Aller au contenu
Fini la pub... bienvenue à la cagnotte ! ×
AIR-DEFENSE.NET

Tancrède

Members
  • Compteur de contenus

    18 697
  • Inscription

  • Dernière visite

  • Jours gagnés

    166

Tout ce qui a été posté par Tancrède

  1. Berzerker a raison, la Russie est menacée avant tout par sa démographie (chiffre présent, dynamique, chiffres à venir), mais aussi par le niveau de corruption qui à la fois handicape le pays au plus haut point et pourtant est le seul moyen qui permet de le tenir; le niveau de brutalité de la vie politique (ou plutôt politico-économique, les "affaires", quoi) indique à quel point le régime est faible (sinon la violence et le déni d'Etat de droit ne seraient pas nécessaire au pouvoir). Mais les "armées de commerciaux", faut pas imaginer que c'est ça qui fait avant tout fonctionner une action commerciale extérieure: c'est nécessaire, certes, mais ce n'est rien comparé au fait de base qui est d'avoir ce dont d'autres ont besoin, d'avoir des moyens de pression, d'autres choses à offrir à côté d'une offre d'un produit donné.... Ce qui s'appelle en fait la puissance. Le militaire en est une partie (une armée, c'est pas de la brutalité exportée, mais de la sécurité, de la garantie, de la crédibilité.... N'importe quoi en fait suivant le panel de ses capacités et le niveau de sa force et de la volonté qu'il y a derrière), et de ce point de vue, les "armées de commerciaux" ne sont rien d'autres pour certains pays comme la Chine et la Russie dont les exportations (d'armement entre autres) sont des moyens de politique étrangère AVANT TOUT, élément que les occidentaux ont en partie abandonné. Il s'agit d'outils, et si la situation le requiert, on change les costards pour le kaki. La Chine a plus de 50 000 "coopérants" au Soudan dont il est un secret de polichinelle que la majorité sont des soldats. Crois-tu un instant que si la France avait du pétrole ou n'importe quelle ressource rare, elle ne se servirait pas de cet outil comme d'une arme commerciale, avec "divisions de commerciaux" en pagaille et stratégie du robinet façon russe? On est dans un autre jeu, avec une autre forme d'organisation, et pas de productions suffisamment rares (dans leur nature, leur qualité ou leurs bas coûts) pour servir réellement une politique aussi développée, avec en plus le facteur que nous sommes des protectorats américains ayant abdiqué le fait de pouvoir réellement garantir pleinement nos flux commerciaux. La Chine se pense elle comme les occidentaux se pensaient jusqu'à la 2ème GM: comme une puissance pour qui tout est une arme et un outil, adoptant l'outil adéquat selon la situation: si cette situation offre plus d'avantages avec du kaki, elle enverra du kaki.
  2. C'est la Chine que j'entendais par un empire "en formation". La Russie n'est pas un empire de dimension comparable: c'est un "empire régional" limité à sa banlieue proche, soit un Etat certes hors de la sphère américaine ou chinoise, mais sans autre chose qu'une sphère d'influence plus ou moins développée mais limitée aux petits Etats sur ses frontières sud et ouest. Un pays qui ne s'emmerde pas facilement, mais qui ne peut avoir de capacité d'action immense hors de ses frontières, ni de réelle possibilité de contrôler les grands axes commerciaux (les siens sont d'ailleurs essentiellement locaux). Il ne faut pas voir la Russie à l'aune de ce qu'elle a essayé d'être dans les années 50-70, aspirant à un "empire mondial" hors de ses moyens (même ceux de cette époque), mais comme une puissance régionale. Les hasards de la géographique veulent qu'elle couvre une partie énorme de l'Eurasie, mais qu'il faut salement pondérer par le taux d'occupation de ce territoire gigantesque, sa faible mise en valeur et la taille limitée de son "territoire utile" qui est éclaté en régions très éloignées. A cet égard, la Russie est très fragile et a déjà du mal à "tenir" son propre territoire: il n'est même pas dit que quelqu'un pourra succéder à Poutine et parvenir à un degré comparable de pouvoir.
  3. Il ne faut pas confondre des erreurs d'emploi et de concepts de la capacité militaire avec son inutilité pour la notion de puissance. Et dans le cas irakien, il est plus discutable de contester certains résultats: de fait, et c'est l'un des buts de guerre ricains, le pétrole irakien est sorti de la sphère d'influence chinoise, pente qu'il prenait sous Saddam finissant. Pour certains cercles américains, ce but vaut l'investissement, et c'est donc un critère d'appréciation de long terme qui en vaut un autre même si celui du coût de la guerre et de son impact sur la capacité financière américaine à gérer la crise de 2008 et ses lendemains en est un autre. Au-delà de ces conneries récentes, faut quand même pas oublier qui c'est Raoul: le Japon et l'Allemagne sont des Etats entièrement dépendants de la capacité américaine à assurer une stabilité relative du monde pour laquelle ils ne paient rien alors même que leur économie dépend en grande partie (surtout pour le Japon) de l'activité commerciale. La sécurité des voies maritimes, le relativement faible coût du transport maritime, la sécurité des approvisionnements (le Japon, pays de la totale dépendance à cet égard), la garantie de certaines normes de comportements en matière de respect des contrats.... Tout cela est garanti en arrière-plan par la capacité militaire américaine qui, si elle merde face à des conflits bâtards, garde un potentiel nettement plus crédible face à des Etats organisés contre les fragilités desquels son outil est calibré. Le Japon et l'Allemagne n'ont strictement aucun moyen de contrôler leurs flux commerciaux ou d'en assurer la sécurité et la stabilité des zones avec lesquelles ils commercent (hors Europe pour l'Allemagne), et dépendent à cet égard totalement des USA pour cela: le monde n'est pas un Etat de droit comme vos raisonnements semblent le présupposer, et la stabilité comme la sécurité des axes n'est garantie par rien sinon la menace de la force armée pure et dure. L'empire américain n'est pas un empire de conquête directe mais de contrôle des flux et des points d'accès, et d'influence sur la prise de décision des parties de l'empire. Il n'y a pour l'instant qu'un seul empire dans le monde (et Allemagne et Japon lui sont soumis stratégiquement), et un en formation.
  4. Parce que -et il est totalement vrai que tout homme politique DEVRAIT avoir un domaine d'expertise- une telle structure de pouvoir ferait que tes experts deviendraient rapidement des politiciens eux-mêmes, et s'ils ne font pas de "politique politicienne" électoraliste auprès du peuple parce qu'ils existent dans un système au moins partiellement détaché du contrôle étatique/politique, ils développeront leur propre "politique politicienne": - pour imposer leurs idées et choix: face aux multiples dissenssions qui les animeront, des clans se formeront qui développeront des stratégies de pouvoir afin de faire valoir leurs vues aux dépends de celles de leurs adversaires - pour être nommés et rester en poste au sein de ces instances de pouvoir (par ambition, par intérêt pour la chose publique teinté de leur vanité intellectuelle d'être persuadé que c'est leur idée qui est la bonne, par corruption, par confort de la situation acquise) - pour assurer la perpétuation de leur action, de leurs vues, et des intérêts de leur "chapelle" (ou on pourrait presque dire "parti") au sein de ces instances après qu'ils soient partis Les organisations humaines comme tous les individus sont ainsi faits, et la science des organisations le démontre tous les jours un peu plus. Grandes entreprises comme Etats ou tout autre type d'organisations développent les mêmes comportements internes (réellement "politiques") pour les mêmes raisons, et au final, beaucoup d'intelligences individuelles peuvent ne produire que beaucoup de connerie collective. Je ne renie pas l'expertise en tant que telle, je relativise seulement le fait que les experts d'un même domaine sont rarement capables de se mettre d'accord, que les organisations humaines ne sont pas des individus (et qu'il est difficile de faire fonctionner ensemble des gens), que les individus ne sont pas qu'une capacité donnée (physique, intellectuelle, généraliste ou spécialiste....), que la théorie n'est pas la pratique (surtout celle des organisations), le savoir pas l'expérience, que la raison n'est pas unique, qu'un intello assis va moins loin qu'un con qui marche même si l'intello, s'il se levait, aurait peut-être plus de chances de trouver une direction valable (mais qu'entretemps, les gens qui dépendent de lui auraient souffert), que l'expertise n'est pas la même chose que l'autorité et qu'elle est vaine et contre-productive si elle ne rassemble pas.... Et que le pouvoir lui-même, qui justement est l'art de rassembler, de garder ensemble et de faire fonctionner une communauté dans la mesure du possible, EST UNE EXPERTISE et même la plus essentielle de toute parce que c'est la condition première du reste. Lagarde, au poste ou elle est nommée, ne l'est pas parce qu'elle "est experte": son expertise compte peu vu que le FMI est tout plein d'experts aussi, et que la décision de cette instance est avant tout le fait des Etats qui la financent. Elle l'est parce qu'elle reflète un équilibre de pouvoirs entre partie prenantes, et son apport réel sera sa capacité à trouver une marge de manoeuvre entre les désideratas des parties prenantes qui "pèsent" (des Etats aux intérêts et poids différents). Ce n'est certainement pas une quelconque connaissance des mécanismes financiers qui va occuper ses journées. Il s'agit de pouvoir, et elle en aura très peu, mais pourra ou non en dégager quand même une certaine dose si et seulement si elle trouve des soutiens et des solutions susceptibles de mettre d'accord ponctuellement les parties en présence. C'est quoi le "fond du problème"? Encore une fois, il dépend de critères d'analyse: s'ils réfléchissent aux problèmes de telle orientation économique du pays et que tout changement implique le massacre de l'économie d'un certain nombre de régions, de secteurs d'activité, de tranches de population (âge, sexe, niveau de qualification....) au nom de "l'intérêt national", ça peut passer dans un nombre limité de cas, mais systématiquement tout sacrifier au profit d'un "intérêt supérieur" et "de long terme" est un niveau d'abstraction qui est beaucoup demander à des populations, et dans bien des cas qu'il n'est pas légitime de leur demander. Ca revient vite aux grands régimes totalitaires ou théocratiques qui exigent sans arrêt des sacrifices d'aujourd'hui au nom de lendemains qui chantent. Avec en outre le fait que des experts se gourent tout autant que des politiciens, souvent parce qu'il s'agit de spécialistes et qu'il est très difficile de faire accepter à quelqu'un de très intelligent et spécialisé qu'il se trompe ou ne voit la réalité qu'à l'aune de son domaine d'expertise là où la réalité est par essence multispectre. Comme la guerre dont elle est le prolongement et la caricature, la politique est un art TOTAL, pas un domaine spécialisé. Il faut prendre le court, le moyen et le long terme EN MEME TEMPS (et c'est contradictoire tout le temps), le local et le national aussi, la population en général et ses composantes en particulier.... Pour toutes cs choses, je ne voit pas vraiment un "parlement d'experts" avoir les réponses et méthodes qu'il faut et n'y croit pas une seconde. Et je ne crois pas que considérer une population comme un tas de moutons que des "politiciens professionnels" calmeraient pendant que des "experts" prennent les décisions qui comptent soit une formule qui ait la moindre chance de fonctionner ou de produire des résultats quelconques. Vouloir disposer de la réalité sur le papier n'est pas quelque chose qui marche en général. La première réalité d'une communauté humaine, c'est avant tout elle-même: un conseil d'expert en aurait quelle vision? Sur quels critères? Surtout s'ils n'ont aucun compte à rendre? Et dès lors que tu veux établir un système dual avec une partie démocratique et une d'experts ne répondant qu'aux sphères célestes, il faut déterminer bien concrètement des mécanismes pour que les deux interagissent, ce qui ne se détermine qu'à moitié sur le papier, déjà au prix de luttes dures (c'est une constitution), et à moitié par la pratique, ce qui suppose des luttes encore plus dures, et plus encore une évolution permanente avec son inévitable entropie.
  5. Ca fait partie de ce qu'on appelle la stratégie, et la dimension militaire concourt de cela. Cette étude mentionne t-elle le fait que ces pays sont des protectorats américains, dont qu'ils ont de fait abdiqué ce recours et n'existent -et ne peuvent prospérer- QUE dans la sphère de la "pax americana" qui elle ne s'affranchit pas de la dimension militaire comme composante importante du mix global qu'est la stratégie?
  6. Et là tu fais quoi sinon en parler dans l'air sans voir les implications et problèmes de ce que tu évoques? C'est qui "je" dans "je mettrais un conseil de 25 glandus"? Qu'est-ce qui dit que la population va suivre (essaie d'administrer un pays contre son gré, résultat garanti)? Qu'est-ce qui te dit que tes "experts" auraient la moindre envie, avec le pouvoir qu'ils auraient (sans contrôle en plus), de servir le pays au lieu d'en profiter pour s'en foutre plein les poches? Comment les arrêter quand ils se gourent? Comment les mettre d'accord quand ils s'engueulent? Et c'est quoi cette croyance en "l'expertise" dans des domaines nettement cochés par des petites cases, genre "il est bon en éthique celui-là" :P? Les experts d'une même matière s'engueulent sans arrêt en disant tout et son contraire, avec des opinions souvent très éloignées même si on gicle les plus radicaux de tous bords. C'est marrant comme il est si difficile de comprendre que le pouvoir est un art et une science à part entière, que c'est pas pour rien qu'on en discourt depuis que le monde est monde, que tenir ensemble une communauté humaine est infiniment difficile, complexe, sinon impossible dès lors qu'on ne raisonne pas fixement à un instant T, et qu'elle n'est pas un ensemble abstrait de cases à cocher mais un ensemble constitué de sous ensembles (géographiques, culturels, sectoriels, économiques....) qui ont aussi des intérêts particuliers qui doivent être conciliés avec ceux de l'ensemble sous peine de voir le dit ensemble éclater. C'est un raisonnement très Saint Simonien (et étrangement, reaganien) qui fait dire que si les dirigeants, généraux, fonctionnaires et élus locaux mourraient brutalement, un pays n'en verrait pas l'impact et se sentirait très bien tant qu'il a ses ingénieurs, scientifiques, chefs d'entreprise et autres "productifs" en place; ces "productifs" n'existent et ne peuvent prospérer que parce qu'il y a un espace stable dont les fondements se trouvent condamnés moralement depuis une trentaine d'années par des gens qui visiblement ne comprennent pas comment la richesse naît et pourquoi. Si, et je suis le premier à voir et pointer du doigt le degré d'entropie des démocraties modernes, mais c'est pas parce que trouver une bonne solution est difficile, voire impossible, que repérer les utopiques, abstraites ou simplement mauvaises l'est.
  7. Faux: les USA au début du siècle avaient des conditions de vie bien meilleures que les Chinois actuels dans leur immense majorité, une participation au régime du pays en général, de leur Etat en particulier, mais aussi de leurs divers échelons locaux (comtés/districts et ville), une éducation (chose qui disparaît en Chine dans pas mal de régions rurales et péri-urbaines), une mentalité commune qui donnait un niveau d'acceptation nettement plus profond des conditions du "vivre ensemble", des mécanismes de soutien privés/religieux (caritatifs) et locaux (associatifs).... Au final, faut quand même resituer un fait simple: l'Amérique de la fin du XIXème siècle, dans sa très grande majorité, mangeait à sa faim, avait une éducation, une paix sociale pas chère, des perspectives. Plus de la moitié de la population était paysanne, et, loin des clichés souvent vrais des cauchemars urbains pour les communautés d'immigrants exploités par l'industrie, cette partie tout comme une portion significative du monde ouvrier et la vaste population "tertiaire" du pays, au regard des standards de l'époque, vivaient bien. Toutes choses comparables par ailleurs, c'est pas DU TOUT la même chose qu'en Chine actuellement. Alors oui, pour le reste, l'Amérique du XIXème-début XXème était une ploutocratie corrompue où la richesse était fortement concentrée (nettement moins cependant qu'en Chine, ce à quoi il faut ajouter le fait qu'une population paysanne a une large part d'agriculture vivrière non comptabilisée en statistique mais qui peut souvent donner de bonnes conditions de vie, au moins alimentaires), mais elle avait, contrairement à la Chine, un vaste ensemble de "checks and balances" qui limitait l'impact de cette corruption dans l'activité économique (aux niveaux macro et micro), une réelle mentalité commune, un Etat de droit, un équilibre démographique, des ressources en abondance par rapport à l'effectif de la population (et avant tout de l'espace), un marché interne en constante expansion des débouchés énormes dans le monde avec peu de concurrence (la part des Etats industrialisés par rapport à la masse de ceux qui ne l'étaient pas étant réduite, ce qui facilitait bien des choses), un niveau de mise en valeur du territoire comparativement TRES élevé (aujourd'hui ces différentiels sont plus faibles), surtout au niveau des transports.... Des conditions à la fois absolues ET relatives que n'a pas la Chine actuelle qui paie très cher sa très relative stabilité, condition première de toute économie. En ce qu'une décision de gouvernement, en l'occurrence ouvrir les vannes de l'immigration poru ne favoriser que la concurrence sur le marché du travail, ne peut se regarder qu'à l'aune de l'efficacité économique, car le premier rôle du gouvernement est d'assurer la paix civile, la solidité de l'union nationale, l'intégrité de la communauté nationale donc un relatif "consensus social" lui-même déjà difficile, voire impossible, à établir de façon stable. L'activité la plus difficile au monde est de réunir une communauté et de la garder ensemble dans le temps. Il est étrange que personne ne veuille admettre que cette activité a un coût légitime qui est aujourd'hui caricaturalement pointé du doigt comme "par nature improductif" depuis la révolution reaganienne et ses succédanés. On a trop grandi en prenant le fait de la paix civile comme un acqui définitif. Ben en grande partie oui, "la démocratie est un sport de riches" comme le disait De Gaulle, mais un Etat stable et relativement "de droit" est accessible par la mobilisation d'une population en ce sens. Faut pas céder aux sirènes du matérialisme historique (c'est très marxiste) qui définit tout par le niveau de richesse et le reste comme une conséquence. Quand au fait que l'argent soit redistribué correctement quand il est là en masse, c'est quoi comme loi historique? C'est pas nécessairement corrélé et il y a plus d'exemples du contraire. Pour le cas de la Chine en particulier, les conditions actuelles du développement (écologiques en premier lieu) font que de toute façon, les 2/3 de la population seront largement exclues d'un niveau de vie décent à moins de changement radicaux autant au niveau social et politique qu'à celui des technologies et modes de production. Le gouvernement chinois agit en ce sens et calcule en ce sens, favorisant la "Chine utile" sur le reste, "Chine utile" qui a elle l'avantage d'être concentrée dans des régions relativement petites au regard du territoire, ce qui lui permettra peut être de peser politiquement un jour en tant que population. Mais même cela n'est pas garanti parce que la Chine n'est pas un ensemble abstrait et uni. Et son équilibre politique interne n'est en aucun cas une garantie, coûte très cher au regard du PIBet concourt des grands déséquilibres du pays. La corruption extrême des autorités locales et régionales est aussi dommageable et contre-productive.... Que nécessaire aux équilibres politiques internes du pays.
  8. Et de ce fait découle un relatif équilibre social qui permet de garder les pays ensemble. Faut pas confondre les choses et oublier que des facteurs peu quantifiables comme la paix civile à moindre coût (regarde le prix de l'appareil répressif et administratif chinois auquel il faut ajouter celui de la corruption à l'échelon national et surtout à l'échelon régional -de loin le pire- et le maintien de certains secteurs économiques inefficaces et coûteux mais nécessaires aux équilibres politiques.... Le tout pour une efficacité très relative vu le nombre d'incidents violents et de contestations, toutes choses qui coûtent et posent de graves problèmes), et surtout le "développement humain", ces facteurs là sont cruciaux et largement sous-estimés par rapport aux choses plus facilement quantifiables. Plus encore, ces 2 facteurs ou ensembles de facteurs sont aussi un tantinet l'objectif d'un gouvernement: sacrifie tout à "l'efficacité économique" et qu'est-ce que tu as? Un pays dans lequel finalement la population ne voudra pas vivre et une action de gouvernement qu'elle condamnera voire contre laquelle elle luttera. Et tu auras du slogan comme "replacer l'humain au coeur de l'économie" qui naîtront, ne voudront toujours rien dire en soi, mais quitteront les petites rives des extrêmes pour devenir des revendications majoritaires, d'autant plus potentiellement violentes qu'elles sont vagues. Parce qu'un pays, c'est un peu plus qu'une économie. Un peuple, c'est autre chose que seulement un moyen d'obtenir des résultats économiques, et c'est un tantinet à la fois un moyen et LA fin de l'action d'un gouvernement.
  9. Et la vraie question serait de savoir comment on sélectionne ces gars-là: quelle autorité les met à la direction d'un Etat? Comment s'assurer qu'ils sont bons, motivés pour "l'intérêt général" (à supposer qu'il puisse y en avoir une vision une et unique qui soit "la bonne", ce qui est en soi déjà très subjectif), comment les gicler s'ils ne sont pas si bons que ça? Comment les contrôler, leur adresser des critiques quand ils dérapent trop et les forcer à se remettre en cause? C'est un peu à ça que sert un système politique. Et surtout, de quelle utilité est un régime politique qui risque de soulever un pays par les traitements qu'il lui inflige? Il risque juste d'être contre-productif précisément parce que gérer un pays, c'est avant tout s'occuper de sa population (celle d'aujourd'hui ET celle de demain, pas l'une ou l'autre), pas remplir quelques cases de ratios. Ton régime de "technocrates" risquerait surtout de développer rapidement un appareil répressif visant à se maintenir au pouvoir pour accomplir sa "tâche", et cet appareil, ainsi que les stratégies qui vont avec, ajouté aux inévitables rivalités internes (ambitions, égos, paranoias, clans, "visions" différentes), prendrait très vite toute la place, beaucoup de budget, acapparerait l'attention et recréerait vite de la "politique politicienne" (version alcôves et assassinats) parce qu'on confond deux choses sur la politique d'un pays, en pensant qu'il n'y en a qu'une: - il y a le fait de diriger, qui est le truc "noble": prendre les décisions de l'action de l'Etat, déterminer quel est l'intérêt national et agir pour le favoriser. Tout le monde n'arrête pas de dire, dans des conversations de café du commerce de tous niveaux (entendues y compris chez les gens très éduqués que les opinions faciles n'épargnent pas), que les "politiciens" n'ont que ça à faire au lieu de "faire leur sauce" dans leur coin - il a aussi cette "sauce" méprisée souvent trop facilement, qui est le fait de gouverner, et qui ne peut être séparée: il s'agit dans les faits de l'ensemble de ces stratégies politiciennes opaques, de ces manoeuvres diverses et de la "politique politicienne" qui reflète autant les désaccords entre politiciens y compris du même bord, les ambitions diverses et variées, les mesquineries.... Que les intérêts internes au pays, le plus souvent contradictoires, et le besoin nécessaire, qui est le plus souvent la quadrature du cercle, de réunir assez de capital politique pour prendre une décision liée au 1er domaine, celui de la direction de l'Etat; pour chaque décision, il faut développer des stratégies, faire des deals, réunir assez de monde.... Pour que la décision puisse être prise, être financée, être appliquée et suivie d'effets durables et pas trop remis (artificiellement ou non) en question. A quoi sert une décisionsi elle bousille beaucoup de monde au passage, donc leurs intérêts et ceux des hiérarchies politiques qui les représentent, même si l'intérêt "national" est un peu mieux servi au global (mais seulement au global)? Il y aura des résistances et une mauvaise application de la dite décision. Cette "sauce politicienne" peut être facilement méprisée, souvent au moins en partie à juste titre, mais elle est nécessaire et consubstantielle à tout système politique parce qu'un pays n'est pas qu'une abstraction globale de statistiques qui se dirige depuis le centre: un pays, c'est un tout ET des parties (géographiques, démographiques, sectorielles....), et les 2 ensembles ont leurs intérêts légitimes qui doivent être conciliés. Prier pour un "gouvernement technocrate" est une illusion qui date de Platon et de sa répiblique "idéale" ou des dirigeants philosophes aussi désintéressés que magiquement compétents et totalement dictatoriaux s'occuperaient de tout, premier chapitre des utopies politiques qui, appliquées, n'ont jamais produit que des cauchemars inefficaces.
  10. Il ne faut pas oublier cependant que nombre de pays à vaste population sont toujours -ou longtemps- resté en arrière, parce que la démographie n'est un potentiel que si elle est en corrélation avec un système politique stable et au moins relativement satisfaisant (assez pour rallier une partie importante d'une population et tenir le reste en respect) et un territoire maîtrisé et au moins partiellement mis en valeur. La Hollande des XVIème-XVIIème siècles est un exemple de ce qu'un pays microbien démographiquement et géographiquement par rapport à ses voisins et rivaux peut obtenir, précisément parce qu'avec les moyens de l'époque, il avait une taille qui lui permettait de maîtriser son territoire à moindre coût, de le mettre en valeur, de mobiliser sa population et de la tenir ensemble. Il faut pour cela ajouter, en amont du système politique, une relative homogénéité de la population: le facteur ethnique fut et peut rester un facteur d'homogénéité évident, mais il y a aussi le facteur culturel, "l'idéologie" (au sens large: n'importe quel système de valeur dont le mérite est d'être partagé et de créer un "vivre ensemble" qui n'a pas besoin d'être trop enseigné pour être inconsciemment accepté.... C'est, quelle qu'en soit la forme -autoritaire ou démocratique....- la "Res Publica" de chaque pays). Et pour cela, l'Afrique pèche dans nombre de pays qui sont en fait souvent assez peu des pays au sens réel du terme. Il manque la base de la stabilité, et le facteur colonial (frontières tracées sur cartes d'EM, rassemblements artificiels....) est aujourd'hui assez peu une excuse au regard de la gestion des autorités locales depuis 60 piges. Et l'impact de la mondialisation telle qu'elle se fait (polarisation des richesses, envahissement de l'économie africaine par la Chine, brain drain d'élites déjà limitées en nombre, affaiblissement des Etats....) tout comme celui de la désertification et des changements climatiques posent de sérieux impacts à ces sociétés dont le seul dynamisme démographique ne les sauvera pas, pouvant même constituer un handicap plus qu'autre chose.
  11. C'est possible car, outre les technologies, la rapidité des interactions entre Etats, organisations et individus aussi s'est multipliée. Mais regarde le cas de la Chine (et de l'Asie en général): sa démographie porte en elle des problèmes cataclysmiques qui ne sont pas pour après-demain, mais demain, voir ce soir! Déclin démographique accéléré (vieillissement énorme, absence de système de retraites pour la première génération d'enfants uniques qui a déjà commencé à quitter le taf et se retrouve à devoir soutenir seule des familles étendues), déséquilibre immense entre populations masculine et féminine (il pourrait "manquer" jusqu'à plus de 200 millions de femmes d'ici 2030, et c'est pareil en Inde et ailleurs, y compris même en Corée du Sud), écarts trop grands de revenus dans le partage de la croissance (voir quand même ce qui se passe cet été en Chine et dont peu de monde parle).... Y'a du lourd qui pèse sur l'avenir immédiat.
  12. Il y a quand même peu de règles fixes, même en regardant le "temps long" (lui-même une vision très subjective et souvent illusoire, pour peu qu'on se donne la peine de passer outre aux clichés sur les périodes et les pays), pour déterminer des choses comme le "déclin": - d'abord il faut en prendre des critères: décliner en quoi? L'Italie du Moyen Age, de la Renaissance et de l'époque classique a subi toutes les visions négatives possibles de la part des historiens du XIXème siècle qui forment encore la base de notre vision inconsciente de ce pays.... Alors qu'il s'agissait, et ce jusqu'à la révolution industrielle, de la zone la plus riche d'Europe (en équivalence d'un critère de "PIB par tête"): pour toute l'Italie jusqu'à la Renaissance, puis pour l'Italie du Nord jusqu'à la Révolution Industrielle (encore vrai pour le Piémont et le Milanais au XIXème) - cette idée d'un "déclin relatif" par opposition à un "déclin absolu" est un coprrectif qui induit en erreur assez souvent: la situation pourrait demeurer équivalente ou progresser sur bien des plans pour la population européenne que tout le monde utiliserait quand même ce mot de "déclin", en lui-même fort peu neutre, par comparaison avec les pays émergents, Chine en tête. Mais il faut noter qu'on parle aussi de "rattrapage" de ces pays, ce qui, tout en recouvrant le même phénomène global, change radicalement la perception qu'on peut en avoir. - la démographie est en fait le seul indicateur un tant soit peu fiable sur une certaine durée, tant comme conséquence d'une situation que comme indicateur de l'avenir ("il n'est de richesses que d'hommes"), à pondérer toutefois d'autres facteurs "durs" comme la stabilité politique (solidité d'un régime, degré de "consensus national" dessus, relatif état de droit au moins fermement tenu pour ce qui concerne l'économie), et éventuellement du niveau de volontarisme de la communauté nationale, niveau incarné par de grands axes soutenus (éducation surtout, aménagement du territoire/mise en valeur/infrastructures).
  13. Tancrède

    La fin des porte-avions ?

    D'où l'idée de voir jusqu'où le "Porte Drones" (sur plate forme type BPC) peut aller comme concept (reco, CAS, soutien aérien), surtout si les développements en matière de drones tendaient moins à rejoindre les coûts des avions pilotés au profit d'une vision plus "quantitative": les capacités marginales et "pointues" du PA ne seraient pas là, mais la quantité pourrait l'être, et surtout le tout à un coût potentiellement très nettement plus bas, ce qui redonnerait de la pertinence stratégique: des limites certes, mais le PA, surtout en tant que plate-forme si rarissime et précieuse, en a aussi beaucoup. La DA reposerait sans doute sur une bulle AA étendue au maximum (d'ici à ce que des drones puissent en faire directement autrement que comme capteur, à un coût abordable): une faiblesse par rapport au PA, sans doute, mais gérable pour quelle proportion des cas de figures possibles, sachant surtout que le PA lui-même n'offre pas réellement de capacité de DA énorme dans les cas extrême non plus (se frotter à la Chine ou à tout pays réellement moderne)? Alors des portes-drones si (et seulement si) une formule nettement plus cheap est trouvable, et des frappeurs, comme multiplicateurs de forces d'une marine essentiellement faite, outre la sous-marinade, de destroyers modernes ne donnant pas trop dans la surenchère permanente qui tend lentement à les amener à des gabarits de croiseurs moyens et des effectifs de cuirassés lourds.
  14. Et la question qui est rarement posée dans les livres d'histoire sur la crise de 29 comme sur celle-là: quand tout le monde veut vendre au plus vite, qui attend, prend des positions, et rachète/prévoit de racheter dans cette foire aux occasions? Qui sont les géants de demain? Qui étaient les géants des années 40 qui ont racheté ceux des années 30?
  15. Tancrède

    La fin des porte-avions ?

    Mais ta base aérienne flottante offre t-elle une capacité suffisante face à des adversaires un peu sérieux (et encore.... Voir la parano ricaine sur l'idée d'un PA dans le Golfe, face à.... L'irak!), en comparaison de ce qui pourrait être acheté et mis en oeuvre sur plusieurs plates-formes nettement plus cheap? Même si ces plates-formes ne font pas exactement tout ce que fait un PA, l'économie potentielle, la capacité d'usage séparé hors besoin ponctuel de concentration sur un théâtre/une opération donnée, l'éventuel apport capacitaire supérieur (en quantité) sur certains points (missiles de croisière notamment dans le cas d'un "frappeur"), ne justifieraient-ils pas le choix délibéré d'un abandon du PA? Sachant en outre que la valeur relative d'un PA comme outil face à des pays un peu conséquents (son coeur de métier) est nettement moindre qu'avant (développement des capacités d'interdiction....): les ricains aujourd'hui ne risqueraient plus, comme en 96, d'envoyer même 2 GAN autour de Taiwan, non seulement pour pas emmerder la Chine, mais surtout parce que le niveau de danger est trop grand: de fait, à moins d'une configuration de guerre totale, ils sont incapables aujourd'hui d'empêcher la Chine de faire ce qu'elle veut dans ce détroit, et surtout pas avec leur aéronavale. Le PA est moins pertinent s'il n'a de capacité de dissuasion notable que face à des pays croupions: pour ça, y'a plus cheap.
  16. Tancrède

    La fin des porte-avions ?

    + 1347,4 pour Gally! Ces critères de "bombes à la journée" sont absurdes, surtout que s'il faut réduire la chose à des kilos d'explosifs au décamètre carré, autant prendre en compte le coût total de la chose, pour aboutir à la conclusion de Martin Van Creveld comme quoi le PA est un trou dans l'océan par où coule la capacité stratégique d'un pays. Il faut diviser le PA en TOUTES ses fonctionnalités, et voir si elles ne pourraient pas être divisées en plusieurs plates-formes optimisées pour la chose si et seulement si le coût est moindre et la capacité globale obtenue équivalente en cas de concentration des plates-formes (en cas de dispersion pour usage autre, la capacité est là plus grande puisque le PA n'a pas don d'ubiquité). La question se pose réellement au regard de la limitation de l'effectif de PA, du coût représenté (en absolu et surtout en relatif dans le budget d'une défense, et plus encore d'une marine) pour obtenir tel effet, et du risque occasionné par cette concentration sur une seule plate-forme (voir les USA évitant d'envoyer un PA dans le Golfe Persique, malgré sa protection, la faible proba de l'atteindre et le coût aberrant de la moindre tonne de bombe envoyée par aéronavale dans ces conditions).
  17. Tancrède

    La fin des porte-avions ?

    Faut pas oublier que le principe même d'un capital ship est une -au moins au début- rationalisation économique par pic de concentration relatif de la puissance globale d'une marine sur une seule plate-forme dont la capacité à délivrer ainsi ses effets est considérée comme supérieure à celle de parties plus éparses, et ce dans les 2 configurations les plus demandées à une marine, à savoir la guerre sur mer (donc contre les marines adverses) pour les axes de circulation, et l'action contre la terre pour effets directs (bombardements) et appui/protection à des forces d'invasion. Evidemment, cette logique vient d'abord et avant tout d'un raisonnement fondé sur l'hypothèse très dominante d'un conflit contre une puissance relativement équivalente technologiquement, similaire organisationnellement (un Etat) et relativement équivalente numériquement au moins sur un plan local et à un moment donné. Ces hypothèses sont-elles les plus probables aujourd'hui? Jusqu'à quel point peuvent-elles être écartées comme statistiquement peu probables, mais seulement au profit d'une capacité plus "répartie" sur des plates-formes plus petites qui elles sont plus pertinentes pour gérer une action extérieure en plusieurs points éloignés et réclamant plus de permanence? Jusqu'à quel point ces plates-formes plus petites peuvent, par concentration temporaire, recréer une puissance locale capable de gérer un adversaire étatique important si besoin était? Une chose est sûre: répartit la puissance sur des destroyers plus ou moins grands ou des navires apparentés, et tu fais d'eux les capital ships de demain, donc à la fois l'objet des attention de ta marine et des attentions de l'ennemi. Donc le même mouvement qui conduit à alourdir les capital ships et à les rendre plus cher individuellement, à maximiser leurs effets individuels parce que tu penses à partir d'eux et que tu es obligé de les surprotéger, ce même mouvement opèrera sur les dits destroyers et frégates lourdes. Les mêmes vices/causes produisent les mêmes effets et c'est souvent pourquoi il faut repenser du concept depuis la base plutôt que de simplement améliorer l'existant en poursuivant trop jusqu'au bout une logique identique. L'idée d'un capital ship n'est pas choquante en soi dès lors qu'on essaie de voir en quoi et pour quelle lutte il est "capital". L'idée du frappeur avait au moins le mérite de voir comment maximiser les effets de la capacité missile en réduisant le coût de cette capacité au maximum. Problème: les missiles sont loin d'offrir l'arme appropriée dans beaucoup de situations, la gradation des effets est limitée à l'extrême, la souplesse de l'outil est nulle ou pas loin, et il dépend de toute façon d'autres bâtiments ayant les capteurs pour guider les missiles vers des cibles qu'il faut aussi repérer. C'est de la réserve de missiles, de la capacité quantitative à l'état brut qui s'ajoute à une flotte normale qui elle reste nécessaire. Mais c'est à un coût potentiel qui rend la dite capacité quand même intéressante si et seulement si le reste de la flotte est aussi pensé selon ces critères. Pour la capacité frappe, le frappeur ;) apporte son punch. Pourquoi pas un PA cheap pour des drones offrant la même chose (si c'est possible) pour une capacité d'appui feu plus diversifiée? Ces 2 concepts là sont des multiplicateurs de force pour des destroyers qui n'auraient pas à grandir et pourraient rester assez nombreux pour continuer à offrir une capacité "généraliste" existant en effectifs redondants, pouvant se concentrer éventuellement en cas d'adversaire symétrique et pouvant s'adjoindre ces 2 réserves de puissance selon la mission.
  18. Extrêmement d'accord. Mais c'est pas que "l'économie" en général, ou même pas tant elle que: - des secteurs en particuliers (expertise dans une production, place dans une filière, "hub" d'échanges de telle ressource/production/flux....) - une place dans le commerce (géographie, sectorielle, ressource rare....) qui rend à un certain degré incontournable et/ou donne des moyens, financier ou non - une capacité globale de l'économie, effectivement, mais surtout dans une conséquence dominante: capacité financière (avoir du cash en net, par X ou Y moyen, et/ou du crédit/la capacité à beaucoup emprunter/lever de fonds), maîtrise d'une ressource, impact sur un marché donné par l'importance qu'on y a.... Et il y a d'autres facteurs dont il faut savoir jouer: une position géographique unique, une stabilité donnée, des facilités particulières à offrir, un "réseau" de relations (état des services dus/en crédit qui donne de la marge, image/perception, soft power....) à une échelle donnée (régionale, continentale, "sectorielle" -entendez avec un certain type de pays: "club d'émergents", nations latines, religions similaires.... Soit des facteurs moins liés à la géographie mais qui constituent des atouts et proximités). Et plus encore, d'autres éléments existent qui donnent de la puissance, à commencer par la population (niveau d'éducation, diaspora et sa "valeur", réseaux....), et surtout son unité: premier facteur de puissance à mon sens, parce qu'unir et garder ensemble de façon stable une population est, et a toujours été, le premier facteur constitutif de puissance. Une population, même petite, mais très unie, soudée, relativement impliquée dans sa vie comme communauté et motivée (idéal national, religieux, simple "lien social" fort....) offrira des avantages qu'aucun autre facteur de puissance ne peut égaler: stabilité politique présente et pour l'avenir visible, direction politique cohérente, réactive et, par un processus ou un autre, "contrôlée" dans une certaine mesure.... Construire de la puissance militaire en net sans la surface politique qui va avec ne peut apporter de gain de puissance.... Que si l'on s'en sert, et là on parle de conquête et/ou d'imposer brutalement des conditions (principalement commerciale/économique) à telle gamme d'acteurs. Et si on s'en sert en ne craignant aucun effet boomerang: si le nucléaire dissuade de l'invasion pure et dure, il reste mille et une façon à un pays comme la France de se faire ratiboiser économiquement et politiquement, brutalement ou petit à petit, rendant tout usage pareil de la force armée sans le moindre intérêt stratégique. Voir 1956 et l'opération de Suez, avec ce qui se passe à Budapest dans le même temps; pourtant, l'URSS opère dans un vaste silence, France et Gibi sont renvoyées au piquet avec une tape sur le cul et retour dans la cour des petits. C'est pas de la "volonté politique" qui aurait changé quoi que ce soit à moins de vouloir aller contre l'intérêt du pays, ce truc au service duquel la volonté politique se trouve. Dans les circonstances actuelles, tout accroissement net de la capacité militaire française ne peut se faire qu'au service de la puissance américaine: il suffit de voir ce qui se passe en Libye où il en a coûté sans doute cher au pays de pouvoir envisager une intervention qui est d'ailleurs si limitée dans son mandat et ses terrains d'action qu'il peut même être douteux d'en obtenir quoi que ce soit (y compris une Libye stabilisée, restant unifiée et un tant soi peu favorable à la France), même si Khadaff disparaissait du paysage. Même s'ils ne fournissaient pas leur aide technique, les USA dicteraient une bonne partie de l'agenda français et anglais.
  19. EDIT: post envoyé prématurément avant fin de rédaction. Corrigé depuis au profit d'un pavé indigeste plus dans mes normes :lol:. La guerre était plus facile à d'autres époques où les systèmes internationaux étaient plus régionaux et plus fermés, où les économies, donc beaucoup d'intérêts, étaient moins interpénétrées et donc moins sensibles aux conflits tout en offrant moins de moyens de pressions et facteurs dissuasifs de la décision de taper. Aujourd'hui, pour justifier d'une guerre, il faudrait une opération dont le rapport coût-bénéfice (et le coût des opérations de guerre est franchement l'un des moindres, en tout cas le plus facilement gérable) soit si évident, le gain si net -qu'il soit important ou non-, que la décision puisse être prise et les opérations conduites rapidement en adaptant les moyens aux fins (ce qui implique de pouvoir/savoir "penser" la nature des conflits, un autre problème du temps en occident). La guerre, ce n'est pas que les opérations militaires: celles-ci sont plus ou moins dominantes pendant l'affrontement, suivant la situation, mais la guerre est un spectre bien plus large, et il y a un avant et un après les opérations. L'avant, c'est en créer les bonnes conditions (entre autre les conditions qui rendent l'affrontement militaire stricto sensu plus ou moins gérable) et ouvrir la fenêtre d'opportunité, l'après, c'est en gérer les conséquences (pas d'enlisement, minimiser les représailles de toutes sortes, tirer le meilleur parti du résultat tel qu'il est -ou qu'il semble être à un instant T-, faire fructifier ce qui est gagné). Et on n'engage pas la moindre action armée sans la surface politique et la vision pertinente nécessaire: l'outil militaire là-dedans ne compte pas pour peanuts, mais il est loin d'être le seul facteur, voire même le plus déterminant dans beaucoup de situations. N'avoir qu'une forte armée et pas le reste peut garantir plus de catastrophes que de chances de succès.
  20. Hésité à créer ce topic pendant un temps, et je me suis demandé s'il fallait discuter de ça sur le topic des "moyens non militaires de l'efficacité".... Pas de but didactique, mais une tentative de mise au point en même temps que de recherche commune pour élargir certains horizons et mettre en perspective, et surtout en contexte, la place d'un outil militaire dans ce qui fait la puissance d'un pays. Au final, eu égard précisément à l'importance du dit contexte, l'angle historique semble le meilleur pour pouvoir illustrer le propos le plus souvent possible. Tous ici nous n'arrêtons pas de balancer que si la France veut compter dans le monde, elle doit avoir une armée maousse et pouvoir l'envoyer n'importe où n'importe quand et en grande quantité, et que pour ça, il suffit au choix: - de dépenser plus - de dépenser mieux, soit en rationalisant la dépense existante soit en développant un autre modèle d'armée mieux adapté et "cost effective" - d'avoir des couilles et qu'il suffit donc d'avoir des dirigeants "qui en ont", ce qui revient à invoquer cette "volonté politique" qui ne tiendrait apparemment qu'au caractère personnel des hommes politiques, à leur attachement au rayonnement de la France.... Ces facteurs peuvent aussi se cumuler, mais si c'était si simple, ça se serait fait depuis longtemps ou en tout cas le problème ne tiendrait qu'à des données de base fondamentalement simples à changer. Seulement y'a un moment où il faut se rendre compte que l'augmentation en net, même très importante, des moyens militaires n'apporte pas grand-chose en soi parce que la puissance est quelque chose de bien plus vaste et complexe, et partiellement indéfini, ou à tout le moins de trop protéiforme pour être appréhendé si facilement. Concrètement, faites passer demain la France à 3 ou 4 GANs complets, 500 avions de combat en ligne, 80 000 Pax opexables en même temps sans limite de temps avec dedans 4 ou 5 brigades blindées ultra-lourdes.... Et il n'est pas dit que le pays en sera réellement plus puissant et plus capable d'imposer ses vues et intérêts dans le monde. Ca c'est une réalité. A quoi cela tient-il? Avant tout au fait que l'outil militaire est ce qu'il est, juste un outil! Une conséquence de la puissance bien avant d'en être une cause: il en est aussi une cause, mais à moindre degré. Ce degré varie selon les époques, mais actuellement, il est loin derrière. Pourquoi? Parce que l'action armée ne s'engage pas facilement pour changer un ordre établi: son efficacité, du moins selon les données pertinentes de l'époque (voir l'adaptation des modèles militaires au contexte des guerres actuelles et des situations géopolitiques), est sujette à caution en l'état des choses, mais surtout, il n'est plus si aisé de remettre en question une situation par l'action militaire. La Prusse pouvait déclencher une guerre très risquée contre l'Autriche pour accroître en net son territoire -et déjà à l'époque ce fut très problématique, bien au-delà du simple déséquilibre de capacité- mais aujourd'hui plus encore, il est infiniment difficile de procéder à tout changement en faveur de ses intérêts via une action armée. Une guerre/action militaire nécessite un contexte politique et stratégique: il faut se créer une fenêtre d'opportunité, donc user de la principale unité de compte de la puissance, à savoir le "capital politique" (services dus et "en crédit", position vis-à-vis de toutes les parties prenantes, degré d'impunité, position vis-à-vis des représailles sous toutes leurs formes, capacité de contrainte ou d'obtenir de la neutralité de tel ou tel acteur, situation économique et financière....). Et il faut pouvoir assumer les conséquences d'une guerre/action armée: des représailles militaires bien sûr (mais il s'agit du moins probable/plus gérable, surtout par la possession de l'arme nucléaire), mais aussi et surtout l'ensemble des actions directes et indirectes pouvant être portées contre l'Etat qui agit ainsi. Représailles économiques, commerciales et financières plus ou moins visibles (sanctions ouvertes, petits agacements multiples sur le commerce ou le financement.... Qu'on vous note mal vos emprunts, ralentisse les navires par tracasseries douanières, rende plus lentes ou alourdies les conditions commerciales lors de négos/contrats....), représailles diplomatiques et politiques (isolement, mise au ban, diplomatie entravée, statut de "semi-pestiféré"....), représailles "médiatiques" (n'importe quelle action auprès des opinions publiques de telle ou telle zone, y compris votre propre pays, ou auprès des groupes/personnes qui comptent -grandes entreprises, faiseurs d'opinion, grands féodaux.... Quelle que soit l'époque, il y a de telles cibles).... Il n'y a que l'embarras du choix, et le décideur politique doit en tenir compte car c'est lui qui évalue au final le rapport coût-bénéfice global d'une opération. Car il faut définir ce qu'est la guerre; essentiellement, c'est la remise en cause d'une situation, à échelon local, régional, continental, voire mondial, donc un changement dans "l'ordre établi" non seulement tel qu'il est à un instant T mais aussi tel qu'il évolue doucement, "naturellement" selon certains paramètres relativement constants. Toute action diplomatique/économique/politique opère des changements sur cet ordre, mais avec des seuils de tolérance plus ou moins importants selon le degré de sensibilité d'un système international: à certaines époques, ce système est terriblement chatouilleurs et ne tolère que peu de sorties de piste (le système entre 1870 et 1914 en est un exemple), à d'autres, il est loisible de plus bouger sans que le tout pète. Mais quoiqu'il en soit, il y a des seuils de tolérance, surtout à l'égard de l'action armée directe qui ne s'envisage JAMAIS à la légère par l'imprévisibilité et la potentielle immensité des conséquences en chaîne. Dans ce contexte, le fait de dire "j'augmente mes capacités militaires et je peux faire plein de trucs, et personne viendra m'envahir en représailles parce que justement j'augmente mes capacités" est un raisonnement complètement faux. Il faut avant tout prendre en compte la "surface politique" d'un pays pour évaluer sa puissance réelle, et elle est un champ de bataille en soi dont le domaine militaire n'est qu'une partie dont l'importance varie selon l'époque. Les USA peuvent-ils déclencher des guerres plus facilement parce qu'ils ont une immense armée ou parce qu'ils ont avant tout une large surface politique qui leur permet de ne pas trop craindre les représailles, ou à tout le moins de les encaisser facilement et de faire en sorte que la dite guerre ait encore un rapport coût-bénéfice (au moins selon les critères des groupes d'intérêts qui y poussent) favorable? Augmenter la puissance militaire française en net, de façon importante, donnera t-il à la France plus de puissance dans l'absolu? Ou même, cette puissance augmentera t-elle dans des proportions significativement comparables à celle de l'augmentation du potentiel militaire? Mon opinion est largement que non (explications détaillées à suivre si le débat s'engage), à moins de changer avant tout d'autres critères avant le potentiel militaire.
  21. Tancrède

    Armée Allemande

    'Fin vu le poids du bestiau, vont pas trop le balader.... Ce qui va bien avec la tactique allemande en Afghanistan: fobiser ein maximoum und poire peaucoup te pière :-[!
  22. Seulement tu prends les choses à l'envers pour minimiser ce que tu appelles "l'effet de clan" et le réduire apparemment à une espèce de comportement de bande. Faut remettre les choses à l'endroit: les tribus, ce sont des nations, ou ce qui s'y apparente le plus, pas de "l'effet de clan". C'est bien plus que juste des sous-groupes d'un "peuple libyen" largement fictionnel. La Libye, c'est le truc surimposé et d'invention récente. Le rassemblement n'existe que pour le deal autour du pétrole et apparemment, pas mal de groupes étaient largement mécontents du deal, mais s'écrasaient parce qu'il y avait aussi la répression imposée par les groupes dominants, à laquelle s'ajoute la "manière" personnelle du régime spécifique de Khadaff, lequel n'existait cependant QUE parce que la majorité des tribus y trouvaient leur compte. Mais la monarchie avait en son temps foiré par les déséquilibres du deal précédent. Trouver un deal qui satisfasse tous les groupes est-il possible? Dur à dire. Pour l'Irak, la question est aussi: - celle qu'il y a une phase de transition, laquelle ne peut se passer d'un moment de brutalité - le dit moment peut être bien ou mal géré: là, plus qu'apparemment, il l'a mal été et l'est encore, et les mauvais réflexes sont pris - autre facteur: rien ne dit que les ricains aient choisi les groupes les plus pertinents à favoriser. C'est le premier choix à faire, et il est tout sauf neutre En Afghanistan, c'est plus que clairement un problème d'avoir MAL et trop peu favorisé des groupes pas forcément bien choisis, d'avoir e une absence de stratégie.... Et c'est une étude approfondie qui révèle ça? Parce qu'en attendant, la division au sein du mouvement anti-Khadaff, dirigé par ces mêmes élites, continue à se cacher derrière un discours lénifiant du "tout pour le peuple libyen", sans empêcher pour autant les règlements de compte, les ambiguités, le chacun pour soi, une direction discutable de la guerre en général et du management des troupes en particulier. Le "mouvement politique" en Libye, je demande à voir, surtout au-delà des discours de façade. Quand bien même il y aurait quelques "intellos" et ambitieux se posant en ce sens, ils n'ont pas la réalité derrière eux, et surtout pas les leviers d'organisation des populations, ni la loyauté de ces constructions réellement nationales que sont les tribus. Et on entend quoi des Libyens ;)? A part les quelques discours officiels du CNT qui a une façade à afficher et des journalistes qui ont un discours simplistes à caser au 20h? Et quand un local parle à un journaliste, qui est-ce? Que fait-il? Quelle question lui a été posée? Est-ce un jeune gars de 20 piges qui s'est pas encore posé beaucoup de questions. Un type qui a juste à l'esprit de sauver sa peau et sa famille? Un qui a de la bile à cracher sur Khadaff et point barre? Quand tu interroges les Européens sur l'UE, tout le monde dit qu'il en faut plus sans trop savoir ce que ça implique, et dès qu'on entre dans le détail d'une question, les contestations fusent, les objections se mutliplient et on se rend surtout compte que plus on est dans le vague et l'abstrait, plus c'est consensuel, mais que dès que ça implique du changement et de la remise en cause des équilibres internes qui font les nations, ça emmerde plus; tout le monde est pour l'Europe dans l'abstrait parce que chacun n'y voit qu'une manière de rester exactement ce qu'on est de son côté, en plus grand et plus sympa dans l'image. Mais la réalité gratte. C'est comme les Américains en général et même les teabaggers en particulier qui sont tous pour réduire l'Etat fédéral au maximum mais quand on leur demande quelles dépenses et prestations il faut supprimer ou tronçonner, l'écrasante majorité répond "aucune".
  23. Comment peuvent-ils même faire semblant de croire ça? Tout le monde sait qu'il n'y a aucun pétrole aucune justification humanitaire d'intervention en Syrie! Un scandale mon bon monsieur! De la pure calomnie!
  24. Ca offre quoi comme prestations et sensations par rapport à un TOPOL hivernal ;) :lol:?
  25. Au Kosovo, personne n'a pris en charge, même dans un premier temps, l'administration et l'infrastructure du pays, ou même d'une zone: tout a été refilé au local au maximum, permettant cette prise de contrôle par les divers groupements en présence, préexistants ou se créant pour l'occasion, qui font l'Etat maffieux actuel. Et aucune unité ou organisation civile envoyée là-bas n'était réellement "professionalisée" dans ce qu'elle avait à faire, un plan d'ensemble manquait, et la coordination était faible. Le "nation building", quel que soit la forme qu'il doive prendre, n'est pas une activité réellement développée, seulement bricolée sur place à la va vite par des organisations multinationales obéissant à des contraintes de moyens et surtout une absence de direction unifiéé: collégialité de l'intervenant extérieur et recherche de l'implication de tout le monde dans le pays d'intervention = bordel et foirade, comme tous les trucs pleins de "bonnes intentions". C'est déjà dur dans des pays anciens et développés à populations déjà formées en peuple (Europe occidentale en 45) et quand l'intervenant extérieur a plein de moyens, mais quand il s'agit de pays peu structurés comme tels, faits de groupes divers et sans intervenant extérieur unifié et bien outillé, c'est la cata garantie, au moins à court et moyen terme (suffisant pour promettre un rétablissement lent et remis aux calendes grecques, mais les êtres vivants ne se nourrissent pas de long terme). Favoriser arbitrairement un groupe puissant et lui donner les moyens d'imposer une loi (en évitant juste qu'elle ne soit par trop déséquilibrée voire en imposant un "duopole") et de se poser comme l'entité garantissant la stabilité, c'est un tantinet plus sûr: ça se faisait avant, version brutal, pour des choses comme la colonisation (les Anglais ont procédé ainsi en Inde), ça peut s'adapter à l'époque actuelle sans colonier, pour peu qu'on renonce à certaines illusions et formes et qu'on conclue des deals pragmatiques, mais aussi qu'on aie la volonté politique de le faire une première fois comme il faut en affrontant les critiques et condamnations (mais il faut se donner les moyens du résultat).
×
×
  • Créer...