-
Compteur de contenus
17 298 -
Inscription
-
Dernière visite
-
Jours gagnés
283
Tout ce qui a été posté par Alexis
-
Guerre civile en Syrie
Alexis a répondu à un(e) sujet de maminowski dans Politique etrangère / Relations internationales
Je partirais de deux idées : - On est quoi qu'il en soit dans du multi-factoriel, plusieurs facteurs ont pu contribuer au déchaînement de l'enfer en Syrie, l'un n'excluant pas l'autre mais ayant plutôt tendance à s'additionner - On est aussi dans du non-maîtrisable, du non-prédit et d'ailleurs probablement du non-prédictible. Qui avait imaginé le déclenchement d'un "printemps arabe" en 2011 ? Or, c'est le point de départ de la guerre en Syrie, au moins son facteur déclencheur, même s'il y a certainement des raisons spécifiques et locales qui ont fait que dans ce pays et non dans d'autres le tout a débouché sur une guerre civile. D'ailleurs le printemps arabe reste encore en bonne partie... non-compris. Qui pourra fournir une explication vraiment convaincante de son déclenchement ? A partir de là, il est bien évident que la Syrie, tout comme l'Iran et autres puissances considérées comme composant "l'arc chiite", n'a pas exactement que des amis. Le déclenchement de sa guerre civile était une magnifique opportunité pour certaines puissances, et il serait criminel de laisser passer une opportunité sans y réagir, n'est-ce pas ? Mais ces puissances - avant tout Arabie Saoudite et Etats-Unis - n'ont pas déclenché la guerre civile. D'ailleurs, leur influence sur le déroulement conflit a t elle été véritablement décisive ? Il ne s'agit pas de la nier bien évidemment, pas davantage que celle de puissances comme l'Iran et la Russie. Mais à supposer que la Syrie ait été entouré de puissances bienveillantes voire saintes, sa guerre civile se serait-elle terminée plus tôt ou différemment, aurait-elle été nettement moins destructrice ? On ne le saura jamais, sans doute. Mais il me semble utile de se rappeler que ce n'est pas certain... C'est le vrai enjeu, mais je ne suis pas sûr que ce soit encore pour maintenant. Oui Assad vaincra dans le sens de survivre et avec l'essentiel de la Syrie "utile", mais tout n'est pas fini notamment avec la Turquie au nord avec les islamistes qu'elle soutient, les Kurdes à l'est de l'Euphrate, certains rebelles encore dans le sud... Je souhaite me tromper, mais je n'ai pas l'impression que tout ce monde soit prêt à se mettre autour d'une table pour négocier une paix ou même un véritable armistice. Et un armistice - dont nous sommes encore hélas fort loin - ne déboucherait pas forcément sur un accord de paix rapidement. Un conflit "gelé" du moins à tel et tel endroit est tout à fait pensable, et qui pourrait durer des décennies qui sait. Ou encore un conflit gelé-mais-pas-tout-à-fait, du type Donbass, avec des "incidents" périodiques et autres "échanges d'artillerie", et qui pourrait durer de nombreuses années. Et c'est encore compter sans les potentielles ondes de choc d'affrontements ailleurs dans la région, entre Arabie et Iran, Etats-Unis et Iran, Russie et Etats-Unis, Israël et Iran, Etats-Unis et djihadistes - les possibilités sont légion, à l'exception de Turquie contre djihadistes quand même - qui viendraient "rallumer" plus tard le conflit syrien, ou bien qui l'empêcheraient de se terminer et le prolongeraient fort longtemps. Un certain nombre d'acteurs de la région ont effectivement l'air de rechercher de nouvelles aventures... et pas seulement les Etats-Unis. -
Oh réconcilier les Américains et les Français n'est pas si difficile A un moment, disons, délicat des relations entre les deux pays - mars 2003 quand même - l'humoriste Dave Barry s'y essayait avec des arguments intéressants Oui, à un moment il fallait quand même que quelqu'un dise la vérité !
-
Ben d'un autre côté ils sont en train d'être recouverts par des tombereaux de fric, et tout ne peut quand même pas être pour le F-35 et les porte-avions Ford, hein ? Vous dites... en fait, si ?
-
Guerre civile en Syrie
Alexis a répondu à un(e) sujet de maminowski dans Politique etrangère / Relations internationales
Ce compte-rendu fournit une version un peu différente, qui donne une tonalité et une interprétation divergente de ce qu'a dit au juste l'Elysée. Le tout peut tout à fait se comprendre comme un soutien militaire au nord-est de la Syrie pour lutter contre l'EI - plutôt qu'au nord-ouest pour dissuader Ankara - et un représentant kurde qui s'emporte légèrement après la réunion sur le thème "Ah la Turquie doit aussi le comprendre comme un message pour elle !" Et l'Elysée qui s'abstient de commenter afin de ne pas sembler désavouer et pour ne pas embarrasser le représentant kurde ? Perso, j'attends une clarification demain ou dans quelques jours pour comprendre exactement ce qui se passe. -
Guerre civile en Syrie
Alexis a répondu à un(e) sujet de maminowski dans Politique etrangère / Relations internationales
A tenter de remonter des commentaires aux sources, je tombe toujours à peu près sur le même texte. Même accompagné du mot "soutien de la France" dans un communiqué de l'Elysée, je crois quand même déceler une ambiguïté sur qui a déclaré l'envoi du soutien militaire. Si c'est le représentant des FDS, il a pu, même sans mentir volontairement, "enjoliver" un peu la réalité. Il y a une différence, pour être clair, entre 20 membres des forces spéciales, et 300 soldats d'infanterie. Reste que même dans la première hypothèse, le fait que ce soit annoncé ouvertement et avec un représentant des FDS donne à l'affaire une visibilité politique qui a forcément été calculée. -
Guerre civile en Syrie
Alexis a répondu à un(e) sujet de maminowski dans Politique etrangère / Relations internationales
Bon va quand même falloir se demander si la force d'interposition - les Américains sont déjà à Manbij très ouvertement - bientôt franco-américaine ne sera pas un jour pas si lointain... franco-française Y a un type dont je m'rappelle plus le nom - mais je suis à peu près sûr qu'il a quelque influence sur les armées américaines - qui disait ça aujourd'hui dans un discours en face de ses fans : "On va s'en aller de Syrie très bientôt. Que les autres s'en occupent maintenant..." -
Guerre civile en Syrie
Alexis a répondu à un(e) sujet de maminowski dans Politique etrangère / Relations internationales
La quoi ? -
Guerre civile en Syrie
Alexis a répondu à un(e) sujet de maminowski dans Politique etrangère / Relations internationales
Quelqu'un qui a accepté d'être ambassadeur de France chez Erdogan savait forcément à quoi s'en tenir. C'est un dur, un tatoué du Quai d'Orsay. Plus prosaïquement, il doit se munir de boules quies et aussi d'un parapluie, équipement standard pour discuter avec un Recep énervé. C'est une action honorable, sachant que les Kurdes en ont fait bien davantage que nous pour défaire l'E.I. qui pourtant était notre ennemi commun. J'avoue que j'attends un peu d'en voir les conséquences. J'imagine assez mal que Erdogan ose "passer en force", c'est-à-dire prendre Manbij Américains ou pas Français ou pas, mais d'un autre côté je ne suis pas absolument sûr qu'il soit suffisamment raisonnable pour ne pas aller jusque là Or, même si le volume de ces forces n'est pas encore connu, je suppose qu'il ne sera pas très important, quelques centaines d'hommes au total j'imagine, avec quelques matériels lourds pour la crédibilité mais sans véritable capacité "dure" de briser une offensive blindée décidée. Il doit s'agir pour Washington et Paris de placer un "déclencheur" à effet dissuasif... en croisant les doigts tout de même pour que la dissuasion fonctionne. -
Russie et dépendances.
Alexis a répondu à un(e) sujet de Tactac dans Politique etrangère / Relations internationales
Je suis loin d'être un spécialiste des lasers et mes derniers cours sur le sujet remontent à... longtemps. Cependant, je ne vois pas de problème dans les données que tu cites pour un laser anti-spatial basé à terre : un laser de 16 km de portée arrivera à envoyer une fraction importante de son énergie dans l'espace, puisque l'épaisseur de l'atmosphère est en estimation grossière de moins de 10 kilomètres (évidemment elle existe encore à 50 km, et évidemment elle est déjà atténuée à 3 kilomètres, je parle en "équivalent atmosphère de densité égale à celle au sol") Pour être plus précis, ce document militaire américain de 1997 déclassifié contient des tables sur l'atténuation laser dans l'atmosphère. Je ne l'ai pas lu en entier, et les chiffres précis dépendront évidemment de la longueur d'onde du laser, de l'humidité de l'atmosphère etc. mais pour un "ordre de grandeur" on peut voir page 4 que l'atténuation est d'environ 30 à 40% par kilomètre au niveau du sol, mais descend déjà entre 16 et 18% par kilomètre à 3 000 mètres d'altitude, et n'est plus que de 8 à 10% par kilomètre à 6 000 mètres. En très très grossier, pour une atmosphère moyennement claire, on parle d'une atténuation totale de l'ordre d'un facteur 6 avant d'atteindre l'espace (35% le premier kilomètre, 30% le second, 23% le troisième etc.) Pour un laser embarqué sur aéronef ou satellite donc soumis à de fortes contraintes de masse, d'encombrement, de puissance et tirant sur un objectif au sol donc potentiellement fortement blindé, c'est bien évidemment rédhibitoire. Dans la situation inverse en revanche, et si la cible est un satellite intrinsèquement très vulnérable et à la trajectoire éminemment prévisible... le satellite-laser serait neutralisé sans problème. Euh non, pas d'après le document ci-dessus. Dans le pire des cas, pour compenser 40% de perte - visibilité très réduite - il faudra gagner un facteur 5 / 3. Et gagner un ordre de grandeur permet de gagner 4,5 kilomètres (log de 0,1 divisé par log de 0,6). Ça reste problématique pour des tirs sol-sol sauf à courte portée c'est bien clair. C'est pour des tirs sol-espace que c'est jouable. Je crois que l'expérience YAL-1, le projet américain d'un laser anti-missile balistiques tactiques monté sur un Boeing 747, qui dut être abandonné après 16 ans de recherche et 5 milliards de dollars de l'époque, doit être rappelée. Ce document de l'Université du Sussex (en commençant page 12) est instructif : - Le laser embarqué COIL totalisait 18 tonnes en six modules aurait eu besoin d'être 20 à 30 fois plus puissant pour pouvoir détruire des balistiques à 700 km de distance l'objectif du projet. Sachant que la puissance d'un COIL était de 1 MW dont aurait du être suffisante à elle seule s'agissant d'un tir de 3 à 5 secondes, cela signe probablement un souci avec la divergence du faisceau devenu trop grand au niveau de la cible donc dispersant le plus gros de la puissance "à côté" - A noter que dans une masse si grande ne pouvaient être stockés que 20 "coups" laser - Enfin, un problème de divergence bloquant à 700 km le serait encore bien plus à 3 000 km de distance (18 fois plus) sachant qu'à cette dernière portée il faudrait encore au minimum 25 à 30 stations laser pour couvrir la Terre entière à une altitude de 1000 km Je ne sais pas exactement définir le problème sur la divergence. Mais il est gravement bloquant pour tout projet de laser spatial antibalistique. Je note aussi la conclusion page 62 : le YAL-1 a montré que les lasers sont surtout envisageables à courte portée, des essais ont montré que la défense laser contre missile ou drone voire petit véhicule est possible jusqu'à 10 / 15 km et des développements sont en cours. Edit : Euh, je suis un peu embarrassé parce que cette discussion, on aurait mieux fait de la mettre dans le fil sur les armes laser. Si @herciv en est d'accord, est-ce qu'un modérateur pourrait nous rendre ce service ? -
Russie et dépendances.
Alexis a répondu à un(e) sujet de Tactac dans Politique etrangère / Relations internationales
C'est bien pourquoi un laser orbital opérationnel ne pourrait qu'être un gros bestiau. Avec tous les problèmes de logistique afférents. La fenêtre de tir extrêmement réduite entre détection d'un lancement et décision de l'attaquer - quelques dizaines de secondes, au mieux du mieux une centaine - poserait un problème avant tout politique. Le système devrait être automatique, un lancement civil non préalablement autorisé par Washington serait immédiatement attaqué. Et si un pays n'est pas d'accord pour être obligé de demander l'autorisation des Etats-Unis, la question suivante est de savoir s'il a la capacité technique de refuser le déploiement de ce système en "nettoyant" le ciel au laser depuis le sol. Certains pays l'ont, ou pourraient assez facilement l'avoir. Et surtout, Moscou - et quelques autres - pourraient ne pas se limiter au juridique. Mais dans ce cas il ne pourrait être question de protection antimissile balistique mondiale. D'une manière générale, si les armes laser - autres qu'aveuglantes qui existent déjà - deviennent un jour opérationnelles, il me semble que ces lasers ne seront pas installés sur avion ni dans l'espace. Du moins pas pour une guerre contre un adversaire de technologie équivalente. Un tel laser serait beaucoup plus facile à baser au sol ou à la rigueur en mer, avec peu ou pas de contraintes de masse, de dimension et d'alimentation en énergie, et beaucoup plus de facilité à blinder, tandis qu'un aéronef au contraire est particulièrement vulnérable. Certes, la dispersion par les couches basses de l'atmosphère devrait être prise en compte, mais elle ne pourrait pas annuler ces avantages massifs. Un monde où des lasers de combat seraient opérationnels et courants n'aurait guère d'avions de combat, je pense... Ou alors des drones très nombreux et bon marché fonctionnant en essaim, plutôt des drones-suicide d'ailleurs c'est-à-dire des missiles de croisière. -
Vers l'indépendance de la Catalogne et la fin de l'Espagne ?
Alexis a répondu à un(e) sujet de Alexis dans Politique etrangère / Relations internationales
Dont le principal est l'appartenance du pays à l'Union européenne, emportant obligation de mise en conformité du droit national sur les directives européennes, annulant les pouvoirs du Parlement élu sur de très grandes parties de ce qu'étaient ses responsabilités et droits quand le pays était encore indépendant, ceci en violation frontale des articles III et VI de la Déclaration des Droits de l'Homme et du Citoyen de 1789, pourtant mise en préambule de toutes nos constitutions. Mais la démocratie française est HS sur ce sujet c'est un fait. De fait, il leur "suffit" de déclarer que la justice espagnole en train de persécuter politiquement Puigdemont et que les accusations de détournement de fonds publics ne sont qu'un prétexte. En l'absence d'"indications objectives", il leur suffira de prendre pour prétexte des indications subjectives et de les qualifier d'objectives. Je ne sais pas si j'appellerais cela du "courage". Mais c'est possible oui.- 2 413 réponses
-
Russie et dépendances.
Alexis a répondu à un(e) sujet de Tactac dans Politique etrangère / Relations internationales
Je découvre la commutation-Q mais le principe sauf erreur n'en est pas nouveau, on parle des années 1960 pour les premières démonstrations ? Je suppose qu'il était déjà pris en compte pour les projets de lasers orbitaux de la "guerre des étoiles". Surtout, le réseau de lasers de défense en orbite basse ou moyenne présente d'autres graves soucis et limitations : - Nécessité d'un nombre élevé de stations de grande taille pour couvrir en permanence le globe ou même les seules zones de lancement potentielles, avec toute la logistique et le MCO associés - Focalisation extrême du rayon nécessaire pour conserver une densité de puissance suffisante à plusieurs milliers de kilomètres, taille et stabilité des optiques induites. Ce problème est moins lourd si l'orbite est plus basse... mais dans ce cas le nombre de stations sera largement supérieur - Temps de réaction forcément extrêmement court, nécessitant un système quasi-automatisé politiquement problématique si un lancement civil est ciblé, ou en sens inverse si tous les pays du monde doivent d'abord demander l'autorisation avant d'effectuer tout lancement - Vulnérabilité du réseau face à un Etat qui déciderait de ne pas tolérer le déploiement d'armes offensives dans l'espace - jusqu'ici, seuls des moyens de renseignement ont été mis en orbite. Avec un laser au sol, sans guère de contrainte sur masse ni blindage, avec tout le temps nécessaire (des minutes plutôt que des secondes) contre une station laser obligatoirement fragile... le réseau de défense ne ferait pas long feu ! - Enfin, et c'est sans doute le pire, seule une très petite partie du réseau serait en position d'intervenir sur une attaque concrète, par exemple un SNLE tirant 16 balistiques en quelques minutes, ceci en très peu de temps si bien que même intercepter la charge d'un seul SNLE serait extrêmement problématique - tenant compte de temps réalistes pour le tir, la recharge, la visée - surtout si ces missiles sont conçus pour accélérer très rapidement vers l'orbite et libérer leurs têtes indépendantes. Au mieux du mieux, quelques missiles seraient interceptés c'est tout. A moins de multiplier encore la taille du réseau... et son coût, et tous les problèmes afférents Cela dit, si on regarde le rapport entre puissance du premier étage du M51 (180 tonnes) et sa masse totale (54 tonnes), on s'aperçoit qu'il est fait de manière à accélérer très rapidement vers l'orbite... ce qui n'est pas forcément un hasard. Au moment où il a été conçu, il pouvait encore sembler crédible que quelqu'un mette en jour en place un réseau de stations laser orbitales. Le M51 est déjà préparé à ça. Quand il s'agit de dissuasion, on n'est jamais trop prudent -
Vers l'indépendance de la Catalogne et la fin de l'Espagne ?
Alexis a répondu à un(e) sujet de Alexis dans Politique etrangère / Relations internationales
Intéressant. Je note quand même - parce que la manière dont une question est posée a évidemment une influence sur le résultat - qu'on a demandé aux sondés "Sollte die deutsche Justiz den früheren katalanischen Regionalpräsidenten Puigdemont an Spanien ausliefern?", ce qui même si mon allemand est mauvais doit vouloir dire "La justice allemande doit-elle expulser vers l'Espagne l'ancien président régional catalan Puigdemont ?". Bref, la question ne rappelait rien des obligations que crée à l'Allemagne sa participation à la Convention européenne d'extradition. C'est dommage. Je me demande quels auraient été les résultats de ce sondage si on avait rappelé ce fait de droit aux personnes interrogées.- 2 413 réponses
-
Vers l'indépendance de la Catalogne et la fin de l'Espagne ?
Alexis a répondu à un(e) sujet de Alexis dans Politique etrangère / Relations internationales
Il faut effectivement se baser avant tout sur les textes de droit. Cependant, la Convention européenne d'extradition de 1957 me semble en l'espèce assez claire : A la fois Allemagne et Belgique sont signataires de cette convention. Il est vrai que c'est le pouvoir exécutif qui décide en dernier lieu s'il respectera la convention ou non. Cependant, même s'il décide - pour raison politique forcément - de la violer, elle n'en existe pas moins. Il y a des limites aux obligations de cet article 1, notamment pour un national du pays à qui on a demandé d'extrader - mais Puigdemont n'est pas allemand - et si les faits qui lui sont reprochés ne sont pas des délits dans le pays requis - mais le détournement de fonds publics est interdit par la loi allemande. Donc l'Allemagne est de fait requise à bon droit et obligée par cet article 1. Même si Berlin devait finalement décider de violer cette convention. Il est vrai que dans ce cas ils pourraient probablement se réfugier derrière l'article 3, qui dispose que "L'extradition ne sera pas accordée si l'infraction pour laquelle elle est demandée est considérée par la Partie requise comme une infraction politique ou comme un fait connexe à une telle infraction". Il leur suffirait d'affirmer que les détournements de fonds pour l'organisation du faux référendum sur l'indépendance étaient un "fait connexe" et que l'infraction principale c'est-à-dire l'organisation d'un référendum violant la constitution espagnole et interdit par la justice était "politique". Disons que si Berlin devait choisir un tel chemin - ce que je ne crois pas, mais sait-on jamais - il y aurait pas mal de friture dans les relations entre Espagne et Allemagne ... Peu de gens apprécient que des étrangers s'insinuent dans leurs affaires, et surtout pas avec des gros sabots pour leur donner des leçons.- 2 413 réponses
-
Vers l'indépendance de la Catalogne et la fin de l'Espagne ?
Alexis a répondu à un(e) sujet de Alexis dans Politique etrangère / Relations internationales
Je ne parlerai pas de l'Espagne. Mais le fait que les institutions de l'UE attaquent Pologne et Hongrie plutôt que... la France est évidemment politiquement motivé. Naturellement, si les Français avaient "mal voté" l'année dernière et si le chef de l'Etat s'appelait Jean-Luc ou Marine, la Commission se serait peut-être souvenu de l'Article 7 en ce qui concerne notre pays ! Attention à la naïveté quand même. Ne sais-tu pas que les Russes sont des monstres, que les Américains mentent en permanence, les Chinois complotent pour nous dominer et les Allemands ont encore des pensées mauvaises - même s'ils jouent les sainte-Nitouche ? Et le gouvernement hein ? Et les intellectuels ? Et les sans-dents et autres types qui ne sont rien ? Non, crois-moi, il n'y a que les gens comme toi et moi qui sont innocents et à qui on peut faire confiance. Les autres, hein ! Tu reprendras bien un petit coup ?- 2 413 réponses
-
- 1
-
-
Russie et dépendances.
Alexis a répondu à un(e) sujet de Tactac dans Politique etrangère / Relations internationales
Non, le planeur hypersonique sera le véritable bouleversement. Plus précisément, il le serait. L'interception en phase ascendante par laser ou collisionneur en orbite est un mythe oui. Mais il existe pourtant un moyen bien simple de faire une interception avant même toute phase ascendante, qui s'appelle une frappe nucléaire en premier. Les enthousiastes de la défense antimissile n'en parlent guère bien sûr, car ça ne cadre pas avec l'idée que ce serait un système défensif. Mais la réalité est que la NMD américaine est un système offensif, destiné à rendre possible une guerre nucléaire préventive de désarmement, dont l'objectif est d'arrêter les seules armes ennemies qui auraient survécu à la frappe initiale surprise. Ce système offensif ne fonctionne certes pas, puisqu'il n'intercepte qu'une ogive sur deux, et dans des conditions contrôlées, et un petit nombre seulement, et dans certaines directions seulement. Les SNLE Borei et Triomphant voire Jin, les balistiques intercontinentaux mobiles Topol M et DF-31 ont suffisamment d'ogives et de leurres pour maintenir la crédibilité de la dissuasion des pays qui les utilisent. Le point est cependant que seules les armes mobiles et dissimulées contribuent pleinement à la capacité de frappe en second d'un pays, donc au cœur de sa dissuasion. Si les Russes arrivent à mettre au point l'Avangard (je doute que ça arrive sinon à long ou très long terme), il ne leur servira pas à grand chose s'il n'est pas sur un missile mobile. -
Politique étrangère du Royaume-Uni
Alexis a répondu à un(e) sujet de Berezech dans Politique etrangère / Relations internationales
Non, Lezard-vert, tu n'es pas septique. Une fosse peut l'être. Toi, tu es sceptique, c'est différent De mon point de vue, voici les arguments en faveur de la culpabilité de la Russie : - L'attentat a été quasiment revendiqué, en mode "mafieux", par un présentateur de la TV publique russe qui ne pouvait que parler sous le contrôle et probablement l'impulsion du gouvernement. Je n'ai pas envie de faire d'archéologie, mais j'ai déjà posté la vidéo sur ce fil début mars ça doit être il y a quelques pages - La motivation principale de l'attaque a été confirmée par le porte-parole du QG de campagne de Vladimir Poutine, remerciant ironiquement les Britanniques d'avoir accusé la Russie ce qui a suivant son estimation augmenté le taux de participation à l'élection de "8 à 9 points" - tout en se retenant quand même de remercier le commanditaire de l'attentat, qui a de fait rendu un signalé service au président russe (*) Ça c'est sur le fil Russie que je l'avais posté - Les Britanniques vont partager - ou ont déjà partagé ? - les données sur l'attentat avec l'OIAC organisation internationale hors de contrôle de la Grande-Bretagne comme des autres pays de l'OTAN, ce qui crédibilise fortement la nature du produit utilisé. Or le fabriquer n'est pas simple du tout : la formule ne suffit pas, il faut avoir mis au point une méthode adéquate, et les chercheurs soviétiques ont bien précisé que ça n'a pas été de la tarte. La Russie est le seul pays dont on soit sûr qu'il l'a fait - Le soutien explicite des Etats-Unis, de la France et de l'Allemagne à la thèse de la culpabilité russe, seulement quelques jours après l'attentat, est surprenant vu les hésitations initiales françaises bien compréhensibles vu l'historique "glorieux" des discours anglo-saxons sur les ADM (Irak 2003) tout comme la profonde réticence allemande à publier une accusation sans en être absolument sûr (NoPetya 2017). Il est intervenu juste après que les Britanniques ont partagé les éléments sur l'attentat contre les Skripal. La meilleure explication de l'attitude si claire des Français et des Allemands, c'est que les preuves étaient tout à fait crédibles... cette fois-ci - La nature du produit et la difficulté de le produire, tout comme le fait qu'il ne soit pas stable pendant des décennies - excluant le scénario d'un "vieux" produit récupéré par une mafia après la fin de l'Union soviétique - indiquent que l'attentat a été commandité par un Etat. Or les opérations secrètes du bloc occidental et notamment de sa puissance directrice ont tendance à ne pas rester secrètes bien longtemps, vu l'épidémie de lanceurs d'alerte ces dernières années (Bradley Manning pour Wikileaks, Edward Snowden, mails compromettants du DNC...) Pour les Anglo-Saxons, organiser un attentat sous faux drapeau sur le territoire britannique serait un risque énorme. S'ils étaient occidentaux, les commanditaires devraient donc être à la fois 1) d'une témérité extrême et 2) d'une incompétence crasse, puisque le résultat est de renforcer le pouvoir de Poutine les Russes se regroupant autour de lui lorsque le pays est accusé (et l'habitude leur fait supposer que c'est une nouvelle fois à tort) (**) (*) N'est-il pas d'ailleurs vrai qu'on n'est jamais mieux aidé que par soi-même ? (**) Il reste une possibilité plus "exotique", que le commanditaire soit un Etat, mais ni la Russie ni un pays du Bloc atlantique. Par exemple une puissance qui voudrait à la fois s'attacher davantage encore la Russie qui s'est récemment tournée vers elle, et distraire les Etats-Unis qui s'occupent trop dernièrement de questions commerciales alors qu'on préférerait qu'ils s'occupent d'affaires militaires, aussi loin que possible de l'Asie cependant ? Je ne dis pas que j'y crois, et ça n'expliquerait pas les quasi-revendications russes. Mais c'est quand même plus crédible qu'une attaque sous faux drapeau d'origine occidentale -
La guerre économique USA vs UE / Canada / Chine
Alexis a répondu à un(e) sujet de zx dans Economie et défense
Did a white cis hetero penis-haver interrupt her gender studies lecture? ... euh, @Boule75... c'est toi qui l'a ouverte ? Je rappelle en passant cet extrait de “Epistemic Privilege and Victims’ Duties to Resist Their Oppression” par Ashwini Vasanthakumar publié dans le Journal of Applied Philosophy 2016, p. 4 : Oui, si vous interrompez quelqu'un - et si vous êtes un homme hein - c'est aussi grave ou du moins aussi vicieux que de torturer quelqu'un. L'oppression n'a pas de bornes... -
Russie et dépendances.
Alexis a répondu à un(e) sujet de Tactac dans Politique etrangère / Relations internationales
Attends, tu es en train de dire que mademoiselle Stormy est en mesure de faire la comparaison ? Elle a aussi signé une clause de confidentialité avec Vladimir ? -
T'as des infos directes de Vladimir ?
-
... Je suis admiratif de ce gendarme, et heureux de voir que nous avons toujours des héros. Mais j'aurais préféré un héros vivant à un héros mort.
-
L'avenir de la péninsule coréenne
Alexis a répondu à un(e) sujet de Andromeda dans Politique etrangère / Relations internationales
D'un autre côté il faut essayer de comprendre l'étudiant à qui tu parlais, de se mettre à sa place. Imagine que quelqu'un suggère qu'il a existé des collaborateurs français pendant la seconde guerre mondiale, et qu'ils ont aidé les Allemands à commettre des crimes sur notre sol. Comment réagirais-tu, hein ? J'ai choisi le "Haha" pour la stupidité ahurissante de cette comparaison du point de vue diplomatique. Mais l'effarement aurait aussi été justifié. Et d'ailleurs Bolton n'est pas idiot du tout avec cette intervention, qui cadre parfaitement avec son objectif évident de protéger contre tout risque que la diplomatie fonctionne. Sinon la comparaison avec Clint Eastwood dans cette scène n'est pas tout à fait exacte. Dans la vie réelle, KJU a déjà son arme en main, ou plutôt ses armes : - Artillerie visant le grand Séoul - Balistiques mettant toutes les bases américaines au Japon et en Corée du Sud à portée de tir conventionnel, chimique ou nucléaire - avec 20 à 60 ogives suivant les estimations Les seules questions sont : - Pyongyang a t il déjà militarisé des armes biologiques qu'il pourrait déployer dans les villes américaines ? - Les balistiques intercontinentaux à tête nucléaire sont-ils déjà pleinement opérationnels ? Sur ce dernier point, Mike Pompeo alors directeur de la CIA répondait en janvier pas encore mais ils y arriveront d'ici quelques mois. Bolton part de cette hypothèse et presse pour la guerre rapidement, afin d'avoir une marge de sécurité par rapport à l'incertitude qui entoure toutes les évaluations de ce genre. C'est pourquoi il parle de peut-être avancer la rencontre Trump - KJU avant mai, et surtout il fait tout son possible pour que Trump reparte rapidement après avoir fait une demande maximaliste urgente que KJU sera presque sûr de refuser. Alors, si Trump veut empêcher la CdN de terminer de mettre au point les balistiques intercontinentaux nucléaires, il ne lui restera plus que la guerre. Edit : Voici la transcription complète de l'entretien de John Bolton avec Radio Free Asia. -
Le seul mot qui peut désigner ce gendarme est : héros. Dans le sens plein du terme.
-
Je complète la liste des œuvres récentes de ce doctrinaire de la guerre à outrance : - Mémo d'août 2017, évidemment destiné à être lu par Trump, sur la meilleure méthode pour "tuer" l'accord avec l'Iran sur le nucléaire How to Get Out of the Iran Nuclear Deal - Comment agir avec la Russie, février 2018, d'où il ressort premièrement que l'affaire de la collusion russe avec Trump est vide, deuxièmement qu'il faut quand même lancer "une cyber-attaque disproportionnée" contre la Russie et envoyer chars et artillerie OTAN s'entraîner à Ukraine, c'est cela et "bien davantage" qui permettra de "capter l'attention" de Vladimir Poutine, car "il n'est jamais trop tard pour (bien faire)" Russian assault on 'American idea' enables Trump to take tough action La différence entre ce type et Darth Vader, c'est que le personnage de Vader est intelligent et stratège. La différence entre ce type et un clown, c'est que le clown est inoffensif et drôle. Mëme si on est sur le fil USA, je vais dire deux mots de la France : mon espoir est que le président de la République saura maintenir notre pays à distance de sécurité des aventures à venir de la politique étrangère et des armées américaines. J'ai bon espoir, car Macron a été clair concernant la guerre en Libye, il est raisonnable de penser qu'il saura ne pas nous engager dans des aventures à côté desquelles la guerre d'Irak pourrait apparaître comme une bévue vénielle. J'espère vivement ne pas me tromper. En ce qui concerne les Etats-Unis, il reste des bons scénarios où des résistances se manifesteraient ici ou là - les généraux du Pentagone, dernier espoir ? - ou bien où Trump saurait résister par son bon sens - hmmm - aux manigances guerrières de cet homme qui semble en attendant l'avoir pris sous son charme. L'espoir est permis. Mais il ne faut pas se faire d'illusion : le danger est plus grand qu'il ne l'a jamais été.
-
La guerre économique USA vs UE / Canada / Chine
Alexis a répondu à un(e) sujet de zx dans Economie et défense
Je saisis l'argument, mais il est aussi possible de comprendre que Trump ne recule que parce qu'il est en train d'ajuster son tir - qui n'est pas nécessairement super-super bien cadré au départ vu son attention "limitée" aux détails et les capacités "intéressantes" de l'équipe qui l'entoure, mais ça n'empêche pas de corriger ensuite. Ce que Trump fait c'est précisément concentrer son tir sur Pékin, ce qui est bien son obsession affirmée et claironnée et répétée depuis bien avant son élection, en plus d'être rationnel vu sa détermination à réduire le déficit commercial américain. En 2016, la Chine représentait 366 des 790 milliards de dollars de déficit commercial américain, soit pratiquement la moitié. De plus, c'est le seul autre pays qui soit en train de devenir une superpuissance, donc un véritable rival pour les Etats-Unis. Du point de vue chinois, voir Trump exempter un pays ou une zone commerciale après l'autre Canada et Mexique, Corée du Sud, Australie, Argentine et Union européenne... n'a rien de rassurant à mon avis "C'est nous qui sommes en plein dans son viseur". Hmmm je ne sais pas... Voyons, si on prend l'élection présidentielle française de l'année dernière, il n'y avait aucun protectionniste dans l'équation ? M'sieur Jean-Luc n'a pas parlé de "protectionnisme solidaire" ? M'dame Marine de "protectionnisme intelligent" ? Oui le résultat a été l'élection d'Emmanuel Macron. Mais le vent du boulet n'est pas passé si loin il me semble, et surtout le fait que la plupart de ceux qui votaient disons "différemment" appartenaient aux parties de la population qui souffrent le plus de la mondialisation, joint à la forte probabilité que continuer à suivre les mêmes politiques ou plus précisément les intensifier ne fasse qu'aggraver cet état de fait et augmenter le nombre de ceux qui ont à se plaindre de la stratégie de mondialisation... doit rendre prudent quant à l'idée que certaines remises en cause et révisions déchirantes n'aient guère de chance d'avoir lieu en France. Les forces politiques sont bien là. Et pas seulement du côté de MLP - peut-être même plus du tout de son côté vu sa réorientation. Le "cercle de la raison" a connu une impressionnante refonte interne, les protectionnistes pourraient connaître de même des recombinaisons. C'est vrai, et la division entre les différents groupes de réformateurs est bien le principal obstacle sur leur chemin sachant que les partisans de l'immobilisme sont au contraire unis au sein du "cercle de la raison". L'incompatibilité massive entre une Le Pen et un Mélenchon est d'ailleurs ce qui a valu à Emmanuel Macron une victoire écrasante au second tour plutôt qu'une victoire sur le fil. Deux points tout de même : - Les idées-force sont tout de même bien repérables. Je n'ai pas envie d'aller trop loin sinon on va virer "politique française" et il faut l'éviter, mais enfin on trouve facilement en ligne une liste des points communs des programmes de Mélenchon et Le Pen. L'incompatibilité des deux tendances gauche et droite n'en demeure pas moins certes, mais les idées-force sont bien là, et elles rassemblent déjà presque la moitié des Français - Ces mouvements ont depuis longtemps dépassé le stade de la simple colère ou de "l'épidermique". En s'inspirant du mot attribué à Louis XVI, ce n'est pas d'une émeute qu'ils menacent le "cercle de la raison", mais bien d'une révolution J'ajouterai qu'un mouvement historique se présente rarement parfaitement armé de pied en cap du premier coup sans un bouton de guêtre qui manque. Les oscillations historiques entre libre-échangisme et protectionnisme ont une périodicité de deux générations à peu près. Le balancier commence à se déplacer dans l'autre sens, ça pourrait accélérer assez gentiment vu que les protectionnistes malgré leurs divisions et désorganisation ont quand même réussi à placer un perturbateur du genre maousse costaud - et à houppe blonde - à un endroit où malgré ses criantes insuffisances il peut secouer assez sérieusement les choses, mais nous n'en sommes quand même qu'au début. Enfin, s'agissant de libre-échangisme, il faut noter que troubler les eaux et faire crouler telle partie de l'édifice n'est pas nécessairement si difficile même quand ce n'est pas ce qu'on voulait ! Les partisans du Brexit étaient pour la plupart des libre-échangistes du genre dur voire extrémiste, le gouvernement britannique tout autant que les négociateurs de l'UE veut maintenir le libre-échange entre Londres et le Continent... mais même en étant tous alignés sur l'objectif, même en subissant chacun de grosses pressions de leurs grands intérêts respectifs il n'est pas certain qu'ils y parviennent. En somme, l'avantage stratégique majeur des immobilistes est que leurs adversaires sont divisés, l'avantage stratégique majeur des réformateurs est que le désordre travaille pour eux. Or l'image de Trump comme une boule de démolition se confirme il me semble dans la durée. Il ne possède vraiment aucune des caractéristiques d'efficacité froide associées au personnage, mais sinon l'objectif est bien celui de Victor le Nettoyeur du film Nikita. Il est là pour faire la place, même s'il ne s'en rend compte qu'imparfaitement lui-même. En tant que président efficace et sage il ne fait certes que décevoir. En tant que grenade dégoupillée il "fait le boulot". "Faut qu'je nettoie ! Oui. C'est d'ailleurs pour ça qu'on appelle les réformateurs des "populistes". Ils n'ont pas toujours porté ce nom. Par exemple dans les années 1860 aux Etats-Unis on appelait les protectionnistes "les Bleus" ou encore "les Nordistes", alors que leurs adversaires portaient un uniforme gris... ce qui n'a pas empêché autant d'en emporter le vent S'ils sont aujourd'hui "populistes", c'est parce que la plus grande partie des élites économiques et médiatiques vont dans l'autre sens et sont libre-échangistes du genre assez extrémiste. Nos sociétés sont de plus en plus polarisées entre une "élite" qui soutient très largement et profite nettement de la mondialisation et un "petit peuple" qui en souffre davantage qu'il n'en profite. L'ensemble ne tient pour l'instant que parce que : - Une partie importante de la population profite quand même de la mondialisation, ou du moins ne souffre pas, ou pas trop, du moins à court terme et à condition de ne pas trop se préoccuper de ce que sera l'avenir de leurs enfants et à condition d'accepter de migrer pour se protéger des conséquences de la politique "raisonnable" - éviter certains quartiers laissés à l'abandon, certaines campagnes désertifiées, penser à l'école privée pour les enfants - ce qui revient à évacuer telle ou telle pièce d'une maison en flammes en espérant que l'incendie n'atteindra pas le reste et que le déclin évident restera "gérable", surtout pour moi et pour les miens - Une partie plus importante n'est convaincue ni par le "cercle de la raison" dont elle a vu les inconvénients ni par les réformateurs dont elle perçoit les divisions et l'insuffisant professionnalisme bref qui ne la convainc pas dans le rôle du pompier - d'où abstentions "ils sont tous c..s" et autre "je ne veux rien à faire avec ce cirque" - Plus les divisions des réformateurs comme déjà dit L'avenir n'est pas déterminé à l'avance. Mais je ne suis pas convaincu que ces facteurs restent très solides indéfiniment. Et ce n'était là que le cas de la France. Rappelant que l'instabilité favorise les protectionnistes, il faut noter que parmi les pays qui ont un certain poids et une certaine influence, l'Italie présente plus que des signes de manque de solidité, en avance sur la France de ce point de vue. Et le Royaume-Uni tout libre-échangiste extrémiste que soient sa classe dirigeante. Et puis bien sûr the land of the free, the home of the brave...