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Tancrède

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Tout ce qui a été posté par Tancrède

  1. Ca dépend des éditions: chez Dargaud, Dupuis ou Casterman (les vieux) ça reste dans la gamme des 8 euros. Pour les Delcourt, Soleil ou Glénat, là on est dans une qualité supérieure, mais avec cette gamme de prix moyens hallucinants de 12-13 euros. Quand au dessin, faut pas charrier; y'a une extrême variété, et j'ai jamais vu de meilleurs trucs que dans les 15 dernières années. En termes de dessin: le 3ème Testament (Alex Alice), la Caste des Méta-Barons (Gimenez), De Cape et de Crocs (Masbou), Gipsy (Marini), Servitude (David), Murena (Delaby: LE mec qui a renouvelé à lui seul le "dessin à la papa"), le Fléau des dieux (Gajic), Blacksad (Guarnido), Garulfo (Maïorana).... Toutes de grandes séries, et malgré tout mon respect pour les classiques, pas une série dite classique n'arrive à leur cheville pour le dessin. Ben il est pas tellement parti, il est surtout mort y'a 20 ans le pauv'vieux; on rappellera qu'il a commencé Buck Danny avec Hubinon il y a TRES longtemps (1947).
  2. Tu as regardé le marché de la BD dans les 10-15 dernières années???? Désolé, en tant que bédéphile patenté, j'ai toujours du mal à comprendre qu'on ne voie pas ce qui s'y est passé (réaction de geek ;)). C'est un média majoritairement adulte, destiné à des adultes, et en expansion constante (même hors manga) depuis 20 piges: le client visé est aujourd'hui dans la tranche 20 à 45 ans, pas chez les gosses (sauf le manga). Regarde un peu ce qui se fait, c'est pas du tendre et du facile, au cointraire: les trucs genre Murena, le Triangle Secret, le Chat du Rabbin, Donjon, le 3ème Testament, c'est plutôt du sombre et méchant et/ou de l'humour très noir, et c'est pourtant ça qui vend. Et personne n'a peur d'un peu de complexité et de thèmes à priori pas follement "faciles" ou bandants. Le Triangle Secret, avec son côté catholic fantasy, milieux et thèmes maçonniques et intrigues vaticanes sans action, l'éditeur était pas convaincu au début que ça puisse vendre. Et ça, ce ne sont pas des exceptions: y'a longtemps que Boule et Bill ou Buck Danny, c'est plus vraiment la tête d'affiche moyenne ni la tête de gondole des surfaces de vente, et encore moins ce sur quoi les éditeurs font leur beurre et leur image. C'était le geek offensé :lol:!
  3. Tancrède

    Les Frégates de la Royale

    Chais pas, voyons: - depuis que la menace n'est plus aux frontières métropolitaines - depuis qu'on a la 2ème ZEE mondiale - depuis qu'on est membre permanent du CS de l'ONU et qu'on a donc la responsabilité d'une partie de la stabilité relative de la planète et surtout de ses axes commerciaux - depuis qu'au moins le tiers de notre activité économique, donc de l'équilibre du pays, dépend du commerce mondial dont une bonne partie des grands axes se situent à perpet de nos frontières - depuis que la puissance se rééquilibre et qu'une force relative comme la MN, qui plus est en diminution capacitaire absolue (relativement, les bâtiments seront plus capables, évidemment), ne peut appliquer un niveau de force dissuasif (à moins de passer direct au nucléaire, ce qui n'est pas une option) pour affirmer une position politique Mais ça c'est juste du gros résumé rapide. Mais le fait est que nous ne pouvons assurer la sécurité de nos territoires d'outre mer face à une menace quelconque, et encore moins assurer le contrôle effectif de l'immensité de notre ZEE. Quand aux adversaires "classiques" dans l'hypothèse d'une guerre, il ne suffit pas de décréter qu'il n'y aura pas de guerre pour avoir un argument. Si c'était aussi simple. Et il n'est pas question d'une marine surpuissante, hors de notre portée, mais d'une marine vraiment puissante, capable d'obtenir des effets politiques dans un maximum de scénarios possibles: contrôle de zone, escorte, patrouille hauturière sur de grandes étendues, permanence sur ces mêmes étendues, embargo/blocus crédible (et dans la durée), capacité d'un affrontement classique en haute mer, aptitude à une projection rapide d'un vrai corps expéditionnaire complet (et en une fois; mais je ne parle pas d'une vague de débarquement de 50 000h, juste d'une petite brigade) et à son soutien dans la durée (incluant le contrôle d'un rivage hostile), capacité de projeter ne serait-ce que les 30 000h du LB.... Pour tout ça, on n'a que du parcellaire. Sans compter les nouveaux développement tactiques qui créent de nouvelles menaces bien concrètes, potentielles ou avouées: équipement en armement lourd, voire antinavire, de groupes non gouvernementaux, développement de moyens de "techno-guérilla" navale, prolifération sous-marine.... Et le rôle d'une armée n'est pas de se faire face à une menace ouverte, désignée et déclarée (à ce moment, il est généralement trop tard), mais d'être là et de se tenir prête au maximum de scénarios de menace possibles dans le plus possible d'endroits.
  4. Y'a jamais vraiment eu de bonnes BD sur la défense (au sens de l'armée contemporaine de la rédaction); y'en a de bonnes historiques, ou en SF/futuriste, mais pas vraiment sur les armées contemporaines. Souvent, comme Buck Danny, c'est avant tout de l'illustration bien faite sur de beaux joujoux, principalement des avions de combat. Au pire, on a les trucs issus du département com d'un grand industriel (team rafale étant l'un des pires exemples de ce genre de trucs sur commande). Mais généralement, ces trucs, c'est un prétexte pour faire de beaux dessins d'avions; les intrigues sont faibles, les personnages fallots et la narration proche du minable. Biggles et Buck Danny, c'est la bédé à la papa dans toute sa splendeur; pas mes préférées, mais elle ont au moins le mérite d'avoir un minimum de travail et de se baser sur des histoires qui essaient d'exister face aux désirs des auteurs de faire des prises de vue spectaculaires de leurs joujoux préférés. Mais une bonne bédé contemporaine sur les armées d'aujourd'hui, c'est un truc qui attend encore d'être fait; et ça ne peut se faire que si on se focalise avant tout sur une bonne histoire et de vrais personnages, pas des prétextes pour montrer le matos sous tous les angles. Mais ça, ça supposerait nécessairement des trucs moins stéréotypés, des histoires d'hommes et de guerre, donc pas vraiment des trucs faits avec le soutien des armées et ministères. Je peux vous citer de vraies bonnes bédés où du matos est étalé, où la guerre est là et bien faite (faut reconnaître qu'il y en a peu en contemporain; 90% de ce qu'il y a intègreront divers genres de thrillers techno/mafieux/politiques avec beaucoup de FS partout); en historique, y'en a vraiment d'excellentes. Mais les armées n'y sont qu'une dimension, même si on se focalise en partie sur des soldats.
  5. Merci d'arrêter les affabulations faciles pour te simplifier la réplique; et merci de ne pas me prêter de propos que je n'ai pas dit. Si je me casse un peu le cul pour nuancer mes phrases, ce serait gentil de les lire comme elles sont formulées et pas comme tu as envie de les simplifier. Je ne parle pas de demain matin, mais de dynamiques et de mouvements à 30-40 piges, de pressions et de moyens engagés, et à aucun moment je n'ai dit que c'était l'avenir obligatoire. Si je prends la peine d'expliquer (oui, j'essaie d'expliquer, moi, je ne décrète pas une ligne univoque et absolue), c'est précisément pour indiquer plusieurs voies possibles. S'il y en a qui trouvent le topic lourd, qu'ils lisent l'intitulé: "l'UE, ses projets, son futur". Pas "fan club des euro-béats avec la vérité unique et universelle". Je suis vendéen, parisien, breton, languedocien et varois (avec en plus une bonne portion de suédois et norvégien pour le côté européen, et une dose d'italien et d'allemand; mon Dieu! Suis-je même français?!), j'ai des attaches dans tous ces coins et j'ai aussi pas mal circulé dans le pays, alors on limite la condescendance facile sur le syndrôme parisien, merci. Si oin veut rentrer dans les clichés aussi faciles que débiles, j'en connais plus ;). Avoir de la famille dans une région ne fait pas connaître l'ensemble de sa population. Des mouvements existent, des financements aussi, mais plus encore, un soutien actif à Bruxelles existe aussi pour la longue durée. Ce lobbying est là pour longtemps parce qu'il sert des intérêts bien concrets, tant dans les institutions européennes que dans ces mouvements eux-mêmes. Je n'ai pas proclamé l'inévitabilité de leur victoire il me semble, simplement que les circonstances peuvent être de plus en plus favorables à leur montée, et que l'affaiblissement de l'Etat-Nation leur offre, dans les 30-40 prochaines années, une vraie opportunité. Il ne m'a pas semblé avoir décrété que les abrutis d'Emgann, main dans la main avec une 5ème colonne bruxelloise, avant tout faite d'Allemands bien sûr (évidemment des Volksdeutsche purs et durs persuadés du destin millénaire du Volsgeist germanique), allaient faire flotter le Gwenn A Du sur Rennes et Nantes après les élections européennes, après avoir défenestré le préfet. Plus encore, supposons que pour une raison x ou y, une crise aussi économique que politique de grande ampleur, amène les Etats européens à envisager sérieusement une union politique, même à minima, comme nécessaire, dans un laps de temps court. Si c'est l'option des régions européennes (donc Europe St Empire) qui est retenue ou vue comme la plus sérieuse, il y a alors un ultimatum plus ou moins brutal qui est posé aux Etats-Nations. Ca peut se faire vite ou sur quelques années. Et même hors d'une crise particulière, à un moment ou à un autre, si l'idée d'une Europe politique est vraiment à la clé de la construction européenne, ce choix devra être fait, tout simplement parce que l'ensemble politique qui en résultera devra avoir sa cohérence en termes de relatifs équilibres territoriaux et politiques. Donc si l'UE doit devenir politique, ce sera à partir du niveau régional ou du niveau national, et le choix devra être fait un jour: ceux qui me balancent sans arrêt des débilités du genre "ce sera démocratique", "l'Europe sera démocratique et tout le reste sont des questions d'un autre âge".... Feraient bien de remettre les pieds dans la réalité. La démocratie a un cadre insitutionnel, mais avant tout un cadre géographique, politique (au sens concret et au sens local), territorial et géo-économique. Bref, il y a des équilibres de base à définir parce qu'on ne s'affranchit JAMAIS de la géographie, de l'histoire et des équilibres de pouvoirs. Et quand à l'état de l'union de la France, il m'a toujours amusé de voir à quel point on a tendance à penser que l'état présent est par essence immuable et que quiconque évoque la possibilité d'un changement ne peut être que con ou taré. Oui sur le fond. Un détail: l'UE n'a ni créé ni garanti la paix en Europe depuis 60 piges. La Guerre Froide, la bombe H, le traumatisme des l'autodestruction des 2 guerres et le leadership américain, si. L'affaiblissement des idéaux collectifs et le recentrage sur l'égoïsme individuel et la consommation aussi (momentanément, parce que ça, à terme, peut aussi être un ferment de guerre).
  6. Roland, sois moins affirmatif et café du commerce; je t'ai connu plus en forme et plus rationnel. Arrête de jouer les bravaches faussement bourrins; tu sais très bien qu'il y a un danger réel de morcellement des Etats-Nations, encouragé et financé par l'UE, représentatif d'une tendance politique bien concrète. Le but est d'obtenir non seulement l'éclatement des Etats Nations, mais plus encore d'en arriver à des entités de petite taille, des entités incapables de menacer la paix, passant en-dessous d'un seuil de masse jugé critique pour ne plus pouvoir constituer d'entités ambitieuses et/ou susceptibles de réactions nationalistes ou simplement contradictoire à l'union. Ce n'est bien sûr qu'un objectif lointain et difficile sinon impossible à atteindre en tant que tel, mais la France n'est pas réellement immunisée contre une telle tendance de fond. Une des grandes craintes que j'ai est que ce mouvement soit amorcé au-delà du point de non retour avant qu'on se rende compte que les Etats-Unis d'Europe sont hautement improbables et que peu de pays en veulent, au fond (je me demande à quoi ressemblerait un sondage dans chaque pays-membre, leur demandant tout connement s'ils souhaitent que l'Europe soit un Etat fédéral à terme; en Europe de l'est et en Turquie, je connais déjà la réponse extrêmement majoritaire, et en Europe de l'ouest, je crois pas vraiment que la réponse soit si positive en général, mais bon). Le cas de l'idée d'une armée européenne le souligne au fond très bien (lisez le blog de Merchet). Je crains au fond l'atavisme profond des peuples. Les Angliches sont bien plus menacés que nous, au moins sur le cas écossais. Mais la question n'est pas de savoir si ce sont les "Prussiens" ou les "Rhénans"; tu sais très bien qu'il n'y a pas de grand conseil de l'ombre fait de méchants hommes en noir traçant des cartes de l'Europe et tirant des ficelles. Pas plus qu'il n'y a de volonté occulte ou de société secrète allemande traçant la carte du pouvoir futur en Europe. Simplement des forces politiques faisant du lobbying face à d'autres, avec un peu plus de persistance et de moyens, dans le cadre d'une puissance allemande dominante de fait en Europe et plus encore dans l'appareil de pouvoir bruxellois. Et ce lobbying correspond à une nouvelle attitude de l'Allemagne et du peuple allemand, née avec les 3ème et 4ème générations de dirigeants de l'après-guerre, désormais décomplexées par le passé et nourrie des échecs européens, pensant de nouveau en termes de puissance face à des classes politiques, et particulièrement la française, ayant renoncé à même comprendre ce simple fait. Et au global, le tout s'inscrit dans un moment sans précédent depuis la Révolution, où l'état de cohésion de la nation et des idées mêmes de citoyenneté et de nation, n'a jamais été aussi affaibli. Et il n'y a rien pour remplacer cette cohésion. ben, c'est un peu l'idée; et y'a pléthore de candidats locaux pour l'anoblissement, les êtres humains, surtout ceux qui pensent petit, préférant être rois de leur carré de boue que cadre d'un grand royaume. La mentalité "sam suffit" dans toute sa splendeur.
  7. Tancrède

    Budget de la défense 2009

    Je remonte le sujet sur le même thème que ma dernière intervention, avec ce passage du rapport législatif n°1202 sur la préparation et l'emploi des forces terrestres, concernant l'entraînement. Savourez: Outre la réduction de son format, l’armée de terre doit faire face à une diversification croissante de ses missions, ses personnels étant déployés tant sur des zones de combat de haute intensité que pour des missions de maintien de l’ordre ou de soutien des forces civiles de sécurité du territoire. Pour répondre à ces demandes, il importe de privilégier l’entraînement. Comme en 2008, 112 millions d’euros seront consacrés en 2009 à la formation. Cependant, la répartition va évoluer autour du principe de l’entraînement différencié : le niveau de préparation des forces dépendra de leur caractère opérationnel dans les mois à venir. Ainsi, les unités envoyées en Afghanistan vont-elles bénéficier de formations spécifiques au combat en montagne, tandis que celles déployés au Kosovo suivront un stage plus poussé sur le contrôle de foule. Ce changement se faisant à budget constant, il implique toutefois de diminuer corrélativement le niveau d’entraînement de certains régiments. Il faudra donc veiller à ce que toutes les unités préservent leur caractère opérationnel et bénéficient, à tour de rôle, de ces entraînements ciblés.
  8. Bon, ben je ferai pipi partout quand je le verrai en kiosque, mais pas avant. Ouais, ben j'attends toujours =(.
  9. Je m'en étais pas aperçu, mais j'achète moins systématiquement Assaut depuis qu'ils font plus autant de dossiers longs sur des régiments (français surtout ;)), avec chiffres et organigrammes. On a les achats de ses obsessions.
  10. Nouveau bouquin de JeanDo Merchet, résumé sur son blog; le postulat met en appétit et reflète pas mal de trucs que j'ai aussi moi-même essayé d'évoquer sur ce topic: http://secretdefense.blogs.liberation.fr/defense/ Rien que sur l'article du blog, y'a de quoi alimenter quelques engueulades avec nos amis eurobéats ;) (Aïe ame djaukinng).
  11. Entièrement d'accord, avec la réserve, Akhilleus, qu'en combat urbain et opérations dites à tort de basse intensité dans des milieux cloisonnés ou relativement cloisonnés (et en fait tout milieux où les véhicules en appui n'ont pas accès), la précision de l'arme reprend ses droits. Bref, au-delà du simple cas du combat en bâtiment où la précision à 200-300m reste de l'ordre de l'improbable (sauf dans le palais de Saddam), le combat en montagne ou dans des terrains découpés peut quand même nécessité une capacité à l'engagement à distance. On m'objectera avec raison que dans un tel cas de figure, 2 battle rifles par GC et/ou une plus ample répartition de FRF2 sufffisent à la tâche; certes et re-certes, mais disons qu'une capacité d'implication totale du GC ne fait pas de mal, sous le signe du "qui peut le plus...." et à cet égard, je reviens comme toujours à la charge avec mon petit SCARninouchet qui correspond à une bonne vision amont (au sens logistique et industriel du terme) d'une arme versatile. Entretien, pièces détachées, adaptation à chaque mission, reconfiguration rapide des GC, ergonomie dans la gestion des "parcs".... C'est du tout bon. Maintenant, si on est "réduit" à ça, je suis pas un ayatollah, et la famille du SIG-550 est depuis longtemps au top de mon fantasme de liste au père noël des armées. Et pour préciser mon point de vue général sur la question, je n'ai pas de mauvais souvenirs du FAMAS; j'ai juste besoin de regarder juste la capacité de gérer le parc et la dispo des pièces détachées pour penser qu'il faut le remplacer. Et de ce point de vue purement gestionnaire, c'est le SCAR qui l'emporte haut la main comme "système" ou "gamme" d'armement léger standardisé. Et malgré mon amour des grands anciens (FAL en tête, que j'adore et vénère comme le bras armé d.... De l'armurier), il faut vraiment considérer la fiabilité et la durée de vie, problème éternel auquel les bonnes bécanes récentes offrent un tout nouveau niveau de performances moyennes. Je sais, je me base encore sur cette expérimentation US, mais c'est la seule à ma connaissance.
  12. Faut pas rêver Roland, un tel souhait repose sur la bonne volonté des Etats, et la conservation du jeu des intérêts nationaux qui sont toujours contradictoires. Le fait même de l'union monétaire invalide cette possibilité: une union monétaire signifie une politique monétaire, et comme nous en faisons l'expérience, la politique monétaire est faite en fonction d'une économie avant tout, celle de l'Allemagne, c'est-à-dire une économie avant tout fondée sur le besoin d'exportations de produits industriels "non politiques" (donc pas tellement l'aviation civile ou militaire, pas les satellites, pas les centrales nucléaires ou même le chemin de fer) à haute valeur ajoutée et la hantise, à l'intérieur, de toute inflation. C'est pour exporter des bagnoles moyen haut de gamme/haut de gamme, des produits de chimie lourde et des machine-outils (les gros cash makers de l'Allemagne) que la politique monétaire et commerciale est faite. La France exporte des biens industriels "politiques", des produits agro-alimentaires et plus encore des services, les deux dernières catégories s'accordant mal avec une monnaie "haute", et les deuxièmes constituant en outre un des points d'achoppement majeur des négociations commerciaes internationales, et ce avec d'autant plus de difficultés qu'à l'intérieur même de l'Europe, la nécessité agricole est mal vue par les technocrates libre-échangistes qui fantasment sur une "économie de la connaissance" irréaliste (quand on est sérieux, on sait qu'une économie même fortement technologique avec haut niveau de qualifications ne peut impliquer, directement et indirectement, plus d'1/3 de la population; les hauts niveaux de qualification concernent par essence une minorité de gens plus intelligents et ayant plus accèse à des formations supérieures) et qu'ils ne financent de toute façon pas. A terme, la politique monétaire devra s'adapter à l'ensemble de l'union monétaire ou ce sont les économies des pays-membres qui devront s'orienter vers le genre de spécialisation à l'allemande. La première option sera de plus en plus vraissemblable étant donné que les exportations allemandes, momentanément impactées par la crise, pourront l'être bien plus durablement par le rattrapage industriel et technologique des grands pays émergents. Et plus encore, si l'Europe ambitionne de devenir une puissance, même à minima, elle se doit d'avoir une économie complète et non des économies de niches. A terme, cela induit une volonté politique, une politique industrielle, soit une forme de réflexion prospective et de financement ad hoc; en d'autres temps, on appellait cela la planification, et il faudra arrêter de pointer des doigts idiots sur la caricature que fut la planification soviétique pour éviter d'aborder ce sujet. Et une telle planification devra se répartir à l'échelle du continent, donc pas seulement sectoriellement, mais aussi géographiquement, pour que le plus possible de populations soient dans le bateau. Il ne peut y avoir de "pragmatisme" si l'on ne considère pas que le commerce, l'économie, la politique, la géostratégie, le soft power et le domaine militaire sont au fond la même chose: ce ne sont que des facettes d'un même ensemble qu'il faudrait arrêter de séparer comme s'ils s'agissait de compartiments indépendants. Il n'y aurait pas de "chasse en meute", j'imagine, sur des sujets économiques et commerciaux, tout bêtement parce que nous sommes concurrents, et que si une boîte européenne ramène des gros contrats grâce à l'appui de l'Union, personne ne s'en réjouira en dehors du pays d'implantation principal de la dite boîte, parce que ça veut dire moins de carnets de commande, voire du chômedu. Les alliances ponctuelles ne suffisent plus: on est trop petits et nos avantages économiques et commerciaux ne sont plus assez importants. Soit on la joue en nation, mais à ce moment là, il faut des nations indépendantes, avec toutes les armes en main pour jouer la compétition, c'est-à-dire le contrôle effectif de leur politique économique, de leur politique monétaire, de leur politique commerciale, de leur processus législatif et de leurs frontières. On ne peut pas faire mumuse sur la scène mondiale si on ne dispose pas de ce plein contrôle; croire l'inverse est une illusion dangereuse. Et même avec ce contrôle, faut pas se louper: dans le cas de la France, on n'est pas un pays et une économie de 150 ou 200 millions d'individus, mais seulement de 60. La jouer perso et bien s'en tirer resterait possible, mais il faudrait nune sacrée coordination, un minimum de consensus politique sur pas mal de questions et de la réactivité. Et même là, je suis pas sûr qu'on ait la masse critique (en tant que marché, en tant que masse de richesses accumulées et en circulation) pour pouvoir peser. Faut être lucide; on entre dans une ère de géants, et l'union monétaire est déjà faite. Elle peut craquer, surtout si la gouvernance européenne reste aussi minable, et plus encore aussi idéologiquement libre-échangiste face à d'autres géants (pays ou ensembles) qui n'ont absolument aucun complexe à être protectionnistes et nationalistes. La Chine, en particulier, n'a rien de démocratique ou de juste, et sa direction politique est corrompue jusqu'à la moëlle et baigne dans une élite ploutocratique fermée, mais elle a une vision à long terme et une volonté politique affirmée de la mettre en oeuvre dans la continuité. Ca, ça donne un avantage monstrueux. Aucune coordination en Europe ne peut se faire sur la base, ou le fantasme, de "gentlemen's agreements" ponctuels, ou de simples critères (définis "objectifs": en politique et dans le jeu des intérêts nationaux, ça n'existe pas: l'objectivité de l'un, c'est la subjectivité de l'autre). Cette version là de "l'Europe des Nations" est une illusion cruelle; De Gaulle pouvait se la permettre dans les années 60 où le monde développé, c'était 400 millions de consommateurs au sein duquel nous pesions 10% du tout et l'Europe la moitié. Aujourd'hui, le monde entier est plus ou moins intégré à la chose, et nous y pesons trop peu. Et les conditions du marché mondial font que ça n'ira pas en s'améliorant. Justement non, le cas de l'Europe St Empire, c'est l'éclatement de la France et des autres Etats-Nations; donc tu enlèves la Bretagne, l'Alsace et le Pays Basque, et potentiellement à terme, la Flandre française, la Savoie, voire même l'Occitanie voire même la zone francoprovençale. Pour les derniers cas, ils sont improbables à brève échéance, mais d'un autre côté, la République et le sentiment national ne sont vraiment plus ce qu'ils ont été. Et cet encouragement européen, d'inspiration identitaire, c'est l'Europe des croupions, faibles et désarmés face à quelques régions à la fois génates et centrales, et plus encore face à des "nations ethniques" dont le déséquilibre en taille est infiniment plus grand qu'entre petits et gros Etats-Nations. On a fait, sur un autre registre, cette connerie en entérinant l'explosion de l'Autriche-Hongrie en 1918; créer de petites entités nationales identitaires n'a en rien favorisé la stabilité et n'a fait que des victimes.
  13. A l'heure des communications modernes, sauf exception, un ambassadeur, c'est avant tout quelqu'un qui a aidé un chef d'Etat à se faire élire et qui reçoit 4 ou 5 ans de vacances prestigieuses aux frais de la princesse. Et le mec en question était encore producteur du Muppet y'a pas longtemps: il est pas vachement vieux.
  14. Je ne sais pas quelle est exactement la politique étrangère de NS, s'il en a une, mais je sais quelle est la politique américaine à l'égard de la France: le nouvel ambassadeur US en France envoyé par Obama est surtout connu pour avoir été pendant plus de 20 ans le producteur du Muppet Show. On se sent valorisés :lol:.
  15. Faut pas rêver; on n'invente jamais un nouveau système. On en sépare pas, en définitive, l'économie du politique parce que tout ressort en définitive du même registre. L'économie n'existe pas sans un cadre et une volonté politique.
  16. A part ça, je voulais pointer un exemple de problème particulier posé par les différences vraiment profondes entre Etats dans les appréciations de la vie en commun: le puissance du lobby religieux, tant à Bruxelles que dans pas mal d'Etats membres. La séparation de l'Eglise et de l'Etat n'est pas un fait acquis partout, et sur des questions bien concrètes, cela peut poser des problèmes propres à susciter des réactions de repli. Les mères porteuses, la recherche embryonnaire, l'avortement, la place de la religion à l'école, la participation des institutions et organisations religieuses à la vie, au débat et à l'activité publique (y compris des places institutionnelles comme l'arbitrage civil dans les litiges familiaux ou de voisinages, chose qu'a demandé par exemple l'ex-grand rabbon de France Joseph Sitruk, avec l'approbation du CFCM et de l'épiscopat).... Rien que la question de l'avortement et des mères-porteuses pose problème dans un espace ouvert comme Shengen, et le poserait plus encore dans un Etat fédéral: par essence, la législation nationale est invalidée par la facilité de circulation, chose incompatible avec la conception communautaire, sinon communautariste, des organisations conservatrices et religieuses qui ne sont pas, dans beaucoup de pays, des "forces du passé" en recul. En Irlande, en Italie, en Slovaquie, en Pologne, en Grèce, mais aussi en Espagne, dans plusieurs länders allemands (Bavière en tête, où toute mise en cause de la religion à l'école ou dans les institutions est quasiment un appel à la manifestation).... Ces questions sont bien réelles. A l'inverse, les pays dits laïcs (en fait nous seulement) et "progressistes" verraient d'un très mauvais oeil toute atteinte à leur principe de séparation claire des sphères privées et publiques. La conciliation est-elle possible sur ce seul exemple, même dans le cadre d'une confédération d'Etats gardant théoriquement leurs prérogatives sur de tels sujets? Dur à formuler, impossible à quantifier, mais potentiellement explosif.
  17. Eux ne le pensent pas, mais épouser une gamine de moins de 15 ans (et on a vu bien plus jeune) ne pose pas de problème à encore pas mal d'entre eux. De même que la polygamie. No problem, mais arrête de décréter que 90% des Européens sont "pour l'Europe" parce que cette expression ne veut rien dire, et surtout arrête de balancer que tous ceux qui ne pensent pas que les choses sont si évidentes et faciles sont des nationalistes rescapés de "l'âge des ténèbres". On essaie de souligner à quel point le débat est infiniment complexe et que tout peut foirer ou évoluer dans des voies très différentes. Si c'est pour entendre répéter les grandes phrases faciles, les simplifications criminelles (qui concourent du déni de démocratie) et les anathèmes répétés qui passent à la télé, autant ne pas avoir de forum de discussion. Parce que les catégorisations et diabolisations faciles, ça provoque des réactions violentes et rarement empreintes de courtoisie. Donc pour en revenir à l'avant altercation, mon point était de souligner que l'UE avait 4 grandes voies d'évolution possibles: - l'échec pur et simple, face aux antagonismes, intérêts divergents et craintes des acteurs trop nombreux. Il n'y aurait bien sûr pas un grand jour où on décrète "l'Europe c'est fini", mais sans doute une inactivité progressive accompagnée d'Etats reprenant certaines prérogatives dans le cadre d'une réaménagement global préservant un espace économique commun. Cette option a, au jour d'aujourd'hui, peu de probabilités de réalisation - l'espace supermarché: une grande zone de libre-échange contre laquelle les Etats sont désormais trop faibles, et dans laquelle des acteurs extérieurs plus puissants (USA et Chine surtout) se sont taillé la part du lion. Les divergences économiques, culturelles et politiques n'ont pu être surmontées, les difficultés sociales dues à la crise économique mais aussi, plus profondément, à l'évolution du fonctionnement de l'économie, ont entraîné de nouvelles logiques et de nouvelles attitudes, ou encore les conceptions de définition du vivre ensemble n'arrivent pas à s'accorder (par exemple face au très important lobbying religieux très aggressif et bien financé à Bruxelles, mais aussi face aux nombreux Etats européens non laïcs), un retour du patriotisme/nationalisme peut apparaître à un moment ou à un autre, le fait que beaucoup d'Etats ne veulent tout simplement pas d'une Europe politique (y'a pas que les pays de l'est) peut tout bêtement apparaître au grand jour.... Les raisons, non d'un recul, mais d'une "non avancée" sont potentiellement nombreuses et bien réelles. Mais le résultat d'une telle évolution serait alors une espèce de maintien en l'état, avec des avancées politiques trop lentes face aux prises de position commerciales, économiques, financières et politiques de grands acteurs extérieurs. - L'UE-St Empire: affirmation grandissante des particularismes locaux, régionalismes et mouvements autonomistes en tous genres, multiplication des communautarismes divers et variés, religieux ou non.... Bref, Constitution d'un Etat Fédéral et destruction quasi complète des Etats-Nations: l'Europe est un agrégat de confettis régionaux de tailles et d'influences très variées (Bavière à 12 millions d'habitants, Rhénanie du Nord-Westphalie à 18 millions, Corse à 200 000 habitants ou Luxembourg à 400 000....). La question de pouvoir ne peut cependant se faire uniquement sur des bases de partis purement européens au sens continental: ça n'a jamais existé dans une démocratie qui ne peut s'affranchir des réalités géographiques, politiques, culturelles et économiques qui ont une réalité physique. Et les moyens d'un Etat, fédéral ou non, sont de toute façon limités en quantité. Il y a donc des zones qui pèsent et d'autres qui sont baisées. Et les nécessités de coalitions et de proximités géographiques et culturelles jouent beaucoup plus puissamment que les contraintes idéologiques de partis. C'est toute l'histoire de la démocratie et de ses limites qui tient dans ce fait, et plus encore dans les Etats fédéraux. Plus un pays est grand, moins la logique idéologique des partis peut s'imposer face aux réalités géographiques. Et dans ce cadre, la "nation ethnique" allemande est la plus puissante, la plus nombreuse et la plus cohérente; ce n'est pas l'Allemagne qui domine en tant que telle (les Etats n'existent plus), mais la Volkschaft germanique qui constitue le groupe cohérent et organisé le plus puissant, celui dont les divisions reflètent les divisions de toute la fédération et celui autour duquel se nouent les coalitions. Bref, le coeur de l'Europe. La population issue de l'ex-France n'existe en tant qu'entité que par l'Etat et la République, pas par une communauté ethnique ou même religieuse cohérente. - L'Europe confédérale: dernière option, les Etats-Nations constituent la base de l'organisation d'une entité politique européenne. Même s'il ne peut du coup se constituer d'abord qu'un Etat confédéral, la logique constitutionnelle, l'Histoire et la pratique incitent à penser que de facto, aucune confédération ne dure vraiment (on peut en garder le nom au mieux) et finit toujours par devenir une fédération de facto et/ou de jure. Mais dans ce cas de figure, il s'agit d'une fédération d'Etats-Nations, et non de régions et entités communautaires terriblement variées. Le différentiel de taille/puissance entre les Etats européens est infiniment bien moindre qu'entre les entités régionales: entre la petite Slovénie, ou même le Luxembourg, et la grande Allemagne, il y aura toujours un constraste moindre qu'entre la Corse, ou le Val d'Aoste, et la Rhénanie du Nord-Westphalie (surtout si celle-ci s'insère dans le cadre d'un "vote allemand" plus ou moins effectif selon les circonstances). Quel que soit par ailleurs la "prérogative de préservation" que garderaient les Etats dans ce modèle (droit de veto, maîtrise absolue de sa politique d'éducation ou autre), il semble plus équilibré surtout parce qu'au lieu d'avoir une "entité ethnique" très nettement plus nombreuse et plus riche que les autres, on a quelques gros Etats-Nations qui constituent des pôles d'affrontements mieux répartis au sein de l'entité confédérale/fédérale. Les petites entités sont moins contraintes, ont plus d'options, et les risques de frustrer des identités et communautés sont bien moindres. Ce n'est pas un modèle juste pour autant, mais il est bien moins injuste que le précédent. Dans le cadre de l'UE-St Empire, la "nation ethnique" allemande est une entité trop nettement dominante. Je ne dis pas bien sûr qu'ils voteraient comme un seul homme, mais la logique géographique, économique, culturelle et pratique qui donne une importance croissante aux réalités territoriales dans le vote créeraient proportionnellement bien plus de cohésion et d'ententes au sein de ce groupe. Et ce groupe pèserait quelque chose comme 90 à 95 millions d'individus (Allemagne, Autriche, minorités allemandes en Pologne, en Tchéquie, plus éventuellement tout ou partie de l'Alsace Moselle). Les suivantes seraient l'Angleterre -sans l'Ecosse, le Pays de Galles et l'Irlande du Nord- avec autour de 50 millions d'habitants, la Pologne avec environs 35 à 40 millions d'habitants, et peut-être un groupe "italien" (malgré une séparation qui deviendrait probable dans le cas de ce modèle). La réalité d'un groupe français est plus difficile à cerner face à la remontée ou non des particularismes et communautarisme(encouragés par des politiques actives dans ce nouveau cadre); autant les cas de l'Alsace, de tout ou partie de la Bretagne, de la Corse et du Pays Basque pourraient aller plus vite qu'on ne le pense, autant l'Occitanie de la carte plus haut semble réellement utopique. De ce fait, le "groupe français" (augmenté de la Wallonnie) serait dimensionné autour de 50 à 53 millions d'habitants. C'est avec ceci à l'esprit que je préfère me dire confédéraliste: si l'avancée politique se fait, quel que soit le modèle politique adopté, il entraînera de nouveaux équilibres, une nouvelle cartographie du pouvoir, comme dans tout Etat, même non démocratique. Et l'histoire de la démocratie nous apprend qu'aucune logique ou ligne directrice de parti ne s'est jamais affranchie des réalités géographiques, culturelles et économiques, ni des distances: à moins d'avoir un groupe majoritaire en soi, ce qui n'est pas le cas en Europe, des logiques de regroupement politiques se créeront sur des bases avant tout culturelles, linguistiques et territoriales et joueront au moins aussi fort que les regroupements purement politiques en partis "fédéraux" (plus liés aux idéologies et intérêts de catégories). La recherche de cohérence et de stabilité comme la nature humaine sont ainsi. Et la logique confédéraliste me semble créer des déséquilibres moins grands à cet égard. C'était pas le but de mon speech, mais il t'a peut-être aidé. Sinon j'y vais plus directement: le confédéralisme en tant que système constitutionnel effectif et durable, c'est une blague et ça ne peut pas durer en tant que tel. Tout confédéralisme est appelé, par nécessité de cohérence et d'efficacité, à devenir un fédéralisme, au moins en faits. Mais le principe du confédéralisme, et son intérêt, demeurent: il s'agit de prendre les entités constituant la confédération comme des entités souveraines. Dans les faits, dans la réalité de la vie de la confédération, ça peut n'être pas grand-chose, voire rien du tout, si et seulement si les champs de compétences de l'Etat central et des Etats membres sont clairement distingués par la Constitution (accessoirement, de là vient l'intérêt d'une Constitution claire, sans grosse ambiguité et compréhensible par tous ou presque). Dans le principe, cela fait procéder la légitimité des peuples des Etats-Nations et non d'un peuple unique de la Confédération. Dans le cas européen, cela me semble plus souhaitable vu qu'il n'y a pas de peuple européen, et surtout pas au sens politique: une élection européenne le même jour sur tout le continent n'y change rien. Il faudrait une agora européenne, un débat public européen, une société civile européenne débattant ensemble. Mais la géographie, les langues, les cultures, les intérêts, les habitudes, les façons de débattre, les limites inconscientes de la parole publique, la possibilité pratique.... Beaucoup de différences très réelles s'opposent à la possibilité de la chose. Il y a 27 sociétés civiles, pas une. L'Etat-Nation (au sein duquel les populations savent comment s'engueuler ou se mettre d'accord, et savent sur quoi le faire) semble un intermédiaire plus souhaitable, outre même le meilleur équilibre des populations qu'il permet et que j'ai évoqué plus haut. Dans le confédéralisme, la représentation peut ne pas énormément varier d'avec le fédéralisme, et le modèle allemand de la répartition des pouvoirs entre Bundestag et Bundesrat, de même que les prérogatives des Länders, me semblent infiniment plus intéressant et pertinent que le modèle américain à cet égard. En théorie, c'est le Conseil Européen qui serait représentatif d'une entité confédérale: il demeurerait comme un garde-fou et un organe non permanent de dernier recours (puisque constitué des représentants de gouvernements réunis ad hoc pour des impératifs soudain ou des projets de long terme), et définirait surtout les champs de compétences des Etats et de la Confédération. Le Parlement et la Commission seraient les organes effectifs du Gouvernement en tant que Législatif (légiférant sur le champ d'attributions de l'Union, d'où l'intérêt de BIEN le définir) et Exécutif. Mais à moins de pouvoir sortir du chapeau la constitution ultime, super bien chiadée, simple, claire, sans ambiguité et délimitant parfaitement les champs de compétences et d'action des Etats et de l'Union, on voit que ce modèle à 3 pôles (sans même compter le judiciaire) ne peut fonctionner dans le temps. D'où l'évolution obligatoire en Fédération, c'est-à-dire en union plus formelle avec un pouvoir fédéral infiniment plus légitime et affirmé comme seul vrai intermédiaire étatique. Là, il n'y aurait pas de Conseil de l'Europe et de part des gouvernements des Etats-Membres à la décision politique dans l'Union: la participation serait celle du vote, nécessairement au sein d'un système bicaméral (pour représenter d'un côté les partis/opinions/idéologies/catégories sociales, et de l'autre les territoires) et, au sein de la deuxième chambre, de la représentation plus directe des entités membres. Le confédéralisme peut se contenter d'une Chambre, mais ceux qui ont essayé en régime fédéral s'en sont toujours mordu les doigts. Dans le cas de figure confédéral que j'évoque, la représentation des Etats-Nations serait pertinente pour la 2ème Chambre, avec charge pour eux de gérer leurs territoires. Dans la configuration UE-St Empire, la 2ème chambre serait sans doute le lieu des entités régionales de tailles infiniment plus contrastées. Encore une fois, dans les faits constatés au jour le jour, la différence peut être imperceptible comme elle peut être importante, mais il faut vraiment se pencher sur l'histoire constitutionnelle, surtout aux USA, pour bien saisir la différence (je regrette de pas être prof de droit constit pour pas pouvoir mieux le décrire). Rappelz-vous cependant que c'est sur cette question précise que les USA ont fait une guerre: la question de l'esclavage les a acculé, au sein même de leur organisation politique théoriquement confédérale (mais déjà atteinte de fédéralisme avancé depuis.... En fait la présidence de John Adams, 2ème président des USA), à poser la limite ultime de l'Union, à savoir si la sécession d'un Etat était possible, donc si les Etats étaient encore, comme accepté en 1776, des Etats théoriquement souverains. C'est ZE point absolu entre fédéralisme et confédéralisme: le premier empêche de facto la sortie, donc enterre la souveraineté des Etats membres. Le second la garde. mais comme le confédéralisme évolue toujours en fédéralisme.... Résultat, si un (ou plusieurs) Etat ou une population veut en sortir, c'est par la guerre ou un accord de nature exceptionnelle (qui risque de fait d'affaiblir le gouvernement qui l'aura accepté, de même qu'il affaiblira la réalité de l'Union). Ou alors par un appel international aux grandes puissances pour faire reconnaître le droit des peuples à disposer d'eux-mêmes :lol:. Si ce droit avait existé en 1861 et qu'il y avait eu une ONU, les Européens seraient sans doute intervenus dans la Guerre de Sécession; qui sait si on serait pas encore aujourd'hui avec 2 Amériques et un cordon permanent de casques bleus entre Oncle Sam et Jonnie Reb :lol:?
  18. L'absence de capacité à la nuance, le raisonnement binaire reposant uniquement sur des absolus, tu appelles ça une opinion? M'as-tu entendu parler d'un repli frileux sur une France isolée du reste du monde? il ne m'a pas semblé avoir indiqué quoi que ce soit dans ce sens. Apprends à lire ou va précisément chez les Amish qui t'obsèdent: lire la Bible te suffira. Ah ouais? C'est pour ça que l'on n'est capables de peser une fois tous les 7 ans, quand une position commune sur un seul sujet peut être atteinte? Alors que des négos commerciales, c'est tous les jours, et des milliers de sujets? C'est pour ça que l'UE prisonnière de l'idéologie libre-échangiste a une balance des paiements continuellement déficitaire face à des ensembles géopolitiques hautement protectionnistes et dynamiques? Le libre-échange, on ne s'y lance que quand c'est à son avantage, et ils refusent de le comprendre. 1ère puissance économique, faut arrêter de délirer: première zone économique, certainement, c'est ce que rappelle cet agrégat de 27 PIB cumulés. Mais c'est tout. A l'occasion, une position commune peut être atteinte pour une négo sur un sujet, mais c'est tout. Il n'y a pas de direction économique ni de direction commerciale, juste une direction monétaire. Et il n'y a pas de gouvernance politique effective en matière commerciale ou économique, seulement en matière de régulation. Mais on a 27 économies très différentes, nécessitant chacune des conditions fiscales, administratives, douanières et commerciales différentes; en revanche, il y a une tendance à l'arbitrage commercial trop fortement axé sur les nécessités de l'économie allemande spécialisée sur 3 grands secteurs et un modèle exportateur. Merci de confirmer, sans même être capable de le comprendre, que tu es confédéraliste et non fédéraliste. Et oui, c'est la peur de l'URSS et la menace nucléaire, plus le traumatisme de l'autodestruction des guerres mondiales; c'est un fait analysé, écrit, décrit et réécrit par tous les géopoliticiens et penseurs politiques, mais apparemment tu l'as pas capté. C'est pas une construction économique qui empêche des pays de se foutre sur la gueule (fait amplement confirmé dans l'Histoire). La peur du gros pays puissant et menaçant l'a toujours fait. Cet ennemi a été la France, puis l'Allemagne, puis l'URSS, et les coalitions se font contre la grosse menace. Simple mécanique d'équilibrage. Ceux qui délirent sont ceux qui bâtissent une idéologie à partir de ça. On rappellera que le plus gros intérêt économique de l'Allemagne, c'est l'exportation hors d'Europe et vers l'Europe de l'Est, que son plus gros client particulier, c'est la France, ce qui était déjà le cas en 1870, en 1914 et en 1939; comme quoi, ça n'empêche pas les sentiments. C'est pas un espace de coprospérité qui crée la paix, et cette idéologie, beaucoup en sont déjà revenus. Et c'est pas le protectionisme qui crée le nationalisme comme beaucoup d'abrutis le répètent dans les médias ces temps-ci. Et en quoi la fin de la guerre froide aurait nécessairement déclenché une guerre en Europe s'il n'y avait pas eu l'UE? Tu peux expliquer le raisonnement, ou les raisons d'une telle guerre? Tu peux essayer de ne pas fumer de substances illégales avant de le faire? Une guerre a des raisons objectives et subjectives, et il y a eu des périodes de paix avant l'UE; en quoi ne pas faire l'UE aurait obligatoirement recréé les conditions de déclenchement d'une guerre en Europe? Vas-y, je suis curieux :lol:. Mais oui! Saperlipopette, bon sang mais c'est bien sûr! Tu as la réponse si simple et évidente que tout le monde cherchait! C'est si con: les vilains nationalistes, encore eux décidément, ont tout fait. mais la création d'un pays artificiel comme la Yougoslavie en 1918, l'éclatement de la Mitteleuropa en un ensemble balkanisé instable, la situation exceptionnelle d'une Yougoslavie qui n'a pu durer un moment que par la volonté d'un homme (Tito), le déséquilibre induit par sa mort qui ne fait que révéler l'impossibilité de garder cet ensemble artificiel.... C'est vrai, c'est tout la faute des vilains nationalistes. Parce que les questions d'identité, de foi, de volonté de vivre ensemble, de vision commune de la REALITE du vivre ensemble, l'histoire et la géographie, ça ne compte pas, ça n'existe pas, c'est juste de la merde par rapport aux idéaux si parfaits et magnifiques de Bruxelles.... Contrairement à toi, je ne vis pas isolé du monde, parce que j'essaie de le CONNAITRE. Je me fais pas mon petit monde délirant où tout ce qui ne va pas dans mon sens est mal et je ne décrète pas que le sens de l'Histoire va toujours là où je regarde. Sors un peu. Si je comprends bien, tu me traites de pédophile par ces deux référence précises? Justement non parce qu'on l'oppose à la domination tyrannique; c'est une prééminence. La différence entre un "primus inter pares" et un dominateur absolu. Question de rapport des forces relatif ou absolu, quoi.
  19. C'est faux, ce n'est qu'un agrégat théorique de 27 économies. La puissance, c'est quelque chose d'actif et d'utile, ce qui n'est pas le cas pour l'Europe. Il n'y a pas de centre de décision, pas de cohérence, pas de cohésion, donc pas de puissance. = l'Europe St Empire avec hégémonie allemande (et non domination bordel! J'avais fait le distinguo, mais tout le monde y reva avec les histoires de domination; HEGEMONIE, du grec HEGEMON! Vous savez pas ce que ça veut dire?). La constitution européenne limite les marchandages et pressions politiques :O :O :O :O??????!!!!! Depuis quand? Si tu le prends comme ça, je suis désolé, mais je peux dire que je suis contre ces hypothétiques EU d'Europe par essence inégalitaires et ploutocratiques, et pire encore contre cette idéologie stupide qui a décrété que c'est l'UE qui a "apporté la paix" à l'Europe, ce qui est quand même d'une stupidité et d'une ignorance monstrueuse. La peur de l'URSS, la guerre froide, la tutelle US, la doctrine MAD, le nucléaire, le traumatisme des 2 guerres mondiales, l'épuisement, le dominion US sur l'Europe.... CA, ça a fait la paix, certainement pas l'UE et le bien-pensance dégoulinante qu'on nous balance à toutes les sauces sans même réfléchir 2 minutes à la réalité. Mais bien sûr, ceux qui sont contre sont des nationalistes arriérés et abrutis, des grands méchants contreles gentils europhiles par essence détenteurs du bien, de la vérité et de l'intelligence.... Les gentils et les méchants, le bien et le mal. On peut sortir du jardin d'enfants? Sieg Heil! Mais on n'est jamais caricatural ni idéologue. C'est juste que radio-connerie émet à plein tubes, là.
  20. Ouaif, ça créerait la même antipathie et le même rejet qu'une hégémonie allemande. L'UE, c'est vraiment les Cités grecques: aucune capable de dominer/unir l'ensemble, aucune confiance les unes dans les autres, et ce malgré la conscience claire du besoin de s'affirmer face à l'extérieur. Une dernière option serait l'intégration pure et simple de "l'occident chrétien/démocratique" sous la tutelle US :lol:; nous serons alors l'Empire d'Orient ;). Je l'ai déjà évoqué je crois, mais il est vrai que ça ne devient possible qu'après un certain degré d'ébriété. Quoique l'hypothèse d'une UE fédération de régions petites et éclatées, et craintives de toute autre option de défense que l'OTAN, engagerait de facto vers cette option.
  21. Par nature le confédéralisme ne peut que déboucher sur le fédéralisme, et le fédéralisme que se renforcer, non point jusqu'à l'unitarisme, mais vers un niveau d'intégration supérieur à ce qu'est censé être le fédéralisme. C'est dans tous les manuels de droit constitutionnels. Mais la question n'est pas tant de savoir quelle sera l'évolution constitutionnelle, mais à partir de quoi elle se fera: les fédéralistes sont porteurs du courant d'éclatement des Etats-Nations en régions et pays reposant sur les traditions/cultures/langues.... Locales, c'est à dire en fait sur des entités reposant sur le droit du sang, fédérées à un Etat central supérieur. Au sein d'un tel ensemble, la nation ethnique la plus puissante, c'est l'Allemagne, qui reste le plus grand ensemble ethnico/linguistique, et de loin. Avec les confédéralistes, on est déjà au-delà de "l'Europe des Nations" voulue historiquement par les Gaullistes et souverainistes, mais son point principal est que la fédération serait celle des Etats et non des régions. Le point est que dans un tel ensemble, le pouvoir est plus partagé puisque les entités de base sont plus grandes et relativement plus équilibrées. Mais bien sûr, cet ensemble implique aussi un certain niveau d'injustice puisque les petits Etats seront tout aussi dominés par les grands. La différence résidera peut-être qu'il n'y aurait pas d'hégémonie d'une seule entité, et donc un espace de liberté issu de l'affrontement des puissants. Ce sont les deux évolutions possibles d'une Union approfondie, la 3ème évolution possible étant l'échec de l'approfondissement avant ce stade et une Union avortée par les trop grandes oppositions de ses membres: soit un éclatement total, sans doute improbable, soit l'Europe "supermarché/Suisse géante" sans direction, impotente politiquement et ouverte aux quatre vents, et surtout à la domination des génats du XXIème siècle. Ce dernier cas n'a malheureusement rien d'impossible.
  22. Au final, malgré toutes les évolutions possibles que nous évoquons, le débat reste entre anti-européens, confédéralistes et fédéralistes. Les nuances, les divisions internes et les motivations évoluent, mais pour la forme désirée en fin de compte, ça reste ça. Et le fond entre fédéralistes et confédéralistes tourne autour d'une chose et une seule: l'Etat-Nation doit-il disparaître?
  23. Oui, j'avoue m'interroger sur cette renonciation absolue au gros calibre (hors Leclerc) et au concept de char à roue, à l'heure où même les Ricains se penchent dessus.
  24. Pour l'évolutivité, le terme "multirôle" a t-il une définition à ce stade? Entends t-on par là que le châssis pourrait servir à d'autres usages variés (antichar, porte-mortiers, PC, châssis AA, version génie....) ou cela ne suppose t-il qu'une bonne versatilité de l'APC? Ou bien encore est-ce encore une appellation fourre-tout dans un slide?
  25. Et les bases US sont plus grosses, mais surtout, les contrats US sont aussi là, et souvent plus gros: on n'a pas 50% de PDM aux EAU et encore moins au Qatar. Ce que nous y avons n'est pas négligeable, mais les EAU ne nous donnent des trucs que pour ne pas dépendre totalement des USA. En attendant, rien que le contrat THAAD des EAU avec les USA pèse plus lourd que tout ce qu'ils nous ont acheté ces derniers temps. Oh, je sais, on a vu pire, mais ça me donne pas envie pour autant de voir ce type de période de division (on n'est qu'au début) revenir, sachant que la Guerre de Cent Ans, c'est quand même plus d'un siècle de merdasse pour une bonne partie du territoire, et les Guerres de Religion, c'est près de 50 piges. Et il faut y ajouter le temps pour s'en remettre, qui n'est pas forcément une période joyeuse non plus. A propos de Clipperton, une anecdote marrante: je ne pense pas que la MN aille y faire même un tour tous les 2 ou 3 ans. C'est dans les années 60 ou 70, je crois, qu'un jour, un navire de la MN y est allé pour découvrir qu'un Mexicain s'y était installé avec une petite communauté (surtout des gonzesses, il était pas si taré) et s'était autoproclamé roi de Clipperton. Ils avaient passé quelques années comme ça sans que personne ne le sache :lol:. Sans doute les thonniers qui y faisaient relâche le savaient et n'en avaient objectivement rien à foutre (ce qui était assez légitime).
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