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Tout ce qui a été posté par Tancrède
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août 1945 ,une guerre entre les soviétiques et les USA ,sa aurait donné quoi ?
Tancrède a répondu à un(e) sujet de Gibbs le Cajun dans Uchronies
Attention quand même: les occidentaux, surtout ricains et anglais, ont quand même pas mal de monde en extrême orient. Entre les troupes US du Pacifique (et les moyens aéronavals qui vont avec) et les troupes anglaises du front indien/indochinois (avec les troupes et réserves des dominions et de l'Inde), ça fait quand même de la réserve et du centre opérationnel organisé. Sans compter que sur certains des fronts annexes, le terrain peut enlever beaucoup de leurs capacités/avantages comparatifs aux troupes soviétiques: le nord de l'Iran/le Caucase ne sont pas réellement des terrains où les Soviets peuvent jouer de l'avantage de leur docrtrine mécanisée, pas plus qu'ils n'ont la masse de manoeuvre pour en faire quelque chose de réellement menaçant. Et les troupes turques, dans ce cas de figure, sont-elles si mal armées que ça pour faire du combat d'infanterie dans le Caucase ou sur les contreforts des Balkans? Ils ont déjà été sous-estimés à de nombreuses reprises. Ce d'autant plus que le fait pour les occidentaux d'installer des bases aériennes un peu fournies dans le nord de l'Iran, voire en Turquie, leur permet de menacer la production pétrolière soviétique de la Caspienne qui compte de façon disproportionnée dans la capacité soviétique et se trouve être, au plan de la disposition physique, terriblement concentrée dans quelques complexes gigantesques (on a évoqué ça plus haut). Soit un effort de nature à mettre les Soviets sur la défensive dans ce coin, voire à leur faire prélever des troupes ailleurs pour sécuriser cette zone vitale. En 47, oui, mais en 45, est-ce déjà si prononcé? Pourquoi cette formulation a t-elle quelque chose qui sonne pas sérieux :lol:? -
août 1945 ,une guerre entre les soviétiques et les USA ,sa aurait donné quoi ?
Tancrède a répondu à un(e) sujet de Gibbs le Cajun dans Uchronies
L'URSS peut-elle alors gérer tous ces fronts à la fois? Envisager sérieusement d'aller jusqu'en Palestine et plus loin encore? Parce qu'entre l'extrême orient, face à des nationalistes chinois suppléés par les USA, voire même des troupes japonaises réemployées pour aider à la lutte anticommuniste, le Caucase, le front européen (et ses subdivisions: Allemagne/Autriche, un truc à maintenir éventuellement en Scandinavie, Balkans) qui risque d'être très consommateur d'attention et de ressources, et une réserve à maintenir tant "au centre" (au cas où) et sur divers littoraux (Baltique, Arkhangelsk) et frontières (Asie Centrale), ça fait un peu beaucoup pour le pays qui a perdu plus de 20 millions d'habitants sur 160 et des brouettes et qui se retrouverait du jour au lendemain sans le soutien US qui a composé un pourcentage important de son effort économique de guerre. Ajoute à ça le fait de devoir tenir les pays occupés en Europe centrale et orientale (on est en 45, pas au moment du coup de Prague), ou plutôt les mettre en coupe réglée, non que ce soit forcément difficile en l'état des choses, mais c'est très consommateur en effectifs pour l'organisation, la reconstruction (au moins des infrastructures nécessaires pour la guerre), la répression et l'imposition de régimes fantoches soutenant l'URSS (surtout si pressée par l'urgence d'une guerre massive, ça risque d'être brutal et inique, donc de susciter des oppositions, maquis....) et l'occupation permanente. Je veux bien que Staline ait des positions un peu partout, mais est-il en mesure de gérer tant de fronts, de lieux, de situations et d'aspects (politique intérieure des pays conquis, économies ratiboisées, y compris la sienne, populations grognantes et affaiblies, et guerre tout court, plus d'éventuelles guérillas en plusieurs endroits)? L'URSS de 45 est certes un truc important, voire énorme, mais ça me semble beaucoup. Point plus de détail: L'ELAS avait-elle en 45 un tel avantage sur l'EDES? -
La France a t-elle un ennemi redoutable?
Tancrède a répondu à un(e) sujet de jérôme dans Politique etrangère / Relations internationales
Evidemment, sur un forum, on est tous un peu péremptoires (on va pas balancer un pavé à chaque fois et on est pas publiés ;)): ça ne veut pas dire qu'il est un con total n'ayant pas une ligne de valide ou pas une donnée intéressante, mais ça relativise plus que nettement la validité de ses conclusions générales (le "sens" de son opinion, quoi), bien au-delà d'une simple question de posture, de style d'écriture et d'imblairabilité totale du personnage. Maintenant aussi, la question de la relativisation de la puissance US n'est pas sa thèse à lui: la "multipolarisation" du monde, la capacité globale amoindrie des USA au XXIème siècle (par rapport à ce qu'ils ont été et par rapport aux nouveaux pôles de puissance), les problèmes intrinsèques à la société, à l'Etat et à l'économie US, il n'a pas été le premier à les sortir, ni le premier à en faire une synthèse. A ce titre, et sur l'évolution du monde, de la puissance et des USA, Paul Kennedy, malgré ses erreurs, a écrit des choses nettement plus pertinentes et novatrices que Todd n'en écrira jamais, et longtemps avant lui (alors qu'elles sont d'actualité); de même, sur l'évolution de la nature de la puissance et de l'impact de la conflictualité et de ses évolutions sur l'état du monde et les grandes puissances (notamment la relativisation de ce qui fait leur puissance), Philippe Delmas a écrit en 1993 un bouquin très prophétique, beaucoup plus que ce que Todd a commis. -
La France a t-elle un ennemi redoutable?
Tancrède a répondu à un(e) sujet de jérôme dans Politique etrangère / Relations internationales
Peut-être, peut-être pas: sur ce simple fait en général, il me semble beaucoup qu'il sous estime chroniquement et grandement la capacité générale de rebond US, les ressorts propres à ce pays, et surestime trop (au moins en comparaison) et trop systématiquement ce qui peut le foutre à bas (au moins en temps "qu'empire"). Bref il accroît trop chaque élément de la colonne "-" et minimise, voire nie, trop ceux de la colonne "+" :lol:. Et encore plus quand il fait la même évaluation pour les "rivaux" de l'empire US. Par ailleurs, quand il entre dans les domaines du peu/pas quantifiable (mentalités collectives, états d'esprits, fonctionnement des organisations humaines, postures génériques et tendances chez les décideurs) tout comme quand il évalue ses fondements de ce qui fait "la puissance" (notamment la maîtrise des systèmes informatiques dont il nie que les USA aient encore un réel leadership en la matière), il me semble être complètement à côté de la plaque, compensant encore plus par de l'affirmatif ce qu'il comprend mal et/ou ne peut pas réellement sous-tendre par des constats solides. Jacques Sapir, par exemple, a aussi un ton assez catégorique dans ses postulats et prises de positions, mais: - lui est un réel expert stratégique et un économiste, pas juste un démographe - il a pas de bifteck à vendre dans les coteries "en vues" et ne roule pas pour un organisme ou un ego (certainement un peu quand même, mais pas comme Todd); plus encore, il a pas un job "d'intello médiatique" à assumer - il étaie plus et admet les thèses opposées à la sienne quand il formule un avis, indiquant le degré d'incertitude à un point donné d'un raisonnement en disant "là j'embraye par là via une conclusion personnelle étant donné que ce fait peut difficilement être quantifié ou interprété de façon sûre" -
La France a t-elle un ennemi redoutable?
Tancrède a répondu à un(e) sujet de jérôme dans Politique etrangère / Relations internationales
C'était quoi le trip avec Heisbourg? Faut faire attention dans les critiques à partir d'un certain niveau de "qualité" des intervenants: Heisbourg est assez nettement dans l'école de pensée "realpolitik" (tendance "vendu aux ricains" ou non), Boniface est clairement de l'école dite du "droit international". Tous deux sont suffisamment malins pour avoir des points de vue étayés et nuancés et ne pas trop entrer dans des attitudes de polémistes comme Todd. Mais y'en a pas un qui a la vérité et l'autre qui se gourre, pas à ce niveau. Il a fait quoi de si choquant le Heisbourg (à part sa tronche zarbi qui lui donne un air très suffisant quand il parle :lol:.... Mais ça ce serait de l'attaque ad hominem gratuite et méchante, donc c'est pas bien :-X.... Même si c'est aussi drôle -et injuste- qu'au collège :-[). -
La France a t-elle un ennemi redoutable?
Tancrède a répondu à un(e) sujet de jérôme dans Politique etrangère / Relations internationales
Hé, ho, les "éléments tangibles"? Tu veux quoi? Que je cite des passages précis de bouquins de Todd ;) :lol:? Je retiens pas par coeur et on n'est pas assez intime (petit canaillou, va :-X) pour que j'en empoigne un et me remette à a lire pour te citer tous les passages et développements qui m'ont défrisé à la lecture. Je m'en suis tapé 3 de Todd, et j'ai aucune envie de recommencer. Ou encore pour rechercher sur youtube ses interviews et participation à des plateaux s'il y en a. C'est le ton qui est péremptoire: moins les postulats en eux-mêmes (pour la plupart) que le degré auquel il les porte, l'absence de nuance et d'admission du niveau trop poussé et catégorique des ses thèses et développements, niant les autres interprétations d'un fait donné, utilisant plus un fait comme un prétexte pour l'utiliser en disant que ça confirme totalement ce qu'il dit.... L'exemple qui me revient spontanément en mémoire -il est anecdotique- a trait à sa conviction personnelle d'être un grand expert stratégique et un connaisseur de la chose militaire, voire de l'histoire elle-même, dans Après l'Empire, quand il décrète que la Guerre du Pacifique démontre la véracité de son opinion sur la capacité militaire américaine qui serait selon lui, et depuis longtemps, médiocre dans l'absolu (seule l'absolue quantité de moyens -et encore plus par rapport à l'adversaire- justifiant le résultat). Selon lui, le Japon était un adversaire de 3ème catégorie comparé aux USA (ce qui est en partie vraie si tu te contentes de comparer les PIB et le niveau de développement) et Washington aurait du être capable -sans doute si Todd avait été aux commandes- le torcher bien plus vite. Pour un expert en stratégie autoproclamé, négliger la composition des appareils militaires, les logiques de base de la tactique (et de leur impact sur la difficulté d'opérations qui, à l'échelle stratégique, semblent mineures et pourtant en change la temporalité et le niveau d'incertitude, donc les calculs stratégiques), les doctrines générales, la double contrainte de front pour les USA, mais surtout la relativité des moyens militaires et surtout comparé aux temps, aux distances, au terrain et au simple fait de la position japonaise (un adversaire quand même capable qu'il faut aller chercher à des milliers de kilomètres d'océan sur des centaines d'îles ET sur un continent....), je trouve que le mec, rien que sur ce genre de détails, décrète beaucoup plus que sa pensée ne semble capable de gérer. Et ce n'est que l'exemple qui me revient spontanément en tête. -
La France a t-elle un ennemi redoutable?
Tancrède a répondu à un(e) sujet de jérôme dans Politique etrangère / Relations internationales
Idéologue socialiste pétri de certitudes et surtout d'un ego surdimensionné: un démographe qui se prend pour un expert économique et stratégique et affirme pas mal d'énormités assez gratuitement. Il suffit de lire ses bouquins pour repérer le "ton" péremptoire sur bien des aspects (il a écrit des trucs sur la guerre du Pacifique.... Juste affligeant d'affirmations gratuites) et l'anti-américanisme terriblement primaire du personnage. -
La France a t-elle un ennemi redoutable?
Tancrède a répondu à un(e) sujet de jérôme dans Politique etrangère / Relations internationales
Todd est encore reçu sur les plateaux de télé :O? Monsieur "j'ai tout prévu 20 ans à l'avance, de la chute de l'URSS à celle des USA"? Je comprends encore plus pourquoi je regarde plus la télé depuis plus de 2 ans.... Et m'en porte sacrément mieux :lol:! -
août 1945 ,une guerre entre les soviétiques et les USA ,sa aurait donné quoi ?
Tancrède a répondu à un(e) sujet de Gibbs le Cajun dans Uchronies
Ca me fait penser à un détail con: tous ces pays qui sont entrés symboliquement dans la guerre (la 2ème GM) aux côtés des alliés, juste histoire de dire quelque chose et de prendre la pose, vont devoir réellement consacrer des moyens :lol:. Le Brésil (bon, il avait envoyé une division qui a été prise en charge par les ricains et formée.... Ca fait une base?) et le reste de l'Amérique du sud, notamment, vont-ils concourir à l'effort de guerre, ne serait-ce qu'en fournissant des trucs plutôt que des troupes? Dans le trip "grande campagne mondiale contre les rouges"? Du coup, y'aurait aussi un front de guérilla de ce côté.... Au final, faudrait-il appeler cette guerre là la 3ème GM, ou 2ème GM.... Les prolongations ;) :lol:? -
Israël et voisinage.
Tancrède a répondu à un(e) sujet de loki dans Politique etrangère / Relations internationales
Peut-être, peut-être pas: il a commencé récemment. Faut du temps pour ces trucs là, et beaucoup de cassages de gueule, avant que ça prenne (maintenant si tu parles d'un nationalisme pan-arabe, du Maghreb à l'Irak, oui, là ça peut être considéré comme largement utopique, pour ne pas dire foireux dès l'abord :lol:); mais un nationalisme palestinien, lui, est en train de naître et semble plutôt un fait qu'il faudra considérer comme acquis (surtout en comparant à ce qu'étaient les populations palestiniennes au début du XXème siècle).... Bon quand à savoir ce que ça amènera, c'est autre chose. Faut pas mesurer ces choses là à l'aune de quelques décennies; ça a une autre temporalité que les individus. Et c'est à cette échelle de temps qu'il faut envisager les "matchs retour". A quel prix et pour combien de temps? Là sont les seules questions. Au final, tout ce bouzin n'est là que depuis quelques décennies, et question "état civilisationnel", Israël me semble présenter beaucoup de symptômes de l'affaiblissement des Etats modernes tels que nous les concevons. Faudra en reparler quand l'Etat hébreu aura passé la durée de longévité des Etats latins d'Orient ;) :lol:. Je mets ça sur un post-it? Déjà, le tiers de la population alsacienne avait voté avec ses pieds en 1870 en passant en France. Ensuite, l'histoire de l'occupation allemande en Alsace est assez révélatrice (enseignement de la langue, préservation de structures, statut spécial et résultats très mitigés des politiques allemandes, position des allemands immigrés en Alsace....); ensuite, le retour des troupes françaises a été plus que favorablement accueilli par la population, et les autonomismes divers (dans le cas des soldats, le terme de soviet est d'ailleurs impropre: il s'agissait d'un conseil de soldats comme il y en avait d'autres dans l'Allemagne de 1918) n'ont pas vraiment rassemblé des masses de monde. Le fait n'est pas que là: la victoire en elle-même n'est pas rien, mais n'est pas tant de choses que ça non plus: ce qui compte, c'est la position que tu as après une victoire. Et la France de 1918 n'a pas beaucoup de bargaining chips par rapport à ses alliés. Par ailleurs, si un fait t'es reconnu par tes alliés AVANT qu'une victoire, et encore plus un traité, soit acquis, cette reconnaissance devient autre chose qu'un simple butin de guerre. Qu'on le veuille ou non, et même s'il est loin d'être unanime et un un absolu immanent existant qu'on le veuille ou non, le droit des conventions entre Etats existe et se renforce avec le temps comme une base de réflexion (c'est le propre d'une jurisprudence et de ce qui était jadis le droit coutumier). Ca ne se change pas si facilement que ça, même par une victoire militaire et le temps joue beaucoup, aussi d'ailleurs parce qu'il change les réalités sur le terrain (l'Alsace ne serait pas restée si francophile si elle n'avait été pendant plus de 3 siècles qu'un territoire "possédé" par la France après une acquisition agressive). -
Israël et voisinage.
Tancrède a répondu à un(e) sujet de loki dans Politique etrangère / Relations internationales
Non, un gars qui a avant tout du recul, de la maturité et qui est difficilement plaçable dans des petites cases toutes faites. Par le fait que ce droit lui a été reconnu par d'autres Etats, par le fait que le droit international s'est fondé en partie sur un Etat des lieux à un moment donné de l'histoire, par le choix des Strasbourgeois eux-mêmes à plusieurs époques données, par le droit infiniment plus puissant du temps passé effectivement dans la communauté qu'est l'entité "France".... Et initialement par le droit de conquête. Mais s'il n'y avait que lui, ça n'aurait pas tenu. Quand l'indépendance, qui est un concept, est associée à une terre, qui est une réalité, et que cette terre est par ailleurs déjà habitée, ça peut poser de menus problèmes :-[. Après, les Israéliens peuvent massacrer les Palestiniens au nom de leur tranquillité, mais à ce moment là, je préfère qu'on n'invoque que le droit de conquête et celui du plus fort et pas d'hypocrisies pour se donner bonne conscience. "Se battre pour son indépendance" sonne toujours très noble et légitime, mais se limiter à cette formulation quand il y a d'autres réalités liées au problème est un peu facile; c'est le propre des idéologies que de faire fi de beaucoup trop de réalités au nom de "la cause". Je préfère à ce moment et de loin la mentalité des siècles précédents qui avouaient franchement le droit de conquête comme légitime et concluaient sans état d'âme par "malheur au vaincu" sur ce qui pouvait arriver aux conquis. Pas plus dégoûtant, mais moins hypocrite. C'est emballer la conquête dans la morale et le bon droit, voire pire encore une idéologie, qui est débectant à mon sens. Je dis rien de plus et je ne juge pas les faits (pas mon rôle et c'est stérile), juste les postures. -
Israël et voisinage.
Tancrède a répondu à un(e) sujet de loki dans Politique etrangère / Relations internationales
La comparaison était plutôt au niveau de ceux qui se sont fait prendre leur terre sans avoir le moindre choix; Indiens dans un cas, peuplades de Palestine dans l'autre. Parler de Palestiniens à ce moment est un non sens: ce sont des communautés éparpillées qui ne partagent que la religion et l'appartenance à l'empire ottoman.... Et ils se trouvent alors confrontés à une communauté migrante qui elle s'est entretemps forgée un proto-sentiment national et a pu graduellement mettre en place les organisations qui vont avec.... Ce que les Palestiniens d'aujourd'hui sont en train de faire. C'est pourquoi je ne pointe personne en particulier du doigt: juste le résultat du comportement général et les tendances qui semblent l'animer dans le temps et le faire évoluer. Chacun veut vivre son corpus d'idées générales "à la carte", mais à un moment ou à un autre, quand ce corpus est aussi une entité politique, il y a des conséquences réelles, et là il faut bien assumer le blanc et le noir. Depuis que cela a été établi (évidemment, l'application est autre chose) comme une des bases du droit international et plus encore un principe, une matrice dans la façon de penser, avant tout des décideurs, et que cela a donc des conséquences réelles en termes de politique. Soit dans ces XVIIIème-XIXème siècles honnis et pourris qui ont fait beaucoup de conneries dont on paie encore les pots cassés ;). Je préfère la définition d'un rabbin de ma connaissance grand mangeur de saucisson pur porc :lol:, qui se dit orthodoxe (en souriant beaucoup) et qui a un profond mépris pour ces termes de "peuple élu" ou "d'exceptionnel" -en fait évidemment la façon dont beaucoup de juifs semblent les comprendre (d'ailleurs les orthodoxes rejoignent comme de plus en plus souvent les ultra sionistes là-dessus en en tirant une idée de "supériorité"; les petits nazillons de tous poils devraient pas avoir le droit de vote)..... Pour lui, il aurait mieux valu que Bouygues ou Century 21 existent au moment où ont été sortis ces termes, afin que soit utilisé de préférence celui de "maison témoin" de l'humanité ;) :lol:. Pour la note, en référence à ma position exposée plus haut, je ne peux pas être anti-israélien. Je l'aurais été au moment de sa création (dans le style "ça va foutre une merde..... Je vous raconte pas" :lol: :-[), mais maintenant des gens vivent là depuis plusieurs générations et n'ont nulle part ailleurs où aller (même si on me dit qu'une majorité d'Israéliens a plutôt 2 passeports qu'un seul :lol:), donc être anti-israélien, ça voudrait dire être pour l'extermination ou la déportation de ces personnes, ou encore pour la sujétion de ces populations à une entité politique gérant un plus vaste ensemble (pas forcément une mauvaise idée si des sécurités sont établies), ce qui n'arriverait que par une guerre TRES méchante (là c'est toujours une mauvaise idée). Mais l'autre versant du problème, c'est que c'est aux dépends d'une autre population (qui tend actuellement à réellement devenir une population) que cette existence se fait.... 2 peuples sur une seule terre (réalité objective et incontournable: la Palestine n'est pas sécable.... Et pas grande :-[), ça n'a jamais marché. Problème insoluble à moins un jour d'avoir un Etat mixte, ou plus vraisemblablement que ça en vienne aux mains. -
Israël et voisinage.
Tancrède a répondu à un(e) sujet de loki dans Politique etrangère / Relations internationales
Ca, c'est assimiler un peu catégoriquement toute forme d'idée, de projet, de vision, d'aspiration.... Communs à l'idéologie, ce qui est selon moi trop manichéen. Ou alors c'est minimiser ce qu'est une idéologie: une idéologie, c'est beaucoup plus qu'une philosophie commune, c'est en pousser la définition un, voire plusieurs, crans plus loin, en établissant véritablement une doctrine, ce qui est dans l'Eglise catholique le Dogme. Je suis pour l'existence d'Etats et je vois les nécessités et logiques pratiques qu'imposent le concept même d'Etat, notamment l'impôt (dont le principe même est abject et "contre nature" aux libéraux dans leur version actuelle, un "vol nécessaire" selon eux, en attendant de trouver à s'en débarrasser).... Je ne suis pas pour autant un Etatiste (et évidemment pas pour toute version extrêmiste de l'étatisme, qui devient alors un totalitarisme). Je pense être encore un peu patriote et pense qu'enseigner des raisons d'être patriote est justifié.... Je ne suis cependant pas pour le patriotisme qui est nettement plus qu'un simple substantif pour emploi générique du mot "patriote": cela devient toujours au final un corps de doctrine, une codification établissant une définition d'un modèle auquel il faut correspondre, et ce modèle est un objet que divers groupe et la politique en général utilisent toujours pour désigner les "bons" et les "méchants" selon les nécessités du moment. Qui pis est, cela devient toujours une grille de lecture du monde, avec garantie d'être très vite de vraies oeillères. Tu vois la nuance ;)? Pour la note, "l'individualisme" et le "libéralisme" sont aussi des mots en "-isme", donc pointés du doigt (le mien) aussi :lol:. C'est en Allemagne qu'est né le sionisme, une Allemagne qui n'était pas hostile aux juifs dans la pratique (y'avait de l'antisémitisme, comme il y avait d'autres comportements sociaux classifiant les individus et mettant certains groupes dans une case spéciale). Et le sionisme est avant tout né dans cette époque d'invention de nationalismes et d'invention de peuples (n'ayons pas peur des termes) et des définitions qui les sous-tendent (qui sont devenues surtout à ce moment du coup, très exclusives parce que ces pseudo-peuples étaient très fantasmés). Les peuples allemands, italien, français, anglais (et autres) ont été inventés à cette époque en tant que concepts sortis en grande partie du trou du cul d'historiens, philosophes et autres qui ont inventé des modèles qui n'existaient pas avant. Un Français du XVIIIème siècle ne reconnaîtrait pas un Français de la fin du XIXème comme sortant du même moule. Le terme "français" dans ces 2 cas, est même très impropre: le mot ne veut pas du tout dire la même chose et n'a pas la même réalité, loin s'en faut, pour les 2 individus fictifs évoqués. Ce n'est rien d'autre que cette notion fantasmée de "peuple" qui a été inventée. Le sionisme n'a rien fait d'autre que suivre cette mode et cette façon de lire et d'instrumentaliser l'histoire en créant de toute pièce un "peuple juif" pour inventer un lien entre des communautés juives historiques qui existaient selon leurs propres termes depuis des siècles, voire des millénaires. On s'invente un mythe de la création, on s'invente une longue épreuve commune et une volonté continue à travers les siècles (le fil rouge de l'histoire :P, pour appâter le lecteur) -un récit national en somme-, on décrète des "qualités nationales", une "génie" particulier, on met en valeur des accomplissements d'individus comme des réussites "nationales" que tout membre du groupe s'approprie d'une certaine façon, qu'il la comprenne ou non. Alors évidemment, comme toute idéologie, ça crée du lien, ça donne un but. Mais ça engage un tout autre genre de processus collectif dont je trouve que les inconvénients surpassent toujours les avantages. Qui plus est le sionisme en particulier est un nationalisme "à l'allemande" (il reprend tous les mécanismes du nationalisme allemand, il change juste les détails pour s'adapter à un autre groupe), né dans une pensée universitaire allemande et une façon hautement hégélienne de regarder l'histoire et de fantasmer ces "destins de peuples" et cette fascination néfaste du "temps long" qui n'a de réalité que pour les lecteurs rétrospectifs aimant le simplisme (c'est plus vendeur) et s'asseyant commodément sur la recherche de la vérité.... Ce qu'ont été tous les récits historiques du XIXème siècle.... Comme les autres nationalismes, le sionisme est un nombrilisme collectif bien avant d'être un moyen d'unir. Quand on pointe les persécutions des juifs selon les pays et les époques (cas de l'Allemagne nazie à part), c'est juste une lorgnette pointée en particulier sur une minorité qui s'inventent ce faisant son exceptionnalité.... En oubliant de pointer toutes les autres persécutions continues d'autres minorités aux mêmes époques (Empire romain, Europe du Bas Moyen Age, Renaissance, âge classique....) et souvent dans les même pays, parfois moins graves parfois pires, et dont l'ensemble ne souligne qu'une seule vérité constante (renvoyant le reste au rang de mensonges): il fait pas bon être une minorité quand le temps se gâte ;). Hors l'épisode nazi, une exception monstrueuse dans l'histoire, les diverses communautés juives n'ont pas été plus persécutées que d'autres minorités et groupes particuliers, et les torts causés à telle communauté juive du Maghreb ne sont pas objectivement une blessure qu'un juif de Podolie a un droit moral à revendiquer, et certainement pas à utiliser comme un outil politique. Pas plus qu'un immigré sénégalais n'a le droit de revendiquer la douleur des déportés de la traite négrière au XVIIIème siècle simplement parce qu'ils ont la même couleur de peau (et pourtant, c'est exactement ce que de nombreux groupes tournant autour du panafricanisme affirment de plus en plus fort). Plus ces pseudo-récits sont improbables, plus il faut les affirmer fort, cacher les incohérences et taper sur les avis pondérés, et trop souvent sur le bon sens. Qu'il y ait une part de mythologie nécessaire à un groupe humain, je veux bien, je suis même acheteur.... Mais jusqu'à un certain degré seulement; comme en toute chose, point trop n'en faut. Comme elle donne raison aux Américains sur les Indiens ;)? Mais à ce moment, ce n'est que la loi du plus fort, et rien d'autre; dur et cruel, mais au moins c'est franc. C'est se draper dans un droit moral/immémorial à prendre la terre sur laquelle d'autres vivent que je trouve puant. Evidemment, l'attitude des autorités ottomanes attirées par le fric pour inventer des titres de propriété pour des terres qui n'avaient jamais eu de cadastre ni de droit écrit d'une quelconque nature (pas depuis l'empire romain), ça n'a pas vraiment aidé à modérer le phénomène. Ecce homo. -
Israël et voisinage.
Tancrède a répondu à un(e) sujet de loki dans Politique etrangère / Relations internationales
Les bataillons des extrêmistes de tous poils sont au fond toujours comme le gros dératiseur dans American History X; des abrutis incultes qui ont besoin de rejoindre une meute et de se clamer "supérieurs" :P :lol:, sans que personne ait jamais été foutu, quel que soit l'ethnie, la religion, le groupe, la culture.... De définir cette "supériorité". Juste des branleurs en mal de sociabilité et qui verse trop dans un trip leur donnant une direction et une valorisation (souvent plus imaginaire qu'autre chose). Mais c'est pas parce que ces fouteurs - et teuses, soyons pas sexistes- de merde sont en majorité sous-éduqués et/ou complètement endoctrinés qu'ils ne comptent pas et qu'il suffit de les mépriser pour faire disparaître, ou nier, un problème qui existe, connaît une certaine croissance ou non, et qui comme tout extrêmisme, n'est pas un phénomène isolé, mais la partie la plus caricaturale et radicale d'une tendance de fond qui, si elle ne verse pas souvent dans les excès, traduit néanmoins un état d'esprit pour une portion nettement plus importante d'une société donnée. Comme quand on dit que les islamistes sont un micro mouvement: ça n'empêche pas un pourcentage nettement plus élevé des musulmans d'avoir beaucoup d'indulgence et de compréhension envers un certain nombre de postures et "propositions" des mouvances radicales, voire une adhésion partielle à leurs thèses.... Ce sont ces proportions là qui sont en fait plus dangereuses que les groupes d'agités du bocal. Donc aux 2-3% de vrais agités militants radicaux potentiellement violents (voire effectivement violents), combien faut-il ajouter de suivistes passifs, de mous du genou approbateurs et de hocheurs de têtes plus ou moins prononcés? Nettement plus que 2-3%. Mais faut pas se leurrer non plus: le sionisme est une idéologie comme les autres, et au final, elle ne produit pas grand-chose de bon, a commencé en s'inventant ses mythes et autorise beaucoup de dérives (comme les autres).... Evidemment, cela vient avant toute autre chose d'une analyse personnelle ;) et d'une allergie prononcée à tous les mots en -isme ;) :lol:. Et si beaucoup de groupes divers et variés cachent plus ou moins leur antisémitisme revendiqué sous des condamnations du sionisme, il faut en retour signaler que les pro-israéliens de tous poils assimilent toute critique du sionisme et d'Israël à de l'antisémitisme militant, voire font souvent des procès d'intention pour sous-entendre qu'il y a de l'antisémitisme/crypto-fascisme rampant dans tout propos qui les défrise, tout courant d'idée qui ne va pas dans leur sens (même si elle n'a aucune référence à eux ou peu). C'est un des problèmes d'une idéologie: elle devient un jugement globalisant, une grille de lecture du monde qui tend à devenir de plus en plus absolutiste et à servir des intérêts bien cyniques avec le temps, jamais à se modérer. Au final, ça peut être utile un bref moment pour mobiliser des énergies, mais je tend de plus en plus vers Thomas Jefferson en pensant qu'une idéologie, c'est comme sa conception d'une constitution.... Ca devrait être foutu aux chiottes tous les 20-30 ans :lol:. Sinon ça commence à sentir très mauvais. Pour précision et clarifier mon opinion (afin d'éviter la polémique et de voir sur quoi se base mes -éventuels- posts): je n'aime pas le sionisme (surtout après plus d'un siècle d'évolution et d'institutionalisation), comme aucune idéologie, et je ne pense pas qu'accepter la création de l'Etat d'Israël a été une bonne chose, pas plus que l'immigration vers la Palestine (et les actes de spoliation de nombreuses communautés locales qui ont eu lieu dès le début, avec la plus grande complicité d'autorités locales ottomanes très intéressées).... Mais maintenant que c'est fait et entériné par plusieurs générations qui ont vécu sur ce bout de sable, cet avis n'est qu'un constat sans impact sur l'actualité et la politique à adopter, et le problème ne peut se résoudre en condamnant ce qui a été fait il y a plus d'un siècle. -
Hé, je ne prétend pas décréter la vérité sur l'armée taïwanaise, juste évoquer les problèmes "normaux" qui se posent lors du passage à une armée pro dans un pays développé ;). Tout est dans le "plutôt", justement: qu'il y ait une proportion élevée de diplômés de l'enseignement supérieur, c'est une chose; la question est avant tout de ceux qui ne le sont pas, surtout dans l'évolution économique actuelle des pays développés (concentration des richesses, niveau certain de désindustrialisation -plus ou moins prononcée- sur les segments des productions basiques gourmandes en main d'oeuvre cheap et peu qualifiée, vieillissement, urbanisation et augmentation du coût de la vie....), et il faut bien se rendre compte que même si le degré de ces évolutions varie d'un pays développé à un autre, les tendances de fond sont les mêmes. Des cas comme Taïwan ont quelques points notables comme le fait de toujours avoir un "ennemi désigné", un danger pressant aux frontières et perçu comme tel, contre lequel l'outil de défense est tourné quasi exclusivement, ce qui peut créer une proportion plus ou moins supérieure de vocations dans une partie de la jeunesse qui a beaucoup de choix dans la vie. Mais l'idée générale est quand même qu'une armée de terre, même si elle a besoin de hauts profils pour l'encadrement, peut en former aussi (et jouer l'ascenseur social), a avant tout besoin d'effectifs, si possible avec une bonne marge de choix (au moins pour les basiques: QUI corrects, bonne santé, bon niveau physique.... Ces 2 derniers aspects ayant tendance à baisser dans les sociétés urbaines développées). Et la tendance économique s'y prête plus qu'il y a encore une vingtaine d'années pour les 30-40% les moins bien lotis d'une population, aussi prospère et développé que soit un pays. Ca joue au niveau des revenus, mais aussi au niveau de la reconnaissance sociale: pour caricaturer et voir au détail, même si une armée est pointée du doigt, un uniforme a plus de gueule qu'un costume cheap d'employé de dernière catégorie ou un bleu de travail moisi de bout de chaîne d'assemblage chez un sous-traitant en pièces détachées pour tronçonneuses de jardin ;). La majorité de la population (jeune) taïwanaise est-elle faite d'ingénieurs informaticiens, de cadres de grande banque, de marketeurs-pubards trendy, d'avocats ou d'ouvriers "de luxe" façon usines Toyota? Evidemment non. Evidemment, si l'objectif était de monter une armée de terre de 400 000h, le problème pourrait être insoluble, mais je crois pas que ce soit l'objectif, et Taiwan a quand même assez de population pour s'offrir une armée pro qui fasse le quart de ça. Savoir si elle sera motivée, compétente, de qualité, mordante.... Est une autre paire de manche et dépendra autant du recrutement que des budgets en général (j'ai cru comprendre que l'armée de terre était passée au second plan comme priorité par rapport à la Marine ou à l'Armée de l'Air) et de leur allocation pour la formation, les conditions de vie et de travail, la motivation, la battle-readiness.... En particulier. C'est un peu ce que je mentionnais, mais le trip est que les femmes sont une cible de recrutement prioritaire pour des armées se professionalisant, pour tout ce qui concerne les unités et organismes non combattants. Là-dessus je n'ai lu que la fiche Wiki de l'armée taïwanaise, mais ils disent que sur les 35 brigades de combat, 25 (celles d'infanterie) sont passées plus ou moins en réserve, soit sur un standard de battle readiness clairement moins prioritaire, afin de favoriser les 8 brigades mécas et blindées qui semblent devoir être l'objet des grands programmes d'investissement. Une logique croissante de corps expéditionnaire? Mais le fait est qu'une armée pro offre rarement beaucoup d'économies stricto censu, sinon au sens politique du terme: il y a plus à attendre de gains de capital politique (plus de conscription = une jeunesse plus contente) que de gains en capital financier, surtout si par ailleurs, une conscription basique de 4 mois est maintenue, avec ses coûts structurels en grande partie incompressibles. Enfin bref, tout cela pour dire que j'ai plus de questions et de curiosité sur ces processus de changement de modèle militaire que d'affirmations catégoriques à balancer. Et sur ce pays en particulier, je n'ai qu'une seule source "indigène" (une taïwanaise qui a sans doute accouché du seul enfant franco-taïwanais juif du monde :lol:).
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Ca dépend à mon sens: - du format choisi: une armée pro oui, mais de quelle taille? - de la paie, des conditions de vie, de la valorisation, des parcours de reconversion - de la proportion de femmes qui sera appelée, avant tout dans les effectifs de soutien et d'administration en général Y'a souvent suffisamment de jobs pas super rémunérateurs dans le "tiers du bas" du marché de l'emploi, surtout aujourd'hui, pour rameuter du monde, surtout s'ils font d'une armée pro un instrument de valorisation sociale. Pas forcément un moteur de vocations énorme, mais un appel à toute une frange de population. Mais je me demande ce que ça traduit plus généralement: une vraie volonté de maintenir une capacité de résister à la Chine ou une espèce de "normalisation" lente des relations entre les 2 Etats, avec la professionalisation comme première étape pour baisser d'un cran le pied de guerre sur lequel l'île vit depuis 70 piges? Le format choisi en dira beaucoup, de même que les parcs matériels commandés pour cette armée: une armée pro coûte cher, et un gouvernement est vite tenté de ne commander que les matos pour ce format, en gardant de moins en moins de réserve et de stocks pour un éventuel rappel de réservistes et/ou conscrits.... Ce qui voudrait dire que les 4 mois de classes, à moins qu'ils ne servent de sas, de motivation pour les jeunes et de lien armée-nation, risqueraient de vite sauter (c'est pas gratuit en termes d'infrastructures, de frais courants et de personnels, d'achats de petits matos). A moins qu'il ne s'agisse avant tout d'une motivation interne peu avouable: visée d'économie (supposée) à la petite semaine, émanation des volontés d'un establishment politico-militaro-industriel qui veut pousser au maximum la logique d'acquisition de matos très pointus (réclamant des personnels pros) et disposer d'un outil qui ait moins de "tranparence" par rapport à une armée citoyenne. Mais je fais mon cynico-parano, là ;).... Ou peut-être pas totalement?
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août 1945 ,une guerre entre les soviétiques et les USA ,sa aurait donné quoi ?
Tancrède a répondu à un(e) sujet de Gibbs le Cajun dans Uchronies
J'ai l'impression qu'il vaut mieux ne pas trop essayer de quantifier l'apport nucléaire dans ce scénario; dès qu'on le fait, il faut se rendre à l'évidence que les mêmes raisons -ou certaines d'entre elles- qui ont poussé Staline à accepter le statu quo de mai 45 reprendraient leurs droits. Même si l'arrivée en nombres suffisants de bombes A et d'avions développés pour les délivrer plus loin avec de bonnes chances de succès était retardée de 2 ou 3 ans, Staline prendrait cette donnée en compte dès le début, avec en plus tout le halo de mystère sur la capacité de cette arme, qui accroît les anticipations que l'on peut faire alors de ses capacités, ne serait-ce que parce que les raisonnements de décideurs partiraient du principe qu'il vaut mieux les surestimer un peu que les sous-estimer (surtout un parano comme Staline). L'Amérique continentale, zone de production, étant intouchable, Staline reculerait, surtout après la démonstration contre le Japon qui a souligné, et c'était son but, la détermination de Truman à en user. Donc il semble plus prudent de considérer cette uchronie comme un scénario qui, pour une raison X ou Y, est "dénucléarisé". -
août 1945 ,une guerre entre les soviétiques et les USA ,sa aurait donné quoi ?
Tancrède a répondu à un(e) sujet de Gibbs le Cajun dans Uchronies
Si c'est pour boucher les trous sur le Rhin ou dans les Pyrénées, c'est justement ce qu'il faut, non ;) :lol:. Faut former un maximum d'infanterie à la lutte antichar et profiter du terrain: entre Rhin, Alpes, Bretagne et Pyrénées, y'a pas que des autoroutes .... Pour aller dans le sens d'Akhilleus, il est illusoire d'espérer voir plus que quelques grandes unités espagnoles formées et équipées par les ricains dans ce scénario: il suffit de voir ce qui est arrivé aux FFL, même après que l'armée d'Afrique les ait intégrées.... Côté français, y'avait des projets de développement d'un nombre conséquent de divisions blindées et de rééquipements de DI, et les requêtes aux ricains en ce sens.... Et côté réalité, y'a des ricains: - dont la production n'est pas une corne d'abondance infinie produisant tout à n'importe quel rythme - dont les priorités vont à l'équipement, au rééquipement et au remplacement des pertes de leurs propres divisions - qui ne donnent rien pour rien - qui n'ont pas forcément envie de donner à leurs pays subordonnés les moyens de peser plus dans les discussions, même si c'est pour dire merde avec une petite voix Dans un tel cadre d'urgence, les ricains seraient sans doute forcés -s'ils décident de continuer la guerre- de sponsoriser un corps espagnol, peut-être une armée (autour de 100 000h), mais j'ai du mal à y imaginer plus que l'équivalent de 2 DB. La France a eu beaucoup de mal à "arracher" plus de 2 DB aux ricains.... D'un autre côté, on peut imaginer un autre scénario: les ricains, voyant leur population lasse de la guerre, décident de s'y investir modérément en terme de troupes de combat, pas tellement en baissant le niveau de leur effort existant, mais sans lancer de nouvelle grande conscription, se consacrant à la mobilisation économique, technique, logistique et outsourçant une partie des combats au sol aux Européens qu'ils équipent à un plus haut degré, le facteur concurrence (pour l'orientation de l'équipement) avec leurs propres troupes jouant de ce fait moins. Ils fournissent des cadres, des structures de formation (sud de la France, Italie et Espagne semblent les terrains désignés, de même que l'Angleterre) et des structures de commandement et équipes de travail existantes pour les échelons de grandes unités, destinées à intégrer graduellement les officiers européens le temps qu'ils s'accoutument à la guerre mécanisée. Qu'il s'agisse de l'Espagne, de l'Italie, et encore plus de la France, il faut quand même souligner qu'une proportion donnée de ces armées n'est peut-être pas au top côté doctrine de guerre méca, mais il s'agit néanmoins d'unités constituées (jusqu'aux niveaux division et corps d'armée, parfois armée), existant depuis un certain temps, avec des effectifs et officiers (et équipes de travail) formés, en partie aguerris, des sentiments nationaux existants.... Dans le cas de la France, l'effort de reconstruction d'un outil militaire et de ses lieux et structures de formation (pour humains et matos) a recommencé dès la Libération (De Gaulle a tout fait pour, afin de peser un peu dans le règlement de la guerre), et le pays dispose quand même d'une masse critique de cadres potentiels ayant combattu en environnement moderne. Ajoutons aussi que l'Allemagne peut fournir nombre d'officiers et cadres pouvant, ne serait-ce que par anticommunisme, servir en ce sens à divers échelons: la Légion va recruter tous ces effectifs teutons qui n'iront pas à Dien Bien Phu, du coup (autre détail de ce scénario: là pour le coup, l'Indo est perdue tout de suite). -
août 1945 ,une guerre entre les soviétiques et les USA ,sa aurait donné quoi ?
Tancrède a répondu à un(e) sujet de Gibbs le Cajun dans Uchronies
Si tu le sers avec des fèves au beurre et un chianti ;), c'est catégoriquement niet! Je ne saurais tolérer pareille instulte à la gastronomie! Trouve un accompagnement digne de ce nom, une préparation adéquate pour le met principal, et un Côte de Nuit (ou du Chambertin, je suis pas si difficile :-[), et on pourra en reparler. Y'a quoi comme dessert? C'est là qu'on va voir si mes 20 ans d'arts martiaux divers servent à quelque chose :O.... La question est: anticiperont-ils de se faire enfoncer à ce point? Prépareraient-ils des étapes de repli à une échelle suffisante? La volonté de poursuivre, la capacité à poursuivre, seront-elles là? Il faut quand même noter que partir du principe d'une grande baffe rouge condamne l'occident à devenir un réduit défensif potentiellement éclaté (Espagne, Bretagne, Italie....) ou continu, mais dans une France réduite à l'état de no man's land et de champ de manoeuvre, donc avec une position occidentale sans grande profondeur. Pressés de toute part, il me semble que les américanoccidentaux seraient, pendant 2 ans, condamnés à une défensive en flux tendus sans pouvoir avoir de masse de manoeuvre à dégager. N'est-il pas à craindre que la façon de mener ces combats en attendant l'arrivée de renforts sérieux impacte beaucoup leur façon de percevoir les opérations? -
août 1945 ,une guerre entre les soviétiques et les USA ,sa aurait donné quoi ?
Tancrède a répondu à un(e) sujet de Gibbs le Cajun dans Uchronies
La chasse soviétique n'est cependant pas vraiment un petit truc à cette époque, et la couverture AA des forces et points clés au sol risque d'être très dense: une politique systématique de bombardement des ponts et noeuds routiers/ferroviaires sera très vite très coûteuse en navions pour les alliés. Quand à l'efficacité de bombardements de haute altitude sur de telles cibles, à moins d'y aller de façon disproportionnée (genre des escadrilles complètes pour chaque pont, carrefour, aiguillage....), il me semble que ça serait très aléatoire, non? -
Les "Trois Tout", efficaces en contre-insurrection ?
Tancrède a répondu à un(e) sujet de Kiriyama dans Histoire militaire
Tu cites l'article du général Desportes, je crois. Il rappelle ce qui a marché dans l'ensemble des guerres dites asymétriques où l'adversaire n'a que peu ou pas du tout de structure/organisation étatique (ou quand celle ci est atypique) et des forces plus ou moins structurées mais pas au niveau côté hardware. Cependant, il ne cite la "brutalité" que comme une des conditions de réussite (qui ne la garantissent pas), car il implique aussi: - la nécessité incontournable d'un volume de forces au sol proportionné aux populations et insurrections concernées. Apparemment, un minimum de 5% de la population ciblée est nécessaire pour obtenir du résultat politique, chose impossible dans des pays comptant des dizaines de millions d'habitants et dont la proportion d'insurgé n'a pas changé, en général, dans l'absolu, mais l'effectif concerné si, au prorata du développement démographique - une implication et une compréhension du niveau du politique, avant tout pour se tenir à une stratégie, y compris une qui implique des pertes et de la brutalité, mais surtout une qui tienne l'épreuve du temps et ne compte pas sur un résultat rapide - ne pas dépendre des forces autochtones formées par l'intervenant extérieur - la compréhension de l'organisation et de la volonté adverse, comme les desideratas et intérêts de la population locale Par ailleurs, il rappelle le taux de réussite aléatoire, mais surtout il souligne par ces exemples le caractère éminemment protéiforme de l'adversaire et des théâtres d'opération, donc en définitive de la guerre, fait par rapport auquel nos armées sont de plus en plus en décalage, se calibrant pour une guerre "classique" qui n'aura pas lieu. La brutalité seule est inefficace et contre-productive. Elle l'est même dans le mix mentionné plus haut, mais dans des proportions plus gérables, pour autant que le chef opérationnel sache doser et puisse faire persister son action dans la durée. Au final, j'ai l'impression que ce que les talibans font en Afghanistan, c'est précisément appliquer ce mix à leur propre population, avec la volonté politique adéquate, l'organisation qu'il faut et surtout l'effectif qu'il faut. Même s'ils profitent du Pashtounwalli comme l'ISAF ne peut le faire, ils imposent aussi une brutalité importante et plus encore une nouvelle organisation sociale qui pourrait, dans d'autres circonstances, se retourner contre eux s'ils dosaient différemment. Après tout, leur action auprès de la population afghane consiste à démolir l'organisation traditionnelle des communautés pashtounes et d'autres.... Qu'en pensez-vous? -
août 1945 ,une guerre entre les soviétiques et les USA ,sa aurait donné quoi ?
Tancrède a répondu à un(e) sujet de Gibbs le Cajun dans Uchronies
Pour la Grèce, il faut rappeler néanmoins que le soutien mitigé aux communistes par la Russie a été motivé par le deal entre Staline et Churchill sur ce fait: la Grèce était une concession de Staline en échange d'yeux pudiquement détournés de l'Europe de l'est en général. Donc dans ce scénario où le moustachu a décidé de s'offrir l'Europe, il est à craindre que l'effort soviétique en Grèce ne soit pas ralenti, et même au contraire sérieusement renforcé. Je me pose la question en fait: cet avantage des lignes établies et durcies n'est-il pas aussi un inconvénient? Les Soviétiques les connaîtront avant de lancer leur offensive, donc les viseront. Et déménager de telles structures dans une guerre qui devra par essence être mobile sera lourd, lent et difficile, mobilisant des moyens et ralentissant encore le rythme. C'est une chose d'avoir les tuyaux et les hubs routiers autour de grands dépôts, mais du coup, dès qu'ils sont à portée d'une avance adverse, ils sont un point mort qui est difficilement transportable rapidement et réinstallable ailleurs, et ce alors même que beaucoup d'unités et de dispositifs sont organisés pour compter dessus. Recomposer rapidement un réseau offrant une capacité équivalente est dur. Peut-on réprendre une arrivée d'essence 50 ou 100 bornes en arrière? Sans doute que oui, mais tout le dispositif de distribution et d'appro qui va autour? Il faudra du temps avant qu'il puisse offrir la même capacité d'approvisionnement à grande échelle. Et les dépôts, c'est encore pire. Les chiffres de conso des armées américaines en Europe à cette époque sont proprement hallucinants et indiquent le niveau d'organisation logistique, et l'impact sur le rythme, les cadences.... Ce pourquoi l'armée US était fondamentalement lente et méthodique, calquée comme l'a dit Loki sur un principe de rognage, d'attrition. Répondre aux coups de béliers russes qui tablent sur des bonds massifs de 200 à 300 bornes à très grande vitesse suppose peut-être une vitesse de retrait que les occidentaux ne sont pas forcément capables d'avoir avec leur organisation telle qu'elle est, du moins pas sans pertes matérielles et humaines très significatives. Et ce sans même une garantie que les EM puissent comprendre l'échelle de la tactique soviétique à temps, et plus dur encore, puissent mettre au point et en oeuvre une réponse coordonnée de même échelle. Je conjecture, là, connaissant trop mal les données précises des mouvements de grandes unités de cette époque et les "rythmes logistiques" des organisations militaires. Je ne peux en fait que constater les calendriers d'avance des grandes unités et tirer des conclusions à partir de ça. -
août 1945 ,une guerre entre les soviétiques et les USA ,sa aurait donné quoi ?
Tancrède a répondu à un(e) sujet de Gibbs le Cajun dans Uchronies
Les soldats russes sont de toute façon rarement à jeun (comment ça, la branlette rend sourd :lol:?)..... Désolé, pas pu non plus ne pas la faire.... Tu es contagieux et j'aime rajouter un dernier mot, surtout si ça sert à rien ;). Pour ton scénar, il faut quand même noter une variable pour le 1er choc: les occidentaux ne connaissent alors rien de la doctrine opérationnelle soviétique ni n'ont abordé la "grande tactique" de théâtre dans leurs modèles conceptuels. Sur le terrain, il est à craindre qu'ils ne sachent réagir que tactiquement, à échelon plus ou moins réduit, donc secteur par secteur. C'est déjà mauvais en soi (avant tout parce que le tempo est par essence dicté par les Russes), mais aggravé en plus par les différences de rythme et de capacité à avoir ce rythme à grande et très grande échelle, domaine dans lequel la capacité russe semble nettement plus avancée à ce moment. Et c'est pas le genre de trucs qui s'apprend rapidement, surtout avec un différentiel numérique important. Les grandes unités occidentales sont des machines lourdes et un tantinet bureaucratiques, ce qui est en partie le défaut de leur avantage (leur logistique très importante et organisée): pas vraiment des unités de manoeuvre en grand pour une guerre mobile, ni en offensive ni en défensive. Vu ce que bouffe une division américaine (et encore plus une armée américaine) en unités de soutien, il est à craindre que le premier choc de l'offensive rouge (et la profondeur de pénétration initiale, ce qui est un peu le principe de la doctrine soviétique) les contraigne à une désorganisation qui, même temporaire, sera assez radicale et risque de les voir abandonner beaucoup de matos, voire de troupes de première ligne, dans la première semaine qui sera une authentique surprise opérationnelle avec des conséquences stratégiques lourdes. Sur la méconnaissance occidentale de la méthode russe, il faut ajouter un certain mépris (traditionnel et idéologique) pour l'armée rouge, lequel n'a dans l'histoire réelle été que confirmé par les retex de généraux allemands qui ont alimenté ce penchant et prolongé l'ignorance du principe même de doctrine opérationnelle. Uchronie ingérable: les conséquences et ramifications directes et indirectes représentent une arborescence bien trop immenses et complexes pour pouvoir être raisonnablement tracée, même à grands traits. Kedith serait peut-être administrateur du site ? -
L'Airpower, perspective historique
Tancrède a répondu à un(e) sujet de Tancrède dans Histoire militaire
Bon angle pour présenter la chose Aqva: c'est l'une des dérives "naturelles" de la spécialisation et de la pensée de chapelle par et pour elle-même, et de la spécialisation accrue qui en déroule, en même temps que la tendance à "prendre de l'espace" par rapport aux autres armes, autant pour des raisons d'idéologie de niche que pour bouffer les budgets, les places.... Chaque arme se considérant comme la plus décisive, elle en vient naturellement à voir son homologue d'en face comme la première chose à détruire, ce qui n'a qu'une pertinence limitée dès lors que cette logique est partagée et que la ressource est relativement remplaçable (avec des rythmes différents): cette arme des 2 côtés consacre tous ses efforts à contrer son homologue, développe des tactiques, des pensées, des concepts d'emplois, des capacités, et au final un outil avant tout fait pour ce "duel" et déconnecté des réalités générales de la guerre ou de celles d'un conflit en particulier, dont ils essaient de faire rentrer de force les principes dans leur petite idéologie de chapelle. La chevalerie en son temps, comme les armées de phalangistes issues du modèle macédonien dans l'aire méditerranéenne d'après Alexandre n'ont pas réfléchi autrement, s'enfonçant dans une dialectique stérile et coûteuse fragilisant les modèles militaires surspécialisés et rêvant de plus en plus de leur "guerre idéale" qui a bien peu de chances d'arriver, sinon aucune. Et on constate que quand survient un grand chef ou une grande idée pour retrouver de l'efficacité militaire au sens général, il s'agit toujours, bien avant une quelconque innovation technique: - d'une insistance sur le volume en général - d'une innovation TACTIQUE et organisationnelle au profit d'un système interarme rééquilibré et mieux coordonné, avant tout par un commandement plus réaliste et directif à tous les échelons -
Heureusement, les principes de ce qu'il y a à faire en la matière -certains d'entre eux en tout cas- ne sont pas totalement étrangers à l'armée française ou aux armées occidentales en général. Mais c'est l'approche générale qui est à revoir de l'amont, et les proportions qui en résultent: proportion de soldats "anciens" dans la troupe, planification des formations dans un parcours de carrière long, reconversion des personnels issus des spécialités de combat en particulier (les hyper spécialistes techniques ont rarement des problèmes en la matière), mais aussi des mutilés/blessés (je renvoie à la capitalisation de l'expérience chez les SAS qui gardent leurs blessés dans des "desk jobs" et boulots de formation).... Quelle proportion de la troupe bénéficie de formations, de propositions de contrats longs, d'une véritable valorisation? Quand on regarde l'évolution sociale/sociétale de la figure de l'officier, il y a de quoi s'inquiéter à mon sens. Le point est que penser l'approche "humaine" de l'amont permettrait aussi d'envisager, à la lumière des conflits récents (et moins récents) et prévisibles, de réenvisager tout ce à quoi pourraient servir les troupes au sol (et les autres), tant les individus que les équipes formées, les sous-unités et les unités élémentaires, surtout à l'aune d'une vision cherchant à mettre en valeur le potentiel maximum du capital humain. Et plus encore, j'ai déjà pas mal déblatéré dessus, mais améliorer l'attractivité dans des proportions autres qu'anecdotiques et ponctuelles, revoir le métier en général, pour attirer de meilleures recrues et avoir plus de choix afin précisément d'étendre le champ des capacités des unités et l'aptitude moyenne à capitaliser l'expérience et recevoir des formations nombreuses, diverses et systématiques pour un certain nombre d'entre elles. On mesure mal, sur le temps un peu long, l'immense impact de l'arrêt de la conscription (qui permet de sélectionner, de disposer d'une masse donnée....), de l'effondrement de l'esprit "national/citoyen" et de l'individualisme (sens du collectif, patriotisme....), et sans doute aussi celui de la fin de grandes menaces directes -et perceptibles facilement par tous- sur le territoire. Tout comme on a mal mesuré d'ailleurs pendant longtemps l'impact de la conscription universelle. C'est un peu le but de ce topic et la raison pour laquelle je l'ai mis dans la section "uchronie", afin de "décréter" quelques changements survenant dans la vision et la gestion du capital humain et d'essayer de voir les conséquences immédiates et de moyen terme sur l'armée -avantages, progrès et risques. Donc le point de départ est cette idée selon laquelle il faut une armée considérant le capital humain précisément comme cela, un capital à valoriser au même titre que les investissements en matériels nouveaux. Ce capital humain -individus et groupes- bénéficie dans ce cas de figure, comme le matériel, de l'apport de sciences et de savoirs transmis pour optimiser sa gestion et son développement qualitatif. La question ne peut pas être d'avoir 100% de la troupe dans un tel cas de figure: ce serait trop systématiser évidemment, et de fait créer une "fonctionnarisation" de la carrière qui perdrait le luxe d'évacuer les corniauds, les polios, ceux qui cherchent une planque ou ceux qui n'ont qu'une demi-envie. Mais une proportion nettement plus importante qu'actuellement me semble une urgence dont l'évidence devrait être plus criante dans une armée à 20 RI et, au final, moins de 27 "pions de manoeuvre" théoriques (environs 3 GTIA par brigade) et plus vraisemblablement 16 en pratique, lesquels ne sont pas vraiment opexables en même temps, loin de là. L'idée n'est pas d'avoir l'équivalent des FS dans les 2/3 de l'armée mais y'a un peu de ça quand même (dans le principe, pas au même niveau) étant donné qu'on ne peut se servir de théories militaires et de modes de pensée opérationnels issus de l'époque des armées très nmbreuses avec des forces expéditionnaires très réduites. Donc quelles évolutions pourraient arriver, selon vous, à court et moyen terme, dans une armée qui viserait ainsi une plus grande sélection initiale (avec un développement corollaire de l'attractivité), un meilleur repérage (considéré comme une priorité d'investissement), un intense travail de valorisation et de développement du capital humain revu et corrigé depuis l'amont? Quelles pourraient être les dites réformes, et comment cela se traduirait: - sur l'organisation de la troupe? - sur le panel des capacités tactiques et opérationnelles? - sur le coût de "l'outil" humain? - sur la stratification des forces? Entendez par là: cela créerait-il une armée à plusieurs vitesses? Une certaine différenciation (nettement plus affirmée) entre ceux qui sont dans une première phase de sas/sélection et ceux qui sont en carrière longue? - sur les chapelles et lobbies gagnant en importance avec cette nouvelle approche? Tant les chapelles internes à l'armée (GRH), que les entreprises contractantes impliquées dans la formation, la réflexion sur l'organisation/la GRH en général.... - sur le rapport aux pertes (moins dans l'opinion publique que dans les forces)? C'est précisément la raison du titre de ce sujet: partons du principe que le capital humain est soudain culturellement considéré comme aussi crucial que le matos et raison d'une priorité d'investissement. Quelles sont les voies diverses que peut prendre cette nouvelle approche? Quels sont les risques d'impasses et de dérives? Quel "retour sur investissement"?