Leone, où cette unité a servi (sous la task force gouvernementale appelée "stabilisation unit"), abordant ces problématiques dans le cadre de la crise sanitaire afin d'éviter la déstabilisation -et donc la violence- au niveau local et national. Le tout est un ensemble reflétant une approche intégrée nécessaire aux types de conflits qui semblent la donne majoritaire pour le futur proche. Les Américains avaient évoqué jusque récemment la possibilité (poussée notamment par Petraeus et Martin Dempsey) de monter des "brigades" (mais pas avec des effectifs de brigades combattantes) analogues, plus lourdement axées sur la partie assistance militaire et la capacité de créer/faire monter en puissance une force alliée. Je ne vois pas d'effort particulier similaire dans l'armée française: y'a t-il des unités ou éléments dédiés à ce genre de tâches, ou l'effort fourni en la matière (qui semble limité et en ordre dispersé) est-il fait au coup par coup, en détachant des éléments non spécialisés? Y'a t-il considération sur une telle approche intégrée qui me semble plus apte à créer un multiplicateur de forces?
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Allemagne
Tancrède a répondu à un(e) sujet de Wallaby dans Politique etrangère / Relations internationales
Tomber dans le domaine public? Pourquoi? Jusqu'à maintenant, les droits d'auteur étaient encore versés à quelqu'un? -
Chine
Tancrède a répondu à un(e) sujet de alexandreVBCI dans Politique etrangère / Relations internationales
C'est une dispute au quotidien: dans le petit monde juridique, à peu près tout le monde préfère, quand en Chine, opérer à HK où il y a encore un Etat de droit fonctionnel et des règles de fonctionnement qui permettent un business sain (une des raisons pour laquelle une autorité de la concurrence y est en cours de création depuis quelques années), ce qui repose sur un ensemble de fonctionnements établis et de règles qui doivent maintenant être défendues pied à pied. C'est la Chine, mais avec un statut et des règles différents, et un ensemble de forces contradictoires qui s'y exercent, les unes pour faire disparaître cette différence, les autres pour la maintenir. -
Russie et dépendances.
Tancrède a répondu à un(e) sujet de Tactac dans Politique etrangère / Relations internationales
D'abord et avant tout, les chiffres de la croissance chinoise sont un sujet hautement contestable: on n'a que des doutes sur leur réalité. Ensuite, j'ai souvent entendu et lu que si la Chine n'a pas une croissance à 2 chiffres, elle est de facto en récession (et il faut faire plus qu'en déduire l'inflation, apparemment). Mais de toute façon, le fait demeure: baisse importante des exportations d'hydrocarbures de la Russie vers la Chine (les chiffres que j'ai lu viennent des douanes russes). -
Russie et dépendances.
Tancrède a répondu à un(e) sujet de Tactac dans Politique etrangère / Relations internationales
Oui, j'avais bien compris: mon point était justement sur les volumes, puisque tu avais couvert la partie facture; j'ai pas trouvé (et pas cherché très fort) les chiffres pour le pétrole, mais pour le gaz, la baisse sur une année des importations chinoises est d'un quart, malgré la baisse des cours, ce qui en dit pas mal sur l'économie chinoise, et par ricochet, sur le porte monnaie de M. Poutine et ses perspectives pour l'avenir visible. -
Russie et dépendances.
Tancrède a répondu à un(e) sujet de Tactac dans Politique etrangère / Relations internationales
Ca et, appremment, la forte baisse de la demande chinoise en hydrocarbures: celle en gaz a baissé d'un quart, et j'ai pas vu le chiffre pour celle en pétrole, mais la baisse est forte là aussi, donc c'est pas que l'effet prix. Ajoute la baisse des investissements chinois, autant due aux problèmes économiques de Pékin qu'à la baisse d'attractivité du secteur pétrolier en Russie (parce que l'essentiel des investissements chinois en Russie y est lié), et le tableau n'est pas joyeux pour le futur proche de cette activité où le niveau d'investissement est déjà extrêmement insuffisant depuis une quinzaine d'années au moins (appareil productif vieillissant et insuffisamment remplacé/rénové sur une longue période de temps, pas assez de prospection/forage, arrêt des projets de gazoducs et oléoducs géants entre les deux pays....). Le tout à un moment où Moscou doit plus que jamais pomper dans le porte monnaie national, sans aucun autre recours pour trouver du fric: pas d'épargne nationale suffisante, base fiscale très loin du compte et pas pressurable. -
Pourquoi débile? Tout fonctionnement d'une assemblée doit avoir des règles, sinon le bordel est bien pire que les inconvénients de toute règle, par définition imparfaite et prêtant à des abus. En l'occurrence, le fait que le Speaker décide de si et quand un projet est mis au vote n'a rien de choquant; ce serait par opposition à quoi? Que tout parlementaire ait le droit de faire la même chose? En ce cas, tu verrais le bordel: rien qu'un député voulant bloquer toute procédure (pour X ou Y raison) pourrait empêcher toute l'assemblée de fonctionner. Et la Chambre américaine a plutôt fonctionné, avec ses hauts et ses bas, depuis plus de 200 ans. Ce qui la paralyse actuellement, c'est la combinaison de l'évolution du parti républicain, désormais trop divisé et tiré par de vrais tarés (montés en importance via notamment la dérive du système électoral et de ses financements), avec la Hastert Rule, qui ne date que de la fin des années 90 et n'est pas une règle formelle, mais plus un code culturel de facto chez les élus républicains. On est peut-être en train de voir ce deuxième point évoluer avec la position qu'a prise Paul Ryan pour accepter le job de chef du groupe républicain à la Chambre, donc le job de Speaker. Encore aujourd'hui cependant, il ne semblait pas avoir les voix, et le "freedom caucus" (les 40 tarés et quelques qui bloquent tout) fait un énorme caca nerveux sur les conditions qu'il a posées. Le tout se fait avec en toile de fond immédiate le prochain vote sur le relèvement du plafond de la dette, que le freedom caucus et un certain nombre d'autres veulent encore refuser pour forcer une crise....
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Israël et voisinage.
Tancrède a répondu à un(e) sujet de loki dans Politique etrangère / Relations internationales
Combien de croquettes sont nécessaires pour suborner ton témoin? Testis unus, testis nullus. -
Russie et dépendances.
Tancrède a répondu à un(e) sujet de Tactac dans Politique etrangère / Relations internationales
La Chine représente autour de 7% des exportations russes (et 10% de ses importations, lesquelles, a priori, n'ont pas renchéri dans la situation actuelle) et se trouve être, dans l'ensemble, le 3ème ou 4ème partenaire commercial de la Russie, quoique les événements de cette année aient pu brutalement faire changer ces positions et proportions (vers le haut). L'essentiel des exportations russes vers la Chine sont les hydrocarbures et matières premières (le reste est anecdotique), et cette année a du rendre la Russie plus dépendante de cet acheteur, d'autant plus important que la Russie est l'un des seuls pays à présenter un excédent commercial vis-à-vis de la Chine. Si quelqu'un sait où trouver les chiffres du commerce Russo-Chinois (par item si possible) sur les derniers mois.... Qu'il se manifeste ou se taise à jamais. Je n'ai rien que de très général en la matière; il semble de toute façon que, à la fin de l'été, les échanges entre les deux aient baissé de 30% environs (donc ce sera pire d'ici la fin de l'année), avec une moyenne de 5 milliards/mois contre 7-8 l'an dernier, en chute marquée depuis la fin 2014, ce qui éloigne la situation réelle de la surenchère médiatique des deux pays depuis le début des sanctions, eux qui n'arrêtent apparemment pas de signer des trucs et de dire que tout va mieux que jamais dans leurs relations économiques. La rhétorique a donc connu une inflation marquée, ce qui est généralement plus le signe de résultats très moyens au mieux, que d'un vrai progrès. Outre les facteurs conjoncturels et les problèmes structurels de l'économie chinoise, l'un des points majeurs dans ce fait est que la Russie, en partie du fait des sanctions, est devenue le partenaire en position de faiblesse dans cette relation. -
Russie et dépendances.
Tancrède a répondu à un(e) sujet de Tactac dans Politique etrangère / Relations internationales
Dans le doute, c'est toujours la bonne réponse à tous les problèmes. -
Arabie saoudite, le pays et son influence internationale
Tancrède a répondu à un(e) sujet de Alexis dans Politique etrangère / Relations internationales
"Justice"? Outre le fait que son statut et les avocats qu'il peut s'offrir garantissent qu'il ne subira rien de conséquent, sinon au pire verser un peu de fric (pour lui, rien du tout), le fait même qu'un tel comportement (menaces de mort, séquestration, coups et blessures, "sexual assault"....) ne soit jugé que comme "misdemeanor" ("petits crimes" jugés au pénal, peu graves comparé aux "felonies" dont ressortent une bonne partie des faits évoqués) souligne à quel point la justice ne fait pas partie de ce tableau. Si tu étais ironique, pardon, mais ça ne transparaissait pas dans ta formulation. -
Russie et dépendances.
Tancrède a répondu à un(e) sujet de Tactac dans Politique etrangère / Relations internationales
Sans avoir vraiment regardé ou suivi le dossier; qu'en est-il de l'état des importations chinoises? Depuis le début des sanctions, la Chine a été la roue de secours de la Russie (notamment avec le super méga contrat qu'ils ont signé à grands renforts de com), et, depuis quelques mois, les problèmes économiques chinois sont apparus au grand jour, tout en ayant incubé depuis plus longtemps que ça. Leur consommation d'hydrocarbure en a t-elle pris un tel coup sur la période qui pourrait expliquer l'essentiel de tes "données étranges", la baisse des cours ne compensant pas la dépression de la démande chinoise, ce qui en ferait un phénomène plus que cyclique? Parce qu'en proportion, c'est le seul pays qui par lui-même puisse impacter à ce point le chiffre d'affaire russe, depuis que l'UE a fermé ses portes. Ceci dit, l'article du Telegraph qui a lancé initialement cet échange me semble aussi très exagéré, notamment sur l'affirmation que les caisses russes se vident à vitesse grand V. Il pointe cependant le bon endroit: ces caisses de réserves sont le seul amortisseur du pays dont deux problèmes majeurs sont qu'il n'a pas une épargne conséquente (polarisation des richesses, classe moyenne sous-développée, tissu de PME faible et entravé par les grandes concentrations oligarchiques tenant le système....), et donc pas une assise solide pour son système bancaire, et que la base fiscale en général est bien trop insuffisante pour soutenir l'Etat qui dépend trop des exportations d'hydrocarbures (la flat tax -que les grandes boîtes et les riches ne paient pas- et l'évasion fiscale -élites russes et chinoises tiennent les records absolus dans ce registre- n'aident pas) pour continuer son existence. Même avant les sanctions, cela posait problème quand on voit que la croissance du budget militaire (bien moindre qu'escomptée initialement) n'a pu se faire qu'aux dépends des autres ministères, y compris l'Intérieur. Sans compter, dernier facteur aggravant, le fait que l'Etat tire beaucoup trop sur la corde de ses producteurs d'énergie depuis trop longtemps pour se financer, aux dépends du niveau d'investissement requis pour de tels secteurs d'activité, ce qui ne peut que se payer cher à terme. -
Migrations de masse vers l'Europe
Tancrède a répondu à un(e) sujet de Alexis dans Politique etrangère / Relations internationales
Pas tant que ça: les vieux comptent, c'est sûr, mais pas si disproportionnellement que ça (et certainement pas autant qu'en Allemagne). La part des jeunes qu'on voit pencher vers cette "nouvelle extrême droite" a des composantes structurelles (évolution générationnelle, rage des déclassés/défavorisés, réaction aux communautarisme/identitarisme étrangers....) et conjoncturelles (phénomènes migratoires et conjoncture économique notamment), mais elle n'est pas non plus la donne dominante de la jeunesse, pas plus que le gauchisme ne l'a été, quoique les réacs aient pu en penser. C'est encore plus vrai aujourd'hui que certains thèmes historiquement portés par la gauche (mais qui auraient pu l'être aussi par une partie de la droite), comme l'avortement, la libéralisation des moeurs et d'autres trucs (la lutte fondamentale contre le racisme, à différencier de l'antiracisme militant tel qu'il est "professionnellement" pratiqué en France et qui ne récolte pas tant de soutien que ça, malgré sa position proche du pouvoir et des médias), sont depuis devenus des faits admis sur l'essentiel de l'échiquier politique, et totalement absorbés par l'immense majorité des moins de 40-45 ans. La "nouvelle extrême droite" que porte Marine LePen (ce qu'elle essaie de faire croire en tout cas, affirmant un message qui ne reflète que très partiellement les opinions et compositions très diverses de son électorat hardcore) a su attirer cette nouvelle réalité à elle, si bien qu'elle perce dans une certaine proportion de la jeunesse, mais aussi dans une partie des populations issues de l'immigration (emblématiquement, les femmes, jeunes et moins jeunes, des quartiers où le communautarisme musulman s'affirme très fort), rendant son électorat encore plus composite; ça lui offre une chance de passer la "barre" des 15-20% à une élection générale (qui signe le maximum d'un électorat encore relativement homogène/compatible, et au-delà duquel on entre dans la réalité des électorats de partis de gouvernement, nettement plus délicats à gérer), mais aussi beaucoup plus de risques et de difficultés (à voir si elle pourrait gérer ça: ça vous met vite en face de vos contradictions, mensonges et conneries). De la même façon, mais dans une direction opposée, les partis de gouvernement n'ont pas su trouver de nouveaux électeurs, se concentrant sur leurs clientèles et comptant sur l'absence d'alternatives (autres qu'eux), le jeu de l'alternance (un coup l'un, un coup l'autre) et le maintien ou la montée de l'abstention (plus vrai encore au niveau local qu'au niveau national). Du coup, ça ne veut pas dire "les vieux" en général, mais des catégories de vieux pour la droite comme pour la gauche, et d'autres catégories de population: femmes pour qui les thèmes féministes marchent encore, certaines minorités (ethniques, culturelles, religieuses), certaines CSP, certains "corps de métiers" ou groupements professionnels (syndicats de fonctionnaires en tête évidemment).... Bref, de la segmentation électoraliste de la population, rendue plus facile, voire incontournable par les 3 grands facteurs évoqués plus haut (pas d'alternative, alternance, abstention), plus un certain niveau de verrouillage de la vie politique et du système électoral (financement, accès aux médias, difficulté et coûts croissants pour bâtir une crédibilité et une image au niveau national, lois et réglements électoraux, écrits et non écrits) qui fait augmenter juste assez le coût du business pour une alternative qui veut avoir une chance. Ces électorats centraux pour les 2 grands partis sont disproportionnellement plus vieux que la population, mais pas outrageusement, tout comme le FN n'est pas porté par un raz de marée de la jeunesse; il est devenu le parti à l'électorat le plus jeune ET le premier parti de la jeunesse, mais pas par une marge énorme. La jeunesse apparemment semble voter un peu plus FN que la moyenne nationale (23-25% contre 18-20%) depuis quelques temps. C'est tout. Et on voit la même chose "en face": un regain du vote extrême gauche chez les mêmes jeunes (autour de 12-13%), un peu supérieur à la tendance nationale à voter extrême gauche (autour de 9-10%). Rien de très choquant, surtout en temps de crise: les proportions me sembleraient même anormalement basses. La vague migratoire actuelle et le comportement des élus pourraient changer ça bientôt, évidemment, mais pour l'instant, je serais plutôt choqué, voire inquiet, de l'autre comportement protestataire de cette jeunesse, là aussi plus accentué que la moyenne nationale: l'abstention, surtout persistente d'une élection à l'autre. -
turquie La Turquie
Tancrède a répondu à un(e) sujet de madmax dans Politique etrangère / Relations internationales
Apparemment, ceux qui connaissent mieux la Turquie que le reste d'entre nous indiquent que la jonction se fait entre certaines portions des nationalistes (très présents dans l'armée et son establishment) et le conservatisme/nationalisme religieux de l'AKP; ceci, combiné à la large baisse de puissance de l'armée depuis plus d'une décennie, a tendance à créer de fortes passerelles permanentes au sommet, qui deviennent des pôles politiques, de facto ou de jure. -
Fondamentalement, non: les ricains arrêtent pas de parler du besoin ou de l'envie d'un "3ème parti", de souhaiter voir s'affirmer un 3ème candidat lors d'une présidentielle, mais c'est le cas depuis toujours: de fait, l'élection à un tour est forcément polarisante et ramène tout à une opposition purement duale, entre deux plates-formes très composites, ce qui est d'ailleurs la raison pour laquelle le processus des primaires a tant d'importance, et n'a fait qu'en prendre tout au long du XXème siècle avec la croissance de la population, l'émergence de nouveaux besoins et façons de voir la gestion publique....
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turquie La Turquie
Tancrède a répondu à un(e) sujet de madmax dans Politique etrangère / Relations internationales
Les sondages doivent pas être bons.... Et finalement, l'option que j'évoquais plus haut, soit celle de la déclaration d'un équivalent de l'état d'urgence, ici "l'état de guerre", n'a pas l'air d'être si implausible. Ca fout les jetons de voir ça arriver en direct. -
Le Canada et sa place sur la scène internationale
Tancrède a répondu à un(e) sujet de Hornet62 dans Politique etrangère / Relations internationales
Rôôôô, ça c'est de la petite pinaillerie à laquelle on invente de grandes conséquences pour présupposer du caractère entier d'un individu.... A l'aune d'une seule remarque dont on ne connaît ni le contexte, ni les circonstances précises (coup de colère? Mauvaise digestion? Sous calmant? Pressé de partir? interviewer énervant?). Tous les politiques en ont fait, tous les humains en ont fait, et se fonder sur ça, à moins que ce soit un type de remarques qu'il fasse de façon récurrente et fréquente, avec une insistance particulière, le critiquer pour ça et en déduire la nature de son caractère, c'est essentiellement du flan. On rappellera le parcours de son propre père qui est passé par bien des idéologies très contestataires, voire purement anticapitalistes (et pendant la Guerre Froide, quand ça pardonnait moins), et toujours à contre courant, et qui a dit des énormités, vraies ou pas vraies, souvent choquantes.... Au final, il n'est pas jugé comme un manchot en politique. Inexpérience, sans doute (quand on arrive aux rênes d'un pays, on est essentiellement inexpérimenté: plus ou moins, certes, mais inexpérimenté), mais déduire quelque chose de cette remarque, c'est juste chercher la merde, et ça sent le job d'opposition (ce qui est légitime) de très bas étage, voulant faire quelque chose à partir de rien du tout. -
Une étrange (mais logique) "crise de la chaise vide" à la Chambre des représentants: depuis l'annonce de John Boehner qu'il quittait son job de Speaker, le parti républicain connaît une période d'encore plus grand bordel interne, tiraillé entre les conservateurs "normaux" (traduire par "droite TRES dure") et les divers groupes de purs tarés, incapable de trouver même la plus petite base commune de consensus ou un semblant de majorité. Avec pour effet principal que PERSONNE ne veut le job de Speaker, pourtant censé être le 2ème job le plus puissant et prestigieux aux USA. Beaucoup de semi-candidats (désireux, mais pas très chauds), et un seul qui rassemble un bout de consensus, l'ex colistier de Mitt Romney, Paul Ryan, qui ne veut pas vraiment le job (parce qu'il n'est pas "a fucking moron", selon le mot d'un de ses collaborateurs) et a posé hier, après plusieurs semaines de discussion, des conditions très spécifiques pour l'accepter, si dures que certains pensent qu'il s'agit de conditions volontairement inacceptables pour lui éviter d'avoir à prendre la charge, et lui permettre de rester où il est, dans le tout puissant "Ways and Means Committee". Pour mémoire, le job de Speaker of the House est fondamental puisque seul le Speaker peut mettre un projet de loi au vote dans la Chambre, donc décider ou non si une loi peut même avoir une chance d'exister. Théoriquement, le job de rêve de tout parlementaire, sans équivalent au Sénat (le Speaker du Sénat, c'est le vice président lui-même, avec nettement moins de prérogatives), et ça l'a longtemps été: avec l'évolution récente du parti républicain, et sa mainmise peu représentative du système électoral de la Chambre basse, c'est devenu un cauchemar auquel beaucoup renoncent pour des raisons avant tout humaines: personne n'a envie de vivre ce qu'on vit désormais à ce poste. Quand Boehner a fait son annonce qu'il allait partir, il est arrivé dans la pièce en chantonnant un air gai et a fait l'annonce avec un énorme sourire au lèvre quasiment tout du long. La première condition que Ryan a posé pour ce job, qui a du beaucoup changer en nature depuis quelques années, est qu'il ne prendra pas une minute sur son temps personnel ("family time") pour le remplir, signe que tout élu républicain a du voir ce que les nouvelles conditions politiques en interne du parti républicain ont prélevé sur la santé mentale et la vie personnelle de Boehner. Résumé: au GOP, en cette période de campagne électorale, tous les élus à la Chambre adoptent la devise "run from office" (= fuient le mandat) au lieu de "run for office" (= faire campagne)...... Merde, j'ai oublié la règle: ne jamais traduire un jeu de mot. Une autre note: l'autre grande condition de Ryan est une remise en question (légère, pas entière, mais en politique, même l'évoquer revient à créer le doute et lancer une polémique) de la très contestée "Hastert Rule", une règle informelle au sein du caucus républicain à la Chambre, qui veut que le Speaker (quand il est républicain) ne mette jamais un projet de loi au vote qui n'ait pas pour lui la majorité au sein du parti républicain, ce qui a en fait pour effet: - de rendre quasi impossible le travail normal d'un parlement en dépassant les divisions au sein des partis et en trouvant une majorité bipartisane, en facilitant le gouvernement " par le centre". - de donner un pouvoir démesuré aux extrêmes et tarés au sein du parti (qui ont été ces dernières décennies ultra favorisés par d'autres moyens, notamment dans l'évolution du système électoral et des systèmes de financement des partis) - de limiter le contre pouvoir du parti en minorité (dans le cas démocrate, étant donné qu'ils n'ont pas d'équivalent de la Hastert Rule) et, en conséquence, de radicaliser sa posture, limitant encore plus les possibilités de compromis - de favoriser des législations moins représentatives et souvent moins durables - de plus politiser le job de Speaker au lieu de lui permettre de dépasser un peu, comme il est censé le faire, la pure politique partisane L'évolution du GOP a ainsi fait que cette règle est devenue quasiment une condition sine qua non pour qu'un Speaker garde son office: comme c'est devenu une convention culturelle chez les républicains, une prérogative, cela a rendu le job de Speaker beaucoup plus dépendant de la majorité, du consensus au sein de son propre parti, lui enlevant en essence une part de son autorité. Il ne faut pas exagérer non plus l'importance de cette règle, vu qu'il ne s'agit pas d'une loi ou d'un règlement officiel, mais ses effets sont bien réels, et sont démultipliés: - parce que la politique interne du GOP a beaucoup évolué, au point de l'extrême division aujourd'hui (et ce n'est pas conjoncturel) - parce que la conséquence de cette division impose nécessairement des "majority leaders" républicains faibles, donc des Speakers faibles