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Tout ce qui a été posté par Tancrède
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Il parle en essence d'un des travers de la politique américaine qu'il présente comme la raison pour laquelle le parti démocrate a perdu la classe ouvrière et les couches très modestes blanches, à savoir "l'identity politics" (que j'ai pointé du doigt à de nombreuses reprises ici), un phénomène qu'on retrouve d'ailleurs dans les gauches européennes, qui essaient d'amalgamer les bobos, les fonctionnaires et certains corps spécifique de l'électorat "autochtone" (dira t-on) avec les minorités ethniques de l'autre, avec un discours, mais aussi des politiques, qui se calibrent spécifiquement pour ces publics et tendent, à tort ET à raison, à aliéner ou dissuader les populations "d'origine" de ces partis (typiquement la classe ouvrière et les couches très modestes, donc). Le fait souligne qu'on en est venu à avoir des marqueurs ethniques du clientélisme politique, qui comptent désormais beaucoup plus que les marqueurs socio-économiques. C'est effectivement un facteur important, mais à mon avis loin d'être unique: il se focalise exclusivement dessus, ce qui est selon moi une analyse un peu trop partielle, même si c'est certainement un des 2-3 déterminants fondamentaux.
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Un truc intéressant sur les résultats électoraux: on commence à avoir une idée sur le "split vote", cad les gens qui ont voté d'un côté pour tout ou partie des candidats d'un parti, mais laissé la case présidentielle en blanc ou voté pour le candidat opposé à leur tropisme politique tel qu'exprimé sur le reste du bulletin. Il semble que le phénomène décrit succinctement plus haut pour le cas du Michigan (95 000 électeurs démocrates votant 100% démocrate sur le bulletin mais laissant la case présidentielle en blanc, sans même compter ceux qui, avec un bulletin similairement démocrate, ont voté Trump.... Marge de victoire de Trump dans l'Etat: 13 000 votes) se soit beaucoup présenté dans les Etats qui ont fait la différence (sans doute d'autres aussi); dans l'Ohio (très peuplé), ce type de vote se compterait avec 6 chiffres. Si d'un côté cela explique beaucoup et cela permet d'offrir un meilleur portrait de l'humeur de la population, de l'autre, ça indique aussi à quel point la victoire de Trump a bien des côtés fragiles, de pure apparence ou circonstance, mais surtout, à quel point il n'y a pas eu de "vague" d'un côté ou de l'autre, mais un grand ras le cul, une condamnation de l'offre politique. J'attends de voir le détail de ces résultats, mais surtout, j'attends de voir si quelque chose va sortir pour étudier un peu le premier parti des USA et de France, l'abstention (motivations, choix actif....).
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Non, ce sont les organisations professionnelles d'éboueurs et de toutes sortes de métiers d'évacuation des déchêts: imagine s'ils se concertaient pour arrêter de bosser et réellement nous faire.... Chier.
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L'un des problèmes avec Donald, c'est que chaque chose qu'il dit peut devenir une fausse info dans la seconde suivante.... Redevenir vrai après.... Et en fait ainsi de suite. Je croyais que c'était la FIFA; ou le CIO.... .... Ou l'Angleterre du XIXème siècle (entre autres choses: le plus grand dealer de drogue de l'Histoire).
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Thaïlande
Tancrède a répondu à un(e) sujet de Wallaby dans Politique etrangère / Relations internationales
L'ambiguité reste la même que partout ailleurs: ça justifie un certain droit très vaguement défini à la résistance à l'oppression du chef indigne, voire du tyran.... Mais ça amène aussi le sujet de toutes les lois de lèse-majesté: si on interdit la critique du roi et qu'on sanctionne tout ce qui peut, de près ou de loin, s'y apparenter, alors ces critiques sont invalides parce qu'illégales, donc non existantes (sauf pour ceux qui les ont émises et vont s'en prendre plein la gueule), et puisqu'elles sont inexistantes, le roi n'est pas détestable, il est forcément un bon souverain, donc intouchable. Si, puisqu'on vous le dit.... L'arme à la main. De la relativité des lois et principes dans le monde réel: qui tient le flingue gagne. A moins de soulèvements massifs et répétés contre le dit souverain (ce qui est difficile, voire impossible hors de circonstances absolument extraordinaires) dont on n'est même pas sûr que l'actuel gouvernement ne serait pas capable de les réprimer massivement façon sanglant avec un supplément tripes et boyaux, l'inertie du statu quo, l'éparpillement et la taille d'une population sur un vaste territoire (et les possibilité limitées de concertation rapide et permanente à grande échelle, surtout dans un environnement où les grands médias sont contrôlés) et la force d'un gouvernement brutal évitent que des principes tels que la résistance à l'oppression et/ou à un chef d'Etat indigne soient applicables dans les faits. -
Certes non, mais la "guerre civile" mentionnée pour la gauche va être une réalité immédiate pour la gouvernance américaine: la place des partis aux youesses est telle que ça ne peut pas ne pas être le cas. Or, le parti démocrate est, par sa défaite et ce qu'elle implique, confronté de façon directe à ses contradictions et problèmes majeurs, plus encore que le parti républicain en 2012 qui avait gardé son niveau de contrôle territorial (parlements et gouvernorats, plus tous les échelons inférieurs: il avait même accru ce contrôle) et sa majorité à la Chambre, ce qui lui avait permis d'extérioriser (en quelques sortes) ses problèmes internes, de les éviter, de renvoyer leur traitement aux calendes gréco-américaines (pire que les grecques) en se concentrant encore plus sur un obstructionnisme absolu contre Obama. Le défaut de cette tactique s'est vu lors des primaires, où les problèmes ont parlé fort, les divisions sont apparues, le décalage avec la/les base(s) s'est affiché. Et encore, ça obère l'autre problème du GOP et de ses politiques, qui est démographique et générationnel, mais la victoire de mardi délaie encore cette confrontation avec le réel. Pour les démocrates, changer est urgent désormais, tout en gardant à l'esprit que la gouvernance continue et qu'un parti, même minoritaire partout, a encore beaucoup de moyens d'action. Mais aussi beaucoup de problèmes qui vont se retrouver étalés au grand jour via la représentation du dit parti au Congrès: les lignes choisies, les financements des élus existants, leurs choix de politique, la plate-forme que leur job leur offre, la coopération ou non avec Trump et les divisions qui s'afficheront à cet égard, la "ligne du parti" qui sera adoptée, les tactiques parlementaires (retarder des lois, y ajouter des kilos d'amendements négociés....) et médiatiques.... Beaucoup de linge sale qui va se laver aussi en public et s'imposer à la gouvernance américaine en étant aussi bien un affrontement sur le sujet du mode de relation à avoir à Trump (degré d'opposition ou coopération....) qu'un conflit ouvert entre les tendances du parti qui s'opposent désormais de manière plus directe et radicale pour définir ce que sera la position démocrate à l'avenir. Et l'impact sera bien réel non seulement sur Trump et le GOP, mais aussi bien sur la gouvernance américaine que sur les positions que prendront Trump et le GOP, puisque la gouvernance résulte de la politique avant tout intérieure, et que la politique intérieure est une dialectique permanente fondée sur les pouvoirs formels et informels, sur l'influence, sur les perceptions, sur les positions, sur les individualités, sur les "power bases" (et leur évolution: voir l'action des "Bernistes" qui a commencé), sur les circonstances. En même temps, il est très très vieux. Je suis pas sûr du choix des caleçons: pour être dans le trip Bernie et de sa génération, ils auraient du prendre des slips kangourous.
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Elle est très actuelle cette conclusion. Mettons qu'il ne s'agit plus de "sentir le Bern" présidentiel, mais le Bern absolu: tout le défi politique actuel dans la gauche américaine (qui va entrer dans une forme plus ou moins douce de guerre civile, voire peut-être dure), va être de reconquérir l'échelon de terrain sur TOUT le territoire américain, pas juste un certain nombre d'Etats. Ca veut dire développer la base militante déjà initiée par la campagne Sanders, lui rallier d'autres organisations existantes aussi bien que de nouveaux adhérents et groupes d'adhérents, consolider le dispositif créé afin de lui donner une pérennité et une force de frappe financière, activiste (dans les organisations et institutions) et de démarchage de campagne.... Le tout afin de bypasser autant que possible l'appareil du parti démocrate, du moins tant que la ligne dominante actuelle a trop d'importance dans les processus de tous niveaux (voir qui sera nommé à la tête du DNC pour savoir s'il y aura changement et si oui, de quelle dimension). Et pour tout ça, qui est déjà lancé et en cours de réalisation, il faut un porte-parole, une icône: qu'on le veuille ou non, à tort ou à raison, depuis cette année, c'est le Bernie. Il ne sera sans doute pas le candidat 2020, ou même sur les rangs des primaires (because âge), mais c'est lui le porte-drapeau du renouveau à gauche pour l'instant. Donc arrête de pinailler, et accepte-le: you are feeling the Bern RIGHT NOW! Tu vas le sentir, oui? Ou il faut que je tape?! La "centralisation" de la trame narrative sur la seule élection présidentielle nous fait facilement oublier (peut-être surtout à nous Français dans notre type de république) que les contre-pouvoirs et corps intermédiaires existent et sont puissants, et ce bien plus aux USA que par chez nous. Accorder le bénéfice du doute à un dirigeant, qui qu'il soit? C'est anti-démocratique ! Tu ne fais pas ton devoir de citoyen (même si là, le sujet n'est pas ta république)! Et franchement, il n'est pas question (encore) de décréter la corruption sous forme d'accusation (toute relative: AD.net n'est pas un tribunal), juste de pointer les mauvaises odeurs quand il y a effectivement des comportements merdiques, ou au moins quelqu'un en train de se mettre en position de squat avec le pantalon en cours d'abaissement. Et les nominations, la place particulière des enfants Trump, le refus du blind trust, les conflits d'intérêt déjà avérés, c'est bien dans ces lignes, c'est pas juste des conjectures sans base.
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Là pour le coup, ça commence à se profiler sérieusement, mais si ça devient manifeste après janvier, ce sera un VRAI problème, parce que c'est pas seulement un Etat, c'est le plus puissant. Et personne s'est gêné pour "conjecturer" de la même façon sur Clinton, en appelant des faisceaux de demi-vérités et des probabilités plus ou moins fortes des faits, On fait ce qu'on peut avec ce qu'on a, et en l'occurrence, des deux côtés, il y a de forts indices de pourriture, et même côté Trump, pas mal de faits prouvés en cour de justice, des comportements récurrents, des faisceaux de témoignages (quand y'en a qu'un ou deux, j'évite de les prendre en compte) qui se rejoignent souvent et permettent d'établir des histoires plus complètes.... Et dans le cas mentionné aujourd'hui, des faits simples et avérés: nominations, accès et conflits d'intérêts présentés ici sont de simples réalités. Et elles puent. Conclusion: feel the Bern!
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Et qu'ils n'ont pas transformé la Maison Blanche en plate-forme commerciale ou instrument d'enrichissement, ni l'Etat en maison de commerce familiale (avec potentielles succursales à l'étranger). Depuis les Bonaparte de la grande période, les chefs d'Etat occidentaux ont, dans leur grande majorité, essayé de se restreindre de ce côté.
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FRANCE : 5° puissance économique?
Tancrède a répondu à un(e) sujet de SPARTAN dans Economie et défense
Pas d'accord: tout métier, c'est un savoir, un savoir-faire et un faire-savoir (cad vendre son "produit" et se vendre soi-même): le développement de cette mentalité de l'opérateur seul dans sa tour, dont on ne doit pas toucher le statut ou le bifteck, est très malsain (un peu une idée de statut nobiliaire), et méprisant à l'égard de ceux pour qui leur activité est censée se faire (et qui paient pour). Les scientifiques, en particulier, se sont déconnectés graduellement de tout et de tous en ne sachant ni vulgariser, ni "vendre" les mérites de leurs activités, et en laissant se développer des pans entiers de recherche qui sont plus des marottes, ou les préférences de certains lobbies internes, plutôt que quelque chose censé servir les buts de l'employeur-payeur (l'Etat, cad nous). Il y a certainement du mérite scientifique dans beaucoup de ces champs de recherche, sinon tous, mais de là à dire qu'ils sont dans l'intérêt de qui a des ressources rares à concentrer dedans.... Et comme par hasard, c'est, en interne, ceux qui savent plus se vendre (lobbying) qui chopent plus de budgets: ce sont rarement les plus utiles. -
Et Comey a aussi dit dans ses conclusions qu'il n'avait PAS DE QUOI entamer une procédure pouvant donner quelque chose: on est loin de la "haute trahison" que clament les groupies de moumoute-man. Mais plus largement, qu'essaies-tu de faire dire (qu'ils ne disent PAS! Dont moi) à ceux qui critiquent Trump? Qu'ils sont fanas de Clinton ou qu'elle est un ange? Y'a que de la logique binaire dans ton monde? C'est ou l'un ou l'autre, et si l'un est très méchant, l'autre est très gentil? Y'a pas mal de raisons pour lesquelles ces deux personnes furent les deux candidats les plus détestés de l'histoire électorale présidentielle américaine, plein de raisons pour lequelles aucun des deux n'a suscité un immense enthousiasme au niveau national malgré ce que leurs marketings respectifs ont essayé de mettre en avant, et plein de raisons pour lesquelles la participation a été basse, même si tous les médias, "sérieux" (façon de parler) et "alternatifs" s'entêtent depuis mardi à essayer de trouver une trame narrative qui explique tout et aille dans le sens de leur ligne éditoriale, en niant le fait qu'il s'est agi avant tout d'un vote par défaut par un corps électoral peu motivé, oubliant autant que possible que le résultat s'explique beaucoup plus par qui ne s'est PAS pointé (ou s'est abstenu de cocher la case présidentielle du bulletin) que par qui est allé voter. Une trame narrative, qui plus est, qui n'insiste pas trop non plus sur le fait que Clinton a malgré tout eu nettement plus de gens qui ont voté pour elle, ce qui n'empêche pas des titres et longues explication du style "le peuple lui a craché à la gueule", ou des variations sur ce thème. L'abstention et le non vote présidentiel devraient être beaucoup plus pointés comme des molards lâchés sur leurs deux tronches (et sur celle du système politique). Donc STP, épargne-moi les échanges de posts binaires qui présupposent que si je mets quelque chose sur Trump, ça veut dire que je suis un Clinton-fan ou assimilé, et que si j'en diabolise un, ça veut dire que j'angélise l'autre. J'ai pas d'avocat pour les procès d'intention.
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Vérifiable? Sérieusement? Le même FBI qui a dit le dernier WE qu'il n'y avait rien du tout sur l'ordi de Wiener?
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Apparemment aussi, Trump a du mal à couper le cordon avec son penthouse de Manhattan.... Ce qui risque de poser des problèmes: sécuriser le building aux standards du USSS coûterait des dizaines de millions de dollars au gouvernement et une immobilisation de moyens énormes pour la police de NY, poserait d'énormes problèmes à la ville (zone très commerciale et très fréquentée, désormais complètement bloquée depuis mardi dernier), serait problématique même pour les commerces de l'immeuble et dommageable à la valeur des appartements (le niveau de sécurité ne compensant pas la restriction de l'accès et la "stérilisation" du périmètre). A voir comment ça va se faire, ou si le Donald essaie pas de grapiller quelques dizaines de millions aux frais de la princesse pour un upgrade sur son immeuble: "it's so classy".
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Tu rigoles? Il vient de toucher le jackpot, la mère de toutes les cornes d'abondance, les clés de la fabrique de chocolat, la raison pour laquelle les groupes d'intérêt de tous types financent des carrières et mouvements politiques, achètent le processus.... Les pertes encourues par ses divers businesses au cours des derniers mois/de l'année écoulée, c'est désormais peanuts à côté de ce que ces nouveaux Borgias vont racler. Et même s'il avait perdu, la seule base de donnée et l'audience qu'il a acquise en cours de route lui auraient permis de lancer la plate-forme médiatique dont beaucoup y voyaient son seul motif d'entrer dans la campagne (et cette plate-forme est peut-être toujours sur les rails; faudra voir ce que fait Kushner ces prochains mois). Là, pour le coup, faut redescendre sur terre. Et non, ce ne sont pas des spéculations: les deux exemples que j'ai mentionné SONT d'ores et déjà quelques-uns des multiples -et graves- conflits d'intérêt qui ont commencé à la minute même où l'élection s'est terminée. Les femmes de chambres de son hôtel de Las Vegas, déjà bien maltraitées, vont voir la version très réelle de la chose. Le New York Post? Vraiment? Pourquoi pas (feu) News of the World? S'ils dirigent en même temps le groupe familial, et qu'en plus Kushner a le même accès (en plus d'y avoir potentiellement un informel via sa femme), ça fait un empire immobilier de plus (et un bien plus maousse) qui a accès à tout, et le moyen de se servir de mille et une façons des ressources de l'Etat. C'est un tantinet problématique. On voit bien que tu es dans la mystique Trump (et on peut comprendre pourquoi sur bien des plans, c'est pas un jugement), mais là tu fais pire que nier l'évidence. J'ai bien aimé une formule de Colbert sur le sujet: "he went from zero to Nixon in a whiff".
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Le gouvernement Trump n'a pas encore été choisi qu'il est déjà corrompu: en essence, le simple fait que Trump soit président ET ne se soit pas séparé de la gestion de ses propriétés le place d'emblée en situation de grave conflit d'intérêt en de multiples instances. Par exemple, l'ancien bureau de poste central de NT (un bâtiment néogothique très tape à l'oeil), que Trump a loué pour le reconvertir en hôtel, appartient à la General Services Administration, une agence fédérale dont Trump est désormais le patron (ou le sera en janvier), ce qui le met en porte-à-faux en tant que représentant (formel ou informel) des intérêts de la famille Trump et représentant des intérêts du peuple américain. A moins que la famille Trump ne renonce au bail, ou que la GSA change de statut pour avoir un patron indépendant du président (ce qui est constitutionnellement difficile, voire impossible), y'a une couille dans le potage. De même, en tant que président, il nomme les membres du National Labor Relations Board, une organisation chargée de gérer les importants conflits employés-employeurs (des super-prudhommes aux hormones, mélangés avec des sommets tripartites Etat-syndicats-patrons): de façon assez médiatique (en tout cas au Nevada), son grand hôtel à Las Vegas a un grave conflit en cours avec son personnel, ce qui risque de placer l'agence dans une situation délicate, avec des nominations qui seront directement en position d'affecter les intérêts de la famille Trump, puisque le nouveau président sera à la fois juge et partie. De tels cas de figures sont multiples dans le cas de la famille Trump qui se trouve, plus que beaucoup d'autres présidents américains, dans la position d'utiliser toutes sortes de ressources de l'Etat pour son bénéfice personnel, de multiples façons, indirectes et directes. Jusqu'au marketing de produits avec l'image présidentielle, qui a déjà commencé: Ivanka Trump s'en est servie tout au long de la campagne.... Et continue depuis mardi dernier. La page de présentation du "president elect" inclue une bonne dose de promotion des propriétés familiales, hôtels et golfes. La chose a été critiquée et finalement retirée du site. De même pour la nouvelle First Lady qui, dans sa page de présentation, faisait la pub de ses lignes de bijoux et montres (avec le renvoi à la chaîne télé commerciale où elles sont commercialisées.... Un peu plouc, non?). Que la famille profite de la nouvelle position pour régler quelques comptes, on va dire que c'est de bonne guerre et que c'est inévitable en politique; ainsi de Jared Kushner qui, apparemment, est en train d'obtenir de beau-papa sa revanche familiale sur Chris Christie (qui a poursuivi et mis son père en prison quand il était procureur), désormais dégradé à une position de n°2 de l'équipe de transition (dans les circonstances politiques et personnelles présentes, ça veut dire un n°2 sans influence) et dont les copains et affiliés sont graduellement dégagés de la sphère Trump depuis une semaine, dans ce que l'un d'entre eux a décrit comme "une purge stalinienne" (oui, on sait, les ricains emploient toujours des superlatifs pour tout). Mais la situation de multiples conflits d'intérêts bien concrets (pensons à ces femmes de chambre d'un hôtel de Las Vegas qui risquent d'en prendre encore plus plein la poire que via leur déjà déplorables conditions de travail) est une première, et quelque chose de dangereux en plus d'être moralement choquant: la question est de savoir si cela passera, c'est-à-dire si le détachement de tels intérêts est avant tout lié à un comportement attendu du président, un code éthique informel, ou si des juges vont être à même de s'emparer de l'affaire (en général) ou des affaires (cas par cas) en question. Plus insidieux encore: dans toute la litanie de lobbyistes qui entourent actuellement Donald Trump, son principal conseiller côté politique étrangère et sécurité nationale semble toujours être l'ex-général un peu zarbe Michael Flynn, qui assiste désormais le nouveau président lors des "security briefings" par la CIA. M. Flynn est aussi, incidemment, un lobbyiste, ayant un cabinet de conseil; et son employeur actuel (ou l'un de ses employeurs) est.... Le gouvernement turc.
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J'oubliais.... Pour vous rassurer: aux côtés de Moustache Bolton et MadGiuGiu, on a aussi Sarah Palin qui s'agite de nouveau dans les médias (pour le portefeuille de l'Energie?) et dont le nom circule, Newt Gingrich (qui, comme Giulini, n'a fait que devenir plus taré et rapace depuis qu'il a été sorti de toute activité dans le GOP) et Michael Flynn, l'ex-général maniaco-dépressif aux idées complotistes et..... Originales. Ca va? Vos peurs sont apaisées? Tout va bien dans le meilleur des m..... OH MY GOD! WE'RE ALL GONNA DIIIIIIIEEEEEE!!!!!!
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Ah, mais tu peux aussi. Cependant, on peut estimer le fait que ces deux-là la ramènent si fort dans les médias, avec tellement de hauteur et de prétention, qu'ils ne sont pas vraiment sur les rangs des gens vraiment considérés pour les top jobs. Giuliani estimait assuré, il y a quelques jours, qu'il serait à la Justice, et décrète maintenant depuis hier qu'il sera Secrétaire d'Etat et qu'il veut ce poste et qu'il y sera le meilleur et qu'il va botter des culs partout..... Ce qui le met évidemment avec Moustache Bolton qui affirme depuis une semaine que ce poste lui est réservé de toute éternité et qu'il va montrer ce qu'est l'Amérique à toutes ces pédales du monde entier. Si Giuliani a été une fidèle chealeader de Trump en out-Trumpant le Donald dans le style (faut le faire), Bolton s'est découvert Trumpiste mercredi 9 au matin, et claironne depuis. Mais dans ces choses généralement sérieuses -et assumons pour l'instant que Trump va l'être sur de tels sujets-, c'est ceux qui causent le plus et le plus fort qui en savent le moins, ceux qui affirment le plus savoir quelle est la liste et où ils sont dessus.... Qui ne sont pas sur la dite liste. Giuliani va continuer à être le clown attitré de la sphère médiatique de droite, et Bolton le taré qui s'incruste dans les débats de politique étrangère tout en poursuivant ses douteuses affaires d'intermédiation, notamment avec beaucoup de puissances moyen-orientales que par ailleurs il condamne fermement en discours.
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Non, c'est un ancien procureur qui a fait sa réputation dans les années 80 en allant chasser les "5 familles" de la Mafia, et dont les mandats municipaux se sont faits sous le signe d'un personnage outrancier, essayant d'être flamboyant, sans retenue, avec pour seul but de "nettoyer" NY. Il a donné dans la politique ultra-sécuritaire (le "stop and frisk", "tough on crime", "zero tolerance, "broken window policy") et la bride sur le cou à la police: le crime a beaucoup baissé sous son "régime", ce qui lui a valu une grande popularité dont on sait aujourd'hui qu'elle est en grande partie injustifiée: la grande vague de crime qui a sévi dans tout l'occident des années 60 aux années 90 a disparu pour un vaste faisceaux de raisons, et à des rythmes comparables dans tous les pays, la plupart n'ayant pas adopté une stratégie policière brutale comme aux USA et, particulièrement, comme celle de NY. Et la "renaissance" de la ville était déjà largement entamée, et a autant correspondu à l'explosion financière et immobilière qu'au grand remplacement des habitants (dehors les prolos et les classes moyennes, bienvenue les riches et les immigrants) et à une nouvelle ségrégation sociale et spatiale dans la ville (aujourd'hui très polarisée entre très riches et très pauvres), des logiques qui échappent de beaucoup le champ d'action et la durée en poste d'un maire, qui peut cependant choisir d'en accélérer certains traits, en partie pour le style (lâcher la bride aux flics pour rassurer/satisfaire son électorat particulier), et en partie pour ses bailleurs de fonds (les grands acteurs de l'immobilier et de la finance, les barons locaux dans les "five boroughs"....). Pour beaucoup de gens à NY, les mandats Giuliani, c'est beaucoup d'exclusion sociale, la place laissée aux élites, une politique sécuritaire très raciste, beaucoup de corruption à City Hall, la boboisation massive de Manhattan.... Comme pour d'autres politiciens, l'image de Giuliani a été sauvée par le 11 septembre: il était le maire en poste, et a passé des semaines en photo-ops constante sur les lieux, avec les pompiers et les flics.... Sans faire un job particulièrement bon ou mauvais, mais en donnant l'image de Superman. Ca ne l'a pas rendu hyperpopulaire, mais ça a beaucoup "grandi" son personnage. Giuliani lui-même, c'est un mythomane fort en gueule et prétentieux qui prend position sur tous les sujets (et leur contraire: comme Trump, il a pas peur de changer radicalement d'avis dans la même interview, tout en le niant) et qui, depuis qu'il a quitté la mairie de NY (fin 2001), est une sorte d'affairiste véreux et d'intervenant constant sur FoxNews et dans une tripotée de médias d'ultra-droite: chaque année l'a vu pousser le délire un cran plus loin, affirmant, décrétant, postillonnant, alignant les pires débilités et horreurs, multipliant les arguments sans fondement et des théories complotistes tarées dont on ne sait pas trop bien s'il les pense ou s'il se sert juste du fonctionnement des médias et de leur évolution ces 15 dernières années pour faire du fric et rester sur le devant de la scène (sans doute les deux, mais dans quelles proportions?). Extrêmiste, bête de cirque, affairiste visant toujours l'assiette au beurre, c'est un profiteur de l'écosystème de la bulle médiatique conservatrice qui ne s'embarrasse pas d'une once de vérité, de self control ou de décence. S'il a un temps eu des positions progressistes sur les droits des gays (il a une réputation d'être un travesti, mais c'est uniquement pour une photo dans une soirée) et l'avortement, il y a renoncé sans y réfléchir à deux fois sitôt qu'il s'est plus impliqué dans la bulle conservatrice et la politique républicaine nationale, devenant plus rigoriste que torquemada dans son discours (ce qui, comme bien souvent, n'est qu'une posture, surtout vu sa vie personnelle agitée). Comme certains autres agités (dont John Bolton, l'autre taré néocon en train de poser dans les médias en décrétant qu'il sera dans le prochain cabinet), il soutient encore aujourd'hui l'invasion de l'Irak et son bienfondé, vante la façon dont la guerre a été menée, et en prône plus.
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L'un des autres trucs dans la narration dominante qui est en train d'essayer de se bâtir (quel Etat sait mieux se mentir à soi-même que les USA? On est des amateurs, à côté), c'est le niveau des attentes à l'égard de Trump: quand Obama a été élu, l'un de ses principaux problèmes a été qu'il a quasiment été présenté comme le Messie (et le diable dans la bulle conservatrice), et les attentes qui l'accompagnaient étaient du coup à cette hauteur, alors même que l'Amérique était au fond du trou. Il aurait fallu qu'il accomplisse d'authentiques miracles -et là je parle bien de trucs comme marcher sur l'eau, multiplier les pains et résorber le déficit en un an tout en accroissant les dépenses- pour tenir le rythme. Pour Trump, c'est encore flou, il y a concurrence des conjectures, mais si "l'alt right" semble en train de déjà annoncer un "retour de la race blanche", la mort du multiculturalisme et la guerre à outrance aux SJW, j'ai l'impression que beaucoup est fait pour essayer de rabaisser un peu les attentes du côté de Trump lui-même: il doit avoir envie de faire taire les abrutis comme Giuliani, Bolton et consorts qui annoncent toutes sortes de choses (ou bien il se sert d'eux pour créer de la peur, et ensuite nommer plus modéré et passer ainsi pour raisonnable: mais là, c'est quasiment complotiste comme raisonnement... Et Giuliani est taré, et Bolton con et extrêmiste, c'est un fait). Ce rôle d'épouvantail, calculé ou non, veut sans doute dire que ces gars ne sont même pas sur les listes. Mais la logique de rabaisser les attentes, c'est en partie ce qu'il a fait, volontairement ou non, pendant sa campagne: mettre la barre si bas que s'il arrivait à lire son prompteur sans trop d'écarts, ou à pisser sans salir ses pompes, la presse applaudissait la performance. Les seules conjectures que je me permets de faire tiennent à ses nominations, les déjà faites, les pressenties, et ceux chargés de remplir les postes. Sur ce dernier plan, j'ai beaucoup d'inquiétudes. Sur le premier, Bannon fait peur.
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Les médias sociaux: la fin définitive du système médiatique (déjà bien gangrené) que nous avons connu et qui a accompagné le développement de la démocratie. C'est juste à qui gueule le plus fort, désormais. La vérité, ou en tout cas la pertinence, et l'investigation, n'ont plus de valeur ajoutée (au contraire) dans la grande nébuleuse mondialisée, indifférenciée et indifférenciable, du ragot de comptoire. Putain, je lis le gars et j'ai envie de hurler "heil Angela!".... C'est grave docteur? Finalement, Chtulhu aurait pas été si mal. Au moins, on en aurait fini plus vite.
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Je crois que Mme Placard résume bien la conclusion probable de ton analyse (je maintiens qu'Atlantis est un classique Disney, au même titre que Cuzco!):
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[BREXIT]
Tancrède a répondu à un(e) sujet de Gibbs le Cajun dans Politique etrangère / Relations internationales
Oui, parce que 30 000 pour les négos, ça ferait vraiment beaucoup d'avocats, traducteurs, experts et assistants juridiques . Et pour coordonner tout ça, il faudrait que 20 à 30% de cet effectif aient de fait un rôle de cadre. -
[BREXIT]
Tancrède a répondu à un(e) sujet de Gibbs le Cajun dans Politique etrangère / Relations internationales
30 000, c'est pas pour les négos: c'est pour la transition du pays une fois que la chose est amorcée. -
Trump va découvrir que diriger un pays, c'est autre chose que diriger un business limité (en taille et géographie) et très spécialisé (un domaine d'activité très spécifique), dans lequel en plus il a grandi, et pour lequel il a été élevé; rien que par sa taille et le nombre de ses champs d'action (en essence.... TOUT), mais en plus par sa position d'arbitre (de tous les types de businesses entre autres: c'est l'adulte dans la salle, face à des multitudes d'enfants souvent psychopathes), le gouvernement d'un pays, surtout le plus puissant, c'est un petit peu autre chose. Et un quelque chose qui ne répond pas aux mêmes logiques, aux mêmes impératifs (le but n'est pas le "profit motive", et surtout pas avec une conception de court terme), à la même temporalité. Et quoiqu'il arrive, même avec la meilleure organisation du monde (ce qui n'est pas le cas ici), c'est une machine très lourde à l'inertie importante. S'il veut transformer les top jobs en sièges éjectables, il va avoir des problèmes, parce que le nombre de candidats capables et le temps d'adaptation pour un taf comme White House Chief of Staff (avec en plus, diront les mauvaises langues, un président peu porté sur les "détails" de cette "omni-fonction"), rendront ce genre d'exercices difficiles et périlleux. Il n'y a pas de manuel pour de telles fonctions, qui se redéfinissent en permanence et ne peuvent jamais réellement être totalement appréhendées même par le meilleur des candidats. Si Trump pense gérer ça en faisant du WHCoS un bouc émissaire virable dès que ça va mal, il aura une Maison Blanche hautement dysfonctionnelle et improductive.
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Un autre fait notable dans la façon dont Trump va, semble t-il, gérer sa Maison Blanche, est qu'il a demandé une accréditation secret défense pour ses 3 enfants "principaux" (la 2ème fille semble toujours mise à l'écart), alors même qu'ils sont ceux qui vont aussi diriger le groupe Trump, soulignant qu'ils seront des "national security advisers" non payés. C'est là qu'on remarque que beaucoup de fonctionnements du gouvernement américain répondent à des codes informels, non inscrits dans la loi mais seulement dans la coutume, si bien que si la chose était acceptée, on aurait une toute nouvelle sorte d'insiders: des gens dirigeant un groupe à but lucratif (qui profite au président quoiqu'il arrive) qui ont en plus un accès plus ou moins illimité aux infos les plus sensibles, et pèsent directement (aussi informellement que ce soit) sur le processus de décision au plus haut niveau de l'exécutif, et dont les besoins auront du mal à ne pas être pris en compte par le VRP en chef du pays, surtout évidemment quand il traite avec l'étranger. Peut-on s'attendre à voir beaucoup de "cadeaux" et d'accès offerts aux enfants Trump partout dans le monde? Si dans 4 ans le groupe, qui peine depuis bien longtemps à faire assez de cash pour faire face à ses charges, s'est largement développé, surtout à l'international, avec des obtentions de marchés jugées initialement improbables, la réponse sera évidente. Outsourcing de la due diligence pour un service que peu de boîtes peuvent se payer, outil de négo incontournable (POTUS lui-même) pour obtention de cadeaux et faveurs (un créneau sur le marché hôtelier d'un pays même fermé, c'est peanuts pour le dit pays s'il obtient quelque chose en retour), carnet d'adresse, tapis rouge dans tous les cercles de décision.... Que demande le peuple? J'aime parler de re-féodalisation du monde occidental.... La famille Trump dans ce domaine, ça vous parle? Oubliez les Capets, Plantagenêts, Médicis, Fuggers, Sforza, Tudors, Anjous, Borgias, Habsbourgs.... Voilà la nouvelle version, à l'époque de la télé-réalité! Elégance et raffinement, bof; décomplexion totale, nettement plus.
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