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Tancrède

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Tout ce qui a été posté par Tancrède

  1. Intervention au sol ne veut pas forcément dire intervention militaire, ou du moins pas majoritairement militaire: suppose qu'on envoie juste assez de troupes pour protéger un contingent civil ou civilo-militaire chargé du principal de la mission, en quoi consisterait cette mission et donc ce contingent? Plusieurs aspects: - du gendarme pour faire la police au service d'une autorité libyenne, mais sous contrôle opérationnel extérieur histoire d'éviter les mécanismes de corruption/appropriation fréquents dans les périodes de transition où la pénurie, les ambitions "lâchées" par l'absence de cadres, la méfiance entre groupes.... Font dérailler de tels processus ou leur font commettre trop de fautes qui le ralentissent infiniment, avant tout par manque de moyens. Des "conseillers" locaux dans chaque sous-unité de police constituent à la fois le garde-fou pour ne pas merder autant qu'un moyen pour les autorités locales de "garder" la chose sous surveillance, tout en mettant en place les moyens de la transition rapide - un "module" administratif civil chargé de mettre en place rapidement les structures de base d'une administration civile/judiciaire, sans doute juste sous l'angle d'une plate-forme technique: des exécutants rendant possible et surtout contrôlable/transparent des processus qui eux restent fondamentalement entre les mains des autorités tribales locales, mais dont l'unicité les force à se mettre d'accord pour en partager l'usage - une autorité comptable gérant des fonds extérieurs pour développer cette machine comme il faut, et assurer la transition à des personnels locaux en remontant graduellement l'organigramme (des cadres étant plus lents à former que des éléments de base) - des groupements de reconstruction/remise en place des conditions de vie et d'activité - une plate-forme technique de communication pour développer du média, de l'organisation de débats et la communication du haut vers le bas et du bas vers le haut -ainsi que de la tranversale à divers niveaux hiérarchiques/organisationnels de la nouvelle "société), s'appuyant sur les groupes humains existants mais pas que Le tout étant concentré sur une "zone coeur" dont la rapide remise sur pied constituera la crédibilité, le but étant d'amener les moyens rapidemente pour qu'une entité étatique fonctionnelle existe au plus vite, et de façon crédible. Mais cela suppose de: - contrôler l'exécution pour limiter au maximum l'appropriation tribale ou purement crapuleuse (corruption surtout), en commençant par ETRE les exécutants dans un premier temps. Donc il faut avoir des capacités multispectre en la matière, prêtes à turbiner directement de façon coordonnée aussi bien qu'à interagir avec le local pour ce faire - la "vexation" qu'implique ce type de processus suppose qu'il soit l'issue d'un deal conclu à l'avance avec une entité locale significative et qu'on rend par ce biais plus que simplement significative: suffisamment dominante et crédible pour qu'elle soit absolument indéboulonnable et incontournable, donc crédible et légitime, ce afin qu'elle puisse se permettre d'être plus qu'une organisation tribale défendant les intérêts des siens si besoin est aux dépends de tous les autres: plus elle aura de latitude d'action, plus elle pourra la jouer "pour tous les Libyens". Vouloir commencer par la collégialité, c'est mettre la charrue avant les boeufs. Vouloir simplement assister les locaux à la marge avec des saupoudrages limités d'assistances diverses, c'est juste encourager les mécanismes existants, donc les divisions et les luttes d'influences, voire les affrontements en devenir (cf Afghanistan et Irak). Le militaire là-dedans, c'est de quoi éloigner la menace militaire khadafienne de la zone coeur choisie (et pas plus) et assurer la sécurité de l'action civile qui est l'outil d'un résultat politique. Quand à savoir comment faire accepter une telle action à l'international, ça c'est tout autre chose, mais si une entité interne à la Libye, suffisamment importante au sein du CNT (ou 2-3) était demandeuse (ou qu'on s'arrangeait pour la rendre demandeuse), ça pourrait changer la donne, mais c'est pas à l'ordre du jour.
  2. Ce serait vrai si et seulement si il y avait une "population libyenne", un peuple libyen, et s'il y avait un CNT qui soit un mouvement uni; il n'y a que des entités tribales qui sont la première et quasiment la seule structure concrète de l'espace libyen, et des entités claniques qui sont les seules forces politiques organisées au sein du CNT, et elles ne sont pas unies. Même s'il y avait une espérance forte en une "nation libyenne", celle-ci ne serait rien comparé à la réalité pragmatique du fait que quiconque n'est pas dans un groupe structuré avec des moyens se fait enfiler lorsqu'il y a un deal. Donc même si le péquin lambda d'une tribu n'a rien contre le péquin lambda d'une autre, quand vient l'heure du choix, ou qu'elle est seulement évoquée pour un avenir incertain, il fait bloc avec les siens parce que c'est un pragmatisme simple qui le commande. "Un tiens vaut mieux que deux tu l'auras", "ne pas lâcher la proie pour l'ombre".... Ce genre de dictons n'est pas né de rien. Et ce qu'on voit au sein du CNT, ce sont des clans cherchant à garantir l'avenir des leurs; on peut le caricaturer avec mépris en qualifiant cela de "rivalités d'ambitions", de "guéguerres internes", de "politique politicienne", de "divisions absurdes", mais cela correspond à des réalités un peu plus complexes et pressantes: le référent est la tribu. Ce sont des entités "nationales" en quelques sortes, des chaînes de loyautés et des structures mentales et sociales forgées au fil des siècles et qui ont le mérite d'exister de façon tangible; tout le monde peut souhaiter un "peuple libyen" un et uni pour l'avenir, mais ça prend des siècles de forger un peuple, et y'a pas de recette précise. Et en attendant, les groupes humains cherchent la sécurité, ce qui nécessite des organisations ayant à la fois moyens et légitimité (donc confiance): créer de toute pièce un régime "libyen" et décréter qu'il sert "tous les Libyens équitablement", c'est de l'affiche de propagande qui cherche à plaquer du tout fait sur la réalité, ce dont les expériences irakienne et afghane, entre autres, sont là pour rappeler que ça ne marche JAMAIS, et pour de bonnes raisons. A moins de favoriser une ou deux entités claniques à un point tel que le rapport de force en leur faveur est suffisamment grand pour qu'elles s'imposent et puissent se permettre d'être généreuses par ailleurs, au moins avec une majorité des autres factions. Mais ça, bizarrement, c'est ce que Khadaff a fait.
  3. D'où l'importance de ne pas s'engager à la légère comme cela a été le cas, en décrétant qu'il y a d'un côté le méchant, et de l'autre un camp "des gentils opprimés en lutte pour la liberté", comme s'il s'agissait d'entités monolithiques qui auraient une volonté claire et qu'en plus on la connaîtrait. Ou alors on s'engage un peu plus fortement et on fait en sorte que ce "camp des gentils" soit réellement un camp relativement uni et structuré, ce qui suppose des moyens, et surtout de la présence encadrant ce mouvement et favorisant clairement, en interne, un nombre réduit de factions pas trop incompatibles, et ce en imposant, si besoin est durement, la règle aux autres factions. C'est pas considéré comme jouable politiquement de nos jours, mais y'a pas 36 autres méthodes. Ca veut dire des lignes de crédit, pas forcément gigantesques, mais du cash immédiatement pour leur permettre d'avoir (sous contrôle, sinon pas de garanties) directement des moyens militaires un peu supérieurs aux adversaires ET partenaires (et si possible une dépendance: ça peut aller jusqu'à des calibres spécifiques de munitions dont tout changement implique du temps), des capacités d'encadrement et d'administration aussi bien civil que militaire, des capacités de "nation building" (une entité politique qui peut rétablir l'eau et l'électricité immédiatement, ou amener de la bouffe, acquiert plus de crédibilité en étant capable de faire des promesses et d'en tenir la plupart, si possible rapidement).... Qui peur ramener l'ordre, un semblant de justice et les conditions de vie les plus décentes possibles localement, et surtout un peu de visibilité pour l'avenir, peut établir un retour au calme et une crédibilité politique. Aucune faction actuellement ne peut faire ça, SAUF Khaddaf (et même s'il ne le peut pas dans une très large zone, il a plus de crédibilité), et le CNT expose ses divisions parfois jusqu'à un point dangereux, en tout cas pas de nature à rameuter les loyautés les plus solides. Donc il faut de la partialité pour un acteur extérieur voulant ramener le calme au plus vite.
  4. Si le conflit semble atteindre un relatif équilibre, la scission deviendra t-elle le scénario le plus envisageable? Au point où en sont les choses, et où elles l'étaient déjà à la base, l'est ne pourra accepter aucun deal avec un pouvoir khadaffien maintenu, ne serait-ce que par peur. Mais: - la montée en puissance des "rebelles" semble limitée, tant par un plafonnement des moyens et du professionalisme que surtout par une division interne qui semble profonde et maintient le mouvement militaire en entités séparées, avant tout gardées comme "armée" de chaque faction et peu engagée face à Khadaff au-delà d'un minimum syndical qui pouvait/peut ne tenir qu'à Younes et à quelques autres dès lors que la question de défendre le "territoire-mère" de l'insurrection est réglée et qu'il n'est plus question que d'avancer à l'ouest (plus la menace s'éloigne, moins les efforts coordonnés sont consensuels et plus la perspective d'en venir aux mains entre rebelles se clarifie) - le côté Khadaff a marqué des points, malgré l'usure militaire et les diverses réactions à des crispations violentes du pouvoir: il y a du soutien, il y a une volonté et il y a une pensée (ainsi que quelques moyens encore semble t-il). L'usure est moindre que présentée, et apparemment nmbre de factions ont au moins encore plus peur d'un avenir avec le CNT que d'un avec Khadaffi, qu'ils craignent des représailles de clans rebelles ou qu'ils craignent simplement l'incertitude liée à un pouvoir peu crédible et désuni. Résultat, le régime khadaffien semble en mesure de tenir au moins encore un temps, et -c'est là toute la question- peut-être juste assez pour passer à travers le chaud du conflit. Vu la faible ampleur des combats et de leur impact sur les troupes en présence, le niveau de troupes, des niveaux de professionalisme divers qui s'y trouvent et celui des ressources font qu'il y a de quoi voir durer cette guerre de petits accrochages nettement plus tueurs de civils que de combattants.
  5. Les mémoires semblent courtes et devraient lire autant l'histoire que les évolutions des sondages d'opinion tout au long de cette polémique: c'est une réédition de ce qui s'est passé en 95 quand le Congrès a refusé à Clinton un relèvement de même nature. Il s'agissait alors, COMME IL S'AGIT MAINTENANT, d'une reprise en main au moins partielle/momentanée du Parti Républicain par les républicains "traditionnels" qui a du passer par un épisode lamentable ou les tea-baggers et affiliés ont du apparaître comme les irresponsables débiles qu'ils sont. L'establishment républicain a laissé pisser pour que ce discrédit puisse apparaître au grand jour. Le prix à payer pour eux est une baisse potentiellement durable de la cote républicaine, surtout pour la présidentielle, Obama étant apparu dans l'opinion (ce sont les sondages qui l'indiquent) comme le gars raisonnable jouant le "bypartisanship" et plaçant donc l'intérêt national avant tout; c'était pas forcément acquis d'avance, mais les probas étaient meilleures, surtout avec des abrutis caricaturaux en face. Clinton a du la jouer un peu plus serré en son temps.
  6. Ben oui, mais quand tu sais que tous les contractors d'une certaine importance, tout comme l'ensemble des fournisseurs de biens et services au DoD, sont aussi: - des employeurs au niveau national, mais aussi au niveau des Etats et des localités (rarement celles qui comptent peu politiquement) - des bailleurs de fonds de campagne aux élus de tous niveaux, locaux, d'Etats et fédéraux (dont un tiers du temps est consacré, dès leur élection, à taper du fric pour la suivante) - des donateurs à certains think tanks quand ils ne sont pas directement partie prenante dans beaucoup d'entre eux (il faut bien les diriger et y animer les discussions ;)) .... Tu peux comprendre que remettre beaucoup d'équilibres existants en question est pour le moins délicat, sinon souvent impossible, et le faire de façon cohérente à grande échelle (supprimer ce qu'il faut, où il faut, dans les quantités qu'il faut à chaque fois) relève de l'exploit politique. C'est pas si facile que ça à penser du simple point de vue du technocrate devant planifier une rationalisation globale pertinente sans atteindre la capacité militaire, mais pour trouver un compromis politique dessus en négociant chaque point? Il faut du capital politique, et pas qu'un peu!
  7. La scène gerbante à laquelle je fais référence n'a pas une goutte de sang exposée à l'écran: il s'agit du comportement plus que douteux d'un certain adolescent devant sa collègue germanique plongée dans le coma, bardée de tuyaux et inerte dans un lit d'hôpital.... Si tu n'as pas vu cet épisode, attends-toi à quelques remontées de bile quand ça viendra.
  8. Faut surtout pas non plus penser que le "droit international" existe: un contrat se remet en cause suivant qui le fait, et on ne "juge" pas des pays, en tout cas certainement pas selon les critères d'individus. Faut pas raisonner comme si on était dans un Etat de droit: le monde, c'est la loi du plus fort, avec à l'occasion des formes contraignantes, mais jusqu'à un certain point seulement, et qui reste variable. C'est d'autant plus vrai si on arrête ce raisonnement absurde de croire que la Libye est un pays: la Libye, c'est un deal entre tribus (imposé en partie à d'autres qui touchent moins leur part) pour exploiter et vendre du pétrole. Point barre. Qu'il y ait dans quelques grandes villes une partie de la jeunesse plus ou moins significative qui ait grandi de façon urbaine et moins marquée par le tribalisme au point de pouvoir être vue comme un embryon potentiel d'une future population libyenne encore largement inexistante, c'est très possible. Mais actuellement y'a rien de tel. Quid des deals pétroliers si le "pays" se scinde en -au moins- deux entités? Quid des deals si d'une part les factions qui l'emportent font une table rase anti-khadafienne et d'autre part y sont encouragés -donc soutenus en ce sens- par les Etats étrangers qui seront en position de force à l'issue du conflit, surtout face à un Etat comme l'Allemagne qui a perdu quelques bargaining chips et quelques droits de l'ouvrir pendant cette histoire? La realpolitik est un tantinet plus complexe, changeante et contraignante que des illusions sur le droit des contrats et la force des traités internationaux qui ne valent que si, à un degré ou un autre, certains sont prêts à les défendre les armes à la main (armes qui ne sont pas forcément militaires). Les "tribunaux compétents" n'ont aucune capacité à imposer une décision à un Etat s'ils n'en ont pas derrière eux pour forcer la décision, et il est même douteux que les Etats plaignants aillent jusqu'à entamer des actions en recours précisément parce qu'ils savent ce qui fait marcher le monde: tout cela se deale bien avant les agissements spectaculaires, dans une salle de négo. Après, que le pétrole soit pas la plus grande raison dans l'histoire libyenne, du moins pour les occidentaux, c'est très possible (encore qu'il faille examiner les motivations de chacun séparément), mais même si c'était l'unique raison, il y a aussi bien des motifs pour s'opposer à cette guerre que la condamnation d'une rapacité de certains Etats pour du pétrole. J'ai déjà exposé mon opinion plus haut, et je ne vois pas où est l'intérêt de la France dans cette histoire, ni surtout quels sont les moyens de les faire valoir.
  9. Bref, rien de nouveau: une fois la faction dégagée, il est loisible de dire qu'elle travaillait pour Khadaffi là où il peut y avoir surtout une guéguerre interne entre clans, et un clan perdant qui se fait qualifier du coup de "traître" alors qu'il ne faisait rien d'autre que ce que les autres font (du business, quoi).... Mais qu'il a le tort d'avoir perdu. Faudra écrire l'histoire de ce genre de trucs après, avec une ambiance façon Tudors/Valois et intrigues de grands féodaux, mais en version désert :lol:. Ou refaire l'histoire des Hachémites vs les Séouds avec l'élément religieux en moins :P.
  10. Ah, ça c'est un nouveau, je connaissais pas. Dans le registre connu: - le piano à queue qui tombe de nulle part droit sur le joueur récalcitrant/mauvaise tête - la foudre dans un ciel sans nuage, généralement révélatrice du tempérament orageux du Meujeu, ou de son complexe de Zeus, ou les deux - un plus perso à mes groupes (ex-groupes :P) de rôlistes: l'Etoile Noire qui a eu une fuite de réacteur et s'écrase très précisément sur tout joueur emmerdant avec précision et à-propos (et parfois, il y a des averses d'Etoiles Noires) - le sniper téléporté depuis Falloujah/Sarajevo juste là où il faut pour émasculer le joueur trublion à 1749,4m - le fossé très profond qui apparaît sous les pieds de la cible, là où il pensait -mais qu'il est con décidément- qu'il n'y avait qu'une étendue uniforme de terrain plat - l'enclume géante balancée depuis le haut d'une falaise, parfois autant par le Meujeu que par Coyote (à ceci près que comme la cible n'est pas le Bip Bip, être inatteignable, ça marche) Il va sans dire que le sniper et l'Etoile Noire marchent aussi bien dans des JdR sci-fi qu'en médiéval fantastique; comme le dirait tout Meujeu, "c'est bon d'être tout-puissant" :lol:. Mais pour cibler Muhammar avec un piano à queue, c'est plus coton; il a de sacrées caracs en "dissimulation", cet enfoiré. Et apparemment, il a eu un meujeu complaisant lors de sa création de perso, vu le nombre de points de destin qu'il se paie.
  11. Faut quand même pas charier non plus en assimilant certaines proximités de méthodes/pratiques avec la nature des Etats derrière. Tu sur-réagis toujours un peu, Akhilleunichet ;) :lol:; la preuve avec une tendance trop prononcée à l'usage imagée d'armes de destruction massive à l'encontre des forumeurs qui, comme Maurice, poussent le bouchon un peu loin :-[. Pourquoi pas un bouton "coup de pied au fondement" (un classique), "piano à queue qui vous tombe sur la caboche" (très jeuderôlesque), "la terre s'ouvre sous vos pas et vous avale" (un tantinet biblique/mélodramatique), ou même, pour faire militaire, donc forum, "un T90 qui vous roule dessus et vous réduit en pulpe avec grumeaux", "une roulante mal entretenue dont la popote vous envoie au cimetière" (ou serait-ce le cuistot dont vous avez tringlé la bourgeoise), "un FA mal remonté vous explose entre les mains" (un peu schtroumpf farceur, mais un classique dans l'iconographie :lol:)? Non, il faut que ce soit un missile intercontinental..... Est-ce pathologique? Veux-tu t'allonger sur un divan et parler de ton enfance :lol:? Mééééé! le grand analyste stratégique Bernard Henry L n'a pas dit ça à Nicolas S, décideur politique! C'est un scandale! S'il aurait su, l'aurait pas v'nu! Chaque "clan" du CNT se peaufinait une capacité militaire propre en profitant des formateurs et matos étrangers, sous couvert d'union dans une pseudo-proto-armée libyenne, tout en veillant à ce que leurs chérubins en kaki ne soient pas envoyés (trop) au turbin, histoire d'avoir la bande armée la plus conséquente possible quand viendrait l'heure de négocier entre "amis". Pour citer Richelieu, qui en connaissait un petit rayon dans ce genre d'histoires, "protégez-moi de mes amis, mes ennemis, je m'en charge" :lol:.
  12. Outre les deals tribaux dont bénéficie Khadaffi et qui lui garantissent une partie de la population au moins jusqu'à un certain point (variable selon les cas), un dictateur représente au moins une forme de stabilité à laquelle certaines franges de population sont attachées, ne serait-ce que par crainte du changement et de son lot d'incertitudes (il n'y a que les fanatiques/idéalistes et des politiciens cyniques au possible qui peuvent promettre des lendemains qui chantent sans sourciller) mais aussi par habitude d'une situation pas forcément merdique, et plus encore sans doute par méfiance à l'égard d'une opposition qui n'est pas clairement identifiée et connue, dont l'union est douteuse et le "programme" aussi vague que pas forcément crédible (en grande partie à cause de la fragilité/du caractère artificiel de son union), et qui n'est visiblement pas blanc-bleu. Un régime qui a duré, fut-il corrompu, brutal et dictatorial pour certaines franges de la population, est au moins une donnée certaine "qui a fait ses preuves": un "tiens" vaut mieux que deux "tu l'auras", cela reste une donnée fondamentale, en plus de l'inertie inconsciente qui rend l'humain naturellement rétif au changement (voir le mythe de la caverne par Platon, qui résume pas mal de choses), parfois pour des raisons solides, sinon bonnes, mais aussi même si la situation présente est merdique et qu'il ne peut y avoir que de l'amélioration dans un changement (pas forcément sûr ici). Pour toi, l'OTAN, si on se fie à ses discours angéliques et à ses actes, c'est un peu le Jésus 2 des Inconnus: "mais vous allez vous aimer les uns les autres bordel de merde" (sous-entendu "ou ça va chier") :lol:?
  13. Attention avec Patlabor: en France, la série qui a été diffusée sous ce nom était en fait la 2ème série Macross :lol:: seuls les Otakus francophones peuvent s'y retrouver dans ce bordel! Sinon Gundam.... Bof, beurk! Dans le genre pacifiste/moraliste avec émois d'adolescents aussi pitoyables qu'égocentriques sur fond de combats méchas vs aliens de fin du monde, il y a surtout Evangelion (enfin méchas.... Méchas semi biologiques un tantinet caractériels :lol:).... Série où, dans un épisode, je crois avoir vu l'une des scènes les plus gerbantes de toute l'histoire du divertissement (films, séries, animes ou live). Les Japonais sont parfois TRES détraqués ;) :lol:. Et tous ces délire sont partis d'un blockbuster garanti d'avance comme pourri? Putain, faut peut être aller le voir, ce bordel de film! Il a de sérieux effets kiss cool!
  14. Ca aurait pu être une autre formation américaine -quoiqu'à cette époque, les Marines étaient quasiment la seule unité US permanente ET combat ready- ou une autre alliée, et sans vouloir minimiser le rôle des Marines, des événements ponctuels comme ça, la Grande Guerre en avait vu des centaines sur tous les fronts à ce stade; une autre formation l'aurait fait, peut-être mieux ou non, et ça n'aurait pas eu un rententissement pareil (enfin pour les USA, parce que pour les Européens, c'est une bataille de plus). Mais pour les US, c'était le baptême du feu et ils avaient besoin d'en faire un max de pub, et pour les Marines, c'était un focus vu qu'ils constituaient le fer de lance américain et une unité "haute en couleur".
  15. La majorité, voire la totalité dans de nombreux cas, de leur armement de guerre hors de l'armement léger (baïonnettes, fusils et armes de poing essentiellement) est d'origine française, en partie produite sous license et en majeure partie produite en France: mitrailleuses et fusils mitrailleurs (dont une mauvaise adaptation du déjà mauvais Chauchat), artillerie surtout lourde (le 155 GP est un peu le "père" des canons américains du XXème siècle), chars légers (et toutes les déclinaisons du FT-17) et avions. Cela facilite d'autant la traversée en accélérant les flux de transports de troupes et le cycle de formation: - sélection, recrutement, entraînement de base et formation des unités aux USA - "voyage léger": juste les troupes, chaque soldat n'ayant en fait que ses fringues, son arme de service et son paquetage, la log n'ayant que l'intendance de long terme, les remplacements de vêtements et les munitions légères - la formation au combat et à la guerre moderne se fait dans quelques camps gigantesques en France, avec des blessés, invalides et vétérans français et anglais pour les mettre au jus et créer les exercices avec RETEX rapide - l'équipement lourd est fourni dans ces camps, avec formation immédiate à leur prise en main sur les matos qui seront effectivement utilisés L'industrie US tourne seulement en partie pour la guerre, surtout celle d'armement qui est réduite et commence ses grandes productions avec des produits sous license, souvent d'ailleurs mal exécutés dans un premier temps. L'essentiel de l'industrie US bosse pour les alliés dans: - la fourniture de matières premières, pétrole et charbon en tête, mais aussi cuivre, minerai de fer, produits agricoles.... - la fourniture de produits semi-finis: aciers bruts, fonte, roulements, pneus, textiles, conserves alimentaires, plaques de blindages.... - quelques productions finies: camions et automobiles, véhicules chenillés (tracteurs et caterpillars en tous genres), moteurs.... Plus encore, la contribution américaine implique avant tout des masses de fric, de la capacité de transport maritime, des escorteurs pour les convois. Une bonne partie de ces productions sont aussi, et il faut le voir sous cet angle, de la capacité industrielle: ils produisent ce que les Français produisent, mais ajoutent de la quantité au total allié dont la population masculine est mobilisée par la guerre. Mais il faut se rappeler, au final, qu'en 1918, la France est le premier producteur mondial de canons, d'avions, de chars et de camions et voitures, et ce malgré la mobilisation. Forcément, l'armée française est le premier marché au monde pour ces productions, et il faut y ajouter l'armée US.
  16. Qui n'a pas été marqué par les horizons spatiaux sillonnés de centaines de traînées de missiles s'entrecroisant :lol:?!
  17. Parce que quand une armée est fondamentalement calculée sur base de la division comme unité essentielle, tous les moyens chers et dimensionnants sont calculés en fonction de la division: par exemple, tu auras des ratios de X personnels de communication par troufion de combat, de X camions par homme, de X officiers par homme, de X quantités de munitions par homme.... Pour monter ces kampfgruppen, le taux grimpe précisément parce que ces moyens sont jugés trop comptés pour avoir l'efficacité et la rapidité voulue, donc le kampfgruppe n'est pas un "échantillon représentatif" de la division, avec les mêmes taux, mais une concentration de moyens sur un nombre réduit. Ce que tu mets dedans est enlevé au reste en proportions plus élevées: ce qui reste de la division a un nombre proportionnellement plus faible de camion par homme, d'encadrement, de matériel, de consommables.... Et les proportions en doses d'unités ne sont pas les mêmes: un kampfgruppe est adapté à une tâche. Par exemple, pour caricaturer pour aller faire du mouvement blindé, il chopera une quantité importante de chars, panzergrenadiers, artillerie automotrice et logistique, laissant le reste de la division plus à pied, avec du fantassin lambda, de l'artillerie hippomobile, du train en chariot à cheval, moins de balles, obus et litres d'essence par tête de pioche.... Sans compter: - la perte de cohérence parce que ce qui est prélevé, ce sont des unités, des équipes (surtout dans les staffs: une équipe de travail vaut avant tout par sa permanence et son habitude de turbiner ensemble) et des individus qui normalement s'insèrent dans un dispositif censé être un tout - le fait qu'on prend pas les plus manchots pour mettre sur pied ces groupes, donc le niveau qualitatif moyen du reste de la division chute aussi Et le tout se fait dans une armée allemande qui manque déjà de tout au regard de son effectif mobilisé, ce qui rent les ressources, surtout ces ressources rares et dimensionnantes (matériels chers, personnels qualifiés/compétents/expérimentés/experts techniques et équipes/groupes/unités rôdés), encore plus inestimables.
  18. Y'a encore quelques temps, le principe pour les blockbusters et films à budgets "moyen haut" et "hauts" était "rentabilisé aux USA, bénefs en Europe"; maintenant c'est plus problématique, et ce d'autant que: - la prod s'est concentrée en moyens sur un nombre plus réduit de blockbusters. C'est moins sensible au niveau du nombre de films produits ou du budget moyen qu'au niveau de la ventilation des budgets, très concentrée vers le haut - il y a eu une inflation corollaire des budgets de com et marketing pour les blockbusters: plus l'investissement est énorme, plus il en faut, et quand vous voyez les budgets de films vantés par les prod, il s'agit en fait juste du budget prod, mais il faut en fait compter, et ça ils ne font pas de pub dessus, que le budget com-promo est EQUIVALENT au budget prod pour les blockbuster et films à haut budget, et ce alors même que l'impact des mass médias est moindre qu'avant du fait de l'explosion du nombre de médias et de chaînes/sites/journaux.... Sur chaque média: atteindre la même cible de public coûte proportionnellement nettement plus cher qu'auparavant - les ricains ne savent pas faire bien pour pas ou peu cher: ils surdépensent pour tout - le management des grands studios et boîtes de prod s'est déconnecté de l'opérationnel pour ce qui est du choix des films à faire et de la conduite de projet: résultat de l'évolution corporate (structuration des grands studios, changement de mentalités, adoption du modèle "fournisseur de contenu"....), de la financiarisation et de l'explosion des budgets, il y a une quête illusoire aux certitudes qui passe par l'établissement de multiples ratios (censés garantir mathématiquement les clés du succès), la concentration sur un nombre toujours plus réduit de producteurs, réalisateurs et acteurs (dont les studios décrètent qu'ils sont par et pour eux-mêmes "bankable"), la recherche de "recettes" toutes faites établies comme business model, la fragilisation du tissu d'équipes de scénaristes-dialoguistes (le vrai capital américain pourtant) au nom d'économies de bouts de chandelles présentées comme du "management réactif et proactif".... - l'idée, qui sera poussée jusqu'à l'absurde, qu'un ou deux blockbusters (faits selon les critères du management) qui marchent chaque année valent toutes les autres foirades Grève des scénaristes, querelles du "final cut", institutionalisation du terme "studio movie" (qui veut dire pour un réalisateur (du cash mais u ne fais rien de ce que tu veux), effondrement de la rentabilité moyenne et économie de casino. C'est la pente hollywoodienne depuis en fait la grande période du changement de main des studios dans les années 80-90, où la génération précédente qui se situait à mi-chemin entre "artistique" et "management" a fini de dégager au profit des purs managers qui veulent raisonner en termes sûrs et quantifiables pour cette industrie spécifique, tout en se désarmant en plus côté estimation de "l'artistique" (il n'y a pas de réalisateurs ou même de vrais producteurs dans les CA de ces boîtes, en tout cas pas qui pèsent) et en boostant les effectifs de structures, particulièrement dans le marketing et le juridique (pour les montages financiers) et en précarisant/outsourçant les personnels de production (corps de métiers, acteurs, producteurs.... Fin des "écuries" des permanences, de la formation, des équipes rôdées.... Ce qui était le vrai "capital" de ce secteur). Bref, les prod n'ont pas de "goût" pour choisir quels films faire, parce que ce n'est pas quantifiable, et ils compensent, mal, par des certitudes, des recettes toutes faites et la concentration croissante sur des machines énormes.
  19. Un cuirassé géant qui se transforme en robot pour friter des aliens? Pffff, déjà vu! C'est japonais et ça s'appelle Macross :lol:!
  20. Ils avaient des cadres formés pour la troupe: leur petite armée pouvait déjà fournir ça à une certaine échelle. Et il faut quand même le dire, un pays développé peut fournir des personnels éduqués en grand nombre pour former des officiers de tous niveaux, et mettre rapidement en place les structures pour ce faire à grande échelle. Au niveau du troupier moyen, il n'y a sans doute pas des masses de différence, sinon une: les soldats issus de colonies peuvent n'avoir pas présenté un haut degré de motivation/patriotisme à l'égard, et c'est bien normal, de leur nation-métropole. Les Américains, eux, une fois que l'Amérique est en guerre, entrent dans la logique de la guerre avec la propagande ("l'Allemagne est méchante, l'Amérique est attaquée, des Américains meurent".... Et tout ce bastringue là) et le patriotisme (le fait de "faire bloc" même si la guerre est désapprouvée) qui s'en mêlent. C'est pas tout de fournir des recrues individuelles en masse, il faut aussi fournir des contingents entraînés, soudés et motivés, des grandes unités de manoeuvre encadrées aussi bien qe des sous-unités tactiques rôdées (au moins à fonctionner ensemble sinon à être au niveau de la guerre moderne). Sans compter un autre facteur qualité: les ricains ont pu faire une énorme sélection des recrues, vu la taille de leur population et celle des contingents envoyés: ils pouvaient se permettre d'être tâtillons sur le niveau plancher des recrues (santé, physique, motivation, "esprit d'équipe"). Mais au final, que ce serait devenue la guerre sans l'apport ricain? D'abord faut voir que le 1er apport ricain est économique: sans cet apport là, l'Entente aurait lâché pied, point barre. Ensuite, pour les troupes, le premier apport des ricains a été d'en amener.... Le principe d'en amener une certaine masse: - l'arrivée prévue de millions de soldats américains, même si elle n'est pas encore réalisée et même quand l'essentiel d'entre eux est à l'entraînement en France et loin des combats, change les calculs côté allié: la réserve humaine ne pose plus de problème, donc il est possible de continuer ad vitam - côté allemand aussi, les calculs changent radicalement: leurs réserves posent un grave problème, leur économie est aux chiottes et pas au niveau de celle d'en face, donc les prévisions de moyen terme sont pourries. Ils savent que les alliés pourront remplacer toutes leurs pertes et continuer à accroître leurs effectifs Que les ricains aient peu pesé dans les combats stricto censu est de peu de poids dans les faits: ce qui compte était le fait qu'ils aient, lors de l'armistice, 2 millions de soldats en France (pour l'immense majorité à l'entraînement), 1 million de plus en transit ou à l'entraînement de base aux USA, et potentiellement autant que nécessaire s'il avait fallu plus. C'est ça qui impacte les calculs allemands et franco-anglais. Sans réserves US, l'EM allemand, et peut-être la troupe, y auraient plus cru, auraient pensé et agi autrement. L'année 17 passé le mois d'avril (donc sans entrée en guerre américaine) aurait été sans doute plus calme, les 2 camps se préparant (passage à l'économie de guerre côté allemand avec formation de masse de l'élémént de pointe des grandes offensives de 18, reconversion de l'armée française au modèle "sortir de la tranchée"), mais l'année 18 aurait été chaude, peut-être encore plus que celle qui a effectivement eu lieu. La poussée allemande n'avait pas de moyens d'aller plus loin cependant: les causes de l'échec des grandes offensives seraient restées les mêmes. Mais les alliés auraient-ils pu et osé lancer "l'offensive des 100 jours au mois d'août", sans les réserves ricaines derrière? Peut-être au début, mais ne se seraient-ils pas arrêté en cours de route au vu du taux de pertes? Français et Britanniques auraient-ils risqués une sorte de conscription même limitée des populations de leurs empires, au risque de provoquer des soulèvements sans effectifs pour les contenir? Auraient-ils pu former et équiper suffisamment de ces troupes coloniales pour non seulement combler les pertes, mais aussi accroître leur effectif global? Autre aspect déterminant: les calculs allemands ne sont pas tout. Si une offensive des 100 jours moins poursivie mais quand même conséquente a lieu, l'état d'épuisement de l'Allemagne et surtout du moral de sa population et de sa troupe sont déterminants, car en 1918, et ce dès août-septembre, le comportement d'une partie de l'armée et encore plus des réserves montant au front sont révélateurs (et sans doute la cause première de la dépression de Ludendorff au 8 août) et montrent une proportion sans cesse croissante de réfractaires se concentrant dans les grandes gares allemandes, soutenues par la population, et un grand nombre d'unités qui se partagent entre indiscipline, refus d'obéir et "grève de l'attaque" (les cas de mutineries et désertions étant plus limités). Pour eux, les réserves US n'entrent pas dans les perspectives de "calcul" :lol:.
  21. Faut pas être si catégorique ;): c'est aussi de leur côté qu'est venue la grande remise en question académique des chiffres délirants sur les batailles de la guerre de cent ans. Anne Curry, grande médiéviste, a ainsi créé une polémique durable qui a fait pièce de ces mythes, allant jusqu'à établir la possibilité d'une parité numérique dans les 3-4 grandes victoires anglaises de ce conflit (savoir s'il faut ajouter Verneuil aux 3 habituelles) là où certains étaient dans les délires sur des rapports de 1 contre 4, 5 ou plus. Pour l'exécution des prisonniers, il faut voir: - que la décision d'Henry V vient à un moment où il croit que la bataille tourne, en fait quand Isambard d'Azincourt attaque les arrières anglais depuis sa ville fortifiée, mais avec une troupe trop petite et faite surtout de paysans armés. Pendant un instant, le roi anglais panique et décide de ce forfait par crainte que les prisonniers, malgré le serment qui les lie (et qui vaut quelque chose à l'époque), ne se retourne contre lui - une telle décision, outre son inhumanité dans l'absolu et son aspect choquant à l'époque (le prisonnier de foi jurée ne doit être touché), est aussi un sacrifice pour l'Anglais qui y perd une part énorme des rançons que représentent ces prisonniers; les sommes en jeu ne sont pas anecdotiques même au regard des budgets des Etats en guerre, et sont, avec le pillage, une des principales rentrées de devises et de liquides pour la couronne et l'aristocratie
  22. Amusant, mais c'est un peu un truc de geeks qui fait s'obséder sur un arbre pas très grand et louper la forêt; ceci dit, il faut le rendre aux Anglais qui font beaucoup de ce type d'expérimentations, surtout via des reconstitutions grandeur nature mais aussi par cette "archéologie expérimentale", domaine quasi inexistant en France sauf dans les communautés de "reenactment" historique dont certains historiens commencent seulement à se servir à l'occasion. Pour celle-là en particulier, il faut se méfier de l'explication miracle qui donne ZE solution unique/dominante, surtout quand il s'agit d'un détail technique, qui est une autre façon de dire "la technique explique tout": - les hommes d'armes/chevaliers étaient rôdés depuis la petite enfance à se coltiner de telles armures: c'est pas des péquins lambda piochés pour une expérience ni des conscrits ou des volontaires avec quelques années de contrat et au maximum quelques mois de formation. Ca ne veut pas dire qu'ils faisaient abstraction du poids, mais que c'était une charge à laquelle ils étaient très habitués, avec laquelle ils savaient composer et surtout avec laquelle ils connaissaient leurs limites - les armures sont faites sur mesure: si ça change peu la charge portée, ça change l'ergonomie - le mythe de l'armure qui handicape les chevaliers incapables de se relever après que leur cheval a été abattu par une volée de flèches a été revu il y a un bail: ces armures n'étaient pas si lourdes en moyenne, et elles l'étaient en fait moins qu'un haubert de maille complet avec lequel les croisades avaient été faites De là à dire que les chevaliers pouvaient courir comme des cabris, il y a évidemment une marge, mais les récits des batailles de l'époque montrent que ces hommes tenaient parfois pendant des heures de castagne en continu, pouvaient s'adapter face à des situations requérant de se mettre à pied voire de s'organiser en formations d'infanterie (la chevalerie milanaise l'a fait contre les carrés suisses, et a gagné), et que ça n'empêchait aucunement de bouger et de tenir le coup. Après, dans le cas d'Azincourt, le terrain boueux a pu jouer, et sûrement plus encore le fait que sur ce terrain étroit, dès l'échec du premier assaut, ce même terrain se trouvait constellé de milliers de flèches plantées dans le sol et de cadavres de chevaux et d'hommes; comme travaux de "contre mobilité", y'a pas mieux. Et surtout, pas besoin de chercher une explication de lenteur ou de fatigue: les charges se sont faites en paquets surdenses, avec chacun cherchant à se mettre devant l'autre, dans un terrain qui est un couloir boueux et avec un espace de 200 à 400m à parcourir sous une pluie de flèches balancée par 7 à 8000 archers tirant chacun à une cadence de 10-12 flèches à la minute. Aucun espace couvert ou replis de terrain, un front étroit et plus que densément occupé, des archers en défense derrières plusieurs rangs de palissades de pieux. Faut pas oublier non plus que les mêmes chevaliers ont aussi remportée des victoires contre les Anglais (Patay en tête, mais y'en a d'autres): la configuration tactique et le commandement change tout.
  23. Il semble en fait qu'il y ait eu au final peu de Kampfgruppen de la taille d'une brigade; la plupart étaient de la taille d'un bataillon interarme, ce qui est assez conforme à la situation de l'armée allemande étant donné qu'une telle formation requérait de ponctionner une proportion anormalement élevée de moyens "dimensionnants" et de personnels de qualité afin de constituer un groupement ad hoc disposant de la configuration idéale de combat pour des chefs opérationnels qui sortaient du lot. Non seulement il fallait taper dans une surdose de matos, de consommables et de munitions par tête de soldat, mais il fallait en plus sortir les unités et sous-unités, voire les éléments de petits échelons et des individus particuliers (officiers, techniciens, équipes de travail et de combat), les plus au point pour obtenir l'effet voulu sans lequel le kampfgruppe n'aurait pas eu lieu d'être; au final, une division devait virtuellement se mettre hors de combat pour constituer 1 ou 2 kampfgruppen de la taille globale d'un petit régiment. Pour que la chose soit opérationnellement rentable, il fallait donc être sûr que ce soit une formation qui dépote salement. Etant donné la nature de telles ponctions, l'armée allemande ne pouvait réellement institutionnaliser la chose au-delà d'une échelle anecdotique: - pénurie de tout dans les dotations de matériels et consommables, et particulièrement dans la logistique en moyens roulants, essentiels pour de telles formations faites surtout pour aller un cran plus vite que le peloton: ce qui leur permet d'opérer comme ils le doivent est retiré au reste, déjà assez en manque - ponction des meilleurs éléments, individus et unités, qui manquent aussi de ce fait au reste qui perd en cohérence et en efficacité. Et ces éléments sont rares évidemment; chaque division, déjà souvent bien tapée dans l'armée allemande, en a un réservoir compté. - ponction d'une proportion anormalement élevée de tous types de matos et unités "pointues" (techniques et combattants) qui désarment de fait la division qui sert de réservoir et ne peut plus fonctionner - enfin et surtout, au global, il s'agit d'une armée dimensionnée autour de la division comme unité essentielle: former des éléments interarmes plus petits ne peut être que temporaire, et ce fait est accru par la pénurie de tout dont souffre l'armée allemande, ainsi que le sous-effectif chronique de ses divisions. Et déjà, elle a du mal à équiper, former, soutenir, et peupler la plupart des divisions, même son "fer de lance". Dimensionner même seulement la PanzerWaffe sur le modèle de kampfgruppen comme celui de Peiper (l'un des seuls de la taille d'une brigade) eut été illusoire et aurait ponctionné infiniment trop de ressources et de personnels qualifiés/expérimentés. La nature temporaire des kampfgruppen est donc une obligation, et par "temporaire", il faut entendre le plus souvent un TRES court délai, une simple opération coup de poing dans la plupart des cas, et le plus souvent au niveau d'une compagnie ou d'un bataillon interarme, l'usage du terme "kampfgruppe" ne recouvrant aucune réalité fixe sinon la nature ad hoc que les ricains qualifieraient de "task force".
  24. Tancrède

    Identité nationale

    Surtout que les statistiques démographiques en France montrent que la natalité est généralement la plus forte dans les régions où les populations "d'origine immigrée" (comme qu'on dit) sont les moins nombreuses, point soulevé entre autres par Michèle Tribalat qui ne s'est pas fait connaître pour donner dans le béni oui-ouisme ambiant sur ce sujet et a entre autres choses déboulonné ce mythe des "5 millions de musulmans" en France, revoyant sérieusement ce chiffre à la baisse (et encore plus s'il faut parler du taux de pratique qui n'est pas plus élevé que celui des cathos apparemment). Il est assez facile de voir par ailleurs que le comportement démographique des populations immigrées s'aligne rapidement sur celui des Français, si bien que les différences de taux de fécondité sont souvent négligeables passé la 2ème génération. Enfin, et c'est sans doute là l'un des problèmes, les dites populations immigrées ne sont pas un bloc, et surtout pas celles venant de pays à majorité musulmane (pour la note, dans les méthodes de compte, tout immigré venant d'un tel pays est estampillé "musulman", qu'il le soit ou non; ainsi des coptes, chrétiens libanais, chrétiens assyriens, laïcs de tous poils....) et ils ne sont ni unis ni représentés sinon par un CFCM représentant que dalle en terme de vote communautaire (même pas 2% des musulmans ont voté) et, comme les syndicats en France, n'amène donc de représentativité que groupusculaire, donc celle des extrêmes, quand bien même ils s'emmaillottent dans des habits civils.
  25. Pendant la 2ème GM a été prouvé le fait que le bombardement de terreur ne marchait pas; même le cas de la bombe A au Japon peut être relativisé tant par le changement de nature de l'arme que surtout par le fait qu'il s'est agi de la goutte d'eau qui a aussi permis politiquement à l'opposition à Tojo de foutre la clique de militaires dirigeant le Japon au rencart. Mais à cette époque, la théorie, même si déjà très contestable et contestée, surtout au regard des ressources mobilisées pour cette tâche, pouvait encore se défendre (morale à part) vu l'absence de précédents, du moins de précédents à une échelle comparable avec des moyens de cette ampleur; mais il s'est avéré que "plus" ne fait pas "mieux" :-[. La guerre totale implique par essence la totalité des méthodes: frontal et conventionnel, contournement et théâtres latéraux, infiltration et frappe sur les arrières, terreur et guerre psychologique. Il faut bien se rendre compte que tout mouvement dit terroriste se perçoit comme une entité politique en climat de guerre totale, et ce d'autant plus que souvent, leurs moyens sont comptés: le jusqu'au boutisme et le caractère extrême des méthodes en découlent naturellement, au moins autant que du fait d'un radicalisme idéologique (religieux ou non) qui n'est pas systématique, loin de là. Nombre de mouvements, surtout régionaux (indépendantismes en tous genres), ne sont pas extrêmes dans leur vision politique; c'est juste que leur objectif fondamental est lui radicalement incompatible avec l'ordre des choses qu'ils combattent, même si l'adversaire est un Etat par ailleurs très démocratique. Cas typique: l'Irlande du Nord avec une PIRA (l'IRA stricto censu étant en fait l'Irish Republican Army qui a fait l'indépendance de l'Etat d'Irlande et qui a cessé d'exister après) qui ne conteste pas tant la démocratie britannique (quoiqu'évidemment certaines spécificités du home rule de l'Irlande du Nord soient vouées aux gémonies, certaines à juste titre d'ailleurs) que le fait même du rattachement du territoire à la couronne britannique. Difficilement résolvable par les urnes, à moins d'attendre que les catholiques se soient suffisamment reproduits pour dépasser de très loin les protestant. En réponse, les mouvements unionistes/loyalistes sont tout aussi terroristes et souvent abjects, de même que certaines unités britanniques de sinistre mémoire (pas besoin de remonter aux "Black and Tans"). Enfin pour le type d'êtres recourant à de telles méthodes, l'échelle est sans doute le plus déterminant dans la perception que nous en avons souvent, en terme de réaction (outre le fait que nous sommes tous ici du côté d'un "ordre établi" dans lequel nous vivons et que tout changement implique une phase de brutalité qui est par nature condamnée): une mouvance dite "terroriste" est généralement petite, au moins au début, et peut démarrer avec quelques individus. Ces individus sont directement participants aux opérations violentes, ou se situent à un ou deux échelons au-dessus, donc de toute façon connaissent ceux qui les font de visu et sont proches du constat de résultat, et ce d'autant plus qu'ils sont eux aussi des cibles et sont donc souvent en mouvement et aux abois. Avec une gamme limitée de moyens, ils sont plongés dans la contrainte de la brutalité, subie comme voulue. Cela forge un certain type de profils dont personne ne veut au repas de Noël, c'est sûr, et certains peuvent être des "durs" sans émotions voire des psycopathes/sociopathes à l'occasion. Mais en face, le politicien/décideur est-il si meilleur que ça? La différence est que lui se trouve à 10 ou 15 échelons hiérarchiques des opérations et que la mort n'est qu'un mot sur un mémo pour lui, et les chiffres de victimes des statistiques ou l'occasion d'un discours larmoyant. A bas échelon, dans l'action, les services de renseignement comportent souvent des éléments qui ne sont pas si loins des "terroristes", voire de purs psychopathes un peu policés et tenus en laisse. Ce n'est pas la majorité du genre, mais les branches des services impliquées dans l'action violente ne sont pas formées avec des angelots, et il s'agit d'un combat crade où des innocents peuvent souvent être sacrifiés, directement ou indirectement, au "greater good", même si un Etat a généralement plus de marge de manoeuvre pour limiter la casse.
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