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Tout ce qui a été posté par Tancrède
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J'ai lu quelques articles de la presse américaine avant celui-ci, et en anglais comme en français, les journalistes semblent passer à côté de l'essentiel, dans cette histoire: personne n'est choqué que des adultes jouent aux Pokémon?
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Succès tactiques et victoire stratégique
Tancrède a répondu à un(e) sujet de Kiriyama dans Histoire militaire
J'avoue que quand je pointe du doigt l'irréalisme de la planification, je pense avant tout à l'irréalisme de la logistique allemande, dont les insuffisances semblent afficher un décalage vraiment énorme avec les ambitions du plan, et c'est en cela que j'abondais dans le sens de l'analyse du dossier de G&H. Que ce soient les quantités induites ou l'état des réserves, la taille, la complexité et la fragilité du parc automobile (déjà insuffisant en soi) ou les terribles faiblesses du système ferroviaire allemand, l'étonnant optimisme sur ce qui pourra être escompté des transports russes (charbons incompatibles, écartement différent.... Sans compter évidemment les destructions et évacuations de matériels) ou la faible mobilisation économique du Reich à ce stade (et sa mauvaise organisation), j'ai du mal à voir les chiffres des besoins et ceux des capacités se réconcilier. D'où ma critique sur le réalisme de la planification, surtout si on y ajoute les facteurs environnementaux du théâtre russe (climat et météo, distances et réalité des infrastructures....). Avant même d'entrer sur la question du comportement et de la mesure du potentiel de combat proprement dit de l'adversaire, il y a, il me semble, quantités de facteurs tangibles, mesurables et connus sur lesquels les planificateurs allemands semblent avoir été un peu.... Légers. Que le plan d'opérations militaires, au sens tactique/grand tactique, ait été pertinent et ait eu des chances d'emporter la décision, je suis tout prêt à le croire, surtout quand on regarde l'état de l'armée rouge en tant qu'organisation humaine en 1941; mais pour faire de la bonne tactique, il faut pouvoir acheminer et soutenir en continu une masse suffisante d'unités (en fait plusieurs masses d'unités séparées) à 3000 bornes et plus, et la dégradation de puissance qui va avec la distance me semble particulièrement importante dans la Wehrmacht à ce moment. Ce qu'on ne peut pas reprocher au plan allemand, c'est de n'avoir pas prévu LE grand coup stratégique des Russes du déménagement du potentiel industriel vers l'est: ça, c'est la baffe absolue que personne ne pouvait voir venir, ou même concevoir. -
Succès tactiques et victoire stratégique
Tancrède a répondu à un(e) sujet de Kiriyama dans Histoire militaire
L'un des problèmes majeurs de la logistique à l'échelon de terrain (parce que tout le monde semble d'accord pour dire que dans l'absolu, à grande échelle, c'est une réussite monumentale) n'est-il pas que la traîne des armées proprement dite avait été calculée initialement pour une avance beaucoup plus lente (en se fondant sur le type d'avance de 1918, seule référence pour eux), impliquant donc une organisation (et donc un maillage, des unités et véhicules) faite pour alimenter une densité de flux donnée (et bien calculée du coup, parce qu'il y avait les moyens) sur une certaine distance (à ne pas dépasser, donc)? Je crois que l'exemple particulier des camions est illustratif: ils étaient fait pour une noria sur moins de 200 bornes, mais l'avance trop lointaine sur un tempo trop rapide a fait qu'ils étaient tout d'un coup trop petits et avec une trop faible autonomie pour continuer à garantir les bons flux pour les nouveaux besoins. D'une part, cela contraint à des choix beaucoup plus drastiques (tout le monde ne peut pas avoir ses appros), et ce malgré l'extrême abondance dans l'absolu du soutien, de l'autre, cela crée des goulots d'étranglement de toute façon: tels qu'ils existent, les camions ne transportent pas assez, ne vont pas assez loin (et réclament donc un soutien propre plus important, et un maillage territorial différent pour leurs étapes et les bases), mais sont aussi par leur moindre capacité plus nombreux et de ce fait plus aptes à accroître l'encombrement de routes déjà bien chargées (réseau routier existant pas fait pour ces armées, et amoindri par les bombardements) et ne pouvant être supplées par un réseau ferré pour ainsi dire kaput. Et ça, c'est une "erreur" qui se commet bien avant que le moindre transport quitte l'Angleterre, ou même les USA, en fait; quand on définit les caractéristiques du train de la force d'invasion. Une erreur de plus qui ne peut vraiment être critiquée qu'a posteriori. -
Signe de temps, ou de la réalité interne des partis républicains américains tels qu'ils ont évolué, après que Donald Trump ait jeté le pavé dans la mare, tous les autres candidats sauf un (Jeb Bush) s'attaquent à un droit très important aux USA dans leur surenchère permanente sur le sujet de l'immigration: le droit du sol. Aux USA plus encore qu'en Europe, le droit du sol est un fait majeur aux USA, par histoire et culture identitaire certes (quoique très variablement selon les populations), mais surtout par le fait qu'il est enchâssé "en dur" dans la constitution via le 14ème amendement, voté au lendemain de la guerre de Sécession pour acertainer le statut des populations noires américaines. Techniquement, comme toute partie de la constitution, il est très dur de l'amender ou de le faire sauter; dans le climat politique actuel, et le climat probable post élections de 2016, il sera quasiment impossible à toucher. Mais la polémique est là et agit comme révélateur de l'état d'une partie de l'opinion américaine, qui ne s'embarrasse pas de formules polies et de nuances, voire de réalité, pour faire entendre son opinion réelle sur cette figure abstraite du migrant (entendez: "le basané, et on se fout qu'il soit légal ou non"). Etant donné l'évolution de l'électorat conservateur (toujours plus blanc, plus vieux, plus du sud, "apalachien" et middle west), ce fait reflète aussi la réaction des Etats du sud et du centre face à l'augmentation de leur population d'origine latino américaine, jusqu'ici essentiellement concentrée sur les côtes (surtout ouest) et dans les Etats frontaliers du Mexique. Et la rhétorique qu'on entend est parfois terrifiante, mais le plus souvent surréaliste, dans la droite lignée des déclarations initiales de Trump: à les entendre, les USA seraient (c'est affirmé haut et fort) le seul pays au monde et dans l'histoire à pratiquer le droit du sol (et évidemment, c'est une façon de plus pour dire que les USA ont été les seuls admirables quand c'était -pour ces gens- la "bonne chose" à faire, même si maintenant, "c'est stupide et c'est parce que c'est la faute des liberals"). Niant toutes les études (gouvernementales, indépendantes, locales, nationales et internationales) qui convergent massivement sur le fait que l'immigration aux USA, même l'immigration clandestine, est plutôt un facteur économiquement positif, ils s'enferment dans l'éternelle rhétorique de l'étranger qui vient voler des jobs, faire pression sur les salaires, vivre d'aides sociales, amener du crime.... Alors je disais "signe des temps": pourquoi? Loin de l'exceptionalisme qui teinte souvent les analyses même des plus objectifs aux USA, du passé et du présent, on constate que les USA présentent les mêmes symptômes de radicalisme(s) et de populisme(s) qu'en Europe (boostés par le fonctionnement médiatique), avec un centre plus difficile à trouver.
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Migrations de masse vers l'Europe
Tancrède a répondu à un(e) sujet de Alexis dans Politique etrangère / Relations internationales
Alors on est plus d'accord qu'autre chose: faut juste faire gaffe à la formulation, parce que là, tu donnais l'impression de parler de la majorité du genre en lieu et place de te concentrer sur ce qui n'est qu'une petite minorité. minorité, qui plus est, dont une bonne partie n'a sans doute pas toujours été ainsi: rechercher du travail dans de mauvaises conditions, un mauvais endroit, dans une mauvaise période, avec le mauvais pedigree.... Ca peut aller un moment, durer des années.... Et passé un certain temps, beaucoup de gens craquent, deviennent cyniques, désabusés, vides.... Sans compter leur incapacité (en bonne partie pas de leur fait: se "tenir à jour", développer des compétences.... C'est pas partout facile ou accessible). Si bien qu'ils auront à un moment été de "bons" demandeurs d'emplois, avant de devenir parfois ce que tu pointes du doigt. Quand une bonne partie de la main d'oeuvre dans certains secteurs est constituée de migrants en situation irrégulière (BTP en particulier, mais aussi restauration, par exemple: on a évoqué jusqu'à un tiers de la main d'oeuvre pour la ligne TGV nord, et ce que j'entends des chantiers de construction est pire), on n'a pas non plus trop de mal à voir que, dans beaucoup de cas, il y a aussi une forme de concurrence déloyale étant donné que le statut et le revenu de cette main d'oeuvre a peu de chances d'être comparable à ce qu'un national, "de souche" ou non, aurait. Le problème si on se lance dans l'examen de ces myriades de situations, est qu'il faudrait pouvoir faire un écrémage profession par profession, secteur par secteur, région par région.... Pour pouvoir réellement voir dans quelle proportion les nationaux s'estimeraient "trop biens" pour certains jobs. J'ai franchement des doutes sur cette explication, de ce que j'ai lu, même si je n'ai rien trouvé couvrant l'intégralité du sujet de façon exhaustive. -
Migrations de masse vers l'Europe
Tancrède a répondu à un(e) sujet de Alexis dans Politique etrangère / Relations internationales
Salauds de pauvres, décidément! Faut quand même arrêter aussi les commentaires faciles sur le niveau (je dis bien le niveau, évitons de parler en absolus) de responsabilité des individus/groupes d'individus: ça fait quand même quelques décennies que l'économie des pays développés ne crée plus assez d'emplois structurellement vers lesquels une grande partie de ces gens pourraient aller "se bouger". Changements techniques/technologiques, atonie de la demande, concurrence de pays émergents et libéralisation parfois mal considérée des échanges, vieillissement des populations et réorientation de l'épargne, concentration et repyramidage de l'économie disproportionnellement en faveur des plus gros acteurs du marché (au détriment net des PME et très petites entreprises, ayant moins d'accès au capital et/ou se trouvant plus souvent en position de sous-traitance) .... Le fait est qu'il y a trop peu de capital d'investissement disponible en général, et ce depuis un bon moment. Et en conséquence, même si tout le monde avait les capacités et les possibilités (lieu de résidence, moyens en capital et soutien, accès à des formations, moyens de transport....) de "s'adapter, bouger, réfléchir, comprendre" de manière optimale, on serait encore TREEEES loin du compte, tout connement parce qu'il n'y a pas assez de jobs créés et de capital pour en créer assez. Et pas que d'un peu. Et quels que soient les chiffres dont les idéologues se gargarisent pour vendre du papier ou une candidature, suivant des modalités diverses, c'est à peu près pareil partout dans le monde développé, ce que la patronne des libéraux suédois avait très honnêtement pointé du doigt il y a quelques années, soulignant que quelles que soient les manières de compter et masquer, tous les pays d'Europe -et les USA- avaient des taux de chômage réels et de précarité assez comparables (les effets de "croissance" qu'on présente étant essentiellement des effets de manche ne changeant pas les grands nombres). Qu'il y ait des emplois ne trouvant pas preneur et des abuseurs de systèmes sociaux, c'est une chose, et des phénomènes à ne pas mésestimer, mais faut pas pousser mémé et décréter que la grande part de ceux qui ne trouvent pas d'emploi sont et restent dans la mouise parce qu'ils sont flemmards, c'est juste délirant, et c'est une vieille rengaine qu'on trouve depuis très longtemps (venant de certaines "écoles" de pensée qui ont du mal à se renouveler) et qui n'a jamais trouvé de confirmation. Et faire des gamins, c'est comme qui dirait inscrit dans le code génétique humain (donc assez inutile de le déplorer); je sais bien que beaucoup semblent souhaiter que ceux qui se retrouvent dans la merde crèvent en silence et sans laisser quoique ce soit derrière eux, mais c'est une mauvaise base de raisonnement quand on essaie de réfléchir au fonctionnement d'une société humaine. Surtout que la majorité des gens qui font des gamins les font quand l'avenir semble plus prometteur; s'ils se retrouvent dans la mouise après coup, il faudrait qu'ils les noient? Ca renverrait à d'autres époques (le petit Poucet et toussa). -
Succès tactiques et victoire stratégique
Tancrède a répondu à un(e) sujet de Kiriyama dans Histoire militaire
Very true, mais ce n'est juste pas QUE à cause de lui, ce qui d'ailleurs renvoie au sujet, dont on s'éloignait à grands pas: le rendement tactique d'une unité de combat, ou d'une grande unité qu'on peut, dans certaines circonstances (incluant d'autres éléments que seulement militaires, tactiques ou techniques), qualifier "d'opératique", ne fait qu'une partie du travail et ne peut aller que jusqu'à un certain point, et encore, uniquement si les conditions sont réunies, conditions dont une bonne partie sont aussi essentiellement militaires, ce qui souligne l'incurie d'une partie de la Wehrmacht dans cet exemple. Avoir un système de combat ("de bataille", au mieux, si tant est qu'on définisse la chose précisément dans le contexte gigantesque du front de l'est et de cette époque) est une chose, avoir un système de campagne une autre, sans même parler d'une conception (sous entendue une conception valable) de la guerre. Le concept stratégique allemand, en fait purement prussien, hérité de la conception née de la situation prussienne des XVIIIème-XIXème, est complètement inadapté pour autre chose qu'une position de pure défense par l'attaque anticipée contre des voisins immédiats (même plusieurs à la fois) et de dimensions comparables. L'espace-temps russe, mais aussi le niveau de volonté politique russe à cette époque, et le niveau de ressources, sont complètement hors de leur portée (ou au mieux pour eux, hors de leur portée à moins d'un drainage complet d'un pays mis en coupe réglée pour ce combat unique, ce qui n'a pas été le cas). La dégradation de puissance qui va avec la distance depuis les zones de production (d'unités, de matériel, de soutien) et de décision est très rapide chez les Allemands d'alors, tant en raison des spécificités du théâtre et de l'adversaire russe qu'en raison des problèmes côté allemand: la logistique et la géographie sautent encore une fois aux yeux pour mieux souligner les limites d'un modèle militaire comptant uniquement sur l'excellence tactique (et encore, d'une partie "pointe de lance" de l'armée) et le succès au combat stricto censu (qui revient essentiellement à une marge de supériorité -nécessairement variable- sur l'adversaire, donc plus à des probabilités de succès, ce qui est moins bandant quand on planifie sérieusement). Et tant la logistique que les capacités de production (unités, matériels, soutien, en quantité/qualité/variété) deviennent des problèmes insurmontables rapidement quand on parle d'un théâtre d'opération pareil ET des limites (de système, de capacité) de l'Allemagne d'alors. Soit dit en passant, cette conception de la guerre est un démenti fondamental du postulat prussien initial (donc plus axé sur la défense et l'attaque préventive de voisins immédiats et de dimensions/puissance comparables), transformant en avantages absolus (dans les certitudes de départ) les atouts et choix adaptés uniquement aux conditions du concept de départ. Bref, les Allemands gardent le même paradigme et le balancent dans une réalité différente (la Russie.... Si, si, c'est une réalité différente, et pas que parce qu'ils ont des chefs d'Etat aimant chevaucher torse nu tout en pointant les homos du doigt). -
Succès tactiques et victoire stratégique
Tancrède a répondu à un(e) sujet de Kiriyama dans Histoire militaire
Ce que le dossier de G&H dédié à ce sujet avait bien pointé du doigt, c'était la responsabilité de la Wermacht elle-même dans l'absurdité de l'attaque contre la Russie, pêchant par des ambitions délirantes, une planification irréaliste, une logistique plus qu'à côté de la plaque, et comptant sur l'empilement de succès tactiques et la seule destruction (conçue comme fait abstrait) des corps de bataille adverses pour déboucher sur une victoire du coup perçue comme inévitable par la seule vertu de la dite destruction. Mettre la responsabilité sur le moustachu seul est un petit peu exagéré. Et du fait même de l'irréalisme de la planification, la Wehrmacht se condamnait à la dite guerre d'attrition, puisqu'elle n'avait pas foncièrement les moyens d'aller au KO rapidement, et encore moins de maintenir l'adversaire KO. Maintenir la qualité de la formation et des unités dans le temps, maintenir suffisamment d'effectifs, avoir la capacité de produire leurs équipements et soutiens (dans les quantités, qualités et variétés requises), et plus encore de les acheminer en temps et en heure là où ils étaient demandés, tenir et rendre utiles les territoires conquis.... Tout un ensemble de choses qui nétaient pas dans leurs moyens. C'était quand même se garantir que le grand avantage tactique des débuts allait rapidement s'amoindrir, passant aussi un seuil comparatif où les Soviets pourraient mieux encaisser et commencer à rendre (leurs plus graves désavantages étant surtout temporaires, liés à l'état de désorganisation et de croissance trop rapide de la période 37-41). -
Migrations de masse vers l'Europe
Tancrède a répondu à un(e) sujet de Alexis dans Politique etrangère / Relations internationales
Très d'accord sur la capacité réelle à mesurer l'ampleur du "problème" maintenant, avec le petit accroc que l'on ne peut non plus s'asseoir et analyser étant donné qu'en attendant, bien jaugé ou non, cela reste (et semble devoir être toujours plus) une réalité de perceptions concurrentielles, voire franchement antagonistes, au sein de la population de pas mal de pays, et que cela devient donc une réalité politique sur laquelle des campagnes, et nécessairement des actions concrètes, seront fondées, portant elles-mêmes leurs propres conséquences. Sur l'intégration, on ne souligne pas assez le besoin d'une autre capacité de mesure.... Celle de pouvoir jauger ce qu'un pays PEUT effectivement absorber sur une durée donnée, sans que cela menace de façon importante sa stabilité (dans certains cas; là, on pense surtout aux pays proches de zones de crises, qui encaissent des migrations massives) ou en tout cas ses équilibres intérieurs. Et cette capacité d'absorption varie bien évidemment avec le temps, mais en France particulièrement, plus que dans beaucoup d'endroits en Europe, cette capacité a plutôt baissé, moins en raison de problèmes économiques et budgétaires (quoiqu'évidemment ils jouent, notamment ce problème partagé dans le monde développé de l'insuffisance de la masse de jobs pas/peu qualifiés -mais payant un minimum correctement- qui a beaucoup joué aux périodes précédentes), qu'en raison d'un certain niveau de crise de l'identité nationale, de "manque de confiance en soi" du sentiment d'appartenance au pays et à sa légitimité. Le modèle économique actuel, les évolutions du capitalisme et de la mobilité sociale (en baisse sauf dans les pays en phase de rattrapage.... Et ils se recloisonnent vite sitôt un certain seuil atteint) qui en découlent sont certes des facteurs déterminants, mais sont loin d'être les seuls. On pointera du doigt des trucs comme l'Education Nationale, les programmes d'histoire démolis, la faiblesse de l'effort général (par les dirigeants du pays en général depuis un certain temps) pour oeuvrer dans le sens d'un sentiment de fierté et d'appartenance, de but commun/destins partagés (jusque dans le symbolique, peu et mal travaillé en France; lire Régis Debray et son analyse du sens républicain du sacré), les identités de rechange en tous genres (religieuses, ethniques, idéologiques, régionales....) qui prennent le relai pour remplir ce qui est clairement un besoin humain individuel et collectif.... Tout cela est réel et joue concrètement, dans cette perspective utilitaire que tu mentionnes, pour amoindrir durablement la capacité d'absorption de nouveaux migrants, entre autre en tapant gravement dans la capacité à fabriquer des Français (on devrait peut-être outsourcer ça aux Chinois ??? ..... A voir). -
Le Roi des hélicoptères en Afghanistan et partout ailleurs, le Chinook
Tancrède a répondu à un(e) sujet de Philippe Top-Force dans Hélicoptères militaires
Une question rapide: un Chinook vient de me survoler (Paris XVIème). Késako? Qu'est-ce qu'il pouvait foutre là? -
Succès tactiques et victoire stratégique
Tancrède a répondu à un(e) sujet de Kiriyama dans Histoire militaire
Je pointais justement que la "définition" est tout sauf unique et internationale, et que le concept d'opératique est très différent chez les Russes et chez les Ricains/otaniens, soulignant que si on veut le prendre comme une globalité unique, on risque plus d'aboutir à la conclusion que c'est du gloubi boulga sémantique, soit pas vraiment un outil de compréhension très utile dans la discussion. Pour les Russes, il y a par exemple une différence entre l'art opératif et la définition que tu sembles pointer, qui serait plus l'une des étapes conceptuelles majeures qui les a amené à cette conception de la guerre, à savoir les "opérations dans la profondeur", ou la "bataille dans la profondeur" et son exploitation directe. Et il me semble qu'entre les deux approches, il y a une différence conceptuelle: côté russe, le résultat, l'objectif, semble l'étalon de référence pour définir l'art opérationnel. Chez les Américains, il me semble que l'approche est plus "process oriented", reposant plus sur l'échelon et le dimensionnement des moyens pour dire si un truc est opératique ou non, reflétant leur culture militaire très/trop mécaniste et tactico-technique, avec un cas d'école dans le cas de l'approche des "effect based operations" et des difficultés qu'ils ont eu avec le concept jusqu'à y renoncer pour beaucoup de mauvaises raisons (mais au fond surtout, une incompatibilité culturelle qui entravait leur mise en oeuvre, la définition de ce qu'ils pouvaient en attendre et leur acceptation). Quel "front virtuel"? La guerre froide, ou le cas hypothétique où Russes et Alliés occidentaux se seraient frités en 45? Parce qu'il faut faire attention quand on parle d'un concept: c'est pas tout d'en avoir un bon, faut aussi avoir l'organisation, les moyens et le niveau de savoir-faire à tous les échelons pour qu'il fasse sentir sa validité. Et de ce côté, pendant la 2ème GM, les Soviets ont du attendre quasiment la fin avant d'avoir à peu près tout suffisamment bon (et à ce stade, leurs réserves humaines et matérielles s'épuisaient) pour que l'outil soit au niveau du concept, donc que celui-ci puisse produire un régime un tant soit peu de croisière. La "learning curve" fut longue.... Comme pour les alliés occidentaux en 14-18: il faut attendre l'offensive des 100 jours pour que la machine commence à atteindre un certain niveau de rôdage (et que tout soit perdu en quelques mois/années après l'armistice.... Cruelle ironie). -
Succès tactiques et victoire stratégique
Tancrède a répondu à un(e) sujet de Kiriyama dans Histoire militaire
On a un topic sur l'opératique, et il me semble que c'est pas tellement ça, ou en tout cas pas limité à ça, quoique les définitions, la compréhension de ce "niveau" de pensée des opérations varie selon les endroits (la conception US actuelle semble très différente de la compréhension soviétique). Décrit ainsi, ça ne semble rien de plus que de la "grande tactique", utilisant des opérations de diversion pour masquer les vrais objectifs, ce qui, en soi, n'a rien de nouveau et a toujours été pratiqué, quoiqu'on puisse y voir une adaptation de ce processus à la taille des armées du XXème siècle et à leur complexité, qui nécessitent une organisation plus poussée (notamment pour la logistique), et donc des échelons de commandement très développés et, par là, une organisation des théâtres d'opération (notamment, chez les soviétiques, en "fronts", qui sont les échelons opératiques de référence, le niveau de commandement ayant suffisamment d'autonomie et de moyens pour gérer des opérations de grande échelle). En cela, on peut n'y voir qu'un mode de gestion de plus d'une vaste armée sur un théâtre, et on peut pointer du doigt, si là était le critère, que le front occidental de 1917-18 côté allié répond à la même définition, et opère, surtout dès lors que Foch acquiert une position de commandement représentant le consensus de coordination des alliés, selon les lignes de ce mystique "niveau opératique" de la guerre. Facilité par la plus grande fluidité autorisée par la mécanisation de la logistique, de l'artillerie (qui permet beaucoup plus d'options que pour une armée limitée au rail et aux pieds), la pensée des alliés occidentaux en 1918 peut être alors définie comme opératique: les opérations offensives se multiplient tout en étant plus courtes, "mordant" le front allemand et forçant Ludendorff à réagir (essentiellement déplacer ses réserves, surtout d'artillerie, qui ne peuvent bouger que de façon monolithique), découvrant ainsi d'autres endroits vers lesquels les alliés peuvent se rediriger beaucoup plus vite, percer sur une certaine distance et donc forcer les Allemands à reculer pour ne pas trop se découvrir. La seule limite est alors l'autonomie limitée des unités mécanisées, qui ne peuvent faire la grande percée (pénétration profonde vers un objectif de grande importance et/ou encerclement), soit une limite purement technique. Donc quelle est la définition de l'opératique? Si l'on s'en tient au "niveau" d'organisation et d'exécution, ce n'est rien de plus qu'un énième changement d'échelle dans la gestion des opérations, tout comme on a vu arriver la division, le corps d'armée, ou le groupe d'armée (en soi un échelon opératif). L'élément définissant, semble t-il, est plus dans le mix de moyens (pas que militaires d'ailleurs) à cet échelon de référence, pour définir des objectifs valant la dépense de capital militaire, objectifs dont la poursuite (capture/destruction/désorganisation/amputation) implique de ce fait une combinaison d'actions complexes de toutes natures (avant tout militaires, mais aussi opérations de renseignement, de propagande/déception, de pourparlers politiques....). Ces objectifs peuvent être purement matériels/concrets (un site industriel, un noeud de communication, un centre logistique, la jonction de deux éléments militaires majeurs adverses, un centre de commandement.....) ou plus diffus (enrayer la montée en puissance/le fonctionnement de telle partie du dispositif militaire adverse -comme la "big week" contre la Luftwaffe-, monopoliser l'initiative, casser le moral adverse, acculer le dirigeant adverse à prendre une décision, causer une disruption permanente dans tel ou tel endroit, désorganiser un dispositif pour une durée X....), mais visent à causer un changement dans la direction de la guerre par l'adversaire. Si l'opératique est simplement une différence d'échelle/de taille, ça ne vaut à mon avis pas la peine d'utiliser le concept, qui risque plus de créer une confusion et des discussions sans fin sur ce que c'est (à quel échelon c'est de l'opératique? Ca c'est tactique ou c'est opératique? Etc...), que de servir d'outil de lecture utile. Si c'est une différence de nature, là il y a plus d'intérêt, il me semble. -
Ca me rappelle un vieux documentaire sur les Spetsnaz, où un instructeur, visiblement vétéran de la 2ème GM, faisait une démonstration de tir aux p'tits djeunz, en pointant le tir "à l'américaine" -essentiellement sulfater non stop", et le tir habile et précautionneux "à la russe"..... Et j'en viens à penser que, comme la remarque de Hernandez, tout le monde doit avoir sa version de cette démonstration, se convaincant que tous les autres sont des nazes et qu'il n'y a que les gars de chez soi qui tirent bien et malin (avec sans doute quelques exemples -en fait des cas particuliers- les confortant dans ces certitudes). Les ricains ont longtemps eu d'ailleurs (et ont encore) une réputation sur leur conception prodigue de la dépense en munitions et sur l'aspect ridicule du terme "overkill"..... Si bien que depuis qu'ils ont adopté une autre discipline de tir, beaucoup doivent avoir l'impression d'avoir inventé l'eau tiède, et qu'en conséquence, tous les autres pays sont à côté de la plaque et devraient faire comme eux..... Meurika! Bref, pour ce qui concerne les armées un tant soit peu professionnelles, ce genre d'observations pointant le doigt sur l'autre me semble plus faire partie du folklore habituel des préconceptions en tous genres, qui survivent et évoluent quoiqu'il arrive.
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Le premier problème que je pointais du doigt est qu'on est bien au-delà du simple "système imparfait": le système d'immigration est kaput, pas "il marche malgré tout, mais évidemment, comme toute chose, il a des problèmes": il ne marche pas et crée beaucoup plus de problèmes qu'il ne peut en résoudre, et ces problèmes s'accumulent depuis maintenant des décennies (Saint Reagan avait pourtant légalisé des millions d'immigrés.... Mais faut pas le dire à des républicains, ils nieront). L'euphémisme n'a pas sa place quand on parle du système d'immigration américain: il est cassé. On a certainement tort politiquement de le minorer, mais pas moralement: ce sentiment d'invasion a été poussé artificiellement au-delà de toute proportion par des intérêts locaux et nationaux bien sentis, au point qu'il est impossible d'argumenter le débat avec des faits et des chiffres quand on parle à un conservateur. C'est pour ça que je soulignais l'aspect vu du sol: c'est tout à fait compréhensible qu'un type vivant sur la frontière s'inquiète de voir, sur une année, quelques centaines de personnes tenter de passer la frontière. Ce n'est pas excusable pour un politicien de le conforter dans ses craintes en lui disant que ce n'est qu'une goutte d'eau dans un raz de marée, alors que toutes les analyses de la question migratoire sur cette frontière montrent que le problème n'a rien d'alarmant, que les effectifs passant ainsi sont au final ridicules, que la quasi totalité des gens qui passent ainsi sont arrêtés, que l'immigration mexicaine est même depuis 6 ans devenue un mythe vu que le solde migratoire est négatif.... Bref, les choses que j'évoquais plus haut. La vue du sol est importante, mais normalement, surtout dans une démocratie, il est censé y avoir des autorités et des médias recadrant le problème dans sa réalité, et si possible une grande majorité de gens pas dressés à faire la sourde oreille dès qu'on dit quelque chose qui ne vas pas dans le sens de leurs peurs et lubies. Je rappellerai, pour illustrer avec une vieille comparaison, que vue du sol.... La Terre est plate.
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[Union Européenne] nos projets, son futur
Tancrède a répondu à un(e) sujet de Marechal_UE dans Politique etrangère / Relations internationales
Je regardais un reportage sur la crise des réfugiés syriens (et devrait-on dire des réfugiés d'ISIS parce qu'on voyait aussi des Afghans fuyant ISIS!!!!) en Europe: le mois dernier seulement, autant de réfugiés syriens sont arrivés en Europe, principalement en Grèce, que sur l'ensemble de l'année dernière. Et actuellement, les côtes grecques semblent envahies par des milliers de tels réfugiés, arrivant sur de petites embarcations surchargées (j'aimerais comprendre comment ils sont arrivés là: impossible de venir des côtes syriennes sur des petits machins genre zodiacs taille XXL avec beaucoup trop de monde dessus). Beaucoup plus que ce que les autorités grecques peuvent gérer, surtout dans l'état des moyens du pays actuellement. Les conditions sanitaires sont, du coup, déplorables, il n'y a pas de réserves alimentaires ou d'eau, et il y a trop peu de monde pour gérer l'ensemble, ce qui laisse augurer des catastrophes humanitaires et des scènes de brutalité en grand nombre, sans compter des routes saturées de réfugiés tentant leur chance par eux-mêmes, car bien évidemment, les dits réfugiés visent surtout d'autres pays que la Grèce. Sans aller jusqu'à évoquer les mânes du Camp des Saints, je demande à la cantonnade si quelqu'un dans le tas a suivi ce dossier, parce que j'ai pas vu Bruxelles se bouger là-dessus (étonnant, hein?); Tsipras va t-il demander du fric pour gérer la chose, se servant de cette crise pour "faire front commun" avec l'UE et faciliter un peu la situation grecque ce faisant? Y'a t-il des dispositifs en Europe pour répondre à cette urgence (humanitairement, aggressivement....)? -
Je voulais reprendre ce post, car dans le cas des USA comme dans d'autres (y compris le nôtre) d'ailleurs, la façon même dont est posé le débat en général est complètement biaisée, tout particulièrement dans le cas de la rhétorique républicaine, faite avant tout pour tourner en vase clos dans la caisse de résonnance de Fox et des militants hardcore qui veulent entendre uniquement ce dont ils se sont persuadés (la totale: le réchauffement climatique est un vaste mensonge d'origine conspirationnelle, les noirs et hispanos sont des flemmards qui vivent comme des rois de l'aide sociale, abolir le gouvernement créera le bonheur, il y a une armée secrète pour venir prendre les flingues des bons citoyens, les nanas qui avortent sont des putes....). Quelques points: - cela fait des années, des décennies en fait, que le système d'immigration aux USA ne fonctionne plus du tout. Il accumule les dossiers en traitement, qui sont en fait complètement bloqués ad vitam dans le cauchemar kafkaïen d'administrations sous-financées et bordéliques ensevelies sous des réglements contradictoires (souvent à dessein) accumulés depuis des décennies. Il y avait l'an dernier entre 300 et 400 000 dossiers bloqués depuis plus d'un an dans le pipeline..... A la fin de cette année, il y en aura environs 50 000 de plus.... Avec un peu plus de 200 juges pour donner le dernier mot sur chaque.... Donc quand on parle de gens arrivés "dans les règles" qui se fâcheraient de ceux qui s'installent en dehors du système, on est déjà dans un monde de fiction qui présupposerait que la machine à créer des immigrants légaux fonctionne. - l'immense majorité (en fait on doit tourner autour de 90-95%) des immigrants illégaux ne sont pas passés par des filières de trafic d'êtres humains, des randonnées mortelles dans le désert de Sonora ou via des tunnels sous la frontière (au final, ces filières ne représentent que peu de monde). La plupart sont arrivés légalement, pour du tourisme, faire des études, avec un visa de travail ou pour un rassemblement familial..... Et ne sont pas repartis. Dans pas mal de cas parce qu'ils n'étaient pas censés repartir et que le système n'a pas suivi (voir plus haut), voire les a tout d'un coup considérés comme étant à virer (contrairement aux prémisses sur lesquelles ils étaient venus), dans beaucoup de cas parce qu'il s'agit de familles attendant depuis des années (que le système suive) et ne pouvant pas attendre plus ou se résoudre à se séparer à nouveau, dans d'autres cas enfin parce qu'effectivement, ils sont purement des illégaux venus tenter leur chance en abusant du système (souvent par peur de l'insécurité au Mexique ou par l'absence d'opportunités économiques dans nombre d'Etats). - il y a 11 à 13 millions de personnes sud américaines (surtout Mexicaines) en situation irrégulière aux USA (au moins). La plupart sont des actifs payant des impôts, contribuant à la Social Security à hauteur de 100 milliards de dollars suivant les estimations (sans pouvoir en bénéficier, ni toucher à Medicare, donc tout bénef pour les USA) et faisant pour beaucoup un tas de jobs qui ne trouveraient pas preneur autrement (avant tout parce que beaucoup d'intérêts aux USA veulent pas que quelqu'un vienne inspecter les conditions de travail). - une estimation récente indique que s'il fallait, comme le souhaitent apparemment Trump et beaucoup de Républicains, renvoyer ces 11-13 millions de gens au sud du Rio Grande, à supposer qu'il soit possible de trouver les destinations et se mettre d'accord avec les pays concernés, cela coûterait autour de 130-140 milliards de dollars.... La logistique de l'opération est en elle-même une impasse. - depuis 6 ans, le solde migratoire annuel entre le Mexique et les USA est négatif (et il y a bien longtemps que les chiffres n'étaient plus très importants): il y a plus de Mexicains qui repartent, alors que les conservateurs des Etats frontaliers gueulent comme des putois que le raz de marée n'a jamais été aussi massif. je ne doute pas que, vu du sol, quand on est un individu vivant dans ces coins, voir à l'année des centaines de gens tentant l'aventure (et être arrêtés dans 95% des cas) donne l'impression d'un tel raz de marée (quoiqu'ils ne voient pas ceux qui sont arrêtés, et on donc l'impression d'une autoroute). Mais dans l'ensemble, la frontière US n'a jamais été aussi sécurisée et hermétique, jamais autant de fric n'y a été déversé, au point que ça fait un bon moment qu'un seuil élevé de rendements décroissants a été atteint, si bien que la dépense supplémentaire par tête de clandestin arrêté est aujourd'hui hallucinante. Ca fait en fait bien longtemps que ces dépenses massives dans la fortification de la frontière sont essentiellement des subventions arrachées par les républicains pour distribuer aux copains (firmes de sécurité en tous genres, dépenses du surcroît de fonctionnaires fédéraux et locaux amenés, dépenses en matériel....) et satisfaire les foules qu'ils ont excitées. Cette année, en plus des dépenses déjà énormes et faiblement productives sur cette frontière, 40 milliards viennent s'ajouter.... A votre avis, seront-ils utiles? Il y a en fait avant tout un décalage énorme entre la perception d'une partie de l'opinion et la réalité, décalage qui a atteint des dimensions posant un grave problème politique que, malgré tout, un parti exploite honteusement. - les politiques aggressives recommandées par les conservateurs sont proprement hallucinantes sur le plan des relations internationales, et ne seraient donc pas applicables (je ne parle même pas de la certitude du Donald que non seulement il fera bâtir une muraille massive sur toute la frontière, mais qu'en plus il fera en sorte que ce soit le Mexique qui la paie); le Mexique est le premier partenaire commercial d'environs 26 Etats américains, frontaliers et du sud (et le Mexique est le 2ème importateur de produits US).... Si un quart des mesures annoncées aux foules de militants étaient appliquées (notamment renvoyer d'un coup des millions de gens dont la majorité sont nés aux USA ou y ont grandi depuis la petite enfance), les rétorsions mexicaines seraient inévitables. Le problème dans ce débat côté républicain est que se limiter à la position "immigration légale oui, immigration illégale non" est tellement à côté de la plaque que c'en est devenu un outil au service d'une rhétorique débile sans lien avec la réalité, et d'intérêts bien sentis
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Succès tactiques et victoire stratégique
Tancrède a répondu à un(e) sujet de Kiriyama dans Histoire militaire
Ca, mais aussi le revers de cette médaille: ces dimensions, ces ressources en apparence inépuisables, ce climat difficile et la faible "densité de développement à l'hectare" en Russie (= territoire peu sillonné de routes et voies ferrées utilisables, et ces axes sont très éloignés entre eux, avec trop peu de zones pouvant servir de point d'appui dans un maillage suffisamment dense), s'ajoutent à ce que cela implique côté allemand..... A savoir des ambitions peu réalistes, et des plans qui le furent encore moins, reposant du coup sur une croyance presque mystique que les succès tactiques impliqueraient nécessairement une "addition" générale voulant dire succès stratégique. Non seulement c'était délirant, mais l'Allemagne n'avait pas non plus les moyens de bien contrôler et d'exploiter les territoires conquis, pour les transformer en atout/relais de puissance (ils ont été au contraire un handicap). Techniquement oui, mais ce n'est pas parce que les succès tactiques ont une vertu en eux-mêmes. Si ton succès tactique est de mettre hors jeu rapidement la majorité/le meilleur du corps de bataille ennemi, ET que tu peux prendre son ou un de ses centres de gravité indispensables dans la foulée, avant qu'il puisse reconstituer de quoi menacer quelque chose d'important pour toi (ton armée ou une de tes armées, tes lignes d'appro, tes réserves humaines/matérielles, tes zones de production, ta capitale, le moral de ta population/sa confiance en toi et/ou en soi....), alors là, tu as fait quelque chose de stratégique. Mais en soi, le succès tactique ne fait qu'ouvrir la porte à une action et/ou une position qui, elle, est le coup de portée stratégique. En Europe occidentale plus qu'ailleurs (et aux USA par extension), on a souvent assimilé et l'un et l'autre, en grande partie à mon avis en raison de distances relativement courtes entre les foyers de populations opposés, entre les zones de ressources.... L'espace-temps y étant plus resserré, la densité de population plus grande, les réseaux de communication plus denses, ont rapproché les notions stratégique/tactique plus que dans beaucoup d'endroit, la conséquence d'une défaite militaire étant du coup plus grave parce qu'ouvrant le flanc à un mouvement stratégiquement dangereux portant effet rapidement. C'est surtout vrai à partir du XVIIIème siècle, où ces conditions se réunissent vraiment, parallèlement à la structuration de l'Etat nation centralisé et à la proximité géographique extrême d'un grand nombre de puissances militaires comparables (seules ou en coalitions.... Mais de toute façon toutes en relations directes, rapides et systémiques). C'est au XVIIIème siècle que commence une révolution démographique et un niveau de mise en valeur du territoire européen qui permet ce qu'on verra dans les guerres napoléoniennes surtout (si formatrices pour les mentalités militaires, surtout de façon déformée), qui portent au pinacle le fantasme du choc décisif et voient la généralisation des moyens de le faciliter (centres de gravité nationaux moins nombreux, centralisation poussée, armées se massifiant, capacité de les équiper, de les financer et de les soutenir en campagne de façon continue....). Un exemple auquel on pense peu: la guerre prusso-autrichienne de 1866 voit un succès en campagne des Prussiens qui n'est pas aussi absolu qu'on veut souvent le voir, et ce n'est pas la défaite en rase campagne en soi qui a été le succès stratégique: c'est un coup dur pour les Habsbourgs, mais pas un coup fatal. De fait, les armées prussiennes sont alors loin de tout objectif autrichien dont la prise, la destruction ou le fait de le menacer forcerait leur attitude. Ils sont loin, le terrain entre eux et un tel objectif est difficile, hostile, et leur capacité à soutenir une telle marche est très limitée, voire inexistante. C'est une chose (qu'ils ont faite) de développer un système militaire permettant de mobiliser de grandes armées bien formées et de pouvoir les porter (par rail) avec leur soutien sur n'importe quelle frontière plus vite que n'importe quel adversaire peut faire la même chose, c'en est une autre une fois qu'il faut aller au-delà de la frontière. Au-delà du terminus de leur système ferroviaire, ils n'ont alors plus qu'une armée massive de bonshommes à pieds avec un train hippomobile qui devient tout d'un coup insuffisant, surtout face aux besoins logistiques en explosion constante d'une armée moderne (le train d'artillerie, atout majeur des Prussiens à ce moment devient absolument démentiel, et le soutien humain d'une armée de campagne de centaines de milliers d'hommes aussi). C'est une des limites de l'époque, qu'on retrouve vite pendant la 1ère GM, où, on ne peut procéder que par "bonds" (une avancée, une longue pause), le temps de construire les voies ferrées pour approvisionner l'armée avancée de X kilomètres au-delà du dernier dépôt ferroviaire. Du coup, après Sadowa, les Autrichiens auraient pu continuer le combat et mener une très efficace défense, avec toutes possibilités de démolir l'armée prussienne qui commençait déjà à souffrir (maladies, insuffisances de la logistique, avance lente, divisions dans le commandement....) après avoir quitté le voisinage de ses dernières positions soutenues par le rail. Il aurait fallu que l'Autriche veuille combattre (mais déjà, l'ambition de dominer le monde germanique n'était plus trop là, en tout cas pas à ce coût), et que la Prusse soit du coup mise en face de la réalité de son ambition: est-ce que dominer le monde germanique valait, à ce moment pour eux, le fait de sacrifier sans doute des centaines de milliers de conscrits? On dit que c'est là que Moltke a compris la vraie différence entre stratégie et tactique, ce qui le différencia de tout le reste du commandement prussien après. -
Avec le fait qu'il s'entendent très bien (façon de parler) avec une bonne partie des mouvements néo-nazis/racistes (des dignitaires ont ainsi été fréquemment invités à de grands rassemblements chez Farrakhan), tous se rassemblant sur le thème "on veut pas vivre ensemble", bref, pour rétablir une forme de ségrégation/séparation aussi complète que possible (certaines franges souhaitant, de part et d'autres, une scission des USA).
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Succès tactiques et victoire stratégique
Tancrède a répondu à un(e) sujet de Kiriyama dans Histoire militaire
Dans l'exemple de la campagne de France, il faut souligner deux faits simples: - les armées sont de taille comparable, et essentiellement massées pour le choc décisif (malgré la posture défensive et fortifiée d'une partie de l'armée française): un coup suffisamment important à l'une ou l'autre la met de fait en situation de désavantage complet - les distances sur ce théâtre ne permettent pas de recomposer un orbat pendant très longtemps après un coup massif, dès lors que le moteur est ce qui détermine le tempo de la campagne Dès lors que l'offensive allemande détruit pour toutes fins militaires utiles la partie mobile de l'armée française (et les autres alliés, Anglais compris), le rétablissement face au tempo opérationnel est impossible vu que les distances et la géo-économie interne de la France l'interdisent: il n'y a pas vraiment, contrairement à avant, d'endroit défendable où se ressaisir à suffisamment grande échelle (sites industriels de grandes taille et variété, zones de ressources et réserves, bassins de population majeurs -quantité et niveaux de qualifications), que la mobilité nouvelle ne puisse atteindre suffisamment vite et avec suffisamment de force, empêchant la formation d'une ligne de défense tenable derrière laquelle le 2ème round pourrait être préparé. C'est pourquoi l'Afrique du Nord était la seule option, avec tout les problèmes et débats que la question pose. Du coup, cette victoire tactique/"grand tactique" est de fait une victoire stratégique, en raison des conditions spécifiques du théâtre, devenu trop "petit" pour qu'un coup suffisamment important ne soit pas un KO dont il est impossible de revenir (à moins de changer l'équation, cad, repli en Afrique du Nord et implication d'autres joueurs dans la partie -plus que les seuls britiches, capables de prendre la relève). -
Criminalité sous l'Empire romain
Tancrède a répondu à un(e) sujet de Kiriyama dans Histoire militaire
Le dernier G & H avait un article dessus, que j'ai trouvé pas très bon et même faux ou à côté de la plaque sur un certain nombre de points, mais je connais personnellement pas de livre sur le sujet spécifique de la piraterie de l'époque romaine (essentiellement républicaine; après, la piraterie est quasi enrayée jusqu'à la crise du IIIème siècle où des raiders maritimes et terrestres d'un nouveau genre sévissent, sortes de brigands étrangers, ni militaires, ni purement criminels: Saxons, Francs, Goths....). Cherche dans des livres sur l'histoire de la marine romaine, des biographies de Pompée et des livres ou développements sur la période allant essentiellement de Marius à l'imperium maius de Pompée sur les mers (années 100 av JC jusqu'aux années 60 av JC; c'est LA période chaude de piraterie, avec l'épisode de Sextus Pompée pendant la guerre civile). Cet "imperium maius" est l'un des moments cruciaux de la fin de la république, tant l'ampleur de ce commandement exceptionnel fut un changement majeur à une période de changements permanents, clouant graduellement le cercueil de la tradition romaine. De ce fait, et grâce à la documentation abondante de cette époque, tout ce qui entoure l'événement est bien connu et développé. La prise en otage du jeune César par des pirates (et sa vengeance), la mort ridicule du père de Marc Antoine (au cognomen jeu de mot: Creticus = "conquérant de la Crète", mais aussi "homme de craie"), le raid massif sur Ostie, l'Etat pirate de Sextus Pompée en Sicile.... Y'a du matos. -
Criminalité sous l'Empire romain
Tancrède a répondu à un(e) sujet de Kiriyama dans Histoire militaire
On l'avait évoqué ailleurs (sur le topic armée romaine, ou un autre); sous la république comme sous l'empire, il y a eu beaucoup de crime, comme dans toute société développée (et surtout fortement urbanisée) avec un faible niveau d'encadrement public (dans ce cas précis des forces de police permanentes et dédiées, ET des moyens de soutien aux populations: filet de sécurité social, assistance lors de catastrophes....). Le niveau d'organisation du crime varie, et vu qu'on parle là d'une société culturellement différente, avec des bases et références différentes et une organisation différente, la notion de "crime" organisé sera aussi différente: les nombreux soulèvements de type divers qu'on peut voir peuvent à maints égards être considérés comme ressortant de nombre de logiques qui font augmenter le taux de criminalité de nos jours: des révoltes d'esclaves petites ou grandes aux soulèvements des "bagaudes" (essentiellement des paysans expropriés et classes moyennes et aristocrates déclassés qui se sont coalisés), il y a du grain à moudre dans ce registre. De même pour la piraterie, notamment celle dite des Ciliciens vers la fin de la République (véritablement massive, faite d'armadas énormes, et souvent basée en territoire romain). Dans les villes elles-mêmes, on peut voir par exemple les "collèges/clubs de carrefours", des sodalités religieuses (donc légales; on parle de droit romain ancien, donc religion et légalité sont la même chose. Ce ne sont pas des prêtres ou des moines, mais des gens normaux ayant une délégation de fonction publique pour agir comme fonctionnaires d'un culte particulier) chargées de l'entretien des carrefours importants de Rome (adduction d'eau, propreté.....) et de la vie religieuse qui va autour (notamment le festival annuel) en échanges d'un statut légal et de certains privilèges. Ces "collegia" (nom générique à Rome pour toute association, à but lucratif ou non) devinrent rapidement des associations de malfaiteurs se définissant un territoire rayonnant depuis leur carrefour de référence, et entretenant divers business communs au crime organisé: "protection" (contre leurs propres méfaits souvent), prise d'intérêts forcée dans des business locaux (ce qu'on voit notamment autour des dockers du Port de Rome au pied de l'Aventin).... Plutôt qu'être des actifs, libres ou non, faisant un devoir civique, ces groupes devinrent vite des criminels à temps plein, au moins pour le noyau d'entre eux, le reste étant des actifs locaux, rejoignant l'organisation pour se faire un complément et/ou participer à la vie de quartier que la sodalité continue d'animer, étant les "patrons" de l'endroit, à mi-chemin entre des parrains maffieux et des notables locaux (de petit échelon: on est là dans les classes populaires, soit quelque chose qui concerne essentiellement les Romains de la 2ème à la 5ème classe, des capite censi et des esclaves). Le maintien de l'ordre professionnel spécifiquement à l'époque de l'Empire concerne essentiellement les grandes villes: à Rome, Lyon et Carthage, les cohortes urbaines se chargent du maintien de l'ordre, avec les cohortes de vigiles pour la garde de nuit, le génie civil et particulièrement la lutte contre les incendies. A noter que la chasse aux esclaves échappés est une de leurs occupations majeures. Les cohortes prétoriennes à Rome assurent aussi un rôle de police, principalement comme unités d'intervention. Les cohortes urbaines sont analogues aux prétoriennes (militaires signalés, intégrés dans ces unités et fonctionnant militairement), mais ne pèseront politiquement jamais autant: elles sont rattachées aux autorités de la ville de Rome (l'Urbs), et non à l'Etat, et ne pourront donc jamais se développer autant, contrairement aux voeux d'Auguste qui les avait initialement créées spécifiquement pour contrebalancer le risque potentiel des Prétoriens. Ailleurs, les villes ayant les moyens développent des équivalents, selon des modalités locales, et le tout se trouve assisté de divers niveaux de contribution de type milicien, donc dépendant de la volonté et de la capacité des habitants à dédier une partie de leur temps à ce genre d'efforts. -
75th Ranger Regiment, "rangers lead the way"
Tancrède a répondu à un(e) sujet de Gibbs le Cajun dans Forces spéciales et clandestines
Voir sur le fil "Etat de l'armée américaine": la Ranger School n'a rien à voir avec le 75th, hors d'une filiation de tradition. -
Ca, c'est biaisé comme commentaire: la Ranger School n'est pas un examen pour le 75th Regiment. Tous les officiers et sous-offs du régiment doivent l'avoir faite, mais c'est juste un pré-requis pour y appartenir, cela ne fait pas partie de la filière de sélection et d'intégration au régiment (nuance utile). Ce sont deux choses séparées, qui ne partagent q'une filiation de tradition, et le droit de s'appeler "ranger" si on les réussit, mais l'appartenance au 75th Regiment est une toute autre chose, passant par le Ranger Assessment and Selection Program. Donc passer la Ranger School n'ouvre en aucun cas les portes du régiment, juste à l'appellation "ranger": c'est un cursus de formation pour former et développer les compétences de chefs de petites unités, du groupe de combat à la compagnie (et c'est une étape obligatoire pour qui veut faire carrière).
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FRANCE : 5° puissance économique?
Tancrède a répondu à un(e) sujet de SPARTAN dans Economie et défense
Surtout que le débat est complètement biaisé dans la façon même dont il est formulé, et ce plus en Europe, de loin la zone la plus ouverte (mortellement diront beaucoup) que n'importe où ailleurs: la moindre parcelle de mouvement vers un peu de protection, la moindre norme authentiquement technique/sanitaire (non destinée à handicaper les productions importées, mais à établir une protection du consommateur), et on hurle au "protectionnisme", c'est-à-dire l'abus de protection et/ou l'usage outrancier de normes destinées à empêcher/handicaper les importations, dans une politique concertée d'autarcie industrielle. C'est devenu complètement caricatural et manichéen: il n'y a plus de seuil acceptable de protection/préservation de productions et de normes autochtones (souvent les seules à être pleinement impactées par les normes en vigueur et à être réellement contrôlées en ce sens), quelle que soit l'attitude des partenaires commerciaux (Chine, Inde et USA sont par exemple infiniment plus protectionnistes), parce que c'est mal et contre la doxa supposée du saint "marché". Bref, il n'y a pas dans la façon dont le débat est posé, de "protection" ou de droit moral à définir les conditions de son marché et les objectifs de son propre fonctionnement économique, et toute tentative d'oeuvrer en ce sens est directement du "protectionnisme" (c'est-à-dire la version extrême et idéologiquement chargée), tout comme augmenter même microscopiquement une dépense militaire serait tout de suite du "militarisme" et sans doute aussi le renvoi à un passé honteux et supposément honni. -
[Séries TV]
Tancrède a répondu à un(e) sujet de Philippe Top-Force dans Livres, magazines, multimédia, liens et documentation
C'est pas qu'elle est pas renouvelée; c'était juste une minisérie, étant donné que la série a couvert tout le roman éponyme dont elle est tirée. Y'a pas plus de matériel, à part des histoires courtes que l'auteur(e) a publié avant et après, et la suite qui semble apparemment en cours d'écriture (mais bon, vu que le bouquin initial lui a pris 10 ans....). La série a jamais été destinée à être une "saison 1". Et je crois pas que ce que des équipes de scénaristes auraient pu tirer de ça en 1 an ou 2 aurait pu tenir la comparaison. Si tu veux te consoler, lis le bouquin, infiniment plus riche et complexe, avec beaucoup plus de trames, d'événements et de personnages: pour la série, ils n'ont vraiment pris que le squelette de l'oeuvre, et encore partiellement.