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Guerre Russie-Ukraine 2022+ : Opérations militaires
Alexis a répondu à un(e) sujet de Alexis dans Politique etrangère / Relations internationales
Tout à fait d'accord. Mais il paraît clair que faire la guerre n'est pas un phénomène entièrement rationnel et froid, même voire surtout lorsqu'on est la partie agressée. Je peux très bien imaginer que les dirigeants ukrainiens s'inspirent en la modifiant de cette remarque de Theo -
Guerre civile en Syrie
Alexis a répondu à un(e) sujet de maminowski dans Politique etrangère / Relations internationales
Rôooooh... C'est pô bien de s'moquer -
Guerre Russie-Ukraine 2022+ : Opérations militaires
Alexis a répondu à un(e) sujet de Alexis dans Politique etrangère / Relations internationales
Courte vidéo de propagande de la Légion Liberté de la Russie. Avec sous-titres en anglais. Aucune idée de combien ils sont. Mais ils sont courageux, à n'en pas douter... -
Guerre Russie-Ukraine 2022+ : Opérations militaires
Alexis a répondu à un(e) sujet de Alexis dans Politique etrangère / Relations internationales
Les chiffres précis des pertes, voire même les chiffres très approximatifs, sont largement dissimulés par le brouillard de la guerre et les propagandes des protagonistes. Cela vaut pour les Russes comme pour les Ukrainiens. On en saura sans doute davantage après la fin de la guerre. Les pertes militaires "européennes et assimilées" sont d'un tout autre ordre de grandeur depuis 2022 que l'invasion de l'Irak ou l'occupation de l'Afghanistan, oui. Rien que pour la Russie on doit être quelque part entre la France pendant la guerre d'Algérie (25 000 morts) et l'Amérique pendant la guerre du Vietnam (58 000 morts)... mais en quinze mois plutôt que huit ans ! Quant aux pertes militaires humaines - sans se limiter aux Blancs - les guerres américaines en Irak et en Afghanistan n'avaient rien à envier à celle de la Russie en Ukraine. La guerre d'Irak en particulier, c'est plusieurs centaines de milliers de morts principalement civils - les estimations les plus hautes dépassent le million - en huit ans. L'invasion russe en Ukraine, en incluant de nombreux morts civils on doit être quelque part entre 100 000 et au pire du pire 200 000 en quinze mois. L'ordre de grandeur est très similaire. -
Guerre Russie-Ukraine 2022+ : Opérations militaires
Alexis a répondu à un(e) sujet de Alexis dans Politique etrangère / Relations internationales
D'une manière générale, les estimations de pertes sont similaires dans les discours ukrainien et russe. Les deux côtés sont d'accord pour dire que l'ennemi a eu 5 fois plus de pertes que nous. Dernièrement, on a pu assister à un alignement du discours américain sur le discours ukrainien. Il s'agit bien sûr d'un phénomène idéologique -
Guerre Russie-Ukraine 2022+ : géopolitique et économie
Alexis a répondu à un(e) sujet de Skw dans Politique etrangère / Relations internationales
Globalement d'accord. Je comparerais cette vision au phénomène des "membres fantômes", qui fait que les amputés peuvent "ressentir" un membre que pourtant ils n'ont plus. En quelque sorte, le cerveau conserve la "carte mentale" d'un corps entier, alors même que consciemment la personne sait bien qu'elle a perdu une partie de son corps. Mon impression personnelle est que ce phénomène est largement générationnel. C'est la génération actuellement au pouvoir qui d'une part peut éprouver ce phénomène de "membres fantômes" - où est mon Ukraine, où est ma Biélorussie, etc. - d'autre part a vécu l'effondrement catastrophique des années 1990 et son coût humain dantesque - des millions de morts prématurés - donc a une loyauté toute spéciale envers le dirigeant qui en a sorti la Russie. Je m'attendrais à ce que la génération suivante du peuple russe - ceux qui sont adolescents ou ont tout au plus la vingtaine aujourd'hui - exprime en grandissant des opinions nettement différentes, du fait de leur expérience si différente - un pays avec ses frontières de 1991, un pays raisonnablement prospère et en tout cas pas effondré. Lorsqu'ils seront au pouvoir - dans 20 ou 30 ans ? - je pense raisonnable d'espérer qu'ils fassent évoluer leur pays. D'ici là, on peut toujours espérer de bonnes surprises, mais il me semble plus prudent de se préparer à une vingtaine d'années où la Russie sera un danger au moins potentiel pour ses voisins anciennement soviétiques. Effectivement, il y a eu une profonde et gravissime erreur de calcul. Attention tout de même à ce qui probablement le plus troublant, et le plus dangereux. La réaction non seulement du pouvoir, mais de l'appareil de propagande, et d'une bonne partie au moins (majoritaire ?) de la population n'a pas été de prendre en compte - douloureusement - la réalité. Mais de redoubler d'effort, et de radicalité, dans la même direction. Un exemple, l'accusation de "nazisme" à l'encontre des Ukrainiens peut bien avoir quelques bases réelles (très limitées) avec la participation des miliciens néo-bandéristes au renversement du gouvernement ukrainien en 2014, l'essentiel de cette accusation est évidemment un mensonge... mais un mensonge qui a du sens. Le discours devient en fait juste et exact si l'on remplace le mot "nazi" par le mot "indépendantiste". Il s'agit principalement d'un masque pour la vraie accusation portée par Moscou à l'encontre des Ukrainiens, c'est-à-dire que la majorité veulent être indépendants de Moscou - cette accusation là est tout à fait exacte. Eh bien lorsque la force de la volonté de résistance des Ukrainiens est apparue au grand jour, vers mars 2022, la directrice de RT Margarita Simonyan a pu dire dans un débat à la télévision, l'air faussement (ou réellement, qui sait ?) surprise "Je n'avais pas idée que le nazisme était si répandu en Ukraine". Autrement dit, la réaction n'a pas été "Il y a quelque chose que nous ne comprenons pas. On s'est pris la réalité dans les dents, il faut regarder de plus près ce qui se passe au juste". Mais "Je conserve à tout prix mes convictions antérieures. J'escalade beaucoup plus haut que prévu car la situation est bien pire que ce que j'imaginais". En pratique, le pouvoir s'est préparé à une guerre longue, non plus pour balayer en quelques semaines un pouvoir impopulaire auprès de la grande majorité raisonnable des Ukrainiens (c'est-à-dire voulant être proches de la Russie, il est convenu de dire "pas nazi"), mais pour casser le "conditionnement nazi" (c'est-à-dire la volonté d'indépendance) d'un peuple dont on avait sous-estimé à quel point il avait été déformé par l'Occident corrupteur et allié objectif des néonazis. L'enjeu étant suivant cette vision - évidemment déformée voire délirante - encore plus élevé que prévu... la victoire est encore davantage nécessaire. Les efforts les plus grands sont donc justifiés pour l'obtenir. Je suis frappé de cet état d'esprit qui s'exprime aussi dans les discours de plus d'un homme d'Etat occidental. Une "certitude", vraiment ? La guerre est parfois surnommée le tribunal de la force. Non parce que c'est le droit qui serait aux commandes - c'est tout le contraire. Mais parce que ce tribunal, comme les autres, livre des verdicts. Ce verdict n'est pas encore connu. Et je ne fais là qu'enfoncer une porte ouverte. "Temps long" ? Dans ce cas nous sommes peut-être d'accord oui. Reste à bien comprendre que "long", ça peut être vraiment long. Si en 1832 un homme clairvoyant avait dit "La conquête de l'Algérie se terminera par une défaite pour la France, c'est une certitude"... il aurait eu raison. C'est bien ce qui s'est passé. Il a "juste" fallu pas mal de temps... La volonté d'indépendance ukrainienne n'a aucune raison de disparaître entièrement. Je verrais une bonne chance pour l'Ukraine de devenir indépendante dans les années 2050, ou du moins dans la seconde partie du siècle - après au moins un changement de génération en Russie. -
Guerre Russie-Ukraine 2022+ : Opérations militaires
Alexis a répondu à un(e) sujet de Alexis dans Politique etrangère / Relations internationales
Anna Ivanovna. Puisque c'est une femme... Некультурный, va ! -
Guerre Russie-Ukraine 2022+ : Opérations militaires
Alexis a répondu à un(e) sujet de Alexis dans Politique etrangère / Relations internationales
Intéressant, merci, mais la conclusion comme quoi "Ainsi, si nous ne prenons que les ressources des Pays-Bas et du Danemark, nous pouvons pour le moment parler de la possibilité potentielle que l’Ukraine reçoive un ou deux escadrons des Pays-Bas et un du Danemark - c’est-à-dire de 24 à 36 avions" me semble difficile à concrétiser cette année - sauf à ce que Pays-Bas et Danemark acceptent une réduction temporaire de leur armée de l'air. D'après l'article lui-même, les Pays-Bas n'ont retiré du service que 12 F-16 à ce jour, et les suivants seraient retirés du service lorsque d'autres F-35 auront atteint le bon niveau de préparation opérationnelle "en 2024". Le Danemark quant à lui reçoit ses 17 premiers F-35 cette année, mais il parait donc difficile qu'ils soient pleinement opérationnels avant 2024. La Belgique ne donnant rien car n'ayant pas encore reçu de F-35, le Royaume-Uni n'ayant pas de F-35 et les Etats-Unis maintenant leur refus d'en donner... ça ne laisserait que 12 F-16 à donner cette année, de la part des Pays-Bas. Ce qui ne doit certainement pas être négligé ! Mais n'est pas non plus une très grande quantité. C'est en 2024 que les Pays-Bas pourraient donner peut-être une douzaine supplémentaire, le Danemark une autre douzaine, la Belgique peut-être un peu... Bref que Kiev se retrouverait avec un nombre assez conséquent de chasseurs légers de fabrication occidentale. Nombre restant cependant petit comparé à l'arsenal de l'armée de l'air russe. Ne serait-ce qu'à ses > 100 Su-35. Douze F-16 seulement cette année, donc... Sauf à ce que Pays-Bas et/ou Danemark et/ou Belgique acceptent des risques pour eux-mêmes. Ou à ce qu'un autre pays s'engage à aider à leur défense aérienne pour les sécuriser dans l'intervalle. Ou à ce que d'autres donateurs de F-16 se présentent (la Norvège, qui a retiré ses F-16 en 2022 ?) -
Une énorme économie avec un drone comparé à un avion piloté, c'est que le drone n'a pas besoin d'être utilisé 200-250 heures par an pour la formation / le maintien des compétences des pilotes. Les frais d'exploitation d'un avion piloté, qui sur la durée de vie dépassent le coût d'achat et souvent nettement, sont réduits à peu de choses.
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Guerre Russie-Ukraine, quel dénouement ?
Alexis a répondu à un(e) sujet de Alexis dans Politique etrangère / Relations internationales
Dans une guerre d'attrition, il peut arriver un moment où l'une des armées est épuisée, l'attrition l'a trop affaibli. Au point où l'adversaire encore debout n'a qu'à continuer sa pression... Pour qu'elle cède et s'effondre. C'est même l'objectif d'une guerre d'attrition que d'en arriver à ce moment. Si en 1916 ou 1917 l'armée allemande avait gagné la bataille, au sens d'épuiser l'armée française et de gagner la guerre d'attrition (ils n'y sont pas parvenus) ... Aurait il été impossible aux Allemands d'aller jusqu'à Paris ou Bordeaux ? Il n'est pas dit que la Russie gagne la guerre d'attrition. Mais le risque est élevé, et Moscou semble prêt à essayer vraiment longtemps -
Guerre Russie-Ukraine, quel dénouement ?
Alexis a répondu à un(e) sujet de Alexis dans Politique etrangère / Relations internationales
Pas à l'échelle qui permettrait de percer le double confinement d'un réacteur nucléaire. Il était extrêmement facile alors en 2000 de simplement faire une opération punitive à Grozny, puis de se retirer en disant "Si vous recommencez à bombarder Moscou, on revient". Même pas besoin de modifier la Constitution, sauf erreur de ma part ! C'était d'ailleurs militairement réaliste, car la Russie n'avait pas les moyens de prendre le contrôle de la Tchétchénie dans la durée - du moins pas à un coût raisonnable. Mais ce n'est pas la voie qui fut choisie. Dix ans de guerre, la mort de 12 000 soldats russes et de plus de 100 000 Tchétchènes ont permis de changer les faits sur le terrain. Tout ça pour un petit bout de terre peuplé de 1 million de personnes. Les cinq oblasts ukrainiens annexés, c'est une douzaine de millions de personnes. l'Ukraine toute entière une quarantaine de millions - enfin disons trente compte tenu de ceux qui s'exileraient définitivement. Et c'est le deuxième pays le plus vaste d'Europe après la Russie. Je crois qu'il y a vraiment une sous estimation de la volonté que peut manifester le pouvoir russe dans la durée pour un objectif comme celui là. J'ai déjà dit ce que je pensais du risque politique en Russie, et pourquoi je l'estime très bas. -
Guerre Russie-Ukraine, quel dénouement ?
Alexis a répondu à un(e) sujet de Alexis dans Politique etrangère / Relations internationales
Rappel bienvenu, merci. Pendant que le vassal du Nord la Russie monopolise l'attention des Occidentaux - j'ai failli écrire : amuse la galerie - des choses beaucoup plus importantes se passent... Ailleurs. La Chine a par exemple triplé ses exportations vers le reste de l'Asie dans les quatre dernières années. Elle conquiert son marché automobile intérieur, avant de conquérir le marché mondial. Les pays du Sud devenus très méfiants envers le dollar ouvrent de multiples possibilités à Pékin. Pendant ce temps la qualité de l'éducation continue de s'effondrer dans beaucoup de pays occidentaux. Leurs industries continuent de se voir tailler des croupières par leurs concurrents asiatiques, avant tout chinois. On s'y intéresse à telle ou telle idéologie, ou à la guerre du vassal du Nord... Davantage qu'à ce qui compte vraiment. Le dirigeant le plus puissant du Monde disait récemment à Vladimir Poutine qu'il souhaitait sa réélection en 2024, que rien ne pourrait être meilleur. On le comprend aisément. -
Guerre Russie-Ukraine, quel dénouement ?
Alexis a répondu à un(e) sujet de Alexis dans Politique etrangère / Relations internationales
Non, selon la Constitution russe, ce n'est pas la Crimée qui est non négociable. C'est la Crimée... Plus quatre autres provinces ukrainiennes. Ce depuis les "référendums" de septembre 2022, qui étaient certes des simulacres ridicules, mais n'en ont pas moins pris force constitutionnelle en Russie. Vladimir Poutine a brûlé ses vaisseaux en les organisant. Il s'est interdit de faire marche arrière. Si une offensive ukrainienne réussit à atteindre la mer d'Azov et à progresser dans le Donbass, voire à atteindre l'isthme de Crimée... La guerre n'en sera pas terminée pour autant. Ni les objectifs de Moscou modifiés. A la fin des fins, soit l'Ukraine sera écrasée, soit la Russie connaîtra un effondrement/ une révolution. J'ai déjà dit ce que je pensais des probabilités respectives de ces deux scénarios. Un gouvernement ukrainien désespéré pourrait être conduit à des actions désespérées, oui. Façon "Samson dans le temple des Philistins" Cela dit, les Ukrainiens ne disposent pas d'ATACMS. Et leur capacité technique à utiliser leurs Storm Shadows en dehors de leur territoire est sujette à caution - qu'en est il de l'outil de planification de mission et de programmation du missile, en ont ils vraiment le contrôle absolu, Londres a t il été si imprudent ? Quant aux F-16 voire Mirage 2000, les Ukrainiens auront ils le contrôle total, sans "sécurité logicielle" permettant à Washington / respectivement Paris de bloquer une mission de bombardement en territoire russe ? Je n'y crois pas, perso. Si je me trompe sur ce point, alors nous nous rapprochons de l'option 5 du sondage... La guerre qui finirait par dériver vers une guerre généralisée. C'est justement à cause de ce risque que je ne crois absolument pas au don aux Ukrainiens de moyens de frappe capables d'atteindre la profondeur du territoire russe sans "garde-fou" sous contrôle d'un pays occidental -
Guerre Russie-Ukraine 2022+ : géopolitique et économie
Alexis a répondu à un(e) sujet de Skw dans Politique etrangère / Relations internationales
Dans la série "Un prêté pour un vomi rendu" Le Ministère de l'intérieur a lancé un avis de recherche à l'encontre du procureur de la Cour pénale internationale de La Haye Le ministère de l'Intérieur a mis le procureur de la Cour pénale internationale de La Haye sur la liste des personnes recherchées. En mars, la commission d'enquête a ouvert une enquête contre lui et trois juges en vertu de plusieurs articles du code pénal. Cela s'est produit après que la CPI a émis un mandat d'arrêt contre Poutine et Lvova-Belova (...) La commission d'enquête russe a ouvert une affaire contre Khan et trois juges de la CPI le 20 mars. La commission d'enquête a vu dans l'action du procureur des signes de crimes au sens de trois articles du code pénal : responsabilisation pénale d'une personne sciemment innocente avec accusation illégale d'une personne d'avoir commis une infraction grave ou particulièrement grave (partie 2 de l'article 299 du Code pénal, jusqu'à 10 ans de prison), la préparation d'un crime (partie 1 article 30) et une attaque contre des personnes sous protection internationale dans le but de compliquer les relations internationales (partie 2 de l'article 360, jusqu'à 10 ans de prison ). Au lieu de l'article 299 du Code pénal, dans les actions des juges, la commission d'enquête a vu des signes de détention délibérément illégale (Partie 2 de l'article 301 du Code pénal) Bon, sur le fond, tout cela (la CPI qui dit ceci, le ministère russe qui dit cela)... est à mettre évidemment au chapitre "Beaucoup de bruit pour rien" -
Guerre Russie-Ukraine, quel dénouement ?
Alexis a répondu à un(e) sujet de Alexis dans Politique etrangère / Relations internationales
C'est là encore un scénario qui pourrait se tenir. Mais j'ai bien choisi de limiter le nombre de choix possibles, afin de garder un peu de lisibilité au résultat du sondage - ce qui n'empêche pas de préciser des choses en commentaire comme tu le fais. Ce que tu décris me semble effectivement arriver sur l'option "cessez-le-feu stable". Disons que c'est un moyen assez effrayant d'y parvenir... -
Guerre Russie-Ukraine, quel dénouement ?
Alexis a répondu à un(e) sujet de Alexis dans Politique etrangère / Relations internationales
Il te parle Je suis conscient d'avoir choisi une option impopulaire. Dans les deux sens du terme : y a pas beaucoup de monde pour la choisir, et ça ne ferait pas plaisir à grand monde. J'ai hésité avec l'option "Traité de paix officiel", qui est aussi une possibilité sérieuse à mon avis. Mais s'il faut choisir entre ces deux-là, c'est l'Ukraine subissant le sort de la Pologne en 1795 qui me paraît le plus probable Mes raisons : 1) Je ne crois pas à un affaiblissement de la volonté du pouvoir russe à terme prévisible. Même si l'option "on fait un compromis sur la base de la ligne de front actuelle" leur était offerte - et elle ne l'est pas - je ne les vois pas accepter, parce que l'avancement actuel de leur projet est encore une "défaite nette" pour la Russie - une partie de l'Ukraine conquise, mais le reste 10 fois plus "remonté" contre la Russie, sans compter la position internationale de la Russie gravement fragilisée. Et aussi parce qu'un éventuel "cessez-le-feu instable" serait dangereux pour la Russie, sachant que l'Ukraine risquerait de profiter davantage de l'intermède pour renforcer sa puissance, grâce au soutien du bloc occidental, même des seuls Européens, que la Russie ne pourrait le faire vu ses limites économiques. 2) Je ne crois pas à un affaiblissement de l'acceptation du pouvoir par la société russe. D'une part la stabilité économique semble assurée à terme prévisible - la guerre économique occidentale a échoué, le Monde n'est pas intéressé à y coopérer - d'autre part la guerre ne pèse que modérément sur le quotidien de la grande majorité de la population - je ne vois d'ailleurs pas le pouvoir faire l'erreur de multiplier les mobilisations. Les protestations politiques sont d'ailleurs de plus en plus limitées - de moins en moins de manifestants par exemple. Et la mémoire du chaos qu'ont été les années 1990 et de son coût humain, chaos auquel le pouvoir de Poutine a mis fin, ne peut que rendre la génération actuelle des Russes très méfiante à l'idée d'une quelconque aventure politique. Du moins tant que le pouvoir ne rend pas la vie trop difficile à la majorité, et ils ne sont pas assez stupides pour cela. La Russie me semble davantage menacée par une longue période de glaciation politique à la Brejnev au XXème siècle, ou à la Nicolas Ier au XIXème siècle, que par un effondrement politique à la 1917 ou 1991. Quand les Russes de 15-20 ans, ceux qui n'ont jamais connu le chaos des années 90, seront des gens d'âge mûr ? Cela pourrait fort bien changer. Mais pas maintenant. 3) Je ne crois pas au maintien à moyen terme d'un très fort soutien matériel occidental. Notamment américain - et c'est le principal, et les Européens même s'ils s'alignaient tous sur la volonté de la Pologne, n'ont pas les moyens matériels de soutenir l'Ukraine autant que les Etats-Unis le font. Washington a d'autres chats à fouetter, notamment en Extrême-Orient, et encore pas mal de problèmes internes, cela se ressent déjà dans certaines limites que l'administration Biden a mis à son soutien - une trentaine de chars M1 alors qu'ils en ont plus de 3 000 dans leur stock de réserve, aucun avion de combat. Cela se ressentira bien davantage lorsque la partie républicaine de l'opinion américaine devra davantage être prise en compte, ce qui arrivera d'une manière ou d'une autre, du fait de la campagne électorale qui devrait commencer vraiment vers la fin de l'année, ou parce qu'un candidat républicain est élu - sans parler de la possibilité que le président à crête orange ne revienne à la Maison Blanche. 4) Je ne crois pas à la capacité humaine et matérielle de l'Ukraine de continuer à tenir, comme ils le font de manière si remarquable depuis des mois, face à la supériorité matérielle de la Russie, sans un soutien occidental, y compris américain, très fort. Je ne suis même pas certain qu'ils le pourraient s'ils bénéficiaient d'un tel soutien - mais comme ils ne l'ont pas la question n'est que théorique. ==>La conclusion découle d'elle-même de ces arguments Elle est contre-intuitive si on prend en compte l'immobilité quasi-complète du front depuis plus de six mois - laquelle n'empêche d'ailleurs pas une attrition qui en l'absence de déséquilibre gigantesque des pertes de part et d'autre ne peut que favoriser le pays qui a les plus grandes réserves humaines et surtout matérielles, c'est-à-dire la Russie. Mais comme c'est là que la logique me mène, c'est là mon pronostic personnel. Sauf à ce qu'un traité de paix ne vienne refermer le sujet, ce qui supposerait que la Chine fasse pression sur la Russie pour qu'elle n'abuse pas d'une victoire qui aurait commencé à se dessiner, ce qui supposerait que les Européens trouvent le moyen - et la volonté et la cohérence ! - pour savoir motiver la Chine à intervenir... Une possibilité réelle à mon sens, mais même en étant optimiste j'ai du mal à lui attribuer une grosse probabilité. -
Guerre Russie-Ukraine 2022+ : géopolitique et économie
Alexis a répondu à un(e) sujet de Skw dans Politique etrangère / Relations internationales
On peut aussi périodiquement rappeler combien l'alliance avec le petit partenaire est essentielle et fondamentale à la sécurité du monde entier, et combien la Chine apprécie, écoute et admire les avis du petit dépendant. Les États-Unis savent très bien faire cela et le pratique depuis longtemps, notamment avec un certain pays qui vient de se couronner un roi à grandes oreilles -
Guerre Russie-Ukraine, quel dénouement ?
Alexis a répondu à un(e) sujet de Alexis dans Politique etrangère / Relations internationales
Oui, j'ai voulu cependant éviter de trop complexifier le sondage... Dans les mots "issue" et "dénouement", il y a toutefois l'idée d'un débouché vers quelque chose de stable. Dans 1 an, dans 15 ans, peu importe. Vu ton pronostic, le bon choix dans le sondage... dépendrait de ton pronostic sur cette "revanche" russe dans quelques années. -
Guerre Russie-Ukraine 2022+ : Opérations militaires
Alexis a répondu à un(e) sujet de Alexis dans Politique etrangère / Relations internationales
De fait, merci pour l'info, voici la séance à l'Assemblée nationale où on en parle M. Pierre Morel-À-L’Huissier (LIOT). (...) Allez-vous franchir un nouveau cap en livrant des avions de combat ? On parle, en effet, d’une cession de Mirage 2000 C, récemment retirés du service. Et celle au Sénat M. Philippe Folliot. - (...) D'après ce que nous avait indiqué le chef d'état-major de l'armée de l'air, nous avons 12 Mirage 2000 C actuellement stockés et prêts à être vendus. A noter que le ministre ne parle pas de la version C. Il parle simplement de "Mirage", sans préciser la version. Peut-être pense-t-il à des 2000 C, peut-être à autre chose. C'est seulement dans le texte des questions que les "2000 C" sont évoqués. L'information comme quoi 12 Mirage 2000C opérationnels seraient stockés semble sérieuse en revanche, puisque l'origine est le CEMAAE. -
Guerre Russie-Ukraine 2022+ : géopolitique et économie
Alexis a répondu à un(e) sujet de Skw dans Politique etrangère / Relations internationales
Je crois qu'elle vaudra bien la tête de Zelenski si Al Assad remercie publiquement la Russie pour l'aide à combattre le danger djihadiste -
Guerre Russie-Ukraine, quel dénouement ?
Alexis a posté un sujet dans Politique etrangère / Relations internationales
Ce sondage n'a évidemment aucune valeur prédictive. Il ne s'agit que de faire un tour d'horizon des points de vue des intervenants sur le forum. N'hésitez pas à développer votre avis le cas échéant, au-delà du choix d'une réponse possible au sondage -
Guerre Russie-Ukraine 2022+ : Opérations militaires
Alexis a répondu à un(e) sujet de Alexis dans Politique etrangère / Relations internationales
Moi je suis un type simple, et quand je veux vérifier quelque chose je demande souvent à Kiki Pédia qui me dit qu'outre les Rafale et les indispensables M2000D et M2000-5F, l'AdAE ne dispose que de sept (7) M2000B lesquels ne servent plus qu'à faire de la transformation. Par exemple transformer du MiG-29 au Mirage 2000 un pilote à l'accent slave ? Peut-être, qui sait ? Les M2000C et M2000N retirés récemment du service n'ont peut-être guère plus de potentiel, voire ne sont plus du tout fonctionnels. En reste t il conservés sous cocon qui pourraient être donnés ? Mystère et boule de gomme. -
Guerre Russie-Ukraine 2022+ : géopolitique et économie
Alexis a répondu à un(e) sujet de Skw dans Politique etrangère / Relations internationales
Sur ce point, j'ai une analyse différente. L'affaiblissement de la Russie dans sa relation avec la Chine est clair, Moscou dépend désormais en premier lieu de Pékin pour continuer à commercer ainsi que pour limiter l'impact des sanctions "technologiques" du bloc occidental. La relation Pékin-Moscou en est encore beaucoup plus déséquilibrée, avec conséquences de long terme pour la Russie sujettes à caution. Mais ce n'est pas les Etats-Unis qui ont fait cela. Je suis à peu près sûr que Vladimir Poutine n'est pas un agent de la CIA En revanche, c'est un auteur, dont les livres gagnent à être connu. Je pense notamment à cette nouvelle entrée dans la collection "Que Sais-Je ?" -
Guerre Russie-Ukraine 2022+ : Opérations militaires
Alexis a répondu à un(e) sujet de Alexis dans Politique etrangère / Relations internationales
Sur le sujet "Avions de combat occidentaux pour l'Ukraine ?", je signalerais aussi une possibilité assez hypothétique, mais tout de même loin d'être exclue. En mars, la presse française signalait que "depuis un mois et demi", des pilotes ukrainiens étaient formés sur Mirage 2000 en France. Donc depuis début février. Le chiffre d'une trentaine était cité, chiffre peut-être surestimé si la trentaine de personnes incluait du personnel non-navigant. Mais enfin il y avait des pilotes dans le lot ça semble certain. Le message politique de Macron est depuis longtemps qu'une donation d'avions de combat par la France n'est pas d'actualité mais n'est "pas exclue". Cela a été redit il y a quelques jours, le sujet n'est "pas prioritaire"... mais on confirme dans le même temps la formation de pilotes ukrainiens. La France a t elle des Mirage 2000 à donner aux Ukrainiens ? En un mot, non. Les 2000-5F et 2000D sont indispensables vu le nombre réduit de Rafale (un peu moins d'une centaine) Quant aux 2000B, ce sont de vieux appareils non modernisés qui ne servent plus qu'à la formation des pilotes. Mais les Emirats Arabes Unis, peut-être, et la France pourrait leur en racheter. Leur soixantaine d'appareils vont être remplacés par des Rafale, déjà commandés mais pas encore livrés. Il est prévu qu'ils en donnent au Maroc à titre gracieux, mais pas forcément beaucoup. Ils en ont besoin encore pour leur défense naturellement, mais peut-être pas de tous ? D'autant plus si la France accepte de baser davantage de ses Rafale aux Emirats en attendant la livraison des premiers Rafale émiriens, dans le cadre de l'alliance étroite entre les deux pays - ce qui serait une contrainte opérationnelle pour l'armée de l'air, mais tout de même bien moindre qu'une donation d'appareils. L'intérêt de ce scénario, c'est que les appareils émiriens sont des Mirage 2000-9, la version "ultime" et ce qui se fait de mieux en la matière. Les Emiratis en sont davantage satisfaits que de leurs F-16E/F Block 60, lesquels sont eux-mêmes plus avancés que les F-16 standard MLU (Mid-Life Update) à la disposition de Pays-Bas, Belgique ou Danemark et les F-16C/D-52+ polonais. Les 2000-9 peuvent tirer des missiles de croisière SCALP (que les Britanniques appellent Storm Shadow) ainsi que des missiles air-air MICA avec un radar RDY-2 à capacité multi-cible. Ça reste seulement un scénario. Mais puisque certains signes laissent envisager depuis plusieurs mois qu'il pourrait être en train d'être préparé, on ne peut exclure que Paris annonce d'ici peu de mois voire quelques semaines que - vous allez rire, Vladimir - les Ukrainiens ont des Mirage 2000-9. -
Guerre Russie-Ukraine 2022+ : Opérations militaires
Alexis a répondu à un(e) sujet de Alexis dans Politique etrangère / Relations internationales
Du nouveau sur cette question, il semble que mon pessimisme sur la volonté de Washington d'autoriser des pays européens à livrer leurs F-16 n'était pas justifié. Les États-Unis signalent à leurs alliés qu'ils ne bloqueront pas leurs exportations de F-16 vers l'Ukraine Ces dernières semaines, l'administration Biden a fait savoir à ses alliés européens que les États-Unis les autoriseraient à exporter des avions de combat F-16 vers l'Ukraine, selon des sources au fait des discussions (...) Les fonctionnaires de l'administration n'ont toutefois pas connaissance de demandes officielles d'exportation de F-16 de la part d'alliés, et les fonctionnaires du département d'État qui seraient normalement chargés des formalités administratives pour approuver de tels transferts de tiers n'ont pas reçu l'ordre de se mettre au travail, ont indiqué les fonctionnaires. (...) Si les États-Unis restent réticents à l'idée d'envoyer leurs propres F-16 à Kiev, des responsables américains ont déclaré à CNN que l'administration était prête à approuver l'exportation des avions à réaction vers l'Ukraine si c'est ce que les alliés décident de faire avec leur approvisionnement. Reste que Washington n'a reçu à ce jour aucune demande de transfert de F-16... ... Et bien sûr, le stock britannique de F-16 n'est pas très grand ! Mais Pays-Bas, Belgique, Danemark, Pologne... ont tous des F-16 en service, et ont déjà commandé des F-35 pour les remplacer. Il n'est pas exclu qu'ils se cotisent, chacun à raison d'une poignée d'appareils (4, 6, 8 ?) Et l'US Air Force a fait savoir que le délai estimé pour former au F-16 des pilotes ukrainiens déjà expérimentés est de 4 mois. Il n'est donc pas exclu que quelque part autour de l'automne, des F-16 aux couleurs ukrainiennes apparaissent sur le front. Si, bien sûr, au moins l'un de ces quatre pays passe des paroles aux actes.