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L'économie américaine est à deux vitesses. L'IA a principalement tiré le PIB mais si on retraite en retirant l'apport de l'IA l'économie US ne progresse plus. L'IA peut sempbler un eldorado pour l'instant mais elle est beaucoup plus vorace en investissement que les précédentes révolutions techno. On donne une durée de vie de 6 ans aux puces NVIDIA et çà va forcer les investisseurs à remettre au pot dans 4 ou 5 ans dans les mêmes proportions alors qu'ils auront une idée du retour sur investissement qu'on peut en sortir.

Pour fonctionner l'économie de l'IA va donc devoir faire appel beaucoup plus à l'endettement ... Ce qui va concurrencer l'endettement publique par les US bonds. Bref l'IA va bouffer les bonds US de l'intérieur à moins que les dettes des sociétés soient portées par l'état lui-même qui va devoir creuser son déficit dans des proportions inédites.

Je conseille la lecture de l'article directement sur le site il est alimenté avec des graphes intéressants.

https://www.zonebourse.com/actualite-bourse/moteur-des-marches-et-de-la-croissance-americaine-l-ia-a-tout-ecrase-ce7e59d8dc81f521

Moteur des marchés et de la croissance américaine : l'IA a tout écrasé

"2025 vu par Zonebourse" (5/6). Avec une progression de 17% en 2025, le S&P 500 va conclure sa troisième année consécutive de gains à deux chiffres. Pour le Nasdaq 100, c'est même trois années à plus de 20% de performance. Le tout grâce, une fois de plus, à l'intelligence artificielle. Mais ce qui a changé en 2025, c'est que l'IA n'est plus seulement un thème de marché, c'est aussi un moteur de la croissance du PIB américain.

Antoine Alves d'Oliveira

Publié le 31/12/2025 à 10:00

La performance de 2025 est à peine croyable quand on se souvient du début d’année de Wall Street, frappé de plein fouet par les droits de douane de Donald Trump. Début avril, le S&P 500 est même passé brièvement en bear market (une correction de 20% du pic au creux). Quelques mois plus tard, Donald Trump a un peu allégé la facture des tariffs. Et surtout les entreprises américaines ont continué à investir à fond dans l’intelligence artificielle.

All-in

Les Capex des 5 plus grands hyperscalers (Amazon, Alphabet, Meta, Microsoft et Oracle) devraient ainsi atteindre presque 400 milliards de dollars en 2025. Et ce chiffre est amené à croître dans les années à venir. La question centrale est désormais celle du retour sur investissement.

A ce stade, le marché semble assez confiant sur ce point. Les activités cloud d’Amazon, de Microsoft et de Google (les 3 principaux acteurs sur ce marché) continuent de croître rapidement. Sur le dernier trimestre, la croissance d’Azure (Microsoft) était ainsi de 40%, celle d’AWS de 20%, et celle de Google de 32%. Des chiffres assez impressionnants pour des entreprises dont la capitalisation boursière se compte en trillions de dollars.

Malgré ces taux de croissance, les inquiétudes sur le retour sur investissement sont légitimes. Mais les hyperscalers continuent de considérer qu’ils doivent accélérer, que le principal risque est de sous-investir, que leur principal problème est le manque de capacités (data centers, puces…). Tout cela donne un peu l’impression d’une logique de capital risque : on considère qu’il faut y aller parce qu’il y a beaucoup à gagner à la fin, quitte à ce que certains investissements ne soient pas rentables.  

D’autant plus que ces entreprises restent des machines à cash. Et donc le coût de l’erreur n’est pas si élevé. Un exemple récent illustre parfaitement cela : le metaverse. C’était le grand pari de Facebook, qui se renomme d’ailleurs Meta, fin 2021. Ce fut plutôt un échec puisque, selon les calculs du Financial Times, la division Reality Labs aurait perdu en cumulé près de 70 milliards de dollars fin 2024. Pourtant, ce pivot raté n’aura coûté à l’entreprise que 12 à 18 mois de désert boursier. Quelques trimestres où l’action était dead money (plus personne n’en voulait), avant que le train de l’IA ne permette à l’entreprise de se remettre sur les bons rails.

Ne pas oublier de rendre l’argent

Mais ce dernier point n’est peut-être plus si évident et le marché n’en a pas encore conscience. Depuis une dizaine d’années, ces valeurs sont chéries par les investisseurs, essentiellement pour deux raisons : elles sont asset light (des sociétés qui ont peu d’actifs physiques et qui n’ont donc pas à supporter les investissements qui vont avec) et ce sont des machines à cash, capables de redistribuer des dizaines de milliards en rachats d’actions.

Mais le tournant de l’IA ne rend-il pas cette thèse d’investissement caduque ? Car désormais, il faut dépenser des centaines de milliards de dollars pour construire une infrastructure physique, donc des data centers. Des dépenses d’investissement, amorties sur plusieurs années. Mais l’essentiel des investissements sont des puces Nvidia, des consommables qu’il faudra sans doute assez vite remplacer. Les hyperscalers considèrent que la durée de vie des serveurs pourra aller jusqu’à 6 ans, ce qui est loin d’être évident.

Tout cela pose la question du retour aux actionnaires. Pourra-t-on à nouveau déployer de grands programmes de rachats d’actions si la grande majorité des cash-flows doit financer les dépenses d’investissement ? Selon les calculs de BofA, c’est presque 70% du cash-flow des hyperscalers qui sera englouti dans les Capex cette année et 80% l’année prochaine. Dans les dix ans précédents, c’était plutôt entre 30 et 50%.

Capex et cash-flows pour les 5 principaux hyperscalers. Source : Bank of America

Dans le même bateau

Ces entreprises doivent donc désormais recourir à l’endettement, ce qui n’était pas le cas par le passé. Fin septembre, Oracle a émis 18 milliards de dollars d’obligations, Meta a levé 30 milliards de dollars fin octobre, Alphabet 25 milliards début novembre, et Amazon a annoncé mi-novembre son intention de lever 15 milliards. Rien de dramatique pour des entreprises qui ont des bilans extrêmement solides, mais c’est tout de même le signe qu’il faut aller chercher des financements ailleurs, que l’on n’est plus capable de supporter soi-même tous les investissements.

Au-delà des montants à financer et du recours croissant à l’endettement, c’est le côté circulaire de cet écosystème qui interroge : des clients qui financent leurs fournisseurs, des prises de participations dans tous les sens… Et au milieu de tout ça, un acteur : OpenAI, qui lui n’est pas rentable mais dont les besoins de financements sont estimés à 1400 milliards de dollars d’ici à 2029.

La circularité de l’écosystème est peut-être le principal risque. Parce que dès lors, un ralentissement chez un acteur peut se transformer en cercle vicieux. Mais en attendant, le cercle est vertueux. Les Capex des uns font les chiffres d’affaires des autres, la croissance est au rendez-vous. Les valorisations anticipent un bel avenir pour tout le monde et l’intelligence artificielle a porté cette année le S&P 500 aux portes des 7000 points et le Nasdaq au-delà des 25000 points.

Economie en K

Et il n’y a pas que Wall Street qui est porté par l’intelligence artificielle, c’est désormais le principal moteur de la croissance américaine. Sur le premier semestre 2025, la croissance du PIB a été de 1.6%. Une croissance tirée par les investissements liés à l’IA, dont la contribution à la croissance a été de 1.4 point de pourcentage au 1er trimestre et 1.5 point au deuxième trimestre, selon les estimations de Bank of America.

Contribution à la croissance des investissements liés à l’IA. Source : Bank of America

En clair, hors investissements dans l’IA, la croissance du PIB est presque nulle sur le premier semestre. Il y a donc quelques secteurs portés par le boom de l’IA et tout le reste de l’économie qui stagne. Un constat confirmé par les données sur les dépenses d’investissement.

Dépenses d’investissement par catégories. Seule la partie liée à l’IA progresse fortement, quand le reste décline. Source : Apollo Global Management

Le boom de l’IA a donc redonné corps à un concept apparu avec la pandémie de Covid : l’économie en K. Une économie dans laquelle il y avait des secteurs qui rebondissaient fortement et d’autres qui continuaient à s’enfoncer. Aujourd’hui, si l’économie américaine semble bien résister, c’est en réalité une économie où l’IA tire l’investissement et où la consommation dépend essentiellement de la frange la plus aisée. 

Et les deux sont liés. Le boom de l’IA provoque une envolée des marchés actions. Une envolée qui se traduit par une augmentation de la valeur du patrimoine des ménages, en particulier pour les plus aisés, qui sont ceux qui ont le plus d’actions. Et lorsque votre patrimoine progresse, vous êtes incités à dépenser davantage. C’est l’effet richesse.

Ce concept d’économie en K explique aussi ce que l’on voit dans les enquêtes d’opinion : des Américains en majorité insatisfaits de la situation économique. Malgré les records de Wall Street, et malgré une croissance économique élevée. Ainsi, le PIB du troisième trimestre a progressé de 4.3% en rythme annualisé. Mais dans le même temps, la composante "conditions économiques actuelles" de l’indice de confiance des consommateurs du Michigan a atteint en décembre son plus bas niveau depuis 10 ans. Car les Américains font face à un marché du travail qui ralentit (ce qui signifie plus de difficultés à trouver un emploi et moins de hausses de salaires) et à des prix toujours élevés. Selon Politico, près de la moitié des Américains (46%) jugent que le coût de la vie est aujourd’hui le pire dont ils se souviennent.

Modifié par herciv
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