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Tout ce qui a été posté par Tancrède
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C'est le 2ème meilleur moyen après Bercy .... Ceci dit les pays qui ont des "vrais" PA (c'est à dire 2 :lol:) ont aussi des SNA.... Et le SNA est le meilleur moyen anti-SNA :lol:! Ca complexifie les calculs.
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Euh, là c'est un tas de clichés: malgré les guerres, la progression économique de la France sous Louis XIV est sans doute l'une des plus fortes, le pays changeant radicalement du tout au tout (y'a assez de docu sur le sujet, qu'il s'agisse des études économiques sur le Grand Siècle ou le Colbertisme, des histoires générales...). Ca aurait pu être plus? Oui, sûrement, mais les clichés ont quand même bon dos, comme ceux sur la guerre qui serait le "sport des rois" qu'ils feraient pour s'amuser, ou que Louis XIV ait plus fait la guerre que les autres; le fait est, est c'est sans doute l'une des plus grandes contributions de son règne, qu'il a sanctuarisé un territoire national désormais défendable et plus ravagé par aucune armée, y compris française (usage de l'époque jusqu'alors: une armée sur son territoire n'était pas moins néfaste qu'une ennemie). Quand au truc des barbaresques, ça sort d'où? C'était l'époque où justement ça n'arrivait plus et où la Royale est allée bombarder Alger et quelques autres ports précisément pour obtenir des garanties pour le commerce et les équipages; y'avait longtemps que les raids terrestres n'arrivaient plus, sauf peut-être ponctuellement, à une échelle anecdotique. Et l'idée d'une "monarchie absolue", c'est quand même un truc dont il faut revenir, surtout quand c'est comparé ainsi à une dictature. Il s'agit d'un régime patrimonial et tempéré par nombres de corps intermédiaires, pouvoirs locaux, traditions juridiques et légales.... Et Louis XIV n'a rien changé à ça.
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Du stratégique au tactique.... Sans transition
Tancrède a répondu à un(e) sujet de Tancrède dans Histoire militaire
Ou l'Afghanistan actuellement :lol:.... Je sais plus qui a qualifié ça de "strategy of tactics", avec pour résultat global.... De ne pas justement avoir de résultat global. Rappel de cette altercation post guerre entre un général américain et un nord vietnamien (peut-être Giap lui-même): - nous (américains) avons remporté toutes les batailles - peut-être, mais ça n'a rien à voir (avec la guerre) :lol: Où se trouve le "chaînon manquant" entre les 2 extrêmes? Une société développée où le centre de décision politique s'éloigne par nature du champ tactique peut-elle maintenir le lien de façon efficace? Une des conséquences gravissimes de ce fait est la rupture au plus haut niveau entre le décideur stratégique et son "expert" militaire qui n'est plus, aussi expert et haut placé soit-il, qu'un consultant sans réel poids à la table de décision: son niveau d'expertise, sans poids politique propre, ne sera jamais autre chose, à moins d'une relation fusionnelle :-[ :P, qu'un avis périphérique parmi d'autres.... Savoir en plus si ce grand officier, généralement carriériste, qui a su rendre et recevoir (donc devoir) des services, léché des fions.... N'a pas lui-même un décalage avec "la base" (vu que les officiers sont de plus en plus là pour "faire de l'EM", et que les officiers opérationnels, particulièrement en France, tendent à être issus du rang sans perspective d'étoiles), c'est encore autre chose. En cas de grand conflit réellement impliquant (=dangereux) pour un Etat, ces décalages là sont-ils réductibles? La pensée en terme de moyens et d'équipements semble tellement prégnante qu'elle contraint la pensée stratégique et donc ses implémentations opérationnelles et tactiques au point de s'être déconnectée en de nombreux points de cette réalité. De l'autre côté, et ce peut souvent être pointé comme un défau de la pensée de chapelle, de la spécialisation, de l'esprit de corps propre au système régimentaire par exemple, il y a tendance à ne penser QUE selon le "coeur de métier" et l'essence du groupe de combat ou de la section avec un mépris ouvert et total pour les "ronds de cuir", chose qui est souvent même glorifiée et caricaturée dans les films de guerre surtout américains.... -
Sujet à la fois analytique et anecdotique.... C'est un peu le but: essayer de mettre en lumière le décalage immense qu'il peut y avoir entre "ceux d'en bas" et "ceux d'en haut", entre la tour d'ivoire du pouvoir décideur et la boue sanglante du combattant de base de l'autre, les 2 se méprisant copieusement le plus souvent, mais surtout, ne se comprenant pas un peu trop souvent, ce qui parfois conduit à des guerres mal menées ou mal exécutées. Il faut en effet se rendre compte que le décideur politique/stratégique voit loin, ou en tout cas est censé le faire, et qu'il peut ordonner des combats qui semblent inutiles, des opérations qui semblent douteuses, voire des concentrations de moyens ou des choix de théâtres ou de mouvements complètement incompréhensibles. Mais il a ses priorités, ses renseignements, son estimation coût-avantage.... Qui peuvent devoir rester secrets, ou ne pas répondre à la logique qui semble évidente. Evidemment, le même ensemble de circonstances occasionne aussi souvent des gaffes monumentales, des demi-choix ou pire, des non choix. De l'autre côté de la chaîne, le combattant et le cadre "d'en bas" a aussi son idée de la guerre, de la façon de la mener, des protestations, des initiatives, des limites pas forcément prises en compte par en haut, des ressources insoupçonnées, mais surtout des comportements et réactions récurrentes qui ont en elles-mêmes un impact sur la façon dont peut être mené un affrontement.... Pour le meilleur et pour le pire, parce que là aussi existe un niveau de responsabilité et d'autonomie qui occasionne des résultats en plus de la réussite ou non des actions ordonnées depuis les différents niveaux de la chaîne de commandement. Comment selon vous peut fonctionner efficacement une chaîne de commandement entre ces 2 pôles opposés? Quels exemples avez-vous en tête où le rapport est si lointain ou inexistant que des conneries monumentales ont été faites, ou au contraire où ce rapport existe et se trouve pris en compte de manière à obtenir du résultat? Ce sujet est-il trop nébuleux ou foireux et doit-il être dégagé ;)? Voilà les 3 grandes questions....
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'Pas exagérer non plus l'état de la France en 1799: le pays est tenu, les mouvements en Vendée et Bretagne ne sont plus qu'anecdotiques, et si les coalisés ont porté quelques coups, le militaire tient la route, et ce d'autant que tant que Napo n'est pas empereur, des têtes comme Moreau restent là et peuvent tenir un front seuls, du niveau stratégique/opératif au tactique (il faut mettre sur cette liste: Moreau, Bernadotte, Masséna, Jourdan, Championnet -un des "grands qui n'a pas été", par sa mort prématurée-, Davout peut-être, Kellerman et Soult, sans compter en plus Kléber). Sans compter Talleyrand au niveau supérieur pour une vision stratégique et un savoir-faire "grand-stratégique", avec Barras comme "capital politique" derrière. Faut pas sombrer dans le syndrôme qui veut que que Napo était irremplaçable au moment du 18 Brumaire et que la république ne pouvait trouver d'autre solution politique: il a juste été là et pris les devants, ça voulait pas dire qu'il n'y avait pas d'autre solution, surtout à ce moment. Barras, Siéyès, Lucien Bonaparte et Talleyrand avaient de quoi manoeuvrer pour créer un exécutif solide avec un nombre réduit de "clans politiques" au sommet, dont les Bonapartes auraient été, avec sans doute un duopole Lucien-Napoléon à sa tête, et l'Egypte comme "capital politique" principal justement, mais avec d'autres pour équilibrer, chaque "clan politique" ayant un volet militaire incarné par un général et ses conquêtes: Bernadotte et Moreau auraient été de ceux-là. Une conquête un peu plus appuyée en Egypte aurait justement été l'occasion de voir cela: Napoléon loupant le momentum du 18 brumaire (qui n'a tenu qu'à une "fenêtre politique" courte ouverte par Lucien, Siéyès, Barras, Cambacérès, Ducot et Talleyrand) et du coup se constituant sa base d'influence dans la dite Egypte pour revenir peser en France plus tard, directement ou via son frère. Un échelon régimentaire interarme en Inde aurait quand même pu créer la masse critique d'expertise et d'appui pour permettre aux mahrattes de s'opposer plus efficacement aux Britanniques (déjà, leur affaire fut chaude et coûteuse pour les Brits) et de convaincre d'autres souverains de chasser l'anglais, à défaut de pouvoir installer un territoire français plus vaste qu'un comptoir défendu sérieusement. Parce qu'il ne faut pas surestimer la capacité britannique non plus, surtout en 1799-1805: ils sont économiquement en flux tendus et architendus, et la moindre disruption commerciale en Mer Rouge/Méditerranée peut avoir des conséquences disproportionnées sur leur secteur financier et donc leur capacité à emprunter pour faire la guerre, mais aussi la volonté et le soutien à la guerre des milieux commerciaux et financiers de la City dont les calculs et anticipations font et défont les gouvernements. Si ces disruptions, même modérées dans l'absolu, s'accompagnent d'une concentration accrue de troupes dans le Pas de Calais, l'effet est encore multiplié et disproportionné en Angleterre où tous appelleront à la défense du homeland, que ce soit justifié ou non: c'est ce qui s'est passé en 1801-1805 et qui a d'ailleurs accéléré et facilité l'offensive mahratte. La capacité navale et de rpojection britannique dépend surtout de la capacité de financement, qui impacte aussi terriblement la volonté politique (plus que les élections), de même que l'opportunisme de nombre de représentants et élites locaux quand aux mouvements d'opinion comme la peur de l'invasion (aussi invraisemblable soit elle: il suffit de voir la mobilisation de 1801-1805, terriblement coûteuse alors même que la capacité de transport française était notoirement limitée).
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Plus je regarde les effectifs, plus je me dis quand même que s'aventurer en Inde avec plus que le premier échelon d'une formation interarme limitée est impossible en l'état des ressources: l'attrition d'une longue campagne par maladie, avec surtout une longue traversée à pied via la Perse, est trop forte si les effectifs ne peuvent être renouvelés et des lignes logistiques solides maintenues. Il faut soit des bases solides en Inde (au moins une, avec une ligne maritime un peu régulière), soit que le shah de Perse soit salement sûr comme allié. Donc faudrait d'abord que Napoléon soit TRES sérieusement khédive d'Egypte et que la tenue du territoire comme l'organisation des bases y soit réellement matures.... Ce qui nécessiterait au moins une année complète. Surtout si l'hypothèse de départ reste celle de la prise d'Acre "normale" donc du débarquement initial à 33 000h.
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Généralisme ou spécialisation dans le combat terrestre....
Tancrède a répondu à un(e) sujet de Tancrède dans Histoire militaire
Un petit remontage sur la genèse (rapidement) du "greek warfare" de l'apogée hoplitique aux lendemains des guerres des Diadoques et à la conquête romaine; à mentionner parce qu'il s'agit bien d'une évolution assez prononcée vers un cadre profondément ancré dans une logique de spécialisation. A noter que cette spécialisation correspond aussi à la baisse du modèle démocratique au profit des monarchies et systèmes centralisés qui suivent la conquête alexandrienne: un chef, généralement un roi, peut être durablement un expert militaire et donc appréhender le maniement complexe d'un "système interarme" sur le champ de bataille et en campagne, et en coordonner sans contestation ou discussion les effets combinés. En tout cas il le devrait. Mais ce modèle est né des lendemains d'Alexandre car tous ceux qui lui ont succédé, les Diadoques, étaient ses généraux, répétant le modèle qu'ils ont connu et qu'ils savaient utiliser au mieux même s'ils se sont adaptés aux réalités locales de leurs territoires. Plus tard, il ne restait plus que 3 royaumes qui devinrent des dynasties durables (Macédoine, Empire Séleucide et Egypte lagide). Donc il s'agit d'une tactique éminemment centralisée, et qui ne marche que si le général/roi connaît et comprend la chose, ce que beaucoup de successeurs ont perdu de vue. Au début de la guerre du Péloponèse, n'existe en théorie comme arme réellement entraînée que le hoplite: le reste est fait de conscrits et/ou mercenaires auxquels peu de ressources sont consacrées, sauf pour la cavalerie, souvent en partie aristocratique, qui sert surtout à transporter rapidement des combattants à pieds et/ou qui frappent à l'épée depuis leur cheval, ciblant les troupes légères. Existent aussi les Ekdromoi, qui sont une partie du contingent hoplitique dont l'équipement est allégé pour combattre à l'épée sur les flancs de la phalange, de façon plus mobile et en petits groupes. Hors les hoplites, il y a des fantassins légers de 2 types: les frondeurs, javeliniers et archers (= "troupes de tir" et escarmoucheurs, appelés "psiloi" quoique ce terme puisse aussi recouvrir des épéistes sans armure ni bouclier), culturellement mal vus (arme de "lâche") mais nécessaires, et les peltastes. Ces derniers sont une sorte d'infanterie médiane: équipés à la hoplite pour l'armement, avec en plus des javelots, ils n'ont pas d'armure ou une légère, et combattent peu en phalange quoiqu'ils puissent le faire, surtout après les guerres du Péloponèse. Cependant, leur emploi tend à faire évoluer tant leur capacité que leur armement, leur statut et leur niveau, de même que l'évolution sociale, économique et politique grecque les fait changer. A la base, il s'agit des hommes libres et citoyens les plus modestes (ne pouvant se payer un équipement de hoplite), assez peu nombreux, et dont le rôle est celui de troupes de poursuite, d'éclaireurs et de protection des flancs de la phalange, surtout le flanc droit, le plus exposé (le bouclier étant porté à gauche). Ils sont généralement mieux formés: s'ils n'ont pas d'équipement de hoplite, ils ont suivi l'entraînement et ont eu une éducation citoyenne qui comporte donc le sport et l'art de la guerre, partie intégrale de l'éducation grecque, terriblement belliqueuse par nature. Au final, la distinction initiale entre eux et les Ekdromoi va finir par disparaître au moins pour le volant opérationnel. 2 choses vont accélérer le changement: - les guerres du Péloponèse qui rompent le rythme cyclique de la guerre entre phalanges de cité qui s'affrontent sur rendez-vous pour une confrontation purement frontale. Il s'agit d'une "vraie" guerre, d'une guerre totale qui voit le cadre socio-politico-religieux voler en éclat et les cités s'affronter en utilisant tactique et stratégie, donc en développant leurs outils de guerre selon ce fait. Les Peltastes sont largement plus utilisés que la phalange pendant cette guerre, et le plus souvent, les citoyens hoplites combattent à la peltaste dans des affrontements plus souvent faits de raids et de coups de main que de grandes batailles rangées. Une troupe athénienne de peltastes détruira d'ailleurs un lochos de hoplites spartiates en utilisant le couple javelots-épée. La spécialiation s'affirme donc, et développe des savoirs-faires - la polarisation des richesses, accélérée par les guerres du Péloponèse qui ravagent les économies grecques. Un grand nombre de paysans-citoyens sont chassés de leurs terres, celles-ci sont laissées à l'abandon pendant longtemps.... Bref, des hordes d'hommes sans emploi ni biens se retrouvent sans rien aux lendemains de la guerre. Sans rien sinon une éducation guerrière et un savoir-faire acquis: ils se font mercenaires, et le mercenariat explose à cette date, les effectifs se comptant par dizaines de milliers. L'empire perse sera de loin le premier client de ces hommes, et le plus célèbre traité militaire antique, L'Anabase de Xénophon, est ainsi l'histoire d'une troupe mercenaire grecque avant tout faite de peltastes (avec aussi des hoplites et des ekdromoi quoiqu'à cette époque il soit difficile de savoir si ces derniers sont un type de soldats ou des hoplites et/ou peltastes employés ainsi) retraitant depuis la défaite de leur patron, prétendant vaincu à l'empire, vers la côte anatolienne. A ce stade, le peltaste est nettement plsu professionalisé et polyvalent: il peut aussi bien jouer le "hoplite léger" qu'éclater en formations plus petites pour aller au contact offensif (javelot-épée), ou encore faire le fantassin léger (reco, escarmouches, opérations "spéciales"). Et ce avant tout parce qu'il s'agit désormais d'un soldat professionnel et permanent. Plus tard, l'évolution se fera en partie aussi vers le thuerophoroi, combattant léger, et le thorakites, 2 spécialités issues des évolutions du hoplite et du peltaste face aux changements des modes de combat, "peltaste" devenant une appellation institutionalisée dans les armées des diadoques, et un corps à part entière et très valorisé après avoir été successivement du combattant léger à peine mieux que du rebut, puis un synonyme de "mercenaire", puis enfin avec la Macédoine une spécialité à part entière. D'autres spécialités sont devenues permanentes avec la guerre du Péloponèse: la Crète forme ses fameux archers (qui ont un arc spécial, mais portent aussi un bouclier et une épée et savent s'en servir, ce que prouve leurs tarifs) qui sont loués par unités entières, et toutes les cités ont leurs contingents de peltastes, de valeurs variables, qui sont à louer. Des unités de cavalerie, comme en Thessalie particulièrement, se sont spécialisées et professionalisées: la cavalerie lourde thessalienne est de loin la meilleure, ses hommes chargeant à la lance longue et à l'épée en formations organisées et souples, et emmenant aussi des javelots. Quand commence la conquête macédonienne, la guerre a donc déjà radicalement changé en Grèce. Thèbes a monté son "Bataillon Sacré", coeur professionnel de sa troupe, pour défaire la phalange spartiate, jusqu'ici la seule armée pro de Grèce, mais en se servant d'une tactiqeu innovante (l'ordre dit "oblique") pour optimiser leur effectif plus faible. C'est l'ensemble de ces leçons que Philippe de Macédoine, longtemps otage à Thèbes, va mettre à profit pour édifier, comme une gigantesque synthèse portée à son point le plus élevé de professionalisme dans toutes ses branches. Le modèle macédonien n'a pu naître ainsi que dans un royaume et non une cité: la volonté centralisatrice, les moyens permanents (par opposition aux cités qui ont besoin d'un recours à la conscription, à un faile noyau permanent et à un apport ponctuel de mercenaires) et la capacité de commandement professionel et incontesté n'existent que là. Donc l'outil qui va avec en vient et a débarrassé l'art grec de la guerre des conceptions sociales, ulturelles et économiques qui déséquilibraient, affaiblissaient et tronquaient le modèle. Rome a eu une autre évolution, à partir d'un petit noyau dont elle a généralisé le modèle au fur et à mesure de la conquête. L'armée macédonienne a ainsi développé toutes les spécialités avec la même volonté de professionalisme; il ne faut pas se laisser abuser par la place, dans les récits, de la phalange: - la phalange elle-même: équipée d'une nouvelle lance 2 fois plus longue (6m en moyenne) et à 2 pointes (une de chaque côté pour l'équilibre et pouvoir retourner si l'autre est cassé), d'une épée courte, d'un bouclier nettement réduit (60-70cm contre 1m) et allégé (pas de doublage en bronze ou fer), d'une armure de cuir (pas en métal) et de protections (jambes et casque) en bronze ou fer, le phalangite macédonien a un équipement 2 fois moins lourd que son homologue hoplite des cités. Il est donc nettement plus mobile et endurant, et ce d'autant plus que même s'il est issu de la conscription en Macédoine, il est un professionnel dont l'entraînement est nettement plus poussé et donc aussi varié: apte à utiliser aussi l'équipement hoplitique traditionnel ou à opérer comme peltaste (à l'épée surtout), il est surtout très drillé pour un usage développé de la phalange, non seulement comme unité lourde lente, mais aussi comme unité mobile (grâce à la légèreté) d'attaque, aux longues marches rapides, aux manoeuvres et formations désormais variées.... L'organisation est standardisée et professionalisée en unités de 1500h (taxeis) et sous-unités de 256h (syntagmata ou lochoi), la compagnie de l'époque, divisée en 4 tétrarchies de 64h (qui se décompose en 4 files, ou lochos, de 16h). L'encadrement est plus important (3 sous-offs pour chaque file -le groupe de combat- de 16h), de même que les coms et l'encadrement de sous-unités (1 chef par lochoi et ses aides séparés de l'effectif, plus 5 "transmetteurs" visuels, par messages et audios). La mobilité autorisée par le professionalisme (temps d'entraînement, variété des savoirs-faires, encadrement nombreux et séparé, chaîne de com spécialisée) et la légèreté fait plus que compenser la protection moindre: coordination, tactique offensive, manoeuvres complexes et combat interarme diminuent l'attrition bien plus que la lourdeur des armures. - la cavalerie lourde (hetairoi et thessaliens): arme de la décision désormais, il s'agit d'une formation d'élite faite de combattants à pied ou à cheval, protégés et chargeant à cheval à la lance (donc arme de choc et rupture contre la cavalerie ou l'infanterie), emmenant quelques javelots, et apte à la mêlée au glaive, à cheval comme à pied. Elle a une capacité de manoeuvre en formations complexes. A la base formée par les compagnons cavaliers du roi, elle se double de la thessalienne rapidement - la cavalerie légère (prodromoi): là aussi des professionnels et non plus du "rebut" (certains pensent que tout ou partie de l'effectif est fait des jeunes nobles qui y "font leurs classes" avant d'aller dans la lourde), il s'agit d'unités de reco et de coups de mains, mais aussi d'unités qui appuient la lourde en mêlée (en s'équipant d'une lance longue, devenant ainsi "sarissophores") et en poursuite, toute aussi apte au combat en formation - l'infanterie lourde/médiane: les hypaspistes sont l'élite à pied de l'armée macédonienne. Leur équipement standard est celui de hoplites traditionnels (sans doute en allégé), mais ils peuvent aussi utiliser la sarisse comme les phalangites ou combattre "à la légère" comme peltastes (plus tard leur "corps" d'appartenance). leur degré de professionalisme et leur niveau de sélection (il s'agit d'unités "royales" et non d'unités basées sur la conscription, donc organisées sur base locale, ce qui suggère un processus de sélection; pas mal d'entre eux ont du être des phalangistes qui se sont fait remarquer) permet une grande souplesse d'emploi. Ils mènent combat plus souvent avec la lance (polyvalente: à lancer ou comme lance d'arrêt) et l'épée (pour l'assaut), mais sont avant tout faits pour la polyvalence, jouer l'élément de souplesse du dispositif de bataille. Leur organisation est en Chilliarchies de 1000h environs, comptant 4 lochoi de 256h analogues à ceux de la phalange. - les peltastes: combattants légers et mobiles, ils sont là pour la reco (en campagne) et la mêlée sur le flanc des phalanges et entre elles si besoin est, avec une capacité à la manoeuvre sur le flanc. Une partie seulement est macédonienne, l'autre étant celle des "alliés" grecs et de mercenaires, ce qui explique l'usage moindre qui en est fait, ou limité à la couverture de flancs et à la tenue des arrières. Plus tard, sous les diadoques, eux aussi deviendront une arme de plein droit, que les hypaspistes rejoindront et dont ils formeront l'élite - les psiloi: essentiellement des troupes de missiles faites pour la reco, le harcèlement (en guérilla et en bataille), ils sont aussi en partie faits de mercenaires et alliés. A noter que dès le début du règne d'Alexandre, certains sont aussi des combattants légers à l'épée issus des tribus celtes des bouches du Danube - l'artillerie: pour la première fois, une armée va se servir d'armes "collectives" pour autre chose que les sièges. De engins propulsant pierres et flèches servent en bataille à Alexandre, au sein de ce qui est désormais un corps de spécialistes Et ce dispositif ne serait rien sans des officiers ayant un vrai EM et un savoir-faire pour coordonner l'effort dans une volonté commune qui sait s'adapter et opérer avec un timing précis pour optimiser l'effet interarme. La phalange sous Alexandre comme les Diadoques, ne représentera jamais plus du tiers d'un effectif de campagne (Alexandre n'aura même jamais plus de 6 phalanges/taxeis à la fois dans son armée, soit 9000h sur un effectif moyen de 40 000h, ce qui prouve avant tout un focus sur l'approche interarme, la mobilité, la versatilité et la manoeuvre. A opposer avec les guerres Macédoine-Rome où les descendants des diadoques, confrontés pendant plus d'un siècle les uns aux autres avec le même modèle d'armée, ont perdu beaucoup de capacités et entraîné un affaiblissement du modèle philippo-alexandrien de la guerre: les armées confrontées à Rome étaient faites pour moitié, ou jusqu'aux 2/3, de phalangistes lourds qui étaient d'ailleurs pluslourds ("blindés"/protégés par des armures métalliques) et sans doute moins mobiles/versatiles et drillés (moins de savoirs-faires) que leurs ancêtres. C'est un des risques de la spécialisation: pousser toujours la chose un cran plus loin (une arme devient plus dépendante des autres, perd du savoir-faire, sans doute avant tout par mesure d'économie sur la formation: recherche d'effectif, temps d'entraînement écourté, équipement fait pour la tâche unique), et surtout illusion qu'un système d'arme est nettement plus décisif que les autres, ce qui le fait bénéficier d'une place disproportionnée et de ressources démesurées. A ajouter au fait d'une évolution en vase clos: les guerres des diadoques ont vu en fait des armées similaires s'affronter et s'adapter de plus en plus purement contre leurs adversaires EXTENSION: le légionnaire romain tel qu'il se profile avant Marius et tel qu'il se généralise après lui et pendant 1 siècle et demie est en fait l'équivalent d'un peltaste/hypaspiste qui s'organise en vastes formations au service d'une tactique plus élaborée. Mais le même mouvement de spécialisation se fait jour dans l'armée romaine au profit d'une vision de plus en plus étriquée concevant le légionnaire comme "fantassin lourd" (dès le règne d'Auguste) alors qu'il est à la base un fantassin médian et assez polyvalent. Sous César, le légionnaire n'a pas vraiment un équipement lourd, bien au contraire. Il se blinde au premier siècle après JC, amorçant, ou plutôt poursuivant une évolution romaine au final analogue à toute armée professionnelle qui existe sur une longue période, avec les avantages que cela implique, mais aussi tous les travers. Cet alourdissement, corollaire d'une spécialisation, est accompagné par la régularisation massive des unités d'auxilliaires qui couvrent de façon de plus en plus professionnelle et organisée toutes les fonctions que le légionnaire pouvait jadis remplir -mais au prix d'un affaiblissement quantitatif de l'effectif dédié au combat d'infanterie de ligne- et ne sait plus faire. Nécessité en raison d'une armée moins nombreuse et/ou d'un effectif limité au regard du territoire à couvrir? Nécessité face à des adversaires croissant en compétence? Evolution dictée par les retex et constats des limites de la "polyvalence"? Evolution par mentalité "de chapelle"? Optimisation des moyens collectifs dans une armée permanente regroupée en garnisons interarmes, et dont les officiers veulent et peuvent désormais optimiser le rendement tactique (en ayant plein "d'excellents en une ou deux tâches" qu'ils savent combiner, et non plus une masse de "bons en tout")? Cette brève :-[ histoire montre quand même le corollaire majeur d'une spécialisation: plus on divise une armée en spécialités, plus ces spécialités tendront à pousser plus avant leur expertise, devenant plus dépendantes d'autres systèmes d'armes et/ou créant un gap avec les autres spécialités. A cela n'existent que 2 remèdes: - accroître la qualité du recrutement, de l'encadrement et de l'entraînement (voire de l'équipement) pour maintenir un plus vaste panel de savoir-faire dans chaque spécialité et éviter les gaps, mais aussi avoir des unités pouvant avoir plusieurs fonctions - créer sans arrêt de nouvelles spécialités "intermédiaires" entre les unités qui se spécialisent trop, ce qui complexifie et alourdit le dispositif, l'éclate en un plus grand nombre de corps pour un effectif égal, le rend moins apte à être séparé en un nombre donné d'unités interarmes autonomes -
Le général de Gaulle... vraiment général...
Tancrède a répondu à un(e) sujet de Suchet dans Histoire militaire
Le titre est devenu en quelque sorte affectif avec le temps, et même un titre provisoire reste comme titre de courtoisie pour appeler quelqu'un en société (Chirac est toujours appelé "M. Le Président", mais là aussi c'était qu'à titre provisoire ;) :lol:.... Les ambassadeurs retraités sont appelés par leur titre....); pour la suite, De Gaulle s'est vu reprocher lors des présidentielles de 65 de ne pas faire campagne et de ne pas parler aux Français, ce à quoi il aurait répondu "et que voulez-vous que je leur dise? Bonjour, je m'appelle Charles De Gaulle et je suis général de brigade à titre temporaire" :lol:. -
L'Airpower, perspective historique
Tancrède a répondu à un(e) sujet de Tancrède dans Histoire militaire
Quand même quelques doutes sur le niveau des probas de toucher à plus de 100-150 bornes; non qu'elles n'existent pas ou que l'utilité de mettre en alerte dès ces distances ne puisse être utile, mais ça fait CHER en allocations de ressources pour une capacité qui semble très marginale ou nécessite un nombre terrible de ces systèmes très chers pour avoir ne serait-ce qu'un semblant de crédibilité dans un tel usage. Sauf que 4-5 systèmes, ou même le double, pour 1000km, c'est pas un peu trop disperser des moyens pour un effet de couverture, même local, réduit (bien sûr, personne ici n'a les probas de toucher de ces systèmes, mais bon)? Parce qu'il faut pondérer ça par un coût qui n'est pas neutre et place ces bestioles dans la catégorie "poids lourds" d'un budget militaire, tant à l'acquisition qu'au coût de possession. Là, il ne s'agit pas d'un "petit" système, mais d'un concurrent direct des "stars" d'une armée.... Et contrairement à l'aviation, celui-là est à usage unique. Ceci dit, la question sur le niveau d'expertise requis portait moins sur le coût de formation des personnels concernés à tous niveaux par ces machins que sur la complexité du dispositif et le temps comme l'expertise "en profondeur" qu'il requiert pour en tirer les meilleurs effets (la DA, c'est un jeu complexe qui requiert un ensemble de couches intégrées les unes aux autres, et chaque niveau d'armement ajouté implique plusieurs niveaux de complexité en plus). Beaucoup de pays ont déjà acquis une expertise plus avancée de l'arme aérienne qui rend un tel investissement en temps et en ressource moins accessible à moins de sacrifier une part de ce savoir-faire acquis, vu le paquet de fric que ça représente directement et que ça implique par ailleurs. Mais je surestime peut-être le coût direct et indirect de ces bouzins.... -
Emeutes et évolutions dans le monde Arabe
Tancrède a répondu à un(e) sujet de alexandreVBCI dans Politique etrangère / Relations internationales
J'ai pas dit que je comparais les montants, juste que comme toute ressource naturelle un peu rare, elle produit du cash pur (enfin façon de parler :lol:), donc du net, soit un type de revenus que nombre d'Etats (dont la plupart des pays européens) n'ont pas. Il ne s'agit pas de rentrées fiscales déjà allouées avant d'être perçues et touchant virtuellement (dans la mesure où elles ne viennent jamais comme un paquet de fric d'un coût dont on se demande alors qu'en faire) une proportion donnée de la production, mais de cash à l'état brut, du fric "en plus" du fonctionnement normal; et quand ça se compte en milliards, à moins de très mal gérer, y'a toujours de quoi capitaliser dessus pour des choses ayant un minimum d'ampleur. 3 milliards de dollars, qui plus est en revenu relativement fixe, c'est une somme qui permet bien des choses, et en fait de bâtir une marge de manoeuvre à l'échelle de l'Etat, surtout a priori dans un système monarchique moins contraint par les élections et ayant naturellement une gestion plus "patrimoniale". Evidemment, tous les Etats ayant de telles ressources ne les dépensent pas bien et les gaspillent; il n'y a en fait que la Malaisie, la Norvège et le Canada qui n'aient pas gaspillé leur rente pétrolière ET en aient tiré un effet multiplicateur important. L'Angleterre, par exemple, a gaspillé son pétrole de la mer du Nord, et maintenant ses royalties sont en train de disparaître.... -
L'Airpower, perspective historique
Tancrède a répondu à un(e) sujet de Tancrède dans Histoire militaire
Question, d'ailleurs, à l'égard de tels systèmes: - quelle probabilité d'interception à des distances aussi énormes, selon les circonstances? Ne s'agit t-il pas d'un filet dont les mailles s'élargissent vraiment beaucoup avec la distance, ne serait-ce qu'eu égard au temps de réaction? - combien en faut-il, et à quel coût, pour sécuriser un peu sérieusement une zone ou une frontière donnée? Dès lors que les frontières sont vastes, ça peut vite devenir hors de prix, au point de devoir tant prioriser les zones à protéger qu'ils en perdent une part de pertinence.... Sans compter le puits sans fond technologique qu'ils représentent, un peu comme une version un cran plus bas du système antimissiles ballistiques. N'y a t-il pas là vampirisation potentielle de budgets aux dépends de forces opérationnellement plus "rentables"? Et ce d'autant plus que ces systèmes s'ajoutent aux autres systèmes AA, ils ne les remplacent pas: il s'agit d'un créneau en soi dont il est loisible de dire qu'il est en concurrence directe avec des intercepteurs - quel niveau d'expertise est requis pour faire fonctionner au mieux, ou même juste correctement, de tels systèmes? - plus largement: ne correspondent-ils pas avant tout à un contexte proprement russe d'immenses espaces vides avec des zones de concentration humaine et/ou militaire isolées et pouvant peu se soutenir entre elles, avec une réserve centrale limitée et ne pouvant venir appuyer très rapidement une zone? -
L'Airpower, perspective historique
Tancrède a répondu à un(e) sujet de Tancrède dans Histoire militaire
Si tu parles du F-35, ton affirmation crève d'emblée :lol:. Et puis des missiles, t'en as plus que d'avions: plus, c'est mieux, tous les mecs savent ça :lol:. -
Emeutes et évolutions dans le monde Arabe
Tancrède a répondu à un(e) sujet de alexandreVBCI dans Politique etrangère / Relations internationales
Cet homme ment ;) :lol:! "BHL" et "regrouper 2000 personnes" dans la même phrase, c'est grammaticalement, syntaxiquement, politiquement, "intellectuellement" :P (à défaut d'un autre mot) et humainement faux. Certains diraient même que "BHL" et "regrouper" dans la même phrase, c'est antinomique.... Mais c'est pas vrai: il sait regrouper sa cour au Café de Flore. -
L'Airpower, perspective historique
Tancrède a répondu à un(e) sujet de Tancrède dans Histoire militaire
Surtout que cette montée potentielle de "l'opposition AA moyenne" s'accompagne de la contraction des budgets, en relatif ou en absolu, coté tenants tradis de l'airpower: la débauche matérielle "à l'américaine" qui a été si courante depuis 41 va sans doute devoir être revue sérieusement à la baisse au profit d'une vision qui sait mieux compter les ressources pour faire la guerre. Peut-être au niveau du développement d'armes et la planification des acquisitions, mais sûrement dans l'allocation des ressources lors des campagnes militaires. L'Afghanistan a été à cet égard une gabegie sans nom dont la seule facture, sans même regarder la conduite opérationnelle de la guerre et ses (non) résultats, invalide en elle-même la validité stratégique de cette guerre. Bref, va falloir (ré)apprendre à faire de la stratégie. -
Emeutes et évolutions dans le monde Arabe
Tancrède a répondu à un(e) sujet de alexandreVBCI dans Politique etrangère / Relations internationales
Mais avec des phosphates, matière première moins flashy que le pétrole, mais qui se vend très bien et en fasait déjà l'une des seules régions "rentables" de l'empire français.... Du point de vue d'une économie d'Etat, c'est du cash en net pour investir. Ceci dit, ne pas mésestimer la proportion de ruraux. Qu'on le veuille ou non, tout le monde en reviendra en partie à des proportions de ce type à l'avenir, contraints et forcés par les menaces d'épuisement des sols, les problèmes liés à l'agriculture intensive (entre autres l'explosion de cancers avant l'âge de 40 ans dans les populations d'agriculteurs), la raréfaction des surfaces agricoles (surface bâtie, résidences secondaires, aménagements touristiques, désertification.... La Chine rachète partout où elle peut) et la montée corollaire comme tendance lourde des prix de l'alimentation (avec la montée des prix du pétrole et la croissance démographique).... C'est pas pour la jouer "bio-équitable-durable", mais c'est un fait, et l'idée selon laquelle les agriculteurs sont appelés par voie naturelle à ne plus représenter que 1 à 3% d'une population active est en train de passer à la poubelle. Sans compter l'intérêt qu'il y a à éviter les exodes ruraux surtout brutaux et concentrés dans le temps, qui n'amènent que des congestions urbaines et des problèmes sociaux et politiques en masse. le temps est loin où l'occident pouvait servir de modèle en la matière alors même qu'il était la seule zone au monde où cela arrivait, ce qui lui donnait des espaces de marchés quasi illimités. Le développement industriel est quand même assez plafonné par le protectionnisme des zones émergentes, la saturation de l'offre mondiale, la contraction des marchés de consommation solvables (polarisation des richesses).... -
budget Les budgets militaires en Europe vont-ils souffrir de la crise ?
Tancrède a répondu à un(e) sujet de S-37 Berkut dans Economie et défense
Aaaah, l'airpower encore.... Pour faire semblant d'avoir un impact sur les guerres. Forcément, quand c'est cher, pas le droit de dire que ça fait pas grand-chose :lol:. Sinon, vous pariez combien qu'une brigade va sauter, avec sans doute un escadron aérien ou deux? -
budget Les budgets militaires en Europe vont-ils souffrir de la crise ?
Tancrède a répondu à un(e) sujet de S-37 Berkut dans Economie et défense
Je dois être devenu trop cynique quand à la politique.... Va falloir me corriger :lol:, mais faut quand même pas trop espérer de ces gens là. On va arriver à l'équivalent d'une armée opexable gabarit armée hollandaise d'il y a quelques années (laquelle aura elle l'équivalent d'une petite brigade opexable) avec le reste à la traîne.... Mais ce sera par roulement: l'équipement "classe" restera en OPEX pour ceux qui y viendront et seront remis à niveau dans les mois précédent le déploiement. Et encore, juste pour les OPEX OTAN "grand style :P". Ailleurs, ce sera la bite, le couteau et les manques de munitions.... La guerre est l'affrontement des volontés, et la volonté est ricaine... Nous on assume ni le fait d'être une puissance, ni celui d'être un protectorat. Le cul entre 2 chaises, quoi. -
budget Les budgets militaires en Europe vont-ils souffrir de la crise ?
Tancrède a répondu à un(e) sujet de S-37 Berkut dans Economie et défense
Tu viens de virer croyant, Jojo? -
Réalisme des films de guerre
Tancrède a répondu à un(e) sujet de Gran Capitan dans Livres, magazines, multimédia, liens et documentation
Ah ouais quand même.... Déjà que dans le genre templier en seconde carrière, Arn était assez grave.... -
Réalisme des films de guerre
Tancrède a répondu à un(e) sujet de Gran Capitan dans Livres, magazines, multimédia, liens et documentation
C'est vrai, malheureusement.... -
Bon, ben après un "rocky start", le fil semble retomber :lol:.... Comme la gaule du matin :lol:. Ceci dit, en réexaminant le fait, on se dit que c'est pas impossible, même avec des moyens limités: Napoléon a créé un vide au coeur de l'empire ottoman qui a rarement été aussi vulnérable, n'ayant à ce stade plus rien qu'il puisse déloger de la frontière balkanique et caucasienne où ses ressources sont à l'extrême minimum. Après Jaffa, le Mont Thabor et Meggido, la Sublime Porte n'a plus rien à opposer à Napoléon comme en témoigne le siège d'Acre où aucune armée de secours n'a pu venir et où la situation n'a tenu qu'à la marine anglaise et à la connerie de Napoléon sur le transport de son matos de siège. A cette époque en plus, sa flotte n'existe plus, détruite par la marine russe dans la guerre précédente, et sa structure de pouvoir interne est fragile, avec les janissaires qui sont devenus une garde prétorienne faites pour les révolutions de palais bien plus qu'une force armée. L'une des grandes inconnues de ce scénario est l'attitude du Shah de Perse, toujours à couteaux tirés avec les Ottomans, mais aussi en friction éventuelle avec les Russes: il est sans grands moyens d'envahir le Proche Orient, mais il est aussi, par ses forces propres et les distances, inexpugnable, donc incontournable pour qui regarde vers l'Inde avec d'importantes troupes, sauf à disposer d'une flotte immense. Il a fallu 400 transports plus l'escorte armée pour amener 40 000h en Egypte; 100 transports sont donc nécessaire pour une dizaine de milliers d'hommes, soit la masse critique acceptable pour commencer à peser. Ou à tout le moins 80. Avec le premier "échelon" pour conquérir une tête de pont comme Goa, qui nécessiterait entre 10 et 20 navires plus une escorte minimale. Ca c'est trouvable, mais ça ne se lance qu'à condition d'être sûr que le reste peut aussi suivre et/ou qu'il y aura des partenaires sur place, et possibilité de recruter et former du local. Pas sûr évidemment que Mahrattes et Nizam voient forcément l'irruption française comme un truc sympa: oui pour contrebalancer les britishs, non pour voir un domaine français s'étendre dans leur voisinage. Pour stimuler vos bulbes (ceux du haut :P), les questions de la première phase post conquête égyptienne: - avec pas plus de 25 000h dispo aux lendemains d'Acre (sans doute un peu moins), que peut faire Napoléon pour "transformer l'essai" et réellement faire mal à Albion? Sachant que Napoléon a déjà recruté du local et étendu sa force en commençant des camps de formation (cavalerie notamment -mamelouks ralliés et arabes-, mais aussi le "régiment des dromadaires", 3000 marins rescapés d'Aboukir convertis en régiment, plus un recrutement massif d'esclaves affranchis pour l'occasion et qui firent leurs preuves), le mouvement était déjà engagé, et avant même la campagne de Syrie-Palestine, l'effort comptait des milliers d'hommes, peut-être jusqu'à 8-10 000 dans la troupe ou en cours de formation. Il faut constater aussi que seul le volontarisme de Napoléon a tenu l'armée et l'effort en Egypte: lui parti, et l'autorité limitée qu'il avait su conquérir, la situation se dégrade plus, surtout au niveau de l'attrition et du non remplacement des troupes.... Napoléon est en effet déjà l'effort et la volonté, donc ce qui attire les subsides et le soutien (ceux limités issus de France et les locaux). C'est le seul général "politique" (sorte de "centre stratégique") de l'expédition - de combien d'hommes a t-il besoin pour sécuriser et pacifier l'Egypte face à la menace britannico-mamelouque? Combien pour commencer à créer des bases en encadrant la main d'oeuvre locale? Quel dispositif: présence sur le territoire, masse de manoeuvre pour aller taper l'adversaire, réserve d'intervention intérieure (pour la "police" et les imprévus, même si l'échec du soulèvement du Caire a calmé la population), et surtout combien peut-il en divertir pour un premier échelon indien qui puisse être suivi d'effets (sinon c'est juste les envoyer à leur mort)? - un accord est-il possible avec la Perse? Est-il nécessaire si l'option d'envoyer une armée par voie de terre est irréaliste/dangereuse? - combien de temps pour disposer de troupes égyptiennes à encadrement européen qui soient au niveau question équipement et entraînement? En même temps, il faut tenir compte de la situation en France que Bonaparte connaît: les campagnes de 1799 se sont mal passées et il faut batailler aux frontères de l'hexagone, et la direction politique -le Directoire opérant sous mode autoritaire pour la guerre- fonctionne mal, même si l'urgence de la guerre et le patriotisme permettent l'union et le maintien des armées, notamment celle de l'ouest qui opère en Vendée mais cantonne surtout face à l'Angleterre. EDIT: Petites précisions sur l'orbat en Egypte: - 33 000h sont débarqués (plus les 3000 marins rescapés ultérieurement): 1200h du génie (sans compter les ingénieurs civils et scientifiques), 3150h d'artillerie (171 pièces: 40 mortiers, 24 obusiers, 35 canons lourds, 72 canons de 12; avec 5 compagnies d'artillerie à cheval), 3050 cavaliers (910 hussards, le reste en dragons), 6850 fantassins légers, 18100 fantassins de ligne (qui comportent aussi des pièces d'artillerie légère et longues comme "armes collectives"), 1000 et quelques hommes du corps des Guides (qui monteront à 3000) - 8000 sont laissés en garnison à Malte et 3600 en Corse - la campagne de Syrie-Palestine coûte plus de 2000 morts et 2000 blessés et malades dont un tiers peut être considéré comme condamné à terme. Les pertes pour la conquête de l'Egypte proprement dite furent négligeables, et les combats de rue au Caire ne coûtèrent pas beaucoup de monde. La maladie est cependant un facteur d'attrition certain avec le temps. L'orbat adverse: - 16 000 britanniques seront débarqués en définitive, essentiellement de l'infanterie et de l'artillerie (40 pièces) - les mamelouks et ce qu'on pu envoyer les Turcs après Acre atteindra peut-être 60 000h dont moins d'un tiers ont une valeur militaire quelconque D'où l'utilité éventuelle de faire partir l'uchronie avant :lol: et d'imaginer un Bonaparte laissant Malte sans troupes après l'étape et le "prélèvement" en monétaire.
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Réalisme des films de guerre
Tancrède a répondu à un(e) sujet de Gran Capitan dans Livres, magazines, multimédia, liens et documentation
Mine de rien, ça pourrait être un vrai sujet, surtout dans des sociétés développées aussi déconnectées de certaines réalités (comment se fait la bouffe.... Sachant qu'il y a des millions de gamins qui, encore à l'adolescence, croient que le poisson pané est naturellement carré ), et avant tout de la guerre (avant, même dans des sociétés pacifiées, le décalage était moindre): le réalisme, ou plutôt l'irréalisme croissant des films et séries d'action et de guerre, n'est-il pas sans effets dangereux? Par exemple: - attrait non équilibré pour les choses de la violence et le métier des armes, les USA étant un exemple extrême où la propagande de recrutement utilise ces codes visuels (et autres) de l'action "sexy", désormais profondément implantés dans les esprits, pour oeuvrer, le drame étant de jouer sur cette corde sans réel équilibrage critique pour des populations vivant loin de cette réalité, bien plus qu'aucune génération dans l'Histoire. Qu'il faille éviter l'inverse est une chose (quoique de toute façon ça se fait), mais en arriver à l'esthétisation extrême de la violence assortie du "confort moral" des gentils très gentils vs des méchants très méchants (en bref, dans le fil: tu peux tuer, torturer et détruire tout ce que tu veux, ils sont méchants, tu agis pour le Bien et tu sauves le monde et y'a toujours un truc magique qui fera que tu ne tueras pas de civils et innocents en chemin" :P) - débat déjà battu et rabattu de la banalisation du meurtre et de la violence dans la conception du fait.... Mais le phénomène est amplifié par l'omniprésence de la chose sur toutes les chaînes (en nombre énorme), dans toutes les salles, dans tous les jeux vidéos, à toutes les heures.... Bref, c'est partout et tout le temps, avec une densité de matraquage hallucinante -
Réalisme des films de guerre
Tancrède a répondu à un(e) sujet de Gran Capitan dans Livres, magazines, multimédia, liens et documentation
OK, noté, donc on va pas perdre du flux à se le procurer :lol:. Quoiqu'il faudrait juste savoir, pour assumer la geekitude et se conformer à l'intitulé du topic, si la baston est de bonne facture.... Le reste tout le monde s'en tape :lol:. Sinon, pour compenser ce décrochage geekesque depuis quelques posts.... Une loi générale sur le thème du topic: plus un film de guerre est réaliste.... Moins on a envie d'en regarder l'action :lol:. Le réalisme dans la baston n'est absolument pas télégénique! -
Frappes sur la Libye, le sujet officiel!
Tancrède a répondu à un(e) sujet de Fenrir dans Politique etrangère / Relations internationales
Cavalier seul avec qui? La bouffe, de toute façon pour les Libyens, il faut l'acheter à l'extérieur, et elle va coûter cher, ce qui implique le seul moyen dont ils disposent, le pétrole, donc de se mettre en commun pour protéger son extraction, son acheminement, sa transformation éventuellement, et son embarquement. Le renchériment du pétrole les aidera peut-être s'ils arrivent, au moins côté CNT, à faire grimper la prod.... Genre "pétrole contre graille".... Mais côté Khadaff, ça peut jouer comme un accélérateur de décision cette situation; déjà qu'apparemment c'est pas folichon la situation alimentaire dans ce camp.... -
Réalisme des films de guerre
Tancrède a répondu à un(e) sujet de Gran Capitan dans Livres, magazines, multimédia, liens et documentation
T'es comme Barney? pour chaque chose, "you have a guy" :lol:?