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Tancrède

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Tout ce qui a été posté par Tancrède

  1. Ce qui m'amuse toujours avec cet épisode étonnant, c'est qu'on se focalise plus sur l'aspect -bien évidemment incongru et plein de panache- d'une charge de cavalerie emportant une flotte, et quasiment pas sur le fait plus prosaïque et la réalité concrète d'un régiment de hussards (qui doit avoir alors autour de 600 bonshommes à tout casser) accompagné d'un bataillon d'infanterie (autour de 800 au mieux) en 2ème échelon (ils étaient derrière au moment du début de l'action) capturant un effectif énorme: l'équipage de 14 navires de ligne (plus quelques navires marchands) tous de 3ème ou 4ème rang (essentiellement des 74, 64 et 50 canons), ça doit tourner autour de 6000h au bas mot, peut-être jusqu'à 9000 ou plus (et des combattants, pas des glandus), le tout dans ce qui s'apparente virtuellement à 14 points d'appui fortifiés et stratifiés en un environnement compartimenté (et peu familier à l'assaillant), hérissés de canons et pleins d'armes, dont les accès sont des goulots d'étranglement.
  2. On n'aurait personne qui parle de lui à la troisième personne; un grand manque dans nos vies à tous!!! Love you big guy! Tu devrais avoir des danseuses en backup: Shorr Khan et ses Shorettes.
  3. Plutôt d'accord: les services ne peuvent réellement contribuer à une croissance nette (plus qu'à une croissance apparente qui est en fait plus une réorientationn/réaffectation des échanges et d'une part des richesses au sein d'une économie) que s'il se forme des entités "exportant" le service (plus généralement, de fait, la marque) et amenant de ce fait des flux financiers de l'extérieur dans le circuit national. Autrement, c'est presque du jeu à somme nulle, dans l'ensemble. La plupart des services si souvent présentés comme "secteurs d'avenir" sont comme le secteur lui-même: faible productivité, marges variables (mais généralement basses), niveau de revenus de moyen à bas (voire carrément précarisants), et surtout, essentiellement locaux/nationaux. Peu exportables, mais en soi peu créateurs de valeur, soit essentiellement le même rôle macro-économique que du commerce de proximité vendant du produit de proximité: ça fait circuler la richesse, ça n'en crée pas des masses, et c'est complètement dépendant de l'état de la demande.
  4. Et les relations économiques pourraient du coup en pâtir sérieusement; c'est essentiellement ce qui est dans la balance du côté junckérien.
  5. Je le sais bien, quoique pour l'Afrique, faut pas regarder de trop haut: la plupart des pays limitrophes de zones de crise sur ce continent prennent l'essentiel des réfugiés: faut pas l'oublier, le réfugié est en moyenne court sur pattes, réalité logistique et espoir de retour obligent; ainsi pour le Liban, la Jordanie et la Turquie pour la crise actuelle, ou pour..... La Syrie depuis bien longtemps (et malgré tous les défauts du régime actuellement sur la sellette) jusqu'à ses actuels problèmes (combien d'Irakiens ou de Palestiniens y ont fini?). Non, mon point était plus pervers: je m'interrogeais sur la façon dont le débat est tramé dans les scènes publiques d'autres continents; j'aurais du compléter mon post. Ce que je me demande est la façon dont on parle du problème, à l'aune de la nouvelle réalité mondiale de migrations plus nombreuses et plus massives qui, si elles ne frappent pas encore réellement à toutes les portes, sont désormais bien comprises chez les "sachants" (gouvernants compris, quoiqu'ils en disent) comme étant une des donnes majeures du futur proche. Comme tu l'as indiqué et comme je l'avais (seulement) suggéré dans mon post, il n'y a pour l'instant que bien peu de moyens de pression concrets ou d'impératifs immédiats en dehors de la conscience de cette nouvelle réalité, ce qui m'amène à me demander comment le sujet est traité AILLEURS que sur le continent européen ou au Moyen Orient: c'est maintenant que les esprits et collectifs vivant dans ces zones vont commencer à être formés à accepter ou nier cette réalité, à l'envisager (ou non) comme un fait et un impératif désormais permanents.... Bref, à se créer le logiciel pour décider (et ultimement peser politiquement) quoi en penser et quoi faire à ce propos.
  6. Je regardais les infos US, et apparemment, il y a eu un mini-outrage généralisé (et bref) sur une vidéo d'un flot de migrants en rase campagne en Hongrie, où se trouvaient un tas d'équipes de journalistes dont une d'un journal affilié à Jobbik (l'ultra droite hongroise)..... Dont la camerawoman a à plusieurs reprises taclé ou donné des coups de pieds à des migrants (dont un croche pied à un parent portant son enfant). Anecdotique, certainement, révélateur des courants actuels dans l'opinion hongroise (Jobbik est carrément à la hausse), sans doute, annonciateur des futurs courants des opinions européennes, particulièrement dans les pays les plus concernés directement par les mouvements migratoires, probablement..... Mais je m'interroge ici sur la façon dont la question est perçue hors du continent européen, étant donné que cela aura une emprise directe sur la façon dont la question sera traitée sur la scène mondiale: un certain nombre de pays d'Amérique du Sud se sont déclarés prêts à accueillir un nombre donné de migrants, les USA sont divisés sur la question qui vient de faire son entrée dans la parodie qui leur sert de campagne présidentielle, les riches pays arabes sont aux abonnés absents voire vocalement méprisants et parasitaires..... Qu'avez-vous entendu sur cette question, qui vienne d'en dehors de l'Europe? C'est essentiellement à partir de maintenant que la question va commencer à être tramée en tant qu'objet de négociations internationales, et, hors de la conscience que c'est un problème désormais plus mondial que régional, dont les dimensions ne feront que croître, les ramifications impacteront tout le monde, et la pérennité est assurée, il n'y a pour l'instant pas beaucoup de jetons concrets pour amener beaucoup de pays à la table de négociation qui n'appartiennent pas à la sphère déjà concernée (essentiellement Europe et MO).
  7. Alexis, j'aimerais que tu redeviennes sérieux, enfin! Surtout quand il y a des nouvelles politiques de la plus haute importance...... Stephen Colbert a commencé hier son show, prenant la suite de Letterman. Si, si c'est très sérieux (dasn un monde où les ricains s'infiorment plus en regardant les "night comedy shows", c'est le cas). Et il fallait le dire. Bon, ok, y'a d'autres trucs sur les batailles de polochons militarisées?
  8. Une question bêtement matérielle: on a de plus en plus de telles descriptions, de paquets grands et petits de migrants signalés un peu partout, ce qui me fait me demander de quelle proportion d'entre eux on parvient à garder un suivi.... Et de quelle proportion on perd plus ou moins la trace. L'Europe n'est pas le plus grand des continents, mais c'est encore une belle pièce de foncier, avec du relief, de la superficie, des villes, de la végétation.... Soit beaucoup de couvert, et somme toute pas tellement de forces de police (voire de troupes) pour faire de la chasse au détail ainsi de centaines de milliers de migrants en groupes réduits, venant de beaucoup d'endroits différents, suivant des routes différentes.... Bref, beaucoup de points d'entrée, beaucoup de terrain à couvrir, un flot continu et sans échelonnement précis dans le temps et l'espace. D'une part, je me demande donc comment on peut suivre le fait sur le terrain, ou dans quelle mesure on peut le faire.... Et de l'autre, rien qu'à lire les trucs ainsi (et je suis sûr que ma manière d'écrire le paragraphe précédent doit déjà le faire un peu sentir), j'ai comme un petit frisson avec, au fond du crâne, l'idée d'un flot incontrôlable à terme: c'est en partie irrationnel, et je le sais, mais si de telles descriptions devenaient un fait régulier et permanent dans la presse, je me demande quelle serait ma propre réaction (et la vôtre) après un certain temps, et surtout, plus important, quelle sera celle d'une bonne partie des Européens de toutes sortes: la frayeur évoquée, surtout pour une majorité de la population qui regarde déjà ce problème avec inquiétude (et bien peu d'enthousiasme), a des chances de devenir quelque chose de vraiment dangereux à un terme vraiment pas long; le débat dans l'absolu, avec seulement quelques images de ce qui se passe en Grèce et Hongrie, a déjà présenté les camps et forgé les opinions, mais alors que les images montrent maintenant "l'avancée" du "flot" vers le coeur du continent, de tels articles évoquant des effectifs de toutes dimensions un peu partout (signalés dans la cambrousse, arrêtés à des gares, passant des frontières....) avec permanence et grande fréquence, vont avoir un autre genre d'effet. Quand on voit déjà l'état des opinions européennes sur les questions d'immigration en général et en temps normal, mais aussi d'inégalités de revenus, de précarité, d'éducation, d'aides de tous types, ou encore d'identités nationales fragilisées.... Je vois pas un grand avenir politique à l'accueil massif de réfugiés, surtout quand leur flot se mélange à d'autres types de migrants, quand le chaud de la crise actuelle (qui n'est pourtant que l'ouverture de ce nouvel opéra) et de l'émotion qu'elle suscite sera passé: les émotions collectives ont une très courte durée de vie, et l'élan de solidarité qui va avec aussi (surtout quand il ne s'agit pas d'une catastrophe lointaine avec des conséquences qui restent elles aussi lointaines). Ainsi, même dans le cas allemand, avec ses contrastes forts entre extrêmes hospitalité et compassion, et extrême hostilité, je vois pas les deux premières durer longtemps: c'est la nature de ce genre de crise. En revanche, les raisons de l'hostilité (même si une part se calme aussi post crise), elles, vont rester. Dans une Europe problématique côté socio-économique, avec une forte polarisation des richesses et de forts troubles politiques liés à l'identité nationale, quid de ce sentiment de compassion versus le sentiment d'invasion? Les élites ont du mal à comprendre que les gens modestes tendent au patriotisme, parce que leur pays est tout ce qu'ils ont (qui les définit, leur donne une appartenance, un "rang"....), et qu'ils vivent mal ce qu'ils peuvent ressentir comme le fait d'en brader la nationalité ou de "l'ouvrir aux quatre vents". Vu qu'il y a de plus en plus de gens modestes, dans les pays en crise comme dans les pays en reprise, le pessimisme sur la question a du mal à me quitter. Désolé, c'était pas analytique du tout: purement un bulletin d'humeur lié aux impressions à chaud après l'accumulation de lectures aujourd'hui sur ce sujet. Avant que le cortex ne prenne vraiment le relais et n'essaie de faire une synthèse point par point, avec thèse et antithèse, argument et contre argument (ce sera demain), c'est plus la conclusion vers laquelle mon instinct guide la synthèse inconsciente des dites lectures, le sens général que j'ai du inconsciemment percevoir, quoi (ce qui peut aussi n'être que le reflet des opinions, exprimées ou non, de tout ce que j'ai lu, qui traduit souvent un sentiment de dépassement, donc pessimiste).
  9. Hé! On n'a pas fait mieux pour vendre les grands événéments que le vocabulaire biblique, tendance apocalyptique: faut vivre avec son époque, coco..... Mais faut savoir garder les classiques, surtout quand ils sont calés bien profonds dans les consciences collectives, dans le fond comme dans la forme. Y'a pas: la formulation biblique, ça parle au chrétien "culturel", même quand il est peu ou pas religieux. Et là, tu faisais référence à un Polack, en plus: chez eux, c'est plus vivace que pour la moyenne européenne. Si en plus on parle d'un démagogue, d'un politicien opportuniste qui veut marquer le coup et les esprits, quelle meilleure référence que la religion pour les récits apocalyptiques? Sinon, je note que les Hongrois sont en train de bâtir une barrière tout le long de leur frontière, et à vitesse grand V, façon rideau de fer qui rappelons-le, dans sa première mouture, fut élevé en un temps record); ce n'est évidemment pas une mesure définitive, et certainement pas l'ouvrage final tel que beaucoup doivent le rêver, ce qui me laisse à penser qu'un certain nombre d'Etats européens du sud est ont envie de la jouer façon Etats du sud frontalier américain: se présenter en défenseurs et victimes pour soutirer des subventions éternellement croissantes pour une fortification continue qu'on voudra toujours plus luxueuse en soulignant à quel point il faut toujours plus de ci ou de ça (sinon la frontière est une passoire bien évidemment). Orban n'est pas bien en cour en ce moment, mais la grogne d'un bon nombre de pays face à la nouvelle dimension probable du phénomène migratoire me fait fortement soupçonner que ce problème pourrait être un "make or break" pour la scène européenne actuelle, une des quelques lignes de fracture déterminantes pour la politique de l'Union. Et dans le cas présent, une issue de secours pour des types comme Orban qui compteront sur l'inévitable réaction populiste partout sur le continent (quelle dimension, qui la dirigera dans chaque pays, quelle sera sa représentation et son poids à Bruxelles, ça c'est encore flou).
  10. Il est assez facile de sanctionner Orban, étant donné qu'il dépend de subsides européens plus que de raison, et a en fait peu de bargaining chips au jour d'aujourd'hui, sinon le fait que trop jouer sur ces aides a tendance à en faire suer d'autres qui n'aiment pas voir Bruxelles trop jouer les autorités supérieures. La "suspension des droits dans l'UE", en revanche, j'ai plus de doute sur ce que ça peut vouloir dire en pratique, et l'ensemble des choses que ça peut recouvrir qui soient réellement envisageables, surtout sans potentiel de créer pour le coup une vraie crise institutionnelle et politique capable de creuser un gouffre entre différents "groupes de pays" (la fameuse division est-ouest de l'UE notamment, en gestation ou non). Pour la réalité de la crise, tu as raison de le souligner, et il est hallucinant de constater que le fait que de telles migrations seront désormais une constante de l'avenir visible n'a pas l'air de passer le cap du discours public.... Et je parierais qu'il y a bien des raisons institutionnelles à la chose, comme le fait que parler du réchauffement climatique et de son impact économique est un tabou en interne au FMI et à la Banque Mondiale: qui s'y risque perd sa carrière. Peut-être que les Allemands ont aussi peur que l'accumulation massive et désormais constante de réfugiés crée rapidement des goulots d'étranglement débouchant inévitablement sur l'établissement de fait de grands camps de réfugiés sur le sol européen..... En référence à la thèse de rachat d'image de l'Allemagne évoquée plus haut, et sans vouloir faire de mauvais esprit (tout en voulant ma peluche Godwin quand même), je me dis qu'aucun chancelier ou élu n'est chaud à l'idée d'avoir des images de tels camps organisés sur le sol allemand.
  11. Ben si, on pourra faire "nanananère" de façon plus justifiée que si on est en partie fondu dans un blob administratif pseudo-étatique. C'est pas rien de pouvoir leur tirer la langue avec une assise morale plus ferme! Tu serais pas un incurable optimiste, toi, des fois?
  12. 4 saison de Continuuum: c'est pas l'audience de GoT, mais on va dire que dans l'univers des séries, c'est pas vraiment la scoumoune, côté succès. Après, côté qualité, c'est devenu vraiment mauvais de façon incrémentale, et assez vite dans le fil de la série....
  13. Statistiques de l'emploi aux USA actualisée début septembre: le recrutement semble se maintenir, avec 173 000 créations nettes en août et une poursuite de la baisse du nombre de gens sortis du marché du travail, même s'il semble y avoir ralentissement des créations d'une part (la moyenne mensuelle était plutôt autour de 220 000), et maintien d'un nombre historiquement important des dits gens sortis du marché (qui ne sont eux-mêmes qu'une partie des adultes sortis des statistiques). Je sors cette anecdote non pour parler de la réalité contestable (le taux de chômage et de précarité réel aux USA étant en fait très comparables aux réalités européennes) et de la nature moins qu'optimale de la majorité des jobs créés, que pour pointer un chiffre particulier: si tous les secteurs (avec les réserves susmentionnées) semblent afficher une croissance nette, ceux du charbon, du pétrole et du gaz sont en revanche en chute libre cette année. Un fait confirmé de mois en mois: depuis le début de l'année, autour de 100 000 emplois ont été perdus dans ces secteurs (9000 pour le charbon, depuis longtemps sur la pente déclinante, et autour de 90 000 pour les secteurs du gaz et du pétrole).
  14. Pour l'instant, ça ne veut encore pas dire grand-chose: outre les points soulignés en fin d'article sur la méthode du sondage, il faut rappeler que quand vient le moment du vote effectif, quand la conséquence devient une réalité concrète, une proportion non négligeable d'un électorat est prise du syndrôme "cold feet", soit les chocottes de la dernière minute, qui renvoient à la peur du changement, la crainte du saut dans l'inconnu. Donc une courte majorité estimée, et encore plus quand elle est dans la marge d'erreur de tout sondage, ne veut pas dire grand-chose en ce qui concerne la réalité d'un vote.
  15. En même temps, c'est quand même les années 80 (pour l'essentiel).... Peut-être que dans la saison suivante, plus ancrée dans les années 90 (même si encore "jeunes", donc marquées par ce qui précède), y'aura plus d'airs déprimés, de clips en noir et blanc..... Je sors...... Vite.
  16. Disons quand même que la responsabilité n'est pas également répartie: dans l'exemple économique que tu mentionnes, beaucoup de gens achètent ce qu'il y a de moins cher (étranger ou non), car ils n'ont souvent pas les moyens de faire autrement s'ils veulent tenir leur budget. La responsabilité qu'on attribue ainsi dépend de la marge de manoeuvre qu'on a. Et ceux qui ont pas ou peu de marges de manoeuvre sont aussi souvent ceux qu'on retrouve en majorité dans les mouvements dits populistes. De facto, c'est aussi, consciemment ou non, une manière de protester contre l'absence d'alternatives, d'avoir le choix entre la peste et le choléra, ce qui est souvent le seul choix que laisse à beaucoup une scène politique médiocre et entriste qui dure un peu trop longtemps sans se réformer. Les mouvements populistes et agressifs, aussi parfois appelés "anti-système", deviennent bien souvent la seule voie alternative (fut-elle merdique) pour infléchir la trajectoire nationale, introduire un élément nouveau en politique, forcer les dirigeants actuels à avoir des comptes à rendre, contraindre leur posture.... Parce que quand on parle des "partis de gouvernements" comme seuls détenteurs de la triste et dure raison, et par conséquent seuls garants des "bonnes voies" pertinentes et possibles, on fait abstraction de l'entropie naturelle à un système politique en grande partie fermé, qui a une tendance à se fermer toujours plus, et abstraction de la nullité plus ou moins prononcée du duopole de facto ainsi formé. A cette aune, les "seules voies possibles" ainsi décrites semble moins inexorables que dues au dit système politique qui tend à enrayer la mécanique censément auto-correctrice de la démocratie. La crise migratoire actuelle (ce qu'elle représente pour l'avenir, le cadre dans lequel elle s'inscrit, les autres crises/changements auxquels elle se conjugue) a ceci de particulier qu'elle est un élément extérieur introduit de force dans ce dit fonctionnement, un élément qui sort des paramètres habituels moins par sa nature propre que par sa dimension, et la dimension que le problème des migrations semble devoir représenter à l'avenir. C'est une nouvelle réalité, et qu'a t-on vu pour l'instant côté dirigeants, depuis qu'on a commencé à voir cet éléphant venir (début de la crise syrienne, chute de Khadaffi, migrations climatiques....)? Essentiellement des comportements individuels et collectifs s'apparentant au déni et à la tête dans le sable, optant pour le refus de l'anticipation ("ce sera le problème de quelqu'un d'autre", "c'est pas pour tout de suite", "pas la peine de dire aux gens que c'est un truc qui va faire partie du quotidien"....). Bref, on nie qu'il pleut même quand on est trempé. Mais ce problème arrive, quoiqu'on en dise ou pense, et à moins de commencer à penser en termes de massacres collectifs et massifs de migrants comme politique permanente, ça va requérir un petit peu plus, parce qu'aucune des réponses habituelles du "système" (grandes déclarations sur l'accueil des réfugiés et les bienfaits de l'immigration d'un côté, grandes affirmations sur les frontières et une bunkerisation fantasmée de l'autre) n'est plus d'actualité face à la dimension nouvelle et à la pérennité du problème.
  17. Ouais, enfin ça change pas (encore?) beaucoup la réalité pour eux, et certainement pas la mentalité des Japonais "de souche" qui sont l'écrasante majorité, et restent assez peu ouverts de ce côté, ce qui en fait une masse assez monolithique sur ces sujets. Un exemple con: théoriquement, il n'y a pas de possibilités de discrimination à l'emploi, mais si tu vas devant un job center au Japon, tu verras que même si un burakumin, coréen ou autre arrive le premier le matin, il est "prié" de filer à l'arrière de la file d'attente dès que des Japonais pur jus débarquent. Et s'il ne le fait pas, le personnel du job center ne l'accueillera pas. Et le plus souvent, tout cela se fait en silence, sans qu'un mot soit dit ou presque, voire avec toutes les apparences de la courtoisie. Ca résume beaucoup de choses, pour les aspects importants de la vie comme pour le symbolique. Et on retrouve la même chose pour l'accès au logement, au crédit.... A Hokkaïdo, c'est le quotidien des Haïnus, littéralement étouffés en tant que groupe depuis longtemps: seules la brutalité légale et des lois ostensiblement hostiles ont disparu formellement du paysage (et tout est dans le "formellement"). C'est une conscience de groupe comme on n'en connaît plus vraiment en Europe occidentale, sauf comme dit précédemment, à l'occasion et sur certains plans, dans de petites villes et villages, ou dans certains quartiers où de telles façons d'être se composent plus ou moins dans un climat de retranchements culturels, quand diverses communautés très différentes se trouvent confrontées plus que mélangées. Et encore, en France les services publics ne suivent pas le mouvement comme au Japon. On peut cependant pointer le comportement de fait des services publics flamands à l'égard des francophones, en Belgique, pour se faire un peu plus une idée.
  18. Non, mais si tu étais coréen, ou pire encore, un métis nippo-coréen, tu aurais un autre son de cloche (genre radicalement différent); c'est de la vacherie au quotidien, comme tout système de racisme culturel, omniprésent même si inexistant en théorie. Pareil si tu étais chinois. Les Ainu (habitants originels d'Hokkaïdo), c'est pas vraiment la joie pour eux. Et encore la même chose pour les Ryukyuan (habitants d'Okinawa). Un black sera exotique au Japon, parce qu'il n'inquiètera personne: on sait qu'il n'est pas là pour longtemps, et on en voit trop rarement pour avoir le sentiment "d'invasion". Bref, il aura le charme des choses très rares, avec lesquelles il n'y a pas d'histoire longue (et pleine de sang et de rancoeur, soit les stimulis par rapport auxquels on réagit de diverses manières, individuellement et collectivement: culpabilité, crainte, complexe de supériorité....), juste là pour prendre le thé. Tourisme et immigration sont deux choses radicalement différentes, impliquant des comportements tout aussi radicalement différents. Oui, il y a une conscience ethnique très forte, beaucoup plus que par chez nous actuellement. Encore un exemple du syndrôme de l'exotisme: si tu parles japonais, même très bien, à un Japonais, mais avec un accent à couper au couteau, il sera ravi, et culturellement flatté qu'on apprenne sa langue. Si tu effaces ton accent et parviens à parler comme un autochtone, son attitude changera du tout au tout et tu ne seras plus du tout le bienvenu, dans la conversation ou dans son pays.
  19. Ca oui, mais je me référais surtout aux taux de mobilisation, qui au final restent faibles quand on compare à la mobilisation de la métropole. De plus, faut pas poser un tableau uniforme sur toute la guerre: ces méthodes de réquisitions ont été employées au début, et ont changé pour un régime de volontariat (avec des promesses pas toutes tenues, c'est aussi vrai). Pareil, c'est pas l'explication unique (ou dominante; à voir et débattre), et ça a évolué au cours du conflit. Preuve de toute façon que cet appoint de troupes n'a pas été déterminant et concernait un effectif réduit par rapport aux dimensions de la mobilisation totale.
  20. Il me semblait qu'il n'y avait pas eu de conscription forcée des troupes d'outre mer, étant donné que, surtout vu le drainage de toutes les forces possibles sur le front, le maintien de l'ordre dans les dites colonies aurait été quasiment impossible si des mesures de ce type avaient été prises. Ajoutons aussi qu'il y avait une réelle croyance que c'était "une affaire de blancs" et que c'était avant tout le devoir de la nation elle-même, non de ses colonies. Chose dont témoigne d'ailleurs la très faible part des troupes d'outre mer dans l'effectif combattant en 14-18, surtout si on compare à la situation britannique où le poids des troupes coloniales était autrement plus majeur. Soit dit en passant, ce dernier point souligne aussi que même si une propension plus grande à envoyer les coloniaux au casse pipe avait existé, la proportion de ces troupes dans l'effectif disponible aurait à elle seule garanti que ça ne pouvait être que pour une part réduite du front, et une fois de temps en temps..... Mais il s'agit avant tout d'un argument idéologique, donc si vous vous trouviez dans une discussion avec un énergumène croyant réellement à ce genre de conneries, nul doute qu'il virerait directement son "argumentation" sur le fait de dire que ce sont les pauvres (prolétaires s'il est un peu plus vieux) qu'on (sous entendu "le grand capital", "les élites", "les patrons"....) envoyait au casse pipe, lâchant l'argument précédent comme s'il n'avait jamais existé ou le gardant pour le ressortir à nouveau plus tard vierge de toute critique. Les clichés existent pour de nombreuses raisons: sur-simplification amplifiée par le téléphone arabe et la déformation à travers le temps, erreur d'interprétation/compréhension/information initiale ou manipulation ultérieure (les soldats méridionaux vs les soldats du nord et de l'est en 1914-1915), idéologie déformante (intentionnelle ou non: c'est un filtre puissant pour analyser le réel), besoin de schématiser, déformer, simplier, esthétiser ou dramatiser pour mieux/plus diffuser et/ou faire passer un message.... Y'en a pour tous les goûts.
  21. La cavalerie faisant de grandes charges très esthétiques au galop, quand le galop est en fait essentiellement lancé au dernier moment possible, sans quoi les chevaux s'épuiseraient bien vite, les corrections de trajectoire (y compris arrêter la charge parce que la réception risque d'être plus coriace que prévu) seraient impossibles, les formations perdraient vite de leur cohérence.... Mais évidemment, les grands mouvements de cavaliers au trot, c'est moins cinégénique et moins exaltant pour l'imagination (surtout celle des futures recrues) La part des tirs fratricides dans les pertes (surtout depuis l'avènement d'une artillerie puissante), jusqu'à une période très récente. L'image qu'on a de batailles faisant l'essentiel des pertes quand, depuis longtemps (et là encore jusqu'à une période récente), la majorité des pertes en bataille arrive après, pendant la "poursuite" (soit essentiellement un massacre plus ou moins extrêmement déséquilibré), et la majorité des pertes en campagne arrive hors des combats (maladies, conséquences des blessures). Encore une fois, loin de l'image plus "vendeuse" de morts glorieuses au combat.
  22. On sait si la 2ème saison sera spécifiquement sur le Cartel de Cali, ou une continuation de l'histoire actuelle, suivant la chronologie? Je trouverais étrange qu'une partie de la saison ne se concentre pas sur Escobar, qui est un personnage qui, scénaristiquement parlant, écrase tous les autres et a un comportement plus "télégénique" (à défaut d'un autre terme), et que les premiers épisodes évitent de traiter en détail, ou survolent, sa dernière année et sa fin spectaculaires, sur fond d'une Colombie déchirée et, à l'époque (et pendant longtemps) le pays le plus dangereux du monde. Herrera est plutôt fadasse à côté d'Escobar, et le cas du Cartel de Cali peut être correctement traité en moins d'épisodes que celui du très haut en couleur Cartel de Medellin, et surtout, de son leader.
  23. Peut-on essayer (moi compris, je ne jette la pierre à personne) de baisser le ton avant de refaire l'équivalent d'un fil "Ukraine"? Ou alors tombez les fringues, enduisez-vous d'huile et jetez vous les uns sur les autres pour régler ça comme de vraies femmes dignes de ce nom font :-X !!!
  24. Et la situation américaine démontre que cela n'a pas vraiment joué dans des proportions suffisantes, tout en faisant en revanche exploser les coûts d'une telle politique, si bien que le coût de fortification, surveillance, poursuite (physique et judiciaire), procédure (administrative et judiciaire) et incarcération est aujourd'hui difficilement justifiable.... Avec une amélioration de la situation migratoire qui est avant tout due aux évolutions économiques, même si les fanatiques de la fortification se gargarisent des résultats apparents de court terme pour justifier une nouvelle rallonge (une paille: entre 40 et 60 nouveaux milliards sur 5 ans sont exigés.... Avec la dernière nouveauté: il faudrait fortifier la frontière avec le Canada aussi, maintenant). Si les situations économiques devaient de nouveau changer en faveur des USA, l'inanité des moyens déployés apparaîtrait rapidement. Et en attendant, le détournement des moyens judiciaires pour cette apparence d'activité (qui est plus une manière de gesticulation politique/électoraliste qu'autre chose) a saturé les systèmes locaux et favorisé la criminalité. Great job! On retrouve les mêmes mécanismes dans, par exemple, la saturation des grandes villes par des réseaux CCTV: ça n'impacte pas vraiment tant que ça la criminalité (même si ça améliore le taux d'élucidation.... Qui est a posteriori), et ça aide parfois à diminuer le sentiment d'insécurité, mais ça a surtout l'avantage de donner des apparences d'hommes d'actions aux politiciens qui vendent de tels programmes, et de leur permettre de refiler une masse de pognons à des sociétés de sécurité très intéressées. Le tout à un coût prohibitif vu le résultat obtenu. Mais évidemment, la perception compte plus que la réalité. La politique de la dernière décennie sur la frontière Mexique-USA, c'est la même chose. De l'apparence survendue, à un coût qui rend la chose franchement débile, le tout dans un contexte où il n'y a plus depuis longtemps de masses de Mexicains cherchant à se ruer par vagues aux USA.... Et où de toute façon, les gros bataillons de ceux qui le font ne sont jamais passés par le désert et les endroits qu'une fortification est censée barrer; il est bien plus simple d'entrer légalement et de ne pas repartir, ou bien plus fréquent d'entrer légalement et d'être piégé par un système d'immigration qui ne fonctionne pas.
  25. Il me semble que le mur a coûté bien plus que ça, sans même compter l'explosion de l'ensemble du budget pour la gestion de cette frontière, qui a accompagné la construction du mur lui-même, notamment l'explosion du nombre d'agents fédéraux et de policiers d'Etat impliqués dans la surveillance, le surcroît de matériel (notamment les hélicos), l'augmentation du dispositif militaire, l'énorme cagnotte destinée aux sociétés de sécurité privées ayant un rôle dans le fonctionnement (notamment le système carcéral, qui a littéralement reçu une cagnotte inimaginable: l'opération Steamline, par exemple, a essentiellement consisté à leur refiler plus d'un milliard par an, sans qu'un effet sur le flux de migrants lui soit attribuable, tout en détournant les ressources de la justice dans ces comtés.... Avec logiquement une explosion de la criminalité), ou encore l'augmentation constante des moyens techniques de surveillance (caméras et autres capteurs, drones,...). Dans cette masse de fric déversée essentiellement sur un nombre réduit de comtés dans les 4 Etats frontières, la construction d'une barrière, aussi chère qu'elle ait été, représente peanuts. La récente rallonge de 40 milliards soutirée par les représentants républicains des dits Etats est déjà oubliée, puisqu'on le voit dans la pré-campagne électorale, le discours n'a pas changé à droite: "la frontière est une passoire", "il faut sécuriser la frontière"..... Au mépris de toute réalité, et surtout d'un sens des responsabilité budgétaires.
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