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Tancrède

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Tout ce qui a été posté par Tancrède

  1. Louvois, Choiseul, Carnot, Gouvion StCyr.... Après, je vois plus trop :-[.
  2. Sois pas dur, Jojo: c'était juste celui chargé de vendre la cavalerie lourde, ce qui était normal vu son ancien job de maquignon ;).
  3. Tancrède

    Comme en 40 ?

    Le risque d'un missile nucléaire qui passe et frappe une grande ville, tant qu'il est là, reste complètement dissuasif, d'une part. Mais pour le reste, c'est la façon dont fonctionne le monde: ce n'est pas au nom d'un principe que "ça ne se fait pas" que les grandes puissances, et surtout l'hyperpuissance, ne jouent pas la politique de la canonnière (sauf quelques cas extrêmes, et ils posent problème, coûtent cher en capital politique/économique/commercial, et vous suivent longtemps) avec les pays dont ils veulent quelque chose; ça correspond à une gamme de réalité bien plus large qui font le fonctionnement de la planète, et dans laquelle la dimension militaire ne compte pas comme tu sembles le penser, et où une guerre, surtout entre Etats importants, est l'aboutissement d'un long processus où beaucoup de choses ont été essayées (même par les gouvernements en apparence les plus déraisonnables), mais où surtout la tectonique des plaques géopolitiques a radicalement changé, même si en surface peu semblent avoir bougé. Il n'y a pas de "one shot" en relations internationales, ou en tout cas personne n'en présuppose, et outre le changement massif qu'impliquerait une guerre france-USA (avant et après qu'elle arrive), les grands Etats réagiraient forcément, et de préférence par anticipation (autant pour préserver un équilibre donné, marchander leur aide, se prémunir contre un changement plus radical et imprévisible, et tant qu'à faire, utiliser la France comme glacis avant d'apprendre qui est le suivant). Ajoutons qu'en plus, une telle guerre génèrerait une crise économique quasiment sans précédent, et surtout une qui serait anticipée avant même les premiers accrochages au large de la Guyane. Que peut le monde contre des USA inexplicablement versés dans un mouvement de "c'est moi qui commande et prends les trucs cools et si t'es pas content je te nuke la gueule"? Arrêter de commercer avec les USA (ou compliquer/ralentir le commerce: augmenter des prix, retarder des contrats, ajouter des clauses, limiter l'accès des USA aux capitaux -notamment pour leur dette....), utiliser les ressortissants américains disséminés dans le monde, innonder les réseaux de communication américains d'infos contredisant les sources US (à supposer que le débat public et le 1er Amendement aux USA aient préalablement disparu), orchestrer des vagues sans précédent d'attaques informatiques, couper des câbles sous-marins arrosant les USA, saisir des avoirs américains hors de leur territoire, ou simplement les menacer, attaquer le dollar, entraver la circulations des biens/individus/capitaux intéressant les USA, organiser plus ou moins discrètement des actions et mouvements d'opinions (boycotts et compagnie).... Il existe bien des choses pouvant véritablement tuer un pays bien, bien avant d'entrer dans un scénario de casus belli stricto sensu, et plus y'en a qui participent, plus l'effet est radical. Sans compter que dans un tel scénario, le simple effet de la posture américaine provoquerait une réorientation massive des postures internationales et "blocs" d'alliance (solides et/ou de circonstance). C'est la loi immémoriale des relations internationales: dès qu'une puissance trop dominante (sans contrepartie) émerge, il y a une coalition opposée qui entend lui casser les ailes.
  4. Tancrède

    Comme en 40 ?

    Situation invraisemblable par essence (même s'ils étaient dans une situation où se mettre à jouer comme ça, l'Iran serait ciblé avant :lol:), même avec des extrêmistes ignares disposant d'un pouvoir absolu aux USA (si déjà ça c'était si facile). Mais bon.... Honnêtement, c'est un wargame, mais ce n'est pas un "warfighting" game, un warfare game; il s'agit ici uniquement de processus de décision, de relations internationales et de psychologie des dirigeants et des pays, à base de "qui ose quoi", "qui pense que l'autre va oser quoi/est prêt à faire ça ou non". La question est celle du SNLE et de comment on s'en sert, même si j'ai de francs doutes sur un transbordement discret des missiles: ils seraient détectés, suivis et neutralisés pendant leur temps d'indisponibilité, avant même de considérer la faisabilité d'un transport transatlantique et de l'installation de "mines nucléaires" en des endroits servant à quelque chose, sans qu'il y ait détection et interception (sans omettre le fait que tant que c'est pas fait, on est dans un cas franc de pantalon baissé, avec une posture extérieure au pur bluff). Et la question devient surtout à 100% une affaire de relations internationales: des pays de l'UE au pied du mur, forcés de choisir, une Chine et une Russie qui ne peuvent que profiter de l'occasion, et en fait quasiment tous les pays significatifs du monde qui doivent prendre une position, sur fond de la question latente de "qui serait le suivant", dès lors que l'hyperpuissance se met à jouer la politique de la canonnière (nucléarisée si besoin est).
  5. Quelque part, le plus navrant pour moi n'est même pas: - le fait que la polémique soit apparue: c'est le rôle d'au moins une partie de la presse, et il faut qu'il y ait polémique et avis confrontés - le fait que le pouvoir s'efface occasionnellement ou surfe sur ce genre de polémiques: fort ou faible, un gouvernement ne peut contrer sur tous les plans et doit en bouffer à un endroit pour "en avoir" à d'autres - le fait que les généraux soient des à plat-ventristes carriéristes et que le haut commandement comme institution soit à ce point nullissime (et, je maintiens, dans le même genre d'esprit et de culture que les généraux de 40 -qui n'étaient ni totalement incompétents ni lâches-, voire pire), veule et mesquin (c'est pourtant grave et j'ai déjà, ailleurs contribué à envisager ce problème) Non, le plus grave, au final, dans le "grand schéma" des choses, c'est qu'il n'y ait au final pas de VRAIE polémique publique (ou même moins publique), pas de voix significative pour relever le gant et qu'au moins 2 avis opposés sur la question s'affrontent sur la scène publique, ne serait-ce que pour redimensionner ce non-problème à sa juste échelle (un gamin de la génération console de jeux et son foulard "stylish", aiguillonné par l'esprit de corps et l'image de son métier) ou, mieux, pour présenter un point de vue intéressé aux questions internationales et à une juste défense de l'armée. Pas un seul intervenant visible et apte à porter ce débat au-delà de la sphère internet spécialisée ou de brèves interventions de "technicien" sur quelques émissions et journaux d'info. Faut quand même se rendre compte que l'avocat le plus engagé et "visible" de l'armée en France, ça doit être Pierre Servent (et JD Merchet?) les quelques fois où il est invité à C dans l'Air :-[: c'est dire à quel point il n'y a pas de ligne de défense politique/médiatique pour les forces, et pas vraiment de visibilité non plus. Et surtout pas de "parti médiatique" capable d'offrir un socle minimum pouvant sécuriser une position pour l'armée, la défense, la politique étrangère.
  6. . A ceci près qu'on parle de 2 pays très différent: l'un qui est complètement fermé et opaque, avec un ministère de la propagande (quel que soit son nom précis), et un qui, malgré bien des défauts, reste un pays démocratique et ouvert, avec débat contradictoire et gouvernement avec comptes à rendre, où mentir est un exercice un poil plus compliqué et où l'info est en général bien plus accessible, passant en outre par plus de filtres externes. Ca ne fait pas l'absolu d'un débat, mais ça pondère plus que sérieusement les positions repectives, et, plus pertinemment, l'origine des sources qu'on peut avoir. Ensuite, ce qui se passe effectivement sur les lieux correspond à des positions politiques, des processus de décision, des situations politiques internes et des situations créées par le niveau politique (et là encore, y'a comme une différence de lisibilité entre les 2 pays intéressés): on n'est plus au stade de l'incident ponctuel fortuit où des décisions maladroites d'officiers sur les navires concernés peuvent créer un incident international, mais de "mises en situation" orchestrées depuis le niveau politique, soit des faits, risques et situations correspondant à des volontés politiques, voire à un plan (bon ou mauvais, consensuel ou non, pertinent ou non, résultant d'un désaccord ou d'un incident initial, c'est une autre affaire). La question devient donc "à quoi ou à qui profite la situation, et surtout son prolongement, voire son aggravation".
  7. Ouaif, c'est pas vraiment la Wehrmacht en face, ni en qualité ni en nombre .... Et Pétain avait aussi des victoires à son actif, en métropole comme outre mer; ça n'empêche pas le reste.
  8. Plus encore que les tensions sociales et politiques internes, il faut noter que l'économie mange quand même aussi assez dur: faut se rappeler que 10% de croissance en Chine, c'est à peu près 0% dans les faits utiles (développement de la demande, augmentation des revenus réels....) et que l'augmentation des salaires leur fait aussi mal, de même que la contraction des demandes de leurs pays clients. Il faut y ajouter le vieillissement et les difficultés des premières générations du développement (des enfants uniques sans assurance sociale ou retraite, mais avec des familles étendues à charge), soit une partie de leur assise, la polarisation des richesses qui arrive avec toute stagnation ou contraction économique, relative ou absolue.... Et enfin (et peut-être surtout), au plan politique, une faiblesse relative de l'Etat central qui s'accroît, par rapport aux échelons provinciaux: les récentes grandes polémiques et opérations "anti-corruption" démontrent plus de la faiblesse que de la force (quand l'Etat est fort, il préfère le feutré à la publicité, et il n'a pas besoin de recourir à des méthodes aussi extrêmes que de grandes opérations juridico-politico-policières façon "mani pulite"), et on ne sait pas vraiment à quel point les grands équilibres entre factions de pouvoirs sont fragilisées. Mais l'usae d'une politique extérieure exagérément agressive sur de "petits" sujets ne reflète pas un pouvoir serein; plutôt quelqu'un, personne ou faction, qui a besoin de "marquer des points", de "faire un coup", et qui s'enferme dans sa logique pour éviter de perdre son terrain. Et un régime qui endosse la chose parce que c'est commode à court terme de surfer sur une petite fièvre nationaliste. Mais le fait est que pousser les choses à ce point en politique étrangère, c'est se fermer toujours un peu plus l'option de reculer sans dommage, ce qui n'est ni dans la mentalité diplomatique en général, ni dans les habitudes chinoises (du moins quand l'Etat est plus serein et mieux assis). "Les guerres sont les symptômes de nos maladies" (des dirigeants et des pays) disait Mao: de quelles maladies cette crise est le symptôme?
  9. Je sais pas pourquoi, mais ça me rappelle l'épisode lamentable du général Saipuquietonsenfout hurlant devant le "bariolage" d'unité d'infanterie équipées en partie à leurs frais pour avoir du matos correct, et invoquant une "armée à la Bourbaki", se défoulant sur les soldats. Pas du tout le même événement, mais vraiment le même genre d'esprit chez les hauts galonnés, à plat-ventriste et carriériste face à "ceux d'en haut" et "petit chef" vers les rangs inférieurs. Dans cette histoire de foulard (un comble d'avoir autant de polémiques sur des foulards au pays du carré Hermès :lol:), le pire est que la gueulante n'avait même pas "pris" dans les médias, et qu'on aurait pu s'en torcher et, au max, se contenter d'une petite circulaire en interne pour modérer les ardeurs esthétiques, mais non; là, pour des affaires de cette immense importance, on constate chez les généraux un esprit de persévérance et de publicité qu'on souhaiterait leur voir manifester sur des sujets un peu plus importants; au hasard la condition militaire, l'importance du budget militaire (et des domaines sécurité/stratégie/politique extérieure) et son écartement du débat public.... Ca se mouille pas, ça s'aplatit, ça n'hésite pas à risquer faire mal au moral des troupes pour rien, ça garde une culture ultra hiérarchique dans les aspects les plus mesquins et inutiles.... Bref, les généraux en France me semblent s'apparenter aux généraux de 40, les couilles en moins :-[.
  10. Y'a une différence de fraîcheur de l'événement dans les deux cas en question. Par ailleurs, la politique extérieure chinoise repose spécifiquement sur l'usage de "coups de sonde" de ce type, des provocations pour tester à partir de quand l'adversaire réagit sérieusement et jusqu'où il va ou semble prêt à aller. C'est amusant quand c'est un gamin qui fait ça, ça l'est nettement moins quand c'est une puissance nucléaire, et il faudrait vraiment qu'ils arrêtent ce type de procédé, à sa façon aussi dangereux que bien des débordements américains très critiqués depuis une dizaine d'années, voire plus vu qu'on parle là d'une nation sans "checks and balances", et surtout une nation dont le comportement en politique extérieure semble depuis quelques temps éminemment lié à la fragilité croissante de son régime et à la somme de plus en plus écrasante de ses problèmes internes. Encourager des fièvres nationalistes en utilisant les axes de sa politique étrangère dans des postures poussées quelques crans trop loin n'a rien d'une soudaine montée d'un cran dans la position internationale de la Chine, et tout à voir avec ce qui s'y passe en interne.
  11. Non, effectivement: ils négocient comme ils savent le faire, soit en prenant des gages quand et où ils le peuvent, mais comme ils ne peuvent pas les garder (du moins tant que la France est là avec un peu de marge de manoeuvre), ils montrent qu'ils ont un pouvoir de nuisance (important ou non, c'est à voir), pour faire jouer leur "poids" et indiquer qu'ils peuvent faciliter ou compliquer les choses. Comme la France n'est pas forcément là en nombre pour longtemps et que le Mali reste une TRES grande surface à couvrir, ça rappelle que l'AdT, avec 2500h, peut passer du temps à courir partout et ne jamais avoir assez de monde, et que les forces africaines sont peu mobiles, peu préparées et opérationnelles, et que donc le MNLA peut constituer un emmerdement ou un atout. Savoir à quel point c'est vrai nécessiterait d'être vraiment plus au fait du terrain, mais en attendant, ça souligne qu'un Etat stable n'est pas une donnée qui va de soit, et que la somme de moyens nécessaires pour en établir le début de la queue d'un au Mali n'est pour l'instant pas prête d'être réunie. Si les autres groupes (eux plus résolument hostiles) restent des pouvoirs de nuisance du même type, on peut trouver ça débectant, on a toutes les raisons de n'avoir aucune confiance en le MNLA, mais il y a peu de choix, parce qu'il n'y a pour l'instant pas de capacité à contrôler l'ensemble du pays à tout instant, ce qui est le préalable nécessaire au rétablissement d'un processus étatique un tant soit peu normal. Le MNLA le sait et tente le coup: savoir s'il s'illusionne, si ses saloperies d'autres types (notamment les trafics divers et l'esclavage) seront tacitement acceptées ou passées par pertes et profits, si une quantité suffisante de moyens peut être obtenue rapidement, si les intervenants extérieurs et une autorité malienne rétablie accepteront un tel compromis (à court terme ou durablement), c'est autre chose. Mais pas la peine de se la jouer comme si toutes les cartes étaient en main: 2500 Français, des forces africaines peu nombreuses et peu opérationnelles, et une armée malienne très insuffisante (en qualité et quantité), ça permet pas de décider qui reste et qui dégage de façon absolue.
  12. Le budget militaire canadien est pour l'instant d'un peu plus de 20 milliards de dollars (canadiens), donc ça doit être une typo ton chiffre .
  13. Les armes et outils comptent quand même: elles offrent une marge de différence quand même pas négligeable dans l'absolu. Entre épée (et des armes de même niveau technique) et un arsenal moderne (même en ne regardant que les armes des unités de mêlée au sol, sans même leurs appuis spécialisés comme l'artillerie), le différentiel est par trop important pour voir une situation facilement tournée, sauf si on parle d'une armée pro de l'équivalent d'un bataillon ayant à contrôler une population comptant des millions de gens et une guérilla bien organisée comptant des dizaines de milliers de combattants (très renouvelables) et encore plus de soutiens, et une part significative de la population de son côté. L'exemple des zoulous vs l'armée anglaise vient cependant à l'esprit pour montrer ce que peut une troupe niveau lance-épée-boucliers vs une armée pro organisée, avec fusils et canons modernes, rien que par les avantages du terrain, d'une population mobilisée, de la distance (par rapport aux bases de l'armée étrangère), d'une bonne direction, d'un minimum d'organisation satisfaisante et du nombre. Le résultat était au final difficilement évitable, mais au-delà du simple différentiel technique, il faut regarder en détail les questions comme la fragilité politique de la nation zouloue (tenant avant tout à un leader exceptionnel mais aussi contesté et pas si solide en interne) qui peut se traduire, en terme de facteur de guerre, par le degré de "volonté", ou la motivation britannique qui a fait que les ressources consacrées à ce conflit sont devenues complètement hallucinantes (autant par rapport à l'adversaire que par rapport à ce que pouvait "apporter" l'opération). En somme, ça a coûté très cher pour au final vaincre quelques dizaines milliers de semi-nomades vivant dans une "nation" primitive et combattant avec des semi-lances et des boucliers en peau de buffle. Mais après, pour les métiers, tout dépend du théâtre: les tigres tamouls sont allés jusqu'à avoir des drones, une marine.... Les traficants de came de grande ampleur font maintenant des sous-marins, le hezbollah forme des équipes antichars adaptées à la lutte contre des corps mécanisés de haute qualité et utilise des drones, le Hamas a une réelle stratégie opérationnelle (déclinée en savoirs-faires, productions, matériels, organisations, unités) de "dissuasion" fondée sur une artillerie de roquettes (certes peu technologiques, mais offrant une capacité globale réelle et coutant des efforts et ressources disproportionnés à l'adversaire, et influant sur sa posture et ses décisions).... Une guérilla peut très bien en venir à développer un corps d'hélicoptères, armés ou non, suivant les circonstances La guérilla ne peut surtout offrir ces savoirs et savoirs-faires à bon niveau à une large portion de ses effectifs, et ne dispose généralement que d'un faible ratio de combattants par rapport à sa "base" de soutien et de civils, et parmi ces combattants (et techniciens), d'une faible proportion de combattants et techniciens ayant réellement un niveau satisfaisant (et une micro élite de réellement excellents). Elle peut s'arranger pour avoir moins besoin d'une grande proportion de personnels qualifiés (via une bonne stratégie, un bon usage des ressources, surtout si en face l'adversaire utilise mal les siennes et n'a pas, ou peu, de stratégie et de volonté), mais elle a des options bien plus limitées qu'une armée dont le "niveau moyen" des personnels et des sous-unités, unités et grandes unités est infiniment supérieur, et les ressources disponibles sont généralement plus importantes. On trouve bien plus souvent des cas où c'est une armée qui perd un conflit contre une guérilla (dont en fait des causes imputables à l'armée elle-même et/ou l'Etat dont elle émane) que de cas où c'est une guérilla qui la gagne. Et quand une guérilla la gagne concrètement, on trouvera dans la plupart des cas une situation où l'Etat qu'elle affronte n'est pas grand chose d'autre qu'une autre guérilla ayant réussi à "s'installer" et n'ayant pas beaucoup plus de ressources (voire moins), un soutien (extérieur) inadéquat, et des troupes très comparables à celles de son adversaire (quantité et qualité), sans compter une proportion de population contrôlée/favorable pas nécessairement plus grande (légitimité douteuse ou limitée notamment, comme c'est le cas dans les guerres civiles et schémas claniques/tribaux). Et dans le cas d'une armée expéditionnaire moderne vs une guérilla (ou plusieurs), ça renvoie comme dit plus haut au fait que ces armées perdent plus souvent la guerre (y compris pour des raisons militaires) que la guérilla ne la gagne, et ultimement, ça renvoie à un fameux commentaire: "tant qu'une armée ne gagne pas, elle perd, tant qu'une guérilla ne perd pas, elle gagne". Le facteur temps compte infiniment, et cela implique entre autre ce pourquoi une guérilla s'organise généralement en tant qu'organisme de combat: durer, emporter des succès d'un certain type correspondant à des objectifs limités.... Pas vaincre une armée adverse décisivement en rase campagne, dans un "grand soir" hors de sa portée sauf si elle grapille dans le temps long suffisamment d'atouts (territoires, pans de populations, centres importants, appuis extérieurs suffisants, savoirs-faires et matériels de bon niveau à bonne échelle) pour pouvoir porter à une autre échelle des coups plus décisifs (sur le dispositif militaire adverse et/ou sur ce qui impacte sa volonté et sa capacité à poursuivre). Ultimement, ça peut aller jusqu'à entrer dans un schéma de guerre classique, comme le Viet Minh sur la fin de la guerre d'Indo (qui était devenu une armée classique et relativement moderne).
  14. La réponse est: l'organisation du travail dans une armée pro. Il y a des artificiers professionnels (tous les métiers dans une armée pro sont une expertise gardée et développée en soi, avec des spécialistes, une doctrine, une "banque" de savoirs et savoirs-faires, des enseignants, divers degrés d'expertise -dont une partie "minimum" est enseignée plus largement dans la troupe, parfois à toute la troupe pour certains savoirs-faires) qui sont capables de gérer cette partie de la guerre, et qui plus est de le faire en coordination avec les autres métiers: autant pour l'affectation des ressources (et la ressource humaine avant tout) que pour l'organisation du travail et des opérations, c'est mille fois plus rôdé à tous niveaux. La plupart des savoirs-faires techniques d'une guérilla sont des savoirs-faires militaires ou en tout cas présents dans les armées: il y en a peu qui, en eux-mêmes, "appartiennent" en propre à la guérilla (et ceux-là sont moins dans le registre "opérations et combat" que dans le registre "politique" d'interaction avec la population: moyens de contrôle et de recrutement, propagande, moyens de financement....). Une guérilla utilise simplement ces savoirs-faires dans d'autres "dosages" et formes d'opérations, principalement en raison de leur fragilité et de leurs contraintes (être sous le manteau, manques de moyens/moyens artisanaux, amateurisme d'une bonne partie des effectifs -et donc extrême rareté des combattants et spécialistes qualifiés-, fort taux de pertes, capacité moyenne de renouvellement des effectifs qualifiés -et plus ils sont qualifiés, plus c'est vrai, beaucoup plus que dans une armée pro et rôdée, y compris dans ses structures de formation initiale, continue et de spécialisation....). Au-delà de la technologie, il faut vraiment mesurer les immenses avantages que sont le fait d'une organisation très poussée, d'une structure bien en place et permanente qui accumule de la "mémoire institutionnelle" depuis longtemps, de professionnels dédiés uniquement à cette tâche à plein temps, de la somme de savoirs-faires accumulés (et faisant l'objet, chacun, d'un développement continu comme domaine d'expertise et recherche).... Une guérilla part souvent de pas grand-chose et doit le plus souvent redécouvrir l'eau tiède dans un grand nombre de domaines; même après des années, elle peut réacquérir une bonne part des savoirs-faires nécessaires/de base, mais pas forcément à haut niveau, et n'avoir que quelques domaines d'expertise à bon niveau dans une proportion un peu significative de sa troupe, mais elle reste "artisanale" dans beaucoup de domaines et en trop grande proportion dans l'effectif de combattants, de soutiens et de civils mis "à contribution". Une armée pro est un corps entièrement dédié à la guerre et bénéficie de ce fait de l'avantage du spécialiste (de longue haleine) sur le généraliste, par une large marge. Ca implique aussi des désavantages (et encore plus si la direction politique et le haut commandement de la dite armée ont trop d'autres impératifs qui foutent le bordel), mais au niveau du combat et des opérations (différent du conflit en général, au niveau opératique/stratégique), y'a pas photo si on parle d'une armée un peu sérieuse.
  15. Les soldats feraient de bien meilleurs guérilléros: le professionnalisme, le systématisme des savoirs-faires et savoirs fondamentaux, les réflexes de tous ordres (survie, techniques de combat, actions coordonnées, organisation....), l'habitude et l'organisation pour fonctionner en groupes structurés de toutes tailles, l'organisation du travail (tout en gardant un plus haut niveau de polyvalence que des civils improvisés en guérilléros).... Il faut pas oublier des faits simples sur les guérillas, à commencer par celui de leurs taux de pertes pour toutes choses: au-delà du taux de perte au combat, ils perdent du monde à tous les étages, ratent des actions (ou ne les tentent même pas) en raison de problèmes de dispo (beaucoup sont des "temps partiel") et d'autres occupations.... Pour un IED qui pète contre l'adversaire, faut pas oublier combien ont pété pendant leur fabrication parce que les artificiers sont en bonne partie des amateurs (et que pour en avoir 10 ou 20% qui sont devenus des vrais pros, il en faut 80-90% à divers stades de faible compétence, et beaucoup de morts entre temps). Pour la troupe, c'est pareil: pour avoir un noyau permanent de combattants efficaces, il faut beaucoup de morts, un fort volant d'amateurs (permanent en proportion), et beaucoup plus de monde dédié à la logistique, et le tout souffre des problèmes d'une guérilla quand aux moyens: manque d'infrastructures, d'organisation, de coordination, de capacités de commandement opérationnel, de soutien (surtout médical). Résultat, comme les armées d'autrefois, les guérillas "consomment" beaucoup de monde pour des fonctions non combattantes et des fonctions de combat/appui, autant en terme d'effectifs mobilisés à tout moment pour une action donnée qu'en terme de pertes continuelles (morts, blessés immobilisés et indispo, personnes pour "contrôler" des effectifs civils mis à contribution d'une manière ou d'une autre....). Ce n'est pas impossible, mais c'est consommer en général beaucoup de monde pour une capacité d'action opérationnelle limitée (à moins d'un fort soutien extérieur), ce qui renvoie au fait que les guérillas vraiment efficaces et ayant un impact sur l'ensemble d'un théâtre d'opération (voire une capacité d'action dangereuse au-delà de leurs frontières) ne sont pas si fréquentes et réclament un degré de mobilisation vraiment énorme (pas si facilement manageable) et donc un niveau de consensus important dans leur population d'origine (ce qui veut généralement dire que "l'occupant"/l'adversaire a du vraiment très salement merder à tous les étages et/ou être un enfoiré de calibre historique pour occasionner ça). Pour la note, un exemple amusant est de se référer à l'exercice "millenium challenge" de 2002, avec les Marines jouant le rôle des méchants contre un ensemble Army-Navy-Air Force jouant les "bleus". l'objectif étant de justifier les nouvelles technologies, et sans entrer dans la polémique ultime de l'exercice, le fait est que les Marines ont adopté un schéma d'organisation et d'opération adaptant une posture "guérilla" face au déferlement technologique d'en face, vu qu'ils incarnaient un adversaire de type terroriste/rebelle/insurgent/terroriste. Mais là, c'était une posture de guérilla menée par un corps militaire professionnel, organisé et hautement qualifié; opérant "à l'ancienne" (même sur les moyens de coordination/communication, utilisant des messagers, voire des signaux visuels), depuis une position stratégique fixe (ils défendent un territoire contre une force expéditionnaire) et avec des moyens limités, ils ont dans la pratique foutu une branlée monumentale à la force "bleue". Un corps de guérilla "spontané" ne peut obtenir un tel résultat, même après des années de pratique, entre autre parce qu'il ne peut avoir une telle "masse de manoeuvre" de forces professionnalisées dans tous les métiers, et surtout pas une telle masse sans avoir aussi en permanence une masse bien plus grande de mobilisés temporaires bien moins qualifiés, de débutants, de populations civiles à garder sous contrôle....
  16. Difficile à dire tant les conséquences en sont immenses, donc là, c'est une question qui ne peut pas se passer de détails: comment elle n'arrive pas? C'est juste la crise de l'été 14 qui est évitée? Parce que les conditions en Europe sont alors très spécifiques, et la guerre est, et encore plus depuis la crise marocaine et celle de Bosnie-Herzégovine, quasiment inévitable et à la merci du moindre petit pic de tension. Sinon, pour qu'elle soit évitée de façon structurelle, ça commence bien avant, et on pourrait dire par quelques grands axes conjoints ou non: - en 1870, la nouvelle Allemagne n'annexe pas l'Alsace Moselle: Bismarck parvient à éviter la pression des agressifs et se lance dans une grande politique de "Samsuffit", démontrant une position désormais apaisée pour une Allemagne unifiée. Le résultat sur la France: une république naissante plus faible, pouvant peu utiliser l'outil de la revanche et pousser à l'ultranationalisme, un régime moins univoquement soutenu qui prend plus de temps pour trouver un équilibre interne. Et une France moins agressive, vu que si elle cherchait ce jeu là, elle serait plus isolée - à la mort de Guillaume Ier, Guillaume II n'est pas un petit complexé hargneux avec des illusions de grandeur: il ne vire pas Bismarck, comprend comment le monde réel marche et évite de favoriser le pangermanisme et les idéologies navalistes et expansionnistes. L'Allemagne poursuit la balance entre Russie et Autriche au lieu de se rallier la seconde pour s'opposer à la première. Cet équilibrisme serait cependant difficile à maintenir. - Libérée d'une Allemagne expansionniste, l'Angleterre peut être plus structurellement aux côtés de cette "autre Allemagne" pour contrecarrer le panslavisme russe sans avoir à se préoccuper d'une balance à maintenir sur le Rhin, ou d'une Allemagne se lançant sur les mers Et là je fais que gratter la surface, mais pour éviter toute confrontation européenne dans les conditions post-1870, il faut vraiment BEAUCOUP de différences: éviter la crise de l'été 14 n'est pas tout. Et déterminer les conséquences ne peut venir qu'en sachant COMMENT la 1ère GM est évitée, et si elle est vraiment évitée, et non seulement décalée.
  17. Ils ont un centre d'entraînement au Kenya: je sais pas ce que ça représente en terme d'aménagements, ceci dit.
  18. Holà,ne jugeons pas avec nos critères esthétiques ce qui vient d'une culture totalement différente..... Mmmmmf..... Beurk, le vieux fond d'uniforme rosbif avec guêtres, plus le casque à multi-plumets, beeuuaaaarrrh..... Oui, je juge, et c'est mal, mais c'est mon déjeuner qui proteste. Sinon, quelques idées: - pourquoi encore une putain de cravate? autant se différencier des canons actuels et rechercher une autre élégance, en tout cas pour les tenues de travail et de soirée - pourquoi encore une "grande tenue" de gala/soirée, surtout une qui renvoie -encore et toujours- au XIXème siècle? Vu en plus la forme physique de beaucoup de militaires, surtout dans les hauts grades et hauts niveaux d'ancienneté (où on compte plus de bedaines ou de physiques où il y a peu à mettre en valeur), vaudrait mieux éviter ces fausses queues de pie ridicules, ces semi-gilets et autres conneries que le surempilage de breloques n'aide en rien. Abolir ces horreurs ou les réinventer est un besoin unilatéral et sans contestation possible - l'habit militaire renvoie à une image psychologique (qu'on hérite en partie, qu'on façonne en partie) de ce qu'est l'armée et/ou le corps (ou l'unité) concerné, il reflète son temps ET il précède un peu son temps (rôle "prescripteur" de l'armée: dans l'absolu, pour promouvoir "le meilleur" -de l'humain, de la nation-, dans le détail, pour promouvoir une façon de vivre, y compris dans l'accessoire -en l'occurrence la mode).... Or tout ce que l'uniforme actuel renvoie, c'est un formalisme d'un autre temps, une conception de la hiérarchie (sociale, humaine, militaire) d'un autre temps (correspondant à d'autres réalités, d'autres codes conscients et inconscients); que tout ne soit pas à jeter, on peut l'admettre, mais là on est dans le gardiennage absolutiste et bigot d'un vieux temple poussiéreux où pas beaucoup de monde a envie d'aller (avant tout parce que les codes n'en sont plus que très partiellement compris). Quel est "l'habit de notre temps"? Qu'est-ce qui identifie/identifiera visuellement les individus? L'uniforme typique doit-il par exemple forcément être fondé sur le costume 2/3 pièces (surtout si en plus ce doit être pour en faire une version cheap, mal taillée et inélégante) ou devrait-il au contraire s'en différencier et innover? Quel degré d'uniformité doit exister, et sur quoi doit-elle se fonder (quelle "appartenance") par exemple si il faut renoncer à la culture d'arme et à ses chapelles pour au contraire s'orienter vers une vision de l'armée fondée sur les métiers?
  19. L'uniforme des Evzones s'inspire de la tenue générale des "Klephtes", les brigands de montagne qui ont largement contribué à la guerre d'indépendance (moins en la gagnant qu'en entretenant un climat d'insécurité et en sur-sollicitant les troupes ottomanes d'occupation; leur action a été cependant limitée par leur refus d'adopter des schémas de guerre plus décisifs). Mais il s'agit d'une adaptation, qui s'inscrit dans le grand trip de la fascination du XIXème siècle pour un passé mythifié et des "traditions" en grande partie inventée (les "costumes traditionnels" vus un peu partout en Europe sont pour la plupart des inventions récentes et surtravaillées, sans grand rapport avec une quelconque tradition), avec en plus ce goût exagéré du XIXème siècle qui me fait souvent penser que malgré tout le macchisme des hommes de ce siècle, ils avaient des goût de cocottes, pour ne pas dire de pures pédales, tendance folles du Marais en mal de Gay Pride ;). Donc à partir d'une tenue simple, avec des babouches (devenues des espèces de chaussons à pompons), une ou plusieurs chemises/tuniques à larges pans avec un gilet (devenus un assemblage de broderies).... On arrive à un sommet ornemental proprement ridicule en complexifiant, enrichissant, ajoutant et surajoutant, décorant, surdécorant, empilant les pseudo-symboles.... Ceci dit, les pompes sont des énormités rigides pesant un âne mort, faites pour cogner, et apparemment, leur extrêmité, par le passé, cachait souvent une lame (que le pompon dissimulait quand il était porté). Mais c'est un exemple de ce que donne une volonté de faire dans le symbole à tout crin: chaque élément évoque quelque chose (les plis de la jupe doivent être nombreux, pour évoquer les années d'occupation ottomane), et apparemment, on veut évoquer beaucoup de choses, donc on met plein d'éléments sur l'habit.... C'est un peu comme les législations: empiler sans souci d'harmonie, se contenter d'ajouter sans cesse.... Aboutit à quelque chose d'indigeste, incommode et ridicule. D'où le besoin de "table rase" de temps en temps: au final, il faut de la simplicité (voire une simplicité extrême: mieux une forme d'habit est trouvée, plus elle parle par elle-même et moins elle a besoin d'ajouts) et/ou un peu de profusion, mais avec une "vision d'ensemble" qui garantit une harmonie satisfaisante pour l'oeil (de celui qui regarde l'habit comme de celui qui le porte).
  20. Doit-on s'estimer heureux que la IIIème République et son mauvais goût particulièrement prononcé n'aient pas établi une unité de gardes républicains en grand uniforme "gaulois typique", dans le grand trip des revivals historiques, artificiels et délirants, sans grands fondements historiques, très à la mode à l'époque? On aurait l'Elysée avec des gardes dans leur uniforme actuel, plus une bande d'hurluberlus hirsutes et torses nus, en braies écossaises, avec longues moustaches et hache de bataille, pour recevoir :lol:. Au moins ça serait fun à regarder, une fois le moment de honte passé :-[. Ma remarque était rhétorique ;), juste pour souligner cette obsession fin XIXème-début XXème dont apparemment on veut pas sortir. Ceci dit je repose ma question lancée plus haut: en France, qui décide de ces choses? Qui est le coupable?
  21. On est à une époque où y'a quand même toute une variété de textiles tout à fait aptes à autoriser la température souhaitée, qui plus est un bon T-shirt à gueule correcte peut aussi bien faire affaire.... Enfin pour résumer, y'a des alternatives, en plus de la plus évidente: garder effectivement ce genre d'horreurs à l'intérieur des bureaux, interdire formellement de les déployer devant des yeux civils et innocents, et surtout, surtout, punir de mort ou d'émasculation tout photographe, civil ou militaire, qui aurait l'outrecuidance de seulement envisager de les rendre publiques. Virer les shorts ou virer CE short :lol:? Chaque fois que je le vois, une chanson passe dans ma tête: "macho macho man....". Dans le genre, y'a encore pire: la tenue d'été en mer des marins de la Royal Navy: le short blanc court, la casquette, la chemisette, les chaussettes blanches montantes et les chaussures de ville.... Encore pire que le short français; là, c'est pas "macho man" qui passe dans la tête, c'est "In the navy".... La totale Village People attack :lol:.
  22. Ca, pour certains grades, la tenue de l'armée US, avec vareuse "habillée" d'un côté, et bérêt, plus rangeos par-dessus le futal, ça pousse le gerbant un peu loin, quoiqu'ils ont en général un meilleur goût pour les couleurs qu'en France, où c'est assez unilatéralement mal choisi, de mauvaises teintes.... Par rapport aux armées US, russes, allemandes et anglaises, notamment, où ils prennent des teintes plus "pleines" et fortes, là où en France, ça a souvent l'air passé et mal délavé (pareil pour les tissus d'ailleurs). Il y a aussi l'abus généralisé de chemisettes :lol:, qui semble un travers fréquent dans les armées: où est l'image du militaire viril avec une vraie chemises aux manches retroussées sur des bras musclés :lol:? Ca pète un peu plus et fait moins petit fonctionnaire/apprenti comptable. Cependant, le grand uniforme des Marines, il pète quand même plus que n'importe quelle tenue française pour un grand service (certaines branches/armes en ont des pas si mal, mais à grande échelle? Y'a rien qui fasse envie). Evidemment, c'est ce que je mentionnais plus haut, l'esthétique fondamentale américaine, issue surtout du XXème siècle (avec une inspi initiale de leurs écoles militaires du XIXème pour les formes générales), commence à vieillir aussi dans ce monde en accélération, y compris esthétique. Cependant, eux ils semblent changer régulièrement de fringues, ce qui indique qu'ils sont plus enclins à suivre (évidemment, comme j'avais dit plus haut, faudrait aussi songer à précéder), par rapport à une armée française qui semble vouloir se cantonner avec un grand autisme dans un enième "passé qui n'a jamais vraiment été", mal replâtré pour faire semblant de se rendre compte que de l'eau est passée sous les ponts.... Ce qui aboutit au syndrôme du lacet blanc/foulard fluo sur treillis moule-burnes, une maladie qu'il faudrait décidément annoncer publiquement comme telle.
  23. Une question con, d'ailleurs, dans ce domaine; au-delà des détails, dans l'armée française.... Qui décide de ces choses là?
  24. Petit remontage pour poser une question de pure coquetterie militaire, mode "pimp my ride" :lol:: à votre avis, à quoi pourrait ressembler un uniforme de parade (/de gala, si on différencie les 2 et qu'on en fait 2) de notre époque? J'ai toujours du mal à comprendre pourquoi, par exemple en France, la "marque" qui semble ne pas vouloir partir est celle du XIXème siècle (gravissime parfois) et de son clinquant parfois de très mauvais goût (ça marche aussi pour l'abus de cuivre dans les orchestres militaires, qui leur donne un "son" de fanfare municipale un peu ronflante, ce qui gâche de beaux airs qui supporteraient mieux un surplus de cordes et vents) qui commence surtout à prendre un coup de vieux (certains couvres-chefs sont vraiment à revoir). Si on veut mettre en phase apparat militaire et mentalités modernes, il faudrait vraiment travailler dessus: la tradition peut survivre autrement, et faire place à une autre tradition historique française, le bon goût, singulièrement absent de l'esthétique vestimentaire militaire depuis un bail. Y'a pas à dire, la monarchie avait bien meilleur goût :lol:. Pourquoi le XIXème? Pourquoi pas le XVIIIème, le XVIIème ou l'époque napoléonienne, pourquoi pas le Moyen Age, tant qu'on y est? On constate en plus un mauvais assemblage plus superficiel de patchworks d'époques plaquées les unes sur les autres, sans souci d'ensemble, et des ajouts parfois lamentables (les sempiternels lacets blancs et foulards criards sur treillis moule burnes, avec képi par dessus; s'il y avait un emotikon qui gerbe, il serait placé là :lol:). D'autres pays pêchent souvent par les mêmes travers, comme l'Angleterre qui, à l'instar de la France, a une histoire coloniale et monarchique à saupoudrer sur des uniformes qui, s'ils ont dans certains cas un meilleur travail, présentent aussi une certaine quantité de ridicule d'un autre temps. Si leur garde à cheval a quelques bons points, les tapis de selle et agréments en léopard et le casque ma taillé à plumeau tombant cassent quand même le trip :lol:. Les ricains, eux, ont une esthétique historique plus récente, essentiellement du XXème siècle dans son versant "guerre industrielle"/Etat moderne/non-monarchique: c'est plus sobre, plus fonctionnel, ça nous choque moins que les flonflons en tous genres issus d'un XIXème siècle qui a eu une tendance à donner dans le too much et le clinquant gratuit. Mais comme tout fond esthétique, ça vieillira un jour prochain (et tout change plus vite de nos jours: le monde "fonctionne" plus vite). Alors selon vous, si l'armée était "refondée" visuellement (en espérant que ça se limite pas à ce versant des choses.... Mais ça c'est pour d'autres sujets :lol:), que pourrait donner cette "table rase"? Quelle nouvelle esthétique fondamentale pourrait refléter l'image de l'armée et "parler" aux consciences contemporaines?
  25. Et ils ont planqué les montagnes sous le désert pour faire bonne mesure et accroître l'effet de surprise: ils sont diaboliques ces islamistes !
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