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Guerre Russie-Ukraine 2022+ : Opérations militaires
Alexis a répondu à un(e) sujet de Alexis dans Politique etrangère / Relations internationales
Pas forcément une attaque suicide. Le conducteur du camion pourrait simplement ne pas avoir été mis au courant... -
Guerre Russie-Ukraine 2022+ : Opérations militaires
Alexis a répondu à un(e) sujet de Alexis dans Politique etrangère / Relations internationales
C'est vrai D'un autre côté, c'est le jeu de Poutine de mettre les quatre provinces confisquées sur le même plan que la Crimée. C'est pourquoi il leur a donné le même statut, c'est pourquoi il a fait une allusion nucléaire les englobant, laissant entendre que le nucléaire serait le dernier échelon pour les défendre et non seulement pour défendre la Crimée (ce qu'on savait déjà) Aider Poutine à lier la Crimée aux quatre provinces annexées n'est pas à l'avantage de l'Ukraine. Cela dit... Il est vrai que Poutine a probablement déjà décidé de défendre ces 4 provinces, ou les reconquérir si l'Ukraine les récupérait, avec le nucléaire si nécessaire. Donc il est vrai que ça ne fait peut être pas de différence au final. Et en attendant ça met du baume au cœur des Ukrainiens -
Guerre Russie-Ukraine 2022+ : Opérations militaires
Alexis a répondu à un(e) sujet de Alexis dans Politique etrangère / Relations internationales
C'est un avantage opérationnel c'est vrai. Mais cela renforce la détermination russe à tenir le lien terrestre entre Russie et Crimée. Ce qui est un inconvénient stratégique pour l'Ukraine, rendant plus improbable de faire "accepter" à la Russie que les Ukrainiens récupèrent Melitopol, au sens si Kiev en reprend le contrôle de ne pas revenir plus tard (en 2023) avec plus de forces ni d'escalader vers le nucléaire. Obtenir un avantage opérationnel en échange d'un inconvénient stratégique ne me semble pas une bonne opération. Cela dit il est vrai qu'on doit jubiler en Ukraine. -
Guerre Russie-Ukraine 2022+ : Opérations militaires
Alexis a répondu à un(e) sujet de Alexis dans Politique etrangère / Relations internationales
Oui. C'est l'une des raisons pour lesquelles la destruction de ce pont, avec un temps indéterminé pour réparer les dommages, et probablement pas avant la fin de la guerre sinon qu'est ce qui empêcherait une nouvelle frappe... n'est pas forcément l'idée de l'année du point de vue ukrainien. Même si ça leur cause évidemment une jubilation compréhensible vu ce qu'ils subissent par ailleurs. Avant la fin de la guerre ? Ce serait tenter le diable... Joli oui. Même si perso je préfère mon cadeau à moi. -
Guerre Russie-Ukraine 2022+ : géopolitique et économie
Alexis a répondu à un(e) sujet de Skw dans Politique etrangère / Relations internationales
Le point 3 est davantage en filigrane oui. La conséquence me paraît directe cependant parce que la situation dont nous parlons serait une poursuite de l'escalade, face à une Russie beaucoup plus faible que l'OTAN sur le plan conventionnel, escalade annulant la supériorité que la Russie viendrait de s'assurer en Ukraine du sud-est par des moyens nucléaires. Annulant donc un résultat dont Moscou viendrait de montrer qu'il est prêt à passer le seuil nucléaire pour le garantir... C'est à dire un résultat qu'il considère faire partie de ses intérêts vitaux. Démonstration dont la réalité matérielle apparaîtrait sur tous les écrans du monde sous forme d'un certain nombre de champignons atomiques, plus les récits hallucinés des survivants, plus les grands brûlés qu'il faudrait repartir dans les hôpitaux de nombreux pays pour pouvoir les soigner (les capacités de traiter ce genre de blessure sont rares), plus des inquiétudes sur les retombées, etc. etc. La logique même de la préservation des intérêts vitaux implique de ne rien faire qui mette en danger les intérêts vitaux d'une autre puissance dotée, ou plus précisément l'idée qu'elle s'en fait. Sinon cette puissance risque fort de réagir en mettant en danger vos intérêts vitaux à vous. Donc si vous tenez à vos intérêts vitaux, si vous êtes prêts à les défendre à n'importe quel prix y compris un massacre de civils réciproque par millions chez les autres et chez vous... Vous êtes aussi prêt à payer le prix beaucoup plus petit consistant à vous abstenir d'atteindre ce qu'une autre puissance dotée considère sincèrement être ses intérêts vitaux. Même si cette définition est contraire au droit international, même si elle piétine un pays qui a le tort de ne pas être une puissance dotée - du moment bien sûr que vous n'êtes pas engagé envers ce pays par une alliance. Or la France est engagée envers Pologne et Roumanie, envers Lituanie et Grèce... Mais pas envers l'Ukraine. La question fondamentale est donc celle de la sincérité de la direction russe. Non pas seulement l'homme Poutine bien sûr, même si c'est lui l'autocrate, mais la classe politico-militaires, les siloviki. Merkel, qui connait très bien l'homme Poutine qu'elle a longtemps pratiqué, chacun parlant la langue de l'autre, a récemment averti qu'elle considère qu'il est absolument sérieux, qu'il ne bluffe pas. Un peu d'exploration des discours des autres dirigeants et des analystes de défense russes suffit à convaincre que Poutine n'est pas seul. Ou alors, s'ils font tous semblant, nous avons affaire à une troupe d'acteurs nombreuse, tous très bons, et très bien coordonnés. Ce n'est pas le plus probable. Je me répète, mais je ne crois pas que la Russie passera au nucléaire à court terme. Si tout va mal pour eux encore l'année prochaine, oui le risque existe. Alors les cartes seront abattues, et on verra qui bluffait et qui ne bluffait pas. Je suis convaincu que c'est l'Amérique qui bluffe. Ils n'attaqueront pas les forces russes dans ce cas. Et l'intervention d'Emmanuel Macron peut encore être résumée ainsi "Joe, n'essaie pas de bluffer. En tout cas moi je ne ferai pas semblant" Je me réjouis que le PR refusé ce jeu. -
Guerre Russie-Ukraine 2022+ : géopolitique et économie
Alexis a répondu à un(e) sujet de Skw dans Politique etrangère / Relations internationales
Rappel utile, mais comme indiqué dans l'article Erdogan s'est coupé de tous les pays d'Europe, et de l'Amérique par dessus le marché : «Erdogan n’a pas intérêt à déclencher un incident en Grèce.» Il s'agit très probablement de provocations à usage interne. Si cependant Erdogan est devenu idiot, la Turquie se retrouvera en guerre au minimum contre la Grèce et contre la France, une bonne partie de la flotte turque ira au fond de l'eau, et la ou les îles qui auraient été conquises par surprise seront libérées par la force. Erdogan le sait. C'est pourquoi je pense qu'il ne se passera rien -
Guerre Russie-Ukraine 2022+ : géopolitique et économie
Alexis a répondu à un(e) sujet de Skw dans Politique etrangère / Relations internationales
Emmanuel Macron a été invité aujourd'hui à commenter les déclarations du président américain sur un "Armageddon" nucléaire. Le passage commence à 0'46''. Je transcris : Je me suis toujours refusé, en général, à faire de la politique-fiction. Et en particulier je pense que c'est adapté quand on parle de nucléaire. Nous sommes une puissance dotée. Nous avons à cet égard une doctrine qui est claire, que j'ai pu réitérer il y a de cela quelques semestres et qui ne change pas. Et je pense qu'en la matière il nous faut tous avoir beaucoup de prudence. Les paroles peuvent sembler modérées, voire un peu fades ou creuses. En réalité elles sont fortes, voire cinglantes - c'est que le "langage nucléaire", le langage des personnes qui ont le contrôle direct d'un arsenal nucléaire lorsqu'elles parlent de ces armes, est par nature et obligation policé, et il faut en tenir compte pour interpréter. Les messages que j'entends sont les suivants : 1. Le président Biden a parlé de façon inadaptée et imprudente 2. La France maintient et maintiendra sa "claire" doctrine de dissuasion nucléaire protégeant ses seuls intérêts vitaux. En filigrane - enfin à peine - le rappel que l'Ukraine n'est pas un intérêt vital de la France 3. En filigrane aussi, ou du moins en conséquence assez immédiate, le fait qu'une campagne militaire contre une autre puissance dotée - la Russie - pourrait mettre en danger les intérêts vitaux de la France. Bref, que dans le cas où les Etats-Unis attaqueraient les forces russes suite à des tirs nucléaires russes en Ukraine, la France n'y participerait pas Quoi que l'on pense de Macron, et les opinions politiques les plus diverses peuvent être soutenues, je crois nécessaire de reconnaître une chose : Emmanuel Macron n'est pas en état de mort cérébrale -
Guerre Russie-Ukraine 2022+ : géopolitique et économie
Alexis a répondu à un(e) sujet de Skw dans Politique etrangère / Relations internationales
Ce n'est pas "fou" du tout. Dit autrement : un agresseur est forcé d'être incomparablement plus prudent si sa cible a une dissuasion nucléaire. C'est bien la raison pour laquelle nous avons des armes nucléaires ! Même logique pour Israël... le Pakistan... même la Corée du Nord... et les autres. C'est simplement une vérité qui n'a finalement convaincu qu'assez peu de pays. Il n'y a que 9 puissances nucléaires sur la planète, tandis que le traité d'interdiction des essais nucléaires aurait nécessité pour entrer en vigueur (il ne l'est pas) la ratification de chaque membre d'une liste comptant pas moins de 44 pays... c'est-à-dire que chacun d'entre eux était estimé capable d'avoir un programme nucléaire s'il le décidait. C'était en 1996. Aujourd'hui le nombre est probablement plus important. Certains scénarios d'évolution du conflit russo-ukrainien pourraient faire changer d'avis pas mal des 35 pays "qui pourraient mais ont décidé que non". Peut-être, peut-être pas. Le texte correspondant sur Wikipédia précise que l'Ukraine n'a jamais eu le contrôle sur aucune arme nucléaire - elle ne contrôlait pas les armes soviétiques restées sur son territoire. Et surtout que prendre le contrôle sur ces armes, et en faire un programme crédible et qui puisse être maintenu dans le temps aurait posé des problèmes pratiques redoutables. S'il y avait eu une volonté politique d'acier à Kiev pour aller dans cette direction, peut-être y seraient-ils arrivés, contre des pressions massives issues à la fois de l'Ouest et de l'Est. Ce n'est même pas certain. Il n'y avait pas une telle volonté inflexible à l'époque. Oui. Les années qui viennent seront économiquement difficiles en Europe, à des degrés divers selon les pays certes, mais pour tout le monde. Et l'hiver 2023-24 sera plus dur que l'hiver qui vient, précisément pour cette raison. -
Guerre Russie-Ukraine 2022+ : Opérations militaires
Alexis a répondu à un(e) sujet de Alexis dans Politique etrangère / Relations internationales
Bon sang supprime ce commentaire tout de suite ! C'est secret défense, ça n'a rien à faire sur le forum -
Guerre Russie-Ukraine 2022+ : géopolitique et économie
Alexis a répondu à un(e) sujet de Skw dans Politique etrangère / Relations internationales
Analyse intéressante de Policy Tensor sur un potentiel Zugzwang nucléaire Un zugzwang, c'est une situation où on est forcé de jouer alors qu'on ne dispose que de mauvaises options. L'auteur décrit la situation à laquelle devrait faire face Washington après que Moscou ait passé le seuil nucléaire en Ukraine. Discutable, comme toute analyse, mais intéressant Je ne copie que des extraits Supposons que les armées russes en Ukraine risquent de s'effondrer, de sorte que les options de Poutine sont d'introduire des armes nucléaires dans le conflit ou de capituler. Dans une situation aussi désespérée, Poutine pourrait bien trouver l'escalade plus attrayante que la capitulation. Mais à quoi cela ressemblerait-il ? L'utilisation d'armes nucléaires par la Russie, à quelque échelle que ce soit, transformerait complètement le conflit en un type de conflit entièrement différent et beaucoup plus dangereux. Briser le tabou nucléaire vieux de 76 ans serait un événement extrêmement dramatique. Nous devrions nous attendre à une panique mondiale, du genre de celle que nous n'avons jamais vue auparavant, pas même en octobre 1962, qui était "une crise légère", comme l'a dit Schelling (il essayait de saisir tout l'espace de possibilités des concours de prise de risque et de tolérance à la douleur). (...) Précisément parce qu'il s'agit d'une rupture spectaculaire avec les précédents, même une détonation de démonstration changerait radicalement le caractère du conflit russo-occidental sur l'Ukraine. Les New-Yorkais et les Berlinois, etc., fuiront probablement les villes. Partout, en Europe et en Amérique, les supermarchés se videraient probablement en quelques heures. De nombreuses autorités locales pourraient mettre en place des mesures de défense civile, alors même que les gouvernements fédéraux appellent partout au calme. Un effondrement généralisé de la loi et de l'ordre serait une réelle possibilité, surtout en Amérique, où il serait accompagné de passions partisanes et d'accusations. Dans de telles conditions, il sera extrêmement difficile de maintenir l'alliance occidentale. En effet, il est possible que même l'OTAN se brise sous la pression, car les forces politiques anti-guerre et/ou pro-russes émergeraient de la répression et menacent de briser la coalition occidentale. À mon avis, l'effet immédiat sur le champ de bataille serait de geler de force le conflit militaire sur le terrain. Le seul impact psychologique de la détonation obligerait les Ukrainiens à arrêter immédiatement toutes les offensives militaires. Et si les Ukrainiens avaient un tel appétit pour le risque qu'ils voulaient poursuivre la lutte militaire, les États-Unis les obligeraient à faire marche arrière sous peine de les abandonner. Car l'effet diplomatique serait tout aussi spectaculaire. La réponse verbale de la communauté des nations sera un opprobre extrêmement fort sur les actions russes, bien sûr. Mais, plus important encore, la pression mondiale sur les parties belligérantes pour qu'elles cessent de se battre et commencent à négocier diplomatiquement serait considérable. Si cela se produit, les États-Unis ne se retrouveront qu'avec de mauvaises options. En effet, la Russie aurait imposé un Zugzwang nucléaire aux États-Unis. Zugzwang : Situation dans laquelle l'obligation de faire un coup à son tour constitue un désavantage décisif. (...) Précisément parce que la Russie est si faible par rapport à l'OTAN, toute guerre Russie-OTAN finira par dégénérer en guerre nucléaire stratégique, le seul niveau auquel la Russie jouit de la parité avec les États-Unis. Ainsi, toute contre-escalade de la part des États-Unis comporterait un risque d'escalade et un danger nucléaire. Il pourrait être logique de supporter ce risque si un intérêt stratégique vital des États-Unis était en jeu - une attaque contre l'Europe occidentale, par exemple. Mais supporter ce risque d'escalade vaut-il la chandelle pour une position étendue jusqu'à la frontière russe ? (...) À mon avis, si la Russie risque sérieusement d'être évincée d'Ukraine, le Kremlin tentera une "escalade vers la désescalade" en ordonnant une "détonation de démonstration" qui mettra les États-Unis dans un Zugzwang nucléaire. Les États-Unis ont tout intérêt à prévenir un tel succès catastrophique des Ukrainiens. Si les Ukrainiens deviennent effectivement si forts qu'un effondrement de l'effort de guerre russe, et donc une escalade nucléaire, devient probable, alors les États-Unis doivent chercher à contrecarrer un tel scénario dangereux et risqué. Bien entendu, les États-Unis ne peuvent pas jeter l'Ukraine sous le bus. Il est donc temps d'amener les Russes à la table des négociations, bien avant que l'un des scénarios de cauchemar que je vous ai dépeints ne menace de se réaliser. (...) Kiev et Washington sont en bonne position pour suggérer la table des négociations en ce moment. En attendant, ils courraient le risque que les chances de la Russie dans la guerre s'améliorent (réduisant le pouvoir de négociation de l'Occident) ou qu'elles s'aggravent (conduisant à un Zugzwang nucléaire). Il existe c'est vrai un scénario positif, où du côté américain la conscience des risques encourus à poursuivre la guerre, et du côté russe la conscience des coûts encourus et l'acceptation d'une victoire moindre qu'initialement, se conjugueraient pour conduire à des négociations et une suspension des combats à court terme. Ce scénario serait probablement dénoncé par beaucoup d'Ukrainiens, mais si la description des risques faite par l'auteur est réaliste, il serait d'assez loin un moindre mal. Je ne dis pas que j'y crois Juste qu'on ne peut pas non plus ne parler que des scénarios les plus graves et exclure les autres. Les bonnes surprises, ça existe aussi. -
Royaume-Uni
Alexis a répondu à un(e) sujet de Wallaby dans Politique etrangère / Relations internationales
Elle fore avec ardeur. Elle va finir par trouver du pétrole. Perso, j'ai pris conscience de l'existence de cette responsable politicienne lorsqu'elle a étalé son ignorance de si belle manière... alors qu'elle était ministre des affaires étrangères, pas moins ! Menaçant la Russie de "conséquences" si elle envahissait l'Ukraine, elle a déclaré que "nous fournissons et offrons un soutien supplémentaire à nos alliés baltes de l'autre côté de la mer Noire". Ces "alliés" sont l'Estonie, la Lettonie et la Lituanie. Ca fait un moment que le lion britannique est gouverné par des ânes. Celle-là pourrait battre des records -
Guerre Russie-Ukraine 2022+ : géopolitique et économie
Alexis a répondu à un(e) sujet de Skw dans Politique etrangère / Relations internationales
C'est vrai qu'on n'en sait rien, et ce que tu décris est une possibilité. Cela dit je n'en suis pas sûr. Etablir une zone d'interdiction de vol en Ukraine, cela veut dire en pratique faire la guerre. Nous parlerions d'une action offensive de l'OTAN puisque l'Ukraine n'est pas un pays membre, donc en dehors de tout mandat Article 5. En 2011, quand il s'est d'agi de partir guerroyer en Libye, l'Allemagne par exemple n'a pas hésité à dire Non... et Kadhafi n'avait pas d'armes nucléaires. D'autres y sont allés, c'est-à-dire ont envoyé deux avions ou une corvette, mais auraient-ils suivi le mouvement s'il y avait eu un risque de frappe nucléaire sur leur territoire ? Et nous parlons encore d'un scénario où Moscou viendrait de tirer au nucléaire, donc la crédibilité de ses menaces ne serait absolument pas en doute - les images de champignons atomiques seraient sur toutes les chaînes info, les témoignages des blessés et des survivants seraient horrifiques... Dans ce scénario, il faut aussi envisager des mouvements de panique, des gens qui quittent les centres urbains à New York, Berlin, Varsovie ou Paris, des supermarchés rapidement vidés... Et les pays européens membres de l'OTAN iraient faire la guerre à la Russie en Ukraine ? Personnellement, je n'y crois pas une seconde. -
Guerre Russie-Ukraine 2022+ : géopolitique et économie
Alexis a répondu à un(e) sujet de Skw dans Politique etrangère / Relations internationales
Si on en arrive là (je répète que je n'y crois pas à court terme), et qu'après un premier tir nucléaire russe par exemple de démonstration le choix devient pour l'Amérique - Soit de pousser l'Ukraine à un accord de paix mal taillé et injuste, risquant de publier l'idée qu'avec le chantage nucléaire on arrive à ses fins, donc relançant la prolifération nucléaire auprès de pays inquiets de subir un chantage comme celui que l'Ukraine a subi - Soit de riposter militairement, risquant la poursuite de l'escalade jusqu'à des tirs nucléaires sur son propre territoire, Alors il faut bien se rendre compte d'une chose... dans les deux termes de l'alternative, le TNP est à jeter à la poubelle. Si on se retrouve dans une telle situation, par exemple courant 2023 ou plus tard, j'espérerais plutôt une sortie similaire à celle de la crise de Cuba en 1962. C'est-à-dire un compromis négocié derrière le rideau. Il y a soixante ans c'était "L'URSS retire ses missiles de Cuba" contre "L'Amérique retire ses missiles de Turquie et ne recommence pas à attaquer Cuba" Dans la situation présente ce serait différent. Mais le point commun est que ce serait négocié directement entre les deux pays, sans participation ukrainienne aucune. Sans aucune participation européenne non plus, même de la part des pays européens nucléaires France et Royaume-Uni. Car seule la direction américaine envisage et menace d'entrer dans une escalade et une danse de la mort avec la Russie. Macron et Truss n'y pensent pas un instant. Et je pense que si la question se posait pour eux, ni Scholz ni Morawiecki ni Meloni n'y penseraient davantage. !!! Je suis sur Twitter, et je ne suis ni politicien ni journaliste... -
Guerre Russie-Ukraine 2022+ : Opérations militaires
Alexis a répondu à un(e) sujet de Alexis dans Politique etrangère / Relations internationales
Avant la guerre, je me rappelle avoir lu sur des sites pro-russes cette idée que l'Occident ne lancerait pas des sanctions économiques "maximales" contre la Russie parce qu'elles flingueraient l'économie mondiale. Il est possible que Poutine ait partagé cette idée, et ait donc totalement négligé la possibilité que Américains et Européens passent en mode "guerre économique à outrance". C'était évidemment une erreur. Du moins la conclusion était une erreur "Donc l'Occident ne le fera pas". Quant à l'autre partie de l'affirmation "Ca flinguerait l'économie mondiale", la question reste ouverte (pour l'économie européenne c'est déjà clair que ça nous flingue) Ce qui est certain c'est qu'il ne cherche de solution à la situation que vers l'avant. Il n'envisage pas de reculer, ou du moins d'apparaître reculer. Il cherche la sortie du piège où il s'est mis en continuant. "Indémerdable" ? Pas forcément. Indémerdable sans mobilisation partielle, clairement pas, c'est pourquoi il l'a décidée. Indémerdable sans passage au nucléaire, peut-être pas, on le saura plus tard s'il épuise ses autres options notamment l'entrée en lice des nouvelles forces mobilisées dans les mois qui viennent. Indémerdable avec passage au nucléaire, non. Poutine a toujours la ressource de choisir une victoire nucléaire de préférence à une défaite conventionnelle. Cette victoire aurait de graves conséquences sur l'ensemble de la politique mondiale donc sur la Russie aussi, elle pourrait présenter un risque d'escalade de la part des Etats-Unis (dont la crédibilité reste cependant à évaluer) - mais elle est possible. Peut-être que le plan B c'était justement les 150 ou 200 000 militaires aux frontières de l'Ukraine. Si l'affaire n'était pas réglée en quelques jours ou semaines à Kiev, elle devait l'être en quelques semaines ou mois dans le reste de l'Ukraine. Puis le plan C, au printemps-été, la conquête complète du Donbass et consolidation dans le sud, avec la seule armée professionnelle renforcée de tous les volontaires qu'on pouvait trouver. Il en est au plan D, décréter que quatre provinces ukrainiennes sont intégrées à la Russie et stabiliser le front, tout en augmentant la force de l'armée à +3 / +6 mois par une mobilisation partielle pour repartir à l'offensive en 2023. Le plan suivant n'est pas nécessairement le plan N, comme nucléaire. Mais ça pourrait venir. C'est un risque important pour l'Ukraine. Il ne se matérialisera pas forcément, mais dans le cadre d'une guerre longue (au moins 2023, voire plus) chacun des adversaires peut réussir à muter. Je ne pense pas tellement à une résistance à l'occupation des parties pro-russes de l'Ukraine (un tiers du Donbass + la Crimée), mais bien avant cela à des forces russes qui à la faveur du ralentissement hivernal et de l'arrivée de forces de mobilisés nombreuses parviendraient à améliorer leurs compétences tactiques et opérationnelles. L'armée ukrainienne pourrait elle aussi continuer à muter d'ailleurs ! Et à intégrer d'autres armes occidentales, ou davantage. Cette guerre pourrait être vraiment longue -
co² Effondrement écologique et civilisationnel en ce siècle ?
Alexis a répondu à un(e) sujet de Alexis dans Economie et défense
La production d'électricité n'est pas la seule composante des émissions de gaz à effet de serre. Mais c'en est une grande. Voici une visualisation / animation très claire de l'évolution du mix électrique des différents pays entre 2020 et 2021, à la fois en répartition fossile / nucléaire / renouvelable et en taille respective Oui, le meilleur élève est en bas à gauche. Souhaitons qu'il le reste- 2 408 réponses
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Guerre Russie-Ukraine 2022+ : géopolitique et économie
Alexis a répondu à un(e) sujet de Skw dans Politique etrangère / Relations internationales
Ce qu'a dit Poutine dans son discours du 21 septembre est que le territoire russe serait défendu "avec tous les moyens" de la Russie. L'allusion nucléaire est évidente, et aussi le fait que cette allusion s'étend aux 4 provinces ukrainiennes déclarées russes par Moscou le 30 septembre. Oui mais "défendre avec tous ses moyens" n'est pas synonyme de "utiliser directement le moyen le plus extrême" ! Il n'y a pas contradiction entre la déclaration russe de défendre l'ensemble du territoire déclaré russe avec tous les moyens russes, et le fait que la Russie n'a pas tiré au nucléaire quand les Ukrainiens ont récupéré Lyman. Cela veut simplement dire que Moscou estime ne pas avoir épuisé les moyens moins extrêmes. Et c'est un fait, ils sont très loin du moment où ils auraient à choisir entre d'une part défaite définitive dans l'une des cinq provinces en question (cinq avec la Crimée) et le passage au nucléaire ! L'armée russe en Ukraine ne s'est pas (encore ?) effondrée, les revers sont nets mais ne concernent (toujours ?) qu'une petite partie de la superficie de chaque province disputée, les forces nouvelles qu'il faudra des mois pour créer à partir des mobilisés sont loin d'être arrivées sur le terrain et d'avoir eu la chance de (peut-être ?) retourner la situation, aucune campagne systématique de destruction des infrastructures électriques ukrainiennes n'a (encore ?) été tentée... Poutine s'est mué en un radical extrémiste. Mais il n'est pas devenu idiot. Utiliser le nucléaire alors qu'on est loin d'avoir épuisé les autres options pour reprendre l'avantage, ce serait vraiment stupide. SI, et seulement si, l'armée russe en Ukraine s'effondre, les Ukrainiens récupérant le plus gros des provinces disputées et si les forces nouvelles mobilisées entrent en jeu sans rien y changer et si la destruction systématique des infras électriques ukrainiennes est tentée et échoue... alors Poutine et les autres dirigeants russes devront choisir de passer, ou non, au nucléaire, et comment au juste, quelle(s) cible(s), quelle(s) arme(s), quel séquencement etc. De mon point de vue, le risque de passage au nucléaire est actuellement très faible. Je n'exclurais pas qu'il augmente voire qu'il devienne très sérieux, mais vu tout ce qui devrait arriver avant, j'ai du mal à le voir avant 2023. Voire plus tard. Oui, et les paroles de Biden les plus importantes me semblent celles-ci "Je ne pense pas qu'il existe une telle chose que la capacité de facilement (utiliser) une arme nucléaire tactique et ne pas se retrouver avec Armageddon" Difficile de l'interpréter autrement que comme une menace directe à Poutine "Si tu utilises l'arme nucléaire tactique en Ukraine, j'agirai de telle manière que je finirai par détruire la Russie pendant que tu détruiras l'Amérique". Ce qui pourrait être directement un tir nucléaire américain, ou d'abord des attaques conventionnelles à grande échelle contre la Russie, qui risqueraient fortement de pousser Moscou à escalader plus loin en tirant au nucléaire ailleurs qu'en Ukraine, d'où suite de l'escalade. Deux remarques : - La crédibilité de cette menace est sujette à question. Biden est bien le dirigeant qui il y a quelques mois excluait tout déploiement de forces américaines en Ukraine et toute attaque directe contre les forces russes, et qui continue à l'exclure aujourd'hui. Bref, il n'est pas question qu'un seul soldat américain meure pour l'Ukraine. Et il passerait directement à "L'Ukraine est tellement importante pour l'Amérique que c'est notre intérêt vital et si elle est trop gravement touchée bon bah voilà c'est la fin des Etats-Unis" ? Vrai... ou pas. Je ne suis pas certain que Poutine va y croire - Si on en vient là (j'ai expliqué plus haut dans ce post pourquoi je pense qu'on en est encore fort loin), il pourrait y avoir des échanges secrets entre Washington et Moscou. De façon à éviter la catastrophe. C'est bien ainsi que Kennedy et Khrouchtchev ont évité le pire en 1962, en définissant un compromis secret. Moscou n'avait guère envie de commettre un suicide national pour le compte de Cuba, même si Castro paraît-il était chaud bouillant, tandis que Washington refusait certes des missiles nucléaires à 200 km de ses côtes mais préférait tout de même éviter des champignons atomiques à domicile. Je verrais assez une négociation secrète entre Washington qui n'a guère envie de commettre un suicide national - même si Zelenski semble perdre son sang-froid - et Moscou qui refuse certes une Ukraine ouest-alignée mais préférerait tout de même éviter des champignons atomiques à domicile. Mais tout ça, si ça arrive... pas avant 2023 probablement. -
Guerre Russie-Ukraine 2022+ : géopolitique et économie
Alexis a répondu à un(e) sujet de Skw dans Politique etrangère / Relations internationales
C'est un vrai échec diplomatique pour Washington. Et un échec surprenant, alors que les Etats-Unis protègent l'Arabie notamment contre l'Iran, et d'une manière générale ont une très forte relation de protection depuis 1945. 2 millions de barils par jour, c'est à peu près 2% de la production mondiale total, donc une proportion nettement plus importante des volumes exportés, et des volumes exportés par l'OPEP+. Suffisant pour sérieusement gêner les tentatives occidentales de "plafonner" le prix du pétrole payé à la Russie par ses clients - sauf à accepter un impact encore plus grand sur l'économie mondiale - tout en soutenant les cours, même peut-être en face du ralentissement de l'économie mondiale et de la récession en Europe qui se profilent. Je me demande s'il ne s'agit pas de l'une des premières conséquences de l'utilisation par Washington et les Européens du blocage des avoirs dans des banques occidentales appliqué à un pays majeur, décidé à fin février. Blocage qui peut légitimement inquiéter tous les pays exportateurs de ressources, plus généralement tous les pays exportateurs du Grand Sud, qui recyclent une bonne partie de leurs avoirs dans les économies occidentales, jusqu'ici supposées plus sûres. Mais si les Occidentaux sont capables de faire cela pour telle raison (invasion de l'Ukraine)... ils pourraient y être prêts aussi pour telle ou telle autre raison, a priori imprévisible, et contre un autre pays que la Russie ? Guère de doute que cette inquiétude légitime est pain béni pour la diplomatie russe ... -
Guerre Russie-Ukraine 2022+ : géopolitique et économie
Alexis a répondu à un(e) sujet de Skw dans Politique etrangère / Relations internationales
Zelenski exhorte l'OTAN à lancer des frappes préventives contre la Russie Que doit faire l'OTAN ? Éliminer la possibilité que la Russie utilise des armes nucléaires. Mais surtout, je lance à nouveau un appel à la communauté internationale, comme avant le 24 février : des frappes préventives, pour qu'ils sachent ce qui leur arrivera s'ils les utilisent. Et non l'inverse - attendre les frappes nucléaires de la Russie pour pouvoir ensuite dire : "Ah, tu fais ça, alors prends-toi ça de notre part !". Pour reconsidérer l'application de leur pression, l'ordre d'application. Meduza est un média russe oppositionnel. Il est intéressant parce que s'y trouve la citation complète de ce qu'a dit le président ukrainien. J'avais espéré qu'à la lecture de la citation complète, les paroles de Zelenski seraient en fait plus raisonnables que ce qui en a été rapporté. Mais ça ne semble pas être le cas Je suis surpris par ces déclarations, qui non seulement n'ont aucune chance d'être appliquées, mais sont tout simplement aberrantes - il ne s'agirait plus de dissuasion. Sans doute, le président ukrainien est sous forte pression, même les dernières semaines sont justement plus positives pour l'Ukraine. Mais Zelenski a jusqu'ici fait preuve de beaucoup plus de sang-froid. Je ne crois pas que le risque nucléaire soit vraiment ouvert, du moins à court terme, mais il semble que Zelenski soit vraiment troublé par ce risque... ce qui signifie qu'il le considère élevé ...J'en viens à me demander si des pays de l'OTAN n'auraient pas partagé avec lui des informations hors du domaine public ? -
Guerre Russie-Ukraine 2022+ : géopolitique et économie
Alexis a répondu à un(e) sujet de Skw dans Politique etrangère / Relations internationales
Vous voulez rigoler un peu - dans un sujet oscillant par ailleurs globalement entre le triste et l'inquiétant ? Poutine: j'ai été surpris par les résultats des référendums dans les nouveaux territoires "Les résultats du référendum, pour être franc, m'ont non seulement réjoui, mais aussi surpris. Des personnes ont vécu et vivent encore dans des conditions aussi difficiles. Et ce résultat, je vous l'assure, et je pense que les observateurs en étaient convaincus, il n'y a eu aucune volonté de retoucher, d'effacer ou d'ajouter quoi que ce soit. Nous avons décidé pour nous-mêmes, et j'ai décidé pour moi-même : nous allons le faire comme les gens le veulent. Nous le ferons de la manière dont les gens le souhaitent" Moins drôle, et plus géopolitique, l'OPEP+ s'engage à réduire la production de pétrole de 2 millions de barils par jour. En dépit des pressions des Etats-Unis, et à l'insistance de la Russie et de l'Arabie saoudite Le comité de surveillance de l'OPEP+ a convenu de réduire la production de pétrole de 2 millions de barils par jour, rapporte Reuters citant une source. Dans le contexte de ce message, le prix du brut Brent à la bourse ICE de Londres a dépassé 93 dollars le baril pour la première fois depuis le 21 septembre. "Les principaux ministres de l'OPEP+, réunis au sein d'un comité de suivi ministériel conjoint, ont convenu de réduire la production de pétrole de 2 millions de barils par jour, ont déclaré trois sources de l'OPEP+", écrit Reuters. (...) Dans le cadre du huitième paquet de sanctions anti-russes, l'UE a interdit le transport maritime de pétrole vers des pays tiers à un prix supérieur à celui établi. Plus tôt, les médias ont écrit que l'OPEP + voulait réduire la production de pétrole de 1 à 2 millions de barils par jour. CNN, citant une source , a rapporté que les États-Unis tentaient de dissuader les pays du Golfe de l'OPEP + de soutenir les coupes pétrolières lors d'une réunion le 5 octobre. La Russie et l'Arabie Saoudite ont insisté pour réduire la production de carburant . Il fut un temps où Washington avait une forte influence, voire une influence directrice sur sa station-service l'Arabie saoudite. Plus maintenant ! Pour l'isolement de la Russie, la réduction de ses revenus pétroliers en général et l'interdiction de la vente du pétrole russe à un prix supérieur à celui décidé par l'Occident... c'est pas vraiment gagné ! -
Guerre Russie-Ukraine 2022+ : Opérations militaires
Alexis a répondu à un(e) sujet de Alexis dans Politique etrangère / Relations internationales
Ah bon ? Gné ? Rien qu'en parlant du plus crédible, six SNLE de classe Boreï plus quatre autres en construction, total dix ce qui avec les indisponibilités permettra d'en maintenir au minimum trois à la mer - si la maintenance a des soucis, sinon assez facilement quatre - chacun avec 16 missiles Boulava portant 6 têtes de 100 kt, sachant qu'il suffirait de deux de ces têtes pour transformer l'île de Manhattan en chaleur et lumière. Pas crédible comme capacité de seconde frappe, ça ? Et ce n'est encore que ce qui est déjà déployé. Pourraient s'y ajouter dans un avenir pas trop lointain des torpilles géantes intercontinentales Poséidon avec tête nucléaire minimum 2 voire 100 Mt selon les sources. Voire des missiles à propulsion nucléaire aérobie (moins sûr car plus loin d'être au point) Il est possible à un Etat de concentrer ses capacités d'innovation sur quelques domaines essentiels afin d'y obtenir de grands résultats. C'est ce que Moscou a fait avec le missile Zircon ou la torpille Poséidon. L'armée russe "pas fonctionnelle" ? Pleine de problèmes oui, pas au même niveau que les Etats-Unis pour ce qui est du renseignement, souffrant de pertes lourdes en Ukraine oui. Mais pas fonctionnelle ? C'est ce qu'ils ont fait. Enfin, certains d'entre eux... Je n'en suis pas sûr. La guerre n'est pas terminée. Que la Crimée reste russe est une évidence - voir U235 et Pu239 pour les détails. Le reste... ça dépendra de l'évolution des combats. -
Guerre Russie-Ukraine 2022+ : géopolitique et économie
Alexis a répondu à un(e) sujet de Skw dans Politique etrangère / Relations internationales
Je pense que tu oublies au moins deux possibilités - L'intégration forcée de l'Ukraine dans la Russie, de même que la Pologne était autrefois intégrée de force, un bout à la Russie, l'autre à la Prusse et encore l'Autriche. Bref la solution Alexandre Ier (le tsar de Russie), dont je soupçonne qu'elle ne déplairait pas à Poutine, voire que ce serait son "scénario idéal" - Le déplacement forcé de populations pro-ukrainiennes vers une Ukraine-croupion, la Russie s'attribuant ce que les nationalistes russes appellent "Novorussie", c'est-à-dire encore 2 à 5 provinces supplémentaires en plus de celles annexées vendredi dernier -
Guerre Russie-Ukraine 2022+ : géopolitique et économie
Alexis a répondu à un(e) sujet de Skw dans Politique etrangère / Relations internationales
Concernant Zelensky, je pense que son "Le combat est ici ; j'ai besoin de munitions, pas d'une évacuation" restera. Que la citation soit d'ailleurs exacte, ou pas (la source est unique, même s'il n'y a pas de vraie raison de la mettre en doute) Après tout, tout le monde connait le mot de Cambronne, même si en réalité il a dit autre chose. Ce n'est pas tout à fait "μολὼν λαϐέ" ni "la Garde meurt et ne se rend pas", mais enfin il acceptait bien un risque physique personnel en refusant d'être mis à l'abri par les hélicoptères américains, donc c'est quelque chose. Il est bien évident que ce n'est ni en résistant, ni tout d'abord en agressant, qu'on construit une paix durable. Mais ce n'est pas la question qui se pose aujourd'hui. Depuis avril dernier, c'est-à-dire depuis l'échec des pourparlers russo-ukrainiens, Moscou ne voulant pas démordre d'exigences très élevées, Kiev refusant d'aller au-delà de beaucoup moins, les hommes d'action ont pris le pas sur les diplomates, l'époque n'est hélas plus aux tables rondes et certainement pas à la détente. Il y a un duel, dont la dimension physique et sanglante est évidente, mais qui est aussi un duel de volontés. Il faut qu'un des côtés cède, et je ne dit pas "il faut" dans le sens d'une recommandation, mais dans le sens de décrire une nécessité : à un certain moment, l'un des côtés va s'effondrer. Aucune idée de quand ça arrivera. Entre 1337 et 1453, il y a eu un duel de volontés de ce genre entre Angleterre et France... et il a fallu tout ce temps pour que l'un cède, c'est-à-dire n'y revienne plus. Je ne crois pas que la guerre russo-ukrainienne pourrait être une nouvelle guerre de Cent Ans, mais... sa durée est indéterminée Et même si ça ne devient pas transgénérationnel, ça pourrait être long -
Guerre Russie-Ukraine 2022+ : géopolitique et économie
Alexis a répondu à un(e) sujet de Skw dans Politique etrangère / Relations internationales
Poutine est peut-être "fou", en tout cas radicalisé depuis 1 ou 2 ans, mais il n'est pas idiot. S'il s'est privé de tout moyen réaliste de revenir en arrière, c'est qu'il le voulait. Il se dit qu'au jeu de la poule mouillée, quand deux joueurs foncent l'un sur l'autre en voiture et que c'est celui qui s'écartera le premier pour éviter la collision frontale qui sera déclaré "poule mouillée", la manière la plus sûre de l'emporter est de dévisser le volant de sa voiture et de le jeter ostensiblement par la fenêtre. Comme on s'est rendu impossible tout changement de trajectoire, la seule décision rationnelle pour l'adversaire est de donner le coup de volant, préférant être "poule mouillée" que mort. C'est à peu près ce qu'a fait Poutine. Evidemment, dans son esprit l'adversaire c'est les Etats-Unis, ou bien le prétendu "Occident collectif". Lequel pourrait - du moins dans son esprit à lui - reculer sans trop de bobo sinon à l'ego. L'adversaire n'est pas l'Ukraine, qui ne pourrait transiger qu'à coût énorme (quatre provinces !) et ne peut donc guère être dissuadée de le faire sans menace d'écrasement radical (d'où aussi les allusions au nucléaire) Sur ce point précis, on peut désormais visionner sur Netflix "Serviteur du Peuple", la série ukrainienne extrêmement populaire où un homme ordinaire se trouve propulsé président du pays, qui fut diffusée entre 2015 et 2019 et dont l'acteur principal est un certain Volodymyr Zelensky - lequel a acquis ainsi une popularité qui lui a permis de devenir président pour de bon. Ayant découvert la chose hier, j'ai eu la curiosité de me balader un peu dans le premier épisode de la première saison, écoutant deux minutes ici, trois minutes là. L'action se passe à Kiev. Et bien sûr... tout est en russe ! L'idée que la langue russe est interdite en Ukraine... comment dire... ne correspond pas trop à la réalité La France n'a rien à "démontrer", ni rien à "vendre". Si l'autonomie stratégique européenne n'intéresse pas nos voisins - et elle ne les intéresse vraiment pas - alors nous nous rabattons sur le maintien et le renforcement de l'autonomie stratégique française, voilà tout -
Guerre Russie-Ukraine 2022+ : Opérations militaires
Alexis a répondu à un(e) sujet de Alexis dans Politique etrangère / Relations internationales
La photo ? T'es sûr ? J'aurais pensé à la poupée gonfl.. ==>[ ] J'suis parti ! -
Guerre Russie-Ukraine 2022+ : Opérations militaires
Alexis a répondu à un(e) sujet de Alexis dans Politique etrangère / Relations internationales
C'est pas toi qui t'es perdu... c'est moi qui me suis emmêlé les pinceaux avec la grammaire Oui, on disait la même chose. Je n'ai jamais lu que Biden aurait dit quoi que ce soit d'approchant. Il a même dit et écrit plusieurs fois le contraire. Tant que les États-Unis ou nos alliés ne seront pas attaqués, nous ne serons pas directement engagés dans ce conflit, que ce soit en envoyant des troupes américaines combattre en Ukraine ou en attaquant les forces russes. En revanche, le général à la retraite David Petraeus a dit exactement cela Petraeus a déclaré qu'une réponse pourrait voir les États-Unis et leurs alliés de l'OTAN "éliminer toutes les forces conventionnelles russes que nous pouvons voir et identifier sur le champ de bataille" en Ukraine, dans la région contestée de Crimée que la Russie a annexée en 2014 et dans les navires de la mer Noire. Je me demande d'ailleurs qui l'emporte ? Je veux dire, Joe Biden est président des Etats-Unis en exercice certes... mais général à la retraite, c'est un rang plus élevé, non ? Si j'étais commercial pour un industriel russe de l'armement, après cette guerre... je chercherai un autre métier ! Ce qui serait peut-être encore plus grave pour Moscou, c'est que Kherson est l'endroit où le canal qui alimente la Crimée en eau prend sa source dans le Dniepr. Ce canal avait été fermé par les Ukrainiens dans la période 2014-22, l'armée russe l'a rouvert, si l'armée ukrainienne revient ils vont le fermer à nouveau. C'est vrai que si Poutine voulait faire une démonstration nucléaire variante "pas de morts mais bien impressionnant d'ailleurs Russia F... Yeah", il pourrait faire tirer une torpille Poseidon avec une ogive de 100 Mt (on n'est pas sûr de la puissance de la torpille, mais il pourrait y avoir assez de place pour avoir remis au goût du jour la fameuse Tsar Bomba) sur un endroit inhabité. Dans l'Arctique ou peut-être l'Antarctique. Bon cela dit une rumeur info rapportée par un seul journal n'est pas suffisante... D'autre part, les pingouins ne sont pas d'accord ! なぜ他言語に翻訳するのか、よくわかりません。 でも、楽しそうなゲームですね。私もプレイしたいです !